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Éditorial
Brèves nationales
Assises de l’ex parti unique :
Le parti d’un seul homme
Il n’aura donc fallu qu’une matinée de
retrouvailles sans débat pour donner l’illusion d’un parti
au pouvoir existant et travaillant. Ce conclave aura tout
de même permis au Chef de l’État et président de cette
formation de repeindre cette coquille vide à ses propres
couleurs. L’éviction de quelques caciques du Bureau
Politique ne s’est pas faite sans grincements de dents.
Quant aux nouveaux cooptés, il semble
qu’ils avaient été plus choisis pour leur docilité avérée
que pour une efficacité réelle. Ce vernissage démontre
toutefois de manière flagrante que cette formation reste
plus que jamais un parti-Etat sans base populaire, mais
dirigé par les trois plus hauts responsables de l’État.
Loin d’améliorer son influence, ce
rafistolage version présidentielle décrédibilisera
davantage ce club de prédateurs honni par le Peuple.
En attendant sa totale disparition,
cette machine à frauder demeure nuisible et réfractaire au
changement, parce que bassement alimentaire. Fort
heureusement, le parti d’un seul homme est surtout le
parti d’un homme seul ayant fait le vide autour de lui.
Obock :
l’injustice toujours au rendez-vous
Sous le titre « Obock : l’espoir au
rendez-vous », le journal gouvernemental « La Nation » en
date du 3 juillet relatait les festivités du 27 juin dans
cette ville sinistrée et toujours engluée dans des
difficultés sociales incommensurables.
La seule perspective d’amélioration
annoncée par l’article de ce journal d’opinion
gouvernementale concernait la prochaine reconstruction des
habitations détruites (et pillées) par les troupes
gouvernementales au début du conflit civil.
Sachant que ce régime d’esbroufe
cherche à récupérer à son profit les bénéfices de la
générosité extérieure, nous avions quant à nous exprimé
des réserves quant à cette réhabilitation à la réalisation
de laquelle le FRUD-armé et les populations concernées
n’avaient pas été associés. En effet, le projet de
reconstruction des maisons d’Obock, financé par l’Union
Européenne et exécuté par le PNUD, ne concerne qu’un quart
(1/4) des habitations détruites et laisse toute latitude
au régime d’établir sa liste sélective des futurs
bénéficiaires, apparemment sélectionnés sur une base
exclusivement partisane. C’est pour avoir dénoncé une
telle injustice que le Président du Croissant-Rouge
d’Obock, natif du coin faut-il le préciser et donc de ce
fait mieux à même que sa hiérarchie djiboutoise
d’apprécier les réalités de la détresse matérielle de sa
ville natale, a été tout simplement démis de ses fonctions
pour avoir dévoilé ce chantage au dénuement (lire sa
correspondance en page 8).
Il n’est pas nouveau de constater que
sous ce régime d’arbitraire, l’intégrité est un critère de
sanction. Ce n’est pas une nouveauté. Rappelons que dans
le cadre de la préparation de la tournée présidentielle de
février 2002, le directeur de l’école d’Obock, interrogé
par la RTD sur les problèmes scolaire de cette région,
avait déclaré que les élèves du district d’Obock, comme
tous ceux des zones affectées par le conflit, n’avaient
pas bénéficié du soutien scolaire par dérogation
exceptionnelle prévu dans les accords de paix de 1994 et
2001.
A croire que les médias gouvernementaux
jouent principalement un rôle de délateur : pour avoir
exprimé cette dramatique et criminelle réalité, ce
directeur consciencieux a été muté à Djibouti-ville et mis
en marge de l’enseignement pour se retrouver inactif dans
un bureau, affecté à des activités bureaucratiques qui ne
correspondent pas à sa vocation première.
Le régime djiboutien qui, pour des
raisons difficilement compréhensibles pour le bon sens
citoyen, a fait d’Obock son laboratoire d’expérimentation
de toutes les injustices sociales, serait mieux inspiré de
ne pas remuer le couteau dans la plaie : ce sont de telles
injustices qui sont directement à l’origine du conflit
civil de dix ans que le Chef de l’État lui-même avait
qualifié des « dix années les moins glorieuses de notre
Histoire » dans son discours au Palais du Peuple un
certain 12 mai 2001. Tout cela semble bien oublié.
