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Dernières nouvelles - Édition en Ligne d'Août
2007
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de publication : Mohamed Ali Abdou. Codirecteur :
Mahdi Ibrahim A. God. Email :
realite_djibouti@yahoo.fr
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29/08/2007 Premier procès en
vue dans l'affaire du juge Borrel (Le Figaro)
29/08/2007 Deux responsables
djiboutiens mis en cause (L'Humanité)
28/08/2007 Affaire Borrel:
deux proches d'Omar Guelleh en correctionnelle (Le Point)
04/08/2007 Des dossiers
sensibles du ministère de la défense pourraient être
bientôt déclassifiés
Premier procès en vue dans l'affaire du juge Borrel
Le Figaro 29 août 2007,
par ANGÉLIQUE NÉGRONI.
Soupçonnés de
pressions sur des témoins, deux hauts responsables djiboutiens
vont être jugés à Versailles en leur absence.
DOUZE ANS
après la mort à Djibouti du juge français Bernard Borrel, un
premier procès concernant l'affaire devrait se tenir en 2008 à
Versailles. Mais les bancs des prévenus seront vides. Les deux
hauts responsables djiboutiens proches de l'actuel président
du pays, qui viennent d'être renvoyés par un juge versaillais
en correctionnelle pour « subornation de témoins », ne
viendront pas. Djama Souleiman et Hassan Saïd, respectivement
procureur général et chef des services secrets de Djibouti,
seront donc jugés par défaut.
Ils sont
soupçonnés d'avoir exercé des pressions sur deux témoins de
l'affaire. Le procureur djiboutien aurait tenté de faire taire
un ex-membre de la garde présidentielle djiboutienne, Mohamed
Alhoumekani, aujourd'hui exilé en Belgique. Qu'aurait-il dit
de si important pour que ce haut magistrat se déplace jusqu'à
Bruxelles ? Pour comprendre, il faut remonter douze ans plus
tôt. Il affirme que peu après la mort de Bernard Borrel - dont
le corps calciné avait été retrouvé dans un ravin le
19 octobre 1995 -, une discussion s'était engagée dans le
jardin du palais présidentiel. Elle réunissait cinq hommes
dont Ismaël Omar Guelleh, alors directeur de cabinet du chef
de l'État et actuel président de la République. Ce dernier
aurait été informé que le juge français avait été tué. « Le
juge fouineur est mort. Il n'y a plus de traces », aurait
ainsi lâché Awaleh Guelleh, un repris de justice, présent au
palais. Telle est la scène relatée par le témoin Alhoumekani à
un juge français en 2000. Quelques mois plus tard, en 2001, le
procureur de Djibouti venait à Bruxelles pour l'obliger, selon
lui, à revoir ses déclarations. Une lettre et l'enregistrement
d'une conversation, entre les mains de la justice française,
seraient embarrassants pour le magistrat djiboutien.
« L'occasion
d'un vrai débat »
Quant à Hassan
Saïd, le deuxième fonctionnaire impliqué, il se serait chargé
du cas d'un autre homme. Il s'agit d'Ali Iftin, le supérieur
d'Alhoumekani. Ce dernier affirme avoir reçu des pressions
pour discréditer son subordonné.
