Geyser : Le plus grand et actif : Steamboat Geyser sur
le site de "Norris Geyser Basin", jaillit à 90
m de haut (Yellowstone, USA)
Volcan : Explosion la plus colossale : celle du
Krakatoa (Indonésie) qui fût entendue jusqu’à l’île
Rodrigue à 4 811 km du volcan. 27/08/1883
Roche : La plus vieille : 4,016 milliards d’années
Dunes : Les plus hautes : jusqu’à 500 m dans le
désert Badain Jaran à l’ouest de la Mongolie
intérieure (Chine)
biologie
Arbre: le plus vieux : 5000 ans estimé pour les pins
de Californie Pinus longaeva. Le vétéran a été abattu
en 1964 et devait avoir 4900 ans
vie
Condition thermique maximale : 121°C
Les
comptes de la Chambre des Comptes (3)
Endettement extérieur et
dépenses inconsidérées
Le rapport de la Chambre
des Comptes et de Discipline Budgétaire (CCDB) se
cantonne à masquer la réalité en compliquant les
observations par l’étalement de tableaux comparatifs,
de graphiques inutiles comme de variables relatives, non
conséquents pour toute étude de ce genre. Sans vouloir
réitérer nos analyses qui dépassent la période
étudiée par son « Rapport Général Public – Spécial
n° 3 du 15 novembre 2004 », nous constatons l’inventoriage,
partiel et partial, de ce qui est qualifié d’« entorses
budgétaires » par la CCDB mais, malheureusement,
grave pour l’avenir de la communauté nationale obligée
de payer les erreurs gouvernementales dans la gestion et
les dépenses exponentielles, dont cette instance dépend
directement.
Ce document étant simplement destiné
à la consommation extérieure, il ne peut nullement
justifier le piteux état du pays en ce sens que son
étude se limite seulement à un constat purement
comptable et non à une analyse globale intégrant la
condition sociale de la population et la situation
économique du pays.
Ignorant les dispositions
recommandables pour une équation entre les multiples
accroissements budgétaires et les dépenses dont les
destinations varient en fonction des priorités
circonstancielles du régime, la CCDB semble vouloir
séduire à travers ses 400 pages les bailleurs de fonds
en vue du maintien sinon de l’augmentation de leurs
injections financières dans un pays d’un peu plus de
500.000 âmes, où la corruption demeure être la plus
exemplaire d’Afrique. Une corruption qui fait partie des
mœurs politiques depuis l’indépendance et s’est
renforcée depuis 1999.
Nous réservant pour un prochain
numéro l’étude chiffrée et les comparatifs des
données de la CCDB, nous nous limiterons cette fois-ci à
l’analyse macrobudgétaire des années retenues dans ce
rapport et des constats importants tirés, en plus des
recommandations.
Les rapports distants entre les Lois
des Finances Initiales et celles des Lois des Finances
Rectificatives constituent un des éléments majeurs de l’évaporation
des recettes de l’Etat à travers les dépenses non
maîtrisées dit le rapport. Par exemple, en 1999, le
budget prévisionnel « voté » étant de 28,4 milliards
FD il s’était accru de près de 7 milliards FD, soit
plus de 23% lors de l’adoption du budget rectificatif.
Comme toutes les années et dans tous
les budgets, il constate que la ligne « Moyens de Service
» affiche une dépense globale représentant plus de 75%
des recettes en plus de l’accroissement gravissime des
dettes publiques dues essentiellement à la poursuite de
la politique vieille de 27 ans.
Passant de 27 milliards FD à environ
35 milliards FD, cette flambée de la dette si elle n’est
expliquée a de quoi inquiéter. Le montant des
engagements contractés par l’Etat reste dans l’immédiat
provisoire. Néanmoins, ce rapport pointe du doigt la
défaillance des services du Ministère des Finances qui,
malgré les dernières restructurations ayant mis en place
une Direction chargée des financements extérieurs,
demeurent toujours inopérationnels : de multiples
défaillances responsables de la non-communication des
données fiables et définitives sur l’endettement réel
du pays.
Seule explication avancée par cet
organisme public: l’accroissement important de la dette
publique serait d’origine principalement bilatérale.
Cette dette bilatérale aurait été aggravée par les
non-remboursements de prêts anciens tels que celui de l’Espagne
de 2,4 millions USD destinés à la réhabilitation de l’Hôpital
Peltier en 1997 ou des trois prêts de la Chine ayant
permis les constructions du Palais de Peuple et du Stade
Hassan Gouled, en plus de la dernière acquisition à
crédit, du système des contrôles des conteneurs dans un
Port mis en concession pour deux décennies.
