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Éditorial
LES VRAIS AMIS DES AMERICAINS
Estimant que seule la légalité
internationale devait prévaloir dans le règlement des
conflits interétatiques, la France a donc refusé de
cautionner l’actuelle croisade menée contre l’Irak par les
États-unis d’Amérique et leurs alliés, dont certains ont
choisi l’anonymat. Les dérapages médiatiques de quelques
simples d’esprit et de quelques esprits malintentionnés
n’y changeront durablement rien : cette position de la
France ne fait pas d’elle une puissance ennemie des
Américains. Car les États-unis ont deux types d’amis.
Il y a tout d’abord les vrais, ceux qui
leur sont structurellement, consubstantiellement liés par
un ensemble de données culturelles, économiques et
politiques. Dans ce camp figurent non seulement les
puissances occidentales partageant avec eux les mêmes
valeurs de civilisation, mais aussi tous les États qui, de
par le monde, se trouvent résolument engagés dans la
démocratisation de leurs institutions. Le Sénégal par
exemple, qui ne se prête à aucune surenchère entre
Américains et Français au gré des circonstances. Ceux-là
savent qu’avec la fin de la guerre froide, ils peuvent
compter sur les États-unis pour les aider, en contrepartie
d’une libéralisation politique, à libéraliser leur
économie, avec tout ce que cela peut malheureusement
impliquer comme dictature du marché.
Il y a aussi les faux amis. Ceux qui se
rangent inconditionnellement derrière la puissance
américaine pour des raisons conjoncturelles. Dans cette
cohorte hétéroclite, on trouve des États du Tiers-monde
peu démocratiques cherchant, dans cette alliance, à la
fois clémence politique et retombées financières. Ce n’est
pas le modèle américain qui les intéresse, encore moins sa
défense qui les mobilise : ils saisissent tout juste
l’opportunité offerte par une administration convertissant
en plus-value politique le désarroi légitime d’un peuple
traumatisé par un terrorisme aveugle. Ainsi, chacun sait,
par exemple, que le retour de l’USAID à Djibouti, que le
Chef de l’État présente comme une grande victoire de sa
diplomatie, ne peut masquer l’essentiel : cette agence
américaine d’aide au développement avait dû quitter notre
pays à cause de la mauvaise gouvernance.
Mais les Américains ne sont pas dupes :
ils savent que parmi leurs alliés d’aujourd’hui, il y a
quelques Saddam Houssein en puissance, maintenant leurs
peuples dans un intolérable état de sous-développement
politique et économique. Si jurisprudence il devait y
avoir dans cette affaire, ce serait d’universaliser, par
des voies pacifiques, l’opération « Liberté en Irak »,
afin de faire trembler tous les tyranneaux de la planète.
Afin que l’Organisation des Nations Unies ne soient pas
qu’une simple Organisation des États Unis plus soucieuse
de la stabilité des régimes que du droit des peuples.
Devant cette regrettable démonstration
d’unilatéralisme et de bellicisme, les vrais amis des
Américains ne peuvent qu’être frappés du caractère
prophétique de la lettre ouverte adressée au Président
Nixon le 19 décembre 1971 par André Malraux : « Vous
vous souvenez de notre conversation avec le Général de
Gaule. Vous veniez d’atteindre le pouvoir et vous m’aviez
fait l’honneur de me parler de la politique américaine. Je
vous avais dit : les États-unis sont le premier pays
devenu le plus puissant du monde sans l’avoir cherché.
Alexandre voulait être Alexandre, César voulait être
César ; vous n’avez pas voulu être les maîtres du monde.
Mais vous ne pouvez pas vous payer le luxe de l’être
distraitement. »
Espérons que la légèreté politique à
l’origine de cette croisade n’aboutisse pas à l’ouverture
d’une « boîte de Pandore » aux conséquences
incalculables, dans cette partie du monde comme ailleurs.
Valse des commissaires
ou encore l’art du mouvement au point mort
Les commissaires de la République, chefs de district,
ont vraiment la bougeotte, à tel point que les régions
d’Obock et de Tadjourah ont vu chacune passer trois de ces
représentants de l’État en trois ans ! Faut-il mettre
cette rotation effrénée sur le compte d’un souci
perfectionniste de toujours mieux faire de la part du
régime ? Ou ne serait-ce, plus banalement et
vraisemblablement, qu’une preuve supplémentaire de la
mauvaise gouvernance persistante, sabotant encore et
toujours la seule véritable condition de développement
durable : la mise en place d’une réelle décentralisation ?
