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Éditorial
La paix souhaitée : oui !
La soumission imposée : non !
« La Paix et la Justice sont aussi
inséparables que le souffle et la vie » proclame
l’Accord-cadre signé à Paris le 7 février 2000 entre le
FRUD-armé et le gouvernement. C’est-à-dire que l’une n’est
concevable qu’en présence de l’autre. Il s’agit autant
d’une conviction que d’un constat : sans Justice, il n’y a
pas de Paix.
Vouloir imposer une soumission par la
peur et l’impuissance généralisées, par la pratique
méthodique de l’injustice en lieu et place de la paix par
la justice, a toujours été la dangereuse lubie des régimes
autoritaires à travers l’Histoire. Rejeté par les
contemporains de ces régimes et condamné par les
postérités, l’autoritarisme a toujours mal fini.
Car, dès que l’injustice devient un
instrument de pouvoir entre les mains d’une lubie
d’inspiration et au service d’un parti pris sectaire, elle
fait perdre à l’institution judiciaire, dont elle utilise
titres et prérogatives, ses caractéristiques de sacralité
et de dignité qui soutiennent sa fonction. Au lieu
d’utile, elle en devient nuisible et constitue une des
causes des révoltes.
Nous parlons si souvent de la Justice
parce que justement sans elle, non seulement aucun Etat ne
peut durablement exister, pas plus qu’aucune société
organisée et pacifique. C’est pourquoi nous l’avons
solennellement enregistré dans nos accords avec le
gouvernement, explicité dans nos interventions lors des
Etats généraux de la Justice, repris et développé en
diverses occasions dans cet hebdomadaire. Autant de
sonnettes d’alarme tirées devant le danger imminent
représenté par la déliquescence d’une Justice djiboutienne
apparemment capable d’incarcérer ou condamner un opposant
pour « diffusion de fausses informations » rien que pour
avoir écrit une évidence pas très loin de celle qui veut
que « le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest »,
ou posé une question à tel haut gradé sur le coût
financier d’une construction ou enfin dénoncé une brutale
mise à la retraite au lendemain des élections législatives
du 10 janvier.
Et, pendant ce temps, la plus totale
impunité continue de couvrir les privilégiés et autres
protégés civils ou militaires coupables de toutes sortes
de délits plus ou moins graves, dont certains mériteraient
d’être déférés devant le Tribunal Pénal International pour
« exécutions massives et sommaires de blessés et
prisonniers de guerre le 24 février 1992 à Yoboki » !
Quel est donc ce régime qui refuse la
Paix par le rejet des accords l’instaurant, comme par
l’instrumentalisation de la Justice, qui utilise les chefs
des forces armées comme de simples commissaires politiques
d’une milice du Parti au pouvoir, ce qui est interdit par
tous les textes pertinents ?
Il est grand temps que ce régime se
ressaisisse, avant que les agissements partisans et
politiciens de certains officiers ne provoquent la
naissance d’une autodéfense encore inconnue chez nous
jusqu’ici, et avant que la déchéance de la Justice
n’engendre le chaos.
Vote permanent par la mobilisation
L’urne transparente de la rue
Quand l’Opposition unie bat le rappel, le
peuple djiboutien répond présent. Deux mois après les
fraudes électorales du 10 janvier, la mobilisation
permanente contre l’usurpation et pour le respect du
verdict des urnes vient de franchir un degré
supplémentaire avec le succès du meeting pacifique de
vendredi dernier. Preuve que l’UAD constitue la force
politique majoritaire et incontournable de notre pays,
face à un régime qui, faute d’une réelle assise populaire,
a perdu toutes légitimité et crédibilité.
Depuis le rejet de notre requête en
annulation des législatives du 10 janvier et la réaction
mesurée de l’UAD à cette décision infondée du Conseil
Constitutionnel, le régime prédateur et ses figurants mal
élus se mettaient à rêver de lassitude et de
normalisation. C’est mal connaître la détermination de
l’opposition nationale et la profondeur des attentes
populaires.
