Dernières nouvelles - Édition en Ligne de décembre  2006

 Directeur de Publication : ALI MAHAMADE HOUMED    Codirecteur : MAHDI IBRAHIM A. GOD    Email : realite_djibouti@yahoo.fr


S  o  m  m  a  i  r  e

31/12/2006 LDDH : l'exécution de Saddam Hussein est une réponse de la barbarie à la barbarie

27/12/2006 Candidats bacheliers 2007, attention aux délais de pré-inscription à l'université en France

24/12/2006 Le Peuple somali pris en étau : Communiqué de presse de la LDDH

18/12/2006 Compte rendu de la manifestation d'Arhiba le 18 décembre 2006 à Djibouti

18/12/2006 Appel au droit à la mémoire : allocution du président de la LDDH le 18 décembre 2006

18/12/2006 Documents annexe sur le massacre d'Arhiba du 18 décembre 1991

18/12/2006 Témoignage d'un médecin français le jour du massacre d'Arhiba

17/12/2006 Photos des manifestants et Communiqué du Forum Pour la Démocratie et la Paix après la manifestation du 16 décembre 06 à Bruxelles en hommage aux victimes de la dictature

17/12/2006 Compte rendu par l'ARD des manifestations publiques de Paris et Bruxelles

15/12/2006 L’ARD Europe appelle à manifester à Bruxelles et à Paris

14/12/2006 Devoir de mémoire : communiqué de l'ARD du 13 décembre 2006

11/12/2006 Le Forum pour la démocratie et la paix (FDP) appelle à la commémoration du massacre d'Arhiba

10/12/2006 Communiqué de la LDDH du 10 décembre 2006

07/12/2006 Jeune Afrique : L'opposition appelle à la résistance civique à Djibouti

07/12/2006 Le Monde : Bernard Borrel est mort plusieurs fois

06/12/2006 Communiqué officiel de l'ARD du mardi 5 décembre 2006

04/12/2006 Événement rencontre du  samedi 9 décembre 2006 à Paris : les 8 heures des Nouvelles d'Addis

03/12/2006 Condoléances de Mahdi Ibrahim God au regretté Mohamed Saïd Saleh, combattant de la liberté

01/12/2006 Contribution de la LDDH à la conférence d'Entebbe : la situation des journalistes à Djibouti

01/12/2006 SURVIE : Conférence débat avec Elisabeth Borrel à Paris le 17 décembre 2006


LDDH : l'exécution de Saddam Hussein est une réponse de la barbarie à la barbarie

DIFFUSION D’INFORMATION

DU 31 DÉCEMBRE 2006

« une réponse à la barbarie par la barbarie »

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) condamne avec la plus grande fermeté l'exécution par pendaison, le samedi 30 décembre 2006 de l’ancien dictateur irakien Saddam Hussein.

Elle rappelle, que depuis l’occupation militaire étrangère en l’Irak, la situation dans ce pays ne fait qu’empirer avec le lot quotidien des exécutions de civils sous la complicité d’une administration  d’occupation.

Après les crimes contre l’humanité avant l’occupation en Irak, à quand les condamnations des crimes de guerre actuels sous l’égide d’une administration d’occupation étrangère ?

M. NOEL ABDI Jean-Paul

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Candidats bacheliers 2007, attention aux délais de pré-inscription à l'université en France

C'est chaque année, pareil. Les nouveaux titulaires du bac djiboutien font l'amère expérience d'une inscription impossible en septembre dans une université française après avoir pourtant décroché le merveilleux sésame.

Les demandes pour une première inscription en université française étaient traditionnellement recevables jusqu'à septembre pour une admission la même année dans une université en France. Mais depuis une loi de juillet 1993 et avec de moins en moins de dérogation possible, toute inscription en premier cycle pour les ressortissants étrangers est soumise à une procédure de demande d’admission préalable.

Ce dossier est à retirer avant le 15 janvier précédant l’année universitaire pour laquelle la demande d’inscription est sollicitée, auprès des services culturels de l’Ambassade de France du pays de résidence (dossier blanc). Vous pouvez aussi télécharger ce dossier blanc sur le site du ministère français de l’éducation nationale.

En clair, nous sommes fin décembre 2006, il vous reste jusqu'au 14 janvier 2007, délai impératif, soit pour retirer ce dossier au Consulat de France à Djibouti, soit pour le télécharger, puis le remplir soigneusement et le remettre avant le 31 janvier 2007 au même Consulat. Cela sans attendre les résultats du bac 2007. Vous aurez été prévenus.

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Le Peuple somali pris en étau : Communiqué de presse de la LDDH

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

DU 23 DÉCEMBRE 2006

Le Peuple Somali pris en étau.

Le Peuple frère de la Somalie est pris en étau entre les inondations (catastrophes naturelles), sans possibilité aucune d’assistance humanitaire et ce à cause d’une guerre absurde sans fondement religieux (le peuple Somalie étant à 100% musulman, sans l’élan patriotique (le peuple Somalie étant indépendant depuis 1960), sans aucun autre élan que celui de s’accaparer le Pouvoir avec le soutien et les interférences de certains pays de l’Igad et de la Ligue Arabe.

Face à cette guerre fratricide absurde qui a pris de l’ampleur depuis ces cinq derniers jours ;

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) est consciente :

1.  de la situation critique, qui prévaut en Somalie, après les inondations et les crues des fleuves Shabelle et Juba et surtout de l’impossibilité de porter secours aux populations sinistrées, suite à une guerre déclenchée depuis cinq jours.

2.  que les populations sinistrées, suite aux inondations en République de Somalie, s’élèvent à plus de six cents mille (600 000) personnes, sans couvertures ni alimentation, sans eau potable ni premiers secours sanitaires…

3. qu’actuellement tous ces sinistrés sont totalement isolés par les ravages d’une guerre sans nom ;

4. que depuis cinq jours les victimes de cette sale guerre s’élèvent au moins à un millier de victimes civiles ou armées confondues.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) apporte son soutien à toutes les initiatives de Paix.

Elle salue la dernière initiative de consultation des belligérants entreprise par la Délégation de l’union Européenne conduite par M. Louis Michel, juste avant l’intensification des affrontements aux alentours de Baïdoa ;

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel pressant à tous les belligérants directement ou indirectement impliqués dans cette sale guerre, de mettre fin rapidement à cette guerre fratricide et de décréter simultanément et sans condition un cessez-le-feu permanent, en vue d’une Paix durable

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) encourage l’ouverture d’un dialogue large, franc et constructif.

