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Éditorial
A GÉNIE INTERNATIONAL,
MAUVAIS GÉNIE NATIONAL ?
Dans les fausses démocraties comme la
nôtre, où le régime en place fraude à chaque élection et
où les médias publics se distinguent par l’absence de
pluralisme et d’objectivité, les mises en scène prennent
parfois des tours enfantins. Ainsi, alors que, comme la
majorité de notre Peuple, nous n’avions pas été convaincus
de la prestation présidentielle à l’occasion de l’Aïd, la
presse gouvernementale, juste parce qu’elle doit donner
l’illusion du contraire, a estimé nécessaire de convoquer
un soutien international censé corroborer l’excellence de
ladite allocution.
On apprend donc que les principaux
médias arabes auraient été tellement impressionnés par les
propos présidentiels qu’ils ont tenu à faire profiter de
son incommensurable profondeur l’ensemble des arabophones
de la planète. Le ridicule n’ayant pratiquement aucune
limite ici, que l’on cherche avec nous où se situe
réellement l’événement.
Le Président de la République aurait
condamné le sanglant attentat commis en Arabie Saoudite :
qui serait assez irresponsable pour invoquer le moindre
commencement de justification à une telle barbarie ? Il
aurait également suggéré que les Irakiens puissent enfin
pouvoir décider par eux-mêmes de leur destin et que les
forces d’occupation se retirent de leur pays :
franchement, il n’y a là rien de révolutionnaire.
Le Chef de l’État djiboutien aurait par
ailleurs fermement condamné le régime sioniste et invité
la communauté internationale à user de tous les moyens de
pression pour imposer une solution juste et équitable : il
nous semble un peu en retard sur le déroulement du
processus de paix. Enfin, il se serait félicité des
pourparlers de paix inter somaliens se déroulant
actuellement au Kenya : il était temps, après toutes les
incohérences de son régime à ce chapitre. On le voit bien,
comme nous l’avions dit, aucune nouveauté n’a été proférée
qui puisse justifier une telle considération, nationale ou
internationale à l’égard de l’allocution présidentielle de
l’Aïd.
Mais, s’il fallait à tout prix
restituer ce texte dans son contexte, une première
remarque viendrait à l’esprit. Tout d’abord, si ces médias
arabes (au rang desquels Al Hayat et Al Jazira
sont mentionnés) ont vraiment évoqué le speech
présidentiel, ce serait, nous semble-t-il, pour une raison
bien particulière, loin d’une improbable contribution à la
résolution des grands problèmes contemporains.
La question qui se poserait, c’est en
effet d’évaluer la douleur présidentielle consécutive à ce
grand écart qui consiste à critiquer des partenaires dont
on accueille pourtant les forces armées dans une croisade
qui tarde, pour le moment, à prouver une quelconque
efficacité dans la lutte contre un introuvable terrorisme
régional. Surtout lorsque l’on remarque, malheureusement,
à quel point les États-unis d’Amérique s’aliènent
gravement, au moins l’opinion publique arabe, en
cautionnant le terrorisme quotidien de l’État sioniste. Il
faut résolument combattre le terrorisme, partout où il se
manifeste et quelle qu’en soit la forme : Israël est le
seul État terroriste du monde ! Le terrorisme des pauvres
se nourrit quant à lui, non pas d’une quelconque
inspiration religieuse, mais avant tout dans les
frustrations et les humiliations subies. Aucune diplomatie
ne peut l’ignorer.
Le ridicule a toutefois une limite : la
presse gouvernementale n’a pas pu faire croire que les
médias arabes internationaux avaient accordé un large écho
aux propos présidentiels relatifs aux réalisations
économiques ou sociales du régime en faveur du Peuple
djiboutien. Tant que l’éloge reste dans le domaine
international, ses indécentes retombées sont moins
insupportables.
Brèves nationales
AWR-AWSA :
Un camp très visité ?
Réfugiés ou clandestins, ils sont des
milliers, pensionnaires de ce camp insolite installé à 18
kilomètres de la ville d’Ali-Sabieh, rouvert à la suite
des expulsions massives de septembre dernier. Le lieu est
souvent cité comme étant un repaire de trafiquants où
Djiboutiens et étrangers se livrent à des opérations
commerciales douteuses. Après les épouses des dignitaires
qui venaient y recruter des « bonnes », clandestines bien
sûr, c’est maintenant au tour des légionnaires de «
visiter » l’endroit pour y retrouver l’âme sœur, avec plus
ou moins de bonheur selon les jours.
Dimanche dernier un scandale aurait
failli éclater lorsque deux légionnaires et leur
accompagnateur Djiboutien, venus à bord d’un véhicule de
marque Daihatsu Rocky, sont arrivés sur place dans le but
de récupérer deux filles, ex-compagnes parait-il des deux
«képis blancs». Les forces de l’ordre auraient un moment
arrêté les deux visiteurs et leurs « moitiés », puis les
ont finalement laissé repartir ensemble à Djibouti-ville,
après que les deux légionnaires eurent déboursé une forte
somme aux responsables du camp. Pourtant, des
sous-officiers consciencieux avaient à plusieurs reprises
averti leur hiérarchie de la persistance en ce lieu, d’un
trafic indigne de l’esprit humanitaire..
