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EDITORIAL
FAD S.A.R.L :
OBOCK ENTRE FADAISE ET FOUTAISE
Ce régime est un fervent adepte de la
pataphysique qu’Alfred Jarry définissait comme étant
« la science des solutions imaginaires, qui accorde
symboliquement aux linéaments les propriétés des objets
décrits par leur virtualité». Derrière la
complexité apparente de cette définition, il y a la
banalité d’une gesticulation officielle proposant de
fausses solutions pour de vrais problèmes. La réalité
quotidiennement vécue par nos concitoyens abonde d’exemples
: Il Jano tarie dans une région qui ne manque pourtant
pas de potentialités ou le bitumage du front de mer à
Tadjourah dans un district attendant vainement la
réhabilitation de ses infrastructures de base détruites
lors du conflit, pour ne citer que l’actualité de cette
semaine. Pourtant, mention spéciale doit être faite d’une
mystification dont le caractère placebo risque d’avoir
beaucoup d’effet secondaires : c’est la desserte
aérienne proposée aux habitants d’Obock par les Forces
Armées Nationales.
Les Forces Armées Djiboutiennes n’en
sont pas à leur première incursion dans le domaine de l’initiative
mercantile. On se souvient que, depuis quelques mois,
leurs garages se proposent de réparer, au meilleur prix
sur le marché, tous types de véhicules appartenant à
des privés. Au grand dam des propriétaires de garages
présents dans la Capitale, qui n’ont pas manqué de
dénoncer cette concurrence déloyale puisque, par
définition, dans le cas d’un garage appartenant à l’Armée,
toutes les charges qu’implique une telle activité
(main-d’œuvre, électricité, etc.) sont supportées
par le contribuable djiboutien. De surcroît, cette
intrusion intempestive dans l’économie privée n’est
pas la première mission que le citoyen, supportant déjà
mal le maintien sous une autre forme de l’impôt
patriotique, est en droit d’attendre de l’institution
militaire.
Rien n’y fait : sommé, par l’incompétence,
d’inventer de fausses solutions pour de réels
problèmes, le régime récidive dans l’illégalité
profiteuse, cette fois-ci dans le domaine de l’aviation
civile. Ainsi, on apprend qu’une initiative caritative a
jailli, de ses pénibles séances de broutage peut-être :
« dans le but de désenclaver les régions du Nord,
les FAD par le biais de la Force Aérienne Djiboutienne
viennent de créer des liaisons aériennes, au profit de
la population du Nord à des prix exceptionnels ».
Tout est dit ou presque. Sauf de rappeler qu’il existait
autrefois une compagnie nationale dénommée Air Djibouti
qui desservait Obock et Tadjourah deux fois par jour : ce
n’est pas Air-France qui est responsable de sa faillite
! Insistons : les responsables de sa faillite sont aujourd’hui
au plus haut sommet de l’Etat.
Le problème se situe à trois niveaux,
et tout d’abord à celui du véritable pouvoir d’achat
de la population si généreusement ciblée : la pauvreté
généralisée rend peu probable que l’avion affrété
pour la circonstance fasse le plein de voyageurs, même à
2000 FD l’aller simple. Le caractère déloyal de cette
concurrence trouvant ainsi ses limites dans le chômage de
ceux en âge de travailler et dans la suppression des
pensions de retraite de ceux qui ont déjà travaillé.
Second niveau, beaucoup plus grave :
quel régime d’assurance s’appliquera à ces voyageurs.
Car, pour autant que l’on sache, ce genre de
philanthropie n’est pas inclus dans la Convention de
Varsovie régissant le trafic commercial aérien. Donc, en
cas de perte de bagages (ils en auront certainement un
peu) ou par malheur de décès, tout passera par pertes et
profits ! Et il y a un précédent. Mais il est bien connu
que les nécessiteux sont les moins bien placés pour
choisir en toute liberté.
