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Éditorial
MESSAGE DU PRÉSIDENT
27EME ANNIVERSAIRE
:
LE DERNIER DE L’OBSCURANTISME
Fidèle à une liturgie festive qui a
disparu partout ailleurs en même temps que les partis
uniques, le régime se prépare activement à récupérer les
multiples sacrifices indépendantistes en assénant à nos
compatriotes chants et des chants douteux dont seules
quelques troupes militaro-artistiques ont le secret.
Peut-être plus activement que par le passé, car ce 27 juin
2004 est placé sous les pires auspices qui soient pour
l’équipe au pouvoir, tout comme il augure de jours
prochainement meilleurs pour le Peuple Djiboutien, dès
lors qu’il revendique son droit à vivre décemment. Notre
pays est véritablement dans une période charnière : celle
du passage des Ténèbres de la manipulation politicienne
vers la Lumière de l’Unité Nationale. Pour le régime, la
sanction de sa faillite est sans appel, et ceci dans les
domaines les plus vitaux de l’existence quotidienne.
L’Education Nationale ? Malgré toute la
bonne volonté d’un corps enseignant conscient de sa
mission, le constat du dysfonctionnement est patent,
obérant dramatiquement l’avenir de nos enfants et laissant
s’instaurer une dangereuse Ecole à deux vitesses. A voir
ces cohortes toujours plus nombreuses de jeunes jetés dans
la rue, les centaines d’enfants ruraux auxquels toute
école est refusée, n’en prennent qu’une dimension
statistiquement modeste, quoique la volonté de tuer
l’avenir de toute une composante de la communauté
nationale s’y trahisse dans sa plus brutale cruauté.
Le monde du travail ? Ce n’est pas par
incompétence que le régime viole ses propres engagements
et refuse de se conformer aux dispositions pertinentes du
Bureau International du Travail, l’invitant depuis des
années à respecter la liberté syndicale et à réintégrer
tous les syndicalistes abusivement licenciés. Privés d’une
réelle représentation véritablement soucieuse de défendre
leurs droits inaliénables, les travailleurs sont
quotidiennement victimes d’abus de pouvoir, le moindre des
dénis n’étant pas les intolérables arriérés de salaire et
atteintes fiscales au pouvoir d’achat.
La Paix civile ? Il y a bien longtemps
qu’elle est devenue le dernier souci d’un régime
uniquement préoccupé de sa survie, feignant favoriser tel
ou tel groupe en fonction de ses contingences partisanes
mais condamnant en réalité l’ensemble du Peuple Djiboutien
saboté dans son profond désir de se forger un destin
commun. Peuple dont la maturité a déjà mis en échec les
nombreuses tentatives de division haineuse.
C’est cette résistance, pacifique et
résolue, qui nous autorise à dire que, mis à part le
premier, ce 27 juin 2004 est plus important que les tous
autres : de la prise de conscience agissante découle
inévitablement la destruction de toute forme de
despotisme. Les prochains mois nous donneront certainement
l’occasion pour qu’il en soit ainsi. Il est temps d’en
finir avec l’obscurantisme du parti unique et d’aller vers
la Lumière du citoyen responsable et d’une Nation
réconciliée. C’est à cette tâche que l’UAD convie tous nos
compatriotes. Avec l’aide du Très-Haut, nous y
parviendrons car c’est dans la logique de l’Histoire.
AHMED DINI
Président de l’ARD
Brèves nationales
Jeunesse au chômage :
L’UJA courtisée ?
Après les menaces, voici le temps des
promesses. Cette semaine, nous apprenons qu’après les
avoir traités de tous les noms, le régime tenterait une
offensive de charme en direction des jeunes chômeurs
regroupés au sein de l’Union des Jeunes d’Arhiba. Ainsi,
la Présidence et la Primature rivaliseraient d’imagination
dans le but de séduire ces jeunes injustement brimés et
condamnés à l’oisiveté. Des promesses d’embauche auraient,
paraît-il, été formulées sans que l’on sache si c’est pour
tout de suite ou alors après 2005. Toujours est-il qu’il
faut rester prudent avec ce pouvoir du mensonge et de la
manipulation.
Pour notre part, nous serons les
premiers à nous féliciter de tout geste positif, tout en
demandant à ce qu’une réelle politique de lutte contre le
chômage soit initiée au profit des jeunes de toutes les
régions du pays. Malheureusement, ce régime en campagne
électorale a pour fâcheuse habitude de présenter un droit
comme une faveur assortie de conditions. Cela, la Jeunesse
au chômage de tout notre pays doit la rejeter et continuer
sa légitime lutte jusqu’à ce qu’une véritable politique
nationale de l’emploi soit effectivement mise en place en
faveur de tous les chômeurs Djiboutiens.
La juste résolution de l’épineuse
question du chômage est à ce prix. Tout le reste n’est
qu’esbroufe électoraliste.
Salubrité publique :
Coup de balai… annuel ?