Décentralisation et développement
agropastoral :
Enfin, les masques tombent
Un an après la violation officielle de
l’Accord de paix du 12 mai 2001, le régime récidive dans
la provocation en concoctant unilatéralement un projet de
loi antithèse de la Décentralisation telle que négociée
par le FRUD-armé.
Un séminaire de sensibilisation de la
société civile aux objectifs de cette loi foncière aurait
été programmé pour la deuxième quinzaine du mois de
juillet à Tadjourah.
On s’en souvient, lors de sa maladroite
réponse à un courrier du Président Dini adressé au Chef de
l’Etat, le Premier ministre niait catégoriquement une
quelconque volonté d’expropriation, qualifiant mêmes nos
craintes de « fantasmes ». Un an après, force est de
reconnaître que si la décentralisation tarde à se mettre
en place, une loi néfaste d’expropriation des terres
relevant du droit coutumier est bel et bien en
préparation. Les « fantasmes » décriés par le Premier
ministre commencent à prendre forme politique sous le nom
de loi d’Etat..
Si rien ne nous étonne de la part de ce
régime irresponsable, il reste quand même des
interrogations : qu’est ce qui peut bien pousser le
pouvoir djiboutien à remettre en cause un statu quo
foncier multiséculaire dont personne ne se plaint et qui
n’entrave en rien le véritable développement ?
Pourquoi s’attaque-t-on maintenant à un
pilier de la stabilité pastorale auquel ni le pouvoir
colonial ni le régime dictatorial qui lui a succédé n’ont
porté atteinte ? Après l’échec du développement durable et
d’une réelle décentralisation, s’achemine-t-on cette fois
vers le sabotage officiel de la Réconciliation nationale ?
Dans ces conditions, où va notre pays
dirigé par un « Timonier » devenu tisonnier » ?
Lu
pour vous : Abdourahman Wabéri
DAF, UN HOMME EN QUÊTE D’UN DESTIN
par ABDOURAHMAN A. WABERI, écrivain
Il est rare de rencontrer un homme
lancé sur le sillon d’un destin qui dépasse sa personne
physique et son histoire, un homme en phase avec les
aspirations les plus partagées de son peuple. Un homme qui
ne ménage pas ses efforts, qui n’économise ni son souffle
ni sa salive. Un homme, enfin, qui, contre vents et
marées, tient d’une main ferme son cap. Le cheptel
politique de mon pays est tellement étique que les hommes
qui font métier de la respublica se sont croisés
tant et tellement de fois que les rancœurs personnelles,
les inimitiés d’un autre temps (avant-hier, sous le régime
colonial dirigé par Monsieur Ali Aref Bourhan ; hier, sous
celui orageux de Monsieur Hassan Gouled Aptidon) et les
attachements claniques au-delà du raisonnable brouillent
dangereusement la lecture que l’on peut se faire de leurs
actes et de leurs pensées.
Daher Ahmed Farah, très jeune, s’est
montré attentif au sort d’autrui, aux plus défavorisés
surtout. D’où son intérêt à la chose publique depuis ses
années lycéennes. D’où sa trajectoire professionnelle
heurtée (études de gestion, École de Saint-Cyr, travail à
l’état-major, journaliste, enseignant, écrivain, militant,
chef d’un parti etc.) qui démontre son immense curiosité
et sa grande disponibilité. Il me souvient que ses
adversaires ont insisté sur ce parcours peu commun pour y
voir le signe d’une instabilité psychologique. Il n’en est
rien. Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de rage !
Foutaises, donc. Il m’en souvient aussi DAF est également
romancier, le premier en date dans notre petite république
– même s’il est vrai que Splendeur éphémère est
loin d’avoir révolutionné l’art romanesque, y compris à
Djibouti. C’était une œuvre de circonstance certes, il
fallait la faire. Un point, c’est tout.
Depuis qu’il est rentré au pays, à la
queue des années 1980, tout le monde s’accordera pour
reconnaître que cet homme a beaucoup apporté à notre pays.
