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Éditorial
BORREL M’A TUER
LA FRANCE, SES MORTS, NOS PROBLEMES...
On l’a vu avec un certain 11 septembre,
qui n’a pas le même sens à Santiago et à New York, le 7
février est perçu différemment selon que l’on est du
régime ou de l’opposition éprise de paix. Ainsi, alors
qu’il se passait des choses à Paris qui intéressaient au
plus haut point nos compatriotes fatigués de la guerre, et
tandis que le Parquet djiboutien prenait officiellement
position à propos d’une affaire Borrel en cours
d’instruction ailleurs, cependant que telle jeunesse d’Etat
manipulée et autres first class Sittizen scandaient
« Touche pas à mon Président », un illustre invité
débarquait discrètement à l’aéroport d’Ambouli et
s’installait dans une suite luxueuse du Sheraton, aux
frais du contribuable djiboutien bien entendu. Mais ce
n’était certainement pas trop cher payer, puisqu’il
s’agissait tout simplement de Son Excellence Monsieur
l’Ambassadeur de France à Addis-Abeba, surtout connu pour
avoir accessoirement été le grand patron de la DGSE, la
Piscine. Hasard ? Piscine dans laquelle semble aujourd’hui
se noyer, à voir le communiqué surréaliste (restons polis)
que la Présidence djiboutienne a rendu public à la suite
de la levée du secret-défense qui frappait jusque-là
certains rapports d’un agent du contre-espionnage français
(son prénom n’est pas Jacques) relatifs à la mort du juge
Borrel aux environs du Goubet. Par décence, nous ne
reprendrons pas l’outrance des propos : TF1 est une chaîne
privée, il y a plus de grèves à RFI qu’à la RTD et
insulter un mort n’est guère glorieux. Tout comme il est
évident que la France n’a nullement besoin de nous pour se
défendre : tout juste devons-nous, au nom du Peuple
Djiboutien, lui faire part de notre profonde
désapprobation face à un communiqué présidentiel aussi
irresponsable.
Par contre, en accusant tous azimuts
l’ancienne puissance de tutelle, la Présidence a du même
coup procédé à un révisionnisme historique que nous devons
dénoncer avec véhémence : parler de « la stratégie de
partition du pays conçue et développée par la France »
relève de la plus extrême légèreté politique. Même si une
telle négation des causes profondes du conflit civil
auquel nous pensions avoir définitivement mis fin renvoie
immanquablement aux propos que tenait en 1992 le Chef de
Cabinet de la Présidence dans les colonnes du journal
Al Hayat : les Afar constituent une minorité
nationale outrageusement favorisée par la France.
Trouver aujourd’hui une coloration tricolore à la
naissance du FRUD est proprement indigne de qui prétend
œuvrer à la réconciliation nationale : nier les injustices
n’est qu’une autre façon d’inciter à la division, donc à
la résistance des victimes. A terme, la violation
systématique de l’Accord de paix porte les germes d’une
future discorde aux conséquences incalculables :
uniquement préoccupé par sa réélection, le Chef de l’Etat
n’en a cure pour l’instant. A ses risques et périls !
Surtout, oser prétendre qu’ « il est
permis de supposer donc que si le Président Ismael Omar
Guelleh gêne la France, c’est parce qu’il s’est toujours
posé à ses interlocuteurs comme un dirigeant qui a veillé
à la promotion de l’intérêt national », et sans
prendre la défense d’une France dont il serait bien
difficile de démontrer en quoi l’instabilité de notre pays
assurerait la stabilité de sa base, nous mettons sans trop
de difficultés ledit Président au défi de démontrer la
plus petite de ses contributions en faveur de cette paix
civile. Violation systématique des principales
dispositions de l’Accord du 12 mai 2001, fraudes
électorales institutionnellement organisées, corruption
généralisée, abandon complet des districts de l’Intérieur
dont la réhabilitation des rares infrastructures publiques
est laissée à la générosité de l’Armée française : on
chercherait vainement une circonstance atténuante pour
expliquer un tel acharnement à saper l’Unité du pays et à
entacher notre fierté nationale.
Aux dernières nouvelles, Maître Vergés,
le défenseur de Saddam qui a tué et d’Omar qui n’a pas
tuer, ne serait pas du tout disposé à défendre les
intérêts de l’Etat djiboutien dans cette affaire : entre
l’originalité et le mercenariat, il y a le fossé de la
décence militante, petit pour certains, infranchissable
pour d’autres.
Brèves nationales
Le khat héliporté :
L’autre opération de secours ?
Mardi 13 avril, jour noir pour notre
pays à cause des inondations meurtrières et destructrices
: le réseau routier reliant la Capitale au reste du pays
était coupé à hauteur de Wéa suite à l’effondrement d’un
petit pont stratégique.
Alors que les hélicoptères de l’armée
française (six selon le Général Pons, gérés par une
cellule de crise installée bien avant celle du plan orsec
national) participaient activement aux opérations de
secours, celui de l’armée djiboutienne aurait effectué
pendant ce temps une mission peu glorieuse dans ces
circonstances aussi dramatiques.