Cette situation d’endettement grave
est d’autant plus alourdie par la capitalisation des
charges d’intérêts des emprunts non-remboursés qui,
à terme, conduiront à hypothéquer l’avenir des
générations futures.
Les principales irrégularités
relevées au titre des Dépenses du Budget de l’Etat,
que nous avons décidé d’examiner cette semaine,
concernent les dotations budgétaires sur ou
sous-évaluées, ainsi que les dépassements de crédits.
Nos magistrats observent que « d’une manière
générale, les crédits destinés aux dépenses de
matériels enregistrent des dépassements excessifs »
. Et systématiques, dans certains ministères,
ajouterons-nous. Les textes réglementaires sont pourtant
explicites : « sauf exception prévue par les textes,
les crédits sont limitatifs et les dépenses sur
lesquelles ils s’imputent ne peuvent être engagées et
ordonnancées que dans les limites des crédits ouverts
».Et comme nous l’avions déjà montré il y a un an, c’est
la Présidence de la République qui montre, comme en d’autres
domaines, le mauvais exemple. En 2000, ces dépassements s’élevaient
374.197.775 FD. Ces inimaginables dépassements de
crédits pour une seule ligne budgétaire sont
injustifiables et d’ailleurs injustifiés.
Leur cause exacte reste inexpliquée :
parce qu’inavouables ? Les tentatives d’explication
des magistrats de la CCDB ne sont pas vraiment
convaincantes. Selon eux, cet excédent « provient en
réalité des engagements de dépenses au profit de
différents ministères... Du fait du contrôle redondant
du ministère des Finances, les ministères se tournent
assez souvent vers la Présidence, pour entreprendre des
activités prioritaires de leur programme. » A quoi
servent ces ministères et leur budget s’ils doivent se
tourner vers la Présidence pour la réalisation de leur
programme supposé être prioritaire, mais apparemment pas
budgétisé ?
La palme des irrégularités revient
cependant à l’Assemblée nationale, qui dispose d’un
compte spécial au Trésor et qui doit en principe jouer
un rôle dans le contrôle budgétaire. Il est clair que
les prêts comme les priorités budgétaires découlent d’une
politique économique favorisant les manipulations afin de
pérenniser un régime despotique.
Sinon, comment peut-on comprendre que
les crédits budgétaires dépendant plus de l’Exécutif
que d’un Législatif, simple chambre d’enregistrement,
offrent la plus importante ligne de dépenses (400
millions FD, ce qui donnerait une moyenne de 6.154.000 FD
par député) à une Assemblée Nationale constituée de
mals-élus ?
Nous apprenons ainsi qu’ « au
chapitre 40.10 de la comptabilité interne, les dépenses
excèdent en fin d’exercice de 49.000.000 FD les
crédits d’origine en 2000. Quant aux frais de mission,
qui étaient de 8 millions FD en 1999, ils ont connu en
2000 une hausse de 42 millions FD. L’anomalie, nous dit
la CCDB, « réside dans le mode de perception de ces
frais», sans préciser lequel, mais l’on devine.
Pas ailleurs, la CCDB note « la
déliquescence des opérations d’inventaire, graves
manquements généralisés dans la tenue, le suivi et le
contrôle des biens de l’Etat, de nature à développer
un état de gaspillage préjudiciable aux deniers publics ».
Il faut donc en conclure que cette situation de gaspillage
est générale et avancée. Les conditions déplorables d’archivage
des documents administratifs et comptables créent des
divergences entre les données des administrateurs de
crédits et les ordonnateurs subdélégués :
- Non-respect des autorisations
budgétaires,
- Mouvements contradictoires et
incohérents des crédits,
- Dépassements
- Imputations budgétaires
irrégulières (« outre qu’elles constituent des
infractions à la règle de la spécialité des crédits,
ces irrégularités ont pour effet de nuire à la
transparence indispensable des comptes »),
- Avantages et espèces et en nature
non-réglementaires,
- Infractions au Code des Marchés
Publics ;
On le voit, le tableau est sombre et
risque de le rester, à en croire le constat amer mais
lucide de nos magistrats selon lesquels « le
ministère des Finances fait peu cas des injonctions de la
Chambre. »
Dans le rapport sur l’exécution des
Lois de Finances de 1999 à 2001, la CCDB avait déjà
soulevé ces pratiques dont la récurrence finit par
porter préjudice à la crédibilité des autorisations
budgétaires.
Au niveau des dépenses proprement
dites, la Chambre des Comptes et de Discipline Budgétaire
n’a pas pu expliciter ou a semblé ignorer les raisons
qui ont conduit à l’augmentation disproportionnée des
indemnités parlementaires en 1999, comme les fortes
élévations des crédits alloués en 1997 et 1998 à la
Primature et certains ministères par rapport à d’autres.