Le courage et l’honnêteté exigent qu’on reconnaisse cela,
surtout si l’on est en désaccord avec ses idées
politiques. Ça s’appelle le fair-play.
Enfin, j’ai rencontré cet homme en
quête de destin il y a quelques mois, à Djibouti. C’était
une poignée de jours avant son avant-dernier
embastillement dans la sinistre prison de Gabode. Je l’ai
trouvé plus combatif qu’avant, plus calme aussi. Son
constat après les élections législatives était sans appel,
calmement devrais-je ajouter. Relisons ces quelques lignes
extraites de sa Lettre à la jeunesse djiboutienne :
« Ces souffrances sans nom [celles du peuple
djiboutien, s’entend] ne sont pas tombées du ciel, pas
plus qu’elles n’ont surgi du sol. Elles sont le produit
d’un régime et de son système de gestion des affaires
nationales. Elles sont les conséquences directes de l’alimentarisme
de nos gouvernants qui allient absence de vision
politique, cupidité, inertie et autres agissements
fossoyeurs. C’est le fait de ces hommes et femmes dont le
principal souci est de se servir de leur pays pour
eux-mêmes au lieu de le servir au mieux de l’intérêt
général.
Nos souffrances sont, en un mot, le
prix que nous payons pour la prospérité exclusive de la
poignée d’individus qui prétendent nous diriger. Nous
souffrons et ils prospèrent sous nos yeux sommés de suivre
en spectateurs captifs leur spectacle qui relève
ridiculement du troupeau insatiable.
Mais, pour graves qu’elles soient, ces
souffrances ne sont pas insurmontables. Nous pouvons les
faire refluer jusqu’à totale disparition. C’est tout à
fait possible. Mieux, cela ne dépend que de nous.
Pour y parvenir, refusons d’abord de
renoncer. Ne nous laissons pas impressionner par le
spectacle suranné des pâturants. Gardons la tête froide
pour réagir avec méthode et résolution.
Une fois chassé le sentiment de
découragement qui fait le lit de la résignation,
disons-nous chacun que nous ne sommes pas seuls.
Répétons-nous que c’est tout un pays qui doit trouver son
salut, que la quasi-totalité des Djiboutiennes et
Djiboutiens aspirent aujourd’hui au changement salvateur.
Pourquoi ? Parce qu’il est psychologiquement réconfortant
de ne pas se savoir seul. »
Qui pourrait honnêtement soutenir le
contraire ? Quel Djiboutien/ne n’a pas, dans le secret de
sa conscience, proféré les mots pour lui/elle-même, pour
se convaincre qu’il/elle était en vie et en pleine
possession des facultés intellectuelles ? Combien de
privilégiés d’un instant dormiront tranquilles après ses
paroles qui forent loin la conscience de chacun ?
Ce que d’aucuns n’osent pas encore en
rêver, Daher Ahmed Farah le dit et l’écrit. C’est bien
cela son seul crime. Que nous dit-il encore ? Eh bien
ceci :
« À tous, je remémore que ce régime est incroyablement
fragile et qu’il ne tient que par notre déficit de
résistance collective. Très sincèrement, ce pouvoir est
tout de faiblesses. Osons l’effort qui sauve.
Alors ACTION ! ACTION ! ACTION ! Sous
toutes ses formes constructives.
La lutte continue… »
Ce lundi 16 juin 2003, cet homme
affrontera à nouveau son destin… dans la cour d’un palais
de Justice. Cela nous concerne tous.
Bien citoyennement
A.A.W.
COMMENTAIRES : l’engagement aux
côtés des forces du progrès et de la résistance du plus
connu de nos écrivains constitue, à n’en pas douter, une
contribution importante. Comme l’écrit Abdourahman Wabéri,
DAF « affrontera à nouveau son destin… dans la cour
d’un palais de justice » :ce mercredi, il doit
comparaître devant les juges, la partie civile ayant
décidé de faire appel.
Droit de réponse de M. Eleyeh
PETITION CONTRE LA BCI-MR : Réaction
irréfléchie ou face cachée de « Réalité » ?