Depuis quelques jours, des dizaines de
balayeurs s’échinent à la nuit tombée sur les principales
artères de la Capitale, non sans risque pour leur sécurité
et la circulation routière. Les Djiboutiens, habitués à
cette frénésie de nettoyage annuel, savent pertinemment
que ces efforts des pouvoirs publics indiquent simplement
l’approche de la célébration des fêtes de l’Indépendance.
La propreté relative sera donc de courte durée, avant que
l’insalubrité ne reprenne ses droits dès les lampions
éteints. Insalubrité étant surtout synonyme de mauvaise
gouvernance, il est navrant de constater que la Capitale
reste, avec ce régime, l’endroit le plus sale de notre
pays.
Le plus grave, c’est que ces balayeurs
de circonstance sont pour certains des « clandestins »
raflés : ce serait leur impôt pour pouvoir rester dans
notre pays. C’est ce qui expliquerait peut-être qu’ils
soient cette fois-ci encadrés par des hommes en armes : si
ce n’est pas du travail forcé, on veut bien comprendre ce
qui se passe. Tout le monde s’accordant sur le fait que la
Voirie officielle, privée de moyens techniques, continuera
malheureusement d’être défaillante dès le lendemain des
fêtes.
Plages surveillées :
Sécurité policière avant secours
sanitaires ?
Sur les plages de tous les pays où le
régime se soucie de la sécurité des baigneurs, il existe
des maîtres-nageurs sauveteurs et au moins une ambulance
prête à intervenir pour convoyer les accidentés de la mer
vers les urgences d’un hôpital. A Djibouti, la plage est
surtout encombrée de policiers dont nul n’a encore très
bien compris l’utilité sur ces lieux. Les automobilistes
empruntant la route du front de mer entre la Siesta et la
Pêcherie de Boulaos, doivent rester vigilants le vendredi
entre 13 heures et 19 heures, sous peine d’écraser un
passant utilisant cette voie pour accéder à la plage.
Ainsi, chaque vendredi, des milliers de
jeunes Djiboutiens fuyant la canicule viennent se baigner
ou se délasser sur l’unique plage accessible de la
Capitale. En raison de la présence dans l’eau d’un tel
nombre de baigneurs, dont plus de la moitié est constituée
de jeunes enfants ne sachant pas forcément nager, tout
pouvoir responsable aurait disposé à cet endroit des
secouristes. Or, dans ce régime de mauvaise gouvernance,
la dissuasion policière reste privilégiée avant la
sécurité des citoyens.
C’est ainsi que des policiers armés de
gourdins patrouillent le long de la plage, prêts à
intervenir dans une rixe entre gamins, au lieu de mettre
prioritairement en place une structure sanitaire destinée
à faire face aux risques de noyade ou d’hydrocution que
courent les baigneurs les moins expérimentés ou les plus
exposés Ainsi va le bien-être de la population à Djibouti,
bien-être version RPP bien sûr…
Unité nationale :
Soif et délestages du Nord au Sud
L’arrivée des grandes chaleurs signifie
toujours soif et corvée d’eau pour les populations rurales
de notre pays. Mais, depuis l’instauration de la mauvaise
gouvernance, des localités semi-urbaines connaissent les
mêmes problèmes. Ainsi, depuis le mois de juin et à la
veille du 27 ème
anniversaire de notre Indépendance, la soif et le manque
de courant sont devenus le lot des administrés d’Obock-ville,
Randa, Arta, Yoboki et As-Eyla. Dans ces villes et
villages, les populations souffrent de l’absence régulière
du courant électrique et de l’eau courante. Motif invoqué
par les représentants de la mauvaise gouvernance dans ces
secteurs : la pénurie de carburant pour faire fonctionner
les générateurs électriques et les motopompes. Il est
vraiment regrettable que sous ce régime de gaspillage d’un
côté et de pénuries de l’autre, les seuls moteurs voraces
à ne jamais manquer de carburant soient les véhicules de
la garde présidentielle et les modestes hélicoptère et
autre Boeing présidentiels.
A ce rythme, le réveil risque d’être
brutal…
Rafles ciblées :
La bourse ou la vie
Scène de la vie quotidienne à la Place
du 27 juin et ailleurs. Des hommes en uniformes arrêtent
au hasard des passants plus ou bien mal habillés pour
tranquillement circuler en cet endroit de la Capitale.
Papiers s’il vous plaît, rien de plus normal. Mais, tout
de suite, la question fatidique : qu’as-tu ? Sur les deux
arrêtés, l’un propose 500 FD : circule, tu es en règle. Le
second, malheureux ayant probablement oublié sa misérable
bourse chez lui, est illico presto invité à prendre place
dans le fourgon. Direction : inconnue. Ce qui ne semble
pas l’inquiéter outre mesure : Djibouti est une terre
d’accueil dont la réputation n’est plus à faire !
Dans ces conditions, pourquoi s’étonner
de voir nos rues à nouveau surpeuplées des milliers de
faux clandestins économiques ?
