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Réalité numéro 42 du mercredi 12 mars 2003
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Alliance « La
seule vraie politique est la politique
du vrai »
EDGAR
FAURE
Républicaine
pour le Développement |
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Sommaire
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Éditorial
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Droit de réponse du Bâtonnier
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Brèves Nationales
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Preuves de fraude
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Communiqué de l’UAD
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Directeur de Publication :
ALI MAHAMADE HOUMED
Codirecteur : MAHDI IBRAHIM A. GOD
Dépôt légal n° : 42
Tirage : 500 exemplaires
Tél. : 25.09.19
BP : 1488. Djibouti
Site : www.ard-djibouti.org
Email : realite_djibouti@yahoo.fr
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Éditorial
Délinquance politique : le cas djiboutien
Ce terme de délinquance désigne
l’ensemble des crimes et délits considérés d’un point de
vue statistique.
Dans cette optique, le délinquant est
une personne qui a commis un délit. Ce mot signifie à son
tour comme chacun le sait, une infraction plus ou moins
grave à la loi.
Le sociologue pour sa part emploie
indifféremment délinquance ou criminalité, ceci étant, il
n’existe pas de société sans délinquance et tout se passe
comme si les règles communes édictées et appliquées par la
collectivité provoquaient chez certains une sorte de
résistance s’exprimant par des déviations à l’égard de ces
règles communes.
La société de son côté essaye de s’en
préserver en rendant ces déviations dans la mesure du
possible les moins nocives possibles, en y faisant face
par diverses mesures appropriées.
Comme tout phénomène défavorable doit
être connu pour être combattu, c’est pourquoi la
criminalité a été étudiée de tous les points de vue par
tous les spécialistes, c’est-à-dire les délinquants, leurs
délits, les causes, les méthodes, les conséquences, etc.
Il y a donc des théories, des constances, des explications
concernant ce phénomène.
A Djibouti, tout en étant soumis aux
mêmes lois et tendances naturelles que les autres
sociétés, nous sommes victimes d’une particularité qui
nous singularise.
Partout ailleurs, la société fait face
à la délinquance par le biais de ses institutions : le
pouvoir politique, les administrations publiques,
policières, judiciaires, pénitentiaires, etc…
Chez nous la délinquance fait partie
intégrante de notre système de gouvernance dans son
ensemble et est presque devenue la normalité.
Les institutions et systèmes
normalement destinés à la combattre la générent et la
protègent. Le cas, le plus révélateur en ce domaine reste
la délinquance électorale autrement dit l’usurpation du
pouvoir par la fraude, la force et la corruption. Nous en
donnons quelques preuves dans les pages qui suivent, à
l’attention de nos lecteurs.
Dans ces conditions, où va notre pays
qui semble être devenu l’un des derniers dans le monde
actuel où l’échec patent est perpétuellement reconduit au
nom du peuple et sans lui.
Peut-on donc indéfiniment gouverner
sans le peuple et contre lui ?
Un tel comportement délinquant aura fatalement de
graves conséquences.
Droit de réponse du Bâtonnier
Suite à un article paru dans notre
journal, le Bâtonnier de l’Ordre des avocats nous a fait
parvenir le droit de réponse suivant que nous reproduisons
dans son intégralité.

OBJET: Droit de réponse du Barreau à votre article paru
dans
l’Hebdomadaire LA RÉALITÉ du 19 février 2003
Monsieur le Directeur,
Dans votre hebdomadaire, LA REALITE du
19 février 2003, vous avez, dans l’ignorance de la loi que
vous êtes censé respecter, reproduit une correspondance,
qui relève du secret professionnel, que j’ai adressée en
son temps à Monsieur le Président de l’Alliance
Républicaine pour le Développement qui avait sollicité,
par courrier notifié au Bâtonnier de l’Ordre des Avocats,
la désignation d’un avocat pour défendre son parti devant
le Conseil du Contentieux Administratif.
Le commentaire que vous faites de cette
correspondance en rapport avec la défense de vos intérêts
devant le tribunal administratif me paraît des plus
inacceptables.