Aussitôt après la diffusion de notre
communiqué de presse du 23 février 2003 condamnant la
décision du Conseil Constitutionnel, les militants de
l’UAD ont entrepris un intense travail de mobilisation et
d’explication dans la capitale et les districts de
l’intérieur. Ces activités de sensibilisation,
l’opposition les a menées comme à son habitude sans
tambour ni trompette. Le meeting pacifique de vendredi
dernier à l’avenue Nasser se voulait l’expression de cette
mobilisation permanente contre le hold-up électoral et
l’arbitraire.
Dès 16 heures ce jour-là, une véritable
marée humaine a convergé vers le lieu du meeting. Venus de
tous les quartiers populaires, des milliers de militants
et sympathisants de l’UAD écoutaient les chants partisans
diffusés par une puissante sono. Chaleureusement
ovationnée dès son arrivée par une foule disciplinée et
déterminée, la direction de l’UAD est montée sur le podium
vers 16h 30.
Les dirigeants de l’UAD se sont alors
succédé à la tribune pour dénoncer la décision arbitraire
du Conseil Constitutionnel, tout en réaffirmant leur ferme
volonté de continuer la lutte jusqu’à la victoire.
Chaque meeting étant l’occasion de
démontrer le vote réel en faveur de l’UAD, l’opposition
qui est fermement portée par la rue est désormais décidée
à la tenir informée chaque fois que cela sera nécessaire.
Si jusque là les choses se sont plutôt bien passées, cela
démontre aussi la capacité de l’UAD à tenir ses troupes.
Mais, avec l’aggravation de ses
conditions de vie, le peuple commence à perdre patience et
les provocations incessantes d’un régime pratiquant une
chasse aux sorcières insensée à l’encontre des partisans
du changement, ne sont certainement pas de nature à
apaiser les esprits ou enraciner la lutte pacifique
jusque-là privilégiée par l’opposition.
Faisant allusion au nouveau contexte de
malaise politique créé par la spoliation électorale du 10
janvier, les orateurs de l’UAD, constamment à l’écoute du
peuple, ont tous estimé qu’une telle situation ne pouvait
perdurer. Une façon de rappeler à ce régime pratiquant la
fuite en avant que la réalité le rattrapera tôt ou tard.
Evoquant l’impasse politique actuelle,
le Président Dini l’a expliquée par la déliquescence de l’Etat.
« Ce régime insouciant et incapable a fait disparaître
toute notion d’Etat. La faillite de l’Etat se reconnaît à
l’existence de trois indices révélateurs : ses
responsables ne respectent pas leur parole, ses forces de
l’ordre n’accomplissent pas leur véritable mission
républicaine, ses caisses sont vides. Comment un Etat
peut-il fonctionner si ses dirigeants mentent
effrontément, si les forces normalement destinées à
combattre les délits en commettent elles-mêmes en toute
impunité ? Enfin, quel développement est possible si les
caisses de l’Etat restent désespérément vides ? »
Ce passage de son discours a été
particulièrement applaudi, bien que prononcé en maintes
occasions. Ce qui signifie certainement que les
djiboutiens, lassés de la misère dans laquelle les
maintient le régime prédateur, ne font absolument plus
confiance au pouvoir actuel pour les sortir de cette
situation.
L’affluence exceptionnelle qu’a connue
ce premier meeting organisé après le rejet de notre
recours prouve, s’il en était besoin, que nos
compatriotes, loin de se résigner à l’arbitraire, sont de
plus en plus déterminés à faire respecter leurs droits de
choisir librement leurs dirigeants.
Nul doute que leur volonté finira
inévitablement par triompher, tant est totale la fermeté
de l’UAD pour l’imposer. D’autant plus que chaque réunion
publique, comme celle du 14 mars 2003, constitue un vote
par présence physique. Apportant l’approbation de la
politique choisie par l’UAD, prodiguant l’encouragement à
la poursuivre avec le soutien actif de l’ensemble des
électrices et des électeurs.
