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Éditorial
LA POSTURE DE L’IMPOSTEUR : LA TRIBU
CONTRE L’ÉTAT
En s’affranchissant de la tutelle
coloniale, les Djiboutiens ont tout naturellement
reconduit un modèle d’organisation politique et spatiale
qui a mis des siècles à se mettre en place ailleurs : l’Etat-Nation.
Que ce modèle ait été en quelque sorte tropicalisé par
l’imposition du Parti Unique n’en rend que plus
révélatrices ses deux implications majeures : coexister
avec des groupements humains différemment constitués dans
leurs traditions historiques d’une part, choisir autrement
que par le passé traditionnel et insulaire les nouveaux
dirigeants politiques d’autre part. Si l’on confronte ce
schéma théorique aux réalités nationales concrètement
observables, un constat s’impose, brutal : la coexistence
entre les diverses composantes de la communauté nationale
est d’autant plus conflictuelle que l’État qui les
rassemble ne garantit pas l’intérêt général et que le
libre choix des représentants politiques est saboté par la
frange dominante du régime. Autrement dit, la Nation se
construit d’autant plus difficilement que l’État devient
un enjeu de luttes ( inégales du fait que la concurrence
est truquée) entre groupes ethniques plutôt qu’entre
classes sociales. Cet accaparement de l’Etat (donc des
ressources politiques, économiques et coercitives qu’il
procure) exige quant à lui d’insurmontables entraves
administratives à la compétition électorale, une mise en
suspens radicale de la Démocratie, essentiellement réduite
à une comédie, un one-man-show (personnalisation du
pouvoir oblige) qui ne trompe plus personne.
Ainsi, à défaut d’un électorat conquis
sur la base d’un programme politique clairement défini,
tout régime assurant sa survie par les fraudes cherche à
susciter chez ses concitoyens l’identification la plus
primitive : le groupe tribal. Et Djibouti n’échappe pas à
cette généralisation du fait ethnique que l’on retrouve
dans les États issus de la décolonisation en Afrique. Bien
au contraire : alors qu’ailleurs les divers groupes ont
connu des siècles de coexistence avant la colonisation,
c’est uniquement depuis la création de la ville de
Djibouti que les Djiboutiens se côtoient et vivent
ensemble sous une même autorité politique et dans un même
espace géographique.
Pas de Démocratie donc, mais seulement
une imposture d’élites politico-administratives prétendant
représenter des groupes tribaux. Pour devenir ce que
Malinowski appelait « banquier d’hommes », la
posture de l’imposteur est simple : dramatiser la
différence en présentant l’Autre comme ennemi
irréductible. Et, dans une perspective existentialiste, la
rareté créant la violence, surtout lorsque la mauvaise
gouvernance et le gaspillage des ressources nationales
sont si fortement implantées, l’ennemi devient multitude,
voisin. Une fois arrivé au pouvoir de façon illégitime,
voire illégale, le discours de ce banquier clanique varie
en fonction de sa position (donc celle de ses auditeurs)
dans les rapports de force politique.
Aux uns, l’on dira : « l’État, c’est
nous », en montrant, par exemple, la différence de
traitement entre l’état d’abandon dans lequel sont
laissées l’usine d’eau de Tadjourah (offertes à l’appétit
des clients) et toute sa région d’une part, et le miracle
irrationnel par lequel une nouvelle usine d’eau minérale
sort de terre ailleurs. D’ailleurs, renchérira-t-on, l’on
ne s’est même pas donné la peine de rendre l’hymne
national compréhensible pour tous les citoyens.
Aux autres, l’on dira : « l’État,
c’est eux ! Contentons-nous de ce qu’ils veulent bien nous
donner. D’ailleurs, leur expliquera-t-on, «eux» n’ont
même pas jugé utile de mettre l’hymne national à notre
portée. Ou encore, leur dira-t-on, regardez tous ceux
d’entre nous qu’«eux» nomment encore Kaar Dameer auxquels
la citoyenneté djiboutienne est injustement refusée.
Dans l’Opposition réunie au sein de l’UAD,
c’est parce que nous sommes intimement convaincus qu’une
autre façon de faire de la politique est possible, que
nous investissons sans hésiter dans le bon sens citoyen,
la sagesse séculière et la maturité avérée des
Djiboutiennes et des Djiboutiens. C’est la seule voie
possible pour fonder la Nation djiboutienne et instaurer
la Démocratie. Il suffit juste pour cela de démystifier
les imposteurs au pouvoir et de croire en notre avenir
commun. Nous sommes tous Djiboutiens avant tout et pour
toujours !
Brèves nationales
Cartes d’Identité :
Délivrance ou rétention ?
Depuis que le ministre de l’Intérieur a
annoncé la reprise de la délivrance des pièces d’identité
nationale, ce sont chaque jour des centaines de
Djiboutiens lésés qui se présentent devant les bureaux de
la direction de la population. Dès six heures du matin,
chaque jour ouvrable, d’interminables files d’attente se
forment dans une ambiance de frustration et d’inquiétude.
En effet, la plupart de ces demandeurs retournent souvent
chez eux sans pouvoir obtenir le précieux document qu’ils
ont pourtant payé longtemps à l’avance.
