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Éditorial
UNE FORTERESSE VIDE
Où l’on apprend que pouvoir et
opposition auraient débattu des meilleures options en
matière de développement économique : si la nouvelle
est passée inaperçue ici, c’est que, malheureusement,
cela se passait ailleurs, chez un de nos voisins plus
exactement. A l’heure où l’UAD prône un boycott
actif parfaitement compris par la majorité de nos
concitoyens, le régime reste pour sa part fidèle à sa
stratégie préférée : le mutisme sur les enjeux
cruciaux. Il n’y a pas si longtemps, le Premier ministre
parlait d’une nouvelle « méthodologie » qui, selon
lui, caractériserait l’actuel mandat présidentiel. A
défaut d’une méthodologie, qui suppose une rigueur
difficilement corroborée par les faits, il faudrait
plutôt parler de pathologie politique. Maladie infantile
qui, dans ses multiples manifestations cliniques, nous
conforte dans la justesse de notre diagnostic et du
remède prescrit.
La pathologie dont souffre ce régime,
c’est l’autisme. Syndrome qui se caractérise par l’incapacité
à établir des relations sociales, l’absence ou les
dysfonctionnements du langage, des anomalies dans la
perception de la réalité et une résistance aux
changements. Ainsi, l’individu autistique ne craint pas
les vrais dangers, rit sans raison valable, fait le sourd,
et préfère s’isoler.
Appliqués à un régime despotique,
ces critères diagnostiques de l’autisme infantile,
établis par l’Association Psychiatrique Américaine, se
résument dans la principale caractéristique du pouvoir
djiboutien: une forteresse vide. Et c’est bien
compréhensible. L’usurpation compulsive n’autorisant
nullement l’optimisme ou la certitude de lendemains
sereins, la quête pathétique d’un nouveau mandat
présidentiel à tout prix interdit toute confrontation
avec une réalité perçue comme subversive. Faute de
pouvoir débattre, le régime est condamné à s’isoler
dans une posture défensive trahissant toute sa dangereuse
fragilité.
L’enjeu est grave : quand une
opposition refuse de jouer le jeu d’une compétition
électorale truquée d’avance et quand elle se prévaut
d’un large, pour ne pas dire majoritaire soutien
populaire, tel qu’il s’était déjà exprimé le 10
janvier 2003 et tel qu’il s’est encore manifesté
vendredi dernier lors du meeting de l’UAD, un large
débat aurait dû avoir lieu si vraiment il y avait
démocratie et respect du pluralisme des opinions. Les
médias publics, pour peu qu’ils soient publics, c’est-à-dire
au service du public, auraient invité des représentants
de l’opposition afin qu’ils justifient leur position.
Par décence et par rigueur déontologique, tel animateur
télé n’aurait pas eu à spéculer sur une fantaisiste
dissension au sein de l’opposition quant au choix d’un
candidat. Dans le meilleur des cas, le régime l’aurait
rencontrée dans un face à face contradictoire, afin que
le public confronte les arguments de chacun. Mais tout
cela, c’est-à-dire le respect, le peuple djiboutien
sait qu’il n’y a pas droit pour le moment.
Et pour cause : par notre boycott
actif, nous remettons en cause le fondement essentiel de l’imposture
au pouvoir. Tant que l’environnement institutionnel ne
garantira pas une vie politique pacifiée ainsi qu’une
compétition transparente et honnête, il est hors de
question que nous participions à quelque détournement
que ce soit du verdict des urnes. Il ne s’agit pas de
frileusement quitter le jeu, à la manière de quelqu’un
qui, par peur d’être un jour volé, refuserait de s’acheter
une voiture. Il s’agit de neutraliser les malfaiteurs
afin que nul ne craigne pour ses biens, le plus précieux
après la vie, étant le droit de librement choisir ses
dirigeants.
Parce qu’il met en danger la vie de
ses concitoyens, l’autisme despotique qui encombre
encore le paysage politique africain n’a droit à aucune
tolérance. Il impose ce dont il souffre : le retard et le
sous-développement.
Brèves
nationales
Prière du vendredi à Ali-Sabieh
:
Sous haute surveillance
La nouvelle année musulmane Muharram
1426, célébrée jeudi dernier, s’annonce décidément
sous de sombres auspices pour le candidat de l’imposture.
Ainsi, le week-end dernier, son programme a été
particulièrement chamboulé.
Dans l’après-midi de jeudi, le
candidat unique avait prévu de retrouver son ranch
agropastoral du Day, mais des événements de dernière
minute l’ont contraint à annuler cette escapade
bucolique. C’est bien dommage pour lui.
Le lendemain vendredi, pendant qu’une
partie des pèlerins dépêchés à Obock priait à son
intention, lui a préféré déserter une Capitale où
devait se tenir un meeting de l’UAD qu’il prévoyait
moins rose pour lui que sa « convention » du club
hippique. Rassemblement auquel les «invités» n’ont pu
assister qu’après être passés par un détecteur d’armes,
sécurité que l’UAD n’a bien évidemment pas imposée
à ses sympathisants : c’est au pouvoir que la confiance
ne règne pas.
En grand improvisateur, il s’est donc
tourné vers Ali-Sabieh pour la prière de vendredi midi.
Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, les Assajog médusés
ont été obligés pour la énième fois de prier sous
haute surveillance. En effet, la soldatesque du frileux
candidat s’est intempestivement mêlée aux fidèles de
la mosquée d’Ali-Sabieh.