Ces citoyennes et ces citoyens savent
parfaitement qu’ils n’ont pas choisi par leur vote ceux
qui prétendent les représenter en usurpant titres et
fonctions pour lesquels le Peuple ne les a pas désignés.
Cette illégitimité se trouve infiniment
aggravée par une incapacité notoire à bien gérer nos
affaires publiques : le résultat, c’est la ruine
économique et le naufrage social.
Trois ans après le retour de la Paix
définitive, notre pays reste exsangue, mais cette fois, le
pouvoir ne peut plus imputer la responsabilité de sa
mauvaise gouvernance à la guerre civile qu’il a lui-même
inutilement prolongée.
Notre pays mérite mieux que la
démocratie virtuelle et son corollaire, les fraudes
perpétuelles. Face à l’immobilisme et à l’obscurantisme,
nous continuerons à brandir le flambeau de la mobilisation
permanente.Jusqu’au triomphe inéluctable du Droit sur
l’arbitraire.
Promotion de la bonne gouvernance et des droits humains :
état des lieux.
Signé en juillet 2002, un document UNDAF
(Fonds des Nations unies pour l’Assistance au
Développement) rassemble « les grandes priorités retenues
en commun avec le gouvernement et coordonnées avec la
société civile d’une part et avec les partenaires
internationaux multilatéraux et bilatéraux d’autre part,
autour de quatre domaines coopération… ». Le deuxième
volet de cette coopération, intitulée « Promotion de la
bonne gouvernance et des droits humains » retiendra cette
semaine notre attention. Observateurs vigilants de la
gestion du bien public ainsi que du suivi des engagements
écrits par le gouvernement avec nous ou d’autres, nous
avons jugé nécessaire d’en tirer, huit mois après sa
signature, un premier bilan provisoire quant à son
application concernant ce volet.
Sans nous appesantir sur des
considérations générales, il ne nous semble pas inutile de
rappeler quelques faits sur la coopération (lato sensu) et
son exécution depuis l’Indépendance dans différents
domaines d’utilité publique.
Nous avons déjà eu l’occasion de
rappeler que Djibouti a été, suite à la conférence des
donateurs en 1983, le pays le plus aidé par tête
d’habitant. En dehors des infrastructures portuaires et
aéroportuaires, et le remarquable développement de l’outil
de communication, il ne subsiste rien ou presque des
projets qui ont retenu le financement des donateurs.
L’avortement de ces projets (PK20,
usine d’aliments de bétail, laiterie, etc.) ou la faillite
des sociétés d’Etat préexistantes (Air Djibouti) entre
autres) ne seraient pas uniquement dues à la mauvaise
gouvernance. Ni l’élite post-coloniale, ni la coopération
multilatérale ne semblent en avoir tiré les enseignements
qui s’imposent.
Que le système des Nations Unies
continue malgré tout de coopérer avec notre pays et ses
administrateurs (restons polis) procède, croyons-nous,
d’une bonne intention d’autant qu’elle s’avère utile, à
défaut d’être efficace et déterminante. En effet, bon an
mal an, le Programme Alimentaire Mondial déverse sur
Djibouti des dizaines de milliers de tonnes d’aide
alimentaire, dont une grande partie serait, à en croire
des sources autorisées, la proie de charançons d’Etat.
Tout comme le PNUD et l’UNICEF colmatent ici ou là les
brèches laissées béantes par les choix budgétaires
irrationnels de nos décideurs politiques.
Enfin, au regard du sort que réserve
l’actuel gouvernement (comme ses prédécesseurs d’ailleurs)
à ses engagements écrits et le peu de cas qu’il fait des
lois qu’il édicte sans les appliquer, nous avons toutes
les raisons de rester dubitatifs quant à l’application de
ce plan-cadre. Si notre Peuple a depuis longtemps
désespéré de raisonner ses dirigeants (qu’il vient de
sanctionner…), ce qui nous intéresse ici, c’est le suivi
qu’en fait (en en fera) le système des Nations Unies.
