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Éditorial
LE POMPIER PYROMANE DJIBOUTIEN
: UNE
COMÉDIE DE L’ONU
Pour l’homme pragmatique, le cas
concret qui crève les
yeux vaut mieux que toutes les démonstrations et
toutes les théories à prétention intellectuelle. Comme
quoi les grandes vues de l’esprit se confirment
ou se démentent dans les faits les plus brutalement
réels. Ainsi, une instance aussi prestigieuse
et solennelle que celle d’une session de l’assemblée
générale des Nations Unies peut parfois offrir
un raccourci saisissant de toutes les difficultés qu’il
y a à instaurer un ordre international stable, régi
par la primauté du Droit. Tous ceux, prompts à dénoncer
l’impérialisme dans le fait que les États-Unis d’Amérique
s’érigent en gendarme du monde, au
grand dam de cette instance de concertation multilatérale
qu’est l’ONU, devraient modérer leur vertu
bien-pensante en considérant dans toute sa dangereuse
indécence la dernière représentation du chef
de l’État djiboutien sur cette scène.
La
bienséance diplomatique, la distance médiatique et
l’opacité géostratégique autorisant toutes les
prestations
démagogiques, le premier responsable des
malheurs du Peuple Djiboutien s’y est fendu d’un
discours dont la grandiloquence le dispute à l’irréalité.
La première scène de sa péroraison consistait
à asséner que tout allait pour le mieux chez
lui : grâce à sa conduite éclairée, Djibouti serait,
conformément
à une légende aussi tenace que fausse, un
havre de paix pour l’ensemble des âmes qui y vivent
et y cohabitent. Dans la deuxième scène, celui qui
a réduit l’action politique à la dimension d’un
spectacle
tout à sa gloire, a sorti sa sempiternelle tirade
selon laquelle tous les efforts du régime qu’il dirige
seraient tendus vers la consolidation des conditions
d’un développement durable, au plus grand
bénéfice de ses concitoyens. Troisième acte : ayant
pratiquement tout réussi chez lui (Paix, Démocratie
et Développement), il s’attellerait courageusement
à pacifier ses voisins. D’où, cerise sur
le gâteau en guise d’épilogue, il se promeut bras
droit de
Koffi Annan le temps de cette représentation, afin
que la communauté internationale lui reconnaisse
la stature de grand de ce monde digne, du
prix Nobel de la paix.
Il
y a quelque chose de pourri en ce royaume, comme disait
l’autre. Même si l’ONU est un peu plus qu’un
« machin
», son assemblée générale n’est ni un
confessionnal où l’on expie ses pêchés, ni un
tribunal où
l’on condamne les crimes. Pourtant, dès les deux
premières
scènes, l’honorable Dame aurait gagné en crédibilité
et en sérieux à lui rappeler, que, pour s’obstiner
à refuser d’appliquer un accord de paix, il reconduit
de façon irresponsable les causes d’un conflit
civil : Monsieur, vous êtes pyromane chez vous! Et
ce n’est certainement pas en détruisant le socle
fondamental
de la coexistence sociale que l’on peut prétendre
oeuvrer à l’amélioration des conditions de vie
de ses concitoyens. Surtout lorsque corruption et concussion
sont les deux mamelles d’une mauvaise gouvernance
entrée dans les mœurs publiques. Tout naturellement,
aurait dû s’inquiéter l’oreille attentive amie
des peuples opprimés, celui qui met le feu chez lui
est disqualifié pour oser dire éteindre celui de son
voisin.
Tel
est donc le dilemme des Nations Unies : établir un
ordre international pacifique entre les États tout
en tolérant
les désordres nationaux au sein de chaque État,
en permettant à des dirigeants illégitimes, coupables
de toutes les violations chez eux, de se poser en
donneurs de leçons et de disserter sur le sort de la
planète.
Dans ces conditions, comment la superpuissance
américaine peut-elle s’autoriser à laisser
une telle bouffonnerie internationale décider de
sa riposte contre les agressions qui la blessent dans
sa chair ? Elle est tout aussi persuadée que sa sécurité
ne sera certainement pas renforcée par le soutien
aux régimes impopulaires.
Brèves
nationales
Affaire Borrel : Neuf ans après…
Le mystère de cette ténébreuse
affaire, qui empoisonne les
relations franco-djiboutienne, s’éclaircit-il enfin ?
Selon des
informations diffusées par Radio France International,
le juge français en charge du dossier Borrel
aurait convoqué pour la semaine prochaine à Versailles
(région parisienne) le Procureur de la République
et l’avocat français, résidant à Djibouti, du
Chef de
l’Etat djiboutien. On se souvient que ces deux personnalités,
maintenant accusées de subornation de témoin,
s’étaient rendues il y a quelques mois à Paris,
où elles
avaient participé à une tapageuse conférence de
presse pour soutenir mordicus la thèse du suicide du
juge
Borrel, retrouvé mort en octobre 1995 dans les environs
du Goubet. Les observateurs notent que, pour l’heure,
les autorités djiboutiennes naguère promptes à
réagir
à tout nouveau rebondissement de cette affaire vieille
de neuf ans, observent un mutisme complet cette fois-ci.
