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Éditorial
IRAK :
OPERATION LIBERTE HUMILIANTE
Les troupes coalisées passent les
croupes en revue : ainsi aurait pu s’intituler les tristes
déboires que les forces d’occupation connaissent ces
temps-ci en Irak. L’affaire est on ne peut plus
regrettable, tant est remise en cause, du fait que les
armes de destruction massive demeurent désespérément
introuvables, la seule justification pompeusement
civilisatrice de la guerre contre le tyran Saddam.
Imaginez : les prétendus
soldats-missionnaires, généreusement venus irriguer de
leur sang les sables du désert irakien pour dispenser les
vertus de la démocratie aux bédouins indigènes, pris en
flagrant délit de sévices de tous ordres contre leurs
prisonniers sans jugement d’une guerre sans nom. Dire que
ces traitements inhumains et dégradants constituent une
violation flagrante des conventions de Genève est un doux
euphémisme : on chercherait en vain une quelconque
légalité dans cette croisade d’un genre nouveau. Donc les
soldats américains et anglais auraient été photographiés
en train de torturer leurs prisonniers irakiens :
certaines photos comme celles de dizaines d’hommes
entassés nus les uns sur les autres ou encore d’un soldat
anglais en train d’uriner sur un prisonnier, ont été
courageusement retransmises en boucle même par les
télévisions américaines. C’est courageux d’infliger aux
siens le spectacle de tels comportements de délinquants du
Bronx car, autant le black-out illégal qui entoure les
prisonniers de Gantanamo ne gêne que quelques
organisations de défense de droits de l’Homme, autant la
bonne conscience de ceux qui s’estimaient en état de
légitime défense après le 11 septembre est durablement
ébranlée au spectacle de cette barbarie.
Leur médiatisation à outrance donnant à
ces tortures les allures d’une banalité massive et
quotidienne, qui ne sont pas loin de rappeler les
atrocités commises par les forces sionistes au prétexte de
la lutte contre le terrorisme palestinien, il est
difficile de ne plus comprendre alors pourquoi les
États-unis sont à ce point détestés dans le monde arabe et
ailleurs. Mais, autant que la faiblesse d’une certaine
nature humaine encline à humilier le faible, surtout quand
il n’est pas en position de pouvoir se défendre, ces
traitements sauvages s’expliquent : c’est une façon comme
une autre pour ces militaires d’évacuer leur stress et de
venger leurs frères d’armes tués dans quelque embuscade.
Le drame, c’est que l’on ne peut même pas supposer que ces
bourreaux d’occasion s’estimaient impunis, conscients
qu’ils étaient du fait qu’ils ne sont justiciables devant
aucune juridiction internationale. Comme quoi, certaines
armées régulières d’Afrique ou d’Asie ne sont pas les
seules à ignorer le droit international relatif à la
protection des civils ou des prisonniers de guerre.
Dans ces conditions, on voit mal les
Nations Unies s’investir politiquement dans un territoire
occupé où des forces d’occupation n’auraient aucun compte
à leur rendre. Les préoccupations de leur Secrétaire
Général quant aux terribles affrontements entre forces de
la Coalition et population irakienne n’en sont que plus
justifiées. Pour sa part, le Président Bush, en campagne
pour sa réélection, n’avait certainement pas besoin d’une
si mauvaise publicité venant de si pitoyables
soldats-ambassadeurs, mais ceci est une autre histoire :
il ne fait aucun doute que l’état-major américain
sanctionnera sévèrement ses coupables mais aussi victimes
expiatoires d’une campagne irakienne qui relève chaque
jour un peu plus de l’erreur politique. Le mal est déjà
fait et les États-unis paient aujourd’hui pour leurs
maladresses successives : pour avoir trop diabolisé
l’irakien moyen qui n’était qu’un simple rouage du
totalitarisme du parti Baas, et peut-être trop sûrs de
leur supériorité civilisatrice, les Coalisés ont refusé
d’efficacement associer ceux qu’ils prétendaient libérer
et responsabiliser. Car, à la vue de telles tortures, tout
homme digne de ce nom ne pense malheureusement qu’à une
seule chose : se venger, quitte à y laisser sa peau
A moins d’être comme certains torturés
djiboutiens adulant leur bourreau. Parce qu’il est plus
confortable de voir la paille dans l’œil du voisin plutôt
que la poutre dans le sien, on se scandalise plus
facilement à la vue d’Irakiens humiliés par les Américains
qu’au souvenir des centaines Djiboutiens sauvagement,
gratuitement et impunément torturés par le SDS. Sans
oublier d’autres centaines d’innocents civils froidement
assassinés par les troupes gouvernementales.
Au moins, la torture des Irakiens ne restera pas
impunie et, par-delà les vicissitudes de la mesquinerie
humaine, c’est cela la Démocratie : refuser l’impunité.
N’en déplaise aux faux démocrates protecteurs des
méchants.
Brèves nationales
Dos-d’âne à Obock :
Pas si bête !
