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Éditorial
SADDAM PRISONNIER :
AU SUIVANT DE CES DICTATEURS !
Fait comme un rat ! Le spectacle d’un
ancien Chef d’État qui tombe est vraiment pitoyable :
Saddam Houssein, ci-devant maître absolu de l’Irak laïc
ressemblait à un Zarathoustra hirsute et étonné de se
retrouver parmi les vivants. Au moins il n’est pas
rancunier : il se reposait sur un matelas de dollars.
Peut-être n’a-t-il pas accordé l’importance qu’il fallait
à la mise en garde qu’adressait Omar Khayyam à tous les
tyrans prétentieux : " De temps à autre, un homme sort
de l’ombre, étale sa puissance et proclame : c’est Moi! Sa
gloire ne dure que le temps d’un rêve fêlé. Déjà, la Mort
le rattrape et proclame : c’est Moi ! "
Toutefois, nuançons : tous les anciens
leaders brutalement destitués de leur charge sûpreme n’en
perdent pas leur dignité pour autant.
11 septembre 1973 : le Président
démocratiquement élu du Chili, Salvador Allende meurt,
arme à la main, refusant de se rendre aux putchistes de
Pinochet.
12 septembre 1974 : le Négus Haïlé
Sellassié, plutôt que de se réfugier dans une
chancellerie, se constitue prisonnier de la junte qui
allait devenier DERG. Le point commun entre ces deux
destins tragiques : l’un et l’autre se revendiquaient
d’une légitimité supérieure ; populaire pour le premier et
salomonienne pour le second. C’est cette certitude d’avoir
été à sa place, de n’avoir rien usurpé, qui explique que,
contrairement au dictateur Saddam Houssein, ils soient
restés exemplaires dans des moments aussi tragiques, en
tout cas pour leur propre personne.
Aujourd’hui, nul ne peut encore
sérieusement prétendre que l’Irak a été envahi parce qu’il
détenait des armes de destruction massive très
prochainement opérationnelles. Tout comme l’on conviendra
aisément que le prisonnier le plus célèbre des Américains
constitue, par le seul fait d’exister, une arme de
destruction massive. Mais, savoir que, sauf mauvaise
Providence plus qu’improbable, le Peuple Irakien est
définitivement débarrassé de son ancien bourreau, est
extrêmement réconfortant. Uniquement pour cela, et même si
ce n’était pas leur mission première, les soldats
américains qui l’ont capturé au péril de leur vie méritent
considération. Non seulement de la part des anciennes
victimes du parti Baas, persécutées pour raisons
religieuses, ethniques ou politiques. Mais aussi, et
surtout, venant de tous les peuples qui, de par le monde,
souffrent encore sous le joug de régimes illégitimes, se
perpétuant uniquement grâce aux fraudes électorales et aux
intimidations multiformes.
Et, à cette aune, l’actuel régime
djiboutien, dont nous combattons et dénonçons les
errances, n’est certainement pas le mieux placé sur
l’échelle démocratique. Car, si l’on y réfléchit, sans
même aller jusqu’à la violation d’un accord de paix, la
seule mauvaise gouvernance constitue bel et bien une arme
de destruction massive dont nos concitoyens ne sont pas
les seules victimes. Non seulement parce ses multiples
effets sont dévastateurs sur la qualité de vie et les
conditions quotidiennes d’existence des Djiboutiens, au
premier rang desquelles se place le chantage au travail,
donc au droit de vivre, qu’exerce le régime contre toute
velléité d’indépendance.
Mais aussi parce que l’institutionnalisation et la
banalisation des fraudes (électorales ou autres)
fonctionnent comme un terrorisme de la pensée qui détruit
le ressort de la condition humaine : croire que l’on peut
progresser, que l’on vit pour voir s’améliorer son cadre
de vie, privé et collectif. Tel est le voeu que les
peuples martyrisés du monde adressent à ceux qui ont
envahi l’Irak au nom de la Démocratie : il y a encore
beaucoup d’autres champs de batailles. D’autres dictateurs
auxquels il faut dire : la vérité appartient au Peuple !
Laissez-le vivre !
Brèves nationales
« Progrès » ...
du zèle courtisan
L’organe de presse du RPP, connu pour
ses écrits inimitables a-t-il sombré dans l’idolâtrie ?
Dans son désir inassouvi d’égaler son ennemi intime « La
Nation », le médiocre pamphlet en arrive même à commettre
un sacrilège. Ainsi, dans son édition du 11 décembre, un
article au titre provocateur « le sacre de la première
dame à Tadjourah » donnera la nausée à tous ceux qui
respectent les traditions nationales.