Comme l’avocat français du Président de la République,
Le Procureur de la République de Djibouti se
rendra-t-il à la convocation du juge français ? Nul ne
le sait.
Affaire à suivre…
Politique politicienne :
Le
RPP tiendra-t-il congrès ?
Des sources proches de l’ancien
parti unique toujours au
pouvoir indiquent que la formation du Chef de l’Etat
prépare
un congrès extraordinaire pour la première semaine
du mois d’octobre afin, dit-on, de discuter de «
choses sérieuses ». Preuve que le sérieux a souvent
fait défaut
à ce club fermé de dignitaires d’un régime insouciant
et irresponsable. Pourtant, l’homme de la rue n’a
pas manqué de relever qu’une fébrilité inhabituelle
s’est
emparée de ces usurpateurs depuis quelques semaines.
L’incessant défilé des 4x4 rutilantes enregistré
aux
alentours de leur nouveau siège-mabraz sis, ce n’est
pas un
hasard, en lieu et place de l’ancien dancing Mocambo
depuis quelque temps semble laisser croire que
ces messieurs s’agitent pour quelque chose. En tout
cas, la population semble mépriser par avance cette
énième
gesticulation politicienne.
Pénuries nationales :
Croissance
des délestages électriques
Alors que la presse spécialisée
dans la fabrication des illusions
d’Etat s’échine à faire croire que la croissance
économique
devient durable et prometteuse, le citoyen lambda
non pourvu d’oeillère constate au contraire une
nette et
dangereuse dégradation de ses conditions de vie.
Ainsi,
les quotidiens et fréquents délestages électriques,
toujours
en vigueur dans la plupart des quartiers de la Capitale,
et ce malgré l’éloignement de la saison chaude,
en disent
mieux que tous les discours sur le délabrement avancé
de nos infrastructures publiques sous ce régime prédateur.
Tant que notre pays ne sera pas en mesure d’assurer
l’approvisionnement durable des usagers en matière
d’énergie électrique, toutes les gesticulations
cherchant
à accréditer le sérieux d’un quelconque progrès
ou développement seront impitoyablement démenties
par les faits, et les faits restent têtus. N’en
déplaise
aux fabricants de ténèbres, la réalité crève les
yeux,
surtout dans l’obscurité… imposée.
Infrastructures
routières : Quel
développement régional ?
Les usagers de la route
Tadjourah-Randa crient à nouveau
leur colère. Cette route reliant le chef-lieu à
cette
station climatique et longue de quelque 35 kilomètres,
était une fierté régionale après son bitumage
réalisé
par les Travaux Publics dans les années 80. Sa lente
et nette dégradation à partir de 1994, principalement
à cause
de la mauvaise gouvernance qui a supprimé ou détourné
les crédits d’entretien des routes et des pistes,
en a fait
une misérable piste cahoteuse, abandonnée aux
crues des oueds. Les rares tentatives de réhabilitation
partielle
ne durent que le temps d’une visite présidentielle
éclair.
Fatigués de l’esbroufe et du mépris officiels, les
transporteurs
régionaux de cette voie de communication oubliée
en appellent bruyamment et en vain aux pouvoirs publics.
Nul doute que leurs voix ne seront entendues que
le jour d’une véritable alternance démocratique.
D’ici là,
il leur reste à tirer les conclusions de ce mépris
officiel
qu’on leur oppose depuis dix ans. Naturellement
placés
aux côtés des opprimés méprisés et oubliés, nous
accompagnerons
tout mouvement de protestation concrète.
Agissez !
Gestion des deniers publics :
L’opacité
distinguée ?
Enième provocation d’un régime
ayant érigé le mépris de
la chose publique en système de gouvernement, le
journal
gouvernemental « La Nation » nous apprend dans
son édition de jeudi dernier que le Président de
l’opaque
Chambre de Compte et de Discipline Budgétaire
a été décoré par le Premier ministre, eu égard
au mérite
et à l’efficacité de l’institution qu’il préside.
Décidément,
le ridicule ne tuera jamais ce régime de tous
les abus, osant distinguer une structure opaque dont
même les
mal-élus avaient tenu à dénoncer le fonctionnement
ésotérique. A quand une antenne locale de
l’ONG Transparency International chez nous ?
Cette vénérable
et efficace institution internationale, spécialisée
dans la lutte contre la corruption d’Etat, aurait
trouvé
un filon ici. Comble de l’ironie, il ne se passe pas
une
semaine sans que l’on apprenne que des sous-fifres
accusés
de malversations financières ont été brièvement
interpellés
puis relâchés. Nous osons suggérer de commencer
par le haut de la pyramide, les résultats seront
sans nul doute probants. A bientôt, l’ouverture de
ce
chantier pharaonique !
Courrier
des lecteurs
A QUAND LA CÉRÉMONIE OFFICIELLE D’INTRONISATION
DU NOUVEAU SULTAN DE GOBAAD ?