Car, pas plus que la coopération
bilatérale, qui ne se fait plus qu’au compte-gouttes, la
coopération multilatérale n’a pas vocation à être sinon
dilapidée, du moins inefficace.
Examinons à présent le domaine de
coopération n°2, intitulé « Promotion de la bonne
gouvernance et des droits humains » qui constitue
l’objet de notre article. Le premier résultat qui en est
attendu est « le renforcement des institutions
publiques de bonne gouvernance ».
On peut lire (page 7) que « les
autorités oeuvrent dans ce contexte à ce que les
institutions en charge de l’élaboration et de l’exécution
des lois et règlements, ainsi que les juridictions, soient
pleinement en mesure de remplir leur mandat et satisfaire
au respect inaliénable du système juridique ».
En écho, à la noblesse des intentions
et engagements écrits, répond la délinquance des pratiques
étatiques. Nous savons les fonctionnaires des Nations
Unies tenues à un devoir de réserve, c’est pourquoi aucun
haut fonctionnaire ni organisme du système des Nations
Unies n’est ici interpellé
Nous n’en sommes pas moins curieux de
savoir la lecture que le système onusien officiant à
Djibouti fait des derniers événements politiques survenus
dans notre pays.
En quoi le Conseil Constitutionnel, par
sa composition, son mode de fonctionnement et surtout le
jugement expéditif qu’il vient de rendre concernant notre
recours en annulation, sans instruction ni en droit ni en
fait, remplit-il son mandat et satisfait-il pleinement ou
pas au « respect inaliénable du système juridique » et
au « renforcement des institutions publiques de bonne
gouvernance » ?
En quoi le tribunal administratif, qui
n’a jamais siégé depuis 1996, contribue-t-il à la
réalisation des objectifs suscités ?
La chambrette des comptes dont les
comptes rendus et appréciations sont confidentiels et
privé, puisque destinés à l’attention du seul Président de
la République, participe-t-elle vraiment à la recherche de
la transparence et à la lutte contre la criminalité
financière des cols blancs ?
La récente décision du tribunal
condamnant le directeur de publication du journal « Le
Renouveau Djiboutien », organe de presse du MRD, pour
délits de presse (libre ?) à six mois d’emprisonnement
avec sursis et 200.000 FD d’amende, est-elle de nature à
« renforcer le processus démocratique en cours dans le
pays, avec pour objectif de favoriser le développement de
la diffusion de l’information comme facteur important dans
la définition des capacités de choix pour les citoyens » ?
(Voir communiqués en page 7 et 8). Ce directeur de
publication n’a fait que poser une question au Général
Fathi Ahmed Houssein sur la cohérence entre le projet
qu’il prétend vouloir réaliser et l’enveloppe financière
qu’il sollicite à cet effet.
La loi sur la Décentralisation telle
qu’adoptée et dénaturée en toute illégalité par la
précédente Assemblée Nationale, s’inscrit-elle dans son
esprit et sa lettre, dans « l’optique de la
consolidation de la décentralisation et de la
participation des citoyens à la vie publique » ?
S’il est explicable que le système des
Nations Unies fasse preuve de discrétion et de
circonspection pour ne pas prêter le flanc à des critiques
ou des reproches d’ingérence dans les affaires propres au
gouvernement local, il est par contre surprenant de le
voir financer en partie ou en totalité des opérations soit
engagées sans nécessité, soit alors sans résultat bien que
ses réalisations aient été indispensables.
Exemple : la réhabilitation des zones
affectées par la guerre civile. Pas un logement n’a été
reconstruit ou réparé à Yoboki ou à Obock, cités largement
détruites par le conflit pour la première ou pillées par
les forces gouvernementales pour la seconde.
