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EDITORIAL
UN
MUR
PEUT EN CACHER UN AUTRE
Le
plus grand hommage qu’un dirigeant disparu puisse
recevoir, c’est bien sûr celui rendu par ses
concitoyens. A cette aune, l’hystérie dans laquelle
s’est déroulé jeudi dernier à Ramallah
l’enterrement de Yasser Arafat montre à quel point il
était l’espoir vivant des Palestiniens.
Le
protocole diplomatique, actualisé par la communication en
temps réel, exige aujourd’hui que tous les Etats du
monde réagissent à ce genre de drame. Reconnaissons au
moins aux Etats-Unis et à Israël le mérite de la sincérité
: le décès du leader historique de la Cause
palestinienne ne les a pas déçus outre mesure. Bien au
contraire, imputant le blocage du processus de paix à la
seule dimension psychologique du regretté Yasser Arafat,
ces deux Etats se réjouissent de ce que sa disparition
laisserait augurer d’une ère aussi nouvelle que
radieuse pour le Proche-Orient, à condition bien sûr, précisent-ils,
que la nouvelle équipe de l’Autorité Palestinienne
soit capable de se montrer à la hauteur de ce qu’ils
attendent d’elle, une sorte de capitulation qui consiste
à reconnaître le mur érigé pour morceler le futur Etat
palestinien et enfermer ses habitants.
Dans
le Tiers-Monde, la crédibilité des hommages officiels
varie selon deux paramètres : la constance du soutien
apporté à l’OLP d’une part, la nature du régime
d’autre part. Car nul n’ignore que rares sont les pays
dont l’engagement aux côtés des Palestiniens ne
souffre d’aucune hésitation, le soutien se limitant généralement
à la rhétorique diplomatique. Pour ce qui est du second
aspect, du fait de la résistance quotidienne à
l’oppression sioniste, force est d’admettre qu’il
existe en Palestine une société civile et une vie démocratique
que certains régimes despotiques seraient tentés de voir
comme de dangereux exemples, potentiellement contagieux.
Mais
le sommet des hommages indécents est certainement celui
rendu par le régime djiboutien : trop gros pour être
honnête. Non pas que le Peuple Djiboutien, fervent
musulman et épris de liberté, pour avoir été lui-même
colonisé, ait trouvé superflu le deuil national de
quatre jours décrété à cette occasion : au moins
n’a-t-il pas eu à supporter un discours d’Aïd-el-Fitr
déconnecté de sa réalité. C’était le moindre des
gestes de compassion envers le Peuple frère palestinien.
Non, c’est la nature du régime lui ayant rendu cet
hommage qui pose problème. Ainsi, lorsque le communiqué
de condoléances émanant de la Présidence djiboutienne
ose affirmer que « son combat était le nôtre», il y a
malaise. Certes, nul ne demandera à un pays dont le
Budget national est incapable de payer à temps ses
fonctionnaires d’aider financièrement la Cause
palestinienne. Mais que des hommes d’affaires israéliens
(non-arabes) aient pu un jour investir à Djibouti dans un
fumeux projet agricole, en joint-venture avec un enfant du
régime, il y a comme une intolérable hypocrisie. Et une
trahison somme toute compréhensible, étant donné les
caractéristiques du pouvoir en place fondé sur une
indicible usurpation.
Car,
« Jusqu’à présent, poursuit le communiqué présidentiel,
les innombrables résolutions, engagements, initiatives et
processus de paix destinés à résoudre le conflit
interminable du Proche-Orient demeurent pour le moins rhétorique
». Il serait tentant d’y rétorquer à l’instar de
son prédécesseur : « Qu’au-tu fait
» dans le cadre de ton propre conflit interne ? Ce
qui est terrible, c’est que l’on retrouve dans le régime
djiboutien certains traits des pires systèmes oppressifs.
Pas seulement avec celui de la Côte d’Ivoire, violeur
lui aussi d’un accord de paix et dont les dérives
fascisantes inquiètent à juste titre le Président
Chirac. Ici, même s’il n’est pas en béton armé, il
existe malheureusement un mur de la honte que le régime
dresse entre des concitoyens, déjà au niveau du droit
inaliénable qu’est celui d’avoir une nationalité,
par son refus de délivrer sans ségrégation des pièces
d’identité ou des actes de naissance. Et qui oublie ici
que le regretté Ahmed Dini, auquel un tel hommage
posthume a été refusé, était accusé par ce régime de
constituer une entrave personnelle, physique et
psychologique, à la consolidation du processus de paix en
République de Djibouti ? Comme était accusé Yasser
Arafat !
Tout cela, le Peuple Djiboutien le sait parfaitement
qui, sans donner crédit à une propagande officielle
cherchant même à récupérer une visite de ce dernier
dans notre pays, rend intimement hommage à la grandeur de
l’un comme de l’autre. Parce que, pour lui comme pour
le Peuple Palestinien, la Lutte continue.
Brèves
nationales
Tadjourah
:
Le
PDD dénonce les provocations policières
Dans
un communiqué de presse diffusé le 11 novembre dernier,
le Parti Djiboutien pour le Développement (PDD)
s’insurge contre les menées provocatrices du pouvoir
dans le district de Tadjourah. Le Président de cette
formation politique membre de l’UAD, M. Mohamed Daoud
Chehem, a interpellé le Ministre de l’Intérieur en ces
termes : « Depuis la mainmise de l’Opposition sur
Tadjourah, Ville-Blanche, le pouvoir ne cesse
d’intimider les militants de l’opposition en général
et ceux du PDD en particulier, par le biais d’un
officier de la Police nationale, qui a un passé
douloureux dans la région. Se sentant jouir de
l’impunité, il continue la provocation dans la même région
en passant outre ses prérogatives.
Le
PDD, soucieux de la paix civile, demande au Ministre de
l’Intérieur et de la Décentralisation de mettre fin à
cette provocation.»
Décidément,
les mauvaise habitudes répressives, qui se sont renforcées
durant le conflit civil, ont encore du mal à s’estomper
chez certains militaires et policiers. La paix civile
n’est donc encore qu’illusion.