Autres priorités :

1.  la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel urgent aux Médecins Sans Frontières (MSF), même si la sécurité est loin d’être assurée, pour apporter dans la mesure du possible une pleine assistance aux somaliens victimes des inondations et des épidémies ;

2.  demande au Comité International de la Croix Rouge (CICR) de suivre en faisant prévaloir les nécessités urgentes d’une Paix tout en portant assistance aux nombreux blessés de guerre, en prévoyant à court terme l’ouverture des plusieurs antennes de soins car cette guerre fratricide risque d’être très sanglante ; 

3.  demande à Reporters Sans Frontières (RSF) d’assister tous les journalistes Somaliens et autres à s’investir et contribuer par des témoignages fidèles sur la situation de guerre en Somalie ;

4. attire l’attention de la Communauté Internationale sur les violations intolérables des Droits de l’Homme en Somalie ; 

5. s’associe à tous les Défenseurs des Droits de l’Homme, notamment Amnesty International, le Réseau des Défenseurs des Droits de l’Homme de l’Afrique de l’Est et de la Corne d’Afrique, de l’UIDH, de la FIDH et du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, dans le cadre de la constitution d’une Commission de Suivi des éventuels crimes de guerre.

6. Dans l’immédiat, il est primordial d’unir nos actions pour la Prévention des risques de généralisation des crimes fratricides, des crimes de guerre et autres crimes contre l’humanité.

M. NOËL ABDI Jean-Paul

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Compte rendu de la manifestation d'Arhiba le 18 décembre 2006 à Djibouti

La commémoration du massacre d’Arhiba perpétré à Djibouti le 18 décembre 1991 était un événement attendu de pied ferme par tous les Djiboutiens unanimes. La peur a semblé totalement basculer de camp à cette occasion, les Djiboutiennes et les Djiboutiens présents à la cérémonie découvrant combien il ne tient aussi qu’à eux-mêmes de se faire entendre.

Société civile et mouvements d’opposition se sont donné la main pour inscrire dans le marbre la quinzième journée de commémoration du massacre d’Arhiba tenue ce 18 décembre 2006 à Arhiba même, sur le lieu du carnage, sous les yeux inquiets des agents de police.

A l’appel de l’Alliance républicaine pour le développement (ARD) et le soutien de l’ensemble des mouvements démocratiques et de la société civile, le meeting pour la commémoration du 15e anniversaire du massacre d’Arhiba a eu lieu de 16h à 18h au cimetière d’Arhiba II.

Devant une assistance immense acquise à la cause de la justice, plusieurs orateurs se sont succédé. Une société civile combative était dignement représentée par Monsieur Moussa Mohamed, représentant de l’association des victimes du massacre d’Arhiba, qui a lui-même perdu un bras ce jour là, et par Monsieur Jean-Paul Abdi Noel, président de la Ligue djiboutienne des droits de l’homme (LDDH), invité de l’association des victimes.

Moussa Mohamed a commencé l'intervention au nom de la mémoire des victimes et au nom de leurs proches toujours dans la douleur des disparitions et des morts inexpliquées. « Je suis là pour rappeler que nous souffrons encore dans notre chair de ces exactions ». Le président de la LDDH, Jean-Paul Abdi Noël, a tenu un discours remarqué et traduit simultanément dans les langues somalie et afar, reproduit in extenso ci-dessous sur le site Internet. Monsieur Abdi Noël a rappelé que la LDDH était disposée à soutenir ici et maintenant toutes les plaintes en justice qui seraient intentée au niveau local et international.

Le mouvement politique Union pour la démocratie et la justice (UDJ), en l’absence de son président Ismaël Guedi Hared souffrant, était représenté par Monsieur Houssein Robleh Dabar, membre dirigeant du parti et ancien combattant dans le Frud armé. Propos inoubliable, Houssein Robleh a déclaré « j’avais pris le maquis contre l’injustice. Les auteurs de ce massacre sont encore au pouvoir. Il faut les combattre ! ».

Le mouvement pour le renouveau de la démocratie et le développement (MRD) n’était pas en reste. Son premier vice-président Mohamed Ahmed Kassim et son secrétaire général Souleiman Farah Lodon ont honoré l’assistance de leur double allocution riche en déterminations à aller de l’avant. Le MRD par la voie de son vice président a appelé l’opposition a renouveler son combat politique, en déclarant « l’opposition doit renforcer ses actions unitaires afin que de tels crimes ne se renouvellent pas ». Les propos du secrétaire général du MRD ont conforté l’assistance dans la présence inconditionnelle à leurs côtés du président Daher Ahmed Farah, en déclarant « le Président DAF est de tout cœur avec nous dans cette commémoration ».  

L’Alliance républicaine pour le développement (ARD) a dépêché toute son équipe dirigeante. Se sont succédé les discours enflammés du président Ahmed Youssouf Houmed, du Premier Vice-président Adan Mohamed Abdou, du Secrétaire général Kassim Ali Dini, du Secrétaire à la communication et porte parole Mohamed Ali Abdou, et de Madame Fatouma Youssouf, représentante des femmes.

Le président Ahmed Youssouf a rappelé la nouvelle mise en œuvre de l’action politique de l’ARD en déclarant « il faut impérativement renforcer les capacités de l’ARD pour lutter efficacement contre cette dictature ». Le vice président Adan Mohamed Abdou a rappelé à son tour combien « le temps est à l’action ! » Le nouveau secrétaire général du parti Kassim Ali Dini a donné la mesure du combat engagé depuis le dernier congrès « c’est pacifiquement que nous mettrons fin à ce régime car le peuple est de notre côté ». Le Secrétaire à la communication et porte parole Mohamed Ali Abdou de l’ARD a indiqué : « le compte à rebours a commencé pour ce régime dictatorial. Persévérons dans notre engagement ! »

Les uns et les autres ont porté l’accent sur le caractère absolument intolérable d’une impunité qui perdure quinze ans après les faits sans aucune enquête internationale diligentée pour connaître la vérité sur la folie policière, et sans aucune idée de proposition d’indemniser des familles de victimes toujours meurtries et démunies .

En clôture des interventions Madame Fatouma Youssouf s’est adressé à l’assistance et déclaré courageusement :  « les femmes doivent prendre une part essentielle dans le combat pour la justice et la Démocratie ».