Et comment ne pas s’apercevoir que la
distribution de l’assistance alimentaire fournie par le
PAM est confiée à des dirigeants locaux du parti RPP qui
en font des dons partisans refusés à tous ceux suspectés
de sympathie pour l’opposition. Comment tolérer un tel
chantage ?
Étant donné que les États ou les
institutions internationales ne traitent qu’avec les
autorités légales du pays hôte ou récipiendaire, il
semblerait que c’est la nature du régime politique de ces
autorités et les méthodes de gestion pratiquées par elles
qui dominent ces relations. Dans ces conditions, les
bienfaits que ces institutions internationales apportent à
notre pays sont quelque peu amoindris, sinon annihilés,
par la soumission de ces institutions au régime local, qui
en retire soutien et légitimité.
Alors que la vocation de ce système des
Nations Unies est d’aider le pays à soulager les misères
du peuple victime de la mauvaise gouvernance, et non pas
de renforcer celle-ci en passant dans ses moules.
Il faudrait absolument comparer
continuellement le résultat obtenu à l’engagement apporté
et ne pas se contenter de la prose et de la statistique
bureaucratiques qui ne sont pas très souvent l’exact
reflet de la réalité concrète.
Guerre contre l’Irak : offensive de charme militaire avant
l’offensive militaire
En violation du droit international, les
Etats-Unis et leurs alliés (Djibouti) se préparent à
lancer une offensive de grande envergure contre l’Irak
pour, officiellement, détruire son potentiel militaire et
démettre ses dirigeants. Dans cette perspective, l’armée
américaine a procédé à une opération « portes ouvertes »
pour présenter à la presse nationale ses capacités
technologiques comme sa mission historique. toutefois,
parce qu’il est difficile de faire de l’information avec
des militaires n’ayant pas, par définition, à justifier
des décisions politiques qu’ils ne doivent qu’appliquer,
il est utile de présenter le contexte général de cette
nouvelle croisade militaire.
Les crises successives des années 1970
qui ont porté un coup dur à la croissance et au plein
emploi des pays occidentaux ont été un élément majeur du
déséquilibre économique des pays industrialisés et
simultanément de l’évolution du monde vers une situation
bien différente de celle de l’après-guerre et des
indépendances des pays du Sud.
Le monde allait connaître une
multiplication des guerres. La chute du mur de Berlin
consécutive à l’effondrement du bloc de l’Est, aboutissait
à une remise en cause de l’équilibre de la géopolitique
internationale. La fin de la bipolarisation des relations
internationales imposait dès lors les Etats-Unis
d’Amérique comme la seule superpuissance planétaire.
« Tempête du désert », l’invasion de
l’Irak, en janvier 1991, par les forces alliées aux
Etats-Unis n’était autre que la continuité logique du
« Nouvel Ordre Mondial » (dixit G. BUSH Senior). La
situation mondiale, depuis, n’a fait que s’embourber et
générer guerres, exodes et famines, sans pour autant que
l’ambiguïté de cette guerre contre l’Irak ne mette fin à
« la nuisance du potentiel militaire » de Saddam Houssein.
Seulement, la résolution 660 obligeant l’Irak d’évacuer le
Koweït en fut l’unique succès palpable.
Cette guerre de 1991 fût aussi,
porteuse d’une réelle dévaluation du Droit International
et officialisait davantage les massacres et autres
répressions inhumaines particulièrement au Proche-Orient
et principalement en Palestine, au mépris des multiples
résolutions onusiennes à l’encontre d’Israël. Le
responsable de la tuerie de Sabra et Chatila, aujourd’hui
Ariel Sharon à la tête de l’Etat Hébreu procède encore et
au quotidien à l’épuration du peuple palestinien,
profitant du mutisme des grandes puissances.
C’est donc dans un tel contexte de
violence au quotidien, sur fond de crises, ou aussi la
mondialisation obère les quelques acquis des pays les plus
vulnérables, que débute le troisième millénaire dans une
spirale d’attentats et de guerres aux limites infinies.