Le
régime plane au-dessus des drogues :
L’ecstasy
s’installe à Djibouti
Dans son édition de jeudi dernier, le journal
gouvernemental «La Nation» a eu le courage d’évoquer
un sujet véritablement tabou dans notre société :
l’usage de la drogue. Mais le lecteur est certainement
resté… en manque : il est en effet difficile de traiter
des stupéfiants quand aucune politique publique n’est
initiée pour réduire la consommation de khat. La gêne
semble telle que le nom de cette drogue n’est même pas
mentionnée (de couleur jaunâtre apprend-on) par
l’article en question, alors que sa provenance est
clairement mise à l’index : la Somalie via Loyada. Voie
terrestre qui est loin d’être la seule : le port de
Djibouti étant internationalement réputée pour
accueillir des trafics en tous genres.
En fait, la substance
dont les effets ravageurs augmentent au sein de la
jeunesse désœuvrée serait, selon toute vraisemblance,
de l’ecstasy, nom commun d’une molécule connue sous
le nom barbare de MDMA (3,4
méthylènedioxyméthamphétamine), synthétisée pour la
première fois en 1912 à des fins militaires. Ses effets
sont tellement graves à court terme que même son
utilisation médicale a été interrompue et son usage
proscrit partout dans le monde.
Faisant partie de la
catégorie des nouvelles drogues, l’ecstasy se présente
sous la forme de comprimés de couleur variée et, parce
que sa fabrication est clandestine, d’autres composants
s’y mêlent, tels qu’analgésiques, anabolisants,
hallucinogènes et même du savon ! Consommé en Europe
lors des soirées raves et dénommée « la pilule de
l’amour », à Djibouti c’est la jeunesse
essentiellement au chômage et à la recherche d’un
paradis artificiel au plus bas prix qui s’y adonne.
L’ecstasy agit sur trois hormones du cerveau : la
dopamine, la noradrénaline et la sérotonine. Celles-ci
se manifestent à leur tour sur le centre du plaisir, le
cycle de l’éveil et du sommeil, sur l’humeur, les émotions
et les fonctions sexuelles. Si le drogué est immédiatement
plongé dans un profond état de béatitude et
d’ataraxie, les études menées sur le court terme démontrent
que l’ecstasy est une substance neurotoxique provoquant
de terribles lésions cérébrales augmentant les risques
de développer la maladie de Parkinson.
Est-ce parce que ce
nouvel opium du peuple anesthésie toute velléité de
contestation sociale de la part de ces défavorisés que
le régime ne s’est jamais préoccupé de ce fléau ? Ou
bien est-ce parce que l’importation et la
commercialisation de l’ecstasy impliquent, selon toute
vraisemblance, certains de ses courtisans ?
Un débarcadère à
Sagallou :
Pour quel développement
?
Sagallou, gros
village côtier situé à une quarantaine de kilomètres
au sud de Tadjourah, sera-t-il bientôt doté d’un mini
port de pêche ? Des sources bien informées dans la région
indiquent que des travaux de construction d’un débarcadère
devraient prochainement démarrer sur le bord de mer.
Lequel débarcadère
devant servir de mini port d’attache aux bateaux des pêcheurs
de cette localité. A notre connaissance, les rares pêcheurs
de ce village pratiquent une pêche de subsistance et ne
disposent pas de pirogues leur permettant de capturer le
poisson au large. Quelques jeunes venus de Tadjourah sur
des embarcations de fortune (planche) fréquentent cette côte
bien poissonneuse.
Aussi, il est fort à
craindre que ce futur débarcadère soit en priorité
destiné au débarquement de l’illustre touriste en
campagne, cherchant à accoster son yacht pour rejoindre
le Day par la piste de Garenlé toute proche.
Le candidat à sa
propre succession pourrait ainsi profiter de la mer et de
la montagne chaque week-end. Une nouvelle manière de
faire campagne entre la ville et la brousse en ces temps
difficiles pour le leader de l’ex-parti unique. C’est
le mécénat version despotisme nonchalant.
Der-Elwa :
La soif est
toujours là
En
raison d’une soif persistante dans le secteur de
Der-Elwa, situé à une quinzaine de kilomètres au sud de
Yoboki, hommes et bêtes ont été contraints de se déplacer
vers le forage de Hanlé I. Selon nos informations, la
motopompe du forage de Der-Elwa serait hors service depuis
quatre mois faute d’entretien convenable.
La
population n’a pas manqué d’alerter à plusieurs
reprises les autorités administratives du district de
Dikhil au sujet de la panne de ce moteur vital pour le
fonctionnement du forage. Pourtant, une équipe de dépannage
du Génie Rural composée de trois agents disposant d’un
véhicule 4x4 existait jusqu’en 2002 dans ce district.
Dans
les milieux administratifs de Dikhil, on affirme que le
ministère de l’Agriculture aurait fait l’acquisition
d’une nouvelle motopompe destinée à remplacer celle défaillante
de ce forage. Qu’attendent
donc les pouvoirs publics en général et le ministère
concerné en particulier pour livrer dans les meilleurs délais
le moteur en question ? Les nomades qui ont dû quitter
cette zone à cause de la soif pourraient ainsi retrouver
leurs aires d’habitation traditionnelles.
Mouloud
du RPP :
Ventres
pleins, digestions difficiles
Les
rassemblements du parti au pouvoir en période de Ramadan
sont généralement l’occasion de festoyer aux frais de
l’Etat, dans une ambiance plus politicienne que
religieuse. Cette année, le Mouloud célébré mardi
dernier restera dans les annales comme un des plus coûteux
pour le contribuable djiboutien.
Au
menu : méga bouffe et broutage d’enfer. Le khat à lui
seul aurait coûté plusieurs millions de nos francs.
Pendant que les dignitaires et leurs obligés convoqués
à cette cérémonie politico-religieuse digéraient
difficilement à l’ombre d’un portrait géant du
candidat officiel, le candidat solitaire festoyait à
l’autre bout de la ville dans sa modeste résidence, en
compagnie d’invités modestes aussi. Au siège central
du Mocambo, le Premier ministre s’est fendu d’un
discours qui a en fait bailler plus d’un. Tentant de
rassurer ses troupes, il a esquissé le bilan des tournées
partisanes du Ramadan, affirmant devant ses auditeurs incrédules
: « Partout où nous sommes passés, nous avons été
accueillis à bras et cœurs ouverts » . Alors que le
secrétaire général du RPP invitait urbi et orbi à réfléchir
sur les dures conditions d’existence de ses
coreligionnaires partout dans le monde.
