|
Dernières nouvelles - Édition en Ligne d'Avril
2007
|
|

|
|
Directeur
de publication : Mohamed Ali Abdou. Codirecteur
: Mahdi Ibrahim A. God. Email : realite_djibouti@yahoo.fr
|
30/04/2007 Borrel: les
gendarmes ont refusé de perquisitionner en raison des
élections
28/04/2007 L'affaire du juge
Borrel, révélateur du rôle des autorités française
(Lutte Ouvrière)
27/04/2007 Interview du
président de la Ligue djiboutienne des droits humains
(LDDH)
24/04/2007 L'Humanité :
Affaire Borrel : deux ministères perquisitionnés
20/04/2007 Reuters : Perquisition
au ministère de la Justice dans l'affaire Borrel
20/04/2007 AFP : Affaire
Borrel: après le quai d'Orsay, les juges perquisitionnent
à la Chancellerie
19/04/2007 Point de presse du
19 avril 2007 au Quai d'Orsay sur l'AFFAIRE BORREL
19/04/2007 Le Monde :
Perquisition au Quai d'Orsay dans le cadre de l'affaire du
juge Borrel
19/04/2007 AFP : Affaire
Borrel: perquisition au ministère des Affaires étrangères
19/04/2007 Djibouti : Guelleh
maintient la pression
16/04/2007 Un défenseur des
droits humains condamné
16/04/2007
Saisie record de khat à la douane de
Mategnin
15/04/2007 Note d'information
du 15 avril 2007 : la Ligue djiboutienne des droits
humains (LDDH) est libre
15/04/2007 Procès verbal de
la réunion du comité de suivi du 4/01/94 sur la
disparition des civils dans le nord du pays, reproduit
intégralement
14/04/2007 Jean-Paul Abdi
Noël a été libéré ce samedi 14 avril 2007 au soir et a pu
regagner son domicile. L'ARD, le Comité de soutien et tous
les amis nombreux du président de la Ligue djiboutienne
des droits humains expriment leur plus grande satisfaction
et travaillent d'ores et déjà à rendre cette
libération définitive. La pétition a été retirée de notre
site, où nous restons à l'écoute de tout développement à
venir.
12/04/2007 Communiqué du
Comité pour la libération de Jean Paul Noël Abdi
12/04/2007 FIDH et OMCT :
Condamné en appel à 1 an de prison dont 11 mois avec
sursis, le président de la Ligue djiboutienne des droits
humains va être libéré
12/04/2007 Djibouti : un an
de prison en appel pour un défenseur des droits de l'Homme
(AFP).
11/04/2007
JUGE BORREL Le cabinet Perben mis en
cause
11/04/2007 Libération avec
sursis du président Abdi Noël par la Cour d'Appel de
Djibouti
11/04/2007 Communiqué de
l'Union djiboutienne du travail (UDT) du 11 avril 2004
11/04/2007 Borrel :
l'ex-porte-parole du Quai d'Orsay met en cause la
Chancellerie
10/04/2007 Note d'information
de la LDDH un mois après l'arrestation du président Noël
Abdi
08/04/2007 M. Abdi Noël
serait bientôt reconduit à Gabode malgré l'avis médical
05/04/2007 Communiqué de
l'ARD : violation des droits humains : témoigner, c'est
prévenir
03/04/2007 Djibouti, à la
réunion de Ouagadougou malgré tout
28/03/2007 Lettre adressée au
ministre français des affaires étrangères par l'AFASPA
28/03/2007 Création du Comité
pour la libération de Jean-Paul Noël Abdi
Borrel: les gendarmes ont refusé de perquisitionner en raison
des élections
Source
:
Le Monde du 30 avril 2007
Les gendarmes
ont refusé de perquisitionner au Quai d'Orsay et à la
Chancellerie dans le cadre de l'enquête sur d'éventuelles
pressions sur la justice dans l'affaire Borrel en raison des
élections, a-t-on appris auprès de la Direction générale de la
gendarmerie nationale et de source judiciaire.
Ces deux
sources ont confirmé lundi le contenu de la lettre révélée par
Le Monde daté du 2 mai dans laquelle le lieutenant-colonel
Jean-Philippe Guérin, commandant de la section de recherches
(SR) de Paris, explique aux magistrats instructeurs que ses
services ne perquisitionneront pas les deux ministères "compte
tenu du contexte politique actuel de période électorale".
Les
perquisitions ont été effectuées le 19 avril au ministère des
Affaires étrangères, le lendemain à la Chancellerie par des
services de police judiciaire de Nanterre.
Dans cette
lettre datée du 18 avril, l'officier affirme que "ce type
d'intervention prendrait nécessairement un sens politique,
médiatiquement exploité", selon Le Monde.
Toujours selon
le quotidien, les magistrates Fabienne Pous et Michèle
Ganascia avaient insisté sur "l'urgence" de ces perquisitions
en raison du risque de "dépérissement de preuves".
Invoquant la
"neutralité de la gendarmerie", M. Guérin leur a proposé une
intervention après le 6 mai "compte tenu du fait que les
cabinets ministériels demeurent en place une petite dizaine de
jours après élections".
Le juge
Bernard Borrel avait été retrouvé mort en 1995 à Djibouti, le
corps à demi-calciné. Djibouti a conclu à un suicide mais
l'enquête française privilégie la thèse d'un assassinat.
Dans ce qui
peut être considéré comme une affaire dans l'affaire, les
juges enquêtent sur le processus décisionnel qui a conduit
début 2005 à une déclaration officielle très inhabituelle du
Quai d'Orsay.
Le ministère
des Affaires étrangères y assurait qu'une copie du dossier
d'instruction relatif au décès du juge Borrel serait
"prochainement transmise à la justice djiboutienne" qui en
avait fait la demande.
Ce communiqué
intervenait avant même que la juge d'instruction (la seule
personne habilitée à accepter de transmettre ou non son
dossier) Sophie Clément se prononce.
Quelques jours
plus tard, la magistrate s'y opposera. La veuve du juge
Borrel, Elisabeth, a déposé plainte pour "pressions sur la
justice".
Lundi, l'un
des avocats de Mme Borrel, Me Olivier Morice, a déclaré à
l'AFP qu'il s'était "indigné" oralement auprès du parquet de
Paris de ce "comportement" de la gendarmerie.
"A ce jour,
nous n'avons eu aucune réponse", a-t-il ajouté.
Par ailleurs,
une source judiciaire a confirmé que Pierre Vimont, directeur
de cabinet du ministre des Affaires étrangères, a été entendu
comme "témoin assisté" comme le révèle Le Monde, et ce
"antérieurement" à l'audition sous le même régime d'Hervé
Ladsous, ancien porte-parole du Quai d'Orsay.
