Dernières nouvelles - Édition en Ligne de Février  2007

 Codirecteur de publication: MAHDI IBRAHIM A. GOD Email : realite_djibouti@yahoo.fr


S  o  m  m  a  i  r  e

26/02/2007 Note d'information de la LDDH : participation à une enquête sur la gouvernance à Djibouti

22/02/2007 L'ONU approuve l'envoi d'une force de "stabilisation" africaine en Somalie, Le Monde

22/02/2007 Découverte d’un charnier au nord de Djibouti, par Ali Youssouf

20/02/2007 Communiqué du MRD sur la répression du journal Le Renouveau

20/02/2007 Communiqué du MRD sur le charnier découvert à la forêt du Day

18/02/2007 Communiqué de presse de la LDDH : Relaxe de Houssein Ahmed Farah

16/02/2007 Les lecteurs nous écrivent : C'est avec stupéfaction, indignation que j’ai appris la nouvelle d’une découverte  macabre, par Mohamed Qayaad.

15/02/2007 La Fédération Internationale des Journalistes appelle à la fin de la répression des médias à Djibouti

14/02/2007 La veuve du juge Borrel veut l'audition du président de Djibouti (Reuters)

14/02/2007 Affaire Borrel: la juge convoque le président de Djibouti (Le Monde)

14/02/2007 Note d'information de la LDDH du 14 février 2007 : découverte d'un charnier dans le nord de Djibouti

09/02/2007 Communiqué de presse du MRD du 9 février 2007

07/02/2007 La LDDH inquiète de l'extension de la répression à la famille du président du MRD

06/02/2007 RSF : Le harcèlement de l’hebdomadaire d’opposition Le Renouveau a repris

06/02/2007 Communiqué de presse du MRD : harcèlement du Renouveau

04/02/2007 Note d'information de la LDDH :Le Renouveau de nouveau sur la sellette !

03/02/2007 L'ARD dénonce un projet de fraudes électorales en Djibouti (Angolapress)

02/02/2007 Nouveau forum sur Djibwatch contre la censure à Djibouti

01/02/2007 Février 2007 : Survie organise un "Mois contre la Françafrique"

01/02/2007 Résistances africaines : Aicha Dabalé

31/01/2007 Note d'information de la LDDH : Université de Djibouti : décollage raté ?


Note d'information de la LDDH : participation à une enquête sur la gouvernance à Djibouti

Le Président

NOTE D'INFORMATION

DU 26 FÉVRIER 2007

La participation à une Enquête sur la Gouvernance à Djibouti.

Composition style CENI, à part les profs ?

« Dans le cadre de l’enquête sur la…gouvernance, confiée par la CEA (Commission Économique pour l’Afrique des Nations Unies) au CRI (Centre de Recherches Universitaires de Djibouti) », une cérémonie de lancement de l’étude de la gouvernance à Djibouti a été organisée au Palais du Peuple le dimanche 25 février 2007 et le Recteur de Djibouti M. Aïdid Aden a invité le Président de la LDDH à participer aux travaux du panel des experts.

Après avoir écouté les diverses interventions des personnalités de rang politique, et après la pause café, des explications très claires et nettes ont été données par des responsables comme:

Docteur Souraya Hassan responsable du CRU, Professeur Ayenew Ejigou consultant international, Madame Hodane Aden Youssouf responsable de la CEA et M. Ahmed Bachir Mahamoud.   

L’intervention du Professeur Ayenew a attiré particulièrement notre attention, car elle détermine d’une manière précise les différentes méthodes des enquêtes et la tendance à apprécier les plus « fraîches ».

On ne peut qu’espérer, que ces enquêtes reflèteront la réalité en République de Djibouti, même si apparemment la composition des experts semblent tendre vers une majorité d’officiels progouvernementaux.

Là encore, comme pour la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) chargée des « enquêtes, du bon déroulement des élections », l’Opposition Djiboutienne demeure toujours quantitativement absente et la seule Presse libre « Le Renouveau Djiboutien » comme par hasard en cette période préélectorale voit son matériel de production mis sous verrou par le Parquet et non par un Jugement de Justice.

Il semble actuellement prématuré de porter un œil critique sur des travaux en cours, toutefois la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) ne manquera pas de soumettre ultérieurement les raisons des appréhensions sur la finalité exacte réservée à ce noble travail de recherches universitaires.

Certes, à Djibouti la Mauvaise gouvernance continue à faire rage. Il suffit de se pencher attentivement et cas par cas, ce qui ne manque pas actuellement.

A titre d’exemple : plus d’un quart de siècle à la tête de l’EDD (Electricité de Djibouti) l’impunité règne sur la catastrophique gestion de ce secteur stratégique, d’autant plus, semble-t-il, qu’il suffit d’être cousin germain au Premier Magistrat pour bénéficier de tout.

M. NOËL ABDI Jean-Paul

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L'ONU approuve l'envoi d'une force de "stabilisation" africaine en Somalie

Le Monde 21.02.07

Tandis que des centaines de familles continuaient à fuir, à pied ou en voiture, le regain de violence à Mogadiscio, le Conseil de sécurité des Nations unies a unanimement approuvé, mardi 20 février, le déploiement d'une force de stabilisation africaine en Somalie, qui pourrait servir de précurseur à une opération de maintien de la paix de l'ONU.

La mission initiale de l'Union africaine en Somalie (Amisom) devrait être composée de plus de 8 000 hommes, chargés de "protéger les institutions fédérales de transition" et de favoriser "le dialogue et la réconciliation", dans un pays qui menace de sombrer de nouveau dans le chaos. Son mandat est placé sous le chapitre VII de la charte de l'ONU, qui autorise l'usage de la force.