Décidément,
personne n’était venu à cette soirée de ripailles
pour écouter la vérité. Malheureusement, tous ou
presque savaient que toutes les tournées effectuées par
leur vice-président durant ce mois béni du Ramadan
n’ont convaincu personne. Tant dans les districts d l’Intérieur
que dans la Capitale, la population a largement démontré
qu’elle était fatiguée du mensonge officiel. Les seuls
bras qui se sont ouverts l’ont été pour le khat, les cœurs
eux sont restés fermés.
Obock
:
Un
parc à bétail
sans bétail ?
Un
curieux ouvrage récemment terminé intrigue les Obockois,
éternels oubliés du développement durable version RPP.
Ainsi, depuis quelques mois, un enclos dénommé parc à bétail
trône sur le plateau à quelques kilomètres à l’ouest
de cette ville. Ce projet aurait été financé par le
bailleur de fonds national, la Présidence en
l’occurrence, pour y regrouper le bétail à vendre. Sa
construction terminée, l’endroit reste douloureusement
vide de bétail. Gageons que le candidat à sa propre
succession n’hésitera pas à inaugurer ce misérable
enclos lors de son prochain passage dans ce district.
Dans
une région durablement affectée par le conflit et où
tout reste à reconstruire, le chantre du développement
agropastoral prétendrait-il que le pastoralisme peut se
passer des pasteurs appauvris ?
Aïd-el-Fitr
:
Deuil
officiel et festivités superficielles
Contrairement
à ce qu’affirmait le journal gouvernemental « La
Nation » dans son édition du 15 novembre, toutes les
festivités n’ont pas été annulées durant les quatre
jours de deuil officiel décrété en hommage au regretté
Yasser Arafat. Certes, pour la première fois depuis
l’indépendance, la traditionnelle garden-party au
Palais présidentiel a été annulée cette année,
officiellement pour raison de deuil national. En fait, et
les Djiboutiens l’ont compris, le candidat solitaire
n’ayant pas grand-chose à dire, il aurait donc pour une
fois saisi une occasion de se taire et c’est tant mieux
pour nos oreilles assommées par le blabla officiel.
Quant
au deuil national décrété suite à la disparition du
regretté Président Palestinien, il aurait donné
l’occasion ci et là à des festivités copieusement
rapportées par les médias gouvernementaux. Ainsi, une
troupe militaro-artistique française aurait égayé les
rues de la Capitale, en présence du Ministre djiboutien
de la Culture, de surcroît porte-parole du Gouvernement.
De
plus, des danses traditionnelles endiablées auraient été
exécutées par une troupe locale, en l’honneur de
touristes américains de passage. On le voit, notre pays
reste une terre d’échanges et de rencontres avec ou
sans deuil national. Pendant que le « numéro un » se
terre, le spectacle continue !
….
NÉCROLOGIE
Nous
avons appris avec tristesse le décès survenu jeudi 11
novembre 2004 à Obock de Mohamed Ali Gabassé, dit Kadda
Alita, ancien cadi d’Obock.
L’homme
qui vient de nous quitter à l’âge de 76 ans était une
personnalité religieuse connue et respectée.
Dans
les années 60, il fut un enseignant réputé d’une école
coranique à Djibouti.
Depuis
1986, il était cadi d’Obock.
Il
laisse deux
veuves et neuf enfants.
L’ARD
et la Rédaction de Réalité adressent leurs condoléances
attristées à toute la famille de Mohamed Ali Gabassé.
Qu’Allah
l’accueille en Son Paradis Eternel. INNA LILLAH WA INNA
ILAYHI RAAJI’UU
Discours
d’Arafat à l’ONU (1)
DEVANT
L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES
GENÈVE 13 DÉCEMBRE 1988
En hommage
au Leader de la Cause palestinienne, voici la première
partie d’un document exceptionnel : la première partie
de son discours historique devant l’Assemblée générale
des Nations unies. La seconde partie sera publiée la
semaine prochaine.
Monsieur le Président,
Messieurs les représentants, Jamais je n’aurais imaginé
que ma première rencontre depuis 1974 avec votre auguste
assemblée aurait lieu dans cette bonne et hospitalière
ville de Genève. Je pensais que les acquis et les
nouvelles positions politiques auxquelles est parvenu
notre peuple palestinien lors de la tenue du Conseil
national, à Alger, qui ont toutes reçu un accueil
international très favorable, m’obligeraient sans nul
doute à me rendre à New York, au Siège de l’Organisation
internationale, pour vous y présenter nos résolutions
politiques et la vision que nous avons de l’avenir de la
paix dans notre patrie, telles qu’elles ont été élaborées
par notre Conseil national palestinien, la plus haute
instance législative de nos institutions politiques.
Ma
rencontre avec vous aujourd’hui à Genève, après
qu’une injuste décision américaine m’eut empêché
d’aller vous rencontrer à New York, est donc pour moi
source de fierté et de joie.. Fierté d’être avec
vous, parmi vous, vous qui êtes la plus haute des
tribunes pour toutes les causes de justice et de paix dans
le monde. Ma joie, c’est d’être à Genève, là où
la justice et la neutralité sont un flambeau et une
constitution dans un monde où ceux qui croient à
l’arrogance de la force brute perdent la neutralité et
le sens de la justice qu’ils portent en eux. C’est
pour cela que la décision de votre auguste assemblée,
adoptée à la majorité des 154 Etats, de tenir ici même
cette réunion, n’est pas une victoire sur une décision
américaine. C’est la victoire du consensus
international en faveur de la liberté, c’est un plébiscite
sans précédent en faveur de la paix, et c’est la
preuve que la juste cause de notre peuple s’est définitivement
enracinée dans la structure même de la conscience
universelle.
Notre peuple
palestinien se souviendra toujours de cette auguste
assemblée, de ces nations amies debout ici avec le droit
et la justice, défendant les valeurs et les principes au
service desquels l’Organisation des Nations Unies a été
fondée. Tous les peuples qui subissent l’injustice,
l’oppression et l’occupation et qui comme notre peuple
palestinien, luttent pour la liberté, la dignité et la
vie, y puiseront confiance et assurance.
Je
saisis cette occasion pour adresser mes profonds
remerciements à tous les Etats, forces, organisations
internationales et personnalités mondiales qui ont
soutenu notre peuple et appuyé ses droits nationaux. Tout
particulièrement à nos amis en Union soviétique et en
Chine populaire, dans les pays socialistes, les pays non
alignés, les pays islamiques, les pays d’Afrique, d’Asie
et d’Amérique latine, ainsi que dans tous les autres
pays amis. Je remercie aussi les pays d’Europe
occidentale et le Japon pour les positions qu’ils ont récemment
adoptées à l’égard de notre peuple, et je les convie
à aller de l’avant, pour que ces positions se développent
davantage encore, et que s’ouvre la perspective de la
paix et d’une solution juste au conflit dans notre région,
le Moyen-Orient.