Selon Le
Monde, M. Vimont a affirmé que le communiqué au centre de
cette affaire a été "publié" après qu'il eut "reçu l'accord de
Laurent Le Mesle (directeur du cabinet du garde des Sceaux à
l'époque des faits, aujourd'hui procureur général à Paris) et
de Michel de Bonnecorse (responsable de la cellule Afrique de
l'Elysée)".
Pour Me Morice,
ces déclarations sont "la preuve" de "pressions" sur la
justice et d'une "concertation au plus haut niveau de l'État".
L'affaire du juge Borrel, révélateur du rôle des autorités
française
Source :
Lutte Ouvrière n°2021 du 27 avril 2007
Douze ans
après l'assassinat de Bernard Borrel, un juge français qui fut
conseiller du gouvernement de Djibouti, l'enquête rebondit.
Des perquisitions viennent d'être opérées à Paris aux
ministères de la Justice et des Affaires étrangères, tous deux
soupçonnés d'avoir voulu couvrir l'actuel président de
Djibouti. Cette affaire vient rappeler les liens étroits et
peu avouables qui existent entre les sommets de l'État
français et la dictature qui sévit dans ce pays.
Situé en Afrique de l'Est face à la pointe de l'Arabie
saoudite, Djibouti, qui compte environ 700 000 habitants, est
resté longtemps une colonie de la France. Dans les années
1970, la France avait réprimé des manifestations populaires et
avait fait édifier un « barrage » autour de la ville. En 1977,
le gouvernement de Giscard finit par reconnaître
l'indépendance de Djibouti, après un référendum qui s'était
soldé par 98 % de « oui » en faveur de l'indépendance. Face à
l'opposition de la population, la France dut aussi cesser de
soutenir l'homme de paille, Ali Aref, qu'elle envisageait de
laisser en place après l'indépendance. Cependant, le leader du
parti d'opposition, Hassan Gouled, qui le remplaça avait été
lui aussi lié au pouvoir colonial. Et Omar Guelleh, neveu du
précédent, qui est au pouvoir depuis 1999, est considéré comme
un proche de Chirac.
À l'époque de
la mort du juge Borrel, l'enquête locale et celle des services
secrets français avaient conclu au suicide de ce juge que le
gouvernement français avait détaché auprès du ministre de la
Justice de Djibouti. Mais sa veuve avait obtenu en 2002 de
nouvelles expertises confortant l'hypothèse d'un assassinat.
L'actuel président de Djibouti pourrait fort bien en être le
commanditaire. En tout cas il est fortement soupçonné.
Depuis dix
ans, les autorités djiboutiennes mais aussi françaises ont
multiplié les efforts pour entraver la recherche de la vérité.
Mais en attendant que la lumière finisse par percer dans cette
affaire, si un jour elle perce, un autre procès reste à faire,
celui du rôle de la France dans ce pays.
L'impérialisme
français dispose aujourd'hui à Djibouti de la plus importante
de ses bases militaires à l'étranger, environ 3 000 hommes. Sa
situation, en haut de la Corne de l'Afrique et face à l'océan
Indien, est en effet considérée comme stratégique. Les troupes
qui stationnent là ont participé à de nombreuses
interventions, dont l'opération Turquoise, tristement célèbre
pour avoir contribué au génocide au Rwanda.
L'État
français dépense un important budget pour entretenir sa base
militaire, en concurrence avec celle installée par les
États-Unis, et il verse une indemnité au gouvernement de
Djibouti. Mais le bilan de cette présence française est
calamiteux dans tous les domaines.
Jean SANDAY
Interview du président de la Ligue djiboutienne des droits
humains (LDDH)
Libéré
voilà une semaine sous les pressions nationale et
internationale, Jean-Paul Abdi Noël, Président de la
Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH), nous a accordé
une interview exclusive le jeudi 25 avril 2007. M. Abdi Noël
propose une vision globale et engagée sur la situation des
droits et des libertés à Djibouti. Propos recueillis par la
Rédaction du journal en ligne de l’ARD.
*
Bonjour
M. le président de la Ligue djiboutienne des droits de
l'homme, la LDDH. Comment vous sentez-vous après ces premiers
jours de liberté retrouvée ?
M. Abdi
Noël : Renforcé à tous points de vue ! Je suis de ceux
que l’adversité et l’injustice poussent à la résistance
légitime ! Il ne faut pas oublier, qu’un homme respectueux de
ses convictions continue son combat et ce quelques soient les
pressions et les répressions. Lorsque votre conviction
consiste à défendre les droits fondamentaux, à défendre les
droits de l’homme, alors votre combat est noble et légitime.
Comme on dit chez nous « le sang ne se cache pas et le
mensonge ne tient que sur un seul pied. »
Pouvez-vous nous parler des conditions de détention à Gabode
actuellement ?
M. Abdi
Noël : Elles sont inhumaines, pour bon nombre de
prisonniers surtout ceux détenus au dépôt où la surpopulation
carcérale est insupportable ! D’autre part, certains bâtiments
ont été rénovés suite au rapport de la mission d’enquête de la
F.I.D.H.[Fédération internationale des ligues des droits de
l’homme] en 2005. Beaucoup reste encore à faire notamment pour
les mineurs et les jeunes délinquants.
Les
prisonniers sont-ils régulièrement autorisés à recevoir la
visite de leurs proches ?
M. Abdi
Noël : Oui et non ! Cela dépend des motifs
d’incarcération des détenus, de leurs couches sociales et de
leur origine ethnique…
Avez-vous constaté une différence de traitement entre les
prisonniers djiboutiens et les autres ?
Jean-Paul
Abdi Noël : Oui ! Les étrangers et singulièrement les
Ethiopiens d’origine Oromo sont maltraités et pour la plupart
sans défense.
Revenons
sur votre condition de détention. Qu'avez-vous ressenti au
cours de votre détention à Gabode ? Autrement dit pouvez-vous
décrire le sentiment d'injustice ou de dégoût qui peut
s'emparer d'un citoyen djiboutien qui ne faisait que son
devoir de démocrate et se retrouve retiré du monde ?
M. Abdi
Noël : Mon arrestation était effectivement injuste, mais
je n’ai ressenti aucun dégoût ni rancœur, sauf le sentiment
d’un devoir accompli à tous prix…
Pouvez-vous décrire comment vous avez vécu la progression du
premier procès en tribunal puis en appel depuis la prison ?
M. Abdi
Noël : Avec sérénité ! Je savais que je défendais une
juste cause et les témoignages de solidarité des plaignants et
de leur défenseurs (ils sont bien plus nombreux et déterminés
que certains le croient), m’ont rendu optimiste sur l’issue du
« procès »…
S'agissant de l'objet de votre arrestation, que savez-vous
aujourd'hui sur la réalité du génocide qui a lieu au Day en
1994 ?
