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Dernières nouvelles - Édition en Ligne d'Avril
2007
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Directeur
de publication : Mohamed Ali Abdou. Codirecteur
: Mahdi Ibrahim A. God. Email : realite_djibouti@yahoo.fr
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30/04/2007 Borrel: les
gendarmes ont refusé de perquisitionner en raison des
élections
28/04/2007 L'affaire du juge
Borrel, révélateur du rôle des autorités française
(Lutte Ouvrière)
27/04/2007 Interview du
président de la Ligue djiboutienne des droits humains
(LDDH)
24/04/2007 L'Humanité :
Affaire Borrel : deux ministères perquisitionnés
20/04/2007 Reuters : Perquisition
au ministère de la Justice dans l'affaire Borrel
20/04/2007 AFP : Affaire
Borrel: après le quai d'Orsay, les juges perquisitionnent
à la Chancellerie
19/04/2007 Point de presse du
19 avril 2007 au Quai d'Orsay sur l'AFFAIRE BORREL
19/04/2007 Le Monde :
Perquisition au Quai d'Orsay dans le cadre de l'affaire du
juge Borrel
19/04/2007 AFP : Affaire
Borrel: perquisition au ministère des Affaires étrangères
19/04/2007 Djibouti : Guelleh
maintient la pression
16/04/2007 Un défenseur des
droits humains condamné
16/04/2007
Saisie record de khat à la douane de
Mategnin
15/04/2007 Note d'information
du 15 avril 2007 : la Ligue djiboutienne des droits
humains (LDDH) est libre
15/04/2007 Procès verbal de
la réunion du comité de suivi du 4/01/94 sur la
disparition des civils dans le nord du pays, reproduit
intégralement
14/04/2007 Jean-Paul Abdi
Noël a été libéré ce samedi 14 avril 2007 au soir et a pu
regagner son domicile. L'ARD, le Comité de soutien et tous
les amis nombreux du président de la Ligue djiboutienne
des droits humains expriment leur plus grande satisfaction
et travaillent d'ores et déjà à rendre cette
libération définitive. La pétition a été retirée de notre
site, où nous restons à l'écoute de tout développement à
venir.
12/04/2007 Communiqué du
Comité pour la libération de Jean Paul Noël Abdi
12/04/2007 FIDH et OMCT :
Condamné en appel à 1 an de prison dont 11 mois avec
sursis, le président de la Ligue djiboutienne des droits
humains va être libéré
12/04/2007 Djibouti : un an
de prison en appel pour un défenseur des droits de l'Homme
(AFP).
11/04/2007
JUGE BORREL Le cabinet Perben mis en
cause
11/04/2007 Libération avec
sursis du président Abdi Noël par la Cour d'Appel de
Djibouti
11/04/2007 Communiqué de
l'Union djiboutienne du travail (UDT) du 11 avril 2004
11/04/2007 Borrel :
l'ex-porte-parole du Quai d'Orsay met en cause la
Chancellerie
10/04/2007 Note d'information
de la LDDH un mois après l'arrestation du président Noël
Abdi
08/04/2007 M. Abdi Noël
serait bientôt reconduit à Gabode malgré l'avis médical
05/04/2007 Communiqué de
l'ARD : violation des droits humains : témoigner, c'est
prévenir
03/04/2007 Djibouti, à la
réunion de Ouagadougou malgré tout
28/03/2007 Lettre adressée au
ministre français des affaires étrangères par l'AFASPA
28/03/2007 Création du Comité
pour la libération de Jean-Paul Noël Abdi
Borrel: les gendarmes ont refusé de perquisitionner en raison
des élections
Source
:
Le Monde du 30 avril 2007
Les gendarmes
ont refusé de perquisitionner au Quai d'Orsay et à la
Chancellerie dans le cadre de l'enquête sur d'éventuelles
pressions sur la justice dans l'affaire Borrel en raison des
élections, a-t-on appris auprès de la Direction générale de la
gendarmerie nationale et de source judiciaire.
Ces deux
sources ont confirmé lundi le contenu de la lettre révélée par
Le Monde daté du 2 mai dans laquelle le lieutenant-colonel
Jean-Philippe Guérin, commandant de la section de recherches
(SR) de Paris, explique aux magistrats instructeurs que ses
services ne perquisitionneront pas les deux ministères "compte
tenu du contexte politique actuel de période électorale".
Les
perquisitions ont été effectuées le 19 avril au ministère des
Affaires étrangères, le lendemain à la Chancellerie par des
services de police judiciaire de Nanterre.
Dans cette
lettre datée du 18 avril, l'officier affirme que "ce type
d'intervention prendrait nécessairement un sens politique,
médiatiquement exploité", selon Le Monde.
Toujours selon
le quotidien, les magistrates Fabienne Pous et Michèle
Ganascia avaient insisté sur "l'urgence" de ces perquisitions
en raison du risque de "dépérissement de preuves".
Invoquant la
"neutralité de la gendarmerie", M. Guérin leur a proposé une
intervention après le 6 mai "compte tenu du fait que les
cabinets ministériels demeurent en place une petite dizaine de
jours après élections".
Le juge
Bernard Borrel avait été retrouvé mort en 1995 à Djibouti, le
corps à demi-calciné. Djibouti a conclu à un suicide mais
l'enquête française privilégie la thèse d'un assassinat.
Dans ce qui
peut être considéré comme une affaire dans l'affaire, les
juges enquêtent sur le processus décisionnel qui a conduit
début 2005 à une déclaration officielle très inhabituelle du
Quai d'Orsay.
Le ministère
des Affaires étrangères y assurait qu'une copie du dossier
d'instruction relatif au décès du juge Borrel serait
"prochainement transmise à la justice djiboutienne" qui en
avait fait la demande.
Ce communiqué
intervenait avant même que la juge d'instruction (la seule
personne habilitée à accepter de transmettre ou non son
dossier) Sophie Clément se prononce.
Quelques jours
plus tard, la magistrate s'y opposera. La veuve du juge
Borrel, Elisabeth, a déposé plainte pour "pressions sur la
justice".
Lundi, l'un
des avocats de Mme Borrel, Me Olivier Morice, a déclaré à
l'AFP qu'il s'était "indigné" oralement auprès du parquet de
Paris de ce "comportement" de la gendarmerie.
"A ce jour,
nous n'avons eu aucune réponse", a-t-il ajouté.
Par ailleurs,
une source judiciaire a confirmé que Pierre Vimont, directeur
de cabinet du ministre des Affaires étrangères, a été entendu
comme "témoin assisté" comme le révèle Le Monde, et ce
"antérieurement" à l'audition sous le même régime d'Hervé
Ladsous, ancien porte-parole du Quai d'Orsay.
Selon Le
Monde, M. Vimont a affirmé que le communiqué au centre de
cette affaire a été "publié" après qu'il eut "reçu l'accord de
Laurent Le Mesle (directeur du cabinet du garde des Sceaux à
l'époque des faits, aujourd'hui procureur général à Paris) et
de Michel de Bonnecorse (responsable de la cellule Afrique de
l'Elysée)".
Pour Me Morice,
ces déclarations sont "la preuve" de "pressions" sur la
justice et d'une "concertation au plus haut niveau de l'État".
L'affaire du juge Borrel, révélateur du rôle des autorités
française
Source :
Lutte Ouvrière n°2021 du 27 avril 2007
Douze ans
après l'assassinat de Bernard Borrel, un juge français qui fut
conseiller du gouvernement de Djibouti, l'enquête rebondit.
Des perquisitions viennent d'être opérées à Paris aux
ministères de la Justice et des Affaires étrangères, tous deux
soupçonnés d'avoir voulu couvrir l'actuel président de
Djibouti. Cette affaire vient rappeler les liens étroits et
peu avouables qui existent entre les sommets de l'État
français et la dictature qui sévit dans ce pays.
Situé en Afrique de l'Est face à la pointe de l'Arabie
saoudite, Djibouti, qui compte environ 700 000 habitants, est
resté longtemps une colonie de la France. Dans les années
1970, la France avait réprimé des manifestations populaires et
avait fait édifier un « barrage » autour de la ville. En 1977,
le gouvernement de Giscard finit par reconnaître
l'indépendance de Djibouti, après un référendum qui s'était
soldé par 98 % de « oui » en faveur de l'indépendance. Face à
l'opposition de la population, la France dut aussi cesser de
soutenir l'homme de paille, Ali Aref, qu'elle envisageait de
laisser en place après l'indépendance. Cependant, le leader du
parti d'opposition, Hassan Gouled, qui le remplaça avait été
lui aussi lié au pouvoir colonial. Et Omar Guelleh, neveu du
précédent, qui est au pouvoir depuis 1999, est considéré comme
un proche de Chirac.
À l'époque de
la mort du juge Borrel, l'enquête locale et celle des services
secrets français avaient conclu au suicide de ce juge que le
gouvernement français avait détaché auprès du ministre de la
Justice de Djibouti. Mais sa veuve avait obtenu en 2002 de
nouvelles expertises confortant l'hypothèse d'un assassinat.
L'actuel président de Djibouti pourrait fort bien en être le
commanditaire. En tout cas il est fortement soupçonné.
Depuis dix
ans, les autorités djiboutiennes mais aussi françaises ont
multiplié les efforts pour entraver la recherche de la vérité.
Mais en attendant que la lumière finisse par percer dans cette
affaire, si un jour elle perce, un autre procès reste à faire,
celui du rôle de la France dans ce pays.
L'impérialisme
français dispose aujourd'hui à Djibouti de la plus importante
de ses bases militaires à l'étranger, environ 3 000 hommes. Sa
situation, en haut de la Corne de l'Afrique et face à l'océan
Indien, est en effet considérée comme stratégique. Les troupes
qui stationnent là ont participé à de nombreuses
interventions, dont l'opération Turquoise, tristement célèbre
pour avoir contribué au génocide au Rwanda.
L'État
français dépense un important budget pour entretenir sa base
militaire, en concurrence avec celle installée par les
États-Unis, et il verse une indemnité au gouvernement de
Djibouti. Mais le bilan de cette présence française est
calamiteux dans tous les domaines.
Jean SANDAY
Interview du président de la Ligue djiboutienne des droits
humains (LDDH)
Libéré
voilà une semaine sous les pressions nationale et
internationale, Jean-Paul Abdi Noël, Président de la
Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH), nous a accordé
une interview exclusive le jeudi 25 avril 2007. M. Abdi Noël
propose une vision globale et engagée sur la situation des
droits et des libertés à Djibouti. Propos recueillis par la
Rédaction du journal en ligne de l’ARD.
*
Bonjour
M. le président de la Ligue djiboutienne des droits de
l'homme, la LDDH. Comment vous sentez-vous après ces premiers
jours de liberté retrouvée ?
M. Abdi
Noël : Renforcé à tous points de vue ! Je suis de ceux
que l’adversité et l’injustice poussent à la résistance
légitime ! Il ne faut pas oublier, qu’un homme respectueux de
ses convictions continue son combat et ce quelques soient les
pressions et les répressions. Lorsque votre conviction
consiste à défendre les droits fondamentaux, à défendre les
droits de l’homme, alors votre combat est noble et légitime.
Comme on dit chez nous « le sang ne se cache pas et le
mensonge ne tient que sur un seul pied. »
Pouvez-vous nous parler des conditions de détention à Gabode
actuellement ?
M. Abdi
Noël : Elles sont inhumaines, pour bon nombre de
prisonniers surtout ceux détenus au dépôt où la surpopulation
carcérale est insupportable ! D’autre part, certains bâtiments
ont été rénovés suite au rapport de la mission d’enquête de la
F.I.D.H.[Fédération internationale des ligues des droits de
l’homme] en 2005. Beaucoup reste encore à faire notamment pour
les mineurs et les jeunes délinquants.
Les
prisonniers sont-ils régulièrement autorisés à recevoir la
visite de leurs proches ?
M. Abdi
Noël : Oui et non ! Cela dépend des motifs
d’incarcération des détenus, de leurs couches sociales et de
leur origine ethnique…
Avez-vous constaté une différence de traitement entre les
prisonniers djiboutiens et les autres ?
Jean-Paul
Abdi Noël : Oui ! Les étrangers et singulièrement les
Ethiopiens d’origine Oromo sont maltraités et pour la plupart
sans défense.
Revenons
sur votre condition de détention. Qu'avez-vous ressenti au
cours de votre détention à Gabode ? Autrement dit pouvez-vous
décrire le sentiment d'injustice ou de dégoût qui peut
s'emparer d'un citoyen djiboutien qui ne faisait que son
devoir de démocrate et se retrouve retiré du monde ?
