Dernières nouvelles - Édition en Ligne d'Avril 2009

 Directeur de publication : Mohamed Ali Abdou.   Codirecteur : Mahdi Ibrahim A. God.   Email : realite_djibouti@yahoo.fr


S  o  m  m  a  i  r  e

26/04/2009 Note d'information de la LDDH du 26 avril 2009 suite à la conférence des défenseurs de toute l'Afrique

23/04/2009 Diffusion d'information du 23 avril 2009 : "le ridicule ne tue"

17/04/2009 Communiqué du MRD : Mort de Mahdi Ahmed Abdillahi, le régime en est responsable

12/04/2009 Lettre ouverte de Jean-Paul ABDI NOEL au président de la république de Djibouti le 12 avril 2009

11/04/2009 Communiqué du MRD : Ne pas accepter l'inacceptable

05/04/2009 Diffusion d'information de la LDDH sur la libération conditionnelle de Jean-Paul ABDI NOEL

04/04/2009 Communiqué de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH)



Note d'information de la LDDH du 26 avril 2009 suite à la conférence des défenseurs de toute l'Afrique

Le Président

NOTE D’INFORMATION

DU 26 AVRIL 2009

Kampala :

conférence des défenseurs de toute l’Afrique

Du 20 au 23 avril 2009, plus de cent (100) défenseurs des droits de l’Homme de toute l’Afrique, et trente trois (33) organisations Internationales de défense des droits humains du monde entier (Amnesty International, FIDH, Front Line, Human Rights First, le Haut Commissariat des Droits de l’homme de l’ONU, la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples etc.) se sont retrouvés dans la capitale Ougandaise pour une Conférence Historique.

La première Conférence de ce genre avait été organisée en 1998 à Johannesburg (Afrique du Sud) par Amnesty International.

Celle de la semaine dernière à Kampala est l’œuvre du Réseau des Défenseurs des Droits de l’Homme de l’Afrique de l’Est et Corne d’Afrique (EHARDN). Créé en novembre 2005 à Kampala, ce Réseau dont la LDDH est membre fondateur et point focal, reste le plus dynamique du Continent Africain.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) a pris une part active aux travaux de cette Conférence en mettant, notamment l’accent sur la nature liberticide du Pouvoir Djiboutien qui continue de museler la Société Civile Indépendante.

Pour leur part les Défenseurs des Droits de l’Homme du monde entier présents à cette Conférence ont dénoncé la répression à l’encontre des défenseurs Djiboutiens (militants des droits de l’Homme, Syndicalistes et journalistes Indépendants). Car comme chacun le sait, les droits fondamentaux reconnus par la Constitution nationale sont perpétuellement bafoués, tandis que, les auteurs de crimes et autres forfaits continuent de bénéficier d’une totale impunité au mépris de tous les Instruments internationaux ratifiés par la République de Djibouti.

C’est pourquoi les Résolutions et Plan d’Action adoptés à Kampala sonnent comme un sérieux avertissement aux régimes prédateurs des libertés et des biens publics.
A l’heure où l’ex candidat unique de 2005 cherche désespérément à se maintenir au pouvoir pour perpétuer le bradage tout en étouffant les Libertés, les défenseurs Djiboutiens lui rappellent simplement qu’il « est du mauvais côté de l’Histoire ».

NOEL ABDI Jean-Paul

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Diffusion d'information du 23 avril 2009 : "le ridicule ne tue"

Le Président

DIFFUSION D’INFORMATION

DU 23 AVRIL 2009

« Le ridicule ne tue pas »

DIFFUSION D’INFORMATION DU 23 AVRIL 2009

« Le ridicule ne tue pas »

Le Journal « La Nation » du 16 AVRIL 2009 dans un article intitulé « Election 2009/ Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies – Djibouti candidate -, a eu le culot d’annoncer en ces termes : « la République de Djibouti est candidate aux élections du conseil des Droits de l’Homme, prévues dans la journée du 14 mai 2009.