Journée Mondiale des Réfugiés :
Juste pour les banderoles
Nous avions évoqué la semaine dernière
le triste destin des réfugiés du camp d’Awr-Awsa dont cinq
pensionnaires se seraient suicidés pour ne pas être
rapatriés vers leur pays d’origine. Information gravissime
qui aurait soit dû être vigoureusement démentie par les
autorités concernées, soit conduire à une enquête pour
déterminer les responsabilités : information erronée ou
drame véridique, l’erreur est par définition humaine à
condition de l’admettre, surtout quand il s’agit d’êtres
humains arrachés à leur terre d’origine et parqués dans
des conditions de survie que nul citoyen ne devrait
connaître. Au lieu d’une réponse sérieuse, qui aurait
démontré pour lui le sérieux de la presse d’opposition, le
régime s’est malheureusement contenté de célébrer la
Journée Mondiale des Réfugiés du 20 juin d’une façon
purement instrumentale, propagandiste ne correspondant
nullement aux énormes efforts consentis par notre pays
dans l’accueil de réfugiés de la région. Ainsi, c’est
juste une pitoyable rétrospective à des fins
électoralistes qui a été proposée aux téléspectateurs de
la RTD, dans laquelle certains dignitaires actuels
cherchaient maladroitement à récupérer le travail de leurs
prédécesseurs. Par contre, silence radio sur la situation
actuelle des vrais réfugiés politiques ayant fui leur pays
d’origine à cause de leur engagement partisan. S’il est
bien évident que notre pays ne doit à aucun prix devenir
une base arrière pour qui que ce soit, dans quelque
entreprise de déstabilisation que ce soit, il est
scandaleux de voir un régime mercenaire se vendre au plus
offrant et fouler au pied l’inaliénable droit
d’expression, surtout des plus faibles.
Pérégrinations présidentielles :
Après Dubaï, Bangkok
L’actuel locataire du palais
présidentiel semble particulièrement affairé ces derniers
temps. Après avoir inauguré la zone franche de Djibouti en
compagnie des représentants de Djebel-Ali, notre
globe-trotter national s’est rendu à Kampala, afin de
prendre part au sommet des Chefs d’Etat des pays membres
du COMESA. Le Chef de l’Etat connaît bien l’Ouganda, pays
où il conserve de solides attaches, principalement dans
les milieux d’affaires. Il n’a donc pas dû rencontrer de
difficultés à promouvoir sa zone franche dans cette partie
enclavée de notre continent.
Par ailleurs, selon certaines
informations, le « numéro un » djiboutien projetterait
également dans le courant du mois de juillet de se rendre
en visite officielle en Thaïlande. Désireux de booster
l’économie nationale et ainsi élever le niveau de vie de
ses concitoyens, comme il le prétend sans rire, le
citoyen-président cherche à diversifier ses sources
d’inspiration en matière de développement. Nul doute qu’il
n’aura aucun mal à transposer les modèles de développement
des dragons asiatiques à son petit pays. En attendant ces
lendemains qui chantent, la grande majorité des
Djiboutiens continuent de végéter dans la plus extrême
précarité. La morosité ambiante n’est pas seulement due à
l’arrivée des grandes chaleurs de l’été.
Libération de Houssein Ahmed Farah :
La LDDH salue la décision de justice
Dans une note d’information diffusée le
17 juin 2004, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains
(LDDH) se félicite du jugement rendu par le Tribunal de
Première Instance dans l’affaire ayant «sérieusement»
opposé le cortège de la Première Dame à notre confrère
Houssein Ahmed Farah.
Après avoir été arrêté et incarcéré sous un prétexte
digne des plus ubuesques dérives des plus stupides
dictatures subtropicales, notre confrère du Renouveau
Djiboutien a été finalement innocenté de toutes les
charges retenues contre lui et relaxé dans la journée du
jeudi 17 juin 2004. Réalité se réjouit de cette
libération et encourage notre confrère dans son juste
combat pour la justice et la démocratie.
Pour avoir refusé de ramper
(3)
Quels postes pour les cadres du FRUD-armé ?
3ème partie
Dans la première partie, pour y avoir été
maladroitement invités par un régime plus habitué à
insulter qu’à argumenter, nous avions publié toutes nos
correspondances restées sans réponse, relatives à
l’intégration, conformément à l’Accord de Paix du 12 mai
2001, des cadres et combattants du FRUD-armé ayant perdu
leur emploi du fait du conflit civil. Silence impoli qui
n’a pas empêché le ministère de l’Emploi, comme l’a montré
la seconde partie, d’adresser à ces cadres une
correspondance conditionnant leur simple recrutement à
partir de 2004 à un engagement ferme et écrit, dont aucun
fonctionnaire n’a jamais entendu parler. Dans cette
troisième et dernière partie, il est temps de mettre un
terme à cette comédie, en reproduisant in
extenso la lettre commune adressée au Ministre de
l’Emploi par les cadres concernés qui, loin de voir dans
le règlement de leur situation un simple problème
individuel ont, à juste titre, tenu à remettre l’injustice
perpétrée contre eux dans le contexte plus global de la
paix civile qui doit normalement renforcer toute
réconciliation nationale.