Les lignes suivantes, tirées de cet
article méprisant et inconscient en disent long sur
l’ambiance ; que l’on en juge : « Pour l’occasion,
plusieurs milliers de délégations féminines venues de
toutes les localités du district ont fait le déplacement
pour rendre hommage à celle qui incarne le combat pour
l’émancipation de la femme (…) Elle est avant tout une
femme du peuple et c’est pour cette raison qu’elle jouit
d’une popularité incontestable , une popularité due à sa
générosité, sa disponibilité, son soutien aux plus
faibles. (…) Plusieurs milliers de gens s’étaient
rassemblés pour accueillir l’idole des femmes. (…) Les
responsables coutumiers, religieux et tous les doyens de
la région étaient venus en masse car la visite de la
première dame est une reconnaissance hautement symbolique,
significative à plus d’un titre et qui redonne aujourd’hui
au sultanat la place de choix qu’il occupait auparavant
dans la société nationale. (…) Émue par cet accueil
triomphal, elle remercia plus tard les Tadjouriens et
Tadjouriennes dans une allocution dont l’essentiel du
contenu était dit en afar. (…) C’était en somme un
événement grandiose et haut en couleurs. Un dîner fut
offert par la famille du Sultan dans le siège sacré du
sultanat. Des plats épicés de mille et une nuits furent
servis à madame Kadra et sa suite selon les méthodes et
rituels du sultanat lors des grands événements. Le nom de
l’épouse du Président a été marqué dans la longue liste de
prestige du livre d’or du sanctuaire sacré qui recevait ce
jour-là et la première fois la visite de la femme d’un
Chef d’État.» Cette narration délirante n'est pas sans
rappeler les aventures de Tintin au Congo, et le tam-tam
politique éhonté autour de cette prétendue visite d’amitié
sonne comme un mépris inacceptable de la légendaire
hospitalité de Tadjourah.
Tadjourah : après les grands discours,
les petits cadeaux électoraux ?
Cette semaine, on apprend dans la
Ville-Blanche que, suite à « la visite d’amitié » de la
Première Dame, quelques distributions ciblées de
vêtements, couvertures et dattes auraient été effectuées
au profit des femmes de la région. Ceux qui pensaient que
la Présidente de l’UNFD était venue les mains vides en
seront pour leurs frais. Nous ne pouvons que nous réjouir
de la solidarité agissante de la Première Dame à l’égard
des ces concitoyennes du Nord. Dans une deuxième étape, il
faut espérer que des machines à coudre seront également
distribuées et surtout du riz pour les populations rurales
victimes de la sécheresse. Du riz indien si possible, et
s’il en reste…
La bêtise se rumine,
mais elle n’est pas soluble
C’est bien connu : lorsque le régime
cherche à blesser un individu ou une communauté, un
courrier de lecteur arrive miraculeusement à ses organes
de presse « La Nation » ou le « Progrès ». Ce fut le cas
par exemple lorsque le régime, en froid avec les autorités
de Hargueisa, pour des raisons qui ne tiennent absolument
pas à la sauvegarde de notre intérêt de Djiboutiens, a
estimé utile de s’en prendre à toute une composante de la
communauté nationale. Ce fut, plus récemment le cas avec
«Le Progrès» qui a tenté de réécrire l’Histoire en s’en
prenant à M. Ismaël Guedi. C’est, encore une fois, le cas
aujourd’hui : sous couvert de défendre des consommateurs
de khat que nous aurions agressés, l’organe de presse du
RPP se montre sous un jour peu glorieux pour la presse
nationale. Et dévoile par la même occasion l’importance du
khat dans la domination politique. Ainsi, sans que sa
rédaction n’ait estimé utile de préciser sa position, un
«courrier» prétend réhabiliter la consommation immodérée
du khat.
Pour notre part, nous considérons que
le khat est un fléau social pour beaucoup de raisons : le
pays perd annuellement des millions de dollars qui partent
vers l’Éthiopie, les ménages djiboutiens perdent en
pouvoir d’achat et les consommateurs y perdent leur santé.
Entre fonctionnaires et conventionnés
sans avancement accusant des arriérés de salaire,
enseignants et scolaires sans moyens, malades sans soins,
populations sinistrées des zones touchées par le conflit
attendant une hypothétique Réhabilitation, syndicalistes
abusivement licenciés, incorporés du FRUD-armé maintenus
dans la catégorie anachronique de «mobilisés», anciens
militaires, gendarmes et policiers auxquels le régime
refuse l’indemnisation prévue par l’Accord de Paix du 12
mai 2001, cadres du FRUD-armé auxquels le régime refuse
tout emploi, dirigeants du FRUD-armé faussement réintégrés
dans la Fonction Publique et dont la Présidence a
illégalement suspendu les salaires, nombreux sont tous
ceux qui peuvent légitimement estimer que le régime
finance ses innombrables bakchichs de khat avec de
l’argent qui leur est volé !
Quant au reste, il est inutile d’y
répondre, car il y a eu beaucoup plus grave que ces
bassesses. Ainsi, dans son numéro 92 en date du 11
septembre 2003, l’organe de presse du RPP, commentant
notre position relative aux clandestins écrivait : «En
effet, à la lecture, l’on remarque le constat criant des
maux comme le sectarisme dont souffre Dini, s’avère
héréditaire au diagnostic.»
Rappelons juste, pour la petite
histoire à méditer dans les mabraz du régime, que M. Dini
tenta par deux fois d’interdire l’importation du khat
lorsqu’il était au pouvoir les premiers mois après
l’Indépendance ! C’est cela un vrai Homme d’Etat : celui
qui protège ses concitoyens contre leurs propres
faiblesses, qui cherche à les libérer pleinement de toute
forme de dépendance. Un vrai Homme d’État, ce n’est pas un
dirigeant accidentel qui laisse ses concitoyens végéter
dans leurs défauts, ruminant vengeance et jalousie,
surtout en broutant !