J’affirme ici aussi
notre solidarité et notre appui aux mouvements de libération
en Namibie et en Afrique du Sud, dans leur lutte, ainsi
que notre appui aux pays africains de la ligne de front
face aux agressions perpétrées par le régime raciste
d’Afrique du Sud.
Je saisis cette
occasion pour exprimer mes remerciements et ma
reconnaissance à l’égard de tous ces pays amis qui ont
pris l’initiative de nous soutenir, d’appuyer les décisions
de notre Conseil national et de reconnaître l’Etat de
Palestine.
Et je ne manquerai
pas de souligner notre immense gratitude envers S. E. M.
Javier Peréz de Cuéllar, Secrétaire général de l’Organisation
des Nations Unies, ainsi qu’envers ses adjoints, pour
les efforts inlassables qu’ils n’ont cessé de déployer
pour édifier ce à quoi l’humanité aspire en matière
de détente internationale, de solution des conflits, et
tout particulièrement au sujet de la question de
Palestine. J’adresse de même mes remerciements et ma
considération au Président et aux membres du Comité
pour l’exercice des droits nationaux inaliénables du
peuple palestinien pour leurs efforts en faveur de la
cause de notre peuple. Je salue et remercie également le
Comité spécial des neuf pays non alignés pour la
question de Palestine, pour le travail constructif qu’il
a accompli pour la cause de notre peuple.
Permettez-moi enfin,
Monsieur le Président, de vous adresser mes plus
chaleureuses félicitations à l’occasion de votre élection
à la présidence de cette assemblée. J’ai pleinement
confiance en votre sagesse et en votre rigueur. Je salue
également votre prédécesseur, qui a dirigé avec
clairvoyance les travaux de l’Assemblée précédente.
J’exprime enfin au Gouvernement et au peuple suisses mes
salutations et ma profonde gratitude pour l’assistance
considérable qu’ils nous ont fournie, les facilités
dont ils nous ont fait bénéficier et les efforts
qu’ils ont accomplis dans ce but.
Il y a 14 ans, le 13
novembre 1974, j’avais reçu de vous une gracieuse
invitation à exposer, devant cette auguste assemblée, la
cause de notre peuple palestinien. Me voici de nouveau
devant vous, après toutes ces années riches en événements
dramatiques, et je constate que de nouveaux peuples
occupent désormais Gleur place parmi vous, couronnement
de leurs victoires dans les combats de la liberté et de
l’indépendance. Aux représentants de ces peuples,
j’adresse les félicitations de notre peuple, et je
proclame devant vous tous que je reviens à vous la voix
plus haute, la détermination plus ferme et la confiance
plus assurée pour affirmer que notre lutte, inévitablement,
portera ses fruits. J’affirme que l’Etat de Palestine,
dont nous avons proclamé l’établissement lors de notre
Conseil national, prendra inévitablement sa place parmi
vous pour participer à vos côtés à l’application de
la Charte de cette organisation et pour faire respecter la
Déclaration des droits de l’homme, pour mettre fin aux
tragédies endurées par l’humanité et jeter les bases
du droit, de la justice, de la paix et de la liberté pour
tous.
Il y a 14 ans,
lorsque vous nous avez dit, dans la salle de l’Assemblée
générale :
« Oui à la
Palestine et au peuple de Palestine, oui à l’Organisation
de libération de la Palestine, oui aux droits nationaux
inaliénables du peuple Palestinien », certains s’étaient
imaginé que vos résolutions ne seraient suivies
d’aucun effet notable. Ils ne comprenaient pas que ces résolutions
allaient devenir une des sources les plus vives à
laquelle s’abreuverait le rameau d’olivier que je
portais ce jour-là, ce rameau qui s’est transformé,
après que nous l’ayons arrosé de notre sang, de nos
larmes et de notre sueur, en un arbre qui prend ses
racines dans la terre, dont les branches s’élancent
vers le ciel et qui promet le fruit de la victoire sur
l’oppression, la tyrannie et l’occupation. Vous nous
avez offert l’espoir du triomphe de la liberté et de la
justice. Nous vous avons offert en retour une génération
entière des enfants de notre peuple, qui a consacré sa
vie à la réalisation de cet espoir, la génération de
l’Intifada bénie, qui brandit aujourd’hui la pierre
de la patrie pour défendre sa dignité et l’honneur
d’appartenir à un peuple assoiffé de liberté et
d’indépendance.
A vous tous ici présents,
je transmets les salutations des enfants de notre peuple héroïque,
hommes et femmes, des masses de notre Intifada bénie qui
entre dans sa seconde année avec ce grand élan, cette
organisation minutieuse et cette pratique éminemment
civilisée et démocratique jusque dans la confrontation
avec l’occupation, l’exploitation, la tyrannie et les
crimes monstrueux quotidiennement commis à leur encontre
par les occupants israéliens.
A vous tous ici présents,
je transmets le salut de nos garçons et de nos filles
dans les prisons et les camps de détention collective de
l’occupation. A vous tous, je transmets le salut des
enfants de la pierre qui défient l’occupation, ses
avions et ses chars, et font revivre dans les mémoires
l’image nouvelle du David palestinien aux mains nues
face à Goliath l’Israélien bardé d’armes.
Lors de notre première
rencontre, j’avais conclu mon intervention en affirmant,
en ma qualité de président de l’OLP et de commandant
de la révolution palestinienne, que nous ne voulions pas
que soit versée une seule goutte de sang, juif ou arabe,
et que nous ne voulions pas que les combats se
poursuivent, ne fut-ce qu’une minute. Je m’étais
adressé à vous, dans l’espoir que nous Parviendrions
à abréger la douleur et les souffrances, à hâter la
mise en place des bases d’une paix juste fondée sur la
garantie des droits de notre peuple, de ses aspirations et
de ses espoirs, comme des droits de tous les peuples, sur
un pied d’égalité.
