Dernières nouvelles - Édition en Ligne d'Avril  2007

 Directeur de publication : Mohamed Ali Abdou.   Codirecteur : Mahdi Ibrahim A. God.   Email : realite_djibouti@yahoo.fr


S  o  m  m  a  i  r  e

30/04/2007 Borrel: les gendarmes ont refusé de perquisitionner en raison des élections

28/04/2007 L'affaire du juge Borrel, révélateur du rôle des autorités française (Lutte Ouvrière)

27/04/2007 Interview du président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH)

24/04/2007 L'Humanité : Affaire Borrel : deux ministères perquisitionnés

20/04/2007 Reuters : Perquisition au ministère de la Justice dans l'affaire Borrel

20/04/2007 AFP : Affaire Borrel: après le quai d'Orsay, les juges perquisitionnent à la Chancellerie

19/04/2007 Point de presse du 19 avril 2007 au Quai d'Orsay sur l'AFFAIRE BORREL

19/04/2007 Le Monde : Perquisition au Quai d'Orsay dans le cadre de l'affaire du juge Borrel

19/04/2007 AFP : Affaire Borrel: perquisition au ministère des Affaires étrangères

19/04/2007 Djibouti : Guelleh maintient la pression

16/04/2007 Un défenseur des droits humains condamné

16/04/2007 Saisie record de khat à la douane de Mategnin

15/04/2007 Note d'information du 15 avril 2007 : la  Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) est libre

15/04/2007 Procès verbal de la réunion du comité de suivi du 4/01/94 sur la disparition des civils dans le nord du pays, reproduit intégralement

14/04/2007 Jean-Paul Abdi Noël a été libéré ce samedi 14 avril 2007 au soir et a pu regagner son domicile. L'ARD, le Comité de soutien et tous les amis nombreux du président de la Ligue djiboutienne des droits humains expriment leur plus grande satisfaction et travaillent d'ores et déjà à rendre  cette libération définitive. La pétition a été retirée de notre site, où nous restons à l'écoute de tout développement à venir.

12/04/2007 Communiqué du Comité pour la libération de Jean Paul Noël Abdi

12/04/2007 FIDH et OMCT : Condamné en appel à 1 an de prison dont 11 mois avec sursis, le président de la Ligue djiboutienne des droits humains va être libéré

12/04/2007 Djibouti : un an de prison en appel pour un défenseur des droits de l'Homme (AFP).

11/04/2007 JUGE BORREL Le cabinet Perben mis en cause

11/04/2007 Libération avec sursis du président Abdi Noël par la Cour d'Appel de Djibouti

11/04/2007 Communiqué de l'Union djiboutienne du travail (UDT) du 11 avril 2004

11/04/2007 Borrel : l'ex-porte-parole du Quai d'Orsay met en cause la Chancellerie 

10/04/2007 Note d'information de la LDDH un mois après l'arrestation du président Noël Abdi

08/04/2007 M. Abdi Noël serait bientôt reconduit à Gabode malgré l'avis médical

05/04/2007 Communiqué de l'ARD : violation des droits humains : témoigner, c'est prévenir

03/04/2007 Djibouti, à la réunion de Ouagadougou malgré tout

28/03/2007 Lettre adressée au ministre français des affaires étrangères par l'AFASPA

28/03/2007 Création du Comité pour la libération de Jean-Paul Noël Abdi


Borrel: les gendarmes ont refusé de perquisitionner en raison des élections

Source : Le Monde du 30 avril 2007

Les gendarmes ont refusé de perquisitionner au Quai d'Orsay et à la Chancellerie dans le cadre de l'enquête sur d'éventuelles pressions sur la justice dans l'affaire Borrel en raison des élections, a-t-on appris auprès de la Direction générale de la gendarmerie nationale et de source judiciaire.

Ces deux sources ont confirmé lundi le contenu de la lettre révélée par Le Monde daté du 2 mai dans laquelle le lieutenant-colonel Jean-Philippe Guérin, commandant de la section de recherches (SR) de Paris, explique aux magistrats instructeurs que ses services ne perquisitionneront pas les deux ministères "compte tenu du contexte politique actuel de période électorale".

Les perquisitions ont été effectuées le 19 avril au ministère des Affaires étrangères, le lendemain à la Chancellerie par des services de police judiciaire de Nanterre.

Dans cette lettre datée du 18 avril, l'officier affirme que "ce type d'intervention prendrait nécessairement un sens politique, médiatiquement exploité", selon Le Monde.

Toujours selon le quotidien, les magistrates Fabienne Pous et Michèle Ganascia avaient insisté sur "l'urgence" de ces perquisitions en raison du risque de "dépérissement de preuves".

Invoquant la "neutralité de la gendarmerie", M. Guérin leur a proposé une intervention après le 6 mai "compte tenu du fait que les cabinets ministériels demeurent en place une petite dizaine de jours après élections".

Le juge Bernard Borrel avait été retrouvé mort en 1995 à Djibouti, le corps à demi-calciné. Djibouti a conclu à un suicide mais l'enquête française privilégie la thèse d'un assassinat.

Dans ce qui peut être considéré comme une affaire dans l'affaire, les juges enquêtent sur le processus décisionnel qui a conduit début 2005 à une déclaration officielle très inhabituelle du Quai d'Orsay.

Le ministère des Affaires étrangères y assurait qu'une copie du dossier d'instruction relatif au décès du juge Borrel serait "prochainement transmise à la justice djiboutienne" qui en avait fait la demande.

Ce communiqué intervenait avant même que la juge d'instruction (la seule personne habilitée à accepter de transmettre ou non son dossier) Sophie Clément se prononce.

Quelques jours plus tard, la magistrate s'y opposera. La veuve du juge Borrel, Elisabeth, a déposé plainte pour "pressions sur la justice".

Lundi, l'un des avocats de Mme Borrel, Me Olivier Morice, a déclaré à l'AFP qu'il s'était "indigné" oralement auprès du parquet de Paris de ce "comportement" de la gendarmerie.

"A ce jour, nous n'avons eu aucune réponse", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, une source judiciaire a confirmé que Pierre Vimont, directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères, a été entendu comme "témoin assisté" comme le révèle Le Monde, et ce "antérieurement" à l'audition sous le même régime d'Hervé Ladsous, ancien porte-parole du Quai d'Orsay.