M. Abdi
Noël : Mon arrestation était effectivement injuste, mais
je n’ai ressenti aucun dégoût ni rancœur, sauf le sentiment
d’un devoir accompli à tous prix…
Pouvez-vous décrire comment vous avez vécu la progression du
premier procès en tribunal puis en appel depuis la prison ?
M. Abdi
Noël : Avec sérénité ! Je savais que je défendais une
juste cause et les témoignages de solidarité des plaignants et
de leur défenseurs (ils sont bien plus nombreux et déterminés
que certains le croient), m’ont rendu optimiste sur l’issue du
« procès »…
S'agissant de l'objet de votre arrestation, que savez-vous
aujourd'hui sur la réalité du génocide qui a lieu au Day en
1994 ?
M. Abdi
Noël : Il n’y a pas eu au Day le 1 /1/94 un génocide mais
un crime de guerre. Sept civils ont été arrêtés après avoir
été triés par « les forces armées nationales », puis
sommairement exécutés. Cela s’est passé suite à une embuscade
tendue l’avant-veille par le Frud-Armé. Tout comme les
victimes d’Arhiba en décembre 1991, ce sont des victimes
expiatoires pour terroriser la population civile et tarir la
supposée source de soutien aux résistants.
Je rappelle
qu’étant à l’époque député et président d’une commission
d’enquête parlementaire chargée d’instruire les plaintes des
notables du Day, j’ai publié à ce titre le procès-verbal de
cette commission en présence de trois ministres dont celui de
la défense. Je suis donc le mieux placé pour témoigner de la
véracité des faits. Mais vous n’avez pas tort de parler de
génocide car la constance de ces crimes durant huit ans (et
même après), sur l’ensemble du territoire du Sud-Ouest au Nord
accrédite cette thèse. Nous n’avons pas manqué lors du conflit
armé de dénoncer les exécutions extrajudiciaires ainsi que les
blocus alimentaire et sanitaire notamment à Obock. Génocide ou
pas ? L’intention en tous cas y était….
Avez-vous quelques informations sur l'existence de charniers
semblables dans le pays ?
M. Abdi
Noël : Il se murmure que d’autres charniers auraient été
découverts notamment au Lac Assal mais ce n’est pas mon rôle
de me faire l’écho ici ou ailleurs de murmures ou rumeurs. Je
ne témoigne que de faits irréfutables !
Comment,
en tant que défenseur des droits de l'homme représentant la
FIDH à Djibouti, pouvez-vous expliquer l'alignement sinon la
discrétion de la coopération française à l'endroit de la
politique du gouvernement d'Ismaël Omar Guelleh ?
M. Abdi
Noël : Comme vous, je le constate ! Mais son attitude
n’est pas difficile à décrypter : la France et toute autre
coopération bilatérale ne peuvent avoir de relations qu’avec
un autre État. Elles n’ont en général ni gêne ni alignement ni
discrétion, elles prennent acte des rapports de forces, c’est
tout. Nous aussi ! Rapports qui par définition sont
contingents…
Quels
échanges avez-vous au sein des instances internationales de
défense des droits de l'homme tels que la FIDH, RSF ou l'UIDH
sur les pratiques de gouvernements tels que celui de Djibouti
?
M. Abdi
Noël : Mon rôle se limite à les tenir informés sur tout ce
qui se fait et le plus souvent se défait à Djibouti sur le
plan des droits humains, et parfois de tirer la sonnette
d’alarme dans le cadre de la prévision des conflits !
Quelles
relations entretenez-vous avec les autres mouvements citoyens
djiboutiens et singulièrement avec les formations politiques
de l'opposition s'agissant de la lutte pour l'avènement de la
démocratie à Djibouti ?
M. Abdi
Noël : De courtoisie ! Tout comme avec le gouvernement et
ses membres dirigeants ! Je considère mon rôle ici au sens
religieux du terme comme une mission, un sacerdoce. D’où mon
rapport à l’autre quel qu’il soit ! Il est tout naturellement
fait de courtoisie, de prévention des conflits et de leur
résolution le cas échéant ! Ceci dit, et cela fait partie de
nôtre rôle, la L.D.D.H. se bat pour la traduction dans la
réalité de la naturelle pluralité d’expression ! Notre rôle
consiste aussi régulièrement à soutenir les droits de
l’Opposition, qui sont régulièrement bafoués surtout en
période électorale où la sourde oreille est de mise !
Percevez-vous un élan dans la société djiboutienne à vouloir
se libérer du joug dictatorial ou diriez-vous que les citoyens
sont encore aujourd'hui tétanisés par l'idée de se retrouver à
Gabode ?
M. Abdi
Noël : Cet élan, comme vous dites, n’est pas seulement
perceptible, il est palpable ! Je m’égosille depuis un certain
nombre d’années à l’encourager autant que faire se peut ! Le
gouvernement, non seulement ne m’y aide pas mais s’acharne
manifestement à le briser par son comportement. Il me donne
l’impression de quelqu’un qui dialogue tout seul et ce n’est
pas qu’une impression. Quant aux citoyens, croyez-moi, ils
sont loin d’être tétanisés et les risques d’explosions sont
patents.
Il y a-
t-il dans la société djiboutienne quelques poches de
résistances civiques qui pourraient relayer la lutte pour la
démocratie dans le pays ?
M. Abdi
Noël : Oui, et je l’affirme avec certitude ! Huit années
de guerre civile ont apporté la preuve si besoin était que
l’actuelle opposition, à l’époque armée, disposait et dispose
encore de profondeurs stratégiques. Il serait non seulement
insensé mais dramatique pour toute une région en perpétuelle
recomposition politique de la pousser, la repousser dans ses
derniers retranchements ! Songeons à la position stratégique
qu’occupe ce petit bout de désert et la perturbation du trafic
maritime qui découlerait des moindres troubles que tout laisse
à craindre dans le port de Djibouti. Le risque d’un effet
domino dans la sous-région est réel avec tout le parti que
pourraient en tirer de malveillants esprits…
Que
pensez-vous de la relative discrétion reprochée aux mouvements
d'oppositions djiboutiens ?
M. Abdi
Noël : Ils ont été réduits à la discrétion ! Cela ne les
empêche pas de combattre pacifiquement et efficacement ce
gouvernement au regard de leur auditoire : le peuple, la
coopération…
Les
organisations des droits de l'homme auxquelles participe la
LDDH comprennent-elles la position des opposants djiboutiens ?
M. Abdi
Noël : Oui ! C’est une sage posture, même si la sagesse
n’est pas réciproque…
Quelles
seront les suites de ce fameux procès ?
M. Abdi
Noël : Mes avocats ont déposé un pourvoi en cassation, ce
qui signifie que cette affaire sera probablement jugé sur le
fond. La cour sera fatalement amenée à se prononcer non pas
sur les faits que même le ministère public ne conteste pas,
mais sur la procédure de flagrant délit qui constituait un
vice de forme flagrant et que Maître Tubiana a démonté et
démontré, mais surtout sur la qualification des faits !
S’agissait-il oui non de crime de guerre ? Quelque soit la
décision de la cour, ma démarche consiste encore à éviter un
procès international qui ternirait l’image de mon pays, mais
la LDDH continuera à demander une juste indemnisation de
toutes les victimes civiles de ce conflit comme cela a
d’ailleurs été prévu par l’Accord de Paix signé le 12 mai 2001
par l’actuel gouvernement et dont nous étions témoins !
Que
serait-il arrivé si vous l'on vous reconduisait à Gabode
depuis votre lit d'hôpital à Peltier ?
M. Abdi
Noël : Seul Dieu le sait ! J’ai personnellement insisté
auprès de l’association des victimes qui était à bout de nerfs
et des innombrables amis qui tenaient le jour du procès à
manifester leur indignation ! Connaissant la gâchette facile
des forces de l’ordre et la détermination des ayant droits,
j’ai craint le pire et insisté auprès de tout le monde pour
qu’il n’y ait aucun débordement, et si possible pas de
manifestions violentes !
Une
réaction plus forte que la simple condamnation de principe
serait-elle en préparation par les organisations de défense
des droits de l'homme contre de tels actes ?
M. Abdi
Noël : Oui ! Selon les informations dont je dispose, il
se prépare une réaction commune de ces organisations qui ne se
limiterait pas à une simple dénonciation ! Mais je suis comme
vous à l’écoute des différentes évolutions, d’autant plus que
la situation sociale actuelle est explosive !
Des
limites vous ont-elles été clairement ou implicitement fixées
s'agissant de la dénonciation que vous continuerez de faire
des violations des droits de l'homme en cours à Djibouti ?
M. Abdi
Noël : Implicitement oui ! Comme en témoignent les onze
mois d’emprisonnement avec sursis uniquement destinés à me
faire taire, mais nous ne sommes pas « muselables » !
Permettez-moi de profiter de votre
journal pour remercier tous mes amis et tous mes proches ainsi
que ma famille. Votre coup de téléphone le jour de ma
libération et surtout les actions constantes de votre équipe
et de vous-même alors que j’étais dans le plus profond de la
prison ne pouvaient que me réconforter.
C’est dans le
cadre de simples remerciements qui ne peuvent qu’exprimer mon
sentiment de profonde satisfaction gravé à jamais dans mon
cœur que je tiens à vous rappeler que nombreux étaient ceux
qui se sont mobilisés pour me faire sortir de prison, un merci
pour toujours.
La liste des
intervenants est longue pour être tous cités, je me
contenterais de quelques amis et Organisations des Défenseurs
des Droits de l’Homme qui se sont personnellement investis
comme :
- la FIDH avec
l’envoi de son Vice-Président et Président de la Ligue
Française des Droits Maître Michel Tubiana, qui a assuré avec
brio ma défense en compagnie et avec mes avocats djiboutiens
Maîtres Zakaria Abdillahi et Luc Aden ;
-
L’Observatoire des Droits de l’Homme qui, immédiatement après
mon arrestation, s’est mobilisé en lançant des Alertes et en
saisissant Genève et New-York ;
- Je me sens
encore réconforté par l’énergique intervention de mon amis et
frère Florent Geel à la BBC, d’autant plus que les officiers
de police judiciaires ont été abasourdis par cette rapide
dénonciation sur les antennes internationales. Grâce aux
Officiers de la Police Judiciaire, j’ai été fortement
réconforté par cette information alors que j’étais isolé dans
les bureaux de la Police Criminelle ;
- l’UIDH
[L’Union Interafricaine des Droits de l’Homme], qui dés le
début a saisi le Ministre de la Justice pour éviter toutes
interférence du politique, et le témoignage d’encouragement
par téléphone du Président Koné de l’UIDH, durant la semaine
de liberté provisoire, ainsi que des décisions prises lors du
Congrès de l’UIDH. Cette organisation a rapidement saisi la
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, qui
devra se prononcer bientôt sur la suite à réserver pour éviter
à l’avenir les harcèlements, les arrestations abusives et les
emprisonnements en catimini pour témoignage courageux ou
délits d’opinion ;
-
L’organisation internationale Survie, qui, dès ma liberté
provisoire, a su alerter Reporter Sans Frontières et mobiliser
un bon nombre de radios internationales telels que Radio
Vatican ou Deusche Welle, ainsi que le précieux communiqué
conjoint du 12 mars avec l’ARDHD [Association pour le respect
des droits de l’homme à Djibouti]– un merci spécial à Olivier
THIMONIER et à l’infatigable Jean-Loup SCHAAL, président de l’ARDHD
;
- Des vifs
remerciements aux Porte paroles du comité de soutien pour ma
libération : Simone Bernier, Aïcha Dabale, Said Mohamed, ainsi
qu’à mon frangin et compagnon de lutte contre la dictature
sournoise, le dynamique Mahdi Ibrahim God A., et tous les
autres signataires des nombreuses pétitions en ma faveur.
- Mes
remerciements au Gouvernement en Exil (GED) ;
- Une pensée
particulière à Roger Picon ;
- Merci aussi
à ma famille et à tous mes proches tant présents à Djibouti ou
à travers le monde, qui n’ont pas cessé de me témoigner la
solidarité, leurs prières avec celles des religieuses et des
religieux à Djibouti ne pouvaient que m’encourager à garder le
cap de mon juste et légitime combat contre l’impunité et pour
la paix sociale. La visite et les prières de l’Evêque Giorgio
Bertini ont raffermi largement mon moral :
- Merci aussi,
à mon médecin de famille Docteur Alain David, qui dès mon
arrestation en garde à vue, s’est rapidement investi à suivre
l’évolution de ma santé avec les risques de stress;
- Merci aussi
au médecin de la prison Docteur Osman Ali Ahmed qui sur
l’alerte de mon médecin de famille, a rapidement pris, après
une longue consultation, la décision de m’hospitaliser dans
les plus brefs délais pour des raisons d’un profond malaise
cardiaque, et probablement m’a sauvé la vie ;
- Un merci à
l’infirmier M. Mohamed Djama Guirreh qui ne m’a pas quitté une
minute durant la prise de décision du Directeur de la prison
de Gabode M. Moktar Abdillahi Osman ainsi que celui de
l’ancien très discret substitut M. Salah actuellement Chef du
Service pénitencier, je tiens à les remercier pour avoir
rapidement répondu favorablement à mon hospitalisation.