Ali-Sabieh :
La décentralisation centralisée ?
Les conseils régionaux cooptés n’ont
jamais brillé par leur efficacité. Dans tous les districts
de l’Intérieur, les administrés n’accordent aucun crédit à
ces structures budgétivores et opaques. Les Assajogs n’en
finissent pas de fustiger la version locale d’une
décentralisation centralisée, en vigueur dans leur
district. Ils rappellent à cet effet que leur conseil
régional, composé de quatorze membres, ne s’est jamais
réuni depuis plus d’un an.
En outre, le Commissaire de la
République, qui préside cette instance, aurait marginalisé
ses treize autres collègues, allant jusqu’à confisquer le
véhicule affecté au vice-président de ce conseil régional.
C’est dans ce climat délétère que se poursuit le
développement décentralisé, cher au Chef de l’État qui est
de par la loi, le premier responsable de ces conseils
régionaux. Conséquence de ce « progrès » version RPP: la
ville d’Ali-Sabieh reste plongée dans l’obscurité,
l’éclairage public semble avoir été oublié et le siège du
conseil régional cliniquement mort reste toujours privé
d’électricité.
Dernières victimes en date des fausses
promesses gouvernementales, les Jeunes de l’association
CECAM auraient bruyamment manifesté leur mécontentement
devant les bureaux du chef du district. Motif de la
grogne: ils n’auraient pas été récompensés pour les
travaux d’entretien qu’ils ont effectués au centre médical
d’Ali-Sabieh. En attendant la visite présidentielle, les
sujets de mécontentement semblent s’accumuler en pays
assajog. Le pompier volant aura-t-il assez d’eau (minérale
?) pour éteindre toutes ces étincelles avant qu’elles ne
se transforment en foyers d’incendie ?
Armée de développement :
Ce n’est pas l’AND !
Ne saisissant apparemment pas toutes
les implications de ses écrits, le journal gouvernemental
« La Nation » nous apprend généreusement que les soldats
américains et français ont procédé à la rénovation
d’infrastructures scolaires. Les premiers ont ainsi retapé
des salles de l’école primaire d’Obock pour environ neuf
millions FD, tandis que c’est l’école de Wéa qui a
bénéficié de la généreuse initiative des autres. Neuf
millions, c’est pratiquement le prix des véhicules 4x4
dont le régime achète chaque année des dizaines au profit
de ses protégés ! Si l’on ne peut que remercier les forces
américaines et françaises pour leurs gestes de sympathie,
une question demeure : que fait pendant ce temps l’Armée
Nationale Djiboutienne ?
Après avoir courageusement sauvé de
l’asphyxie la mangrove de Godoria, l’on l’apprend qu’elle
serait actuellement très occupée à terroriser les
populations du Nord. C’est peut-être cela, la « gestion
de vraie problématique »selon ce régime illégitime.
Animaux errants :
Le laxisme continue…
La divagation des animaux domestiques
dans la Capitale est la conséquence du laxisme inhérent à
la mauvaise gouvernance. Pour l’instant, les autorités se
contentent de combattre ce phénomène par de simples
communiqués menaçants et sans lendemain. Pourtant, des
textes existent qui répriment l’errance dangereuse des
animaux domestiques en ville. Celle-ci est source de
multiples inconvénients pour l’hygiène publique et la
sécurité routière. Il ne se passe pas un jour sans que ces
quadrupèdes visibles sur certaines grandes artères ne
soient à l’origine d’un accident de la circulation. Leur
zone de prédilection reste cependant le secteur de la gare
où l’omniprésence des chèvres et des moutons constitue un
véritable cauchemar pour les automobilistes empruntant
cette voie. Dans les autres quartiers, ce sont les
décharges sauvages et leurs tas d’ordures qui attirent les
animaux. Le temps est venu de prendre des mesures
énergiques pour rendre à notre Capitale son visage
d’antan. La mauvaise gouvernance insouciante négligeant
l’insalubrité ambiante l’entendra-t-elle de cette oreille
?
Awr-Awsa :
Visite d’une délégation onusienne
A plusieurs reprises, notre journal
s’était fait l’écho de multiples difficultés quotidiennes
auxquelles font face les milliers de réfugiés et
clandestins parqués dans ce camp du district d’Ali-Sabieh.
Ne supportant plus les conditions de vie sur place, des
centaines de clandestins se seraient enfuies ces dernières
semaines en direction de la Capitale. Cependant, l’on
observe depuis quelques jours une vigilance accrue des
forces de l’ordre déployées dans le camp. Les allées et
venues y sont strictement réglementées et le camp parait
difficile d’accès.
La raison de cette effervescence semble
liée à la visite d’une délégation de la commission des
Droits de l’Homme de l’ONU. Les deux délégués de cette
mission ont intégré dans leur programme de travail à
Djibouti la visite de ce camp insolite. Les autorités
auraient fait des efforts ces derniers jours pour que
cette intrusion des délégués onusiens leur soit présentée
sous le meilleur angle possible.
Il faut espérer qu’à l’issue de cette
visite, une solution humaine sera trouvée aux problèmes
des clandestins et réfugiés entassés dans des conditions
difficiles à Awr-Awsa.
Obock :
Visite présidentielle reportée ?