Selon Le Monde, M. Vimont a affirmé que le communiqué au centre de cette affaire a été "publié" après qu'il eut "reçu l'accord de Laurent Le Mesle (directeur du cabinet du garde des Sceaux à l'époque des faits, aujourd'hui procureur général à Paris) et de Michel de Bonnecorse (responsable de la cellule Afrique de l'Elysée)".

Pour Me Morice, ces déclarations sont "la preuve" de "pressions" sur la justice et d'une "concertation au plus haut niveau de l'État".

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L'affaire du juge Borrel, révélateur du rôle des autorités française

Source : Lutte Ouvrière n°2021 du 27 avril 2007

Douze ans après l'assassinat de Bernard Borrel, un juge français qui fut conseiller du gouvernement de Djibouti, l'enquête rebondit. Des perquisitions viennent d'être opérées à Paris aux ministères de la Justice et des Affaires étrangères, tous deux soupçonnés d'avoir voulu couvrir l'actuel président de Djibouti. Cette affaire vient rappeler les liens étroits et peu avouables qui existent entre les sommets de l'État français et la dictature qui sévit dans ce pays.

Situé en Afrique de l'Est face à la pointe de l'Arabie saoudite, Djibouti, qui compte environ 700 000 habitants, est resté longtemps une colonie de la France. Dans les années 1970, la France avait réprimé des manifestations populaires et avait fait édifier un « barrage » autour de la ville. En 1977, le gouvernement de Giscard finit par reconnaître l'indépendance de Djibouti, après un référendum qui s'était soldé par 98 % de « oui » en faveur de l'indépendance. Face à l'opposition de la population, la France dut aussi cesser de soutenir l'homme de paille, Ali Aref, qu'elle envisageait de laisser en place après l'indépendance. Cependant, le leader du parti d'opposition, Hassan Gouled, qui le remplaça avait été lui aussi lié au pouvoir colonial. Et Omar Guelleh, neveu du précédent, qui est au pouvoir depuis 1999, est considéré comme un proche de Chirac.

À l'époque de la mort du juge Borrel, l'enquête locale et celle des services secrets français avaient conclu au suicide de ce juge que le gouvernement français avait détaché auprès du ministre de la Justice de Djibouti. Mais sa veuve avait obtenu en 2002 de nouvelles expertises confortant l'hypothèse d'un assassinat. L'actuel président de Djibouti pourrait fort bien en être le commanditaire. En tout cas il est fortement soupçonné.

Depuis dix ans, les autorités djiboutiennes mais aussi françaises ont multiplié les efforts pour entraver la recherche de la vérité. Mais en attendant que la lumière finisse par percer dans cette affaire, si un jour elle perce, un autre procès reste à faire, celui du rôle de la France dans ce pays.

L'impérialisme français dispose aujourd'hui à Djibouti de la plus importante de ses bases militaires à l'étranger, environ 3 000 hommes. Sa situation, en haut de la Corne de l'Afrique et face à l'océan Indien, est en effet considérée comme stratégique. Les troupes qui stationnent là ont participé à de nombreuses interventions, dont l'opération Turquoise, tristement célèbre pour avoir contribué au génocide au Rwanda.

L'État français dépense un important budget pour entretenir sa base militaire, en concurrence avec celle installée par les États-Unis, et il verse une indemnité au gouvernement de Djibouti. Mais le bilan de cette présence française est calamiteux dans tous les domaines.

Jean SANDAY

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Interview du président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH)

Libéré voilà une semaine sous les pressions nationale et internationale, Jean-Paul Abdi Noël,  Président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH), nous a accordé une interview exclusive le jeudi 25 avril 2007. M. Abdi Noël propose une vision globale et engagée sur la situation des droits et des libertés à Djibouti. Propos recueillis par la Rédaction du journal en ligne de l’ARD.

*

Bonjour M. le président de la Ligue djiboutienne des droits de l'homme, la LDDH. Comment vous sentez-vous après ces premiers jours de liberté retrouvée ?

M. Abdi Noël  : Renforcé à tous points de vue ! Je suis de ceux que l’adversité et l’injustice poussent à la résistance légitime ! Il ne faut pas oublier, qu’un homme respectueux de ses convictions continue son combat et ce quelques soient les pressions et les répressions. Lorsque votre conviction consiste à défendre les droits fondamentaux, à défendre les droits de l’homme, alors votre combat est noble et légitime. Comme on dit chez nous « le sang ne se cache pas et le mensonge ne tient que sur un seul pied. »

Pouvez-vous nous parler des conditions de détention à Gabode actuellement ?

M. Abdi Noël  : Elles sont inhumaines, pour bon nombre de prisonniers surtout ceux détenus au dépôt où la surpopulation carcérale est insupportable ! D’autre part, certains bâtiments ont été rénovés suite au rapport de la mission d’enquête de la F.I.D.H.[Fédération internationale des ligues des droits de l’homme] en 2005. Beaucoup reste encore à faire notamment pour les mineurs et les jeunes délinquants.

Les prisonniers sont-ils régulièrement autorisés à recevoir la visite de leurs proches ?

M. Abdi Noël  : Oui et non ! Cela dépend des motifs d’incarcération des détenus, de leurs couches sociales et de leur origine ethnique…

Avez-vous constaté une différence de traitement entre les prisonniers djiboutiens et les autres ?

Jean-Paul Abdi Noël : Oui ! Les étrangers et singulièrement les Ethiopiens d’origine Oromo sont maltraités et pour la plupart sans défense.

Revenons sur votre condition de détention. Qu'avez-vous ressenti au cours de votre détention à Gabode ? Autrement dit pouvez-vous décrire le sentiment d'injustice ou de dégoût qui peut s'emparer d'un citoyen djiboutien qui ne faisait que son devoir de démocrate et se retrouve retiré du monde ?

M. Abdi Noël  : Mon arrestation était effectivement injuste, mais je n’ai ressenti   aucun dégoût ni rancœur, sauf le sentiment d’un devoir accompli à tous prix…

Pouvez-vous décrire comment vous avez vécu la progression du premier procès en tribunal puis en appel depuis la prison ?

M. Abdi Noël  : Avec sérénité ! Je savais que je défendais une juste cause et les témoignages de solidarité des plaignants et de leur défenseurs (ils sont bien plus nombreux et déterminés que certains le croient), m’ont rendu optimiste sur l’issue du « procès »…

S'agissant de l'objet de votre arrestation, que savez-vous aujourd'hui sur la réalité du génocide qui a lieu au Day en 1994 ?