Gâchettes nerveuses que n’a pas
supporté un religieux présent qui, aussitôt la prière
terminée, s’est emparé du micro pour s’adresser au
chef de l’État : « tous ces hommes en armes que
vous nous imposez, de qui vous protègent-ils ? » La
vérité est si facile pour qui l’ose. On l’imagine,
le candidat solitaire ainsi apostrophé s’est éclipsé
sur le champ, tandis que le courageux religieux se voyait
confisquer le micro. On le voit, le premier week-end de la
nouvelle année musulmane 1426 aura été difficile pour
le chef de file de l’imposture.
The best is yet to come !
*
Pèlerinage à Obock :
Esprit (partisan), tu étais là !
Djibouti a toujours été une terre de
tolérance religieuse, la conscience collective n’y a
jamais gardé aucune trace des croisades chrétiennes et
des Djihad musulmans qui ont bouleversé la région au
cours du XVIème siècle. Sans remonter aussi loin dans le
temps, les Djiboutiens authentiques se souviennent que le
repli religieux et mystique date chez nous des années 80,
concomitamment au renforcement des mécanismes répressifs
du parti unique. La religion est ainsi devenue le refuge
de tous les déçus d’une citoyenneté bafouée.
De là à voir dans la réactivation de
la ferveur mystique, comme celle du récent pèlerinage à
Obock, une récupération partisane, il n’y avait qu’un
pas que nous avions franchi et qui nous avait valu une
vive réplique de pèlerins certainement sincères.
Malheureusement, et nous aurions
préféré nous être trompés, le pèlerinage sur la
tombe de cheik Bourhan, qui s’est déroulé le week-end
dernier à Obock, n’a pas démenti nos craintes. Ainsi
que nous l’avions prévu, tout a été organisé par le
régime, et les pèlerins sincères ont dû batailler
ferme pour que la récupération partisane ne prenne par
les allures d’une Bérézina des consciences
indépendantes.
En premier lieu, les moyens de
transport dans cette région enclavée à cause de la
mauvaise gouvernance, ont été fournis par le candidat
solitaire, qui a mis une vedette de la Force navale à la
disposition des pèlerins, pour l’essentiel natifs du
coin. Alors que cette vedette, régulièrement
réquisitionnée pour les déplacements des dignitaires en
campagne, n’a jamais été mobilisée pour une
quelconque évacuation sanitaire. Tout comme AIR FAD,
toujours à court de kérosène quand il s’agit d’embarquer
un malade nécessitant une évacuation sanitaire.
Pire, ce sont les forces armées
gouvernementales, celles-là mêmes qui ont pillé et
détruit la ville d’Obock après avoir poussé ses
habitants à l’exode vers les zones rebelles, puis à l’exil
dans les pays voisins, qui ont installé au centre-ville
les tentes devant accueillir la cérémonie du Maoulid.
Cette vérité se devait d’être rappelée, tout en nous
excusant auprès des pèlerins sincères, lesquels
auraient d’ailleurs refusé de s’associer à une
nouveauté (Bid’a) proscrite par la religion et
consistant à sacrifier des bêtes. Rite d’ignorance
finalement officié par l’armée du candidat unique.
Le pèlerinage sur l’oratoire de
cheik Bourhan ne serait pas la dernière trouvaille
politico-religieuse du candidat fatigué et de sa secte
pour assurer sa réélection : une cérémonie similaire
serait pour bientôt programmée à Tadjourah, toujours
dans le but de redonner des forces à la campagne d’imposture
de son Excellence El Hadj.
Qui vivra verra.
*
Séminaire de l’UDT au Palais du
Peuple :
Silence assourdissant des médias
publics
L’Union Djiboutienne du Travail (UDT),
une des deux centrales syndicales de notre pays, a
organisé les 10 et 11 février derniers, un séminaire de
formation syndicale à l’intention de ses membres. Le
thème de la formation, animée par des experts de la
Confédération Internationale des Syndicats Libres (ORAF/CISL)
était : « Planification des stratégies et élaboration
des politiques ».
Ce séminaire, boycotté par les
représentants du ministère de l’Emploi, qui ont
préféré ignorer l’invitation qui leur a été
adressée, a regroupé une trentaine de participants, tous
affiliés aux syndicats de base membres de la centrale UDT
et les membres du comité exécutif de cette dernière.
Rappelons qu’une équipe de la RTD
est venue couvrir l’événement, histoire de faire
semblant, alors que des consignes claires de ne pas
diffuser cette information aurait été dictées par la
direction de ce média public. Honte au régime de tous
les abus, clairement démasqué par cet énième forfait
contre la liberté d’expression et la démocratie. Les
experts étrangers de l’ORAF/CISL sont repartis
édifié. L’Organisation Internationale du Travail (OIT)
saura s’en souvenir lors de ses assises de Genève en
juin prochain.
*
Le Premier ministre à « Gros Plan
» :
La voix de son maître
Nos lecteurs l’ont souvent constaté
: quand « Réalité » annonce, le régime se prononce.
Ainsi, dès que notre journal eût annoncé, dans son
édition de mercredi dernier, qu’un meeting de l’UAD
sur l’élection présidentielle était programmé pour
le vendredi, le régime a en toute hâte envoyé aux
fourneaux le premier de ses figurants.
Voilà pourquoi, vendredi dernier
pendant que les Djiboutiens qui ont massivement assisté
au meeting de l’UAD tenu dans l’après-midi,
méditaient sur le message politique délivré par l’opposition
à cette occasion, la RTD annonçait que le Premier
ministre s’exprimerait dans la soirée au cours de l’émission
vedette « Gros Plan ».
En fait, ce fut un démagogue de second
plan et second couteau qui a maladroitement essayé de
démontrer 50 minutes durant que le candidat solitaire
nourrissait de grandes ambitions pour son pays. Dans un
entretien avec un journaliste-maison peu inspiré, le
souriant numéro deux virtuel a tout d’abord rappelé
tout ce qu’il devait à son Pygmalion politique : « il
m’a beaucoup aidé et encadré, c’est mon maître »
s’est-il écrié.
