|
|
Éditorial
LA PAROLE EST AU PEUPLE :
RÉALITÉ CESSE DE PARAÎTRE
« Il n’y a
pire bête que celle qui se tète, ni pire humain que
celui qui se vante » dit un proverbe local. A l’heure
où notre journal a décidé d’interrompre sa publication la
semaine prochaine, ce n’est pas à sa Rédaction d’encenser
sa place dans l’ensemble de la presse djiboutienne.
Modestie des propos n’étant pas oubli des origines, tout
juste devons-nous rappeler ce qu’une telle liberté doit au
fracas des armes. Comme il est de notre devoir de ne pas
occulter les sacrifices consentis par l’équipe de
rédaction : pour avoir bénévolement animé ces colonnes,
ces membres ont tous perdu leurs salaires de
fonctionnaires depuis mai 2002. Enfin, nos lecteurs savent
autant que nous que la meilleure reconnaissance de
l’utilité de « Réalité » réside dans l’insulte que nous
adresse l’adversaire.
Ecrire n’est pas
un engagement en soi. Il se peut même, et c’est la
mauvaise impression qui nous a souvent hantés, que s’en
contenter ou lui accorder une importance narcissique
servait à maints égards un régime présentant cette
liberté accordée à la presse d’opposition comme la
parfaite illustration qu’une réelle démocratie existe
à Djibouti. Il fallait vivre avec, jusqu’à ce que les
événements commandent de remettre en question le
postulat de notre utilité. Ce qui est le cas aujourd’hui
: écrire ne suffit plus parce que la mobilisation
implique une autre forme d’engagement, physique et plus
proche d’un Peuple pour lequel, dans sa grande
majorité, ces colonnes peuvent avoir quelque chose d’abscons.
Dans sa phase actuelle, le boycott actif peut se passer de
ce journal : c’est désormais de vive voix, à pied et
dans la rue que le message de l’UAD doit
responsabiliser.
Dans un premier
temps, il s’agira d’expliquer partout la portée
historique de la pétition lancée en faveur du boycott. C’est
le véritable geste de citoyenneté responsable dont
chacun doit être capable. Dans aucune démocratie digne
de ce nom, une candidature unique ne saurait être
tolérée. Surtout quand aucun moyen public n’est mis à
la disposition de l’opposition pour sérieusement
expliquer sa position. Si débat clair il y avait eu, c’est
aux citoyens et à eux seuls qu’aurait appartenu la
décision suprême de juger qui a tort et qui a raison. En
toute indépendance.
Dans un deuxième
temps, c’est en manifestant pacifiquement que nos
concitoyens, partout encadrés par des responsables de l’opposition,
dénonceront une mascarade électorale qui est la
négation de leur citoyenneté, en ce qu’elle leur
dénie toute possibilité de choix. Ce n’est pas une
telle imposture qui est nouvelle, c’est notre
détermination à sanctionner l’illégalité qui l’autorise.
L’actuelle posture du candidat solitaire rappelle celle
d’un attaquant lorsque la règle ne structure pas le
terrain de football.
Ici, ce joueur
hors-jeu, en embuscade devant la cage adverse et attendant
une passe venue de loin pour prendre à défaut un gardien
sans défense, un tel joueur a un nom : « Saariq al
Gool ». Voleur de but : voilà ce qu’est en
réalité le candidat unique. Il faut donc mettre hors-jeu
un joueur ne respectant aucune règle de jeu : le meilleur
arbitre, c’est le Peuple souverain ! Que la RTD ait
censuré les récents événements survenus au Kirghistan,
où un despote a été chassé par la pression de la rue,
est révélateur de la fragilité du despote local : c’est
tout à fait réalisable ici. Et le Peuple djiboutien a
droit au changement.
Donc, « Réalité
» ne sera pas disponible la semaine prochaine. Avec l’ensemble
des responsables de l’UAD, sa Rédaction sillonnera l’ensemble
du pays à la rencontre de tous nos concitoyens. Naïf est
ce régime qui pense qu’une menace suffit à nous
dissuader d’être visibles. Car, la vie d’un parti
politique ne peut se résumer aux réunions dans les
annexes ou aux colonnes dans un journal. Prétendre
imposer une telle clandestinité, c’est prendre le
risque d’inciter à une autre forme d’expression. De
tout cela, et de beaucoup d’autres sujets, il en sera
question au grand meeting auquel l’UAD invite tous ses
concitoyens, qui se tiendra vendredi prochain à l’avenue
Nasser devant le siège de l’UDJ.
Brèves
nationales
Dérive d’une campagne insolite
:
Le temps des griots
La fébrilité officielle étant
proportionnelle au rejet populaire chaque jour et partout
manifesté, le ministre de l’Intérieur multiplie les
déclarations en forme de mise en garde à l’opposition,
accusée de vouloir troubler l’ordre public. Pendant ce
temps, le reste de la troupe présidentielle ne se prive
pas non plus de provoquer l’UAD et ses dirigeants.
Ainsi, des griots patentés lancent à longueur de
journée sur les ondes d’autres défis irresponsables à
l’opposition.
Parmi ces griots réquisitionnés, le plus
ridicule est sans doute cet octogénaire émargeant à la
Présidence au titre de chargé de mission. De l’avis
général, ses propos indignes d’un vieillard ont
choqué l’opinion par leur vulgarité bien au-dessous de
la ceinture. Aussi, loin d’améliorer l’image du
candidat solitaire, ces individus provocateurs ne font que
renforcer le mécontentement populaire contre l’imposture.
Par ailleurs, ces griots alimentaires
apportent de l’eau au moulin des partisans du boycott et
réussissent tout simplement à exacerber le mépris
contre la personne de celui qu’ils soutiennent, sans
même parler de son bilan.
La majorité de nos concitoyens a bien
compris que l’UAD a parfaitement raison de refuser un
jeu électoral truqué imposé par un régime délinquant
et corrompu. Surtout que cela neutralise les insultes
officielles.
*
Ali-Sabieh :
La réalité contre le mensonge officiel
Spécialiste des fausses promesses et
fomenteur des jalousies sociales, le candidat solitaire a
commencé sa campagne officielle dans les districts de l’Intérieur
par celui d’Ali-Sabieh. Si les médias publics n’ont
pas hésité à glorifier l’événement en exhibant des
milliers de badauds pour la plupart convoyés de la
Capitale, les habitants de cette ville et de ce district
font quant à eux savoir qu’ils boycotteront la
mascarade du 8 avril prochain.