La Décentralisation constituait le
volet essentiel de l’Accord de paix signé le 12 mai 2001
entre le gouvernement et le FRUD-armé. Nous
n’entretiendrons pas le lecteur à propos des multiples
violations perpétrées par le régime à tous les niveaux
pour en réduire unilatéralement la portée : ce sujet a
déjà été abondamment traité dans nos colonnes et chaque
citoyen sait de quoi il s’agit.
Le récent changement des représentants
de l’Etat dans la capitale et les deux districts du Nord
nous fournit l’occasion de revenir sur cette importante
réforme voulue par le FRUD-armé, car il donne toute la
mesure de la préméditation gouvernementale quant à cette
violation de l’Accord de paix comme de la mauvaise volonté
du régime peu soucieux de promouvoir la compétence car
tout aussi peu soucieux de sortir les régions de leur
actuel état d’abandon.
Tout d’abord, une question peut
légitimement se poser : les districts d’Obock et de
Tadjourah sont-ils à ce point difficiles à gérer pour être
victimes d’une rotation si rapide de leurs commissaires de
la République ? Car enfin, quelle peut vraiment être
l’œuvre d’un Chef de district ne séjournant qu’une seule
année dans sa région d’affectation ?
La gestion du quotidien, et encore :
quand on connaît la faiblesse de l’administration dans ces
districts et le dénuement dans lequel ils se trouvent, il
est bien évident que les administrés n’attendent aucun
miracle des représentants de l’Etat aussi démunis.
D’autant plus que, quelle qu’aurait été
l’ambition personnelle, somme toute légitime, d’un
commissaire désireux de laisser une empreinte positive, il
est volontairement mis par le pouvoir central en situation
d’impuissance. N’ayant à sa disposition que le strict
minimum pour verser les salaires de ses rares agents, il
ne peut initier aucun projet de développement régional
durable parce tout simplement ce n’est pas ce qui lui est
demandé.
Il suffit, pour s’en convaincre, de
penser à tous les problèmes que ces Chefs de district
rencontrent dans leur souci de consciencieusement tenir à
jour les registres d’état civil ou de recenser tous ceux
de leurs administrés cherchant vainement à obtenir leurs
cartes d’identité nationale.
Surtout que les habitants de ces
régions durement affectées par le conflit savent
pertinemment que les programmes de réhabilitation et
d’indemnisation tardent à venir, depuis 1995 pour
certains, parce que le régime, conformément à sa politique
de la misère, ne semble apparemment pas en voir la
nécessité.
En second lieu, il est révélateur de
relever à quel point, bien que son inefficacité ait été
largement démontrée, même à l’occasion du pompeux « séminaire
sur l’action gouvernementale », l’organisation
territoriale héritée de la colonisation (c’est-à-dire, un
modèle d’action autoritaire ayant peu de considération
pour le libre choix des administrés) continue d’avoir la
préférence du régime.
Alors que la puissance coloniale
sélectionnait ses administrateurs dans un corps spécifique
et spécialisé, il est remarquable que l’État djiboutien
n’ait absolument pas cherché à mettre sur pied un
véritable corps d’administrateurs dotés d’une formation
spécifique. Vingt-cinq ans après notre Indépendance, la
nomination de commissaires issus d’autres secteurs
administratifs ( quand cela est le cas) et n’ayant
pratiquement aucune compétence dans l’administration
territoriale, démontre à quel point l’aménagement
décentralisé du territoire et la prise en compte
effective, à la base, des aspirations régionales,
constituent la dernière préoccupation du parti au pouvoir.
Cette constance à accorder le monopole
des décisions au seul pouvoir central est la preuve que
les mentalités du parti unique conditionnent encore les
pratiques gouvernementales.
Ce qui est amplement démontré par le
bilan négatif des « conseils régionaux » dont le mode de
(non) fonctionnement s’explique par le fait que leurs
membres sont nommés par l’Exécutif et non pas choisis par
les administrés : ils n’ont de compte à rendre qu’à une
instance qui ne leur demande rien ! C’est pour cela que
les administrés attendent en vain un quelconque rapport
sur les réalisations de ces « conseils régionaux » :
circulez, il n’y a rien à voir !