Enfin, dernier sans nom, cette
militarisation des liaisons aériennes n’est qu’une
étape supplémentaire dans le désengagement de l’Etat
: déjà victimes du refus de la réhabilitation et de la
reconstruction de leur ville et de leur région, laissées
dans un état d’abandon confinant à une incitation à
la mendicité, ces populations ne peuvent désormais plus
solliciter une quelconque évacuation sanitaire aux frais
de la Santé publique. Le manque d’ambulance passe au
second plan puisque l’introuvable gasoil est remplacé
par le généreux kérosène militaire.
A n’en pas douter, Faustroll devait
être un docteur honoris causa, comme le chef
suprême des Forces Armées Djiboutiennes. Entre accepter
cette Fadaise et dénoncer la foutaise, il n’y a pas à
hésiter.
Brèves
nationales
Ecole ou nourriture :
Pourquoi choisir ?
La rétention des informations
relatives aux réelles conditions de vie de ses concitoyen
est le propre de tout régime fondé sur la fraude et par
conséquent non astreint au rendement. A Djibouti, on
frôle même le désastre, comme le confirme dans son
dernier numéro, la version papier des Nouvelles d’Addis.
On y apprend en effet que, «
selon Famine Early Warning Systems Network (FEWS), les
prix à la consommation à Djibouti auraient grimpé de 25
à 30% depuis août 2003. l’organisation estime que de
nombreux Djiboutiens devront faire des choix entre
nourriture et école et même réduire leur consommation
de nourriture. Elle préconise l’extension de la
distribution de repas à l’école et la réduction des
taxes sur les produits alimentaires et le kérosène, de
même que la diminution des frais de scolarisation. Fews s’inquiète
également de la pénurie d’eau dans certains quartiers
de la capitale et craint que les incendies ne
dégénèrent en catastrophes ».
Les choix budgétaires irresponsables,
marqués par un taux d’imposition trop élevé ont
souvent été évoqués dans notre journal. Pour ce qui
est des cantines scolaires, inutile de rappeler qu’elles
n’existent le plus souvent que sur le papier. Pourtant,
des milliers de tonnes d’aide alimentaire, offerte par
le Programme Alimentaire Mondial et officiellement
destinée à ces cantines scolaires, surtout en milieu
rural, avaient récemment été réceptionnés par le
sous-ministre chargé de la Coopération internationale.
Les écoliers de Dalley, par exemple, n’ont
rien reçu de tel, puisqu’ils doivent faire
quotidiennement à pied les kilomètres séparant l’école
de leur domicile : pas de cantine ni de ramassage
scolaires. Le régime estime peut-être qu’ils n’en
ont pas besoin : c’est connu, le bédouin marche
beaucoup et mange peu !
Affaire à suivre…
Le paradis introuvable :
Il Jano, huit mois après…
La publicité mensongère fait partie
intégrante de la mauvaise gouvernance. Pendant que les
Assajogs voient s’éloigner les promesses de
développement industriel et avec elles les créations d’emplois
annoncées, le consommateur djiboutien cherche toujours l’eau
miraculeuse embouteillée au pied du mont Arrey. Pourtant,
les abonnés au téléphone ne manquent pas de tomber, en
consultant leur annuaire 2004, sur de pleines pages de
publicité achetée par la fantomatique société
industrielle des eaux minérales d’Ali-Sabieh.
En l’absence dans notre pays d’un
Bureau de Vérification de la Publicité (BVP), organisme
chargé de traquer les publicités mensongères, nous
sommons les autorités d’apporter au public les
informations relatives aux difficultés techniques
empêchant la commercialisation de cette eau minérale,
ainsi qu’à l’état d’avancement du projet de
cimenterie et d’usine de marbre d’Ali-Sabieh. Une
campagne digne de ce nom débute par l’information du
citoyen.
Tadjourah :
Campagne d’embellissement ?
La route du front de mer à Tadjourah,
longue de quelques centaines de mètres, semble ces
derniers temps promise à une modernisation précipitée.