Tous les candidats doivent prouver leur engagements indéfectibles en faveur des droits humains…La nécessité pour les membres de respecter les droits humains est si importante que la résolution prévoit la possibilité pour l’Assemblée générale de suspendre les membres du Conseil qui commettraient des violations flagrantes et systématiques de ces droits. (Source Amnesty Internationale).

De telles déclarations « tapageuses », reprises par la Nation un mois avant l’intronisation du candidat unique, ne sont pas tellement étonnantes, d’autant plus que ce journal est le seul autorisé à divulguer les dénigrements du Chef de l’Etat contre un Défenseur des Droits de l’Homme, surtout, sans daigner répondre au Droit de Réponse car le Parquet du Tribunal de Djibouti a pour habitude de classer SINE DIE tous les droits de réponse de la LDDH, pire encore, ce journal gouvernemental publie sans être inquiété les basses insultes  contre des personnalités politiques de l’Opposition.

Toutefois, il nous faut préciser que « la source » d’Amnesty International ne veut strictement pas dire qu’Amnesty cautionne la dictature, et les violations insupportables et intolérables que subissent au quotidien le Peuple Djiboutien.

Bien au contraire, d’ailleurs notre rôle en tant que Défenseur Indépendant est de vous soumettre en quatre points les principales violations :

1.    Parmi les six pays Africains candidats,  Djibouti est  le seul pays où le Chef de l’Etat s’était présenté contre lui-même lors des élections présidentielles de 2005 et s’était autoproclamé après des élections avec un taux de participation de moins de 15% ;


2.    Parmi les six pays Africains candidats, Djibouti est le seul pays où la Presse libre est inexistante car interdite par des méthodes militaro policières ;

3.     Parmi les six pays Africains candidats, où les syndicats libres sont interdits à manifester, à lancer des grèves etc.

4.    Parmi les six pays Africains, Djibouti malgré les plus beaux textes, a une justice qui n’est pas encore totalement indépendante. La Ligue Djiboutienne ne cesse depuis 2000 de lancer des Appels en faveur de la Totale Indépendance de la justice Djiboutienne et de la liberté pour les Magistrats d’avoir un ou des Syndicats des magistrats.

La Liste est longue, mais rien que ces quatre points vous prouvent l’état de délabrement et de dysfonctionnement qui en résultent avec la très Mauvaise Gouvernance et le déficit de l’Etat de Droit, sans oublier les nombreuses violations des Droits de l’Homme et périodiquement des exécutions extrajudiciaires sans enquêtes, parfois avec promotion.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel pressant à tous les Défenseurs des Droits de l’Homme de se mobiliser pour mettre à l’index un régime foncièrement dictatorial, impopulaire et uniquement maintenu pour des raisons géostratégiques.

NOEL ABDI Jean-Paul, Vice-président de l’UIDH  chargé de la Corne d’Afrique.

**

Nota Bene :

Un récent rapport fait état que : « Djibouti n’a eu longtemps pour seule ressource que sa rente stratégique versée par l’ex métropole. En 1995, à Djibouti les dépenses des seules forces françaises représentaient près de la moitié du produit intérieur brut et procuraient au budget de l’Etat plus du tiers de ses recettes ».

La première question que l’on se pose actuellement est celui de savoir :

1. qu’elle est la proportion actuelle entre les rentes stratégiques de la France, des Etats-Unis, des Forces Européennes et celles de l’OTAN, des Japonais etc..., d’une part, et le produit intérieur brut, d’autre part ?

2. dans combien de comptes, ces rentes stratégiques sont-elles dispatchées ?

3. Qui sont réellement les bénéficiaires de ces rentes stratégiques issues, évidemment des bailleurs de Fonds, mais dont les rentes sont et restent opaques non seulement pour les contribuables Djiboutiens, mais surtout pour les contribuables de ces pays, que l’on peut considérer comme amis même s’il est difficile de voir actuellement l’impact bénéfique de leurs financements.