Enfin, il n’est pas étonnant que, dans
ces conditions, les élections régionales promises pour le
mois prochain, soient apparemment reportées à des jours
meilleurs pour le régime : après sa cuisante défaite aux
législatives du 10 janvier dernier, il est improbable que
la mouvance présidentielle prenne aussi rapidement le
risque d’un nouveau et massif désaveu populaire. Non
seulement parce que le Peuple n’a pas fait son deuil de sa
victoire en se résignant à la spoliation dont les listes
de l’UAD ont été victimes, mais surtout parce le mobile de
cette spoliation se profile à l’horizon : la
présidentielle de 2005. La mouvance présidentielle n’a été
décrétée « victorieuse » que pour assurer la victoire de
qui elle s’autorise !
C’est pourquoi les administrés d’Obock
et de Tadjourah n’attendent aucun miracle de cette
rotation des commissaires de la République, chefs de
district : quand le régime méprise leur volonté en
détournant aussi frauduleusement le verdict des urnes, il
y a tout lieu de penser que son représentant dans le
district ne sera pas « atypique » et ne dérogera
pas à cette ligne de conduite gouvernementale.
Autant que la volonté populaire, c’est
le développement des régions qui est victime de la chasse
aux sorcières sectaire ou de la tombola partisane qui
président à la disgrâce des uns ou à la promotion des
autres.
En effet, cette « restructuration
» ne s’est pas faite dans un souci d’efficacité : à
voir ceux qui ont été promus, on peut se demander quels
services opaques ils ont rendus au régime, alors que ni
leur bilan passé ni leur action présente ne plaident en
leur faveur.
Quant à ceux qui ont été « remerciés
», ce n’est pas toujours leur incompétence qui est en
cause, mais souvent leur manque de zèle, à un moment où le
pouvoir avait particulièrement besoin de leur coup de main
partisan. tout cela démontre bien qu’en haut lieu les
considérations sectaires et l’esprit de coterie priment
sur la compétence et l’intégrité dans les nominations et
les punitions des agents de l’État. Dans les semaines qui
viennent, nous aurons l’occasion d’apprécier à sa juste
mesure l’amélioration des conditions de vie des habitants
des districts d’Obock et de Tadjourah, à la lumière
ténébreuse de l’entrée en fonction de leur commissaire
respectif. Chacun connaît les heureux promus : celui
d’Obock est un enfant du pays qui n’a absolument aucune
connaissance de l’administration territoriale.
Comme celui de Tadjourah, anciennement
à Obock, où il n’a visiblement laissé aucune réalisation
digne d’être mentionnée : La Ville Blanche, frondeuse par
nature, sait bien qu’étant un des leurs, son nouveau
commissaire ne lui apportera aucune amélioration concrète,
malgré sa bonne volonté. Tout juste lui sera-t-il demandé,
dans la logique policière qui prévaut, de mieux «
quadriller » les habitants de la région pour le compte du
parti unique. L’ancien commissaire, dont la compétence
professionnelle et l’implication personnelle étaient
largement reconnues aurait, semble-t-il, été sacrifié par
pure animosité épidermique de certains représentants de la
« nouvelle génération ».
Enfin, à Djibouti ville, qui peut
sérieusement penser que l’ancien trésorier payeur général
du Trésor Public durant les années fastes du régime,
contribuera mieux que son prédécesseur à la salubrité et à
la prospérité perdues de notre Capitale ? Là aussi, plus
que les qualités de gestionnaire d’une Capitale, ce qui
semble être attendu du nouveau Chef du district de
Djibouti, c’est qu’il contribue, du haut de son piédestal
inespéré, à rallier les mécontents de sa « mouvance »...
de plus en plus nombreux.
C’est à ce gâchis de nos rares
richesses naturelles et ressources humaines qu’il est
urgent de mettre fin. L’UAD s’y emploie résolument.
Brèves nationales
La rue djiboutienne en effervescence : qui manifeste
contre qui ?
Depuis que la rue des pays arabes a
décidé de protester contre la guerre en Irak, les
autorités djiboutiennes qui, d’habitude, ont une peur
panique de toute manifestation de rue, ont-elles, elles
aussi encouragé une petite marche contre l’agression
anglo-américaine ?
Cette petite manifestation a eu lieu en
fin de matinée dimanche 23 mars 2003 et les médias
officiels l’ont largement couverte. Le lendemain, ce sont
quelques centaines de jeunes qui ont récidivé en
s’attaquant aux forces de l’ordre à l’avenue Cheik Houmed.
Dans une riposte disproportionnée, ces
dernières auraient fait usage de gaz lacrymogènes et de
balles réelles. Bilan : plusieurs blessés, dont deux
sérieusement, hospitalisés au service de réanimation de
Peltier.