M. Abdi Noël  : Il n’y a pas eu au Day le 1 /1/94 un génocide mais un crime de guerre. Sept civils ont été arrêtés après avoir été triés par « les forces armées nationales », puis sommairement exécutés. Cela s’est passé suite à une embuscade tendue l’avant-veille par le Frud-Armé. Tout comme les victimes d’Arhiba en décembre 1991, ce sont des victimes expiatoires pour terroriser la population civile et tarir la supposée source de soutien aux résistants.

Je rappelle qu’étant à l’époque député et président d’une commission d’enquête parlementaire chargée d’instruire les plaintes des notables du Day, j’ai publié à ce titre le procès-verbal de cette commission en présence de trois ministres dont celui de la défense. Je suis donc le mieux placé pour témoigner de la véracité des faits. Mais vous n’avez pas tort de parler de génocide car la constance de ces crimes durant huit ans (et même après), sur l’ensemble du territoire du Sud-Ouest au Nord accrédite cette thèse. Nous n’avons pas manqué lors du conflit armé de dénoncer les exécutions extrajudiciaires ainsi que les blocus alimentaire et sanitaire notamment à Obock. Génocide ou pas ? L’intention en tous cas y était….     

Avez-vous quelques informations sur l'existence de charniers semblables dans le pays ?

M. Abdi Noël  : Il se murmure que d’autres charniers auraient été découverts notamment au Lac Assal mais ce n’est pas mon rôle de me faire l’écho ici ou ailleurs de murmures ou rumeurs. Je ne témoigne que de faits irréfutables !

Comment, en tant que défenseur des droits de l'homme représentant la FIDH à Djibouti, pouvez-vous expliquer l'alignement sinon la discrétion de la coopération française à l'endroit de la politique du gouvernement d'Ismaël Omar Guelleh ?

M. Abdi Noël  : Comme vous, je le constate ! Mais son attitude n’est pas difficile à décrypter : la France et toute autre coopération bilatérale ne peuvent avoir de relations qu’avec un autre État. Elles n’ont en général ni gêne ni alignement ni discrétion, elles prennent acte des rapports de forces, c’est tout. Nous aussi ! Rapports qui par définition sont contingents…

Quels échanges avez-vous au sein des instances internationales de défense des droits de l'homme tels que la FIDH, RSF ou l'UIDH sur les pratiques de gouvernements tels que celui de Djibouti ?

M. Abdi Noël : Mon rôle se limite à les tenir informés sur tout ce qui se fait et le plus souvent se défait à Djibouti sur le plan des droits humains, et parfois de tirer la sonnette d’alarme dans le cadre de la prévision des conflits !

Quelles relations entretenez-vous avec les autres mouvements citoyens djiboutiens et singulièrement avec les formations politiques de l'opposition s'agissant de la lutte pour l'avènement de la démocratie à Djibouti ?

M. Abdi Noël  : De courtoisie ! Tout comme avec le gouvernement et ses membres dirigeants ! Je considère mon rôle ici au sens religieux du terme comme une mission, un sacerdoce. D’où mon rapport à l’autre quel qu’il soit ! Il est tout naturellement fait de courtoisie, de prévention des conflits et de leur résolution le cas échéant ! Ceci dit, et cela fait partie de nôtre rôle, la L.D.D.H. se bat pour la traduction dans la réalité de la naturelle pluralité d’expression ! Notre rôle consiste aussi  régulièrement à soutenir les droits de l’Opposition, qui sont régulièrement bafoués surtout en période électorale où la sourde oreille est de mise !

Percevez-vous un élan dans la société djiboutienne à vouloir se libérer du joug dictatorial ou diriez-vous que les citoyens sont encore aujourd'hui tétanisés par l'idée de se retrouver à Gabode ?

M. Abdi Noël : Cet élan, comme vous dites, n’est pas seulement perceptible, il est palpable ! Je m’égosille depuis un certain nombre d’années à l’encourager autant que faire se peut ! Le gouvernement, non seulement ne m’y aide pas mais s’acharne manifestement à le briser par son comportement. Il me donne l’impression de quelqu’un qui dialogue tout seul et ce n’est pas qu’une impression. Quant aux citoyens, croyez-moi, ils sont loin d’être tétanisés et les risques d’explosions sont patents.

Il y a- t-il dans la société djiboutienne quelques poches de résistances civiques qui pourraient relayer la lutte pour la démocratie dans le pays ?

M. Abdi Noël  : Oui, et je l’affirme avec certitude ! Huit années de guerre civile ont apporté la preuve si besoin était que l’actuelle opposition, à l’époque armée, disposait et dispose encore de profondeurs stratégiques. Il serait non seulement insensé mais dramatique pour toute une région en perpétuelle recomposition politique de la pousser, la repousser dans ses derniers retranchements ! Songeons à la position stratégique qu’occupe ce petit bout de désert et la perturbation du trafic maritime qui découlerait des moindres troubles que tout laisse à craindre dans le port de Djibouti. Le risque d’un effet domino dans la sous-région est réel avec tout le parti que pourraient en tirer de malveillants esprits…

Que pensez-vous de la relative discrétion reprochée aux mouvements d'oppositions djiboutiens ?

M. Abdi Noël : Ils ont été réduits à la discrétion ! Cela ne les empêche pas de combattre pacifiquement et efficacement ce gouvernement au regard de leur auditoire : le peuple, la coopération…

Les organisations des droits de l'homme auxquelles participe la LDDH comprennent-elles la position des opposants djiboutiens ?

M. Abdi Noël  : Oui ! C’est une sage posture, même si la sagesse n’est pas réciproque…

Quelles seront les suites de ce fameux procès ?

M. Abdi Noël  : Mes avocats ont déposé un pourvoi en cassation, ce qui signifie que cette affaire sera probablement jugé sur le fond. La cour sera fatalement amenée à se prononcer non pas sur les faits que même le ministère public ne conteste pas, mais sur la procédure de flagrant délit qui constituait un vice de forme flagrant et que Maître Tubiana a démonté et démontré, mais surtout sur la qualification des faits ! S’agissait-il oui non de crime de guerre ? Quelque soit la décision de la cour, ma démarche consiste encore à éviter un procès international qui ternirait l’image de mon pays, mais la LDDH continuera à demander une juste indemnisation de toutes les victimes civiles de ce conflit comme cela a d’ailleurs été prévu par l’Accord de Paix signé le 12 mai 2001 par l’actuel gouvernement et dont nous étions témoins !

Que serait-il arrivé si vous l'on vous reconduisait à Gabode depuis votre lit d'hôpital à Peltier ?

