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Éditorial
UN PEU DE PUDEUR ET DE MODESTIE
Par définition, la démesure n’a pas de
limite, spécialement lorsqu’il s’agit d’un média
gouvernemental agissant aux ordres d’un régime comme le
nôtre, s’estimant n’avoir aucun compte à rendre aux
contribuables et subordonnant sa production non pas aux
exigences du marché des lecteurs, mais uniquement aux
impératifs de la propagande, par définition démagogique.
Ainsi apprend-on, effaré, dans l’édition du lundi 17
février 2003 de « La Nation » que la position
française consistant à privilégier l’option d’un
désarmement pacifique de l’Irak « est assez proche de
la position djiboutienne » et que l’appel lancé par
notre Chef de l’État lors de l’Aïd en faveur d’un
règlement négocié « semble avoir été entendu » par
le Conseil de Sécurité de l’ONU. Un tel encensement du
Chef de l’État donnerait à sourire en d’autres
circonstances car il y a eu plus ridicule : l’on se
souvient qu’au sortir de l’incomplète Conférence d’Arta
prétendant réconcilier une partie des forces belligérantes
à Mogadiscio, dont une faction islamiste soupçonnée ou
accusée d’accointance avec Al Qaïda, certains admirateurs
indigènes n’hésitaient pas considérer qui de droit comme
le futur prix Nobel de la Paix ! La démesure aujourd’hui
revêt deux aspects.
D’une part, il est extrêmement
prétentieux de considérer qu’une quelconque position de la
France, dont chacun connaît le poids et la cohérence sur
l’échiquier international, puisse avoir un point de vue se
rapprochant de celui de notre minuscule pays : ce serait
plutôt l’inverse. Pour tout dire, et spécialement depuis
quelques années, notre pays n’a absolument aucune
politique extérieure, tout juste se contente-t-il de faire
fructifier, d’un seul point de vue financier, les drames
et conflits dans lesquels Djibouti se trouve impliqué, de
par sa situation géographique : sécheresse en Éthiopie,
guerre entre voisins, mise à l’index d’un tiers, etc.
Comme l’atteste le regain d’activité du port, nous ne
devons principalement notre « essor » économique qu’au
malheur d’autrui. Il est donc bien évident que seuls des
esprits limités peuvent un instant croire que Djibouti et
son Président puissent avoir une quelconque incidence sur
le cours dramatique des événements en train de se dessiner
dans le Golfe Persique.
Mais il y a plus grave que cela,
concernant directement la vie quotidienne de nos
concitoyens : à qui veut-on faire croire qu’un pays dont
la politique intérieure est si chaotique, pour ne pas dire
irresponsable, puisse avoir une quelconque politique
extérieure ? Comment un régime sous lequel les droits de
l’Homme sont si peu respectés, où les règles démocratiques
sont à ce point bafouées, ose-t-il se positionner sur
l’échiquier international et plaider en faveur d’autres
peuples dont la cause est certainement digne d’être
défendue ?
Cette prétention diplomatique n’est en
fait qu’une vaine fuite en avant : beaucoup de dictateurs,
pas loin de nous, ont désespérément tenté d’occulter les
problèmes inhérents à leur gestion calamiteuse des
affaires intérieures en usurpant, à un usage
essentiellement interne, un rôle extérieur sans commune
mesure avec leurs capacités ou leurs compétences ?
Lorsque qu’il viole si impudemment un
accord de paix comme celui du 12 mai 2001, bafoue si
quotidiennement les droits primordiaux de ses concitoyens,
interdit si massivement à ses électeurs de choisir
librement leurs représentants en refusant de leur délivrer
les cartes d’électeur, falsifie si violemment le verdict
des urnes, le régime djiboutien est très certainement le
moins bien placé au monde pour prétendre à un quelconque
rôle modérateur dans les relations internationales.
Mais, comme chacun le sait, la presse
gouvernementale qui, il y a à peine quelques semaines,
demandait encore à la France de pratiquement quitter
Djibouti, tout en se demandant ce que pourrait rapporter
au régime la présence des soldats américains, n’a
absolument aucun compte à rendre à qui que ce soit. Ni au
Peuple djiboutien désireux d’être informé du cours des
événements, ni à la communauté internationale dont le
régime n’attend que mansuétude pour ses pratiques
antidémocratiques et son gaspillage des aides extérieures.
Réprouvant pour sa part toute attaque
injustifiée contre l’Irak, sans pour autant sous-estimer
la nécessité de la lutte antiterroriste, l’UAD attend par
contre que le Conseil Constitutionnel statue sur son
recours en annulation des législatives du 10 janvier
dernier pour cause d’illégalité flagrante et de fraudes
massives. Il ne reste qu’un mois !
Désigné d’office, à condition
...
