Dernières nouvelles - Édition en Ligne d'Août 2009

 Directeur de publication : Mohamed Ali Abdou.   Codirecteur : Mahdi Ibrahim A. God.   Email : realite_djibouti@yahoo.fr


S  o  m  m  a  i  r  e

07/08/2009 Lettre ouverte du président de la LDDH au chef de l'Etat djiboutien

22/07/2009 Communiqué du MRD : le régime jette un poète en prison

07/08/2009 Communiqué du MRD du 7 août 2009 : exactions dans le nord de Djibouti



Lettre ouverte du président de la LDDH au chef de l'Etat djiboutien

Le Président

Lettre ouverte du président de la LDDH

au chef de l'Etat djiboutien

LDDH : lettre ouverte au Chef de l'Etat, Premier magistrat de la République, à propos des incarcérations à Gabode et en particulier de celle de Mohamed Ahmed Abdillahi, en écho à l'appel urgent émis par l'OMCT

LETTRE OUVERTE AU Chef de l’Etat,

Premier Magistrat  de la République de Djibouti

Le 7 août 2009.

Monsieur le Premier Magistrat,

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) reste toujours préoccupée par la situation carcérale en République de Djibouti en particulier lorsque le détenu est considéré potentiellement comme un ennemi (politique ou financier).

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) considère comme arbitraire la détention de Mohamed Ahmed Abdillahi frère du défunt Mahdi A. Abdillahi mort tragiquement alors qu’il était en détention Arbitraire au motif « top secret » dans un contexte politique tendu, sans oublier que sa santé nécessitait  probablement un suivi hospitalier plus poussé.

Consciente que, depuis les Etats Généraux  de la Justice en 2000, la Ligue Djiboutienne a constamment dénoncé les détentions Arbitraires (dite Provisoire) souvent aux aspérités politiques et périodiquement financières, souvent avec des détentions moins de deux ou trois  ans, mais, très souvent ces détentions sont suivies par des promotions pour certains hauts fonctionnaires arrêtés pour détournements des fonds publics, ou des biens sociaux et très rarement pour abus de pouvoir.

Ce tarif de détention sans condamnation est aussi valable pour certains commerçants arrêtés en général proches du pouvoir pour « faux dollars ou autre motif pénal »).

Toutefois, il est important de rappeler que certains des mandats de dépôt  (souvent à caractère criminel) entrainent des détentions provisoires parfois plus de cinq ans  avant d’être traduits en Audience publique et en général condamnés dans les mêmes limites de la détention  provisoire.

Monsieur le Premier Magistrat, permettez-moi d’attirer votre aimable attention  afin de permettre à la Justice Djiboutienne une plus grande autonomie du Ministère Public facilement amalgamé avec le Ministère de la Justice.

J’ose encore soulever le problème de l’Indépendance de la Justice de notre pays, mais aussi la nécessité urgente des dispositions nécessaires afin de permettre aux Juges de constituer (librement et sans risque) un ou des Syndicat(s) des Magistrats.

Avec mes sentiments déférents

NOEL ABDI Jean-Paul

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Communiqué du MRD : le régime jette un poète en prison

Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement
(Ancien PRD)
Cité Poudrière Avenue Nasser
Tel : (00253) 34 23 99/82 95 23
BP : 3570
Djibouti

Bruxelles, le 22 juillet 2009

COMMUNIQUE DE PRESSE

LE REGIME JETTE UN POETE EN PRISON

 

            Le poète d’expression somalie Ahmed Darar Robleh dit Arsanyo a été arrêté le 2 juillet 2009, placé sous mandat de dépôt puis condamné le 19 juillet 2009 à six mois d’emprisonnement ferme à la sinistre prison de Gabode. Il lui est reproché d’avoir composé des vers critiquant les agissements du régime du président Ismaël Omar Guelleh.

            Cette énième atteinte à la liberté d’expression à Djibouti rappelle, si besoin est, la nature autoritaire du pouvoir en place. Elle en dit long sur l’état d’esprit du président Guelleh qui s’enfonce dans les réflexes dictatoriaux d’un autre âge.