On le savait. Et après ? « le
gouvernement compte débloquer les avancements et
favoriser le pouvoir d’achat. Tout ira mieux désormais
» s’est-il avancé. Comme quoi, et nous avions encore
raison sur ce point, l’énorme ponction fiscale et tout
le dispositif mis en place au début du conflit, ne
devaient pas être reconduits à partir du moment où la
paix avait été signée.
Allant toujours plus loin dans l’audace
qu’autorise le soliloque, sa plaidoirie se fait plus
précise : « il faut donner une chance au candidat qui
a déjà beaucoup fait et qui espère faire mieux. Les
élections auront lieu dans tous les cas de figure, avec
ou sans l’opposition. J’espère qu’elles ne seront
pas troublées... » Malheureusement pour lui, qui n’existe
que par lui, elles ont très peu de chances d’avoir lieu
sans l’opposition et tout le monde le comprendra.
« Malheureusement » est, soit dit en
passant, l’adverbe qui est revenu une vingtaine de fois
au cours du pitoyable plaidoyer de l’inexpérimenté
avocat du candidat solitaire. Ce sera certainement la
réalité de la fin, malheureusement pour eux.
Mais, alors que les téléspectateurs l’attendaient
sur la réaction officielle face au boycott actif annoncé
par l’opposition, il a préféré fuir ce débat (le
journaliste n’a pas trop insisté non plus) en croyant
savoir, selon le compte rendu généreux de « La Nation
» que : « l’opposition, après le décès de leur
leader charismatique feu Dini se cherche encore un leader
».
Tout d’abord, en tant que musulmans,
nous sommes en devoir d’atténuer son acculturation : la
formule « feu » en parlant d’un défunt est un
héritage culturel des anciens Aryens, qu’un nomadisme
perpétuel obligeait à systématiquement brûler les
dépouilles, au lieu de les enterrer. Crémation
formellement interdite par toutes les religions
monothéistes. Dire « feu » à propos d’un défunt
musulman n’a donc aucun sens.
Ensuite, la politique de l’opportunisme
impliquant pour ses praticiens l’amnésie de leurs
paroles et de leurs actes, nos concitoyens aspirant à une
autre politique n’oublient pas pour leur part que, de
son vivant, le regretté Ahmed Dini n’était pas si «
charismatique » que cela aux yeux de notre dilettante
Premier ministre. Qui n’avait pas hésité, dans un
courrier officiel, à traiter de menteur l’ancien
président du FRUD-armé, à propos des multiples
violations de l’accord de paix du 12 mai 2001.
Violations dont certaines justifient
aujourd’hui le refus de l’UAD de cautionner la
prochaine mascarade électorale : refus de délivrer des
pièces d’identité nationale, refus de mettre en place
une CENI véritablement indépendante et un Conseil
constitutionnel digne de ce nom.
Tant que des institutions réellement
démocratiques n’existeront pas, le plus valeureux des
leaders ne servira strictement à rien, sauf s’il refuse
de participer à un jeu truqué d’avance, parce que le
verdict des urnes n’est pas un jeu : c’est de l’avenir
d’un Peuple qu’il s’agit.
Les fraudes du 10 janvier 2003 l’ont
amplement démontré, un illustre inconnu sans aucune
expérience politique aurait alors battu un leader
charismatique.
*
Nos oubliés du Sénégal :
Un étudiant nous écrit
Suite à notre brève de la semaine
dernière consacrée aux difficiles conditions d’études
et de séjour des étudiants djiboutiens au Sénégal, l’un
d’eux nous a adressé un émouvant courrier
électronique libellé en ces termes : « Tout d’abord,
je vous passe tous mes meilleurs vœux pour cette belle
année 2005. Que cette année soit prospère pour votre
parti. Je me présente : je suis étudiant au Sénégal et
je vous écris pour me plaindre de notre gouvernement qui
n’arrive pas à tenir ses promesses électorales en
faveur des jeunes.
Cette année, nous sommes de nombreux
étudiants Djiboutiens dont la plupart est théoriquement
boursier de l’Etat. Mais quelle bourse ? Une bourse
fictive qu’on attend depuis fort longtemps. Beaucoup d’entre
nous restent encore à la charge de leurs parents.
Je vous prie de transmettre mon message
de détresse pour que le peuple Djiboutien sache dans quel
enfer nous vivons. Excusez-moi, je suis obligé de garder
mon identité secrète pour éviter des représailles à
ma famille.»
Rappelons que depuis le mois d’octobre
2004, notre journal s’est fait par deux fois l’écho
de la situation de nos étudiantes et étudiants au
Sénégal et ce pour interpeller les autorités
djiboutiennes sur le désarroi de nos jeunes injustement
abandonnés.
« Réalité » continuera d’être la
voix des sans voix, quoi qu’il advienne !
Merci pour ce courrier.
Combattre
l’injustice jusqu’à l’anéantir
COMBATTRE L’INJUSTICE
JUSQU’À L’ANÉANTIR :
ELLE EST UNE ANOMALIE
ET LE SORT INÉVITABLE DE TOUTE ANOMALIE
EST SON ANÉANTISSEMENT.
Nous avons reçu ce
courrier de notre fédération de Tadjourah. Qui montre à
quel point le boycott actif prôné par l’UAD est
conforme à ce que notre base attend de nous.
