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Éditorial
LIBERTÉ IMMUABLE :
APRÈS LE DISCOURS, LA MÉTHODE ?
Le discours d’investiture est au chef
d’État ce que l’ablution est au musulman. Ce rituel
propiatoire était particulièrement attendu jeudi dernier
lorsque, se succédant à lui-même, le président
américain George W. Bush, y a défini les grands axes de
la politique étrangère qu’il entendait mener lors de
son second mandant à la Maison-Blanche.
Et il avait bien besoin de rassurer :
pour compréhensible que soit le traumatisme provoqué par
les attentats du 11 septembre, l’unilatéralisme
guerrier de son instrumentalisation dans le cadre d’une
agression prévue bien avant contre l’Irak, a
profondément fragilisé la légitimité d’un
multilatéralisme fondé sur la primauté du droit
international. Accessoirement, par les choix budgétaires
qu’il implique, cet effort de guerre a précipité la
chute du billet vert, menaçant toute l’économie
mondiale d’une récession sans précédent.
A contexte exceptionnel, propos
messianiques : le discours inaugural du second mandat de
Bush s’est voulu nouveauté dans la continuité.
Continuité. La menace terroriste
justifiera, comme par le passé, une sorte d’activisme
préventif qui a déjà causé la chute du dictateur
Saddam Hussein, à défaut d’avoir instauré la
démocratie en Irak :
« Aussi longtemps que des régions
entières du monde seront plongées dans le ressentiment
et la tyrannie, soumises à des idéologies qui
nourrissent la haine et pardonnent le meurtre, la violence
augmentera, deviendra puissance destructrice, et franchira
les frontières les mieux défendues, se transformant en
menace mortelle… Les événements et le bon sens nous
mènent à une conclusion : la survie de la liberté dans
notre pays dépend de plus en plus du succès de la
liberté dans d’autres pays. Le plus grand espoir pour
la paix chez nous est le développement de la liberté
dans le monde entier.»
Si nul ne conteste le bien-fondé de
cette vision, son mode opératoire situé en dehors de la
légalité internationale et surtout les réalités
concrètement vécues dans certaines régions, que ce soit
en Irak ou dans les Territoires Occupés, suscitent pour
le moment quelques inquiétudes tout aussi bien fondées.
Un sondage effectué entre le 15 novembre 2004 et le 3
janvier 2005 par GlobeScan pour le compte de la BBC sur un
échantillon international réparti sur 16 pays, donne à
cet égard toute la mesure de la méfiance des opinions
publiques. Ainsi, 58% des personnes interrogées
considèrent la réélection de Bush comme un événement
négatif, tandis que 48% d’entre elles estiment que les États-Unis
ne jouent pas un rôle positif dans le monde. C’est
regrettable : si l’administration républicaine est si
sévèrement sanctionnée, son incapacité à normaliser
la situation en Irak, où l’on ne parle plus d’armes
de destruction massive, et sa mansuétude envers l’État
sioniste, qui viole les accords d’Oslo et qui bafoue la
fameuse « feuille de route » y sont certainement pour
quelque chose.
Nouveauté. Le second mandat ne peut
être présenté comme copie conforme du premier :
« Aujourd’hui, l’Amérique
adresse un nouveau discours aux peuples du monde. Que tous
ceux qui connaissent la tyrannie et le désespoir le
sachent : les États-Unis n’ignoreront pas votre
oppression, ni n’excuseront vos oppresseurs. Lorsque
vous vous lèverez, nous nous lèverons avec vous…
»
N’ignoreront pas ou n’ignoreront
plus ? Même circonstanciels, il y a des futurs pleins de
sous-entendus antérieurs. Car, des peuples opprimés
plaçant beaucoup d’espoirs dans ce devoir d’ingérence,
il ne doit pas être très difficile d’en identifier
quelques-uns. Il suffirait, pour concrétiser ce discours,
que l’administration américaine tire des leçons des
rapports pertinents sur la situation des droits de l’homme
que le Département d’État dresse chaque année pour
chaque pays.
Dont Djibouti. A l’heure où ses
relations avec l’ancienne puissance coloniale s’enveniment
à la suite des derniers développements judiciaires d’une
affaire en forme de serpent de mer, ou de fantôme, et sa
nature despotique étant continuellement mise à l’index,
nul doute que la position des États-Unis ne sera pas
dictée par les considérations géostratégiques de sa
nouvelle présence militaire sur notre sol.