M. Abdi Noël  : Seul Dieu le sait ! J’ai personnellement insisté auprès de l’association des victimes qui était à bout de nerfs et des innombrables amis qui tenaient le jour du procès à manifester leur indignation ! Connaissant la gâchette facile des forces de l’ordre et la  détermination des ayant droits, j’ai craint le pire et insisté auprès de tout le monde pour qu’il n’y ait aucun débordement, et si possible pas de manifestions violentes !

Une réaction plus forte que la simple condamnation de principe serait-elle en préparation par les organisations de défense des droits de l'homme contre de tels actes ?

M. Abdi Noël  : Oui ! Selon les informations dont je dispose, il se prépare une réaction commune de ces organisations qui ne se limiterait pas à une simple dénonciation ! Mais je suis comme vous à l’écoute des différentes évolutions, d’autant plus que la situation sociale actuelle est explosive !

Des limites vous ont-elles été clairement ou implicitement fixées s'agissant de la dénonciation que vous continuerez de faire des violations des droits de l'homme en cours à Djibouti ?

M. Abdi Noël  : Implicitement oui ! Comme en témoignent les onze mois d’emprisonnement avec sursis uniquement destinés à me faire taire, mais nous ne sommes pas « muselables » !

Permettez-moi de profiter de votre journal pour remercier tous mes amis et tous mes proches ainsi que ma famille. Votre coup de téléphone le jour de ma libération et surtout les actions constantes de votre équipe et de vous-même alors que j’étais dans le plus profond de la prison ne pouvaient que me réconforter.

C’est dans le cadre de simples remerciements qui ne peuvent qu’exprimer mon sentiment de profonde satisfaction gravé à jamais dans mon cœur que je tiens à vous rappeler que nombreux étaient ceux qui se sont mobilisés pour me faire sortir de prison, un merci pour toujours.

La liste des intervenants est longue pour être tous cités, je me contenterais de quelques amis et Organisations des Défenseurs des Droits de l’Homme qui se sont personnellement investis comme :

- la FIDH avec l’envoi de son Vice-Président et Président de la Ligue Française des Droits Maître Michel Tubiana, qui a assuré avec brio ma défense en compagnie et avec mes avocats djiboutiens Maîtres Zakaria Abdillahi et Luc Aden ;

- L’Observatoire des Droits de l’Homme qui, immédiatement après mon arrestation, s’est mobilisé en lançant des Alertes et en saisissant Genève et New-York ;

- Je me sens encore réconforté par l’énergique intervention de mon amis et frère Florent Geel à la BBC, d’autant plus que les officiers de police judiciaires ont été abasourdis par cette rapide dénonciation sur les antennes internationales. Grâce aux Officiers de la Police Judiciaire, j’ai été fortement réconforté par cette information alors que j’étais isolé dans les bureaux de la Police Criminelle ;   

- l’UIDH [L’Union Interafricaine des Droits de l’Homme], qui dés le début a saisi le Ministre de la Justice pour éviter toutes interférence du politique, et le témoignage d’encouragement par téléphone du Président Koné de l’UIDH, durant la semaine de liberté provisoire, ainsi que des décisions prises lors du Congrès de l’UIDH. Cette organisation a rapidement saisi la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, qui devra se prononcer bientôt sur la suite à réserver pour éviter à l’avenir les harcèlements, les arrestations abusives et les emprisonnements en catimini pour témoignage courageux ou délits d’opinion ;

- L’organisation internationale Survie, qui, dès ma liberté provisoire, a su alerter Reporter Sans Frontières et mobiliser un bon nombre de radios internationales telels que Radio Vatican ou Deusche Welle, ainsi que le précieux communiqué conjoint du 12 mars avec l’ARDHD  [Association pour le respect des droits de l’homme à Djibouti]– un merci spécial à Olivier THIMONIER et à l’infatigable Jean-Loup SCHAAL, président de l’ARDHD ;

- Des vifs remerciements aux Porte paroles du comité de soutien pour ma libération : Simone Bernier, Aïcha Dabale, Said Mohamed, ainsi qu’à mon frangin et compagnon de lutte contre la dictature sournoise, le dynamique Mahdi Ibrahim God A., et tous les autres signataires des nombreuses pétitions en ma faveur.

- Mes remerciements au Gouvernement en Exil (GED) ;

- Une pensée particulière à Roger Picon ;

- Merci aussi à ma famille et à tous mes proches tant présents à Djibouti ou à travers le monde, qui n’ont pas cessé de me témoigner la solidarité, leurs prières avec celles des religieuses et des religieux à Djibouti ne pouvaient que m’encourager à garder le cap de mon juste et légitime combat contre l’impunité et pour la paix sociale. La visite et les prières de l’Evêque Giorgio Bertini ont raffermi largement mon moral : 

- Merci aussi, à mon médecin de famille Docteur Alain David, qui dès mon arrestation en garde à vue, s’est rapidement investi à suivre l’évolution de ma santé avec les risques de stress;

- Merci aussi au médecin de la prison Docteur Osman Ali Ahmed qui sur l’alerte de mon médecin de famille, a rapidement pris, après une longue consultation, la décision de m’hospitaliser dans les plus brefs délais pour des raisons d’un profond malaise cardiaque, et probablement m’a sauvé la vie ;

- Un merci à l’infirmier M. Mohamed Djama Guirreh qui ne m’a pas quitté une minute durant la prise de décision du Directeur de la prison de Gabode M. Moktar  Abdillahi Osman ainsi que celui de l’ancien très discret substitut M. Salah actuellement Chef du Service pénitencier, je tiens à les remercier pour avoir rapidement répondu favorablement à mon hospitalisation.

- Je tiens aussi à remercier les deux cardiologues de l’Hôpital Peltier, Docteur Saïd Abdillahi et Docteur Georges Cloatre pour tous les précieux soins qu’ils m’ont apportés ;

- Mes remerciements s’adressent aussi à tous les infirmiers, au personnel du Pavillon Martial, sans oublier les différents policiers de garde 24h/24, car tous ont été courtois avec moi et serviables.  

Notre combat constant continuera pour l’effectivité de l’État de droit, contre les détournements des deniers publics et des biens sociaux, contre la politique de l’impunité, pour la transparence des processus électoraux qui devrait mettre fin aux vols et/ou détournements des différentes élections, pour une réelle paix sociale tant désirée.

Merci Monsieur le président et bon rétablissement.

