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Dernières nouvelles - Édition en Ligne de Février
2008
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Directeur
de publication : Mohamed Ali Abdou. Codirecteur :
Mahdi Ibrahim A. God. Email :
realite_djibouti@yahoo.fr
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Signez lA pétition de soutien à la
famille Alhoumekani
28/02/2008 Sécheresse :
chronique d’une famine oubliée
19/02/2008 Pour ne pas
attendre le boycott en 2011, un roitelet sourd à tout
dialogue, (1ère partie), par Cassim Ahmed Dini
18/02/2008 Djibouti : Une
démocratie à parti unique ! (FIDH)
14/02/2008 Note d'information
de la LDDH : le 8 février 2008 : scrutin inique, résultat
cynique
13/02/2008 Communiqué de
l'UAD : Boycott électoral historique
12/02/2008 Législatives 2008
: La déroute confirmée ! (Note d'information de l'ARD)
12/02/2008 M. Chirac serait
intervenu pour aider Djibouti dans l'affaire Borrel
12/02/2008 Djibouti/Affaire
Borrel: le recours à la CIJ "a été suggéré" par la France
08/02/2008
Djibouti : Chirac a conseillé à Guelleh de saisir la CIJ
08/02/2008 Législatives
à Djibouti : boycott de l'opposition
07/02/2008 Relais
inadmissibles par la BBC Somali Section
05/02/2008 L'opposition
dénonce la "répression politique" à Djibouti
05/02/2008 Djibouti :
Assignation à résidence de Jean Noël ABDI (UIDH)
05/02/2008 Trois extraits de
la Lettre de l'océan indien
05/02/2008 Quand Chirac
jugeait « discutables » les reportages de RFI (Journal
RU89)
03/02/2008 Assignation à
résidence du président de la Ligue djiboutienne des droits
humains
03/02/2008 Communiqué de
l'UAD du vendredi 1er février 2008 sur l'interdiction de
meeting
03/02/2008 Communiqué de la
LDDH : Détentions arbitraires des militants et
sympathisants de l'opposition
02/02/2008 Communiqué du MRD
: A Djibouti, la répression arbitraire frappe encore
l'opposition
02/02/2008 Communiqué de la
LDDH : Les rafles battent le plein dans la capitale
02/02/2008 Appel de l'ARDHD à
manifester et lâcher de 100 ballons pour la libération d'Hasna
01/02/2008 Communiqué de
l'ARD : assignation à résidence des dirigeants de
l'opposition et arrestation des militants
31/01/2008 LDDH :
l'opposition interdite de tenir un meeting ?
30/01/2008 Communiqué de
l'UAD sur la mascarade législative du 8 février et appel à
meetings
29/01/2008 Message de Daher
Ahmed Farah, président du Mouvement pour le renouveau
démocratique (MRD)
28/01/2008
Rapport de la LDDH sur les textes
électoraux adoptés à Djibouti (partie introductive)
22/01/2008 Communiqué de
presse de l'UAD sur la mascarade électorale prévue le 8
février 2008
LDDH : Sécheresse : chronique d’une famine oubliée.
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Le Président |
NOTE D’INFORMATION
DU 28 FÉVRIER 2008
Sécheresse :
chronique d’une famine oubliée
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Après la
mascarade électorale du début du mois, une triste réalité
a repris ses droits, celle d’une sécheresse catastrophique
dans notre pays.
A ce chapitre,
les gesticulations prétendument humanitaires et tardives d’une
ONG maison n’y changeront rien. Pas plus d’ailleurs que les
prières rituelles pour la pluie organisées ce matin au Stade «
Hassan Gouled ».
Car comme
chacun le sait, une terrible sécheresse causée par un déficit
pluviométrique sans précédent sévit depuis plusieurs mois à
travers tout le pays.
Du Nord au Sud
les populations rurales sont sinistrées et victimes dans
certaines régions d’une grave famine. Au total ce sont plus de
140 000 personnes vivant dans les districts de l’Intérieur,
qui ont ainsi perdu l’essentiel de leur moyen de subsistance.
Leur bétail étant décimé, elles survivent dans des conditions
dramatiques.
Selon nos
informations, le NORD Ouest du pays serait le plus touché.
Dans la zone s’étendant de Malaho à Dadatto, en passant par le
Moussa Ali, hommes et bêtes meurent chaque semaine.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) s’étonne de la
passivité gouvernementale, car aucun Appel à l’aide
internationale n’a été encore lancé et jusqu’à présent le
Plan ORSEC n’a même pas été déclenché.
M. NOËL ABDI
Jean-Paul
Pour ne pas attendre le boycott en 2011, un roitelet sourd
à tout dialogue (1ère partie)
par CASSIM
AHMED DINI, (15 février 2008)
Banalement
qualifiée d’impasse politique, la situation qui prévaut
actuellement à Djibouti est la résultante de la neutralisation
réciproque de deux forces d’inertie. D’un côté, le régime de
parti unique camouflé, se maintient par la fraude, le
tribalisme et le chantage au salaire, ayant juste besoin de
faire-valoir et, parce que détenteur du monopole de la
violence, réprime par la force (y compris celle d’un Droit à
son service) toute velléité démocratique. Avec ses
législatives de 2008, il a clairement démontré qu’il préférait
se discréditer par une seule liste en lice (comme un seul
candidat pour la dernière présidentielle) plutôt que de
garantir un scrutin libre et transparent.
De l’autre,
une opposition qui, par son boycott tacitement reconduit,
s’est de facto mise hors du champ de la compétition politique
et, parce qu’elle est incapable de faire advenir quelque
alternance politique que ce soit étant donné que son terrain
de lutte est celui d’une « légalité » sujette à caution, est
jugée inoffensive et peu prise au sérieux. Effectivement, en
l’absence d’un syndicalisme libre et d’une société civile
organisée, la contestation est réduite au strict minimum :
celui d’une façade démocratique dont se satisfont les
bailleurs de fonds pour décerner leur label de respectabilité,
indispensable à la coopération tous azimuts.
La question
qui se pose à l’UAD (1) est la suivante : que faire pour
éviter d’être condamnée au boycott lors de la prochaine
échéance électorale, à savoir la présidentielle de 2011 ?
Avant d’établir une stratégie de combat ou évaluer les chances
de dialogue, il faut définir l’ennemi (1ère partie) puis
saisir les fondements de sa domination (2ème partie).
Parler de
régime à propos du RPP et de ses satellites est une facilité
de langage qui ne doit pas masquer une donnée fondamentale :
l’ennemi à “abattre” est un seul homme autour duquel une cour
s’est structurée en cercles concentriques. Ismaël Omar Guelleh
est un spécialiste du clientélisme (symptôme du tribalisme qui
est une maladie infantile des États post-coloniaux) qui
redistribue à ses courtisans les bénéfices d’une entreprise
qu’il a perfectionnée après en avoir hérité de son oncle. Cet
usurpateur n’ayant aucune qualité intrinsèque à exhiber ni
aucune action remarquable à son actif, doit impérativement
contrôler toutes les ressources cœrcitives ainsi que les
opinions en se médiatisant en permanence.
« Le langage
politique, écrivait Orwell, est destiné à donner l’apparence
de la solidité à ce qui n’est que du vent » : c’est sa propre
médiocrité et l’inconsistance de sa mouvance qu’il compense
par une telle débauche de poudre aux yeux. RTD, BBC section
somali et Jeune Afrique : ces trois médias sont les trois
roues de sa propagande effrénée. Mais, comme le montrent les
quelques exemples qui suivent, un titre de docteur honoris
causa ne constitue absolument pas un remède miracle contre ses
lacunes scolaires ou ses penchants psychologiques (un ancien
ambassadeur en poste à Djibouti parlait à son propos d’un « QI
proche de zéro »). Ce qui implique une prédisposition à la
cruauté (bannissement de la famille d’Alhoumékani, pour ne pas
parler d’autres formes de torture) et à la bassesse (comme
affirmer que M. Jean-Paul Abdi Noel (2) est payé par
l’ambassade des États-Unis d’Amérique).
Puisqu’il
s’est épanché jusqu’à la nausée ces derniers temps,
contentons-nous de nous référer à ses propos pour en relever
les inexactitudes et les non-dits. Commençons, en guise de
hors-d’œuvre, par ses rapports à la France (qui, prétend-il,
le déteste), à travers le moins important pour les
Djiboutiens, l’affaire Borrel et plus précisément le renfort
dont il a bénéficié pour l’enterrer.
1) Deux
interviews, deux versions
Au fait,
Ismaël Omar Guelleh a-t-il, oui ou non, reconnu que le
président Chirac lui ait suggéré de saisir la Cour
internationale de justice contre la France pour demander la
transmission du dossier Borrel ? On connaît le penchant
prononcé d’Ismaël Omar pour les fadaises qu’autorise le
monologue despotique. On connaît aussi l’affection de Jeune
Afrique pour les publi-reportages et les interviews de
complaisance des roitelets subtropicaux. D’ailleurs, il
convient de ne pas oublier la peu glorieuse contribution de
cet hebdomadaire, par un reportage constituant une véritable
insulte, au conflit armé de 1991. Voici donc deux réponses
contradictoires de Guelleh, au même journal Jeune Afrique, à
deux moments différents, petite illustration de sa propension
au double langage.
Juin 2007
– Jeune
Afrique : « Des pièces saisies lors des perquisitions du mois
d’avril aux ministères de la Justice et des Affaires
étrangères indiqueraient que les autorités françaises vous
auraient suggéré de déposer un recours contre la France devant
la Cour internationale de justice, afin de contraindre la juge
Sophie Clément à transmettre le dossier d’instruction à la
justice djiboutienne… »
– Ismaël Omar
Guelleh : « Comme si nous étions des enfants ou des mineurs
qui avions besoin qu’un Blanc nous tienne par la main ! Trente
ou cinquante ans après les indépendances, on continue à
considérer les Africains comme de grands enfants. Il est
vraiment malheureux que les Européens n’arrivent pas à se
défaire de leur complexe de colonisateurs. »
Février 2008
– Jeune
Afrique : « Il se dit que c’est Jacques Chirac, alors chef de
l’État, qui vous aurait suggéré de porter plainte devant la
CIJ pour avoir accès au dossier de l’affaire Borrel. Est-ce
exact ? »
– Ismaël Omar
Guelleh : « C’est exact. Au cours d’un entretien que j’ai eu
avec Jacques Chirac en 2005, je lui ai posé cette question :
“Vous me dites que vous n’avez aucun pouvoir sur votre justice
et que vous ne pouvez rien faire pour moi. Or, moi, j’ai à me
plaindre de votre justice. Je me sens trahi, je me sens sali.
