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Dernières nouvelles - Édition en Ligne d'Avril 2009
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Directeur
de publication : Mohamed Ali Abdou. Codirecteur :
Mahdi Ibrahim A. God. Email :
realite_djibouti@yahoo.fr
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26/04/2009 Note d'information de
la LDDH du 26 avril 2009 suite à la conférence des défenseurs
de toute l'Afrique
23/04/2009 Diffusion
d'information du 23 avril 2009 : "le ridicule ne tue"
17/04/2009 Communiqué du MRD
: Mort de Mahdi Ahmed Abdillahi, le régime en est
responsable
12/04/2009 Lettre ouverte de
Jean-Paul ABDI NOEL au président de la république de
Djibouti le 12 avril 2009
11/04/2009 Communiqué du MRD
: Ne pas accepter l'inacceptable
05/04/2009 Diffusion
d'information de la LDDH sur la libération conditionnelle
de Jean-Paul ABDI NOEL
04/04/2009
Communiqué de la Fédération
internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH)
Note d'information de la LDDH du 26 avril 2009 suite à
la conférence des défenseurs de toute l'Afrique
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Le Président |
NOTE D’INFORMATION
DU 26 AVRIL 2009
Kampala :
conférence des défenseurs de toute l’Afrique |
Du 20 au 23
avril 2009, plus de cent (100) défenseurs des droits de
l’Homme de toute l’Afrique, et trente trois (33) organisations
Internationales de défense des droits humains du monde entier
(Amnesty International, FIDH, Front Line, Human Rights First,
le Haut Commissariat des Droits de l’homme de l’ONU, la
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples
etc.) se sont retrouvés dans la capitale Ougandaise pour une
Conférence Historique.
La première
Conférence de ce genre avait été organisée en 1998 à
Johannesburg (Afrique du Sud) par Amnesty International.
Celle de la
semaine dernière à Kampala est l’œuvre du Réseau des
Défenseurs des Droits de l’Homme de l’Afrique de l’Est et
Corne d’Afrique (EHARDN). Créé en novembre 2005 à Kampala, ce
Réseau dont la LDDH est membre fondateur et point focal, reste
le plus dynamique du Continent Africain.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) a pris une part active
aux travaux de cette Conférence en mettant, notamment l’accent
sur la nature liberticide du Pouvoir Djiboutien qui continue
de museler la Société Civile Indépendante.
Pour leur part
les Défenseurs des Droits de l’Homme du monde entier présents
à cette Conférence ont dénoncé la répression à l’encontre des
défenseurs Djiboutiens (militants des droits de l’Homme,
Syndicalistes et journalistes Indépendants). Car comme chacun
le sait, les droits fondamentaux reconnus par la Constitution
nationale sont perpétuellement bafoués, tandis que, les
auteurs de crimes et autres forfaits continuent de bénéficier
d’une totale impunité au mépris de tous les Instruments
internationaux ratifiés par la République de Djibouti.
C’est pourquoi
les Résolutions et Plan d’Action adoptés à Kampala sonnent
comme un sérieux avertissement aux régimes prédateurs des
libertés et des biens publics.
A l’heure où l’ex candidat unique de 2005 cherche
désespérément à se maintenir au pouvoir pour perpétuer le
bradage tout en étouffant les Libertés, les défenseurs
Djiboutiens lui rappellent simplement qu’il « est du mauvais
côté de l’Histoire ».
NOEL ABDI
Jean-Paul
Diffusion d'information du 23 avril 2009 : "le ridicule
ne tue"
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Le Président |
DIFFUSION D’INFORMATION
DU 23 AVRIL 2009
« Le ridicule ne tue pas » |
DIFFUSION D’INFORMATION
DU 23 AVRIL 2009
« Le ridicule
ne tue pas »
Le Journal «
La Nation » du 16 AVRIL 2009 dans un article intitulé «
Election 2009/ Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies
– Djibouti candidate -, a eu le culot d’annoncer en ces termes
: « la République de Djibouti est candidate aux élections du
conseil des Droits de l’Homme, prévues dans la journée du 14
mai 2009.