Je m’étais adressé
à vous pour que vous vous teniez aux côtés de notre
peuple en lutte pour l’exercice de son droit à
l’autodétermination, pour que vous lui donniez les
moyens de retourner de son exil imposé par la force des
baïonnettes et de l’arbitraire, pour que vous nous
aidiez à mettre fin à la tyrannie imposée à tant de générations
de notre peuple, depuis tant de décennies, afin qu’il
puisse enfin vivre dans sa patrie, retrouver ses maisons,
libre et souverain, jouissant de la Plénitude de ses
droits nationaux et humains. Et j’avais, pour finir,
affirmé du haut de cette tribune, que la guerre
surgissait de Palestine, et que la paix commençait en
Palestine.
Le rêve que nous
caressions alors était d’établir un Etat palestinien démocratique
au sein duquel vivraient musulmans, chrétiens et juifs
sur un pied d’égalité, avec les mêmes droits et les mêmes
devoirs, dans une seule société unifiée, à l’instar
d’autres peuples sur cette terre dans notre monde
contemporain.
Quelle ne fut pas
notre surprise lorsque nous entendîmes les responsables
israéliens expliquer que ce rêve palestinien, inspiré
de l’héritage des messages divins qui ont illuminé le
ciel de la Palestine ainsi que des valeurs humaines qui
fondent la coexistence au sein d’une société démocratique
et libre, était un plan visant à les détruire et à les
anéantir.
Il nous fallait tirer
les leçons d’un tel état de fait, constater la
distance qui le séparait du rêve. Nous prîmes alors, au
sein de l’OLP, l’initiative de procéder à la
recherche de formules alternatives réalistes et
praticables pour apporter à ce problème une solution
fondée sur une justice possible, et non pas sur une
justice absolue. Une solution qui puisse garantir les
droits de notre peuple à la liberté, la souveraineté et
l’indépendance, et qui puisse également garantir à
tous la paix, la sécurité et la stabilité, évitant à
la Palestine et au Moyen-Orient la poursuite des guerres
et des combats qui s’y déroulent depuis 40 ans.
Ne sommes-nous pas
ceux qui ont pris l’initiative d’invoquer la Charte
des Nations Unies et leurs résolutions, la Déclaration
universelle des droits de l’homme et la légalité
internationale en tant que références de base pour la
solution du conflit arabo-israélien ?
N’avons-nous pas
fait bon accueil à la déclaration commune Vance-Gromyko
en 1977, en tant qu’initiative qui pouvait servir de
base à un projet de solution pour ce conflit ?.
N’avons-nous pas
donné notre accord pour participer à la Conférence de
Genève sur la base de la déclaration soviéto-égyptienne
de 1977, de façon à progresser vers une solution de paix
dans la région ?
N’avons-nous pas
adopté1e Plan de paix arabe de Fès, en 1982, puis le
projet de convocation d’une conférence Internationale
de paix sous l’égide de l’Organisation des Nations
Unies et conformément à ses résolutions ?
N’avons-nous pas
appuyé le Plan Brejnev pour la paix au Moyen-Orient ?
N’avons-nous pas
accueilli et appuyé la Déclaration de Venise des pays de
la Communauté économique européenne concernant les.
bases d’une paix juste dans la région ?
N’avons-nous pas
accueilli et soutenu l’initiative des deux Présidents
Gorbatchev et Mitterrand au sujet de la commision préparatoire
de la conférence internationale?
N’avons-nous pas
fait bon accueil aux dizaines de déclarations et
d’initiatives politiques émanant des groupes régionaux,
des pays africains, des pays islamiques, des pays non
alignés, des pays socialistes, des pays d’Europe et
d’autres pays, dans le seul but de parvenir à un règlement
pacifique fondé sur la légalité internationale, afin
d’instaurer la paix et de résoudre le conflit ?
Quelle fut la
position d’Israël face à tout cela ? Bien que chacune
de ces initiatives, chacun de ces plans, chacune de ces déclarations
ait été inspiré par la volonté de prendre en considération
le rapport de force politique de même que les
revendications et les intérêts de l’ensemble des
parties au conflit arabo-israélien, l’attitude d’Israël
devant tout cela fut l’escalade de ses projets de
colonisation et d’expansion. Elle consista à élargir
le champ des destructions et des ruines, et à faire à
nouveau couler le sang. Elle consista à multiplier les
fronts, jusqu’à y inclure le Liban frère, que les
troupes d’occupation envahirent en 1982, avec les conséquences
que l’on sait, les massacres comme ceux de Sabra et de
Chatila, et les boucheries perpétrées à l’encontre
des deux peuples, libanais et palestinien. Israël
continue d’occuper une partie du Sud-Liban, et ce pays
doit quotidiennement faire face aux raids de l’aviation
et aux agressions aériennes, terrestres ou maritimes qui
frappent ses villes et ses villages comme elles frappent
nos camps dans le sud.
A suivre...
La Cause
Palestinienne en dates
Voici les dates
essentielles pour comprendre la lutte inachevée du Peuple
Palestinien, qu’incarnait le regretté Yasser Arafat
depuis 1959. Cette chronologie est tirée de
l’hebdomadaire l’Express en ligne du 4 novembre 2004,
sous la plume de Catherine Gouëset.
29 novembre 1947
: l’ONU
adopte un plan de partage de la Palestine en deux Etats
indépendants, un juif et un arabe. Jérusalem est placé
sous régime international.
14 mai 1948 :
à la fin du mandat britannique sur la Palestine, David
Ben Gourion, président du Conseil national juif, proclame
l’indépendance de l’Etat d’Israël. Le 15, éclate
la première guerre israélo-arabe, les pays arabes
refusant le plan de partage. Début de l’exode des
Palestiniens. Les combats prennent fin en 1949 avec les
accords de Rhodes fixant une ligne de démarcation qui
demeurera jusqu’en 1967.
24 avril 1950
: la Cisjordanie est annexée par le roi Abdallah de
Jordanie. L’Egypte contrôle la bande de Gaza.
Octobre 1959 :
premier congrès du Fatah, créé au Koweït.
28 mai 1964 :
création de l’Organisation de Libération de la
Palestine (OLP), présidée par Ahmed Choukeiry.
Octobre-novembre
1956 : après la nationalisation du canal de Suez par
le président égyptien Nasser, la seconde guerre israélo-arabe
est déclenchée. A la fin de 1956, les Israéliens
commencent à évacuer le Sinaï. Israël retrouve ses
frontières de 1949.
5/10 juin 1967
: Israël déclenche la troisième guerre israélo-arabe
dite des “Six jours”, et occupe le Sinaï, la bande de
Gaza, la Cisjordanie, Jérusalem-Est et le plateau du
Golan.