Jeudi dernier, quelques dizaines
d’entre eux particulièrement courroucées auraient
bruyamment exigé d’être remboursées sans être entendues.
Dans une administration particulièrement gangrenée par la
corruption, la notion de service public a disparu,
laissant place à l’intérêt personnel et aux passe-droits.
Qu’attend le ministère de l’Intérieur pour mettre un peu
d’ordre dans cette maison en pleine décrépitude ? A ce
rythme, la colère qui gronde risque de dégénérer en
émeute.
La mauvaise gouvernance ambiante se
donne ainsi à voir dans sa plus cynique expression. Un
régime aussi peu capable de délivrer des pièces d’identité
à ses citoyens a tout simplement démissionné de ses
obligations. Lamentable !
Médias partisans :
L’esbroufe ne passe plus !
Selon des sources dignes de foi, le
régime en pré-campagne électorale chercherait à étoffer
son arsenal de propagande dans le fol espoir de
reconquérir un électorat perdu parce que fatigué de
l’esbroufe.
Après l’acquisition par la Présidence,
il y a quelques temps, d’un studio privé, le pouvoir
plancherait actuellement sur le lancement prochain d’un
nouveau journal maison destiné, parait-il, à contrer la
communication politique de l’opposition. En effet, il se
murmure que le grand chef mécontent de leurs contre
performances aurait dernièrement tancé les plumitifs
partisans incapables selon lui de crédibiliser les points
de vue du régime.
Avec un tel passif impossible à
occulter le régime ne pourra pas renverser la vapeur, même
s’il faisait appel aux cabinets de relations publiques
installés aux États-unis. Autant chercher à décrocher la
lune. Car comme chacun le sait, la réalité vécue au
quotidien est toujours plus éloquente que les meilleurs
discours.
Presse nationale :
Inflation des titres
Dans le premier numéro d’Aysenno,
journal du FRUD du temps du maquis, nous commentions, en
la saluant, la prolifération des journaux d’opposition au
lendemain du déclenchement de la lutte armée. Ce retour du
refoulé (la presse était libre, indépendante et «
plurielle avant l’Indépendance), était dû, nous
semblait-il, au sacrifice des combattants du FRUD, toutes
tendances confondues. De tous les titres de l’époque, il
ne subsiste plus aujourd’hui que notre confrère «Le
Renouveau», que nous félicitons pour sa longévité et la
constance dans la parution.
L’apparition de « Réalité » dans la
presse écrite djiboutienne a, croyons-nous, suscité, sinon
des vocations, du moins ouvert les yeux à nombre de nos
concitoyens sur l’utilité de communiquer sans passion.
Nous constatons et apprécions la floraison des journaux
d’opinion ou autres qui faisaient cruellement défaut à
notre univers médiatique. Nous ne pensons évidemment pas
aux lucioles paraissant le temps d’une campagne de
dénigrement ou vendre un projet sans lendemain. C’est la
parution récente, et que nous souhaitons durable, des
organes de presse du syndicat des travailleurs du Port, du
Pôle universitaire, ou encore édités par le CRIPEN, divers
bulletins du MENESUP dont « Educ-Info ».Tous nous
éclairent et enrichissent tous ceux qui sont curieux de la
chose publique.
En attendant que le gouvernement daigne
appliquer l’article 14 de l’Accord de Paix du 12 mai 2001,
portant sur la liberté de la presse, et agréer la création
des radios libres. Encore faut-il pour cela qu’il respecte
la Loi relative à la communication et mette en place la
commission prévue à cet effet.
LES DEVOIRS DU CITOYEN
La Démocratie n’est pas seulement une
amélioration institutionnelle sur le papier : c’est avant
tout une prise de conscience agissante de chacune et de
chacun. Nous devons tous participer aux grandes étapes qui
marquent le développement politique de notre pays. Ces
étapes, ce sont bien entendu, les échéances électorales à
venir, lors desquelles se déterminera l’avenir de notre
pays.
Le changement que toutes les
Djiboutiennes et tous les Djiboutiens espèrent ne peut
venir que de la mobilisation de toutes et de tous.
Il est donc du devoir de chaque
électrice et de chaque électeur de se prémunir contre l’ «
abstentionnisme » forcé que représente le défaut de carte
d’électeur.
Inscrivez-vous sur les listes
électorales de votre circonscription !
Exigez votre carte d’électeur et votre
carte d’identité nationale si vous n’en avez pas !
Un électeur qui ne remplit pas son
devoir électoral est tout simplement un citoyen qui
déserte de ses obligations vis-à-vis de sa Patrie.
Dockers du Port de Djibouti : malléables, corvéables et
bastonnés
Pour avoir osé réclamer leurs droits
légitimes à la Direction du Port, des dockers ont été
victimes d’une répression policière et judiciaire sans
précédent dans notre pays. Travaillant comme journaliers
manutentionnaires au terminal à conteneurs depuis des
années, voire près de deux décennies pour certains,
jusqu’au jour où la Direction de Djebel-Ali, qui gère le
Port, leur a proposé de les employer désormais comme
salariés à plein temps plutôt que comme journaliers
relevant du statut professionnel des dockers. Ces derniers
s’en sont félicités et attendent qu’on régularise leurs
situations professionnelles sur de nouvelles bases comme
promis. Récit d’une violation des droits syndicaux et de
la législation sur le travail.
