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Dernières nouvelles
- Édition en Ligne de décembre 2006
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Directeur de
Publication : ALI MAHAMADE HOUMED Codirecteur
: MAHDI IBRAHIM A. GOD Email : realite_djibouti@yahoo.fr
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31/12/2006 LDDH : l'exécution de
Saddam Hussein est une réponse de la barbarie à la barbarie
27/12/2006 Candidats bacheliers
2007, attention aux délais de pré-inscription à l'université
en France
24/12/2006 Le Peuple somali pris
en étau : Communiqué de presse de la LDDH
18/12/2006 Compte rendu de la
manifestation d'Arhiba le 18 décembre 2006 à Djibouti
18/12/2006 Appel au droit à la
mémoire : allocution du président de la LDDH le 18 décembre
2006
18/12/2006 Documents annexe sur
le massacre d'Arhiba du 18 décembre 1991
18/12/2006 Témoignage d'un
médecin français le jour du massacre d'Arhiba
17/12/2006 Photos des
manifestants et Communiqué du Forum
Pour la Démocratie et la Paix après la manifestation du 16
décembre 06 à Bruxelles en hommage aux victimes de la dictature
17/12/2006 Compte rendu par l'ARD
des manifestations publiques de Paris et Bruxelles
15/12/2006 L’ARD Europe appelle à
manifester à Bruxelles et à Paris
14/12/2006 Devoir de mémoire :
communiqué de l'ARD du 13 décembre 2006
11/12/2006 Le Forum pour la
démocratie et la paix (FDP) appelle à la commémoration du
massacre d'Arhiba
10/12/2006 Communiqué de la LDDH
du 10 décembre 2006
07/12/2006 Jeune Afrique : L'opposition appelle à
la résistance civique à Djibouti
07/12/2006 Le Monde : Bernard Borrel est
mort plusieurs fois
06/12/2006 Communiqué officiel de
l'ARD du mardi 5 décembre 2006
04/12/2006 Événement rencontre du
samedi 9 décembre 2006 à Paris : les 8 heures des Nouvelles d'Addis
03/12/2006 Condoléances de Mahdi
Ibrahim God au regretté Mohamed Saïd Saleh,
combattant de la liberté
01/12/2006 Contribution de la
LDDH à la conférence d'Entebbe : la situation des journalistes
à Djibouti
01/12/2006 SURVIE : Conférence
débat avec Elisabeth Borrel à Paris le 17 décembre 2006
LDDH : l'exécution de Saddam Hussein est une réponse de la
barbarie à la barbarie
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DIFFUSION D’INFORMATION
DU 31 DÉCEMBRE 2006
« une réponse à la barbarie par la barbarie »
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La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) condamne avec la
plus grande fermeté l'exécution par pendaison, le samedi
30 décembre 2006 de l’ancien dictateur irakien Saddam
Hussein.
Elle rappelle,
que depuis l’occupation militaire étrangère en l’Irak, la
situation dans ce pays ne fait qu’empirer avec le lot
quotidien des exécutions de civils sous la complicité d’une
administration d’occupation.
Après les
crimes contre l’humanité avant l’occupation en Irak, à quand
les condamnations des crimes de guerre actuels sous l’égide
d’une administration d’occupation étrangère ?
M. NOEL ABDI
Jean-Paul
Candidats
bacheliers 2007, attention aux délais de pré-inscription à
l'université en France
C'est chaque
année, pareil. Les nouveaux titulaires du bac djiboutien font
l'amère expérience d'une inscription impossible en septembre
dans une université française après avoir pourtant décroché le
merveilleux sésame.
Les demandes
pour une première inscription en université française étaient
traditionnellement recevables jusqu'à septembre pour une
admission la même année dans une université en France. Mais
depuis une loi de juillet 1993 et avec de moins en moins de
dérogation possible, toute inscription en premier cycle pour
les ressortissants étrangers est soumise à une procédure de
demande d’admission préalable.
Ce dossier est
à retirer avant le 15 janvier précédant l’année universitaire
pour laquelle la demande d’inscription est sollicitée, auprès
des services culturels de l’Ambassade de France du pays de
résidence (dossier blanc). Vous pouvez aussi télécharger ce
dossier blanc sur le site du ministère français de
l’éducation nationale.
En clair, nous
sommes fin décembre 2006, il vous reste jusqu'au 14
janvier 2007, délai impératif, soit pour retirer ce dossier au
Consulat de France à Djibouti, soit pour le télécharger, puis
le remplir soigneusement et le remettre avant le 31 janvier
2007 au même Consulat. Cela
sans attendre les résultats du bac 2007. Vous aurez été
prévenus.
Le Peuple somali pris en étau : Communiqué de presse de la
LDDH
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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
DU 23 DÉCEMBRE 2006
Le Peuple Somali pris en étau.
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Le Peuple
frère de la Somalie est pris en étau entre les inondations
(catastrophes naturelles), sans possibilité aucune
d’assistance humanitaire et ce à cause d’une guerre
absurde sans fondement religieux (le peuple Somalie étant
à 100% musulman, sans l’élan patriotique (le peuple
Somalie étant indépendant depuis 1960), sans aucun autre
élan que celui de s’accaparer le Pouvoir avec le soutien
et les interférences de certains pays de l’Igad et de la
Ligue Arabe.
Face à cette
guerre fratricide absurde qui a pris de l’ampleur depuis ces
cinq derniers jours ;
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) est consciente :
1. de la
situation critique, qui prévaut en Somalie, après les
inondations et les crues des fleuves Shabelle et Juba et
surtout de l’impossibilité de porter secours aux populations
sinistrées, suite à une guerre déclenchée depuis cinq jours.
2. que les
populations sinistrées, suite aux inondations en République de
Somalie, s’élèvent à plus de six cents mille (600 000)
personnes, sans couvertures ni alimentation, sans eau potable
ni premiers secours sanitaires…
3.
qu’actuellement tous ces sinistrés sont totalement isolés par
les ravages d’une guerre sans nom ;
4. que depuis
cinq jours les victimes de cette sale guerre s’élèvent au
moins à un millier de victimes civiles ou armées confondues.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) apporte son soutien à
toutes les initiatives de Paix.
Elle salue la
dernière initiative de consultation des belligérants
entreprise par la Délégation de l’union Européenne conduite
par M. Louis Michel, juste avant l’intensification des
affrontements aux alentours de Baïdoa ;
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel pressant
à tous les belligérants directement ou indirectement impliqués
dans cette sale guerre, de mettre fin rapidement à cette
guerre fratricide et de décréter simultanément et sans
condition un cessez-le-feu permanent, en vue d’une Paix
durable
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) encourage l’ouverture
d’un dialogue large, franc et constructif.