Qu’attendent les autorités concernées
pour sévir contre ce genre de pratiques bassement
mercantile ?
Ali-Sabieh :
Du discours à la réalité
L’agenda présidentiel semble chargé en
ce mois de Décembre. Après son retour d’un voyage officiel
en Iran, le Chef de l’État, en course pour sa réélection
en 2005, projetterait de visiter au moins deux districts
de l’Intérieur. Selon nos informations, le probable
candidat à sa propre succession serait attendu à
Ali-Sabieh dans la deuxième quinzaine du mois. Le terrain
où doit se poser l’hélicoptère de l’illustre visiteur
serait dès à présent parfaitement sécurisé. Pour ce faire,
le bulldozer du district aurait rasé un chantier en
construction appartenant à un ponte du RPP local. Lequel
aurait ainsi appris à ses dépens que les impératifs de
sécurité passent avant les amitiés politiques.
Dépêchés sur place afin d’y préparer
cette visite, les missi dominici du pouvoir
annoncent à qui veut les entendre que le chantre de l’agro
pastoralisme serait déterminé à inonder le pays assajog
d’eau minérale, sans oublier les usines de marbre et de
ciment qui fleuriront parait-il du côté du mont Arrey.
Pour l’heure, seule une clôture métallique délimite le
site de la future usine d’eau minérale. Pour le reste, qui
vivra verra...
En attendant ce jour heureux, la
mauvaise gouvernance vécue au quotidien est loin de
plaider en faveur du développement décentralisé cher au «
numéro un djiboutien ». Aussi, les Assajog restent
dubitatifs en constatant que la réalité observée sur place
ne corrobore absolument pas les prétentions
gouvernementales relatives à leur district. On ne peut que
comprendre leurs craintes en les écoutant égrener la liste
des difficultés causées par la mauvaise gouvernance
antithèse d’un développement durable.
Au chapitre social, tout ne semble pas
rose, loin s’en faut. Dans le domaine de la santé, il y
aurait même quelques grincements de dents. Les habitants
d’Ali-Sabieh ont ainsi été privés de soins du 22 au 26
novembre dernier en raison d’une grève du personnel
soignant du dispensaire local. Les grévistes auraient
exigé le paiement des arriérés de prime de garde non
versés depuis sept mois. Suite à ce mouvement de
contestation, les agents de la Santé auraient repris le
travail après que le nouveau médecin-chef se soit engagé à
débloquer la situation en plaidant leur cause auprès des
autorités compétentes.
Par ailleurs, Ali-Sabieh connaîtrait
depuis plusieurs semaines des problèmes d’éclairage
public. Plusieurs artères de cette belle ville seraient
plongées dans le noir, le District n’étant plus en mesure
de participer aux frais d’éclairage. Last but not least,
le siège du Conseil Régional coopté serait privé
d’électricité depuis quelques jours pour non-paiement des
factures. No Comment !
District de Dikhil :
L’Éducation escamotée
La région de Dikhil est la plus vaste
de notre pays mais curieusement une des plus négligées par
l’Éducation nationale. Certaines zones bien peuplées
restent toujours sans école. Dans les écoles existantes,
l’enseignement est fréquemment décrié par les parents
d’élèves. Ainsi, les élèves du collège de Dikhil n’ont
toujours pas reçu la totalité des manuels scolaires,
qu’ils ont pourtant payé au début de l’année scolaire.
Dans cet établissement, certains
professeurs refuseraient même l’accès à leurs cours aux
élèves dépourvus de manuels. Seuls les élèves munis d’un
certificat d’indigence seraient autorisés à assister aux
cours sans manuels. Dans les écoles rurales,
l’enseignement de la langue arabe est insuffisante à
As-Eyla et inexistante à Yoboki. A As-Eyla il n’y aurait
qu’un seul maître d’arabe pour six classes de C.M
bénéficiant chacune d’une heure de langue arabe par
semaine. A chaque réunion, les parents d’élèves soulèvent
ce problème, hélas toujours sans être entendus. Faute
d’enseignant depuis la rentrée scolaire, les cours d’arabe
ne seraient plus dispensés aux élèves des C.M de l’école
de Yoboki. Les parents d’élèves de cette localité se
seraient plaints de cette situation lors de la dernière
tournée du ministre de l’Éducation dans leur village.
Malgré la promesse ministérielle, aucun enseignant d’arabe
n’a été affecté à cette école. La prétendue
déconcentration de l’Éducation nationale n’a apporté
aucune amélioration au fonctionnement des établissements
scolaires du district de Dikhil. Dans cette région
l’Éducation paraît escamotée et sinistrée. Dans ces
conditions, c’est tout l’avenir des enfants scolarisés
dans ce district que ce régime irresponsable assassine.
Tadjourah :
L’UNFD en pâle position ?