Comme ailleurs, ils ont été amusés par
cet afflux de badauds déplacés par milliers, uniquement
pour faire croire que le candidat solitaire attire partout
les foules. En fait, cette stratégie qui consiste à
exhiber partout les mêmes réquisitionnés, rappelle
celle que la tradition locale appelle ici « les renforts
du macaque ».
Et pour cause : les Assajog sont
majoritairement mécontents du mensonge officiel. Mettant
en avant le chômage des jeunes, ils rappellent le mirage
que s’est révélé n’être l’usine d’Il Jano,
souvent en panne et où ne travaillent que quelques jeunes
originaires de cette région. Quant aux méga projets
annoncés, ils sont loin de faire leur bonheur.
Enfin, tous se disent mécontents de la
fameuse commission de campagne où figurent, paraît-il,
des députés de sinistre mémoire.
Pour toutes ces raisons et tant d’autres
qu’il partage avec toutes les régions de notre pays, le
district assajog n’entend pas devenir le laboratoire des
expériences ratées du candidat solitaire.
*
Cadeau électoral de Melès Zenawi :
Pour un ancien « Diré-Dawa lidj »
Le Premier ministre éthiopien a effectué
une brève visite dimanche dernier à Djibouti. Il a
aussitôt été accueilli seul par le candidat solitaire.
Rien n’a filtré de leurs entretiens. Tout ce que l’on
sait, c’est que notre puissant voisin ne serait pas venu
les mains vides. Outre une importante cargaison de khat,
immédiatement convoyée sur Ali-Sabieh, il aurait
également offert des milliers de T-shirts et des
casquettes couleur verte solitaire.
On s’aide comme on peut entre candidats
même si, en réalité, on se tire dans les pattes… En
fait, le Premier ministre éthiopien ne serait venu que
pour conseiller un ancien compatriote qui avait rappelé
ses origines, en langue locale, au Parlement éthiopien au
début de son dernier mandat.
*
Arrestation arbitraire d’un opposant :
Houssein Robleh emprisonné pour l’exemple
?
Notre camarade Houssein Robleh Dabar,
ancien cadre du FRUD-armé et militant actif de l’UDJ, a
été arrêté samedi dernier, alors qu’il regardait
passer des manifestants lycéens. Aussitôt placé en
garde à vue, il a été transféré à la prison de
Gabode trois jours après. A travers cette arrestation
arbitraire, le régime semble vouloir intimider l’opposition.
Peine perdue! Notre cause est juste et notre Peuple nous
soutient.
L’UAD exige la libération immédiate et
sans condition de Houssein Robleh Dabar et dénonce les
provocations irresponsables d’un régime aux abois.
*
Nouvelle étude historique :
Un Djiboutien écrit sur l’Éthiopie
Notre confrère Aramis Houmed Souleh,
spécialiste de la culture afar, a récemment publié une
étude sur la vie de deux sultans d’Awsa, Mohamed
Hanfaré dit Illalta (1861-1902) et Ali Mirah, Sultan
depuis 1944. Son étude, préfacée par Gérard Prunier,
directeur du Centre des Études Éthiopiennes, est une
somme de connaissances sur l’Histoire récente de notre
région à travers la vie de deux personnages hors du
commun.
Tous ceux qui s’intéressent à l’Histoire
de l’Éthiopie vue sous l’angle de cette composante
pourront acquérir cet ouvrage au prix de 3.000 FD à la
papeterie Kouros et à Discorama. « Réalité »
félicite l’auteur et l’encourage à poursuivre ses
travaux historiques dans un domaine exploré que par de
rares chercheurs étrangers.
*
Des militaires non militants :
Le solitaire rogne leurs maigres revenus
Des militaires retraités réclament à
cor et à cri le versement de leurs arriérés soldes de
1995 et 1997, comme l’indique depuis 2003 le président
de leur association, M. Houssein Abdi Egueh. Qui, dans un
courrier adressé le 18 février de cette année au
ministre des Finance, regrette que les promesses
officielles relatives au calcul de l’impôt et versement
de onze mois de prime d’alimentation n’aient pas été
honorées.
Leurs collègues anciens gendarmes
dénoncent la suppression des soins médicaux imposée par
le candidat unique, prétendument proche des hommes en
arme ou l’ayant été. Les militaires en service se
plaignent eux des nouveaux barèmes de solde institué par
un récent décret présidentiel et revoyant à la baisse
le montant de leurs soldes injustement charcutées.
Last but not least, les mutilés n’arrivent
pas à obtenir une pension d’invalidité conforme au
préjudice physique subi dans l’exercice de leurs
missions sous les drapeaux.
Ainsi, pour ne prendre qu’un seul cas,
citons les déboires de l’ex caporal Mohamed Gaditto,
retraité depuis 2001 qui, malgré toutes ses démarches,
n’a pas pu faire valoir son droit à la révision du
taux d’invalidité qui doit être le sien.
A l’heure où des militaires favorisés
de la garde présidentielle sont présentés comme l’exemple
de l’armée de demain, la grande majorité des
militaires s’inquiète de l’avenir morose que lui
prépare le frileux candidat solitaire, qu’ils ne
rééliront pas. Il en va de leur avenir.
Courrier
des lecteurs
Un lecteur d’Obock nous a
adressé ce courrier contenant deux brèves informations,
disponibles nulle part ailleurs. L’une relate la
discourtoisie des autorités djiboutiennes lors d’une
réunion mixte prévue à Rahaïta avec la partie
érythréenne. La seconde évoque une récente
mésaventure d’AIR-FAD, qui a failli tourner au
cauchemar.
Une maladresse à la mesure de ses
auteurs
Une fois encore, le gouvernement de
Djibouti a démontré avec éclat, le faire -semblant et l’inconsistance
qui l’ont toujours caractérisé. Les djiboutiens sont
résignés et font avec, du moment qu’ils n’ont jamais
participé à la gestion de la chose publique, jamais un
haut fonctionnaire et de surcroît un ministre n’ a
été inquiété pour une faute qu’il aurait commise
dans son département... mais les pauvres djiboutiens
espéraient, que l’image sur le plan régional ou
international de leur Patrie serait, du moins dans les
apparences, ménagée... mais c’était trop attendre des
gens qui doivent leurs réussites à des paramètres
douteux autres qu’intellectuels.