Autres
priorités :
1. la Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel urgent
aux Médecins Sans Frontières (MSF), même si la sécurité est
loin d’être assurée, pour apporter dans la mesure du possible
une pleine assistance aux somaliens victimes des inondations
et des épidémies ;
2. demande au
Comité International de la Croix Rouge (CICR) de suivre en
faisant prévaloir les nécessités urgentes d’une Paix tout en
portant assistance aux nombreux blessés de guerre, en
prévoyant à court terme l’ouverture des plusieurs antennes de
soins car cette guerre fratricide risque d’être très sanglante
;
3. demande à
Reporters Sans Frontières (RSF) d’assister tous les
journalistes Somaliens et autres à s’investir et contribuer
par des témoignages fidèles sur la situation de guerre en
Somalie ;
4. attire
l’attention de la Communauté Internationale sur les violations
intolérables des Droits de l’Homme en Somalie ;
5. s’associe à
tous les Défenseurs des Droits de l’Homme, notamment Amnesty
International, le Réseau des Défenseurs des Droits de l’Homme
de l’Afrique de l’Est et de la Corne d’Afrique, de l’UIDH, de
la FIDH et du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies,
dans le cadre de la constitution d’une Commission de Suivi des
éventuels crimes de guerre.
6. Dans
l’immédiat, il est primordial d’unir nos actions pour la
Prévention des risques de généralisation des crimes
fratricides, des crimes de guerre et autres crimes contre
l’humanité.
M.
NOËL ABDI Jean-Paul
Compte rendu de la manifestation d'Arhiba le 18 décembre 2006
à Djibouti
La commémoration du massacre
d’Arhiba perpétré à Djibouti le 18 décembre 1991 était un
événement attendu de pied ferme par tous les Djiboutiens
unanimes. La peur a semblé totalement basculer de camp à cette
occasion, les Djiboutiennes et les Djiboutiens présents à la
cérémonie découvrant combien il ne tient aussi qu’à eux-mêmes
de se faire entendre.
Société civile et mouvements
d’opposition se sont donné la main pour inscrire dans le
marbre la quinzième journée de commémoration du massacre
d’Arhiba tenue ce 18 décembre 2006 à Arhiba même, sur le lieu
du carnage, sous les yeux inquiets des agents de police.
A l’appel de l’Alliance républicaine
pour le développement (ARD) et le soutien de l’ensemble des
mouvements démocratiques et de la société civile, le meeting
pour la commémoration du 15e anniversaire du
massacre d’Arhiba a eu lieu de 16h à 18h au cimetière d’Arhiba
II.
Devant une assistance immense
acquise à la cause de la justice, plusieurs orateurs se sont
succédé. Une société civile combative était dignement
représentée par Monsieur Moussa Mohamed, représentant de
l’association des victimes du massacre d’Arhiba, qui a
lui-même perdu un bras ce jour là, et par Monsieur Jean-Paul
Abdi Noel, président de la Ligue djiboutienne des droits de
l’homme (LDDH), invité de l’association des victimes.
Moussa Mohamed a commencé
l'intervention au nom de la mémoire des victimes et au nom de
leurs proches toujours dans la douleur des disparitions et des
morts inexpliquées. « Je suis
là pour rappeler que nous souffrons encore dans notre chair de
ces exactions ». Le président de la LDDH, Jean-Paul Abdi Noël,
a tenu un discours remarqué et traduit simultanément dans les
langues somalie et afar, reproduit in extenso ci-dessous sur
le site Internet. Monsieur Abdi Noël a rappelé que la LDDH
était disposée à soutenir ici et maintenant toutes les
plaintes en justice qui seraient intentée au niveau local et
international.
Le mouvement politique Union pour
la démocratie et la justice (UDJ), en l’absence de son
président Ismaël Guedi Hared souffrant, était représenté par
Monsieur Houssein Robleh Dabar, membre dirigeant du parti et
ancien combattant dans le Frud armé. Propos inoubliable,
Houssein Robleh a déclaré
« j’avais pris le maquis contre l’injustice. Les auteurs de ce
massacre sont encore au pouvoir. Il faut les combattre ! ».
Le mouvement pour le renouveau de
la démocratie et le développement (MRD) n’était pas en reste.
Son premier vice-président Mohamed Ahmed Kassim et son
secrétaire général Souleiman Farah Lodon ont honoré
l’assistance de leur double allocution riche en déterminations
à aller de l’avant. Le MRD par la voie de son vice président a
appelé l’opposition a renouveler son combat politique, en
déclarant « l’opposition doit
renforcer ses actions unitaires afin que de tels crimes ne se
renouvellent pas ». Les propos du secrétaire général du MRD
ont conforté l’assistance dans la présence inconditionnelle
à leurs côtés
du président Daher Ahmed Farah, en déclarant « le Président
DAF est de tout cœur avec nous dans cette commémoration ».
L’Alliance républicaine pour le
développement (ARD) a dépêché toute son équipe dirigeante. Se
sont succédé les discours enflammés du président Ahmed
Youssouf Houmed, du Premier Vice-président Adan Mohamed Abdou,
du Secrétaire général Kassim Ali Dini, du Secrétaire à la
communication et porte parole Mohamed Ali Abdou, et de Madame
Fatouma Youssouf, représentante des femmes.
Le président Ahmed Youssouf a
rappelé la nouvelle mise en œuvre de l’action politique de
l’ARD en déclarant « il faut
impérativement renforcer les capacités de l’ARD pour lutter
efficacement contre cette dictature ». Le vice président Adan
Mohamed Abdou a rappelé à son tour combien « le temps est à
l’action ! » Le nouveau secrétaire général du parti Kassim Ali
Dini a donné la mesure du combat engagé depuis le dernier
congrès « c’est pacifiquement que nous mettrons fin à ce
régime car le peuple est de notre côté ». Le Secrétaire à la
communication et porte parole Mohamed Ali Abdou de l’ARD a
indiqué : « le compte à rebours a commencé pour ce régime
dictatorial. Persévérons dans notre engagement ! »
Les uns et les autres ont porté
l’accent sur le caractère absolument intolérable d’une
impunité qui perdure quinze ans après les faits sans aucune
enquête internationale diligentée pour connaître la vérité sur
la folie policière, et sans aucune idée de proposition
d’indemniser des familles de victimes toujours meurtries et
démunies .
En clôture des interventions Madame
Fatouma Youssouf s’est adressé à l’assistance et déclaré
courageusement : « les femmes doivent prendre une part
essentielle dans le combat pour la justice et la Démocratie ».
Mohamed Ali Abdou
Secrétaire à la Communication de l’ARD
Appel au droit à la mémoire : allocution du président de la
LDDH le 18 décembre 2006
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APPEL AU DROIT A LA MÉMOIRE
LE 18 DÉCEMBRE 2006
Allocution de la LDDH lue par M. NOËL ABDI Jean-Paul
traduite dans les deux langues nationales l’Afar et le
Somali
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Des
martyrs ciblés d’hier au martyre d’aujourd’hui; A quand la
fin de ces calvaires collectifs intolérables ?