Tous les
candidats doivent prouver leur engagements indéfectibles en
faveur des droits humains…La nécessité pour les membres de
respecter les droits humains est si importante que la
résolution prévoit la possibilité pour l’Assemblée générale de
suspendre les membres du Conseil qui commettraient des
violations flagrantes et systématiques de ces droits. (Source
Amnesty Internationale).
De telles
déclarations « tapageuses », reprises par la Nation un mois
avant l’intronisation du candidat unique, ne sont pas
tellement étonnantes, d’autant plus que ce journal est le seul
autorisé à divulguer les dénigrements du Chef de l’Etat contre
un Défenseur des Droits de l’Homme, surtout, sans daigner
répondre au Droit de Réponse car le Parquet du Tribunal de
Djibouti a pour habitude de classer SINE DIE tous les droits
de réponse de la LDDH, pire encore, ce journal gouvernemental
publie sans être inquiété les basses insultes contre des
personnalités politiques de l’Opposition.
Toutefois, il
nous faut préciser que « la source » d’Amnesty International
ne veut strictement pas dire qu’Amnesty cautionne la
dictature, et les violations insupportables et intolérables
que subissent au quotidien le Peuple Djiboutien.
Bien au
contraire, d’ailleurs notre rôle en tant que Défenseur
Indépendant est de vous soumettre en quatre points les
principales violations :
1. Parmi
les six pays Africains candidats, Djibouti est le seul pays
où le Chef de l’Etat s’était présenté contre lui-même lors des
élections présidentielles de 2005 et s’était autoproclamé
après des élections avec un taux de participation de moins de
15% ;
2. Parmi les six pays Africains candidats, Djibouti est le
seul pays où la Presse libre est inexistante car interdite par
des méthodes militaro policières ;
3. Parmi
les six pays Africains candidats, où les syndicats libres sont
interdits à manifester, à lancer des grèves etc.
4. Parmi
les six pays Africains, Djibouti malgré les plus beaux textes,
a une justice qui n’est pas encore totalement indépendante. La
Ligue Djiboutienne ne cesse depuis 2000 de lancer des Appels
en faveur de la Totale Indépendance de la justice Djiboutienne
et de la liberté pour les Magistrats d’avoir un ou des
Syndicats des magistrats.
La Liste est
longue, mais rien que ces quatre points vous prouvent l’état
de délabrement et de dysfonctionnement qui en résultent avec
la très Mauvaise Gouvernance et le déficit de l’Etat de Droit,
sans oublier les nombreuses violations des Droits de l’Homme
et périodiquement des exécutions extrajudiciaires sans
enquêtes, parfois avec promotion.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel pressant
à tous les Défenseurs des Droits de l’Homme de se mobiliser
pour mettre à l’index un régime foncièrement dictatorial,
impopulaire et uniquement maintenu pour des raisons
géostratégiques.
NOEL ABDI
Jean-Paul, Vice-président de l’UIDH chargé de la Corne
d’Afrique.
**
Nota Bene :
Un récent
rapport fait état que : « Djibouti n’a eu longtemps pour seule
ressource que sa rente stratégique versée par l’ex métropole.
En 1995, à Djibouti les dépenses des seules forces françaises
représentaient près de la moitié du produit intérieur brut et
procuraient au budget de l’Etat plus du tiers de ses recettes
».
La première
question que l’on se pose actuellement est celui de savoir :
1. qu’elle est
la proportion actuelle entre les rentes stratégiques de la
France, des Etats-Unis, des Forces Européennes et celles de
l’OTAN, des Japonais etc..., d’une part, et le produit
intérieur brut, d’autre part ?
2. dans
combien de comptes, ces rentes stratégiques sont-elles
dispatchées ?
3. Qui sont
réellement les bénéficiaires de ces rentes stratégiques
issues, évidemment des bailleurs de Fonds, mais dont les
rentes sont et restent opaques non seulement pour les
contribuables Djiboutiens, mais surtout pour les contribuables
de ces pays, que l’on peut considérer comme amis même s’il est
difficile de voir actuellement l’impact bénéfique de leurs
financements.