Que dois-je faire ? Je ne vais tout de même pas aller agresser
madame Borrel ?” Il m’a alors répondu : “Vous n’avez qu’à
aller attaquer l’État français devant la Cour de La Haye, elle
est faite pour ça. Moi, je suis impuissant.” C’est ce que nous
avons fait. ».
Le mensonge
est flagrant. Discuter avec un tel individu doit être pénible.
Cela rappelle l’angoissante question de Chamberlain au
lendemain de son voyage à Munich un certain été 39 : « How can
we make diplomacy with liers ? ». Cependant, on aurait tort de
croire que c’est uniquement par manque de gratitude qu’il
assassine ainsi un Chirac tout juste incapable d’arrêter la
machine judiciaire. Ismaël Omar veut tout autant et peut-être
même plus plaire à Sarkozy qui ne porte pas particulièrement
son prédécesseur dans son cœur : danse du ventre d’une scorie
néocoloniale ! La vérité de la dépendance l’emporte facilement
sur le lyrisme du décolonisé bien dans sa peau
En fait, nul
n’ignore ici tout ce qu’il doit aux Renseignements français
qui l’ont choisi et adoubé en 1999 : cf. les avions de chasse
français franchissant le “mur du çon” au-dessus de sa
résidence au soir de sa première investiture. Et si
l’opposition n’a jamais cherché à instrumentaliser cette
affaire Borrel, c’est surtout parce que la France a perdu le
respect des Djiboutiens, du fait de son soutien à Ismaël Omar,
en ce domaine essentiellement hexagonal comme en ce qui
concerne la mauvaise gouvernance dont ils souffrent depuis
trop longtemps.
2) Des larmes
de crocodile
Il est
impossible que le roitelet Ismaël Omar dialogue avec les
dirigeants de l’UAD puisque, pour lui, ils n’en sont tout
simplement pas dignes.
– Jeune
Afrique : « L’opposition djiboutienne, qui a boycotté
l’élection présidentielle de 2005, s’apprête à récidiver le 8
février à l’occasion des législatives. C’est embêtant pour
votre image de marque. »
– Ismaël Omar
Guelleh : « Oui, je le regrette. Mais à qui la faute ? Nous
avons tout fait pour qu’elle participe, offert toutes les
garanties. Français et Américains lui ont conseillé d’y aller,
quitte à examiner ensuite les éventuels contentieux. Rien n’y
a fait, En réalité, cette opposition n’a plus de leader depuis
la disparition d’Ahmed Dini et le ralliement de ses principaux
chefs à l’Union pour la majorité présidentielle. »
Contrairement
à lui, la pudeur s’impose à nous lorsqu’il s’agit de parler
d’un défunt. Rappelons la ligne directrice de cette première
partie : l’ennemi est ce roitelet avec lequel rien de sérieux
ne peut être entrepris, tant il est persuadé que mentir est la
forme suprême de la politique et qui traîne derrière lui tant
de casseroles (dont l’assassinat du juge Borrel) qu’il est
pratiquement condamné à mourir en situation d’immunité, donc
au pouvoir. Et ce qu’il dit à propos de l’opposition montre
que celle-ci n’a rien à espérer de lui :
a) Il n’a
répondu à aucune des correspondances que l’opposition lui a
adressées afin que soit garanti un minimum de transparence
électorale. Bien au contraire, l’intimidation des électeurs
(dont certains avaient poussé le 10 janvier 2003 la naïveté
jusqu’à croire possible une alternance par les urnes) est
venue renforcer la panoplie de la fraude.
b) Prétendre
qu’Américains et Français auraient « conseillé » à l’UAD de
participer est non seulement malhonnête (on a l’habitude) mais
surtout malhabile car cela reviendrait à cautionner une
ingérence dans les affaires intérieures de Djibouti !
c) Se
présentant lui-même comme un leader providentiel, il impose
cette illusion héroïque en enterrant l’opposition avec Ahmed
Dini ; et un mort ne revenant pas…
d) Certains
opposants ont effectivement viré leur cuti et rejoint lors des
législatives du 10 janvier 2003 la mouvance au pouvoir. Dire
d’eux qu’ils sont les « principaux chefs » de l’opposition est
pour le moins excessif. Question : lequel de ces reconvertis a
dit un jour, alors qu’il était ministre : « Afar et Issa ne
peuvent pas vivre en paix à Djibouti. Le pays devra appartenir
en exclusivité à un seul de ces deux groupes » ? Idéologie
raciste qui pourrait expliquer bien des errances et demande
que l’on s’intéresse à présent aux fondements de ce régime.
Après la psychopathologie d’un président omniscient et
omnipotent, pour se contenter d’une terminologie polie, il
faut comprendre comment « le fou s’est échappé de l’asile ».
[À suivre] – CAD
(1) Union
pour l'alternance démocratique, coalition de l'opposition
djiboutienne
(2) Président de la Ligue djiboutienne des droits humains
(LDDH)..
Source :
FIDH, lundi 18 février 2008
La Fédération internationale des
ligues des droits de l'Homme (fidh)
Paris, Djibouti, le 18 février
2008 - Les élections législatives qui se sont déroulées dans
un fort climat de tension le vendredi 8 février 2008 à
Djibouti, se sont soldées sans surprise par la victoire du
parti présidentiel, seul parti en lice.
La Fédération internationale
des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et son organisation
affiliée à Djibouti, la Ligue Djiboutienne des droits de
l’Humains (LDDH) déplorent les conditions dans lesquelles
s’est déroulé le processus électoral, contraires à la Charte
africaine sur les élections, la démocratie et la gouvernance
ainsi qu’aux dispositions de la Charte africaine des droits de
l’Homme et des peuples.
En l’absence de réformes du
code électoral après les élections législatives de 2003 qui
avaient vu l’attribution de la totalité des sièges du
Parlement au parti présidentiel alors que les partis
d’opposition avaient obtenus 38% des voix, ceux-ci ont décidé
de boycotter les élections législatives du 8 février 2008. Ils
ont considéré à la fois que le scrutin majoritaire de liste à
un tour assure de facto à la coalition présidentielle le gain
des 65 sièges au Parlement au mépris de la pluralité
politique, et que les conditions d’un scrutin libre,
démocratique et transparent n’étaient pas réunies.
De plus, Ahmed Youssouf Ahmed,
président de l’Alliance républicaine pour le développement
(ARD), Ismaël Guedi Hared, président de l’Union pour la
démocratie et la justice (UDJ) et Souleiman Farah Lodon,
vice-président du Mouvement pour le renouveau démocratique et
le développement (MRD), dirigeants des partis d’opposition,
ont fait l’objet de multiples pressions de la part des
autorités les jours précédents le scrutin. Ils ont notamment
été assignés à résidence le 1er février 2008 afin d’empêcher
le déroulement d’un rassemblement de l’opposition organisé
dans le cadre de la campagne électorale.
Le même jour, M. Jean-Paul
Noël Abdi, Président de la LDDH, a également été empêché de
sortir de son domicile par des membres des Forces Armées,
caractérisant l’assimilation par le pouvoir des défenseurs des
droits de l’Homme aux opposants politiques, en violations des
droits garantis par la Déclaration sur les défenseurs adoptées
en 1998 par l’Assemblée générale des Nations unies.1
Sans surprise, avec une seule
et unique liste en lice, les élections ont abouti à la
victoire totale de l’Union pour la Majorité Présidentielle (UMP),
remportant ainsi les 65 sièges du Parlement.
Aussi, la FIDH et la LDDH
demeurent particulièrement étonnés des conclusions des
observateurs de l’Union Africaine (UA) et de la Ligue des
États arabes (LEA) ayant déclaré lors d’une conférence de
presse que les élections s’étaient déroulées dans un climat
démocratique dont le scrutin avait été régulier, libre et
transparent. Nos organisations regrettent le silence de la
communauté internationale face aux conditions du processus
électoral dans ce pays.
La FIDH et la LDDH demandent
aux autorités djiboutiennes de réformer sans délai et en
concertation avec tous les acteurs politiques à Djibouti, le
code électoral afin de permettre l’organisation d’élections
véritablement libre et pluralistes dans le pays, conformément
aux dispositions des instruments régionaux et internationaux
de protection des droits de l’Homme ratifiés par Djibouti.
1Voir l’Appel urgent de
l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de
l’Homme du 1er février 2008, http://www.fidh.org/article.php3 ?id_article=5174
Note d'information de la LDDH : le 8 février 2008 :
scrutin inique, résultat cynique.
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Le Président |
NOTE D’INFORMATION
DU 13 FÉVRIER 2008
le 8 février 2008 :
Scrutin inique,
résultat cynique
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Il fallait s’y
attendre de la part d’un régime cynique, indifférent au
ridicule : les législatives 2008 ont connu « un taux de
participation record, le plus fort enregistré depuis 15 ans
». De qui se moque-t-on ? Un tel mépris de la volonté
populaire n’est-il pas annonciateur des lendemains qui
déchantent ?
Conforté par
la complaisance de la communauté internationale, le pouvoir
foncièrement dictatorial de Djibouti usé de 30 ans de
despotisme, continue d’afficher sa farouche opposition à toute
forme d’alternance démocratique. Pourtant les dégâts
politiques, économiques et sociaux de cette gestion sont là
tristement visibles.
La Ligue
djiboutienne des droits humains (LDDH) tient pour sa part à
rétablir la vérité, sur la base de ses propres observations
dans la capitale et des investigations de ses correspondants à
travers tout le pays.
Concernant les
législatives organisées le 8 février 2008 où une liste unique
briguait les suffrages des électeurs, les défenseurs des
droits de l’homme sont formels : ces élections législatives se
sont soldées par un taux d’abstention sans précédent depuis
l’indépendance.
La Ligue
djiboutienne des droits humains (LDDH) constate cette grave
désaffection pour les élections, qui s’explique surtout par la
misère sociale et l’immobilisme politique dont les Djiboutiens
(nes) rendent largement responsables les autorités actuelles,
encore au pouvoir.