M. Abdi
Noël : Il n’y a pas eu au Day le 1 /1/94 un génocide mais
un crime de guerre. Sept civils ont été arrêtés après avoir
été triés par « les forces armées nationales », puis
sommairement exécutés. Cela s’est passé suite à une embuscade
tendue l’avant-veille par le Frud-Armé. Tout comme les
victimes d’Arhiba en décembre 1991, ce sont des victimes
expiatoires pour terroriser la population civile et tarir la
supposée source de soutien aux résistants.
Je rappelle
qu’étant à l’époque député et président d’une commission
d’enquête parlementaire chargée d’instruire les plaintes des
notables du Day, j’ai publié à ce titre le procès-verbal de
cette commission en présence de trois ministres dont celui de
la défense. Je suis donc le mieux placé pour témoigner de la
véracité des faits. Mais vous n’avez pas tort de parler de
génocide car la constance de ces crimes durant huit ans (et
même après), sur l’ensemble du territoire du Sud-Ouest au Nord
accrédite cette thèse. Nous n’avons pas manqué lors du conflit
armé de dénoncer les exécutions extrajudiciaires ainsi que les
blocus alimentaire et sanitaire notamment à Obock. Génocide ou
pas ? L’intention en tous cas y était….
Avez-vous quelques informations sur l'existence de charniers
semblables dans le pays ?
M. Abdi
Noël : Il se murmure que d’autres charniers auraient été
découverts notamment au Lac Assal mais ce n’est pas mon rôle
de me faire l’écho ici ou ailleurs de murmures ou rumeurs. Je
ne témoigne que de faits irréfutables !
Comment,
en tant que défenseur des droits de l'homme représentant la
FIDH à Djibouti, pouvez-vous expliquer l'alignement sinon la
discrétion de la coopération française à l'endroit de la
politique du gouvernement d'Ismaël Omar Guelleh ?
M. Abdi
Noël : Comme vous, je le constate ! Mais son attitude
n’est pas difficile à décrypter : la France et toute autre
coopération bilatérale ne peuvent avoir de relations qu’avec
un autre État. Elles n’ont en général ni gêne ni alignement ni
discrétion, elles prennent acte des rapports de forces, c’est
tout. Nous aussi ! Rapports qui par définition sont
contingents…
Quels
échanges avez-vous au sein des instances internationales de
défense des droits de l'homme tels que la FIDH, RSF ou l'UIDH
sur les pratiques de gouvernements tels que celui de Djibouti
?
M. Abdi
Noël : Mon rôle se limite à les tenir informés sur tout ce
qui se fait et le plus souvent se défait à Djibouti sur le
plan des droits humains, et parfois de tirer la sonnette
d’alarme dans le cadre de la prévision des conflits !
Quelles
relations entretenez-vous avec les autres mouvements citoyens
djiboutiens et singulièrement avec les formations politiques
de l'opposition s'agissant de la lutte pour l'avènement de la
démocratie à Djibouti ?
M. Abdi
Noël : De courtoisie ! Tout comme avec le gouvernement et
ses membres dirigeants ! Je considère mon rôle ici au sens
religieux du terme comme une mission, un sacerdoce. D’où mon
rapport à l’autre quel qu’il soit ! Il est tout naturellement
fait de courtoisie, de prévention des conflits et de leur
résolution le cas échéant ! Ceci dit, et cela fait partie de
nôtre rôle, la L.D.D.H. se bat pour la traduction dans la
réalité de la naturelle pluralité d’expression ! Notre rôle
consiste aussi régulièrement à soutenir les droits de
l’Opposition, qui sont régulièrement bafoués surtout en
période électorale où la sourde oreille est de mise !
Percevez-vous un élan dans la société djiboutienne à vouloir
se libérer du joug dictatorial ou diriez-vous que les citoyens
sont encore aujourd'hui tétanisés par l'idée de se retrouver à
Gabode ?
M. Abdi
Noël : Cet élan, comme vous dites, n’est pas seulement
perceptible, il est palpable ! Je m’égosille depuis un certain
nombre d’années à l’encourager autant que faire se peut ! Le
gouvernement, non seulement ne m’y aide pas mais s’acharne
manifestement à le briser par son comportement. Il me donne
l’impression de quelqu’un qui dialogue tout seul et ce n’est
pas qu’une impression. Quant aux citoyens, croyez-moi, ils
sont loin d’être tétanisés et les risques d’explosions sont
patents.
Il y a-
t-il dans la société djiboutienne quelques poches de
résistances civiques qui pourraient relayer la lutte pour la
démocratie dans le pays ?
M. Abdi
Noël : Oui, et je l’affirme avec certitude ! Huit années
de guerre civile ont apporté la preuve si besoin était que
l’actuelle opposition, à l’époque armée, disposait et dispose
encore de profondeurs stratégiques. Il serait non seulement
insensé mais dramatique pour toute une région en perpétuelle
recomposition politique de la pousser, la repousser dans ses
derniers retranchements ! Songeons à la position stratégique
qu’occupe ce petit bout de désert et la perturbation du trafic
maritime qui découlerait des moindres troubles que tout laisse
à craindre dans le port de Djibouti. Le risque d’un effet
domino dans la sous-région est réel avec tout le parti que
pourraient en tirer de malveillants esprits…
Que
pensez-vous de la relative discrétion reprochée aux mouvements
d'oppositions djiboutiens ?
M. Abdi
Noël : Ils ont été réduits à la discrétion ! Cela ne les
empêche pas de combattre pacifiquement et efficacement ce
gouvernement au regard de leur auditoire : le peuple, la
coopération…
Les
organisations des droits de l'homme auxquelles participe la
LDDH comprennent-elles la position des opposants djiboutiens ?
M. Abdi
Noël : Oui ! C’est une sage posture, même si la sagesse
n’est pas réciproque…
Quelles
seront les suites de ce fameux procès ?
M. Abdi
Noël : Mes avocats ont déposé un pourvoi en cassation, ce
qui signifie que cette affaire sera probablement jugé sur le
fond. La cour sera fatalement amenée à se prononcer non pas
sur les faits que même le ministère public ne conteste pas,
mais sur la procédure de flagrant délit qui constituait un
vice de forme flagrant et que Maître Tubiana a démonté et
démontré, mais surtout sur la qualification des faits !
S’agissait-il oui non de crime de guerre ? Quelque soit la
décision de la cour, ma démarche consiste encore à éviter un
procès international qui ternirait l’image de mon pays, mais
la LDDH continuera à demander une juste indemnisation de
toutes les victimes civiles de ce conflit comme cela a
d’ailleurs été prévu par l’Accord de Paix signé le 12 mai 2001
par l’actuel gouvernement et dont nous étions témoins !
