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Éditorial
LES GALONS DES MAGISTRATS
(SANS PARLER DES AVOCATS DU DIABLE)
Autant que la misère généralisée de
larges couches de la population nationale, l’une des
caractéristiques principales des situations singulières,
c’est incontestablement la soumission de l’appareil
judiciaire aux menaces partisanes, despotiques ou
affairistes, interdisant tout légitime espoir dans le
règlement légal des inévitables contentieux liés au
fonctionnement nécessairement conflictuel de toute réelle
démocratie. Les récentes mésaventures du Président du MRD
avec l’institution judiciaire, au prétexte d’une
diffamation jamais clairement établie, montrent bien que
les démocrates djiboutiens ne peuvent espérer aucune
impartialité des magistrats locaux, ne craignant pas de
tomber dans un ridicule pathétique pour assurer,
consolider ou précipiter leur carrière en plaisant à ceux
dont ils se sentent dépendants.
Un détail en dit long sur ces attentes
magistrales. Depuis un certain temps, spécialement
quelques magistrats, ceux affectés au traitement des
dossiers dits politiques, bénéficient d’une protection
policière qui n’est pas sans rappeler des pratiques
autrefois courantes dans les républiques bananières. C’est
une nouveauté qui en dit long sur les dérives mafieuses
des conduites, puisqu’il faut bien appeler un chat un
chat, d’une magistrature qui n’ose pratiquement plus
subordonner sa mission de Justice qu’aux seules
injonctions d’un pouvoir foncièrement répressif, quitte à
saboter un processus démocratique prometteur du fait d’une
maturité politique largement démontrée par le Peuple
djiboutien. Car, honnêtement, quel type de menace justifie
à Djibouti la protection policière des magistrats ?
Ceux qui, pour cause d’affinités
culturelles, suivent les péripéties de la politique
intérieure française, savent par exemple que pour n’avoir
pas bénéficié d’une telle protection armée, un juge
affecté à la lutte contre le banditisme organisé a tout
simplement été abattu par ceux qu’il pourchassait.
Contrairement aux impératifs dictés par la conjoncture
italienne, La République française n’avait jugé utile de
lui accorder une telle sécurité personnelle. Or, il
n’existe à Djibouti aucune mafia organisée, du moins
inconnue ou ennemie du régime, qui puisse justifier cette
protection rapprochée des magistrats. Surtout que notre
pays n’a absolument aucun antécédent dans ce domaine des
règlements expéditifs et radicaux, du moins en ce qui
concerne l’opposition démocratique, car nombreux sont par
exemple les innocents civils impunément exécutés par les
forces armées jusqu’en 1999.
Dire le droit en toute impartialité,
donc, ne nous semble pas constituer pour nos magistrats
une mise en péril de leur existence qui puisse justifier
que l’État mette son bras armé au service de leur
protection. Toute activité de l’existence humaine étant
justiciable d’une analyse rationnelle, il s’agit alors
d’expliquer une telle militarisation du métier de
magistrat. La seule explication pertinente que
l’opposition djiboutienne trouve à cet armement de la
Justice, c’est de tout simplement assurer à certains de
ses praticiens les moins scrupuleux une impunité
matérialisée par des hommes en armes devant leur domicile,
bien faite pour pallier une vulnérabilité volontairement
organisée par un Statut de la Magistrature qui ne leur
accorde aucune protection contre l’arbitraire du pouvoir
Exécutif.
C’est très grave car l’affaire DAF pèse
comme une épée de Damoclès sur toute une presse aspirant à
l’indépendance : en cas de besoin, est ainsi démontrée
qu’il n’existe à Djibouti aucun État de droit, aucune
Justice indépendante vers laquelle se tourner pour
condamner ou à tout le moins freiner les inévitables abus
de pouvoir d’un régime fondamentalement fondé sur
l’usurpation et la fraude. Est ainsi démontrée toute
l’inutilité qu’i y a à vouloir consciencieusement
respecter des valeurs républicaines que leurs garants
premiers sont les premiers à violer aussi impunément. Avec
la complicité de magistrats censés incarner leur
effectivité. Si il existera toujours des avocats véreux
préférant défendre le Diable, chapeau quand même à
l’avocat qui, en ce 9 juillet 2003, a si vaillamment
défendu la juste cause de DAF, perdue d’avance dans un
régime de non-droit, qui n’hésite pas à armer ses
magistrats pour imposer son arbitraire.