Tout d’abord,
je tiens à remercier l’Association pour les victimes d’Arhiba,
qui comme en 2004 nous avait associé à la commémoration en
mémoire des victimes du massacre d’Arhiba du 18 décembre 1991.
Ce lourd
tribut des crimes, plus exactement d’un carnage ciblé contre
de vaillants citoyens innocents pèse lourdement dans nos
consciences et nos cœurs.
En effet,
depuis l’indépendance, depuis pratiquement 30 ans, les
premières réactions, de certaines Autorités Djiboutiennes,
loin de renforcer la cohésion et l’Unité de nos populations
furent désastreuses car donnant la priorité des priorités à la
répression et aux massacres des populations du Nord et de
l’Ouest de la République de Djibouti.
En ces jours
de Mémoire, il est du Devoir des Défenseurs des Droits de
l’Homme de se recueillir auprès des parents et proches des
victimes des massacres d’Arhiba le 18 décembre 1991.
Permettez-moi
de vous rappeler, en deux mots, le Combat mené par les
Défenseurs des Droits de l’Homme.
En effet, la
Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) a été créée en
1999 dans un contexte où le silence des Défenseurs était plus
que préoccupante, d’autant plus, que les exécutions
extrajudiciaires, les répressions de tout genre sur les
populations civiles étaient à son comble.
Néanmoins,
certaines démarches ont été faites, mais d’autres encore
restent à faire, et sur ce dernier point que je vous donnerais
un bref résumé.
Il s’agit
avant tout d’encourager toutes les victimes et leurs ayants
droit à s’organiser en vue de porter plainte et d’exiger des
réparations tant devant les juridictions locales
qu’internationales.
Pour sa part
la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) se tient prête
à aider sur le plan national et sur le plan internationale à
accompagner dans toutes leurs démarches les parents et les
proches des victimes civiles innocentes qui ont succombé sous
les balles de la folie meurtrière d’une équipe encore au
Pouvoir.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) réitère son Appel du 17
décembre 2005, portant sur les trois points suivants :
1.
l’indemnisation immédiate de toutes les victimes d’Arhiba du
18 décembre 1991 et du 30 novembre 2005 ;
2. la
poursuite en Justice des auteurs de tous ces crimes odieux ;
3. la
constitution d’une commission d’enquête indépendante sur la
dernière tuerie dans ce même quartier le mercredi 30 novembre
2005.
Face aux
silences du Chef de l’État qui dans le cadre des pouvoirs qui
lui sont conférés de déclarer au moins le « Pardon de l’État »
ainsi que le Droit à la Mémoire de tous les victimes civiles
des répressions meurtrières sur tout le Territoire nationale
et ceux depuis l’indépendance.
La réparation
que nous exigeons en faveur de toutes les victimes est le
premier pas pour réconciliation nationale et la paix durable
dans notre pays.
Il n’est
jamais trop tard pour réagir, dès aujourd’hui organiser vous
et constituer des dossiers de plaintes.
- oui au
devoir de Mémoire, contre l’Oubli !
- oui aux
Réparations, contre le Mépris !
- non à
l’Impunité, oui à une vraie Réconciliation Nationale !
Jean-Paul Abdi
Noël
Le président de la LDDH
Documents annexe sur le massacre d'Arhiba du 18 décembre 1991
LE
DÉROULEMENT DU MASSACRE
6H00 du
matin, le quartier d’Arhiba est totalement investi et
encerclé par les forces armées djiboutiennes coalisées dans
une action militaire sans précédent à Djibouti-ville d’environ
400 personnes en armes et équipements de guerre.
Alors que
l’essentiel des troupes d’assaut est placé en position de tir
dans les tranchées, dans les tanks, sur des Jeeps et sur des
vedettes, le groupe des policiers Afars sans armes munis de
gourdins, est chargé de convaincre leurs frères de sang avec
lesquels ils engagent le dialogue.
Parallèlement,
les « crânes rasés » issus de la mobilisation générale vident
tous les civils de leurs cases en cartons et les rassemblent
sur le terrain vague
7H00 :
Les premiers lève-tôt d’Arhiba II , sortis de chez eux sont
aussitôt embarqués dans des camions mis à la disposition des
forces de l’ordre par les entrepreneurs privés qui se trouvent
alignés au sud du quartier.
Après triage,
le groupe ciblé est isolé du reste et une partie est embarquée
dans un premier camion.
7h15 :
les rafles continuent. Les forces armées tirent de leurs
huttes, hommes, femmes et enfants, les regroupent par dizaines
en les faisant asseoir parterre, et une fois le nombre
suffisant pour contenir un camion, le chauffeur approche du
secteur et l’on embarque tout le monde. La cité étant étendue
sur 3 à 4 km, une scène identique à celle ci se déroule à
plusieurs endroits, couvrant ainsi, tout Arhiba Il
7h30 :
Sur un des « points de’ rassemblement » d’Arhiba II, certaines
personnes ne se contentant pas de l’explication facile donnée
par les hommes en uniforme selon laquelle il ne s’agirait que
d’une simple “vérification d’identité”, elles voudraient
comprendre et demandent des explications.
Ne pouvant
supporter plus longtemps cette situation macabre, un policier
Afar se détache du rang, dans un dernier élan de solidarité
ethnique, déconseille vivement aux futures victimes de se
laisser déporter en demandant d’opposer une résistance
passive.
Pour son
geste, il sera sommairement abattu par ses collègues de la FNS
au cours de la fusillade.
Voyant leur
plan dévoilé et devant le refus des civils de monter dans le
camion, les forces armées s’apprêtent dès ce moment, à tirer
sans sommation sur tout ce qui bouge. Ayant remarqué’ des
mouvements qui contrarient le plan initialement établi, les
forces armées qui s’étaient préparées à l ‘éventualité d’une
réticence de la part des civils, reçoivent l’ordre d’exécuter
sur place leur plan : l’acte d’extermination qu’elles devaient
accomplir ailleurs. Elles ouvrent le feu sans sommation sur
une foule sans défense (femmes, enfants, vieillards) qui tombe
comme des mouches, tués à bout portant.
Dès les
premières rafales, une panique folle s’empare très logiquement
de toute la population d’Arhiba II et aux quatre coins de la
cité, loin de contenir, les forces de l’ordre tirent è vue.
La chasse à l’Afar commence, un déluge de feu s’abat sur les
civils, une course poursuite abominable s’organise .Qui à
pied, qui. en véhicule tout terrain, les forces de l’ordre
s’en donnent à coeur joie. Un safari humain.