Nous avons reçu le texte ci-dessous
reproduit il y a plusieurs semaines de cela. Avant de le
publier,
nous avons sérieusement enquêté sur le sujet, par
respect pour les traditions nationales durement
malmenées par les dignitaires de ce régime. Voici la réaction
d’un des premiers concernés,
M. Issé Ali Mohamed.
On se souvient qu’en Mars 2003, une réunion
importante inter-debné fut convoquée sous le haut
patronage par son excellence le Ministre de la Défense
dans son domicile du plateau de Serpent : objectif, préparatif
d’intronisation
du nouveau Sultan de Gobaad.
Ont
pris part à cette réunion :
-
Des représentants de tous les services confondus
- Des employés des Établissements
publics autonomes et entreprises privés
- Des représentants des différents
corps Militaires, gendarmerie, AND et société civile,
Associations .
Comme je viens de préciser ci-haut,
les discutions qui ont duré presque toute la journée,
ont portés sur le
préparatif de la prochaine proclamation officielle
d’intronisation du nouveau .Sultan en l’occurrence
Monsieur
Ali Mohamed Loïta dit « Boko » qui prend la succession
de. son frère défunt Mr Hassan Boko
.
L’ouverture
de la séance a été prononcé par son excellence Mr le
Ministre de la Défense Mr Ougouré Kiflé
qui a longuement mis accent sur la nécessité d’
organiser une collecte de fonds pour couvrir les dépenses
éventuelles afférentes lors de cette manifestation
importante d’investiture du nouveau Sultan de
Gobaad, tels que le déjeuner officiel, achat de Khat et
rafraîchissement des autorités venues des différents
Districts et localités Administratifs du Pays . Selon
toujours son excellence, la modalité et la périodicité
de prélèvements sur salaire seront effectuées en
fonction de catégorie des contribuables; c’est à dire
montant imposé par personne et le nombre de Mois
à payer.
Près
de 3/4 de recettes récoltées seront consacrés à la
construction d’un local F4 qui servira le futur siège
du nouveau Sultan. Ce propos a été favorablement
accueilli par les participants mais pourvu qu’il soit
concrétisé. Ensuite,
le conseil devait choisir les responsables chargés de récoltes
de fonds parmi les participants. Les
travaux de récoltes de fonds ont débutés aussitôt dans
la première quinzaine du Mois de Mars 2003.
Près d’un Million de nos francs aurait été encaissée
dans le filet. Des Mois ont passé, bientôt des années
et rien de concret.
Dans
leur initiative entreprise à l’insu du nouveau Sultan
Mr Ali Boko, qui a succédé conformément au Loi
traditionnelle, son frère défunt Hassan Boko décédé
en 2002, les instigateurs de ce projet fictif se sont
livrés à une collecte de fonds auprès de tous les
membres de la communauté Debné sans l’accord préalable
des parties concernées, voire les membres de la famille
du Sultan. Il est clairement établi aujourd’hui
que ce projet de récolte de fonds organisé par le
Ministre de la Défense et ses collaborateurs constitue
une opération portant atteinte aux prestations et la
solidarité coutumière traditionnelle toujours en
vigueur au sein de notre communauté.
D’après
quelques éléments d’enquête que j’ai pu recueillir
sur le terrain’ auprès de certains témoins impliqués
dans la collecte, une bonne partie de fonds récoltés
aurait déjà été détourné à de fins personnels
par le
Ministre et ses collaborateurs .
Agissant
en qualité du fils et proche collaborateur chargé de
protocoles du Sultan, je dénonce vigoureusement
cette action qui porte préjudice à la dignité du chef
suprême de la communauté Debné.
Mr
Issé Ali Mohamed, dit "Boko"
Hommages
et témoignages
Message de condoléances de l’Action
du Tchad pour l’Unité et le Socialisme
Au nom de notre Parti, l’Action du
Tchad pour l’Unité et
le
Socialisme (ACTUS) et en mon nom personnel, j’adresse
nos condoléances à la famille du Président Ahmed
Dini Ahmed.
Figure emblématique de la lutte pour l’indépendance
de Djibouti, de la démocratie et de la justice, le
Président Ahmed Dini Ahmed a consacré toute sa vie à
la lutte
pour ces idéaux. Pendant
son exil à Paris, tous les militants africains luttant
contre les
régimes dictatoriaux imposés aux masses populaires
de nos pays respectifs par la France, ont apprécié
son militantisme, son humilité, sa modestie, sa détermination
et sa rage de débarrasser son pays de la dictature
familiale incarnée successivement par les Présidents
Hassan Gouled Aptidon et Ismaël Omar Guelleh.
Notre
continent ne saurait, indéfiniment, s’accommoder
de cette
inacceptable et inhumaine situation où les puissances
impérialistes « démocratiques » cautionnent, soutiennent
financièrement, politiquement et militairement les
dictateurs à Djibouti, en RCA, au Tchad, au Togo, en
Mauritanie,
au Congo-Brazzaville, au Cameroun. Les
hold-up électoraux, cautionnés par les puissances
impérialistes
et la France, sont une assurance tous risques et
un permis d’exterminer nos peuples pour ces dictateurs.