LA RÉDACTION

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Affaire Borrel : deux ministères perquisitionnés

L'Humanité, 24/04/2007

Justice . Le Quai d’Orsay et la chancellerie ont été visités par les juges chargés d’enquêter sur d’éventuelles pressions dans le dossier du décès du juge Borrel.

Après le Quai d’Orsay, jeudi dernier, les juges chargées d’enquêter sur d’éventuelles pressions subies par la justice dans le dossier du juge Borrel, ont perquisitionné le ministère de la Justice, le lendemain. Preuve de l’indépendance qu’une certaine magistrature veut encore montrer par rapport au pouvoir exécutif.

Petit retour en arrière. À Djibouti, en octobre 1995. À quatre-vingts kilomètres de la capitale éponyme, le cadavre de Bernard Borrel, en partie carbonisé, est retrouvé au pied d’une falaise. L’enquête n’a même pas été entamée que la justice djiboutienne, suivie par l’ambassade de France, livre déjà sa version officielle : ce juge français d’une quarantaine d’années, en mission de coopération pour réformer le Code pénal de l’ancienne colonie, se serait « suicidé par immolation ». Conclusion précipitée et arrangeante pour le pouvoir en place. Mais pas pour la femme du magistrat, Élisabeth Borrel, qui pense que la mort de son mari a tout d’un assassinat grossièrement étouffé, au nom de la raison d’État.

Deux magistrates, Fabienne Pous et Michèle Ganascia, instruisent actuellement une plainte avec constitution de partie civile de la veuve du juge Borrel pour « pression sur la justice ». Cette procédure vise une déclaration officielle de l’ancien porte-parole du Quai d’Orsay, Hervé Ladsous (aujourd’hui ambassadeur de France en Chine), qui avait assuré en janvier 2005 qu’une copie du dossier d’instruction relatif au décès du juge Borrel serait « prochainement transmise à la justice djiboutienne », qui en avait fait la demande. Quelques jours plus tard, la juge Sophie Clément, en charge du dossier, refusera cette transmission estimant notamment que cette requête avait « pour unique but de prendre connaissance (...) de pièces mettant en cause le procureur de la République de Djibouti ».

En octobre 2006, la même juge a délivré des mandats d’arrêt contre le procureur et le chef des services secrets de Djibouti pour une éventuelle « subornation de témoins » dans l’enquête sur l’assassinat du juge Borrel. Interrogé en mars dernier par les juges, Hervé Ladsous a affirmé s’être borné à publier un communiqué préparé par le cabinet du ministre de la Justice, Dominique Perben, à l’époque dirigé par l’actuel procureur général de Paris, Laurent Le Mesle. « Il y a visiblement quelqu’un qui a fait une grosse boulette à la chancellerie, (...) quelqu’un qui aurait dû connaître la bonne procédure (judiciaire). Ce n’était pas notre métier. C’était celui du ministère de la Justice », a notamment déclaré l’actuel ambassadeur aux juges, selon le Canard enchaîné.

La responsabilité présumée du président djiboutien et de membres de son entourage a été évoquée par plusieurs témoins lors de l’enquête, et cette affaire a tendu les relations entre Paris et son ancienne colonie de la Corne de l’Afrique, qui abrite la principale base militaire française à l’étranger. Selon Natacha Rateau, vice-présidente du Syndicat de la magistrature, il s’agit de « savoir d’où viennent les fuites, d’où vient le blocage ». Et d’ajouter : « Jusqu’à maintenant (...), on pensait que la protection venait du Quai d’Orsay, et puis les dernières déclarations de certains fonctionnaires du Quai font penser que le blocage venait plutôt de la Place Vendôme », siège de la chancellerie.

Sophie Bouniot

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Perquisition au ministère de la Justice dans l'affaire Borrel

Reuters, Vendredi 20 avril 2007

FIN DE LA PERQUISITION À LA CHANCELLERIE DANS L'AFFAIRE BORREL

 

PARIS (Reuters) - Deux juges d'instruction ont perquisitionné pendant 12 heures au ministère de la Justice dans une enquête concernant d'éventuelles pressions sur la justice en marge de la procédure visant la mort du juge Bernard Borrel à Djibouti en 1995, apprend-on au cabinet du Garde des sceaux.

Arrivées sur place en milieu de matinée, les juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia ont quitté la place Vendôme vers 22h30. Elles s'étaient déplacées avec des experts en informatique, des enquêteurs, en tout une dizaine de personnes, dans le but d'accéder aux ordinateurs du ministère, à la recherche de documents portant sur le litige, dit-on de source judiciaire.

Les avocats de la partie civile, la veuve du juge Borrel, étaient présents mais pas le parquet qui considère qu'il n'existe pas d'infraction dans ce dossier.

Les magistrates ont emporté de nombreux documents. Elles avaient perquisitionné jeudi au ministère des Affaires étrangères, dans la même affaire et dans des conditions semblables, emportant aussi une importante documentation.

Le cabinet de Pascal Clément n'a souhaité faire "aucun commentaire" sur ce qui est, dit-il, "un acte d'instruction".

Une telle démarche au ministère, qui gère le système judiciaire, est rare, mais n'est pas une première.

Il y a quelques années, le juge d'instruction parisien Jean-Baptiste Parlos avait perquisitionné place Vendôme pour rechercher le dossier disciplinaire d'un magistrat corrompu.

Après une plainte de la veuve du juge Borrel, l'information judiciaire ouverte en février vise un ancien porte-parole du ministère français des affaires étrangères, Hervé Ladsous.

Il est mis en cause pour un communiqué officiel du 29 janvier 2005 où il assurait qu'une copie du dossier relatif au décès du juge Borrel serait transmise à la justice djiboutienne.

Cette transmission a été refusée par la juge chargée de l'affaire principale, Sophie Clément, qui met en cause les autorités de Djibouti dans son enquête sur la mort de Bernard Borrel. La plaignante interprète donc le communiqué du Quai comme une pression sur la justice.

AFFAIRE SENSIBLE

Interrogé en qualité de témoin assisté le mois dernier, Hervé Ladsous a expliqué qu'il n'avait fait que mettre en forme un communiqué après avoir pris les conseils juridiques de Laurent Le Mesle, à l'époque directeur de cabinet du ministre de la Justice devenu aujourd'hui procureur général de Paris.

Ce sont donc d'éventuels documents préparatoires sur ce communiqué et des pièces sur l'affaire Borrel que recherchaient vraisemblablement les magistrates place Vendôme.