FAIT ÉLOQUENT
Trois policiers, Kalachnikov aux poings, font irruption dans
l’École Primaire Public d’Arhiba dont le Directeur est sommé
sous la contrainte par un vif et bref échange de propos, de
faire sortir ces classes les élèves (probablement pour les
exposer au carnage prévu). Le Directeur de l’École n’a pas
manqué, malgré la menace, de leur faire observer qu’il y va de
sa responsabilité professionnelle de mettre en sécurité les
élèves et qu’il ne peut satisfaire leur dangereuse requête
aussi longtemps que les armes ne se seront pas tues à Arhiba.
Pendant ce
temps, les deux autres policiers s’introduisent dans les
classes où ils n’hésitent pas à tirer plusieurs rafales créant
une panique généralisée tant parmi les enseignants que parmi
les élèves qui fuient à toutes jambes.
7h45 :
Un hélicoptère de l’armée française survole les lieux du
massacre, panique cette fois coté tueurs, par la crainte des
caméras que les Français n’ont certainement pas manqué de
sortir pour un tel flagrant délit.
Au premier
passage, les tireurs cessent la fusillade, certains ont le
ridicule réflexe de se cacher derrière les maisons, mais
continuent à pourchasser les rescapés dès que le Puma
s’éloigne. Au second passage, les “chasseurs” décident de se
retirer et maquillent le chiffre réel du carnage en
s’empressant d’entasser dans deux camions un maximum de
cadavres.
Combien de
morts ? Impossible à dire avec précision. Les témoins
oculaires les plus optimistes chiffrent à 50 cette cargaison
funeste. Le convoi se dirige vers la ville, les hommes en
uniforme quittent enfin Arhiba.
8H00
Les habitants d‘Einguela constatent que le terrain vague des
Salines qui s’étend au Nord d’Arhiha est lui aussi quadrillé
par les hommes de la FNS, à la hauteur du chantier séoudien
jusqu’aux Théâtres des Salines.
Toutes les
routes menant à Einguela sont bloquées par les agents de la
circulation et ni piétons ni véhicules ne passent. Certains
observateurs constatent qu’un long convoi de véhicules
militaires qui assure l’encadrement, se dirige vers le secteur
bouclé
BILAN DU
MASSACRE
33 corps
abandonnés sur le terrain vague,
7 personnes
décédées à l’hôpital Peltier le lendemain des suites de leurs
blessures,
7 corps
retrouvés le 19 en mer à marée basse,
12 corps que
les forces de l’ordre ont emportés,
Soit un total
de 59 morts dont 47 ont été enterrés
LISTE DES
PERSONNES DISPARUES LE 18.12.1991
1. HAMAD
IBRAHIM SAID
2. YASSO KATHE
ALI
3. ALI IBRAHIM
MOURRA
4. NIBALLEH
ADEN MOHAMED
5. DAOUD
MOHAMED ALT
6. ABDALLAH
HANAD OMAR
7. SAID
HAMADOU GAAS
LISTE DES
PERSONNES TUEES LORS DU MASSACRE D'ARHIBA
Corps
découverts sur place
1. ALI ADAM
AHMED
2. AHMED
MOUMINE BAGUILA
3. HABILE
MOUMINE BAGUÏLA
4. GANIBO
IBRAHIM YASSO
5. ALI MOHAMED
WEO
6. ADAM DIHIBO
MOUSSA
7. MOHAMED ALI
OMAR
8. ALI ALELOU
ASSOWE
9. BERO DAOUD
ANGADE
1O.OMAR
MOHANED KABADE
11.ABDALLAH
YAYO IBRAHTM
12.HASSAN ALI
ABOUBAKER
13.MALIK ALI
MAHAMED
14.HASSAN
ABDOU ABOUBAKER
15.ALI
ABDALLAH GOURATE
16.SABOLI
ABDALLAH GAAS
17.ALI KABIR
MANDEITOU
18.NOUMANE
MOHAMED ABDALLAH
19.ALI SATD
MOHAMED
20.MAHAMED
MOUSSA WAAYE
21.ALI
HOUSSEIN HARSSOU
22.ALI CHEIKO
HAMAS
23.ADAM CHEIKO
HAMAD
24.MOHAMED ALI
HOUSSEIN
25.HASSAN
FILADERO HASSAN
26.IDRISS LALE
ALI
27.MOHAMED
OSMAN IBRO
28.OSMAN
MOHANED IBRO
29.SAADA AHMED
3O.ALI ARERO
ALI
31.MISERA
BOUCHRA CHOUMA
32.SALIHA
MOHAMED ALT
33.ALI ADAM
ALI
Personnes
retrouvées à marée basse
34.HOUSSEIN
IBRAHIM MOHAMED
35.KILO YASSIN
ALI
36.MAHAMEISSE
DINBIHISSE ALI
37.ALI HAMAD
DOULA
38.HERE ALI
YASSO
39,FOSSEYA
MOHAMED OSMAN
40.HASNA SAID
MOHAMED
Personnes
retrouvées à l’hôpital Peltier
41 OSMAN
YOUSSOUF
42.HASSAN
HAMID
43 ABDOULKADER
MOHAMED ISSA
44.ARISSO ONDE
ARISSO
45.MOHAMED
MOUSSA MOHAMED
46.MOHANED ALI
AHMED
47.MOHAMED
HOUMED MOHAMED
N.B. Les
impacts de balles relevés sur les blessés nous autorisent à
penser qu’il y avait plusieurs groupes de tireurs et que
nombreuses étaient les personnes en train de fuir lorsqu’elles
ont été atteintes par les projectiles. Ainsi, 50 % des
survivants sont atteints au dos, 30% de face et 20 % de côté.
De plus, il a
pu être dénombré environ 300 blessés dont 70 seulement furent
admis à Peltier, une dizaine à l’hôpital militaire français
alors que les autres ont été soignés par leurs propres
familles de peur de représailles éventuelles.
Témoignage d'un médecin français le jour du massacre d'Arhiba
Témoignage
du médecin français, François De CHABALIER, Médecin:-Chef du
district d’OBOCK
Le quartier
est bouclé, les forces de l’ordre ont brûlé des cartes
d’identité. La tension a monté. Un gendarme a été poignardé
par un Afar juste après la fusillade. 2 policiers afars qui
essayaient de prendre la défense des habitants d’Arhiba ont
été tués par balle par leurs propres collègues.
A ce moment
là, c’est la fusillade et les exécutions sommaires. C’est le
carnage, les forces de l’ordre tirent sur tout ce qui n’a pas
d’uniforme.
J’ai été très
impressionne à l’hôpital Peltier par la foule de blessés qui
affluaient. Il faut imaginer un grand couloir avec de chaque
côte une enfilade de brancards avec dessus des gens, tous.
blessés par balles, tous Afars, tous civils.