Car, nul n’en doute ici : tôt ou
tard, le Peuple djiboutien se lèvera contre un régime
qui lui dénie le droit au changement démocratique. Et,
ce jour-là, nul doute que ses véritables amis seront à
ses côtés.
Brèves
nationales
Djibouti-France :
Escalade ou désescalade ?
Les récents rebondissements de la
ténébreuse affaire Borrel ont particulièrement assombri
le ciel peu serein des relations franco-djiboutiennes.
Dernièrement, nos confrères parisiens parmi les plus
réputés avaient largement commenté les nouveaux
développements de cette affaire qui empoisonne les
relations entre Djibouti et Paris. Cela n’a pas été du
goût des autorités djiboutiennes sourcilleuses, qui
manient depuis l’invective et les menaces à l’adresse
du gouvernement français.
Après avoir brutalement interrompu les
émissions de RFI en FM, le pouvoir djiboutien a, dans la
foulée, procédé à l’expulsion de six coopérants
Français. Poursuivant l’escalade anti-française, le
régime s’est fendu hier d’un communiqué, attribué
au porte-parole par intérim du ministère des Affaires Étrangères. Le ton virulent du texte ne doit pas faire
oublier que, cette fois, la Présidence ne s’est
nullement mise en avant : Gbagbo est-il passé par là?
Notons également que ce communiqué ne met pas
directement en cause le gouvernement français, mais les
milieux parisiens. Alors, prudence ou désescalade ?
*
Campagne présidentielle dans les
districts :
Ni figue, ni raisin
La tournée présidentielle commencée
le 21 décembre à Arta a pris fin mardi dernier à Obock.
Durant quatre semaines le candidat solitaire a vainement
tenté de remobiliser ses concitoyens autour de sa
personne. Dans l’ensemble des districts visités, les
populations locales semblaient peu concernées par cette
campagne électoraliste marquée par le gâchis et
finalement contre productive pour le candidat unique
fatigué, de l’être. Tout comme lui, les populations
des districts de l’intérieur sont restées déçues de
la prétendue démocratie pastorale version Rpp. Le
docteur honoris causa tirera-t-il les leçons de ses
échecs ou maintiendra-t-il le mauvais cap ? Quoi qu’il
en soit sa marge de manœuvre semble vraiment réduite !
Tout en se refusant à dramatiser la situation, certains
de ses proches admettent en privé que cette fois la
partie est difficile pour leur héros. Normal, en
désaccord sur l’essentiel, ses collaborateurs n’en
finissent pas de s’étriper.
*
La soif tenaille Yoboki :
La population prise à la gorge
Pendant que le sourcier national en
campagne disserte sur sa lutte tapageuse contre la soif,
la population de Yoboki perd patience. Ainsi, mercredi
dernier, les habitants assoiffés de cette localité
aurait bloqué la route de Galafi et des jeunes ulcérés
auraient brûlé des pneus sur cette voie très
fréquentée. La citerne desservant cette bourgade n’y
suffit plus. La population réclame également la mise à
leur disposition d’une deuxième citerne de ce district,
celle là-même qui serait réquisitionnée depuis août
2000 par le Commissaire du district. Cette citerne est
dit-on stationnée dans la résidence du Commissaire
lequel en ferait un usage privé. Par ailleurs, on raconte
qu’une équipe du génie rural tenterait actuellement de
réparer la motopompe défaillante. En attendant que ces
messieurs réussissent l’exploit, la population n’en
finit pas de protester contre l’absence d’eau courante
et la mauvaise gouvernance responsable de cette situation.
Rappelons que Yoboki est privé d’eau courante depuis
plus de deux semaines. Pendant ce temps, les médias
gouvernementaux nous apprennent que le Commissaire d’Arta
vient d’inaugurer un nouveau forage réalisé par les
Américains à Ali Faren, à l’ouest de Wéa. Les
Yobokois devront-ils faire appel aux Américains pour
être sauvés de la soif ?
*
As-Eyla :
L’électricité a disparu ?
La localité d’As-Eyla dans le sud de
Dikhil se plaint de l’absence de courant électrique
depuis plusieurs semaines faute de gasoil pour alimenter
le générateur électrique. Dans ce gros village
fortement peuplé, seuls de petits groupes électrogènes
privés appartenant aux boutiques fonctionneraient
quelques heures par jour. Le village est plongé dans l’obscurité
totale et les moustiques feraient des ravages dans la
population. Le Président électrogène aurait-il
abandonné cette localité qu’il avait pourtant visitée
en catimini en juillet 2003 ?