22 novembre 1967
: le Conseil de Sécurité de l’ONU adopte à
l’unanimité la résolution 242 qui prévoit l’évacuation
“ des “ (ou “ de “, selon la version anglaise)
territoires occupés, en échange de la reconnaissance
mutuelle de tous les Etats du Proche-Orient.
Février 1969
: Yasser Arafat est élu président du Comité exécutif
de l’OLP.
17 septembre 1970
: l’armée jordanienne liquide les forces combattantes
palestiniennes après la destruction de 3 avions de ligne
occidentaux sur le territoire jordanien. Les combats entre
armée jordanienne et fedayins palestiniens font des
milliers de victimes civiles palestiniennes (“Septembre
noir”).
6/25 octobre 1973
: quatrième guerre israélo-arabe dite “guerre de
Kippour” ; l’armée égyptienne pénètre dans le Sinaï
occupé mais doit se retirer.
22 octobre 1973
: le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution
338 qui appelle à un cessez-le-feu et à des négociations.
28 novembre 1973
: la Ligue arabe reconnaît l’OLP en tant que seul représentant
du peuple palestinien.
13 novembre 1974
: discours de Yasser Arafat à l’ONU. Le 22, l’Assemblée
générale de l’ONU reconnaît le droit des Palestiniens
“à la souveraineté et à l’indépendance
nationale”.
13 avril 1976
: élections municipales en Cisjordanie et à Gaza occupés.
Les candidats proches de l’OLP remportent 80% des sièges.
13 juin 1980 :
le Conseil européen adopte une résolution affirmant que
le “peuple palestinien doit exercer son droit à
l’autodétermination” et que “l’OLP doit être
associée à toute négociation”.
Mars-avril 1982
: insurrection palestinienne dans les territoires occupés.
Les maires élus sont destitués.
6 juin 1982 :
l’armée israélienne envahit le Liban -opération
“Paix en Galilée”- et chasse de Beyrouth les
organisations palestiniennes, dont l’Organisation de libération
de la Palestine, l’OLP.
17-18 septembre
1982 : assassinat à Beyrouth du président libanais
Bechir Gemayel. Les Israéliens entrent à Beyrouth-Ouest.
Massacre de civils par les milices chrétiennes dans les
camps palestiniens de Sabra et Chatila, avec la complicité
passive de “Tsahal”, l’armée israélienne.
1er octobre 1985
: un raid de l’aviation israélienne contre le quartier
général de l’OLP à Tunis fait 70 morts.
6 août 1986 :
le Parlement israélien vote une loi interdisant tout
contact avec des dirigeants de l’OLP.
9 décembre 1987
: début de l’Intifada (soulèvement en arabe), également
appelée “guerre des pierres” dans les territoires
occupés.
15 novembre 1988
: à Alger, le Conseil national palestinien (CNP,
parlement en exil), proclame l’Etat palestinien indépendant
et accepte les résolutions 242 et 338 de l’ONU,
reconnaissant ainsi implicitement l’existence d’Israël.
En décembre, devant l’ONU à Genève, Yasser Arafat,
chef de l’OLP, reconnaît le droit d’Israël à vivre
“en paix”, et déclare renoncer totalement au
terrorisme.
2 mai 1989 :
en France, Yasser Arafat est reçu pour la première fois
à l’Elysée par François Mitterrand.
12 mars 1991 :
le secrétaire d’Etat américain James Baker rencontre
pour la première fois des personnalités palestiniennes
des territoires occupés.
30 octobre 1991
: ouverture à Madrid (Espagne) d’une conférence de
paix. Israéliens, Palestiniens -des territoires occupés,
et non de l’OLP-, Jordaniens et Syriens se rencontrent
sous le co-parrainage de George Bush et de Mikhaïl
Gorbatchev.
14 janvier 1992
: les Palestiniens remettent à la délégation israélienne
leur projet d’autonomie dans les territoires occupés.
27 avril 1992 : une session de pourparlers se déroule
pour la première fois en présence d’observateurs de
l’OLP à Washington.
19 janvier 1993
: le Parlement israélien abroge la loi interdisant les
contacts avec l’OLP.
Juillet-août 1993
: des rumeurs font état de contacts secrets entre Israël
et l’OLP.
13 septembre 1993
: Israël et l’OLP signent à Washington un accord de
principe (“Oslo I”) sur une autonomie palestinienne
transitoire de cinq ans. Le Premier ministre israélien
Itzhak Rabin et Yasser Arafat échangent une poignée de
main historique.
25 février 1994
: un extrémiste juif, le docteur Baruch Goldstein,
massacre 29 Palestiniens en prière au Caveau des
patriarches à Hébron.
4 mai 1994
: accord du Caire sur l’autonomie de la bande de Gaza et
de la ville de Jéricho (Cisjordanie). L’Autorité
palestinienne s’installe dans les zones nouvellement
autonomes.
1er juillet 1994 : retour de Yasser Arafat à Gaza.
28 septembre 1995:
Israël et l’OLP signent à Washington l’accord négocié
à Taba (“Oslo II”) étendant l’autonomie en
Cisjordanie et prévoyant une série de retraits israéliens
par étapes.
20 janvier 1996
: Yasser Arafat est élu président de l’Autorité
palestinienne et ses partisans remportent les 2/3 des 80
sièges du Conseil législatif.
24 avril 1996
: le CNP (parlement palestinien en exil), réuni pour la
première fois en Palestine, élimine de sa charte les
articles mettant en cause le droit à l’existence de
l’Etat d’Israël.
29 mai 1996 : les Israéliens élisent comme
Premier ministre Benyamin Netanyahu, chef de la droite
nationaliste, opposé aux accords d’Oslo.
24 septembre 1996
: ouverture par Israël d’un tunnel sous l’Esplanade
des Mosquées à Jérusalem provoque de violents
affrontements entre l’armée israélienne et des
manifestants palestiniens, qui font plus de 70 tués.
15 janvier 1997
: Netanyahu et Arafat concluent un accord sur un retrait
partiel israélien de la ville d’Hébron en Cisjordanie.
7 mars 1997 : l’annonce unilatérale par Israël
d’un retrait de 9 % de la Cisjordanie (les Palestiniens
réclament 30%) provoque une nouvelle crise.