Dans la journée de mardi, les
collégiens sont redescendus dans la rue en brûlant des
pneus et en jetant des pierres contre les policiers de
plus en plus nerveux.
Cette fois-ci, la guerre en Irak ne
semble plus constituer la préoccupation première de ces
jeunes et le pouvoir s’inquiète… des débordements d’une
manifestation qu’il ne contrôle plus. L’insécurité
reprend-elle ses droits ?
Les retraités du GCF de nouveau sans pension.
Les retraités de l’ancien Groupement
Nomade Autonome (GNA) devenu Groupement Commando des
Frontières (GCF) au lendemain de l’Indépendance, se
retrouvent aujourd’hui sans pension.
Après avoir fait valoir leur droit à
pension au terme d’une longue bataille administrative
auprès des autorités djiboutiennes et françaises, ces
dernières ayant fait admettre à l’Etat djiboutien ses
obligations envers les anciens du premier corps de
serviteurs locaux en armes de ce qui deviendra la
République de Djibouti.
Voilà donc que ces pensionnés, au
nombre de 644 ( retraités et veuves) se voient à nouveau
nier leur droit à pension par la Caisse Nationale de
Retraite, la CNR. Cela fait maintenant plus de cinq
trimestres impayés. Les intéressés ont saisi et ressaisi
le Premier ministre, le Ministre de l’Emploi et de la
Solidarité Nationale, le Ministre des Finances, ainsi que
le Chef de l’Etat. En vain, aucune réponse n’est venue.
C’est tout simplement incompréhensible, car ces pensionnés
ont régulièrement cotisé des années durant et ont
légalement droit à pension. D’où leur cri de détresse que
nous relayons dans ces colonnes.
Obock : grève du personnel soignant
La malheureuse ville d’Obock, depuis
longtemps oubliée par le pouvoir djiboutien, n’en finit
pas de compter ses problèmes : chômage, précarité,
enclavement, insalubrité constituaient déjà son lot
quotidien. A ces difficultés de vivre est venue s’ajouter
depuis plus de dix jours, une grève du personnel de santé
du seul véritable dispensaire du district.
Dans l’indifférence générale, les
Obockois ne sont donc plus soignés et les ruraux des
alentours s’inquiètent aussi de cette situation. Le
personnel médical aurait déclenché cette grève pour
l’amélioration de ses conditions de travail exigeant,
entre autres le paiement des primes de garde non versées
des mois de septembre, octobre et novembre de l’année
dernière. En outre, leurs salaires n’auraient pas été
versés depuis quatre mois. Mais ils savent bien que cela
n’est pas de la faute de leur Ministre de tutelle.
A l’heure où le régime procède à la
valse des commissaires, plus dans un souci sectaire que
d’efficacité, les Obockois continuent de souffrir plus que
jamais de la mauvaise gouvernance. Nous demandons aux
pouvoirs publics de se pencher sérieusement sur la
détresse du personnel de la santé et, par voie de
conséquence, sur les malheurs d’Obock, ville plus que
jamais enclavée et sinistrée.
Randa-Day : week-end présidentiel politico-bucolique
Initialement prévue pour la première
semaine de janvier 2003, et reportée en raison des
difficultés du camp gouvernemental dans cette région,
l’inauguration du projet d’adduction d’eau du Day aura
finalement lieu le jeudi 27 mars. Une nuée de courtisans
et autres carriéristes accompagnent le Président de la
République pour marquer l’événement. Dans la foulée, la
centrale électrique de Randa sera mise en service. Le
pouvoir, qui a été sévèrement sanctionné dans cette région
aux dernières élections législatives, espère y redorer son
blason, mais rien n’est moins sûr. Ce sont de véritables
décentralisation et réhabilitation qu’attendent les
populations qui ont souffert du conflit.
Elles savent que leurs problèmes ne
seront pas résolus en ce week-end de fête et de bakchich
annoncée, mais par une politique volontariste de
reconstruction à l’échelle de toute la région de
Tadjourah. Après la déroute de ses partisans au Day et à
Randa, le Chef de l’Etat semblait mécontent de ces
localités ; son timide retour à Arta, où il ne se rendait
plus depuis trois ans, était présenté comme un abandon de
son pharaonique projet (agropastoral ?) du Day.
Le week-end prochain, nous en saurons plus.
La LDDH enfin légalisée.