Mohamed Ali Abdou
Secrétaire à la Communication de l’ARD

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Appel au droit à la mémoire : allocution du président de la LDDH le 18 décembre 2006

APPEL AU DROIT A LA MÉMOIRE

LE 18 DÉCEMBRE 2006

Allocution de la LDDH lue par M. NOËL ABDI Jean-Paul traduite dans les deux langues nationales l’Afar et le Somali

Des martyrs ciblés d’hier au martyre d’aujourd’hui; A quand la fin de ces calvaires collectifs intolérables ?

Tout d’abord, je tiens à remercier l’Association pour les victimes d’Arhiba, qui comme en 2004 nous avait associé à la commémoration en mémoire des victimes du massacre d’Arhiba du 18 décembre 1991.

Ce lourd tribut des crimes, plus exactement d’un carnage ciblé contre de vaillants citoyens innocents pèse lourdement dans nos consciences et nos cœurs.

En effet, depuis l’indépendance, depuis pratiquement 30 ans, les premières réactions, de certaines Autorités Djiboutiennes, loin de renforcer la cohésion et l’Unité de nos populations furent désastreuses car donnant la priorité des priorités à la répression et aux massacres des populations du Nord et de l’Ouest de la République de Djibouti.

En ces jours de Mémoire, il est du Devoir des Défenseurs des Droits de l’Homme de se recueillir auprès des parents et proches des victimes des massacres d’Arhiba le 18 décembre 1991.

Permettez-moi de vous rappeler, en deux mots, le Combat mené par les Défenseurs des Droits de l’Homme.

En effet, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) a été créée en 1999 dans un contexte où le silence des Défenseurs était plus que préoccupante, d’autant plus, que les exécutions extrajudiciaires, les répressions de tout genre sur les populations civiles étaient à son comble.

Néanmoins, certaines démarches ont été faites, mais d’autres encore restent à faire, et sur ce dernier point que je vous donnerais un bref résumé.

Il s’agit avant tout d’encourager toutes les victimes et leurs ayants droit à s’organiser en vue de porter plainte et d’exiger des réparations tant devant les juridictions locales qu’internationales.

Pour sa part la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) se tient prête à aider sur le plan national et sur le plan internationale à accompagner dans toutes leurs démarches les parents et les proches des victimes civiles innocentes qui ont succombé sous les balles de la folie meurtrière d’une équipe encore au Pouvoir.  

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) réitère son Appel du 17 décembre 2005, portant sur les trois points suivants :

1. l’indemnisation immédiate de toutes les victimes d’Arhiba du 18 décembre 1991 et du 30 novembre 2005 ;

2. la poursuite en Justice des auteurs de tous ces crimes odieux ;

3. la constitution d’une commission d’enquête indépendante sur la dernière tuerie dans ce même quartier le mercredi 30 novembre 2005.

Face aux silences du Chef de l’État qui dans le cadre des pouvoirs qui lui sont conférés de déclarer au moins le « Pardon de l’État » ainsi que le Droit  à la Mémoire de tous les victimes civiles des répressions meurtrières sur tout le Territoire nationale et ceux depuis l’indépendance.

La réparation que nous exigeons en faveur de toutes les victimes est le premier pas pour réconciliation nationale et la paix durable dans notre pays.

Il n’est jamais trop tard pour réagir, dès aujourd’hui organiser vous et constituer des dossiers de plaintes.

- oui au devoir de Mémoire, contre l’Oubli !

- oui aux Réparations, contre le Mépris !

- non à l’Impunité, oui à une vraie Réconciliation Nationale ! 

Jean-Paul Abdi Noël
Le président de la LDDH

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Documents annexe sur le massacre d'Arhiba du 18 décembre 1991

LE DÉROULEMENT DU MASSACRE

6H00 du matin, le quartier d’Arhiba est totalement investi et encerclé par les forces armées djiboutiennes coalisées dans une action militaire sans précédent à Djibouti-ville d’environ 400 personnes en armes et équipements de guerre.

Alors que l’essentiel des troupes d’assaut est placé en position de tir dans les tranchées, dans les tanks, sur des Jeeps et sur des vedettes, le groupe des policiers Afars sans armes munis de gourdins, est chargé de convaincre leurs frères de sang avec lesquels ils engagent le dialogue.

Parallèlement, les « crânes rasés » issus de la mobilisation générale vident tous les civils de  leurs cases en cartons et les rassemblent sur le terrain  vague

7H00 : Les premiers lève-tôt d’Arhiba II , sortis de chez eux sont aussitôt embarqués dans des camions mis à la disposition des  forces de l’ordre par les entrepreneurs privés qui se trouvent alignés au sud du quartier.

Après triage, le groupe ciblé est isolé du reste et une partie est embarquée dans un premier camion.

7h15 : les rafles continuent. Les forces armées tirent de leurs huttes, hommes, femmes et enfants, les regroupent par dizaines en les faisant asseoir parterre, et une fois le nombre suffisant pour contenir un camion, le chauffeur approche du secteur et l’on embarque tout le monde. La cité étant étendue sur 3 à 4 km, une scène identique à celle ci se déroule à plusieurs endroits, couvrant ainsi, tout Arhiba Il

7h30 : Sur un des « points de’ rassemblement » d’Arhiba II, certaines personnes ne se contentant pas de l’explication facile donnée par les hommes en uniforme selon laquelle il ne s’agirait que d’une simple “vérification d’identité”, elles voudraient comprendre et demandent des explications.

Ne pouvant supporter plus longtemps cette situation macabre, un policier Afar se détache du rang, dans un dernier élan de solidarité ethnique, déconseille vivement aux futures victimes de se laisser déporter en demandant d’opposer une résistance passive.

Pour son geste, il sera sommairement abattu par ses collègues de la FNS au cours de la fusillade.

Voyant leur plan dévoilé et devant le refus des civils de monter dans le camion, les forces armées s’apprêtent dès ce moment, à tirer sans sommation sur tout ce qui bouge. Ayant remarqué’ des mouvements qui contrarient le plan initialement établi, les forces armées qui s’étaient préparées à l ‘éventualité d’une réticence de la part des civils, reçoivent l’ordre d’exécuter sur place leur plan : l’acte d’extermination qu’elles devaient accomplir ailleurs. Elles ouvrent le feu sans sommation sur une foule sans défense (femmes, enfants, vieillards) qui tombe comme des mouches, tués à bout portant.

Dès les premières rafales, une panique folle s’empare très logiquement de toute la population d’Arhiba II et aux quatre coins de la cité, loin de contenir, les  forces de l’ordre tirent è vue. La chasse à l’Afar commence, un déluge de feu s’abat sur les civils, une course poursuite abominable s’organise .Qui à pied, qui. en véhicule tout terrain, les forces de l’ordre s’en donnent à coeur joie. Un safari humain.