L’odieux attentat du 11 septembre 2001
démontrait qu’un degré venait d’être franchi dans les
actions terroristes. Dès lors, la première puissance du
monde veut châtier les coupables et leurs complices. Elle
a stigmatisé certains comme étant des « Etats-voyous ».
Après l’Afghanistan, le démantèlement partiel de « l’Axe
du Mal » et l’occupation de son territoire, suit l’Irak
qui, selon les Etats-Unis, demeure toujours nuisible après
les frappes de 1991 et l’embargo économique imposé dès le
lendemain.
Cependant, cette croisade contre l’Irak
cache d’autres desseins non-avoués, bien que la formation
d’une coalition des forces internationales derrière les
Etats-Unis n’arrive toujours pas « à accorder sa
musique », d’abord diplomatiquement pour parvenir à une
résolution pacifique du conflit, ensuite militairement
pour donner une certaine cohérence à aux forces coalisées
présentées comme ultime solution contre Saddam Houssein.
Alors qu’un consensus semble prévaloir
quant à la nature du régime de Bagdad, l’absence
d’unanimité sur la nécessité du recours à la force, au
sein même du Clan Sécuritaire Onusien, ne peut
certainement pas donner une quelconque légitimité aux
États-unis et à ses alliés pour une invasion de l’Irak, au
regard du Droit International.
Située sur la route du pétrole, à
l’entrée de la Mer Rouge (qualifiée de « Lac arabe » par
certains pays de la région), la République de Djibouti est
devenue, depuis le 11 septembre 2001, un point névralgique
de la géostratégie américaine, dans sa lutte contre le
terrorisme.
Certes, ce choix est une aubaine pour
le régime connaîssant une crise politique, sociale et
financière et considéré comme entouré de repaires
terroristes, notamment en Somalie, au Yémen, au Soudan,
etc…
Par conséquent, Il est certain,
Djibouti est depuis deux ans devenue dans cette partie du
monde à la porte du Moyen-Orient, un poste d’observation
de premier ordre.
Outre la présence des forces françaises
sur le sol djiboutien, d’autres forces s’y sont installées
notamment les Américains, les Allemands et les Espagnols.
En ce moment, dans le cadre de la lutte
contre le terrorisme et de l’imminence de la guerre contre
l’Irak, depuis son arrivée à Djibouti, l’Etat-Major
militaire américain a jugé indispensable d’inviter toute
la presse nationale et internationale, les 15 et 16 mars,
tant au Camp Lemonnier que sur le bâtiment de guerre USS
Mount Withney.
Après le Camp Lemonier, « Réalité »
comme le reste de la presse nationale et internationale a
été conviée sur le navire USS Mount Whitney, poste de
commandement des Forces Alliées dans la Corne de
l’Afrique, par le Major-Général John F. Sattler,
Commandant des forces de la coalition contre le
terrorisme.
Le bâtiment USS Mount Whitney a son
port d’attache à Norfolk, en Virginie. Avec un équipage de
560 personnes, il fut le premier navire de la marine de
guerre US à accueillir des femmes à son bord. C’est une
véritable ville flottante qui dispose d’équipements
électroniques de communication les plus avancés. Capable
de transmettre et de recevoir des données sécurisées de et
vers n’importe quel lieu du globe, ce navire dispose
également de moyens de défense et d’attaque les plus
performants. Avec une autonomie en eau et nourriture pour
une période de 45 jours, sa centrale électrique produit
75000 kw, une énergie capable d’alimenter une petite
ville.
Commandé par le Capitaine David W.
Prothero, ce navire est le Poste de Commandement de la
coalition des forces internationales contre le terrorisme
pour la Corne de l’Afrique, et sous l’autorité du Major
Général John F. Sattler.
Organisateur de cette journée portes
ouvertes de l’armée américaine, le Général Sattler est un
homme qui a accompli une brillante carrière dans la Marine
américaine et y a occupé les plus hautes responsabilités.