Le Conseil " exhorte les Etats membres à fournir du personnel et du matériel" à la nouvelle force, et à " contribuer au financement" de cette mission, qui manque cruellement de fonds. Seulement 4 000 soldats ont pour l'instant été promis à l'Union africaine, principalement par l'Ouganda, qui devrait déployer 1 500 hommes à une date indéterminée, le Burundi, le Nigeria (qui a annoncé, mardi, le déploiement de 850 hommes en avril), le Ghana et le Malawi.

Fin décembre 2006, le gouvernement de transition, appuyé par les troupes éthiopiennes, avait chassé de Mogadiscio les combattants de l'Union des tribunaux islamiques. Ces derniers contrôlaient depuis près de six mois l'essentiel du pays et Mogadiscio, où ils avaient restauré un calme illusoire après quinze ans de guerre civile entre clans.

Philippe Bolopion

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Découverte d’un charnier au nord de Djibouti

DJIBOUTI / CHARNIER / LES FAITS, extraits des Nouvelles d'Addis

Il s’agit des corps de sept civils afars massacrés par l’armée djiboutienne le 1er janvier 1994. Ce massacre ne fut « ni une bavure ni un acte isolé, mais l’exécution d’une décision prise au haut niveau de l’État djiboutien ».


PAR ALI YOUSSOUF


Un charnier a été découvert le 8 février 2007 dans les montagnes du Day à 55 km de Tadjourah, à proximité (500 m à peine) de la résidence secondaire du président de la République de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh.

Les habitants de la région n’ont pas eu de difficultés à identifier les corps de sept civils afars massacrés par l’armée djiboutienne le 1er janvier 1994 à Eger Aleyta, au Day. Cinq des sept victimes appartiennent à la même famille, dont Ali Ballah Youssouf, chef coutûmier, âgé de 80 ans, connu pour sa sagesse dans toute la région Afar, et Hassan Kamil Ali, Hamadou Kamil Hassan, Hamadou Mohamed Houmed, Mohamed Ali Mohamed ; les deux autres victimes sont Mohamed Hassan Ali et Hassan Youssouf Hassan.

Il ne s’agissait ni d’une bavure ni d’un acte isolé, mais de l’exécution d’une décision prise au haut niveau de l’État djiboutien, dont probablement l’homme déjà fort de l’époque, M. Ismaël Omar Guelleh était l’instigateur.

Entre septembre 1993 et début 1994, une véritable politique de terreur a été instaurée dans les régions afares, pour punir la population du supposé soutien qu’elle accordait au Frud (1). L’armée a procédé à des dizaines d’exécutions extra-judiciaires à Adoyla, Randa, Boli, Assagueïla, Khorangar, Alailu, Dalha, Adaylou, etc. Ainsi qu’à des arrestations arbitraires, des tortures, des viols de femmes par centaines, souvent devant leurs proches.

La répétition des massacres de civils et des viols de femmes, visés uniquement pour leur appartenance à une communauté donnée, procédant d’une décision planifiée par de hauts responsables politiques d’un pays est constitutive de crime de guerre.

Cette vague de terreur avait suscité des condamnations de la part de hautes personnalités françaises, d’organismes internationaux de défense des droits de l’Homme et des responsables coutumiers et politiques afars.
Le Président Valéry Giscard d’Estaing qui avait promis l’accession de Djibouti à l’indépendance, a condamné les exactions contre les civils afars en octobre 1993, en tant que président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Il a même menacé de suspendre la coopération française si le régime de Djibouti n’arrêtait pas la chasse aux Afars.

Amnesty International a dénoncé à plusieurs reprises les exécutions extra-judiciaires de civils afars, les viols de femmes afares par l’armée, les arrestations arbitraires et les tortures.

Survival International (mouvement mondial de soutien aux peuples indigènes) a condamné l’exécution extra-judiciaire par les forces armées de sept civils de l’ethnie afare au Day et a « exigé du gouvernement de Djibouti qu’une enquête soit menée sur ces évènements, que les responsables soient poursuivis et que des instructions soient données à l’armée pour éviter que ne se reproduisent de tels actes arbitraires et illégaux » (Nouvelles de Survival, printemps 1994).

Les sultans afars ont, de leur côté, protesté auprès du Président Hassan Gouled pour arrêter ces actes barbares.

L’attitude la plus courageuse a été celle du regretté Ali Mahamadé Houmed, à l’époque ministre des Industries et porte-parole du gouvernement, qui a demandé à la présidence de la République d’arrêter la répression contre les civils. Il est venu jusqu’à Paris témoigner – les larmes aux yeux – auprès d’Amnesty International des exactions dont furent victimes les Afars à Djibouti. Il a décrit avec force détails, les tortures, les assassinats, les viols de femmes. Quelques mois après, Ali Mahamadé Houmed perdait son poste ministériel.

Leurs proches parents n’ont cessé de réclamer aux autorités djiboutiennes, la restitution des corps des victimes d’Eger Aleyta depuis treize ans.
Ils ont même saisi le délégué du CICR en mars 1994 qui pouvait, conformément à son obligation statutaire, intervenir auprès du pouvoir djiboutien pour qu’il restitue les corps des victimes à leurs familles.

Dès la découverte du charnier, les soldats de la garde présidentielle ont exprimé la velléité de récupérer les ossements, se heurtant à la volonté unanime des habitants du Day, indignés par cette requête indécente.
Les victimes ont pu être inhumées dignement le 9 février 2007 au Day, accompagnées jusqu’à leur dernière demeure par une foule nombreuse.