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Communiqué du MRD : Mort de Mahdi Ahmed Abdillahi, le régime en est responsable

Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement
(Ancien PRD)
Cité Poudrière Avenue Nasser
Tel : 34 23 99
BP : 3570
Djibouti

COMMUNIQUE DE PRESSE

MORT DE M. MAHDI AHMED ABDILLAHI : LE REGIME EN EST RESPONSABLE

Monsieur Mahdi Ahmed Abdillahi, 54 ans, opposant au régime, qu’il a un temps rallié, ancien détenu politique et ancien membre fondateur et dirigeant du Parti national démocratique (PND), présidé par Monsieur Aden Robleh Awaleh, formation aujourd’hui ralliée au parti au pouvoir, a été arrêté le 22 mars 2009, accusé d’être entré en communication téléphonique avec l’homme d’affaires Abdourahman M.M. Boreh que le couple présidentiel a ajouté sur la liste sans fin de ses ennemis. Il a été arrêté en même temps que son plus jeune frère, Mohamed Ahmed Abdillahi.

Placés sous mandat de dépôt, les deux hommes ont été interrogés sans ménagement et jetés à la sinistre prison de Gabode. C’est à Gabode, où ils croupissaient depuis lors, que l’état de santé de Mahdi Ahmed Abdillahi s’est dégradé jusqu’à la mort. L’opposant est décédé le 14 avril 2009 à l’hôpital général Peltier où il a été transporté quelques heures plus tôt dans un état critique.  

A-t-il subi des actes de torture de la part d’agents du régime dont les suites lui ont coûté la vie ? La question se pose et doit trouver réponse dans une enquête indépendante.

Mais une chose est d’ores et déjà claire : même en l’absence d’actes de torture, le régime est responsable de la mort de Monsieur Mahdi Ahmed Abdillahi. Il en est responsable en l’arrêtant et emprisonnant dans les conditions inhumaines de la prison de Gabode, fort incompatibles avec son fragile état de santé de diabétique. Détenir un homme à la santé fragile dans des conditions inhumaines jusqu’à ce que mort s’ensuive, c’est tout simplement le tuer.

Ismaël Omar Guelleh porte l’entière responsabilité de cette mort tragique. Une de plus.

Nous condamnons avec la plus grande fermeté cette mise à mort et adressons nos sincères condoléances à la famille et aux proches du défunt.

De même, nous appelons encore une fois les Djiboutiennes et Djiboutiens à se mobiliser plus que jamais pour le salut et l’avenir de la Nation.  

Fait à Bruxelles, le 17 avril 2009
Par le président du MRD

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Lettre ouverte de Jean-Paul ABDI NOEL au président de la république de Djibouti le 12 avril 2009

Le Président

Lettre ouverte adressée par Jean-Paul Noël Abdi

au Président de la République de Djibouti

le 12 avril 2009

LETTRE OUVERTE AU CHEF DE L’ETAT, CHEF DU GOUVERNEMENT, CHEF SUPREME DES ARMEES.

Djibouti, le 12 AVRIL 2009.

C’est avec une volonté très particulière, que je vous adresse cette lettre, afin d’attirer votre aimable attention sur un cas précis, qui démontre le dysfonctionnement à plusieurs échelons de notre Administration.

1. Je viens d’être saisi par des démobilisés, à qui, à juste titre, vous avez attribué la pension des blessés de guerre. Cela concerne 315 soldats dont 172 de l’Armée Nationale et de 143 de la FNP,

2. subsidiairement j'attire votre attention sur la nécessité d’accorder une vigilance particulière, en tant que Premier Magistrat pour une efficiente Indépendance de la Justice de notre Pays.

Il est de mon devoir de défenseur des Droits de l’homme de vous apporter une lumière, la plus proche de la réalité et, à mon avis, qui nécessite un nouveau regard plus positif sur le second point.