Communiqué du MRD : Mort de Mahdi Ahmed Abdillahi, le
régime en est responsable
Mouvement pour le Renouveau démocratique et le
Développement
(Ancien PRD)
Cité Poudrière Avenue Nasser
Tel : 34 23 99
BP : 3570
Djibouti
COMMUNIQUE DE PRESSE
MORT DE M. MAHDI AHMED ABDILLAHI : LE REGIME EN EST
RESPONSABLE
Monsieur
Mahdi Ahmed Abdillahi, 54 ans, opposant au régime, qu’il a
un temps rallié, ancien détenu politique et ancien membre
fondateur et dirigeant du Parti national démocratique (PND),
présidé par Monsieur Aden Robleh Awaleh, formation
aujourd’hui ralliée au parti au pouvoir, a été arrêté le
22 mars 2009, accusé d’être entré en communication
téléphonique avec l’homme d’affaires Abdourahman M.M.
Boreh que le couple présidentiel a ajouté sur la liste
sans fin de ses ennemis. Il a été arrêté en même temps que
son plus jeune frère, Mohamed Ahmed Abdillahi.
Placés
sous mandat de dépôt, les deux hommes ont été interrogés
sans ménagement et jetés à la sinistre prison de Gabode.
C’est à Gabode, où ils croupissaient depuis lors, que
l’état de santé de Mahdi Ahmed Abdillahi s’est dégradé
jusqu’à la mort. L’opposant est décédé le 14 avril 2009 à
l’hôpital général Peltier où il a été transporté quelques
heures plus tôt dans un état critique.
A-t-il
subi des actes de torture de la part d’agents du régime
dont les suites lui ont coûté la vie ? La question se pose
et doit trouver réponse dans une enquête indépendante.
Mais une
chose est d’ores et déjà claire : même en l’absence
d’actes de torture, le régime est responsable de la mort
de Monsieur Mahdi Ahmed Abdillahi. Il en est responsable
en l’arrêtant et emprisonnant dans les conditions
inhumaines de la prison de Gabode, fort incompatibles avec
son fragile état de santé de diabétique. Détenir un homme
à la santé fragile dans des conditions inhumaines jusqu’à
ce que mort s’ensuive, c’est tout simplement le tuer.
Ismaël
Omar Guelleh porte l’entière responsabilité de cette mort
tragique. Une de plus.
Nous
condamnons avec la plus grande fermeté cette mise à mort
et adressons nos sincères condoléances à la famille et aux
proches du défunt.
De même,
nous appelons encore une fois les Djiboutiennes et
Djiboutiens à se mobiliser plus que jamais pour le salut
et l’avenir de la Nation.
Fait à Bruxelles, le 17
avril 2009
Par le président du MRD
Lettre ouverte de Jean-Paul ABDI NOEL au président de la
république de Djibouti le 12 avril 2009
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Le Président |
Lettre ouverte adressée par
Jean-Paul Noël Abdi
au Président de la République de
Djibouti
le 12 avril 2009
|
LETTRE OUVERTE AU CHEF DE
L’ETAT, CHEF DU GOUVERNEMENT, CHEF SUPREME DES ARMEES.
Djibouti, le
12 AVRIL 2009.
C’est avec une
volonté très particulière, que je vous adresse cette lettre,
afin d’attirer votre aimable attention sur un cas précis, qui
démontre le dysfonctionnement à plusieurs échelons de notre
Administration.
1. Je viens
d’être saisi par des démobilisés, à qui, à juste titre, vous
avez attribué la pension des blessés de guerre. Cela concerne
315 soldats dont 172 de l’Armée Nationale et de 143 de la FNP,
2.
subsidiairement j'attire votre attention sur la nécessité
d’accorder une vigilance particulière, en tant que Premier
Magistrat pour une efficiente Indépendance de la Justice de
notre Pays.