FAIT ÉLOQUENT Trois policiers, Kalachnikov aux poings, font irruption dans l’École Primaire Public d’Arhiba dont le Directeur est sommé sous la contrainte par un vif et bref échange de propos, de faire sortir ces classes les élèves (probablement pour les exposer au carnage prévu). Le Directeur de l’École n’a pas manqué, malgré la menace, de leur faire observer qu’il y va de sa responsabilité professionnelle de mettre en sécurité les élèves et qu’il ne peut satisfaire leur dangereuse requête aussi longtemps que les armes ne se seront pas tues à Arhiba.

Pendant ce temps, les deux autres policiers s’introduisent dans les classes où ils n’hésitent pas à tirer plusieurs rafales créant une panique généralisée tant parmi les enseignants que parmi  les élèves qui fuient à toutes jambes.

7h45 : Un hélicoptère de l’armée française survole les lieux du massacre, panique cette fois coté tueurs, par la crainte des caméras que les Français n’ont certainement pas manqué de sortir pour un tel flagrant délit.

Au premier passage, les tireurs cessent la fusillade, certains ont le ridicule réflexe de se cacher derrière les maisons, mais continuent à pourchasser les rescapés dès que le Puma s’éloigne. Au second passage, les “chasseurs” décident de se retirer et maquillent le chiffre réel du carnage en s’empressant d’entasser dans deux camions un maximum de cadavres.

Combien de morts ? Impossible à dire avec précision. Les témoins oculaires les plus optimistes chiffrent à 50 cette cargaison funeste. Le convoi se dirige vers la ville, les hommes en uniforme quittent enfin Arhiba.

8H00 Les habitants d‘Einguela constatent que le terrain vague des Salines qui s’étend au Nord d’Arhiha est lui aussi quadrillé par les hommes de la FNS, à la hauteur du chantier séoudien jusqu’aux Théâtres des Salines.

Toutes les routes menant à Einguela sont bloquées par les agents de la circulation et ni piétons ni véhicules ne passent. Certains observateurs constatent qu’un long convoi de véhicules militaires qui assure l’encadrement, se dirige vers le secteur bouclé

BILAN DU MASSACRE

33 corps abandonnés sur le terrain vague,

7 personnes décédées à l’hôpital Peltier le lendemain des suites de leurs blessures,

7 corps retrouvés le 19 en mer à marée basse,

12 corps que les forces de l’ordre ont emportés,

Soit un total de 59 morts dont 47 ont été enterrés

LISTE DES PERSONNES DISPARUES LE 18.12.1991

1. HAMAD IBRAHIM SAID

2. YASSO KATHE ALI

3. ALI IBRAHIM MOURRA

4. NIBALLEH ADEN MOHAMED

5. DAOUD MOHAMED ALT

6. ABDALLAH HANAD OMAR

7. SAID HAMADOU GAAS

LISTE DES PERSONNES TUEES LORS DU MASSACRE D'ARHIBA

Corps découverts sur place

1. ALI ADAM AHMED

2. AHMED MOUMINE BAGUILA

3. HABILE MOUMINE BAGUÏLA

4. GANIBO IBRAHIM YASSO

5. ALI MOHAMED WEO

6. ADAM DIHIBO MOUSSA

7. MOHAMED ALI OMAR

8. ALI ALELOU ASSOWE

9. BERO DAOUD ANGADE

1O.OMAR MOHANED KABADE

11.ABDALLAH YAYO IBRAHTM

12.HASSAN ALI ABOUBAKER

13.MALIK ALI MAHAMED

14.HASSAN ABDOU ABOUBAKER

15.ALI ABDALLAH GOURATE

16.SABOLI ABDALLAH GAAS

17.ALI KABIR MANDEITOU

18.NOUMANE MOHAMED ABDALLAH

19.ALI SATD MOHAMED

20.MAHAMED MOUSSA WAAYE

21.ALI HOUSSEIN HARSSOU

22.ALI CHEIKO HAMAS

23.ADAM CHEIKO HAMAD

24.MOHAMED ALI HOUSSEIN

25.HASSAN FILADERO HASSAN

26.IDRISS LALE ALI

27.MOHAMED OSMAN IBRO

28.OSMAN MOHANED IBRO

29.SAADA AHMED

3O.ALI ARERO ALI

31.MISERA BOUCHRA CHOUMA

32.SALIHA MOHAMED ALT

33.ALI ADAM ALI

Personnes retrouvées à marée basse

34.HOUSSEIN IBRAHIM MOHAMED

35.KILO YASSIN ALI

36.MAHAMEISSE DINBIHISSE ALI

37.ALI HAMAD DOULA

38.HERE ALI YASSO

39,FOSSEYA MOHAMED OSMAN

40.HASNA SAID MOHAMED

Personnes retrouvées à l’hôpital Peltier

41 OSMAN YOUSSOUF

42.HASSAN HAMID

43 ABDOULKADER MOHAMED ISSA

44.ARISSO ONDE ARISSO

45.MOHAMED MOUSSA MOHAMED

46.MOHANED ALI AHMED

47.MOHAMED HOUMED MOHAMED

N.B. Les impacts de balles relevés sur les blessés nous autorisent à penser qu’il y avait plusieurs groupes de tireurs et que nombreuses étaient les personnes en train de fuir lorsqu’elles ont été atteintes par les projectiles. Ainsi, 50 % des survivants sont atteints au dos, 30% de face et 20 % de côté.

De plus, il a pu être dénombré environ 300 blessés dont 70 seulement furent admis à Peltier, une dizaine à l’hôpital militaire français alors que les autres ont été soignés par leurs propres familles de peur de représailles éventuelles.

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Témoignage d'un médecin français le jour du massacre d'Arhiba

Témoignage du médecin français, François De CHABALIER, Médecin:-Chef du district d’OBOCK

Le quartier est bouclé, les forces de l’ordre ont brûlé des cartes d’identité. La tension a monté. Un gendarme a été poignardé par un Afar juste après la fusillade. 2 policiers afars qui essayaient de prendre la défense des habitants d’Arhiba ont été tués par balle par leurs propres collègues.

A ce moment là, c’est la fusillade et les exécutions sommaires. C’est le carnage, les forces de l’ordre tirent sur tout ce qui n’a pas d’uniforme.

J’ai été très impressionne à l’hôpital Peltier par la foule de blessés qui affluaient. Il faut imaginer un grand couloir avec de  chaque côte une enfilade de brancards avec dessus des gens, tous. blessés par balles, tous Afars, tous civils.