La
disparition sur le champ de bataille du Président Ahmed
Dini Ahmed,
l’un des fondateurs du FRUD et de l’ARD, est
une grande perte pour toute l’opposition de Djibouti.
Notre
Parti, l’ACTUS, souhaiterait que tous les militants
de l’opposition puissent unir leurs efforts afin
de continuer le combat exemplaire et ininterrompu
du Président Ahmed Dini Ahmed et pour
que puissent triompher les nobles idéaux pour lesquels
il s’est sacrifié. Avec
toute notre solidarité militante.
Le Secrétaire Général , Dr
Ley-Ngardigal Djimadoum
AHMED DINI AHMED : UN HOMME PAS COMME
LES AUTRES
Par Ahmed Ibrahim (12
septembre 2004).
C’était
une journée chaude telle que
la connaissent la plupart des Djiboutiens durant la
canicule du
mois de juillet. La foule se pressait devant une
estrade érigée à l’annexe de la LPAI sis à
l’avenue Gamal
Abdel Nasser. Tout d’un coup, le brouhaha de la foule
s’éleva en clameur, dans ce chamboulement total,
sont arrivés
à mes oreilles de petit gamin, des phrases en rime.
La foule répétait de façon lancinante « Waa
Dini iyo
dinta »
: littéralement « Dini
c’est l’homme de la religion
».
J’essayais tant bien que mal de me faufiler
dans la
foule afin de percevoir ce « Dini ».
Arrivé
devant l’estrade, la vision de cet homme longiligne
à la peau
très foncée et au verbe magique parlant somali avec
aise ne me quittera jamais. Ainsi, je venais, avec la
rétrospective,
de rencontrer un des plus grands héros de notre
pays : feu Ahmed Dini. Cet
homme, fils du pays Afar, visionnaire précoce, homme
de
principe, homme d’honneur, homme de courage, reste
le symbole
d’une république, et d’un pays que je partage avec
lui.
Il
est minuit en ce jour du 27 juin : les projecteurs des
journalistes
n’aveuglent pas cet homme, fraîchement élu Président
de la première Assemblée d’une République nommée
Djibouti. Il se lève avec des pas qui semblent poser
l’historique du moment et se dirige vers le perchoir
de
l’assemblée nationale. Dans un ton calme qui ne trahit
pas la
solennité du moment, le premier fils de cette terre
que,
d’après certains adages, le
chacal lui-même ne traverse
pas sans avoir fait sa prière auparavant,
prononce la
phrase pour laquelle tant d’héros sont morts : « … la
République
de Djibouti, une, indivisible et souveraine est
née… ».
Ainsi, est sortie la république de la bouche de
Ahmed Dini.
Dini,
a été trahi par son honnêteté, son intégrité et sa
piété.
Dans un monde où les intrigues, les trahisons et les
volte-face
sont de règle, Dini, lui, n’a voulu compromettre
aucune de
ses qualités, soudé par sa piété. Dini
fut doublement victime : les Afars ne lui avaient jamais
pardonné
d’avoir apporté crédibilité à un Gouled dont ils
se méfiaient
à juste titre ; les Somalis n’ont pas su reconnaître
et exprimer leur gratitude à un homme sans la
caution duquel la république de Gouled aurait été livrée
à la
Comorienne avec un bout de désert grand comme la partie
sud du territoire, comme pays et république.
Dini,
fidèle à ses principes, n’a pas voulu cautionner la
tournure
dictatoriale que Gouled a donnée à la nouvelle république.
C’est avec mépris qu’il a claqué la porte au sieur
de « Beit al Wali » autographeur
de décrets à la chaîne.
Ainsi, Dini Premier ministre ne pouvait supporter le
rôle de figurine à la Barkat Gourad qu’on lui réservait.
Ce départ
fulgurant fut suivi d’une longue traversée de désert
qui l’amènera de l’exil à son passage vers
l’au-delà aujourd’hui.
Ahmed,
avec Mohamed Ahmed Issa dit Cheiko, fait partie de
ces grands hommes Afar à qui notre pays doit ériger
des
panthéons « … A
la Nation reconnaissante, ces illustres
héros…
». Au
revoir Ahmed, que Dieu te réserve Son Paradis Éternel.
A défaut
d’une reconnaissance officielle d’une république
que tu nous
as offerte, sortie droit de ta bouche et fruit de tes
sueurs, tu resteras pour nous autres Djiboutiens et
enfants de
l’Indépendance, un des plus grands de notre histoire,
au même titre que Harbi et Gashamaleh.
AHMED DINI, UNE
CONSCIENCE NATIONALE
Au delà des nombreuses réactions de
compassion suscitées
ici et là par la disparition récente de Mr Ahmed Dini
Ahmed, il en est surtout une dont la nature mérite
beaucoup
plus l’attention que toutes les autres car interpellant
par simple devoir le bon sens civique. Il s’agit
évidement de la réaction officielle étant donné le
caractère
véritable du destin national conféré au défunt uniquement
par notre propre histoire politique. Sachant aujourd’hui
ce qu’elle fut, laissons à l’histoire et au
peuple
d’en juger comme
aimait justement le faire cet homme
d’exception dont les djiboutiens, à juste titre,
ressentirent
douloureusement la mort comme un deuil
national.