En conformité à la Décision n° 2002-0413/PR/MID portant attribution de pension aux blessés de guerre du 30 mai 2002, vous avez ordonné à l’article 4 de votre décision que : « la direction des Finances en liaison avec la FNP procèdera à la liquidation de la pension d’invalidité ».

Je pense qu’une mesure similaire a été prise pour les invalides de l’Armée nationale, car je n’ai en ma possession que celle concernant la FNP.

A ma connaissance, l’Association des Invalides et des blessés de guerre des Forces Armées et de la Police Nationale vous a directement saisi par lettre du 21/01/2008 pour vous soumettre leurs doléances.

Jusqu’à présent, ils ont l’impression qu’ils n’ont pas été entendus et se demandent pourquoi ?

A ma question : s’ils avaient déposé des plaintes au tribunal pour refus de mettre en application les décisions du chef de l’Etat, ils m’ont répondu NON.

Je comprends cette réponse sèche, car une grande majorité de nos concitoyens n’ont plus confiance ou ont une méconnaissance des procédures judiciaires et surtout ils n’ont pas les moyens de prendre un avocat.

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir vous pencher sur le problème des invalides de guerre, mais subsidiairement de prendre des actions en vue de redonner confiance aux justiciables djiboutiens.

J’en profite de cette lettre ouverte pour attirer encore votre attention, quant aux problèmes des réfugiés éthiopiens, érythréens, et somalis.

A ma connaissance, il s’avère nécessaire d’exiger du ministre de l’Intérieur en harmonie avec le HCR pour qu'il prenne rapidement toutes les dispositions, qui devront vous permettre d’émettre la décision tant attendue, du décret présidentiel relatif à la nouvelle composition de la Commission d’éligibilité pour les demandeurs d’asile.

Avec mes sentiments déférents.

Noël ABDI Jean-Paul

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Communiqué du MRD : Ne pas accepter l'inacceptable

Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement
(Ancien PRD)
Cité Poudrière Avenue Nasser
Tel : 34 23 99
BP : 3570
Djibouti


COMMUNIQUE DE PRESSE


NE PAS ACCEPTER L’INACCEPTABLE !

Acte I. Mercredi 4 mars 2009 au Palais dit du Peuple, dans la capitale djiboutienne. Dans le cadre de l’acte I d’une pièce très personnelle mais à grands frais publics, monsieur Ismaël Omar Guelleh, devant un certain nombre de «membres» du parti au pouvoir, le Rassemblement populaire pour le progrès (RPP), pompeusement qualifiés de «congressistes», confirme sa volonté de supprimer la disposition constitutionnelle limitant à deux le nombre de mandats présidentiels qu’un Chef d’Etat djiboutien puisse accomplir et de rester à vie au pouvoir. Il déclare en langue somalie : «La Constitution n’est pas le Saint Coran (…) Jusqu’à la mort, j’ai fait don de ma personne au service de mon pays…» ?  

Réaction du public, c’est-à-dire de l’immense majorité piétinée des Djiboutiennes et Djiboutiens : choc et colère. L’indignation est perceptible jusque dans le proche entourage du dictateur. Le constat que la déraison dépasse toutes les bornes, revient sur les lèvres, en public pour le peuple, en privé pour un bon nombre d’obligés. De sorte que la suite de la pièce prend du plomb dans l’aile. Les plus courageux des «amis» politiques d’Ismaël Omar n’hésitent pas à donner de la voix à l’Assemblée dite nationale. Le directeur de publication du journal gouvernemental La Nation, Ali Barkat Siradj, qui ose rendre compte de ces interventions, perd son poste.

Acte II. Le dictateur revoit le scénario en catastrophe. Il tente de couvrir le tollé national par quelques voix éparses, qui ne représentent qu’elles-mêmes. Aussi se fait-il encenser par tel ancien haut fonctionnaire peu exemplaire, chef d’une prétendue association de fonctionnaires à la retraite, par tel syndicat de transporteurs sommé de s’exécuter, ou encore par telle fantomatique association de jeunes.