Brèves nationales
Don chinois de matériel informatique :
La mendicité, lot de la mauvaise
gouvernance
Le régime a beau faire croire à une
amélioration de la situation économique, la mendicité,
corollaire de la mauvaise gouvernance continue d’être
privilégiée quand il s’agit d’équiper les administrations
publiques. Il ne se passe pas une semaine sans que le
bihebdomadaire gouvernemental ne fasse état de dons en
matériels de tout genre fournis par les pays amis. Ainsi,
la dernière livraison en date concerne un lot de matériel
informatique offert par l’Assemblée Populaire de Chine à
l’assemblée mal-élue de Djibouti. On s’en souvient,
l’Allemagne avait également fourni des ordinateurs à ces
mêmes services il y a quelques mois de cela. A ce rythme,
les bureaux délabrés de l’assemblée seront transformés en
cybercafé pour mal-élus oisifs. Est-ce pour nous rassurer
que le Président mal-élu « du Parlement s’est d’ailleurs
engagé à faire bon usage du matériel qui lui a été
remis » ?
Preuve que telle n’est pas la règle
dans ces administrations gangrenées par la mauvaise
gouvernance. Et à quoi servent et seront consacrés les
crédits affectés annuellement à l’achat de matériels de
bureau si la mendicité permet de s’en procurer gratis ?
Avis aux donateurs !
Tadjourah-Randa :
Censure gouvernementale ou autocensure
locale ?
A qui la faute si la réalité de la
situation à Tadjourah et Randa est sinon cachée, du moins
déformée ? Est-ce une censure du journal gouvernemental ou
bien une autocensure de son correspondant local ? Les
médias gouvernementaux, qui avaient pris une part active
dans la médiatisation à outrance de l’inauguration du « mini-central
hydroélectrique » de Randa, restent étonnamment silencieux
sur l’absence d’eau courante et d’électricité dans cette
localité depuis quelques semaines.
Le bihebdomadaire serait mieux inspiré
d’enquêter du côté de cette région plutôt que de publier
d’insipides articles sur une décentralisation assassinée
par le régime. Pourquoi le pouvoir cache-t-il la réaction
hostile qu’a suscitée son projet de loi agropastoral chez
tous les notables consultés ? Et que dire du fiasco au
baccalauréat 2003 des élèves du pseudo-lycée de
Tadjourah ? Élèves mal préparés et insuffisamment suivis
faute d’un matériel pédagogique adéquat. Honte à la
mauvaise gouvernance et à ses laudateurs, collaborateurs
actifs ou témoins passifs de ce gâchis mettant en péril
l’avenir de toute une Jeunesse!
Projet de loi sur le pastoralisme :
Halte à la provocation !
Au mépris du bon sens et de la concorde
civile, le régime poursuit sournoisement la promotion de
son projet de loi sur la réforme foncière, en visant
l’expropriation. Sous couvert de développement
agropastoral, ce pouvoir partial tente de s’approprier des
terres relevant du droit coutumier, en rien incompatible
avec le véritable développement si initié par un
gouvernement responsable et soucieux de l’unité nationale.
Ce qui n’est pas, loin s’en faut, le cas de l’actuel
régime . Inspiré en cela par une classe d’affairistes
véreux désireux d’investir leur manne indûment gagnée sur
le dos du Peuple, et par quelques déphasés en mal de
reconversion sociale, le Chef de l’État fait totalement
fausse route en persistant dans cette voie dangereuse .
Ayant déjà fait connaître son entière
opposition à ce projet de loi néfaste, notre mouvement
considère cette ultime provocation comme gravissime. Après
la violation officielle de l’Accord de paix du 12 mai
2001, le sabotage d’une réelle décentralisation, le refus
d’une véritable réhabilitation et indemnisation aux
victimes du conflit, le hold-up électoral du 10 janvier
dernier, privant les citoyens de librement choisir leurs
représentants, l’ «engabodement injuste du Président Daher
Ahmed Farah, arbitrairement condamné et incarcéré, après
avoir été relaxé en première instance.
Nous dénonçons vigoureusement cette
énième provocation d’un pouvoir irresponsable et pyromane.
Développement du tourisme :
Soutien réel ou entrave
gouvernementale ?
Les potentialités touristiques de notre
pays ne sont pas à démontrer, en témoigne la récente
publication aux « Editions du Jaguar » appartenant au
Groupe Jeune Afrique d’un guide touristique intitulé
« Djibouti aujourd’hui ». Profitant de cette occasion, le
journal gouvernemental « La Nation » nous propose dans son
édition de lundi dernier une longue interview du Directeur
de l’Office National du Tourisme de Djibouti (ONTD). En
guise d’introduction à cette interview, nous avons lu avec
amusement que le souci constant du régime est de « soutenir
la création de centres d’activités touristiques ». A
la bonne heure ! Malheureusement, la réalité ne correspond
absolument pas à ces pieuses considérations de
circonstance.