Un
homme politique, dit on souvent, est celui qui se trouve
déjà là
où l’opinion le suivra bien plus tard. Ainsi de Ahmed,
parti incompris en décembre 1977, s’en remettant
confiant à l’inexorable marche de l ‘Histoire pour
attendre patiemment ses compatriotes jusque vers la
fin du siècle dernier le rejoindre finalement pour
transformer
ensemble son dernier essai électoral en janvier...
2003 dans un nouveau millénaire! Car ironie de l’histoire,
conférer insidieusement
au
tout début de l’Indépendance
le statut d’ennemi
de la République à
l’endroit
de celui-là même à qui revint pourtant l’honneur
et surtout
le privilège de la proclamer fut le principal péché
originel
commis par la jeune république qui venait de naître
entre ses
mains.
Un
péché qu’elle expia hélas douloureusement au prix
fort de ses
enfants et auquel l’artisan des justes causes, étranger
à cette querelle subie parmi ses cailloux chez lui
à Obock réussit pourtant à y mettre un terme avec la
signature
d’ Accords de Paix et de Concorde Civile, Pour
saluer sa mémoire, juste deux dates, deux réalités
et surtout
deux vérités. Interrogé en 1975 par Abdillahi Hadji
sur la BBC au sujet des torts des affrontements à Djibouti
ville pendant son séjour à Kampala où avait lieu
le sommet
africain de l’OUA, Dini, tout naturellement avec
ce sens inégalé de la répartie opposa la simple réalité
à
l’insinuation du journaliste auquel avec rare pédagogie,
il
dispensa un véritable cours de politique intérieure:
« S’il
vous plaît, ne parlez pas d’Afars ni d’Issas au
sujet de
ces malheureux affrontements. Parlez plutôt de
partisans et de non partisans de l’indépendance»
pour ainsi
reconnaître logiquement à tout le monde le crédit
de la lutte pour l’indépendance. Et pour détribaliser
les enjeux.
N’en déplaise aux thuriféraires d’hier pourfendeurs,
aujourd’hui, Dini indépendantiste en chef et
universaliste, était certes oui un Afar mais d’abord
dans
leurs yeux. « Un
juif,
disait Sartre, est
d’abord juif
dans les yeux des autres». Aujourd’hui,
beaucoup devraient
changer de vision à tout égard. Plus récemment
encore souvenons-nous simplement : “Tandis
que nous nous efforçons de nouveau aujourd’hui,
d’Obock à Yoboki en passant par Arhiba
de cimenter le socle du destin de la communauté
nationale, ils font tout le contraire».
L’Histoire
combattante des peuples s’est toujours affranchie
des factices artifices du présent en ce sens
que, même
si elle pactise hélas parfois au fil du temps avec
quelques diables et autorise autres troubadours folkloriques
sur le devant de la scène, pour autant, elle ne
loge jamais à la même enseigne le sacré et le profane.
Lumumba
et Mobutu, De Gaulle et Pétain, Allende et Pinochet,
Mandela et autres ...Buthelezi de circonstances.
Parce que tout simplement l’idéal de justice
et de liberté s’inscrit dans l’ordre naturel des
choses
tandis que les sociétés sont irrémédiablement appelées
à changer.
Pour
preuve, citons ce courageux mobilisé venu avouer à
Dini en campagne à Ali-Sabieh, en janvier 2003, d’avoir
pillé sa maison à Obock, “ Papa,
disait-il,
ils
m’ont
floué sur ta personne, Pardonne-moi s’il te plaît,
Je ne croyais pas que tu étais comme ça”! Ce
ne fut certes pas ...une
pleureuse comme
tous ces
“qabri
ammaan”
aux arrnes de crocodiles d’il y a
deux semaines.
Malgré
le vide patent, l’erreur aujourd’hui serait de regretter
la perte de cette figure nationale uniquement pour
cause d’imminence du calendrier électoral, Président
de la république, sans méprise, feu Idi Amin l’a
été aussi et en a fait son dada. Ce
n’est pas cela l’important. Sans conteste, Dini valait
mieux: la
caution morale de tout un peuple, une “National
Consciousness pour
qui, faire évoluer les
mentalités importait uniquement” comme
l’a si bien
rappelé Christophe Farah. II n’y aurait pas plus
bel hommage
de croire vraiment possible comme lui à l’avènement
d’un État
de Droit capable de bâtir une identité
nationale pour une communauté de destin djiboutienne
en prenant rendez-vous avec l’Histoire. A
ce prix là, non seulement la sienne mais la mémoire
nationale
sera réhabilitée par la reconnaissance que la nation
toute entière doit à ses justes fils, A lui iyo qaar
kalo
badane. Officiellement
ce
jour là.