Il est titulaire des plus hautes distinctions de ce corps
et son expérience est reconnue. Après avoir été
Directeur-Adjoint des Opérations dans le combat contre le
terrorisme en 1998, il fut muté dans le US Marine Corps
comme Directeur des Relations Publiques. En juillet 2001
il a la charge de Commandant Général de la 2 ème
Division de la Marine au Camp Lejeune avant d’être choisi
en octobre 2002 comme Commandant des forces
internationales dans la Corne de l’Afrique.
C’est avec beaucoup de fair-play que le
Général Sattler a accepté de répondre aux questions de la
presse.
Le contingent américain à Djibouti est
d’un total de 1300 soldats dont une proportion de 20 à 40%
de femmes, selon les métiers. « Notre présence et celle
des forces coalisées de 6 (six) pays à Djibouti obéit,
explique-t-il, à la lutte contre le terrorisme ». Les
forces américaines sont temporairement ici, au maximum 3
ans, comme l’a d’ailleurs expliqué le Secrétaire à la
Défense M. Rumsfeld, lors de sa tournée à Djibouti. Est-ce
la raison pour laquelle, l’armée américaine ne s’est pas
du tout investie dans la construction de dur, préférant
vivre sous des tentes ?
Cependant, se refusant à répondre à
toutes les questions relatives aux finances engagées par
son Etat dans le pays d’accueil, l’armée américaine,
estime-t-il, contribue directement par les aides aux plus
défavorisés et contribuera davantage au bien-être de la
population djiboutienne. D’ailleurs, employant déjà plus
de 400 djiboutiens, l’armée américaine interviendra très
bientôt dans le domaine économique et social, en faisant
des sorties dans la Capitale. Sorties qui serviront à
relever le commerce local et en même temps à permettre aux
soldats d’avoir des relations directes avec la population
du pays hôte.
La mission des forces américaines dans
la région est de quatre ordres :
- Détecter les éventuels terroristes
dans la région,
- Décourager les terroristes, les
traquer,
- Une fois arrêtés, traduire ceux-ci
devant la justice,
- Travailler pour la stabilité de la
région et des membres de la coalition.
Les forces américaines travaillent
directement avec les Etats de la région, forment leurs
soldats et autres services de renseignement dans la lutte
contre le terrorisme. Ils ont déjà formé dans la collecte
de l’information des Djiboutiens, des Yéménites, etc., ce
qui donnera à la coalition la capacité de pouvoir réunir
l’ensemble des pièces du puzzle dans la région, avant de
procéder au démantèlement d’éventuels réseaux terroristes.
« La lutte engagée contre le
terrorisme est une gigantesque mission » affirme le
Général Sattler. « L’armée américaine doit collaborer
avec les pays de la région pour obtenir le maximum
d’informations avant d’entreprendre le démantèlement des
terroristes. Car, répète-t-il, les États-unis ne
peuvent pas jouer seuls les gendarmes partout dans le
monde ». En tant que Commandant des forces alliées, il
s’est rendu plusieurs fois en Éthiopie, au Soudan, en
Érythrée, et dans tous les autres pays de la région.
Concernant un éventuel débarquement des
forces alliées en Somalie, le Général Sattler a précisé
qu’aucun élément de ses forces, ni celles de ses alliées
ne s’est aventuré dans ce pays. Par ailleurs, les
États-unis n’encouragent et n’encourageront pas les forces
éthiopiennes à faire des incursions en Somalie. Par contre
des agences d’information existent partout, mais pas des
militaires.
La Corne de l’Afrique et le Golfe
d’Aden constituent une zone sensible. Les forces
américaines, par la formation des éléments de ces pays,
doivent contribuer à la sécurisation des ports, notamment
celui de Djibouti, auquel une attaque terroriste porterait
un sérieux coup à l’économie.