*
Pôle Universitaire :
Monologue ministériel
Lundi dernier, le Ministre de l’Éducation
nationale aurait rencontré les étudiants du pôle
universitaire pour vanter les bienfaits de la réforme du
système de l’Éducation entrepris sous l’actuel mandat
présidentiel. Les idées lumineuses du régime en
matière d’Éducation sont, on le sait, consignées dans
une somptueuse plaquette publicitaire récemment éditée
par ce ministère. Durant son monologue, le ministre se
serait refusé à répondre aux questions de la future
élite nationale, l’enjoignant tout simplement de
prendre connaissance de la brochure gouvernementale
consacrée à ce sujet. Cela s’appelle la démocratie
pastorale en pratique. C’est ainsi que les «
démocraties » meurent.
*
Dopage politique au khat :
Le régime y a souvent recours
Le journal gouvernemental « La Nation
» nous apprend dans son édition de lundi dernier qu’un
athlète kenyan David Munyasia a été exclu des Jeux
Olympiques de 2004 pour avoir été contrôlé positif au
khat. Ainsi, notre confrère gouvernemental peu suspect de
blues post khatique écrit le plus sérieusement du monde
: « le khat est classé dans la catégorie de produits
dopants qui peuvent vous valoir de sanctions sans appel de
la part des fédérations internationales ». Quand on
songe à l’usage politique que le régime RPP fait de
cette plante pour abrutir les citoyens et vu les sommes
colossales dépensées à chaque déplacement
présidentiel dans la distribution de ce cadeau
électoral, on reste dopés.
Sans rappeler que le candidat
solitaire, alias docteur honoris causa en agriculture, a
investi des centaines de millions de nos francs pour
acclimater le khat dans son ranch agropastoral du Day où
plus de 10.000 pieds de khat Awaday engloutissent plus d’eau
que toute la population de ce village. Khat et 4x4 restent
les cadeaux préférés de ce régime alimentaire.
Le peuple devra sanctionner sans appel
cette politique de la misère.
*
Meeting de l’Aïd-El-Adha :
L’UAD des grands jours
Le traditionnel rassemblement populaire
de l’UAD, à l’occasion de l’Aïd, s’est tenu
jeudi dernier à l’Avenue Nasser. Dès 8h30, les
militants et sympathisants de l’UAD, venus de tous les
quartiers de la Capitale, s’étaient massés devant le
siège de l’UDJ. La direction de l’UAD est arrivée
vers 9h et a aussitôt rejoint la tribune, sous les vivats
d’une foule enthousiaste.
Plusieurs dirigeants se sont succédé
au micro durant plus de deux heures. Dans leurs
différentes interventions, les leaders de l’opposition
n’ont pas manqué de critiquer le triste bilan de l’actuel
mandat présidentiel, tout en appelant la population à
faire barrage au candidat solitaire, responsable de la
régression de notre pays. Ce meeting a été ponctué de
chants et poèmes des militants. Un poète sexagénaire a
même réussi à résumer, dans un Gabay épique, la
régression tous azimuts imposée à notre pays par ce
régime irresponsable : « Ne voyez-vous pas, chers
compatriotes, que ce régime de malheur a précipité
notre pays au bord du gouffre ? Sauvons notre patrie avant
qu’il ne soit trop tard ! Levons-nous pendant qu’il en
est encore temps ! »
Spoliée de sa victoire lors des
législatives de janvier 2003, l’Union pour l’Alternance
Démocratique a décidé d’ignorer la prochaine
mascarade électorale, tant que les conditions de
transparence resteront sabotées par le candidat
solitaire, spécialiste mondial des hold-up électoraux. L’heure
est à la mobilisation pour imposer l’alternance
démocratique et non à la compétition faussée d’avance.
Que le candidat à sa propre succession
se le tienne pour dit ! La dynamique unitaire est plus
solide que jamais, quoi qu’en pense le régime
alimentaire et divisionniste. L’union à la base se
renforce de jour en jour. L’unité d’action reste
notre seul credo.
*
Centre informatique de Tadjourah :
Le virtuel est encore virtuel
Lors de la dernière tournée du chef
de l’État à Tadjourah, les médias gouvernementaux ont
généreusement rapporté les propos d’une mal élue de
la région, présentée comme une actrice de
développement. Les Jeunes de Tadjourah se demandent
toujours si le régime se moque d’eux en vantant l’existence
de ce centre informatique qui n’a jamais fonctionné.