Il est de mon
devoir de défenseur des Droits de l’homme de vous apporter une
lumière, la plus proche de la réalité et, à mon avis, qui
nécessite un nouveau regard plus positif sur le second point.
En conformité
à la Décision n° 2002-0413/PR/MID portant attribution de
pension aux blessés de guerre du 30 mai 2002, vous avez
ordonné à l’article 4 de votre décision que : « la direction
des Finances en liaison avec la FNP procèdera à la liquidation
de la pension d’invalidité ».
Je pense
qu’une mesure similaire a été prise pour les invalides de
l’Armée nationale, car je n’ai en ma possession que celle
concernant la FNP.
A ma
connaissance, l’Association des Invalides et des blessés de
guerre des Forces Armées et de la Police Nationale vous a
directement saisi par lettre du 21/01/2008 pour vous soumettre
leurs doléances.
Jusqu’à
présent, ils ont l’impression qu’ils n’ont pas été entendus et
se demandent pourquoi ?
A ma question
: s’ils avaient déposé des plaintes au tribunal pour refus de
mettre en application les décisions du chef de l’Etat, ils
m’ont répondu NON.
Je comprends
cette réponse sèche, car une grande majorité de nos
concitoyens n’ont plus confiance ou ont une méconnaissance des
procédures judiciaires et surtout ils n’ont pas les moyens de
prendre un avocat.
Je vous serais
reconnaissant de bien vouloir vous pencher sur le problème des
invalides de guerre, mais subsidiairement de prendre des
actions en vue de redonner confiance aux justiciables
djiboutiens.
J’en profite
de cette lettre ouverte pour attirer encore votre attention,
quant aux problèmes des réfugiés éthiopiens, érythréens, et
somalis.
A ma
connaissance, il s’avère nécessaire d’exiger du ministre de
l’Intérieur en harmonie avec le HCR pour qu'il prenne
rapidement toutes les dispositions, qui devront vous permettre
d’émettre la décision tant attendue, du décret présidentiel
relatif à la nouvelle composition de la Commission
d’éligibilité pour les demandeurs d’asile.
Avec mes
sentiments déférents.
Noël ABDI Jean-Paul
Communiqué du MRD : Ne pas accepter l'inacceptable
Mouvement pour le Renouveau démocratique
et le Développement
(Ancien PRD)
Cité Poudrière Avenue Nasser
Tel : 34 23 99
BP : 3570
Djibouti
COMMUNIQUE DE PRESSE
NE PAS ACCEPTER L’INACCEPTABLE !
Acte I. Mercredi 4 mars 2009
au Palais dit du Peuple, dans la capitale djiboutienne.
Dans le cadre de l’acte I d’une pièce très personnelle
mais à grands frais publics, monsieur Ismaël Omar Guelleh,
devant un certain nombre de «membres» du parti au pouvoir,
le Rassemblement populaire pour le progrès (RPP),
pompeusement qualifiés de «congressistes», confirme sa
volonté de supprimer la disposition constitutionnelle
limitant à deux le nombre de mandats présidentiels qu’un
Chef d’Etat djiboutien puisse accomplir et de rester à vie
au pouvoir. Il déclare en langue somalie : «La
Constitution n’est pas le Saint Coran (…) Jusqu’à la mort,
j’ai fait don de ma personne au service de mon pays…» ?
Réaction du public, c’est-à-dire
de l’immense majorité piétinée des Djiboutiennes et
Djiboutiens : choc et colère. L’indignation est perceptible
jusque dans le proche entourage du dictateur. Le constat que
la déraison dépasse toutes les bornes, revient sur les lèvres,
en public pour le peuple, en privé pour un bon nombre
d’obligés. De sorte que la suite de la pièce prend du plomb
dans l’aile. Les plus courageux des «amis» politiques d’Ismaël
Omar n’hésitent pas à donner de la voix à l’Assemblée dite
nationale. Le directeur de publication du journal
gouvernemental La Nation, Ali Barkat Siradj, qui ose rendre
compte de ces interventions, perd son poste.