- Je tiens
aussi à remercier les deux cardiologues de l’Hôpital Peltier,
Docteur Saïd Abdillahi et Docteur Georges Cloatre pour tous
les précieux soins qu’ils m’ont apportés ;
- Mes
remerciements s’adressent aussi à tous les infirmiers, au
personnel du Pavillon Martial, sans oublier les différents
policiers de garde 24h/24, car tous ont été courtois avec moi
et serviables.
Notre combat
constant continuera pour l’effectivité de l’État de droit,
contre les détournements des deniers publics et des biens
sociaux, contre la politique de l’impunité, pour la
transparence des processus électoraux qui devrait mettre fin
aux vols et/ou détournements des différentes élections, pour
une réelle paix sociale tant désirée.
Merci
Monsieur le président et bon rétablissement.
LA
RÉDACTION
Affaire Borrel : deux ministères perquisitionnés
L'Humanité, 24/04/2007
Justice . Le Quai d’Orsay et la
chancellerie ont été visités par les juges chargés d’enquêter
sur d’éventuelles pressions dans le dossier du décès du juge
Borrel.
Après le Quai
d’Orsay, jeudi dernier, les juges chargées d’enquêter sur
d’éventuelles pressions subies par la justice dans le dossier
du juge Borrel, ont perquisitionné le ministère de la Justice,
le lendemain. Preuve de l’indépendance qu’une certaine
magistrature veut encore montrer par rapport au pouvoir
exécutif.
Petit retour
en arrière. À Djibouti, en octobre 1995. À quatre-vingts
kilomètres de la capitale éponyme, le cadavre de Bernard
Borrel, en partie carbonisé, est retrouvé au pied d’une
falaise. L’enquête n’a même pas été entamée que la justice
djiboutienne, suivie par l’ambassade de France, livre déjà sa
version officielle : ce juge français d’une quarantaine
d’années, en mission de coopération pour réformer le Code
pénal de l’ancienne colonie, se serait « suicidé par
immolation ». Conclusion précipitée et arrangeante pour le
pouvoir en place. Mais pas pour la femme du magistrat,
Élisabeth Borrel, qui pense que la mort de son mari a tout
d’un assassinat grossièrement étouffé, au nom de la raison
d’État.
Deux
magistrates, Fabienne Pous et Michèle Ganascia, instruisent
actuellement une plainte avec constitution de partie civile de
la veuve du juge Borrel pour « pression sur la justice ».
Cette procédure vise une déclaration officielle de l’ancien
porte-parole du Quai d’Orsay, Hervé Ladsous (aujourd’hui
ambassadeur de France en Chine), qui avait assuré en janvier
2005 qu’une copie du dossier d’instruction relatif au décès du
juge Borrel serait « prochainement transmise à la justice
djiboutienne », qui en avait fait la demande. Quelques jours
plus tard, la juge Sophie Clément, en charge du dossier,
refusera cette transmission estimant notamment que cette
requête avait « pour unique but de prendre connaissance (...)
de pièces mettant en cause le procureur de la République de
Djibouti ».
En octobre
2006, la même juge a délivré des mandats d’arrêt contre le
procureur et le chef des services secrets de Djibouti pour une
éventuelle « subornation de témoins » dans l’enquête sur
l’assassinat du juge Borrel. Interrogé en mars dernier par les
juges, Hervé Ladsous a affirmé s’être borné à publier un
communiqué préparé par le cabinet du ministre de la Justice,
Dominique Perben, à l’époque dirigé par l’actuel procureur
général de Paris, Laurent Le Mesle. « Il y a visiblement
quelqu’un qui a fait une grosse boulette à la chancellerie,
(...) quelqu’un qui aurait dû connaître la bonne procédure
(judiciaire). Ce n’était pas notre métier. C’était celui du
ministère de la Justice », a notamment déclaré l’actuel
ambassadeur aux juges, selon le Canard enchaîné.
La
responsabilité présumée du président djiboutien et de membres
de son entourage a été évoquée par plusieurs témoins lors de
l’enquête, et cette affaire a tendu les relations entre Paris
et son ancienne colonie de la Corne de l’Afrique, qui abrite
la principale base militaire française à l’étranger. Selon
Natacha Rateau, vice-présidente du Syndicat de la
magistrature, il s’agit de « savoir d’où viennent les fuites,
d’où vient le blocage ». Et d’ajouter : « Jusqu’à maintenant
(...), on pensait que la protection venait du Quai d’Orsay, et
puis les dernières déclarations de certains fonctionnaires du
Quai font penser que le blocage venait plutôt de la Place
Vendôme », siège de la chancellerie.
Sophie Bouniot
Perquisition au ministère de la Justice dans l'affaire
Borrel
Reuters,
Vendredi
20 avril 2007
PARIS
(Reuters) - Deux juges d'instruction ont perquisitionné
pendant 12 heures au ministère de la Justice dans une
enquête concernant d'éventuelles pressions sur la justice
en marge de la procédure visant la mort du juge Bernard
Borrel à Djibouti en 1995, apprend-on au cabinet du Garde
des sceaux.
Arrivées
sur place en milieu de matinée, les juges Fabienne Pous et
Michèle Ganascia ont quitté la place Vendôme vers 22h30.
Elles s'étaient déplacées avec des experts en
informatique, des enquêteurs, en tout une dizaine de
personnes, dans le but d'accéder aux ordinateurs du
ministère, à la recherche de documents portant sur le
litige, dit-on de source judiciaire.
Les
avocats de la partie civile, la veuve du juge Borrel,
étaient présents mais pas le parquet qui considère qu'il
n'existe pas d'infraction dans ce dossier.
Les
magistrates ont emporté de nombreux documents. Elles
avaient perquisitionné jeudi au ministère des Affaires
étrangères, dans la même affaire et dans des conditions
semblables, emportant aussi une importante documentation.
Le cabinet
de Pascal Clément n'a souhaité faire "aucun commentaire"
sur ce qui est, dit-il, "un acte d'instruction".
Une telle
démarche au ministère, qui gère le système judiciaire, est
rare, mais n'est pas une première.
Il y a
quelques années, le juge d'instruction parisien
Jean-Baptiste Parlos avait perquisitionné place Vendôme
pour rechercher le dossier disciplinaire d'un magistrat
corrompu.
Après une
plainte de la veuve du juge Borrel, l'information
judiciaire ouverte en février vise un ancien porte-parole
du ministère français des affaires étrangères, Hervé
Ladsous.
Il est mis
en cause pour un communiqué officiel du 29 janvier 2005 où
il assurait qu'une copie du dossier relatif au décès du
juge Borrel serait transmise à la justice djiboutienne.
Cette
transmission a été refusée par la juge chargée de
l'affaire principale, Sophie Clément, qui met en cause les
autorités de Djibouti dans son enquête sur la mort de
Bernard Borrel. La plaignante interprète donc le
communiqué du Quai comme une pression sur la justice.
AFFAIRE
SENSIBLE
Interrogé
en qualité de témoin assisté le mois dernier, Hervé
Ladsous a expliqué qu'il n'avait fait que mettre en forme
un communiqué après avoir pris les conseils juridiques de
Laurent Le Mesle, à l'époque directeur de cabinet du
ministre de la Justice devenu aujourd'hui procureur
général de Paris.
Ce sont
donc d'éventuels documents préparatoires sur ce communiqué
et des pièces sur l'affaire Borrel que recherchaient
vraisemblablement les magistrates place Vendôme.
Le corps
de Bernard Borrel, coopérant français et conseiller
technique auprès du ministère de la Justice djiboutien, a
été retrouvé carbonisé en 1995 à l'extérieur de la ville
de Djibouti.
L'hypothèse du suicide avait été d'abord retenue mais
après plusieurs changements de magistrats et des
expertises, notamment médico-légales, la piste criminelle
est désormais suivie. Certaines dépositions laissent
croire à un assassinat politique sur commande du pouvoir
djiboutien.
L'affaire
est sensible diplomatiquement pour Paris, Djibouti
abritant la principale base militaire française en
Afrique.
En octobre
dernier, en dépit des réquisitions contraires du parquet,
des mandats d'arrêt ont été délivrés par la juge Clément
contre deux repris de justice
en fuite, soupçonnés d'être des exécutants du meurtre du
juge Borrel.
D'autres
mandats d'arrêt ont été lancés à Versailles contre le
procureur général de Djibouti et le chef de ses services
secrets, dans un autre sous-dossier judiciaire relatif à
une supposée subornation de témoins.
Le 14 février, la juge Clément a convoqué en vain comme témoin
le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh, de passage à
Cannes pour un sommet franco-africain. Ce dernier dément toute
implication dans l'affaire Borrel.
Affaire Borrel: après le quai d'Orsay, les juges
perquisitionnent à la Chancellerie
AFP, Vendredi
20 avril 2007, Par Pierre ROCHICCIOLI
PARIS (AFP) -
Les deux juges chargées d'enquêter sur d'éventuelles pressions
sur la justice dans le dossier du juge Borrel, mort en 1995 à
Djibouti, ont perquisitionné vendredi au ministère de la
Justice après avoir fait de même la veille au ministère des
Affaires étrangères.
Cette
perquisition, qui visait notamment le cabinet du garde des
Sceaux, a été confirmée par la Chancellerie qui n'a pas
souhaité "faire de commentaire sur une information judiciaire
en cours".
Ce n'est pas
la première fois que le ministère de référence de la
magistrature est ainsi visité. Un juge parisien avait
notamment déjà perquisitionné place Vendôme en mai 2001 pour y
saisir le dossier disciplinaire d'un magistrat.
Mais ce
déplacement spectaculaire, à deux jours du premier tour de la
présidentielle, apparaît comme une manifestation
d'indépendance des juges dans un dossier sensible portant sur
d'éventuelles pressions du politique sur la
justice dans une enquête sur
l'assassinat d'un magistrat.
Cette
perquisition "est la preuve de l'indépendance de la justice",
s'est félicité le syndicat de la magistrature (SM, gauche)
expliquant qu'elle avait pour but de "chercher des documents
(...) pour savoir qui a bloqué l'affaire Borrel (...) qui a
fait obstacle à la manifestation de la vérité".
"Ce n'est pas
parce qu'on est en pleine campagne présidentielle (...) que la
justice devrait s'arrêter de fonctionner", a estimé l'Union
syndicale des magistrats (USM, majoritaire).
Le juge Borrel
avait été retrouvé mort en 1995, le corps à demi-calciné, au
pied d'un ravin. Djibouti a conclu à un suicide mais l'enquête
française privilégie la thèse d'un assassinat.
Les deux
magistrates, Fabienne Pous, doyenne des juges d'instruction,
et Michèle Ganascia, instruisent une plainte pour "pression
sur la justice" de la veuve du juge, Elisabeth Borrel.
Ces deux
vice-présidentes du tribunal de Paris avaient perquisitionné
jeudi plusieurs bureaux du quai d'Orsay, dont celui du
directeur de cabinet du ministre, Pierre Vimont, emportant de
nombreux documents et des copies informatiques.
La plainte de
Mme Borrel vise une déclaration de l'ancien porte-parole du
quai d'Orsay, Hervé Ladsous, aujourd'hui Ambassadeur de France
en Chine, qui avait assuré le 29 janvier 2005 qu'une copie du
dossier d'instruction relatif au décès du juge Borrel serait
"prochainement transmise à la justice djiboutienne", qui en
avait fait la demande.
Quelques jours
plus tard, la juge Sophie Clément, en charge du dossier,
refusera cette transmission estimant qu'elle avait "pour
unique but de prendre connaissance (...) de pièces mettant en
cause le procureur de Djibouti".
La juge
Clément a délivré, en octobre 2006, des mandats d'arrêts
contre le procureur et le chef des services secrets de
Djibouti pour une éventuelle "subornation de témoins" dans
l'enquête sur la mort du juge.
Interrogé le
21 mars dernier par les juges Pous et Ganascia, Hervé Ladsous
a affirmé s'être borné à publier un communiqué préparé par le
cabinet du ministre de la Justice, Dominique Perben, à
l'époque dirigé par l'actuel procureur général de Paris,
Laurent Le Mesle.