Rappelons que le matériel
informatique, offert à l’AFT par les Américains il y a
plus de deux ans, n’a jamais servi. Les ordinateurs n’ont
jamais été branchés et le local demeure douloureusement
fermé.
De qui se moque-t-on ? Des donateurs ou
des Jeunes chômeurs ? Ainsi va l’esbroufe et le gâchis
du RPP.
*
Assainissement du quartier 4 :
Enfin des gestes concrets
Nous avions évoqué il y a quelque
temps la déplorable condition d’insalubrité imposée
aux habitants du quartier 4. Nous apprenons cette semaine
que, suite à une réunion interministérielle consacrée
à l’insalubrité criante de notre Capitale, les
pouvoirs publics auraient commencé à nettoyer ce
quartier. Les mères de famille de ce quartier abandonné
avaient, à plusieurs reprises, alerté les autorités, en
vain.
Depuis quelques jours, des camions et
une pelleteuse s’activent dans les rues devenues
impraticables de ce quartier, au grand soulagement des
riverains qui espèrent, cette fois-ci, que le travail
sera bien fait.
La politique « Qushi » du RPP a
transformé notre Capitale en dépotoir à ciel ouvert ; c’est
là une réalité qui crève les yeux. Le régime en
campagne réagira-t-il à temps, avant que les eaux
apparemment stagnantes ne l’emportent ?
Nous avons appris avec
tristesse le décès survenu à Djibouti lundi 24
janvier 2005 de Dilleita Mohamed Moussa.
Le septuagénaire qui vient de
nous quitter était une personnalité politique
connue et respectée de Djibouti. Dilleita Mohamed
Moussa a été député de Tadjourah durant plus
de deux décennies.
Tous ceux qui l’ont connu
garderont de lui l’image d’un homme bon, pieux
et discret. Il laisse une importante famille
composée de veuves, plusieurs enfants et petits
enfants.
La Rédaction de Réalité
adresse ses condoléances attristées à toute la
famille de Dilleita Mohamed Moussa.
Qu’Allah l’accueille en son
paradis éternel. Amin.
Les
comptes de la Chambre des Comptes (fin)
L’INCOHÉRENCE DES DÉPENSES DE
MATÉRIEL
Les dépenses de
matériel concernent les biens destinés à servir de
manière durable ou ceux consommés de premier usage par
les différents services des ministères. Les plus grandes
anomalies constatées par la Chambre des Comptes et de
Discipline Budgétaire, et les plus fréquentes, sont
relevées dans leur consommation, qui ne respecte aucune
règle des finances publiques.
Même si, dans l’ensemble, de 1996 à
2001, les dépenses de matériel ont connu une évolution
à la baisse, celle-ci n’a pas été constante,
connaissant en 1999 un taux de variation à la hausse de
près de 60%. D’autre part, cette baisse n’a pas
concerné tous les ministères.
Comme nous pouvons le constater dans le
tableau retraçant ces dépenses pour l’exercice 2002, c’est
l’ensemble des services de l’État qui sont en
dépassement. Dans ce domaine comme dans d’autres, le
mauvais exemple est montré par la Présidence, qui a plus
que doublé avec un écart de près de 115%. Les
magistrats de la Chambre prennent bien soin de préciser
que tous ces dépassements concernent des chapitres dotés
de crédits limitatifs.
Or, la loi consacrant le caractère
limitatif des crédits dispose explicitement l’interdiction
des dépassements. Leur caractère systématique, leur
fréquence et leur importance nous conforte dans la
conviction que, parce que la loi est délibérément
violée (par le Parlement et par l’Exécutif) tout l’arsenal
juridique et juridictionnel dont s’est doté l’État
djiboutien ne constitue, pour reprendre la formule
désormais célèbre d’un ministre en exercice, que des
« parures institutionnelles ». Lequel ministre ne
se distingue pas de ses semblables, puisque le ministère
dont il a la charge ne fait pas exception en matière de
dépassement.
Chacun pourra constater les disparités
anormales en dotations entre les différents ministères.
Entre la Présidence qui se taille la part du lion et, par
exemple le ministère de l’Équipement, l’écart est
du simple au sextuple, qui peut se comprendre eu égard au
parc (automobile et aérien) de la Présidence qui trouve,
malgré tout, le moyen d’être en pôle position en
dépassement de crédit. Au total, les dépassements de
crédits se chiffrent à près de 58%. Il est anormal que
ces dépassements prennent de telles proportions et soient
systématiques pour une seule ligne budgétaire.