En effet, si l’on en croit de
nombreuses sources à Dikhil et à Djibouti, tandis que
d’autres se noyaient à Ambouli, un hélicoptère des FAD se
serait posé à Dikhil dans l’après-midi avec à son bord des
sacs de khat destinés aux consommateurs de cette ville et
de cette région.
Décidément, sous ce régime de blabla et
de mauvaise gouvernance, l’inévitable et précieuse plante
verte semble être aussi importante que les opérations de
secours aux sinistrés. Time is money, dit-on.
Sauver la vie d’un Djiboutien en danger ne serait-il pas
plus urgent que de nuire à sa santé en livrant le khat de
peur qu’il ne flétrisse ? Honte à ce régime insouciant
préférant abrutir son peuple en faisant de la distribution
du khat une priorité nationale, aux dépens des droits de
la personne humaine.
Le devoir d’assistance :
L’armée française en première ligne
A la suite des pluies torrentielles qui
se sont abattues sur notre pays, le petit pont
vieillissant datant des années soixante et situé côté
Djibouti-ville à l’entrée du petit village de Wéa, a cédé
sous la pression des eaux. Cet ouvrage d’une dizaine de
mètres de long sur environ cinq de large, a certainement
été fragilisé par le passage quotidien de centaines de
poids lourds. Mal entretenu, malgré les sommes colossales
engrangées par le Fonds d’Entretien Routier, sa rupture a
isolé la Capitale de tous les districts de l’Intérieur,
interrompant également le trafic commercial routier avec
l’Ethiopie.
Une fois de plus, ce sont les engins de
génie de l’armée française qui sont arrivés les premiers
sur les lieux pour mettre en place une déviation de
plusieurs centaines de mètres et rétablir la circulation
sur cette voie vitale.
Par ailleurs, la pénurie d’eau courante
qui a frappé la localité d’Arta à la suite de ces
inondations a été évitée grâce à l’assistance technique de
l’Armée française qui a mis plusieurs de ses
camions-citernes à la disposition des habitants de cette
ville.Après cela, les autorités djiboutiennes pourront
toujours clamer sans crainte du ridicule leur prétendu
nationalisme sourcilleux et leur indépendance
orgueilleuse.
Il est prétentieux et irresponsable de
narguer les autres quand on est à ce point inefficace : la
souveraineté, cela se voit d’abord sur le terrain de la
réalité concrète.
Après les inondations catastrophiques
:
La déroute de la pensée… officielle
Emu ou déphasé ? Après une ballade en
hélicoptère au-dessus de la Capitale sinistrée, le Chef de
l’Etat est brutalement redescendu sur terre pour se rendre
compte sur le terrain de l’étendue du désastre. Dans une
déclaration recueillie et copieusement diffusée par les
médias officiels éberlués, et suivie par les citoyens
auditeurs et téléspectateurs écœurés par un tel mépris, le
chantre du développement agropastoral a livré clés en main
sa solution-miracle face aux dangers représentés par les
crues de l’oued d’Ambouli.
Selon notre illustre expert en
développement tous azimuts, son gouvernement compte
prochainement installer des retenues d’eau tout le long de
l’oued meurtrier. Une solution qui aurait à ses yeux (son
troisième œil, comme dirait le lama Lobsang Rampa) un
triple avantage : reconstituer la nappe phréatique,
permettre l’installation de nouveaux périmètres agricoles
et enfin briser l’élan dévastateur des crues de l’oued d’Ambouli.
Vaste programme ! Il fallait y penser. Comme quoi son
séjour au Japon et son diplôme de docteur honoris causa
sont largement profitables à son petit et malheureux pays.
Le seul hic : dès le lendemain, son
incorrigible gouvernement lançait un appel à l’aide
internationale, non pour venir au secours d’un pays et
d’une population sinistrés, mais pour la mobilisation de
20 millions de dollars (américains) devant servir à
sécuriser et à réaménager le lit de l’oued d’Ambouli. Il
faudrait savoir : y a t-il deux politiques différentes de
mendicité dans ce régime présidentialiste de non-droit et
de mauvaise gouvernance ?
Echaudés par les multiples et criminels
détournements de l’aide internationale dont s’est rendu
coupable ce pouvoir prédateur et malfaisant, il est fort
improbable que les donateurs se bousculent pour mettre
leur obole dans la tirelire gouvernementale.
Surtout que, tout le monde n’ayant pas
la mémoire courte, certains se souviennent encore que
toutes les promesses gouvernementales consécutives aux
crues de 1994 sont restées lettre morte. Ceausescu adorait
les titres ronflants tels que « Génie des Carpates
» ou « Danube de la pensée » : notre grand penseur
local devrait se faire appeler « Oued de l’impensé
» et ses fans deviendraient les mauvais «Génies des
carpettes ».