"Il y a
visiblement quelqu'un qui a fait une grosse boulette à la
Chancellerie", a notamment déclaré M. Ladsous aux juges, selon
le Canard enchaîné.
La
responsabilité présumée du président djiboutien et de membres
de son entourage a été évoquée par des témoins lors de
l'enquête sur la mort du juge.
Cette affaire a tendu les relations entre Paris et son
ancienne colonie qui abrite la principale base militaire
française à l'étranger.
Point de presse du 19 avril 2007 au Quai d'Orsay sur
l'AFFAIRE BORREL
(Confirmez-vous qu'une perquisition policière est en cours
ce jeudi au ministère dans le cadre d'une enquête
judiciaire sur d'éventuelles pressions sur la justice dans
l'affaire du juge Borrel, retrouvé mort en 1995 à Djibouti
? Des documents ont-ils été saisis ?)
Je vous
confirme que les juges d'instruction chargés d'examiner la
plainte déposée par la partie civile dans cette affaire,
relative à un communiqué de presse diffusé par le
ministère des Affaires étrangères, se trouvent
actuellement au Quai d'Orsay. Je n'ai aucun commentaire à
faire sur une procédure judiciaire en cours./.
Perquisition au Quai d'Orsay dans le cadre de l'affaire du
juge Borrel
LEMONDE.FR avec AFP | 19.04.07
Une
perquisition a été menée, jeudi 19 avril, au ministère des
affaires étrangères dans le cadre d'une enquête judiciaire sur
d'éventuelles pressions sur la justice dans l'affaire du juge
Bernard Borrel, retrouvé mort en 1995 à Djibouti. Selon une
source proche du dossier, les deux juges d'instruction
chargées du dossier, Fabienne Pous et Michèle Ganascia, sont
arrivées vers 10 heures au Quai d'Orsay, accompagnées
d'experts informatiques, et s'y trouvaient toujours en début
d'après-midi. Selon une autre source proche du dossier,
d'autres perquisitions pourraient avoir lieu dans la journée.
"Les juges
d'instruction chargées d'examiner la plainte déposée par la
partie civile dans cette affaire, relative à un communiqué de
presse diffusé par le ministère des affaires étrangères, se
trouvent actuellement au Quai d'Orsay", a confirmé à la presse
le porte-parole du ministère, Jean-Baptiste Mattéi.
PLAINTE POUR
DES "PRESSIONS SUR LA JUSTICE"
Cette affaire
dans l'affaire a démarré après une déclaration officielle du
Quai d'Orsay du 29 janvier 2005, assurant qu'une copie du
dossier d'instruction français relatif au décès de Bernard
Borrel serait "prochainement transmise à la justice
djiboutienne", qui en avait fait la demande.
Or, quelques
jours plus tard, la juge chargée de l'enquête, Sophie Clément,
refusera cette transmission. Elle estimait notamment que la
demande de Djibouti avait "pour unique but de prendre
connaissance (...) de pièces mettant en cause le procureur de
la République de Djibouti". La juge a d'ailleurs délivré en
octobre 2006 des mandats d'arrêt contre le procureur et le
chef des services secrets de Djibouti pour une éventuelle
"subornation de témoins".
Elisabeth
Borrel, la veuve du juge assassiné, a déposé une plainte avec
constitution de partie civile pour des "pressions sur la
justice", visant directement l'ex-porte parole du Quai
d'Orsay, Hervé Ladsous, aujourd'hui ambassadeur de France en
Chine, à l'origine du communiqué de janvier 2005.
L'information
judiciaire a été confiée le 2 mars 2006 aux juges parisiennes
Fabienne Pous et Michèle Ganascia. Hervé Ladsous a été entendu
le 21 mars. Le parquet de Paris a contesté devant la chambre
de l'instruction le bien fondé de cette enquête, mais
l'instance de contrôle lui a donné tort en octobre, ordonnant
la poursuite des investigations.
SUICIDE OU
ASSASSINAT ?
Selon une
source proche du dossier, M. Ladsous a affirmé devant les
juges qu'il s'était contenté de publier un communiqué préparé
par le cabinet du ministre de l'époque, Dominique Perben, qui
était dirigé par l'actuel procureur général de Paris, Laurent
Le Mesle. "Il y a visiblement quelqu'un qui a fait une grosse
boulette à la chancellerie, (...) quelqu'un qui aurait dû
connaître la bonne procédure. Ce n'était pas notre métier.
C'était celui du ministère de la justice", a notamment déclaré
M. Ladsous aux juges, selon le Canard enchaîné.
Le juge
Borrel, détaché comme conseiller du ministre djiboutien de la
justice, avait été retrouvé mort en 1995, le corps à
demi-calciné, au pied d'un ravin. Djibouti a conclu à un
suicide mais l'enquête française privilégie la thèse d'un
assassinat. La responsabilité présumée du président djiboutien
et de membres de son entourage a été évoquée lors de
l'instruction par plusieurs témoins.
Cette affaire a tendu les relations entre Paris et son
ancienne colonie de la Corne de l'Afrique, qui abrite la
principale base militaire française à l'étranger
Affaire Borrel: perquisition au ministère des Affaires
étrangères
AFP Infos Françaises Crime et délits, lois, justice, jeudi 19
avril 2007
PARIS - Une perquisition était en cours jeudi au ministère des
Affaires étrangères dans le cadre d'une enquête judiciaire sur
d'éventuelles pressions sur la justice dans l'affaire du juge
Borrel, retrouvé mort en 1995 à Djibouti, a-t-on appris auprès
du ministère. "Les juges d'instruction chargés d'examiner la
plainte déposée par la partie civile dans cette affaire,
relative à un communiqué de presse diffusé par le ministère
des Affaires étrangères, se trouvent actuellement au Quai
d'Orsay", a déclaré à la presse le porte-parole du ministère,
Jean-Baptiste Mattéi. "Je n'ai aucun commentaire à faire sur
une procédure judiciaire en cours", a-t-il ajouté.
Cette plainte visait une déclaration officielle du Quai
d'Orsay du 29 janvier 2005 qui avait assuré qu'une copie du
dossier d'instruction français relatif au décès du juge Borrel
serait "prochainement transmise à la justice djiboutienne",
qui en avait fait la demande. Or, quelques jours plus tard, la
juge chargée du dossier, Sophie Clément, refusera cette
transmission estimant notamment que la demande de Djibouti
avait "pour unique but de prendre connaissance (...) de pièces
mettant en cause le procureur de la République de Djibouti".
Le juge Borrel, détaché comme conseiller du ministre
djiboutien de la Justice, avait été retrouvé mort en 1995, le
corps à demi-calciné, au pied d'un ravin. Djibouti a conclu à
un suicide mais l'enquête française privilégie la thèse d'un
assassinat. La responsabilité présumée du président djiboutien
et de membres de son entourage dans la mort du juge a été
évoquée lors de l'instruction par plusieurs témoins.
La juge Clément a délivré, en octobre 2006, des mandats
d'arrêt contre le procureur et le chef des services secrets de
Djibouti pour une éventuelle "subornation de témoins" dans
l'enquête. L'ex-porte-parole du Quai d'Orsay Hervé Ladsous,
visé par une information judiciaire pour des supposées
pressions sur la justice dans cette affaire et aujourd'hui
ambassadeur de France en Chine, a de son côté récemment mis en
cause le cabinet de l'ancien garde des Sceaux Dominique
Perben.
M. Ladsous a été entendu le 21 mars en tant que témoin assisté
par les juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia, qui
instruisent la plainte d'Elisabeth Borrel, veuve du juge
Bernard Borrel. Interrogé sur la déclaration du Quai d'Orsay,
assimilée par les plaignants à une pression sur la justice,
l'ambassadeur a affirmé s'être borné à publier un communiqué
préparé par le cabinet du ministre de la justice. "Il y a
visiblement quelqu'un qui a fait une grosse boulette à la
chancellerie", a déclaré M. Ladsous aux juges, selon
l'hebdomadaire Le Canard enchaîné. A l'époque, le cabinet du
ministre était dirigé par l'actuel procureur général de Paris,
Laurent Le Mesle. Interrogé, ce dernier n'a pas souhaité
commenter les déclarations de M. Ladsous.
Djibouti :
Guelleh maintient la pression
L'Humanité, 16
avril 2007
Incarcéré
voici un mois pour « diffamation et diffusion de fausses
nouvelles », Jean-Paul Noël Abdi, président de la LDDH (Ligue
djiboutienne des droits humains), est sorti de prison ce 11
avril, au terme d'un procès marqué par des témoignages
confirmant la réalité des massacres de civils afars et du viol
d'une jeune fille handicapée par des soldats de la garde
présidentielle. Libéré, donc, mais non innocenté puisque
condamné à douze mois de prison, dont un ferme (celui déjà
accompli) et onze avec sursis. Le gouvernement Guelleh
maintient la pression : le militant reste menacé de prison au
moindre propos déplaisant. Par exemple sur un certain charnier
découvert en février dernier au Day...
Un
défenseur des droits humains condamné
Le Figaro, 13 avril 2007
Un défenseur
des droits humains condamné DJIBOUTI. Jean-Paul Noël Abdi, le
président de la Ligue djiboutienne des droits humains, a été
condamné mercredi pour diffusion de fausses nouvelles par la
cour d'appel de Djibouti à un an de prison, dont onze mois
avec sursis.
Il était poursuivi pour la publication d'une note
d'information évoquant des meurtres et un viol commis par les
forces gouvernementales.
Saisie record de khat à la douane de Mategnin
La Tribune de Genève, 12 avril 2007
jeudi AUTEUR: Prieur
«Il s'agit
de la plus grosse saisie de khat jamais effectuée dans le
canton de Genève», souligne l'adjudant Michel Bachar du
Corps III des gardes-frontière. 216,5kilos de cette drogue
douce ont été saisis à proximité de la douane de Mategnin,
sur la commune de Meyrin, le samedi31 mars.
Vers 9 h
30, un automobiliste originaire de Somalie âgé d'une
trentaine d'années, entre sur le territoire suisse au
volant d'une Ford bleue immatriculée dans le canton de
Vaud. Pour éviter le poste-frontière, il choisit de
tourner à droite, empruntant la route de Prevessin. Une
patrouille mobile des gardes-frontière est justement en
planque à cet endroit. Quant à son complice, l'éclaireur
censé lui ouvrir la voie, il se trouvait derrière le
premier véhicule au lieu de le précéder.
Lors du
contrôle, les gardes-frontière découvrent dans le coffre
de la Ford d'énormes sacs de jute, contenant les bottes de
khat. «Cette drogue doit être consommée fraîche précise
l'adjudant. Elle est importée par avion depuis l'Afrique
et arrive sur le sol hollandais où elle est légale. Elle
est ensuite convoyée par voie terrestre. » Cette substance
est principalement utilisée en Somalie, Éthiopie.
Consommée en la mâchant, elle provoque un état euphorique.
A forte dose, elle peut entraîner une perte d'appétit, des
insomnies voire rendre impuissant.
«C'est
sans doute à l'occasion d'une fête que cette quantité
impressionnante a été commandée», indique Michel Bachar.
En 2006, la totalité de khat saisie en Romandie atteignait
76kilos. Et 500kilos en 2005.
Jugé, le
conducteur a écopé de soixante jours-amende et de trois
ans de sursis.
JUGE
BORREL Le cabinet Perben mis en cause
Le Progrès - Lyon Informations générales, mercredi 11 avril
2007, p. / www.leprogres.fr >
L'ex-porte-parole du Quai d'Orsay, Hervé Ladsous, aujourd'hui
ambassadeur de France en Chine, met en cause le cabinet de
l'ancien garde des Sceaux Dominique Perben dans une enquête
sur d'éventuelles pressions sur la justice liées à l'affaire
Borrel. La veuve du juge assassiné en 1995 à Djibouti avait
déposé plainte après que Djibouti n'eut pas reçu, alors qu'il
l'avait demandée, une copie du dossier. A l'époque, le cabinet
de Perben était dirigé par l'actuel procureur général de
Paris, Laurent Le Mesle.
Note d'information du 15 avril 2007 : la Ligue djiboutienne
des droits humains (LDDH) est libre
|

Le Président |
NOTE D’INFORMATION
DU 15 AVRIL 2007
La
L.D.D.H. EST LIBRE !!! |
Outre la
défense d’une cause juste, je dois ma libération au
courage et à la solidarité agissante d’un certain nombre
de personnes et d’organisations que je tiens
particulièrement à remercier ici et aujourd’hui :
-Mes avocats
Maîtres Luc Aden et Zakaria du barreau djiboutois et
singulièrement Maître Michel TUBIANA, vice-président de la
F.I.D.H. et mandaté par celle-ci pour me défendre : sa
plaidoirie devant une assistance acquise à la cause défendue,
a été déterminante durant un procès qui a vu le ministère
public confondu et son avocat Maître Aref…confus !
