Dernières nouvelles - Édition en Ligne d'Août  2008

 Directeur de publication : Mohamed Ali Abdou.   Codirecteur : Mahdi Ibrahim A. God.   Email : realite_djibouti@yahoo.fr


S  o  m  m  a  i  r  e


26/08/2008 Visite du Président du MRD en Grande Bretagne

20/08/2008 Les Afars et la dictature djiboutienne, par Ali Coubba

17/08/2008 Note d'information de la LDDH: pourquoi les élections sans démocratie ni bonne gouvernance à Djibouti ?

07/08/2008 Note d'information de la LDDH : ARHIBA : le ghetto des combattants en perpétuelles déportations.

05/08/2008 Communiqué de presse de l'Alliance républicaine pour le développement (ARD)


Visite du Président du MRD en Grande Bretagne

Dans le cadre de la lutte pour l’État de droit et la Démocratie à Djibouti, lutte que mène depuis des années le Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement (MRD), le président du parti, Daher Ahmed Farah (DAF), s’est rendu en ce mois d’août 2008 en Grande Bretagne. Il y est arrivé samedi 2 août pour une longue visite de deux semaines.

Au cours de son séjour, essentiellement destiné à rencontrer la communauté d’origine djiboutienne de ce pays, il a été chaleureusement accueilli par des hommes et des femmes enthousiastes. Il a commencé sa tournée par Birmingham, seconde ville de Grande Bretagne.

Dès dimanche 3 août 2008, il y a tenu une grande rencontre à laquelle ont pris part près de cent cinquante personnes parmi lesquelles des représentants de partis somaliens. C’est par une sourate de Coran que s’est ouverte la réunion. Puis le président DAF a été introduit par l’un des organisateurs du meeting, Mahamoud Ahmed Farah, un ancien responsable du djiboutien Parti national démocratique (PND), exilé depuis 1999 en Grande Bretagne et qui adhère aux idées du MRD.

Prenant la parole, le président du MRD a vivement remercié les participants avant d’entamer son message par un bref rappel historique pour rafraîchir les mémoires sur les origines de la confiscation de l’État et de la non-édification nationale à Djibouti. Il a ensuite retracé la lutte pour la démocratie à laquelle le PRD devenu MRD et lui-même se consacrent aux côtés du reste de l’opposition.

Il n’a pas omis d’évoquer la récente dissolution arbitraire du MRD. A ce sujet, les gens se doutaient bien déjà que, tout comme les autres persécutions que subit ce grand parti depuis sa fondation, son interdiction du 9 juillet 2008 s’explique par l’incapacité du pouvoir à jouer le jeu démocratique. L’existence d’un parti croyant en la possibilité d’une autre République de Djibouti, fraternelle, juste, démocratique et prospère, est tout simplement insupportable au régime.

Puis la parole a été donnée aux participants. Ils ne se sont pas privés de poser toutes sortes de questions à DAF, sans tabou ni complaisance. A la satisfaction du président du MRD qui a apprécié la qualité et la sincérité des interventions et y a répondu de bonne grâce.

L’état de l’opposition, la situation du MRD et de sa lutte, son projet politique et sa position sur le conflit frontalier avec l’Érythrée, le problème du tribalisme, la participation populaire et de la diaspora au combat pour le changement, le dialogue politique inter-djiboutien, l’avenir national, les relations avec les pays voisins, notamment avec le Somaliland, etc. de nombreux thèmes ont été abordés.

Avec la participation des représentants des partis politiques somalilandais qui ont pu prendre la mesure de la culture démocratique du MRD, formation qu’ils ont remerciée au passage pour son souci de la fraternité entre les peuples et du bon voisinage.

A cette occasion, Monsieur Daher Ahmed Farah, qui a de nouveau sincèrement regretté les morts et blessés du conflit frontalier avec l’Érythrée, a réaffirmé que le MRD ne tolère aucune agression extérieure de notre pays, la République de Djibouti, et qu’il est très attaché à l’indépendance et à l’intégrité territoriale nationales.

Le débat s’est clos dans une atmosphère chaleureuse, empreinte de fraternité.

Poursuivant ses contacts, le président du MRD s’est rendu de Birmingham à Northampton puis à Londres. Dans l’une comme dans l’autre de ces deux villes, il a rencontré de nombreuses personnes d’origine djiboutienne auxquelles il a délivré un message de rassemblement et d’espoir.