Tout d’abord, dans une danse du ventre
typique de la nomenklatura, ce directeur se croit obligé
d’en référer à l’égide du Chef de l’Etat pour argumenter
sa position : « le Président de la République a placé au
centre de sa politique le retour à la paix sur tout le
territoire et au-delà sur toute la région ». sans rappeler
ici toutes les insuffisances de la Conférence d’Arta, il
serait facile de demander quelles ont été, après la
signature du 12 mai 2001, ses contributions concrètes à la
consolidation de cette paix, puisque le désarmement des
combattants du FRUD-armé n’a jamais relevé de sa
compétence, et pour cause.
En second lieu, l’insouciant
bihebdomadaire rappelle imprudemment, pour qui l’aurait
oublié, tous les sites grandioses de la République de
Djibouti : « la forêt du Day, le Lac Assal, le Lac Abbé,
les Sept Frères, etc. ». On aurait pu ajouter Ras Syan,
Les Sables Blancs, la mangrove de Godoria, Daasbio,
Assamo-Guistir, etc. : le problème, c’est que l’on
chercherait désespérément une quelconque infrastructure
touristique mise en place par l’État djiboutien sur ces
sites depuis un quart de siècle. C’est bien la preuve
qu’il n’existe aucune politique de développement
touristique, le régime se contente de récupérer à des fins
de propagande partisane les inestimables initiatives
privées.
Mais le drame, c’est qu’il arrive
souvent que cette initiative privée soit délibérément
sabotée par certains dirigeants politiques dans le cadre
de sombres règlements de compte privés. C’est par exemple
le cas depuis deux mois à Tadjourah où les activités d’un
centre touristique très apprécié et même encouragé il y a
plus d’un an par le journal local du RPP, ont été
partiellement paralysées, en haut lieu paraît-il.
Apparemment, il semble bien qu’il y ait
deux politiques en matière de développement touristique :
celle de la propagande officielle qu’aucune réalisation
concrète ne vient confirmer, et celle des courageux
investisseurs privés loin d’être soutenus, quand ils ne
sont pas combattus par certains milieux du régime.
DAF
de nouveau « engabodé »
Nous nous étions félicités dans notre
édition n°57 du 25 juin dernier de la décision de relaxe
prononcée deux jours auparavant en faveur de notre ami DAF
par le tribunal correctionnel de première instance et sa
libération après plus de deux mois de détention. Le
tribunal avait jugé que le chef d’accusation de
« diffamation » n’était pas constitué. Croire que
l’affaire DAF avait trouvé sa conclusion dans la normalité
par cette décision judiciaire se révélait de notre part
une dérisoire illusion qui oublie la situation réelle
prévalant en République de Djibouti. Las ! Les parties
ayant considéré avoir perdu à tort un procès qu’elles
voulaient exemplaire, n’ont pas tardé à interjeter contre
ce jugement en appel, qui a été traité dans un délai
extraordinairement rapide, nonobstant vacance judiciaire.
Et le verdict est tombé le 9 juillet, avec la condamnation
de DAF et son arrestation sur-le-champ. Sans que cela soit
justifié par aucun élément nouveau versé au dossier de
l’affaire. A cette occasion, le public a été témoin de
plusieurs faits singuliers.
En premier lieu, la présence matérielle
des preuves confirmant la véracité des propos du prévenu
ne signifiait pas pour le tribunal leur existence (les
cassettes des chansons partisanes).
En second lieu, l’aveu et même la
revendication devant le tribunal par le dirigeant
récemment promu au grade de commandant de la troupe
artistique Harbi, que son travail consistait à faire des
chansons pour soutenir le régime ( le gouvernement ) et
combattre l’opposition qui porte, selon lui, atteinte au
drapeau du Pays (comme DAF, a-t-il précisé ) ne confirmait
pas la politisation partisane de ces militaires qui l’ont
applaudi en pleine audience.
Troisièmement, que l’argumentaire du
Procureur général pour obtenir la condamnation du prévenu
était sa crainte, en cas d’acquittement, de voir les
militaires qui se disaient « offensés » par l’article se
mettre en colère et se livrer à des actes collectifs de
violence, à l’instar de ce qui s’était passé à Bamako, au
Mali. Pour l’avocat de la partie civile, procédant à
l’amalgame entre survêtement et sous-vêtement, « tenue de
sport » signifie nudité et servir au mabraz veut dire
coucher avec celui que l’on sert !