La construction de la résidence secondaire du Président en 2003, non loin de ce charnier, que Ismaël Omar Guelleh ne pouvait ignorer, avait été perçue, au Day, comme une volonté d’humiliation extrême, à l’encontre des parents des civils exécutés et des habitants de la région. – AY


(1) Frud : Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie

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Communiqué du MRD sur la répression du journal Le Renouveau

 

Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement

(Ancien PRD)

Cité Poudrière Avenue Nasser

Tel : 34 23 99

BP : 3570

Djibouti

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

En dépit d’un dossier vide, qui a amené la juge de première instance à prononcer dimanche 18 février 2007 l’acquittement de Monsieur Houssein Ahmed Farah, journaliste au Renouveau Djiboutien et cadre du MRD, par ailleurs frère du directeur de publication du journal et président du MRD, Monsieur Daher Ahmed Farah, en dépit d’une absence évidente de charges, le pouvoir djiboutien poursuit son harcèlement.

Après avoir ordonné la non-restitution des deux ordinateurs et du matériel de tirage du journal illégalement saisis, le procureur de la République, monsieur Maki, a affirmé, hier lundi 19 février 2007, avoir interjeté appel de la décision de relaxe prononcée en faveur de Houssein Ahmed Farah.

Il s’ensuit que le Renouveau Djiboutien ne peut toujours pas paraître et que l’acquittement de Houssein Ahmed Farah est remis en cause.

Le régime persiste, on le voit, dans sa volonté de réduire au silence le MRD et son journal le Renouveau Djiboutien, seule publication de l’opposition et unique titre libre de presse du pays.

Nous appelons les défenseurs des droits de l’Homme et la communauté internationale à en prendre acte et à faire pression sur le pouvoir autocratique djiboutien en vue de la cessation de ce harcèlement d’un autre âge.

Fait à Bruxelles, le 20 février 2007
Par le président du parti
Directeur de publication du
Renouveau Djiboutien
Daher Ahmed Farah

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Communiqué du MRD sur le charnier découvert à la forêt du Day

 

Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement

(Ancien PRD)

Cité Poudrière Avenue Nasser

Tel : 34 23 99

BP : 3570

Djibouti

 COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 9 février 2007 dernier, un charnier de sept corps a été découvert à la forêt du Day, au district de Tadjourah, au Nord de la République de Djibouti, près de la résidence d’été du chef de l’Etat, monsieur Ismaël Omar Guelleh. Il s’agit, apprend-on, des corps de sept personnes civiles tuées en janvier 1994 en pleine guerre civile par les forces gouvernementales.

Cette découverte, rendue possible par les ravinements liés aux eaux de ruissellement, a été dénoncée par la Ligue djiboutienne des droits de l’Homme (LDDH) dans une note d’information datée du 14 février 2007.

Nous condamnons vigoureusement ces exécutions sommaires et exigeons une enquête internationale indépendante pour déterminer l’identité des victimes et celle des coupables.

            Cette terrible découverte jette à nouveau une lumière crue sur les méthodes du pouvoir en place et de son chef Ismaël Omar Guelleh, patron tout puissant de la sécurité auprès du président Hassan Gouled Aptidon en 1994. 

Fait à Bruxelles, le 20 février 2007
Par le président du parti
Daher Ahmed Farah

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Communiqué de presse de la LDDH : Relaxe de Houssein Ahmed Farah

Le Président

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

DU 18 FÉVRIER 2007

Relaxe de Houssein Ahmed Farah

Le Tribunal de Djibouti statuant en flagrant délit pour la deuxième fois a entendu M. Houssein Ahmed Farah accusé d’être l’auteur d’un article publié par le journal de l’Opposition « Le Renouveau Djiboutien » intitulé : « Omar Aïdid subit les foudres du pouvoir » et « avoir porté atteinte à l’honneur de Monsieur Djama Mahamoud Haïd gouverneur de la Banque de Djibouti ».

Le Tribunal après avoir pris connaissance de la pièce incriminée remise par Houssein Ahmed Farah (le plaignant étant apparemment absent, la juge Madame Sirad Waiss après avoir posé un certain nombre de questions a immédiatement statué.

La Juge a déclaré M. Houssein Ahmed Farah non coupable et a débouté la plainte déposée contre Houssein Ahmed Farah.

M. NOËL ABDI Jean-Paul

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Les lecteurs nous écrivent :

C’est avec stupéfaction, indignation que j’ai appris la nouvelle d’une découverte  macabre, par Mohamed Qayaad.

Le temps passe, les images défilent ...Que découvre-t-on le 9 Février 2007 au Day en République de  Djibouti? Un charnier: des ossements des êtres humains. Ce n'est pas un rêve, c'est la réalité!

C’est quelque chose d’horrible, d’épouvantable, de démoniaque, quelque chose qui vous prend à la gorge et vous empêche de crier. Quel sadisme ! Quel machiavélisme et quelle méchanceté de coeur et d'esprit pour organiser de scénarios aussi affreux! Chose inacceptable et condamnable !

Les mots me manquent pour qualifier ces odieux actes barbares. Pourquoi ont-ils été pris pour cibles à des fins de propagandes par ce régime sanguinaire? Mais peut-on humainement accepter que ces personnes puissent être massacrés sans être ni des meurtriers, ni des voleurs, ni commanditaires de tels actes.

De quel droit autoriserait-on pareille aventure, sous le prétexte qu’elle se déroule au Nord de Djibouti? Je ne comprends pas que l’on ne s’émeuve pas de ces crimes inqualifiables et répugnants.

Aucune critique, aucun commentaire, aucune dénonciation, aucun soupçon pour réclamer par les mots la tête d’un régime despotique et tyrannique.

Ce qui est encore pire, c’est que les ineffables, les plumitifs des organes de la propagande ioguiste passent sous silence la responsabilité morale du régime génocidaire.

Qui de nous, qui de vous, qui de nos compatriotes admettrait tout bonnement qu’un citoyen puisse être assassiné?

Le système utilise toutes ses forces, sa violence, son idéologie, ses éducation et culture populaire pour détruire la mentalité traditionnelle et l’indépendance personnelle, et pour effacer les meilleurs traits, comme le respect envers les personnes plus âgées, la perception de toute personne d’égal à égal, l’humilité. Egoïsme, insouciance et impunité aussi bien qu’envie, cupidité, servilisme se sont mis à prendre racine au sein de la société djiboutienne.