***
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MM
Cassim Ahmed Dini
Kamil Hassan Ali
Kamil Mohamed Ahmed
Kassim Ali Dini
Mohamed Ali Abdou |
Djibouti, le 25 avril 2004 |
A
Monsieur le Ministre de l’Emploi
et de la Solidarité Nationale
Réf : Décision n°2002-0167/PR/MESN
du 2 mars 2002 portant recrutement des cadres du FRUD-armé
;
Notre lettre du 23 novembre 2002 à nos ministères de
tutelle relative à notre situation administrative ;
PJ : vos correspondances n° 262, 263, 264, 265 et
266 du 8 avril 2004 relatives à notre situation
administrative ;
Monsieur le Ministre,
C’est avec un réel intérêt que nous
avons accusé réception de vos lettres citées en référence,
relatives à notre situation administrative. En effet,
après les petites soustractions d’une Présidence cherchant
à violer dans ses moindres aspects l’Accord de Paix du 12
mai 2001, et la grande impuissance d’une Primature qui n’a
même pas été capable de faire respecter ses directives par
les différents ministères concernés, nous pensions
sincèrement que l’engagement dans ce dossier d’une
nouvelle partie, à tout le moins vierge de tout sabotage,
ne pouvait qu’augurer d’un règlement définitif de ce
contentieux qui, soit dit en passant, n’est qu’un aspect
particulier d’un problème plus gravement général : celui
du refus gouvernemental d’instaurer un climat propice à la
réconciliation nationale et à l’indemnisation des
victimes.
Malheureusement, force est de regretter
qu’à sa lecture, votre correspondance n’offre aucune
perspective d’application dudit accord de paix, ni a
fortiori de règlement de notre situation individuelle
: tout au plus pouvons nous, sans préjuger de votre bonne
volonté conciliatrice, vous reconnaître le bénéfice d’une
profonde méconnaissance de notre dossier.
Méconnaissance en premier lieu pour ce
qui concerne la procédure qui vous autorise à nous sommer
de hanter les couloirs des différents départements
ministériels. Car, lorsque vous écrivez : « je ne
saurai accéder à votre demande de rétablissement de
salaires par des simples promesses », il s’agit tout
simplement d’une contrevérité car vous serez bien
incapable, Monsieur le Ministre, de rendre publique la
moindre correspondance de notre part vous mendiant une
quelconque faveur : nous n’avons jamais demandé que la
stricte application d’un Accord de Paix faisant obligation
à la partie gouvernementale de nous réintégrer, avec tout
les droits à l’ancienneté et à la retraite que cela
implique, et non de nous recruter comme vous osez le
proposer.
Méconnaissance en second lieu pour tout ce qui relève
de la procédure administrative conduisant aussi bien à
l’intégration dans un service qu’à la suspension de
salaire pour absentéisme. Permettez-nous de vous rappeler,
Monsieur le Ministre, que tout fonctionnaire intégré dans
un service reçoit du département du personnel de ce
dernier une convocation l’invitant à venir prendre
connaissance des modalités de sa prise de fonction.
Or, si nous avons bien été recrutés (et
non réintégrés) dans la Fonction Publique à compter du 1er
janvier 2002 (et non du 1er juin
2001 comme convenu d’accords parties), par une décision
prenant effet pour compter du premier jour de l’année
2002, et si quatre mois de salaire nous ont été versés au
Trésor Public, ceci est intervenu sans qu’aucun d’entre
nous n’ait été convoqué par son ministère de tutelle et
sans que ce dernier ne lui ait signifié, dans le respect
dudit Accord de Paix, le poste de responsabilité qui lui a
été confié. Nous osons vous mettre au défi de nous
renvoyer à une quelconque correspondance ou décision en ce
sens publiée dans le Journal Officiel, en violation de la
requête officielle de notre mouvement : notre situation
individuelle ne prend tout son sens non pas en vertu d’un
quelconque diplôme universitaire ou d’une quelconque
sollicitation personnelle, mais dans le contexte général
d’une légitimité supérieure découlant de la démobilisation
et du désarmement de tous les combattants du FRUD-armé.
Pour ce qui relève de la suspension de
salaire, il serait discourtois de notre part de vous
renvoyer, Monsieur le Ministre, aux dispositions du Statut
Général de la Fonction Publique prévoyant les deux
conditions dans lesquelles le traitement d’un
fonctionnaire est suspendu : soit parce que ce dernier a
accumulé un certain nombre de jours d’absentéisme, soit
parce qu’il a demandé une mise en disponibilité pour
raison personnelle. Or, comme aucun de nos ministères de
tutelle ne nous a jamais transmis la moindre convocation
de prise de fonction, aucun de nous a jamais fait part
d’un quelconque absentéisme ou abandon de poste : encore
une fois, nous vous mettons respectueusement au défi de
nous transmettre la moindre correspondance officielle à
vous adressée par les départements ministériels en
question ou à nous adressée par vous ou par eux, relative
à notre refus de prendre des fonctions administratives qui
nous auraient été régulièrement assignées.
Donc, n’ayant été ni régulièrement
réintégrés ni régulièrement suspendus, il nous est
impossible, Monsieur le Ministre, d’accorder la moindre
pertinence à votre correspondance citée en référence :
d’un bout à l’autre, le gouvernement auquel vous
appartenez s’est rendu coupable d’une inadmissible
violation d’un Accord de Paix, dans le contexte duquel
notre modeste condition individuelle n’est que quantité
négligeable : le conflit ne trouve ni son origine ni
encore moins sa résolution dans notre promotion
individuelle qui semble être brandie comme instrument de
chantage.