Les relations diplomatiques
djibouto-érythréennes viennent justement de subir un
coup de froid le jeudi 17 mars 2005 lorsque le
gouvernement de Djibouti n’a pas jugé utile d’honorer
des engagements antérieurement pris avec l’autre
partie. Il s’agit d’une cérémonie de réouverture
des frontières entre ces deux états frères. Une
réunion mixte au niveau des gouverneurs et des officiers
des 2 régions frontalières avait auparavant étudié à
Obock les modalités de ce rapprochement (les 9 et 10
février 2005) et le rendez-vous a été pris au 16 mars
2005 à Rahayta au niveau gouvernemental pour officialiser
cette opération...
Mais c’était sans compter sur le
manque de scrupule de la partie djiboutienne qui est
persuadée que l’engagement n’engage que ceux qui y
croient ! C’est ainsi que le commissaire d’Obock
flanqué du commandant du régiment obockois des FAD, s’est
retrouvé seul le jour dit face à la partie érythréenne
qui, pensant donner à l’opération tout l’honneur qu’elle
mérite, était composée des ministres des affaires
étrangères, de la défense et de l’Intérieur en plus
des responsables locaux des différents départements. L’ambassadeur
de Djibouti en Érythrée avait aussi fait le
déplacement. Celui-ci s’est d’ailleurs offusqué du
comportement ridicule de son gouvernement qui n’a pas
été à la hauteur de l’enjeu...
« Mais, où est donc passé votre
gouvernement ? » lui aurait demandé le chef de la
diplomatie érythréenne on peut imaginer le désarroi du
commissaire qui ne pouvait qu’endosser la
responsabilité de cette GAFFE qui aurait avancé que tout
était de sa faute! un oubli ! C’était nier l’évidence,
puisque ce même jour ces illustres absents paradaient au
palais du peuple pour témoigner leur soutien aveugle au
président-candidat-solitaire qui n’en a que faire car c’est
plutôt un candidat qu’il lui faut !!!
Leur soutien, ça peut attendre. Qui
sait ce qu’est devenue cette cérémonie? Aucun écho
dans les médias djiboutiens...
Un comportement qui conforte les
Obockois, de même que leurs concitoyens, dans l’idée
qu’ils se sont toujours faite de leurs dirigeants chez
qui l’efficacité se mesure plutôt à leur allégeance
au chef de l’État et non à la réussite de leur action
gouvernementale. Peut-être qu’il n’a jamais existé d’action
commune du gouvernement de Djibouti puisque tout aurait
été initié par un seuil homme; le Président!
Bref, la communauté obockoise comptait
énormément sur cette opération qui comportait beaucoup
d’avantages : les régions d’Obock et d’Assab sont
peuplées des mêmes familles qui pourraient facilement se
revoir, la Route Nationale Obock/Érythrée constitue un
potentiel économique pour tous ces petits villages qui la
bordent et dont les habitants savent de quoi ils parlent,
...d’autres conventions signées à Obock prévoyaient
le développement des coopérations multiples entre les
deux régions sœurs.
Le voyage de tous les dangers
Les passagers « d’Obock Airways »
ont vécu un atterrissage mouvementé, le mercredi 16 mars
2005 sur la piste d’Obock. Pardon! c’est plutôt le
petit avion de l’armée djiboutienne qui provisoirement
désenclave (avec tous les risques) les régions nord du
pays. Et ce jour-là les dix sept voyageurs ont frôlé la
catastrophe lorsque leur avion a manqué de s’écraser
à l’atterrissage à cause de la crevaison de son pneu
survenue, heureusement, au moment de l’arrêt de l’appareil.
L’accident a fait plus de peur que mal au grand
soulagement des passagers mais aussi des parents au sol.
La plupart d’entre eux sortent plutôt effrayés. Et si
ce pneu avait crevé quelques secondes plutôt au moment
du contact de l’avion avec la piste ? Et l’incident a
été l’occasion de dire plus haut ce que les autres
pensent plus bas à propos de ce voyage aérien
miraculeusement apparu ces derniers mois.
Et ce jour-là l’inquiétude s’est
emparée des autres passagers en partance pour la
Capitale. Il s’agit de la quinzaine des jeunes Obockois
dépêchés en urgence pour prendre part à la cérémonie
du soutien au candidat-président sans adversaire, au nom
de la communauté obockoise toute entière. Et l’avion
est en mission spéciale. Les avis se sont vite partagés
et un groupe des jeunes sympathisants s’est écrié «
le soutien certes, mais pas à n’importe quel prix. »
Ils refusent de prendre cet avion qui
constitue un danger capital (et gratuit). Ils ont
préféré la piste en réquisitionnant un véhicule 4x4
de l’ONED en mission dans la région (autre que pour l’eau).
Les inconditionnels ont voulu démontrer la limite de leur
dévouement et prouver l’ampleur de leur attachement au
GUIDE en bravant ce danger et ont décollé après une
attente de quatre heures. Le pneu neuf fut ramené de
Djibouti par hélicoptère militaire.
Et encore une fois rendons grâce au
Très Haut, car l’appareil est arrivé à destination
sans encombre.
Certes, ce ne sera pas la dernière
rotation de cet avion sur Obock. Tous conscients du risque
que constitue ce voyage, les Obockois (les plus pressés)
ont décidé de l’emprunter en attendant que cette route
goudronnée et ces bacs japonais promis les délivrent de
ces voyages de tous les dangers.
Entre le mal et le pire...mais les
interrogations qui reviennent sans cesse aux habitants de
ce côté du golfe sont d’ordre sécuritaire. Selon
quelles normes voyagent-ils par rapport à celles de l’aviation
civile ? Les véhicules ainsi que les embarcations
maritimes de l’armée sont strictement interdites aux
civils. Est-ce faute d’assurance qui restent uniquement
pour professionnels ?
D’où vient cette exception aérienne
? De quelles informations dispose-t-on sur ces appareils
de seconde main rachetés en Afrique du Sud mais jamais
destinés au transport civil. Combien d’heures de vol
totalisent ces pilotes militaires dont la plupart font
leur initiation sous le regard apeuré des passagers qui
regrettent l’absence, depuis deux mois, du capitaine
HASSAN ancien pilote, actuellement en mission à l’étranger.