Chers compatriotes, le 10 janvier 2003
est une date inoubliable pour tous les Djiboutiens. C’était
le premier jour de vote pour plusieurs générations qui n’ont
connu que la dictature pendant vingt-six ans. Autrefois, c’était
le bourrage des urnes dès la matinée, sans la
participation du peuple. Le 10 janvier 2003, le résultat
au ministère de l’Intérieur n’a pas changé, il a
été transformé.
Mais le vrai résultat sur le terrain,
que nous connaissons tous, c’était la victoire de l’UAD,
qui avait comme slogan « UAD 100% ». Cette victoire
revient tout d’abord à notre président défunt (que
Dieu l’accueille en Son Paradis). Ensuite à vous, vous
avez vaincu les malfaiteurs, les corrompus. Vous les avez
empêchés de voler, vous les avez fait pleurer, ce
jour-là à 18 heures, aux annonces des comptes des
bureaux de vote, ceux qui vous font aujourd’hui des
fausses promesses habituelles ressemblaient à des gens
auxquels l’on annonce la mort dans un proche moment.
Certes, nous avons perdu un grand
leader politique, un sage parmi les quelques sages de l’Afrique.
Il est mort au combat, il n’a jamais été flexible
devant l’injustice et l’oppression.
Aujourd’hui, après sa mort, est-il
normal que nous cherchions l’amitié de ceux qui ont
combattu sans réserve notre défunt président, le Père
de l’Indépendance ? Non ! Ce serait trahir sa mémoire,
son honneur et son combat pour nous, pour notre pays. Non
! Il serait immoral de se soumettre passivement à l’injustice.
Dieu sera avec nous, au degré de notre détermination.
Dès que notre point de vue commun dépassera les 50%,
Dieu démolira tout seul ce château de cartes de malheur
qui est le régime sanguinaire et intolérant qui nous
gouverne. Unissons-nous pour la bonne cause (un État de
droit) et notre Créateur nous aidera.
Aujourd’hui, nous avons des exemples
concrets devant nous, un prétendu ministre n’a pas le
pouvoir d’embaucher un frère qui chôme à la maison,
un député mal élu n’a même pas le droit de parler
dans l’Assemblée. Assis sur une chaise, il ressemble à
un enfant qui écoute la leçon de son maître. Chaque
député mal élu attend impatiemment la sortie, la fin de
la séance comme un enfant fainéant. Ces malfaiteurs
essaieront de vous tromper de plusieurs manières.
Vêtu d’un beau costume brillant, il
vous appellera « cousine ou cousin, neveu ou nièce,
après la réélection de notre cher président M. Ismaël,
ton embauche est assurée. Il faudra que tu te montres à
la campagne électorale en faveur du président. »
Autre anecdote : « ton cousin, M.
X, se montre opposant. Donc, il faudra que tu lui fasses
abandonner l’opposition, toi qui parles si bien, toi qui
te dis responsable, tu remplaceras ton cousin
irresponsable en tant qu’okal de la tribu. Pour cela,
montre-toi en faveur du président Ismaël et, après sa
réélection, ce sera toi, l’okal de notre région.
»
Cette fois-ci, c’est à un jeune
commerçant que le député mal élu s’adresse : «
toi qui es riche, offre quelques millions pour la campagne
électorale du président Ismaël. Tu récupéreras
facilement ces millions car, dès qu’il sera réélu, on
te donnera une licence de commerce international et tu t’enrichiras
très vite. » Mais, le samedi après le vote, toutes
ces promesses se transforment en autant de cauchemars.
Chers compatriotes, leurs méthodes de
tromperie sont simples et féroces. Méfiez-vous surtout
de vos proches, ceux qui vous approchent à l’approche
de la campagne électorale. En politique, il n’y a pas
de lien de parenté qui tienne : il n’y a que des
intérêts communs, qui sont des intérêts généraux
dans lesquels réside l’intérêt de chacun. Si les
routes sont bien entretenues, si notre port fonctionne, si
les échanges commerciaux avec les pays limitrophes (Éthiopie,
Somaliland et Yémen) se font directement avec notre port
auxiliaire de Tadjourah dans les règles commerciales, si
les trois pouvoirs se séparent (Exécutif, Législatif et
Judiciaire) et se conforment aux notions d’État de
droit, le nombre de nos chômeurs diminuera, la cruauté
de la misère s’atténuera et nos dirigeants se
comporteront comme de vrais responsables politiques.
L’heure de vérité est proche : il
suffit de rester constant dans l’objectif et demeurer
vigilant face aux fossoyeurs. La formule est simple,
restez fidèles à Dieu et vous resterez fermes dans votre
engagement. Dieu aime les endurants et, en récompense, Il
les soulève.
En conclusion, toute lutte a besoin d’un
appui financier pour la bonne continuité : chers
compatriotes, adhérez à votre parti qui milite pour la
Justice, la Fraternité et la Paix ! Régularisez vos
cotisations mensuelles. N’oubliez pas notre défunt
président Ahmed Dini, n’enterrez pas son combat avec
lui. Son combat est le nôtre. Il est mort combatif, comme
son compagnon Chehem Daoud. Nous devons prendre la
relève.
Comme le disait le regretté Ahmed Dini,
la quincaillerie n’a jamais gagné la guerre et l’argent
volé à l’Etat ne nous vaincra pas. La détermination
du peuple l’emportera tôt ou tard. Toute chose a une
fin, surtout la dictature idiote qui opprime ses
concitoyens. Qu’Allah Accueille notre défunt
président, son compagnon Chehem Daoud et tous les martyrs
en Son Paradis Eternel.
Et leur combat doit continuer jusqu’à
la victoire : elle ne dépend que de nous !