La Ligue Djiboutienne des Droits
Humains (LDDH), fondée le 9 mai 1999 et qui fonctionnait
jusqu’à présent sur la seule base du récépissé délivré par
le ministère de l’Intérieur le 26 décembre 2001, vient
enfin d’être officiellement légalisée par insertion au
Journal Officiel du 31 décembre 2002, curieusement mis en
vente en février 2003. Pauvre administration !
Nous félicitons très sincèrement son
Président pour cette légalisation tardive, tout en
l’encourageant à poursuivre sans relâche son juste combat
pour le respect des droits de l’Homme dans notre pays.
La
Jeunesse de Tadjourah nous écrit
Nous avons reçu le sympathique courrier
qui suit de nos jeunes militants de Tadjourah, résolument
déterminés à faire activement respecter le verdict des
urnes.
LA VILLE BLANCHE ET SA JEUNESSE
100% UAD
La Ville-Blanche est plus que jamais
déterminée à soutenir l’espoir de tous les Djiboutiens,
dans leur Combat pour sauver notre Pays qui est malade de
sa classe politique dirigeante.
La Ville-Blanche a dit OUI ! au
programme de l’UAD et à ses dirigeants, conduits par le
Père de la Nation, Ahmed Dini, et par l’espoir de la
Jeunesse djiboutienne, DAF.
La Ville-Blanche et toutes les
localités de l’Intérieur, Sagallou, Randa, Ideyta, Day,
etc. ont dit NON ! aux mensonges de l’UMP et à leurs
dirigeants qui distribuent des T-shirts et du khat.
La preuve : les programmes de l’UAD est
toujours affiché sur tous les murs et les poteaux de la
ville. Par contre, l’UMP n’a affiché aucun programme, à
part les photos de ses six candidats. On ne trompe pas le
Peuple avec des photos. Le problème de la jeunesse ne se
résout pas avec des T-shirts et du khat, ce que Dilleyta
ignore encore.
Aujourd’hui, plus de 60% de la Jeunesse
a moins de 25 ans, ce ne sont pas les chefs coutumiers que
M. Dilleyta a convoqués à la résidence du Sultan qui
comprennent les problèmes de la Jeunesse du 21ème
siècle.
Dilleyta se trompe encore quand il
n’écoute pas les doléances de la Jeunesse, qui représente
plus de la moitié de la population.
D’ailleurs, il n’a rien à dire, si ce
n’est que pour apporter son emballage de mensonge. La
Ville-Blanche et sa Jeunesse, dans toutes les localités de
l’Intérieur, soutiennent l’UAD à 100%.
Comme l’a dit le très dynamique
président du MRD, DAF, vive la Ville-Blanche ! Vive cette
belle Jeunesse.
Nous vous réserverons toujours un
accueil aussi chaleureux.
La Jeunesse de Tadjourah
**
Réponse : Merci pour ce dynamique
message de soutien, qui est bien celui d’une Jeunesse dont
la mobilisation constante au service du changement fait
l’admiration de tous nos concitoyens. Nous vous
encourageons à poursuivre votre juste combat, qui est le
notre, en faveur de toute la Jeunesse de notre pays, pour
un avenir meilleur aux côtés des forces du changement que
sont l’ARD, l’UDJ, le MRD et le PDD. L’UAD est fière de sa
Jeunesse et reste convaincue que l’avenir lui appartient.
Nous vous rendrons bientôt visite.Vive la Jeunesse verte
de l’UAD ! LA REDACTION
Courrier des lecteurs : à l’Est de la Syrie
Je suis un universitaire djiboutien et
bien qu’opposant, je ne milite pas activement à l’ARD.
Pourtant, je suis lecteur assidu de votre organe de presse
qui, quoique politiquement situé, n’en garde pas moins la
mesure dans les propos et une distance dans le traitement
et l’analyse des informations. Je vous serais
reconnaissant d’insérer dans vos colonnes, au cas où vous
l’estimez digne, ce point de vue qui n’engage que ma
petite personne.
S’adressant à l’Amérique et au monde,
le 43ème Président des Etats-Unis
d’Amérique, dissertant sur la lutte contre le terrorisme,
parle de « croisade ». Lapsus linguae révélateur d’une
intention inconsciente ? Que nenni ! Il s’empresse
d’expliciter sa pensée, à l’occasion de la visite d’une
mosquée, dans un speech œcuménique destiné à rassurer les
américains de confession musulmane.