Depuis le hold-up électoral du 10
janvier dernier, les habitants de la ville blanche
témoignent très peu d’estime à l’égard de la mouvance
présidentielle responsable de fraudes massives et de la
mauvaise gouvernance. L’UNFD, section féminine de
l’ex-parti unique, tenterait désespérément ces derniers
temps de sensibiliser les femmes de Tadjourah connues pour
être les porte-drapeaux de l’opposition dans cette ville.
Sans succès.
Aussi, pour donner l’illusion d’une
implantation réelle du parti présidentiel sur cette rive
du Golfe, la Première Dame et présidente de l’UNFD
projetterait de se rendre sur place et principalement de
visiter Tadjourah le week-end prochain.
Dans ce déplacement, elle sera bien
entendu accompagnée de toute sa cour, estimée paraît-il à
plusieurs dizaines de ferventes admiratrices. Le seul hic,
c’est que les admiratrices de l’UNFD, il en manque
cruellement à Tadjourah et pour cause : les femmes de
cette ville sont dans leur écrasante majorité militantes
de l’opposition et partisanes du changement démocratique.
Peu intéressées donc par les lendemains qui chantent
toujours promis par celui qui cherche à rempiler, elles
resteront majoritairement chez elles, préférant vaquer à
leurs occupations domestiques plutôt que de poser devant
les caméras aux côtés de l’illustre visiteuse au cours de
la garden-party.
En attendant les reportages forcément
enthousiastes des médias gouvernementaux, il ne nous reste
qu’à souhaiter Bon week-end à toutes…
Pollution de l’air :
La route d’Arta, zone à risques
Rares sont les passants qui n’ont pas,
un jour ou l’autre été incommodés par les nuisances
olfactives et visuelles des fumées perpétuelles visibles
sur la route d’Arta à hauteur d’Arhiba. Ces fumées
dangereuses proviennent des ordures incinérés sur la
terrain vague du « sans fil»; des cadavres d’animaux
seraient régulièrement brûlés à cet endroit, dégageant
d’épaisses fumées blanches qui indisposent les passants,
les riverains et les automobilistes. Certains jours la
circulation est rendue dangereuse sur cette voie très
fréquentée en raison de l’épaisseur de ces fumées
réduisant la visibilité. Si la multiplication des
décharges sauvages est à l’origine de cette situation, la
négligence des pouvoirs publics ignorant les nuisances de
ces ordures et fumées sur l’environnement, est
regrettable. L’hygiène publique et la préservation de
l’environnement restent pour le moment les parents pauvres
de ce régime insouciant.
Pôle Universitaire :
Malaise persistant.
Lundi dernier, des étudiants en section
BTS du pôle universitaire de Djibouti avaient, en groupe,
abordé leur directeur devant le Lycée Industriel et
Commercial cherchant à dialoguer avec lui. Pris de panique
ce dernier aurait foncé avec son véhicule sur le petit
attroupement manquant de blesser certains d’entre eux.
Fous furieux, les étudiants auraient rejoint le pôle pour
protester contre la réaction méprisante et irresponsable
de leur directeur. Ne le trouvant pas ils auraient alors
saccagé son bureau. Une fois arrivé sur les lieux, le
directeur aurait été violemment pris à partie mais aurait
réussi tout de même à rejoindre son bureau sous les
quolibets de jeunes surexcités.
Dans leur furie, les étudiants auraient
également endommagé son véhicule. L’absence d’un dialogue
constructif entre les autorités de l’Éducation nationale
et les élèves frustrés du pôle universitaire serait à
l’origine d’un tel débordement révélateur d’un malaise
profond. A l’heure où nous mettons sous presse les
étudiants seraient toujours en grève mais la Direction
semblerait, à présent, disposée au dialogue. Pourvu que
cette détente réussisse, afin que les étudiants puissent
reprendre leurs cours dans de bonnes conditions.
Journée mondiale du SIDA :
Tolérance et prévention avant tout.
La semaine nationale contre le SIDA a
culminé lundi dernier avec des manifestations diverses
organisées un peu partout dans le pays. Pour ne pas être
en reste, le régime fanfaron a donné de la voix faute de
vrais moyens à engager dans la prévention de ce fléau.
Ainsi, le Chef de l’État s’est offert
la luxe d’une interview sur les ondes du service somali de
la BBC. Au-delà de ses belles déclarations d’intention, la
réalité sur la progression de la pandémie planétaire dans
notre pays est sujette à caution. Si quelques associations
font œuvre utile en sensibilisation avec leurs faibles
moyens, le régime lui, semble privilégier les actions
d’éclat plutôt que les mesures nécessaires adoptées un peu
partout dans le monde et particulièrement en Afrique. La
tolérance vis-à-vis des porteurs sains ou malades du
syndrome reste encore à inventer chez nous.
L’obstacle principal réside dans la
mentalité elle-même sectaire des dirigeants de ce régime
négligeant la communication de masse qu’implique la
création d’un tel climat. L’hypocrisie officielle ne fera
pas reculer la pandémie du SIDA.