Au bas mot,
une quarantaine de morts. 26 ont été enterrés dans les
cimetières hors de la ville plus une quinzaine dans la ville
puisque les gens n’avaient pas le droit de sortir pour
enterrer leurs morts ailleurs.
La majorité
des victimes était des hommes jeunes également des femmes et
des enfants mais aussi un vieil homme dont le crâne a été
défoncé à coups de crosse et qui en est mort. J’ai vu un
enfant de moins de 5 ans avec un poignet éclaté par balle.
Il semble
certain qu’une intervention musclée des forces de l’ordre sur
le quartier afar était prévue à titre de vengeance et de
représailles depuis la veille au soir à cause d’une sévère
défaite militaire, dans la zone nord de Tadjourah où l’armée
aurait eu 3oo morts ou disparus. A Tadjourah, l’armée
nationale a subi de lourdes pertes et de lourdes défaites.
A Obock, c’est
une ville morte, occupée par les forces de l'ordre et
encerclée par les rebelles, et la population civile est avec
les rebelles en brousse. Leur souci est un souci
d’alimentation et de soutien sanitaire.
On comprend
bien qu’ils ont la possibilité de se ravitailler par
l’Éthiopie ou par le Yémen mais pour cela il faut de l’argent
et les fonctionnaires ont des difficultés pour récupérer de
l’argent sauf ceux qui sont à Djibouti.
Le pays est
coupé en deux. Les gens d’Obock s’ils veulent venir à
Djibouti doivent passer par l’Éthiopie, c’est à dire: qu’ils
font un tour gigantesque pour contourner le pays. On ne peut
plus passer par la mer puisque l’armée contrôle les sorties.
D’ailleurs les pêcheurs d’Obock qui s’étaient réfugiés à
Djibouti se sont vu confisquer leurs boutres.
L’inquiétude
majeure des Djiboutiens est que Djibouti devienne comme
Mogadiscio. Les tracts dans le sens de la guerre civile
distribués à Djibouti n’ont pas trouvé une oreille à haut
niveau On craignait que les quartiers Issas déferlent à
Djibouti sur les quartiers afar. Mais en réalité jusqu’à
présent ce ne sont que les forces de l’ordre qui arrivent sur
les quartiers afars ; La majorité des djiboutiens voudrait
préserver leur pays.
La situation
ethnique est plutôt calme au regard de la gravité des
événements.
Photos des manifestants et Communiqué du Forum Pour la Démocratie et la Paix après la
manifestation du 16 décembre 06 à Bruxelles en hommage aux victimes de la
dictature
Communiqué du Forum pour
la démocratie et la paix (FDP)
Bruxelles, le 16/12/2006
Forum pour la Démocratie et la Paix
Avenue Van Overbeke, 243 boîte 2
1083 Bruxelles
Fdpdjibouti@hotmail.com
COMMUNIQUÉ
Sous une pluie battante et un temps maussade, les Djiboutiens
se sont massivement mobilisés devant l’ambassade de Djibouti à
Bruxelles afin de commémorer l’ignoble massacre survenu le
18 décembre 1991
à Arhiba.
Beaucoup se sont relayé pour fustiger, condamner et réclamer à
ce que justice soit rendue à ces victimes innocentes, tombées
sous les balles de la soldatesque au service de la dictature
en place à Djibouti.
Tour à tour, des responsables du
FDP, du
MRD et
du FRUD
se sont succédé au micro : Monsieur
Abdoulfatah Omar
et Ali Salem
ont pris la parole pour dénoncer l’impunité dont
jouissent les instigateurs de cette barbarie d’état et
Mohamed Abdoulkader Moussa
de l'A.R.D,
d'une voix sincère et ponctuée d'émotion, a abondé dans le
même sens.
Puis ce fut au tour de Monsieur
Abdallah Gaditto
d’énumérer les multiples atteintes aux droits humains à
Djibouti avant d’affirmer avec force qu’aucun pouvoir ne peut
asseoir sa légitimité en bafouant impunément les libertés
individuelles et que tôt ou tard il répondra de ses actes.
Monsieur Ali Ahmed
Hamadou,
le délégué de Ramid
a pointé du doigt les dangers de la « Somalisation »
qui guettent Djibouti à cause de la politique tribale et
insensée, menée par le régime en place.
Enfin, moment d’intense émotion lorsque la benjamine des
manifestants, par son insouciance et son courage, la petite
Roumana Mohamed Habib,
aux travers d’un hymne aux victimes, a chanté contre
l’oubli.
L’assistance a clôturé l’événement en martelant que sans une
justice équitable et une véritable démocratie, aucun
changement n’est possible à Djibouti.
Djilani Ibrahim Ahmed
Photos des
manifestants le 16 décembre 2006 à Bruxelles
devant
l'ambassade de Djibouti






Compte rendu par l’ARD des manifestations publiques de Paris
et Bruxelles
Manifestation publique à Bruxelles samedi 16 décembre et
manifestation publique à Paris dimanche 17 décembre se sont
donné la réplique et remarquablement répondu à leur devoir de
mémoire en commémoration de la tuerie d’Arhiba du 18 décembre
1991 à Djibouti.
Mouvements associatifs Forum pour la démocratie et la paix
(FDP) à Bruxelles et Association pour la démocratie et le
développement (ADD) à Paris, à l’initiative des
rassemblements, ont été rejoints par les militants du Comité
des femmes djiboutiennes contre les viols, par ceux du Front pour la restauration de l’unité et de
la démocratie (FRUD), du Mouvement pour le renouveau de la
démocratie et le développement (MRD), et de l’Alliance
républicaine pour le développement (ARD).
Face à l’ambassade de Djibouti à Bruxelles, le boulevard
Franklin Roosevelt était noir de monde samedi 16 décembre de
14 heures à 15 heures, et face à l’ambassade de Djibouti à
Paris, l’angle de la rue Emile Meunier et de la rue des Belles
Feuilles était peuplé d’une forêt de banderoles, dimanche 17
décembre de 11 heures à 13 heures.
Les slogans et les discours ont fusé, les uns et les autres
condamnant la situation d’impunité qui perdure à Djibouti et
rappelant le besoin de persévérer dans une résistance toujours
renouvelée face au gouvernement d’Ismaël Omar Guelleh.
Les manifestants ont une fois de plus exigé l’ouverture d’une
enquête internationale pour faire toute la lumière, ainsi que
la levée du secret défense au
gouvernement français, sur la tuerie d’Arhiba.
L’ARD a appelé pour sa part l’ensemble des mouvements
démocratiques djiboutiens à un rassemblement public demain
lundi 18 décembre à Arhiba, sur le lieu même du drame, dans
Djibouti ville.