Une nouvelle donne pointe son nez. Il
n’est plus tout d’un coup question à la Direction du port
de recruter ces dockers mais de les remplacer par des
nouvelles recrues. Dès lors, des interventions fusent de
tous les horizons pour essayer de placer les leurs. Aussi
pour justifier cette spoliation en règle d’un droit acquis
depuis tant d’années par ces pauvres dockers, qui eux
n’ont personne pouvant valablement intervenir en leur
faveur afin qu’ils puissent conserver leur emploi, la
Direction du Port sollicite le concours du tristement
célèbre Chef de Service du Bureau de la Main-d’œuvre (BMDO),
pour les dissuader.
Ce dernier propose à ces dockers
d’autres affectations de travail, de nature douteuse,
d’ailleurs jamais concrétisées par la suite, en les
invitant à ne plus prétendre à ce qui leur avait été
promis, au motif fallacieux qu’ils n’y ont pas droit.
Pourquoi ? Allez savoir !!! Les dockers ne comprenant
plus, refusent d’être bernés de la sorte : ils exigent de
continuer à travailler au terminal à container et à
exercer le travail pour lequel ils sont depuis longtemps
qualifiés et expérimentés. Employés du Port ou pas, ils
veulent garder leur emploi.
Alors d’autres chefs de service se
mêlent également et de nouveaux arguments et prétextes
sont invoqués pour les décourager d’y postuler : tels que
les problèmes d’âge, de niveaux scolaires, de pièces
d’identité. Ce qui ne les convainc pas davantage. Enfin,
après moult tentatives de négociations, les unes après les
autres avortées, le spécialiste des dockers qui s’avère
être le sémillant Chef de Service du BMOD, trouve enfin
une formule d’arrangement en guise de palliatif. « Vous
serez indemnisés par le port pour tant d’années de service
effectués au terminal à container et vous serez affectés
en tant que dockers vers d’autres lieux de travail que le
terminal lui-même » leur aurait-il suggéré en fin de
compte.
Et pour ceux qui après cette
proposition « alléchante » continuent à camper encore sur
leur position, comme cela se fait couramment au BMOD pour
mettre au pas des dockers vindicatifs : retrait définitif
de la carte de docker. Ainsi, du jour au lendemain,
plusieurs dockers perdent leur statut d’employés et sont
condamnés à l’indigence forcée, sans aucune possibilité
d’exercer au Port. Aussi, devant une telle mesure de
dissuasion, qu’ils redoutent pour en avoir déjà été
plusieurs fois victimes pour certains, la majorité d’entre
eux cède et accepte la solution imposée du chef du BMDO,
bien que pas du tout convaincante. Nouvelle période
d’attente et pas de signe, ni de nouvelles de ces
indemnisations promises. Ils reprennent donc l’offensive
et revendiquent la concrétisation de cette énième
promesse. Mais en vain. On ne daigne même plus les
recevoir.
Ulcérés, ils décident alors de réclamer
collectivement leurs droits en se présentant devant le
bureau du Directeur Général. Mal leur en prit. Les forces
de l’ordre les dispersent brutalement, les enjoignant de
déléguer quelques uns (en tout sept dockers furent
désignés par leurs pairs) pour faire valoir leurs droits.
Et dans la foulée, la police interpelle quelques dizaines
d’autres dockers qu’elle incarcère sans autre forme de
procès afin de les intimider, au centre de détention de
Nagad. Quant aux sept représentants désignés dont l’un
serait depuis porté disparu, ils se sont vu transférés
manu militari à la Brigade Criminelle de la FNP où ils
subissent un interrogatoire musclé sans discontinuer du 26
au 28 janvier dernier). Après cette garde à vue, ils ont
été déférés au Parquet qui, aussitôt, les expédie à la
prison civile de Gabode en dépôt. Cette détention durera
jusqu’au 15 février, date à laquelle ils seront condamnés
à six mois de prison avec sursis par le Tribunal de
Première Instance, comme de vulgaires délinquants. Entre
temps, ceux qui avaient été mis en détention préventive à
Nagad ont été relâchés quelques jours après.
Mais, la veille de leur procès, Gabode
a été le théâtre d’une hystérie répressive. En effet, dans
la journée du 14 février, un lieutenant de la Brigade
Criminelle de la FNP, un certain Mohamed Ismaël arrive à
Gabode et pénètre dans la cellule où sont détenus les
dockers, en leur intimant l’ordre de lui signer un
document. Ils refusent de se plier à ses exigences, malgré
les menaces et les empoignades pour les impressionner.
Devant leur refus, il en extrait un de la cellule et le
traîne par force jusqu’à un endroit isolé de la prison
centrale : un bureau mis à sa disposition à cet effet. De
nouveau il présente le document à signer au détenu qui
n’est autre que Cheikh Mohamed Walo. Il lui aurait
présenté un document dans lequel il est stipulé que «
les dockers renoncent définitivement aux prétendus droits
qu’ils réclament à la Direction du Port » sic et resic
!!!