«Djibouti sera ce que nous en ferons», a-t-il insisté. A Londres, DAF a retrouvé son ami et compagnon de lutte, Mahdi Ibrahim Ahmed God, qui y vit en exil depuis maintenant plus de deux ans. Ensemble, ils ont rencontré des membres de la diaspora djiboutienne qu’ils ont invités à contribuer au changement démocratique à Djibouti.

C’est au cours de son séjour à Londres que le président du MRD s’est adressé aux médias. Il a été interviewé par une télévision internationale de langue somalie, Raad (Rugta Aqoonta iyo Akhbaarta Dunida). Au microphone d’un ancien journaliste du service somali de la BBC, Abdoulsalam Hereri, Daher Ahmed Farah s’est longuement exprimé sur la situation à Djibouti.

Il a notamment évoqué le conflit frontalier avec l’Érythrée, réitérant sa compassion et ses condoléances aux familles des soldats morts lors des combats des 10 et 11 juin 2008 entre militaires djiboutiens et érythréens.

Le président du MRD est rentré de Grande Bretagne en Belgique le samedi 16 août 2008.

La lutte continue.

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Les Afars et la dictature djiboutienne, par Ali Coubba

"Cette ville (Djibouti) où la colère est en train de macérer et de monter sourdement" (Abdourahman A. Wabéri, Cahier nomade, Le Serpent à plumes, 1996)

Notre parti politique milite pour une alternance démocratique pacifique. Ses moyens politiques se limitent à écrire, dénoncer et revendiquer la liberté, la démocratie et l’égalité pour tous les citoyens djiboutiens. Une véritable résistance débute par le dialogue et l’information. Afin d'asséner quelques vérités qui font mal à nos compatriotes et faire œuvre didactique, nous n'allons pas nous priver de notre liberté d'expression.

Dans ce numéro d'Uguta-Toosa, nous allons provoquer colères et mécontentements. Nous disons crûment des vérités que le régime a intérêt à cacher ou à enrober derrière d’une phraséologie à caractère unitaire. Ce n’est pas en usant de la langue de bois que l’opposition djiboutienne va faire avancer le débat démocratique.

Les acquis historiques

En affirmant que les rivalités afro-somali (issa) résident principalement dans la redistribution de la richesse nationale, Yussuf Yassin, intellectuel afar d'origine éthiopienne, met en exergue un fait important. « Malgré les tensions ethniques…, répond-il, [les Issa et les Afars de Djibouti] ne se tirent pas dessus à vue comme ils le font dans l’Éthiopie voisine » (Cf. Les Nouvelles d’Addis, n°56, 15 mars au 15 ami 2007). En effet, le peuple djiboutien dispose de quelques acquis historiques dont il peut légitimement être fier.

Au lendemain de l’indépendance du pays en 1977, alors qu’on prédisait la fin de Djibouti, la Ligue populaire pour l’’indépendance (LPAI), dominée pourtant par les leaders somali, a eu la sagesse de ne pas se jeter dans les bras de Mohammad Siyad Barré de la Somalie. Ce faisant, la république de Djibouti a pu devenir un Etat indépendant, pas tout à fait uni mais indivisible.

Durant un siècle (1896-2008), les Arabes, les Somalis et les Afars ont tant bien que mal cohabité dans une relative paix. Au point que le tribalisme dans lequel s’est fourvoyé Hassan Gouled (1977-1999) a lézardé l’unité nationale mais ne l’a pas détruire. Sous le coup de butoir du clanisme délirant d’Ismail Omar Guelleh (1999–…), notre nation chancelle, s’effrite chaque jour un peu plus, mais elle tient toujours la route.  

La république de Djibouti est-elle un Etat "issa" ?

Pour Uguta-Toosa, le processus engagé par Ismail Omar se traduit comme une tentative de somaliser le pays. C'est un fait incontestable.

L’unité nationale est fragilisée par les errements d'un tribalisme que nous connaissons bien. C’est l'idéologie clanique qui a déjà détruit la Somalie. C’est l’allégeance clanique et tribale au nom de laquelle Ismail Omar Guelleh combat la communauté afar et essaie de bâtir une dictature à la somalienne, en caressant dans le sens du poil sa communauté. Pas de chance pour lui. Les Somalis de Djibouti ne croient pas au "danger afar", mais pour les mater, il a fait appel aux Issa d’Éthiopie et de la Somalie voisine.