Il est regrettable qu'une fois encore, les commanditaires d'une telle manoeuvre bénéficient d'une totale impunité et que la responsabilité en incombe à un simple dictateur.

Il est inhérent à l’individu qui impose à la fois la dictature et la criminalité aux djiboutiens et trouve au sein du peuple des hommes et des femmes sans conscience pour les suivre dans cette voie sans issue ! Trop de solidarité automatique ! Trop de complicité mécanique ? Trop de liens primordiaux encore trop forts !

Que l’on me dise que c’est un cauchemar! Que quelqu’un me pince, que je me réveille ! Il faut qu’on le sache. Il faut que l’opinion nationale et internationale soit au courant de ce qui s’est passé. C’est aux proches des victimes de poursuivre en justice les commanditaires, les criminels de ces odieux assassinats sanguinaires. 

On manifeste pour d’autres causes, contre maintes autres infamies ; mais descendre dans la rue pour flétrir l’usage de la torture, de la mort, cela devient plus délicat pour les chefs d’orchestre, même quand l’abomination est le fait des affreux impérialistes yankees. Où sont-ils nos pourfendeurs de l’extrême droite, les défenseurs des grandes causes; les Don Quichotte des temps modernes. Aucune indignation, aucune colère de la part de ces grands vertueux pour ces « morts ».

Car qui songerait à aller jeter des pierres chez autrui quand sa propre maison est de verre ? Qui se hasarderait même à donner de la voix, quand les prisons locales résonnent des clameurs des suppliciés ? Absorbée par les préparatifs d’un sommet de pure forme qui se soldera une fois de plus par des résolutions de routine, la Francophonie ne pipe mot. La plupart des États africains font de même ; et si d’aventure l’un d’eux rompt l’assourdissant silence, c’est pour dire, comme pour s’excuser de tant d’audace, qu’il ne peut que condamner de si inhumaines pratiques. 

Où sont passés ceux qui se la jouent "défenseurs de grands idéaux" mais qui s’écrasent, et se sont toujours écrasés, devant les massacres annoncés, les massacres en cours ainsi que ceux à venir. Pardon : qui s’écrasent lorsque les victimes font partie d’une certaine catégorie. Leur silence m’abasourdit.

Comment peut-on continuer à occulter ladite réalité. Combien d'évènements macabres de ce genre notre pays n'a de cesse de connaître depuis toujours ? Combien de veuves, d'orphelins, de mutilés et de déplacés manquent-ils encore au compte pour que la page sinistre soit tournée définitivement pour la République de Djibouti ? 

Chaque fois qu’il s’agit d’identifier un événement majeur qui démontre le mépris des organes propagandistes de la mafia djiboutienne à l’égard des djiboutiens, d’étranges troubles de perception apparaissent: la vue faiblit, l’audition s’étiole, le verbe dépérit et le sujet s’absorbe dans un état de stupidité manifeste.

Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire, constitue la règle d’or en la matière. Mais n’est-ce pas aussi la devise de ces magots complices ? Nier, toujours nier ; la réalité est que le pays ne remplit même plus le service minimum dans sa lutte contre les malfrats.

Dire la vérité, ce n’est pas savoir telle ou telle chose particulière, la dictature ioguiste (ndlr : du nom d’Ismaël Omar Guelleh) ou la paupérisation de la société djiboutienne. Ce n’est pas tout savoir sur tout, ce qui est absurde. C’est dire l’essentiel de ce qui est à dire.

Mais faut il beaucoup lire, ou lire beaucoup à la fois pour savoir ? Réponse aléatoire, comme si on faisait fi de l'expérience ou du raisonnement. La véritable ignorance n'est pas un vide mais une représentation erronée, une méconnaissance donc, et plus grave encore une méconnaissance qui croit savoir et se donne comme un savoir, bref une illusion.

Pense-t-on vraiment « changer Djibouti » ? J'en doute : on ne croit même pas nécessaire de le changer ; certains soutiennent même que c'est impossible.

La réalité djiboutienne ne dépend pas d’un tel écrit, que viendrait appuyer ou infirmer telle trouvaille socio-économique. Comment échapper au naufrage ?

La solution n’est ni seulement économique bien que la première soit la réduction des inégalités. Ni seulement politique bien qu’IOG avait accumulé la totalité de la richesse de Djibouti sur les ruines d’un pays exsangue.

Ce peuple est continuellement menacé, agressé par un dictateur belliqueux et arrogant. Tant d’hommes qui quémandent, qui sont méprisés, victimes des vexations quotidiennes pour le plus grand profit d’une infime minorité.

Une République de Djibouti cassée, un pays sans but dont la gestion est la plus absurde et la plus déplorable qui puisse être, ne peut échapper à la désintégration et à la faillite par une recette magique et d’effet immédiat, qu’elle soit économique, politique ou religieuse. Ce dont Djibouti a besoin aujourd’hui, c’est d’un renouveau, d’une prise de conscience pour changer notre destin. Malheureusement trop veulent tout changer –sauf eux-mêmes.

Djibouti et les Djiboutiens ne veulent plus et n’accepteront plus aujourd’hui d’être encore morcelés par tout ce qui les a depuis toujours et encore divisés, à savoir le clanisme, l’égoïsme, l’ingratitude et l’ambition personnelle. Et cela ne se fera pas par la guerre clanique mais par et à travers la concorde nationale.

Le 16 février 2007, Mohamed Qayaad

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La Fédération Internationale des Journalistes appelle à la fin de la répression des médias à Djibouti

NEWS Press, 15 février 2007 

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a appelé  aujourd'hui le gouvernement de Djibouti à mettre fin à la répression des médias  dans le pays après que le gouvernement a récemment attaqué un journal qui a  publié un article critique au beau-frère du Président. 