Nous n’avons toujours raison de blâmer
l’inefficacité des administrations régionales : à défaut
de compétences, on peut au moins leur reconnaître une
bonne volonté impuissante. Ainsi, suite au décès d’un
enfant écrasé par un militaire chauffard sans permis au
volant d’un véhicule aux freins défectueux, les autorités
du district d’Obock ont décidé de prendre en mains un
problème qu’elles croient cruciales et prioritaires :
rationaliser la circulation routière dans le chef-leu de
ce district. Donc, pour remédier aux ardeurs des fous du
volant, il a été décidé de mettre des dos-d’âne à toutes
les intersections jugées dangereuses dans cette ville où
les véhicules roulant se comptent sur les doigts des deux
mains.
Bref, des dos-d’âne dissuasifs auraient
été mis en place pour protéger les inoffensifs piétons des
ardeurs meurtrières des assassins sur quatre roues. Sans
douter des bonnes intentions officielles, le seul problème
c’est que ces dos-d’âne sont de sable sur des « ruelles »
elles-mêmes ensablées. Pour la simple raison qu’il n’y a
pas un seul mètre de chaussée goudronnée dans le district
d’Obock : quand chaussée réservée aux automobiles et
trottoirs réservés aux piétons sont à ce point
indifférenciés, à quoi bon construire des dos-d’âne
temporaires ? Par définition, leur sable disparaîtra à la
prochaine pluie ou au prochain Khamsin.
C’est tout l’art de mystifier en
proposant de fausses solutions à de vrais problèmes. Si le
ministère concerné commençait à goudronner les rues
d’Obock et donnait aux piétons de cette ville des
trottoirs où ils pourraient se sentir en sécurité et des
chaussées clairement délimités où les conducteurs
sauraient qu’ils doivent rouler, ce serait un grand pas
dans la rationalisation de cet espace urbain.
Cette pitoyable histoire n’est pas sans
rappeler une autre, peu connue. Dans les bidonvilles d’une
ville dont nous tairons le nom par pudeur, un énorme
taureau s’est retrouvé bloqué dans la porte d’une maison
dans laquelle il voulait s’introduire.
Ne pouvant ni reculer ni avancer, les
simples propriétaires de cette humble masure ont illico
presto fait appel à la sagacité de leur chef de
village pour résoudre cette énigme digne du sphinx Œdipe.
Après un temps incalculable de réflexion à s’en exploser
les méninges, ledit chef du village a trouvé la
solution-miracle : « détruisez tout ce côté de la
maison et libérez le taureau » leur ordonna-t-il.
Et tout ce côté de la maison en
planches fut détruit sur-le-champ. Une fois la maison
détruite, le bœuf intempestif fut libéré : il ne restait
plus qu’à reconstruire la misérable demeure. Et c’est là
que les habitants du quartier, et sujets de ce
providentiel chef du village se mirent à pleurer à
l’unisson. Modeste comme tout chef providentiel qui se
respecte, ledit chef demanda à ses sujets le pourquoi de
leur émoi sanglotant.
Ce à quoi ils répondirent tout autant à
l’unisson : « après ta mort, oh chef omniscient, qui
nous donnera des conseils aussi éclairés que les tiens ?
».
Attendre du RPP et de ses serviteurs
des conseils ou des actions aussi inutiles que le prétendu
miracle de ce chef de village, c’est tout simplement
prendre des vessies pour des lanternes.
Au secours, Abou Nawas !
Palmiers de DjibNet :
Le planteur s’est-il planté ?
Pour le cinquième anniversaire de
l’arrivée au pouvoir de l’actuel Chef de l’Etat, la
société DjibNet, ayant le monopoles du numérique, avait «
généreusement » décodé toutes les chaînes à la
population que ne desservent plus les antennes à 10.000 FD
qui avaient renfloué ses caisses.
Pour plaire davantage à qui de droit,
et au mépris d sa propre politique commerciale, voilà que
la semaine dernière, avec la seule concertation de la
présidence dit-on, cette société s’est furieusement mise à
planter des palmiers le long de certaines routes de la
Capitale empruntées par le cortège présidentiel, à ses
frais.
Nous savions que cette société était
spécialisée dans le domaine de la retransmission
satellitaire, mais personne n’aurait jamais douté qu’elle
émargeait aussi aux travaux publics au jardinage. Son
œuvre caritative au seul profit des yeux du couple
présidentiel a failli plonger une partie importante de la
Capitale dans l’obscurité.
En effet, causant une catastrophe
technique en creusant des trous destinés à recevoir ses
plantes, DjibNet a sectionné un câble électrique par
lequel transitaient 63.000 kva, sur la route du port, côté
Marabout, quelques mètres en face du restaurant
Longchamps.
Cette société subitement bienfaitrice
n’aurait consulté aucun plan cadastral avant d’entamer ses
travaux écologiques. Malheureusement l’accident causé par
cette intervention coûtera plus cher que les projets
d’embellissement entrepris.
A vouloir transformer en une «
promenade des Anglais » l’itinéraire emprunté par le
Chef de l’Etat, DjibNet récoltera dit-on une facture bien
salée pour la réparation de ses maladresses.