Banalisées, elles traduisent un
mépris du denier public dans un pays sous ajustement
structurel.
Tant qu’elle se contentera de
constater les anomalies et de les consigner dans un
rapport, officiel ou confidentiel, la Chambre des Comptes
et de Discipline Budgétaire (CCDB) pourra indéfiniment
verser des larmes de crocodile. Nous ne pouvons que
compatir à ses états d’âme lorsqu’elle confie que :
« l’analyse effectuée sur l’exécution
des dotations du Titre II –Moyens de service- laisse
penser que le ministère des Finances fait peu de cas des
injonctions de la Chambre et de la manière par laquelle
il banalise la gestion des autorisations parlementaires.
Dans le rapport sur l’exécution des Lois de Finance de
1999 à 2001, la Chambre des Comptes avait déjà soulevé
ces pratiques, dont la récurrence finit par porter
préjudice à la crédibilité des autorisations
budgétaires. Ce manque d’intérêt est perceptible eu
égard aux pratiques énumérées ci-dessous à titre d’illustration…
»

Au non respect des autorisations de
dépenses et son corollaire le dépassement de crédits, s’ajoutent
:
- les mouvements contradictoires et
incohérents des crédits : sous ou surévaluation des
dotations initiales; lois de Finances rectificatives qui
gonflent artificiellement et en pleine gestion les
crédits initiaux; crédits sans aucun emploi reconduits
dans chaque budget.
- les imputations budgétaires
irrégulières : outre qu’elle constitue une infraction
à la règle de la spécialité des crédits, elle a pour
effet de nuire à la transparence des comptes.
La plus flagrante que nous relatons ici
est le crédit de 100.000.000 FD (cent millions FD) ouvert
par la loi de Finances 2002 destiné à la «
Réhabilitation des zones de conflit » et consommé dans
le cadre du projet de développement urbain de Djibouti.
Lequel était déjà très largement doté.
Ce seul exemple de délinquance
politique dénote avant tout le mépris à l’endroit des
zones et des populations concernées, comme il discrédite
les alliés du RPP qui, la tête plongée dans le
mangeoire, ne disent mot et donc consentent.
- les avantages en nature et en
espèces non réglementaires : les magistrats ayant pris
note des diverses mesures tendant à ajuster les dépenses
de personnel aux ressources du pays depuis plus d’une
décennie, ont relevé en 2002, comme les années
précédentes, de nombreuses irrégularités dans ce
domaine et constaté :
« une fois de plus, que le
ministère des Finances ne semble se fier ni à la
réglementation, ni aux recommandations de la Chambre et
qu’en dépit de tout cela, il persiste à octroyer des
avantages en espèces et en nature à certains agents de l’administration
qui n’y ont pas droit.» Comme de bien entendu,
aucun nom de griot n’est cité.
Ajoutons que les investigations de la
Chambre des Comptes ne portent curieusement pas sur les
années fastes, pour certains (1995-1996) et les millions
de dollars engloutis par les projets de réhabilitation
(Obock notamment) et financés par le don multi et
bilatéral.
Nos magistrats n’ont pas trouvé
anormal que n’ait pas été versée au Trésor National
la manne providentielle que constituent les loyers payés
par les puissances militaires alliées présentes sur
notre sol.
Les missions de la CCDB ne se limitent
pas à l’assistance et au conseil du Parlement et de l’Exécutif,
comme elle s’en est, sans doute à son corps défendant,
contenté depuis sa création. Ni au répertoriage des
irrégularités constatées et à l’émission de
recommandations aux malentendants qui nous gouvernent.
Faute d’exercer ses missions
juridictionnelles inhérentes à sa mission en
sanctionnant les infractions commises et leurs auteurs (
de la condamnation à l’amende à la poursuite
judiciaire, en passant par la mise en examen et la
sanction administrative, la Justice dispose d’un large
éventail de moyens pour obliger l’Exécutif et les
justiciables à se conformer à la règle), la CCDB est
appelée à être un ornement de plus dans les parures
institutionnelles et à laquelle semble la destiner le
sommet de l’État.
Mais le travail de fourmi exécuté par
les magistrats ne sera pas tout à fait vain : son rapport
général public n’étant pas tombé dans l’oreille
que de malentendants du pouvoir, « Réalité » en ayant
pris bonne note, nous ne nous lasserons pas d’œuvrer, d’une
manière ou d’une autre, à l’observance de ses
recommandations ; pour faire de notre pays ce qu’il doit
être : un État de droit.