Et devant son refus, il l’aurait battu
et torturé en présence d’un témoin (le Lieutenant Moussa
de la prison de Gabode) qui serait au moins coupable de
complicité passive dans cette affaire. Résultat : le
prisonnier s’est retrouvé avec la main gauche brisée au
niveau du coude (fracture ouverte) et la poitrine
défoncée. Suite à cela, le prévenu n’a même pas eu droit
aux soins d’urgence, bien qu’on l’ait transporté aux
Urgences de l’Hôpital Peltier et que son nom ait été
consigné à cet effet sur le registre. Malgré son état, il
a été déféré souffrant au Tribunal le 15 février , avec
ses co-détenus.
A l’heure où des experts en Droits de
l’Homme peinent à enseigner à nos policiers le respect des
droits humains, à Djibouti-même, dans le cadre de leur
métier, le zèle de certains policiers à les piétiner dans
l’exercice de leur fonction, est un contraste assez
révélateur de l’image de ce régime de non droit. Aux
dernières nouvelles, le docker torturé aurait déposé une
plainte contre son bourreau.
Mais reste à savoir si la Justice
djiboutienne fera convenablement son boulot en poursuivant
des tortionnaires patentés du régime.
Éducation Nationale : coulée ou électrocutée ?
Tous les budgets de l’État depuis 2000
nous répètent que l’Éducation Nationale constitue une
priorité gouvernementale. La loi n°96 du 10 août 2000
portant orientation du système éducatif proclamait
pompeusement : L’École obligatoire pour tous jusqu’à seize
ans ! Répétitions et slogans ne sont pas démonstration.
Comme chacun pourra le constater dans les lignes qui
suivent, la pratique gouvernementale en la matière
démontre le contraire.

Prenant le Ministre à son mot écrit
dans la lettre du Ministère de l’Éducation Nationale et
de l’Enseignement supérieur, parue dans le n°1 d’’ «
Educ-Info » de janvier 2004, le propos de ces lignes, avec
le minimum de commentaires de notre part consiste à
comparer les incantations gouvernementales aux faits
sacrés et incontestables, et chiffres officiels. Le
Ministre écrit dans sa lettre : « Tous les responsables
de mon département, de même que les usagers de l’école,
ainsi que tous nos partenaires. Tout le monde aura droit à
la parole… C’est donc dans cet esprit que je vous
adresserai, tous les 15 jours cette lettre dans l’attente,
comme il est d’usage, de recevoir des réponses.
J’attendrai donc vos réactions, qui seront d’ailleurs
reflétées dans « Educ-Info »…. » Voici nos réactions :
Première remarque significative, les
usagers de l’école, des parents d’élèves, nous ont réservé
la primeur de leur réaction et continuent de faire le
siège de notre rédaction nous faisant part de leur
désarroi et surtout de leur colère. Toutes couches
sociales confondues, leurs doléances portaient sur les
points suivants :
- Photocopies des cartes nationales
d’identités des deux parents : quand on sait avec le
Ministre de l’Intérieur que « des notables inscrits sur
les listes électorales ne disposaient pas de C.N.I »,
pourquoi conditionner l’inscription de leurs progénitures
à la fourniture par les deux parents de ces pièces là ?
- Certificats de Résidence : Relevons
avec notre confrère « le Renouveau », que le «
fonctionnement chaotique des arrondissements et autres
districts n’est pas de nature à faciliter la délivrance
des certificats de résidence ».
- Enfin, la dernière condition imposée
aux élèves et leurs parents est censitaire : Une facture
de l’EDD ou de l’ONED.
Ulcéré, un parent d’élève nous disait :
« Si on les laisse faire c’est un abonnement à Djibnet
qu’ils exigeront demain ! ». Rappelons à Monsieur le
Ministre que ses exigences ne peuvent être remplies à
Djibouti que par les usagers de la Nativité….et du Lycée
Guelleh Batal, pour ne citer au hasard que ceux-là. Si
nous insistons sur ce sujet, c’est parce que le Ministre «
attache beaucoup d’importance à l’application
scrupuleuse de ces consignes».
Si, qu’à Allah ne plaise, elles étaient
scrupuleusement appliquées, elles conduiront à exclure du
système éducatif les plus démunis d’entre nous. Cette
marginalisation est en totale contradiction avec le
discours du Premier Ministre le jour de l’Aîd el Adha qui
affirmait en toute bonne foi : « Il est de notre
responsabilité d’aller vers les plus démunis!». C’est
d’autant plus aberrant que beaucoup d’établissements
scolaires ne sont pas alimentés en eau et électricité dans
les zones rurales et certains ne le sont qu’en partie dans
la capitale ( P.K 12). Cela relève même de la
tragi-comédie quand « La Nation » se fait
impudemment l’écho, photos à l’appui, de la réfection
d’une cantine scolaire par l’Armée Française ici, ou la
remise en état d’une école par l’U.S. Army, là.