Notre article consacré aux déboires que
connaît actuellement une grande banque de la place avec le
régime (sous couvert d’une pétition dont le journal
gouvernemental « La Nation » s’était fait l’écho) nous a
valu un long droit de réponse d’un lecteur s’étant
présenté comme membre d’une association de défense des
consommateurs. Si nous laissons nos lecteur juges de
savoir s’il existe une « face cachée de Réalité », nous
avons estimé utile de reproduire intégralement ce droit de
réponse, même si son auteur nous ayant demandé de
préserver son anonymat, ce que, connaissant la nature
répressive du système en place nous avons accepté. Ceci
par souci de susciter un débat constructif autour de la
seule question que pose ce sujet : existe-t-il à Djibouti
une réelle société civile autonome, dont les différents
segments sont capables de défendre leurs intérêts contre
tous les abus quotidiens de ce régime autocratique ?
L’arrivée de votre journal dans le
paysage méditico-politique, a été pour tout citoyen
détestant le mensonge et les flagorneries, l’espoir de
voir un jour la fin d’un système monolithique qu’on peut
qualifier de «mafio-cratie ».
Dans une mentalité locale, où les
retournements de veste, la sauvegarde des positions
partisanes et particulières, ont biaisé l’environnement
politique, il serait réconfortant pour nous, simples
citoyens, que les hommes qui prônent une autre vision,
adoptent une démarche courageuse et cohérente pour les
multiples «campagnes de discrédit » menées par le pouvoir
en place.
Je suis un fidèle lecteur du Renouveau
et de Réalité car ces deux journaux préconisent le
changement et la fin d’un système politique dont l’issue -
si rien ne fait - nous conduira vers un non état et une
anarchie à la somalienne.
Au delà de la sympathie politique que
j’ai pour votre journal, j’apprécie énormément votre style
et vos références qui tranchent avec les smicards de la
«plume gouvernementale ».
Ceci dit, j’ai été attristé voire peiné
que « mon journal » fait sien des méthodes des mercenaires
de la plume locale. J’ai été consterné de voir dans
l’édition du mercredi l8 juin 2003, un article intitulé
«La mauvaise gouvernance contre la BCI-MR».
Dans ces lignes, vous fustigiez et pire
encore vous ironisiez sur la réaction d’une société civile
sans défense face au diktat de la BCI.
L’article paru sur « La Nation » auquel
vous faites allusion, a été apprécié par tous les
signataires de la pétition nationale, toute confession
politique incluse.
Je ne crois pas que ce soit une « plume
gouvernementale » qui l’a produit comme vous le devinez
mais un jeune et courageux journaliste qui a servi d’écho
amplificateur aux contestations murmurantes et susurrantes
des clients de cette banque, moi le premier.
Son seul crime est peut-être d’avoir
écrit sur « La Nation», journal fonctionnant avec les
frais de contribuables mais réduit au rôle propagandiste
et hagiographique d’un pouvoir qui n’est pourtant rien
d’autre qu’un accident de l’histoire et restera sûrement
demain comme une anecdote dans la mémoire citoyenne.
Cette façon de disqualifier par avance
sans débats ni discernements, ressemble beaucoup au
terrorisme de la pensée unique et inique que le pouvoir
actuel nous impose depuis plus d’un quart de siècle.
En méditant sur votre réaction, je ne
peux m’empêcher de me remémorer ces mots d’un grand
journaliste «A pensée unique, pensée unique et demie:
je te combats en t’ignorant à l’abri d’une superbe
solitude où je n’entends que mon écho et ne voit que mon
image».
C’est ainsi que nous vivons de curieux
temps, de révision et d’inversion, de mensonges et
d’impostures, où les mots sont vidés de toute vérité, où
la liberté d’expression devient une dictature quotidienne,
où la démocratie se dévoile en néototalitarisme.»
Sincèrement, j’ai été plus que surpris
voire même choqué par votre réaction intempestive. Au
fond, je me demande d’où vient l’allergie du journal «
Réalité » ? Est-ce un des journaliste, qui a des intérêts
à défendre à la BCI ou est-ce la ligne éditoriale qui joue
la BCI contre les citoyens ?