Au lendemain de l’odieux attentat au
Boeing contre les tours du World Trade Center, ils étaient
nombreux, les WASP (White Anglo-Saxon Protestants) plutôt
bon chic que bon genre, à manquer de discernement dans une
réaction de vengeance contre les supposés complices
confessionnels de ce crime contre l’humanité. Quelque
temps plus tard, avec l’aval et la bénédiction de l’ONU,
et la solidarité agissante de l’opinion publique
internationale, les Etats-Unis sous mandat et vote unanime
du conseil de sécurité, ont défait le seul soutien et
asile officiel d’Al Qaïda dont l’écrasante majorité des
membres sont parqués à Guantanamo et traduits en justice
sous l’unique instruction du juge militaire américain.
La poignée encore en fuite continue
d’être à juste titre pourchassée et traquée dans la
région. Fort bien ! Depuis cinq jours, les mêmes
Etats-Unis d’Amérique sont engagés dans une guerre
disproportionnée et hors légalité internationale contre
l’Irak. Contre l’Irak seulement ?
Cette question mérite d’être posée au
regard des prétextes invoqués pour le déclenchement de
cette guerre (liens avec Al Qaïda, désarmement d’un Etat
qualifié de voyou possédant des armes de destruction
massive, mais aussi et sans rire la « libération de
l’Irak). Si l’on suit cette logique, cette guerre devrait
s’étendre de manière indéfinie dans le temps et
géographiquement illimitée à tous les Etats remplissant
ces vagues critères (ils sont nombreux) ou susceptibles de
les remplir (encore plus nombreux !)…
A Djibouti, nous serons certainement
les derniers à regretter la plus que probable disparition
du parti Baas et de son chef en Irak. Ne serait-ce que
parce que nous avons failli en être victimes au tout début
des années 90, suite à la signature d’un accord secret (Baas/RPP)
portant sur la circulation transfrontalière et le « règlement
des problèmes de nationalité ».
Cela peut paraître aberrant, car même
si les progrès technologiques (Internet, satellites,
téléphones cellulaires, diffusion radiotélévisée des
informations en temps réel) ont fait de notre planète un
petit village, elles n’en ont pas modifié pour autant la
distance géographique entre la Mésopotamie et la Corne
orientale de l’Afrique… Il n’y a pas, que l’on sache,
d’Afars ou Somalis nomadisant sur les rives fertiles du
Tigre et de l’Euphrate, pas plus qu’il n’y a de chiites ou
de Kurdes, menaçant la stabilité de Djibouti. Alors que
signifiait cet accord sur la circulation
transfrontalière ?
Le RPP, qui ne manque pas de suite dans
les idées récidivistes a, au surlendemain de la chute du
DERG, signé avec l’Ethiopie un accord de défense (secret
comme il se doit) portant après quelques volets
conjoncturels sur la « circulation transfrontalière et
le règlement des problèmes de nationalité ».
Décidément !
L’avant-veille de l’ultimatum, Saddam
Houssein lance un appel à la guerre sainte. Appel au
Djihad ? Lui ? Ridicule ! Il a tué à lui seul, chez lui et
à ses frontières, davantage de musulmans (sunnites et
chiites confondus) que n’en ont tué les Croisés lors des
guerres religieuses.
Vendredi dernier, à l’occasion d’un
prêche enflammée contre « les coalisés », un imam égyptien
a crû reconnaître dans la pénétration des chars Abrams en
territoire irakien, le déluge de bombes sur Bagdad et
l’ « arrogance mécréante de Bush fils »,
l’apparition de l’Antéchrist !Citant à l’appui de ses
imprécations un hadith du Prophète (PSL) qui aurait prédit
que l’Antéchrist apparaîtrait « à l’Est de la Syrie, sur
la route de l’Irak.. »
Ces discours va-t’en-guerre du
Président américain, le bellicisme ciblé des faucons
américains, ouvrent la porte à toutes les interprétations,
tout comme les prêches défensifs des imams emportent à
tort ou à raison l’adhésion d’un grand nombre de musulmans
à travers le monde. Le tout étant favorisé par la perte de
repères consécutive à la fin de la guerre froide. Sachons
raison garder !
Car il suffit d’ouvrir l’œil, le
lucide, et le garder ouvert, pour s’apercevoir que les
enjeux de cette guerre sont ce que l’on veut sauf
religieux et intemporels.