- Ainsi que
les média internationaux qui ont couvert à leur manière ce
procès. Nous pensons notamment à la B.B.C., R.F.I., Radio
Vatican et dans la presse écrite « le Soir de Bruxelles » qui
a publié un article du bien informé journaliste de terrain
Alain LALLEMAND, « Les nouvelles d’Addis »…
-Cassim Ahmed
Dini que j’ai mandaté pour représenter la L.D.D.H. au congrès
de l’UIDH à Ouagadougou (Burkina Faso);
-Le comité de
soutien en Europe crée par notre ami défenseur des défenseurs
des Droits de l’Homme Mohamed KADAMY ;
-Tous ceux qui
par téléphone ou par écrit m’ont témoigné une réconfortante
solidarité
- Et last but
not not least, les personnalités et partis politiques (A.R.D.,
U.D.J., M.R.D…) qui ont par leurs écrits ou présence physique
aux audiences du Tribunal et à l’Hôpital Peltier, publiquement
exprimé leur indignation et manifesté leur solidarité,
continuant à ce jour à combattre l’arbitraire et la violation
des Droits Humains à Djibouti ;
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH), à la veille du congrès
international de la Fédération Internationale des ligues des
Droits de l’Homme (F.I.D.H.) qui se réunira prochainement à
Lisbonne au Portugal, tient dans le cadre de sa mission de
prévention des conflits à attirer l’attention de tous les
partenaires au développement humain de Djibouti sur la
situation potentiellement explosive qui prévaut actuellement à
Djibouti…
Aveuglés par
la lutte contre le terrorisme et un ennemi toujours invisible,
le plus souvent supposé, les grandes puissances militairement
présentes à Djibouti (U.S.A., France et O.T.A.N.), ne voient
pas (ne veulent pas voir ?) ou tout simplement ignorent qu’ils
structurent ici par leur soutien inconditionnel à cette
dictature, un terreau au terrorisme qu’ils prétendent
combattre partout et tout le temps !
A leur vu et
su, les violations récurrentes des Droits Humains (politiques,
syndicaux, d’expression…), l’arbitraire, l’impunité des crimes
ordinaires et de guerre, les criantes inégalités,
l’enrichissement illicite et soudain de quelques oligarques
font de Djibouti une poudrière où le pire est à craindre…
DEMAIN, IL
SERA TROP TARD !!!
M.
NOËL ABDI Jean-Paul
Procès verbal de la réunion du comité de suivi du 4/01/94 sur
la disparition des civils dans le nord du pays
République de Djibouti
ASSEMBLÉE NATIONALE
Djibouti, le 5 JANVIER 1994
COMITE DE SUIVI PROCÈS-VERBAL DE LA RÉUNION DU COMITE DE SUIVI
TENUE LE 4 JANVIER 1994 A L'ASSEMBLÉE NATIONALE
Étaient
présents:
NOEL ABDI
JEAN-PAUL, Président du Comité Parlementaire de Suivi
MOHAMED IBRAHIM SULTAN, Ministre
AHMED BOULALEH BARREH, Ministre
ALI. MAHAMADE HOUMED, Ministre
Les Membres du
Comité Parlementaire de Suivi :
HAMADOU TAABIS
BILAN,
MOHAMED ABRO MOHAMED
HABIB MOHAMED LOITA,
ABDl MAHAMOUD KOCHIN,
ABOUBAKER ASSO ANDYO,
ABDOULWAHAB ALI OUDOUN,
SAID MOHAMED HASSAN.
La Réunion a
débuté à 11H15.
NOEL ABDI
JEAN-PAUL : Nous avons invité le Ministre de la Jeunesse, des
Sports et des Affaires Culturelles et celui de l’Industrie
pour qu'ils nous donnent des éclaircissements sur les
accrochages entre les forces armées nationales et les
rebelles, dans le Nord du Pays. Nous avons également contacté
le Ministre de la Défense qui va bientôt nous rejoindre.
Nous pouvons
commencer.
Je donne la
parole au Ministre de l'Industrie.
ALI MAHAMADE
HOUMED : Il y a eu une embuscade tenue par des rebelles aux
forces armées nationales le Vendredi 31 Décembre 1994 à 16H00.
Le Ministre de la Défense m'a téléphoné le même jour vers
minuit et m'a invité à me rendre sur les lieux. Je suis parti
le Samedi 1er Janvier à 6H30 à Tadjourah.
Aussitôt, j'ai
pris contact avec le Commissaire de Tadjourah ainsi que 3
Députés présents dans le Chef-lieu. Le premier jour, le Chef
du Corps de la région n'a pu nous accompagner parce qu'il
était en déplacement.
Le deuxième
jour, c'est-à-dire dimanche, nous nous sommes rendus à Randa
où nous avons pû prendre contact avec les notables et les
sages de cette localité. Nous avons pu visiter les prisonniers
et nous avons pu libérer un grand nombre d'entre eux, à part
les suspects.
Arrivés au
Day, nous avons parlé avec la population et notamment avec les
sages. C'est là qu'on nous a appris que 7 civils étaient
portés disparus. Leurs noms nous furent communiqués. Aussitôt,
nous avions demandé aux responsables militaires de cette zone
ce qu'il en était. Les militaires de cette zone postés à l’ «
Antenne » du Day nous ont affirmé que 7 personnes ont pris la
fuite lors des combats et du cafouillage qui s'en est suivi.
Une autre
fois, ces militaires ont reconnu qu'ils ont enterré des
cadavres sans sépultures. Donc nous avons décelé dans leurs
différentes affirmations des contradictions. Nous leur avons
demandé là où ils ont enterré les cadavres. Nous sommes
revenus à Djibouti dans l'après-midi du Dimanche.
Si le Comite
de suivi estime nécessaire, les Députés peuvent se rendre sur
les lieux afin de constater les faits et calmer les esprits.
Mais l'essentiel est que vous ne restez pas inactifs. Faites
quelque chose. En fin de compte, 7 prisonniers ont trouvé la
mort et 2 sont libérés.
Actuellement,
la Gendarmerie de Tadjourah enquête sur les circonstances de
la mort des 7 personnes, ce qui est rassurant pour la
population de cette région qui craint beaucoup les militaires
qui sont dans les montagnes. Ce qui pose souvent des
problèmes, c'est que l'armée libère des gens sans noter leurs
noms et il faudrait à l'avenir qu'elle enregistre les noms des
personnes qu'elle relâche.
HABIB MOHAMED
LOITA: Je rappelle au Gouvernement que nous sommes partis au
mois de Septembre 93 à Tadjourah et que nous avons établi un
rapport détaillé et circonstancié de notre visite, que ce
rapport a été remis au Chef du Gouvernement et que jusqu'à
maintenant nous n'avons pas eu de réponses à nos diverses
interrogations et propositions formulées dans ledit rapport.
Personnellement, je ne vois pas pourquoi nous retournerions
une deuxième fois à Tadjourah. Qu'allons nous dire aux pauvres
gens terrorisés ? Le Gouvernement ne nous informe pas des
mesures qu'il prend.
AHMED BOULALEH
BARREH: Si vous n'aviez pas eu de réponse à votre première
lettre, faites une lettre de rappel.
ABOUBAKER ASSO
ANDY0 : Nous sommes partis à Tadjourah pour calmer les
populations et évaluer la situation. Nous avions demandé aux
okals de prendre leurs distances par rapport aux rebelles et
de les isoler. Il nous ont accepté. Mais nous apprenons
maintenant que l'armée a exécuté des civils emprisonnés.
Alors, je ne vois pas comment nous allons discuter une
nouvelle fois avec ces okals. Ils se sentiraient trahis. Les
personnes tuées ne sont pas tombées au cours des combats, mais
abattues de sang froid.
ABDI MAHANOUD
KOCHIN : M. ALI MAHAMADE vient de nous dire qu'il y a deux
versions contradictoires des faits. Par conséquent, nous
devons nous garder de privilégier une version par rapport à
l'autre. Nous devons être objectifs et vérifier, avant toute
prise de positions, la véracité de ce que nous avançons.
NOEL ABDI
JEAN-PAUL: Comme le Ministre de la Défense vient d'arriver,
j'aimerais qu'il nous donne des éclaircissements sur les
comportements de nos militaires et qu'il réponde aux trois
questions suivantes:
1 - Est-ce
qu'il a eu extension des ratissages de l'armée en dehors du
lieu de l'embuscade ?
2 - Y-a-t-il
eu des bavures ?
3 - Qu'en
est-il de l'enquête militaire que nous avions demandée dans
notre premier rapport confidentiel remis au Président de la
République ?
AHMED BOULALEH
BARREH Ministre de la Défense: L'embuscade a eu lieu vers 18H:
il y a eu 5 blessés dont 2 grièvement dans nos rangs (armée).
Aussitôt les forces armées nationales ont bouclé toute la zone
pour trouver les malfaiteurs. Des personnes ont été capturées.
Par la suite, un grand nombre d'entre elles a été relâché et
environ 5 à 7 personnes ont été retenues pour enquête et
complément d'informations.
ALI MAHAMADE
HOUNNED : Nous sommes tous des responsables du même parti.
Mais nous devons nous dire la vérité, entre nous. Les forces
armées nationales font toujours des bavures là où les
embuscades lui sont tendues. Les habitants du Day ont affirmés
que 7 personnes arrêtées sont restées introuvables et
probablement tuées. Les militaires ont reconnu qu'ils ont
enterré des corps sans sépultures. Nous leur avions remis des
tissus pour envelopper les cadavres, il y avait 5 de la même
famille (de l'Okal général DABALEH). Comme je connais mieux la
région, j'essaierai de répondre à la première question de
JEAN-PAUL. L'incident a eu lieu à Hémallé et les ratissages se
sont tendus jusqu'à l'Antenne du Pic: donc il y a eu extension
des ratissages. Parmi les morts, il y a un vieillard édenté.
Tout ceci est regrettable.
AHMED BOULALEH
BARREH Ministre de la Défense: Ce sont des civils sous le choc
qui vous ont raconté cette version des faits. De son côté
l'armée affirme que ces personnes se sont fuites et ont été
tuées lors de leur escapade. Personne de nous tous n'était
sur les lieux, donc il ne faut pas privilégier une version par
rapport à l'autre. Si les parlementaires veulent connaître la
vérité, je leur demanderais:
- soit
d'attendre la réponse et la réaction du Président de la
République,
- soit de
faire leur propre enquête et d'aller sur place. Je vous mets
en garde des différentes rumeurs partisanes qui courent dans
la ville et qui peuvent fausser notre raisonnement et notre
prise de décision.
MOHAMED ABRO
MOHAMED : Je demanderais aux militaires de ne pas tuer les
civils maïs de traquer ceux qui sont armés, c'est-à-dire les
rebelles
HABIB MOHANED
LOITA: Les forces armées nationales ne sont pas habilitées à
faire des enquêtes. Il y a des gens qui s'occupent de .cette
besogne. Les militaires ne doivent pas tuer les civils qu'ils
raflent.
AHMED BOULALEH
BARREH Ministre de la Défense : Comme il faisait nuit, j'ai
demandé à l'Armée de ne pas tirer dans l'obscurité afin
d'éviter les bavures et d'épargner les innocents. Le matin,
lorsque les militaires ont commencé à nettoyer la zone, des
individus ont pris la fuite et les militaires ont tiré dans
leur direction les prenant pour les auteurs de l'embuscade.
Encore une fois, c'est le comportement suspect de ces
personnes qui ont fuit devant les militaires qui a conduit ces
derniers à faire usage de leurs armes.
ABOUBAKER ASSO
ANDYO : Si l'armée tue quelqu'un qui court, ce qui n'est pas
grave. Mais le problème, c'est que le Ministre MAHAMADE vient
de nous dire qu'il a entendu des personnes raconter que des
civils ont été tués de sang froid.
NOEL ABDI JEAN
PAUL: Suite à la libération de ALI AREF et de ses codétenus et
suite à l'échange des derniers prisonniers, la situation
politique permet aujourd'hui de mettre sur pied une enquête
judiciaire (et non une enquête militaire ou administrative).
C'est ce que le Comité de suivi veut.
ABDOULWAHAB
ALI OUDOUN: La principale faute incombe au responsable
militaire de l'Antenne du Pic qui prend des initiatives
personnelles sans l'avis de son supérieur de Randa. Afin
d'apaiser les esprits, nous vous demandons, Monsieur le
Ministre de la Défense, de muter l'adjudant Guestir.