Le futur
procès satisfait les parties civiles, convaincues de
l'implication du chef de l'État dans cet assassinat. « Si
Ismaël Omar Guelleh était étranger à l'affaire, pourquoi deux
de ses proches auraient pris autant de risques ? », interroge
Me Olivier Morice, conseil de la veuve du juge décédé. De son
côté, l'avocat des deux mis en cause, Me Francis Szpiner, se
réjouit lui aussi : « Depuis le début, on s'acharne à tort sur
les autorités djiboutiennes. Ce procès sera l'occasion d'un
vrai débat. »
Par ailleurs, une information judiciaire pour « pression sur
la justice » a été ouverte le 23 août dernier à Paris. Elle
vise Michel de Bonnecorse, l'ancien responsable de la cellule
Afrique de l'Élysée. Ce haut fonctionnaire avait déclaré en
avril dans la presse : « Contrairement à ceux qui préjugent de
l'assassinat de Bernard Borrel sur ordre des autorités
djiboutiennes, je préjuge moi, qu'il s'est suicidé.» Contacté
hier, Michel de Bonnecorse a réagi : « Le dossier sur la mort
du juge est vide : les deux thèses, l'assassinat et le
suicide, doivent coexister. »
Deux
responsables djiboutiens mis en cause
L'Humanité - Article paru
le 29 août 2007
Affaire Borrel
. Deux proches du président Omar Ghelleh sont renvoyés devant
le tribunal correctionnel.
Les deux
responsables djiboutiens ne répondront pas à l’appel de la
justice française. Renvoyés le 20 août par une ordonnance de
la juge d’instruction de Versailles devant le tribunal
correctionnel pour « subordination de témoins » dans le cadre
de l’affaire Borrel, Djama Souleiman, procureur général de
Djibouti, et Hassan Saïd, chef des services secrets, ont
annoncé hier, par la voix de leur avocat, qu’ils
n’assisteraient pas à leur procès. Accusés d’avoir fait
pression sur deux témoins clefs de l’enquête sur l’assassinat,
en 1995, à Djibouti, du juge français Bernard Borrel, les deux
hommes font l’objet d’une information judiciaire dans un
sous-dossier de l’affaire Borrel depuis mai 2003.
En septembre
2006, la justice française avait délivré contre eux deux
mandats d’arrêts internationaux. Ils auraient notamment tenté
d’obtenir la rétractation de deux ex-membres de la garde
présidentielle djiboutienne, dont les témoignages mettent en
cause l’actuel président djiboutien, Ismael Omar Ghelleh (IOG)
dans la mort du juge. Dès 1996, l’un d’eux avait affirmé avoir
entendu le soir de l’assassinat du juge des hommes annoncer à
IOG, alors directeur de cabinet du président djiboutien, que
« le juge fouineur est mort ».
Le renvoi de l’affaire en correctionnelle marque une victoire
judiciaire pour la veuve du juge Borrel. Pendant dix ans,
celle-ci s’est battue en vain pour obtenir la vérité face à
des autorités françaises surtout soucieuses de préserver leurs
relations avec Djibouti. Ce n’est qu’en juin dernier, après
que Mme Borrel a été reçue par le président Sarkozy, que la
thèse du suicide de son mari a été abandonnée. Le procès à
venir, même en l’absence des accusés, devrait permettre
d’avancer dans la recherche de la vérité. C. B.
Affaire Borrel: deux proches d'Omar Guelleh en correctionnelle
Le Point et Reuters 28/08/2007 - ©
Reuters
Le renvoi en
correctionnelle de deux proches du président djiboutien est
une première victoire judiciaire pour Elisabeth Borrel, veuve
d'un magistrat tué à Djibouti en 1995, a déclaré mardi son
avocat.
Djama
Souleiman Ali et Hassan Saïd Khaireh, respectivement procureur
général et chef des services secrets de Djibouti, ont été
renvoyés devant le tribunal de Versailles par une ordonnance
datée du 20 août, a confirmé Me Olivier Morice.
Les deux
hommes font l'objet de mandats d'arrêt internationaux valant
mise en examen pour "subornation de témoin".
"Ce qui
constitue une première victoire judiciaire pour Mme Borrel
c'est que derrière le renvoi de ces dignitaires djiboutiens
proches du pouvoir, la justice française pointe du doigt la
responsabilité de l'actuel président de la République de
Djibouti" Ismaël Omar Guelleh, a déclaré l'avocat d'Elisabeth
Borrel.
Selon lui,
alors que "les autorités djiboutiennes dénonçaient une
manipulation de Mme Borrel, on voit que la justice française
considère que cette manipulation se situe au plus haut niveau
du pouvoir djiboutien".