Les pilotes « bleus » font
certainement de leur mieux mais ne peuvent éviter des
décollages et des atterrissages agités avec crissement
de pneus et tremblement des sièges. D’ailleurs où est
donc passée le service de la protection civile qui a pour
tâche de veiller à la sécurité des citoyens. Comme
pour boucler la boucle, la liste des passagers en
provenance d’Obock fait le voyage à bord du même vol
que les passagers comme pour ne laisser aucune trace des
occupants de l’appareil en cas de drame que personne ne
souhaite... Toutes ces questions et bien d’autres
restent posées.
Un mince espoir subsiste quand même,
non dans la réalisation des promesses de désenclavement
de la région qui durent depuis trente ans, mais attendu
avec la fin très probable de « ce pont aérien » qui
devrait intervenir avec la (dés)élection de son
concepteur.
Car dans cette affaire tout le monde
risque sa peau, civils comme militaires.
Interview
de M. Mahdi Ibrahim
Né en 1957 à Djibouti,
Mahdi Ibrahim Ahmed God est membre fondateur de l’ARD,
dont il siège au Bureau politique, membre du Haut-Conseil
de l’UAD et codirecteur de Réalité. démocrate
et opposant de toujours, il fait partie de cette
génération d’intellectuels qui a tout sacrifié pour l’idéal
démocratique. A l’heure où le régime divisionniste
exhibe des opposants rachetés et autres intellectuels
alimentaires, Réalité présente le témoignage
édifiant d’un vrai patriote. Comme un appel à la
droiture et à la tolérance.
|
« L’UAD est l’incarnation
de l’intérêt général
et la seule alternative
à l’UMPisme
qui menace la paix sociale et l’unité nationale.
»
Mahdi Ibrahim
|
|
Réalité : Autrefois symbole d’une
jeunesse qui a réussi, vous êtes aujourd’hui un
opposant sans ressources. Racontez-nous les conditions de
votre engagement politique et les circonstances de votre
faillite professionnelle.
Mahdi Ibrahim Ahmed God : Faire l’historique de mon
engagement politique et des circonstances de ma faillite
professionnelle prendrait beaucoup de temps. Je vais tout
de même essayer de résumer ce vécu d’une part et
ensuite démontrer le drame que tout djiboutien vit, qui
qu’il soit.
Issu d’une famille politisée j’ai
vécu dès mon jeune âge dans ce milieu. A neuf ans j’ai
vécu l’emprisonnement de mon père lors des
évènements de 1967, pour des raisons politiques. J’ai
quitté mon pays un an avant l’indépendance pour faire
mes études secondaires et universitaires en France. Donc,
je faisais partie de cette génération qui rêvait d’apporter
un sang nouveau pour le développement national et la
coexistence pacifique. C’était mal connaître Djibouti
peut-être !
Par conséquent Aimer son pays était
et est pour moi s’engager pour l’Aider à sortir de
cette situation d’otage. Je me suis donc engagé
directement, sans crainte ni remord. Ma faillite
professionnelle n’est donc que la conséquence de mon
activisme politique et mes idées sont partagées par une
majorité de mes compatriotes. Ce qui m’encouragea
davantage et me permit de persévérer. Connaissant donc l’aigreur
et le cynisme du régime que j’avais décidé de
combattre, je devais m’attendre au pire, y compris à
sacrifier femme et enfants. Et c’est ce qui s’est
passé d’ailleurs, puisqu’ils sont rentrés en France
contraints par la mise en faillite d’abord de l’entreprise
familiale héritée de mon père, puis de mon Cabinet
comptable, mon épouse travaillant avec moi à l’époque.
J’ai vécu l’esprit d’un système
abject. Nous vivons sous une dictature que l’on qualifie
dans le jargon actuel de Démocrature. Sa politique
consiste à faire de n’importe qui un politicien pourvu
qu’un représentant (choisi par lui) pour une fraction
tribale, une tribu, une ethnie, etc, fasse partie de son
gouvernement ou de son assemblée si ce n’est des
arcanes du pouvoir. Ceci est vrai pour tout le monde :
Issa, Afar, Issak, Gadabourcy, Arabe, Darod et bien d’autres
comme les Soudanais par exemple. A l’époque du parti
unique, les représentants tribaux étaient de véritables
notables, respectés dans leur communauté d’origine. On
se souvient par exemple comment le regretté Moussa
Bouraleh, dit Irdeh, avait refusé en 1995 la promotion
que Gouled tentait de faire pour son neveu chef de cabinet
: « Mais c’est un incapable! Je préfère aller voir
Guedi, qui sait comment faire fonctionner une
administration. »
Réalité : Une telle descente aux
enfers aurait normalement dissuadé plus d’un de
persévérer dans l’opposition. D’ailleurs, les
reconversions du jour au lendemain ne sont pas rares.
Pourtant, vous êtes là, inébranlable. Est-ce le régime
qui n’a pas tenté de vous racheter et est-ce vous qui
avez résisté ? Auquel cas, à quel prix ?
MIAG :
Je suis là parce que je crois à l’avenir de mon pays
et au rejet de la division fomentée par un système
usurpateur qui ignore que le destin de notre pays n’est
viable que dans la mesure où chaque communauté est
consciente de l’obligation absolue de vivre ensemble. J’ai
été souvent menacé, constamment démarché par des
émissaires me faisant miroiter une brillante carrière.
Je n’ai cédé ni à l’une ni aux autres. L’enrichissement
soudain de certains convertis et les difficultés
imposées aux opposants servent d’exemples dissuasifs
pour recruter au RPP.
Quant au prix payé pour mon opposition
au régime, il est à la hauteur de la paupérisation du
peuple et des travailleurs djiboutiens, qui ne sont
pourtant pas tous opposants.
Réalité : Pour discréditer votre
engagement en faveur de la Démocratie et de l’Unité
nationale comme il le peut, c’est-à-dire par la
calomnie, le régime vous présente souvent comme une
sorte de « coopérant tribal » roulant pour d’autres.
Sous la bassesse de l’accusation se cache pourtant une
question de fond : comment la politique peut-elle s’affranchir
des sollicitations tribales ?
MIAG :
Les fausses représentations communautaires et leur dosage
ethnico-tribal ne peuvent plus lui servir. Sans idées ni
projet de société, ce régime est totalement en panne.