Djibouti
: la lente descente aux enfers
Sous la plume de Mohamed
Qayad, l’édition papier des Nouvelles d’Addis a
publié, dans son édition de janvier-mars 2005, le texte
ci-dessous reproduit posant de façon lyrique, le contexte
de misère généralisée dans lequel prétend se
dérouler la prochaine présidentielle. Comme quoi, les
masses opprimées en général et la jeunesse sans avenir
en particulier n’ont plus rien à perdre, à part leurs
chaînes, en sanctionnant le premier responsable de leurs
malheurs.
Les Djiboutiens(nes) vivent au sein d’un
leurre magistral, d’une République disparue que le
régime autocratique s’acharne à ne pas reconnaître
telle, et que ses politiques artificielles prétendent
perpétuer.
La réalité est insensée, les
chiffres sont terrifiants: 40.000 personnes meurent de
faim chaque jour dans le monde, ce sida qui tue deux
millions d’Africains chaque année. Combien meurent-ils
de faim ou de sida à Djibouti ? Nous ne le saurons
jamais?
Cette dictature qui broie des centaines
de milliers de Djiboutiens sous la répression, la
torture. Ce peuple affamé, anéanti, au vu et au su de
tous, pour « la très juste cause » et les intérêts de
l’ex-puissance colonisatrice. Un peuple livré à
lui-même... Mais nous posons toujours les mêmes
questions fantômes auxquelles, beaucoup le savent, rien
ne répondra sinon le désastre des vies que ce silence
ravage et dont on oublie qu’elles représentent chacune
un destin.
Que devient-elle la RDD ? Une promesse
de Vie? Un Enfer, déjà, qui ne dit pas son nom?
Mais Dante a-t-il imaginé l’Enfer
de ceux qui réclameraient l’Enfer en vain? De ceux
pour qui la pire damnation serait d’en avoir été
chassés?
N’est-il pas terrifiant de demeurer
ainsi passifs, comme paralysés, tétanisés devant ce
dont dépend notre survie? Ne faut-il pas se demander si
cette survie est programmée ou non?
A fuir ces questions, on s’épargne
dans l’immédiat la révélation du pire, mais craindre
la révélation du pire, n’est-ce pas risquer d’y
être mieux précipité?
Or, ce régime dictatorial s’emploie
à dévier, supprimer ces questions ; il se mobilise,
converge vers d’autres, et focalise autour d’elles l’opinion
qu’il tient de la sorte en suspens autour de faux
problèmes.
Demandez-vous à quel point la cruauté
de ces vies abrège leur durée, et s’il est besoin de
murs, de miradors pour incarcérer ces gens.
Revisite-t-il/elle (Djiboutien(ne) ce
temps d’une lenteur insidieuse au cours duquel il/elle
est devenu(e) l’un de ceux qui, même vus, même
entendus, ne sont pas regardés, ne sont pas écoutés, et
qui, d’ailleurs, se taisent?
De ces chômeurs rejetés, puis
écrasés sur les bords de la route. Une route qui ne
mène plus aux mêmes lieux. Où conduit-elle ? Nul ne
sait.
Destins annulés, jeunesse
détériorée. Avenir aboli. Que peuvent-ils attendre de l’avenir?
Quelle sera leur vieillesse, s’ils l’atteignent?
De ces enfants exclus d’un système
scolaire inique et impitoyable qui n’ont plus rien à
espérer puisque cette démocrature ne leur a jamais rien
donné.
Qu’ont-ils à perdre puisqu’ils n’ont
rien reçu, sinon des modèles de vie que tout les
empêche d’imiter?
On atteint ici à des sommets de l’absurde,
de l’inconscience planifiée. De la tristesse, aussi.
Ce siècle nous a appris que rien ne
dure, pas même les régimes les plus bétonnés.
Qu’allons-nous devenir? Que faire?
Par où commencer ? Autant de questions qui restent sans
réponses face à ce régime génocidaire.
Quel avenir peuvent-ils imaginer? Même
le rêve ne leur a jamais été permis. Que peuvent-ils
attendre de l’avenir? Avenir sans projet? Un avenir qui
leur réserve « chômage », « misère », « rejet »,
le sentiment d’être inutiles, ou, même, parasitaires?
Des virtuoses de l’exclusion !
De ces enseignants humiliés, ruinés
puis exilés. On leur reproche le choix de l’exil avec
raison, certes; mais on oublie bien vite le caractère
dévastateur de la violence et du déni de droits qu’ils
subissent en amont.
De ces répudiés, de ces
laissés-pour-compte, jetés dans un néant social. De ces
oubliés-là (les retraités), abandonnés, proscrits.
Hors jeu!
De ces jeunes filles désorientées,
désemparées qui se prostituent afin de subsister un
temps. On le sait. Et il Y a des clients. Qui hurle, sinon
les parents de ces victimes? Quels boucliers levés contre
cette pédophilie tolérée? Seuls à réagir, les
consommateurs.
Le régime ne devrait-il pas s’attaquer
non pas tant aux épiphénomènes que sont l’alcool, la
drogue, la prostitution, mais aux phénomènes qui en sont
l’origine : la pauvreté dont nous savons qu’elle
conduit ces jeunes filles à se prostituer au bénéfice
des possédants, à seule fin de survivre encore un peu.
Encore faut-il qu’ils aient la
volonté de le faire ? Devrait--il fuir le désespoir au
moyen de mensonges, de camouflages, de fuites aberrantes?
Cette attitude-là est désespérée, désespérante.
Discours sur discours annonçant « des
priorités» qui n’apparaissent pas, qui n’apparaîtront
pas. Ces malfrats ont transformé Djibouti en une immense
tombe : vivants, nous sommes morts - des morts-vivants.
Leurs discours survolent les vrais problèmes ou les
faussent, des discours qui sans fin ressassent les mêmes
promesses intenables, ces discours-là sont passéistes et
remuent sans fin des nostalgies qu’ils sauront toujours
utiliser pour mieux mentir davantage.