Acte II. Le dictateur revoit le
scénario en catastrophe. Il tente de couvrir le tollé national
par quelques voix éparses, qui ne représentent qu’elles-mêmes.
Aussi se fait-il encenser par tel ancien haut fonctionnaire
peu exemplaire, chef d’une prétendue association de
fonctionnaires à la retraite, par tel syndicat de
transporteurs sommé de s’exécuter, ou encore par telle
fantomatique association de jeunes.
Acte III. Jeudi 9 avril 2009,
veille du week end à Djibouti et dixième anniversaire du hold
up électoral qui l’a porté au pouvoir le 9 avril 1999, Ismaël
Omar Guelleh joue un nouvel acte de sa pièce. Sous la
protection massive de sa garde présidentielle, qui brutalise
jusqu’à hospitalisation un des députés présents, et devant
quelques centaines de «partisans», c’est-à-dire d’obligés,
d’agents contraints de l’Etat et de quelques figurants au
chômage recrutés pour la journée, il se rengorge sur
l’esplanade du Palais dit du Peuple. Il se livre à un numéro
d’autosatisfaction où le «moi, je» résonne à chaque phrase.
Puis il danse au son de chants à sa gloire dignes de Kim
Jong-il.
Réaction du public, c’est-à-dire
de l’immense majorité piétinée des Djiboutiennes et
Djiboutiens : le tollé n’en est que plus fort. De sorte que,
depuis la veille mercredi 8 avril 2009, la police de la
capitale quadrille le vaste secteur populaire, en contrebas du
centre-ville où trône le Palais dit du Peuple, arrêtant à tour
de bras les habitants. Ni le Stade national de football, ni le
célèbre cinéma Le Paris, tous deux en quartiers populaires, ne
peuvent accueillir le show «populaire» auto-célébratoire un
temps envisagé par Ismaël Omar Guelleh. La colère du peuple a
raison de la programmation du dictateur qui doit se contenter
d’un festin «privé» au goût de sang au Kempinski Hotel de la
zone résidentielle, établissement à cinq étoiles dont
l’artisan, l’homme d’affaires et «ami» de Guelleh, Abdourahman
M. M. Boreh, figure depuis plusieurs mois sur la liste sans
fin des ennemis du couple présidentiel et malmené en
conséquence. Jeudi 9 avril 2009 au soir, dans ce palace, le
petit monde de «convives» est sommé d’applaudir les chansons à
la gloire du dictateur interprétées en langues somalie, afare
et arabe par une armée de chanteurs grassement rétribués dont
beaucoup sont spécialement venus d’Europe et d’Amérique du
Nord. Le refrain est du genre : «Grand Ismaël Omar Guelleh,
plus grand que tous les Génies des Carpates et autres
Victorieux et Guides réunis, que ta volonté de présidence à
vie soit faite.»
Et pendant ce temps, à
l’arrière-plan de la pièce. Scandaleuse misère sociale. Elle
est là, partout, flagrante, révoltante. Dans la capitale, où
les quartiers populaires et populeux ressemblent à des camps
de la faim à ciel ouvert, où jeunes et moins jeunes pataugent
dans les eaux stagnantes, malmenés par la malnutrition, les
moustiques et les maladies. Voyez Balbala et PK12, Arhiba et
Einguela. Regardez Quartiers 1 et 2, 3 et 4, 5 et 6. Voyez
Quartiers 7 et 7 bis, Ambouli et Djebel. Mais aussi en
province. Au Nord comme au Sud, à l’Ouest comme à l’Est, règne
la même désolation faite de misère matérielle, de sécheresse
d’autant plus dévastatrice que peu combattue et de détresse
morale. La douleur de l’humain y côtoie la carcasse de
l’animal. Sur l’ensemble du sol national, la mort est à
l’œuvre. Et ce n’est pas tout car, à l’arrière-plan de la
pièce, règnent aussi absence de liberté et oppression. Aucune
voix discordante n’est tolérée.
La répression s’abat tous
azimuts. Une délégation d’Amnesty International, en visite au
pays du 1er au 4 avril 2009, en fait encore le triste constat.