Quant aux magistrats de la cour, ils
ont renvoyé DAF à la prison de Gabode pour y purger une
peine de trois mois fermes, ajoutés à trois autres de
sursis. Comme condiments, ils ont estimé utile de relever
cette peine par douze millions FD de dommages et intérêts,
200.000 FD d’amende et trois mois de suspension du journal
le « Renouveau Djiboutien », publication du présent
jugement et assortie d’une pénalité de 20.000 FD pour
chaque jour de retard de publication dans un journal
condamné à ne plus paraîtreà compter du 9 juillet 2003.
il nous a donc été donné de voir, comme
tout le monde que :
1) la peur des militaires, feinte ou
réelle, exprimée par le Procureur général s’est substituée
à l’innocence de l’article incriminé, pour justifier la
condamnation de DAF;
2) l’aveu public du commandant de la
troupe artistique de son comportement partisan, interprété
comme la dénégation de ce comportement ;
3) la présence physique des bandes
cassettes audio attestant la matérialité de l’engagement
partisan de ces militaires considérée comme l’absence de
cette preuve ;
4) l’interprétation moralement abjecte
de l’avocat de la partie civile concernant les formules
« tenue de sport » et « servir dans un mabraz » revêtir
des significations qui ne pouvaient en aucun cas être les
leurs. Et sur ce, « engaboder » DAF avec une sévérité sans
rapport avec son article. Une telle justice, outre le
préjudice moral et matériel qu’elle inflige à sa victime,
corrompt son bénéficiaire en l’exaltant.
L’incubation du virus corrupteur n’a
pas duré longtemps en latence. Ainsi, le commandant Ali
Gab, responsable de la troupe militaro-artistique, s’est
permis d’opérer le 12 juillet 2003 une descente au siège
du MRD au quartier 7 avenue Nasser. Circulant à bord d’un
véhicule militaire de marque Boléro de fabrication
indienne, il s’est arrêté en sens interdit devant le siège
vers 18 heures 15 etl intime alors l’ordre d’arrêter la
diffusion d’une chanson qui passait. Il s’entend
répondre : « nous avons acheté cette cassette dans le
commerce et nous sommes libres de l’écouter chez nous. »
Fou de rage, il dégaine son pistolet
qu’il pointe sur la tête de la personne qui lui a répondu
en criant : « tu arrêtes la chanson ou je te tue tout
de suite. ». Il s’ensuit interposition des badauds,
altercation verbale, attroupement, et le drame est évité
de justesse.
Le responsable du siège, la personne
menacée et les témoins se précipitent au deuxième
arrondissement où ils relatent l’affaire et portent
plainte entre les mains d’un sergent de la police. Ils
repassent le lendemain 13 voir la suite réservée à la
plainte, ils s’entendent dire par un lieutenant que « Ali
Gab, c’est l’État » et aucune suite ne sera donnée à leur
démarche.
Ils se rabattent au Parquet du tribunal
où ils déposent en bonne et due forme une plainte
enregistrée sous le numéro 2246/03 du 13 juillet 2003.
A suivre.
Les
contrevérités présidentielles
A propos d’une interview présidentielle dans « Marchés
Tropicaux »
« Marchés Tropicaux » est plus qu’une
référence : 58 années de sérieux en ont fait une
institution. Sa dernière livraison datée du 27 juin 2003,
est presque entièrement consacrée à un Spécial Djibouti.
Au regard de ses atouts géostratégiques et l’importance
qu’il a pris dans la nouvelle donne des relations
internationales, notre pays vaut amplement qu’un Spécial
lui soit consacré de temps en temps. Seulement voilà, dans
de vaines tentatives de recherche de fréquentabilité et de
respectabilité, notre incorrigible régime achète aux frais
du contribuable djiboutien de très coûteuses pages
publicitaires dans des journaux de renom. Ces pages sont
systématiquement truffées de contrevérités et de
mensonges, même quand il s’agit d’une interview accordée
par le Chef de l’État en personne. Sans que,
empressons-nous de le préciser, la crédibilité et le
sérieux des journalistes n’en soient mises en cause, ce
numéro 3007 de « Marchés Tropicaux » n’échappe pas à cette
règle de la falsification officielle, qui appelle de notre
part les quelques mises au point suivantes, mais en
primeur résumons les propos du Président.
Économie nationale
Les différents accords conclus avec les
institutions de Brettons Wood qui, selon des tenants du
pouvoir, les avaient contraints à l’endettement et
provoqué l’appauvrissement des populations les plus
vulnérables, semblent être dépassés. Notre pays est en
marche et sur le bon chemin dixit le Président dans son
interview avec « Marchés Tropicaux » du 27 juin 2003.
Il y a une mise en échec de la
politique économique des institutions de Brettons Wood par
l’application de politique de concession plutôt que celle
d’une privatisation synonyme de bradage. Les performances
de Djibouti viennent de ce choix qui, contrairement au
prétexte des coûts de facteurs élevés des institutions
financières, démontre la compétitivité de Djibouti par
rapport aux autres pays portuaires de la région.
Djibouti disposerait selon le Président
d’une longueur d’avance sur Salalah (Oman) avec le port de
Doraleh, et arrivera à s’en sortir sans l’aide de
personne : « Avec les Américains et la renégociation de la
contribution des Français, nous n’avons plus de problème
budgétaire, alors fichez-nous la paix ! » s’écrit le Chef
de l’État à l’adresse du FMI et de la Banque Mondiale »
Car, croit-il en toute simplicité, même en l’absence d’un
accord avec le FMI, y compris sous conditionnalité, tout
problème avec les bailleurs de fonds est résolu.