Affaire Borrel :
Matraquage et bourrage de crâne
Dans une réaction épidermique et
disproportionnée qui fera certainement date dans les
annales de la diplomatie menaçante, la Présidence
djiboutienne (sinistrée ?) s’est fendue d’un communiqué
rageur à l’encontre du gouvernement français coupable à
ses yeux de n’avoir pas réussi à museler ses médias. Si,
dans une logique despotique, le régime djiboutien confond
TF1 et RTD, libre à lui de délirer en pure perte. Mais,
quand il en vient à se réclamer de la légitimité populaire
pour hausser le ton et gonfler ses poumons, nous disons ça
suffit !
Ce communiqué maladroit et suffisant
ose ainsi conclure : « Djibouti est déterminée à forger
sa destinée propre. Le peuple djiboutien conscient des
enjeux soutient le Président et son gouvernement dans la
poursuite des objectifs de développement ».
Comme si la France investissait à perte
à Djibouti depuis 1977 ! Pour l’heure, les seuls objectifs
de développement visibles, privilégiés par le régime RPP,
c’est le matraquage politicien et le bourrage de crâne.
Pour notre part, nous resterons sourds aux lamentables
lamentations d’un pouvoir condamné par l’Histoire.
Djibnet :
Programme pas net !
Le seul monopole normalement admissible
devrait être celui contracté par les liens sacrés du
mariage. Pour tout le reste, sérieux comme frivole,
travail comme loisir, c’est la libre concurrence qui peut
seule garantir la meilleure défense des consommateurs.
Malheureusement à Djibouti, rien ne fonctionne selon ce
sain principe. En politique, c’est l’ancien parti unique
au pouvoir qui revendique le monopole du sérieux,
reléguant les partis d’opposition et tous leurs
sympathisants dans l’ignorance et l’insignifiance : drôle
de conception de la démocratie.
Dans le domaine du ludique, lui fait
écho le monopole de Djibnet sur la prestation de services
satellitaires, avec son bouquet numérique à géométrie
variable.
Pour éviter tout malentendu, rendons
tout d’abord hommage aux techniciens de cette société pour
la qualité et la constance dont ils font preuve depuis le
lancement de cette technologie.
Ce problème n’est pas de cet ordre, il
relèverait plutôt d’une politique commerciale qui
gagnerait à mieux être définie. Ne parlons même pas des
changements inopinés de programmation, quoique certains
abonnés rouspètent contre une valse des chaînes souvent
injustifiée.
Ainsi, les téléspectateurs auraient
aimé être prévenus que la diffusion de FR3, sur laquelle
était retransmise la finale de la ligue opposant Nantes à
Sochaux serait interrompue dès… le coup de sifflet
annonçant le début du match. Passons, car il y a plus
grave.
Ainsi, profitant de la fermeture de
CFI-Afrique, Djibnet a modifié la composition de son
bouquet, en y introduisant quatre autres télévisions
accessibles sous le nom de superbouquet au prix de 10.000
FD. Il y a fort à parier que peu d’abonnés se sont rués
sur cette formule peu attractive : débourser 3.000 FD
supplémentaires pour 4 télés ne diffusant que films et
séries (dont 13 ème
rue spécialisée dans les policiers) et pour une qualité de
réception fortement parasitée par des interférences
transformant, dans certains secteurs, le plaisir de
regarder la télévision en calvaire pénible pour les yeux.
De plus, pour mieux fidéliser ses
clients à ses débuts, Djibnet distribuait gratuitement une
petite brochure détaillant l’essentiel de la grille
mensuelle des principales télévisions de son bouquet
numérique.
Le problème, c’est que la gratuité ne
s’imposant nullement pour une telle prestation (avec une
incidence non négligeable sur le bénéfice de la société),
Djibnet l’a interrompu un temps pour en faire depuis ce
mois-ci une marchandise payante, au prix modique de 200 FD.
Il s’agit là d’une véritable arnaque contre laquelle nous
tenons à mettre en garde nos lecteurs, ce qui aurait dû
relever de la vigilance militante de telle association de
défense des consommateurs, car l’acheteur n’en a nullement
pour son argent.
En effet, seuls les programmes de
quatre ou cinq chaînes (sur les 25 officiellement
disponibles) sont concernés : TV5, Canal+, Movie Channel,
13 ème rue et
la moitié de RTL9. c’est vraiment peu, et en tous les cas
indigne de s’appeler programme mensuel du bouquet Djibnet
! Avec le développement de l’Internet, nous invitons les
personnes concernées à se rendre sur le web ( par exemple
sur le site fr. yahoo. Com) pour y consulter toute la
programmation qu’elles désirent.
Il y a même possibilité de recevoir
quotidiennement les différentes grilles de programme.
En attendant qu’une concurrence
s’organise, pour le plus grand bénéfice des consommateurs,
il serait dommage que cette dynamique société déçoive
aujourd’hui sa clientèle avec de telles approximations
commerciales : le marché est là pour son expansion, à
condition de se démocratiser et de gagner en
prévisibilité.