Que
serait-il arrivé si vous l'on vous reconduisait à Gabode
depuis votre lit d'hôpital à Peltier ?
M. Abdi
Noël : Seul Dieu le sait ! J’ai personnellement insisté
auprès de l’association des victimes qui était à bout de nerfs
et des innombrables amis qui tenaient le jour du procès à
manifester leur indignation ! Connaissant la gâchette facile
des forces de l’ordre et la détermination des ayant droits,
j’ai craint le pire et insisté auprès de tout le monde pour
qu’il n’y ait aucun débordement, et si possible pas de
manifestions violentes !
Une
réaction plus forte que la simple condamnation de principe
serait-elle en préparation par les organisations de défense
des droits de l'homme contre de tels actes ?
M. Abdi
Noël : Oui ! Selon les informations dont je dispose, il
se prépare une réaction commune de ces organisations qui ne se
limiterait pas à une simple dénonciation ! Mais je suis comme
vous à l’écoute des différentes évolutions, d’autant plus que
la situation sociale actuelle est explosive !
Des
limites vous ont-elles été clairement ou implicitement fixées
s'agissant de la dénonciation que vous continuerez de faire
des violations des droits de l'homme en cours à Djibouti ?
M. Abdi
Noël : Implicitement oui ! Comme en témoignent les onze
mois d’emprisonnement avec sursis uniquement destinés à me
faire taire, mais nous ne sommes pas « muselables » !
Permettez-moi de profiter de votre
journal pour remercier tous mes amis et tous mes proches ainsi
que ma famille. Votre coup de téléphone le jour de ma
libération et surtout les actions constantes de votre équipe
et de vous-même alors que j’étais dans le plus profond de la
prison ne pouvaient que me réconforter.
C’est dans le
cadre de simples remerciements qui ne peuvent qu’exprimer mon
sentiment de profonde satisfaction gravé à jamais dans mon
cœur que je tiens à vous rappeler que nombreux étaient ceux
qui se sont mobilisés pour me faire sortir de prison, un merci
pour toujours.
La liste des
intervenants est longue pour être tous cités, je me
contenterais de quelques amis et Organisations des Défenseurs
des Droits de l’Homme qui se sont personnellement investis
comme :
- la FIDH avec
l’envoi de son Vice-Président et Président de la Ligue
Française des Droits Maître Michel Tubiana, qui a assuré avec
brio ma défense en compagnie et avec mes avocats djiboutiens
Maîtres Zakaria Abdillahi et Luc Aden ;
-
L’Observatoire des Droits de l’Homme qui, immédiatement après
mon arrestation, s’est mobilisé en lançant des Alertes et en
saisissant Genève et New-York ;
- Je me sens
encore réconforté par l’énergique intervention de mon amis et
frère Florent Geel à la BBC, d’autant plus que les officiers
de police judiciaires ont été abasourdis par cette rapide
dénonciation sur les antennes internationales. Grâce aux
Officiers de la Police Judiciaire, j’ai été fortement
réconforté par cette information alors que j’étais isolé dans
les bureaux de la Police Criminelle ;
- l’UIDH
[L’Union Interafricaine des Droits de l’Homme], qui dés le
début a saisi le Ministre de la Justice pour éviter toutes
interférence du politique, et le témoignage d’encouragement
par téléphone du Président Koné de l’UIDH, durant la semaine
de liberté provisoire, ainsi que des décisions prises lors du
Congrès de l’UIDH. Cette organisation a rapidement saisi la
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, qui
devra se prononcer bientôt sur la suite à réserver pour éviter
à l’avenir les harcèlements, les arrestations abusives et les
emprisonnements en catimini pour témoignage courageux ou
délits d’opinion ;
-
L’organisation internationale Survie, qui, dès ma liberté
provisoire, a su alerter Reporter Sans Frontières et mobiliser
un bon nombre de radios internationales telels que Radio
Vatican ou Deusche Welle, ainsi que le précieux communiqué
conjoint du 12 mars avec l’ARDHD [Association pour le respect
des droits de l’homme à Djibouti]– un merci spécial à Olivier
THIMONIER et à l’infatigable Jean-Loup SCHAAL, président de l’ARDHD
;
- Des vifs
remerciements aux Porte paroles du comité de soutien pour ma
libération : Simone Bernier, Aïcha Dabale, Said Mohamed, ainsi
qu’à mon frangin et compagnon de lutte contre la dictature
sournoise, le dynamique Mahdi Ibrahim God A., et tous les
autres signataires des nombreuses pétitions en ma faveur.
- Mes
remerciements au Gouvernement en Exil (GED) ;
- Une pensée
particulière à Roger Picon ;
- Merci aussi
à ma famille et à tous mes proches tant présents à Djibouti ou
à travers le monde, qui n’ont pas cessé de me témoigner la
solidarité, leurs prières avec celles des religieuses et des
religieux à Djibouti ne pouvaient que m’encourager à garder le
cap de mon juste et légitime combat contre l’impunité et pour
la paix sociale. La visite et les prières de l’Evêque Giorgio
Bertini ont raffermi largement mon moral :
- Merci aussi,
à mon médecin de famille Docteur Alain David, qui dès mon
arrestation en garde à vue, s’est rapidement investi à suivre
l’évolution de ma santé avec les risques de stress;
- Merci aussi
au médecin de la prison Docteur Osman Ali Ahmed qui sur
l’alerte de mon médecin de famille, a rapidement pris, après
une longue consultation, la décision de m’hospitaliser dans
les plus brefs délais pour des raisons d’un profond malaise
cardiaque, et probablement m’a sauvé la vie ;
- Un merci à
l’infirmier M. Mohamed Djama Guirreh qui ne m’a pas quitté une
minute durant la prise de décision du Directeur de la prison
de Gabode M. Moktar Abdillahi Osman ainsi que celui de
l’ancien très discret substitut M. Salah actuellement Chef du
Service pénitencier, je tiens à les remercier pour avoir
rapidement répondu favorablement à mon hospitalisation.
- Je tiens
aussi à remercier les deux cardiologues de l’Hôpital Peltier,
Docteur Saïd Abdillahi et Docteur Georges Cloatre pour tous
les précieux soins qu’ils m’ont apportés ;
- Mes
remerciements s’adressent aussi à tous les infirmiers, au
personnel du Pavillon Martial, sans oublier les différents
policiers de garde 24h/24, car tous ont été courtois avec moi
et serviables.
Notre combat
constant continuera pour l’effectivité de l’État de droit,
contre les détournements des deniers publics et des biens
sociaux, contre la politique de l’impunité, pour la
transparence des processus électoraux qui devrait mettre fin
aux vols et/ou détournements des différentes élections, pour
une réelle paix sociale tant désirée.