Politique nationale
Le chômage serait la seule explication
au mécontentement général de la population lors des
dernières élections législatives. Le régime ayant su
rallier la grande majorité des partis concurrents,
soutient le Président, cette situation de chômage serait
régulée avant les dernières consultations, la
présidentielle. Quant à son éventuel candidature, elle
dépendrait du choix de son parti.
Sur la Décentralisation : celle-ci
aurait pu voir le jour dès 1977, mais aurait été bloquée,
selon le Chef de l’Etat, par les héritiers du colon issus
de l’Indépendance, à entendre ici « sous l’ancien
régime ». Dans l’immédiat, la précipitation pour la mise
en place effective de la décentralisation ne serait pas de
l’avis des experts français auprès du gouvernement. Les
conseils régionaux non élus mais mis en place par la
Présidence relèveraient de l’apprentissage, les élections
des assemblées régionales pourront attendre l’opposition
étant très présente « non dans l’intérêt de la
population » selon le Président, il faut procéder par
étapes.
Nos remarques : Suffisance et
insuffisances
Tous les signaux d’une éventuelle
reprise de la croissance sont au rouge. L’aide extérieure
plus qu’abondante des années passées n’avait servi à rien,
en ce sens que l’économie nationale a perdu en
compétitivité depuis l’Indépendance. D’où la dégradation
sensible de la situation financière du pays et par
conséquent l’appauvrissement accentué de la population.
Selon l’étude sur les perspectives économiques de
Djibouti, la pauvreté s’est considérablement aggravée
puisqu’elle frappe plus de 74% de la population. Elle est
même devenue structurelle.
Sans de réelles ressources naturelles,
l’économie repose essentiellement sur les services, seule
richesse sur laquelle reposent les rentrées financières.
Or, les dépenses courantes de l’administration, en hausse
exponentielle, déséquilibre un budget étouffé par une
fiscalité frappant les secteurs producteurs.
Endettée seulement intérieurement à
hauteur de 29 milliards fd les recettes supportées par les
contribuables djiboutiens de plus de 26 milliards fd pour
2003 sont totalement absorbées par les dépenses publiques.
Seuls les dons et les prêts conservent ces secteurs
fragiles et contribuent au colmatage des déficits
budgétaires. Nous restons septiques quant à une éventuelle
épuration des finances, puisque les résultats du 1er
trimestre 2003 se chiffrent à 2,2 milliards fd de déficit
budgétaire, celui-ci risquant de se plafonner entre 20 à
25% de l’ensemble du budget prévisionnel de cette année.
Là est la réalité sur la santé
économique du pays.
Si d’une part, les concessions faites à
Jebbel-Ali pour la gestion du port et de l’aéroport de
Djibouti avaient généré une bouffée d’oxygène, l’opacité
entretenue autour de ces retombées financières nous donne
matière à douter de la véracité de « cette réussite
économique » Notre pays n’est pas une exception par
rapport aux autres états africains. Le régime a, lui
aussi, bradé des entreprises publiques notamment la
Laiterie, l’Usine des Aliments de Bétail, la Pharmacie de
l’Indépendance, etc. Ses privatisations « intra muros »,
faites sans appel d’offres, restent aujourd’hui aux mains
de quelque « amis » du régime qui, pour reprendre les
termes du Chef de l’État risquent aussi de jeter l’éponge,
le cas de la Laiterie donnant l’avant-goût de ces
privatisations ratées, réalisées, comme les concessions,
dans l’opacité la plus totale.
D’autre part, si la magne financière
tirée de la « lutte contre le terrorisme » a, par sa
position géostratégique, fait de notre pays l’un des états
prioritaires dans la récolte des financements américains,
il n’en est pas moins surprenant de constater que les
presque 12 milliards de fd obtenus entre les Américains et
les Français n’arrivent pas à éponger les dettes
intérieures qui accusent toujours des retards, encore
moins à participer à une quelconque stabilisation des
finances. « Marchés Tropicaux » avance une explication à
cela : « Les 30 millions d’euros, ajoutés aux $ 31
millions américains, sont une véritable bouffée d’oxygène
pour l’économie djiboutienne, encore convalescente. La
‘’rente militaire’’, précisons-le, représente près de 80%
de la masse salariale de la fonction publique ! Cette
somme importante, payée en liquide, échappe par
ailleurs à tout contrôle ; dans un pays non exempt de
corruption, l’enjeu est de taille. » Ce n’est
certainement pas quelque employé de la banque où cette
manne est déposée qui risque de la voler !
Enfin, la perspective d’un réel
développement économique dépendant d’une volonté politique
capable d’asseoir les bases d’une croissance, la
construction du port de Doraleh financée presque
totalement par Dubaï Port Authority pour un montant de 54
milliards fd est loin de participer à un rehaussement de
la valeur ajoutée, ne serait-ce à moyen terme.