Dans le cadre
de la prévention des conflits, la Ligue djiboutienne des
droits Humains (LDDH) invite l’équipe au pouvoir à faire son
examen de conscience et trouver rapidement des solutions
politiques pour tourner la page des mascarades électorales
sans fin et ce par le dialogue.
M. NOËL ABDI
Jean-Paul
Communiqué de l'UAD :
Boycott électoral
historique

Note d'information de l'ARD
Législatives 2008 : La déroute confirmée !
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Djibouti, le 12 février 2008
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Les
Législatives 2008 ont vu une liste unique solliciter les
suffrages des électeurs. Le peuple Djiboutien a
ostensiblement et massivement boudé les urnes sur
l’ensemble du territoire national. C’est pourquoi l’A.R.D.
tient à féliciter et remercier le peuple djiboutien pour
la maturité dont il a fait preuve durant cette épreuve
antidémocratique.
Après avoir
faute de partenaire responsable, dénoncé l’Accord de paix de
2001 qui portait notamment sur :
n La décentralisation
(violée et dénaturée)
n Le droit aux pièces
d’identité nationale toujours dénié à une large frange de la
population
n Le refus obstiné du
pouvoir de réhabiliter les zones dévastées par le conflit armé
(1991/2000) et d’indemniser les victimes civiles.
L’A.R.D.,
continuité historique du FRUD-ARME, prend acte de cette
glissade de trop vers l’abîme.
L’A.R.D.
conformément aux résolutions prises lors de son congrès de
décembre 2006, rappelle qu’un grave contentieux politique
l’oppose à ce pouvoir sans foi ni loi qui signe des accords de
paix qu’il piétine de tout son poids « alors que l’encre est à
peine sèche ».
Raison pour
laquelle elle ne participera plus à des consultations
électorales non transparentes organisées par un régime qui
détourne allègrement les deniers publics et le verdict des
urnes.
Mohamed Ali Abdou
Secrétaire à la Communication
et Porte Parole de l’ARD
M. Chirac serait intervenu pour aider Djibouti dans
l'affaire Borrel
Source : LE MONDE 12.06.07 Mis à jour le
12.02.08
Jacques
Chirac a-t-il suggéré, en 2005, au président djiboutien Ismaël
Omar Guelleh de saisir la Cour internationale de justice (CIJ),
dans le cadre de l'affaire Borrel, ce magistrat français mort
en 1995 à Djibouti ? Plusieurs notes saisies lors des
perquisitions en avril aux ministères des affaires étrangères
et de la justice, dans le cadre de l'affaire Borrel montrent
que le sujet a été abordé entre les deux chefs d'État.
L'idée était de permettre à Djibouti d'avoir
accès au dossier judiciaire français, qui met en cause dans
cette affaire l'entourage du chef de l'Etat djiboutien. Dans
une note destinée à préparer cette rencontre entre M. Chirac
et M. Guelleh, le 17 mai 2005, le Quai d'Orsay propose ces
éléments de langage : "Je vous suggère que nous unissions
nos efforts pour une gestion conjointe de cette affaire."
Le 25 juin, l'ambassadeur de France à Djibouti résume dans un
télégramme diplomatique sa rencontre avec le ministre des
affaires étrangères : "Il a ajouté que les autorités
djiboutiennes réfléchissaient à notre idée de recours à la CIJ
et aussi à la possibilité d'explorer d'autres voies. Nous
serions sans doute bientôt approchés à propos de cette idée de
recours à la CIJ ayant noté que la France n'y verrait pas
d'obstacle ."
"ASSURANCES FORMELLES"
Le 28 juillet, Dominique de Villepin reçoit son homologue
djiboutien, Mohamed Dileita. Dans les notes préparatoires,
saisies lors des perquisitions, le Quai d'Orsay suggère :
"Nos présidents ont évoqué la possibilité d'une action devant
la CIJ, nous n'y sommes pas opposés."
Les notes précisent : "Il s'agit d'une procédure lourde,
complexe juridiquement et publique." Le 29 juillet, une
note de la direction d'Afrique et de l'océan Indien revient
sur la rencontre en précisant : "Cela s'est très bien
passé, mais M. de Villepin, interrogé sur la procédure CIJ,
n'a rien dit…"
La même note évoque cette procédure : "En sortant de son
entretien avec le PR \[président de la République\], IOG avait
quasiment compris que cette histoire de CIJ était une simple
formalité et qu'après un échange de courrier ils auraient le
dossier dans les quinze jours…" Le 28 juillet, une réunion
juridique a lieu au ministère des affaires étrangères avec
l'ambassadeur de Djibouti à Paris : "L'ambassadeur (…) a
indiqué qu'en effet son pays avait reçu des assurances
formelles du ministère de la justice pour l'obtention du
dossier intégral de la procédure et qu'il ne pouvait être
question de laisser ce refus d'entraide sans réaction de la
part de son gouvernement." Le Quai d'Orsay fait part des
inconvénients de cette saisine.
Un ex-conseiller de l'Elysée dément que l'idée de la saisine de
la CIJ vienne de la France et assure qu'il s'agit d'une idée
de Djibouti. "L'idée de la saisine a été arrêtée par les
juristes djiboutiens", explique l'avocat de Djibouti,
Francis Szpiner. Le 9 janvier 2006, Djibouti saisit la Cour
internationale de justice pour violation des dispositions de
la convention bilatérale d'entraide judiciaire entre la France
et Djibouti. L'accord de la France était nécessaire pour la
suite de la procédure.
Sur une note du 31 janvier 2006 des services juridiques, Pierre
Vimont, le directeur du cabinet du ministre des affaires
étrangères, écrit, à la main : "Nous devons aller de
l'avant en partant du principe que nous acceptons la
compétence de la Cour." La France a accepté en août 2006.
Par ailleurs, le procureur général de Paris et ancien directeur
de cabinet du garde des sceaux, Laurent Le Mesle – dont
plusieurs notes montrent qu'il a demandé la transmission du
dossier judiciaire à Djibouti –, a démenti "de la façon la
plus solennelle", dans un communiqué, avoir "exercé de
pression sur la justice".
Alain Salles
Djibouti/Affaire Borrel: le recours à la CIJ "a été
suggéré" par la France
Source : AFP - Mardi 12 février, 15h56
DJIBOUTI (AFP)
- Le procureur général de la République de Djibouti, Djama
Souleiman Ali, a affirmé mardi que le recours à la Cour
internationale de Justice (CIJ) par Djibouti, dans l'affaire
de la mort du juge français Bernard Borrel, avait été suggéré
par le gouvernement français.
"C'est le
gouvernement français, dont certains responsables proches du
président de l'époque, Jacques Chirac, qui nous ont suggéré de
faire un recours devant la CIJ pour obtenir le dossier
Borrel", a déclaré M. Ali dans un entretien accordé à l'AFP.
"Il s'agissait
de trouver une sortie à l'impasse politique dans laquelle nous
nous trouvions, le gouvernement français ne souhaitant pas
prendre la responsabilité de nous transmettre le dossier",
ajoutant que si la décision venait de la CIJ, "c'était plus
facile à faire accepter".
"C'est
pourquoi la France a accepté de se soumettre à cette
juridiction. Aujourd'hui on ne comprend pas l'attitude du
gouvernement dans cette procédure alors que tout ce que nous
demandons, c'est la transmission des contre-expertises
médico-légales", a-t-il expliqué.
La CIJ est la
plus haute instance judiciaire des Nations unies et siège à La
Haye. Elle tranche les différends entre États.
Le corps
calciné du juge d'instruction français avait été retrouvé en
1995 dans un ravin à Djibouti, où il travaillait dans le cadre
de la coopération judiciaire bilatérale.
L'enquête
djiboutienne a conclu au suicide, mais la France privilégie la
thèse de l'assassinat, plongeant les deux pays dans un
imbroglio politique, diplomatique et judiciaire.
Djibouti a
accusé Paris de refuser de lui communiquer des éléments de son
enquête et porté l'affaire devant la CIJ en janvier 2006, se
basant sur deux traités de coopération et d'entraide
judiciaire, signés en 1977 et 1986.
"Selon les
traités, il appartient au président de trancher, mais c'est
sûr que ce n'est pas facile vu la force des syndicats de la
magistrature français et l'influence de Mme Borrel sur eux", a
estimé M. Ali.
"La CIJ va
prendre sa décision, mais ça va mettre du temps, probablement
pas avant l'été. Si on gagne tant mieux, mais si on perd ce
sera au président Nicolas Sarkozy de gérer ça politiquement",
a-t-il averti.
AFFAIRE BORREL
Djibouti : Chirac a conseillé à Guelleh de saisir la CIJ
Source : NOUVELOBS.COM | 07.02.2008 |
Le président djiboutien affirme que son homologue
français l'aurait incité à porter plainte contre l'État
français à La Haye, pour avoir accès au dossier de
l'instruction sur la mort du juge.
Le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh
assure, dans une interview au magazine
Jeune Afrique
sorti le 3 février, avoir saisi la Cour internationale de
justice (CIJ) de La Haye, dans le cadre de l'affaire Borrel,
sur les conseils de Jacques Chirac.
Il rapporte qu'en 2005, il a posé la question au président de
la République: "J'ai à me plaindre de votre justice. Je me
sens trahi, je me sens sali. Que dois-je faire?". Jacques
Chirac lui aurait répondu: Vous n'avez qu'à aller attaquer l'Etat
français devant la Cour de La Haye, elle est faite pour ça.
Moi je suis impuissant".
Immunité
Ismaïl Omar Guelleh explique avoir porté plainte devant la CIJ
"pour qu'on rende justice" à Djibouti, c'est-à-dire qu'on
transmette à ses autorités le dossier de l'instruction sur la
mort du juge français, en 1995. Il attend aussi de la Cour
"qu'elle annule les mandats d'arrêt internationaux contre le
procureur de la République et le directeur de la Sécurité
nationale de Djibouti".
Le président djiboutien demande enfin que soit tranchée la
question de son immunité. Il juge sa convocation devant la
justice française, à deux reprises, "inadmissible".