Enfin, s’agissant des conditions
préalables que vous posez à l’éventuelle normalisation de
notre situation administrative, permettez-nous de vous
éclaircir les deux points suivants:
1) quant à une reprise effective de notre service,
étant donné les très nombreux bras-cassés sans aucune
affectation ni bureau de fonction émargeant à la fonction
publique et dans tous les ministères, nous attendons
encore que nos départements ministériels respectifs nous
convoquent dans le respect des dispositions statutaires
communément admises de par le monde et dans toutes les
organisations bureaucratiques dignes de ce nom ; en vous
renvoyant à notre correspondance en date du 23 novembre
2002 expédiée à nos ministères de tutelle, dans laquelle
nous demandions une convocation en bonne et due forme et
un rétablissement de notre salaire injustement suspendu
sans aucun préalable ni justification..
2) pour ce qui est de «
respecter intégralement les dispositions statutaires en
vigueur », nous vous saurions gré de bien vouloir
clairement expliciter desquelles il s’agit. Si un tel «
engagement ferme et écrit » est exigé de tous les
recrutés de la Fonction Publique, vous voudrez bien nous
transmettre par retour de courrier la référence s’y
rapportant dans ledit Statut Général de la Fonction
Publique. De même que vous devrez nous expliquer dans
quelle mesure des combattants recrutés ou réintégrés en
vertu d’un Accord de Paix prônant la Réconciliation
Nationale, et de ce fait respectant difficilement toutes
les exigences dudit Statut quant à leur nomination (qui
Chef de Cabinet de la Présidence, qui Secrétaire-Général
d’un ministère) n’ont pas été sabotés, contrairement à
nous, dans leur juste promotion eu égard à leur sacrifice
dans l’édification d’un Etat de droit et la consolidation
d’une Nation égalitaire. C’est parce que nous connaissons
les droits du citoyen et les devoirs du fonctionnaire que
nous estimons inadmissible d’être traités différemment des
autres.
Dans l’espoir que vous trouverez une
juste solution solution à notre dossier, une prompte
réponse de votre part nous obligerait.
Copie conforme : M le Premier Ministre
***
LE MOT DE LA FIN
Depuis cette correspondance, aucune
réponse n’est parvenue du Ministre de l’Emploi :
certainement parce qu’il n’était pas habilité à
sérieusement régler ce problème. Il a donc manqué une
occasion de se taire et c’est pour cela que nul ne peut
lui en vouloir. Tout comme personne n’en voudra au Premier
ministre qui, en criant sur tous les toits qu’il se
chargeait personnellement d’empêcher ces cadres d’être
réintégrés, s’est uniquement comporté comme tel bédouin
ramenant chez lui le cadavre d’un homme mort trouvé sur
son chemin. Quand le plus corvéable des ministres refuse
d’obéir à ses directives, il faut vraiment être méchant ou
se tromper de responsable pour lui en vouloir. Car le seul
responsable de toutes ses violations, c’est le Chef de l’Etat
et lui seul.
Mais, comme il a failli à sa parole sur des chapitres
beaucoup plus graves et importants que ces minuscules
réintégrations, il est superflu d’attendre quelque
rédemption de sa part : la mesquinerie n’a pas à être
commentée outre mesure : elle est trop pitoyable !
M. Kadamy s'exprime dans
LNA
Aux gros mots, les méchants remèdes :
pourquoi donc la presse du chef de l’Etat, spécialisée
dans la production des graffitis officiels,
persiste-t-elle dans ses attaques ad hominem contre des
membres de notre Rédaction ?. C’est parce qu’il s’agit
d’une regrettable littérature de caniveau par laquelle le
Chef de l’Etat cherche vainement à détourner des
véritables enjeux pour porter les « débats » sur des
futilités dont le Peuple n’a que faire et des mensonges
que nos concitoyens ont depuis longtemps condamnés !
Cela dit, si les scribes présidentiels
autorisés sont à ce point nerveux parce que nous disons la
vérité sur la nature de ce régime despotique, nous nous
faisons un plaisir et un devoir d’élargir leur horizon en
soumettant à leur sagacité mercenaire la première partie
d’une longue et récente interview accordée par un opposant
en exil, M. Mohamed Kadamy. Ses analyses sont d’une
pertinence rare, preuve que même loin du pays, il en suit
avec attention l’évolution politique. Tout ce que nous
pourrions regretter, c’est que notre ancien Représentant
en Europe ait été victime par deux fois d’un contre-pied
de l’Histoire.
La première fois lorsqu’il s’est
hâtivement désolidarisé de l’Accord de Paix du 12 mai 2001
pour prôner la poursuite des actions armées, alors que
tous les Djiboutiens ne demandaient que la Réconciliation
Nationale. La seconde fois, en prônant actuellement une
action politique pacifique alors que la violation dudit
Accord de Paix lui donne toute la légitimité de relancer
sa guérilla : en dépit qu’en auraient ceux qui, comme
nous, ont opté pour le combat pacifique, il aurait
certainement mobilisé plus de combattants que les
militants de tous les partis politique légalisés réunis.