Donc, «On ne vend pas la peau de l’ours
avant de l’avoir tué » dit un dicton français.
Le paraître étant le fort du régime,
seule la médiatisation outrancière des fausses
réalisations mystificatrices, rythme toutes les prétendues
actions du système politique en place. Cependant, ce
Spécial de « Marchés Tropicaux » ne nous semble pas être
le marché des dupes. En vérité, la teneur des propos du «
numéro un» Djibouti contraste avec la réalité économique
telle que l’a constaté, tout au long de son séjour, Madame
Anne Guillaume-Gentil, dont la pertinence des enquêtes et
des analyses tirées des données obtenues des divers
services de l’État confirme une réelle dégradation
socio-économique comme le démontre l’extrait ci-dessous.
En politique nationale, le Président
est complètement passé à côté de la question du journal,
qui portait sur la Décentralisation suite aux accords de
paix du 12 mai 2001. Il s’est seulement contenté de faire
sienne la fausse décentralisation avec ses faux
conseillers régionaux.
Mais ceci n’étonne personne.
**
UNE PAUVRETÉ STRUCTURELLE
‘’ Depuis 1996, la pauvreté s’est
fortement accrue à Djibouti. L’enquête djiboutienne auprès
des ménages (EDAM-IS2), financée par le PNUD et réalisée
en décembre 2002, et dont nous reprenons les principales
conclusions, montre une forte incidence de la pauvreté
relative et de la pauvreté extrême évaluée respectivement
à 67,9% et 34,7% des ménages.
Entre 1996 et 2002, la pauvreté a
progressé fortement, l’incidence passant respectivement de
45,1ù à 74% pour les pauvres relatifs ( $3 par jour) et de
9,6% à 42,1% pour les pauvres extrêmes ($ 1,8 par jour).
L’enquête montre que la pauvreté est généralisée, qu’elle
touche toutes les zones géographiques et toutes les
catégories sociales. C’est toutefois dans les zones à
forte densité de population, comme dans les
arrondissements 4 et 5 du district de Djibouti, où se
trouve la plus grande concentration de pauvres.
Une forte corrélation est constatée
entre pauvretés monétaire et humaine, démontrant le
caractère structurel de la pauvreté, selon les auteurs de
l’enquête.
Ces derniers s’interrogent sur le lien
entre croissance économique et pauvreté à Djibouti,
remarquant qu’avec un revenu national brut de $ 890 par
habitant, Djibouti est classé parmi les pays à faible
développement humain, au même titre que les pays
limitrophes aux revenus moins élevés. En cause, un niveau
élevé des prix, le faible niveau des indicateurs du
développement humain accompagné d’une dégradation continue
du taux du taux brut de scolarisation, du taux de
mortalité infantile, juvéno-infantile et maternelle et de
l’accès à l’eau, une structure extravertie de l’économie.
La croissance économique par tête a été
négative, -3,2% de 1991 à 2001. L’accroissement de la
pauvreté est ainsi fortement associé au développement du
chômage. Véritable crise du marché du travail, le taux de
chômage touche 59,5% de la population active, contre 44,1%
en 1996.
Cependant, ce taux masque le phénomène
de sous-emploi, non quantifié. L’étude met en avant
l’insuffisance de l’activité économique, le coût élevé du
travail, la faiblesse du capital humain ne permettant pas
de saisir les opportunités offertes et la permanence d’un
flux important d’immigration comme facteurs expliquant le
déséquilibre du marché du travail. ‘’
Extrait de «Marchés Tropicaux » n°3007
du 27/6/03
DAF
: le courage d’être soi
NOUS AVIONS ÉCRIT IL Y A PLUS D’UN AN
Plus que la volontaire confusion par
leur avocat entre survêtement et sous-vêtement de certains
éléments féminins de la troupe artistique de l’Armée, ce
sont les considérations de DAF relatives à l’absence
d’esprit républicain de nos militaires qui a fortement
déplu aux autorités politiques. Pourtant, il y a plus d’un
an de cela, nous n’avions pas dit autre chose dans nos
colonnes. Voici donc, en guise de contribution au
bien-fondé des analyses de notre ami, ce que nous
écrivions à ce sujet dans notre édition n°3 du 8 mai 2002.
LA GRANDE MUETTE CHANTE : armée
nationale ou milice partisane ?
Au risque de paraître donner des leçons, il nous a
semblé utile de présenter au lecteur un état de santé de
notre jeune Démocratie pour démontrer, arguments à
l’appui, qu’elle relève plus du décor que de la réalité.