Cautionner
la fraude ? Non merci !
La stricte application
du principe de réciprocité aurait voulu que nous n’écrivions
pas cette lettre : depuis les élections législatives de
janvier 2003, le régime s’est inscrit aux abonnés
absents en refusant impoliment de répondre aux lettres de
l’UAD. Que ce soit le chef de l’État ou son ministre
de l’Intérieur, ils n’étaient apparemment pas au
courant qu’une opposition digne de ce nom puisse exister
ici. Surtout que l’organe de presse du parti au pouvoir
affirme sans hésiter que l’opposition djiboutienne est
antinationale : pourquoi donc nous avoir alors autorisé
à exister et pourquoi nous tolérer encore ? Toujours
est-il que, par courrier adressé à chacun des partis
regroupés au sein de l’UAD, le ministre de l’Intérieur
nous a gentiment invités à participer à la prochaine
malversation de la prétendue Commission Électorale
Nationale Indépendante (CENI). Invitation à laquelle l’UAD
a répondu par le courrier ci-dessous reproduit.

Le
prix d’achat
JE T’ACHÈTE, TU TE VENDS
Nous avons toujours dit
que ce régime n’était pas tribaliste : il est tout
bêtement méchant. Surtout quand des prétendus opposants
le rejoignent parce qu’une posture d’opposition ne
rapporte rien financièrement, à eux ou à leur famille.
Et tant pis pour ceux qui, naïvement, avaient pensé
comprendre que ces opposants de circonstance défendaient
une cause dans laquelle tous nos concitoyens se
reconnaîtraient. C’est ce que dénonce ce communiqué
du président de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains
(LDDH).
Djibouti, le 24 janvier 2005
Au Ministre de l’Emploi et de la
Solidarité Nationale.
Monsieur le Ministre,
Dans le cadre de la solidarité
nationale, je tiens à attirer votre aimable attention sur
le licenciement abusif de Monsieur Hassan Ali Djama qui a
pris en plus l’allure d’une disparité inadmissible
doublée d’un flagrant délit de discrimination sociale
avec la réintégration pour des raisons uniquement
familiales du fils de M. Ahmed Boulaleh. Intégration qui
fait suite au ralliement du PSD à la Mouvance
Présidentielle.
C’est triste de l’écrire mais
hélas c’est la stricte vérité.
Rappelant :
Que monsieur Hassan Ali Djama, fils de
famille modeste, ainsi que Fayçal, le fils d’Ahmed
Boulaleh Barre ancien Ministre de l’Intérieur puis de
la Défense, homme d’affaire très important, ont
travaillé tous les deux au Trésor National durant la
période de cinq ans de privation des droits civiques de l’ancien
opposant ;
Que M. Fayçal Ahmed Boulaleh et M.
Hassan Ali Djama durant une période de dépression ont
été hospitalisés à l’Hôpital Peltier en 1999 ;
Que, malgré les certificats médicaux,
une Décision de révocation du 10 avril 2000 prise par le
Président de la République, stipule en ses articles 5 et
6 :
Article 5 : M. FAYCAL AHMED BOULALEH
inspecteur 2 classe - 5° échelon du Corps du Trésor et
des Contributions, en service au Trésor National, est
révoqué de son emploi à compter du 1er janvier 2000.
Article 6 : M. HASSAN ALI DJAMA,
contrôleur 2 classe- 5° échelon du Corps du Trésor et
des Contributions, en service au Trésor National, est
révoqué de son emploi à compter du 1er janvier 2000.
Que malgré le certificat médical de
reprise du Travail aucune considération n’a été
donnée suite à cet abus de pouvoir !
Que les raisons de ces licenciements ne
visaient uniquement que le fils d’Ahmed Boulaleh ancien
Ministre de la Défense nationale, puis traîné et jeté
en prison, tandis que Hassan Ali Djama dont le père est
un simple retraité apolitique a été victime d’une
injustice « collatérale » du fait qu’il a travaillé
dans le même service et surtout qu’il était
hospitalisé et en congé de maladie, tout comme le jeune
Fayçal, à la même époque ;
Que dans le cadre des négociations
entre d’une part, le Président du Parti RPP, et d’autre
part, MM. Moumin Bahdon et Ahmed Boulaleh respectivement
Président et Vice-président du GDR puis ensuite du PSD,
seul M. Fayçal Ahmed Boulaleh a bénéficié de la
réintégration dans son service d’origine, alors que M.