Maki Houmedgaba
Représentant de l’ARD en Europe
Fait à Paris, le 17 décembre 2006
L’ARD Europe appelle à manifester à Bruxelles et à Paris
Le 18 décembre 1991, 59 civils trouvaient la mort à Arhiba
dans Djibouti ville sous les balles préméditées de la Force
nationale de police (FNP) de la république de Djibouti.
Déjà quinze ans et toujours la même interrogation insoutenable
: comment et pourquoi ces hommes, femmes et enfants, ont-ils
été invariablement passés par les armes par des agents de
police ? Des Djiboutiens épris de justice sont de plus en plus
nombreux à exiger que toute la vérité soit dite sur ce drame.
La représentation de l’ARD en Europe appelle les
Djiboutiennes, les Djiboutiens ainsi que les démocrates de
tous pays à participer une fois de plus au rassemblement
public prévu devant les ambassades djiboutiennes de Bruxelles
et de Paris pour commémorer la tuerie d’Arhiba.
La manifestation publique est prévue samedi 16 décembre de 14
heures à 15 heures en face de l’ambassade de Djibouti à
Bruxelles, 204 avenue Franklin Roosevelt, aux côtés du Forum
pour la démocratie et la paix (FDP), et dimanche 17 décembre
de 11 heures à 13 heures en face de l’ambassade de Djibouti à
Paris, à l’angle de la rue Emile Meunier et de la rue des
Belles Feuilles, aux côtés de l’Association pour la démocratie
et la paix (ADD).
Venez nombreux et nous serons entendus.
Maki Houmedgaba, Représentant de l’ARD en Europe
Fait à Paris, le 14 décembre 2006
Devoir de mémoire : communiqué de l'ARD du 13 décembre 2006
 |
ALLIANCE RÉPUBLICAINE POUR LE DÉVELOPPEMENT
ARD
|
Djibouti, le 13 décembre 2006
COMMUNIQUÉ
DEVOIR DE MÉMOIRE ET PRINCIPE DE PRÉCAUTION
En signant l’Accord de Paix du 12 mai 2001, le régime
djiboutien avait officiellement pris l’engagement de mettre
fin à l’impunité qu’il assurait aux troupes gouvernementales
coupables d’avoir massacré des centaines de civils, dont 58
pour la seule journée du 18 décembre 1991 à Arhiba.
A l’occasion du 15e anniversaire de ce massacre, l’Alliance
Républicaine pour le Développement (ARD) appelle ses
militantes et militants, ainsi que tous ses compatriotes
compatissants, épris de Paix, de Justice et de réconciliation
nationale, au grand rassemblement qu’elle organisera le 18
décembre 2006 à partir de 16 heures devant son siège, place de
l’Indépendance à Arhiba.
En appelant pour la première fois à ce recueillement, l’ARD,
soucieuse de prévenir le renouvellement de telles atrocités et
de tout conflit civil entend expliquer, dans le cadre
résolument unitaire de l’Union pour l’Alternance Démocratique
(UAD), sa nouvelle stratégie de résistance civique consécutive
aux résolutions de ses récentes assises nationales à Balbala.
Le
Président de l’A.R.D
Ahmed Youssouf Houmed

Le Forum pour la démocratie et la paix (FDP) appelle à la
commémoration du massacre d'Arhiba
Forum pour la Démocratie
et la Paix.
fdpdjibouti@hotmail.com
Bruxelles, le 11 décembre
2006
Communiqué
Le F.D.P
informe l'opposition Djiboutienne que la manifestation pour la
commémoration du massacre d'Arhiba, qui avait fait 59 morts et
plus de 300 blessés le 18 décembre 1991, aura lieu comme prévu
:
le samedi 16
décembre devant l'Ambassade de Djibouti à Bruxelles, avenue
F.Roosevelt 204, de 14 heures à 15 heures: Tram 94, direction
Wiener, arrêt : Brésil.
Nous demandons
à tous les militants de l'opposition de venir nombreux pour
réclamer pour que justice soit rendue à toutes les victimes.
Le comité
Communiqué
de la LDDH du 10 décembre 2006

Le
Président |
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
DU 10 DÉCEMBRE 2006
Djibouti est membre du
Conseil des Droits de l’Homme mais la situation des Droits
fondamentaux reste préoccupante.
|
En cette
journée mondiale des Droits de l’Homme, la Ligue Djiboutienne
des Droits Humains (LDDH) reste très préoccupée de la
situation dangereuse qui sévit en République de Djibouti.
En effet, il
est à déplorer l’entêtement d’un Pouvoir foncièrement
dictatoriale et ce malgré les dénonciations constantes des
Défenseurs des Droits de l’Homme notamment sur les points
suivants :
1. Sur le
refus d’appliquer les Accords de Paix de mai 2001 avec les
risques inhérentes de la reprise d’un conflit civil plus
généralisé ;
2. de
l’adoption par une Assemblée Nationale monocorde de plusieurs
textes juridiques antisociaux (loi relative au régime
retraite, loi relative à un Code du Travail régressif et
dangereux etc…) ;
3. du manque
Total d’une politique de Bonne Gouvernance malgré les
différents rapports notamment ceux des Nations Unies et ici à
Djibouti du PNUD ;
4. de la
Politique de corruption à tous les niveaux ainsi que des
détournements des Deniers publics et des biens sociaux au plus
haut niveau ;
5. des risques
potentiels des explosions sociales avec la spirale de la «
répression violence »
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains demeure très inquiète du
silence de la Communauté internationale, en particulier des
pays amis, avec leurs énormes apports financiers sans
contrôle, qui ne peuvent implicitement qu’encourager le
maintien par l’officialisation d’une politique de razzia
financière et de bradage inadmissibles.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) reste très inquiète de
la situation critique des Droits de l’Homme dans la Corne
d’Afrique et des répressions intolérables et constantes qui
s’abattent sur les défenseurs des Droits de l’Homme en
particulier les Journalistes premières victimes.
M. NOEL ABDI
Jean-Paul
L'opposition appelle à la résistance civique à Djibouti
DJIBOUTI - 5 décembre 2006 - Jeune Afrique
et PANAPRESS
L'Alliance
républicaine pour le développement (ARD), principale force
d'opposition à Djibouti, appelle les Djiboutiens à la
"résistance civique", estimant que le changement politique par
les urnes est impossible dans le pays.
"L'ARD appelle
les autres partis d'opposition à intensifier, à son instar,
toutes les formes de résistance civique (...) et condamne le
rôle déstabilisateur du régime djiboutien dans la Corne de
l'Afrique", affirme le parti dans un communiqué transmis mardi
au bureau de la PANA à Paris.