Cinquièmes propos du
Président (2)
La démagogie contre la vérité (Seconde
partie)
« L’Economie dérape : Quand le régime nous donne
raison » titrait Réalité dans son édition du 17
avril dernier ; analyses du Budget de l’Etat en partie
corroborées par celles du pouvoir en place, dont la
politique du mensonge ne peut continuellement tromper le
monde. Non seulement les incohérences entretenues par le
pouvoir, concernant surtout la gestion des deniers
publics, ne peuvent rehausser le niveau de vie de la
population, mais engendrent aussi des difficultés quant à
nos rapports avec les institutions de Brettons Wood, le
sérieux et la transparence n’étant pas une culture du
parti au pouvoir. La confrontation entre la dure réalité
quotidiennement vécue par nos concitoyens et l’imaginaire
succès économique d’un Président au terme de son mandat,
appelle quelques commentaires supplémentaires sur les
propos du numéro djiboutien.
Le Chef de l’Etat croyant que les
retombées financières engendrées par la lutte contre le
terrorisme allait mettre à l’abri de tout besoin notre
pays ruinée par sa mauvaise gestion, pérorait en juin 2003
dans « Marchés Tropicaux » à propos du FMI
«qu’il nous fiche la paix».
Rajoutées aux différentes recettes et
plus-values opaques tirées des cessions-concessions des
complexes aéroportuaires et autres privatisations des
entreprises publiques, en plus des projets
d’investissement engagés à Doraleh, Djibouti pouvait se
passer des institutions financières internationales, voilà
que cette-fois, le Président de la République tente de
corriger sa « gaffe » de l’été dernier lors de sa
dernière Conférence-bilan.
Or, le FMI connaissant les pratiques
budgétivores du régime, ne l’entend pas de cette oreille
et demeure très explicite avec Djibouti dont le Chef de
gouvernement considère maintenant que le pays a «
besoin de réformes et de discipline plus que la Banque
Mondiale et le FMI ».
Malgré ces aveux, le Document de
Réduction Stratégique de la Pauvreté présenté par notre
gouvernement ne peut recevoir l’aval du FMI pour la simple
raison que les réformes engagées depuis six ans n’ayant
pas été rigoureusement suivies, la situation économique et
sociale du pays reste encore fragile.
Les experts du FMI, après avoir
décortiqué le dossier économique du pays en décembre
dernier, ont constaté que ni le Budget 2003 ni celui de
2004, en cours, ne garantissaient pas une croissance
économique soutenue, encore moins une quelconque réduction
de la pauvreté.
Partant de là, ces experts ne
comprennent pas comment un pays qui privatise des
entreprises publiques et met en concession d’autres,
devenues défaillantes pour mauvaise gestion, puisse en
créer de nouvelles sur financement public, ces dépenses
alourdissant davantage un Budget déjà déficitaire : une
folie en somme.
Concernant les recettes tirées de la
présence des forces étrangères dans notre pays et celles
(opaques) reçues de Dubai Port Authority pour les
complexes aéroportuaires et portuaires, le FMI suggère que
le bon sens serait d’arrêter les investissements
non-générateurs de richesses, donc de croissance et
d’éponger l’énorme dette publique intérieure en procédant
à la démobilisation, en honorant les salaires et retraites
gelés, les cotisations sociales des fonctionnaires, les
factures impayées dues aux entreprises publiques et
privées du pays, en remboursant les prêts contractés
auprès des banques de la place, etc.
En effet, la rigueur économique imposée
depuis des années ayant eu pour conséquence d’instaurer
une pauvreté structurelle (estimée à 74% de la population)
il est encore plus choquant de voir la propension du
régime à l’endettement auprès des Etats et des
institutions financières. Choquantes ont aussi été pour
les experts du FMI les dotations budgétaires au profit
d’une diplomatie « inconsidérablement mobile et
mobilisante » et l’augmentation exponentielle des «
dépenses courantes ». Un choix à l’opposé de toute
logique économique et qui a conduit le FMI à «conseiller»
au gouvernement de dévaluer notre monnaie par rapport au
dollar. Et ce pour attirer des investisseurs étrangers.
Tout cet amer constat ne semble
pourtant pas atténuer les prétentions du Chef de l’Etat
qui, dans ses « cinquièmes propos » de sa
conférence-bilan, maintenait que son document présenté aux
institutions de Brettons Wood avait été discuté à tous les
niveaux du pays depuis deux ans, avec la société civile,
les administrations civiles et le secteur privé. Ce qui
est totalement faux, puisque ni les associations
indépendantes ni les syndicats indépendants n’ont eu bien
entendu l’honneur de participer à ce programme engageant
le pays.