Acte III. Jeudi 9 avril 2009, veille du week end à Djibouti et dixième anniversaire du hold up électoral qui l’a porté au pouvoir le 9 avril 1999, Ismaël Omar Guelleh joue un nouvel acte de sa pièce. Sous la protection massive de sa garde présidentielle, qui brutalise jusqu’à hospitalisation un des députés présents, et devant quelques centaines de «partisans», c’est-à-dire d’obligés, d’agents contraints de l’Etat et de quelques figurants au chômage recrutés pour la journée, il se rengorge sur l’esplanade du Palais dit du Peuple. Il se livre à un numéro d’autosatisfaction où le «moi, je» résonne à chaque phrase. Puis il danse au son de chants à sa gloire dignes de Kim Jong-il.  

Réaction du public, c’est-à-dire de l’immense majorité piétinée des Djiboutiennes et Djiboutiens : le tollé n’en est que plus fort. De sorte que, depuis la veille mercredi 8 avril 2009, la police de la capitale quadrille le vaste secteur populaire, en contrebas du centre-ville où trône le Palais dit du Peuple, arrêtant à tour de bras les habitants. Ni le Stade national de football, ni le célèbre cinéma Le Paris, tous deux en quartiers populaires, ne peuvent accueillir le show «populaire» auto-célébratoire un temps envisagé par Ismaël Omar Guelleh. La colère du peuple a raison de la programmation du dictateur qui doit se contenter d’un festin «privé» au goût de sang au Kempinski Hotel de la zone résidentielle, établissement à cinq étoiles dont l’artisan, l’homme d’affaires et «ami» de Guelleh, Abdourahman M. M. Boreh, figure depuis plusieurs mois sur la liste sans fin des ennemis du couple présidentiel et malmené en conséquence. Jeudi 9 avril 2009 au soir, dans ce palace, le petit monde de «convives» est sommé d’applaudir les chansons à la gloire du dictateur interprétées en langues somalie, afare et arabe par une armée de chanteurs grassement rétribués dont beaucoup sont spécialement venus d’Europe et d’Amérique du Nord. Le refrain est du genre : «Grand Ismaël Omar Guelleh, plus grand que tous les Génies des Carpates et autres Victorieux et Guides réunis, que ta volonté de présidence à vie soit faite.»  

Et pendant ce temps, à l’arrière-plan de la pièce. Scandaleuse misère sociale. Elle est là, partout, flagrante, révoltante. Dans la capitale, où les quartiers populaires et populeux ressemblent à des camps de la faim à ciel ouvert, où jeunes et moins jeunes pataugent dans les eaux stagnantes, malmenés par la malnutrition, les moustiques et les maladies. Voyez Balbala et PK12, Arhiba et Einguela. Regardez Quartiers 1 et 2, 3 et 4, 5 et 6. Voyez Quartiers 7 et 7 bis, Ambouli et Djebel. Mais aussi en province. Au Nord comme au Sud, à l’Ouest comme à l’Est, règne la même désolation faite de misère matérielle, de sécheresse d’autant plus dévastatrice que peu combattue et de détresse morale. La douleur de l’humain y côtoie la carcasse de l’animal. Sur l’ensemble du sol national, la mort est à l’œuvre. Et ce n’est pas tout car, à l’arrière-plan de la pièce, règnent aussi absence de liberté et oppression. Aucune voix discordante n’est tolérée.