Bobé
Farah. Djibouti
COMMENTAIRES
C’est parce que nous sommes
intimement convaincus que
tous les Djiboutiens aspirent fondamentalement à
la paix et à la réconciliation nationale que nous
sommes tous
aussi persuadés, qu’ensemble, nous mettrons
rapidement en échec les tentatives divisionnistes
de ce régime antinational. Parce que nous
sommes fiers d’être Djiboutiens.
LA RÉDACTION
Café
de Paris : un Septembre noir djiboutien
A
l’heure où, des crimes sont dénoncés sous d’autres
cieux, et que l’Accord de Paix du 12 mai 2001 prévoyait
la lutte contre l’impunité des crimes de guerre, il
nous a semblé utile, parce que nous
sommes convaincus que la conscience nationale se construit
dans la douleur et son dépassement
par la Justice et la Mémoire, de rappeler un épisode
tragique de notre Histoire nationale.
En effet, il y a un peu plus de quatorze ans, au prétexte
d’un odieux attentat contre les intérêts
français, qui n’arrangeait que le régime en place, des
centaines de représentants d’une même communauté ont
été sauvagement torturées. Sans que les véritables
auteurs de ce crime, ni
les commanditaires, ni leurs mobiles, n’aient été
formellement identifiés. Par respect pour toutes
les victimes innocentes de toutes les exactions d’État.
C’était
au début du mois de septembre 1990. De retour de
vacances estivales dans son Hexagone, la communauté
française, militaires, coopérants expatriés et
leurs familles, était au grand complet. La température
de notre
ville étant encore élevée, les terrasses des cafés
ne désemplissaient
pas, surtout au début des week-ends, lorsque
les militaires entament leur tournée dans ces lieux
paisibles, avant d’écumer discothèques et autres
bistrots à
leur convenance.
Personne
n’avait songé que ce jeudi 19 septembre 1990 serait
celui de tous les dangers, de tous les malheurs, pour
des centaines de familles. Seuls les milieux du renseignement
français, avait-on dit, savait depuis deux mois
au moins qu’un attentat anti-français se préparait,
sans aucune
autre précision sur le lieu, ni sur le moment. C’est
donc dans ces circonstances que l’acte odieux allait
être perpétré.
Lancée
de la portière d’un taxi, selon la version officielle,
des
grenades offensives avaient atterri sur la terrasse
du «Café
de Paris »,
moins meurtrières certes que les autres
explosifs qui avaient été utilisés au « Palmier
en Zinc
»
en 1977 (6 morts), à « l’Historil
»
en 1987 (12 morts)
ou plus tard au quartier 7 bis (5 morts). Cet
attentat a néanmoins fait un mort, dramatique puisque
la victime
était un petit enfant, et grièvement blessé plusieurs
autres innocents consommateurs attablés cette soirée-là.
Minutieusement
programmée depuis au moins un an, aussitôt
cette phase réalisée, l’étape suivante consistait
le plus
naturellement du monde à trouver des «coupables»
pour ce crime odieux. Ce ne sera pas un individu,
ni un groupe, mais une communauté nationale entière
qui sera d’emblée désignée comme coupable par
le régime : c’est la fameuse piste Gadabourcy. Les
foudres de la dictature s’abattaient alors sur des
centaines
de familles. Pendant plusieurs semaines, toutes les
brigades de la Gendarmerie, en passant par l’affreuse
« Villa
Christophe » et
autres lieux d’horreurs, prendront en
charge jeunes et moins jeunes, femmes comme hommes,
parfois des foyers entiers, pour les soumettre aux
plus horribles traitements de la torture et autres traitements
corporels inhumains.
Humiliés
et blessés, des centaines d’innocents, juste parce
qu’ils appartenaient tout simplement à la communauté
Gadabourcy, subiront un traitement qui les traumatisera
physiquement et psychologiquement à vie. Ces
torturés seront à la merci de la barbarie de
l’appareil répressif
d’un régime cruel dont la véritable nature répressive
et ses pulsions agressives étaient ainsi réactualisées.
A
la fin des années 80, le régime djiboutien étant à son
apogée,
l’euphorie suscitée par la chute certaine des dictateurs
des deux grands pays voisins qui lui faisaient de
l’ombre, et la fascination d’une « sagesse » que lui
procurait
la présidence de l’IGAD, ne pouvaient que lui offrir
la situation rêvée de notre îlot dans cette région
troublée,
désormais à sa merci. Le mobile de l’acte odieux
du «
Café de Paris » relève
donc de la politique régionale
de notre pays dont le régime était animé en ces
temps-là par un expansionnisme compromis.
Le
régime tenait ainsi à confirmer la balkanisation des
tribus,
clans, ethnies qui devaient être les premières victimes
de l’aliénation de chacun d’eux pour les réduire
à des
objets mises à la disposition de sa folie démesurée.
Raison pour
laquelle l’implication active du régime Gouled
dans la déstabilisation et la décomposition de la
région se
devait, bon an mal an, se répercuter sur notre communauté
nationale.