Au bas mot, une quarantaine de morts. 26 ont été enterrés dans les cimetières hors de la ville plus une quinzaine dans la ville puisque les gens n’avaient pas le droit de sortir pour enterrer leurs morts ailleurs.

La majorité des victimes était des hommes jeunes également des femmes et des enfants mais aussi un vieil homme dont le crâne a été défoncé à coups de crosse et qui en est mort. J’ai vu un enfant de moins de 5 ans avec un poignet éclaté par balle.

Il semble certain qu’une intervention musclée des forces de l’ordre sur le quartier afar était prévue à titre de vengeance et de représailles depuis la veille au soir à cause d’une sévère défaite militaire, dans la zone nord de Tadjourah où l’armée aurait eu 3oo  morts ou disparus. A Tadjourah,  l’armée nationale a subi de lourdes pertes et de lourdes défaites.

A Obock, c’est une ville morte, occupée par les forces de l'ordre et encerclée par les rebelles, et la population civile est avec les rebelles en brousse. Leur souci est un souci  d’alimentation et de soutien sanitaire.

On comprend bien qu’ils ont la possibilité de se ravitailler par l’Éthiopie ou par le Yémen mais pour cela il faut de l’argent  et les fonctionnaires ont des difficultés pour récupérer de l’argent sauf ceux qui sont à Djibouti.

Le pays est coupé en deux. Les gens d’Obock s’ils  veulent venir à Djibouti doivent passer par l’Éthiopie, c’est à dire: qu’ils font un tour gigantesque pour contourner le pays. On ne peut plus passer par la mer puisque l’armée contrôle les sorties. D’ailleurs les pêcheurs d’Obock qui s’étaient réfugiés à Djibouti se sont vu confisquer leurs boutres.

L’inquiétude majeure des Djiboutiens est que Djibouti devienne comme Mogadiscio. Les tracts dans le sens de la guerre civile distribués à Djibouti n’ont pas trouvé une oreille à haut niveau On craignait que les quartiers Issas déferlent à Djibouti sur les quartiers afar. Mais en  réalité jusqu’à présent ce ne sont que les forces de l’ordre qui arrivent sur les quartiers afars ; La majorité des djiboutiens voudrait préserver leur pays.

La situation ethnique est plutôt calme au regard de la gravité des événements.

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Photos des manifestants et Communiqué du Forum Pour la Démocratie et la Paix après la manifestation du 16 décembre 06 à Bruxelles en hommage aux victimes de la dictature

Communiqué du Forum pour la démocratie et la paix (FDP)

Bruxelles, le 16/12/2006

Forum pour la Démocratie et la Paix
Avenue Van Overbeke, 243 boîte 2
1083 Bruxelles
Fdpdjibouti@hotmail.com

COMMUNIQUÉ

Sous une pluie battante et un temps maussade, les Djiboutiens se sont massivement mobilisés devant l’ambassade de Djibouti à Bruxelles afin de commémorer l’ignoble massacre survenu le 18 décembre 1991 à Arhiba.

Beaucoup se sont relayé pour fustiger, condamner et réclamer à ce que justice soit rendue à ces victimes innocentes, tombées sous les balles de la soldatesque au service de la dictature en place à Djibouti.

Tour à tour, des responsables du FDP, du MRD et du FRUD se sont succédé au micro : Monsieur Abdoulfatah Omar et Ali Salem ont pris la parole pour dénoncer l’impunité dont jouissent les instigateurs de cette barbarie d’état et Mohamed Abdoulkader Moussa de l'A.R.D, d'une voix sincère et ponctuée d'émotion, a abondé dans le même sens.

Puis ce fut au tour de Monsieur Abdallah Gaditto d’énumérer les multiples atteintes aux droits humains à Djibouti avant d’affirmer avec force qu’aucun pouvoir ne peut asseoir sa légitimité en bafouant impunément les libertés individuelles et que tôt ou tard il répondra de ses actes.

Monsieur Ali Ahmed Hamadou, le délégué de Ramid a pointé du doigt les dangers de la « Somalisation » qui guettent Djibouti à cause de la politique tribale et insensée, menée par le régime en place.

Enfin, moment d’intense émotion lorsque la benjamine des manifestants, par son insouciance et son courage, la petite Roumana Mohamed Habib, aux travers d’un hymne aux victimes, a chanté contre l’oubli.

L’assistance a clôturé l’événement en martelant que sans une justice équitable et une véritable démocratie, aucun changement n’est possible à Djibouti.

Djilani Ibrahim Ahmed

Photos des manifestants le 16 décembre 2006 à Bruxelles

devant l'ambassade de Djibouti

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Compte rendu par l’ARD des manifestations publiques de Paris et Bruxelles

Manifestation publique à Bruxelles samedi 16 décembre et manifestation publique à Paris dimanche 17 décembre se sont donné la réplique et remarquablement répondu à leur devoir de mémoire en commémoration de la tuerie d’Arhiba du 18 décembre 1991 à Djibouti.

Mouvements associatifs Forum pour la démocratie et la paix (FDP) à Bruxelles et Association pour la démocratie et le développement (ADD) à Paris, à l’initiative des rassemblements, ont été rejoints par les militants du Comité des femmes djiboutiennes contre les viols, par ceux du Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie (FRUD), du Mouvement pour le renouveau de la démocratie et le développement (MRD), et de l’Alliance républicaine pour le développement (ARD).

Face à l’ambassade de Djibouti à Bruxelles, le boulevard Franklin Roosevelt était noir de monde samedi 16 décembre de 14 heures à 15 heures, et face à l’ambassade de Djibouti à Paris, l’angle de la rue Emile Meunier et de la rue des Belles Feuilles était peuplé d’une forêt de banderoles, dimanche 17 décembre de 11 heures à 13 heures.

Les slogans et les discours ont fusé, les uns et les autres condamnant la situation d’impunité qui perdure à Djibouti et rappelant le besoin de persévérer dans une résistance toujours renouvelée face au gouvernement d’Ismaël Omar Guelleh.

Les manifestants ont une fois de plus exigé l’ouverture d’une enquête internationale pour faire toute la lumière, ainsi que la levée du secret défense au gouvernement français, sur la tuerie d’Arhiba.

L’ARD a appelé pour sa part l’ensemble des mouvements démocratiques djiboutiens à un rassemblement public demain lundi 18 décembre à Arhiba, sur le lieu même du drame, dans Djibouti ville.  