 La répression s’abat tous azimuts. Une délégation d’Amnesty International, en visite au pays du 1er au 4 avril 2009, en fait encore le triste constat. Sous ses yeux, samedi 4 avril 2009, le président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH), Jean-Paul Noël Abdi, est arrêté et jeté dans les geôles du régime pour vingt-quatre heures. Sous ses yeux, croupissent depuis plusieurs semaines d’autres Djiboutiens accusés d’avoir écrit et diffusé un tract appelant à la haine tribale, tract qui pourtant ressemble étrangement à un produit de la sécurité politique et que d’ailleurs certaines sources présentent comme l’œuvre de la volonté chère au pouvoir de diviser la communauté nationale pour mieux régner. Sous ses yeux, puisqu’Amnesty International continue de scruter la situation, des dizaines et des dizaines de nouvelles arrestations viennent emplir les geôles glauques du régime depuis mercredi 8 avril 2009.

Il s’agit d’habitants de la capitale (Quartiers 6, 7, Balbala, etc.) comme de la province (Obock, Dikhil, etc.) ridiculement accusés de ne pas accepter l’inacceptable : la présidence à vie et le pouvoir héréditaire. Arrestations mais aussi morts : selon nos informations, un enfant de treize ans du Quartier 5 meurt écrasé par un véhicule de la garde présidentielle jeudi matin et un homme aurait été tué le soir du même jour à Balbala lors d’un assaut de la police contre les habitants qui n’acceptent pas que l’on vienne chanter à la gloire du dictateur à leurs portes. Nous regrettons que cinq de nos plus grands artistes nationaux, la chanteuse Fadoum Doualé, le chanteur-compositeur Abdi Robleh dit Qarshiile, le chanteur Abayazid, le chanteur-musicien Aïdarouss Ahmed et la chanteuse Amina Farah, que la misère a probablement poussés à prêter leur voix au dictateur, aient été les victimes collatérales de ce refus populaire. Nous leur souhaitons un prompt rétablissement et un sursaut de dignité.  

Nous adressons nos sincères condoléances aux familles et proches des deux personnes auxquelles le projet de présidence à vie et de pouvoir héréditaire a coûté la vie.

Est-il utile de rappeler qu’en réponse à leurs souffrances, les Djiboutiens ne se voient offrir que le spectacle de l’opulence du couple présidentiel ? Palais et parc automobile luxueux, yachts de haut standing, shoping en coûteux avion présidentiel dans les boutiques les plus chères de Paris, du Golfe arabe et d’ailleurs, accumulation à but lucratif de biens immobiliers et autres affaires juteuses, fêtes à volonté…La liste des turpitudes du couple présidentiel est interminable. Aussi interminable que son appétit est insatiable.

Jamais Chef d’Etat n’a autant abusé du pouvoir d’Etat et de la chose publique sous nos cieux.

Cette sombre situation générale, ses victimes, les Djiboutiens ne sont pas les seuls à dénoncer, maints documents la pointent du doigt. Qu’il s’agisse de rapports publiés ou de documents de travail d’organisations internationales[1].  «La République de Djibouti est un pays pauvre pour ses citoyens, beaucoup moins pour ses dirigeants », écrit l’Observatoire international pour la défense des droits de l’Homme dans un rapport sur Djibouti publié le 9 août 2006.

Et l’acte IV ? Point besoin de savoir lire dans la fumée de l’encens, comme l’on dit chez nous, pour le deviner. Si nous tous qui souffrons ne réagissons pas, si nous ne nous donnons pas la main, l’acte IV sera celui de la suppression effective de la limitation constitutionnelle à deux du nombre des mandats présidentiels et de l’institution définitive de la présidence à vie et du pouvoir héréditaire.

Nous ne pouvons accepter cela. Nous ne pouvons accepter l’inacceptable. A nouveau, nous condamnons tous les agissements divisionnistes et liberticides du régime. A nouveau, nous condamnons toute arrestation et toute détention arbitraires. A nouveau, nous condamnons le projet de présidence à vie et de pouvoir héréditaire du couple dictatorial. A nouveau, nous appelons à l’union sacrée de tous les Djiboutiens pour le salut et l’avenir de la Nation.