Une
obsession qui ne découle que de ses propres agressions
permanentes, en ce sens que d’autres actes avaient
précédé celui du « Café
de Paris »,
où des nationaux
de ce même clan avaient fait l’objet de rafles et
tués le long de la frontière Djibouto-somalilandaise,
en plus de
la mise à sac à Balbala de leurs biens pour une
valeur estimée à près de 300 millions FD.
Suivirent
les tortures des jeunes de cette même tribu de 1989
à début 1990 et l’arrestation de tous les sages de
cette
communauté, internés dans des camps militaires, tant
dans la région de Dikhil que de celle de Tadjourah.
Pratique
expérimentée par le système colonial contre tous
les nationalistes et davantage amplifiée par la dictature
issue de l’indépendance.
Le
comble de ce machiavélisme au service du crime organisé
avait même osé, lors des législatives de 1992, amener
et filmer dans leurs quartiers originels, certaines
victimes
pour leur faire déclarer qu’elles n’avaient rien
à
reprocher à l’Etat qui les avaient pourtant sauvagement
torturées.
Cette
mise en scène qui rappelle fortement les manoeuvres
des dictatures communistes était destinée à
mettre un terme aux revendications des sages de cette
communauté
meurtrie qui, ayant rencontré l’ancien comme
l’actuel Chef de l’Etat, leur avaient demandé de
situer les raisons de ces crimes gratuits. Le
mutisme du pouvoir prévaut encore à ce jour tant sur
le mobile de cette barbarie sans nom que de l’indemnisation
des familles.
Pour
l’heure, outre les morts suite aux tortures et autres
sévices
constatés par Amnesty International et un avocat de
la place, les rescapés se composent d’exilés et
d’handicapés
physiques et psychiques dont certains n’ont
plus la capacité de procréer. Pour
les rares d’entre eux qui ont eu le courage de porter
plainte contre l’Etat djiboutien, démunis de moyens
financiers
pour choisir librement un conseil, la justice leur
désigne d’office un avocat de la place qui se trouve
être comme
par hasard celui de la Présidence.
Même
si la presse nationale indépendante et les journaux
étrangers
aient cité toute l’ampleur que revêtaient les horreurs
subies physiquement, psychiquement et matériellement
par les cibles désignées dans l’affaire du
«Café
de Paris»,
il est important de rappeler ici, qu’aucune
des personnes victimes n’a jamais été inculpée
pour ce
crime odieux!
Dès
l’indépendance, la diabolisation de Dini n’augurait
rien de bon
pour la consolidation de l’Unité Nationale et la
coexistence pacifique entre les diverses composantes
de la
communauté djiboutnne, les attentats perpétrés dans
la Capitale, sans mobile, demeurent odieusement nombreux.
Pourtant jamais élucidés, ces actes barbares ont
toujours fait des victimes directes et indirectes.
Malheureusement
pour les successeurs, l’affaire du «
Café
de Paris »
demeure être le démon qui hante encore
le régime en place. Il reste toujours d’actualité,
sans qu’à
aucun moment, les Gadabourcy comme toutes les
victimes « clanifiées » n’aient bénéficié du plus
simple pardon
officiel, en ce 14ème anniversaire de ce qui fut un
crime organisé par un pouvoir sur une frange de sa
propre
communauté nationale. Aux citoyens Djiboutiens de
méditer sur ces victimes parmi beaucoup d’autres.
Lu
pour vous
A L’HEURE DES COMPTES
Par Francis KPATINDÉ
Jeune Afrique l’Intelligent
n° 2277 du 29 août au 4 septembre 2004
PEUT-ON PASSER L’ÉPONGE SUR DES CRIMES
« politiques » au Nom de la réconciliation nationale, de la
paix retrouvée ou de la Realpolitik ? Doit-on accorder le
pardon à des despotes et à leurs séides, alors même que
ces derniers refusent avec ostentation de se repentir et, pour
certains, « assument » au grand jour leurs forfaits passés
? Doit-on effacer la responsabilité d’Augusto Pinochet dans
la liquidation, entre 1973 et 1990, de milliers d’opposants
« communistes et gauchistes », oublier la brutalité, le
sadisme et le professionnalisme de ses zélés serviteurs ?
Dans ce débat, vieux comme le monde, la
Cour suprême du Chili vient de trancher, en décidant, le 26
août, de priver Pinochet de son immunité, ouvrant la voie à
un éventuel procès pour violation des droits de l’homme.
Grâce à cet arrêt, historique, pris à une courte majorité,
neuf magistrats ayant voté pour, huit contre, l’ancien
dictateur, aujourd’hui âgé de 88 ans et atteint, à en
croire ses avocats, de « démence sénile », devra rendre
des comptes, non pas devant un tribunal international, généralement
suspecté de parti pris « droits-de l’hommiste », mais,
comme naguère, en Centrafrique, un certain Jean-Bedel Bokassa
1er (et dernier), devant la justice de son pays. Il faut
s’en féliciter.
Les avocats des victimes et les proches des
« disparus» espèrent pouvoir établir la responsabilité du
tombeur de Salvador Allende dans le fameux plan « Condor »,
cette alliance objective entre les régimes militaires sévissant
à l’époque en Amérique du Sud pour l’élimination de
leurs opposants respectifs, avec le concours des polices secrètes
des différents pays.