30 novembre 1997
: Israël accepte le principe de retrait limité de
Cisjordanie (sans en fixer l’ampleur ni la date),
assorti de conditions draconiennes. La presse israélienne
parle de 6 à 8% de territoires évacués.
14 janvier 1998
: Israël annonce qu’il gardera sous son contrôle de
larges parties de la Cisjordanie, même en cas d’accord
de paix avec les Palestiniens.
30 mars 1998 :
Dennis Ross, émissaire de Bill Clinton, quitte Jérusalem
après le rejet de la proposition américaine qui
demandait que 9 % à 13 % de la Cisjordanie soient évacués
par l’armée israélienne.
21 juin 1998 :
en dépit des critiques des Etats-Unis et de l’Union
européenne, le gouvernement israélien décide la création
d’une super-municipalité de Jérusalem qui englobe
plusieurs colonies de Cisjordanie, et double ainsi de
volume.
23 octobre 1998 : Arafat et Netanyahou signent à
Wye Plantation (Etats-Unis) un accord destiné à sortir
le processus de paix de l’impasse : Israël transférera
à l’administration palestinienne, en trois étapes (sur
douze semaines), 13% supplémentaires du territoire de la
Cisjordanie encore sous son contrôle. L’Autorité
palestinienne s’engage de son côté à renforcer la
lutte contre le terrorisme.
Décembre 1998
: Bill Clinton est le premier président américain reçu
en visite officielle par un Etat Palestinien virtuel.
Inauguration de l’aéroport de Gaza, sous contrôle israélien.
4 septembre 1999
: la signature, à Charm-el-Cheikh (Egypte), d’un accord
fixant les dates des retraits israéliens de Cisjordanie
(prévus par l’accord de Wye Plantation mais non appliqués
par l’ancien Premier ministre israélien Benyamin
Netanyahu), relance le processus de paix.
21 mars 2000 :
avec un nouveau retrait de l’armée israélienne de 6,1%
de Cisjordanie, l’Autorité palestinienne contrôle désormais,
partiellement ou totalement, 40 % du territoire.
Mai 2000 : des émeutes consécutives aux manifestations
en faveur de la libération des 1.600 prisonniers
palestiniens en Israël, font 6 morts en Cisjordanie.
15 mai 2000 :
le parlement israélien vote le transfert à l’autorité
palestinienne de 3 localités proches de Jérusalem, dont
Abou Dis, souvent présenté comme le siège de la
capitale d’un futur Etat palestinien.
11-25 juillet 2000
: échec du sommet israélo-palestinien de Camp David
(Maryland). Aucun accord n’est conclu entre les deux
parties.
10 septembre 2000
: Le Conseil central de l’OLP décide de reporter la
proclamation de l’indépendance de la Palestine fixée
en juillet dernier au 13 septembre, date anniversaire de
l’accord d’Oslo.
28 septembre 2000
: la visite du chef du Likoud, Ariel Sharon, sur l’Esplanade
des Mosquées (Jérusalem-est), troisième lieu saint de
l’islam, provoque de violentes émeutes en Israël et
dans les territoires palestiniens, faisant plus de 90
victimes.
29 janvier 2001
: Israël et les Palestiniens annoncent avoir réalisé de
sérieux progrès dans les négociations de Taba. Ehud
Barak décide de les ajourner jusqu’à l’élection du
chef du gouvernement le 6 février, estimant impossible un
accord avant cette date.
6 Février 2001
: Ariel Sharon est élu premier ministre en Israël avec
une avance de 25 points sur Ehud Barak.
4 décembre 2001 : Israël lance des raids d’une
ampleur sans précédent dans les territoires
palestiniens. Yasser Arafat, déclaré «hors-jeu» par
Ariel Sharon, ne peut plus sortir de Ramallah, encerclée
par Tsahal.
29 mars 2002 :
l’Etat hébreu lance une offensive dans les territoires
occupés baptisée «rempart défensif». La Mouqataa, le
quartier général d’Arafat à Ramallah, est
partiellement détruit et le leader palestinien est coupé
du monde.
15 avril 2002 : Marwan Barghouti, le chef du Fatah
en Cisjordanie, est capturé par l’armée israélienne.
14 février 2003
: cédant aux pressions internationales pour des réformes
au sein de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat
donne son accord à la nomination d’un Premier ministre.
19 mars 2003 : Yasser Arafat propose de nommer
Mahmoud Abbas (alias Abou Mazen), un pragmatique notoire,
au poste de Premier ministre.
29 avril 2003
: Mahmoud Abbas et son cabinet reçoivent l’investiture
du parlement palestinien. Son investiture lève le dernier
obstacle à la publication de la «feuille de route»,
plan de paix international prévoyant la création d’un
Etat palestinien d’ici à 2005.
6 septembre 2003
: Mahmoud Abbas annonce sa démission au Parlement
palestinien, invoquant des obstacles intérieurs, israéliens
et américains à son action.
7 septembre 2003
: Yasser Arafat offre au président du parlement, Ahmed
Qoreï, le poste de premier ministre. Celui-ci l’accepte
deux jours plus tard.
12 novembre 2003
: investiture du gouvernement élargi de Qoreï.
26 janvier 2004
: Ahmed Qoreï annonce une série de réformes dans le
fonctionnement des services de sécurité. La veille, le
Parlement avait dénoncé l’«échec» du gouvernement
à assurer la sécurité dans les Territoires.
22 mars 2004 : Cheikh Yassine, le fondateur du
Hamas, est assassiné lors d’un raid mené par des hélicoptères
israéliens devant une mosquée de Gaza.
17 avril 2004
: le nouveau chef du Hamas, Abdelaziz al-Rantissi, est tué
lors d’un raid aérien israélien dans la ville de
Gaza.13 juillet : l'envoyé spécial de l'Onu dans les
territoires palestiniens, Terje Roed-Larsen, adresse de
vives critiques à Yasser Arafat, estimant que la
situation dans les territoires «tourne progressivement au
chaos» et que le dirigeant palestinien affiche «un
manque de volonté politique» pour réformer l'Autorité
palestinienne.
16 juillet 2004
: une série de rapts est organisée dans les territoires
par des groupes armés qui entendent protester contre la
corruption de l’Autorité palestinienne.
17 juillet 2004 : Yasser Arafat annonce une refonte
des services de sécurité, après qu’Ahmed Qoreï a
proclamé son intention de démissionner. Le Raïs nomme
à la tête du service de sécurité générale son neveu,
Moussa Arafat. La nomination de ce dernier, soupçonné de
corruption, entraîne de violentes manifestations. Il est
rétrogradé quelques jours plus tard.