Tout récemment à Gabode la
participation financière des parents d’élèves aurait été
sollicité pour la réfection de la toiture et des toilettes
d’une école ; alors qu’ils contribuent systématiquement
aux frais de gardiennage qui, normalement, ne relèvent
nullement de leurs portefeuilles. Si, dans ces conditions,
l’Éducation Nationale est une priorité gouvernementale,
qu’en est-il des autres postes budgétaires ? Sur la base
de ces chiffres de l’année scolaire 2001-2002, nous avons
tenté de calculer l’impact négatif de ces nouvelles
mesures du MENESUP préconisées pour la rentrée prochaine.
Par conséquent, en respectant très scrupuleusement les
consignes du Ministre, ses vœux affecteraient plus de
4.000 enfants de la Capitale.
A ce chiffre s’ajoutent, en ne tenant
pas compte du taux de progression des inscriptions de 2001
de l’ordre de 4%, environ 1.176 enfants en âge de
scolarisation en Classe d’Initiation ne seraient pas
accueillis à la prochaine rentrée, pour la simple raison
qu’ils habitent dans une zone qui n’est pas desservie par
l’EDD et l’ONED. Il est également important de relever
que, sur les 178 classes de CI que compte le pays, au
moins 41 seraient affectées par ces mesures aussi
révoltantes que discriminatoires. Ce qui représente un
taux de 23%, soit environ ¼ de l’ensemble. Quant aux
effectifs touchés, ils sont de l’ordre de 12%, variable
aussi importante qui ne tient pas compte du nombre élevé
de foyers de la Capitale touchés par les nouvelles
consignes du Ministre de l’Éducation Nationale.
En définitive, il s’avère que plus de
5.000 nos enfants en âge d’être scolarisés seront ipso
facto écartés en septembre prochain, chiffre qui se
situe à plus de 50% des inscriptions de l’année 2001
(Districts de l’Intérieur et y compris Djibouti-rural) de
10.358, pour la simple raison que les parents n’ont, soit
pas les moyens financiers pour se payer le luxe des
branchements à l’EDD et à l’ONED, soit installés dans une
zone géographique non desservie par ces deux services
chers au Ministre de l’Éducation.
L’article 17 de l’Accord de Paix du 12
mai 2001 prévoyait un « soutien scolaire renforcé aux
enfants des zones affectées par le conflit armé ». Or,
à la page 46 de l’agenda officiel 2004, destiné comme les
autres à la consommation extérieure, l’on peut lire : «la
scolarisation progresse dans toutes les régions du pays,
mais demeure particulièrement faible au niveau des quatre
districts où le taux brut de scolarisation varie entre
20,6% et 30,5%. Il apparaît aussi que de profondes
disparités d’accès à l’éducation primaire existent entre
le milieu urbain (52,9%) et le milieu rural (12,4%)».
CQFD, sans commentaire.
L’Education nationale, la Santé sont
partout dans le monde des postes ministériels exposés,
c’est pourquoi nous avons toujours ménagé nos critiques (
sauf flagrante bêtise ) envers leurs responsables car
l’exercice de ces responsabilités est il vrai très
difficile.. Nous respectons tous ceux qui ont en charge
l’avenir de nos enfants.
Que M. Le Ministre agrée donc
l’expression de nos critiques constructives.

Sociographie des officiers djiboutiens
La réalité est incontournable
Nous n’avons cessé d’avancer que les
institutions civiles et militaires de la République de
Djibouti devaient absolument refléter, dans leurs
effectifs, la diversité des composantes de la communauté
djiboutienne. A l’appui de cette représentativité
équitable, nous partons d’un postulat aussi simple
qu’inébranlable : l’intelligence est la chose la mieux
partagée au monde. C’est ce refus d’un peuple élu
supérieur aux autres qui est au fondement de l’article 15
de l’Accord de Paix du 12 mai 2001, stipulant en son point
b : « Les institutions civiles et militaires de la
République de Djibouti refléteront équitablement, dans le
respect des qualifications requises, par leur effectif,
encadrement et hiérarchie, la pluralité des communautés
composant le Peuple Djiboutien ». Dans le numéro de la
semaine dernière, nous avions proposé à nos lecteurs un
tableau des 174 officiers supérieurs et subalternes de
l’Armée Nationale Djiboutienne, classés par grade et
groupe tribal, en reportant la solution au présent numéro.
Mais, convaincus avec la sagesse chinoise, qu’ «il vaut
mieux enseigner à pêcher que de donner un poisson à
manger», voici encore mieux que de dire qui est quoi : la
liste nominative complète de ces 174 officiers, classés
par grade au 27 juin 2000. Djibouti étant un microcosme, à
chacun d’établir la représentation de chaque groupe.
Proposition citoyenne : que nos lecteurs/militants se
regroupent de façon pluriethnique et contradictoire. C’est
le plus sûr moyen pour approcher la réalité.
Avant de laisser le lecteur face à son
jugement critique, quelques précisions s’imposent, que ce
tableau ne dévoile pas forcément.