Il aurait été plus intelligent pour lui, qui est capable
de tuer ou d’affamer ses propres communautés, d’oser
tenter une certaine démocratie à la base, permettant
ainsi à chaque communauté de choisir librement et
souverainement ses représentants dans le respect de l’intérêt
général. Il se trouve que le régime en place considère
cette option comme dangereuse, car il perdrait tout
contrôle sur les tribus et les clans. Or, pour moi, si
hier il avait diabolisé la lutte du FRUD et refusé d’admettre
que son relais politique dans la Capitale le FUOD (formé
d’Afar, d’Issa, d’arabe, d’issak et de gadabourcy)
pour lui cette union était « contre-nature ». Il y a
cette vérité qui est une contrainte naturelle et
spatiale : nous tous, sans distinction aucune, nous sommes
contraints de vivre ensemble. Si le régime parle de
coopérant-tribal, il ne parle que de sa conception de la
vie en communauté puisque étant, divisionniste et
dangereux, ses représentants communautaires sont pour lui
des « coopérants tribaux ». D’ailleurs, un dicton
somali dit que « l’éléphant ne voit pas la tique
qu’il porte en lui mais celle de l’autre. » Il ne
peut le comprendre, vu sa nature. La Démocratie repose
sur le choix libre de ses opinions et de ses idées. Mieux
encore, on ne choisit pas sa famille mais ses amis.
Réalité : Comme beaucoup de nos
compatriotes, vous avez de la famille dans les pays
voisins dont vous suivez avec attention l’évolution
politique et sociale. Un tel investissement affectif dans
des enjeux extérieurs ne masquerait-il pas un
désinvestissement par rapport aux urgences
spécifiquement djiboutienne ? En d’autres termes,
comment construire une Unité djiboutienne dans un tel
environnement ?
MIAG :
L’avènement d’une véritable unité nationale passe
par l’acceptation de l’autre, de la différence. Nous
n’avons aucune différence religieuse mais seulement
linguistique et a fortiori culturelle entre les trois
grandes communautés du pays que sont les somalis, les
afars et les arabes. L’absence d’unité nationale est
consécutive à la confiscation de tous les pouvoirs par
Gouled qui travaillait depuis 1977 pour son neveu. Pour ce
régime tout se résume à la mystification à travers ses
médias. Djibouti-ville ne fut dans son passé qu’un
point de chute du colonialisme, après la ville d’Obock.
Personne, je dis bien personne ne peut revendiquer une
Capitale que l’on fait passer aujourd’hui comme un
pays tout court. Inadmissible est donc cette Cité/État
opposée à tout développement des régions de l’Intérieur
et des quartiers de la Capitale. Cette gestion
catastrophique ciblée en tribu et sous-tribu, en clan et
sous clan doit cesser. Issas, Afars, Gadabourcy, Issacs,
Arabes, Soudanais, Arméniens, Français, et métisses de
tout genre sommes venus ici pour travailler. Nomades ou
semi-nomades, pêcheurs ou chasseurs, nous sommes tous ici
pour vivre ensemble et en paix
Le petit groupe qui dirige le pays
méprise le peuple parce qu’il le croit docile, abruti
par le khat et terrorisé par les hommes en armes : « Dad
Ma’aha. On peut en faire ce que l’on veut ». Ce
qu’il croit être de la docilité est en fait de la
sagesse. Près de trente ans après l’Indépendance,
débarrassé du carcan du parti unique et libéré des
démons de la guerre civile, notre Peuple est aujourd’hui
parfaitement mûr. Conscient que la violation de l’accord
de paix du 12 mai 2001 conduit le pays à l’explosion,
que la survie de Djibouti en tant qu’État dépend de
son application intégrale et immédiate, sans devenir une
promesse électorale vouée à être trahie. Et, à l’instar
des autres peuples, le nôtre fera incessamment sous peu
la démonstration éclatante de sa maturité.
Réalité : Pour la première fois
dans l’Histoire du pays, l’opposition dans son
ensemble a décidé de boycotter une élection
présidentielle. Cette unanimité serait donc, selon votre
analyse, une évolution positive dans le sens d’une
action politique entendue comme défense des intérêts
généraux au détriment des égoïsmes communautaires ?
MIAG :
En vérité le boycott a existé à Djibouti en 1992, 1993
et en 1997, contre l’imposture et la division du
régime. Seulement ces boycotts n’étaient pas suivis
par l’ensemble de l’opposition. A l’élection d’avril
1999, toute l’opposition était réunie dernière son
candidat unique, qui est pour moi un ami et un père, M.
Moussa Ahmed Idriss, face à l’actuel candidat unique.
On connaît la suite : après sa spoliation son
emprisonnement, sans parler des victimes tombées ou
blessées dans la résidence de ce vaillant combattant de
l’indépendance de notre pays, un père de la Nation
comme Dini.
Ce qui est inédit en 2005 et un motif
d’espoir pour le Peuple, c’est tout d’abord cette
unité de l’opposition pour un boycott actif qui a rendu
le candidat unique, plus solitaire que jamais. En
Démocratie il ne peut y avoir un candidat unique comme
lors du parti unique. Boycott actif qui est le seul moyen
de lui démontrer l’échec de cette politique néfaste.
Cette candidature unique ne reflète que son mépris des
textes et du Peuple. Les Djiboutiens doivent ensemble
mettre fin à cette dictature vieille de 28 ans. L’usurpation,
ça suffit !
L’UAD représente l’incarnation de
l’intérêt général et la seule alternative à l’UMPisme
qui menace la paix sociale et l’unité nationale.
Réalité : Dans un pays où 80% de
la population ne sait ni lire ni écrire, le codirecteur
de « Réalité » que vous êtes n’est-il pas frustré
quelque part ?
MIAG :
Loin d’être frustré, j’ai le sentiment du devoir
accompli. « Réalité » n’est pas ma première
expérience journalistique. Dès octobre 1992, j’ai
participé au lancement d’Al Wahda, organe du
FUOD. Puis à celui de l’Indépendant et du Temps.
Au total, malgré la terrible évidence de l’illettrisme,
que vous avez raison de souligner, après trois années de
Réalité, je ressens de la fierté. Malgré la
concurrence déloyale d’une presse gouvernementale
fonctionnant sur deniers publics, notre journal a joué un
rôle important dans la conscientisation et la maturation
de notre Peuple.
Cela dit, il est clair que notre
discours aurait gagné en intensité si nous disposions d’une
radio libre. Puisque nous sommes une société où l’impact
de l’oral est capital. Malheureusement, le régime nous
interdit de facto une telle opportunité. C’est grave
lorsque l’on sait, par exemple, que dans un pays aussi
pauvre que Haïti, il y a 200 radios libres.