En effet, l’EDD n’ayant formé aucun
technicien pour ce genre d’intervention depuis
l’indépendance, il a fallu faire appel à des compétences
étrangères, matériellement et techniquement mieux
préparés.
Les techniciens français auraient
exigé, la mise en place de tentes climatisées sur le
chantier pour pouvoir travailler dans des conditions
supportables, tant pour eux que pour le précieux matériel
technique.
En voulant plaire, DjibNet aurait ainsi
causé non seulement des dégâts gravissimes mais failli
tuer ses propres travailleurs, en raison de la puissance
du voltage du câble. Pour le reste, il est à se demander
qui paiera cette facture certainement astronomique : l’EDD
ou DjibNet ?
Depuis trois mois le pays enregistre
des délestages importants, avant l’arrivée de la canicule
et malgré les investissements étrangers opérés pour
pallier à la situation de « Djibouti, une capitale dans
les ténèbres » connue il y a tout juste 4 ans, voilà que
la folie des grandeurs a failli replonger la Capitale du
pays dans l’obscurité. Pas trop Net comme travail…n’est-ce
pas ?
Culture du culte de la personnalité
:
Des portraits peu flatteurs
Connaissant la propension du grand chef
à rechercher les flatteries en tout genre, certains griots
en mal de reconnaissance ou tout simplement avides de
bakchich s’échinent à plaire par tous les moyens au
candidat en campagne.
Ainsi, à l’entrée de Tadjourah un
curieux portraitiste à mis plus de 24h à dessiner et
peindre une image grandeur nature du grand timonier. Les
automobilistes se rendant dans la ville blanche ou la
quittant pourront ainsi admirer depuis le 1 er
mai dernier un portrait épique de l’homme providentiel au
niveau du PK 3 de Tadjourah. Le drame c’est que les
commissaires des autres districts seront désormais obligés
sous peine d’être mal vus de disposer eux aussi des
portraits du grand timonier à l’entrée et à la sortie de
leurs villes respectives.
Si le culte éhonté de la personnalité
inconnue sous nos cieux est une ridicule constante de
l’actuel mandat présidentiel, qui paiera alors la facture
certainement salée de ces dessinateurs en herbe recrutés
ou pas ?
Ainsi va la campagne maladroite et
coûteuse de celui qui a fait don de sa personne (à défaut
d’autre chose) au peuple Djiboutien qui ne lui en
demandait pas tant.
Riz Indien invendu :
Epilogue ?
Alors que les médias gouvernementaux
éberlués nous apprennent généreusement que l’Etat a reçu
une aide financière japonaise de l’ordre de 230 millions
de nos francs destinée à l’achat de riz, nous avons pour
notre part appris effarés et en sueur que cette somme
serait en réalité destinée à racheter le riz indien
invendu et pourrissant en stock depuis plusieurs mois.
Quant à l’UNFD, Organisation
Gouvernementale promue humanitaire, il est regrettable de
mettre à son passif la détresse des milliers de sinistrés
du quartier de Djebel qui n’ont pas vu l’ombre d’une
quelconque assistance humanitaire alors que des non
sinistrés, mais réels nécessiteux, à cause de la mauvaise
gouvernance auraient été largement approvisionnés.
Quoi qu’il en soit, nous appelons les
bailleurs de fonds à faire preuve de la plus grande
vigilance quant à la véritable affectation de leurs fonds
imprudemment confiés à un régime foncièrement prédateur.
Une vraie Opposition :
Qui veut le bien…
Notre propos ici n’est pas de répondre
aux pamphlets enragés à l’approche d’échéances électorales
dans la presse officielle. Il nous semble toutefois
nécessaire par respect tant pour notre (é)lectorat qu’à
nos adversaires d’élever le débat en le centrant sur les
sujets qui préoccupent au quotidien nos concitoyens.
La presse officielle nous apprend que
la campagne pour les élections présidentielles est
prématurément lancée par le candidat à sa propre
succession qui dispose il est vrai, à cet effet des fonds
publics.
Dont acte ! Avec son célébre tact, le
Premier Ministre questionné sur son bilan (ou le bât
blesse) par le journaliste de « Gros Plan » répondait
qu’une de ses réalisations depuis sa nomination avait été
d’interdire l’accès au parking de la Cité ministérielle
aux véhicules privés ; tandis que s’agissant des
prochaines échéances électorales (législatives 2003), il
prédisait : « le RPP raflera tous les sièges ».
L’histoire retiendra que dans ce cas
d’espèce, il s’est effectivement agit de rafles.
Un journaliste de « La Nation »
que nous continuons de considérer comme griot (malgré lui
ou en toute bonne foi peu importe, car c’est son droit),
tantôt imprécateur (en dénigrant les rédacteurs de «
Réalité » qui ne jouent pourtant pas dans la même cour
que lui, tantôt oracle, nous annonce d’ores et déjà que
l’électorat (chaque jour plus nombreux) de l’opposition ne
pourra empêcher Ismaël Omar Guelleh de rempiler à sa façon
pour six ans. Ne crachons pas sur l’avenir !!!