Toutefois, les conditions posées par le
FMI sur le nouveau dossier du gouvernement (qui d’ailleurs
avait été « prié » de clairement budgétiser toutes
les recettes tirées de la présence des forces étrangères
dans le pays) partent du postulat que ni les coûts
exogènes du pétrole, ni les raisons climatiques invoquées
par le Président n’expliquent la situation de délabrement
économique et social du pays. Les causes sont à rechercher
ailleurs…dans la mauvaise gouvernance.
Sans disserter sur une fausse
stabilisation des finances publiques, ni sur l’inexistante
réduction de la dette et du déficit, encore moins sur une
imaginaire relance économique, le piteux état de
l’économie nationale est malheureusement ressenti par tout
un chacun. Le paraître étant le point fort de ce régime,
les prétentions présidentielle et électoralistes relèvent
essentiellement de la mystification. Pour preuve, le
Premier magistrat du pays considère encore que « la
corruption relève d’une question d’éducation… ». Une
conception du vol somme toute compréhensible de la part de
ce régime prédateur. En y regardant de plus près, si la
corruption relève d’une question d’éducation, il en est de
même pour l’impunité.
Pour contredire une telle abbération,
rappelons que notre culture de nomade n’a jamais toléré le
vol, de bétail ou autre,considéré comme acte illicite
engageant la responsabilité de la famille, du clan, de la
tribu et donc réprimé en conséquence. Que le vol soit
individuel ou collectif, outre l’indiscutable restitution
du bétail, la réparation du dommage causé aboutissait
selon des règles de droit coutumier précis, à défaut par
la force.
Cependant, là ou le bât blesse, c’est
quand les médias du régime prétendent que le Président a
engagé une lutte féroce et productive contre la
corruption. Une telle conception tendant à présenter la
corruption comme un fait de culture trahit une aliénation
culturelle que l’opposition ignore totalement et condamne.
Les voleurs de bétail étaient traduits
devant une juridiction traditionnelle. Des règles de
conduite, des lois non-écrites mais bien connues
régissaient la vie intercommunautaires et celle entre
communautés.
Comme le bétail n’est pas du tout la
propriété du chamelier ou du berger rémunérés, les biens
publics ne sont pas non plus la propriété des responsables
politiques ou administratifs qui en ont la charge. Le vol
de bétail comme la corruption relèvent d’une expropriation
illicite, un abus de biens sociaux ou un détournement
devant être sévèrement sanctionnés par la justice.
Ainsi, la tolérance active ou la
mansuétude passive étant autant d’incitations à la
délinquance financière, la conception que se fait de la
corruption le Président de la République rejoint le dicton
somali qui dit : « Dameeri isku halayn bay hooyadeed
dabada uga nuugtaa » (Bébé-âne tète sa maman ânesse
par le derrière). Comme le bébé ne craint pas les coups de
sabot de sa mère-ânesse, il est normal que détourner les
fonds publics particulièrement sous cette présidence
relève de la même moralité que celle du diction suscité.
En conclusion, la banalisation de la corruption ainsi
présentée ne peut que nuire tant aux corrompus qu’aux
corrupteurs. Il est de notoriété publique que certains
dignitaires de ce régime auraient même été mêlés à des
malversations dépassant nos frontières.
Autre leitmotiv présidentiel : la
cherté de l’énergie. L’Electricité de Djibouti, naguère
sérieusement gérée, a connu une altération de son
potentiel humain et matériel depuis une décennie. Elle est
aujourd’hui ruinée par les ponctions perpétuelles et le
financements de la guerre.
Une solution de rechange pour pouvoir
attirer des investisseurs étrangers relève encore de
l’utopie. Le plus sage serait déjà que l’Etat paie ses
arriérés à cet établissement pour que la population ne
puisse pas supporter les problèmes de trésorerie de cette
énergie gâchée, au détriment du développement.
Nous ne saurions comprendre les
cinquièmes propos d’un Président adepte de projets sans
lendemain.
Les institutions financières
internationales constatent pour leur part que depuis 1996,
la pauvreté s’est fortement accrue à Djibouti. Que la
pauvreté relative et la pauvreté extrême sont évaluées à
respectivement 67,9% et 34,7%. Elle s’est davantage
généralisée entre 1999 et 2002 puisqu’elle touche toutes
les zones géographiques et toutes les couches sociales du
pays.
En somme, c’est parce que la pauvreté
est devenue structurelle que les experts constatent que la
croissance avancée par le régime ne se traduit nullement
par un amélioration du niveau de vie des Djiboutiens.
Il est communément admis que la
croissance économique dont se vante le Chef de l’Etat a
été négative, le PIB par tête d’habitant se dépréciant de
–3,2% entre 1991 et 2001. Alors, à l’entendre prétendre
que la situation des jeunes sans emploi s’est nettement
améliorée depuis qu’il préside à la destinée de ce pays,
est une assertion totalement dénuée de tout fondement.
En ce sens que, ni la libéralisation du
marché de l’emploi, ni la mise en place d’un ersatz
dénommé Service National Adapté, ne seront d’une
quelconque efficacité dans la baisse du taux de chômage
des jeunes, qui serait de l’ordre de 60 à 65%.