A la question de savoir si les
divergences importantes sur la guerre contre l’Irak entre
la France et les États-unis remettaient en cause la
coalition des forces dans cette région, le Général Sattler
répond aucunement et que la collaboration avec les
Français resterait intacte, idem pour les autres pays
membres de l’alliance.
Après cette interview du Général
Sattler suivie d’un déjeuner sur le bateau, les
journalistes ont été invités à visiter le centre de
communication ultra-sophistiqué. Le centre nerveux du
navire qui, avec ses 15 spécialistes de tous les domaines,
de la communication à l’ingénierie en passant par la
météorologie, travaillent par équipe sur les données à
envoyer ou à recevoir à travers le monde. Une salle qui
rappelle les films de science-fiction…
La visite a continué sur les matériaux
de détection, d’inspection, d’observation, d’attaque et de
riposte pour prendre fin à 16 heures.
Cette opération portes ouvertes est
intervenue 24 heures avant le fiasco diplomatique des
grandes puissances sur la guerre contre l’Irak. Les
Etats-Unis et l’Angleterre persistent pour affirmer que
l’Irak disposerait d’armes de destruction massive allant
du nucléaire aux armes chimiques. L’heure de Vérité est
venue a estimé le Président Bush, et tout monde s’accorde
à reconnaître qu’il y a eu un échec dans les deux camps,
celui de la résolution pacifique du problème irakien et
celui de l’usage de la force.
Cependant, il est à noter que l’échec
revient d’abord à l’ONU, qui depuis sa création n’a pu
jouer son rôle de régulateur des problèmes mondiaux en
raison des influences des Super-puissances et des
puissances du globe. Etre pour la guerre ou contre la
guerre, les dés sont jetés. La guerre est imminente et
risque de commencer avant le week-end djiboutien, avec
toutes ses conséquences dans la région concernée et dans
le monde.
Déjà, à Djibouti, le peuple s’inquiète
des conséquences économiques.
Nous ne pouvons que regretter que
l’ensemble des solutions pouvant sauver le peuple irakien
n’ait pas été épuisé.
Qu’Allah préserve l’humanité ! Amin.
Communiqué de presse de l’UAD (1)
UNION POUR L’ALTERNANCE DEMOCRATIQUE
(ARD, UDJ, MRD, PDD)
Djibouti, le 15 mars 2003
COMMUNIQUE DE PRESSE
Suite à la décision infondée du Conseil Constitutionnel
rejetant son recours en annulation des législatives du 10 janvier 2003, le
meeting pacifique de l’UAD du 14 mars courant a été, comme prévu, un grand
succès.
En réaction à cette mobilisation générale, le régime a
répondu dès hier soir 22 heures par la provocation en procédant à l’arrestation
du Président du Mouvement pour le Renouveau Démocratique et le Développement
(MRD) M. Daher Ahmed Farah dit DAF.
M. Daher Ahmed Farah est placé sous mandat de dépôt à
la prison centrale de Gabode sous le prétexte des « délits de presse »
suivants : atteinte au moral des troupes et diffusion de fausses nouvelles.
L’UAD dénonce cette arrestation arbitraire ainsi que toutes
les pressions et intimidations dont sont victimes les responsables de
l’Opposition depuis les législatives du 10 janvier dernier.
Assurée de la solidité de son unité d’action ainsi que de
l’inutilité des pratiques répressives cherchant à saboter ses actions
pacifiques, l’UAD :
1) Exige la libération immédiate et inconditionnelle du
Président du MRD, M. Daher Ahmed Farah.
2) Prend à témoin l’opinion nationale et internationale sur
la nature de ce régime ne respectant ni la liberté de la presse, ni les
engagements souscrits dans le cadre de l’Accord de paix du 12 mai 2001, ni le
verdict des urnes, ni enfin les droits fondamentaux de la personne humaine.
L’UAD prendra toutes ses responsabilités face à cette
provocation inacceptable et arbitraire.

Communiqué de presse de l’UAD (2)

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