S’il nous arrive fatalement d’épingler
certains responsables (ou pas) dans nos colonnes, c’est
toujours soit pour toucher du doigt ce qu’ils
personnifient, soit le plus souvent pour critiquer leurs
choix, décisions… qu’ils sont amenés à prendre dans
l’exercice certainement rendu difficile par la mauvaise
gouvernance, de leurs fonctions.
Diinta iyo Nolosha :
Une (é)mission de salubrité publique
Même si la posture tantôt obséquieuse,
tantôt conciliante, parfois polémique (selon les invités)
du journaliste n’est pas exempte de critiques. « Gros
Plan » suscite chez les téléspectatuers une curiosité
de la chose publique qui élève la conscience politique de
nos concitoyens. A notre grande satisfaction, l’émission «
Diinta iyo Nolosha », bien que calquée sur « Al
Diin Wal Hayat » d’Al-Jazirah en est une
heureuse réplique.
Animée par M. Abdourahman Bachir dans
la langue somali que beaucoup veulent bien comprendre,
contrairement à certains responsables méprisant
ouvertement telle autre langue locale et ses locuteurs,
l’Iman comme l’émission forcent notre estime, même si
d’autres imams doivent être relevés de leurs fonctions. Il
n’est pas question de « fesser » les femmes ni
attenter à la vie d’autrui pour bâtir une impossible
nation islamique.
Par contre, l’Iman qui force notre
intéresse prêche avec un verbe éloquent et érudit sur la
nécessité de conformer leurs actes aux prescriptions
coraniques et à la Sunna (jurisprudence) du dernier des
Prophètes. Ses prêches sont œcuméniques car on les
retrouve tant dans la Bible, la Thora (10 commandements),
que le Boudhisme…
Ne mentez pas, ne volez pas, ne forniquez pas… Notre
iman prend bien soin de préciser que seront ici-bas et
dans l’au-delà, les plus exposés à la punition divine
surtout les responsables : AL-MAS’UULIIN !
Ambouli-Djebel :
Les sinistrés oubliés
Le quartier populaire de Djebel est un
de ceux ont payé le plus lourd tribut aux crues
dévastatrices du mardi 13 avril. A l’heure où le régime
prétend avoir porté assistance aux sinistrés de la
Capitale, ce sont des dizaines de pères de famille,
furieux qui ont alerté notre journal sur la coupable
négligence des autorités (l’UNFD) à leur égard. En effet,
il se murmure que de faux sinistrés auraient largement
bénéficié d’une aide humanitaire indue, les véritables
sinistrés de Djebel ayant tout perdu crient leur désespoir
et leur colère plus de trois semaines après les
inondations catastrophiques.
Nous exhortons donc la nouvelle
organisation décrétée humanitaire qu’est l’UNFD à porter
une assistance de toute urgence aux sinistrés injustement
oubliés de Djebel.
Les fonds ne manquent pas puisque le Prince saoudien
AL-WALEED BIN TALAL aurait généreusement contribué en
remettant au Chef de l’Etat un chèque de plus de 80
millions de nos francs en faveur des sinistrés de Djebel
et d’ailleurs.
Grande braderie au RPP
ON LIQUIDE MÊME SES AMIS POLITIQUES !
Décidément, c’est à se demander si
certains dirigeants djiboutiens n’ont pas des intérêts
financiers dans Jeune Afrique/L’Intelligent, au point d’en
squatter l’équipe rédactionnelle. Ainsi, après son Premier
ministre qui y a étale l’étendue de ses lacunes, c’est au
tour du Chef de l’État de s’y fendre d’une interview. Même
si la seconde partie en a malheureusement subi une
déprogrammation de dernière minute (elle devait paraître
cette semaine, comme quoi les priorités fluctuent), les
propos rapportés par le journaliste (ainsi que ses
commentaires pour le moins approximatifs) montrent à quel
point l’affaire Borel donne ici lieu des excès, disons
bizarres. Ainsi, au prétexte de gommer un arrière-plan de
la mort du juge français, le Chef de l’État relance
imprudemment ce qui, de toute évidence, n’est que la
vérité de sa Justice : l’attentat du Café de Paris aurait
été commandité par M. Aden Robleh Awaleh. C’est Sauve qui
peut : le premier canot est pour le capitaine !
« Ecoutez : Borel était conseiller
technique auprès du ministre de la Justice, en charge de
la rédaction du code pénal et de la formation de nos
magistrats. Il n’a jamais eu à connaître de l’affaire du
Café de Paris, qui est intervenue avant son arrivée. Cet
attentat, dont les auteurs ont été jugés et condamnés, a
été commandité par Aden Robleh et ses camarades à partir
d’Addis-Abeba. Les français, qui ont enquêté en long en
large et en travers sur ce dossier, savent tout cela mieux
que quiconque.
Croyez-vous sérieusement que,s’ils me
soupçonnaient d’avoir participé à un acte terroriste
dirigé contre leurs ressortissants, ils seraient restés
les bras croisés ? ».
Le Chef de l’Etat aurait pu pousser le
courage jusqu’à révéler au journaliste apparemment sans
grande information que ledit commanditaire de cet acte
terroriste, qui a coûté la vie à un petit enfant français,
est aujourd’hui député « élu » sur la liste de la majorité
présidentielle.