Sous ses yeux, samedi 4 avril 2009, le président de la Ligue
djiboutienne des droits humains (LDDH), Jean-Paul Noël Abdi,
est arrêté et jeté dans les geôles du régime pour vingt-quatre
heures. Sous ses yeux, croupissent depuis plusieurs semaines
d’autres Djiboutiens accusés d’avoir écrit et diffusé un tract
appelant à la haine tribale, tract qui pourtant ressemble
étrangement à un produit de la sécurité politique et que
d’ailleurs certaines sources présentent comme l’œuvre de la
volonté chère au pouvoir de diviser la communauté nationale
pour mieux régner. Sous ses yeux, puisqu’Amnesty International
continue de scruter la situation, des dizaines et des dizaines
de nouvelles arrestations viennent emplir les geôles glauques
du régime depuis mercredi 8 avril 2009.
Il s’agit d’habitants de la
capitale (Quartiers 6, 7, Balbala, etc.) comme de la province
(Obock, Dikhil, etc.) ridiculement accusés de ne pas accepter
l’inacceptable : la présidence à vie et le pouvoir
héréditaire. Arrestations mais aussi morts : selon nos
informations, un enfant de treize ans du Quartier 5 meurt
écrasé par un véhicule de la garde présidentielle jeudi matin
et un homme aurait été tué le soir du même jour à Balbala lors
d’un assaut de la police contre les habitants qui n’acceptent
pas que l’on vienne chanter à la gloire du dictateur à leurs
portes. Nous regrettons que cinq de nos plus grands artistes
nationaux, la chanteuse Fadoum Doualé, le chanteur-compositeur
Abdi Robleh dit Qarshiile, le chanteur Abayazid, le
chanteur-musicien Aïdarouss Ahmed et la chanteuse Amina Farah,
que la misère a probablement poussés à prêter leur voix au
dictateur, aient été les victimes collatérales de ce refus
populaire. Nous leur souhaitons un prompt rétablissement et un
sursaut de dignité.
Nous adressons nos sincères
condoléances aux familles et proches des deux personnes
auxquelles le projet de présidence à vie et de pouvoir
héréditaire a coûté la vie.
Est-il utile de rappeler qu’en
réponse à leurs souffrances, les Djiboutiens ne se voient
offrir que le spectacle de l’opulence du couple présidentiel ?
Palais et parc automobile luxueux, yachts de haut standing,
shoping en coûteux avion présidentiel dans les boutiques les
plus chères de Paris, du Golfe arabe et d’ailleurs,
accumulation à but lucratif de biens immobiliers et autres
affaires juteuses, fêtes à volonté…La liste des turpitudes du
couple présidentiel est interminable. Aussi interminable que
son appétit est insatiable.
Jamais Chef d’Etat n’a autant
abusé du pouvoir d’Etat et de la chose publique sous nos
cieux.
Cette sombre situation générale,
ses victimes, les Djiboutiens ne sont pas les seuls à
dénoncer, maints documents la pointent du doigt. Qu’il
s’agisse de rapports publiés ou de documents de travail
d’organisations internationales[1].
«La République de Djibouti est un pays pauvre pour ses
citoyens, beaucoup moins pour ses dirigeants », écrit
l’Observatoire international pour la défense des droits de
l’Homme dans un rapport sur Djibouti publié le 9 août 2006.
Et l’acte IV ? Point besoin de
savoir lire dans la fumée de l’encens, comme l’on dit chez
nous, pour le deviner. Si nous tous qui souffrons ne
réagissons pas, si nous ne nous donnons pas la main, l’acte IV
sera celui de la suppression effective de la limitation
constitutionnelle à deux du nombre des mandats présidentiels
et de l’institution définitive de la présidence à vie et du
pouvoir héréditaire.
Nous ne pouvons accepter cela.