Le journaliste  Houssein Ahmed Farah est en procès par rapport à un article critique sur le   beau-frère du Président, publié dans le journal pour lequel il travaille, Le  Renouveau.

L'article n'étant pas signé selon la direction du Renouveau,  le directeur de publication Daher Ahmed Farah, frère de Houssein, devrait être  le seul responsable. L'arrestation de Houssein Farah, s'inscrit dans une  récente vague d'arrestations des proches de Daher Ahmed Farah qui est également  Président du principal parti d'opposition le Mouvement pour le Renouveau  Démocratique (MRD). Daher est actuellement en voyage à l'étranger.

Après  quatre jours en prison, Houssein a été traduit devant la justice le dimanche 11  février pour avoir diffamé Djama Mahamoud Haid, gouverneur de la banque  nationale et beau-frère du Président Ismaël Omar Guelleh.

« Nous  appelons le gouvernement à mettre fin à ce procès ridicule et à cette  répression des journalistes, » a dit Gabriel Baglo, Directeur du Bureau Afrique  de la FIJ. «  Le seul tort de Houssein est d'être le frère de Daher et il ne  doit pas être tenu responsable de cet article ou utilisé comme un pion par le  gouvernement. De telles attaques sont honteuses pour ce qui devrait être la  liberté de la presse en Djibouti. »

Houssein Farah a été détenu du 7 au  10 février. Son arrestation en relation avec l'article  a été suivie par celle  d'un autre dirigeant du MRD, un employé du Renouveau et d'un cousin de Daher  Farah entre autres. Ils ont tous été libérés.

Après la publication de  l'article, la maison et le siège du journal de Daher ont été perquisitionnés à  deux reprises par la police qui a confisqué du matériel. La police a confisqué  un ordinateur et du matériel d'impression dans les locaux du journal, empêchant  la publication du Renouveau depuis le 8 février.

« Nous demandons la  restitution sans délai du matériel confisqué et la fin de cette répression de  la presse qui a déjà assez souffert du non-respect des procédures légales par  les autorités djiboutiennes, » a dit Baglo.

Depuis 2003, Daher  a été  régulièrement incarcéré et son frère Houssein a été mis en prison en 2004. Une  procédure de fermeture du journal avait même été entamée par les autorités.

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La veuve du juge Borrel veut l'audition du président de Djibouti,

Reuters, Mercredi 14 février 2007

Elizabeth Borrel, veuve du juge français Bernard Borrel mort il y a onze ans à Djibouti, souhaite la comparution devant un juge du président djiboutien Ismail Omar Guelleh, présent à Cannes à l'occasion du sommet France-Afrique.

La juge chargée du dossier en France, Sophie Clément, avait tenté sans succès de questionner le président djiboutien lors de la visite de ce dernier en mai 2005 à Paris, où il avait été reçu par Jacques Chirac.

"S'il n'est pour rien dans l'histoire, on n'arrive pas à comprendre sa position", a déclaré sur LCI Elizabeth Borrel, qui se bat depuis des années pour démontrer que son mari à été assassiné.

En octobre, en dépit des réquisitions du parquet, des mandats d'arrêt avaient été délivrés contre deux assassins présumés du juge Borrel, deux repris de justice en fuite, Awalleh Guelleh et Hamouda Hassan Adouani, soupçonnés d'être des exécutants du meurtre.

Le corps de Bernard Borrel, coopérant français et conseiller technique auprès du ministère de la Justice djiboutien, a été retrouvé carbonisé en octobre 1995.

L'hypothèse du suicide avait été initialement retenue. Après plusieurs changements de magistrats et des expertises, notamment médico-légales, la piste criminelle est désormais suivie.

"J'attends qu'on ne s'arrête pas aux auteurs matériels et qu'on nous trouve le mobile pour remonter aux commanditaires", a ajouté Elizabeth Borrel sur LCI.

La France a accepté en août dernier la compétence de la Cour internationale de justice (CIJ), saisie par Djibouti qui accuse Paris de manquer à ses devoirs d'entraide judiciaire dans l'enquête sur la mort du magistrat.

La juge Clément a refusé de transmettre son dossier à la justice djiboutienne en invoquant l'attitude dans ce dossier du procureur de Djibouti.

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Affaire Borrel: la juge convoque le président de Djibouti

Le Monde, 14 février 2007

PARIS (Reuters) - La juge Sophie Clément, chargée d'enquêter sur la mort du magistrat Bernard Borrel, il y a 11 ans à Djibouti, a demandé à entendre le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh, présent à Cannes pour le sommet France-Afrique.

"Nous avons sollicité l'audition, et la juge Clément a accepté notre requête. C'est une bonne chose. Cela signifie que la magistrate a jugé indispensable à la recherche de la vérité de pouvoir entendre M. Guelleh", a déclare à Reuters Me Olivier Morice, avocat de la veuve du juge français.

"Nous verrons bien si M. Guelleh est de bonne volonté", a ajouté l'avocat, qui juge "absolument indécent" que les autorités françaises accueillent le président djiboutien.

Bien qu'annoncé, le président Guelleh était absent du dîner offert par Jacques Chirac mercredi en l'honneur de 17 chefs d'Etats et de gouvernement francophones, à l'hôtel Sofitel de Cannes.

L'entourage du chef de l'État français a assuré que le président djiboutien serait bien présent au sommet, qui commence officiellement jeudi matin.

Interrogé sur la possibilité d'une audition d'Ismaïl Omar Guelleh par la justice française, cette même source a précisé qu'"il existe un principe intangible en droit international selon lequel un chef d'Etat (en voyage à l'étranger) bénéficie d'une immunité de juridiction".

"Cela s'applique dans le cas d'espèce", a-t-elle souligné.