"Grotesque"
Par ailleurs, Ismaïl Omar Guelleh rejette la thèse selon
laquelle Bernard Borrel, au moment de sa mort, enquêtait sur
divers trafics auxquels lui-même aurait été mêlé, à la demande
du ministre de la Justice djiboutien. "C'est grotesque",
répond-il. "L'ex-ministre Bahdon Farah a démenti cette fable.
Ses rapports avec Borrel étaient notoirement exécrables". Le
président précise que le juge, conseiller dépendant du chef de
mission de la Coopération française, n'avait aucun droit de
"procéder à quelque enquête que ce soit sur le territoire
djiboutien".
Réseau pédophile
Le président Guelleh expose sa propre théorie pour expliquer
la mort du juge Borrel. Il évoque un réseau pédophile
français, qui sévissait à Djibouti dans les années 1990. "Un
juge d'instruction djiboutien a adressé, en mai dernier, des
convocations pour viols sur mineurs à une dizaine d'anciens
coopérants français, dont deux ex-conseillers de la
Présidence, et à deux prêtres missionnaires rentrés en
France." Ismaïl Omar Guelleh juge cette piste "sérieuse et
crédible".
Législatives
à
Djibouti
: boycott de l'opposition
Les Échos N° 20106 du
vendredi
8 février 2008
L'opposition djiboutienne a décidé de boycotter les
législatives prévues aujourd'hui, dénonçant un mode de scrutin
qui assure de facto à la coalition présidentielle le gain des
65 sièges de députés à l'Assemblée nationale. L'opposition
avait participé aux législatives de 2003 et obtenu un score de
45 % dans la capitale et de 38 % à l'échelle nationale. Mais
le mode de scrutin - majoritaire de liste à un tour - ne lui
avait pas permis d'obtenir d'élus. « En pratique, le parti
unique continue. Nous rejetons ce mode de scrutin et demandons
une proportionnelle, mais le gouvernement se sent en danger à
cause de la grogne sociale et donc refuse », affirme Ismaël
Guedi Hared, un des dirigeants de la coalition de
l'opposition.
Relais inadmissibles par la BBC Somali Section
|
Le Président |
NOTE D’INFORMATION
DU 7 FÉVRIER 2008
Relais inadmissibles
par la BBC Somali Section.
|
Faut-il
considérer que la BBC de Londres en langue Somalie continue
d’être les échos menaçants d’une dictature foncièrement
sournoise et à quel prix fixe ?
Choquant pour
une Radio Internationale non vénale ! Mais comment faut-il
comprendre, qu’en ce jeudi 7 février 2008, jour de silence des
propagandes électorales, que l’antenne de la radio
internationale de la BBC se permette de transmettre les
instructions d’une équipe gouvernementale seule en lice dans
une compétition électorale inique ?
C’est suite :
1. au non
respect du dernier jour du délai de propagande fixé par la Loi
organique de 1992 relative aux élections périodiques ;
2. au non
respect de la déontologie internationale des journalistes ;
3. aux
interférences - à sens unique - intolérables de la BBC de
Londres Somali Section, qui continue de se faire l’unique écho
d’une propagande unilatérale d’une autorité djiboutienne ;
4. c’est dans
ce cadre, que les défenseurs des droits de l’homme en
république de Djibouti, à titre individuel, dénoncent cette
violation intolérable de la BBC outrepassant les délais de
propagande de la campagne des élections législatives
mascarades programmées pour demain 8 février 2008, et ce, en
infraction flagrante aux dispositions des lois en vigueur en
république de Djibouti.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) attire tous les
défenseurs des droits de l’homme d’intervenir auprès de la BBC
pour que de tels comportements ne soient plus admissibles,
surtout dans les pays où la mauvaise gouvernance et les
fraudes électorales règnent encore comme notre pays.
M. NOËL ABDI
Jean-Paul
L'opposition dénonce la "répression politique" à Djibouti
Source :
Panapress et Afrique en ligne
Paris - 05/02/2008
Paris, France
- L'Union pour l'alternance démocratique (UAD), principal
regroupement de l'opposition, a accusé mardi le régime du
président djiboutien Ismaël Omar Guelleh de pratiquer une
répression politique "brutale", à la veille des élections
législatives prévues le 8 février dans le pays.
Dans un
communiqué publié à Paris, l'UAD, qui regroupe l'Union pour la
démocratie et la justice (UDJ), le Mouvement du renouveau
démocratique (MRD) et l'Alliance républicaine pour la
démocratie (ARD), affirme que plusieurs de ses dirigeants ont
été emprisonnés ou assignés à résidence pour avoir tenté de
tenir un meeting d'information vendredi dernier.
"Le président
de l'ARD, Ahmed Youssouf Houmed, le président de l'UDJ Ismaël
Guedi Hared et le vice-président du MRD Souleiman Farah Lodon
ont été assignés à résidence. Le président de la Ligue
djiboutienne des droits de l'Homme (LDDH), Jean-Paul Abdi Noël
a également été assigné à résidence", précise le communiqué.
Selon l'UAD,
les domiciles de plusieurs opposants ont été encerclés par les
forces de l'ordre qui ont par ailleurs bouclé le quartier de
Djibouti abritant les sièges de trois principaux partis
politiques opposés à l'action du président Omar Guelleh.
"Nous
assistons clairement à une nouvelle atteinte grave aux
libertés d'expression pacifique arrachées de haute lutte par
la résistance armée dont l'UAD est la continuité historique",
poursuit le communiqué.
L'UAD a,
rappelle-t-on, annoncé la semaine dernière sa décision de ne
pas participer aux élections législatives de vendredi
prochain, estimant que les conditions de sa transparence
n'étaient pas réunies.
Panapress
Djibouti : Assignation à résidence de Jean Noël Abdi
DECLARATION de l’Union Interafricaine des Droits de l'Homme
Six policiers des forces anti-émeute ont
encerclé le domicile de M. Noël ABDI afin de l’empêcher de
sortir.
L’Union Interafricaine des Droits de l’Homme
(UIDH) suit avec beaucoup d’inquiétudes les évènements en
cours à Djibouti.
En effet depuis un certain moment, un
mouvement d’exaspération générale se fait ressentir au sein de
la population, situation exacerbée par la tenue prochaine des
élections législatives dans le pays à la date du 08 février
2008. La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) a relevé
de nombreux abus perpétrés par le pouvoir sur la population
civile (rafles, arrestations et emprisonnement, interdiction
de manifester, etc.).
Ainsi, dans la matinée du 1er février 2008,
M. Jean Noël Abdi, Président de la LDDH a été empêché de
quitter son domicile. Deux individus en civil se présentant
comme issus des rangs des forces armées ont été chargés
d’exécuter cette assignation à domicile qui selon eux
concernait tous les dirigeants de l’opposition et de leurs
proches. L’après midi, les deux membres des forces de l’ordre
ont été rejoints par six policiers des forces anti-émeute qui
ont encerclé le domicile de M. Noël Abdi afin de l’empêcher de
sortir.
M. Jean Noël Abdi a régulièrement dénoncé les
graves violations des droits humains commises par les
autorités djiboutiennes, ce qui d’ailleurs, lui a prévalu de
nombreuses tracasseries policières : arrestation et
inculpation à six (6) mois de prison ferme assortis de 100.000
FDJ d’amende en mars 2007 ; arrestation le 2 décembre 2007 et
transfert au centre de rétention de Nagad, etc.
Cet amalgame sciemment créé par le pouvoir
entre défenseurs des droits humains et opposants politiques
est un moyen insidieux pour museler à jamais les défenseurs
des droits humains. Cette décision constitue une entrave à la
liberté d’opinion et d’expression, à la liberté de réunion et
d’association pacifique.
L’UIDH demande aux autorités djiboutiennes :
la
Garantie en toutes circonstances de l’intégrité physique et
psychologique de M. Jean-Paul Noël Abdi ;
l’arrêt
de toute forme de harcèlement, y compris judiciaire à son
encontre ;
l’arrêt
de toutes les tracasseries à l’encontre des défenseurs des
droits de l’homme à Djibouti afin qu’ils puissent exercer leur
profession et mener leur activité de défense des droits de
l’homme librement et sans entrave ;
de
se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle
des droits de l’homme et des instruments régionaux et
internationaux que le pays a ratifiés.
Ouagadougou le 04 février 2008
Le Président
Me Brahima KONE
Trois extraits de la Lettre de l'océan indien
Retour vers le parti
unique ?
LA LETTRE DE L'OCEAN INDIEN :
ALERTE - 04/02/2008
Pour la première fois depuis 1987 et l'époque du parti unique,
la liste gouvernementale est la seule à briguer les élections
législatives djiboutiennes du 8 février (Lire la suite de
l'article sur le site de LOI)
***
Aide US pour
un scrutin à liste unique
LA LETTRE DE L'OCEAN
INDIEN : N°
1231 - 01/02/2008
La presse gouvernementale
djiboutienne a fièrement annoncé la réception, le 30 janvier,
par le ministère de l'intérieur et de la décentralisation,
d'un don en matériel de bureau et en informatique provenant de
l'United States Agency for International Development (USAID).
(…)
Seul bémol : ces élections
n'auront rien de pluralistes puisqu'une seule liste sera en
compétition, celle de la coalition gouvernementale, UMP.
Floués lors des précédentes législatives où ils avaient
totalisé 38% des voix sur l'ensemble du pays sans obtenir un
seul député, les partis d'opposition ne participeront pas au
prochain scrutin. Malgré cela, l'USAID n'a rien à refuser à
Djibouti, un État qui abrite déjà une base militaire US et qui
est un des rares pays sur le continent africain bien disposé
envers l'idée d'abriter l'état-major de l'Africa Command (Africom)
américain. (…)
***
Une liste
unique aux législatives
LA LETTRE DE L'OCEAN
INDIEN : N°
1230 - 19/01/2008
Nombre de potentats africains
vont jalouser le président, Ismaïl Omar Guelleh, qui vient de
réinventer la liste unique pour les législatives du 8 février.