Nous ne pouvons accepter l’inacceptable. A nouveau, nous
condamnons tous les agissements divisionnistes et liberticides
du régime. A nouveau, nous condamnons toute arrestation et
toute détention arbitraires. A nouveau, nous condamnons le
projet de présidence à vie et de pouvoir héréditaire du couple
dictatorial. A nouveau, nous appelons à l’union sacrée de tous
les Djiboutiens pour le salut et l’avenir de la Nation.
Djiboutiennes et Djiboutiens,
n’acceptons pas l’inacceptable !
Fait à
Bruxelles, le 11 avril 2009
Par le président du MRD
Daher Ahmed Farah
Diffusion d'information de la LDDH sur la libération
conditionnelle de Jean-Paul ABDI NOEL
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Le Président |
DIFFUSION
D’INFORMATION
DU DIMANCHE
5 AVRIL 2009
SUR MA
LIBERATION CONDITIONNELLE. |
DIFFUSION
D’INFORMATION DU DIMANCHE 5 AVRIL 2009 SUR MA LIBERATION
CONDITIONNELLE.
Je viens de trouver un semblant
de Liberté. Cette Diffusion porte sur les communications de la
FIDH et de l’ARDHD après ma libération
« La FIDH condamne cette énième arrestation de Jean-Paul Noël
Abdi et comme à chaque fois, les accusations ne sont, que des
prétextes à la criminalisation des défenseurs des droits de
l'Homme. Les autorités djiboutiennes doivent libérer
immédiatement M. Abdi » a déclaré la présidente de la FIDH,
Mme Souhayr Belhassen avec les 21 autres membres du Bureau
international de la FIDH réunis à Paris jusqu'au 5 avril 2009.
Merci, à tous les défenseurs des
droits de l’Homme, merci, à mon avocat Maître Zakaria, à mon
Conseil Luc Aden tous deux présents à mes côtés, merci à
Maître M. TUBIANA en alerte permanente.
Merci, à tous mes amis partout
dans le monde, sans oublier mes compatriotes.
Grâce à vous tous, grâce à votre
solidarité sans faille, toutes mes convictions pour la
liberté, pour le droit d’expression, pour le refus de
l’intolérance…, pour le respect des droits fondamentaux et en
priorité la Constitution djiboutienne, pour l’application de
toutes les Conventions internationales ratifiées, sans oublier
l’Accord de paix de 2001, je vous assure que toutes mes
convictions restent intactes et inébranlables.
Oui, toutes mes convictions de
défenseur des droits de l’Homme vous accompagneront.
1. Halte aux habituelles séquestrations « sur ordre » en
république de Djibouti ! En tant que victime de la Justice, il
est légitime de se demander pourquoi, dans notre pays, la Justice
reste toujours muselée par un pouvoir foncièrement
dictatorial, et, ce depuis l’indépendance ?
Est-ce, le Premier magistrat qui
bloque le principe « sacro-saint » de l’indépendance totale de
la Justice ?
En fait, à qui profite ce blocage
? Espérons, que les choses vont bouger !
Quelles sont les raisons de mes
arrestations et intimidations fréquentes depuis la création de
la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) ?
2. Sur les motifs retenus, mais non encore confirmés
par écrit, à mon encontre.
A ma connaissance, il s’agirait :
- d’une nécessité de service ;
- probablement, en raison d’indices basés sur « des
Injures publiques », délits prévus à l’article 432 du
Code Pénal.
3.
Décision du Juge d’Instruction.
- liberté sous contrôle judiciaire ;
- Interdiction de quitter le Territoire ;
- Emarger auprès du Cabinet d’Instruction.
M. NOEL ABDI Jean-Paul
Communiqué de la Fédération internationale des ligues des
droits de l'homme (FIDH)
Fédération internationale des
ligues des droits de l'Homme (FIDH)
COMMUNIQUÉ
Djibouti
: La FIDH réclame la libération du président de son
organisation membre à Djibouti
Paris, le 4 avril 2009 - La Fédération internationale des
ligues des droits de l'Homme (FIDH) réunie en Bureau
international (BI) du 3 au 5 avril 2009 condamne
l'arrestation M. Jean-Paul Noël ABDI, président de son
organisation membre à Djibouti, la Ligue djiboutienne des
droits humains (LDDH) et réclame sa remise en liberté
immédiate.