Il n’est pas dans l’intention de notre parti, Uguta-Toosa, d’ostraciser les membres de la confédération issa de la corne de l’Afrique. Mais il faut dire la vérité : les Issa d’Éthiopie et de Somalie ne sont pas des Djiboutiens. Un jour, ils le deviendront peut-être ? Car, la corne de l’Afrique a vocation tôt pu tard de devenir un seul ensemble politique homogène. Dans le contexte actuel, ces étrangers usurpent la nationalité d’un pays. Les droits dont ils jouissent sont ceux dont Ismail Omar Guelleh a dépouillé les véritables citoyens. Instruments d’une dictature sans avenir mais qui prône l’affrontement, ils ne sont pas les bienvenus.  

La somalisation rampante de la république de Djibouti

Travaillé par le tribalisme et le clanisme, l’avenir de notre pays est menacé. Le pays se dénature. L’administration se « somalise », les mentalités aussi. L’armée est à 80% d’origine somali-issa. « Pensez-vous que les Afars sont aveugles et qu’ils vont se laisser faire ? » Cette phrase aurait eu plus d’impact dans la bouche d’un Djiboutien somali. Je le dis non pas parce que je suis afar mais parce que je suis contre tout type d'injustice. Je suis un démocrate et la marginalisation d'une communauté est inacceptable.

Croire qu’on peut frustrer une communauté pendant trente ans et que cela durer ad vitam aeternam, il n’y a que des fous pour y croire. Ismail Omar en fait partie. Croire que cela va se terminer par des embrassades et des farandoles, ce serait se tromper lourdement. En général, les frustrations et les humiliations ne sont pas bonnes conseillères. Jusqu’à la preuve du contraire, les extrémistes existent partout. Les démocrates djiboutiens doivent agir ensemble et vite.

Si notre parti prône une résistance pacifique à la dictature, c’est parce que nous voulons éviter l’irréparable. En dépit d'une frustration de trente ans ! nous rejetons la guerre parce qu'elle mène à l'"auto-destruction", comme l'écrit Nurrudin Farah. De plus, la dictature d'Ismail Omar Guelleh ne tient en réalité qu'à un fil. Et il serait dommage que nos frères se livrent à une guerre fratricide pour nourrir la mégalomanie d’une poignée d’individus qui prétend œuvrer pour l’hégémonie issa.

Que pense un Afar moyen de la situation de Djibouti ?

Pour un Djiboutien d’origine afar, la situation que nous vivons n’a rien inédit. Pour lui, notre pays présente dangereusement la même configuration que celle de la Somalie avant son implosion. Pour lui, c'est l'oeuvre non pas de quelques individus mais de la communauté issa tout entière.

Son discours est rôdé : « Nous les Djiboutiens sommes en train de re-vivre la tragédie somalienne. Sauf qu’ici, ce ne sont pas les Maréhane (clan de Siyaad Barré) qui tiennent le rôle d’aristocratie, ce sont les Issa. Tous les Issa. Parce que les Somalis sont incapables de diriger une nation moderne. Comme ils n’ont jamais eu d’État centralisé dans leur passé, ils ne comprennent pas ce qu’on appelle le contrat politique autre que celui basé sur la tribu, le ‘xer issa’.

La preuve en est que tous les dirigeants issa, de Hassan Gouled à Ismail Omar Guelleh, sont obsédés par leur propre création, un ennemi imaginaire intérieur appelé "Afar". Comme ils éprouvent une haine inextricable envers nous, ils mènent aussi une guerre contre les Afars d’Éthiopie.

Comment pourraient-ils d’ailleurs admettre une co-existence pacifiée et un partage des pouvoirs à Djibouti avec les Afars, alors ils vouent aux gémonies leurs frères issak et gabadouri ? Ce que les Issa veulent, c’est faire de Djibouti un « État issa ». Si cette option n'aboutit pas, ils préfèrent détruire la république que de partager la richesse nationale avec les Afars.  