Obock : mensonges et mépris
Hayyou ? Les colons s’y sont installés il
y a un siècle et demi, le turban de Rahaïta leur accordant
un droit de mouillage sur sa rade. La France ayant
outrepassé ses droits, elle fut priée par le même turban
d’aller déstructurer ailleurs. Elle a connu Lagarde et
Monfreid et a vu la naissance des plus gros employeurs
privés que sont les Établissements Coubèche et Marill.
Enfin la plupart des intellectuels et des hommes
politiques qui ont fait l’Histoire de ce pays y sont nés,
y ont vécu ou étudié…
Mais tout cela c’est son passé. Sa
grandeur de l’époque n’intéresse que les historiens. A
l’en croire, c’est à son présent et son avenir que feint
de s’intéresser le pas si nouveau régime. Selon nos
informations, après son retour d’Iran, le Chef de l’Etat
compterait y effectuer une tournée au cours de laquelle il
s’apprêterait à y annoncer une série de projets portant
sur différents domaines de développement intéressant les
Obockois qui tout en étant patients et vindicatifs ne sont
plus dupes. Beaucoup de nos lecteurs ne l’ont peut-être
jamais vu et ceux qui souhaiteraient s’y rendre
aujourd’hui ne le pourraient pas : c’est qu’elle est
enclavée !
Ni bac ni boutre ne la desservent
régulièrement par voie maritime. Il n’y a plus de liaison
aérienne depuis belle lurette et la voie terrestre
Tadjourah/Obock n’est non seulement pas bitumée après 27
ans d’Indépendance, mais la piste qui y mène est dans un
piteux état. Pourtant, des sources officieuses, variées et
concordantes nous font savoir que le financement (un fonds
Arabe de développement) pour le bitumage de ce tronçon
serait disponible depuis plus d’un an.
Notre « malin » Président attend
peut-être sa prochaine visite à Obock (à un an et demi des
présidentielles…) pour débloquer les fonds et désenclaver
cette ville et sa région par voie terrestre ! Connaissant
le régime, nul besoin d’être devin pour prévoir qu’à cette
occasion et à cette occasion seulement, bac et boutre
reprendront du service pour convoyer toute la cour qui
précède et accompagne les tournées présidentielles dans
les districts de l’intérieur (des dizaines de sacs de
khat, 4x4 flambant neuves et un groupe de décolorées pour
faire foule et les youyous).
Sans nous étendre sur la période
1977-2000, il n’est pas inutile de rappeler quelques faits
pour rafraîchir la mémoire de nos acteurs (qui riment avec
menteurs) politiques qui y paradent d’une campagne
électorale à une autre et surtout informer nos lecteurs
sur la réalité du quotidien obockois. S’il nous fallait
décrire la ville, nous n’exagérons pas si nous affirmons
que Lagarde et Monfreid la reconnaîtraient sans peine :
poussiéreuse et en ruines, elle ressemble encore à un
champ inexploité.
L’installation de la France à Obock
plutôt qu’ailleurs ne doit rien au hasard. Situé dans le
Golfe d’Aden, son port évitait aux navires marchands le
long détour (150 km aller-retour) auquel ils sont
aujourd’hui contraints en débarquant leurs marchandises au
port de Djibouti. Sa proximité avec le Yémen offre au
district, dont elle est le chef-lieu, la possibilité
d’être un levier de développement commercial avec notre
voisin yéménite.
Les ressources halieutiques
sous-exploitées de ses eaux font le bonheur des pirates.
Les milliers d’hectares de terres agricoles arables et non
exploités recensés par les services du ministère de
l’Agriculture autorisent l’espoir, sinon d’une
autosuffisance, du moins d’une moindre dépendance
alimentaire pour notre pays. Délaissés par les politiques
publiques de développement, ses côtes, plages et monts
suscitent la convoitise et le dépit des entrepreneurs
découragés par l’absence d’une politique volontariste pour
développer le tourisme. Aucune piste praticable ne donne
accès aux verdoyants plateaux des Monts Mabla et Moussa
Ali.
Tout cela, les Obockois ne l’ignorent
pas, ni le Président de la République qui, en quatre ans
d’exercice du pouvoir, s’est contenté d’y parader avec
quelques obligés. Il trouvera le cahier de doléances des
notables plus chargé que les promesses sans lendemain de
ses tournées électorales. La population du district a déjà
fait savoir aux missi dominici qu’il a dépêché pour
y préparer sa tournée qu’aucun accueil populaire ne lui
serait réservé. Au lendemain des Accords de paix d’Ab’a,
le gouvernement y a annoncé et signé en grandes pompes un
projet de Réhabilitation financé par la coopération
multilatérale (dons et prêts).
Ces fonds ont été gérés par un
fonctionnaire membre du FRUD d’Ab’a, officiellement chargé
de la réalisation et du suivi de ce projet. A l’occasion
d’une cérémonie soigneusement médiatisée, seule une pierre
(la première) fut posée ! Ceux, et ils sont légion à
Djibouti-ville, qui ont la mémoire courte peuvent
consulter « La Nation » de l’époque. Rappelons pour
l’anecdote que le gestionnaire de ce projet fut promu
quelques temps plus tard… pour services non rendus?