La juge Clément avait tenté sans succès d'interroger le président djiboutien lors de la visite de ce dernier en mai 2005 à Paris, où il avait été reçu par Jacques Chirac.

"UN CONTEXTE DIFFÉRENT"

"Nous sommes cette fois dans un contexte différent. Il y a quatre mandats d'arrêt internationaux lancés contre des ressortissants de Djibouti, dont le procureur général et le chef des services secrets", a souligné Olivier Morice.

En octobre, en dépit des réquisitions du parquet, la juge a délivré des mandats d'arrêt contre les deux assassins présumés du juge Borrel, Awalleh Guelleh et Hamouda Hassan Adouani, des repris de justice en fuite.

Deux autres mandats ont été lancés, cette fois par la chambre de l'instruction de Versailles, pour "subornation de témoins" contre le procureur général de Djibouti Djama Soulaïman Ali et le chef des services secrets, Hassan Saïd Khaireh.

"S'il (Guelleh) n'est pour rien dans l'histoire, on n'arrive pas à comprendre sa position", a déclaré de son côté sur LCI Elizabeth Borrel, qui se bat depuis des années pour démontrer que son mari à été assassiné.

Le corps de Bernard Borrel, coopérant français et conseiller technique auprès du ministère de la Justice djiboutien, a été retrouvé carbonisé en octobre 1995.

L'hypothèse du suicide avait été initialement retenue. Après plusieurs changements de magistrats et des expertises, notamment médico-légales, la piste criminelle est désormais suivie.

"J'attends qu'on ne s'arrête pas aux auteurs matériels et qu'on nous trouve le mobile pour remonter aux commanditaires", a ajouté Elizabeth Borrel.

La France a accepté en août dernier la compétence de la Cour internationale de justice (CIJ), saisie par Djibouti qui accuse Paris de manquer à ses devoirs d'entraide judiciaire dans l'enquête sur la mort du magistrat.

La juge Clément a refusé de transmettre son dossier à la justice djiboutienne en invoquant l'attitude dans ce dossier du procureur de Djibouti.

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Note d'information de la LDDH du 14 février 2007 :

découverte d'un charnier dans le nord de Djibouti

Le Président

NOTE D’INFORMATION

DU  14 FÉVRIER 2007

Relative à un charnier au DAY

en République de Djibouti !

 

Aux proches des victimes : à vous « de poursuivre un procès à cor et à cri » !

L’une des seules façons d’éradiquer l’impunité.

Dans un communiqué publié à Paris le 5 février 2007, la FIDH exhortait tous les Etats à signer la Convention internationale pour la Protection des Personnes contre la disparition forcée.

Cette Convention, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 20 décembre 2006, a déjà été signée par une vingtaine de pays.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) vient d’apprendre qu’un charnier a été découvert dans la forêt du Day vendredi 9 Février 2007, à moins d’un Kilomètre de l’actuelle résidence Présidentielle.

Les ossements exhumés, par les ravinements des eaux torrentielles, seraient ceux des civils innocents, triés et exécutés, sans aucun Jugement (extrajudiciaire) par les Forces armées Djiboutiennes, en janvier 1994, et dont les corps n’avaient pas été retrouvés. Il s’agit vraisemblablement de feu :

1.         Ali Ballah Youssouf ;

2.         Hassan Kamil Ali ;

3.         Hamadou Kamil Hassan ;

4.         Hamadou Mohamed Houmed ;

5.         Mohamed Hassan Ali ;

6.         Abdoulkader Hassan Youssouf ;

7.         Mohamed Ali Mohamed.

Les sept (7) corps ont été enterrés décemment au cimetière de Gabladigué le 9 février 2007.   QUE DIEU TOUT PUISSANT LES GARDE EN PAIX.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH), dans le cadre de la Prévention des conflits et consciente que de tels crimes sont par nature imprescriptibles, ne peut que se tenir à l’entière disposition des familles et des proches des victimes pour la constitution des dossiers de plaintes.

M. NOËL ABDI Jean-Paul

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Communiqué de presse du MRD du 9 février 2007

Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement

(Ancien PRD)

Cité Poudrière Avenue Nasser

Tel : 34 23 99

BP : 3570

Djibouti

COMMUNIQUE DE PRESSE

PARCE QU’ILS RESISTENT, LE MRD ET SON JOURNAL SONT PERSECUTES

Ainsi que nous l’avons dénoncé dans notre communiqué du 5 février 2007, le pouvoir autocratique en place à Djibouti s’acharne de nouveau contre le MRD, l’un des principaux partis légalisés d’opposition, et son journal, le Renouveau Djiboutien. Il le fait depuis vendredi 2 février 2007. Vendredi matin, la police du régime a violé et fouillé le domicile familial à Djibouti-ville du président du MRD et directeur de publication du Renouveau Djiboutien, Daher Ahmed Farah (DAF). Elle a affirmé rechercher le frère de ce dernier, Houssein Ahmed Farah, cadre du MRD et l’un des principaux collaborateurs du Renouveau Djiboutien. Absent du domicile, Houssein Ahmed Farah n’a pu être arrêté.

Samedi 3 février 2007 au matin, la police a interpellé et placé en garde à vue Farah Abadid Hildid, président de la seconde fédération du MRD, et Hared Abdallah Barreh, l’un des responsables de la distribution du Renouveau Djiboutien. Dimanche 4 février 2007 au matin, la police a de nouveau violé le domicile familial du directeur de publication du Renouveau Djiboutien et confisqué du matériel informatique (deux ordinateurs).

Lundi 5 février 2007, c’est le matériel de tirage du journal que la police a confisqué au 5ème arrondissement de la capitale appelé Balbala Cheik Moussa. Mardi 6 février 2007 au matin, Daoud Farah Iyeh, un cousin de Daher Ahmed Farah, a été arrêté et jeté en garde à vue par la police. Mercredi 7 février 2007 au matin, Houssein Ahmed Farah a été arrêté à son tour et placé en garde à vue par la police.