Quoique les parlementaires du monde
entier n’auraient que moyennement apprécié de savoir qu’un
de leurs collègues tua en son temps.
Passons, car l’essentiel n’est pas donc
ici dans les conséquences de la fraude commise par le
pathétique Conseil Constitutionnel, mais plutôt dans
l’environnement de cet attentat et le déroulement de son
procès. Petit retour en arrière.
Journée chaude au Tribunal de Djibouti
: un homme, pourtant solidement maintenu par ses collègues
agents du SDS (Service de Documentation et de Sécurité)
venus l’aider à « spontanément » témoigner manu
militari contre M. Aden Robleh, s’arrache à ses anges
gardiens et s’enfuit précipitamment. Le procès de
l’attentat du Café de Paris venait de perdre son seul
témoin à charge.
Par contre, le commanditaire présumé
était bel et bien présent, campant avec son éternelle
canne sculptée et tenant à fermement clamer son innocence.
Sans convaincre ses juges : ils le reconnurent comme le
commanditaire de l’attentat du Café de Paris et le
condamnèrent six ans de prison… avec sursis ! Les
mauvaises langues disent déjà que Ben Laden, commanditaire
de milliers d’assassinats, a tout à fait tort de se cacher
puisque, à ce tarif, il ne risquerait que le sursis. Les
spécialistes du droit nous arrêteront si nous sommes dans
l’ignorance, mais il nous semble bien que ce soit le seul
cas recensé du commanditaire d’un attentat, reconnu
coupable et condamné à une peine moins sévère que celles
infligées à ses exécutants.
Si le Chef de l’Etat ne voit pas le
ridicule de la situation (le commanditaire d’un assassinat
devenant élu du Peuple et dont le casier judiciaire est à
nouveau mis en exergue) c’est qu’en fait les choses sont
un peu plus compliquées que cela et la culpabilité de M.
Aden Robleh loin d’être établie.
Revenons donc aux aspects plus ou moins
ignorés des dramatiques développements de cette
douloureuse soirée de septembre 1990 où la mort attendait
un innocent enfant (peut-il en être autrement quand il
s’agit d’enfant ?) à la terrasse d’un café de Djibouti,
sur la Place du 27 juin. On s’en souvient encore comme si
c’était hier : certains milieux français invitaient
gentiment la communauté martyrisée à faire confiance en la
Justice djiboutienne. Drôle de médiation : on ne leur
avait rien demandé et nul ne comprenait pourquoi ils se
mêlaient d’une affaire strictement djiboutienne, au moins
pour ce qui concerne les torturés, les victimes
collatérales.
Pas si strictement djiboutienne que
cela : l’acharnement des tortionnaires de la police
politique (le SDS, donc la Gendarmerie) contre une seule
composante de la communauté djiboutienne (des familles
entières, père, mère et enfants ont été sauvagement
torturés et tous les torturés ( des centaines dont
certains sont morts des suites de ces sévices) ont été
aussitôt relâchés sans autre forme de procès) place
d’emblée cet attentat dans le cadre d’un conflit qui, pour
être djiboutien, n’en a pas moins une dimension régionale.
Surtout quand on se souvient que la
périphérie de la Capitale avait été quelques mois
auparavant le théâtre de violents affrontements
intercommunautaires, au cours desquels les forces de
l’ordre n’ont pas joué un rôle exemplaire, il est bien
évident que le repositionnement des forces tribales au
lendemain de la chute de Siad Barré, était un enjeu
crucial pour le régime djiboutien dont les prétentions
territoriales sur le Nord de la Somalie étaient un secret
de Polichinelle. En fait, l’atmosphère était si tendue que
beaucoup savaient (dont les services secrets français)
qu’un attentat se préparait contre les intérêts français
et l’Irak n’y serait pour rien.
Et M. Aden Robleh, dans tout cela ? On voit mal en quoi
attenter aux intérêts d’une France si omniprésente à
Djibouti aurait utilement servi son combat politique
d’exilé. Surtout qu’après la Capitale éthiopienne, il a
longtemps résidé en France, jusqu’au déclenchement du
conflit armé opposant FRUD et troupes gouvernementales.
Ironie de l’Histoire : c’est à la suite d’une amnistie
générale décrétée par le régime pour appâter les exilés
qu’il est revenu à Djibouti pour fonder un parti politique
aussitôt légalisé. Amnistie générale dont les juges
djiboutiens lui ont interdit de se prévaloir au moment de
son procès : il paraît qu’aucun texte de loi ne l’a
formellement consacrée.
Les langues se délieront un jour ou l’autre et l’on
verra (sans parler de l’évasion aussi spectaculaire que
suspecte de la prison de Gabode du principal suspect) à
quel point sont suspectes la mansuétude du régime à
l’égard de certains et la condamnation de M. Aden Robleh,
elle-même suspecte au double titre de sa légèreté aux deux
sens du terme. Donc, s’il y a malheureusement eu mort d’un
enfant français, l’environnement général de l’attentat du
Café de Paris montre (les centaines de torturés tous d’une
même communauté et le contexte régional d’une dictature de
Siad Barré en plein effondrement) que son mobile ne
concerne aucunement la France. Si Borrel a découvert
quelque chose, c’est peut-être cela, et autre chose qui
gênait certains milieux typiquement français, à commencer
par le point d’honneur hexagonal à respecter ses
engagements avec les dictatures incorrigibles.