Pour l’heure, voici ce qu’il pense. Devant cette urgence
de salubrité publique, notre aimable lecteur voudra bien
nous excuser d’avoir déprogrammé la dernière partie de
l’article consacré à la situation actuelle du Bataillon
Somali. Elle sera publiée la semaine prochaine.
Paris le 17 mai 2004. Propos recueillis
par Alain LETERRIER
Mohamed Kadamy responsable du Frud : «
Rassembler largement à Djibouti, y compris parmi les
membres déçus du pouvoir actuel »
******
Les Nouvelles d’Addis : Nous sommes à
un an de l’élection présidentielle à Djibouti. Selon toute
vraisemblance, l’actuel chef de l’Etat, Ismaël Omar
Guelleh, briguera un second mandat. Comment se positionne
l’opposition djiboutienne et plus particulièrement le Frud
que vous dirigez, dans le cadre de cette échéance
électorale ?
Mohamed Kadamy : Pour que le changement
puisse se faire par la voie des urnes, des conditions
minimales sont nécessaires. Or, Djibouti a accepté du bout
des doigts le multipartisme en septembre 2002. La première
des conditions est la transparence des listes électorales.
A Djibouti, des milliers d’électeurs
ont été radiés des listes électorales, d’autres n’ont
jamais pu s’inscrire. A cela s’ajoutent les fraudes
massives auxquelles se livrent les dirigeants du pays.
Une dictature ne peut se démocratiser
sans une étape de transition. On ne peut pas confier au
chat le soin de garder la viande.
L’opposition est asphyxiée
économiquement. L’opposition autorisée mesure ses
faiblesses face au pouvoir, et ses limites légales privée
de moyens d’action. Les conditions de fonctionnement des
partis légalisés restent précaires : les dirigeants sont
arrêtés, les cadres sont licenciés ou ne perçoivent pas
leur salaire. Les proches des dirigeants, harcelés par la
police, subissent des discriminations économiques, leurs
biens immobiliers sont expropriés par décision des
tribunaux.
L’opposition non autorisée,
clandestine, même si elle dispose d’éléments armés, manque
de visibilité. Mais il y a aussi de plus en plus de
Djiboutiens de la diaspora susceptibles d’être mobilisés
pour un changement démocratique. Nous travaillons pour
créer un vaste rassemblement pour une alternance
démocratique. Ce rassemblement doit viser très large
au-delà de l’opposition actuelle, y compris des membres
actuels de la coalition au pouvoir.
Le PND d’Aden Robleh, le parti de
Moumin Bahdon et une grande partie de la faction du Frud
alliée au pouvoir, et même des membres du Rpp, déçus de la
dérive du régime.
Le Frud, qui reste un mouvement modeste
de proposition après les deux scissions qu’il a subies,
est prêt à participer à l’émergence des conditions d’une
véritable alternance. Nous avons déjà entrepris des
discussions avec les autres tendances issues du Frud, pour
faire le bilan des positions respectives et travailler à
une recomposition politique.
Djibouti reste une dictature à visage
multipartite de façade. Nous avons à faire à un esthète de
la forme, qui s’approprie tout le champ sémantique de la
modernité et de la démocratie. Il se veut l’inventeur des
droits de la femme à Djibouti, il qualifie Djibouti de
pays émergent en technologie de la paix, de modèle de la
démocratie, et se proclame le pompier de la Somalie. Mais
les viols des femmes afars par l’AND restent impunis ;
l’hôpital manque de sparadrap et de seringues ; un des
rares coopérants français ayant construit des retenues
d’eau à Dorra (région de Tadjourah), sauvant ainsi 15.000
nomades et leur cheptel de la soif, a été expulsé manu
militari, les ONG qui pourraient soulager les souffrances
de la population sont toujours interdites d’accès aux
régions nord.
LNA : L’opposition est-elle en mesure
de présenter un candidat unique à la présidentielle?
MK : Nous avons plus besoin de
programme commun que d’homme providentiel. Pour aborder
cette échéance déterminante, l’opposition doit se réunir
dans l’urgence, hors de Djibouti, pour élaborer une
plate-forme commune de transition susceptible de mobiliser
l’ensemble des forces démocratiques et associatives. La
diaspora doit prendre une part active dans cette
mobilisation.
Il faut une double pression : pression
populaire multiforme ; pression diplomatique, dans la
mesure où 75% du budget de Djibouti provient de subsides
extérieurs. Une fois ces étapes franchies, le choix d’une
personnalité porteuse de ce programme de changement peut
être abordé sans difficulté, ce sera un homme ou une femme
de consensus.
LNA : Plusieurs hommes politiques
ont été récemment épinglés par le pouvoir : Ahmed Dini (La
Nation), Daher Ahmed Farah et Aden Robleh (Jeune Afrique).
On notera que M. Robleh est membre de l’UMP (au pouvoir).
Comment expliquer ces graves accusations portées y compris
par le Président ?