En effet, échaudés par le scrutin législatif de 2003 où leur
alliance électorale avait remporté 45% des suffrages à
Djibouti-ville et 38% sur l'ensemble du pays sans pouvoir
décrocher un seul député au Parlement, les partis d'opposition
ne participeront pas à ce scrutin. (…)
Ce scrutin fort peu attrayant
pourrait donc être marqué par une forte abstention, seule
posture qui reste aux contestataires, comme cela avait déjà
été le cas pour les élections communales de 2006. [ndlr :
de même l'opposition avait boycotté l'élection présidentielle
d'avril 2005, boycott suivi à plus de 70% selon la Ligue
djiboutienne des droits humains]. A l'instar de
l'Assemblée nationale sortante [ndlr : comme de toutes les
législatures depuis l'indépendance] le futur Parlement
sera tout acquis au chef de l'État, qui pourra aisément
envisager un vote des députés pour modifier la Constitution
s'il souhaite se présenter à un nouveau mandat présidentiel en
2011.
AFFAIRE BORREL | mardi, 5
février 2008 | par Guillaume Dasquié Extrait du
Journal en ligne
RU89
À RFI, le journaliste David Servenay
suivait de près l’enquête sur l’assassinat à Djibouti du
juge Bernard Borrel. Des documents révélés par
« Bakchich » démontrent que Chirac, alors à l’Elysée,
discutait avec son homologue djiboutien des reportages
diffusés par la radio tricolore. Très vite, la direction
de la chaîne demande au journaliste d’abandonner les
sujets d’investigation…
Lors d’une rencontre entre Jacques Chirac,
alors à l’Elysée, et le président de Djibouti Ismaël Omar
Guelleh, le 17 mai 2005, les deux hommes consacrent
l’essentiel de leur entretien à trouver une issue à
l’affaire Borrel, du nom du magistrat français assassiné à
Djibouti. À cette période, la juge Sophie Clément, en charge
de l’instruction, dirige déjà ses investigations contre
plusieurs responsables de l’appareil d’État djiboutien,
suspectés de relations avec les exécutants de ce crime. Le
président de tous les Français recherche une solution pour
sortir de cette mauvaise passe son allié stratégique dans la
Corne de l’Afrique.
Une note de synthèse consacrée à cette
discussion donne la mesure du sacrifice consenti pour
l’occasion. Sur le front juridique, Chirac encourage ni plus
ni moins son ami Guelleh à porter plainte contre la France
devant la Cour internationale de justice, pour faire plier
la petite juge. Sur le front médiatique, il se lamente
contre le manque d’esprit d’équipe de RFI, la radio
française très écoutée en Afrique, à l’égard du régime
corrompu et délétère du président djiboutien. À cette date,
l’émetteur de RFI sur Djibouti demeure coupé depuis près de
quatre mois, soit le 12 janvier précédent, c’est-à-dire au
lendemain d’un reportage de son journaliste David Servenay
sur l’implication dans le dossier Borrel du propre procureur
de Djibouti, pour un délit de subornation de témoin. Il
n’est pas fréquent qu’un journaliste agace le président de
la République au point que ce dernier s’en plaigne à ses
homologues. David Servenay appartient à ce club des
reporters mal vus du pouvoir.
La synthèse de la rencontre
Chirac-Guelleh du 17 mai 2005 démontre la prise en compte de
ces préoccupations radiophoniques au sommet de l’État.
Chirac n’hésite pas : « Le traitement de
l’affaire Borrel par RFI est très discutable : certains
journalistes ont pris fait et cause pour Mme Borrel, dont
ils ont épousé les vues ». Pourtant le script du
reportage incriminé par Chirac - diffusé le 11 janvier 2005
- mentionne à deux reprises que la rédaction a sollicité un
commentaire du procureur de Djibouti, qui l’a refusé.
En outre, hasard du calendrier : le 19 mai
2005, deux jours après cette rencontre à Paris entre les
deux chefs d’État, un communiqué interne à la rédaction de
RFI dénonce un cas de censure à l’encontre d’un reportage
online de David Servenay sur l’affaire
Borrel, suspendu de diffusion sur le
site de RFI
à la demande de la direction. Après des modifications, et
avec quelques jours de retard, il sera finalement publié sur
le Net.
Un journaliste spécialisé sur la
Françafrique
Embauché durant l’été 1996 à
Radio France International, David Servenay se spécialise
depuis 2002 sur les affaires sensibles de la Françafrique,
parfois à la manière d’un « électron libre »,
selon la formule d’un ancien voisin de bureau. Après ces
tensions de l’année 2005 avec sa hiérarchie, il prend des
vacances puis un congé sans solde – le temps d’écrire un
livre sur la tragédie du Rwanda, Une guerre
noire (avec Gabriel Périès, éditions La Découverte). Il
réintègre les équipes de RFI au second semestre 2006, avec
l’espoir de poursuivre ses recherches sur les zones d’ombres
de la politique française sur le continent noir. Peine
perdue. Le 31 mai 2007, il quitte ses fonctions à la suite
d’un licenciement assorti d’une transaction et d’une clause
de confidentialité. Cette dernière interdit aux
protagonistes d’évoquer les conditions précises de ce
départ ; un comble pour des professionnels de l’info.
Moins d’un mois après ses adieux à la Maison
de la Radio, le 20 juin dernier, alors qu’il rejoint la
prometteuse équipée de Rue89, une dépêche de l’AFP révèle
l’existence d’un télégramme diplomatique français suggérant
« que Djibouti a demandé en 2005 la mise à
l’écart » du journaliste. Aussitôt, une crainte en forme
d’interrogation parcourt une partie de la radio : David
Servenay a-t-il été victime d’un licenciement politique ? La
directrice de la rédaction, Dominique Burg, tout comme la
présidence de RFI, récuse un tel scénario.
« On avait expliqué à David qu’il n’y avait pas de place sur
RFI pour un journaliste qui ne ferait que de
l’investigation. Mais lui ne voulait faire que cela (…). Je
n’ai personnellement jamais subi la moindre pression, jamais
reçu de coup de fil des Djiboutiens ou du Quai d’Orsay. Je
suis affirmative », déclarait-elle ainsi avant l’été.
Contactée ce lundi 4 février, elle maintient ses propos :
« Pour nous, il s’agit d’un départ
volontaire » sans aucun lien avec d’éventuelles demandes
du ministère des Affaires Étrangères.
Soit. Cependant, selon des confrères de
David Servenay à RFI, son licenciement prend son origine
dans une réunion tenue le 15 janvier 2007, au cours de
laquelle les directrices de la station lui demandent de ne
plus traiter les dossiers de la Françafrique, et de
travailler exclusivement sur des sujets de politique
intérieure française, en sa qualité de journaliste rattaché
au pôle France de la rédaction. Dominique Burg participait à
cette discussion, ainsi que Geneviève Goetzinger, directrice
de l’information de RFI. Ce que cette dernière confirme. Au
lendemain de cette décision, comprenant qu’il ne pourrait
plus enquêter sur ses sujets de prédilection, le journaliste
engage des négociations avec la direction des ressources
humaines de la radio ; selon une chronologie que garde en
mémoire Anne Corpet, alors présidente de la Société des
journalistes de RFI.
Les ministres aussi se
plaignent de RFI
Bakchich
a pu prendre connaissance de l’intégralité des courriers
diplomatiques et des notes politiques consacrées aux
reportages de RFI sur l’affaire Borrel, rédigées entre avril
2004 et mai 2005 par l’Élysée, le Quai d’Orsay ou les
autorités Djiboutiennes. Période clé pour comprendre la
crise entre le journaliste et la direction de sa station.
Dès le 10 août 2004 par exemple, les responsables
ministériels se préoccupent des enquêtes de Servenay. Ce
jour-là, le ministre de la Justice de Djibouti, Abdallah
Abdillahi Miguil, écrit son courroux à son homologue
parisien Dominique Perben : « La chaîne de
radio RFI répétait à satiété des déclarations fallacieuses
sur les conditions mystérieuses de la mort de M. Bernard
Borrel. RFI, chaîne publique française, faisait fi de la
déontologie journalistique, se substituant à l’autorité
judiciaire française… ». Et le 24 janvier 2005,
l’ambassadeur de France à Djibouti Philippe Selz, dans un
télégramme diplomatique, cite les propos du ministre
djiboutien des Affaires Etrangères rencontré sur place.
Lequel, pragmatique, se demande : « Pourquoi
RFI laisse-t-elle systématiquement l’un de ses journalistes
attaquer Djibouti et son président à l’antenne ? (…) On
sait, vous savez, que ce journaliste, toujours le même,
prend systématiquement fait et cause pour la veuve Borrel.
Ne pouvez-vous demander à RFI, et obtenir, qu’il ne s’occupe
plus de Djibouti ? ». Putain de question.
Assignation à résidence du président de la Ligue djiboutienne
des droits humains
Source :
Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de
l’Homme-
1er février 2008
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de
l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale
des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation
mondiale contre la torture (OMCT), vous prie d’intervenir
d’urgence à propos de la situation suivante à Djibouti.
L’Observatoire
a été informé de sources fiables de l’assignation à résidence
de M. Jean-Paul Noël Abdi, président de la Ligue djiboutienne
des droits humains (LDDH).
Selon les
informations reçues, le 1er février 2008 à 11 heures, deux
personnes se réclamant des Forces armées en civil ont empêché
M. Noël Abdi de quitter son domicile, sans aucun mandat, et
sous prétexte qu’il s’agissait d’une mesure générale prise à
l’encontre de dirigeants de l’opposition et de leurs proches.
Cette mesure viserait en réalité à nuire au bon déroulement du
rassemblement de l’opposition prévu le jour même dans le cadre
de la campagne pour les élections législatives du 8 février
2008. Bien que M. Noël Abdi leur ait répondu qu’il n’était pas
concerné étant donné qu’il n’était membre d’aucun parti de
l’opposition, les deux membres des Forces armées lui ont
signifié d’attendre de nouvelles instructions. En outre, peu
après midi, les deux membres des Forces armées ont été
rejoints par six policiers des Forces anti-émeute qui ont
encerclé le domicile de M. Noël Abdi afin de l’empêcher de
sortir.
L’Observatoire
condamne cette assignation à résidence arbitraire, qui reflète
la détermination des autorités djiboutiennes à assimiler les
défenseurs des droits de l’Homme à des opposants politiques,
et rappelle que M. Noël Abdi reste particulièrement visé en
raison son engagement en faveur des droits humains, comme en
témoignent les poursuites judiciaires dont il a été l’objet en
mars 2007 et sa détention arbitraire en décembre 2007 [1].