S’il est facile de déterminer qui
appartient à quel groupe, il est fondamental de remettre
les chiffres dans leur contexte historique. Ainsi, des 174
officiers de l’AND rescapés du destin au 27 juin 2000
(certains sont morts, quelques uns sont partis à la
retraite et d’autres ont été radiés pour cause de « coup
d’état » ou de rébellion), il s’agit de savoir qui a été
recruté à quelle époque. A l’examen de cette variable
chronologique, il apparaît que pour moitié (88 sur 174),
ces officiers sont de la promotion 1977. Ceci mérite
explication. En effet, les officiers recrutés à cette
époque au sein de l’AND provient de deux origines : les
transvasés de l’armée coloniale et les cadres du FLCS. Ce
serait donc faire injure à l’Histoire que de prétendre que
l’intolérance s’est installée dès le 27 juin 1977 : les
tentatives visant à assurer un certain équilibre ethnique
au sein de l’Armée, de la Police et de la Gendarmerie se
sont heurtées à la politique de la chaise vide prônée par
le MPL, qui estimait impossible de coexister ainsi avec
les autres composantes de la communauté djiboutienne et
accusait la LPAI de vouloir sournoisement « somaliser » le
pays. La sanction de l’Histoire est sans pitié pour les
erreurs politiques de cette envergure : que les adeptes de
cet ostracisme se retrouvent être aujourd’hui les plus
solides piliers d’une intolérance qui s’est renforcée
depuis 1999 en dit long sur l’immaturité de ses adeptes et
les retrouvailles des extrêmes
Profitant de cette fuite sans issue, le
régime issu de la décolonisation a cherché à consolider
ses bases armées. en contrôlant l’Armée, la Police et la
Gendarmerie, relevant dans les faits du chef de cabinet de
la Présidence. Pour assurer cette mainmise, des postes ont
même été créés : Directeur de la Gendarmerie puis
Secrétaire Général du ministère de la Défense. Postes à
l’époque occupés, ceci explique cela, par l’actuel
Président du Conseil Constitutionnel et qui ont disparu
depuis.
Ce qui explique, enfin, que l’actuel régime, héritier
de cette ségrégation, n’ait absolument pas cherché à
réduire ces inégalités, bien au contraire : dans
l’administration comme dans la Gendarmerie ou l’AND, les
citoyens ne sont pas égaux. On s’en doutait.
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NOM 001. FATHI AHMED HOUSSEIN
002. ZAKARIA CHEIK IBRAHIM
003. ALI SOUBANEH CHIRDON
004. HASSAN AIL KAMIL
005. HOUSSEIN DJAMA IBRAHIM
006. MOHAMED DOUALEH SED
007. OMAR BOUH GOUDADDE
008. OSMAN NOUR SOUBACKLEH
009. YACOUB HASSAN SAID
010. YOUSSOUF KAYAD GUELLEH
011. ABDOURAHMAN ABDI DEMBIL
012. ABDOURAHMAN ADEN CHER
013. ADEN ALI AHMED
014. AHMED HASSAN BOULALEH
015. DAHER ADEN ABRAR
016. HAISSAMA MOHAMED HOUMED
017. MADIAN MOHAMED SAID
018. MOHAMED OUTEH ROBLEH
019. MOUSTAPHA ALI HANDOULEH
020. ABDOULGABAR IBRAHIM HASSAN
021. ABDOUL-ILAH AHMAD ABDI
022. ABDOULKADER ALI ABANEH
023. ABDOULKADER MOUSSA HELEM
024. ADEN OKIEH BOUH
025. AHMED YOUSSOUF BALAH
026. ALI ABDILLAHI IFTIN
027. AMIN ATTEYEH ABDI
028. ELMI FARAH ABANEH
029 HASSAN DJAMA FARAH
030.IBRAHIM ABDILLAHI GUELLEH
031. MOHAMED AHMED FARAH
032. MOHAMED ALI FARAH
033. MOHAMED ALI OBSIEH
034. MOHAMED ELMI HABANEH
035. MOHAMED IBRAHIM MOUSSA
036. MOHAMED KAYAD GUELLEH
037. MOUSSA HAMADOU GOUNDOUS
038. NACHAT FATHI AHMED
039. NASSER ADEN GUIRREH
040. OSMAN ADEN AMAREH
041. OSMAN DOUBAD SOUGOULEH
042. OSMAN HASSAN MOUSSA
43. SAID ALI OMAR
044. YOUSSOUF HOUSEIN LOH
045. ABDILLAHI OMAR HOCHE
046. ABDOUL-WASAH MOHAMED
047. ABDOURAHMAN MOUSSA ROBLEH
048. ABOUBAKER SADIK ABDILLAHI
049. ADEN FOUAD DAHER
050. ADEN MIGUIL DIRANEH
051. AHMED ABIDID BILEH
052. AHMED ALI BOUH
053. AHMED ALI ROBLEH
054. ALI ADEN HOUMED
055. ALI DIRIEH EGAL
056. ALI HAMID HASSAN
057. ALI HASSAN FARAH
058. DAHER MERANEH ARREH
059. DJAMA ALI FARAH
060. FOUAD ELMI WAISS
061. FOUAD MOHAMED ALI
062. HOUSSEIN ASSOWEH KIDAR
063. IDRISS OMAR ELEYEH