Bien plus tard, à l’occasion d’un «
séminaire de réflexion sur l’action gouvernementale » tenu
en fanfare au Palais du Peuple en février 2002, un cadre
Obockois interpelle le chef du gouvernement en personne
sur l’inaction gouvernementale dans ce district martyr et
délaissé par les politiques publiques de développement,
pour s’entendre répondre par ce dernier sous un émouvant
tonnerre d’applaudissements qu’un plan Marshall déjà à
l’étude y serait appliqué sous peu.
Un an plus tôt, le même gouvernement a
signé avec nous en mai 2001 un accord de paix définitive
prévoyant dans un de ces volets, la Réhabilitation des
zones affectées par neuf ans de guerre civile
reconnaissant explicitement ce faisant, qu’elles ne l’ont
pas été après l’accord d’Ab’a.
Conformément à l’Article 1 er
de l’Accord Cadre de Réforme et de Concorde Civile signé à
Paris en février 2000 qui stipulait : « La
réhabilitation des zones touchées par le conflit civil
sera réalisée afin de permettre aux populations civiles
réfugiées, déplacées ou affectées par ce conflit, de
réintégrer leurs lieux d’habitation, de profession, de
production dans les meilleurs conditions. A cet effet, il
sera mis en œuvre tous les moyens nécessaires pour
réhabiliter, restaurer ou justement indemniser les
victimes civiles et militaires dans la perte de leurs
habitations, commerces, biens mobiliers et immobiliers, de
profession ou de production et des plantations. Le
bénéfice de réparation doit uniformément couvrir toutes
les victimes du conflit dans les mêmes conditions».
Une commission conjointe Gouvernement/FRUD-armé
avait planché durant un an sur ce dossier. Ses conclusions
annexées à l’Accord de paix définitive ont estimé le coût
global de cette réhabilitation à environ 50 millions de US
dollars. Durant la campagne électorale des législatives
2003, un ministre en exercice et mal élu de la région y
avait souvenons-nous, promis toute honte bue, monts et
merveilles… Pas plus tard qu’il y a quelques mois, à
l’occasion d’un de ces séminaires ou ateliers ou autres
bricoles que le régime affectionne et concocte en toutes
occasions pour faire semblant de réfléchir et travailler
mais sont aussi et surtout le prétexte à mendier et
soutirer quelques dollars et euros à la coopération, une
commission ad hoc a produit un document-cadre sur
la réduction de la pauvreté.
Et pour revenir à notre sujet, le clou
de ces spectacles sera animé par l’inénarrable Président
de la République lors d’une visite qui serait prévue (sauf
imprévu) pour la première quinzaine de décembre. Il
compterait selon nos informations, annoncer (ou lancer) à
défaut d’un Plan Marshall, quelques menus travaux : près
de cinq ans après l’exercice effectif et exclusif du
pouvoir, le forage de quelques puits dans le district, la
réhabilitation de quelques dizaines d’habitations dans la
ville et probablement le bitumage de la piste reliant
Tadjourah à Obock.
Sans lui intenter un procès d’intention
et ne jugeant ses actes qu’à l’aune de ses promesses non
tenues ou dénaturées, nous ne pensons pas que tout ce
vacarme soit motivé par le souci de laisser quelques
réalisations pour la postérité et encore moins par le
souhait de plaire au Créateur auxquels cas, il aurait
accordé un minimum de suite à la parole donnée et
engagements écrits. Observons seulement que si, par
miracle, quelques unes des promesses qu’il fera à Obock
devaient partiellement voir le jour, elles seraient comme
par hasard, achevées ou en cours d’achèvement à la fin de
son mandat. Parions sans risques, au regard de ses
interminables déplacements intra-muros ou
planétaires, qu’il sera, si Dieu lui prête vie ( ce que
nous lui souhaitons), candidat à sa propre succession en
2005… Qui vivra, verra !!!
En attendant, nous ne pouvons, avec les
Obockois que fermement condamner ce cinéma indigne d’un
responsable respectueux de ses concitoyens.
Le
développement du chômage
L’échec du RPP est patent
Même en temps de guerre, la situation économique et
sociale du pays n’avait jamais été à ce point inquiétante.
Or, les discours présidentiels décalés de la réalité,
copieusement servies par la presse gouvernementale,
semblent surtout destinés à une prospère communauté
étrangère, plutôt qu’aux Djiboutiennes et Djiboutiens dont
les conditions de vie sont de plus en plus précaires,
surtout en ce qui concerne l’accroissement du chômage
qu’atteste pourtant les chiffres officiels.