Maki Houmedgaba
Représentant de l’ARD en Europe
Fait à Paris, le 17 décembre 2006

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L’ARD Europe appelle à manifester à Bruxelles et à Paris

Le 18 décembre 1991, 59 civils trouvaient la mort à Arhiba dans Djibouti ville sous les balles préméditées de la Force nationale de police (FNP) de la république de Djibouti.

Déjà quinze ans et toujours la même interrogation insoutenable : comment et pourquoi ces hommes, femmes et enfants, ont-ils été invariablement passés par les armes par des agents de police ? Des Djiboutiens épris de justice sont de plus en plus nombreux à exiger que toute la vérité soit dite sur ce drame.

La représentation de l’ARD en Europe appelle les Djiboutiennes, les Djiboutiens ainsi que les démocrates de tous pays à participer une fois de plus au rassemblement public prévu devant les ambassades djiboutiennes de Bruxelles et de Paris pour commémorer la tuerie d’Arhiba.

La manifestation publique est prévue samedi 16 décembre de 14 heures à 15 heures en face de l’ambassade de Djibouti à Bruxelles, 204 avenue Franklin Roosevelt, aux côtés du Forum pour la démocratie et la paix (FDP), et dimanche 17 décembre de 11 heures à 13 heures en face de l’ambassade de Djibouti à Paris, à l’angle de la rue Emile Meunier et de la rue des Belles Feuilles, aux côtés de l’Association pour la démocratie et la paix (ADD).

Venez nombreux et nous serons entendus.

Maki Houmedgaba, Représentant de l’ARD en Europe

Fait à Paris, le 14 décembre 2006

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Devoir de mémoire : communiqué de l'ARD du 13 décembre 2006

 

ALLIANCE RÉPUBLICAINE POUR LE DÉVELOPPEMENT

ARD

 

Djibouti, le 13 décembre 2006

COMMUNIQUÉ

DEVOIR DE MÉMOIRE ET PRINCIPE DE PRÉCAUTION

En signant l’Accord de Paix du 12 mai 2001, le régime djiboutien avait officiellement pris l’engagement de mettre fin à l’impunité qu’il assurait aux troupes gouvernementales coupables d’avoir massacré des centaines de civils, dont 58 pour la seule journée du 18 décembre 1991 à Arhiba.

A l’occasion du 15e anniversaire de ce massacre, l’Alliance Républicaine pour le Développement (ARD) appelle ses militantes et militants, ainsi que tous ses compatriotes compatissants, épris de Paix, de Justice et de réconciliation nationale, au grand rassemblement qu’elle organisera le 18 décembre 2006 à partir de 16 heures devant son siège, place de l’Indépendance à Arhiba.

En appelant pour la première fois à ce recueillement, l’ARD, soucieuse de prévenir le renouvellement de telles atrocités et de tout conflit civil entend expliquer, dans le cadre résolument unitaire de l’Union pour l’Alternance Démocratique (UAD), sa nouvelle stratégie de résistance civique consécutive aux résolutions de ses récentes assises nationales à Balbala.

Le Président de l’A.R.D

Ahmed Youssouf Houmed

sign

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Le Forum pour la démocratie et la paix (FDP) appelle à la commémoration du massacre d'Arhiba

Forum pour la Démocratie et la Paix.
fdpdjibouti@hotmail.com

Bruxelles, le 11 décembre 2006

Communiqué

Le F.D.P informe l'opposition Djiboutienne que la manifestation pour la commémoration du massacre d'Arhiba, qui avait fait 59 morts et plus de 300 blessés le 18 décembre 1991, aura lieu comme prévu :

le samedi 16 décembre devant l'Ambassade de Djibouti à Bruxelles, avenue F.Roosevelt 204, de 14 heures à 15 heures: Tram 94, direction Wiener, arrêt : Brésil.

Nous demandons à tous les militants de l'opposition de venir nombreux pour réclamer pour que justice soit rendue à toutes les victimes.

Le comité

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Communiqué de la LDDH du 10 décembre 2006

Le Président

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

DU 10 DÉCEMBRE 2006

Djibouti est membre du Conseil des Droits de l’Homme mais la situation des Droits fondamentaux reste préoccupante.

En cette journée mondiale des Droits de l’Homme, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) reste très préoccupée de la situation dangereuse qui sévit en République de Djibouti.

En effet, il est à déplorer l’entêtement d’un Pouvoir foncièrement dictatoriale et ce malgré les dénonciations constantes des Défenseurs des Droits de l’Homme notamment sur les points suivants :

1. Sur le refus d’appliquer les Accords de Paix de mai 2001 avec les risques inhérentes de la reprise d’un conflit civil plus généralisé ;

2. de l’adoption par une Assemblée Nationale monocorde de plusieurs textes juridiques antisociaux (loi relative au régime retraite, loi relative à un Code du Travail régressif et dangereux etc…) ;

3. du manque Total d’une politique de Bonne Gouvernance malgré les différents rapports notamment ceux des Nations Unies et ici à Djibouti du PNUD ;

4. de la Politique de corruption à tous les niveaux ainsi que des détournements des Deniers publics et des biens sociaux au plus haut niveau ;

5. des risques potentiels des explosions sociales avec la spirale de la « répression violence »

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains demeure très inquiète du silence de la Communauté internationale, en particulier des pays amis, avec leurs énormes apports financiers sans contrôle, qui ne peuvent implicitement qu’encourager le maintien par l’officialisation d’une politique de razzia financière et de bradage inadmissibles.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) reste très inquiète de la situation critique des Droits de l’Homme dans la Corne d’Afrique et des répressions intolérables et constantes qui s’abattent sur les défenseurs des Droits de l’Homme en particulier les Journalistes premières victimes.

M. NOEL ABDI Jean-Paul

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L'opposition appelle à la résistance civique à Djibouti

DJIBOUTI - 5 décembre 2006 - Jeune Afrique et PANAPRESS

L'Alliance républicaine pour le développement (ARD), principale force d'opposition à Djibouti, appelle les Djiboutiens à la "résistance civique", estimant que le changement politique par les urnes est impossible dans le pays.

"L'ARD appelle les autres partis d'opposition à intensifier, à son instar, toutes les formes de résistance civique (...) et condamne le rôle déstabilisateur du régime djiboutien dans la Corne de l'Afrique", affirme le parti dans un communiqué transmis mardi au bureau de la PANA à Paris.

L'ARD, qui a tenu un congrès extraordinaire du 1er au 2 décembre, souhaite une plus grande coordination des actions de l'opposition djiboutienne, expliquant que "seules ses composantes sont porteuses d'un projet national".