Formant en informant, il s’agit de proposer au citoyen une
nouvelle grille de lecture de l’exercice réel de la
démocratie, en constatant que le régime en place dénature
par sa pratique le peu de libertés qu’il concède sur le
papier. Cette série d’articles débutera par l’usage
partisan fait des forces armées à Djibouti. Lesquelles,
outrepassant la stricte neutralité qu’elles sont censées
observer en toute circonstance et spécialement dans les
affaires politiques, se livrent à une danse du ventre
partisane qui n’est pas sans rappeler une danse du scalp
des sociétés primitives.
Une dimension essentielle de tout
Pouvoir politique consiste à se mettre en scène à travers
un dispositif protocolaire dont la configuration dépend de
la nature du régime concerné.
Les dictatures de Parti Unique,
spécialement militaires en Afrique post-coloniale, ont
ainsi repris à leur compte la symbolique stalinienne de
l’embrigadement des masses et de la théâtralisation à
outrance.
Même l’avènement de la démocratie
pluraliste n’a pas toujours changé cet état des choses et
l’on assiste alors à un décalage flagrant entre un
discours de libéralisme politique et une chorégraphie,
pour ne pas dire une pratique dictatoriale.
Djibouti n’échappe pas à cette règle et
ceci est tout à fait contraire aux principes d’une
véritable démocratie.
Depuis le fameux discours de la Baule,
on entend les dirigeants politiques exprimer toutes leurs
réserves quant au modèle occidental de Démocratie, selon
eux frappé du stigmate de l’importation et peu compatible
avec nos structures mentales et sociales. Dans le même
temps, ils versent dans l’éloge appuyé des vertus de nos
sociétés traditionnelles parées de toutes les vertus pour
les besoins de la mystification.
Trop poli pour être honnête : par
exemple, existe-il dans nos sociétés l’équivalant du griot
de l’Afrique de l’Ouest ? Nos notables traditionnels,
sultan, ougas, okals ou autres, pratiquent-ils le culte de
la personnalité dont nous assomment aujourd’hui
inlassablement la RTD ou La Nation ?
La couverture médiatique de la récente
tournée présidentielle dans les districts de l’intérieur
constitue hélas l’exemple typique de ce théâtre étatique.
Mais elle a également été l’occasion de
voir un détournement à des fins partisanes d’une
institution normalement républicaine et en dehors de toute
manifestation de soutien politique : l’Armée.
En effet, téléspectateur comme badaud,
chacun a pu voir le groupe dit Harbi, troupe artistique de
l’Armée Nationale Djiboutienne (AND) animer avec entrain
les meetings politiques du Chef de l’Etat. Est-ce normal
en démocratie pluraliste ?
Dans les démocraties occidentales, il
arrive qu’à l’occasion d’une kermesse, l’armée organise
une petite troupe musicale pour animer la soirée. Mais ces
artistes temporaires ne font pas que de la musique : ce
sont avant tout des soldats soumis au même traitement que
leurs collègues. Autrement, toute armée est dotée, comme
la Fonction Publique, d’un statut qui lui confère certaine
spécificités.
De même que tout fonctionnaire est au
service de l’Intérêt général, une Armée nationale est
censée représenter une Nation dont elle constitue la
protection contre toute agression extérieure. En tant
qu’émanation de la Nation, garantissant la séparation des
pouvoirs et la division du travail social.
La troupe artistique Harbi de l’AND,
par son animation des meetings politiques du parti au
pouvoir et par sa production de chansons à la gloire du
chef de ce parti, discrédite notre jeune démocratie en lui
donnant toutes les apparences d’un régime militaire
déguisé en civil. Cette permanence de la militarisation
théâtrale des manifestations publiques de l’autorité
étatique, pour fondamentalement contraire qu’elle soit à
l’esprit démocratique, pose un double problème.
En premier lieu, cette mise en scène
politique des forces militaires qui, dans la couverture
médiatique de la tournée présidentielle, occupait beaucoup
plus de temps que les débats publics ou la visite des
éventuelles réalisations en matière de développement
économique, culturel ou social, laisse suggérer que le
régime fonde essentiellement son autorité et sa légitimité
sur le recours à la violence armée. Cette mise en scène
l’inscrit alors d’office dans la cohorte des fameuses et
nombreuses « dictatures sorties des urnes » qui encombrent
encore le paysage politique africain.
En second lieu, le fait de ne pas
occuper l’Armée à des tâches utiles de développement
national alors que, dans le même temps, les pistes des
districts de l’Intérieur sont remises en état par l’Armée
française, contribue à maintenir le pays dans un état
d’assistanat et de mendicité. Il est évident que cette
situation d’oisiveté artistique qui donne l’impression
d’une « bohème militaire », voulue par l’autorité
politique, n’est pas pour donner un exemple à suivre aux
jeunes générations et ne favorise certainement pas
l’inclination au travail bénévole, dont on sait qu’il
tient une place non négligeable dans l’essor d’un pays.