Réalité : Par définition, la
Jeunesse est l’avenir du pays. A la lumière de votre
propre expérience, quels conseils lui donneriez-vous afin
qu’elle tienne dans notre Nation la place qui doit être
la sienne ?
MIAG :
L’arbitraire doit cesser. L’actuel candidat n’est
pas un candide de la politique. En vérité, cela fait
plus de dix ans qu’il préside aux destinées de ce
pays, soit par procuration soit directement. Il reste l’homme
de l’arbitraire, le chef d’orchestre de la division,
du sabotage de l’unité nationale, du renforcement de la
parcellisation sociale de la communauté nationale, de la
stratification tribalo-clanique de la société
djiboutienne et enfin de la dramatique paupérisation du
peuple. Peuple qui vit aujourd’hui dans la détresse et
la dépossession absolues. Et l’avenir de nos enfants
est gravement menacé. Pour lutter contre cet arbitraire,
il n’y a qu’une seule voie : celle qui consiste à
dépasser le faux clivage nourri depuis des années par ce
régime affameur.
C’est pour cela que notre jeunesse
doit impérativement se lever, dans un élan unitaire à
travers tout le pays, pour dire Non à l’arbitraire,
refuser la mascarade et s’exprimer autrement en
participant massivement, sans crainte aucune et
pacifiquement, à la construction d’une vraie
République Démocratique, Libre et Unie.
Le 8 Avril 2005 ne laisse qu’un seul
choix responsable:
Imposer par le boycott actif l’Alternance
pour l’Avènement d’une réelle Démocratie dans l’Unité
et la Solidarité et mettre en œuvre une vraie politique
au service du développement équitable de toutes les
régions et de toutes les composantes de notre pays.
............
Propos recueillis par La Rédaction de Réalité
Une
catastrophe nommée candidat solitaire
Une contribution de M. Mohamed Daoud
Chehem, Président du PDD,
aux Nouvelles d’Addis
M. Mohamed Daoud Chehem, a
publié le 27 mars dernier un communiqué dans lequel il
précise sa position face à l’actuelle impasse
politique. Tout en exprimant sa solidarité aux partis de
l’UAD engagés dans une action pacifique contre l’imposture.
Sa contribution ci-dessous reproduite, parue dans Les
Nouvelles d’Addis, est une implacable démystification
du bilan de ce mandat présidentiel, pompeusement mis en
scène dans un livre vert solitaire. Le journal du RPP en
sera certainement gêné aux entournures, lui qui
prétendait que, par sa séparation, le PDD aurait
affaibli l’UAD. Preuve qu’il n’en est rien : ce
document à lire et à méditer.
Le vrai bilan du mandat de M. Ismaël
Omar Guelleh (IOG)
et les fausses perspectives de son
éventuel second mandat
Par Mohamed Daoud Chehem,
Président du Parti djiboutien pour le
développement (PDD)
(Exclusif)
Djibouti, 24 mars 2005.
Au moment où IOG présente son faux
bilan de son mandat sous forme d’un livre vert,
décrivons le vrai bilan dont le peuple djiboutien est
témoin.
En réalité, c’est à partir de 1996
que l’actuel Président a commencé à avoir le
contrôle sur tous les ministères, par décret
présidentiel signé par l’ancien Président Hassan
Gouled en sa faveur, au détriment de son directeur de
cabinet, M. Ismaël Guedi Hared. Dès cette année-là, il
a supprimé la police nationale qui portait ombrage à sa
police politique, pour la fusionner à la force nationale
de sécurité qui se trouvait sous son contrôle par
personne interposée. C’est aussi le début de la
paupérisation de la population du fait de la réduction
importante des salaires, des retraites et de la
résiliation des baux de plus de 400 logements de
particuliers qui n’avaient que les loyers comme seul
revenu. Ces logements n’ont jamais été remis en état
par l’administration, passant outre les obligations des
contrats qui la liaient aux propriétaires dont certains n’ont
pas pu les relouer à cause de leur mauvais état.
Élu Président de la République en
1999, M. IOG n’a fait que continuer sur sa lancée de
1996 à savoir :
– Destruction de tous les services ou
établissements publics qui fonctionnaient normalement. C’est
ainsi qu’il a fermé l’Office national d’Approvisionnement
et de Commercialisation qui jouait bien son rôle de
régulateur du marché des denrées alimentaires avant et
après l’indépendance. A suivi la fermeture de l’établissement
public des hydrocarbures sans justifications.
– Maintien dans la misère la
population malgré l’accroissement des ressources
financières dû, non pas à sa bonne gestion, mais lié
à des facteurs extérieurs qui ont permis la présence
des armées étrangères sur notre territoire en plus de
celle de la France qui a presque doublé son aide
financière. Cet accroissement est de l’ordre de 11,3
milliards FD d’après le budget national qui est passé
de 35,2 milliards FD (153,04 millions d’euros) en 1999
à 46,5 milliards FD (202,17 millions d’euros) en 2005.
Sur les 11,3 milliards, les recettes du port et de l’aéroport
ne sont pas incluses.
Malgré cette manne financière, la
situation dans le pays n’a pas cessé de se dégrader
dans tous les domaines :
– Santé : le seul grand hôpital du
pays est devenu un mouroir. Tout en sachant son état
réel, lors de l’émission Gros plan du 11-03-05, M. IOG
s’est permis de dire que la santé va bien, vraiment il
n’a aucun respect pour le peuple. Suppression de l’alimentation
des malades depuis son arrivée au pouvoir, c’est
incroyable mais vrai.
– Éducation : les enseignants sont
découragés à la base, dès leur formation à l’école
normale. C’est ainsi que les salaires des normaliens
sont passés de 80.000 FD [350 euros] à 15.000 FD [65
euros] qui ne couvrent même pas leurs frais de transport.
Quel résultat à attendre d’un enseignant démoralisé
délibérément par le pouvoir ? Aussi la politique de
répression contre les enseignants revendiquant leurs
droits a fait fuir à l’étranger nos cadres de grande
valeur.
– Voirie : entre janvier 2003 [3400B]
et mars 2005 [3620B], l’État a acheté plus de 200
véhicules immatriculés en série B pour une valeur de
plus d’un milliard FD [4.350.000 euros]. Parmi ces 200
véhicules, il n’y a aucun véhicule utilitaire tel que
bennes de ramassage des ordures ni ambulances qui font
grand défaut dans les districts de l’intérieur. Les
rues de la capitale sont bondées d’ordures par manque
des camions. Cela nous montre que l’État a
démissionné de ses obligations.