La remise en cause des fausses
questions posées, le rétablissement de celles évitées,
la dénonciation de celles escamotées: dénoncerait sans
doute la duplicité du pouvoir autoritaire, ou plutôt des
ioguistes, et leur intérêt à ce que la société
djiboutienne demeure inféodée au système périmé,
fondé sur la culture de la bassesse, de l’avilissement.
Le régime ioguiste utilise alors le
système quasi parfait de la double pensée que Georges
Orwell avait inventé en 1949, un an avant sa mort,
pour... son célèbre "1984" ! : « Il
fallait oublier un critère devenu inopportun, mais aller
le rechercher quant il redevenait nécessaire, aussi
longtemps qu’il le fallait. »
Cette réalité, qui ne souffre aucune
controverse chez les gens de bonne foi, définit la
différence fondamentale du climat électoral: dans cette
république (Djibouti), soumise à la terreur d’une
machine à tuer devenue folle, soutenue ou dirigée par la
France, les conditions de n’importe quel scrutin sont
compromises à l’avance.
La route de leur paradis est courte et
ils jouissent de ce qu’ils trouvent de meilleur : l’alcool,
la drogue, la prostitution... Leur espoir est plein de
mépris, mais le cri des opprimés est plein de paix.
Notre ultime espoir c’est la raison,
que l’homme a laissé disparaître dans un océan de
malhonnêteté. L’Amour du Créateur me donne l’espoir
qu’une vie meilleure se prépare.
Réalité
du développement humain (2)
Nous concluons cette
semaine le commentaire sur le Rapport National du
Développement Humain 2004, en nous arrêtant sur ses
recommandations dans lesquelles, malgré la présence de
représentants de l’Etat dans le comité de rédaction,
transparaissent l’amertume et le doute sur la volonté
politique de ce régime à assurer un développement
humain harmonieux à Djibouti.
Nous avons examiné la semaine
dernière l’un des axes autour duquel s’articule le
développement humain selon les critères pertinents
retenus par le rapport mondial du PNUD de 1995 était la
justice sociale. Pour y parvenir, tous les obstacles
entravant les potentialités économique et politique
doivent être éliminés. Parmi lesquels la centralisation
administrative et économique identifiée comme source de
la pauvreté humaine à Djibouti et qu’il fallait par
conséquent « œuvrer au plus vite en faveur des régions
en activant le projet de décentralisation administrative
et économique, voire politique », et que nous avions
largement commenté la semaine dernière.
La durabilité est le troisième
critère considéré par le Pnud : l’accès aux
potentialités économique et politique devant être
assuré non seulement aux générations actuelles mais
aussi aux générations futures. D’autre part, le PNUD
considère la dimension féminine comme un élément clé
pour atteindre à juste titre les objectifs de
développement du millénaire, connus sous le sigle d’ODM
en rapport avec la Déclaration du Millénaire de
septembre 2000 adoptée par 191 pays dont le nôtre.
Parce qu’aucun renouvellement du
capital humain n’est possible sans une éducation et une
santé performantes, figurant en bonne place parmi les
objectifs à atteindre : l’assurance d’une éducation
primaire universelle, la réduction de 2/3 de la
mortalité infantile et la réduction de ¾ de la
mortalité maternelle…
C’est donc dans ce contexte, qu’il
faut lire l’intérêt soudain de nos dirigeants pour les
secteurs sociaux et comprendre à travers l’apparition
de slogans incantatoires dans les discours officiels et la
multiplication des séminaires, symposiums, états
généraux et autres ateliers consacrés à ces sujets et
financés à cet effet par le don multilatéral dont
Djibouti est dépendant et devant lequel il est comptable.
Près de un quinquennat après la ratification de cette
déclaration, force est de constater, à l’aune des
réalisations que tous ces slogans se sont révélés
poudre aux yeux.
Ayant pris acte des intentions
gouvernementales consignées pour certaines dans les
textes officiels, les rapporteurs constatent que si des
avancées ont été enregistrées dans ces domaines, elles
restent superficielles et limitées. Si la représentation
législative féminine est de 10%, grâce à une loi
imposant ce quota, la condition féminine à Djibouti est
déplorable. Représentant 52% de la population totale, la
femme est une « pauvre parmi les pauvres » dont
le quotidien et fait de corvée de bois et de mutilation
génitales. Selon une enquête IDAM IS 2, DISED 2002, son
taux de scolarisation dans l’enseignement passe de 41,6%
dans le primaire (contre 44,7 seulement pour les hommes)
à 19,2% dans le secondaire et 0,9% dans le supérieur. La
santé n’est guère mieux lotie, une analyse détaillée
de l’indice d’accessibilité aux services de santé
montrant qu’un nombre « non négligeable » de la
population n’a pas accès aux services de santé,
puisque la ville de Djibouti concentre 84% du personnel de
la santé, 14% dans les districts et 1,3% pour les zones
rurales. Le taux de mortalité infantile est de 102/1000
en 2002 contre 85/1000 au Yémen et 73/1000 en Erythrée.
Le constat sans complaisance établi
par le rapport nous dispense de nous étaler davantage sur
les chiffres pour nous contenter de l’essentiel : la
gestion de l’aide par l’administration est jugée
inefficace car « des pratiques contestables et
contre-productives servent comme règles de gestion… les
ateliers et les séminaires de formation à l’extérieur
du pays ne bénéficient pas forcément aux cadres selon
leur profil et leur compétence mais renforcent l’apanage
des hauts fonctionnaires de l’administration qui
utilisent ces ressources comme autant de prébendes pour
gratifier leurs obligés… les projets de développement
sont devenus comme autant d’occasion d’enrichissement
personnel et de redistribution notamment pendant les
périodes préélectorales. Ce phénomène entrave à
terme le développement d’une société civile saine.