Quand on connaît la disproportion entre
le nombre de fonctionnaires du ministère de la Défense et
celui de la troupe Harbi, c’est à se demander si le
travail productif est vraiment une vertu à Djibouti.
A NOS LECTEURS
La Rédaction informe ses aimables
lecteurs que « Réalité » cessera de paraître à compter
d’aujourd’hui. Le prochain numéro sera disponible le
Mercredi 10 Septembre 2003. A bientôt.
Communiqué de «Reporters Sans Frontières »
AFFAIRE DAF : INDIGNATION INTERNATIONALE
La nouvelle condamnation du Président du Mouvement pour
le Renouveau Démocratique et le Développement (MRD) et
directeur de publication du «Renouveau Djiboutien », notre
ami DAF, est unanimement condamnée par toutes les forces
démocratiques de par le monde. Ainsi, l’association «
Reporters Sans Frontières », qui avait déjà mis un avocat
à sa disposition, a rendu public un communiqué de presse
reproduit ci-dessous.
Liberté de la presse
9 juillet 2003
Djibouti
Daher Ahmed Farah de nouveau en prison
La cour d’appel de Djibouti a condamné
Daher Ahmed Farah, directeur de publication du journal
Le Renouveau et président du Mouvement pour le
renouveau démocratique et le développement (MRD, parti
d’opposition), à trois mois de prison pour «diffamation»,
le 9 juillet 2003. A l’issue de l’audience, Daher Ahmed
Farah a été immédiatement conduit à la prison de Gabode
(Djibouti). Son journal est également interdit de parution
pendant trois mois.
« C’est un véritable harcèlement. C’est
la troisième fois que Daher Ahmed Farah est emprisonné
cette année. Aujourd’hui, il est condamné à trois mois de
prison dans une affaire pour laquelle il avait été relaxé
en première instance. Ce n’est pas sérieux. De plus le
montant astronomique demandé au titre des dommages et
intérêts signe l’arrêt de mort du Renouveau. Comment un
petit journal, qui tire à quelques centaines d’exemplaires
pourrait-il trouver plus de 65.000 euros ? L’État le sait
très bien et a trouvé là le moyen de faire taire une
publication qui dérange le pouvoir en place », a déclaré
Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans
frontières.
Selon les informations recueillies par
Reporters sans frontières, la cour d’appel de Djibouti a
condamné Daher Ahmed Farah à trois mois de prison ferme,
trois mois de prison avec sursis, treize millions de
francs djiboutiens (environ 65.000 euros) de dommages et
intérêts et 200.000 francs djiboutiens (environ 1.000
euros) d’amende. Le Renouveau est interdit de
parution pendant trois mois.
Daher Ahmed Farah était poursuivi par
le chef d’état-major de l’armée, le général Zakaria Cheik
Ibrahim, et par les membres d’un groupe folklorique
militaire, la Troupe Harbi, pour «diffamation». Dans son
édition n°475 du 17 avril 2003, Le Renouveau avait
reproché au général d’utiliser la Troupe Harbi à des fins
politiques et personnelles. « Est-il républicain de mettre
au service de la propagande d’un régime un élément de
l’institution militaire ? Pensez-vous agir en officier
républicain en vous prêtant à l’instrumentalisation
politicarde d’une troupe culturelle militaire ? Général,
est-il vrai que des membres féminins de la Troupe Harbi
continuent, comme par le passé, à vous servir (?), en
tenue de sport bien entendu ? », avait publié Le
Renouveau à l’adresse du général. Un tribunal de
première instance de Djibouti avait prononcé la relaxe de
Daher Ahmed Farah, dans le cadre de cette affaire, le 23
juin.
Le journaliste et opposant a été
emprisonné à plusieurs reprises au cours de ces dernières
années. Dans la plupart des cas, il était poursuivi pour
un délit de presse et a été condamné à des peines de
prison ou à des amendes. – RSF
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Reporters sans frontières défend les
journalistes emprisonnés et la liberté de la presse dans
le monde, c’est-à-dire le droit d’informer et d’être
informé, conformément à l’article 19 de la Déclaration
universelle des droits de l’homme. Reporters sans
frontières compte neuf sections nationales (Allemagne,
Autriche, Belgique, Espagne, France, Grande-Bretagne,
Italie, Suède et Suisse), des représentations à Abidjan,
Bangkok, Tokyo, Montréal et Washington et une centaine de
correspondants dans le monde.
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COMMENTAIRE Après le
camouflage que lui assurait le monopole du parti unique, la nature répressive
du régime djiboutien finit inexorablement par se trahir. Les conditions
rocambolesques de ce procès à répétition démontre clairement que face à une
contestation politique crédible, le pouvoir en place perd ses moyens et en
arrive à des excès qui ne sont que les premiers signes d’une perte de contrôle
sur les événements. Le début de la fin !
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