            L’emprisonnement du poète Ahmed Darar Robleh intervient, pour cette  seule année 2009, après une série d’interpellations et d’emprisonnements. Faut-il rappeler l’emprisonnement de l’opposant Mahdi Ahmed Abdillahi arrêté le 22 mars 2009 en même temps que son frère Mohamed Ahmed Abdillahi et trouvé mort en prison le 14 avril 2009, celui de la célèbre chanteuse Nima Djama Miguil qui croupit à Gabode depuis le 14 juin 2009 en dépit de sa santé fragile, sans compter le cas d’Ahmed Robleh Habad dit Mahdi Vieux, Barreh Ibrahim Barreh, Ibrahim Kalileh Kayad et Djibah Houssein Djibah, placés sous mandat de dépôt le 11 mars 2009 et condamnés à six mois d’emprisonnement le 13 juillet 2009 ?

Nous condamnons sans réserve ce nouvel emprisonnement arbitraire et liberticide. Nous exigeons la libération immédiate et sans condition du poète Ahmed Darar Robleh et de tous les autres prisonniers arbitrairement détenus.

De même, nous invitons de nouveau :

-les Djiboutiennes et Djiboutiens à resserrer les rangs face à la dictature,

-les hommes en uniforme à la prise de conscience et à la désobéissance des ordres liberticides et homicides dirigés contre leurs concitoyens par ce régime illégitime.

Le président du MRD
Daher Ahmed Farah

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Communiqué du MRD du 7 août 2009 : exactions dans le nord de Djibouti

Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement
(Ancien PRD)
Cité Poudrière Avenue Nasser
Tel : (00253) 34 23 99/82 95 23
BP : 3570
Djibouti

Bruxelles, le 7 août 2009

COMMUNIQUE DE PRESSE

Selon des informations concordantes, des militaires de l’Armée djiboutienne, agissant sur ordre de la sécurité politique, ont commis des exactions contre le chef coutumier de la région de Margoïta à proximité de Moussa Ali (à la frontière djibouto-éthio-érythréenne) dans le District de Tadjourah, Monsieur Houmad Mohamed Ibrahim, et contre sa famille. Les soldats ont violemment battu le responsable coutumier et ses enfants ainsi que d’autres membres de sa famille. Parmi les victimes, cinq femmes dont trois filles du notable, toutes laissées dans un état préoccupant : Mesdames Fatouma Houmad Ibrahim, Hawa Houmad Ibrahim, Robi Houmad Ibrahim, Momina Mohamed Hassan et Aïcha Houmad Koulaye. Le chef coutumier et quatre membres masculins de sa famille, Ali Mohamed Hamadou, Houssein Mohamed Ibrahim, Abdo Adino Koulaye et Houmad Hamadou Ibrahim, ont été torturés et conduits à la caserne militaire de Tadjourah. Ils y sont détenus depuis lors. Un peu plus de deux semaines plus tôt, le 20 juillet 2009, un autre membre masculin de la famille, Ali Hamadou Ibrahim, a été  arrêté, torturé et jeté à la sinistre prison de Gabode. Sans compter les nombreux civils de la région qui ont fui en Ethiopie pour échapper à ce déchaînement de violence. Qu’a-t-elle fait, cette population, pour mériter pareils actes de violence ? Rien. A tort, le régime lui reproche la présence dans cette région stratégique de combattants du FRUD, présence à laquelle elle n’est, on l’imagine, pour rien.

            Ces exactions interviennent après bien d’autres, que ce soit contre les populations du Nord ou contre des habitants de la capitale. Comme en témoignent les récents et manipulés incidents de Balbala dans la capitale, survenus dans la nuit du 31 juillet au 1er août 2009 entre les membres de deux communautés sœurs, faisant blessés et dégâts matériels (huit habitations incendiées et des commerces pillés).

            Cette violence gratuite s’inscrit dans une stratégie de la terreur et de la manipulation par laquelle le président Guelleh tente de contrer le mécontentement populaire généralisé à son encontre.

            Nous condamnons ces agissements dangereux qui doivent immédiatement cesser et exigeons la libération de toutes les personnes injustement détenues.

            De même, nous appelons les Djiboutiennes et Djiboutiens à redoubler de vigilance et à ne pas céder aux manipulations du pouvoir. Tout comme nous invitons, de nouveau, les forces armées et de police à se garder d’obéir aux ordres de répression et d’exactions dirigées contre leurs concitoyens.

            La Communauté internationale doit accorder à la situation chaque jour plus préoccupante de Djibouti l’attention qu’elle mérite.

Le président du MRD
Daher Ahmed Farah

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