Notre prétendu incapacité à gérer
nous-mêmes les instruments de développement économique est
en fait un prétexte fallacieux invoqué pour brader au
capital privé étranger ou national des pans entiers de
notre tissu productif.Et ce en toute opacité. Drôle de
transparence !
Communiqué de l'UAD
UNION POUR L’ALTERNANCE DEMOCRATIQUE
(ARD, UDJ, MRD, PDD)
UNION POUR L’ALTERNANCE DEMOCRATIQUE
(ARD, UDJ, MRD, PDD)
Djibouti, le 19 avril 2004
COMMUNIQUE DE PRESSE
L’Union pour l’Alternance Démocratique
(UAD) présente tout d’abord ses condoléances les plus
attristées aux nombreuses familles victimes des
inondations de la nuit du 12 au 13 avril 2004.
Pour la troisième fois en quinze ans
(1989, 1994, 2004) l’oued d’Ambouli a fait encore plus
d’une centaine de morts, des milliers de blessés, des
centaines de maisons emportées et un nombre indéterminé de
disparus.
L’UAD remercie tous ceux, qui ont, de
près ou de loin, soulagé les souffrances des victimes
durant ces épreuves et particulièrement l’Armée française
qui a hélitreuillé de nombreuses personnes et mis tous ses
moyens humains et matériels à la disposition de la
population.
Une fois de plus, c’est la mauvaise
gouvernance qui est responsable du nombre élevé des
victimes. En effet, l’oued d’Ambouli a connu ces derniers
temps des occupations sauvages (jardins, villas, puits,
décharges, etc…) qui ont rétréci le lit de l’oued,
provoquant une crue dévastatrice qui a inondé de nombreux
quartiers.
C’est dans ces circonstances
dramatiques que la Présidence de la République a publié
hier un communiqué condamnant le gouvernement français
pour n’avoir pas fait taire les médias et la justice dans
l’affaire du juge Bernard BORREL.
Cette manœuvre de diversion est
destinée à tromper l’opinion nationale et faire oublier la
coupable négligence des autorités dans la gestion de cette
catastrophe sans précédent. Le peuple djiboutien demeure
reconnaissant pour l’assistance de l’armée française qui a
généreusement contribué aux côtés de nos militaires et
policiers sans moyens techniques et eux-mêmes sinistrés.
L’UAD regrette un tel comportement du
pouvoir en place et dénonce son irresponsabilité, son
inefficacité autant que son insouciance.

Trop vieux ? Trop jeune ?
Trop gros ?
LE LIÈVRE RPP CONTRE LA TORTUE UAD
Pendant que de nombreuses familles
djiboutoises pataugent encore dans la boue, suite aux
récentes inondations, la premier responsable de la
mauvaise gouvernance à laquelle nos compatriotes doivent
l’essentiel de leurs malheurs quotidiens, fait annoncer
dans sa presse qu’il a fermement l’intention de briguer un
second mandat. S’il ne lui est pas interdit de rêver,
l’argumentaire développé quant à ses prétendues prouesses,
ainsi que les appréciations discourtoises portées contre
l’opposition, commandent que nous répondions brièvement au
griot qui s’est fendu de cet article dithyrambique sous la
plume ABS dans « La Nation » de jeudi dernier.
« La politique, dit-on, est un art
qui demande du doigté et de l’imagination. M. Guelleh ne
donne pas l’impression d’en manquer » : ainsi se
termine la pleine page consacrée, sous le titre évocateur
« le compte à rebours a déjà commencé » au
lancement officiel de la campagne par le candidat à sa
propre succession. On aurait pu se demander tout de suite
de quel compte à rebours il s’agit : celui du début de la
fin ? On le verra très bientôt. Nous ne relèverons pas
pour l’instant le fameux doigté : tout djiboutien sait si
le candidat RPP a fait carrière dans la diplomatie ou dans
la défense de droits de l’homme, ou s’il a eu la main un
peu… lourde en certains sombres épisodes de la vie
politico-militaro-policière de notre pays.
Puisque l’Histoire est toujours là, en
dépit de toutes les tentatives de manipulation,
occupons-nous du véritable problème qui est ailleurs que
dans cette pathétique réécriture de ce qui fut. Rappelons
tout d’abord que son malheureux challenger lors de la
présidentielle de 1999, M. Moussa Ahmed Idriss, auréolé
d’une longue et inlassable lutte pour l’accession de notre
pays à l’indépendance, est un saint homme qui ne s’est pas
enrichi par la politique et qui n’a jamais accusé
quiconque à tort : s’il avait été battu à la régulière, il
aurait certainement été le premier à reconnaître sa
défaite et à féliciter son tombeur.
Le fait est que, hier comme
aujourd’hui, des listes électorales falsifiées à la
composition partisane des bureaux de vote (sans oublier le
toujours folklorique Conseil Constitutionnel), les
consultations électorales relèvent très largement de la
mascarade à seul usage externe : les Djiboutiens n’ont
jamais accordé grand crédit à la légalité, encore moins à
la légitimité, du pouvoir en place. Passons !