De la même manière que le clan de Siyad Barré l’a fait avec la Somalie. De toute manière, si Djibouti disparaît en tant qu'État, les Afars n'ont rien à perdre alors que pour les Issa, ce sera la fin de tout à cause des animosités qu'ils ont créés avec tous leurs voisins. »

Ces commentaires ont cours dans certains milieux afar. Est-ce de la caricature ? S’agit-il des préjugés sans fondement ? Toute généralisation est excessive. Y-t-il déterminisme en ce domaine ? Je ne le pense pas. Le peu des leaders issa que je connais - Hassan Goueld et Ismail Omar – corrobore plutôt ces portraits simplistes.

Quand aux chiffres, ils vont dans le sens de ces propos et montrent la somalisation à outrance de la société. Ismail Omar Guelleh ne cherche même pas à les cacher. Que certains Djiboutiens issa refusent de les regarder, c’est autre chose. Chacun est libre de cultiver ses démons.

Je ne souscris pas à l’idée d’une transposition du cas somalien sur notre pays. Il n’empêche que certaines similitudes sont troublantes. Vouloir absolument et obsessionnellement imposer son clan à l’ensemble du pays, cela fait penser indubitablement à Syaad Barré. Ismail Omar Guelleh s’inspire de cette idéologie, c'est une vérité pure et simple.

Faire mentir ces propos ?

L’opposition djiboutienne ne doit pas avoir peur de (se) dire certaines vérités. Le véritable pouvoir se concentre entre les mains d’un seul homme. Mais l’administration, l’armée, la police et les entreprises semi-publiques sont noyautées par les Issa. En disant cela, je ne cherche pas à culpabiliser personne. C’est la vérité. Ceux qui pensent que ce processus va s’aggraver ont raison.  

Ceux qui pensent que ce processus est irréversible, ils ont tort. Rien n’est irréversible en politique. Ce qu’un dictateur a fait, on peut le défaire. Je l'avais déjà dit et je le répète ici. Et aucun problème ne résiste à des dialogues ouverts sur l'avenir et aux hommes de bonne volonté. Des exemples abondent qui nous montrent la voie à emprunter. La façon dont l’apartheid sud-africain (cas extrême) a été démantelé nous donne un très bon exemple.

Uguta-Toosa lutte pour la démocratie et l’instauration d’une société de droit où tous les Djiboutiens jouiront de mêmes droits.

Uguta-Toosa a une vision globale du destin de notre pays et de l'avenir de la corne de l'Afrique. Quand nous voyons une injustice, nous le désignons en tant que telle. Quand nous voyons un chat noir, nous ne disons pas, pour complaire à je ne sais qui, que c’est un chat blanc. 

Ali Coubba
Président de Uguta-Toosa
U.T. juillet 2008

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Note d'information de la LDDH: pourquoi les élections sans démocratie ni bonne gouvernance à Djibouti ?

Le Président

NOTE D’INFORMATION

DU 17 AOÛT 2008

Pourquoi des élections sans Démocratie

ni bonne gouvernance à Djibouti ?

« Qui vole un œuf, vole un bœuf ? » « Il faut s’attendre à tout, c’est la moindre des choses ».

Pourquoi des élections sans Démocratie ni bonne gouvernance à Djibouti ?

Est-ce que des nouvelles dispositions dangereuses sont prêtes ?

En République de Djibouti, les textes fondamentaux paraissent être conformes en grande partie aux Instruments internationaux avec, malheureusement dès le début de l’Indépendance, une volonté affichée à bafouer sans vergogne tous les textes, pourtant, présentés par le gouvernement et adoptés sous forme de Loi.

Seules sont applicables  les décisions verbales du Chef de l’État.

C’est la forme la plus directe de la dictature sournoise, qui adopte un très grand nombre de « textes ronflants » pour faire plaisir à l’opinion internationale avec une vérité toute autre quant à ses applications.

Évidemment, l’actuel Représentant du PNUD à Djibouti ne peut que considérer ces « textes » comme des textes positives, tout en oubliant certainement de dire, voir même de mentionner, que tous les textes « dits fondamentaux » sont de la poudre aux yeux sans application aucune.

a – suffrage universel.

La panoplie des textes existe, elle est presque parfaite concernant les élections présidentielles et législatives, mais, dans la pratique, en complète violation à la Constitution de 1992, aux Lois Électorales et à celles sur les Partis de 1992.