Le magistrat
Bernard Borrel, coopérant français et conseiller technique
auprès du ministère djiboutien de la Justice, a été tué dans
ce pays en 1995. La thèse du suicide avait d'abord été retenue
mais le scénario d'un assassinat est désormais retenu par la
justice qui s'appuie sur des expertises médico-légales.
Des dossiers sensibles du ministère de la défense
pourraient être bientôt déclassifiés
LEMONDE.FR avec AFP | 04.08.07 |
19h58 • Mis à jour le 04.08.07 | 20h01
Affaire Borrel, Bugaled Breizh, conséquences sanitaires de la
guerre du Golfe. Les juges chargés d'instruire ces trois
dossiers sensibles pourraient prochainement accéder à de
nouvelles sources, déterminantes pour la suite de leurs
enquêtes. La commission consultative du secret de la défense
nationale (CCSDN) a rendu un avis favorable, samedi 3 août, à
la déclassification par le ministère de la défense de
plusieurs dizaines de documents concernant ces trois dossiers.
Il revient maintenant au ministre de la défense de suivre ou
non l'avis de la CCSDN. Les avis de la commission ont toujours
été suivis par les prédecesseurs d'Hervé Morin.
Dans l'enquête sur l'assassinat du juge
Borrel en 1995 à Djibouti, ce sont plus de 200 pages de
documents que la juge parisienne Sophie Clément pourrait
pouvoir consulter, notamment les "journaux de marches et
des opérations" de plusieurs unités militaires françaises,
dont certaines basées à Djibouti. Le corps en partie carbonisé
du juge Bernard Borrel, en mission de coopération auprès du
ministère de la justice de Djibouti, avait été retrouvé le 19
octobre 1995 en contrebas d'un ravin. Parallèlement à
l'instruction de Sophie Clément sur la mort du juge, deux
magistrates parisiennes, Fabienne Pous et Michèle Ganascia,
enquêtent sur d'éventuelles pressions politiques sur la
justice dans ce dossier.
AVIS DÉFAVORABLE SUR DEUX DOSSIERS DE LA GUERRE DU GOLFE
Le juge d'instruction de Quimper, Richard Foltzer, chargé de
l'enquête sur la mort des cinq marins du Bugaled Breizh,
chalutier coulé en 2004 au large du cap Lizard, pourrait lui
accéder aux compte-rendus des communications émises le 30
décembre 2003 par le commandement en chef pour l'Atlantique à
Brest. Le 15 janvier 2004, le chalutier de Loctudy avait coulé
en quelques minutes au large du cap Lizard, avec ses cinq
hommes d'équipage. Depuis le naufrage, la piste du sous-marin
a toujours été privilégiée par les parties civiles et le monde
maritime. Ils mettent en avant la présence de nombreux
submersibles dans la zone du naufrage pour des exercices
organisés par la Royal Navy et l'OTAN.
Dernière enquête qui pourrait connaître des développements après
la consultation des documents du ministère de la défense,
celle menée par la juge d'instruction parisienne Marie-Odile
Bertella-Geffroy sur les éventuelles conséquences sanitaires
de la guerre du Golfe. La juge pourrait consulter 187 dossiers
du ministère de la défense. Des soldats français, qui ont
participé à ce conflit, se disent atteints du syndrome de la
guerre du Golfe – un ensemble de maladies qui se manifestent
notamment sous forme de douleurs musculaires, de fatigue
chronique, de pertes de mémoire ou du sommeil – qu'ils
attribuent à une exposition à des produits toxiques.
Dans cette affaire, la CCSDN a donné un avis défavorable à la
déclassification de deux documents : une note du 24 février
1991 du commandement de l'opération Daguet – nom de la
participation française aux opérations de la coalition contre
l'Irak en 1990-1991 – et une note d'une unité chargée de la
logistique de la division française déployée en Arabie
Saoudite, puis au Koweït.
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