De l’humaine condition d’avocat
Il n’est pas facile d’être avocat à Djibouti. Il est
encore plus difficile d’être un justiciable défendu par
les avocats. L’UAD l’a appris à ses dépens lors de sa
tentative d’annulation du décret instituant la CENI. La
correspondance du Bâtonnier, reproduite ci-dessous, mérite
d’être commentée.

DJIBOUTI, le 23 octobre 2002
Monsieur le Président de
l’Alliance Républicaine pour le
Développement
Monsieur le Président,
Je fais suite à votre courrier du 15
octobre 2002 dans lequel vous sollicitez la désignation
d’un Conseil pour exercer au nom de votre parti un recours
en annulation contre le Décret instituant la Commission
Electorale Nationale Indépendante.
Pour justifier votre demande, vous
m’indiquez que vous avez consulté la plupart des Avocats
qui ont « manifesté une certaine réticence » pour
prendre en charge votre dossier en vue de procéder au
recours en annulation du Décret dont il s’agit.
Il est vrai que vous avez consulté
certains avocats mais pas la plupart d’entre eux.
Il y a d’abord trois avocats qui, d’un
point de vue juridique et statutaire, ne peuvent
spontanément se constituer pour votre parti. Il s’agit de
Maître ALI DINI qui est Député et membre du FRUD, un parti
dont vous étiez issu et qui a une alliance politique avec
le parti R.P.P.
Quant aux deux autres Avocats, en
l’occurrence Maître AIDID et Maître FOULIE, ils sont
membres du Conseil Constitutionnel et, de par leur
fonction au sein de cette noble institution, ils ne
peuvent non plus se constituer pour votre parti.
En tant que Juges Constitutionnels, ils
seront appelés à statuer sur les éventuels recours
contentieux relatifs aux élections.
D’autres Avocats sont absents du
territoire tels que Maître AREF que vous n’avez pas
consulté puisqu’il n’est pas à Djibouti et Maître HASNA
que vous avez vue avant son départ en Europe.
Il reste que pour les autres, notamment
Maître OMAR et Maître Jean MONTAGNE, ils sont libres
d’accepter ou de refuser de prendre en charge votre
dossier .
Je ne pense donc pas que l’on soit
devant une situation de refus injustifié qui requiert
l’intervention du Bâtonnier d’autant qu’il y a d’autres
Avocats qui sont prêts à vous défendre.
Il y a d’abord, Maître FATOUMA MAHAMOUD
que vous n’avez pas consultée et qui est disposée à vous
défendre.
Ensuite, vous avez le Bâtonnier que je
suis, qui est également disposé à prendre en charge votre
dossier, mais pour cause de suspicion, vous avez considéré
lors de notre discussion téléphonique que j’étais « un
interlocuteur privilégié du gouvernement » .
Je tiens, à cet égard, à vous rappeler
que l’Avocat que je suis, a défendu le FRUD et certains
grands responsables de l’opposition et plus récemment
encore, j’ai accepté de défendre le Général YACIN YABEH
décédé des suites de sa maladie. Je ne crois pas en tous
ces instants, avoir subi la moindre pression ou menace de
qui que ce soit. Je suis comme tous les Avocats, un homme
libre, Monsieur AHMED DINI, et j’ai toujours assumé mes
responsabilités.
Enfin, il y a Maître MARTINET qui vous
aurait dit, selon vos propres propos, qu’il est le Conseil
Juridique du Président de la République et qu’il ne peut
se constituer pour votre parti sauf si le Bâtonnier le
désignait d’Office.
Sur ce dernier point et en tant que
Bâtonnier, je ne vois aucun inconvénient à vous désigner
d’office Maître MARTINET mais ce dernier, confirmant votre
propos, doit m’écrire et dans ce cas, je le désignerai.
Sous le bénéfice de ces observations,
je vous invite donc à consulter Me FATOUMA MAHAMOUD qui
est prête à vous défendre et au besoin, Me MARTINET dans
les conditions que je viens de vous indiquer .
Croyez, Monsieur le Président, en
l’hommage de mon profond respect.

**
QUELQUES EXPLICATIONS
Parmi ses clauses essentielles,
l’Accord du 12 mai 2001 prévoyait la mise en place d’une
Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI).
Ignorant le partenariat que stipulait le même Accord, le
gouvernement a unilatéralement créé par décret une version
tronquée de ladite CENI. Ayant décidé d’attaquer ce décret
en annulation devant le Tribunal du Contentieux
administratif, nous avons par conséquent sollicité les
avocats du Barreau de Djibouti pour assurer la défense de
notre dossier.