064. ISMAEL ABSIEH SAMATAR
065. MAHISSO MOUSSA ARAÏTA
066. MOHAHED BARKAT ADEN
067. MOHAMED ELMI MOUSSA
068. MOHAMED IBRAHIM ADJEB
069. MOHAMED YOUSOUF MAHAMADE
070. NAGUEYEH SAID GUELLEH
071. OMAR SAID KHAIREH
072. SAID AWALEH DOUALEH
073. TAHER ALI MOHAMED
074. WAHIB MOUSSA KALINLEH
075. YACIN AHMED SOUGUEH
076. YOUSSOUF ABDALLAH ALI
077. YOUSSOUF ABDO HACHIM
078. ABDOURACHID MOHAMED KAYAD
079. ABDOURAHMAN RAYALED HARED
080. ADEN DOUALEH WARSAMA
081. ADEN HASSAN GALAB
082. AHMED DJAMA GUELLEH
083. AHMED KALINLEH ABDI
084. AHMED SAID GUEDI
085. AHMED WAIS EGAL
086. ALI BOULALEH YABEH
087. ALI NOUHO ABDOUL
088. BOGOREH SAID ALI
089. CHAKIB ALI MOHAMED
090. GUEDID BAHDON FARAH
091. HASSAN ABDILLAHI MOUSSA
092. HASSAN MOHAMED HASSAN
093.HASSAN MOUSSA OFLEH
094. HOUMED MOHAMED ALI
095. HOUSSEIN MOUSSA HASSAN
096. IBRAHIM ALI FARAH
097. ISMAEL HOUSSEIN ABOUBAKER
098. MAHAMED HERSI OMAR
099. MAHAMOUD ABDI AHMED
100. MOHAMED AWALEH HASSAN
101. MOHAMED FARAH DAHER
102. MOHAMED GADITTO MOHAMED
103. MOHAMED WAIS ABANEH
104. MOUSSA ALI ABSIEH
105. MOUSSA MOHAMED MOUSSA
106. NAGUEYEH RAGUEH ACHKIR
107. OMAR ALI GUEDI
108. OMAR IBRAHIM HALASSE
109. OMAR MERANEH ASKAR
110. OMAR MOHAMED ALI
111. OSMAN GUEDI DJAMA
112. RADWAN DJAMA ABDI
113. RAMZI MAHAMOUD SOULEIMAN
114. ROBLEH DJAMA ROBLEH
115. SAMIREH ADEN AHMED
116. YOUSSOUF IBRAHIM HASSAN
117. ABDI ALI GOD
118. ABDILLAHI MOUSSA OMAR
119. ABDOULKADER MOHAMED ARREH
120. ABDOURACHID MOUSSA ISMAEL
121. ABDOURAHMAN HARED BOUH
122. ABDOURAHMAN HASSAN IBRAHIM
123. ADEN AWALEH MEAD
124. AHMED ILTIREH WAIS
125. AHMED MOHAMED BADRI
126. ALI ABDILLAHI BOUH
127. ALI BOUH GUELLEH
128. ALI HOUSSEIN ABDI
129. ALI ISMAEL EGAL
130. AMER ABDOULAZIZ HASSAN
131. ARAÏTA HOUMED EBILE
132. DJIBRIL KAYAD DARAR
133. ELMI ALI WAIS
134. HAMED HASSAN MOHAMED
135. HASSAN OBAKAR IBRAHIM
136. MAHAMOUD ADAWEH ROBLEH
137. MAKTAL MAHAMOUD HASSAN
138. MOHAMED AHMED OMAR
139. MOHAMED DJAMA DJILAL
140. MOHAMED ISMAEL DOUBAD
141. MOHAMED MEAD OSMAN
142. MOHAMED OMAR ASSOWEH
143. MOHAMOUD ABDI AMER
144. MOUSSA ALI DARAR
145. MOUSSA BOULALEH WABERI
146. MOUSSA MOHAMED MOUSSA
147. SAID MOHAMED BOUKA
148. SAMIR ADEN CHEIK
149. WAGDI DJAMA MOUSSA
150. WAIS OMAR BOGOREH
151. ABDOULRACHID ALI ROBLEH
152. ARAFAT YOUSSOUF HOUSSEIN
153. ELMI BILAH ALAMGAN
154. HASSAN ELMI HOUDON
155. HOUSSEIN GAMAYE ASSOWEH
156. NOUR AWALEH BODEH
157. ABDI ATTEYEH WAIS
158. MOHAMED IBIRO MOHAMED
159. ELMI HERSI DJAMA
160. SAID DAHER WABERI
161. ABDIGANI MOHAMED ISMAEL
162. AHMED DAHER DJAMA
163. BOUH ABDI KHAREH
164. DAHIR HASSAN ABADID
165. ELMI ROBLEH OMAR
166. HASSAN ABDOURAHMAN ADEN
167. HASSAN WARSAMA MIREH
168. MAHAMOUD MOMIN ABDI
169. MOHAMED ATTEYEH ABDI
170. MOHAMED KAYAD NADJI
171. MOHAMED SAID SALEM
172. NIDAL GHALEB MOKBEL
173 OSMAN OBSIEH HOCHE
174. SAID WABERI HAROUR |
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ELEVE-OFFICIER |
Docteur manu militari Armée djiboutienne contre médecins
égyptiens à Peltier
Sans même remonter jusqu’à la reine Hatshepsout, chacun
peut mesurer à son inestimable valeur la portée des liens
historiques qui nous lient à l’Égypte. Ainsi, dès les
premiers mois de notre Indépendance, avec la visite
effectuée à Djibouti par Hosni Moubarak, alors
vice-Président, la République Arabe d’Egypte a mis en
place une coopération multiforme au profit de notre pays,
peut-être sans égale dans la Ligue des Etats Arabes et
ceci dans les domaines les plus vitaux tels que la Santé
ou l’Éducation. Malheureusement, certains agents de
l’État, civils et militaires, très peu respectueux du sens
de l’État et apparemment assurés d’une impunité qui ne
peut que discréditer nos institutions, ont physiquement
mis à mal cette assistance technique, en s’en prenant
d’une façon inadmissible à un médecin égyptien en service
à Peltier. Agression qui ne peut manquer d’inquiéter
l’ensemble des coopérants affectés en République de
Djibouti.