Merci
Monsieur le président et bon rétablissement.
LA
RÉDACTION
Affaire Borrel : deux ministères perquisitionnés
L'Humanité, 24/04/2007
Justice . Le Quai d’Orsay et la
chancellerie ont été visités par les juges chargés d’enquêter
sur d’éventuelles pressions dans le dossier du décès du juge
Borrel.
Après le Quai
d’Orsay, jeudi dernier, les juges chargées d’enquêter sur
d’éventuelles pressions subies par la justice dans le dossier
du juge Borrel, ont perquisitionné le ministère de la Justice,
le lendemain. Preuve de l’indépendance qu’une certaine
magistrature veut encore montrer par rapport au pouvoir
exécutif.
Petit retour
en arrière. À Djibouti, en octobre 1995. À quatre-vingts
kilomètres de la capitale éponyme, le cadavre de Bernard
Borrel, en partie carbonisé, est retrouvé au pied d’une
falaise. L’enquête n’a même pas été entamée que la justice
djiboutienne, suivie par l’ambassade de France, livre déjà sa
version officielle : ce juge français d’une quarantaine
d’années, en mission de coopération pour réformer le Code
pénal de l’ancienne colonie, se serait « suicidé par
immolation ». Conclusion précipitée et arrangeante pour le
pouvoir en place. Mais pas pour la femme du magistrat,
Élisabeth Borrel, qui pense que la mort de son mari a tout
d’un assassinat grossièrement étouffé, au nom de la raison
d’État.
Deux
magistrates, Fabienne Pous et Michèle Ganascia, instruisent
actuellement une plainte avec constitution de partie civile de
la veuve du juge Borrel pour « pression sur la justice ».
Cette procédure vise une déclaration officielle de l’ancien
porte-parole du Quai d’Orsay, Hervé Ladsous (aujourd’hui
ambassadeur de France en Chine), qui avait assuré en janvier
2005 qu’une copie du dossier d’instruction relatif au décès du
juge Borrel serait « prochainement transmise à la justice
djiboutienne », qui en avait fait la demande. Quelques jours
plus tard, la juge Sophie Clément, en charge du dossier,
refusera cette transmission estimant notamment que cette
requête avait « pour unique but de prendre connaissance (...)
de pièces mettant en cause le procureur de la République de
Djibouti ».
En octobre
2006, la même juge a délivré des mandats d’arrêt contre le
procureur et le chef des services secrets de Djibouti pour une
éventuelle « subornation de témoins » dans l’enquête sur
l’assassinat du juge Borrel. Interrogé en mars dernier par les
juges, Hervé Ladsous a affirmé s’être borné à publier un
communiqué préparé par le cabinet du ministre de la Justice,
Dominique Perben, à l’époque dirigé par l’actuel procureur
général de Paris, Laurent Le Mesle. « Il y a visiblement
quelqu’un qui a fait une grosse boulette à la chancellerie,
(...) quelqu’un qui aurait dû connaître la bonne procédure
(judiciaire). Ce n’était pas notre métier. C’était celui du
ministère de la Justice », a notamment déclaré l’actuel
ambassadeur aux juges, selon le Canard enchaîné.
La
responsabilité présumée du président djiboutien et de membres
de son entourage a été évoquée par plusieurs témoins lors de
l’enquête, et cette affaire a tendu les relations entre Paris
et son ancienne colonie de la Corne de l’Afrique, qui abrite
la principale base militaire française à l’étranger. Selon
Natacha Rateau, vice-présidente du Syndicat de la
magistrature, il s’agit de « savoir d’où viennent les fuites,
d’où vient le blocage ». Et d’ajouter : « Jusqu’à maintenant
(...), on pensait que la protection venait du Quai d’Orsay, et
puis les dernières déclarations de certains fonctionnaires du
Quai font penser que le blocage venait plutôt de la Place
Vendôme », siège de la chancellerie.
Sophie Bouniot
Perquisition au ministère de la Justice dans l'affaire
Borrel
Reuters,
Vendredi
20 avril 2007
PARIS
(Reuters) - Deux juges d'instruction ont perquisitionné
pendant 12 heures au ministère de la Justice dans une
enquête concernant d'éventuelles pressions sur la justice
en marge de la procédure visant la mort du juge Bernard
Borrel à Djibouti en 1995, apprend-on au cabinet du Garde
des sceaux.
Arrivées
sur place en milieu de matinée, les juges Fabienne Pous et
Michèle Ganascia ont quitté la place Vendôme vers 22h30.
Elles s'étaient déplacées avec des experts en
informatique, des enquêteurs, en tout une dizaine de
personnes, dans le but d'accéder aux ordinateurs du
ministère, à la recherche de documents portant sur le
litige, dit-on de source judiciaire.
Les
avocats de la partie civile, la veuve du juge Borrel,
étaient présents mais pas le parquet qui considère qu'il
n'existe pas d'infraction dans ce dossier.
Les
magistrates ont emporté de nombreux documents. Elles
avaient perquisitionné jeudi au ministère des Affaires
étrangères, dans la même affaire et dans des conditions
semblables, emportant aussi une importante documentation.
Le cabinet
de Pascal Clément n'a souhaité faire "aucun commentaire"
sur ce qui est, dit-il, "un acte d'instruction".
Une telle
démarche au ministère, qui gère le système judiciaire, est
rare, mais n'est pas une première.
Il y a
quelques années, le juge d'instruction parisien
Jean-Baptiste Parlos avait perquisitionné place Vendôme
pour rechercher le dossier disciplinaire d'un magistrat
corrompu.
Après une
plainte de la veuve du juge Borrel, l'information
judiciaire ouverte en février vise un ancien porte-parole
du ministère français des affaires étrangères, Hervé
Ladsous.
Il est mis
en cause pour un communiqué officiel du 29 janvier 2005 où
il assurait qu'une copie du dossier relatif au décès du
juge Borrel serait transmise à la justice djiboutienne.
Cette
transmission a été refusée par la juge chargée de
l'affaire principale, Sophie Clément, qui met en cause les
autorités de Djibouti dans son enquête sur la mort de
Bernard Borrel. La plaignante interprète donc le
communiqué du Quai comme une pression sur la justice.
AFFAIRE
SENSIBLE
Interrogé
en qualité de témoin assisté le mois dernier, Hervé
Ladsous a expliqué qu'il n'avait fait que mettre en forme
un communiqué après avoir pris les conseils juridiques de
Laurent Le Mesle, à l'époque directeur de cabinet du
ministre de la Justice devenu aujourd'hui procureur
général de Paris.
Ce sont
donc d'éventuels documents préparatoires sur ce communiqué
et des pièces sur l'affaire Borrel que recherchaient
vraisemblablement les magistrates place Vendôme.