De bonnes sources indiquent que la
visite présidentielle initialement prévue dans le courant
de ce mois serait finalement reportée à des jours
meilleurs. Le Chef de l’État attendrait peut-être la
confection d’une nouvelle première pierre, pour lancer les
travaux de reconstruction des habitations détruites
d’Obock. Pour l’heure, ses forces de sécurité continuent à
terroriser les populations civiles du Nord-Ouest de ce
district.
Les campements situés dans le triangle
Dalha-Daddato-Alaylou seraient régulièrement l’objet de
fréquentes descentes des militaires basés à Alayli-Dadda
et ceux du groupement de Tadjourah (GIAT). A en croire les
ruraux de ces contrées désolées, la paix civile serait
gravement menacée par les multiples incursions musclées
des militaires nerveux et menaçants. Le régime
chercherait-il à enterrer la paix définitive ? S’il est le
seul à savoir ce qu’il espère y gagner, il y perdra
beaucoup !
Comité des Droits de l’Homme : La LDDH précise sa position
Suite à la publication dans "La Nation"
d’un communiqué vantant les réalisations du régime en
matière de droits de l’Homme, qui engageait son nom sans
qu’il ait été préalablement consulté, le Président de la
Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) a publié la
note suivante.

DIFFUSION D’INFORMATION
DU 12 DECEMBRE 2003
L’idéal pour un Défenseur des Droits de
l’Homme
est celui de tendre vers la rigueur et
l’honnêteté intellectuelle.
Cette Diffusion porte sur un complément
d’information présenté par un ancien parlementaire à la
suite d’un article du Comité des Droits de l’Homme paru
dans le journal « La Nation » du 11 décembre 2003
intitulé: « Zoom sur la situation des Droits de l’Homme à
Djibouti »
I - Compléments d’Information afin
d’éviter des malentendus et pallier aux possibles risques
de mauvaise compréhension sur le Comité AD HOC des Droits
de l’Homme, avec le corollaire, des conséquences néfastes
sur la crédibilité des membres du Comité AD HOC des Droits
de l’Homme en République de Djibouti.
Ce complément d’information a pour
objectif essentiel, celui entre autre, d’éclairer et
d’affirmer notre volonté commune dans le seul souci de la
réussite de notre juste combat dans le cadre et l’esprit
de la protection et de la promotion des Droits humains.
Que DIEU TOUT- PUISSANT guide nos pas.
La première lecture du zoom sur les
Droits de l’Homme donne l’impression, à travers certains
de ses passages, que les termes thuriféraires et
ostentatoires émanent de la « plume extravagante » des
journalistes spécialistes de la désinformation, qui fait
parfois la une du journal « La Nation ».
Tout d’abord quel est le message à
retenir après la lecture de cet article du Comité des
Droits de l’Homme ?
Le premier message, qui est le plus
important, décrit d’une manière précise certaines grandes
lignes des objectifs des Droits humains sous l’angle d’un
rappel de l’Histoire. Le second dresse rapidement les
activités du Comité AD HOC des Droits de l’Homme « créé en
2002 en vue de faire un état des lieux sur la situation
des Droits de l’Homme à Djibouti ».
Dans les deux premières colonnes, les
messages sont très clairs, et ils s’incrustent
parfaitement dans les objectifs prioritaires des
Défenseurs des Droits de l’Homme à savoir la Formation par
l’Information permanente.
Dans la dernière colonne, les messages
ressemblent plutôt à de la propagande gouvernementale, ce
qui n’est pas du tout le rôle ni le combat des Défenseurs
des Droits de l’Homme.
Ci-après les points qui sont négatifs
car ils insinuent que dans l’ensemble tout va très bien, «
les droits économiques et sociaux ont un avenir
prometteur », mais qu’en est-il aujourd’hui ?
Où passent les recettes du Port « en
gérance strictement privée » sans aucun Texte législatif
autorisant cette forme de privatisation déguisée, sans
véritablement de Conseil d’Administration connu à travers
le Journal Officiel, sans aucun contrôle des finances de
l’État, sans aucun contrôle de la Chambre des Comptes ?
A quand les Décisions judiciaires de la
Chambre des Comptes dont les travaux sont secrets ?
A quand la fin des Abus du Pouvoir
couverts par l’impunité ?
A quand la fin de l’opacité sur les
détournements des Biens Publics et des Deniers Publics ?
D’autres questions aussi importantes
peuvent être posées, mais pour éviter toutes formes
d’écart de langage entre Défenseurs des Droits de l’Homme,
il est préférable de laisser aux lecteurs le choix
d’apprécier ou non les phrases qui sont
mises en gras dans l’extrait suivant.
Il) - Extrait de l’article publié dans
« La Nation ) 2003 du 11 décembre 2003 page 2
(troisième colonne).
( Zoom sur la situation des Droits
de l’Homme à Djibouti... »
« ( . . .) De part leur attachement
aux valeurs universelles des droits de l’Homme au premier
rang desquels se trouve la paix les djiboutiens ont
instauré une paix définitive dans la concorde nationale
créant ainsi un climat favorable au développement humain.
Depuis quelques années, notre pays
avance sur le chemin sinueux de la liberté, de la
démocratie et de l’Etat de Droit.