Vous écrivez au premier chapeau de la
page 2 :
« Il n’est pas facile d’être Avocat à
Djibouti. Il est encore plus difficile d’être un
justiciable défendu par les Avocat. L’UAD l’a appris à ses
dépens..... . »
En page 3 de votre article intitulé «
Quelques explications », vous écrivez :
« C’est enfin Maître FATOUMA MAHAMOUD
qui sauve, selon vous, ce qui reste de l’honneur du
Barreau de Djibouti»
Sur l’ensemble de ces fausses et
déplorables assertions qui se recoupent, il me semble
avoir répondu très clairement dans mon courrier du 23
octobre 2002. Cependant, pour les besoins de la cause, je
vous confirme à nouveau, que de tout temps, les Avocats de
Djibouti ont toujours été présents aux événements
conflictuels de l’Histoire de notre Pays. Je suis sûr, M.
ALI MOHAMADE, que vous serez parmi les premiers de nos
contemporains à témoigner de cette réalité sur le rôle et
la contribution éminente du Barreau de Djibouti dans la
défense des procès politiques puisque vous étiez, à une
époque encore récente, Ministre et Porte-parole du
Gouvernement pendant toute la période de la Rébellion du
FRUD.
Enfin, vous reprochez à la Profession
des Avocats de « laisser jouer l’inertie des institutions
par conformisme ou facilité ». Je crois, M. ALI MOHAMADE
que vous ignorez tout de la Profession d’Avocat. Pour
votre enseigne, sachez que le Barreau de DJIBOUTI a
toujours été, depuis son institutionnalisation, une force
de proposition dans l’élaboration de certains textes
fondamentaux qui régissent le fonctionnement de nos
institutions étatiques. Quel que soit le pouvoir en place,
nous continuerons à être toujours disponibles pour la
République dans son effort constant de moderniser
l’appareil de l’Etat dans le cadre de la bonne gouvernance
et le renforcement de l’état de droit.

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COMMENTAIRE
a) Bien que n’étant pas juristes, nous
sommes suffisamment informés pour savoir que la
désignation d’office d’un avocat n’est pas subordonnée à
la sollicitation écrite de l’avocat au bâtonnier ;
b) Nous n’avons divulgué aucun secret
professionnel en publiant la lettre du bâtonnier qui
n’avait aucun caractère confidentiel ;
c) Sur les dix avocats de la place
(avant la récente prestation de serment du onzième) quatre
se sont dérobés, il y avait donc pou eux difficulté à
exercer leur métier d’avocat. Trois ne pouvaient plaider
du fait de leur fonction (député, conseil constitutionnel,
…), des trois restants, nous ne pouvions pas prendre deux
dont l’allégeance au pouvoir est connue de tous, car
faisant périodiquement des déclarations politiques en
faveur du régime. Il ne restait donc que la seule Maître
Fatouma Mahamoud pour honorer notre droit d’être défendus
devant la justice malheureusement cette justice a brillé
par son absence, comme à son habitude depuis 1996 ;
d) Par ailleurs, nous rectifions
également une «erreur de jugement» (en est-ce bien une) du
bâtonnier qui en s’adressant au Directeur de la
publication de « Réalité » écrit « …puisque vous
étiez à une époque encore récente, Ministre et
Porte-parole du Gouvernement pendant toute la période de
la rébellion du Frud… ». Ce qui est faux, car la
résistance armée du Frud ne s’est pas arrêtée après le
départ et l’emprisonnement de Monsieur Ali Mahamadé, mais
a continué pendant encore 5 ans jusqu’à la signature de
l’Accord-cadre de réformes et de concorde civile à Paris
le 7 février 2000.
Que le bâtonnier fasse une telle
lecture partiale et partisane du conflit djiboutien, nous
laisse pantois.
Enfin, nous n’avons nulle part fait
état de « pression » ou de « menace », tout juste
avons-nous donné notre propre explication de cette « forme
d’autocensure à laquelle s’astreignent les avocats de la
place… » ni plus, ni moins.
Espérant avoir clôt ce malentendu, que le bâtonnier
daigne croire, en l’hommage de notre profond respect.
La Rédaction
Brèves Nationales
Insécurité : Tragique Jeudi noir à Djibouti
Selon des informations dignes de foi le
quartier défavorisé d’Arhiba a été jeudi dernier le
théâtre d’affrontements et de quelques scènes de pillages.
Au prétexte de venger le meurtre d’un
Djiboutien commis par un individu d’origine Ethiopienne,
de bandes de jeunes se sont violemment attaquées à des
membres de cette communauté résidant dans cette cité
d’habitude paisible. Ils ont été obligés de fuir en masse.