Rappelons pour mémoire l’allocution
présidentielle à l’occasion des vœux traditionnels du
début du Ramadan: « … J’ai instauré un programme
ambitieux qui a pour objectif de remédier aux difficultés
économiques qui étouffaient le pays et en même temps une
stratégie à court terme et à long terme qui vise le
développement de notre pays ainsi que l’accès à des
meilleures conditions de vie pour tous les citoyens
djiboutiens. Et ceci en jetant les fondements solides en
vue d’un développement durable dans tous les secteurs tant
économique que social, éducatif, politique et sanitaire…
Nous sommes sur le bon chemin… ».
A la lumière de ce petit extrait, une
simple remarque s’impose : la stratégie gouvernementale de
développement à court terme est largement défaillante
puisque, dans quelques mois, au bout de cinq années de
mandat présidentiel. Quant au long terme, il risque donc
d’être bien court ! Durant cette période, le pays a vécu
une situation de difficulté jamais enregistrée dans le
passé et à tous les niveaux. Entre la parole officielle et
la réalité quotidienne, le fossé est profond et se creuse
dangereusement. En ces temps de rigueur dictée selon les
concepteurs des projets économiques et sociaux par la
crise, de multiples réformes ont été entreprises au niveau
des finances du pays et un nouveau « système fiscal
simplifié » susceptible de participer à la relance
économique des entreprises et donc de l’emploi auraient
été mis en place.
Pourtant la précarité et
l’appauvrissement ronge davantage les populations et les
générateurs de ressources budgétaires que sont les
entreprises qui ferment en raison des multiples taxations
officielles et officieuses dont elles restent victimes.
Cette situation de crise entretenue, « Réalité » l’avait
largement commentée dans ses colonnes, en expliquant le
déséquilibre financier et les disfonctionnements
économiques générés par les augmentations injustifiées des
Budgets irrationnels qui frappent de plus en plus les
contribuables véritablement productifs au profit de
l’Armée et de la Sécurité, secteurs non productifs de
l’Économie nationale s’il en est un.
Cantonnons toutefois l’analyse au
problème du chômage qu’évoquait « La Nation » du 27
octobre 2003 en livrant malencontreusement (à côté du
discours du Chef de l’Etat dont les lignes suscitées sont
extraites) tirées des données publiées dans le bulletin
d’information économique du second trimestre 2003 du
ministère de l’Economie et des Finances, sous le titre de
« Moins de création d’activités et des emplois au
compte-goutte ».
Pour une fois, nos confrères de la
presse gouvernementale ont été critiques et pertinents,
mais ils n’ont procédé à aucune analyse sérieuse des
raisons de cette situation structurelle de sous-emploi.
Cependant, ce qui est à retenir de cette conjoncture,
c’est que contrairement aux affirmations prometteuses du
premier magistrat, d’une part les chiffres du ministère de
l’Économie portent sur une variation négative entre
création d’emplois et licenciements ne dépassant pas la
quarantaine. D’autre part, il existe réellement une
précarité de l’emploi dans le secteur du bâtiment où une
majorité des travailleurs (mais ceci existe
malheureusement dans les autres branches) n’est pas
déclarée. Ainsi, les créations d’activités sont au rouge
et un tel environnement économique incertain ne peut
engendrer une réelle croissance ni donc une relance de
l’emploi. Quatre facteurs expliquent essentiellement le
chômage endémique qui frappe surtout les jeunes :
1. L’absence d’une politique économique
cohérente dans un pays dépourvu de ressources naturelles
et dont le secteur tertiaire, principal moteur des
activités génératrices d’emplois, subit d’inconcevables
ponctions fiscales ; sans parler des multiples ingérences
sous diverses formes des agents des services publics dans
la marche des entreprises ;
2. Les privatisations et autres
concessions faites sur des bases occultes et non adossées
à des garanties destinées à vraiment préserver les emplois
de certaines catégories de travailleurs ;
3. Les impôts et autres taxes directs
ou indirects qui pénalisent les investissements privés et
freinent le développement du secteur productif, dont
d’ailleurs la frilosité instinctive devant d’éventuels
financements de projets n’a pas échappé d’ailleurs au
premier responsable du pays, qui sollicitait lors de son
discours (encore un) leur implication effective dans le
développement national. Quelle audace !
4. La mise à sac de la législation
sociale qui (chose grave) légalise aujourd’hui, outre les
licenciements abusifs, ces multiples abus qui freinent
l’emploi ou permettent de tricher à travers des
déclarations des salaires inférieurs à ceux réellement
payés. Ce qui laisse tout un chacun imaginer aisément le
manque à gagner pour les pouvoirs publics, conséquence de
cette stratégie en matière économique chère au Président
de la République.
La vérité, c’est que depuis mai 1999,
les Djiboutiens sont abreuvés par les médias
gouvernementaux, sans que leur soif en soit pour autant
étanchée, de multiples actions réussies et à venir du
premier magistrat de la République. Déplacements,
promesses, etc. tout y passe. Sauf que le quotidien de nos
concitoyens s’en trouve davantage compromis. L’orientation
politique présente n’augurant certainement pas, dans ces
conditions, d’un lendemain meilleur. Bien au contraire !