Le multipartisme intégral est en
vigueur; La liberté d’expression gagne du terrain au jour
le jour; Les femmes prennent constamment des bastilles.
Après l’égalité voire le dépassement des hommes à
l’école, l’intégration à des postes de
responsabilité aux fonctions publiques avec un salaire
égal pour un travail égal, les voilà en marche de façon
irrésistible en direction des sphères décisionnelles.
C’est une loi d’initiative gouvernementale qui a imposé un
quota minimal de 10% de femmes en position éligible
sur la liste électorale des législatives 2003.
Cette discrimination positive a ouvert
la voie au parlement. Et depuis 1999, le siège du
Gouvernement n’est plus un tabou pour elles.
Notre pays n’est pas en reste sur la
voie des activités économiques. Avec la modernisation du
Port actuel et l’extension vers Doraleh (futur port
pétrolier et port d’éclatement), l’idée de voir Djibouti
devenir un grand marché de l’est Africain où transitent
les biens de consommations de toutes sortes fait son
chemin et se met en perspective.
L’élargissement de la Zone Franche, la
création des petites industries au Sud, l’investigation
systématique de l’eau, la diversification des sources de
l’énergie... Le tout dans un contexte de paix et de
sécurité retrouvés au sein d’un peuple réconcilié présage
d’un avenir prometteur en matière de droits économiques et
sociaux.
De façon générale, le projet global axé
sur la bonne gouvernance et la lutte contre la pauvreté
résume avec brio la détermination avec laquelle la
République de Djibouti entend faire face aux impératifs de
développement tout en restant attentive à ce qu’il
y a de plus cher à la nation: l’être humain.
III - Liste des membres du Comité Ad
Hoc
Docteur Abatte Ebo Adou ; Médecin
Souleiman Miyir Ali ; Parlementaire
Niazi Abdoulkarim ; Biologiste
Mme Zeinab Kamil Ali ; Juriste
Me Aref Mohamed Aref ; Avocat
Me Hasna Barkat Daoud ; Avocat
Jean Paul Noël Abdi ; Ancien
Parlementaire
Mlle Hodane Idriss Abdillahi ; Juge
Khaled Abdallah Ali Haidar ;
Journaliste

**
COMMENTAIRE
La situation réelle des Droits de
l’Homme à Djibouti est connue de tous. Et ce n’est pas
l’arsenal des textes le garantissant qui changera la
donne. Les structures coquilles vides mises en place par
le régime ne sont que de la poudre aux yeux. Tant que la
Justice ne sera pas indépendante il est illusoire de
disserter sur la consolidation de l’état de droit.
Vous avez donc parfaitement raison de
dénoncer la mauvaise foi du régime qui, en vous présentant
comme Ancien parlementaire cherche à minimiser vos
activités de défenseur des Droits de l’Homme. Preuve de
son mépris pour cette noble mission humanitaire qu’est la
défense des Droits humains.
Par respect de votre travail, il est
normal que vous vous soyez démarqué des appréciations
dithyrambiques sur la situation des droits de l’Homme dans
notre pays, faite au nom de tous les membres du comité ad
hoc.
La rigueur et l’honnêteté
intellectuelles auxquelles vous tenez tranchent avec
l’esprit courtisan en vogue dans certains milieux qui
attendent tout du régime et non d’une Loi égale pour tous.
LA RÉDACTION
Petit zoom sur les Droits de l’Homme
A l’occasion de la venue d’une délégation
du Haut-commissariat des Nations Unies aux Droits de
l’Homme du 15 au 18 décembre, la tactique de la «shitara»
chère au régime profitant de son monopole sur les médias
publics cherche à donner une image du respect des Droits
de l’Homme qui ne correspond pas à la réalité. Pour ce
faire, « La Nation » a publié dans son numéro de jeudi
dernier un texte intitulé « Zoom sur la situation des
Droits de l’Homme à Djibouti » rédigé par un soit
disant Comité ad hoc de réflexion sur les Droits de
l’Homme. Zoomons ce zoom.
Selon nos informations, ce Comité ad
hoc, jusque-là méconnue du grand public, a plus d’un an
d’existence pour avoir été crée le 7 juillet 2002 par
l’arrêté n° 2002-0182/PR/MJ. C’était à l’occasion de la
venue d’une Délégation Africaine des Droits de l’Homme.
Depuis sa naissance, il n’aurait siégé que deux fois. De
plus, vu son appellation il n’a rien d’Ad hoc, l’arrêté le
créant ne précise ni les circonstances de sa création, ni
sa durée de vie.
La vérité est qu’un « projet d’appui à
la consolidation de l’État de Droit à Djibouti par la
promotion des Droits de l’Homme » rédigé sous la
responsabilité du Ministre de la Justice a vu le jour
exactement 9 décembre 2003, soit 6 (six) jours seulement
avant la visite officielle d’une Délégation du Haut
Commissariat des Nations Unis aux Droits de l’Homme. Seule
raison qui justifie essentiellement la convocation de ce
comité piloté par le seul Ministre de la Justice, par un
courrier adressé 6 (six) avant la sortie de ce rapport,
unilatéralement confectionné par le premier responsable de
ce département ministériel, chargé des Droits de l’Homme.