Le premier avocat consulté nous a
répondu : « Je ne défends pas votre dossier puisqu’il
n’y a pas de Tribunal du Contentieux devant lequel plaider
une affaire. Il ne siège jamais ! »
Le second avocat : « Votre dossier
est une affaire politique, c’est donc très sensible. De
plus, en tant que Consul honoraire d’un État européen, je
suis tenu à un certain devoir de réserve. Je ne prends pas
votre affaire. »
Le troisième avocat réagit ainsi : « En
tant que Conseil du Président de la République lui-même,
je ne peux me constituer contre un décret qu’il a signé,
sauf si je suis désigné d’office par le Bâtonnier. Mais je
vous suggère d’aller voir X. »
Le dernier avocat : « Dossier
politique, je ne prends pas. D’autant plus que le Tribunal
du Contentieux ne siège jamais ! »
C’est à ce stade de nos démarches que
nous avons saisi le Bâtonnier qui nous a répondu par
courrier reproduit ici.
C’est enfin Maître Fatouma Mahamoud qui
sauve ce qui reste de l’honneur du Barreau de Djibouti,
accepte de défendre notre dossier et introduit une requête
en ce sens. Cela a coûté beaucoup de temps à l’avocate, et
à nous beaucoup d’argent mais, comme à son habitude depuis
six ans, le Tribunal du Contentieux administratif est
demeuré totalement absent.
Le Tribunal du Contentieux
administratif de Djibouti n’ayant jamais siégé pour
examiner une plainte et rendre un jugement depuis six ans,
prive les justiciables de toute voie de recours légale
contre les actes des pouvoirs publics. Il s’agit là d’un
déni de justice que les défenseurs laissent s’installer
par leur manque de combativité, et les victimes subissent,
faute d’alternative. Pour notre part, nous allons
prochainement soumettre à une juridiction internationale
ce cas de non-justice. S’il fallait expliquer cette forme
d’autocensure à laquelle s’astreignent les avocats de la
place, trois facteurs viennent à l’esprit.
D’une part, facteur culturel, la
profession d’avocat, détentrice d’une forme spécifique de
savoir et promotrice d’un modèle exogène de règlement des
conflits, cette profession est soumise à la rude
concurrence des modes traditionnels de justice (Charia et
droit coutumier) qui captent une part essentielle du
marché judiciaire, spécialement en ce qui concerne divorce
ou droits de succession, faisant ailleurs le bonheur des
cabinets.
D’autre part, facteur économique,
l’État est, du fait de l’exiguïté du marché djiboutien, le
principal client des cabinets. C’est pour cette raison
que, lorsqu’un avocat considère une affaire comme étant
« politique », il faut comprendre qu’elle déplaira au
régime, ce qui est susceptible de réduire de façon
drastique les parts du marché public auquel il est
possible de prétendre.
Enfin, facteur déterminant, politique
justement, la forme même du régime, qui conjugue
apparences démocratiques et pratiques antidémocratiques,
comme l’atteste par exemple le blocage du Tribunal du
Contentieux administratif, interdit à cette profession de
pleinement s’exercer.
Face à une magistrature sous contrôle,
dont le Statut viole le principe constitutionnel de
l’inamovibilité de magistrats du siège, à laquelle il
arrive de ne pas appliquer les décisions du Conseil
Constitutionnel, la profession des avocats préfère, par
facilité comme par conformisme prudent, laisser jouer
l’inertie des institutions : s’adapter revient souvent
plus cher que tenter de réformer.
En définitive, cette attitude démontre
à quel point la Démocratie reste encore à inventer ici.
C’est notre mission et c’est pour cette raison que les
citoyennes et les citoyens veulent le changement
qu’incarne l’Union pour l’Alternance Démocratique. ¢
Précisions de la LDDH
Suite à nos commentaires de la semaine
dernière, le Président de la LDDH nous a fait parvenir le
texte suivant, que nous publions ci-dessous, et
commentons, toujours sans vouloir polémiquer.

PRECISIONS SUR DEUX POINTS DES
COMMENTAIRES DE « RÉALITÉ »
SUR LE DROIT DE RÉPONSE DE LA LDDH PARU
DANS « RÉALITÉ » DU 12 FEVRIER 2003
Monsieur le Directeur de Publication,
Monsieur le Directeur sans être polémique, je vous prie
de bien vouloir publier ces deux précisions qui suivent :
I) Sur la Vice-Présidence de la Commission des
Opérations Electorales.
Dans vos commentaires il est écrit: «
Renseignements pris, M. NOEL ABDI Jean-Paul était
VicePrésident de la sous-commission des opérations
électorales et membre de la commission de communication.
»
Il est vrai que j’étais membre de deux
commissions à savoir la sous-commission des opérations
électorales et celle de la communication. Je peux vous
renseigner aussi, que je me suis imposé pour être membre
du Comité restreint chargé de la rédaction du Rapport
Final, tout comme je m’étais proposé comme membre du
Comité de rédaction du Règlement Intérieur.
Toutefois, je n’ai jamais assuré ni un
poste de Vice-Président ni celui de Rapporteur.
Dans le cas des cinq Sous-Commissions,
je suppose que vous n’avez pas eu connaissance du
Règlement intérieur instaurant ces cinq Sous-Commissions,
car vous auriez immédiatement constaté que vos
renseignements sur moi sont totalement erronés.