Plusieurs autres ont été blessés dont certains grièvement…
Les forces de l’ordre arrivés tard sur
les lieux n’ont fait que constater les dégâts et se sont
déployées de manière dissuasive aux abords de ce quartier.
Certains blessés étrangers auraient été
transférés vers le centre de transit de Nagad. Aux
dernières nouvelles le meurtrier, lui, court toujours...
Dans les mosquées, des appels au calme
et à la tolérance ont été lancés. Appels efficacement
relayés par des militants de l’annexe de l’ARD d’Arhiba.
Le calme est finalement revenu avec
l’arrestation, le lendemain, de certains fauteurs de
troubles dénoncés par les riverains indignés.
Nous exhortons nos concitoyens à la
vigilance pour que de tels débordements inacceptables ne
se reproduisent plus dans notre Capitale. Même si le
malaise national est profond, la sécurité des biens et des
personnes doit rester sacrée et l’affaire de tous.
Un phénomène qui a valeur de leçon.
Depuis plusieurs jours, de très
nombreux jeunes convergent quotidiennement vers
l’Ambassade d’Irak à Djibouti, il s’agit de personnes
demandant à être enrôlées comme volontaires pour aller
combattre les agresseurs de ce pays.
Dès lors des questions se posent :
Comment, pourquoi et par qui a été déclenché cet
engouement militariste chez tant de jeunes gens se
proposant d’aller se battre si loin de chez eux contre des
forces supérieurement équipées ?
Trouver les réponses à ces questions
est moins important qu’une bonne lecture de ce volontariat
massif pour quitter le pays, et permet de tirer plusieurs
conclusions constituant autant de leçons:
1) Ces jeunes gens préfèrent
apparemment courir le risque de mourir sous les missiles
américains en Irak, plutôt que de continuer à végéter sans
espoir de s’en sortir à cause du chômage et de la misère
dans leur pays ;
2) Cela démontre aussi que quiconque
susceptible de payer un salaire pourra toujours recruter
des combattants contre n’importe qui ;
3) Cela signifie également que tant que
rien d’efficace et de concret pour occuper utilement la
jeunesse des pays pauvres ne sera entrepris, toute « lutte
contre le terrorisme » reviendra à une sorte d’occupation
cynégétique pour les pays riches ;
4) Cela voudrait dire enfin que pour
neutraliser le danger terroriste, il faudra nécessairement
réussir l’une des deux solutions : éradiquer la pauvreté
ou exterminer les pauvres.
La première est certes difficile mais
possible, la seconde reste impossible et impensable.
L’Actualité des Régions, moins
reluisante que l’Agenda Officiel 2003
Après ceux d’Ali-Sabieh, les scolaires
de Tadjourah privés de repas :
L’arme de la faim?
En raison de la défaillance des
cantines scolaires normalement destinées à les nourrir,
les élèves originaires de l’arrière pays de Tadjourah
avaient la possibilité depuis un an de prendre leurs repas
dans les restaurants de la ville aux frais de l’Etat.
Selon des informations concordantes
recueillies auprès des parents d’élèves, les restaurateurs
de la ville blanche refusent, depuis quelques jours, de
servir ces élèves prétextant des impayés importants. Une
telle situation ne saurait perdurer sans affecter la
scolarité des élèves n’ayant pas de famille d’accueil dans
cette ville.
Les pouvoirs publics doivent rapidement
trouver une solution pour que ces scolaires ne soient pas
contraints d’abandonner leurs études faute de nourriture,
à quelques mois de la fin de l’année scolaire.
A l’heure où le régime se vante d’avoir
édité, pour la deuxième année consécutive, un luxueux
Agenda Officiel tiré à 5000 exemplaires, il n’est pas
inutile de rappeler qu’il y a plus urgent dans notre pays
que les relations publiques ou les coûteux déplacements
improductifs en Boeing présidentiel aux quatre coins de la
planète...
Moulhoulé privé d’eau :
L’arme de la soif ?
Les habitants du petit village côtier
de Moulhoulé, dans l’extrême nord du pays, ne sont plus
approvisionnés en eau potable par le camion citerne de la
garnison, et ce depuis les dernières élections
législatives, sur ordre d’on ne sait qui...