L'ARD, qui a
tenu un congrès extraordinaire du 1er au 2 décembre, souhaite
une plus grande coordination des actions de l'opposition
djiboutienne, expliquant que "seules ses composantes sont
porteuses d'un projet national".
Il est
important "d'intensifier toutes les formes de mobilisation et
d'actions pacifiques", insiste la principale force
d'opposition, qui souhaite "alerter la communauté
internationale sur les risques d'une reprise imminente du
conflit civil".
Accusant le
pouvoir du président Ismaël Omar Guelleh d'avoir "trahi les
espoirs démocratiques" soulevés par l'accord de paix inter-
djiboutien signé en 2001, l'ARD reconnaît l'existence dans ses
rangs de "courants qui proposent de dépasser le cadre de la
lutte pacifique".
Depuis
plusieurs mois, le dialogue politique est bloqué à Djibouti
entre le président Omar Guelleh, réélu en 2005 lors d'un
scrutin sans véritable enjeu, et son opposition regroupée au
sein de l'Union pour l'alternance démocratique (UAD).
Source :
http://www.jeuneafrique.com/pays/djibouti/article_depeche
Bernard
Borrel est mort plusieurs fois
Le Monde : Les
trois morts du juge Borrel.
LE MONDE |
07.12.06
Le corps de ce
juge de 39 ans a été retrouvé, à Djibouti, à moitié brûlé, au
matin du 19 octobre 1995. Il était couché en position foetale,
au milieu des rochers, face à l'ïle du Diable et à la mer. La
version du suicide s'est aussitôt imposée : le juge aurait
enlevé son short, se serait aspergé d'essence, aurait jeté le
jerrican, allumé un briquet puis dévalé une pente à pic, le
corps embrasé. Il se serait écroulé plusieurs mètres en
contrebas, après avoir marché pieds nus sur des rochers
escarpés, et cependant la plante de ses pieds était intacte.
C'est la première mort du juge. Cette version a été modifiée
après une reconstitution sur place : pour sa deuxième mort, le
juge se serait arrosé d'essence, serait descendu au fond du
ravin avant de s'immoler et de parcourir quelques mètres pour
mourir.
La thèse du
suicide est restée vérité judiciaire pendant des années. Les
juges Marie-Paule Moracchini et Roger Le Loire, dessaisis de
l'enquête en juin 2000, les enquêteurs de la brigade
criminelle, le Quai d'Orsay et l'Elysée en étaient convaincus.
La plupart le sont encore. Pas sa veuve, Elisabeth Borrel, qui
décrit son combat dans Un Juge assassiné (Flammarion, 378 p.,
20 €). Ni la juge d'instruction Sophie Clément - cinquième
magistrat chargé du dossier - qui a délivré le 19 octobre deux
mandats d'arrêts internationaux contre deux anciens
prisonniers djiboutiens pour "assassinat".
Après une
nouvelle reconstitution en 2002, des expertises
supplémentaires et une autre autopsie, le scénario le plus
probable aujourd'hui est le suivant : Bernard Borrel aurait
été assommé. Son corps aurait été aspergé de liquides
inflammables puis brûlé à l'endroit où son cadavre a été
retrouvé. C'est la troisième mort de Bernard Borrel. Il avait
une lésion crânienne, jamais décelée auparavant ; il n'aurait
pas pu s'asperger d'essence tout seul ; les deux liquides
inflammables venaient de deux bidons différents, or un seul a
été retrouvé sur place. "Il peut s'agir aussi d'un autre
scénario auquel nous n'avons pas pensé, mais l'hypothèse d'une
immolation par le feu, c'est non", explique Patrice Mangin, de
l'institut médical de Lausanne, qui a conduit les expertises.
En avril, deux empreintes génétiques masculines ont été
découvertes sur le short du juge.
Onze ans
après, la justice ne sait donc toujours pas comment est mort
le juge Borrel, ni pourquoi, ni par qui il a été tué. Onze ans
d'enquêtes, de secrets, de passions, de manipulations, de
polémiques, par médias et prétoires interposés, entre les
tenants du suicide et ceux de l'assassinat. En onze ans, la
mort de Bernard Borrel est devenue une affaire d'Etat, qui a
failli provoquer la rupture des relations diplomatiques avec
Djibouti. Le président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh,
surnommé IOG, vient encore de rugir contre des magistrats qui
"n'hésitent pas à insulter (s)a personne, mais aussi le peuple
djiboutien et toute l'Afrique, en disant que tous les chefs
africains sont des voleurs, des assassins".
Mohammed Saleh
Alhoumekani a raconté son histoire des dizaines de fois depuis
janvier 2000 et prend plaisir à le faire encore. C'est le
témoignage de cet ancien garde présidentiel qui a transformé
la mort du juge en affaire d'Etat. Attablé dans un café
bruxellois, il prend un crayon pour dessiner le plan du palais
présidentiel. "J'étais là, avec IOG, (alors chef du cabinet du
président). Le palais était désert. C'était un jeudi, avant 14
heures, le week-end venait de commencer. Nous avons vu arriver
des voitures d'où sont descendus le chef des services secrets,
Hassan Saïd, le chef de la gendarmerie, le colonel Mahdi, un
Français, Alain Romani." Deux prisonniers, qui font
aujourd'hui l'objet d'un mandat d'arrêt international, les
accompagnent : Hamouda Hassan Adouani et Awalleh Guelleh, qui
dit : "Le juge fouineur est mort, il n'y a plus de traces."
Alain Romani,
fils du trésorier de l'ancien président djiboutien, est
l'ancien gérant du café L'Historil. Hamouda Hassan Adouani a
été condamné pour l'attentat contre ce même café, qui a fait
14 morts en 1986. Awalleh Guelleh a été, lui, condamné pour un
attentat contre un autre établissement, Le Café de Paris en
1990, où il y eut un mort.
Le témoignage
d'Alhoumekani a été jugé peu crédible par les juges Le Loire
et Moracchini. Il a ensuite été conforté par d'autres réfugiés
djiboutiens. Ali Iftin, son ancien supérieur, a expliqué qu'il
avait été contraint par le chef des services secrets, Hassan
Saïd, de faire un faux témoignage mettant en cause Alhoumekani.
Hassan Saïd a fait l'objet en octobre d'un mandat d'arrêt pour
"subornation de témoins", tout comme le procureur de la
République, Djama Souleiman, qui a essayé de convaincre
Alhoumekani de revenir sur sa déposition.