Contrairement à ce qu’il avance dans
son livre, les arriérés de salaires et les créances des
fournisseurs ne sont pas réglés à ce jour.
Aujourd’hui, IOG ne peut tromper le
peuple djboutien qui est témoin de cette dégradation
puisqu’il la vit quotidiennement. Enfin, le constat que
l’on peut faire de sa gestion des deniers publics est le
suivant : plus l’argent rentre, plus la pauvreté
augmente sous ce régime.
Toutefois, seul projet que l’on peut
mettre à son actif, c’est l’usine d’eau minérale d’Ali-Sabieh.
REVENONS AU FONCTIONNEMENT DE L’ÉTAT
Dès qu’il a été élu en 1999, IOG
a continué à détruire :
– les institutions républicaines
telles que la police, l’armée et la gendarmerie qui
était un corps respecté par toute la population, pour
créer sa propre garde républicaine qui a juré sur le
livre du Coran de défendre sa personne et non les
institutions du pays.
– l’administration est actuellement
inexistante, il n’y a plus d’écrit, tout est devenu
verbal.
– le service public est aussi
inexistant, chacun s’appropriant le domaine dont il est
chef.
– la justice est réduite au silence et sous ses ordres.
– le Trésor public est dépoullé de ses fonctions
initiales.
– les biens immobiliers de l’État abandonnés tombent
en ruine par manque d’entretien.
– la Constitution du pays est mise au
placard. Toutes les lois sont bafouées. IOG les fait
adopter tout juste pour se donner une image à l’extérieur.
Par la suite, il n’en respecte aucune.
– la démocratie et les droits de l’Homme,
il ne les connaît pas. Pour lui, ce sont les affaires des
pays occidentaux, il fait ce bon lui semble de son peuple.
– les médias sont publics, sur les
textes, mais ils restent uniquement au service du parti au
pouvoir et de son chef. Ils ne diffusent que les
propagandes mensongères du gouvernement. Parfois ils se
font les champions des insultes envers l’opposition ou
de tout personne critiquant le régime.
– le pouvoir législatif est réduit
au rôle d’une chambre d’enregistrement.
– de plus la corruption est
généralisée et l’impunité a atteint tous les
niveaux.
FAUSSES PERSPECTIVES DE SON EVENTUEL
SECOND MANDAT
Personne ne peut attendre de ce régime
un avenir meilleur pour les raisons suivantes :
1. – Monsieur Ismaël Omar Guelleh
veut se maintenir au pouvoir par la force. Or, tout le
monde est conscient, sauf lui peut-être, qu’un régime
se basant sur la force contre la volonté populaire a
toujours eu une fin tragique et le sien ne fera pas
exception et il connaîtra le même sort. Ce genre de
régime peut même conduire à la destruction du pays.
2. – Sur le plan social, la loi
n°155/AN/02/4L du 31-01-2003, relative à la réduction
des pensions de retraite va entrer en vigueur à partir du
01-01-2007. Tous les fonctionnaires, employés,
militaires, policiers et gendarmes verront leurs pensions
diminuer de moitié. Cela sera la création de nouveaux
pauvres qui vont s’ajouter à ceux qui existent aujourd’hui.
M. IOG ne sait qu’appauvrir la population dans l’espoir
de rester le plus longtemps possible au pouvoir. Déjà,
tous les retraités sont victimes de l’arbitraire du
pouvoir qui calculent leurs pensions sur l’indice de
1991 qui leur fait perdre ainsi de 500 à 700 points de
leurs échelons. En procédant encore à la diminution des
pensions, il montre qu’il n’est pas du tout soucieux
des autres sauf de ses propres intérêts.
3. – Depuis l’année 2000, la
gestion du port de Djibouti est confiée au port du
Dubaï. Le contrat entre les deux pays est gardé top
secret par le signataire. Dans son livre de faux bilan,
IOG reconnaît lui-même que le port est bénéficiaire,
mais personne ne sait où vont ses recettes puisque aucun
sou n’est versé au Trésor public. L’extension du
port de Djibouti est, certes, nécessaire et même
obligatoire pour accroître sa capacité étroitement
liée au développement de l’Éthiopie avec laquelle
nous devons renforcer le partenariat dans tous les
domaines. Mais malheureusement, le port de Doraleh n’appartient
pas à l’État djiboutien. Il est la propriété d’un
État tiers qui prendrait aussi, dans quelques mois, notre
douane en main. Cela signifie que nous mettons nos
ressources financières entre les mains d’un État
tiers. Alors que deviendra notre souveraineté nationale
et notre État aussi ? Dans ce cas, il est permis de
penser que la République de Djibouti deviendrait le
10ème Émirat qui emploierait des travailleurs étrangers
sous-payés au détriment des Djiboutiens qui grossiraient
le flot des pauvres qui n’a cessé d’augmenter durant
le mandat de IOG.
Pour garder notre souveraineté
nationale qui risque de nous échapper, l’État
djiboutien doit construire ce port lui-même en ouvrant
son capital aux investisseurs nationaux et étrangers tout
en donnant priorité à ceux qui ont des intérêts dans
notre pays. Nous entendons souvent dire que Djibouti n’a
pas les moyens suffisants. C’est un faux prétexte car l’obtention
de financements est toujours liée à la crédibilité d’un
gouvernement, c’est ce qui fait défaut aujourd’hui à
ce pouvoir. Egalement, nous devons former nos jeunes dans
le cadre de l’exploitation du futur port et montrer que
nous sommes capables de conduire notre pays vers un avenir
meilleur pour notre peuple sans le mettre entre les mains
d’un État tiers sous prétexte qu’il sait mieux
gérer que nous. Nous disons à Monsieur Ismaël Omar
Guelleh que les Djiboutiens ne sont pas des mineurs
incapables. Il suffit de savoir les diriger.
Nous pourrions donner encore d’autres
raisons montrant que les perspectives, projetées par le
candidat sortant pour son éventuel second mandat, ne
conduisent qu’à un avenir incertain.
Au vu de son bilan négatif sur tous
les plans, malgré les ressources financières
suffisantes, IOG a mis au grand jour son mépris pour le
peuple djiboutien, son incompétence à gérer les
affaires de l’État.