Il est important "d'intensifier toutes les formes de mobilisation et d'actions pacifiques", insiste la principale force d'opposition, qui souhaite "alerter la communauté internationale sur les risques d'une reprise imminente du conflit civil".

Accusant le pouvoir du président Ismaël Omar Guelleh d'avoir "trahi les espoirs démocratiques" soulevés par l'accord de paix inter- djiboutien signé en 2001, l'ARD reconnaît l'existence dans ses rangs de "courants qui proposent de dépasser le cadre de la lutte pacifique".

Depuis plusieurs mois, le dialogue politique est bloqué à Djibouti entre le président Omar Guelleh, réélu en 2005 lors d'un scrutin sans véritable enjeu, et son opposition regroupée au sein de l'Union pour l'alternance démocratique (UAD).

Source : http://www.jeuneafrique.com/pays/djibouti/article_depeche

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Bernard Borrel est mort plusieurs fois

Le Monde : Les trois morts du juge Borrel.

LE MONDE | 07.12.06

Le corps de ce juge de 39 ans a été retrouvé, à Djibouti, à moitié brûlé, au matin du 19 octobre 1995. Il était couché en position foetale, au milieu des rochers, face à l'ïle du Diable et à la mer. La version du suicide s'est aussitôt imposée : le juge aurait enlevé son short, se serait aspergé d'essence, aurait jeté le jerrican, allumé un briquet puis dévalé une pente à pic, le corps embrasé. Il se serait écroulé plusieurs mètres en contrebas, après avoir marché pieds nus sur des rochers escarpés, et cependant la plante de ses pieds était intacte. C'est la première mort du juge. Cette version a été modifiée après une reconstitution sur place : pour sa deuxième mort, le juge se serait arrosé d'essence, serait descendu au fond du ravin avant de s'immoler et de parcourir quelques mètres pour mourir.

La thèse du suicide est restée vérité judiciaire pendant des années. Les juges Marie-Paule Moracchini et Roger Le Loire, dessaisis de l'enquête en juin 2000, les enquêteurs de la brigade criminelle, le Quai d'Orsay et l'Elysée en étaient convaincus. La plupart le sont encore. Pas sa veuve, Elisabeth Borrel, qui décrit son combat dans Un Juge assassiné (Flammarion, 378 p., 20 €). Ni la juge d'instruction Sophie Clément - cinquième magistrat chargé du dossier - qui a délivré le 19 octobre deux mandats d'arrêts internationaux contre deux anciens prisonniers djiboutiens pour "assassinat".

Après une nouvelle reconstitution en 2002, des expertises supplémentaires et une autre autopsie, le scénario le plus probable aujourd'hui est le suivant : Bernard Borrel aurait été assommé. Son corps aurait été aspergé de liquides inflammables puis brûlé à l'endroit où son cadavre a été retrouvé. C'est la troisième mort de Bernard Borrel. Il avait une lésion crânienne, jamais décelée auparavant ; il n'aurait pas pu s'asperger d'essence tout seul ; les deux liquides inflammables venaient de deux bidons différents, or un seul a été retrouvé sur place. "Il peut s'agir aussi d'un autre scénario auquel nous n'avons pas pensé, mais l'hypothèse d'une immolation par le feu, c'est non", explique Patrice Mangin, de l'institut médical de Lausanne, qui a conduit les expertises. En avril, deux empreintes génétiques masculines ont été découvertes sur le short du juge.

Onze ans après, la justice ne sait donc toujours pas comment est mort le juge Borrel, ni pourquoi, ni par qui il a été tué. Onze ans d'enquêtes, de secrets, de passions, de manipulations, de polémiques, par médias et prétoires interposés, entre les tenants du suicide et ceux de l'assassinat. En onze ans, la mort de Bernard Borrel est devenue une affaire d'Etat, qui a failli provoquer la rupture des relations diplomatiques avec Djibouti. Le président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, surnommé IOG, vient encore de rugir contre des magistrats qui "n'hésitent pas à insulter (s)a personne, mais aussi le peuple djiboutien et toute l'Afrique, en disant que tous les chefs africains sont des voleurs, des assassins".

Mohammed Saleh Alhoumekani a raconté son histoire des dizaines de fois depuis janvier 2000 et prend plaisir à le faire encore. C'est le témoignage de cet ancien garde présidentiel qui a transformé la mort du juge en affaire d'Etat. Attablé dans un café bruxellois, il prend un crayon pour dessiner le plan du palais présidentiel. "J'étais là, avec IOG, (alors chef du cabinet du président). Le palais était désert. C'était un jeudi, avant 14 heures, le week-end venait de commencer. Nous avons vu arriver des voitures d'où sont descendus le chef des services secrets, Hassan Saïd, le chef de la gendarmerie, le colonel Mahdi, un Français, Alain Romani." Deux prisonniers, qui font aujourd'hui l'objet d'un mandat d'arrêt international, les accompagnent : Hamouda Hassan Adouani et Awalleh Guelleh, qui dit : "Le juge fouineur est mort, il n'y a plus de traces."

Alain Romani, fils du trésorier de l'ancien président djiboutien, est l'ancien gérant du café L'Historil. Hamouda Hassan Adouani a été condamné pour l'attentat contre ce même café, qui a fait 14 morts en 1986. Awalleh Guelleh a été, lui, condamné pour un attentat contre un autre établissement, Le Café de Paris en 1990, où il y eut un mort.

Le témoignage d'Alhoumekani a été jugé peu crédible par les juges Le Loire et Moracchini. Il a ensuite été conforté par d'autres réfugiés djiboutiens. Ali Iftin, son ancien supérieur, a expliqué qu'il avait été contraint par le chef des services secrets, Hassan Saïd, de faire un faux témoignage mettant en cause Alhoumekani. Hassan Saïd a fait l'objet en octobre d'un mandat d'arrêt pour "subornation de témoins", tout comme le procureur de la République, Djama Souleiman, qui a essayé de convaincre Alhoumekani de revenir sur sa déposition.

Autre témoin, Mahdi Ahmed Robleh, un ancien gardien de prison, lui aussi réfugié à Bruxelles. Il est plus jeune et moins sûr de lui, parle mal le français et s'exprime en somali. Il est inquiet de ne pas avoir reçu ses papiers de régularisation. "Vers minuit, une heure du matin, mon chef m'a demandé d'ouvrir les portes pour laisser entrer trois véhicules, qui sont venus chercher Adouani, explique l'ancien gardien. J'ai reconnu Hassan Saïd et le colonel Mahdi. Le lendemain, à 14 h 30, j'ai vu Awalleh Guelleh lors de sa promenade. Je lui ai demandé pourquoi Adouani était sorti. Il m'a répondu : "Laisse tomber ça ne te concerne pas. Tu es un père de famille, t'auras pas de problèmes.""