Les Djiboutiens n’oublient pas que, pour avoir
découverts des cadavres découpés en morceaux dans les
poubelles du SDS (Brigade Nord de la Gendarmerie) la
France avait un moment suspendu sa coopération militaire
avec les autorités djiboutiennes : nos torturés innocents
et nos civils massacrés itou innocents auraient
certainement apprécié un tel égard : tout le monde aurait
alors apprécié à sa juste et constante mesure la
sollicitude de la France à l’égard de Djibouti.
******
LA FRANCE SPONSORISE QUI ?
« Il y aura ici, dans un an, une
élection présidentielle à laquelle certains, à Paris,
souhaitent sans doute que je ne me présente pas ». par
cette petite phrase, le Chef de l’Etat a clairement laissé
entendre au journaliste de Jeune Afrique/L’Intelligent
que l’ancienne puissance coloniale s’estime encore en
droit d’influer sur la politique intérieure de son
ancienne colonie. Ce qui n’est pas tout à fait faux : on
voit mal la France assister placidement à la montée en
puissance (bien improbable) d’un leader politique lui
demandant de démonter sa base militaire.
A cette assertion présidentielle fait
comme par hasard écho l’approximation (certainement pas
gratuite du journaliste) qui ose écrire dans une ignorance
dont la suffisance sidère : « Le Parti socialiste, les
verts, les communistes et la communauté des ONG n’ont, il
est vrai, jamais porté dans leur cœur cet ancien
commissaire de police (ex-chef de cabinet du président
Gouled Aptidon) auquel ils ont toujours préféré l’éternel
opposant Ahmed Dini ».
Que certains milieux français n’aiment
pas l’un, rien de plus normal. Mais qu’ils préfèrent
l’autre, encore faut-il le démontrer, ce qui est loin
d’être évident. Pour n’avoir pas cherché à scrupuleusement
s’informer auprès des horizons les plus divers, M.
François Soudan, journaliste de Jeune A Fric, s’est
mesquinement condamné à ignorer des faits que tout le
monde connaît à Djibouti, sans même insister sur
l’illogisme qui consiste à prétendre qu’une puissance
coloniale puisse ne pas aimer un de ses plus zélés
policiers. Judas s’en retournerait sûrement dans sa tombre
Ainsi, les pauvres électeurs
djiboutiens infantilisés ont assisté, impuissants, à la
visite d’un Ministre françaisen exercice (celui de la
Coopération en l’occurrence) au domicile privé de Haramous
de celui qui n’était à l’époque que candidat à la
présidentielle et accessoirement Chef de cabinet de la
présidence : comme l’a lui-même écrit quelque part dans
son premier livre un ministre en exercice de l’actuel
gouvernement, la France a voté en faveur de M. Ismael Omar
Guelleh ! De même, ce journaliste aurait également su,
pour avoir sillonné l’Afrique, que le successeur de Gouled
est certainement le seul Chef d’Etat africain dont
l’élection ( si on peut parler l’élection ) a été saluée
par un survol « sans franchissement du mur du çon »
de sa résidence privée par des Mirage français : si ce
n’est pas de l’adoubement en bonne et due forme, c’est à
désespérer du bon sens.
Quant à M. Dini, ce journaliste peu au
fait des turbulences de la vie politiques françaises,
ignore certainement toute la répulsion que ce dernier
inspire à la France, depuis les années 60 où il a décidé
de africianiser l’administration territoriale.
Comme il ignore, par exemple, la politique de deux
poids, deux mesures de la France dans nos drames
intérieurs : alors qu’il se contentait de simplement «
désapprouver » le massacre d’Arhiba du 18 décembre
1991, le Quai d’Orsay avait énergiquement « condamné
» l’attaque du FRUD contre les infrastructures portuaires
en mars 1993.
On appréciera la nuance plus que sémantique et le
respect accordé aux tueurs de civils profitant d’une
impunité internationalement accordée.
Une journée syndicale sans
syndicat
Cet article sera
disponible bientôt sur le site.
Lettre ouverte à la
Première Dame
PRESIDENTE DE L’UNFD
Djibouti, le 2 mai 2004
Madame,
Suite à votre visite effectuée il y a
trois semaines à Arhiba pour faire le point de la
situation après les inondations causées par l’Oued d’Ambouli,
nous avons la tristesse de vous informer que rien de tout
ce que vous nous avez octroyé pour l’assistance du
quartier, en matière de vivres et de biens, n’est parvenu
aux ayants-droit légitimes en l’occurrence les sinistrés
et les nécessiteux.
Par contre, les soi-disants
responsables, en tout cas non reconnus par l’ensemble des
habitants que vous avez eu l’occasion de rencontrer lors
de votre tournée en furent les principaux bénéficiaires
dont nous retenons essentiellement du Président de
l’annexe RPP ayant marchandé les dons en particulier les
matelas reçus et du chef de quartier.