MK : Le journal gouvernemental « La
Nation » est connu pour ses frasques. Il exerce avec brio
son magistère de boue à l’endroit des opposants. Plus
étonnant est que Jeune Afrique l’Intelligent
devienne le véhicule des accusations graves portées par
Guelleh contre Aden Robleh, député de la majorité, qui,
sans possibilité de défense, se trouve désigné comme le
commanditaire de l’attentat anti-français du Café de Paris
(qui a fait 1 mort et 15 blessés en 1990).
Guelleh a tout au plus agi comme un
simple accusé essayant de sauver sa peau en chargeant un
autre ; c’est peut-être le système de défense choisi par
son avocat français établi de longue date à Djibouti. Ces
insultes, ces diatribes contre les opposants et parfois
contre ses partenaires ne sont que le prolongement
d’autres violences.
Le chef de l’Etat reste prisonnier de
sa structure de pensée d’ex-auxiliaire de police et de
responsable de la sécurité, où il a pu exercer des
violences inouïes contre les opposants et contre des
civils innocents.
Il est l’un des commanditaires du
massacre d’Arhiba, où 59 civils afars ont été tués par les
forces de l’ordre en 1991. Il fut l’instigateur de torture
contre les opposants, les civils Gadaboursis et les viols
des femmes afars par l’armée (ce qui est contraire à
toutes les traditions afar et somali). Il n’a d’ailleurs
jamais prononcé un mot d’excuse ou de repentance pour ces
centaines de victimes, principalement de son fait. Pire,
il a installé sa résidence secondaire au sommet du village
de Day, où sept personnes ont été brûlées vives par
l’armée en septembre 1993, et dont les corps n’ont jamais
été retrouvés.
LNA : Les autorités djiboutiennes ont
aussi tenu des propos virulents à l’égard de la France.
Comment analysez-vous ces faits ?
MK : Réflexe d’enfant gâté ! La France
a assuré la pérennité de ce régime depuis l’indépendance.
Durant les cinq premières années, elle a formé et financé
l’armée, pourtant monotribale, tout en apportant des aides
multiformes.
Elle a donc renforcé une dictature,
participé à l’enrichissement d’Ismaël Omar Guelleh et de
son entourage, dont la fortune est évaluée comme la
sixième fortune africaine. Guelleh ne serait pas au
pouvoir si le 28 février 1992 l’armée française ne s’était
pas interposée face aux combattants du FRUD qui se
trouvaient à 52 km de la Capitale. Ses valises étaient
bouclées pour l’exil. Enfin, pour remplacer son oncle
vieillissant, Ismaël Omar Guelleh a bénéficié d’un soutien
important de la part de la France et de l’Ethiopie en
1999.
A un an de la présidentielle, Guelleh,
qui a perdu tout crédit auprès de sa population, a besoin
plus que jamais du soutien français et éthiopien. Il
estime qu’il n’est pas assez soutenu par ces deux pays.
L’affaire du juge Borrel (ce magistrat
coopérant français assassiné, selon toute vraisemblance, à
Djibouti en 1995) connaît un nouveau rebondissement avec
la déclassification des documents « secret défense ». La
thèse du suicide, longtemps privilégiée, est battue en
brèche. C’est à la justice française de faire toute la
lumière sur cette affaire. Cette évolution a d’ores et
déjà soulevé un vent de panique à la présidence, qui
accuse la France de déstabiliser le chef de l’Etat. C’est
peut-être une manière de forcer la main aux autorités
françaises pour un soutien conséquent au deuxième mandat
d’Ismaël Omar Guelleh.
De notre point de vue, Ismaël Omar a
tort de gratter là où ça ne le démange pas, comme disent
les Tziganes.
A suivre...
La LDDH vulgarise la
décentralisation
Quand le théâtre de la rue est plus sérieux que la
comédie politique
C’est avec un réel plaisir que nous reproduisons
ci-dessous la lettre adressée au Ministre de l’Intérieur
par la Ligue Djiboutienne des Droits Humains, relative à
son initiative tendant à vulgariser par le biais d’un
théâtre de la rue, les enjeux démocratiques des prochaines
élections régionales, devant instaurer une réelle
démocratie locale. Avant de vous livrer nos remarques,
voici donc in extenso la lettre de M. Jean-Paul Abdi Noël.
Il est somme toute normale que, contrairement à la
propagande officielle, le citoyen prenne connaissance d’un
point de vue politiquement neutre, uniquement soucieux de
la promotion des Droits de l’Homme en République de
Djibouti.
***

Djibouti le, 2 mai 2004
Au Ministre de l’Intérieur et de la
Décentralisation Djibouti. République de Djibouti.
Objet :
Participation de la LDDH à la campagne
de sensibilisation et de formation sur les instruments et
les processus électoraux des élections régionales.
Monsieur le Ministre,
Lors des dernières catastrophes
consécutives aux débordements de l’Oued d’Ambouli, avec le
nombre impressionnant de morts et de disparus, vous m’avez
demandé d’attendre quelques jours pour pouvoir vous
pencher sur l’applicabilité des textes juridiques
concernant la Décentralisation.