Si Farah Abadid Hildid, Hared Abdallah Bareh et Daoud Farah Iyeh ont été libérés mercredi 7 février 2007, les deux premiers en fin de matinée et le troisième dans la soirée, après une éprouvante détention, il n’en va pas de même pour Houssein Ahmed Farah qui croupit encore dans les geôles de la police. Il est détenu dans la cellule la plus insalubre et la moins aérée de la brigade de police pour les affaires criminelles et spéciales. C’est dire si sa garde à vue s’aggrave d’un mauvais traitement. Non plus, les ordinateurs et le matériel de tirage du journal ne sont pas restitués. Il s’ensuit que le Renouveau ne peut plus paraître. Il n’a pas paru jeudi 8 février 2007.

            Pour motiver cette opération musclée de répression, qui n’est pas la première que subisse le MRD, le régime met en avant un article paru au Renouveau du jeudi 1er février 2007 et qui évoque un conflit entre le gouverneur de la Banque nationale, Djama Mahamoud Haid, par ailleurs beau-frère du Chef de l’Etat, et un commerçant  de la place, Omar Aïdid. Un article intitulé «Omar Aïdid subit les foudres du pouvoir».

Selon le régime, ce qui arrive au MRD et au Renouveau Djiboutien est une simple affaire de délit de presse. Pourquoi alors toute cette chasse aux membres du MRD et à ceux de la famille de son président et directeur de publication du journal ? Pourquoi toute cette vague répressive ? Si quelqu’un s’estime «diffamé», une procédure judiciaire normale ne suffit-elle pas ? A-t-on besoin de toutes ces arrestations et saisies de matériel, de toutes ces souffrances, de tous ces abus, quand une simple citation du Renouveau Djiboutien devant le tribunal suffit ?

Clairement, les raisons de cet acharnement sont ailleurs. Il s’agit encore une fois de réduire au silence un grand parti d’opposition, le MRD, dont la capacité de résistance et la popularité dérangent depuis 1992. Il s’agit de réduire au silence son organe de presse, le Renouveau Djiboutien, qui est la seule publication de l’opposition, mais aussi le seul titre de presse libre du pays. Que le MRD et le Renouveau Djiboutien disent NON à la mal gouvernance, à la corruption et à la misère sociale généralisée, dérange.

Qu’ils dénoncent l’absence de démocratie, le système de l’homme-Etat et la mainmise sur l’économie nationale par Ismaël Omar Guelleh, son épouse et leur entourage, dérange. Qu’ils n’acceptent pas le sort que l’on réserve aux étudiants (26 exclusions définitives lors de la seule grève de janvier 2007 à l’université de Djibouti !) et à la jeunesse du pays, dérange. Qu’ils disent NON à ce que l’on assassine l’avenir, dérange. Qu’ils luttent pour une République de Djibouti démocratique, fraternelle, prospère et soucieuse de la paix dans la région et le monde, dérange.

Voilà la vérité. Voilà les raisons de cet acharnement. Nous rendre ou nous taire, tels sont les termes du choix que le pouvoir cherche à nous imposer. Nous ne les acceptons pas.

Vive la liberté ! Vive la fraternité ! Vive la République de Djibouti. Nous vaincrons !

Fait à Bruxelles, le 9 février 2007
Par Daher Ahmed Farah, Président du MRD

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La LDDH inquiète de l'extension de la répression à la famille du président du MRD

Le Président

DIFFUSION

D’INFORMATION

DU 6 FEVRIER 2007

La LDDH est inquiète de l'extension de la répression

à la famille du président du MRD

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) reste très inquiète de l’extension de la répression aux membres de la famille du Président du MRD avec l’arrestation ce matin de son cousin germain M. Daoud Farah Iyeh et du maintien par prolongation de la garde à vue et ce sans justification fondée apparente de l’actif militant du MRD et sympathisant constant de la LDDH M. Farah Abadid Hildid, ainsi que du distributeur M. Hared Abdallah  Barreh.

Jusqu’à présent, les Défenseurs de la LDDH n’ont pas eu droit à rendre visite à leur sympathisant M. Farah Abadid maintenu avec ses camarades du MRD dans les locaux de la Police criminelle.

M. NOËL ABDI Jean-Paul

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RSF : Le harcèlement de l’hebdomadaire d’opposition Le Renouveau a repris

Mardi 6 février 2007

Reporters sans frontières dénonce le retour de la politique de harcèlement par les autorités de Djibouti de l’hebdomadaire privé Le Renouveau, organe de l’un des principaux partis d’opposition du pays, ainsi que de son directeur de publication, Daher Ahmed Farah, et de ses collaborateurs.

"Après presque trois ans de calme relatif, Le Renouveau subit de nouveau l’agressivité du gouvernement. Plutôt que de lancer la police et la justice à l’assaut d’une des rares voix dissidentes de Djibouti, les autorités devraient plutôt se rendre compte qu’il est archaïque de maintenir un contrôle strict et frileux sur l’information. Les collaborateurs du Renouveau et les proches de Daher Ahmed Farah doivent être laissés en paix, dans la mesure où on les poursuit pour un article qui a le seul tort de déranger le pouvoir en place", a déclaré l’organisation.

Le 2 février 2007, la police djiboutienne a effectué une perquisition sans mandat au domicile de Daher Ahmed Farah, actuellement à l’étranger, affirmant être à la recherche du frère du journaliste. Le lendemain, les forces de l’ordre ont interpellé et placé en garde à vue Hared Abdallah Barreh, militant du Mouvement pour le renouveau démocratique (MRD) et responsable de la distribution du journal, ainsi que Farah Abadid Hildid, président d’une des fédérations du parti.