ALI MAHAMADE
HOUMED: L'Adjudant Guestir a failli me battre une fois lors
des élections présidentielles. C'est un homme nerveux, à
l'époque il avait laissé passer les militants de l'opposition
au PK 9 et m'avait empêché de poursuivre ma route vers Randa.
NOEL ABDI
JEAN-PAUL: Le Comité de Suivi demande au Ministre de la
Défense le rappel de l'Adjudant Guestir dont les civils se
plaignent.
ABDOULWAHAB
ALI OUDOUN: Pour ma part, j'estime que l'enquête judiciaire
sera lourde de conséquences et pourra avoir des conséquences
néfastes sur la cohésion gouvernementale actuelle puisqu'il y
a une opposition et comme les conclusions de l'enquête seront
nécessairement rendues publiques tout le monde s'en mêlera.
NOEL ABDI
JEAN-PAUL:
Messieurs les
Ministres, nous vous remercions d'avoir répondu favorablement
à l'invitation de notre Comité.
En résumé il
ressort de notre discussion deus points:
- Ouverture
d'une enquête judiciaire,
- Le rappel de
l'adjudant " Guestir" dans le plus brefs délais pour apaiser
les esprits.
Quant à moi,
en tant que Président du Comité, j'écrirais au Chef du
Gouvernement pour lui faire part de nos propositions et de nos
soucis.
La réunion a
pris fin à 12H 01.
M.
NOËL ABDI Jean-Paul
Diffusion
restreinte:
- Président de
la République, Chef du Gouvernement
- Président de l'Assemblée Nationale
- Les membres présents à la réunion
- Le Commissaire de la République, Chef du District de
Tadjourah
– Le Secrétaire Général Adjoint
- Le Ministre de l'Intérieur et de Décentralisation
Communiqué du Comité pour la libération de Jean Paul Noël
Abdi
COMITE POUR LA LIBÉRATION DE JEAN PAUL NOËL ABDI
Président de la Ligue
Djiboutienne des Droits Humains
E.mail :
libertejpnabdi@hotmail.fr
Paris, le 11 Avril 2007
Le Comité se félicite de la
libération de Jean Paul Noël Abdi, Président de la Ligue
Djiboutienne des Droits Humains intervenue ce matin, mais
dénonce néanmoins sa condamnation à un an de prison dont 11
mois avec sursis.
Pourtant l’accusation de
« diffamation et diffusion de fausses nouvelles » a été
complètement balayée par Maître TUBIANA venu spécialement de
France pour défendre le Président de la LDDH.
Le Comité se félicite de la
mobilisation de toutes les sensibilités de l’opposition
djiboutienne ainsi que des soutiens des citoyens français,
djiboutiens, personnalités africaines, partis politiques et
associations pour la libération de Jean Paul Noël Abdi.
Le Comité demande à tous ceux
qui se sont engagés pour la libération de Jean Paul Noël de
rester vigilants à la situation des Droits Humains à Djibouti
et plus particulièrement à celle du Président de la Ligue
Djiboutienne des Droits Humains.
Les
porte paroles
Simone Bernier
Aicha Dabalé
Mahdi I. God
Said Mohamed
FIDH et OMCT : Condamné en appel à 1 an de prison dont 11
mois avec sursis, le président de la Ligue djiboutienne
des droits humains va être libéré

jeudi 12 avril
2007
M. Jean-Paul
Noël Abdi, président de la Ligue djiboutienne des droits
humains (LDDH), a été condamné ce jour par la Cour d’appel de
Djibouti à 1 an de prison dont 11 mois avec sursis et 200.000
francs djiboutiens d’amende. Ses avocats, Me Luc Aden, Me
Zakaria et Me Tubiana, mandaté au nom de l’Observatoire pour
la protection des défenseurs des droits de l’homme, programme
conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits
de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la
torture (OMCT), vont former un pourvoi en cassation.
M Abdi avait
été condamné le 18 mars 2007 par le Tribunal Correctionnel de
Djibouti pour « divulgation de fausses nouvelles », et
« diffamation » à la peine de 6 mois d’emprisonnement pour
avoir violé les dispositions des articles 425 du Code pénal et
79 de la loi sur la communication[1]. Etait en cause la
publication par le président de la LDDH d’une note
d’information datée du 3 mars 2007 intitulée « Le Day, zone de
non droit » où il faisait état de la découverte d’un charnier
dans le village du Day (district de Tadjourah) comprenant les
corps de sept civils qui auraient été tués par les forces
gouvernementales le 1er janvier 1994 ainsi que du viol en
février 2007 dans ce même village d’une jeune fille par un
sergent de la garde républicaine.
Dans leurs
conclusions déposées en appel, les avocats de M. Jean-Paul
Noël Abdi ont contesté l’étendue de la poursuite, considérant
que le Tribunal s’était fondé dans son jugement sur des faits
non visés par la saisine, ce en violation des articles 239 et
240 du Code de procédure pénale. Par ailleurs, les avocats ont
relevé que leur client avait fait l’objet d’une procédure de
flagrant délit alors qu’aucune disposition de la loi sur la
communication ne permet de recourir à une telle procédure.
Ceci a eu pour effet d’abréger les délais que la loi lui
accorde pour préparer sa défense. Quant au fond de l’affaire,
il a été plaidé que les faits relevés par Jean-Paul Noel Abdi
concernant l’agression sexuelle de la jeune fille n’étaient
pas contestables et que, de manière similaire, la mort de
personnes au cours d’une tentative de fuite, selon les
autorités, en 1994 n’avait pas été contestée par les autorités
à l’époque des faits. Le Tribunal a d’ailleurs rejeté les
constitutions de partie civile des deux militaires qui
s’étaient joints à l’action du Parquet.
Cette
décision, si elle permet la libération de M. Jean-Paul Noel
Abdi, laisse planer sur lui la menace que sont les 11 mois de
prison avec sursis alors que les témoignages recueillis
établissaient sans contestation possible la véracité des
faits, au surplus de notoriété publique.
La Cour de
Cassation aura à examiner cette procédure et l’Observatoire
rappelle que la Rapporteure spéciale de la Commission
africaine des droits de l’Homme et des peuples sur les
défenseurs a exhorté dans un communiqué du 16 mars 2007[2] le
Gouvernement de Djibouti à garantir à M. Jean-Paul Noël Abdi
un procès juste et équitable conformément à l’article 7 de la
Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.
L’Observatoire
demande plus généralement aux autorités djiboutiennes de se
conformer aux dispositions de la Déclaration sur les
défenseurs des droits de l’Homme adoptée par l’Assemblée
générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, notamment à son
article premier qui dispose que « chacun a le droit,
individuellement ou en association avec d’autres, de
promouvoir la protection et la réalisation des droits de
l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et
international » et à son article 6.b qui dispose que « chacun
a le droit, individuellement ou en association avec d’autres
de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des
idées, informations et connaissances su tous les droits de
l’Homme et toutes les libertés fondamentales », ainsi qu’aux
dispositions des instruments internationaux et régionaux
ratifiés par Djibouti.
Pour plus
d’informations, merci de contacter : FIDH : Gaël Grilhot : +
33 1 43 55 25 18 OMCT : Delphine Reculeau : + 41 22 809 49 39
[1] Cf. Communiqué de l’Observatoire diffusé le 19 mars 2007.
[2] Cf. Communiqué de presse sur l’harcèlement de M. Jean-Paul
Noël Abdi,
http://www.achpr.org/francais/_info/Press%20relaese_Djibouti%20_fr.htm
Source :
Observatoire FIDH - OMCT
Djibouti : un an de prison en appel pour un défenseur des
droits de l'Homme (AFP).
JEUNE AFRIQUE (avec AFP) - 12 avril 2007
Le président
de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) a été
condamné en appel à un an de prison, dont onze mois avec
sursis, ce qui permet sa libération, selon un communiqué de la
Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) reçu
jeudi.
Jean-Paul Noël
Abdi a été condamné mercredi par la Cour d’appel de Djibouti
"à un an de prison, dont onze mois avec sursis et 200.000
francs djiboutiens (885 euros) d'amende", selon le texte de la
FIDH. Ses avocats vont former un pourvoi en cassation.
Le 18 mars, en
première instance, M. Abdi avait été condamné par le tribunal
correctionnel de Djibouti à six mois de prison ferme pour
"divulgation de fausses nouvelles" et "diffamation".
M. Abdi était poursuivi pour la publication d’une note
d’information du 3 mars 2007, faisant état de la découverte
d’un charnier dans le village du Day (nord de Djibouti) dans
lequel se trouvaient les corps de sept civils qui auraient été
tués par les forces gouvernementales le 1er janvier 1994.
Il avait aussi
parlé du viol en février 2007 dans ce même village d’une jeune
fille par un sergent de la garde républicaine.
Sa
condamnation en appel "permet (sa) libération", selon la FIDH,
puisqu'il était en prison depuis le 18 mars. Il devrait être
libéré d'ici samedi, selon l'organisation.
Mais cette
condamnation "laisse planer sur lui la menace que sont les 11
mois de prison avec sursis, alors que les témoignages
recueillis établissaient sans contestation possible la
véracité des faits (qu'il a relatés)", estime la FIDH.
Source :
AFP
Libération avec sursis du président Abdi Noël par la Cour
d'Appel de Djibouti
11/04/07
L'Alliance républicaine pour le développement (ARD)
rejoint dans la joie et le soulagement toute l'équipe de
l'ARDHD ainsi que les membres du comité de soutien pour la
libération de Jean Paul Abdi Noël en adressant ses
félicitations à Jean-Paul Noël ABDI, Président de la LDDH
pour sa libération et pour sa détermination dans son
combat contre les injustices et pour la reconnaissance des
droits sacrés des Djiboutiens et des victimes en
particulier.
La
libération de Jean-Paul Abdi Noël est intervenue à l'issue
du jugement avec sursis prononcé par la Cour d'appel de
Djibouti, même si la peine a été doublée au passage. Il
n'est pas dans le tempérament de M. Abdi Noël de se
laisser intimidé de la sorte, fort du soutien témoignée
par des organisations telles que Survie et la Fédération
internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH),
laquelle avait dépêché l'avocat Tubiana à Djibouti pour le
procès.
La
Rédaction
Communiqué de l'Union djiboutienne du travail (UDT) du 11
avril 2004
L'UDT ainsi
que tous les organisations syndicales Djiboutiennes, par la
voie du secrétaire aux relations internationales de l'UDT,
condamnent l'arrestation et la détention du président de la
ligue Djiboutienne des droits de l'homme Mr ABDI JEAN PAUL
NOËL.
Nous
qualifions cette arrestation d'action barbare qui n'est autre
que la continuité de la politique du gouvernement djiboutien
qui a déclaré ex-professo de libelle tous les instruments
juridiques onusiens, africains et arabes qu'il a ratifié dont
en premier les conventions de l'OIT et la déclaration
universelle des droits de l'homme.
Les
accusations formulées l'égard du président de la LDDH
constituent un acte particulièrement sournois qui transforme
le simple règlement d'une affaire entre un plaignant et un
accusé en un délit criminel ...
Les atteintes
morales ou physiques que le président de la LDDH a subi ou
subira sont de la responsabilité du gouvernement djiboutien du
fait que sa détention est du à son activité des défenseurs des
droits l'homme.
Nous
recommandons sa libération et son dédommagement immédiat.
HASSAN CHER HARED
Secrétaire aux relations internationales de l'UDT
Fait en Italie le 11 avril 2007
Borrel : l'ex-porte-parole du Quai d'Orsay met en cause la
Chancellerie
PARIS mardi 10 avril 2007 AFP Infos Françaises Crime et
délits, lois, justice,
L'ex-porte-parole du Quai d'Orsay Hervé Ladsous a récemment
mis en cause le cabinet de l'ancien garde des Sceaux Dominique
Perben dans une enquête sur d'éventuelles pressions sur la
justice liées à l'affaire Borrel, a annoncé mardi une source
proche du dossier. M. Ladsous, aujourd'hui ambassadeur de
France en Chine, a été entendu le 21 mars en tant que témoin
assisté par les juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia, qui
instruisent une plainte d'Elisabeth Borrel, veuve du juge
Bernard Borrel assassiné en 1995 à Djibouti, a-t-on précisé de
même source, confirmant une information du Canard enchaîné à
paraître mercredi.
Cette plainte visait une déclaration officielle du Quai
d'Orsay du 29 janvier 2005 qui avait assuré qu'une copie du
dossier d'instruction français relatif au décès du juge Borrel
serait "prochainement transmise à la justice djiboutienne",
qui en avait fait la demande. Or, quelques jours plus tard, la
juge chargée du dossier, Sophie Clément, refusera cette
transmission estimant notamment que la demande de Djibouti
avait "pour unique but de prendre connaissance (...) de pièces
mettant en cause le procureur de la République de Djibouti".