La porté de la décision des superjuges de
Santiago va bien au-delà des frontières du Chili. Elle prend
fait et cause pour ceux qui, en Afrique, en Asie, en Europe,
en Amérique et ailleurs, refusent obstinément de confondre
amnésie et amnistie, immunité et impunité, de passer par
pertes et profits, au nom d’une prétendue paix civile à préserver,
les années sombres, les supplices, les pogroms.
Responsables de leurs actes, les exécuteurs
de basses oeuvres, les seconds couteaux de la barbarie, mais
aussi et surtout leurs commanditaires, doivent rendre des
comptes, quitte à se faire pardonner une fois les coupables
identifiés, la justice rendue. Il n’y a pas d’autre
antidote au crime, au déni de justice et à la dictature.
L 'ARD
en tournée de mobilisation
UNE ARDEUR DÉTERMINÉE
Le Comité Exécutif de l’ARD
conduit par le nouveau Président du parti M. Ahmed
Youssouf Houmed
a effectué les journées de vendredi, samedi et dimanche
derniers une tournée de travail dans les annexes de la
Capitale. L’incontestable réussite de cette tournée témoigne
de la vitalité et
de la détermination tant de ses militants que de ses
dirigeants.
Tout le comité de la fédération d’Arhiba
était
présent au siège dès 14 heures pour accueillir la délégation
du parti emblématique de l’opposition
qu’est l’ARD. Les vieux sages ont tenu à assister à
cette réunion. Après avoir observé une minute de
silence à la mémoire du regretté Président Ahmed Dini
Ahmed, le nouveau Président a rappelé que l’année
dernière du vivant de son prédécesseur mains en son
absence il avait déjà eu l’honneur de diriger une délégation
qui a sillonné la Capitale et les régions de l’intérieur
durant tout le mois du Chaaba’an 1424.
Cette
année la disparition du Père de la Nation
et fondateur de l’ARD confère à cette tournée une
plus grande importance et exige de tous, dirigeants comme
militants, une mobilisation permanente. M. Ahmed Youssouf
a déclaré être parfaitement conscient du poids des
responsabilités qui sont les siennes et promis de donner
de sa personne pour conduire le parti à la conquête des
droits inaliénables du peuple djiboutien. Il a affirmé
être entouré pour la réalisation de cette mission
exaltante mais nécessitant sacrifices et patience,
d’une relève dynamique, expérimenté et crédible.
Les
vieux sages ainsi que les militants et le
comité de fédération ont tour à tour exprimé leur détermination
à s’organiser sur des bases nouvelles afin
d’insuffler une nouvelle ardeur à la lutte. La même
ferveur militante et la volonté de sacrifices se dégageaient
de tous les militants rencontrés au cours de ces trois
journées passées avec la base du parti dans les trois fédérations
que sont Arhiba, Balbala et Quartier 1,2 et 3.
Tous
ont dit leur détermination à redoubler
d’efforts pour parachever la mission que s’était
assigné le défunt qui a déjà tracé le chemin à
suivre, non seulement pour honorer sa mémoire mais
aussi par
conviction religieuse. « Nous
avons adhéré à l’ARD comme on entre en
religion » ont-ils
proclamé en choeur argumentant que si chaque
musulman n’ayant pas associé d’autres divinités à
Allah peut espérer la Miséricorde divine dans l’Au-Delà,
Allah l’accorde généreusement et immédiatement
ici-bas à ceux qui refusent d’abdiquer leurs droits
inaliénables. Les exemples abondent en Afrique ou
ailleurs, de peuples ayant conquis leurs droits de haute
lutte, malgré les tentatives désespérées des despotes
à se maintenir à tout prix au pouvoir.
« Malgré
les mesquineries et les entourloupes
du pouvoir, nous sommes déterminés à
faire appliquer les Accords de paix d’une manière ou d’une
autre ».
Les vieux sages priant pour que dirigeants et
militants ne soient pas de ceux abdiquent leurs droits, ni
de ceux qui empiètent sur les droits de leur prochain. Le
saint mois de Ramadan s’annonce studieux pour tout le
monde pour préparer le congrès de l’ARD convoqué pour
le mois de Shawwaal 1425. Plus que jamais l’heure est à
la mobilisation pour surmonter cette pénible épreuve,
car le dit un verset du Saint Coran : «…Nous
vous éprouverons jusqu’à discerner les
combattants d’entre
vous et les patients ».
Nous en serons ont-ils fini par conclure.
Cette
tournée des dirigeants de notre Parti,
sous la conduite de M. Ahmed Youssouf, continuera,
d’abord dans la Capitale, puis dans tous les districts
de l’Intérieur. Elle s’inscrit enfin dans le cadre de
la préparation du congrès de notre mouvement.
Ultime
instance au sein de laquelle les délégués
auront à officiellement se prononcer sur des thèmes
cruciaux, tels que les violations de l’Accord de paix du
12 mai 2001 ainsi que les fraudes institutionnalisées qui
rendent impossible toute alternance démocratique.
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