On se souvient que le Premier ministre avait promis de
goudronner cette voie pour embellir la ville et c’est la
raison pour laquelle les engins des Travaux Publics sont
miraculeusement de retour dans ce district : rouleau
compresseur en tête. Pourtant, à y regarder de plus
près, il apparaît évident que le régime cherche à
baliser la voie vers de futures fraudes électorales.
Cette pseudo-campagne d’embellissement
paraîtrait plus sérieuse si les pouvoirs publics s’attaquaient
en priorité à la réhabilitation de la route
Tadjourah-Randa, autrefois goudronnée et aujourd’hui
dans un piteux état, au grand désespoir des usagers et
des touristes. Les habitants de la Ville-Blanche ont d’autres
préoccupations, bien éloignées des gesticulations
électoralistes des usurpateurs.
Il y a plus urgent dans cette ville et
dans ce district que bitumer quelques centaines de mètres
de route destinées avant tout à accueillir les 4xkhat du
cortège présidentiel en campagne.
Un spectacle dégoûtant :
Le régime se mire dans les eaux
stagnantes
Apparemment sommé en haut lieu de
jeter quelques pierres dans la mare, le journal
gouvernemental La Nation a consacré la semaine
dernière une pleine page à l’une des plaies béantes
de la mauvaise gouvernance : les dangereuses mares d’eaux
stagnantes visibles un peu partout dans les quartiers
populaires de la Capitale. Malheureusement, comme tous les
reportages « autorisés », cet article sur «l’assainissement»
se contente de dresser un constat alarmant, sans trop
rappeler la démission des pouvoirs publics.
Nous le ferons donc à sa place car «
beaucoup de nos concitoyens sont acculés à vivre dans la
merde (sic !). L’absence de moyens ne peut constituer un
prétexte pour expliquer le manque d’entretien »,
surtout que l’on sait que des fonds colossaux sont
utilisés par le candidat en campagne pour acheter la
conscience des citoyens condamnés à patauger dans les
eaux stagnantes.
Un régime lui-même malsain ne peut
rien assainir véritablement !
Désenclavement d’Obock :
AIR FAD vole bas
Ainsi, on a appris le week-end dernier
que l’enclavement d’Obock, qui perdure depuis de
longues années, ne serait plus qu’un mauvais souvenir.
Une miraculeuse liaison aérienne bi-hebdomadaire entre la
Capitale et ce chef-lieu de district aurait été établie
grâce au concours humanitaire d’une nouvelle
«compagnie aérienne»: AIR FAD.
En fait, il s’agit d’un petit avion
de quelques places appartenant aux FAD (Forces Armées
Djiboutiennes) et destiné avant tout aux déplacements
des dignitaires en campagne et de leurs ballots de khat.
Tout le monde l’aura compris : le
désenclavement social (pour la modique somme de 2000 FD)
d’une capitale régionale en cette période électorale
paraît bien l’œuvre du candidat à sa propre
succession, Son Excellence El Hadj, Docteur…, Chef
Suprême des Armées et d’AIR FAD également. Qui donc
à part lui aurait pu imaginer et concevoir une solution
aussi rapide au casse-tête de l’enclavement ?
En attendant, le régime continue à
voler de ses propres ailes… plombées. Ne se sentant pas
concernés par ce voltige aérien électoraliste au-dessus
de leurs têtes, les malheureux Obockois attendent pour
leur part un véritable désenclavement routier et
maritime durable.
M.
Mohamed Daoud clarifie sa position
 |
Parti Djiboutien pour
le Développement
Siège social : Quartier 2,
Avenue Cheik Houmed
Boîte Postale : 892 Tél : 35.32.43
République de Djibouti
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Djibouti, le 18 octobre 2004
COMMUNIQUE DE PRESSE
Suite à la parution, dans plusieurs
journaux internationaux, de l’annonce de ma
candidature à l’élection présidentielle de 2005, j’ai
l’honneur de porter à la connaissance des trois
autres partis de l’Union pour l’Alternance
Démocratique (UAD) qu’une telle décision ne sera
prise que conformément aux us et coutumes de la
Coordination, c’est-à-dire de façon collégiale.