La juge Clément a par la suite délivré, en octobre 2006, des
mandats d'arrêt contre le procureur et le chef des services
secrets de Djibouti pour une éventuelle "subornation de
témoins" dans l'enquête sur l'assassinat du juge Borrel.
Interrogé sur la déclaration du Quai d'Orsay, assimilée par
les plaignants à une pression sur la justice, l'ambassadeur a
affirmé s'être borné à publier un communiqué préparé par le
cabinet du ministre de la justice. "Il y a visiblement
quelqu'un qui a fait une grosse boulette à la chancellerie
(...) quelqu'un qui aurait dû connaître la bonne procédure. Ce
n'était pas notre métier. C'était celui du ministère de la
Justice", a notamment déclaré M. Ladsous aux juges, selon le
Canard enchaîné. A l'époque, le cabinet du ministre était
dirigé par l'actuel procureur général de Paris, Laurent Le
Mesle. Interrogé par l'AFP, ce dernier n'a pas souhaité
commenter les déclarations de M. Ladsous.
Note d'information de la LDDH un mois après l'arrestation du
président Noël Abdi
|
 |
NOTE D’INFORMATION DU 9 AVRIL 2007
UN
MOIS APRÈS SON ARRESTATION ET
DEUX
JOURS AVANT L’AUDIENCE D’APPEL
DU 11
AVRIL 2007 :
OUI
AU PARDON, NON A L’OUBLI ! |
I. Bref
rappel chronologique des faits
- Rappelle
que, le vendredi 9 mars 2007, à 9h00 du matin, la Police
Criminelle, sur ordre du Lieutenant-colonel Omar H. Hassan, a
procédé à l’arrestation de M. NOEL ABDI Jean Paul, Président
de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH);
- Que cette
arrestation a eu lieu le jour férié « vendredicale » et au
domicile du Défenseur des Droits de l’Homme et ce, sans mandat
d’amener ni mandat d’arrêt ;
- Que
l’enquête, proprement dite, n’a duré que 25 minutes ;
- Que, tard
dans la nuit, à 22h30, le Lieutenant-colonel Omar H. Hassan a
informé le détenu qu’il était :
1) «
Poursuivi par le Ministre de la Défense » sans lui montrer la
teneur de la plainte,
2) Qu’il avait
droit à un médecin et à un avocat,
3) Que le
Procureur l’a mis en garde à vue jusqu’au lendemain 10 mars
2007.
- Que n’ayant
pas le numéro de téléphone du Bâtonnier de l’Ordre des
Avocats, l’intéressé a été contraint de téléphoner à son
beau-frère ;
- Rappelle que
pour des soi-disant écrits calomnieux, des faits supposés
diffamatoires et de diffusion de fausses nouvelles,
l’intéressé a été retenu en garde à vue pendant 24 heures dans
les locaux de la Brigade Criminelle ;
- Que les
faits reprochés concernent l’information diffusée par le
Communiqué du 3 mars 2007 sur le « viol d’une sourde-muette au
Day » ;
- Que ce
communiqué faisait référence à la « découverte d’un charnier
au Day » diffusée par la Note d’Information du 14 février
2007, et dont les « ossements exhumés, par les ravinements des
eaux torrentielles, seraient ceux des civils innocents, triés
et exécutés, sans aucun jugement (extrajudiciaires) par les
Forces Armées Djiboutiennes, et dont les corps n’avaient pas
été retrouvés » ;
- Que cette
Note d’Information du 14 février 2007, relatant une découverte
du 09 février 2007 au Day à proximité de la résidence du Chef
de l’Etat, n’était pas en la possession de la Police
Criminelle ;
- Que la
Police Criminelle a récupéré ce document tôt le samedi matin,
en accompagnant à son domicile la victime en garde à vue ;
- Qu’en même
temps, M. NOEL ABDI Jean Paul avait remis le nom complet du
père de la sourde-muette violée par deux individus dont un
sergent de la Garde Républicaine ;
- Que le nom
du père de la victime, M. Abdallah Ali Mohamed, n’avait pas
été transmis par la Police au Tribunal et n’avait pas été
joint au Procès-verbal de la Police Criminelle ;
- Rappelle que
le samedi 10 mars 2007, M. NOEL ABDI Jean Paul a signé vers 11
heures le procès-verbal de la Brigade Criminelle ;
- Qu’ensuite,
il fût immédiatement déféré au Parquet, où il a été condamné
par le Substitut du Procureur de la République, M. Ibrahim
Houssein Waiss ;
- Que ce
dernier, après lui avoir posé des questions de routine, s’est
empressé de notifier à la Police un mandat de dépôt en
l’informant qu’il sera jugé le lendemain par la Chambre des
Flagrants Délits ;
- Qu’une fois
arrivé à la prison de Gabode, les responsables de cette prison
ont bien voulu, à sa demande et compte tenu de sa santé,
l’incarcérer dans les locaux de l’infirmerie ;
- Rappelle
que, le dimanche 11 mars 2007, le détenu arbitraire fût
conduit tôt le matin au Tribunal de Djibouti ;
- Que les
commentaires de la garde à vue, ainsi que le résumé du procès
du 11 mars sont joints en Annexe I dans le compte rendu des
procès du dimanche 11 mars et du dimanche 18 mars 2007, propos
recueillis par un militant de la Ligue Djiboutienne des Droits
Humains (LDDH) ;
- Rappelle que
l’ensemble en Annexe II des documents remis au juge de la
Chambre d’Accusation du 17 mars 2007 sont les suivants :
1) «
Déclaration du 18 mars sur la découverte d’un charnier et le
viol d’une sourde-muette au Day »
2) « Quelques
légitimes questions au sujet des réfutations de viol au Day,le
18 mars 2007 »
- Déplore la
rapidité avec laquelle le procès du 18 mars 2007 s’est
déroulé;
- Conscients
que ce procès à charge n’avait qu’un seul objectif, celui de
coffrer un Défenseur des Droits de l’Homme, qui a eu le
courage par ses écrits de témoigner en faveur de sept disparus
le 1er janvier 1994 au Day ;
- Que le
courage du témoignage de M. NOEL ABDI Jean Paul sur toutes les
violations physiques ne date pas d’aujourd’hui ;
- Qu’en tant
que Défenseur des Droits Humains depuis le 9 mai 1999, il n’a
jamais hésité, même lors du conflit armé interne à dénoncer
toutes les exactions des droits civils et politiques violées
par la Partie Etat signataire de la Déclaration des Droits de
l’Homme et inséré lors du conflit dans la Constitution de la
République de Djibouti ;
- Met en
relief, le fait que :
1) la date du
11 avril 2007 est retenue par la Justice, suite à l’Appel
immédiatement interjeté le 19 mars 2007 depuis Gabode par le
détenu d’opinion, d’autant plus que le Tribunal lors de
l’audience de la Chambre des Délits avait refusé à son avocat
Maître Zakaria de plaider en sa faveur,
2) le jugement
du 18 mars 2007 était expéditif et truffé de vices de formes,
3) le Ministre
de la Justice a accepté qu’un avocat international vienne
plaider auprès de Maître Zakaria Abdillahi, en faveur de M.
NOEL ABDI Jean Paul
4) l’Ambassade
de Djibouti a octroyé un visa à Maître Michel Tubiana, l’un
des défenseurs de la FIDH ;
- Souhaite que
les pression du politique sur la Justice cesse dans cette
affaire, non répréhensible, car elle n’est qu’un simple
témoignage, avec pour seul but de mettre fin à la politique
délibérée de l’Impunité imposée en République de Djibouti,
depuis notre accession à la souveraineté nationale.
P/O du
Président
M.A.A.
Conseiller aux Relations Internationales
M. Abdi Noël serait bientôt reconduit à Gabode malgré
l'avis médical
Nous apprenons
que les autorités Djiboutiennes auraient exigé le retour de M.
NOËL ABDI Jean Paul à la prison de Gabode le lundi 09 Avril
2007 pour y attendre son procès en appel, malgré le fait
que la série d'analyses qu'il passe actuellement à l'hôpital
Peltier ne soit pas terminée.
Ses proches
s'inquiètent grandement pour son intégrité physique, vu les
conditions d'incarcération à la prison de Gabode.
LA RÉDACTION,
08 avril 2007
Communiqué de l'ARD : violation des droits humains :
témoigner, c'est prévenir
|

Alliance Républicaine
pour le Développement
A.R.D |
Violation
des droits humains:
témoigner, c'est prévenir |
« Hommes,
femmes, enfants, vieillards abattus à la Kalachnikov à bout
portant… charniers…viols, inhumations collectives… un pays à
feu et à sang… des crimes impunis…Comment arrêter la machine
infernale ? Cette spirale de l’effroi qui a transformé en
quelques années un paradis en enfer dans un pays où la Loi
pourtant déclare haut et fort, noir sur blanc, que la «
personne humaine est sacrée » »?
« Constitué
par les parents des victimes des massacres de Bouaké et de
Duékoué en Côte d’Ivoire, pour les assister dans les
procédures en cours, j’ai pris la responsabilité de rendre
publics leurs témoignages afin que les assassins et leurs
commanditaires sachent qu’ils n’échapperont pas au châtiment
de leurs crimes et que le temps de l’impunité est passé ! Ce
que je veux, c’est faire éclater la Vérité !!! »
Dans un autre
contexte, ces lignes auraient pu être écrites par notre ami
Jean Paul Abdi Noël... Elles ne sont pas de lui. Rendons donc
à Maître Jacques Verges les droits d’auteur de ces lignes.
Elles relatent les crimes commis une décennie durant
(1995-2005) à l’Ouest du continent. Elles sont consignées
dans un ouvrage intitulé « Crimes contre l’Humanité. Massacres
en Côte d’Ivoire » paru aux éditions Pharos/Laffont en Mai
2006. Cet ouvrage est plus qu’une plaidoirie. Il se veut,
c’est l’éditeur qui l’affirme, « (…) un témoignage »
Justement !
C’est pour avoir témoigné et rendu ici d’autres crimes publics
que le Président de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains a
une première fois été arrêté sans mandat à son domicile, placé
en garde à vue à la brigade criminelle, puis transféré et
écroué à la prison civile de Gabode, sous le chef d’accusation
de « divulgation de fausses nouvelles ».
Libéré
quelques jours plus tard et à nouveau arrêté puis condamné à 6
mois de prison fermes et écroué toujours à Gabode sous cette
fois le nouveau chef d’accusation d’ « offense aux
institutions républicaines ».
Fausses
nouvelles ?? Offense ??
Un rappel des
faits s’impose ! Apprenant qu’un charnier d’ossements humains
venait d’être découvert au Day, le Président de la LDDH mène
son enquête…Il recueille ainsi de nombreux témoignages divers
et concordants sur le lieu de la découverte du charnier,
l’identité des victimes (toutes civiles et identifiées par les
leurs, grâce à différents indices…), la date du massacre (1er
Janvier 1994) et l’identité des assassins présumés (militaires
en uniformes dans l’exercice de leur fonction !)…
Ancien député,
le Président de la LDDH se souvient qu’en Janvier 1995, il
était le rapporteur d’une commission d’enquête parlementaire
chargée d’instruire les plaintes des notables de la région au
sujet de l’arrestation à leurs domiciles respectifs de sept
(7) civils par les forces armées et de leur vraisemblable
exécution sommaire selon les plaignants de l’époque…et
d’aujourd’hui (et qui réclament encore justice !). Auteur
d’un premier rapport adressé aux Présidents de la République
et du Parlement de l’époque (et pour d’évidentes raisons
classé « confidentiel »), Mr Jean Paul Abdi Noël en cherche
une trace, la retrouve et en garde les copies en lieux sûrs, à
toutes fins utiles…
Dans la
foulée, dans un communiqué explicite, l’ARD, rappelle que les
noms des sept (7) civils figuraient dans la liste des
centaines de victimes civiles à indemniser et annexée à
l’Accord de Paix du 12 Mai 2001, signé en grandes pompes entre
le FRUD-Armé et le…gouvernement ! Il est laissé en liberté
provisoire en attendant son procès.