Les deux hommes sont actuellement détenus dans les locaux de la police criminelle. Souleiman Farah Lodon et Souleiman Hassan Fadal, respectivement vice-président et secrétaire général du MRD, ont pour leur part été entendus par le procureur de la République, puis par la police et laissés libres. Le 4 février, le domicile de Daher Ahmed Farah a une nouvelle fois été perquisitionné. La police a confisqué un ordinateur personnel.

Ces opérations de police font suite à l’ouverture d’une information judiciaire contre Le Renouveau, pour un article intitulé : "Omar Aïdid subit les foudres du pouvoir". Paru le 1er février, l’article évoquait l’arrestation d’un commerçant, qu’un conflit oppose au gouverneur de la banque nationale de Djibouti, par ailleurs beau-frère du président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh.

Dans la ligne de mire du régime d’Ismaël Omar Guelleh depuis plus d’une dizaine d’années, Daher Ahmed Farah avait été arrêté à quatre reprises en 2003 et avait passé, au total, une soixantaine de jours en prison au cours de l’année. Son frère Houssein avait passé neuf jours en prison, en juin 2004, sous prétexte qu’il aurait "attenté à la vie de la première dame du pays". Alors qu’il circulait en voiture pour aller couvrir une manifestation populaire, il avait dû freiner brusquement pour éviter le convoi officiel.

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Communiqué de presse du MRD : harcèlement du Renouveau

Lundi 05/02/2006

Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement (Ancien PRD)

Cité Poudrière Avenue Nasser
Tel : 34 23 99
BP : 3570
Djibouti


COMMUNIQUÉ DE PRESSE

De nouveau, l’organe de presse du parti d’opposition MRD, le Renouveau, unique journal de l’opposition et seule voix libre du paysage médiatique djiboutien, est la cible de la répression du régime. Vendredi 2 février 2007 au matin, un groupe de policiers s’est rendu au domicile familial de son directeur de publication, Monsieur Daher Ahmed Farah (DAF), qui préside également le parti. Lequel séjourne à l’étranger. Ils ont perquisitionné sans mandat la maison, prétendant rechercher le frère du directeur de publication, Houssein Ahmed Farah. Ils ne l’ont pas trouvé.

Samedi matin, ils ont arrêté deux militants actifs du MRD : Farah Abadid Hildid, président de la seconde fédération du parti, et Hared Abdallah Barreh, l’un des responsables de la distribution du journal. Placés en garde à vue, les deux militants de la démocratie croupissent depuis lors dans les locaux de la police. Le frère du directeur de publication est, lui, toujours recherché.

Dimanche au matin, la police a de nouveau violé le domicile familial du directeur de publication du journal et a confisqué un ordinateur personnel. Motif officiel : un article intitulé «Omar Aïdid subit les foudres du pouvoir» paru au Renouveau du jeudi 1er février 2007.

L’article a fait état de l’arrestation de ce commerçant, de la fermeture de son entreprise de connexions aux télévisons internationales et d’une affaire l’opposant au frère de la première dame, monsieur Djama Mahamoud Haid, par ailleurs gouverneur de la banque nationale de Djibouti. Le procureur de la République, Monsieur Maki, a déclaré aux responsables du MRD qu’il avait ouvert une information suite à la publication de cet article.

Messieurs Souleiman Farah Lodon et Souleiman Hassan Fadal, respectivement vice-président et Secrétaire général du parti, ont été entendus samedi par le procureur de la République, dimanche par la police. Sous prétexte de délit de presse, le pouvoir s’en prend de nouveau à un journal qui gêne et à l’un des principaux partis d’opposition. Seul organe libre du pays, le Renouveau, qui existe depuis octobre 1992, est régulièrement victime du tout répressif du régime.

A plusieurs reprises, il a été suspendu, saisi, condamné à des amendes et autres dommages et intérêts, privé de son matériel de travail et de ses archives. A plusieurs reprises, son directeur de publication a été arrêté et jeté en prison. Cette nouvelle opération répressive survient dans un contexte de tensions sociales et estudiantines que le Renouveau couvre.

Nous condamnons fermement cette attaque contre le Renouveau, contre la liberté de la presse et contre le MRD. Nous exigeons la libération immédiate et sans condition de nos deux camarades ainsi que la cessation de la recherche du troisième et du harcèlement de tous les autres. Nous exigeons la restitution du matériel confisqué.

 
Fait à Bruxelles, le 5 février 2005
Par le président du parti
Daher Ahmed Farah

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Note d'information de la LDDH :Le Renouveau de nouveau sur la sellette !

Le Président

NOTE D’INFORMATION

DU 4 FEVRIER 2007

Le Renouveau de nouveau sur la sellette !

Selon des informations concordantes, « Le Renouveau Djiboutien» hebdomadaire du MRD serait de nouveau dans le collimateur du pouvoir. Depuis vendredi dernier ses locaux auraient été perquisitionnés sans mandat, son matériel confisqué et deux de ses distributeurs arrêtés.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) a appris que MM. Farah Abadid et Hared (le boiteux) ont été placés en garde à vue dans les locaux de la Police Criminelle.

Que reproche-t-on à ces deux militants actifs du MRD, quel dignitaire du régime se sentirait offusqué par les écrits de l’unique journal de l’Opposition ?

Pourquoi l’équipe au pouvoir renoue-t-elle avec ses vieilles méthodes d’intimidation et d’arrestation au moment même où elle prétend initier un dialogue national avec la société civile ?

En attendant d’en savoir plus sur cette nouvelle affaire menaçant la liberté de la Presse, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) :

1. demande la libération immédiate de Farah Abadid et de Hared ;

2. l’arrêt des méthodes policières sur ordre politico-judiciaire ;

3. Lance un Appel pressant à Reporters Sans Frontières (RSF) pour suivre et dénoncer ce genre de répressions inadmissibles.  

M. NOEL ABDI Jean-Paul

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