En effet, l’article 12 du Règlement
Intérieur stipule: « Il est créé au sein de la CENI
Cinq Sous- Commissions de travail dirigées chacune par un
Président assisté d’un Rapporteur ». Comme vous pouvez
le constater, je ne peux pas être Vice-président alors que
le Règlement Intérieur ne le prévoit pas. C’est encore une
contre-vérité.
Moralité : Il est facile de démolir un
homme, mais de grâce, ayez le courage intellectuel, la
délicatesse et la finesse d’une certaine éducation, qui
consiste à vérifier ses propres renseignements pour éviter
des erreurs fatales. « Qof tuhum laguma diilo »
II) Sur le fait d’être dirigeant d’une Organisation des
Défenseurs des Droits de l’Homme et dirigeant d’un Parti
Politique.
Il est vrai que M.NOEL ABDI J.P. est
Président de la LDDH mais il est complètement faux de dire
qu’il est dirigeant d’un Parti Politique. Je l’avais déjà
dit, que je suis un membre fondateur du PSD, et signataire
de la lettre de caution morale pour ARD et le MRD mais je
ne suis pas un dirigeant du PSD. Vous pouvez vous
renseigner auprès du ministère de l’Intérieur, gardien des
Statuts des Partis Politiques pour confirmer ou infirmer
mes dires.
III) Amicalement pour terminer et clore
avec vous nos différents échanges.
Votre titre: « Un homme peut-il être
deux » parait un peu radin. Pour un homme qui «
dénonçait courageusement » il serait plus judicieux,
plus généreux de retenir le titre suivant « Un homme
peut-il être deux cents ».

**
COMMENTAIRE
Le sens de l’humour de M. ABDI NOEL
Jean-Paul n’étant pas incompatible avec le sérieux que
nous recherchons, quelques autres précisions s’imposent.
1. Si le titre de vice-président n’est
pas explicitement mentionné, le président de la LDDH,
comme l’atteste le procès verbal de la séance plénière des
membres de la CENI, en date du 16 février 2003, fait bien
partie de deux sous-commissions et est le numéro 2, par
ordre de citation, de la sous-commission des opérations
électorales. Le reste nous semble relever du détail sauf
que le fait de participer à deux sous-commissions
constitue, sinon un zèle, du moins un souci de bien faire.
2. Nous n’avons jamais avancé que le
Président de la LDDH était dirigeant d’un parti politique,
mais convenez que n’importe qui n’est pas, comme lui,
membre fondateur d’un parti. Tout juste avons-nous
souhaité que les individus qui composent toute société
civile s’interdisent, dans un souci d’efficacité et
d’indépendance, toute confusion des rôles.
3. C’est dans cette optique que nous
avions intitulé nos commentaires « Un homme peut-il
être deux ? ». Cela dit, il ne nous semble pas
nécessairement judicieux, pour la bonne marche et la
crédibilité de la LDDH, que son président se multiplie à
l’infini. Même si, par son action, il lui arrive souvent
de valoir mieux que «deux cents hommes». C’est
pourquoi nous l’encourageons à continuer sa défense des
Droits de l’Homme, partout.
LA RÉDACTION
La Santé se meurt et tue !
La tragédie du dispensaire de Dorra
La mauvaise gouvernance qui gangrène
dangereusement notre société est parfois assassine. Les
malheureux ruraux abandonnés de notre pays en font souvent
les frais, sans qu’une certaine presse aux ordres d’un
régime fanfaron et insouciant ne s’en émeuve. Les faits,
rigoureusement vérifiés et cités ci-dessous se produisent
régulièrement dans les quatre districts de l’Intérieur.
Nous tirons la sonnette d’alarme.
Nous avons déjà eu l’occasion de nous
élever contre l’innommable scandale que constitue
l’absence de repas gratuits aux malades hospitalisés à
l’Hôpital Général Peltier, malgré la part (en constante
diminution) du budget du ministère de la Santé (lui aussi
décroissant) qui y est affecté.
‘’ « Réalité » peut aboyer, nous
continuerons de détourner ‘’semblent penser les (ir)responsables,
les complices et les bénéficiaires. Nous ne nous
contenterons pas d’être la mauvaise conscience de nos
dirigeants. Par rigueur morale, nous avons jusque-là
répugné à montrer qui que ce soit du doigt, préférant
toucher du doigt aux maux aux fins de les guérir et, le
cas échéant, les prévenir. Nous ne nous étalerons pas ici
sur l’usage à des fins privés d’un don public (cuisines
modernisées par un don public italien et « gérés »
aujourd’hui par des privés). Nous le ferons si nous y
sommes contraints. S’il n’est pas immédiatement mis fin à
ces scandales, qu’il soit bien compris que nous avons
suffisamment d’éléments d’information et de preuves en
mains pour y mettre fin par les voies légales… mais ce
n’est pas l’objet de cet article, même s’il a trait à la
Santé.