Le corps
de Bernard Borrel, coopérant français et conseiller
technique auprès du ministère de la Justice djiboutien, a
été retrouvé carbonisé en 1995 à l'extérieur de la ville
de Djibouti.
L'hypothèse du suicide avait été d'abord retenue mais
après plusieurs changements de magistrats et des
expertises, notamment médico-légales, la piste criminelle
est désormais suivie. Certaines dépositions laissent
croire à un assassinat politique sur commande du pouvoir
djiboutien.
L'affaire
est sensible diplomatiquement pour Paris, Djibouti
abritant la principale base militaire française en
Afrique.
En octobre
dernier, en dépit des réquisitions contraires du parquet,
des mandats d'arrêt ont été délivrés par la juge Clément
contre deux repris de justice
en fuite, soupçonnés d'être des exécutants du meurtre du
juge Borrel.
D'autres
mandats d'arrêt ont été lancés à Versailles contre le
procureur général de Djibouti et le chef de ses services
secrets, dans un autre sous-dossier judiciaire relatif à
une supposée subornation de témoins.
Le 14 février, la juge Clément a convoqué en vain comme témoin
le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh, de passage à
Cannes pour un sommet franco-africain. Ce dernier dément toute
implication dans l'affaire Borrel.
Affaire Borrel: après le quai d'Orsay, les juges
perquisitionnent à la Chancellerie
AFP, Vendredi
20 avril 2007, Par Pierre ROCHICCIOLI
PARIS (AFP) -
Les deux juges chargées d'enquêter sur d'éventuelles pressions
sur la justice dans le dossier du juge Borrel, mort en 1995 à
Djibouti, ont perquisitionné vendredi au ministère de la
Justice après avoir fait de même la veille au ministère des
Affaires étrangères.
Cette
perquisition, qui visait notamment le cabinet du garde des
Sceaux, a été confirmée par la Chancellerie qui n'a pas
souhaité "faire de commentaire sur une information judiciaire
en cours".
Ce n'est pas
la première fois que le ministère de référence de la
magistrature est ainsi visité. Un juge parisien avait
notamment déjà perquisitionné place Vendôme en mai 2001 pour y
saisir le dossier disciplinaire d'un magistrat.
Mais ce
déplacement spectaculaire, à deux jours du premier tour de la
présidentielle, apparaît comme une manifestation
d'indépendance des juges dans un dossier sensible portant sur
d'éventuelles pressions du politique sur la
justice dans une enquête sur
l'assassinat d'un magistrat.
Cette
perquisition "est la preuve de l'indépendance de la justice",
s'est félicité le syndicat de la magistrature (SM, gauche)
expliquant qu'elle avait pour but de "chercher des documents
(...) pour savoir qui a bloqué l'affaire Borrel (...) qui a
fait obstacle à la manifestation de la vérité".
"Ce n'est pas
parce qu'on est en pleine campagne présidentielle (...) que la
justice devrait s'arrêter de fonctionner", a estimé l'Union
syndicale des magistrats (USM, majoritaire).
Le juge Borrel
avait été retrouvé mort en 1995, le corps à demi-calciné, au
pied d'un ravin. Djibouti a conclu à un suicide mais l'enquête
française privilégie la thèse d'un assassinat.
Les deux
magistrates, Fabienne Pous, doyenne des juges d'instruction,
et Michèle Ganascia, instruisent une plainte pour "pression
sur la justice" de la veuve du juge, Elisabeth Borrel.
Ces deux
vice-présidentes du tribunal de Paris avaient perquisitionné
jeudi plusieurs bureaux du quai d'Orsay, dont celui du
directeur de cabinet du ministre, Pierre Vimont, emportant de
nombreux documents et des copies informatiques.
La plainte de
Mme Borrel vise une déclaration de l'ancien porte-parole du
quai d'Orsay, Hervé Ladsous, aujourd'hui Ambassadeur de France
en Chine, qui avait assuré le 29 janvier 2005 qu'une copie du
dossier d'instruction relatif au décès du juge Borrel serait
"prochainement transmise à la justice djiboutienne", qui en
avait fait la demande.
Quelques jours
plus tard, la juge Sophie Clément, en charge du dossier,
refusera cette transmission estimant qu'elle avait "pour
unique but de prendre connaissance (...) de pièces mettant en
cause le procureur de Djibouti".
La juge
Clément a délivré, en octobre 2006, des mandats d'arrêts
contre le procureur et le chef des services secrets de
Djibouti pour une éventuelle "subornation de témoins" dans
l'enquête sur la mort du juge.
Interrogé le
21 mars dernier par les juges Pous et Ganascia, Hervé Ladsous
a affirmé s'être borné à publier un communiqué préparé par le
cabinet du ministre de la Justice, Dominique Perben, à
l'époque dirigé par l'actuel procureur général de Paris,
Laurent Le Mesle.
"Il y a
visiblement quelqu'un qui a fait une grosse boulette à la
Chancellerie", a notamment déclaré M. Ladsous aux juges, selon
le Canard enchaîné.
La
responsabilité présumée du président djiboutien et de membres
de son entourage a été évoquée par des témoins lors de
l'enquête sur la mort du juge.
Cette affaire a tendu les relations entre Paris et son
ancienne colonie qui abrite la principale base militaire
française à l'étranger.
Point de presse du 19 avril 2007 au Quai d'Orsay sur
l'AFFAIRE BORREL
(Confirmez-vous qu'une perquisition policière est en cours
ce jeudi au ministère dans le cadre d'une enquête
judiciaire sur d'éventuelles pressions sur la justice dans
l'affaire du juge Borrel, retrouvé mort en 1995 à Djibouti
? Des documents ont-ils été saisis ?)
Je vous
confirme que les juges d'instruction chargés d'examiner la
plainte déposée par la partie civile dans cette affaire,
relative à un communiqué de presse diffusé par le
ministère des Affaires étrangères, se trouvent
actuellement au Quai d'Orsay. Je n'ai aucun commentaire à
faire sur une procédure judiciaire en cours./.
Perquisition au Quai d'Orsay dans le cadre de l'affaire du
juge Borrel
LEMONDE.FR avec AFP | 19.04.07
Une
perquisition a été menée, jeudi 19 avril, au ministère des
affaires étrangères dans le cadre d'une enquête judiciaire sur
d'éventuelles pressions sur la justice dans l'affaire du juge
Bernard Borrel, retrouvé mort en 1995 à Djibouti. Selon une
source proche du dossier, les deux juges d'instruction
chargées du dossier, Fabienne Pous et Michèle Ganascia, sont
arrivées vers 10 heures au Quai d'Orsay, accompagnées
d'experts informatiques, et s'y trouvaient toujours en début
d'après-midi. Selon une autre source proche du dossier,
d'autres perquisitions pourraient avoir lieu dans la journée.