Jeudi 12 février, aux alentours de 11
heures, le docteur Tarek Razek, médecin égyptien en
service à l’Hôpital Général Peltier, s’apprête à pratiquer
une césarienne sur une parturiente en difficulté. Pour
cela, il demande l’assistance du médecin-anesthésiste, le
docteur Madian Mohamed Saïd, qui se trouve être de
surcroît officier de l’Armée Nationale Djiboutienne.
D’après nos informations recueillies dans le milieu
médical, ce dernier, prétextant l’heure tardive, aurait
refusé l’opération et ordonné au médecin égyptien de ne
rien entreprendre, malgré l’état physique de la femme sur
le point d’accoucher. Devant l’insistance du coopérant
égyptien, le médecin djiboutien a fait appel à des soldats
de l’AND dans le but avoué d’empêcher l’opération.
Ceux-ci arrivent immédiatement sur les
lieux et six de ces militaires djiboutiens se mettent
alors à battre furieusement le gynécologue égyptien dans
le bloc opératoire. Agression physique dont les soins ont
nécessité, entre autres, dix points de suture sur le crâne
de la victime. Sur ces entrefaites, son collègue le
docteur Sahfaan, lui aussi égyptien, travaillant à Peltier
en qualité de contractuel, s’empresse d’évacuer le blessé
sur l’ambassade égyptienne, dont le personnel se précipite
à l’Hôpital Peltier pour exactement comprendre les raisons
d’une telle agression, si raisons il y a.
Mais la machine de l’absurde ne
s’arrête pas là : le docteur Sahfaan est suspendu par
l’administration de Peltier le jour même et ordre lui est
intimé d’évacuer sur-le-champ son logement de fonction.
Pratique dont la banalité n’a d’égale que la fréquence,
son salaire a également été suspendu en un temps record.
Voilà pour les faits : inutile de dire que nous condamnons
avec fermeté cette agression gratuite et demandons que
toute la lumière soit faite sur cette malheureuse affaire.
Ceux qui se sont rendus à Mogadiscio savent que du temps
de sa gloire au milieu des années 70, le régime de Siad
Barré emprisonnait systématiquement tout somalien se
rendant coupable d’agression contre un étranger, à plus
forte raison lorsqu’il s’agissait d’un coopérant :
serait-ce trop demander à ce régime d’impunité de ne
tolérer aucun écart de la sorte de la part de ses agents ?
Pour avoir été les seuls à révéler le
scandale qui l’entourait, nous rappelons que c’est surtout
grâce à la vigilance de cette coopération qu’une clinique
se prétendant égyptienne et travaillant dans des
conditions très peu orthodoxes a été fermée, évitant
certainement ainsi quelques désillusions et effets
secondaires aux patients djiboutiens imprudemment et
avidement jetés en pâture par le ministère djiboutien de
la Santé.
Autant que dans les différents secteurs
de la Santé publique, la coopération égyptienne se
distingue dans les domaines tels que l’Enseignement,
l’administration, la Police ou l’Armée. Des dizaines
d’étudiants djiboutiens poursuivent leurs études en Égypte
grâce à des bourses octroyées par Le Caire. De même, de
nombreux officiers militaires ont été et sont encore
formés dans les meilleures académies égyptiennes. Enfin,
des malades djiboutiens sont soignés chaque année au Caire
aux frais du gouvernement égyptien. Qu’en guise de
remerciement, le régime djiboutien pousse l’ingratitude
jusqu’à tolérer qu’un médecin égyptien coopérant soit
sauvagement agressé par des militaires, puis l’empêcher
d’être soigné à Peltier et à en refuser l’accès à un
chirurgien apprécié de tous pour avoir sauvé des centaines
de vies humaines, nous ne pouvons ni le comprendre ni le
tolérer.
Déjà que la coopération française a été
drastiquement réduite dans le domaine de la Santé, pour de
nombreuses raisons, telles que la détérioration des
conditions de travail, tenant à la mauvaise gouvernance,
il serait hautement dommageable pour le citoyen djiboutien
qu’à son tour, la coopération multiforme et généreuse de
la République sœur d’Égypte fasse les frais d’une telle
irresponsabilité.
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