En conséquence, j’affirme que le
PDD fait toujours partie de l’UAD. Une division en son
sein ne profiterait qu’au régime de parti unique qui
malmène le pays.
Le Président du PDD
Mohamed Daoud Chehem

Comprendre
la Somalie (1)
En cette sainte période de Ramadan
propice au recueillement et à la tolérance, il nous a
semblé opportun d’ouvrir une rubrique Culture, afin de
modestement contribuer à la compréhension mutuelle entre
les peuples de la région. N’est-il pas dit dans le
Saint Coran : « et Nous avons fait de vous des nations
et des tribus pour que vous vous entreconnaissiez, car le
plus noble d’entre vous auprès d’Allah sera le plus
pieux » (Sourate 49 Verset 13) ? Cette semaine, nous
commençons la première partie du volet consacré à la
Somalie, ou plutôt aux Somalies avec une introduction à
l’histoire, au peuplement et à la répartition
régionale.

Une récente actualité, faite d’espoir
et de crainte, a remis la Somalie sur le devant de l’actualité
internationale. Espoir de voir enfin ce Peuple retrouver
une stabilité intérieure qu’il a perdue depuis si
longtemps. Crainte que, même sincère, un volontarisme
mal éclairé cherchant à précipiter sa réunification,
ne provoque des tensions avec le voisin somalilandais.
Peuplement
Même si toute la région côtière
était connue durant l’Antiquité sous l’appellation
égyptienne de « Terre de Pount », rien ne permet, en l’état
actuel des connaissances scientifiques, de la rattacher au
peuplement contemporain d’aire géographique Somali.
Plus près de nous, la seule Capitale Mogadiscio doit son
nom au toponyme persan signifiant « Trône du Shah ».
De fait, c’est avec l’arrivée des
Arabes, commerçants et missionnaires musulmans qu’apparaissent
les premières attestations de ce peuple. Précisément
lorsqu’un puissant pouvoir musulman, connu sous le nom
de Sultanat Adal se met en place, recouvrant un vaste
espace et facteur d’un brassage culturel déterminant.
C’est vraisemblablement à partir de
son déclin au 16ème
siècle, suite à une intervention militaire, commandée
par le fils de Vasco de Gama, venue en aide à l’empire
chrétien éthiopien, qu’un mouvement de dispersion a eu
lieu, amenant les populations de pasteurs-nomades somali
et afar à conquérir de nouveaux espaces territoriaux, le
plus souvent au détriment d’autres peuples, oromo ou
bantou.
C’est pour cela que, fait peu connu
ici, il existe un important îlot afar au centre et au
sud-ouest de l’actuelle Somalie, alors qu’il aurait
été plus plausible que cette composante se retrouve au
nord de ce pays. C’est essentiellement dans la province
de Bay (région de Baydabo) que cette population est
implantée.
Il existe également un résidus des
groupes bantous originels, à Afgoye et Kismayo. Quant aux
Arabes, principalement venus du Yémen, ils sont
uniquement installés dans la Capitale. Notons enfin un
apport portugais et indo-pakistanais à Merca et Barawa.
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Histoire contemporaine
En 1887, la Grande-Bretagne établit un
protectorat et définit les limites territoriales de l’actuel
Somaliland. Quant à l’Italie, c’est suite à
plusieurs traités qu’elle prend possession du reste de
la Somalie, qu’elle rattache en 1936 à l’Erythrée et
à l’Ethiopie pour former l’Africa Orientale Italiana.
Le 26 juin 1960, le Somaliland accède
à l’Indépendance, suivi le 1 er
juillet par la Somalia, entité avec laquelle il fusionne
immédiatement pour créer la République de Somalie et
Aden Abdallah Osman en devint le premier Président.
Arrivé au pouvoir grâce au coup d’état
du 21 octobre 1969, le Général Siad Barré place le pays
dans l’orbite socialiste et opte pour une puissante
affirmation identitaire, concrétisée par une campagne d’alphabétisation
en langue maternelle et le pansomalisme.