Djiboutiennes et Djiboutiens, n’acceptons pas l’inacceptable !

                                               Fait à Bruxelles, le 11 avril 2009
Par le président du MRD
Daher Ahmed Farah

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Diffusion d'information de la LDDH sur la libération conditionnelle de Jean-Paul ABDI NOEL

Le Président

DIFFUSION D’INFORMATION

DU DIMANCHE 5 AVRIL 2009

SUR MA LIBERATION CONDITIONNELLE.

DIFFUSION D’INFORMATION DU DIMANCHE 5 AVRIL 2009 SUR MA LIBERATION CONDITIONNELLE.

Je viens de trouver un semblant de Liberté. Cette Diffusion porte sur les communications de la FIDH et de l’ARDHD après ma libération

« La FIDH condamne cette énième arrestation de Jean-Paul Noël Abdi et comme à chaque fois, les accusations ne sont, que des prétextes à la criminalisation des défenseurs des droits de l'Homme. Les autorités djiboutiennes doivent libérer immédiatement M. Abdi » a déclaré la présidente de la FIDH, Mme Souhayr Belhassen avec les 21 autres membres du Bureau international de la FIDH réunis à Paris jusqu'au 5 avril 2009.

Merci, à tous les défenseurs des droits de l’Homme,  merci, à mon avocat Maître Zakaria, à mon Conseil Luc Aden tous deux présents à mes côtés,  merci à  Maître M. TUBIANA en alerte permanente.

Merci, à tous mes amis  partout dans le monde, sans oublier mes compatriotes.

Grâce à vous tous, grâce à votre  solidarité sans faille, toutes mes convictions pour la liberté, pour le droit d’expression, pour le refus de l’intolérance…, pour le respect des droits fondamentaux et en priorité la Constitution djiboutienne, pour l’application de toutes les Conventions internationales ratifiées, sans oublier l’Accord de paix de 2001, je vous assure que toutes mes convictions restent intactes et inébranlables.

Oui,  toutes mes convictions de défenseur des droits de l’Homme vous accompagneront.

1.    Halte aux  habituelles séquestrations « sur ordre »  en république de Djibouti ! En tant que victime de la Justice, il est légitime de se demander pourquoi, dans notre pays, la Justice reste toujours muselée par un pouvoir foncièrement dictatorial, et, ce depuis l’indépendance ?

Est-ce, le Premier magistrat qui bloque le principe « sacro-saint » de l’indépendance totale de la Justice ?

En fait, à qui profite ce blocage ? Espérons, que les choses  vont bouger !

Quelles sont les  raisons de mes arrestations et intimidations fréquentes depuis la création de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) ?

2.    Sur les motifs retenus, mais non encore confirmés par écrit, à mon encontre.
A ma connaissance, il s’agirait :
- d’une nécessité de service ;
- probablement, en raison d’indices basés sur « des Injures publiques », délits prévus à l’article 432  du Code Pénal. 

3.    Décision du Juge d’Instruction.
-    liberté sous contrôle judiciaire ;
-    Interdiction de quitter le Territoire ;
-    Emarger auprès du Cabinet d’Instruction.

M. NOEL ABDI Jean-Paul

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Communiqué de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH)

Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH)

COMMUNIQUÉ

Djibouti : La FIDH réclame la libération du président de son organisation membre à Djibouti

Paris, le 4 avril 2009 - La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) réunie en Bureau international (BI) du 3 au 5 avril 2009 condamne l'arrestation M. Jean-Paul Noël ABDI, président de son organisation membre à Djibouti, la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) et réclame sa remise en liberté immédiate.