Concernant la Décentralisation l’Assemblée monocolore a adopté un Texte qui a unilatéralement violé les dispositions aux Accords de Paix de 2001.

b – inexistence du droit à l’égalité devant la Loi, d’autant plus que les libertés et les droits fondamentaux sont constamment violés en République de Djibouti, et que la Justice Djiboutienne est loin d’être indépendante.

Flash sur les fausses « élections démocratiques » en République de Djibouti.

1.    les organes électoraux nationaux indépendants et impartiaux sont inexistants ;

2.    l’environnement propice pour le bon fonctionnement de ces organes électoraux est pollué par les assistances politiques et financières ciblées dans le strict  intérêt des forces armées des Puissances étrangères, comme la France et  les États-unis ;

 3.    les mécanismes nationaux pour régler les contentieux électoraux : actuellement rien à part celui des armes avec tous les risques d’une anarchie à la Somalienne ;

4.     le code de conduite pendant les élections est décidé par le Premier Magistrat cumulativement candidat à la Présidence, au Parlement pour l’équipe des fidèles ;

5.    les observateurs externes pendant les élections : alors là il faut toujours s’attendre à des encadrements par le Protocole de la Police Politique pour « un meilleur aperçu  et une interprétation guidée sur le bon déroulement des élections ».

6.    l’accès équitable aux médias populaires pendant les élections est muselé: seule la RTD et le Journal la Nation, sous coupole de la mafia électorale, sont là pour imposer les desideratas du pouvoir, que l’on est en droit voir en mesure de considérer comme « Usurpateur » car aucune Presse Libre n’est en droit de le dénoncer, aucun Parti Politique de l’Opposition n’a le droit de manifester, voir même de s’exprimer à moins de se voir dissous par un simple Décret du Chef au pouvoir par usurpation parrainée.

Dans le cadre de la Prévention des conflits et face aux risques des coups des Forces armées en République de Djibouti, il temps de se mobiliser pour mettre fin aux bradages intolérables et inadmissibles qui s’effectuent par des simples Décrets gouvernementaux.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel pressant au Peuple Djiboutien  de s’unir pour faire barrage aux risques réels et connus, qui nous entourent.

   
M. NOËL ABDI Jean-Paul

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Note d'information de la LDDH : ARHIBA : le ghetto des combattants en perpétuelles déportations.

Le Président

NOTE D’INFORMATION

DU 7 AOÛT 2008

Une semaine après la déportation manu militari d’une centaine de personnes fragilisées, qui avaient été installées de force l’année dernière au PK 12, puis le 31 juillet 2008 transférés vers le Centre de l’Ecole de Police,  aux aspérités de centre de concentration provisoire, pour être relâchées dans la nature sans eau, sans nourriture, sans logis, sans même un terrain viabilisé mis à leur disposition, constamment pourchassées pour leur interdire toute forme de réinstallation et de réhabilitation, car considérées comme les Palestiniens de Djibouti.

Ces victimes de la troisième déportation doivent être considérées comme des persécutées à caractère racial, car visant une marge spécifique de la population Djiboutienne, persécution qui outrepasse largement les limites du tolérable.

Ces populations sont des Afars de la République de Djibouti.

Depuis plus d’une décennie, en particulier depuis le massacre d’Arhiba d’une décennie auparavant, massacre toujours resté dans l’Impunité la plus totale, massacre que la LDDH avait à maintes reprises sollicité le Pardon du Chef de l’Etat, aujourd’hui encore la répression d’Arhiba et les déportés du PK12 continue sans relâche, après les sanctions électorales infligées lors des élections présidentielles, parlementaires et d’une soit disante décentralisation.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) dénonce avec fermeté tous ces comportements inhumains qui frisent des tentatives d’exterminations ciblées ;

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains, lance un Appel pressant aux défenseurs des Droits de l’Homme, à la communauté internationale et nationale d’amplifier leurs efforts pour mettre au banc des accusés les dirigeants responsables de ces atrocités ;

Elle demande à la diaspora Djiboutienne d’unir leurs efforts, quelque soit leur tendance politique, pour déposer des plaintes auprès des juridictions à Compétence universelle.

M. NOËL ABDI Jean-Paul

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Communiqué de presse de l'Alliance républicaine pour le développement (ARD)

 

 

 

 

Djibouti, le  5 août 2008  

Text Box: Alliance Républicaine pour le Développement
A.R.D
 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

L’ARD dénonce les répressions ciblées.