La mauvaise volonté et le laxisme que
nous condamnons ici sont tout simplement tragiques car il
y a eu mort d’homme (d’une femme pour être plus précis)
par non-assistance à personne en danger.
La région de Dorra compte plusieurs
dizaines de milliers d’habitants. Il y avait un centre
médical, un dispensaire composé de deux blocs : un bloc de
médecine générale et un bloc anti-tuberculeux. Ce centre
employait six personnes : un infirmier-major, deux
aides-infirmiers, deux agents d’entretien et un cuisinier.
Le gouvernement et son chef nous répètent sans convaincre
dans leurs médias (RTD, La Nation, Le Progrès, etc.) que
le social (Education et Santé notamment) constitue leur
priorité.
Répétition n’est pas démonstration. L’Education
fera en temps utile l’objet d’articles de notre part. « Inna
mal a’mmalon bil niya » nous dit un hadith
authentique.
Or, ici ou ailleurs, rien davantage que
le Budget national (et son application, suivie et
surveillée par une Cour qui rend publics ses comptes et
ses appréciations) ne traduit et reflète les intentions et
les priorités gouvernementales. Comme par hasard, c’est
une restriction budgétaire qui fait qu’à partir d’avril
2002, il n’y plus qu’un seul aide-soignant en service au
centre médical de Dorra. Restriction budgétaire ? Pourquoi
à Dorra ? Quitte à restreindre, pourquoi dans ce secteur
auquel gouvernement et son chef affirment accorder la
priorité ?
Un plan-cadre quinquennal 2003-2007 des
Nations Unies pour l’assistance au Développement (UNDAF)
est signé en juillet 2002 par S.E Ali Abdi Farah, ministre
des Affaires Étrangères et de la Coopération
Internationale et le Coordonnateur résident du système des
Nations Unies, Mme Mbaranga Gasarabwé.
Entre autres déclarations d’intentions
et profession de foi, il y est notamment écrit à la page
15: « l’amélioration de l’état de la santé des
populations et la facilitation de l’accès aux soins à
moindre coût, constituent, pour les autorités
djiboutiennes, une priorité. Compte tenu de l’incidence
très importante des maladies transmissibles dans le pays,
le gouvernement s’est fixé comme objectif d’améliorer la
prise en charge des maladies prévalentes ainsi que les
urgences obstétricales et de l’accouchement. Il consiste
aussi dans le développement de la prévention de façon
générale, et notamment pour les maladies à transmission
hydrique et sexuelle, dont le VIH/SIDA. Il en est de même
pour la tuberculose et le paludisme qui comptent parmi les
plus importantes causes de mortalité... »
Fort bien ! Toujours est-il que
l’unique aide-soignant de ce qu’il est inconvenant
d’appeler centre médical de Dorra est mis en position de
retraite depuis janvier 2003 par le médecin-chef de
Tadjourah. Personne ne l’a remplacé à ce poste depuis
cette date Le centre anti-tuberculeux est hors-service. Le
dispensaire est donc fermé !
Et ce, dans une région pourtant
recensée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et
les services du ministère de la Santé comme étant
fortement impaludée. Mais pas seulement, car on y relève
également, toujours selon les sources du ministère de la
Santé, la présence à l’état endémique de la malnutrition
et de maladies telles que la tuberculose ou la dysenterie.
Rappelons que le dispensaire de Dorra,
bourgade située à 80 km de Tadjourah, a été construit par
la puissance coloniale bien avant l’Indépendance pour
assurer une couverture sanitaire à une population
actuellement estimée à 24.000 habitants environ. Le
véhicule de secours qui lui a été affecté en mai 2000 lui
a été retiré par le ministère de la Santé deux ans plus
tard, en mai 2002.Depuis cette date, le centre médical de
Dorra fonctionne donc sans ambulance pour l’évacuation des
malades nécessitant un transfert sur Tadjourah ou même
Djibouti.
La région de Dorra compte plusieurs
zones d’habitation regroupées autour de points d’eau et de
pâturage : Siarrou, Doda, Gamroyta, Allol, Andabba,
Madgoul, Adgueno, Moussa Ali, Margoïta, etc., autour
desquels vivent et cohabitent en permanence Ablé,
Haïsamalé, Oulou’to, Madima, Ma’aSara, Ablissa, Gombar,
Modayto, Awta, Afada, Ab’a Mela, Dida Mela, Ella Mela, et
bien d’autres encore.
C’est donc en connaissance de cause
qu’une région si fortement peuplée a été laissée à
l’abandon. Loin de nous l’idée d’intenter quelque procès
d’intention à qui que ce soit, pas plus que nous ne
portons plainte ici au nom de qui que ce soit. C’est
uniquement notre conscience ainsi que notre posture
d’observateurs, vigilants et responsables, de toutes les
anomalies dans la gestion du bien public qui nous
commandent de condamner cette inconscience, d’autant
qu’elle a eu les conséquences tragiques que nous vous
relatons ici sans mettre de l’huile sur le feu ni
recherche du sensationnel.