L’Observatoire
tient à préciser que cette mesure générale d’assignation à
résidence est totalement illégale et s’inscrit dans un
contexte plus large d’intimidation visant à faire taire toute
voix critique à l’égard du régime en place [2],
et ce afin d’empêcher, entre autres, toute dénonciation des
violations des droits de l’Homme à Djibouti.
Actions
requises :
L’Observatoire
vous prie d’intervenir auprès des autorités de Djibouti et de
leur demander de :
i.
Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et
psychologique de M. Jean-Paul Noël Abdi ;
ii.
Mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris
judiciaire, à son encontre, ainsi qu’à celle de tous les
défenseurs des droits de l’Homme à Djibouti, afin qu’ils
puissent exercer leur profession et mener leur activité de
défense des droits de l’Homme librement et sans entrave ;
iii.
Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les
défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée
générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, et plus
particulièrement à son article 1 qui dispose que “chacun a le
droit, individuellement ou en association avec d’autres, de
promouvoir la protection et la réalisation des droits de
l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et
international”, son article 6(b), selon lequel “chacun a le
droit, individuellement ou en association avec d’autres de
publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées,
informations et connaissances su tous les droits de l’Homme et
toutes les libertés fondamentales”, et son article 12.2, qui
dispose que “l’État prend toutes les mesures nécessaires pour
assurer que les autorités compétentes protègent toute
personne, individuellement ou en association avec d’autres, de
toute violence, menace, représailles, discrimination de facto
ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre
de l’exercice légitime des droits visés dans la [...]
Déclaration” ;
iv.
Plus généralement, se conformer aux dispositions de la
Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments
régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme
ratifiés par Djibouti.
Adresses :
Son
Excellence Ismail Omar Guelleh, Président de la République,
Palais Présidentiel, BP 6, Djibouti Ville, République de
Djibouti. Tel / Fax : 00 253 35 50 49.
Monsieur
Mohamed Barkat Abdillahi, Ministre de la Justice, des affaires
pénitentiaires et musulmanes, chargé des droits de l’Homme, BP
12, Djibouti Ville, République de Djibouti. Tel / Fax : 00 253
35 40 21 / 54 20.
Monsieur
Maki Omar Abdoulkader, Procureur de la République, Tel / Fax :
00 253 35 69 90. Email : likmik@caramail.com.
Mission
permanente de Djibouti auprès de l’Office des Nations Unies à
Genève, 19 chemin Louis Dunant, 1202 Genève, Suisse, Fax : +
41 22 749 10 91. Email : mission.djibouti@djibouti.ch
Ambassade
de Djibouti à Bruxelles, 204 avenue F.D. Roosevelt, 1050
Bruxelles, Belgique, Tel : + 32 2 347 69 67, Fax : + 32 2 347
69 63 ; Email : amb_djib@yahoo.fr
Prière
d’écrire également aux représentations diplomatiques de
Djibouti dans vos pays respectifs.
Merci de bien
vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises
en indiquant le code de cet appel.
[1]
Cf., entre autres, appels urgents DJI 001 / 1207 / OBS 156 et
156.1, diffusés les 3 et 5 décembre 2007, ainsi que le
communiqué de presse du 11 avril 2007.
[2]
Le 31 janvier 2008, le ministre de l’Intérieur et de la
Décentralisation a lancé sur les ondes de sur les ondes de la
Radio RTD un avertissement sévère contre toute manifestation
qui aurait lieu à compter du 6 février 2008 à minuit.
Communiqué de l'UAD du vendredi 1er février 2008 sur
l'interdiction de meeting

Communiqué de la LDDH : Détentions arbitraires des
militants et sympathisants de l'opposition
|
Le Président |
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
DU 3
FÉVRIER 2008
Détentions arbitraires
des
militants et sympathisants
de
l’opposition nationale
|
Suite aux
rafles massives et l’interdiction faite aux Partis de
l’Opposition nationale dénoncées par la Ligue Djiboutienne
des Droits Humains (LDDH) le 2 février dernier, la police
a aussi procédé à l’Arrestation Arbitraire de plusieurs
dizaines de militants de l’Union pour l’Alternance
Démocratique (UAD).
Aujourd’hui 3
février 2008, à cinq jours des élections législatives
mascarades en principe programmées pour le 8 février prochain,
la police vient de déférer cinq personnalités et le parquet
leur a juste signifié un mandat de dépôt, pour être
immédiatement incarcérés à Gabode.
Il s’agit de
MM.
-
SOULEIMAN HASSAN FADAL Secrétaire Général du MRD ;
- ABDI OSMAN NOUR dit Inda Bur Cadre de l’UDJ;
- HOUSSEIN ROBLEH DABAR Cadre de l’UDJ.
- MOHAMED DOUBAD AHMED Militant de l’UAD ;
- ABDILLAHI ADAN GUEDI dit Abdillahi Corbeau,
syndicaliste chargé des relations extérieures de l’UGTD. C’est
paradoxal car l’incarcération de ce syndicaliste de longue
date compromet gravement la propagande de l’UMP seule en lice
pour les élections, d’autant plus que le parti au pouvoir dans
son récent programme électoral promet la réintégration
intégrale de tous les syndicalistes licenciés en 1995.
Force est de
considérer actuellement cette promesse comme farfelue, mais
on verra après le 8 février 2008 le vrai visage d’une
dictature foncièrement sournoise. En outre, le propre frère du
Président Ismaël Guedi Hared est encore détenu à Nagad.
M. Omar Guedi
Hared apolitique est d’un âge avancé, les conditions de sa
détention sont insupportables.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) dénonce avec fermeté
toutes ces arrestations arbitraires et demande au procureur de
la république la mise en liberté immédiate pour toutes ces
personnes injustement détenues.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un appel pressant
à l’Union interparlementaire (UIP), au BIT, à tous les
défenseurs des droits de l’homme, à Reporter Sans Frontière
(RSF) à tous les pays amis du peuple djiboutien, de prendre
des mesures énergiques en rappelant aux dirigeants djiboutiens
la nécessité d’un dialogue urgent en vue d’éviter le chaos
inéluctable ou la reprise d’un nouveau conflit urbain dans
notre pays suite aux étouffements inexplicables de la libre
expression, les détentions inadmissibles en cette période très
sensible. Il faut éviter à tout prix un bain de sang par la
suite incontrôlable.
M. NOËL ABDI
Jean-Paul
Communiqué du MRD : A Djibouti, la répression arbitraire
frappe encore l'opposition
Mouvement pour le Renouveau démocratique et le
Développement
(Ancien PRD)
Cité Poudrière Avenue Nasser
Tel : 34 23 99
BP : 3570
Djibouti
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
A DJIBOUTI, LA RÉPRESSION ARBITRAIRE FRAPPE ENCORE
L’OPPOSITION !
Ce vendredi 1er février 2008, alors qu’ils
s’apprêtent à tenir, devant leurs sièges centraux de la
capitale, une réunion publique légale sur le thème de la
mascarade électorale législative du 8 février 2008, mascarade
qu’ils boycottent, les partis légalisés d’opposition sont de
nouveau arbitrairement réprimés à Djibouti. Le vice-président
du MRD, Souleiman Farah Lodon, le président de l’ARD (Alliance
républicaine pour le développement), Ahmed Youssouf Houmed, et
le président de l’UDJ (Union pour la démocratie et la
justice), Ismaël Guedi Hared, sont assignés à résidence. Le
Secrétaire général du MRD, Souleiman Hassan Fadal, et Egueh
Bouraleh Samatar, membre de la direction de l’UDJ, ainsi que
plusieurs militants de l’opposition sont également arrêtés et
placés en garde à vue par la police.
De la même manière, le président de l’unique Ligue
djiboutienne des droits humains (LDDH), Jean-Paul Noël Abdi,
se voit interdire de quitter son domicile.
Cette nouvelle vague répressive, qui intervient dans un
contexte marqué par une malgouvernance criante et une misère
sociale généralisée, rappelle l’absence de démocratie à
Djibouti. Avec l’interdiction en 2007 du Renouveau,
publication du MRD et unique titre de presse libre à Djibouti,
avec le musellement du mouvement syndical et du reste de la
société civile, avec le piteux état des autres libertés
publiques et droits de l’Homme, avec la liste unique aux
prétendues législatives du 8 février 2008, précédée de la
liste unique aux pseudo-élections locales de mars 2006 et de
l’auto-reconduction présidentielle du 8 avril 2005, le retour
aux heures les plus sombres du parti unique, est total. Le
pouvoir personnel de Ismaël Omar Guelleh devient absolu.
Nous condamnons avec la plus grande vigueur ce pouvoir absolu
et ses agissements et exigeons la libération immédiate et sans
condition de tous les démocrates.
Nous appelons la communauté démocratique internationale à ne
pas ménager sa pression sur ce régime dictatorial pour que
cesse l’arbitraire et s’instaure la démocratie.
Fait à Bruxelles, le 1er février 2008
Par le président du du MRD
Daher Ahmed Farah
Communiqué de la LDDH : Les rafles battent le plein dans
la capitale
|
Le Président |
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
DU 2
FÉVRIER 2008
Les
rafles battent le plein
dans
la capitale. |
Plus de
vingt quatre heures que les forces armées continuent à
sillonner la capitale de la république de Djibouti, alors
que les contacts entre les chefs d’État africains
parrainés n’ont réussi en rien.
Les Forces
armées de notre pays, de quartier en quartier font la chasse
aux citoyens, qui s’opposent à ceux qui par leur gabegie
ruinent le pays.
Plus de cinq
cents personnes en majorité des jeunes sont raflés et jetés
dans un camp indigne pour l’École Police d’Idriss Farah connu
sous l’appellation de Nagad.
En effet,
depuis plus d’un mois, les odeurs insurrectionnelles
commencent à se faire sentir. Le Peuple grogne et commence à
bouillonner, le volcan populaire commence à faire sentir ses
tremblements. Le peuple en a marre du gangstérisme des
dirigeants de l’État. Trop c’est trop.
Alors, il faut
trouver un bouc émissaire pour freiner le début des débâcles
des RPPispes et consorts, qui se font actuellement hué dès
qu’ils mettent leur nez dehors pour essayer de faire la
campagne d’une tentative d’élections législatives mascarades
prévues de la manière la plus juridiquement vulgaire.