Le corps de Bernard Borrel, coopérant français et conseiller technique auprès du ministère de la Justice djiboutien, a été retrouvé carbonisé en 1995 à l'extérieur de la ville de Djibouti.

L'hypothèse du suicide avait été d'abord retenue mais après plusieurs changements de magistrats et des expertises, notamment médico-légales, la piste criminelle est désormais suivie. Certaines dépositions laissent croire à un assassinat politique sur commande du pouvoir djiboutien.

L'affaire est sensible diplomatiquement pour Paris, Djibouti abritant la principale base militaire française en Afrique.

En octobre dernier, en dépit des réquisitions contraires du parquet, des mandats d'arrêt ont été délivrés par la juge Clément contre deux repris de justice en fuite, soupçonnés d'être des exécutants du meurtre du juge Borrel.

D'autres mandats d'arrêt ont été lancés à Versailles contre le procureur général de Djibouti et le chef de ses services secrets, dans un autre sous-dossier judiciaire relatif à une supposée subornation de témoins.

Le 14 février, la juge Clément a convoqué en vain comme témoin le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh, de passage à Cannes pour un sommet franco-africain. Ce dernier dément toute implication dans l'affaire Borrel.

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Affaire Borrel: après le quai d'Orsay, les juges perquisitionnent à la Chancellerie

AFP, Vendredi 20 avril 2007, Par Pierre ROCHICCIOLI

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PARIS (AFP) - Les deux juges chargées d'enquêter sur d'éventuelles pressions sur la justice dans le dossier du juge Borrel, mort en 1995 à Djibouti, ont perquisitionné vendredi au ministère de la Justice après avoir fait de même la veille au ministère des Affaires étrangères.

Cette perquisition, qui visait notamment le cabinet du garde des Sceaux, a été confirmée par la Chancellerie qui n'a pas souhaité "faire de commentaire sur une information judiciaire en cours".

Ce n'est pas la première fois que le ministère de référence de la magistrature est ainsi visité. Un juge parisien avait notamment déjà perquisitionné place Vendôme en mai 2001 pour y saisir le dossier disciplinaire d'un magistrat.

Mais ce déplacement spectaculaire, à deux jours du premier tour de la présidentielle, apparaît comme une manifestation d'indépendance des juges dans un dossier sensible portant sur d'éventuelles pressions du politique sur la justice dans une enquête sur l'assassinat d'un magistrat.

Cette perquisition "est la preuve de l'indépendance de la justice", s'est félicité le syndicat de la magistrature (SM, gauche) expliquant qu'elle avait pour but de "chercher des documents (...) pour savoir qui a bloqué l'affaire Borrel (...) qui a fait obstacle à la manifestation de la vérité".

"Ce n'est pas parce qu'on est en pleine campagne présidentielle (...) que la justice devrait s'arrêter de fonctionner", a estimé l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire).

Le juge Borrel avait été retrouvé mort en 1995, le corps à demi-calciné, au pied d'un ravin. Djibouti a conclu à un suicide mais l'enquête française privilégie la thèse d'un assassinat.

Les deux magistrates, Fabienne Pous, doyenne des juges d'instruction, et Michèle Ganascia, instruisent une plainte pour "pression sur la justice" de la veuve du juge, Elisabeth Borrel.

Ces deux vice-présidentes du tribunal de Paris avaient perquisitionné jeudi plusieurs bureaux du quai d'Orsay, dont celui du directeur de cabinet du ministre, Pierre Vimont, emportant de nombreux documents et des copies informatiques.

La plainte de Mme Borrel vise une déclaration de l'ancien porte-parole du quai d'Orsay, Hervé Ladsous, aujourd'hui Ambassadeur de France en Chine, qui avait assuré le 29 janvier 2005 qu'une copie du dossier d'instruction relatif au décès du juge Borrel serait "prochainement transmise à la justice djiboutienne", qui en avait fait la demande.

Quelques jours plus tard, la juge Sophie Clément, en charge du dossier, refusera cette transmission estimant qu'elle avait "pour unique but de prendre connaissance (...) de pièces mettant en cause le procureur de Djibouti".

La juge Clément a délivré, en octobre 2006, des mandats d'arrêts contre le procureur et le chef des services secrets de Djibouti pour une éventuelle "subornation de témoins" dans l'enquête sur la mort du juge.

Interrogé le 21 mars dernier par les juges Pous et Ganascia, Hervé Ladsous a affirmé s'être borné à publier un communiqué préparé par le cabinet du ministre de la Justice, Dominique Perben, à l'époque dirigé par l'actuel procureur général de Paris, Laurent Le Mesle.

"Il y a visiblement quelqu'un qui a fait une grosse boulette à la Chancellerie", a notamment déclaré M. Ladsous aux juges, selon le Canard enchaîné.

La responsabilité présumée du président djiboutien et de membres de son entourage a été évoquée par des témoins lors de l'enquête sur la mort du juge.

Cette affaire a tendu les relations entre Paris et son ancienne colonie qui abrite la principale base militaire française à l'étranger.

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Point de presse du 19 avril 2007 au Quai d'Orsay sur l'AFFAIRE BORREL

(Confirmez-vous qu'une perquisition policière est en cours ce jeudi au ministère dans le cadre d'une enquête judiciaire sur d'éventuelles pressions sur la justice dans l'affaire du juge Borrel, retrouvé mort en 1995 à Djibouti ? Des documents ont-ils été saisis ?)

Je vous confirme que les juges d'instruction chargés d'examiner la plainte déposée par la partie civile dans cette affaire, relative à un communiqué de presse diffusé par le ministère des Affaires étrangères, se trouvent actuellement au Quai d'Orsay. Je n'ai aucun commentaire à faire sur une procédure judiciaire en cours./.

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Perquisition au Quai d'Orsay dans le cadre de l'affaire du juge Borrel

LEMONDE.FR avec AFP | 19.04.07

Une perquisition a été menée, jeudi 19 avril, au ministère des affaires étrangères dans le cadre d'une enquête judiciaire sur d'éventuelles pressions sur la justice dans l'affaire du juge Bernard Borrel, retrouvé mort en 1995 à Djibouti. Selon une source proche du dossier, les deux juges d'instruction chargées du dossier, Fabienne Pous et Michèle Ganascia, sont arrivées vers 10 heures au Quai d'Orsay, accompagnées d'experts informatiques, et s'y trouvaient toujours en début d'après-midi. Selon une autre source proche du dossier, d'autres perquisitions pourraient avoir lieu dans la journée.