"Les juges
d'instruction chargées d'examiner la plainte déposée par la
partie civile dans cette affaire, relative à un communiqué de
presse diffusé par le ministère des affaires étrangères, se
trouvent actuellement au Quai d'Orsay", a confirmé à la presse
le porte-parole du ministère, Jean-Baptiste Mattéi.
PLAINTE POUR
DES "PRESSIONS SUR LA JUSTICE"
Cette affaire
dans l'affaire a démarré après une déclaration officielle du
Quai d'Orsay du 29 janvier 2005, assurant qu'une copie du
dossier d'instruction français relatif au décès de Bernard
Borrel serait "prochainement transmise à la justice
djiboutienne", qui en avait fait la demande.
Or, quelques
jours plus tard, la juge chargée de l'enquête, Sophie Clément,
refusera cette transmission. Elle estimait notamment que la
demande de Djibouti avait "pour unique but de prendre
connaissance (...) de pièces mettant en cause le procureur de
la République de Djibouti". La juge a d'ailleurs délivré en
octobre 2006 des mandats d'arrêt contre le procureur et le
chef des services secrets de Djibouti pour une éventuelle
"subornation de témoins".
Elisabeth
Borrel, la veuve du juge assassiné, a déposé une plainte avec
constitution de partie civile pour des "pressions sur la
justice", visant directement l'ex-porte parole du Quai
d'Orsay, Hervé Ladsous, aujourd'hui ambassadeur de France en
Chine, à l'origine du communiqué de janvier 2005.
L'information
judiciaire a été confiée le 2 mars 2006 aux juges parisiennes
Fabienne Pous et Michèle Ganascia. Hervé Ladsous a été entendu
le 21 mars. Le parquet de Paris a contesté devant la chambre
de l'instruction le bien fondé de cette enquête, mais
l'instance de contrôle lui a donné tort en octobre, ordonnant
la poursuite des investigations.
SUICIDE OU
ASSASSINAT ?
Selon une
source proche du dossier, M. Ladsous a affirmé devant les
juges qu'il s'était contenté de publier un communiqué préparé
par le cabinet du ministre de l'époque, Dominique Perben, qui
était dirigé par l'actuel procureur général de Paris, Laurent
Le Mesle. "Il y a visiblement quelqu'un qui a fait une grosse
boulette à la chancellerie, (...) quelqu'un qui aurait dû
connaître la bonne procédure. Ce n'était pas notre métier.
C'était celui du ministère de la justice", a notamment déclaré
M. Ladsous aux juges, selon le Canard enchaîné.
Le juge
Borrel, détaché comme conseiller du ministre djiboutien de la
justice, avait été retrouvé mort en 1995, le corps à
demi-calciné, au pied d'un ravin. Djibouti a conclu à un
suicide mais l'enquête française privilégie la thèse d'un
assassinat. La responsabilité présumée du président djiboutien
et de membres de son entourage a été évoquée lors de
l'instruction par plusieurs témoins.
Cette affaire a tendu les relations entre Paris et son
ancienne colonie de la Corne de l'Afrique, qui abrite la
principale base militaire française à l'étranger
Affaire Borrel: perquisition au ministère des Affaires
étrangères
AFP Infos Françaises Crime et délits, lois, justice, jeudi 19
avril 2007
PARIS - Une perquisition était en cours jeudi au ministère des
Affaires étrangères dans le cadre d'une enquête judiciaire sur
d'éventuelles pressions sur la justice dans l'affaire du juge
Borrel, retrouvé mort en 1995 à Djibouti, a-t-on appris auprès
du ministère. "Les juges d'instruction chargés d'examiner la
plainte déposée par la partie civile dans cette affaire,
relative à un communiqué de presse diffusé par le ministère
des Affaires étrangères, se trouvent actuellement au Quai
d'Orsay", a déclaré à la presse le porte-parole du ministère,
Jean-Baptiste Mattéi. "Je n'ai aucun commentaire à faire sur
une procédure judiciaire en cours", a-t-il ajouté.
Cette plainte visait une déclaration officielle du Quai
d'Orsay du 29 janvier 2005 qui avait assuré qu'une copie du
dossier d'instruction français relatif au décès du juge Borrel
serait "prochainement transmise à la justice djiboutienne",
qui en avait fait la demande. Or, quelques jours plus tard, la
juge chargée du dossier, Sophie Clément, refusera cette
transmission estimant notamment que la demande de Djibouti
avait "pour unique but de prendre connaissance (...) de pièces
mettant en cause le procureur de la République de Djibouti".
Le juge Borrel, détaché comme conseiller du ministre
djiboutien de la Justice, avait été retrouvé mort en 1995, le
corps à demi-calciné, au pied d'un ravin. Djibouti a conclu à
un suicide mais l'enquête française privilégie la thèse d'un
assassinat. La responsabilité présumée du président djiboutien
et de membres de son entourage dans la mort du juge a été
évoquée lors de l'instruction par plusieurs témoins.
La juge Clément a délivré, en octobre 2006, des mandats
d'arrêt contre le procureur et le chef des services secrets de
Djibouti pour une éventuelle "subornation de témoins" dans
l'enquête. L'ex-porte-parole du Quai d'Orsay Hervé Ladsous,
visé par une information judiciaire pour des supposées
pressions sur la justice dans cette affaire et aujourd'hui
ambassadeur de France en Chine, a de son côté récemment mis en
cause le cabinet de l'ancien garde des Sceaux Dominique
Perben.
M. Ladsous a été entendu le 21 mars en tant que témoin assisté
par les juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia, qui
instruisent la plainte d'Elisabeth Borrel, veuve du juge
Bernard Borrel. Interrogé sur la déclaration du Quai d'Orsay,
assimilée par les plaignants à une pression sur la justice,
l'ambassadeur a affirmé s'être borné à publier un communiqué
préparé par le cabinet du ministre de la justice. "Il y a
visiblement quelqu'un qui a fait une grosse boulette à la
chancellerie", a déclaré M. Ladsous aux juges, selon
l'hebdomadaire Le Canard enchaîné. A l'époque, le cabinet du
ministre était dirigé par l'actuel procureur général de Paris,
Laurent Le Mesle. Interrogé, ce dernier n'a pas souhaité
commenter les déclarations de M. Ladsous.
Djibouti :
Guelleh maintient la pression
L'Humanité, 16
avril 2007
Incarcéré
voici un mois pour « diffamation et diffusion de fausses
nouvelles », Jean-Paul Noël Abdi, président de la LDDH (Ligue
djiboutienne des droits humains), est sorti de prison ce 11
avril, au terme d'un procès marqué par des témoignages
confirmant la réalité des massacres de civils afars et du viol
d'une jeune fille handicapée par des soldats de la garde
présidentielle. Libéré, donc, mais non innocenté puisque
condamné à douze mois de prison, dont un ferme (celui déjà
accompli) et onze avec sursis. Le gouvernement Guelleh
maintient la pression : le militant reste menacé de prison au
moindre propos déplaisant. Par exemple sur un certain charnier
découvert en février dernier au Day...