Il suffit, pour s’en convaincre,
d’observer les professions de la palette d’experts appelés
à la rescousse par les médias (les seuls que nous
entendons pour d’évidentes raisons linguistiques) pour
éclairer de leurs commentaires l’Histoire immédiate. Il y
a là des économistes, des experts militaires, des
orientalistes,… mais le plus sollicité de tous, et ce
n’est pas fortuit, est sans conteste Pierre Terzian, qui
dirige la revue spécialisée intitulée « Pétrostratégies ».
Lors de la première conférence de
presse accordée à Doha, capitale du Qatar, par le général
Tommy Francks, chef d’état-major interarmes de la
coalition, on apprend au détour d’une réponse, que cette
guerre était sérieusement « étudiée par le Pentagone »
depuis quelques années, en clair juste après le 11
septembre.
Programmée depuis belle lurette, cette
guerre obéit donc à des impératifs politiques différents,
mais complémentaires, de deux puissances. La seule
puissance militaire (nucléaire) dont les fondements
idéologiques menacent la stabilité de la région et du
monde : Israël. Et bien sûr la seule superpuissance qui
compte, les Etats-Unis (contre qui ?), protecteurs
inconditionnels de la première.
Israël, obnubilé par sa sécurité,
cherche par tous les moyens à détruire son ennemi
palestinien (qu’elle s’est créée) et à neutraliser ses
soutiens politiques réels ou supposés qu’elle multiplie de
façon exponentielle par son intransigeance et sa paranoïa.
Pour ce faire, elle a détruit une centrale nucléaire
énergétique (Osirak) à Tamuz, pulvérisé dans la banlieue
de Tunis le quartier général de l’OLP qu’elle a chassée
quelques années plus tôt de Beyrouth. En toute illégalité,
en toute impunité ! Il est vrai que c’était du temps de la
guerre froide. Secrètes, minutieusement préparées et
surtout diaboliquement efficaces, ses opérations avaient
au moins le mérite (la guerre froide aidant) de ne pas
entraîner le reste du monde dans une guéguerre perdue
d’avance.
Pour en revenir à notre sujet, Israël
n’a jamais fait mystère, afin d’élargir son périmètre de
sécurité « vital » autour de ses frontières, de ses
intentions de « disloquer les entités étatiques
constituant une menace potentielle pour ‘’Eretz Israël’’ ».
De là à insinuer que cette guerre fut inspirée aux
Etats-Unis par l’Etat sioniste, il y a un pas que je me
garderai bien de franchir.
Et les Etats-Unis ? Pourquoi
s’engagent-ils dans cette guerre ? L’ivresse (qui confine
à la folie) des grandeurs, avec le sentiment, l’illusion
d’invulnérabilité qu’elle procure chez tous les puissants
qui y cèdent ? Peut-être ! Mais pour rester objectif, il y
a aussi et surtout cette odeur (enivrante il est vrai) du
pétrole et le pouvoir d’en maîtriser directement ou
indirectement la production, c’est-à-dire l’offre, donc
d’influer ( à la baisse bien entendu) sur son prix (à la
pompe, la facture énergétique du plus industrialisé des
pays.
Ainsi, nous apprenons en pleine guerre
qu’un appel d’offres de 900 millions de dollars américains
est d’ores et déjà lancé à l’appétit des seules sociétés
américaines pour l’extinction des puits de pétrole en feu
dans le Sud de l’Irak sous contrôle des coalisés.
Pour ce qui est de la future
reconstruction de l’Irak, nul doute que les compagnies
américaines sont en pôle position pour s’adjuger ce
marché.
A.M
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COMMENTAIRE
A quelques réticences près relatives
aux références religieuses, il nous semble que votre
analyse ne manque pas de pertinence. Merci donc de votre
aimable contribution, en souhaitant que notre destin
national vous inspirera tout autant que la situation
internationale. Avec ou sans référence religieuse.
LA REDACTION
Guerre entre les images de guerre
Tout événement, du plus anodin au plus
dramatique, n’existe pour la conscience qu’en fonction de
la construction, de la mise en scène, qui lui confère une
visibilité : la médiatisation de l’actuelle guerre contre
l’Irak n’échappe pas à cette loi. Si la couverture
médiatique de ce conflit a surtout démontré l’absence
d’une télévision francophone de dimension internationale,
il est bien évident que chaque partie, en conflit ou
spectatrice (engagée), présente au téléspectateur des
facettes présélectionnées d’une réalité complexe : selon
quels critères ?