Ces derniers s’étant entendus comme
larrons en foire ont détourné cette aide avec la
complicité de la coordination des associations
alimentaires de ce quartier. Ces derniers nous ont invité
à leur obscure et hâtive réunion afin de nous salir les
mains, mais nous avons solennellement décliné leur
proposition d’une responsabilité partagée compte tenue de
l’insuffisance honteuse de ces dons.
En vérité, la rédaction de cette lettre
est la conséquence d’un mécontentement général et
généralisé de la population révoltée contre la mauvaise
foi des figurants politique et associatif de notre
quartier. La goutte d’eau qui a fait déborder la vase
étant le dramatique événement du 1er
mai. En effet, ce jour-là, quelques jeunes excités et
exaspérés par le vol anticipé des vivres et des biens
opéré par les prétendus responsables sus-cités se sont
rendus coupables de la prédation du quart des dons
humanitaires, infiniment insuffisants faits au nom de la
pauvre coordination, dépourvue de moyens logistiques et
sécuritaires, dans l’intention machiavélique de camoufler
leur vol en jetant la responsabilité sur le dos de toute
une population pourtant d’accord sur le renvoi de ces dons
à l’UNFD. La porte défoncée, quelques sacs de riz, de
farine, cartons de lait en poudre, de tomate, des
jerricans d’huile végétale ont été dépouillés.
Mais tout le monde n’est pas dupe d’une
telle supercherie, d’une machination élaborée par une
bande d’escrocs profiteurs construisant leur paradis sur
la misère d’une population qui ne revendique pas les dons
à cause des crues passagères de la dernière fois. Arhiba
est quotidiennement sinistré par les égouts nauséabonds
des fosses septiques débordant constamment, jusqu’à
constituer de véritables marées provoquant tant
d’épidémies et fléaux dont les victimes dépassent
plusieurs centaines durant cette dernière décennie.
Certes, vaine fut leur simulation et
leur désir de semer la zizanie entre des gens unis par la
misère.
Pour notre part, en tant que jeunes d’Arhiba,
nous regrettons, Madame, que vous ayez rendu visite aux
faux responsables de la cité, un acte qui fut hautement
préjudiciable aux véritables nécessiteux.
Par conséquent, au nom de l’Union des
Jeunes d’Arhiba (UJA) représentant la réelle volonté
populaire, tout en accusant formellement ces responsables,
nous vous prévenons que désormais nous ne reconnaissons
plus officiellement la Coordination des associations, le
Chef du quartier et les membres du siège du RPP tels que
Monsieur LOITA et KAMIL « AYTILEH ».
Aussi, nous exigeons d’avoir un Chef de
quartier choisi par la population, et une nouvelle
coordination impliquant les jeunes du quartier, puisque
non seulement les dirigeants de ces associations
représentant la coordination n’habitent pas tous le
quartier, mais ils sont aussi détourneurs des aides
récupérées au nom de notre cité et nous demandons enfin la
dissolution du Comité du RPP en échange de quoi nous vous
promettons le dialogue.
Pour cela, nous sollicitons une
entrevue avec vous, afin de vous soumettre les véritables
doléances de ce quartier qui souffre depuis plus d’une
décennie.
En attendant, veuillez agréer, Madame,
l’expression de nos sentiments les plus distingués.
L’Union des Jeunes d’Arhiba
***
Les Hooligans
politiques : dis moi qui est ton maître
!
Pour le plus grand malheur de la beauté du
sport, les hooligans semblent être de retour dans les
stades d’Europe, en France et en Italie pour le moment.
Ceux dont les débordements avaient tragiquement discrédité
le football anglais dans les années 80 s’évertuent
aujourd’hui à transformer les gradins en rings. Si de tels
excès sont extrêmement circonscrits là-bas, il y a
malheureusement à Djibouti une autre forme de hooliganisme
qui est inscrite dans la durée et imposée par les derniers
soubresauts d’un parti unique qui n’arrive pas à s’adapter
: c’est le hooliganisme politique. Les deux
caractéristiques des hooligans politiques à la
djiboutienne, c’est la provocation extrémiste et le mépris
de l’adversaire.
La seule chose qu’il est impossible de
nier aux hooligans des stades d’Europe, c’est qu’ils
adorent le sport. A tel point qu’ils ne supportent pas de
voir leur équipe en difficulté et que, de toutes les
façons, ils se croient obligés de jouer une troisième
mi-temps avec un spectacle sanguinolent. Et bien, on
retrouve le même penchant à la provocation et le même
mépris du fair play chez les hooligans politiques
djiboutiens, à la différence près que ces derniers se
prennent maladivement au sérieux.
Ainsi, nos lecteurs se souviennent que
dans un numéro de juin 2002, nous avions démontré dans un
article intitulé « Hymne national … à l’intolérance
» que les paroles de l’hymne djiboutien étaient totalement
anticonstitutionnelles en ce qu’elles établissaient une
ségrégation linguistique entre les citoyens, et illégales
en ce que leur adoption ne découle d’aucun texte de loi.