Le problème est que si les autorités
nationales sont davantage comptables de leurs actes devant
les bailleurs de fonds, elles le sont moins devant leurs
propres citoyens. Cette situation caractérise la
faiblesse des institutions publiques et l’inefficacité
des actions en matière de bonne gouvernance. La
responsabilité nationale dans l’échec pour l’utilisation
de l’aide est largement admise… ».
Il ne faut donc pas s’étonner dans
ces conditions que l’Aide Publique au Développement (APD)
exprimée en % du PIB soit passée de 13,7% en 1999 à
9,4% en 2001 contre pour la même période de 10% à 17%
en Éthiopie et 18% à 34% en Érythrée, dans un contexte
de rude concurrence entre pays en développement pour
attirer l’aide des bailleurs de fonds.
Après
Eyadema, Eyadema ?
CRIME DE LÈSE CONSTITUTION AU TOGO
Après le décès du vieux baobab Etienne
Gnassimbé Eyadema, au pouvoir depuis 1967, l’armée togolaise a nommé à sa
place son fils Faure Eyadema, jusque là ministre de l’Equipement et des
Mines. Cette transition anticonstitutionnelle inquiète tous les démocrates
africains et la communauté internationale.
Auteur du premier coup d’Etat de l’Afrique post
coloniale en 1963, Etienne Gnassimbé Eyadema accède officiellement au pouvoir
à la faveur d’un second coup de force en 1967. Originaire du Nord et d’ethnie
Kabré, le jeune lieutenant-colonel Eyadema instaure aussitôt un régime
autoritaire et sanguinaire. Dans la foulée, il crée un parti unique, le
Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), toujours au pouvoir sous une autre
forme. Durant trente-huit douloureuses années, le général-président a
dirigé le Togo principalement au profit de son ethnie Kabré, qui ne
représente que 20% de la population totale. Au début de la décennie 1990, de
violentes manifestations le contraignent à une timide ouverture politique.
Depuis cette date, toutes les élections présidentielles et
législatives « pluralistes » ont toujours été remportées par le
président Eyadema et sa mouvance. L’opposition togolaise, essentiellement
incarnée par l’Union des Forces du Changement (UFC) de Gilchrist Olympio,
fils du premier président Sylvanius Olympio assassiné en 1963 par Eyadema
père, s’est vu à plusieurs reprises dépossédée de sa victoire, quand
elle n’a pas choisi le boycott, comme en 1993, 1998, 1999 et 2003. Le vieux
baobab récemment éteint laisse donc un pays économiquement et politiquement
en crise. En suspendant la Constitution et en faisant succéder Faure Eyadema
à son père, l’armée togolaise monoethnique a préféré une transition
clanique à la démocratie pourtant prévue par les textes. C’est pour
dénoncer le complot contre la Constitution que des milliers de manifestants
sont descendus dans la rue dimanche dernier. Au cours des échauffourées, un
manifestant a été tué. La communauté internationale a clairement condamné
le coup de force anticonstitutionnel et appelé à la tenue d’élections
libres dans les plus brefs délais. Le géant de la région, le Nigeria, menace
même d’intervenir militairement pour rétablir l’ordre constitutionnel.
De son côté, la diaspora togolaise se mobilise. Ainsi,
dimanche dernier, à l’appel de l’opposition en exil, une grande
manifestation a été organisée dans la Capitale française. Craignant que
Djibouti et le Togo soient même topo, et constatant que de dangereuses
similitudes existent entre le RPT et le RPP, l’ARD de France a participé à
cette manifestation à Paris, aux côtés des démocrates Togolais. Voici le
compte rendu de cette journée, que nous a fait parvenir notre représentant en
France, M. Maki Houmed Gaba :
« Selon l’article 150 de la Constitution du Togo, « en
cas de coup d’État ou de coup de force quelconque, tout Togolais a le droit
le plus sacré et le devoir le plus impératif de s’organiser pour faire
échec à l’autorité illégitime ». D’où l’« Initiative150 » pour la
coalition contre le coup d’État au Togo, comme un devoir constitutionnel pour
les Togolais et une exigence de solidarité pour les amis des démocrates
togolais.
C’est pourquoi l’Alliance républicaine pour le
développement (ARD) en France a apporté son soutien à l’Initiative150 en
participant à la manifestation qui s’est tenue dimanche 13 février 2005 de
14 heures à 16 heures à Paris, de la Place de la République à la Place de
la Bastille, pour dénoncer l’accaparement de la présidence du Togo par
Faure Gnassimbé après le décès du tyran Eyadéma Gnassimbé.
L’article 150 de la Constitution n’est pas le seul en
cause. Selon l’article 65-1, « En cas de vacance de la Présidence de la
République par décès, démission ou empêchement définitif, la fonction
présidentielle est exercée provisoirement par le Président de l’Assemblée
Nationale».
Or Faure Gnassimbé n’était pas Président de l’Assemblée
Nationale, ni même parlementaire, mais Ministre de l’Équipement et des Mines
conformément à l’article 76-2 qui stipule « Les fonctions de membre du
Gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat
parlementaire».
Quant à une « révision » à la hâte de ces dispositions
de la Constitution, l’article 144-5 énonce « Aucune procédure de révision
ne peut être engagée ou poursuivie en période d’intérim ou de vacance ou
lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire ».