"Les juges d'instruction chargées d'examiner la plainte déposée par la partie civile dans cette affaire, relative à un communiqué de presse diffusé par le ministère des affaires étrangères, se trouvent actuellement au Quai d'Orsay", a confirmé à la presse le porte-parole du ministère, Jean-Baptiste Mattéi.

PLAINTE POUR DES "PRESSIONS SUR LA JUSTICE"

Cette affaire dans l'affaire a démarré après une déclaration officielle du Quai d'Orsay du 29 janvier 2005, assurant qu'une copie du dossier d'instruction français relatif au décès de Bernard Borrel serait "prochainement transmise à la justice djiboutienne", qui en avait fait la demande.

Or, quelques jours plus tard, la juge chargée de l'enquête, Sophie Clément, refusera cette transmission. Elle estimait notamment que la demande de Djibouti avait "pour unique but de prendre connaissance (...) de pièces mettant en cause le procureur de la République de Djibouti". La juge a d'ailleurs délivré en octobre 2006 des mandats d'arrêt contre le procureur et le chef des services secrets de Djibouti pour une éventuelle "subornation de témoins".

Elisabeth Borrel, la veuve du juge assassiné, a déposé une plainte avec constitution de partie civile pour des "pressions sur la justice", visant directement l'ex-porte parole du Quai d'Orsay, Hervé Ladsous, aujourd'hui ambassadeur de France en Chine, à l'origine du communiqué de janvier 2005.

L'information judiciaire a été confiée le 2 mars 2006 aux juges parisiennes Fabienne Pous et Michèle Ganascia. Hervé Ladsous a été entendu le 21 mars. Le parquet de Paris a contesté devant la chambre de l'instruction le bien fondé de cette enquête, mais l'instance de contrôle lui a donné tort en octobre, ordonnant la poursuite des investigations.

SUICIDE OU ASSASSINAT ?

Selon une source proche du dossier, M. Ladsous a affirmé devant les juges qu'il s'était contenté de publier un communiqué préparé par le cabinet du ministre de l'époque, Dominique Perben, qui était dirigé par l'actuel procureur général de Paris, Laurent Le Mesle. "Il y a visiblement quelqu'un qui a fait une grosse boulette à la chancellerie, (...) quelqu'un qui aurait dû connaître la bonne procédure. Ce n'était pas notre métier. C'était celui du ministère de la justice", a notamment déclaré M. Ladsous aux juges, selon le Canard enchaîné.

Le juge Borrel, détaché comme conseiller du ministre djiboutien de la justice, avait été retrouvé mort en 1995, le corps à demi-calciné, au pied d'un ravin. Djibouti a conclu à un suicide mais l'enquête française privilégie la thèse d'un assassinat. La responsabilité présumée du président djiboutien et de membres de son entourage a été évoquée lors de l'instruction par plusieurs témoins.

Cette affaire a tendu les relations entre Paris et son ancienne colonie de la Corne de l'Afrique, qui abrite la principale base militaire française à l'étranger

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Affaire Borrel: perquisition au ministère des Affaires étrangères

AFP Infos Françaises Crime et délits, lois, justice, jeudi 19 avril 2007 

PARIS - Une perquisition était en cours jeudi au ministère des Affaires étrangères dans le cadre d'une enquête judiciaire sur d'éventuelles pressions sur la justice dans l'affaire du juge Borrel, retrouvé mort en 1995 à Djibouti, a-t-on appris auprès du ministère. "Les juges d'instruction chargés d'examiner la plainte déposée par la partie civile dans cette affaire, relative à un communiqué de presse diffusé par le ministère des Affaires étrangères, se trouvent actuellement au Quai d'Orsay", a déclaré à la presse le porte-parole du ministère, Jean-Baptiste Mattéi. "Je n'ai aucun commentaire à faire sur une procédure judiciaire en cours", a-t-il ajouté.

Cette plainte visait une déclaration officielle du Quai d'Orsay du 29 janvier 2005 qui avait assuré qu'une copie du dossier d'instruction français relatif au décès du juge Borrel serait "prochainement transmise à la justice djiboutienne", qui en avait fait la demande. Or, quelques jours plus tard, la juge chargée du dossier, Sophie Clément, refusera cette transmission estimant notamment que la demande de Djibouti avait "pour unique but de prendre connaissance (...) de pièces mettant en cause le procureur de la République de Djibouti".

Le juge Borrel, détaché comme conseiller du ministre djiboutien de la Justice, avait été retrouvé mort en 1995, le corps à demi-calciné, au pied d'un ravin. Djibouti a conclu à un suicide mais l'enquête française privilégie la thèse d'un assassinat. La responsabilité présumée du président djiboutien et de membres de son entourage dans la mort du juge a été évoquée lors de l'instruction par plusieurs témoins.

La juge Clément a délivré, en octobre 2006, des mandats d'arrêt contre le procureur et le chef des services secrets de Djibouti pour une éventuelle "subornation de témoins" dans l'enquête. L'ex-porte-parole du Quai d'Orsay Hervé Ladsous, visé par une information judiciaire pour des supposées pressions sur la justice dans cette affaire et aujourd'hui ambassadeur de France en Chine, a de son côté récemment mis en cause le cabinet de l'ancien garde des Sceaux Dominique Perben.

M. Ladsous a été entendu le 21 mars en tant que témoin assisté par les juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia, qui instruisent la plainte d'Elisabeth Borrel, veuve du juge Bernard Borrel. Interrogé sur la déclaration du Quai d'Orsay, assimilée par les plaignants à une pression sur la justice, l'ambassadeur a affirmé s'être borné à publier un communiqué préparé par le cabinet du ministre de la justice. "Il y a visiblement quelqu'un qui a fait une grosse boulette à la chancellerie", a déclaré M. Ladsous aux juges, selon l'hebdomadaire Le Canard enchaîné. A l'époque, le cabinet du ministre était dirigé par l'actuel procureur général de Paris, Laurent Le Mesle. Interrogé, ce dernier n'a pas souhaité commenter les déclarations de M. Ladsous.