Ce matin, le 4 avril 2009, M. Jean-Paul Noël ABDI, a de nouveau1 été arrêté dans le centre-ville de la capitale de Djibouti, par des éléments du Service de recherche et de documentation (SRB) de la gendarmerie nationale et a été emmené à la Brigade Nord de la gendarmerie de Djibouti avant d'être placé en garde à vue. Il doit être déféré devant le parquet demain dimanche 5 avril 2009, probablement selon la procédure de flagrant délit qui permet la comparution immédiate et la probable condamnation et incarcération du mis en cause. La FIDH dénonce l'utilisation d'une telle procédure, notamment dans le cadre d'atteintes aux libertés de presse et d'expression, en ce qu'elle ne vise qu'à condamner de manière expéditive la personne visée.

Selon les premières informations, un mandat d'arrêt aurait été délivré à son encontre pour « injures publiques à l'autorité judiciaire »2 pour avoir, dans une note d'information en date du 26 mars 2009, dénoncé les graves manquements de la justice djiboutienne et en particulier son absence d'indépendance, illustré par la non-motivation et la non rédaction de certains jugements et décisions de justice en particulier dans les procès sensibles comme celui du père Sandro3.

Cette nouvelle arrestation intervient dans un contexte socio-politique tendu. Dans la perspective du 9 avril 2009, dixième anniversaire de l'arrivée au pouvoir du président Guelleh, l'arrestation de M. Jean-Paul Noël Abdi, constitue une mesure de contrôle de la société civile indépendante et démontre que les autorités djiboutiennes veulent faire taire toute voix contestataire à Djibouti. Alors que l'élection présidentielle d'avril 2005 n'avait vu que la candidature unique du président Guelleh et que son mandat arrive à son terme en 2011, le parti au pouvoir a solennellement demandé le 4 mars 2009, au président de modifier la constitution pour lui permettre de briguer un troisième mandat présidentiel consécutif.

« La FIDH condamne cette énième arrestation de Jean-Paul Noël Abdi et comme à chaque fois, les accusations ne sont que des prétextes à la criminalisation des défenseurs des droits de l'Homme. Les autorités djiboutiennes doivent libérer immédiatement M. Abdi » a déclaré la présidente de la FIDH, Mme Souhayr Belhassen avec les 21 autres membres du Bureau international de la FIDH réunis à Paris jusqu'au 5 avril 2009.

1 Depuis 2007, jean-Paul Noël Abdi a fait l'objet de nombreuses arrestations, convocations et détentions. Voir les communiqués de la FIDH et les appels urgents de l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme; http://www.fidh.org/-Djibouti,63-#pagination_derniers_articles

2 Si une telle incrimination est retenue, il risque selon les articles 430 et 432 du Code pénal djiboutien, 1 an d'emprisonnement et 500 000 Francs djiboutien.

3 Ce prêtre catholique italien, Sandro De Pretis, était incarcéré en détention préventive à Djibouti depuis le 28 octobre 2007 sous l'accusation de recel et diffusion d'images pédopornographiques. Il a été condamné le 26 mars 2009 à 5 mois d'emprisonnement dont trois mois et quatre jours de prison ferme. Le procureur de la République de Djibouti, qui a demandé cette arrestation, est lui-même l'objet d'un mandat d'arrêt de la part du gouvernement français qui l'accuse de «subornation de témoins» dans l'affaire Borrel. La LDDH a toujours considéré qu'il s'agissait d'accusations montés de toutes pièces et avait constaté de nombreuses irrégularités de procédures.

Voir http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+WQ+E-2008 0829+0+DOC+XML+V0//FR

Contacts :

Gaël Grillhot
Responsable du service de presse – Press office Director
Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH)
International Federation for Human Rights (FIDH)
ggrilhot@fidh.org

http://www.fidh.org – www.blogfidh.org

Florent GEEL
Responsable Adjoint / Deputy Director
Bureau Afrique / Africa Desk
Fédération internationale des ligues des droits de l'Hommme-FIDH
International Federation for Human Rights-FIDH
17, passage de la main d'or / 75011 PARIS / FRANCE
Phone: +33 1 43 55 25 18       
Fax: +33 1 43 55 18 80
http://www.fidh.org

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