Rappelons que cette région désertique,
particulièrement affectée par le conflit, avait clairement
affichée sa sympathie pour l’UAD. Est-ce pour cette raison
que sa population est désormais soumise au régime sec?
Il semble que la mauvaise gouvernance
transforme parfois sa lutte tapageuse contre la soif en
arme redoutable de la soif.
Affaire à suivre…
Preuves de fraude
A vous d’instruire
Le Conseil Constitutionnel ayant rejeté
notre recours en annulation sans autre forme
d’instruction, nous avons jugé nécessaire de continuer
cette semaine encore à vous entretenir du contentieux
électoral afin qu’en dernière instance, vous soyiez Le
Juge pour instruire la délinquance qui gangrène tout le
système et dispositif électoral tel qu’en vigueur et
appliqué actuellement.
Comme vous pouvez le constater, la
gangrène se situe à tous les niveaux de la hiérarchie
administrative:
a) Le ministère de l’Intérieur et le
District, qui, en violation de la loi, établissent et
délivrent des cartes d’électeur multiples ou non conformes
à la loi car ne comportant pas (volontairement) mention de
l’adresse, du n° du bureau de vote et du n° de la carte
d’identité du titulaire. Le même ministère de l’Intérieur,
seul en charge du déroulement des opérations électorales
(de l’établissement et la révision des listes électorales
au dépouillement et la proclamation des résultats) qui
refuse à l’opposition la consultation des listes
électorales dans les délais impartis par la loi au
prétexte mensonger qu’elles n’auraient été imprimées que
la veille d’un scrutin pourtant prévu depuis cinq ans et
qui constitue un cas flagrant de rupture de l’Egalité;
b) Les commissaires des districts, qui,
en toute illégalité déplacent à la dernière minute les
bureaux de vote de leur emplacement initial mentionné dans
l’arrêté présidentiel portant convocation du corps
électoral. Ces quelques preuves de fraudes qui constituent
des cas d’école de rupture de la Légalité sont extraites
de l’épais dossier de recours que nous avons soumis, dans
les délais, à l’instruction de notre honorable juge
constitutionnel.
c) Les forces de l’ordre (dont la
présence en nombre anormal dans et en dehors des bureaux
de vote était à en croire le conseil constitutionnel
destiné à prévenir tout trouble à l’ordre public) qui
confisquent les urnes et les transportent jusqu’au
ministére de l’intérieur sans être accompagnés des
délégués des parties en compétition. Ces cas flagrants
d’Excès de Pouvoir n’ont pas réveillé la suspiscion du
Juge constitutionnel.
d) Pour ne pas être en reste, les
juges, censés surveiller la régularité des procédures et
sanctionner le cas échéant toute irrégularité, cautionnent
cette délinquance administrative par leur participation
active à ce qui constitue bel et bien un délit. Comme en
témoignent la délivrance de deux ordonnances par deux
juges différents pour une même personne à son insu (cf
p.6); ou encore la délivrance d’une ordonnance à un
électeur (toujours à son insu) pourtant inscrit sur la
liste électorale comme l’atteste sa carte d’électeur. Il
n’aura pas échappé à votre vigilance que les «blancs»
délibéremment laissés par l’administration après
«ordonnons», sans mention du district de vote, permettent
aux bénéficiaires de pouvoir voter où bon leur semble (cf.
p.7).
e) Sans parler du Conseil
Constitutionnel, qui après les avoir constatées a conclu à
la normalité de ces irrégularités.
Précisons que ces fraudes ont été
méthodiquement préparées et pratiquées à grande échelle
sur l’ensemble du territoire national.
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Communiqué de l’UAD
UNION POUR L’ALTERNANCE DEMOCRATIQUE
(ARD, UDJ, MRD, PDD)
Djibouti, le 09/03/2003
COMMUNIQUE DE PRESSE
L’Union pour l’ Alternance Démocratique
(UAD), composée de l’ensemble des forces de l’opposition
djiboutienne (ARD, UDJ, MRD, PDD) tiendra, vendredi 14
mars à partir de 15 H 30, une réunion publique (meeting)
d’explications à l’ Avenue Nasser devant les sièges du MRD
et de l’UDJ.
Cette réunion est destinée aux militants
et sympathisants de l’UAD.

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