"On est chez les fous !, tempête Me Francis Szpiner, qui défend Djibouti. Il est absurde de penser qu'il y a besoin d'une réunion pour que trois rigolos viennent donner au chef de cabinet qui chapeaute les services secrets une information que tout le monde connaît depuis le matin !" Il s'interroge sur les motivations de ces témoins, proches de l'opposition, qui demandent l'asile politique.

"Il est impensable que mon client ait pu participer à cette réunion, c'était un ennemi d'IOG, explique l'avocat d'Awalleh Guelleh, Me Mohammed Aref.

Et pourtant je crois que Bernard Borrel a été assassiné. Je l'ai vu le jour de sa mort et il m'a proposé que l'on se voie dans les prochains jours." Adouani a appris qu'il était recherché en regardant Al-Jazira, chez lui à Bizerte en Tunisie. Il clame son innocence et se dit prêt à témoigner et à se soumettre à des tests ADN. Le détenu a été gracié par le président djiboutien en juillet 2000, peu après avoir été interrogé par la justice française. Awalleh Guelleh, lui, s'est évadé en 1997.

Ceux qui ne croient pas à la piste de la juge clament en choeur : "Pourquoi n'y a-t-il pas de mandat contre Alain Romani ?" Parce qu'"il a un alibi. Il était à la Réunion. Nous avons fourni des pièces", souligne son avocat, Me Bernard Revest. Selon nos informations cependant, les factures de Carte bleue fournies porteraient la signature de la femme d'Alain Romani mais pas la sienne.

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Communiqué officiel de l'ARD du mardi 5 décembre 2006

Vérité-Justice-Développement

 

 

Alliance Républicaine pour le Développement

 

 

Djibouti, le 5 décembre 2006

Zone de Texte: Alliance Républicaine pour le Développement
A.R.D
 

COMMUNIQUÉ OFFICIEL

Assises nationales : Intensification de la Lutte !

Reportées d’une journée en raison des pluies, les assises nationales de l’Alliance Républicaine pour le Développement (ARD) se sont déroulées du 1er au 2 décembre 2006 à Balbala.

Venus des quatre coins du pays, les délégués ont débattu des points inscrits à l’ordre du jour, après l’avoir adopté et désigné un bureau.

Un tel débat interne était attendu depuis longtemps pour analyser toutes les implications de la violation par la partie gouvernementale de l’accord de paix du 12 mai 2001 (dont l’ARD est partie prenante en tant que continuité historique du FRUD-armé) et de l’impossibilité de toute alternance démocratique.

I) ANALYSE DE LA SITUATION

L’essentiel des débats a porté sur le contexte national. Les délégués ont unanimement souligné que les espoirs démocratiques soulevés par la paix de 2001 ont été anéantis par l’aggravation des injustices de toutes sortes.

D’une part, parce que les opposants djiboutiens sont harcelés, criminalisés et pour certains contraints à l’exil.

D’autre part, du fait que les causes profondes du conflit civil s’accentuent, sapant chaque jour un peu plus les fondements déjà fragiles d’une paix réelle et durable à laquelle l’écrasante majorité des Djiboutiens aspire profondément.

Les délégués ont reconnu que de multiples formes de discrimination frappent majoritairement une composante de la communauté nationale. Tout comme ils ont insisté sur le caractère exclusif et systématique d’une discrimination qui vise cette même composante depuis l’Indépendance : le déni du droit à être inscrit sur le registre d’état civil et celui d’obtenir une carte d’identité nationale. Discrimination qui sert de base et de justification à toutes les manipulations officielles des statistiques démographiques.

Dans ces conditions, les délégués ont posé une question essentielle : pourquoi un citoyen, apatride sur son propre sol, serait-il militant d’un parti d’opposition sous un régime qui, ne comptant que sur sa force brute, viole la liberté d’expression et empêche toute alternance démocratique ?

C’est la raison pour laquelle certains intervenants, expression légitime d’un désespoir général, ont même proposé de dépasser le cadre de la lutte pacifique.

II) PERSPECTIVES DE LUTTE

Tout en comprenant cette position, les autres délégués se sont pour leur part attelés à dégager des perspectives d’une résistance citoyenne, compatibles avec les valeurs républicaines auxquelles tout parti légalisé doit se soumettre. Il s’agit :

a) de renforcer les capacités humaines du parti en responsabilisant les militantes et les militants les plus aptes à insuffler une dynamique fédératrice ;

b) de renforcer les capacités organisationnelles en optimisant la coordination verticale et horizontale ;

c) d’accroître les capacités financières en élargissant le nombre de cotisants ;

d) de restaurer la visibilité médiatique du parti ;

e) d’intensifier toutes les formes de mobilisation et d’action pacifiques ;

f) de consolider les actions unitaires de l’UAD, parce que seules les composantes de l’opposition sont porteuses d’un projet national ;

g) d’alerter la communauté internationale, comme le dernier rapport de la FIDH (Fédération Internationale des Droits de l’Homme) sur les risques d’une reprise imminente du conflit civil.

III) RESOLUTIONS

A l’issue de ce large débat, les délégués ont entériné les résolutions suivantes :

1) au niveau national, l’ARD prend acte de l’impossibilité de tout changement par la voie des urnes et rejette sur le régime toutes les conséquences de ce blocage comme celles de la violation de l’accord de paix du 12 mai 2001 ;

2) L’ARD appelle les autres partis d’opposition à intensifier, à son instar, toutes les formes de résistance civique ;

3) Au niveau régional, l’ARD condamne le rôle déstabilisateur du régime djiboutien dans la corne de l’Afrique ;

4) Au niveau international, l’ARD apporte son soutien à la lutte antiterroriste, tout en souhaitant qu’aucun amalgame ne soit fait entre Islam et terrorisme.

IV) ÉLECTION DU COMITE CENTRAL

Aux fins de concrétiser ces perspectives politiques et organisationnelles, un Comité Central a été élu, qui a procédé au renforcement du Comité Exécutif

V) RENFORCEMENT DU COMITE EXECUTIF

Au terme de ce réaménagement, le Comité Exécutif se présente comme suit : 

1

AHMED YOUSSOUF HOUMED

Président