Le journaliste au mensuel Nouvel
Afrique-Asie, M. Sy Savané Mamadou Saliou avait publié
dans le numéro de mai 1999, un article intitulé "La
déraison au pouvoir" et qui se terminait par la
question suivante : « Est-ce que l’ancien policier
saura devenir chef de l’État ». Aujourd’hui, nous
pouvons répondre à cette question sans hésitation.
Monsieur Ismaël Omar Guelleh a raté sa transformation du
policier à un homme d’État. Donc, le peuple
djiboutien, n’ayant rien à attendre de lui, doit lui
refuser un nouveau mandat.
MDC
Laa
Ilaahah Illallah Ces quelques lignes, démystifiant l’imposture
officielle, doivent surtout se lire comme un mot d’ordre d’incitation du
démocrate djiboutien à la résistance et au combat politique pacifique, pour
la conquête de la Liberté. Seules la détermination et la persévérance sont
payantes. Nasroun min Allah wa fathoun Qariib.
Jamais l’embrigadement de la société
civile n’a atteint à Djibouti le niveau qui est aujourd’hui
le sien. Ni du temps du parti unique, ni durant la guerre
civile. Depuis l’accession au pouvoir de l’actuel candidat
solitaire, la politique a perdu son caractère tragique qui
faisait et fait ailleurs son sérieux et sa noblesse. Un
sextennat durant, elle a délibérément été réduite à sa
simple expression théâtrale. Les comédiens officiels y
jouent des rôles savamment distribués et grassement
rétribués. Pas d’improvisation et toute fausse note y est
impitoyablement sanctionnée par le chef de la troupe. Ses
rôles préférés sont ceux du sorcier et du soldat : ils
sont les plus proches des rapprochés de la cour.
Deux comédiens jouent le rôle de sorcier,
l’un au grand jour, l’autre en coulisses. Celui qui se
donne en spectacle est interprété par les médias publics.
Illusionniste, il est officiellement chargé de jet de la
poudre aux yeux du peuple par une mise en scène destinée à
lui faire croire qu’il le sert. Ainsi, récemment interrogé
par un illusionniste (Gros Plan) sur l’impact de sa
politique sur l’opinion publique, le candidat solitaire lui
retourne la question :
« Mais ça, vous le savez mieux que
moi. N’êtes-vous pas les faiseurs d’opinion ? ».
Coquin, il sait qu’en le rabâchant sans pudeur ni
contradiction à la télé, à la radio et dans la presse
écrite, ces sorciers des temps modernes peuvent faire d’un
gros mensonge une vérité partagée. Ainsi le font-ils passer
pour tout ce qu’il n’est pas : l’homme de la paix, de la
bonne gouvernance…
Parce que d’autres parvenus avant lui y
ont souvent eu recours, nous n’excluons pas le bien fondé d’une
rumeur persistante, à savoir son recours en coulisses au
sorcier tout court : faal, oracles et autres charlatanismes
chargés de le prémunir contre l’adversité.
Tout rappel étant utile (peut-être se
repentira-t-il pendant qu’il en est encore temps ?),
rappelons-lui ce qu’a dit l’Unique en chargeant le
prophète Moussa d’une mission chez Pharaon : « LAA
YOUFLIHOU SAAHIROU HAYSOU ATAA ».
Bien que salutaire et pacifique, toute voix
dissonante (la nôtre) toute contradiction n’a évidemment
pas droit à la scène, à l’audimat. Dont acte !
Quant au soldat, son rôle est lui aussi
joué par deux acteurs. Celui essentiel et vital pour le
parvenu est interprété par un comédien obligé de juger en
public sa fidélité à lui. Si l’on y ajoute le SDS, au
budget duquel émargent des milliers de femmes, c’est le
comédien le plus choyé. Il doit espionner, tenir à distance
et le cas échéant réprimer sans état d’âme toute
contestation populaire. Exhibé à chaque occasion, c’est un
talisman censé conférer au grand parvenu une sorte d’invulnérabilité.
Miskiin !
Présenté comme garant de l’ordre
républicain, le rôle de l’autre soldat est à ses yeux
second. Négligé, humilié, il se cherche encore à Djibouti.
Partout ailleurs et récemment, il a retrouvé sa voie à
défaut de voix. Nous sommes convaincus que les FAD, la Police
et la Gendarmerie joueront, à Djibouti aussi, leur vrai rôle
à elles imparti par la Constitution : garantes de l’ordre
républicain, par la neutralité.
S’enflant d’orgueil, il recrute,
gratifie, menace, divise et sanctionne à tours de bras.
Tirant parti de la misère : morale des uns, tout court des
autres. Et il proclame : « C’est Moi ! J’ai le soutien
des femmes, des jeunes, des barbus, des imberbes, des
enturbannés. C’est Moi ! ». A d’autres, Pharaon !
En effet, même si leur sort est identique,
plus qu’à Icare, c’est à Pharaon qu’il fait
immanquablement penser. Son comportement outrancier est une
sommation. Il cristallise ce faisant ce qu’il y a de plus
enfoui en chacun d’entre nous : l’ange ou le démon, c’est
selon. Poussant un grand nombre à l’exil, éliminant
certains, enrichissant les siens, paupérisant les autres et
contraignant la majorité à la résignation… ou au sursaut
!
Par la voix du comédien chargé de l’Intérieur,
il vient d’interdire ce qui est légal, légitime : l’expression
pacifique d’opinions autres par une opposition légale.
Lequel, s’exprimant lors d’un meeting au Héron samedi 26
mars, déclare : « Nous connaissons les agitateurs. Il s’agit
de quatre anciens ministres indépendantistes et de quatre
universitaires. Ne les écoutez pas ! » Où était-il quand
eux tous militaient pour l’Indépendance ? Et il ose nous
interdire de nous exprimer et nous accuser de rage.
Trouve-t-il normal, lui le prétendu démocrate, qu’un seul
candidat soliloque ?
Dos au mur, défié, la balle est dans le
camp du démocrate, du Mazloum, du lésé de ses droits, c’est-à-dire
de l’écrasante majorité des Djiboutiens.
S’il ne reste qu’une poignée à
relever le défi et inciter le démocrate djiboutien au combat
politique pacifique, nous serons celle-là. Et advienne que
Mektoub !
KAAM MIN FIATIN QALIILATIN RALABAT FIATIN
KATHIIRATIN BI IZNILLAH.
* * *
|
|
|
|