Mais très
vite, le naturel policier et répressif du pouvoir revient au
galop : Jean Paul est à nouveau arrêté ! Cette fois pour «
offense… » Pourquoi ? Parce qu’à peine remise du choc de la
découverte du charnier, la population du Day apprend
l’annexion du corps d’une des leurs par deux individus (un
membre de la Garde Républicaine et un enseignant). A nouveau,
elle alerte la voix des sans voix. Comme d’habitude, il
enquête…recoupe les témoignages, prend acte de la plainte
déposée par le père de la victime (une sourde-muette…) fait
son devoir, témoigne et condamne le viol…
C’est pour
s’être fait l’ écho de ce viol et l’avoir dénoncé que le
Président de la LDDH a été jugé pour ainsi dire à huis clos
puisque aucun de ses avocats n’a pu plaider et condamné à 6
mois de prisons fermes…
Pourtant, le
parquet ne nie pas les faits mais parle officiellement donc
sans rire, d’une « dispute » entre les deux auteurs du délit
et la sourde-muette…Sans commentaires !!!
Arrêté sans
mandat à son domicile, gardé à vue comme un délinquant,
écroué, libéré, à nouveau arrêté et écroué sans autres formes
de procès que l’arbitraire qui caractérise l’actuelle Justice
Djiboutienne, le Président de la LDDH est aujourd’hui
hospitalisé, sa santé s’étant dégradée en prison.
Au sortir de
ce procès à oublier, l’un de ses avocats contenant sa colère,
s’est écrié : « c’est un procès politique ! ». C’est exact,
Maître !
Mais pas
seulement et plus que ça ! Ce n’est pas seulement Jean Paul
Abdi Noël qui est visé par cette condamnation. C’est vous,
moi, lui, chaque Djiboutienne, tout Djiboutien, n’importe quel
démocrate de quelque ethnie, race ou confession qu’il soit.
Tous sommés de
nous accommoder de l’arbitraire…A d’autres !!!
C’est
précisément parce que nous avons la conviction que cet
arbitraire, est la conséquence d’une impasse essentiellement
politique, elle même le fruit de la violation de l’Accord de
Paix et d’engagements nationaux et internationaux
solennellement souscrits que nous affirmons avec détermination
et certitude que le procès à venir ne sera pas seulement celui
de notre ami Jean Paul Abdi Noël, ce sera aussi et surtout
celui de ce pouvoir sans foi ni loi…
- Par respect pour
tous les sacrifices consentis par les Djiboutiens durant (et
après) 8 ans de guerre civile...
- Au nom de tous les
martyrs civils et militaires…
- Par attachement aux
droits conquis sur cette terre qui nous est si chère…
- Gardant à l’esprit
le sang, les larmes et la sueur versés…
- Faisant nôtre le
sacerdoce de notre ami Jean Paul Abdi Noël, « nous offensons »
à notre tour les « institutions républicaines », si tant est
que d’un strict point de vue juridique, désigner un crime de
guerre (exécutions sommaires et répétées de civils par des «
soldats » en uniformes, viols…, un
délit ou infraction (tentative de viol, viol, coups et
blessures volontaires, arrestations et détentions
arbitraires…) par leur nom constitue une « offense »…
A l’instar de
tous les défenseurs des droits de l’Homme, Jean Paul n’a fait
que témoigner pour prévenir. Son noble combat pour que
justice soit rendue aux victimes de l’arbitraire fait honneur
à notre pays.
Mohamed Ali
Abdou
Secrétaire à la communication
et porte parole de l’ARD
Fait à
Djibouti, le 05/04/2007
Djibouti, à la réunion de Ouagadougou malgré tout
Article de CASSIM AHMED DINI, paru
aux Nouvelles d'Addis N°56 du 15 mars au 15 mai 2007
Réunis en
session ordinaire à Ouagadougou, les participants au 4e
congrès de l’Union interafricaine des Droits de l’Homme (UIDH),
venus de nombreux pays d’Afrique, ont examiné avec gravité
la situation des droits de l’homme et de leurs défenseurs
sur leur continent.
Concernant
Djibouti, et en l’absence de M. Jean-Paul Abdi Noël,
empêché par l’acharnement du régime, j’ai eu l’honneur de
dresser le sombre tableau prévalant en ce domaine à
Djibouti ; sans manquer d’attirer l’attention de
l’auditoire sur la mission (urgente) de prévention des
conflits dans laquelle s’inscrivait l’essentiel de
l’action de la Ligue djiboutienne des droits humains
(LDDH).
Dans un
contexte caractérisé par :
. la
violation de l’accord de paix du 12 mai 2001, faute
d’application gouvernementale, et sa dénonciation par
l’autre partie,
.
l’impunité généralisée accordée à tous les niveaux et dans
tous les domaines, qu’elle s’applique à tous les policiers
et militaires coupables de crimes et d’exactions contre
les civils ou alors aux responsables administratifs et
politiques s’adonnant allègrement aux détournements des
deniers publics,
. la mise
hors-jeu de toute l’opposition légalisée, la condamnant à
se scléroser sans gloire dans une posture de boycott, et
. les
atteintes graves et persistantes aux libertés syndicales,
se traduisant par une violation du droit au travail ou au
salaire impliquant une forte docilité de tous ceux dont
les conditions d’existence doivent quelque chose à l’Etat,
ce qui fait beaucoup de monde, dans le public comme dans
le privé,
les
congressistes ont fait leur la conclusion du délégué de la
LDDH : tous les éléments précurseurs d’une explosion
sociale et d’une reprise du conflit civil sont désormais
réunis à Djibouti.
Plus
gravement, par la ségrégation qui frappe exclusivement la
composante afar (refus des pièces d’identité, frein dans
l’éducation et la santé ou encore obstacles à l’embauche),
la situation à Djibouti correspond à la définition du
racisme contenue dans l’article 1er alinéa 1er
de la Convention onusienne du 21 décembre 1965 relative à
l’élimination de toutes les formes de discrimination
raciale, à savoir :
« Toute
discrimination, exclusion, restriction ou préférence
fondée sur la race, la couleur, l’ascendance ou l’origine
ethnique, qui a pour but ou pour effet de détruire ou de
compromettre la reconnaissance, la jouissance ou
l’exercice, dans des conditions d’égalité, des droits de
l’Homme et des libertés fondamentales dans les domaines
politique, économique, social et culturel ou dans tout
autre domaine de la vie publique. »
Rappelons
que les (derniers) déboires du président de la LDDH ont
commencé lorsqu’il s’est fait l’écho de la découverte au
Day d’un charnier, plaidant pour que l’impunité ne soit
pas (encore une fois) assurée aux responsables de ce
massacre collectif. Et se sont aggravés lorsqu’il a
dénoncé le viol, dans la même région, d’une jeune
sourde-muette, par des éléments de la garde
présidentielle.
L’arrestation du seul défenseur des droits de l’homme,
survenue après la clôture des travaux de ce 4e
congrès a conforté les défenseurs africains des droits de
l’homme dans leur conviction que la situation prévalant à
Djibouti (où sont de surcroît stationnées les armées de
telle puissance se targuant d’être le pays des droits de
l’homme ou de telle autre justifiant sans rire sa présence
militaire par la lutte contre le terrorisme et
l’instauration de la démocratie partout où de besoin, donc
a fortiori ici), leur conviction donc que la situation à
Djibouti constitue une honte et un défi pour toute une
Afrique dont les peuples aspirent à la liberté et pour une
UIDH dont les responsables ne peuvent admettre un tel état
de non droit.
Pas plus
que ne sont tolérables les complaisances extérieures (pour
ne pas parler de complicités) dont s’autorise le régime
djiboutien pour persister dans ses violations des normes
élémentaires d’un État de droit.
Cassim
Ahmed Dini
Lettre adressée au ministre français des affaires
étrangères par l'AFASPA
Michèle DECASTER
Bagnolet,
28 mars 2007
Secrétaire Générale de L'AFASPA
Monsieur Philippe Douste Blazy
Ministre des Affaires Etrangères
37, Quai d’Orsay
75007 PARIS
Objet :
Atteintes aux droits de l'Homme à Djibouti
Monsieur le Ministre,
Une
nouvelle fois les droits humains sont bafoués dans la
République de Djibouti, non seulement à l'égard des
populations civiles mais aussi envers les trop rares
démocrates qui tentent de les dénoncer et de s'y opposer.
Comme
vous le savez, le 18 mars dernier, Jean Paul Noël, Président
de la Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme (LDDH), a été
condamné, à six mois d’emprisonnement ferme par le tribunal de
Djibouti pour avoir demandé une enquête sur le charnier
découvert le 7 février 2007 au Day, non loin de la résidence
secondaire du Président de la République, et pour avoir
dénoncé le viol d’une jeune femme handicapée le 28 février
2007 par des soldats de la Garde Présidentielle .
L’Association Française d'Amitié et de Solidarité avec les
Peuples d'Afrique se joint à l'Observatoire pour le Respect
des Droits Humains à Djibouti et au Comité des Femmes
Djiboutiennes contre les Viols et l’Impunité pour dénoncer
cette condamnation scandaleuse et la répression qui
s'intensifie à l’encontre des personnes qui dénoncent les
violations des Droits Humains durant le deuxième mandat
présidentiel d'Ismael
Omar Guelleh.
La France qui dispose d'une base militaire à proximité de
telles exactions ne peut les cautionner dans un silence
coupable. Nous vous demandons par la présente d'intervenir
pour :
-
La libération immédiate de Jean Paul Noël dont l'état
de santé est inquiétant,
-
La fin des harcèlements de tous les démocrates
djiboutiens,
-
Qu'une enquête indépendante soit menée pour faire toute
la lumière sur le charnier découvert au Day le 7 février 2007,
-
La fin de l’impunité pour les auteurs des massacres et
des viols.
Dans l'attente de votre réponse, je vous prie de recevoir,
Monsieur le Ministre, l'expression de mes salutations
distinguées.
Michèle DECASTER
Secrétaire Générale de L'AFASPA
Création du Comité pour la libération de Jean-Paul Noël
Abdi
COMITE POUR LA LIBÉRATION DE
JEAN PAUL NOËL ABDI
Président de la Ligue
Djiboutienne des Droits Humains
E.mail :
libertejpn@hotmail.fr
Un Comité
pour la libération de Jean Paul Noël Abdi, Président de la
Ligue Djiboutienne des Droits Humains s’est constitué le 22
Mars 2007 à Paris.
- Pour
dénoncer la condamnation de Jean Paul Noël à 6 mois de prison
ferme par le tribunal de Djibouti le 18 /03/ 2007 pour
diffamation et diffusion des fausses nouvelles concernant le
viol d’une jeune fille handicapée par les soldats de la Garde
Présidentielle le 24 /02/2007 au Day.
En réalité il est emprisonné
pour avoir dénoncé le rôle de l’Armée Djiboutienne dans les
exécutions extra judiciaires de 7 civils du Day de 1994 dont
le charnier a été découvert le 7/02 /2007.
-
Pour la libération immédiate de Jean Paul Noël dont
l’état de santé est préoccupante.
Le Comité est composé de
citoyens djiboutiens et français, soutenu par des
personnalités et des associations. Il est ouvert à toute
personne qui souhaite participer à la libération de Jean Paul
Noël.
Le Comité se propose
d’informer et de sensibiliser la communauté internationale
pour obtenir la libération du Président de la Ligue
Djiboutienne des Droits Humains.
Fait à Paris le 23 Mars 2007
***
Les Porte parole du
Comité pour la libération de Jean Paul Noël
Simone Bernier
Said Mohamed
Mahdi Ibrahim
Aicha
Dabalé
Les Membres du Comité
Pour la Libération de Jean Paul Noël
Ali Coubba, Uguta Toosa
Colette Delsol, Les
Nouvelles d’Addis
Daher
Ahmed Farah, MRD
Christiane Poyet, l’Illalta
France
Gysèle Noublanche, Ligue
Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté
Sabine Salmon, Femmes
Solidaires
Decaster Michèle, AFASPA
Mohamed
Daoud Chehem, PDD
Kassim
Ahmed Kassim, A.D.D
Kassim
Ahmed Dini, L.D.D.H.
Sy Savané Mamadou,
journaliste
Houmado Abdallah, FRUD
Elisabeth Logié,
A.F.A.S.P.A
Sadik Mohamed Daoud,
F.R.U.D
Maki
Houmed Gaba, A.R.D
Ibrahim Ali, Observatoire
pour le Respect des Droits Humains à Djibouti
Mablé Viviane, Comité
Togolais de résistance
Meeké Abdi Nour,
France/Djibouti
Jean Chatain, journaliste
Kécheri Doumbia, amicale
Panafricaine
Géraldine le Digol, Clara
Magazine
Alain Letterier, Les
Nouvelles d’Addis
Mohamed
Kadamy, F.R.U.D
Ebo
Maki et Djilani Ibrahim, F.D.P
Les
associations qui soutiennent le Comité pour la Libération de
Jean Paul Noël
Association Française de
Solidarité avec les peuples d’Afrique
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