Lequel l’a conduit, en 1977, à s’engager
plus activement dans le conflit de l’Ogaden. Ce n’est
qu’avec le soutien de l’URSS, de Cuba et du Yémen du
sud, que l’Ethiopie de Mengistu a réussi à repousser
les rebelles indépendantistes de l’Ogaden et les
troupes somaliennes.
Alors commence le déclin de la
République Démocratique de Somalie, aboutissant à la
chute du dictateur, à la séparation du Somaliland,
officialisée en 1992 sous la conduite du SNM et à une
interminable guerre civile dans l’ancienne Somalie
italienne.
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S’autorisant du droit international
relatif aux frontières héritées de la colonisation, et
connaissant une stabilité intérieure que certains
voisins, dont Djibouti, lui envient, le Somaliland est
toujours à la recherche d’une reconnaissance
internationale. Alors que la Somalie, après treize
conférences de réconciliation nationale ratées, dont
deux organisées à Djibouti, a enfin à sa tête un
Président intérimaire réellement représentatif,
Abdillahi Youssouf, ex-président du Puntland, désigné
à Nairobi dimanche 10 octobre 2004.
Avenir
Du coup, la réunification est vivement
espérée par la communauté internationale : il y a un
peu plus d’une décennie que les deux Yémen ont choisi
cette voie, alors pourquoi pas les deux Somalie ?
Mais il y a encore beaucoup d’obstacles
à franchir avant cela, la première étant évidemment
que le Somaliland l’accepte.
Nous verrons la semaine prochaine
certaines de ces difficultés, à travers une importante
étude menée par un Djiboutien, au terme d’un long
séjour dans tous les pays de région. A suivre...
Communiqué
de l’UAD
UNION POUR L’ALTERNANCE DEMOCRATIQUE
(ARD, UDJ, MRD, PDD)
Djibouti, le 19 octobre 2004
COMMUNIQUE DE PRESSE
Aucune amélioration de la situation politique du pays n’est
perceptible. Les partis politiques comme les syndicats libres, traversent la
période la plus sombre de leur histoire. Le parti au pouvoir depuis plus de
25 ans vient de tenir un congrès extraordinaire pour désigner son candidat
à la présidentielle de 2005. Ces assises n’avaient d’autres objectifs
que la pérennisation d’un régime antidémocratique. Par conséquent, l’Union
pour l’Alternance Démocratique réunie en sa séance ordinaire de la
rentrée :
Constate que :
1) Conformément aux dispositions légales en vigueur,
l’UAD n’a pas manqué de jouer son rôle dans les règles qu’impose
toute démocratie ;
2) Pour ce faire, elle a saisi avant et après les
élections législatives toutes les instances dirigeantes du pays et en
dernier ressort le Président de la République et Chef de gouvernement tant
sur l’énorme décalage existant entre la démocratisation affichée et la
pratique. Exemples : non remboursement de la caution de 32,5 millions FD
déposée lors des législatives du 10 janvier 2003 par les candidats,
conformément à la loi relative aux élections, et notre dernier courrier du
21 mai 2004 portant sur les conditions de la démocratisation de la vie
politique, resté toujours sans réponse ;
3) La loi sur les élections régionales, votée par l’Assemblée
Nationale et promulguée par le Président de la République en 2002, n’est
toujours pas entrée en vigueur malgré les nombreuses promesses
gouvernementales.