L’Irak de Bush à oreille
Un Père Noël entre attentats et suicides
La nouvelle a fait l’effet d’une bombe, et
il y avait vraiment de quoi, dans le plus grand secret, le
Président de la première puissance mondiale, George W.
Bush, s’est rendu pour quelques heures dans un pays où la
violence politique est aussi extrême qu’omniprésente :
l’Irak. Une fois passée l’émotion provoquée par l’effet
Père Noël, des questions se posent, gênantes, qui
renvoient à la l’illégitimité de cette guerre, à laquelle
la lutte légitime contre le terrorisme, n’a servi que de
prétexte.
George W. Bush à l’aéroport de Bagdad,
entouré de militaires américains avec lesquels il est venu
partager la dinde traditionnelle, en ce Thank’s Giving Day.
L’image a rapidement fait le tour du monde, copieusement
servi en boucle par la plupart des grandes chaînes de
télévision. Aussitôt talonné par l’ancienne First Lady,
Hillary Clinton, elle aussi venue remonter le moral des
troupes américaines stationnées dans ce bout du monde
désertique et, officiellement, engagées dans une lutte
sans merci contre le terrorisme international, au plus
grand bénéfice, tout aussi officiellement, du Peuple
Irakien à la disposition duquel la Démocratie est enfin,
gratuitement et généreusement mise.
Que ceux qui, selon toute probabilité,
risquent fort d’être les deux principaux candidats à la
prochaine présidentielle, s’estiment obligés de faire un
petit détour par Bagdad, pose clairement le décor en forme
de champ de bataille : l’Irak, et très largement la guerre
au nom de laquelle les troupes américaines y sont
présentes, est avant tout un enjeu électoral.
Face à un terrorisme aveugle qui n’a
pas hésité à massacrer des milliers d’innocents sous
prétexte de s’attaquer aux symboles du capitalisme
triomphant que sont les tours jumelles du World Trade
Center, et au lieu de se donner le temps d’analyser ce
phénomène pour le combattre plus efficacement,
l’administration Bush, dominée par un lobby
militaro-pétrolier, n’a pas hésité à passer outre la
légalité internationale, incarnée par les Nations Unies,
en lançant les forces armées américaines dans un conflit
mal pensé contre un « ennemi » diabolisé et surestimé à
dessein.
C’est ce handicap initial qui explique
que les téléspectateurs du monde entier assistent
aujourd’hui à un événement totalement inédit dans les
relations internationales : la visite en cachette de Bush
à l’aéroport de Bagdad. C’est bien la première fois qu’un
Président des États-unis d’Amérique effectue un tel voyage
à l’étranger dans des conditions aussi étranges : le pays
visité est réduit au tarmac de sa Capitale alors que ses
habitants sont totalement absents. La dinde partagée avec
quelques soldats américains paraissait assez dérisoire par
rapport à tout le désintérêt, pour ne pas parler de
mépris, ainsi affiché envers un Peuple irakien pour la
Démocratie duquel des enfants du Wyoming et du Nevada sont
venus sacrifier leur vie dans le désert.
Surtout que, six mois après la fin
officiel de la guerre, pratiquement aucune perspective de
normalisation institutionnelle n’est proposée par des
puissances occupantes tenant encore à l’écart les Nations
Unies. Même si c’est parfaitement compréhensible d’un
strict point de vue sécuritaire (Bush se baladant dans
Bagdad sous haute surveillance, cela aurait fait
provocation), limiter sa visite à ses seuls soldats
constitue certainement une erreur politique dont
l’incidence risque d’être déterminante dans la prochaine
compétition électorale. L’unique message de sa visite aux
troupes américaines sur l’aéroport de Bagdad, c’est
d’incarner le rôle d’un héroïque Père Noël n’hésitant pas
à mettre sa vie en danger pour apporter un réconfort
psychologique à ceux de ses compatriotes qui, comme le
chantait Lucky Luke, sont loin de chez eux, dans un
environnement extrêmement hostile, pour la défense de
l’Humanité civilisée.
Plus gravement, la bombance
ostentatoirement mise en scène à travers cette dinde
présidentielle rappelle cruellement que, pour sa part, la
population irakienne n’a bénéficié d’aucune amélioration
concrète de ses conditions de vie : si elle mange, quand
elle arrive à le faire, c’est uniquement pour survivre. Et
l’injuste embargo d’une décennie ayant causé la mort
d’environ 50.000 enfants irakiens ( sources ONU ) rappelle
encore ses effets moralement dévastateurs : quelle
humanité peut-on encore exiger de ces enfants qui
n’hésitent pas à piétiner des cadavres, comme pour se
venger en profanant des corps calcinés ?
Dans un tel contexte, il est
parfaitement compréhensible que des soldats américains
venus du fin fond de l’Amérique profonde, en arrivent à se
suicider, même si 17 cas ont pour le moment été
enregistrés en Irak. Venus en conquérants, se croyant à
l’occasion libérateurs, leur désillusion est à présent
grande, pratiquement à la dimension de la précipitation et
de la mauvaise foi qui ont présidé à l’invasion de l’Irak.