27 juillet 2004 : Ahmed Qoreï revient sur sa démission.
1er août 2004 : l’ancien ministre délégué à
la Sécurité, Mohammad Dahlan, menace Yasser Arafat de
manifestations de masse à Gaza s’il ne fait pas
appliquer les réformes des services de sécurité dans
les dix jours.
18 août 2004
: s’adressant au Conseil législatif palestinien à
Ramallah, Yasser Arafat reconnaît des erreurs «inacceptables»
de son gouvernement et promet d’engager des réformes.
29 octobre 2004 : Arafat est hospitalisé en
France.
11 novembre 2004 : décès d’Arafat à l’âge de 75 ans.
* *
Meeting
de l’Aïd-el-Fitr 2004
UNE
REMARQUABLE DÉMONSTRATION DE FORCE
Le
traditionnel rassemblement populaire organisé par l’UAD
le jour de l’Aïd-el-Fitr a connu cette année une
affluence exceptionnelle. Preuve de la maturité de notre
Peuple, mobilisé aux côtés de l’opposition
nationale., seule alternative crédible au régime des
bedaines, synonyme d’insouciance, d’incompétence et
de pillage des richesses nationales.
«
Le combattant meurt, le combat continue » proclamaient de larges banderoles réclamant
également l’application de l’Accord de paix du 12 mai 2001, déployées
par les militants de l’UAD devant le siège de la fédération ARD d’Arhiba
situé place de l’Indépendance. En ce samedi matin de fête, des milliers de
militants de l’opposition attendaient dignement, dans une ambiance
fraternelle l’arrivée de la direction de l’UAD.
Peu
avant 9 heures, les dirigeants des quatre formations politiques regroupées au
sein de l’UAD ont été chaleureusement ovationnés, avant de s’adresser à
la foule combative. La présentation des vœux de l’Aïd a été précédée
d’une émouvante séance de prière à la mémoire du regretté Président de
l’UAD et père de la Nation, récemment disparu. La vitalité de l’UAD est
le meilleur gage de la poursuite de son combat inachevé.
Après
avoir communiqué le programme du jour, les dirigeants de l’UAD se sont déplacés
à pied vers le deuxième lieu du rassemblement populaire, la bien-nommée
Avenue Nasser, face au siège central de l’UDJ. Cette traversée à pied de
la route d’Arta dans le sens Arhiba-Avenue Nasser, n’avait pas été rééditée
depuis l’Aïd-el-Fitr 2002.
Ainsi,
en quelques minutes, ce sont des milliers de militants et sympathisants qui ont
escorté la direction de l’UAD jusqu’à l’Avenue Nasser, où
convergeaient également une foule très nombreuse venue des autres quartiers.
Après
les congratulations d’usage, le meeting proprement dit a débuté vers 10
heures dans une ambiance combative. Une pléthore d’orateurs a ainsi chauffé
l’auditoire durant près de deux heures. Tout à tour, nos dirigeants se sont
alors exprimés de façon claire et concise.
Tous
ont démontré, exemples à l’appui, que le pays allait de mal en pis et
qu’un sursaut national était l’unique voie pour barrer la route au
principal responsable du désastre national : le candidat solitaire à sa
propre succession. De fait, l’unité d’action brillamment démontrée sur
le terrain par les responsables et militants de l’UAD a mis du baume au cœur
à tous ceux venus écouter un langage d’unité et de combativité.
M.Souleiman
Farah Lodon, Vice-Président du MRD, a tenu à rappeler que « ce régime
irresponsable n’a pas respecté sa parole et sa signature en violant systématiquement
l’Accord de paix du 12 mai 2001 et continue à saboter la décentralisation
». Le Président de l’ARD, M. Ahmed Yousouf, a particulièrement mis
l’accent sur la consolidation de l’Unité nationale : « celle-ci demeure
une condition sine qua non pour que triomphe le juste combat national de l’UAD
».
Pour
sa part, le Président du PDD, M. Mohamed Daoud Chehem, a mis en relief l’échec
politique et économique de ce régime du gâchis. « La régression est
visible à l’œil nu, il suffit d’observer l’état de saleté de notre
Capitale, transformée en un gigantesque dépotoir à ciel ouvert » a-t-il
indiqué.
Outre
les principaux leaders des partis politiques regroupés au sein de l’UAD,
plusieurs autres dirigeants ont également tenu à haranguer l’assistance
avec conviction en égrenant la liste des méfaits imputables à ce régime de
prédation. Ainsi, un des discours les plus applaudis et les plus remarquables
a été celui prononcé du fond du cœur par le camarade Naguib, du MRD.
Ce
brillant orateur s’exprimant en arabe avait déjà été remarqué lors de la
campagne des législatives de janvier 2003. Ses formules piquantes et le ton
sincère de son discours en a ému plus d’un. Après avoir fustigé la
propagande mensongère du candidat officiel du parti au pouvoir, Naguib Bachir
a martelé : « six ans de plus à ce rythme rétrograde et c’en est fini de
notre pays. Tous ensemble, faisons barrage à ce régime insouciant et
insatiable. Honte à ce système qui méprise les siens au point même de
refuser d’honorer la mémoire du père fondateur de notre République. Il
n’y a rien à attendre des ingrats, il faut les balayer » a-t-il conclu sous
un tonnerre d’applaudissements.
Prenant
la parole en dernier, M. Ismaël Guedi, le Président de l’UAD, s’exprimant
successivement en afar et en somali, a été on ne peut plus clair, en
affirmant : « Après la disparition de notre leader charismatique, certains
observateurs spéculaient sur l’affaiblissement durable, voire la désagrégation
de l’UAD. Bien au contraire, portée par l’espérance populaire, notre
coalition se renforce de jour en jour. La Lutte continue, et nous suivons la
voie de l’unité nationale, de la démocratie et de la justice, admirablement
tracée par le regretté Ahmed Dini » a-t-il précisé, soulevant une salve
d’applaudissements.
Le
meeting a pris fin peu avant midi et l’immense foule joyeuse s’est dispersée
dans le calme, scandant encore UAD ! UAD !
De l’avis général, l’UAD a tenu ce jour-là un
de ses plus mémorables rassemblements populaires depuis janvier 2003. Ce
n’est que le début, la mobilisation continue.
* * *
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