Considère que :
Toute tentative pour le déblocage de ce verrouillage
politique par l’ancien parti unique repose sur la réalisation des
modalités suivantes :
1) La refonte des listes électorales qui doivent
refléter la réalité du corps électoral tel qu’il est actuellement;
2) L’établissement des listes par bureau de vote
dans les régions de l’Intérieur;
3) La publication de toutes les listes électorales et
leur mise à la disposition de tous les partis politiques;
4) La mise en place d’une véritable Commission
Electorale Nationale Indépendante (CENI), composée à parité de
représentants de l’Opposition et de représentants des partis au pouvoir,
sous la présidence d’une personnalité indépendante acceptée par les deux
parties ;
5) L’élaboration conjointe (Opposition/Gouvernement)
du Statut Spécial de la Capitale ;
6) La modification de la Loi relative aux élections
dans ses articles 27 et 54, portant sur la proclamation des résultats et la
remise des Procès-Verbaux, consécutives au dépouillement du résultat des
scrutins. Désormais, pour une réelle transparence des élections, chaque
parti doit disposer de son exemplaire de PV et les résultats proclamés par
la CENI;
7) L’abandon pur et simple des pratiques de l’ancien
système du parti unique dans la désignation des assesseurs par le pouvoir.
Ces assesseurs doivent représenter les partis en compétition;
8) L’accès libre et équitable des partis politiques
aux médias publics (radio, TV, journaux, etc.);
9) L’amendement et l’application effective de la
loi de 1992 sur la communication qui autorise l’ouverture de radios et de
télévisions libres.
En conséquence :
- soucieuse de l’intérêt général, l’UAD craint que
la non-réalisation de ces modalités fassent que les élections à venir ne
soient, comme d’habitude, entachées de fraudes massives et ne puissent
aucunement garantir un concours franc et crédible.
- L’UAD demande au Peuple Djiboutien, et à ses
militants, de rester vigilants face aux manœuvres du régime.

L’UAD
avait écrit
Voici, pour rappel, la lettre que l’UAD
avait adressée au Président de la République et à laquelle
le communiqué du 19 octobre fait référence.
*
UNION POUR L’ALTERNANCE DEMOCRATIQUE
(ARD, UDJ, MRD, PDD)
A
Monsieur le Président de la République
Chef de Gouvernement, Palais
Présidentiel Djibouti
Objet : Conditions pour
la Démocratisation de la vie
politique.
Djibouti, le 21 mai 2004
Monsieur le Président de la
République,
Depuis l’instauration du
multipartisme intégral consécutif aux accords de paix
définitive du 12 mai 2001, nous n’avons à aucun moment
manqué de nous conformer aux dispositions légales en
vigueur afin de respecter pleinement les règles qu’impose
toute démocratie. Nous nous permettons de vous rappeler
que nous vous avions saisi, en votre qualité de
Président de la République et Chef de Gouvernement,
avant et après les élections législatives, sur l’énorme
décalage entre la démocratisation affichée et les
dispositions de la loi relatives aux élections. A cet
effet, c’est par souci de transparence électorale, que
nous vous avions d’ailleurs écrit le 9 novembre 2002,
sur l’impérieuse nécessité d’une modification du
décret n° 2002/198/PR/MID du 30 septembre de la même
année relatif à la composition et au fonctionnement de
la Commission Electorale Nationale Indépendante en vous y
exposant nos observations et nos propositions afin que
ladite commission puisse disposer de toutes les
attributions et compétences nécessaires pour
bénéficier de l’indispensable indépendance que
requiert sa mission, seule garantie pour l’organisation
d’élections libres et transparentes.
De l’annonce des résultats du
scrutin du 10 janvier 2003 à ce jour, nous avions
entrepris et épuisé toutes les démarches légales, pour
le remboursement de la caution de 32,5 millions FD
déposée au Trésor Public par les 65 candidats de notre
liste aux dernières élections. Du Trésorier payeur, en
passant par le Ministre de l’Intérieur, du Tribunal
Civil et Commercial, du Tribunal du Contentieux
Administratif enfin du Ministre de la Justice chargé des
Droits de l’Homme, nos doléances sont restées sans
réponse. Notre dernière tentative, avec pour objectif le
déblocage de la situation politique de notre pays, fut
notre entrevue du 24 mars dernier avec votre Ministre de l’Intérieur
et de la Décentralisation. Cette rencontre devait
permettre la concrétisation effective, puisque légale,
des engagements relatifs à la démocratisation de la vie
politique, tant pour les consultations nationales que
régionales.