Et pourtant, cette institution de
contrôle est censé savoir que si ces dépenses ont été
relevées cette époque, c’est tout simplement qu’elles
devaient couvrir les frais nés de la campagne de
mobilisation des nouveaux parlementaires issus d’Ab’a
et d’un gouvernement de circonstance dont le successeur
de son oncle avait énormément besoin. Pour l’année de
son « élection », les Ministères « activistes » que
sont : La Primature, les Affaires Etrangères, les
Finances et l’Emploi et la Solidarité devaient
bénéficier des largesses budgétaires en raison de la
tenue de la Conférence de réconciliation somalienne d’Arta
qui a fini, malgré les efforts titanesques déployés,
dans un fiasco total.
D’ailleurs, cette explication est
justifiée par la chute importante des crédits alloués
à ces ministères « activistes » depuis.
Enfin, ce rapport ne portant que sur
les exercices antérieurs à l’état actuel des finances
publiques, les recommandations de la Chambre des Comptes
restent timides et purement administratives, sans effet
positif majeur pour l’instauration d’une réelle
transparence dans la gestion des deniers publics. Une
nécessité pourtant urgente jusque-là rendue impossible
par un dirigisme politique allergique à l’avènement de
tout contrepouvoir, base d’une vraie démocratie.
Une vérité qui trouve sa
justification dans l’aggravation de la corruption et de
l’enrichissement illicite d’administrateurs et de
responsables politiques continuant en toute impunité à
commettre des crimes financiers, car aucune condamnation n’a
été prononcée à leur encontre depuis l’Indépendance
de notre pays. Observant toutes les anomalies dans la
gestion du denier public, « Réalité » a, depuis sa
parution et sous diverses formes de critiques se voulant
constructives, fait les mêmes constats que le rapport de
la Chambre des Comptes et de Discipline Budgétaire, et
avant lui.
C’est pourquoi nous sommes convaincus
que le chapelet de recommandations que la CCDB égrène en
fin de chapitre pour pallier aux innombrables
irrégularités qu’elle a décelées, restera un vœu
pieux et lettre morte.
Tout comme les recommandations des
innombrables séminaires, ateliers, symposiums et états
généraux qui ont émaillé le mandat du candidat
solitaire à la poursuite de la politique-spectacle.
Vrais
et faucons
80% AU BOUT DE 10 ANS !
Le dernier passage à l’émission
« Gros Plan » de M. Ali Mohamed Daoud, président du
FRUD, ne restera certainement pas dans les annales de la
politique politicienne. Non pas qu’il n’y ait rien dit
d’intéressant, bien au contraire. C’est justement que
le ton mesuré de ses propos et son refus de la polémique
stérile ont dû déplaire à un journaliste en service
commandé peu soucieux de la vérité historique que tout
citoyen est en droit d’attendre concernant le douloureux
conflit civil qui a endeuillé notre pays de 1991 à 2000.
Vérité historique que ni le présentateur ni son invité
n’ayant respecté à des degrés divers et pour des
raisons différentes, il est de notre devoir de rétablir,
de notre modeste point de vue.
La première règle de toute
information objective, c’est la fidèle restitution de
la pluralité des points de vue. Ainsi, l’on se souvient
que, pour relativiser les propos du regretté Ahmed Dini
lors de son passage à « Gros Plan », des clips de
personnalités d’un horizon politique opposé avaient
ponctué l’émission, souvent peu amènes à l’endroit
de l’invité certainement pas consulté pour une telle
présentation des faits.
Dans cette logique, il aurait donc
été plus honnête que l’animateur de cette émission
interviewe, pour sa dernière édition consacrée au
dixième anniversaire de la paix d’Ab’a, un
représentant de tous ceux ( nombreux, dont au moins un
actuel député RPP) qui avaient refusé de cautionner ce
qu’ils considéraient comme une capitulation pure et
simple. Mais il est vain et candide d’attendre de la RTD
un minimum de rigueur déontologique : le service y est
moins public que partisan. C’est pourquoi tous ceux qui
en espéraient un moment de vérité ont été dépités :
si les causes du conflit ont été prudemment esquissées
par l’invité, ils ont par leur deux voix unanimes
surestimé la portée de l’accord de 1994.
De chef de Guérissa
à chef de guerre issa
Le président du FRUD a raison de
regretter toutes les victimes du conflit, et c’est tout
à son honneur : seuls ceux qui transforment les
sacrifices humains en autant de marches ponctuant l’escalier
de leur promotion personnelle peuvent oublier à quel
point il est injuste de mourir sous les balles uniquement
quand elles sont tirées parce que résister par les armes
constitue le dernier recours face à un régime
ségrégationniste.