La peur au
ventre, les plus hauts dignitaires du RPP au Pouvoir se
calfeutrent dans leurs Etats majors et suivent avec une rare
inquiétude ces rafles qui ne sont pas prêtes d’en finir.
Difficile à
maîtriser la peur d’un clan mafieux de surcroît qui n’a rien
dans le ventre, d’autant plus, qu’il est difficile de spéculer
sur les retournements complexes et dangereux des situations
conjoncturelles réelles.
Dans cette
logique d’impuissance politique face à des jeunes chômeurs de
plus en plus affamés, face à une jeunesse estudiantine, qui se
voit condamner sans avenir, l’équipe artificiellement
maintenue encore au pouvoir n’a qu’un seul recours qui se
résume avec la célèbre déclaration de 1996 : par la « force et
la terreur, tout en bafouant la Constitution ».
Dans le
contexte actuel, les rafles des masses populaires sont les
seules solutions pour avaliser une danse électorale,
uniquement conçue et organisée dans l’ancien bar du Mockambo.
A la veille du
Meeting des Partis Politiques de l’Opposition (UAD), du 1er
février 2008, certains membres influents de l’Autorité
Djiboutienne ont décidé d’opérer des rafles générales de
Balbala au 6ème Arrondissement du Plateau-Marabout-Héron,
centre vital des Ambassades.
Jusqu’à quand
vont durer ces rafles et peut-être demain des déportations
massives, dans l’unique but d’anéantir toute opposition
populaire contre le gangstérisme d’Etat source réelle de
l’expansion de la politique d’appauvrissement ?
Voir même,
amplifiées après l’annonce immédiate du Conseil
constitutionnel seul habilité à visualiser le déroulement d’un
scrutin mort né.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) dénonce ces dérapages
sans précédents, et ces inconsciences dangereuses d’une équipe
au Pouvoir apparemment paniquée.
M. NOËL ABDI
Jean-Paul
Appel de l'ARDHD à manifester et lâcher de 100 ballons
pour la libération d'Hasna
ARDHD ASSOCIATION POUR LE RESPECT
DES DROITS DE L'HOMME A DJIBOUTI
Association loi de 1901 fondée en 1992
84, rue Saint-Louis en l'Ile - 75004 PARIS Tel : +33 (0)1
46 34 70 70 Fax : +33 (0)1 46 34 25 93
Contact presse : Jean-Loup SCHAAL jlschaal@ardhd.org
Consultez nos informations permanentes sur : http://www.ardhd.org
COMMUNIQUÉ
Le
2 février 2008
100 ballons
pour l’espoir
pour la libération d’HASNA, 12 ans, emprisonnée à
Addis-Abeba
MANIFESTATION avec lâcher symbolique de 100
ballons,
jeudi 7 février 2008 17h45
A proximité de l’Ambassade d’Ethiopie,
Angle avenue Charles Floquet / avenue Général Detrie – 75007
Paris
Métro Motte-Picquet
pour
réclamer la libération de Hasna Mohamed Hassan, fille d’un
réfugié djiboutien.
Enlevée, séquestrée et violée,
à 12 ans, elle a été condamnée sous des motifs fallacieux et
emprisonnée avec les adultes dans la prison centrale d’Addis
Abeba, où elle est en danger.
Fille d’un réfugié djiboutien,
inscrit au HCR, HASNA MOHAMED HASSAN a été enlevée à la sortie
de son école le 17 décembre 2007 par un jeune éthiopien de 23
ans qui l’a séquestrée et violée pendant 17 jours !
Pour le soustraire aux
poursuites pénales, l’oncle de ce jeune homme, Commandant dans
la Police éthiopienne a pris les dispositions nécessaires pour
faire condamner la jeune victime, en comparution immédiate et
sans avocat de la défense à ses côtés, pour un vol de
plaquette de détergent ! Pour cela l’état-civil de la jeune
fille a été falsifié - Age : 16 ans au lieu de 12 pour qu’elle
puisse être jugée - Situation de famille : orpheline pour
expliquer qu’il n’y ait pas de défenseur à ses côtés, ….
Incarcérée avec des adultes,
sans soin ni accompagnement, la santé psychologique d’Hasna se
dégrade de jour en jour et on peut craindre des dégâts
irréversibles pour son avenir. Aujourd’hui selon les témoins,
terrorisée et prostrée, elle est soumise à tous les risques de
cette situation d’une mineure dans une prison d’adultes.
Le Gouvernement éthiopien a été
informé de la situation et il n’a pris aucune mesure de
libération. C’est une violation scandaleuse des droits et du
respect dû aux enfants, qui pose de nombreuses interrogations,
en particulier concernant les droits des réfugiés en Éthiopie.
Sont-ils des citoyens de deuxième classe ? Le Gouvernement
éthiopien tente-t-il de les effrayer pour qu’ils quittent son
territoire ?
Le 7 février à 17h45, 100
ballons seront lâchés à proximité de l’ambassade d’Éthiopie à
Paris pour réclamer la libération d’HASNA.
Cette action est organisée par l’ARDHD. Elle est soutenue par
SURVIE, la LDDH, SOS AFRICA, FEMMES SOLIDAIRES, le MRAP,
UGUTA-TOOSA, le GED, l’UDDESC, l’AFED, l’ARD et le CNT.
Communiqué de l'ARD : assignation à résidence des
dirigeants de l'opposition et arrestation des militants
Le
gouvernement d’Ismaël Omar Guelleh vient officiellement
d’interdire de tenir meeting aux formations politiques de
l’opposition djiboutienne qui avaient décidé de ne pas
participer aux élections législatives du 8 février 2008.
Dans la nuit
du jeudi 31 janvier à vendredi 1er février, les
forces de police ont investi le siège central de l’UDJ,
l’Union pour la démocratie et la justice, devant lequel devait
se tenir ce 1er février le meeting d’information de
l’UAD, Union pour l’Alternance Démocratique. A cette occasion
cinq militants de l’UDJ présents dans les locaux du siège
central ont été arrêtés et se trouvent toujours en garde à
vue.
De nouveau
tôt ce vendredi matin, les forces de police ont bouclé le
quartier de Djibouti ville abritant les sièges de l’UDJ, de
l’ARD et du MRD au croisement de l’avenue Nasser et de la
route d’Arta, et assigné à résidence les dirigeants des
mouvements de l’opposition, parmi lesquels le président de
l’ARD Ahmed Youssouf Ahmed, le président de l’UDJ Ismaël Guedi
Hared et le Vice-président du MRD Souleiman Farah Lodon. A été
également assigné à résidence le président de la Ligue
djiboutienne des droits de l’homme (LDDH), M. Jean-Paul Abdi
Noël.
Au moment où
nous publions ce communiqué, les domiciles des dirigeants de
l’opposition djiboutienne ainsi que celui du président de la
LDDH sont toujours encerclés par les policiers.
Nous
assistons clairement ce jour à une nouvelle atteinte grave aux
libertés d’expression pacifique arrachée de haute lutte par la
résistance armée dont l’ARD est la continuité historique.
C’est la
première fois depuis les lois sur la démocratie limitée de
1992 que les meetings pacifiques de l’opposition civile sont
officiellement interdits par le pouvoir.
Les partis
politiques légalisés composant l’UAD ont tous été créés suite
à l’accord de paix du 12 mai 2001 qui avait mis fin au
multipartisme limité. Interdire à ces formations de
s’exprimer pacifiquement remet directement en cause la raison
d’être de leur existence et constitue un retour à un état de
dictature qui avait conduit à une résistance armée.
C’est la
première fois également qu’une liste unique brigue les
suffrages des électeurs depuis les élections législatives de
1987 à l’époque du parti unique.
Ainsi le
régime djiboutien vient de démontrer à nos concitoyens et à la
face du monde sa nature profondément despotique, contraignant
par là même l'opposition légale et pacifique à s'interroger
sur l'utilité de la lutte politique dans le cadre de énième
recul démocratique.
Fait à Paris,
le 1er février 2008
Maki Houmedgaba
Représentant de l'ARD en Europe
LDDH : l'opposition interdite de tenir un meeting ?
|
Le Président |
NOTE
D’INFORMATION DU 31 JANVIER 2008
L’OPPOSITION INTERDITE
DE
TENIR UN MEETING ? |
Aujourd’hui 31
janvier 2008, le ministre de l’intérieur et de la
décentralisation vient de lancer sur les ondes de la radio
(RTD) lors de l’émission en somali de 15 heures, un sévère
avertissement contre toute manifestation à compter du 6
février 2008 à minuit.
En un mot, il
est interdit à l’opposition de manifester contre les élections
mascarades la veille des élections. Reste à savoir pourquoi ce
communiqué est-il diffusé aujourd’hui alors que la propagande
à travers le journal « La Nation » bat son plein, tandis que
sur le terrain les malheureux candidats n’arrivent pas attirer
des foules ?
Pratiquement
les mêmes visages évoluent à travers quelques endroits bien
protégés, comme dans l’ancien terrain de la gendarmerie
nationale (patrimoine de l’État) donné à un associé ou plus
précisément à un commerçant pour une bouchée. N’est-ce pas ?
Il est vrai que sur cette même radio (RTD) lors des
manifestations spontanées contre les hausses vertigineuses des
prix et de l’énergie électrique, ce même ministre après avoir
fait des déclarations dans des termes méprisants à l’égard des
consommateurs, avait fermement condamné les manifestations «
violentes » tout en précisant qu’il ne voyait pas
d’inconvénients à des manifestations pacifiques.
Ce qui est
considéré comme une évolution des mentalités. Drôles de
contradictions en l’espace d’une dizaine de jours. Il est bon
de rappeler, que demain 1er février 2008, l’opposition (UAD)
doit se réunir pacifiquement devant leur siège afin d’informer
leurs militants de leur position sur les prochaines élections
«mascarades ».
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) reste à l’écoute et
compte tenu de l’évolution des mentalités, elle espère que les
lieux du meeting ne seront pas, dès ce soir, occupés manu
militari comme à une certaine période.
La liberté
d’expression est un droit sacré comme inscrit dans le hall du
palais de justice en république de Djibouti.