Exit la traque d’introuvables terroristes de la branche
irakienne d’Al-Qaïda. Oubliées les fameuses armes de
destruction massive dont la neutralisation avait justifié
la constitution de cette coalition belliqueuse et
l’invasion sans trop de pertes de l’Irak. Reste donc la
vérité dans toute sa clarté : cette guerre était une
nécessité... électorale.
Révolutions ?
Il y a eu cette dernière décennie à
travers le monde un certain nombre de bouleversements, de
renversements de régimes politiques qui continuent encore
de façonner l’échiquier politique international, ouvrant
ici puis là des brèches dans un certain nombre d’idées
reçues…
La chute du mur de Berlin en 1989 et
l’édification d’un autre par l’État sioniste en Palestine
en 2003 ainsi que Septembre 2001 sont à juste titre,
considérées comme des dates charnières par les
observateurs politiques.
Parce que plus près de nos
préoccupations, ce qui nous intéresse ce sont les
renversements des rapports de force politique de
différentes façons en Afrique ou ailleurs. Partant, il
nous est possible de tirer sans hâte quelques conclusions
: d’une part, l’ère des coups d’État et la prise du
pouvoir par un quarteron d’officiers subalternes semble
bel et bien révolue. Tant mieux !Car ayant rythmées le
quotidien des pays du « Tiers-monde », cette façon de
procéder quelle que soit sa justification n’a fait
qu’aggraver le sous-développement politique et économique
de ces pays. D’autre part, le recours à la force armée par
des mouvements politico-militaires pour la conquête du
pouvoir semble lui aussi passé de mode.
Pour ce qui nous concerne, nous avons
déjà eu l’occasion d’expliciter une démarche qui nous
semble cohérente. Notre positionnement actuel sur
l’échiquier politique national suffit amplement à
démontrer que tout le propos de notre résistance armée a
avant tout consisté à favoriser ou imposer par les armes
(devenues l’unique et ultime recours sous la dictature)
l’avènement d’un état de droit. Son embryon qui n’existe
chez nous qu’au plan des textes censés régir la cité est
battu en brèche et remis en cause par les pratiques d’un
autre âge de nos dirigeants.
En effet, les multiples entraves aux
libertés syndicales et d’expression, au libre exercice des
activités partisanes, l’opacité dans la gestion des
deniers publics, les innombrables dénis de justice ainsi
que le chômage endémique font peser sur notre pays une
palpable menace de troubles sociaux, malgré la manne
financière que procurent à notre pays les avantages de sa
position stratégique dans la nouvelle donne des relations
internationales.
Pour en revenir à notre sujet et les
mêmes causes produisant les mêmes effets, le cas Géorgien
pour ne citer que celui-là devrait inspirer le peuple
djiboutien, ses mal-élus et ses forces armées.
L’entrée en scène vindicative et
déterminée d’un acteur politique aussi puissant que
négligé qu’est le peuple, est aussi une leçon que l’on
peut tirer des récents modes de rejet des rapports de
domination en cours depuis une décennie. La réaction
déterminée du peuple et canalisée par des forces de
progrès responsables s’est avérée d’autant plus
déterminante qu’il occupe et remplit un espace que ne peut
durablement contrôler un pouvoir rejeté parce que mal
conquis et mal exercé : la rue ! Un peu partout, ses
actions ont été rendues décisives grâce à la sage attitude
des forces armées (militaires, police,…) qui sont restées
neutres quand elles n’ont pas(ayant pris acte du réel
rapport de force) fraternisé avec le peuple dont elles
sont issues.
Le cas Géorgien, qualifié de révolution
de velours est exemplaire par l’attitude somme toute
responsable adoptée tant par le peuple, les forces armées,
l’opposition spoliée ainsi que d’Edouard CHEVARNADZE qui
avait faussé les résultats des dernières législatives.
Face à la détermination de la rue, sa décision en cette
occasion de ce dernier aura à notre humble avis, en ne
tentant pas de s’accrocher au pouvoir par la force,
amnistié tout son discutable passé et bilan d’homme
d’État.
Par contre le scénario malgache n’est
pas à suivre, au regard des désastreuses et coûteuses
conséquences qu’a occasionné ce très long (près de six
mois !) conflit civil et urbain. Par le dangereux
comportement des responsables au pouvoir, l’impasse
politique en Côte d’Ivoire rappelle par beaucoup d’aspects
la situation politique djiboutienne. Il nous semble
injuste de toujours demander à la seule opposition
l’attitude courageuse et responsable qui fait défaut aux
mals-élus d’ici et d’ailleurs. Car, le sentiment
d’impunité que cela procure à ces derniers aggrave
l’exaspération des peuples qui subissent ces injustices et
spoliations. La réaction désespérée des plus déterminés
peut ne pas être canalisée et maîtrisée par la plus sage
des oppositions.
Quoi qu’il advienne, puisse notre
Peuple rester uni et résolu en toutes circonstances pour
faire triompher ses droits.
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