Un
défenseur des droits humains condamné
Le Figaro, 13 avril 2007
Un défenseur
des droits humains condamné DJIBOUTI. Jean-Paul Noël Abdi, le
président de la Ligue djiboutienne des droits humains, a été
condamné mercredi pour diffusion de fausses nouvelles par la
cour d'appel de Djibouti à un an de prison, dont onze mois
avec sursis.
Il était poursuivi pour la publication d'une note
d'information évoquant des meurtres et un viol commis par les
forces gouvernementales.
Saisie record de khat à la douane de Mategnin
La Tribune de Genève, 12 avril 2007
jeudi AUTEUR: Prieur
«Il s'agit
de la plus grosse saisie de khat jamais effectuée dans le
canton de Genève», souligne l'adjudant Michel Bachar du
Corps III des gardes-frontière. 216,5kilos de cette drogue
douce ont été saisis à proximité de la douane de Mategnin,
sur la commune de Meyrin, le samedi31 mars.
Vers 9 h
30, un automobiliste originaire de Somalie âgé d'une
trentaine d'années, entre sur le territoire suisse au
volant d'une Ford bleue immatriculée dans le canton de
Vaud. Pour éviter le poste-frontière, il choisit de
tourner à droite, empruntant la route de Prevessin. Une
patrouille mobile des gardes-frontière est justement en
planque à cet endroit. Quant à son complice, l'éclaireur
censé lui ouvrir la voie, il se trouvait derrière le
premier véhicule au lieu de le précéder.
Lors du
contrôle, les gardes-frontière découvrent dans le coffre
de la Ford d'énormes sacs de jute, contenant les bottes de
khat. «Cette drogue doit être consommée fraîche précise
l'adjudant. Elle est importée par avion depuis l'Afrique
et arrive sur le sol hollandais où elle est légale. Elle
est ensuite convoyée par voie terrestre. » Cette substance
est principalement utilisée en Somalie, Éthiopie.
Consommée en la mâchant, elle provoque un état euphorique.
A forte dose, elle peut entraîner une perte d'appétit, des
insomnies voire rendre impuissant.
«C'est
sans doute à l'occasion d'une fête que cette quantité
impressionnante a été commandée», indique Michel Bachar.
En 2006, la totalité de khat saisie en Romandie atteignait
76kilos. Et 500kilos en 2005.
Jugé, le
conducteur a écopé de soixante jours-amende et de trois
ans de sursis.
JUGE
BORREL Le cabinet Perben mis en cause
Le Progrès - Lyon Informations générales, mercredi 11 avril
2007, p. / www.leprogres.fr >
L'ex-porte-parole du Quai d'Orsay, Hervé Ladsous, aujourd'hui
ambassadeur de France en Chine, met en cause le cabinet de
l'ancien garde des Sceaux Dominique Perben dans une enquête
sur d'éventuelles pressions sur la justice liées à l'affaire
Borrel. La veuve du juge assassiné en 1995 à Djibouti avait
déposé plainte après que Djibouti n'eut pas reçu, alors qu'il
l'avait demandée, une copie du dossier. A l'époque, le cabinet
de Perben était dirigé par l'actuel procureur général de
Paris, Laurent Le Mesle.
Note d'information du 15 avril 2007 : la Ligue djiboutienne
des droits humains (LDDH) est libre
|

Le Président |
NOTE D’INFORMATION
DU 15 AVRIL 2007
La
L.D.D.H. EST LIBRE !!! |
Outre la
défense d’une cause juste, je dois ma libération au
courage et à la solidarité agissante d’un certain nombre
de personnes et d’organisations que je tiens
particulièrement à remercier ici et aujourd’hui :
-Mes avocats
Maîtres Luc Aden et Zakaria du barreau djiboutois et
singulièrement Maître Michel TUBIANA, vice-président de la
F.I.D.H. et mandaté par celle-ci pour me défendre : sa
plaidoirie devant une assistance acquise à la cause défendue,
a été déterminante durant un procès qui a vu le ministère
public confondu et son avocat Maître Aref…confus !
- Ainsi que
les média internationaux qui ont couvert à leur manière ce
procès. Nous pensons notamment à la B.B.C., R.F.I., Radio
Vatican et dans la presse écrite « le Soir de Bruxelles » qui
a publié un article du bien informé journaliste de terrain
Alain LALLEMAND, « Les nouvelles d’Addis »…
-Cassim Ahmed
Dini que j’ai mandaté pour représenter la L.D.D.H. au congrès
de l’UIDH à Ouagadougou (Burkina Faso);
-Le comité de
soutien en Europe crée par notre ami défenseur des défenseurs
des Droits de l’Homme Mohamed KADAMY ;
-Tous ceux qui
par téléphone ou par écrit m’ont témoigné une réconfortante
solidarité
- Et last but
not not least, les personnalités et partis politiques (A.R.D.,
U.D.J., M.R.D…) qui ont par leurs écrits ou présence physique
aux audiences du Tribunal et à l’Hôpital Peltier, publiquement
exprimé leur indignation et manifesté leur solidarité,
continuant à ce jour à combattre l’arbitraire et la violation
des Droits Humains à Djibouti ;
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH), à la veille du congrès
international de la Fédération Internationale des ligues des
Droits de l’Homme (F.I.D.H.) qui se réunira prochainement à
Lisbonne au Portugal, tient dans le cadre de sa mission de
prévention des conflits à attirer l’attention de tous les
partenaires au développement humain de Djibouti sur la
situation potentiellement explosive qui prévaut actuellement à
Djibouti…
Aveuglés par
la lutte contre le terrorisme et un ennemi toujours invisible,
le plus souvent supposé, les grandes puissances militairement
présentes à Djibouti (U.S.A., France et O.T.A.N.), ne voient
pas (ne veulent pas voir ?) ou tout simplement ignorent qu’ils
structurent ici par leur soutien inconditionnel à cette
dictature, un terreau au terrorisme qu’ils prétendent
combattre partout et tout le temps !
A leur vu et
su, les violations récurrentes des Droits Humains (politiques,
syndicaux, d’expression…), l’arbitraire, l’impunité des crimes
ordinaires et de guerre, les criantes inégalités,
l’enrichissement illicite et soudain de quelques oligarques
font de Djibouti une poudrière où le pire est à craindre…
DEMAIN, IL
SERA TROP TARD !!!
M.
NOËL ABDI Jean-Paul
|