Ce matin, le 4 avril 2009, M.
Jean-Paul Noël ABDI, a de nouveau1 été arrêté dans le
centre-ville de la capitale de Djibouti, par des éléments du
Service de recherche et de documentation (SRB) de la
gendarmerie nationale et a été emmené à la Brigade Nord de la
gendarmerie de Djibouti avant d'être placé en garde à vue. Il
doit être déféré devant le parquet demain dimanche 5 avril
2009, probablement selon la procédure de flagrant délit qui
permet la comparution immédiate et la probable condamnation et
incarcération du mis en cause. La FIDH dénonce l'utilisation
d'une telle procédure, notamment dans le cadre d'atteintes aux
libertés de presse et d'expression, en ce qu'elle ne vise qu'à
condamner de manière expéditive la personne visée.
Selon les premières informations,
un mandat d'arrêt aurait été délivré à son encontre pour «
injures publiques à l'autorité judiciaire »2 pour avoir, dans
une note d'information en date du 26 mars 2009, dénoncé les
graves manquements de la justice djiboutienne et en
particulier son absence d'indépendance, illustré par la
non-motivation et la non rédaction de certains jugements et
décisions de justice en particulier dans les procès sensibles
comme celui du père Sandro3.
Cette nouvelle arrestation intervient dans un
contexte socio-politique tendu. Dans la perspective du 9 avril
2009, dixième anniversaire de l'arrivée au pouvoir du
président Guelleh, l'arrestation de M. Jean-Paul Noël Abdi,
constitue une mesure de contrôle de la société civile
indépendante et démontre que les autorités djiboutiennes
veulent faire taire toute voix contestataire à Djibouti. Alors
que l'élection présidentielle d'avril 2005 n'avait vu que la
candidature unique du président Guelleh et que son mandat
arrive à son terme en 2011, le parti au pouvoir a
solennellement demandé le 4 mars 2009, au président de
modifier la constitution pour lui permettre de briguer un
troisième mandat présidentiel consécutif.
« La FIDH condamne cette énième
arrestation de Jean-Paul Noël Abdi et comme à chaque fois, les
accusations ne sont que des prétextes à la criminalisation des
défenseurs des droits de l'Homme. Les autorités djiboutiennes
doivent libérer immédiatement M. Abdi » a déclaré la
présidente de la FIDH, Mme Souhayr Belhassen avec les 21
autres membres du Bureau international de la FIDH réunis à
Paris jusqu'au 5 avril 2009.
1 Depuis 2007, jean-Paul Noël
Abdi a fait l'objet de nombreuses arrestations, convocations
et détentions. Voir les communiqués de la FIDH et les appels
urgents de l'Observatoire pour la protection des défenseurs
des droits de l'Homme;
http://www.fidh.org/-Djibouti,63-#pagination_derniers_articles
2 Si une telle incrimination est
retenue, il risque selon les articles 430 et 432 du Code pénal
djiboutien, 1 an d'emprisonnement et 500 000 Francs
djiboutien.
3 Ce prêtre catholique italien,
Sandro De Pretis, était incarcéré en détention préventive à
Djibouti depuis le 28 octobre 2007 sous l'accusation de recel
et diffusion d'images pédopornographiques. Il a été condamné
le 26 mars 2009 à 5 mois d'emprisonnement dont trois mois et
quatre jours de prison ferme. Le procureur de la République de
Djibouti, qui a demandé cette arrestation, est lui-même
l'objet d'un mandat d'arrêt de la part du gouvernement
français qui l'accuse de «subornation de témoins» dans
l'affaire Borrel. La LDDH a toujours considéré qu'il
s'agissait d'accusations montés de toutes pièces et avait
constaté de nombreuses irrégularités de procédures.
Voir
http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+WQ+E-2008
0829+0+DOC+XML+V0//FR
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Gaël Grillhot
Responsable du service de presse – Press office Director
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Florent GEEL
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