Aujourd’hui pratiquement deux semaines
après les inondations, il est possible d’affirmer que vos
actions, celles de votre Ministère, et du Commissaire de
la République de la capitale, malgré le peu de moyens
financiers mis à votre disposition et le manque total de
stocks de premiers secours aux victimes des catastrophes,
vos actions, d’une manière générale, ont été à mon avis
très respectables, et je suis persuadé, que vous ne
manquerez pas de soumettre au Chef du Gouvernement un
nouveau plan ORSEC plus efficace et plus tangible dans les
réactions de secours de première urgence.
Après ces dures épreuves pour nos
populations, permettez-moi de vous soumettre notre volonté
de participer activement à la campagne de sensibilisation
et de formation à travers, d’abord, le Théâtre de Rue, et
en deuxième étape, par une diffusion en langues Afare et
Somalie sur les ondes radio de la RTD et sur le Terrain,
avec si possible, le soutien concret de votre Ministère
chargé de la Décentralisation, en particulier les
Commissaires de la République, et les responsables du
Département de la Décentralisation.
I - Sur le programme des actions de la
Ligue Djïboutienne des Droits Humains (LDDH) en faveur des
élections
Dans le cadre de nos prochaines
actions, et compte tenu des suggestions, il a été décidé :
- 1°) la réalisation en premier lieu du
Théâtre de Rue avec le calendrier que va très bientôt,
nous proposer M. Saleh Daoud ;
- 2°) à une date ultérieure qui sera
fixée le plus rapidement possible avec votre accord, pour
des formations par diffusion Radio sur les ondes de la RTD,
et par diffusion des textes de bases sur le Terrain, dans
les deux langues Afare et Somalie.
Il) - En conclusion.
La mise en application rapide de notre
programme de sensibilisation sera une manière d’attirer
rapidement l’opinion nationale et internationale sur
l’importance prioritaire de la bonne compréhension et de
l’urgence de l’applicabilité de la Décentralisation qui
est le principal moteur doté des outils primordiaux pour
tout développement social et économique, pour la création
du commerce intérieur viable, pour la mise en chantier des
vecteurs de la concurrence économique et financière entre
nos différentes Régions, et inéluctablement avec tous ses
effets positifs’ sur l’économie nationale; pour la
réussite d’une structure de jumelage dans l’intérêt d’un
réel épanouissement de nos Régions.
C’est, donc, dans l’esprit de la
défense de l’intérêt général, que la Ligue Djiboutienne
des Droits Humains souhaite être entendue, par votre
Département Ministériel, comme partenaire neutre, légitime
et compétent, afin de participer à l’édification des
mécanismes de la Décentralisation et à la « traçabilité »
des intérêts globaux, parfois souvent négligés, et bâtir
des structures solides afin d’éviter toutes antinomies ou
plus exactement à faire face aux dérives antinomiques.
Avec mes sentiments déférents et fraternels
Jean-Paul Abdi Noël
Président de la LDDH
***
COMMENTAIRES
Si, indépendamment de nos réticences
partisanes, nous avons décidé de publier cette
correspondance, c’est pour au moins deux raisons. Tout
d’abord, pour témoigner notre respect envers
l’indépendance du travail effectué par la LDDH, à laquelle
nous accordons bien volontiers notre tribune, dans la
mesure où elle œuvre, en dépit de l’ostracisme que lui
impose le régime, à la promotion des Droits de l’Homme
dans notre pays. Quelle meilleure preuve de notre
considération à son égard que la publication dans notre
journal d’une lettre remerciant sincèrement un ministre en
exercice de ce régime auquel nous avons tant à reprocher ?
En second lieu, c’est également parce
que nous sommes conscients du fait que le processus de
décentralisation soulève énormément d’espoirs auprès de
nos concitoyens, cherchant désespérément un nouvel espace
de libertés pour échapper au dispositif panoptique d’un
despotisme qui a étouffé toute véritable expression de la
volonté populaire. D’où notre réticence, justement :
considérant que la Décentralisation telle qu’adoptée dans
le cadre de l’Accord de Paix du 12 mai 2001 a été
totalement vidée de sa substance (tant au niveau du
contrôle des élections qu’à celui des prérogatives des
élus locaux), il ne nous est pas possible de passivement
cautionner cette nouvelle et intolérable entrave au
développement politique de notre pays.
C’est pourquoi il est de notre devoir
d’informer nos lecteurs et concitoyens qu’un profond débat
s’instaurera bientôt au sein de l’UAD pour juger s’il est
opportun de participer à ces élections régionales, dont
Djibouti-ville serait d’ailleurs exclue.
En effet, comment peut-on parler de démocratie au
niveau local quand la démocratie au niveau national est à
ce point sabotée ? D’ailleurs, le congrès général de l’ARD,
qui doit se tenir à la rentrée, aura également à trancher
cette épineuse question : pourquoi continuer à cautionner
par notre participation à une vie politique nationale
truquée, un système réfractaire à tout respect de la
volonté populaire ? A n’en pas douter, les débats seront
houleux et l’unanimité loin d’être acquise. Nous y
reviendrons la semaine prochaine.
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