Le candidat précoce (quand le bilan est
si catastrophique, il faut bien partir avant les autres)
aurait d’une part à son actif une glorieuse liste de
réalisations. Par la magie de la ventriloquie politique,
on apprend en lisant sur les lèvres immobiles d’un
prétendu sympathisant (accessoirement entrepreneur vivant
certainement de quelque commande publique) que « le
Président a aujourd’hui un bilan sur lequel on ne peut
l’attaquer. Les retards de salaire ? Un vieux souvenir. La
guerre ? Un cauchemar oublié. La corruption ? Efficacement
combattue. On ne peut vraiment pas l’accuser
d’immobilisme… ».
Non, en toute honnêteté, ce serait
plutôt de régression qu’on l’accuserait : retards de
salaire persistants (peut-être que cet entrepreneur fait
partie des privilégiés privés pas concernés par la
colossale dette publique intérieure), un conflit civil
dont les causes s’aggravent et les conséquences
s’éternisent, une corruption généralisée à tous les
niveaux, donnant à notre pays la configuration d’un
narco-Etat.
Mais, inutile de montrer quoi que ce
soit à qui ne veut pas voir la flagrante réalité. C’est ce
déni du réel qui autorise alors le griot réquisitionné
(peut-être parce qu’il est un des très rares démobilisés
de la Paix d’Ab’a sur des milliers à avoir bénéficié d’une
réinsertion socioprofessionnelle, à vêtir les habits du
bookmaker politique en pariant sur les chances et les
malchances des candidats potentiels de l’opposition. Le
raccourci est aussi saisissant que bref : « Dini ? Un
peu trop âgé ! serait-on tenté de penser. DAF : un peu
trop jeune, non ? dirait la ménagère de 50 ans en fronçant
les sourcils ». Heureusement, ladite ménagère ne dit
pas cela : elle froncerait plutôt les sourcils devant sa
difficulté à remplir son panier.
Rappelons, pour les ignorants
officiels, que M. Gouled avait 70 ans au moment de
l’Indépendance, et que l’actuel Président de la Géorgie
est un trentenaire, beaucoup plus jeune que notre fringant
et souriant Premier ministre, et avec énormément plus
d’expérience politique et d’engagement militant.
Curieusement, le thuriféraire de service a préféré passer
sous silence les Présidents des deux autres partis
politiques d’opposition, MM. Ismael Guedi Hared et Mohamed
Daoud Chehem. En temps utile, l’UAD déterminera
souverainement sa stratégie et choisira son candidat
unique.
Parce que nous sommes une civilisation
couchitique, la morale des fables y est prégnante, dans la
pure tradition du philosophe Luqman. Ainsi, le lièvre dont
le candidat-Chef de l’Etat endosse si précipitamment le
rôle, est synonyme dans nos cultures, non pas de
responsabilité ou de sérieux, mais de ruse, de traîtrise
et de félonie. Par contre, la tortue qui symbolise si bien
l’attitude responsable des dirigeants et des militants de
l’UAD, renvoie quant à elle à la persévérance et à la foi
en un destin transcendant: « Dieu fait-il partie du
complot ? » demanda-t-elle un jour que sa mort
prochaine lui était annoncée, bien avant que sa carapace
protectrice ne la recouvre. Assurément, Dieu ne
participera jamais à ce qui n’est qu’un minuscule complot
contre le peuple djiboutien.
Pour qui douterait encore que cette
prétention à un second mandat relève d’un intolérable
complot contre les intérêts vitaux du Peuple Djiboutien,
il suffit de laisser la parole au griot qui explique le
pourquoi de la cession des biens nationaux à des intérêts
étrangers : « dans un pays comme le nôtre où la perle
rare qui évite de manger de ce pain-là est considérée
comme une poule mouillée et où le bon vivant se servant à
bras raccourcis passe aux yeux de sa famille, de ses
voisins et de ses amis pour un « lion » (libah, louback ou
assad, c’est selon) on ne doit pas se demander pourquoi le
chef de l’Exécutif s’empresse de sauver ce qui peut l’être
en en confiant la gestion à des compétences étrangères
». Donc, c’est parce que ses compatriotes seraient
culturellement des voleurs patentés que le Chef de l’Etat
brade notre patrimoine national aux intérêts privés
étrangers. Nos compatriotes apprécieront.
Deux questions enfin : qui nomme tous
ces voleurs à des postes où ils peuvent voler ? Alors que
des lois existent en matière de répression de la
délinquance financière, qui est en position d’assurer
l’impunité aux voleurs patentés ? Une seule personne : le
candidat prématuré et imprudent à sa propre succession.
Mais il semble oublier un seul détail,
mais de taille : l’opposition n’a pas vocation à être sans
cesse spoliée de sa victoire. Tendre l’autre joue n’est
pas dans notre culture.