Savez-vous quelle a été la réponse du régime à des
critiques que nous voulions contribuer à une réelle
construction de la Nation Djiboutienne ? La voici : lors
des cérémonies du 25 ème
anniversaire au Stade Hassan Gouled, au moment où
retentissait l’hymne national chacun pouvait voir le Chef
de l’Etat et quelques-uns de ses ministres en reprendre à
tue-tête les paroles anticonstitutionnelles et illégales,
tandis que le Premier ministre et certains
ministres-citoyens de seconde classe, ignorant des paroles
sans sens dans leur langue maternelle (un décret
présidentiel n’ayant pas été pris pour les y obliger),
baillaient aux corneilles, ou aux mouches, c’est selon.
Alors que la violence physique illégitime des hooligans
d’Europe est unanimement condamnée, la violence symbolique
de nos hooligans politiques qui trouvent normal que des
ministres et une importante frange de la communauté
nationale soient dépossédés du sens de leur hymne
national, laisse dubitatif quant aux réelles intentions de
ces dirigeants provocateurs pour construire une identité
nationale respectueuse de ses différences : quand on pense
que La Marseillaise avait le même sens pour tous et que M.
Ali Aref s’exprimait en français à tous les habitants du
Territoire lors de ces déclarations officielles, il y a
comme une régression dangereuse pour l’avenir.
Second exemple : nous avions également
critiqué, dans le respect de la stricte neutralité
normalement attendue de tous les fonctionnaires dans
l’exercice de leurs fonctions et se disant au service de
l’intérêt général. Nous avions même pris le récent exemple
du Directeur de l’OPS (nous aurions pu prendre celui du
Directeur de l’ONED) qui offrait à la population du Day un
poste téléviseur et un groupe électrogène (à essence
avions-nous précisé, libres à eux d’acheter le carburant.
Quelle fut la réponse de ce régime qui empêche tout libre
exercice du droit syndical ? La voilà : le fonctionnaire
dont la malléabilité est proportionnelle à ses ambitions,
a été vu à la télévision la semaine suivante mystifier les
populations de Hanlé pour le compte d’Un Chef de l’Etat
qui ne les considère même pas djiboutiennes et qui bloque
encore leur accès aux pièces d’identité nationale.
Provocation généreusement mise en scène par la RTD et qui
avait un objectif principal : montrer qu’à partir du
moment où l’on se met au service du Président de la
République, l’on est assuré de bénéficier de l’impunité la
plus totale. Preuve la plus flagrante que le régime peut
ignorer la loi quand il s’agit de délits commis par des
serviteurs zélés.
On pourrait montrer la même disposition
provocatrice dans la suite donnée au scandale du riz
indien détourné par la Présidence il y a quelques mois :
au lieu de vérifier la véracité (inconstatable au
demeurant) de nos assertions et de punir les indélicats
comme il se doit, la Présidence a trouvé le moyen de
prouver l’impunité de telles indélicatesses. Ainsi, suite
aux récentes inondations qui ont frappé la Capitale, le
régime a fait appel à l’aide internationale en avançant
une facture exactement équivalente à la valeur du riz
détourné…
Bref, face à de tels actes de
provocation, nul ne doit s’étonner que des plumes soient
de temps en temps sollicitées pour insulter l’adversaire :
qui ne se respecte pas ne peut pas respecter autrui.
Ainsi, le lecteur du journal gouvernemental « La Nation »
a-t-il coutume d’y lire (il s’en serait certainement
passé) de violentes lignes insultant, au gré des commandes
partisanes du RPP, donc de son Président, tel ou tel
opposant. Après les leaders classiques de l’UAD, ce sont
les membres de la rédaction de notre hebdomadaire qui ont
eu droit la semaine dernière à ce qui osait se présenter
comme un aimable conseil d’un ami. Laquelle rédaction a au
moins une prétention : celle de ne pas compter des impolis
au nombre de ses amis !
Par respect pour nos lecteurs, nous ne
répondrons pas ici à ces écarts de langage : le seul fait
que le Chef de l’Etat demande à ses plumes mercenaires de
nous insulter est en soi élogieux pour nous. Mais nous ne
pouvons passer sous silence une accusation totalement
calomnieuse : dire que Mohamed Adoyta a été obligé de
quitter la présidence du FRUD à cause des magouilles
d’Ahmed Dini. Si la plume commanditée, et sans respect
pour les sacrifices consentis sur le terrain et ailleurs
par les véritables patriotes, peut se permettre une telle
contrevérité, nous sommes absolument certains que nos
anciens compagnons de Lutte, Mohamed Adoyta comme ceux qui
ont contribué à la genèse de cette légitime défense, ne
cautionneront jamais cette mesquinerie qui ne sert en fait
qu’un seul objectif : tenter de faire oublier que le
commanditaire n’a apporté aucune véritable contribution
positive à la construction de l’identité djiboutienne.
Au journaliste des basses besognes, et qui n’a lui-même
que très peu contribué à cette lutte, on peut trouver une
seule circonstance atténuante : dis-moi qui est ton
maître, je te dirai qui tu es : tout petit ! |
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