Avant d’en venir à la narration des
faits, qu’on nous permette de (nous) poser une question :
s’agit-il bien d’inconscience ?
Cette question mérite d’être posée au
regard de l’état d’abandon dans lequel tout l’arrière-pays
a été laissé depuis 25 ans par les politiques publiques.
Ni rancune, ni paranoïa, ni procès d’intention dans nos
propos, mais un simple constat qui nous amène à nous
interroger et interpeller les responsables. D’autant que
figure dans le programme politique de l’UAD, la couverture
sociale (Éducation et Santé) à tous les ayants droit sur
la totalité de notre pays.
Venons-en maintenant aux faits. Faute
d’assistance médicale minimale, Mme Halima Daoud Kamil
accouche difficilement à Dorra avec l’assistance d’une
accoucheuse traditionnelle. Son état de santé se dégradant
du fait d’une sévère anémie et d’une malnutrition
prononcée (le dispensaire de Dorra ne nourrit plus les
hospitalisés faute de crédits et de cuisinier depuis avril
2002), la radio des militaires de ce poste contacte chaque
jour Tadjourah pour qu’elle soit évacuée. Ce n’est que
douze jours après le premier appel que l’ambulance arrive.
La gravité de son état nécessitant son
évacuation sur Djibouti, Mme Halima Daoud est admise en
urgence à l’Hôpital Peltier samedi 15 février 2003. Le
miracle ne se produisant que rarement quand il y a trop de
négligence, elle décède le lendemain des suites de son
accouchement.
A cette situation d’abandon vient
s’ajouter une criminelle négligence, une faute
professionnelle grave qui est prévue ici par la loi et,
sous d’autres cieux, punie. En effet, nous nous faisons
l’écho, car nous avons été saisis et alertés par les
personnes concernées.
Le 6 novembre 2002, l’ambulance du
district de Tadjourah, immatriculée 3334 B, conduite par
M. A.O, accompagné de M. H.H, a été dépêché dans la région
de Dorra pour le transport de moutons devant être
sacrifiés lors de la cérémonie d’un mariage qui a lieu à
Djibouti ! A l’arrivée de l’ambulance à Mounkour, il y
avait là un malade, M. Kako Said, dont l’état de santé
nécessitait, selon les témoins, une évacuation urgente sur
Tadjourah.
Peu avant lui, Mme Dola Houmed, avait
succombé des suites d’une diarrhée. Malgré l’insistance
des ayants droit, le chauffeur refuse d’évacuer le malade,
déclarant qu’il avait uniquement reçu ordre et mission du
supérieur hiérarchique de transporter les moutons ! Comme
cette malheureuse victime de la mauvaise gouvernance, M.
Kako Said est décédé quelques jours après des suites de sa
maladie.
Ce qui nous rappelle une anecdote.
Interpellé par un subalterne choqué par ses méthodes, un
officier de police pris en flagrant délit de bourrage
d’urne dans le Sud n’a rien trouvé de mieux à répondre
que : « J’ai des ordres à appliquer ».
Ce qui nous amène à nous interroger sur
la responsabilité engagée à tous les niveaux de la
hiérarchie, militaire comme administrative.
Où va-t-on ? Si les actes de nos
dirigeants ne correspondent pas à leurs engagements ?
Si le policier censé arrêter le voleur
se met à voler ? Si l’ambulancier (et les responsables de
la Santé) censé, sinon sauver les vies, du moins soulager
les souffrances ou retarder l’inéluctable, se détournent
(sur ordre ou pas) de leur mission ?
A qui recourir ?
Village évacué (Malaho depuis 1977)
écoles fermées (Daddato, Moudo, Malaho depuis 1977),
pistes abandonnées parce que non entretenues, activités
salariales supprimées, centres médicaux ou dispensaires
fermés avec des malades laissés pour compte ou dépendant
de « médecins » qui, apparemment, ne s’intéressent à eux
que si peu ou pas du tout : quel message l’État djiboutien
essaie-t-il de faire comprendre aux Djiboutiens des
districts de l’Intérieur ?
Cette situation d’abandon constitue un
grave problème auquel il est urgent de proposer une
solution adéquate, car il est impossible qu’une telle
insouciance perdure.
Mêmes causes, mêmes effets
Nouveau parallèle entre la Côte d’Ivoire et Djibouti
Dans une récente édition, nous avions établi un petit
parallèle entre la situation ivoirienne, caractérisée par
une violation des accords de paix entre gouvernement et
rebelles, et celle qui prévaut à Djibouti suite à la
violation de l’Accord de paix du 12 mai 2001 par le
régime. Il s’avère que, les mêmes causes produisant les
mêmes effets, le parallèle entre les deux pays est encore
plus pertinent en ce qui concerne les causes de ces deux
conflits internes.