La Force Nationale de Police (FNP) a procédé jeudi dernier 31 juillet 2008, bulldozer à l’appui, à la destruction et a incendié des demeures de fortune des dockers à proximité du PK 12 ;

Les unités anti-émeutes, venues encadrer l’opération, avaient abondamment fait usage de grenades lacrymogènes et des balles à caoutchouc contre ces habitants surpris dans leur sommeil au petit matin et qui s’attendaient  à être recasés sur un terrain vague, sur les hauteurs de Doraleh comme l’avaient promis la veille et les jours précédents les autorités.

Beaucoup de personnes auraient, d’une façon ou d’une autre souffert de cette violence qui n’a épargné personne : des vieillards, des malades, des femmes enceintes et même des nourrissons figuraient au rang des victimes.

Plus d’une centaine de ces citoyens, nous rappelons  qu’il s’agit bien des citoyens, (presque tous des dockers du Port de Djibouti et leur familles) auraient été transférés au Centre de transit de Nagad, après que les taudis qui leur servaient de toit et leurs rations ainsi que leurs ustensiles eut été brûlés.

Nous rappelons, que dans des circonstances identiques, la force de police avait procédé par une méthode similaire, avant d’ouvrir les feux sur les habitants des bidonvilles d’Arhiba II, en octobre 2005 faisant au moins 5 morts et des dizaines de blessés par balles.

Les victimes des répressions de 31 août sont des habitants d’Arhiba II justement, qui avait été décasés également par la force et placés dans cette zone, il y a un an (juin 2007) et que les pouvoirs publics contraignent de nouveau à s’installer encore plus loin.

Les bidonvilles parsèment la capitale et ses pourtours en nombre toujours croissant, mais sans pour autant provoquer la colère du pouvoir, à part ceux-là victimes de prédilection de ces genres de répressions presque chaque année et durant l’été le plus souvent.

Cette répression dans les taudis du PK 12 a été suivie par une confrontation autrement plus violente avec les jeunes de la cité d’Arhiba qui entendaient protester pacifiquement contre ce décasement ciblé et la sauvagerie des policiers qui agissaient sur ordre du Ministère de l’Intérieur.

Cela s’est passée le même jour dans l’après midi du 31 Août  et plusieurs blessés, par balles en caoutchouc et brûlures par les grenades lacrymogènes, ont été dénombrés ainsi que des arrestations musclées d’une cinquantaine d’individu dont une trentaine seraient transférées à la prison civile de Gabode inculpés par le Parquet djiboutien auquel ils avaient été présentés à l’issue de 48 heures de garde à vue.

Hier encore 4 Août les quelques familles, des habitants de la proximité du PK 12 décimés le 31 août dernier et qui se trouvaient aux alentours de leurs bidonvilles rasées, sous un soleil de plomb sans abri avec quelques effets qu’ils avaient sauvés de la destruction de l’incendie de l’autre jour, auraient été sauvagement réprimés et leurs biens brûlés une fois de plus.

Une quarantaine d’entre eux furent également transférés au Centre de détention de Nagad et on  déplore la disparition d’un vieillard que ses proches n’auraient retrouvé ni dans les centres hospitaliers ni dans les centres de détentions connus.

La brutalité policière n’est pas seulement en cause dans ces violences à l’initiative de la police qui se poursuivent ici et là depuis jeudi : le caractère ciblé de ces opérations est un scandale et un danger qui guette la paix et l’unité dans ce pays.

L’ARD s’élève vigoureusement contre cette répression visant exclusivement les Afars à Djibouti ville et ses environs comme à l’intérieur du pays et qui apparaît de plus en plus comme une politique délibérée d’ostracisme ethnique à l’endroit de cette composante de la nation.

L’ARD attire l’attention des pouvoirs publics (du gouvernement et de l’assemblée nationale), des citoyens, comme de la communauté internationale sur le danger d’une telle politique sur la paix et le développement de ce pays qui est sorti , il y a peu d’une décennie de guerre civile.

L’ARD exige, la libération immédiate et sans condition de toutes les victimes innocentes qui sont détenues à Gabode et à Nagad et attire l’attention de l’opinion internationale sur la détresse humaine des victimes de cette répression et condamnées à souffrir sous le soleil, de la soif et de la faim.

                                                                  ADAN MOHAMED ABDOU
Vice-président et Président par intérim de l’ARD

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