Ce document « de base » ( 4 pages
seulement), fidèle aux méthodes du régime cherchant à
occulter la réalité dans tous les domaines, stipule «la
noble matière que sont les Droits de l ‘Homme ont
:seulement occupé place qui lui était dévolue depuis le 12
mai 1999 ) plus loin « cette situation était
confortée par l’absence de tout organisme de défense et de
promotion des droits de l’Homme... le multipartisme
intégral, la participation des femme:,’ à la prise de
décision. augure l’avènement d’une démocratie nouvelle où
la question des droits de l ‘Homme constituera
indéniablement le thème central du ralliement et de la
mobilisation de la nation djiboutienne »
Chacun sait que la la défense et la
promotion des Droits de l’Homme à Djibouti nécessitait que
le Comité des Droits de l’Homme recense les atteintes et
l’évolution classifiée par nature tant chronologiquement
que quantitativement depuis 26 ans. En effet, sous
l’ancien comme sous le nouveau Chef de l’État, les droits
de l’Homme ont de tout temps été bafoués, sur le plan
individuel et collectif.
Nul n’ignore les atteintes, pressions
et répressions de toutes sortes dont sont victimes la
population civile et les hommes politiques de
l’opposition, sans parler des exécutions extrajudiciaires
dont les responsables continuent de bénéficier d’une
intolérable l’impunité. Cette analyse préliminaire du
rapport est choquante et honteuse de la part d’un dit
Comité des Droits de l’Homme qui renie d’ores et déjà les
souffrances des victimes de la répression du régime.
Concernant l’absence de tout organisme
de défense et de promotion des droits de l’Homme, il est
regrettable de constater l’inactivité de l’ ADDHL
(Association pour la Défense des Droits de l’Homme et des
Libertés), pionnière en ce domaine. Quant à l’actuel LDDH
(Ligue Djiboutiennes des Droits Humains), organisation
dynamique, légalement constituée depuis mai 1999 et
reconnue internationalement, elle reste marginalisée par
le régime. Son Président vient de s’envoler pour le
Burkina-Faso, pour la défense de ses concitoyens au
Troisième Congrès de l’Union Internationale des Droits de
l’Homme - UIDH. La politique de l’autruche ne peut tromper
personne. Encore Heureux!
Pour le reste, le plus illégalement du
monde, ce rapport affirme qu’ « A l’actif du comité, on
peut d’ores et déjà citer la ratification et l’envoi des
instruments de ratification par le gouvernement de la
République des pactes et conventions internationales
constituant l’ossature principale de la réglementation
juridique.». Le Comité, qui compte au moins six
spécialistes du Droit parmi ses membres, se donne le droit
et la prétention de ratifier des pactes et autres
conventions internationales à l’insu d’une Assemblée
Nationale, même mal élue.
Montesquieu avait écrit dans «
l’Esprit des Lois » : « le pouvoir Judiciaire doit
se distinguer par rapport aux pouvoirs Exécutif et
Législatif » Par conséquent, si le Droit doit régner
il est par essence indispensable que la Justice soit
INDEPENDANTE. Or cette commission de dix personnes
destinée seulement à « occuper » les visiteurs des Nations
Unis n’est pas du tout indépendante. Elle est présidée par
le Ministre de la Justice lui-même.
Notre objectif n’est pas de faire
l’inventaire des atteintes, encore moins la nature de ces
agressions, mais seulement de dire qu’il faut
nécessairement de la morale dans l’homme, surtout le
politique. Ce qui manque malheureusement à ce système en
place, comme en témoigne toutes ses manoeuvres orchestrées
au nom d’un Comité des Droits de l’Homme dont les travaux
sont présidés, en vertu de l’arrêté qui l’institue, par le
Ministre de la Justice en personne.
Ces gesticulations sont tout simplement
destinées à tromper l’opinion internationale dans le seul
but de bénéficier d’un financement extérieur des prochains
États Généraux (encore ? ) sur les Droits de l’Homme
prévus pour janvier 2004. Il est vrai que les caisses de
l’État ne peuvent supporter une telle charge, superflue,
étant donné que les maigres ressources sont affectées à
plus importants, comme le bakchich de khat ou le
surarmement des forces de Sécurité.
En somme, il s’agira encore de brasser
des slogans pour faire avancer l’état de Droit à Djibouti
alors que tout un chacun sait que les conclusions des
États Généraux sur la Justice n’ont rien amélioré
concrètement pour le justiciable djiboutien.
Syndicalisme : droit de réponse du ministère de l’Emploi
et de la Solidarité Nationale
Suite à notre article de la semaine
dernière relatant les tribulations de la délégation
officielle à la Réunion syndicale d’Addis-abeba, le
ministère de l’Emploi et de la Solidarité Nationale nous a
fait parvenir le courrier suivant que nous reproduisons
intégralement.
Djibouti, le 14 décembre 2003
A l’attention du Directeur de
Publication de la " Réalité "
Monsieur,
Le Ministère de l’Emploi et de la
Solidarité Nationale (MESN) tient à réfuter les
accusations fallacieuses et le procès d’intention que vous
lui faites, ainsi qu’à la personne de Monsieur Mohamed
BARKAT ABDILLAHI, Ministre, dans l’article intitulé "
Syndicalisme : Les clones démasqués à Addis-Abéba",
paru dans votre bulletin d’information " Réalité "
numéro 74.