A ce sujet, nous n’avions pas manqué
de faire remarquer au Ministre en charge de la
Décentralisation, que la loi n° 174/AN/02/4 ème
L portant décentralisation et statut des régions du 7
juillet 2002 promulguée par vous-mêmes et publiée au
journal Officiel du 15 juillet 2002, a été tout
simplement violée au regard de son article 5 alinéa 2,
lequel stipule :
« dans les trois mois qui suivront la
promulgation de la présente loi, un décret précisera un
calendrier pour l’installation et la mise en place
effective des collectivités régionales élues ainsi que
les transferts de compétences qui leur sont dévolus par
la loi ».
Par conséquent, cette réunion n’ayant
débouché sur aucune conclusion honorable et considérant
qu’à défaut d’une issue responsable pour notre pays,
nous, Union pour l’Alternance Démocratique regroupant
les quatre partis de l’opposition, toujours soucieuse de
l’intérêt général, réitérons avant toute
consultation électorale nos exigences légales et
légitimes pour :
- La refonte des listes électorales
qui doivent refléter la réalité du corps électoral tel
qu’il est actuellement. Sur ce point, votre Ministre de
l’Intérieur avait reconnu en présence des observateurs
internationaux lors des dernières législatives que les
listes électorales étaient décalées de la réalité du
corps électoral national
- L’établissement de ces listes par
bureau de vote dans les régions de l’Intérieur ;
- La mise en place d’une véritable
Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI),
composée à parité de représentants de l’Opposition
et de représentants des partis au pouvoir, sous la
présidence d’une personnalité indépendante acceptée
par les deux parties ;
- L’élaboration conjointe
(Opposition/Gouvernement) du Statut Spécial de la
Capitale Djibouti ;
- La modification de la Loi relative
aux élections dans ses articles 27 et 54, portant sur la
proclamation des résultats et la remise des
Procès-Verbaux, consécutives au dépouillement du
résultat des scrutins. Désormais, nous considérons que
pour une transparence réelle des élections, chaque liste
doit disposer de son exemplaire de PV et les résultats
proclamés par la CENI ;
- L’abandon pur et simple des
pratiques de l’ancien système du parti unique dans la
désignation des assesseurs par le pouvoir. Ces assesseurs
doivent désormais représenter les listes en compétition
;
- L’accès libre et équitable des
partis politiques aux médias publics;
- L’amendement et l’application
effective de la loi de 1992 sur la communication qui
autorise l’ouverture de radios et de télévisions
libres.
Monsieur le Président de la
République, la légitimité du pouvoir, la transparence
et la stabilité résident dans la loyale application des
points ci-dessus. Dans le cas contraire, nous prenons à
témoins l’opinion nationale et internationale sur les
dangers que fait courir votre gouvernement à la fragile
stabilité que nous avons su préserver jusqu’à ce
jour.
Veuillez croire, Monsieur le Président
de la République, à l’assurance de notre haute
considération.

Le
régime a mauvaise mine
Au terme d’une véritable
restauration de la paix, après tout conflit armé, c’est
bien au droit de pouvoir fouler leur sol national en toute
sécurité que les citoyens aspirent. Or, comme le
démontre l’article ci-dessous reproduit, tiré des Nouvelles
d’Addis, le régime djiboutien, en laissant encore
enfouies des centaines de mines antipersonnel, donc
interdites par le droit de la guerre, agit comme si le
conflit perdurait. Mettant ainsi dangereusement en péril
la vie de paisibles concitoyens des zones rurales,
affectées par le conflit ou pas.
*
Djibouti: pas si déminé que ça...
Les autorités djiboutiennes ont
déclaré le pays "mine free". Pourtant, selon
les informations recueillies par Les nouvelles d’Addis,
Djibouti ne serait « pas si déminé que cela ». Par
exemple, une mission d’évaluation du centre Minex, en
octobre 2003, à la Douda, a évalué à 700 engins
environ la menace des mines dans ce seul secteur.
Témoignage d’un spécialiste.