Ahmed Boulaleh s’était engagé en ma présence lors d’une
réunion des responsables du GDR d’insérer dans ses
négociations la situation de ses fils AMIN et FAYCAL
ainsi que le jeune HASSAN ALI DJAMA qui avait été
abusivement révoqué comme son fils et ce dans le cadre
des répressions politiques contre les familles des
opposants;
Que jusqu’à présent, malgré les
différentes promesses des membres dirigeants du PSD le
statu quo persiste sur la réintégration de M. HASSAN ALI
DJAMA. Aucune poursuite judiciaire pour abus de pouvoir et
prise de Décision non seulement hâtive mais surtout
arbitraire, n’est possible car la juridiction concernée
est totalement muselée ;
Qu’il est bon à faire remarquer que
Monsieur Hassan Ali Djama est très connu à Arta pour
avoir vécu lorsque son père y travaillait, et qu’il
est très apprécié par les jeunes des quartiers où vous
et votre collègue des Affaires Etrangères seront
prochainement appelés à faire campagne pour votre
candidat lors des prochaines élections présidentielles.
POUR CES RAISONS
La Ligue Djiboutienne des Droits
Humains (LDDH) vous saisit Monsieur le Ministre et vous
demande d’intervenir auprès du Chef de l’Etat, afin
que justice soit faite en réintégrant dans son corps d’origine
M. Hassan Ali Djama ;
La LDDH lance un Appel pressant à la
Communauté nationale et internationale pour que cessent
ces discriminations à caractère sociales voire tribales
;
La LDDH demande à la FIDH, à Amnesty
Internationale, au Haut Commissariat des Droits de l’Homme,
à l’UIDH et au BIT de faire pression afin d’accorder
la Totale Indépendance à la Justice en République de
Djibouti, et d’exiger, notamment la relance de la
Juridiction habilitée à pénaliser toutes les formes d’Abus
de pouvoir. Dans le cas contraire prévoir une juridiction
internationale pour sanctionner de tels abus.
Avec mes sentiments déférents et
amicaux
Signé : NOEL ABDI Jean-Paul
Pour information :
Le Ministre de la Justice, des Droits de l’Homme
;
Le Ministre des Affaires Etrangères, de
la Coopération, des Relations avec le Parlement.
Pour notre part, étant donné que le
salaire de certains membres de notre Rédaction a été
suspendu dès la parution de notre journal, il est de
notre devoir de dénoncer cette prime à la reptation par
laquelle le régime veut favoriser tous ceux qui, sans
état d’âme le rejoignent en sacrifiant les sacrifices
consentis par les autres.
De plus, le ministre de l’Intérieur
nous ayant gentiment invités à cautionner la pitoyable
facétie de la CENI, nous ne pouvons manquer de rappeler
les propos du président de la LDDH qui, y ayant
participé au nom du parti dont il se désolidarise
aujourd’hui, avait reconnu dans une interview publiée
par notre journal qu’« Il n’y a jamais eu de rapport
final officiel... Le rapport final a tout simplement été
soumis au président de la République avec "un
chèque en blanc" de la Commission Électorale
Nationale Indépendante » Inutile d’insister.
Ne
jamais oublier Auschwitz
Le monde commémore demain 27 janvier le
soixantième anniversaire de la libération d’Auschwitz. Pour mieux marquer
la gravité de l’instant, et inviter toute la planète à un devoir de
mémoire constamment actualisé par les génocides qui menacent encore, l’Assemblée
générale de l’ONU a, pour la première fois, tenu à s’associer à l’événement.
Car la dénonciation du sionisme qui opprime le Peuple palestinien ne peut
aucunement servir de prétexte pour le négationnisme qui tente vainement de
nier l’Holocoste.
« Et j’aimerais maintenant le dire en ce jour
mémorable peut-être pas seulement pour nous, Allemands : j’ai été dans ma
vie très souvent prophète et ai été le plus souvent raillé. À l’époque
de mon combat pour le pouvoir, c’était en première ligne le peuple juif qui
accueillait avec des rires mes prophéties selon lesquelles je serais un jour,
en Allemagne, à la tête de l’État, que, par là, je prendrais en charge le
peuple tout entier et qu’ensuite, parmi bien d’autres problèmes, je
donnerais également une solution au problème juif. Je crois que ce rire, à l’époque
retentissant, du judaïsme en Allemagne a été sur ces entrefaites déjà
ravalé dans la gorge. Je veux à nouveau aujourd’hui être prophète : si la
finance juive internationale en Europe et hors d’Europe devait parvenir
encore une fois à précipiter les peuples dans une guerre mondiale, alors le
résultat ne serait pas la bolchevisation du monde, et par là la victoire du
judaïsme, mais au contraire l’anéantissement de la race juive en Europe
» Ainsi parlait Adolf Hitler à la tribune du Reichstag le 30 janvier 1939.