En effet, suite à la participation
d’une délégation nationale tripartite, à la Réunion
Régionale Africaine qui s’est tenue dans la Capitale
éthiopienne, du 02 au 05 décembre 2003, vous soutenez les
idées tendancieuses suivantes : " non respect de la
consultation des partenaires syndicaux, afin que ces
derniers puissent désigner leurs représentants pour
participer à la dite réunion, par le Ministère de l’Emploi
et de la Solidarité Nationale", " rétablissement des
droits aux prétendants représentants-détenteurs de la
légalité et de la légitimité des travailleurs djiboutiens
" et " blâme du Gouvernement djiboutien par la
Commission de vérification des pouvoirs".
le MESN récuse les propos mensongers,
que vous alléguez, puisque la consultation des partenaires
syndicaux a été entreprise le 13 novembre 2003 par voie de
courrier officiel (pièces jointes en annexe), conformément
aux dispositions du paragraphe 4 de l’article 1 du
règlement pour les réunions régionales.
De même, le MESN dénonce la
contrevérité qu’est l’affirmation " les délégués
syndicaux des quatre coins du monde ont restauré dans
leurs droits les véritables représentants légitimes des
Travailleurs Djiboutiens ", puisque la délégation
syndicale "bis" de l’Union Djiboutienne des Travailleurs (UDT),
menée par son "soi-disant" SecrétaireGénéral, Monsieur
Mohamed ADEN ABDOU, a effectivement participé à la réunion
susmentionnée, mais avec le statut d’observateur, tout
comme un certain nombre de personnes ou d’institutions
portant un intérêt particulier à l’objet de la Conférence.
Enfin, le MESN est navré de
l’usurpation des termes exacts de la conclusion du Rapport
de la Commission de verification des pouvoirs, dont vous
vous rendez coupable. Ainsi, en insérant les termes "
par le gouvernement de Djibouti ", n’êtes-vous par
pris en flagrant délit de manipulation syntaxique, afin de
modifier la sémantique de la conclusion officielle dudit
rapport ? Doù la présentation, à vos lecteurs, d’une
conclusion falsifiée et pernicieuse du Rapport de
vérification des pouvoirs qui, par ailleurs, ne porte
nullement atteinte à l’honneur et l’intégrité du
Gouvernement de Djibouti, du Ministère de l’Emploi et de
la Solidarité Nationale et de Monsieur Mohamed BARKAT
ABDILLAHI.
A l’inverse, il n’est pas inopportun de
souligner que Monsieur Mohamed ADEN ABDOU, membre du
Bureau Exécutif de votre organisation politique, à savoir
l’Alliance Républicaine pour le Développement (ARD), ne
peut prétendre à aucune légitimité quant à la
représentation des Travailleurs djiboutiens. Ne
sommes-nous pas en présence d’un conflit d’intérêt ? A
moins que, Monsieur Mohamed ADEN ABDOU et/ou l’ARD
adhériez à l’idéologie communiste (libre à vous !) et plus
précisément à sa pire forme d’expression : le Stalinisme.
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression
de mes salutations les plus distinguées.

***
COMMENTAIRE
Même un adversaire a droit au respect :
le responsable syndical dont vous parlez s’appelle Adan
Mohamed Abdou et non pas Mohamed Aden Abdou. Pour le
reste, il nous semble inutile de chercher à argumenter :
le régime djiboutien a maintes fois été condamné par
toutes les instances syndicales internationales pour sa
répression constante de la liberté syndicale.
Statut d’observateur : oui, mais
seulement le temps que la commission de vérification
décide de qui devra représenter les travailleurs
djiboutiens. Une fois qu’elle a statué, les clones
transportés par la délégation gouvernementale de Djibouti
ont été remis à leur petite place et M. Adan
officiellement admis en qualité de représentant légal des
travailleurs djiboutiens.
Quant au "conflit d’intérêt" que vous
croyez déceler dans le fait qu’un responsable syndical
occupe également de hautes fonctions au sein d’un parti
politique, c’est vraiment l’hommage du vice à la vertu.
D’une part parce que M. Adan Mohamed est avant tout connu
pour son courage syndical : c’est sur cette seule base que
les délégués de la base lui renouvellent leur confiance.
Votre ministère n’est pas sans savoir que, pour avoir
défendu les intérêts des travailleurs, Adan Mohamed a été,
avec d’autres responsables, abusivement licencié : c’était
bien avant votre actuel Ministre. Comme vous n’êtes
certainement pas sans savoir qu’en violation des
engagements officiels, le régime djiboutien refuse encore
de réintégrer et d’indemniser ces syndicalistes licenciés,
qui survivent dans des conditions difficiles grâce: ne
parlez pas trop de "Solidarité" quand, par son intolérance
stalinienne, le régime compromet gravement la Santé et
l’Éducation des enfants de ces syndicalistes privés de
tout revenu.
D’autre part, cette double casquette
politique et syndicale est nettement moins anormale que la
comédie jouée par un régime qui n’hésite pas à nommer en
qualité de Médiateur de la République un membre du Bureau
politique du RPP, député de surcroît. Le véritable conflit
d’intérêt est là, sans parler, accessoirement du fait
qu’une telle imposture constitue une violation flagrante
du Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale.