Si la société civile s’organise en
association des consommateurs pour défendre leurs intérêts
y compris contre une banque, en quoi elle vous dérange?
Chaque chose a un début, demain peut
être cette organisation embryonnaire d’une société sans
boussole pour l’instant, dénoncera les insuffisances de
l’État et demandera des comptes aux responsables
politiques.
Alors, pour votre crédibilité et pour
tous ceux qui croient à l’alternance (dont moi-même), il
serait temps que « Réalité » cesse de faire le sniper
embusqué qui se trompe de cible. Citoyennement.
Ileyeh
*
QUESTION A LA REPONSE
Défenseur des consommateurs : un don qui
choque ou un Don Quichotte ?
Croyant à un regrettable malentendu,
nous avons failli être agréablement surpris, presque sur
le point de rêver d’une mobilisation citoyenne qui ne soit
pas, pour une fois, instrumentalisée par le régime. En
effet, nous n’avions pas saisi la raison de ce droit de
réponse car, en ce qui concerne la pertinence d’une
association de défense des consommateurs, même vis-à-vis
d’une banque, nous pensions avoir été précis : « Quant
à affirmer que les clients « exigent un peu de
considération. Ils entendent se constituer en une
association des consommateurs pour faire respecter leur
intérêt », c’est une excellente nouvelle : à quand
alors la défense des usagers d’une Voirie défaillante à
cause de la mauvaise gouvernance, des fonctionnaires
auxquels l’Etat n’est même pas capable d’assurer un
salaire mensuel ? ».
Ce que vous avez compris comme ironie
n’était qu’un vœu sincère de notre part. Tout le problème
est donc là : si l’altruisme qu’implique la défense
d’intérêts généraux (dans le cadre d’une association au
service des consommateurs par exemple) ne nous a jamais
semblé « un don qui choque », le procès d’intention que
vous nous intentez nous amène à nous poser une question. A
savoir : par votre démarche en faveur d’une pétition, ne
seriez-vous pas en train de renouveler le personnage de
Don Quichotte ?
Permettez-nous, tout d’abord, de vous
rafraîchir la mémoire. Dans les années 70, une boulangerie
de la place vendait aux djiboutiens du pain impropre à la
consommation parce fait à partir d’une farine dans
laquelle les charançons pullulaient. Pour mettre un terme
à ce scandale, il a fallu qu’une certaine presse enquête
puis, s’en fasse l’écho. Ce journal, vous vous en doutez,
ce n’était pas « Le Réveil de Djibouti », organe de
l’administration coloniale : c’était « Le Populaire »,
organe de la LPAI qui avait révélé ces faits
discriminatoires.
Mutatis mutandis, nous persistons à
croire que « La Nation » n’est pas la tribune appropriée
pour faire avancer les choses dans le bon sens à Djibouti.
Mais, contrairement à vous, ce n’est pas à cause de ceux
que vous nommez avec un mépris inexplicable « les smicards
de la plume gouvernementale » : comme la plupart des
agents de l’État, ils ne font pas toujours ce qu’ils
voudraient faire ; la preuve, ce sont souvent des pigistes
plus exploités qu’ailleurs. Si les journalistes sont
parfois courageux, comme vous le dites, le problème, c’est
que le journal gouvernemental d’un régime despotique peu
soucieux de pluralisme de l’information ou même de
déontologie, étouffe ce genre de qualité : sa ligne
éditoriale (si l’on ose ce non-sens), interdit de poser
les problèmes que la police politique estime indignes
d’être posés.
D’autre part, le jugement plutôt
déplacé que ce journal gouvernemental s’est permis de
porter à propos du contentieux opposant l’ancien Président
du Croissant-Rouge d’Obock (lire en page 8), nous amène à
penser qu’il ne se préoccupe pas toujours de la défense
des faibles à laquelle vous prétendez : les habitants
d’Obock et d’ailleurs, auxquels le régime refuse encore
tout droit à la Réhabilitation, sont un peu plus nombreux
que vos pétitionnaires clients de banque, à moins que
votre association estime prématuré (ou déplacé) de se
faire leur porte-voix.