Les motivations de la télévision
irakienne ne sont pas difficiles à cerner. Média d’Etat
dans un régime dont le respect du pluralisme audiovisuel
n’est pas la vertu principale, elle est au service d’une
légitime défense contre une agression sans aucune légalité
internationale. En exhibant des cadavres ou des
prisonniers américains, sa mission est donc claire et
double : traumatiser les esprits occidentaux (américains
en tête) en montrant une guerre sale et galvaniser les
masses arabo-musulmanes (dont les siennes) en exaltant une
résistance autant patriotique que religieuse.
Les télévisions américaines ne font
généralement pas plus preuve d’objectivité, tant elles
sont résolument engagées aux côtés de leurs troupes. CNN
en tête, elles cherchent quant à elles à justifier la
guerre en offrant surtout aux téléspectateurs des images
censées démontrer à la fois l’incontestable supériorité
des coalisés, l’attente messianique d’un peuple irakien
opprimé et le caractère chirurgical des attaques répondant
aux impératifs d’une « guerre propre » et du « zéro
mort ». Toute tentative de présentation des faits ne
répondant pas à ces critères est implacablement
neutralisée : les envoyés spéciaux d’une chaîne américaine
l’ont appris à leurs dépens, puisque leurs cassettes ont
été confisquées !
Les médias des parties en conflit ne
peuvent donc être considérés comme des sources fiables
d’information même, en certaines circoonstances
malheureusement, la respectable BBC, jusque-là peu
suspectée de manquement à la déontologie journalistique,
son service somali mis à part, spécialement en ce qui
concerne les informations relatives à notre région.
Pour ce qui est des médias issus de
pays ne participant pas au conflit, on peut les classer en
deux catégories : les grandes chaînes occidentales qui
s’efforcent, autant que faire se peut, de ne pas être
victimes des inévitables manipulations des parties en
conflit, et la nouvelle chaîne «Al Jazira» du
Qatar.
La récente apparition de la chaîne « Al
Jazira » dans l’univers médiatique international
essentiellement propulsée grâce à son monopole sur la
diffusion des cassettes de Ben Laden et de la couverture
de la chute du régime taliban en Afghanistan, constitue
dans ce conflit une source a priori intéressante
pour tout téléspectateur (surtout lorsqu’il ne maîtrise
que la langue arabe) soucieux de diversifier ses sources.
C’est véritablement, dans son traitement spécifique de
l’information, le seul média d’envergure internationale
digne de ce nom dans le monde arabe. Malheureusement, le
quasi-monopole que lui a accordé le régime irakien sur
certains champs de bataille, nuit aux yeux de ses
collègues à la crédibilité de ses images. Bien qu’ « Al
Jazira » ne doive ce privilège qu’au seul souci
irakien de mieux toucher les masses arabophones pour mieux
susciter leur adhésion affective.
Les mondes arabe et ango-saxon étant
relativement bien représentés, la couverture de cette
guerre contre l’Irak a donc mis en évidence une nécessité
absolue : celle de la création d’une télévision
francophone à vocation mondiale, tant dans son
fonctionnement que dans ses centres d’intérêt. Elle
constituerait un renfort inestimable au rayonnement d’une
vision francophone des relations internationales que
cherche à promouvoir la Francophonie et lutterait plus
efficacement contre la marginalisation des locuteurs de
langue française dans l’espace médiatique international.
Mais un tel projet se heurte à un
obstacle de taille : quand on sait que, par déficit
démocratique structurel, certains Etats arabes en sont
venus à fermer leurs ambassades à Doha pour remettre en
cause l’indépendance de la chaîne « Al Jazira », on
est en droit de se demander si un tel média francophone
pourra résister aux injonctions de nombreux Etats
concernés n’accordant pas une telle liberté à leurs
propres médias nationaux. Comme le disait lui-même un
journaliste de cette chaîne, la confrontation démocratique
des idées, déjà largement inexistante dans la culture
arabe, est de surcroît étouffée par la nature des régimes
à dominance patrimoniale.
Pour le moment, les images de guerre en
provenance d’Irak se font la guerre, pour convaincre un
téléspectateur mis, bien malgré lui et souvent en
violation des conventions de Genève relatives aux
prisonniers de guerre, en demeure de choisir entre deux
postures l’une plus inacceptable que l’autre.
Nous aurions préféré nous passer d’un
tel conflit et de telles images, sans oublier enfin de
nous poser la question de savoir si, en définitive, ce
conflit ne sera pas moins meurtrier que l’injuste embargo
onusien qui frappait le peuple irakien depuis plus d’une
décennie.
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