Israël/Etats-Unis
: Tsahal cherche aide de camp de concentration
Mitrovitca, samedi 17 avril 2004 :
commentant avec virulence les récents développements de la
situation au Proche-Orient et au Moyen-Orient, suite au
soutien de George Bush au plan de séparation et d’annexion
préparé par Sharon, des policiers de la force
d’interposition des Nations Unies, des Américains et des
Jordaniens, se tirent dessus. Bilan : au moins deux morts
et six blessés. Tension gravissime quand on sait tout ce
que les États-unis ont sacrifié pour empêcher le massacre
de Musulmans dans les Balkans au cours des années 90.
L’actuel soutien inconditionnel apporté par
l’administration républicaine aux agressions sionistes et
son enlisement dans les sables d’Irak n’ont pas fini de
déployer leurs conséquences dramatiques pour la stabilité
internationale.
« Bush donne ce qui ne lui
appartient pas à ceux qui n’y ont pas droit » : ainsi
résumait poliment un palestinien le soutien que
l’administration américaine venait d’accorder au plan de
séparation unilatéralement concocté par Sharon. Le marché
proposé par le chef du Likoud est aussi clair que
machiavélique : démanteler quelques minuscules colonies
pour en épargner d’énormes et, du même coup, annexer une
large portion d’un territoire palestinien délimité comme
un vaste camp de concentration à ciel ouvert par un mur et
des barbelés. Ce que l’Autorité Palestinienne a bien
évidemment condamné avec la plus extrême vigueur : ceci
constitue une remise en cause de toutes les résolutions du
Conseil de sécurité des Nations Unies, des Accords d’Oslo
et de la fameuse feuille de route, pourtant instaurée par
les Etats-Unis quelques mois auparavant et
internationalement saluée pour sa cohérence.
Qu’est-ce qui a bien pu pousser le
Président Bush à un revirement aussi spectaculaire
qu’inédit ? C’est la dernière once d’impartialité que l’on
serait en droit d’attendre d’une telle superpuissance qui
disparaît ainsi. Car les responsables politiques
palestiniens et européens sont fondés à dire que ce n’est
pas entre Israël et les Etats-Unis qu’un accord de paix
doit intervenir, mais plutôt entre Israël et l’Autorité
Palestinienne. On est en effet bien loin des miracles
qu’avait produits en son temps la célèbre « diplomatie
des petits pas » chère à Henry Kissinger.
Comme on est bien loin de la solidité
des positions tenues par Madeleine Albright : la politique
étrangère américaine semble aujourd’hui connaître,
spécialement au Proche et au Moyen-Orient, ses heures les
plus sombres. Pour en revenir aux motivations qui ont
poussé George Bush à cautionner un unilatéralisme sioniste
dangereux pour la suite des événements, une réponse
viendrait tout de suite à l’esprit : des considérations
aussi pressantes que conjoncturelles de politique
intérieure. En d’autres termes, c’est le retour du bâton :
les déboires des Coalisés (de moins en moins solidaires
puisque plusieurs pays retirent leurs troupes ) en Irak
semblent négativement peser sur la campagne électorale du
candidat républicain à sa propre succession. C’est donc
son besoin impérieux de s’attirer les bonnes grâces du
très influent lobby juif qui aurait poussé George Bush à
un tel déni de la légalité internationale et du droit des
peuples à l’autodétermination.
Ce n’est certainement pas rendre
service au Peuple d’Israël, qui a le droit d’exister au
moins autant que les autres. Mais tant que la légitimité
de l’État sioniste relèvera de la théodicée (
justification religieuse du besoin d’espace vital pour un
Peuple élu autorisé à s’installer sur la terre des autres
et à l’annexer en toute impunité), et en déniant tout
droit de retour dans leur patrie aux millions de réfugiés
et expulsés de 1948, il sera difficile de trouver un
modus vivendi entre Israéliens et Palestiniens. Le
sacré doit être général ou ne doit pas être invoqué à sens
unique.
En donnant un tel blanc-seing au plan
sioniste de séparation unilatéral, en cautionnant une
aussi grave remise en cause de la légalité internationale
et du processus de paix, l’administration américaine s’est
du même coup ôté le peu de légitimité qu’elle aurait pu
être en droit de se prévaloir pour justifier sa guerre
d’Irak. Ce serait en effet sous-estimer la capacité de
mobilisation d’Al Qods pour les masses musulmanes
que d’ignorer les ravages causés par ce dramatique
revirement de la diplomatie américaine. Comment prétendre
remplir une mission civilisatrice dans les sables irakiens
(installer la démocratie) tout en violant les droits
inaliénables du Peuple Palestinien martyrisé ? Avec la
meilleure bonne volonté du monde, aucun Irakien ne pourra
plus sérieusement croire que les soldats américains sont
chez lui pour le sauver malgré lui. Du coup, devant une
telle injustice, c’est le soldat américain qui ne se
trouvera plus aucune raison sérieuse de mourir en Irak.
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