ALBAN GOUBET
Juillet 2004. - Malgré les
affirmations des autorités djiboutiennes, qui ont
déclaré le territoire de Djibouti exempt de mines (mine
free), devant les États partis de la Convention d’Ottawa
réunis à Genève en janvier dernier, il semblerait bien
que certaines se "baladent" encore dans des
sites connus ou inconnus.
Je me suis laissé dire que les
démineurs de l’armée nationale djiboutienne, appuyés
par la compagnie privée américaine Ronco, découvrent de
nouvelles mines chaque mois. Autre exemple, et j’en
atteste personnellement (1 ).
L’armée française avait un dépôt
de munitions à Ladouda, site qui se trouve à quelques
kilomètres du centre-ville de Djibouti. Ce dépôt était
protégé par des mines antipersonnel.
Mais des inondations dans les années
80 et 90 ont déplacé ces engins hors du marquage de
barbelés encadrant le champ de mines. Cela n’a tué que
quelques pauvres bougres et autres chèvres et
dromadaires. Pas de quoi fouetter un chat pour les
autorités des deux pays.
Sauf que les Américains ont décidé
de construire un camp à cet endroit, et qu’ils y ont
trouvé des mines dès les premiers coups de pelleteuse.
La France a dépêché une mission d’évaluation
du centre Minex de l’ESAG (2), en octobre dernier Ils
ont évalué à 700 engins environ la menace des mines
dans ce secteur.
Cette pollution pose de nombreux
problèmes car les mines utilisées comportent une
rondelle métallique de détectabilité amovible, d’où
leur nom : Mine APDV59 (Mine Antipersonnel Détectable à
Volonté, année de conception 1959). Or, des rondelles
seules ont été retrouvées, donc des mines sont
désormais indétectables. . . On ignore où en sont les
opérations de déminage et de recherche de ces engins
devenus indétectables - à moins de marcher dessus. Mais
affirmer que Djibouti est le premier pays africain
"mine free" paraît un peu précipité.
D’autant que selon d’autres
sources, durant la guerre contre le Frud, l’armée
djiboutienne aurait également disséminé des engins
explosifs dans certaines zones qu’elle serait bien en
peine de définir avec précision aujourd’hui. Là
encore, des pauvres bougres et leurs troupeaux seront les
futurs démineurs du premier pays africain "mine
free" - AG
*
(1) Notre correspondant est conseiller
technique en matière de lutte antimines.
(2) ESAG . École supérieure d’application
du génie.
L’incompétence ne peut à elle seule
expliquer que des zones entières des nos brousses
demeurent de vastes champ de mines. La légèreté qui a
conduit l’Etat-major djiboutien à ne garder aucune
archive précise des lieux où ces mines antipersonnel ont
été enterrées semble bien avoir la même motivation
qui l’a poussé à autoriser le pillage des biens
civils, ou encore à ne pas sanctionner massacres ou
exactions à l’encontre des innocents.
C’est celle, irresponsable et
contraire à l’unité nationale, qui consiste à ne pas
considérer ces populations, leurs biens et leurs zones d’habitat
comme partie intégrante de la République de Djibouti.
Par ailleurs, le rapport 2003 du Landmine
Monitor nous apprend que " l’échéance
fixée par le Traité pour que Djibouti ait terminé la
destruction de ses stocks était le 1er mars 2003. A la
réunion du Comité Permanent du 6 février 2003, le
représentant de Djibouti a pour la première fois fait
rapport sur le plan de destruction des stocks de son pays.
Il a indiqué que la destruction avait été planifiée
initialement pour le début de 2003, mais qu’elle avait
été différée à cause de la campagne électorale".
Surtout qu’elle a été spoliée de sa victoire, l’UAD
aurait certainement accepté un report des élections si
cela pouvait assurer la consolidation de la paix civile.
Devant un tel constat, de mise en
danger de la vie d’autrui, un tel régime aurait
normalement été puni par n’importe quel tribunal. Sauf
que, en la circonstance, c’est uniquement au Peuple
Djiboutien de s’ériger en tribunal populaire !
La Rédaction.
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