En clair, si Don Quichotte se battait
contre des ennemis imaginaires (des moulins en
l’occurrence), il nous semble que votre association ( dont
la discrétion étonne plus d’un) ne pose pas la vraie
question, au moins dans le cas précis de cette pétition :
pourquoi l’État djiboutien détenant 33% du capital de
cette banque et constituant de ce fait une minorité, de
blocage, ne défend-il pas lui-même ses citoyens au lieu de
masquer son incompétence et son insouciance derrière la
plume d’un de ses journalistes de service ?
Alors, de nous ou de vous, qui devrait
réellement cesser de « faire le sniper embusqué qui se
trompe de cible ? ». Demandez à nos cibles ce qu’elles
pensent de nos tirs. Concitoyennement !
L’honnêteté sanctionnée
A propos de l’éviction du Président du
Coissant-Rouge d’Obock
Djibouti, le 06/07 12003
A
Monsieur le Directeur
du Croissant Rouge Éternel de Djibouti
Monsieur ABDI KAIREH
Réponse à la mise au point par le
Directeur
du croissant rouge paru sur la nation
du jeudi 3 juillet 2003
En réponse à votre mise au point, j’ai
le regret que votre réaction soit si déplacée car je n’ai
fait que faire valoir au Ministre les droits des réels
nécessiteux consistant à la réhabilitation de leurs
logements endommagés par la guerre. Ceci n’est pas de la
politique mais d’actes d’humanisme en faveur de personnes
humaines.
J’ai voulu donner donc la priorité à
ces gens en question et non aux terrains vides et aux
habitations de fortune qui existaient avant la guerre et
qui par surprise figure sur la liste.
C’est pourquoi, j’ai trouvé injuste que
les vrais sinistrés de la guerre soient ignorés et que les
autres soient servis alors qu’ils ne sont pas concernés
par la réhabilitation.
Faisant donc profiter cette aide au nom
de l’humanité aux personnes qui ont subi des préjudices
par la guerre.
Quant à la décision de mon écartement
de la présidence du croissant rouge branche d’Obock et mon
remplacement par le vice-présidente, je souhaite à cette
dernière un succès dans l’exercice de cette responsabilité
ainsi qu’au comité.
Aussi, vous avez cité que les
paragraphes
- Impartialité
- Neutralité
- Et Indépendance
Mais vous aviez omis le chapitre le
plus important qui est d’ailleurs bien avant ces trois
chapitres dans les statuts qu’est : L’humanité : qui est
un mot très important et dont la signification prime sur
tous les autres car un monde sans humanité n’est qu’une
jungle
Le chapitre humanité stipule :
« Née du souci de porter secours
sans discrimination aux blessés des champs de bataille, la
croix rouge, sous son aspect international et national
s’efforce de prévenir et d’alléger en toutes circonstances
les souffrances des hommes. Elle tend à protéger la vie et
la santé ainsi qu’à faire respecter la personne humaine.
Elle favorise la compréhension mutuelle l’amitié, la
coopération et une paix durable entre tous les peuples. »
A mon avis il faudrait donner du sang
nouveau à ces honorables organisations humanitaires
«croissant rouge de Djibouti».
Et merci.

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COMMENTAIRES : on savait qu’une
administration démotivée par la mauvaise gouvernance ne
pouvait qu’être déshumanisée, oubliant complètement la
mission de service public qui doit être la sienne. Mais,
dans le cas présent d’un fonctionnaire démis de ses
fonctions pour avoir fait preuve de l’honnêteté qu’exige
le travail humanitaire, c’est tout simplement le degré
zéro de la morale. Ce n'est pas un scoop : tout le monde
sait que dans ce régime délinquant, le Mal est devenu la
norme des promotions partisanes. Même quand il s’agit de
soulager une détresse humaine qu’un gouvernement peu
soucieux de paix civile a largement contribué à
provoquer : la preuve, c’est qu’il l’entretient encore en
refusant toute Réhabilitation ! Si aucun citoyen n’est
dupe, avis aux bailleurs de fonds.
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