Ainsi, à la question d’un journaliste
lui demandant ce qu’il pensait de « l’attitude de la
classe politique signataire de l’accord … qui se mure dans
le silence et qui cède le débat politique à la rue »,
le Président burkinabé Blaise Compaoré donnait dans le
n°2196 du journal Jeune Afrique/L’Intelligent une
explication valant aussi bien pour la Côte d’Ivoire que
pour Djibouti. Il y répondait en effet : « Je crois
qu’il s’agit du produit de la gestion de la vie publique
ivoirienne depuis la disparition du président
Houphoët-Boigny. Ces dernières années ont été marquées par
des scrutins douteux, accomplis sur la base de fichiers
électoraux suspects car incomplets. Elles ont été
également caractérisées par la relégation de pans entiers
de la population ivoirienne à un statut de seconde zone,
voire de non-citoyens. Il y a eu de nombreux dénis de
droit et un développement de l’impunité. Tout cela ne peut
se faire sans laisser des séquelles graves sur la société,
qu’elle soit politique ou civile ».
Mutatis mutandis, sans même
s’appesantir sur les origines du conflit, le raisonnement
vaut effectivement pour Djibouti où, à défaut de mobiliser
la rue, le régime en place se contente soit d’opposer une
inertie rétrograde à toute application de l’accord de
paix. Les récents développements de notre vie politique le
démontrent clairement.
Le refus manifeste de mettre en
chantier le vaste programme de réhabilitation des zones
affectées par le conflit (pour certaines comme Obock
sécurisées depuis 1994) prouve fait écho à ce que disait
Blaise Compaoré au sujet de la marginalisation de « pans
entiers de la population ».
Cette persistance volontairement
organisée de la pauvreté pour cause de guerre n’est
elle-même que la conséquence logique d’un déni de
citoyenneté plus intolérable : celui du refus d’octroyer
des cartes d’identité nationale. La mise en place d’une
Commission ad hoc chargée de remédier à cette injustice se
heurte encore à la mauvaise volonté du régime qui se
faisant, reconduit en toute inconséquence l’une des causes
majeures du conflit civil auquel l’Accord de paix du 12
mai 2001 a pourtant solennellement mis un terme.
Si cette politique d’une citoyenneté à
double vitesse touche sélectivement certaines populations,
c’est toute la Nation djiboutienne qui souffre quant à
elle du « développement de l’impunité » dont parle
Compaoré. La mauvaise gouvernance, avec ses corollaires
que sont la corruption généralisée et l’insouciance de la
classe politique, se traduit quotidiennement par ses
incidences négatives sur les conditions de vie des
djiboutiens.
Même s’il est prévu, dans une logique
de matador, que quelques têtes trop voyantes tombent bien,
l’opacité dans la gestion des deniers publics est encore
la règle générale car l’exemple en est donné en haut lieu.
C’est pour cette raison, étouffante si l’on peut dire,
puisqu’il s’agit d’étouffer ce qui peut l’être, que le
rapport de la Chambre de Compte reste confidentiel car ses
attributions sont elles-mêmes limitées.
C’était justement pour sanctionner
cette gestion suicidaire des affaires du pays que les
citoyennes et les citoyens djiboutiens qui ont pu obtenir
leurs cartes d’électeur, ont majoritairement voté pour la
liste du changement représenté par l’Union pour
l’Alternance Démocratique.
Malheureusement, Djibouti connaît aussi
ses « scrutins douteux », n’a pour le moment connu
que des scrutins douteux, et le dernier n’a pas fait
exception. Les irrégularités constatées en bonne et due
forme, les multiples actes électoraux accomplis en
violations des textes de loi sont à ce point massifs que
les législatives du 10 janvier dernier prennent, avec le
recul et l’accumulation de nouveaux témoignages, les
allures d’une caricature représentant la déroute du parti
au pouvoir et de ses supplétifs.
Hier donné en exemple de stabilité
démocratique surtout en raison de ses performances
économiques, le modèle ivoirien a montré toutes les
limites inhérentes à une répartition inégale, clanique,
des richesses nationales, doublée d’une corruption
généralisée et d’une impunité sélective.
Notre pays n’est guère mieux loti ou
préparé pour l’avenir. Certes, certains tentent encore
timidement de faire croire que notre système démocratique
rivalise en sérieux avec celui des puissances
occidentales.
Plus lucide que d’autres griots, un
« député » a quant à lui estimé, lors d’un passage sur
« Gros Plan » que « Djibouti est démocratique à 50% ».