Il est absolument anticonstitutionnel de laisser le clan
Gnassimbé se faire la belle avec la liberté des Togolais. La chance
historique que la nature elle-même voulut offrir aux Togolais en faisant que
Eyadéma soit rappelé à Dieu, ne doit pas échapper à son bénéficiaire qui
doit être le peuple togolais. La solidarité de tous les démocrates d’Afrique
est impérative pour résister au rapt de l’Afrique par ses dictateurs.
L’opposition djiboutienne représentée par l’ARD en
France a assuré les démocrates togolais du soutien indéfectible du peuple
djiboutien à la cause du peuple togolais. L’ARD a profité de cette occasion
pour inviter les démocrates togolais à prendre connaissance de ce que
Djibouti aussi a enduré et continue d’endurer sur la voie d’une
démocratisation rendue impossible par le régime d’Ismaël Omar Guelleh. L’échange
a permis de renforcer la détermination des uns et des autres à poursuivre
leur combat main dans la main jusqu’à éradiquer totalement l’autocratie
dans nos pays respectifs.
Les Djiboutiennes et les Djiboutiens de la diaspora
devraient compter des amis togolais à leur prochaine manifestation prévue
pour dénoncer la mascarade électorale en gestation à Djibouti.
Communiqué
de l’UAD
UNION POUR L’ALTERNANCE DEMOCRATIQUE
(U.A.D)
(ARD, UDJ, MRD)
Adresse: Héron
Djibouti
Tél: (253) 25 09 19
Email: realite_djibouti@yahoo.fr
Djibouti
Djibouti, le 13 février 2005
COMMUNIQUE DE PRESSE
SUR L’ELECTION PRESIDENTIELLE D’AVRIL
2005
La prochaine échéance électorale est
une étape fondamentale pour le devenir de la République
de Djibouti, eu égard au caractère présidentialiste de
notre Constitution. C’est pourquoi l’Union pour l’Alternance
Démocratique y accorde une importance particulière. Pour
le régime, la campagne est déjà lancée depuis
plusieurs mois, à grand renfort de médias publics
détournés de leur mission d’information et de l’ensemble
des ressources de l’État.
Décidée le dimanche 6 févier 2005
par le Haut Conseil de l’Union pour l’Alternance
Démocratique (UAD), la tenue du meeting du vendredi 11
février avait un double objectif : démontrer sa
capacité à mobiliser ses militants et sympathisants en
un temps record et annoncer à cette occasion sa position
sur la prochaine élection présidentielle.
L’UAD, se félicitant de la
participation massive à son premier meeting de la
présidentielle constate une fois encore l’arrogance et
l’inique comportement de l’actuel chef de l’État,
candidat à sa propre succession, en campagne depuis plus
de cinq mois, au mépris des textes et des règles de
conduite élémentaires pour l’avènement d’une
compétition transparente. Pourtant, il n’est toujours
pas en mesure de répondre à nos multiples courriers
posant les conditions sine qua non pour un réel
concours démocratique respectueux de l’expression de
chaque électeur et par-delà du peuple djiboutien,.
Formulées dans une correspondance
adressée au président de la République le 9 octobre
2004, nos exigences portaient, outre l’indispensable
refonte du Conseil Constitutionnel, prévue par l’accord
de paix du 12 mai 2001 sur:
1) La refonte des listes
électorales qui doivent refléter la réalité du
corps électoral tel qu’il est actuellement ;
2) L’établissement de ces
listes par bureau de vote dans les régions de l’Intérieur,
3) La publication de toutes les
listes électorales mises à la disposition de
tous les partis politiques ;
4) La mise en place d’une
véritable Commission Electorale Nationale
Indépendante (CENI), composée à parité égale
de représentants de l’Opposition et de
représentants des partis au pouvoir, sous la
présidence d’une personnalité indépendante
acceptée par les deux parties ;
5) L’élaboration conjointe
(Opposition/Gouvernement) du Statut Spécial de la
Capitale ;
6) La modification de Loi
relative aux élections dans ses articles 27 et
54, portant sur la proclamation des résultats et
la remise des Procès-verbaux, consécutive au
dépouillement du résultat des scrutins.
Désormais, pour une réelle transparence des
élections, chaque partie devant disposer de son
exemplaire de PV et les résultats proclamés par
la CENI ;
7) L’abandon pur et simple
des pratiques de l’ancien système du parti
unique dans la désignation des assesseurs par le
pouvoir. Ces assesseurs devant représenter les
parties en compétition ;
8) L’accès libre et
équitable des partis politiques aux médias
publics ;
9) L’amendement et l’application
effective de la loi de 1992 sur la communication
qui autorise l’ouverture de radios et de
télévisions libres.
Consciente d’incarner une véritable
alternance démocratique, l’UAD a clarifié sa position
sur la prochaine consultation électorale, à savoir : son
rejet pur et simple, cette élection ne devant pas avoir
lieu sans l’UAD ;
C’est pourquoi l’UAD exigeant l’avènement
d’une réelle démocratie et forte de la confiance
populaire, réitère ses sommations ignorées depuis trois
ans par le régime, basées sur la stricte application de
l’accord de paix du 12 mai 2001, lance un appel :
1) Au Peuple djiboutien :
Par notre action de mobilisation, il est de notre
intérêt commun de rejeter ce régime qui s’obstine
à saboter la consolidation d’une
paix réelle. Nous ne devons plus accepter cette
dictature responsable de la corruption, du chômage, de
la pauvreté, de la maladie, de l’immoralité et de l’enrichissement
illicite d’un cercle restreint.
2) A la communauté internationale :
L’Union pour l’Alternance Démocratique appelle la
communauté internationale à prendre ses responsabilités
et à faire pression par tous les moyens à l’encontre
de la dictature.
AVEC L’AIDE DE DIEU, INCHA ALLAH , L’UAD
VAINCRA.

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