Autre témoin,
Mahdi Ahmed Robleh, un ancien gardien de prison, lui aussi
réfugié à Bruxelles. Il est plus jeune et moins sûr de lui,
parle mal le français et s'exprime en somali. Il est inquiet
de ne pas avoir reçu ses papiers de régularisation. "Vers
minuit, une heure du matin, mon chef m'a demandé d'ouvrir les
portes pour laisser entrer trois véhicules, qui sont venus
chercher Adouani, explique l'ancien gardien. J'ai reconnu
Hassan Saïd et le colonel Mahdi. Le lendemain, à 14 h 30, j'ai
vu Awalleh Guelleh lors de sa promenade. Je lui ai demandé
pourquoi Adouani était sorti. Il m'a répondu : "Laisse tomber
ça ne te concerne pas. Tu es un père de famille, t'auras pas
de problèmes.""
"On est chez
les fous !, tempête Me Francis Szpiner, qui défend Djibouti.
Il est absurde de penser qu'il y a besoin d'une réunion pour
que trois rigolos viennent donner au chef de cabinet qui
chapeaute les services secrets une information que tout le
monde connaît depuis le matin !" Il s'interroge sur les
motivations de ces témoins, proches de l'opposition, qui
demandent l'asile politique.
"Il est
impensable que mon client ait pu participer à cette réunion,
c'était un ennemi d'IOG, explique l'avocat d'Awalleh Guelleh,
Me Mohammed Aref.
Et pourtant je
crois que Bernard Borrel a été assassiné. Je l'ai vu le jour
de sa mort et il m'a proposé que l'on se voie dans les
prochains jours." Adouani a appris qu'il était recherché en
regardant Al-Jazira, chez lui à Bizerte en Tunisie. Il clame
son innocence et se dit prêt à témoigner et à se soumettre à
des tests ADN. Le détenu a été gracié par le président
djiboutien en juillet 2000, peu après avoir été interrogé par
la justice française. Awalleh Guelleh, lui, s'est évadé en
1997.
Ceux qui ne croient pas à la piste de la juge clament en
choeur : "Pourquoi n'y a-t-il pas de mandat contre Alain
Romani ?" Parce qu'"il a un alibi. Il était à la Réunion. Nous
avons fourni des pièces", souligne son avocat, Me Bernard
Revest. Selon nos informations cependant, les factures de
Carte bleue fournies porteraient la signature de la femme
d'Alain Romani mais pas la sienne.
Communiqué officiel de l'ARD du mardi 5 décembre 2006
 |
Alliance Républicaine pour le
Développement
Djibouti, le 5 décembre 2006 |
 
COMMUNIQUÉ OFFICIEL
Assises nationales : Intensification de la Lutte !
Reportées
d’une journée en raison des pluies, les assises nationales de
l’Alliance Républicaine pour le Développement (ARD) se sont
déroulées du 1er au 2 décembre 2006 à Balbala.
Venus des
quatre coins du pays, les délégués ont débattu des points
inscrits à l’ordre du jour, après l’avoir adopté et désigné un
bureau.
Un tel
débat interne était attendu depuis longtemps pour analyser
toutes les implications de la violation par la partie
gouvernementale de l’accord de paix du 12 mai 2001 (dont l’ARD
est partie prenante en tant que continuité historique du
FRUD-armé) et de l’impossibilité de toute alternance
démocratique.
I)
ANALYSE DE LA SITUATION
L’essentiel
des débats a porté sur le contexte national. Les délégués ont
unanimement souligné que les espoirs démocratiques soulevés
par la paix de 2001 ont été anéantis par l’aggravation des
injustices de toutes sortes.
D’une part,
parce que les opposants djiboutiens sont harcelés,
criminalisés et pour certains contraints à l’exil.
D’autre
part, du fait que les causes profondes du conflit civil
s’accentuent, sapant chaque jour un peu plus les fondements
déjà fragiles d’une paix réelle et durable à laquelle
l’écrasante majorité des Djiboutiens aspire profondément.
Les
délégués ont reconnu que de multiples formes de discrimination
frappent majoritairement une composante de la communauté
nationale. Tout comme ils ont insisté sur le caractère
exclusif et systématique d’une discrimination qui vise cette
même composante depuis l’Indépendance : le déni du droit à
être inscrit sur le registre d’état civil et celui d’obtenir
une carte d’identité nationale. Discrimination qui sert de
base et de justification à toutes les manipulations
officielles des statistiques démographiques.
Dans ces
conditions, les délégués ont posé une question essentielle :
pourquoi un citoyen, apatride sur son propre sol, serait-il
militant d’un parti d’opposition sous un régime qui, ne
comptant que sur sa force brute, viole la liberté d’expression
et empêche toute alternance démocratique ?
C’est la
raison pour laquelle certains intervenants, expression
légitime d’un désespoir général, ont même proposé de dépasser
le cadre de la lutte pacifique.
II)
PERSPECTIVES DE LUTTE
Tout en
comprenant cette position, les autres délégués se sont pour
leur part attelés à dégager des perspectives d’une résistance
citoyenne, compatibles avec les valeurs républicaines
auxquelles tout parti légalisé doit se soumettre. Il s’agit :
a) de
renforcer les capacités humaines du parti en responsabilisant
les militantes et les militants les plus aptes à insuffler une
dynamique fédératrice ;
b) de
renforcer les capacités organisationnelles en optimisant la
coordination verticale et horizontale ;
c)
d’accroître les capacités financières en élargissant le nombre
de cotisants ;
d) de
restaurer la visibilité médiatique du parti ;
e)
d’intensifier toutes les formes de mobilisation et d’action
pacifiques ;
f) de
consolider les actions unitaires de l’UAD, parce que seules
les composantes de l’opposition sont porteuses d’un projet
national ;
g)
d’alerter la communauté internationale, comme le dernier
rapport de la FIDH (Fédération Internationale des Droits de
l’Homme) sur les risques d’une reprise imminente du conflit
civil.
III)
RESOLUTIONS
A l’issue
de ce large débat, les délégués ont entériné les résolutions
suivantes :
1) au
niveau national, l’ARD prend acte de l’impossibilité de tout
changement par la voie des urnes et rejette sur le régime
toutes les conséquences de ce blocage comme celles de la
violation de l’accord de paix du 12 mai 2001 ;
2) L’ARD
appelle les autres partis d’opposition à intensifier, à son
instar, toutes les formes de résistance civique ;
3) Au
niveau régional, l’ARD condamne le rôle déstabilisateur du
régime djiboutien dans la corne de l’Afrique ;
4) Au
niveau international, l’ARD apporte son soutien à la lutte
antiterroriste, tout en souhaitant qu’aucun amalgame ne soit
fait entre Islam et terrorisme.
IV) ÉLECTION DU COMITE CENTRAL
Aux fins de
concrétiser ces perspectives politiques et organisationnelles,
un Comité Central a été élu, qui a procédé au renforcement du
Comité Exécutif
V) RENFORCEMENT DU COMITE EXECUTIF
Au terme de ce réaménagement, le
Comité Exécutif se présente comme suit :
|
1 |
AHMED YOUSSOUF HOUMED |
Président | |