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Djibouti : Guelleh maintient la pression

L'Humanité, 16 avril 2007

 Incarcéré voici un mois pour « diffamation et diffusion de fausses nouvelles », Jean-Paul Noël Abdi, président de la LDDH (Ligue djiboutienne des droits humains), est sorti de prison ce 11 avril, au terme d'un procès marqué par des témoignages confirmant la réalité des massacres de civils afars et du viol d'une jeune fille handicapée par des soldats de la garde présidentielle. Libéré, donc, mais non innocenté puisque condamné à douze mois de prison, dont un ferme (celui déjà accompli) et onze avec sursis. Le gouvernement Guelleh maintient la pression : le militant reste menacé de prison au moindre propos déplaisant. Par exemple sur un certain charnier découvert en février dernier au Day...

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Un défenseur des droits humains condamné

Le Figaro, 13 avril 2007

Un défenseur des droits humains condamné DJIBOUTI.  Jean-Paul Noël Abdi, le président de la Ligue djiboutienne des droits humains, a été condamné mercredi pour diffusion de fausses nouvelles par la cour d'appel de Djibouti à un an de prison, dont onze mois avec sursis. 

Il était poursuivi pour la publication d'une note d'information évoquant des meurtres et un viol commis par les forces gouvernementales.

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Saisie record de khat à la douane de Mategnin

La Tribune de Genève, 12 avril 2007 jeudi  AUTEUR: Prieur

«Il s'agit de la plus grosse saisie de khat jamais effectuée dans le canton de Genève», souligne l'adjudant Michel Bachar du Corps III des gardes-frontière. 216,5kilos de cette drogue douce ont été saisis à proximité de la douane de Mategnin, sur la commune de Meyrin, le samedi31 mars.

Vers 9 h 30, un automobiliste originaire de Somalie âgé d'une trentaine d'années, entre sur le territoire suisse au volant d'une Ford bleue immatriculée dans le canton de Vaud. Pour éviter le poste-frontière, il choisit de tourner à droite, empruntant la route de Prevessin. Une patrouille mobile des gardes-frontière est justement en planque à cet endroit. Quant à son complice, l'éclaireur censé lui ouvrir la voie, il se trouvait derrière le premier véhicule au lieu de le précéder.

Lors du contrôle, les gardes-frontière découvrent dans le coffre de la Ford d'énormes sacs de jute, contenant les bottes de khat. «Cette drogue doit être consommée fraîche précise l'adjudant. Elle est importée par avion depuis l'Afrique et arrive sur le sol hollandais où elle est légale. Elle est ensuite convoyée par voie terrestre. » Cette substance est principalement utilisée en Somalie, Éthiopie. Consommée en la mâchant, elle provoque un état euphorique. A forte dose, elle peut entraîner une perte d'appétit, des insomnies voire rendre impuissant.

«C'est sans doute à l'occasion d'une fête que cette quantité impressionnante a été commandée», indique Michel Bachar. En 2006, la totalité de khat saisie en Romandie atteignait 76kilos. Et 500kilos en 2005.

Jugé, le conducteur a écopé de soixante jours-amende et de trois ans de sursis.

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JUGE BORREL Le cabinet Perben mis en cause

Le Progrès - Lyon Informations générales, mercredi 11 avril 2007, p. / www.leprogres.fr > 

L'ex-porte-parole du Quai d'Orsay, Hervé Ladsous, aujourd'hui ambassadeur de France en Chine, met en cause le cabinet de l'ancien garde des Sceaux Dominique Perben dans une enquête sur d'éventuelles pressions sur la justice liées à l'affaire Borrel. La veuve du juge assassiné en 1995 à Djibouti avait déposé plainte après que Djibouti n'eut pas reçu, alors qu'il l'avait demandée, une copie du dossier. A l'époque, le cabinet de Perben était dirigé par l'actuel procureur général de Paris, Laurent Le Mesle.

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Note d'information du 15 avril 2007 : la  Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) est libre

Le Président

NOTE D’INFORMATION

DU 15 AVRIL 2007

La  L.D.D.H. EST LIBRE !!!

Outre la défense d’une cause juste, je dois ma libération au courage et à la solidarité agissante d’un certain nombre de personnes et d’organisations que je tiens particulièrement à remercier ici et aujourd’hui :

 -Mes avocats Maîtres Luc Aden et Zakaria du barreau djiboutois et singulièrement Maître Michel TUBIANA, vice-président de la F.I.D.H. et mandaté par celle-ci pour me défendre : sa plaidoirie devant une assistance acquise à la cause défendue, a été déterminante durant un procès qui a vu le ministère public confondu et son avocat Maître Aref…confus !

- Ainsi que les média internationaux qui ont couvert à leur manière ce procès. Nous pensons notamment à la B.B.C., R.F.I., Radio Vatican et dans la presse écrite « le Soir de Bruxelles » qui a publié un article du bien informé journaliste de terrain Alain LALLEMAND, « Les nouvelles d’Addis »…

-Cassim Ahmed Dini que j’ai mandaté pour représenter la L.D.D.H. au congrès de l’UIDH à Ouagadougou (Burkina Faso);

-Le comité de soutien en Europe crée par notre ami défenseur des défenseurs des Droits de l’Homme Mohamed KADAMY ;

-Tous ceux qui par téléphone ou par écrit m’ont témoigné une réconfortante solidarité

- Et last but not not least, les personnalités et partis politiques (A.R.D., U.D.J., M.R.D…) qui ont par leurs écrits ou présence physique aux audiences du Tribunal et à l’Hôpital Peltier, publiquement exprimé leur indignation et manifesté leur solidarité, continuant à ce jour à combattre l’arbitraire et la violation des Droits Humains à Djibouti ;

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH), à la veille du congrès international de la Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme (F.I.D.H.) qui se réunira prochainement à Lisbonne au Portugal, tient dans le cadre de sa mission de prévention des conflits à attirer l’attention de tous les partenaires au développement humain de Djibouti sur la situation potentiellement explosive qui prévaut actuellement à Djibouti…

Aveuglés par la lutte contre le terrorisme et un ennemi toujours invisible, le plus souvent supposé, les grandes puissances militairement présentes à Djibouti (U.S.A., France et O.T.A.N.), ne voient pas (ne veulent pas voir ?) ou tout simplement ignorent qu’ils structurent ici par leur soutien inconditionnel à cette dictature, un terreau au terrorisme qu’ils prétendent combattre partout et tout le temps !

A leur vu et su, les violations récurrentes des Droits Humains (politiques, syndicaux, d’expression…), l’arbitraire, l’impunité des crimes ordinaires et de guerre, les criantes inégalités, l’enrichissement illicite et soudain de quelques oligarques font de Djibouti une poudrière où le pire est à craindre…

DEMAIN, IL SERA TROP TARD !!!

M. NOËL ABDI Jean-Paul

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