Mais vu à quoi il et elle servent ... LA RÉDACTION
Courrier des lecteursSHARON OU PHARAON ?
Je suis un lecteur assidu de votre journal. J'adhère à la
plupart de ses analyses et prises de position. Je voudrais dire ici ma
compassion à l'endroit de mes concitoyens. Sont-ils inconscients ? Ce n'est pas
exclu !
Neutralisés par l'usage politique que fait le régime du
khat, comme vous l'avez souligné dans un article de votre précédent numéro ?
C'est plus que plausible! Je suis envahi par un sentiment de honte en les
regardant vivoter, toutes ethnies confondues, et s'accommoder de l'Injustice
sous toutes ses formes, qu'ils subissent quotidiennement sans broncher ou
presque.
Ce n'est pas moi qui vais les inciter à être plus
vindicatifs sous peine d'être taxé de " pousse-au-crime ". Je constate
simplement que la parenthèse de la guerre civile ne semble avoir aidés ni les
irresponsables qui nous gouvernent ni les résignés sans repères que les
Djiboutiens donnent l'impression d'être, à une prise de conscience salutaire.
Ni d'ailleurs tout ce qui se passe autour d'eux et à travers le monde. Mais
sachons patience garder !
Car je crois fermement aux leçons de l'Histoire Naturelle et
parmi elles celle qui veut qu'un noyau stable, fût-il minoritaire, composé de
résistants déterminés et lucides finit toujours tôt ou tard et d'une manière ou
d'une autre, par imposer la Justice ici-bas ! C'est pourquoi je vous exhorte à
la persévérance en toutes occasions car elle seule finit par payer !
Fatalement.
Mais ce n'est pas le propos de mon courrier. Je souhaite
dans vos colonnes réagir par rapport à ce que j'ai lu dans Jeune-Afrique
l’Intelligent n°2239 en du 7 au 13 décembre 2003, qui rapporte en sa page
22, dans la rubrique " Ils ont dit ", les propos qu'aurait tenus le
Premier ministre Israélien Mr Ariel Sharon. Si je me permets de réagir, c'est
que je n'ai encore à ce jour appris aucun démenti de l'intéressé. Je le cite
intégralement : " Une présence musulmane toujours plus forte en Europe
mettrait certainement en danger la vie des Juifs."
D'abord ces propos sont dangereux car ils cherchent à semer
le germe d'une discorde entre "Européens " qui n'est pas une entité religieuse
et "musulmans" qui en est une.
Il n'y ait pas question d'Arabes suspectés d'être
pro-palestiniens, de terroristes ou d'immigrants miséreux, bruyants ou
nauséabonds. Sont nommément désignés les musulmans. En clair, officiellement et
explicitement, le critère retenu d'identification de l'ennemi potentiel pour
l'Occident, et partant pour Israel qui s'y identifie, est religieux.
D'autre part j'estime qu'ils sont diffamatoires en ce qu'ils
portent atteinte à l'Honneur et la dignité du musulman pacifique que je suis.
Par ailleurs cela s'appelle une "fitna", une discorde qui invite l'Europe et
les Européens à considérer l'Islam comme une menace et à se méfier des
musulmans et tout ce qui les lie au monde islamique. Et demain ? Sans doute
leur conseillera-t-il, en guise de solution finale, d'ériger une muraille les
séparant et les protégeant contre chaque musulman qui serait une bombe
ambulante !
J'exagère ? A peine ! Sans polémiquer, j'imagine d'ici, le
tollé qu'aurait soulevé ces propos s'ils avaient été tenus par un cheick Yacin,
un prédicateur ou tout autre musulman disant à son monde ou au reste du monde
qu'il faille se méfier des Juifs qui ont inventé l'usure, la bombe atomique, le
communisme, le sionisme... ".
Une fatwa américaine (ou autre) aurait, illico presto été
lancée contre son auteur "wanted dead or alive", pour antisémitisme. Je
considère que ma réaction est d'autant plus légitime et saine que contrairement
à l'Histoire de l'Occident ou d'autres confessions, l'Histoire de l'Islam n'est
émaillée d'aucun pogrom antisémite ou autre. C'est donc la conscience
tranquille que je m'élève contre ces propos mal intentionnés.
Mais ce qui me révolte le plus ce n'est pas que ces propos
offensants soient passés inaperçus dans ce contexte de guerre contre le
terrorisme dans un Occident qui n'entend que ce qu'il veut, mais c'est
l'absence de réaction de la part des intéressés : n'étant pas plus musulman que
d'autres, je ne porterai pas plainte aux nom des musulmans à quelque tribunal
que ce soit.
Je me contenterai de vous demander de bien vouloir insérer
dans vos colonnes cette réaction d'un musulman ordinaire qui s'estime offensé !
Non sans rappeler que lors de son dernier voyage en Angleterre, le président
des Etats-Unis ne s'est pas privé de se faire le procureur de l'antisémitisme
consécutivement à la publication d'un sondage selon lequel les Européens
considéraient Israël et les États-unis comme une menace pour la paix mondiale.
P.S : qui défendra l'Islam contre l'arrogance non pas des
juifs mais du Sionisme et ce sentiment illusoire d'invulnérabilité que lui
procure le soutien inconditionnel des États-unis ?
M.E.O.
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