«Parmi les quelque 10 millions de juifs européens se
trouvent, selon mon impression, au moins 2-3 millions d’hommes et de femmes
tout à fait aptes à travailler. Au vu des extraordinaires difficultés
auxquelles nous pouvons nous attendre sur la question du travail, mon point de
vue est que ces 2-3 millions de personnes sont dans tous les cas à retirer et
à conserver. Bien entendu, cela ne vaut que si on les rend en même temps
incapables de se reproduire. Il y a à peu près un an déjà, je vous avais
indiqué que certains de mes mandataires avaient réalisé toutes les
expériences nécessaires pour atteindre ce but. Je voulais rappeler une
nouvelle fois cet état de fait. Il n’est pas question, dans ce cas, de
stérilisation du type de celles pratiquées sur des dégénérés, parce qu’elles
sont aussi voraces en temps qu’en argent. Une castration par rayon X,
cependant, n’est pas seulement relativement peu coûteuse, mais peut aussi
être appliquée sur des milliers et des milliers de personnes dans le temps le
plus bref. » Ainsi suggérait froidement Victor Brack dans une lettre en
date du 23 juin 1942 adressée à Himmler.
Mais c’est à la Conférence de Wannsee, tenue le 20
janvier 1942, que fut systématisé le génocide du Peuple juif : la
purification de l’espace vital allemand devait impérativement passer par la
déportation des quelque 11 millions de Juifs d’Europe. Dans sa volonté s’instaurer
un 3 ème Reich « nettoyé des
Juifs », Hitler conçut la « solution finale » après que d’autres
alternatives eurent échoué, dont la déportation vers Madagascar. C’est
avec l’occupation de la Pologne que des camps d’internement ont été
installés ou agrandis, dont celui tristement célèbre d’Auschwitz-Birkenau,
libéré par l’Armée soviétique le 27 janvier 1945.
Les massacres à la mitrailleuse étant trop artisanaux et
pas assez rentables, ces camps étaient destinés à donner une dimension
industrielle à la folie meurtrière nazie. Ainsi, à Auschwitz-Birkenau, plus
d’un million de personnes furent exterminées : 960.000 juifs, 75.000
Polonais, 21.000 Tziganes et 15.000 prisonniers de guerre soviétiques. Mais ce
camp n’était pas le seul à accueillir les convois de condamnés à mort
déportés de toute l’Europe : Treblinka (750.000 victimes), Belzec (550.000)
Sobibor (200.000), Chelmno (150.000), etc. Et dire qu’il a fallu attendre les
années soixante pour que les témoignages des rescapés de ces camps d’extermination
soient enfin pris en considération et donnent toute la mesure de l’horreur.
Dès leur arrivée à Auschwitz, les prisonniers étaient
sélectionnés en fonction de leur endurance physique. Les plus résistants
servaient de main-d’œuvre à Auschwitz I et dans les usines de la région ;
tous les autres, c’est-à-dire l’immense majorité, étaient immédiatement
tués, jusqu’à 20.000 par jour, au Zyklon-B ou dans des fours crématoires,
dans d’atroces douleurs. Au total, ce seront près de six millions de juifs
qui auront été tués dans ces camps d’extermination.
C’est pour rappeler la permanence de cette folie
génocidaire que les Nations Unies ont tenu à participer cette année au
soixantième anniversaire de la libération d’Auschwitz. Parce que l’Holocauste,
« Ce n’est pas quelque chose que nous pouvons consigner dans un passé
lointain et oublier. Le mal qui a exterminé six millions de juifs, et d’autres,
dans ces camps, est le même qui nous menace encore tous aujourd’hui » a
rappelé Koffi Annan.
Ce rappel de l’Histoire prend une dimension particulière,
à l’heure où s’enlise le processus de paix au Proche-Orient : au
prétexte de se défendre contre un terrorisme qui n’est que l’expression
désespérée de la résistance, l’État sioniste perpètre quotidiennement
des crimes ordinaires qui sont autant d’arguments au service des
négationnismes de tous bords.
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