Il n’est pas interdit d’être sincèrement généreux, il est
tout juste dangereux d’être naïvement optimiste.¢
La rue, cinquième
pouvoir ? Quelques considérations sur
la mobilisation contre la guerre en Irak
Depuis que les Etats-Unis ont clairement
exprimé leur intention d’outrepasser un quelconque mandat
du Conseil de sécurité pour attaquer l’Irak, les
manifestations se succèdent dans les grandes capitales
occidentales pour éviter une guerre dont les premiers
vainqueurs seront certainement les extrémistes de tous
bords, sionistes comme islamistes. A travers les ressorts
d’une telle mobilisation de peuples réputés égoïstes, se
dessine un nouvel acteur des relations internationales :
la rue.
Tout le monde se souvient que le régime
de Saddam a bénéficié de la plus intolérable clémence
lorsqu’il se rendait coupable des plus atroces violations
des droits de l’homme et du droit international :
exactions contre ses citoyens communistes, massacres des
Kurdes, agression de l’Iran. On serait même tenté de dire
qu’il n’est pas devenu plus méchant aujourd’hui. Le seul
motif sérieux pouvant justifier, non pas une guerre
préventive, mais un plus strict contrôle onusien, serait
que l’Irak dispose à présent de missiles dépassant la
portée autorisée, c’est-à-dire capables d’atteindre
Israël.
C’est donc contre cette absence d’une
justification supérieure que les opinions publiques
occidentales se mobilisent aujourd’hui, et cette nouvelle
prise de conscience augure de rapports internationaux
inédits.
Tout d’abord, il convient de se
demander ce qui pousse un européen à battre pavé pour une
cause sans aucune incidence sur sa vie quotidienne, car il
est bien évident qu’une attaque (chirurgicale comme
promis) contre l’Irak, ne changera absolument rien à son
standing de nanti, du moins en négatif, si l’on tient
compte de la baisse escomptée du prix du baril. Cette
mobilisation sur un enjeu aussi lointain démontre à quel
point sont erronées les thèses pompeuses de la « fin de
l’Histoire » ou de la « dépolitisation » des
sociétés occidentales. Cette solidarité agissante des
sociétés civiles est, à n’en pas douter, un élément
modérateur de la violence des rapports interétatiques
avant tout fondés sur la sauvegarde des intérêts,
financiers ou stratégiques. Ces « citoyens du monde »
préfèrent qu’une guerre soit évitée, quitte à perdre le
bénéfice d’une baisse du prix à la pompe. N’en déplaise à
certains, surtout dans le monde musulman, l’Occident n’est
décidément pas tout à fait matérialiste !
Il est d’ailleurs fascinant de noter le
silence assourdissant des Etats Arabes et de leurs
populations plus promptes à « soutenir » les
régimes en place qu’à dénoncer le désordre international.
En second lieu, c’est le refus de
cautionner l’amalgame trop facile entre la lutte justifiée
contre le terrorisme et le règlement de compte filial avec
un dirigeant « politiquement incorrect » que les
opinions publiques ont tenu à exprimer. L’une des
conséquences d’une telle guerre serait indiscutablement,
parce que perçue comme anti-arabe, d’exacerber une haine
de l’Occident et de fournir un vivier de « martyrs »
à des organisations terroristes qu’il convient au
contraire d’isoler. Ce qui n’est pas, bien entendu, le but
officiellement recherché par la coalition internationale
mise en place pour anéantir Al Qaïda.
En troisième lieu, ces manifestants
idéalistes s’estiment concernés par un tel enjeu
international, pensent avoir des comptes à rendre au
peuple irakien. Surtout, ils dénient à leurs gouvernants
le droit d’engager leurs pays dans un conflit, avec les
deniers publics, sans prendre la peine de les consulter,
sans se soucier de leurs appréciations. C’est une
application concrète et bénéfique des règles du jeu
démocratique : même sur des sujets n’ayant pratiquement
pas de retombées nationales, les dirigeants doivent
prendre en considération les attentes et les positions de
leurs électeurs. Surtout dans des pays comme l’Espagne et
le Royaume-Uni où la population a pris le contre-pied de
son gouvernement, il s’agira de voir, si cette guerre a
finalement lieu, à quel point ce thème de politique
internationale, normalement loin de leurs préoccupations
quotidiennes, constituera un facteur déterminant des
préférences électorales lors des prochains scrutins.
C’est dire enfin à quel point la
première guerre du Golfe, pourtant légale du point de vue
du droit international, puisqu’il s’agissait de libérer le
Koweït annexé par l’Irak, a laissé un désagréable
arrière-goût de manipulation médiatique dans les
consciences spectatrices occidentales. La réalité du
désastre a rapidement et dramatiquement démenti la version
d’un conflit « soft » essentiellement mis en scène
par CNN et offert au voyeurisme morbide de téléspectateurs
amorphes.
De spectateurs passifs sans aucune
prise sur les évènements, nous sommes passés à une ère de
citoyens responsables, soucieux de faire entendre leur
voix afin de peser sur le cours des destins mondiaux,
surtout quand il s’agit d’épargner la vie de milliers
d’individus, dont quelques enfants.
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