On aurait aimé voir le régime, dans
un même élan d’humilité, regretter la mort de toutes
les victimes civiles que ses troupes ont sauvagement
torturées, assassinées ou violées, de décembre 1977 à
novembre 1999. Sans oublier les malheureux policiers,
militaires et gendarmes uniquement morts pour défendre
une dictature et non une République.
Et ce n’est pas un hasard : les
causes du conflit sont à rechercher dans l’intransigeance
bédouine de l’ancien chef de l’Etat qui n’a pas
hésité à trahir son compagnon de lutte pour instaurer
une intolérable répression, malheureusement au nom d’une
communauté à laquelle il interdisait, ce faisant, de
trouver une place respectable au sein d’une Nation
djiboutienne qu’il sabordait dès l’Indépendance.
C’est donc la dictature issue de l’Indépendance,
avec tout ce que cela implique comme déséquilibre et
étouffement des libertés individuelles, qui est à l’origine
du conflit civil, comme y a pudiquement insisté le
président du FRUD, bien qu’il ait préféré employer l’euphémisme
de « difficulté » au lieu de tout simplement parler d’injustice.
D’ailleurs, l’ancien chef de l’Etat avait lui-même
défini la nature du conflit et de la paix d’Ab’a,
avec la maladresse inculte qui est la sienne : «Les
Danakils et nous avons fait la guerre. Ils m’ont
demandé à manger et je leur ai donné à manger.» Si
ceux de la paix d’Ab’a se sont effectivement
contentés de manger, lui n’avait pas fait qu’affamer
: il s’était bel et bien comporté non pas en
responsable politique, mais en brutal chef de guerre
tribal. Comme quoi, il n’y a pratiquement rien à
dénoncer à la posture soumise de l’ancien Premier
ministre qu’un actuel ministre avait justement rabaissé
dans son livre au rang d’« afar de service ». Ce qui
vaut évidemment pour son pathétique successeur. A quoi
riment alors toutes ces festivités de commémoration ?
Coupable
d’être victime
Sans reconnaître une puissance
surnaturelle à la médiation internationale, le second
point qu’il convient de relativiser est la prétendue
vertu du dialogue interdjiboutien : 1994, 2000 ou 2001, l’absence
d’une tierce partie n’a nullement constitué un gage
de respect de quelque accord de paix que ce soit. Les
violations des accords de Marcoussis par la partie
gouvernementale montrent clairement que, quand un régime
s’obstine à reconduire les causes d’un conflit
interne, aucune garantie internationale ne suffit.
Mais en souvenir des sacrifices
consentis, aucune rébellion ne devrait se sentir seule
responsable du chaos consécutif au déclenchement des
hostilités armées : quand l’on porte soi-même les
stigmates de la torture infligée par le SDS que dirigeait
tel chef de cabinet de la présidence, on devrait être le
moins prédisposé à sacrifier son engagement sur l’autel
de la seule et petite ambition personnelle.
Surtout quand il s’agit de
crédibiliser la capitulation de 1994 : la prétendue paix
d’Ab’a n’a en fait réuni que tous ceux qui avaient
un intérêt immédiat et personnel à fuir une médiation
africaine conduite par l’Egypte et cherchant à
instaurer les conditions d’une paix véritable à
Djibouti. C’est donc une véritable paix par la
résolution des causes véritables qui a été sabotée en
1994 : malgré les vœux pieux du président du FRUD, l’indispensable
rééquilibrage ethnique n’a trouvé aucun début d’application,
ni à l’époque, ni après l’accord de paix
définitive du 12 mai 2001.
La seule différence, c’est que nous,
nous osons le dénoncer : prétendre que les dispositions
de la paix d’Ab’a auraient été appliquées à 80% en
dix ans, c’est gravement nier le bien-fondé des
sacrifices consentis. Et l’Histoire est sans pitié pour
la mauvaise conscience des vrais opprimés reconduisant
les conditions de leur oppression. S’il ne fallait
retenir qu’une seule morale de cette histoire, c’est
qu’il vaut mieux être un faucon qu’un vrai : il est
regrettable que les victimes participent encore à leur
répression. Parce que les vrais responsables dorment
encore tranquillement.
Mais il est bien évident que si
l’actuel ministre de la Défense avait été l’invité de
cette émission, notre critique aurait été un peu plus
acerbe : ce n’est pas pour rien que le régime lui accorde
l’essentiel de ses louanges dans ce qui est arrivé en
décembre 1994.