M. NOËL ABDI Jean-Paul
Communiqué de l'UAD sur la mascarade législative du 8
février et appel à meetings

Message de Daher Ahmed Farah, président du Mouvement pour
le renouveau démocratique (MRD)
MESSAGE DU
PRÉSIDENT DU MRD,
DAHER AHMED FARAH (DAF),
AUX DJIBOUTIENNES ET DJIBOUTIENS
Mes très chers
compatriotes,
Encore une
fois, je prends ma modeste plume pour m’adresser à vous. Je
vous renouvelle d’abord mes vœux de bonne et heureuse année
2008. De tout cœur, je vous souhaite, je nous souhaite une
année porteuse d’espoir.
Mes chers
sœurs et frères, vous savez que de là où je me trouve
aujourd’hui, je demeure activement fidèle à notre cause. Je ne
cesse, dans la mesure de mes modestes possibilités, de penser
et d’agir pour des jours meilleurs à Djibouti. Le triste sort
qui nous est réservé par le pouvoir en place nous préoccupe au
plus haut point, mes camarades du MRD, du reste de
l’opposition et moi-même. Comme toujours.
Je sais que
nos souffrances dans la mère patrie s’aggravent de semaine en
semaine. Je sais que le coût de la vie, déjà parmi les plus
élevés au monde, augmente. Je sais que de s’acheter du riz,
des pâtes, de la viande, du lait, du sucre, de l’huile
…devient sans cesse inaccessible au plus grand nombre. Je sais
que l’électricité est devenue hors de portée pour la majorité
d’entre nous, que l’eau devient denrée rare. J’ai conscience
que la pauvreté frappe aujourd’hui plus de 80% d’entre nous.
Le tout sous
une chape de silence. Tout occupés à encenser leur maître, les
médias officiels n’ont cure de cette situation. Le Renouveau,
votre modeste hebdomadaire, voix des sans voix depuis sa
naissance le 7 octobre 1992, ne peut plus paraître. Incapable
de supporter la moindre liberté d’expression, Ismaël Omar
Guelleh l’a réduit au silence et ne s’en cache pas.
Avec ce
bâillonnement de la liberté d’expression, avec le musellement
du mouvement syndical et du reste de la société civile, avec
le piteux état des autres libertés publiques et droits de
l’Homme, avec la liste unique aux prétendues législatives du 8
février 2008, précédée de la liste unique aux pseudo élections
locales de mars 2006 et de l’auto reconduction présidentielle
du 8 avril 2005, le retour aux heures les plus sombres du
parti unique, est total. Le pouvoir personnel de Ismaël Omar
Guelleh devient absolu.
La mainmise
par le Chef de l’État sur l’économie nationale et le
patrimoine public qui résultent de cette situation est tout
simplement sans précédent. La prédation, l’affairisme et les
collusions avec des possédants extérieurs douteux atteignent
des sommets.
Il n’en reste
pas moins que le régime est d’une grande fragilité. En dépit
de sa machine répressive, qui en dit d’ailleurs long sur sa
peur du peuple, un régime si peu légitime, si éloigné des
préoccupations de ses concitoyens, ne peut qu’être fragile.
Fragile ?
Pourquoi, alors, tient-il encore ? Très bonne question ! Parce
que, tout bonnement, nous ne nous sommes pas encore levés
comme il se doit contre lui. Parce que nous ne parvenons pas
encore à nous délibérer de la peur de porter l’action
décisive. Nous prenons encore, comme l’a fait par nuit noire
le fameux poltron Cigaal Chilaad de nos contrées, un modeste
tronc d’arbre pour un terrible lion et ravalons notre rage
d’en finir avec lui.
Or, c’est
juste une vulgaire hyène que nous avons en face, et une hyène
est surtout un charognard. Il suffit que nous cessions de nous
faire charogne pour que le charognard s’en aille, tout penaud.
Il suffit de dompter notre peur et de nous dresser comme il se
doit contre l’inacceptable.
Du fond de vos
souffrances, vous vous demandez sans doute pourquoi, alors que
notre pays n’a jamais autant intéressé les grandes puissances
démocratiques de cette planète, alors qu’il n’a jamais autant
abrité de présence occidentale, l’étau autocratique ne cesse
de se resserrer sur nous.
La franche
réponse est que les égoïsmes des puissants de ce monde sont
tels qu’ils s’accommodent des potentats tant que la rage
populaire ne menace pas l’ordre établi. Qui ne dit mot
consent, dit un dicton français. Et ne pas réagir comme il se
doit face à un régime dictatorial, revient, aux yeux des États
de l’hémisphère Nord et d’ailleurs, à y consentir. L’actualité
est pleine d’enseignements à cet égard.
Mes chers
concitoyens, je me dois de vous répéter encore et encore que,
sans recourir à la violence, il nous est possible de peser sur
le cours des choses à Djibouti. Cela est d’autant plus
possible que nous sommes un peuple peu nombreux, qui essaie de
survivre à plus de 75% dans sa capitale. Ismaël Omar Guelleh
ne résisterait pas longtemps à nous voir debout et nos
puissants hôtes intégreraient promptement l’expression de
notre ras-le-bol. Le cours de notre histoire s’en accélérerait
positivement.
Je nous le
demande, moi, qui ne suis jamais qu’à quelques heures de vol :
Le voulons-nous ? Nous autres militants et dirigeants
démocrates, oui. Nous le voulons depuis des années.
Veuillez-le activement avec nous. Où que nous soyons, de
quelque condition sociale que nous soyons, nous tous qui
souffrons, réagissons ensemble comme il se doit. En commençant
par boycotter massivement la mascarade électorale du 8 février
2008.
Très chers
sœurs et frères, sans vous, sans sursaut décisif de votre
part, l’opposition ne peut imposer le changement. Vous dire le
contraire, serait vous mentir. Entre nos mains, réside notre
salut. Ayons confiance en nous et réagissons comme il se doit.
A Bruxelles, le
29 janvier 2008,
Par Daher Ahmed Farah,
Président du MRD
Rapport de la LDDH sur les textes électoraux adoptés à
Djibouti (partie introductive)
|
Le Président |
RAPPORT DU 28 JANVIER 2008
SUR
DES TEXTES ÉLECTORAUX
SIGNES
PAR LE CHEF DE L’ÉTAT
EN
RÉPUBLIQUE DE DJIBOUTI. |
Ce Rapport est
destiné aux Défenseurs des Droits de l’Homme, à l’Union
Internationale des Parlements (UIP) de Genève, et autres
Tribunaux internationaux pour démontrer les incohérences
juridiques d’une dictature foncièrement sournoise, qui règne
encore à Djibouti et dans les rares régimes de partis uniques
en Afrique.
Seule
l’introduction ouverte, ci-après, sera médiatisée.
Introduction
ouverte.
Campagne des
législatives: la liste unique ne fait pas recette.
La campagne
des coalisés au sein d’une liste unique ne semble pas attirer
les foules.
Lancée à grand
renfort d’affiches sur les panneaux publics, mais encore sur
les clôtures privés ce qui est désagréable pour les
propriétaires dont les impôts sur l’enlèvement des ordures ne
donnent plus les résultats escomptés.
Cette fade
campagne semble se heurter aux réalités de la dure vie
quotidienne endurée par les Djiboutiens ces dernières années.
En effet, les
détournements des Deniers publics et des Biens Sociaux battent
leur plein, alors que l’inflation galope, l’augmentation par
Décret du prix de l’énergie électrique court-circuite toute
possibilité d’investissement, tandis que le gel des
augmentations de salaires ne fait qu’appauvrir les fidèles
serviteurs de l’Etat (même les serviteurs zélés ne sont pas
épargnés).
Au stade
actuel, les électeurs de la capitale et des districts de
l’intérieur semblent largement bouder les malheureux candidats
de cette liste unique imposée par le Chef de l’État. Lequel,
d’ailleurs fait la sourde d’oreille aux propositions de
dialogue de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH)
et des suggestions encourageantes pour plus de transparence de
la FIDH à travers sa lettre fermée adressée au Chef de l’État,
l’été dernier.
Pourquoi le
chef de l’État s’entête-t-il dans son refus de tout dialogue
avec l’opposition nationale ?
Définitivement
lassés des fausses promesses d’un avenir meilleur, les
Djiboutiens constatent que cette campagne financée par
l’argent public aggrave leurs alarmantes conditions de vie.
Par ailleurs,
des habitants de certains quartiers de la capitale auraient
énergiquement repoussé les visites des candidats de l’Union
pour la Mouvance Présidentielle (UMP).
Face à cette
prise de conscience populaire, de la gravité des conditions de
vie, les Djiboutiens ont opté pour le refus général d’écouter
les sirènes despotiques des partisans de la pensée unique.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) réitère sa demande de
report des élections et encourage le chef de l’État à entamer
rapidement le dialogue pour nous éviter les mêmes risques de
dérapages dramatiques qu’au Kenya.
C’est dans
l’esprit de la prévention des conflits, que la LDDH soumet son
rapport confidentiel à des Organisations Internationales.
M. NOËL ABDI
Jean-Paul
Communiqué de presse de l'UAD sur la mascarade électorale
prévue le 8 février 2008
UNION POUR L’ALTERNANCE DÉMOCRATIQUE (U.A.D.)
(U.D.J., A.R.D., M.R.D)
. ADRESSE : 2, rue de
Pékin, HÉRON — DJIBOUTI — Tél. : 34 18 22 (F) — 82 99 99 (P)
.
Djibouti,
le 22 janvier 2008
COMMUNIQUE DE PRESSE
SUR LA MASCARADE
LEGISLATIVE PREVUE LE 08 FEVRIER 2008
• Suite à notre lettre au Président de la République, en
date du 30 septembre 2002, relative à l’amélioration de la
composition et du fonctionnement de la Commission Électorale
Nationale Indépendante (CENI), restée sans réponse.
• Suite à une autre lettre au Président de la République,
en date du 21 mai 2004, portant sur la démocratisation de la
vie politique, elle aussi restée sans réponse.
• Suite au non-remboursement de la «caution» de 32,5
millions de FD (francs djibouti), déposée au TRÉSOR PUBLIC par
les 65 candidats de notre liste U.A.D. aux dernières
législatives du 10 janvier 2003.
• Suite à la non-application de la loi N°174/AN/2002
portant décentralisation et statut des régions dont l’article 5
alinéa 2 dispose : «Dans les trois mois qui suivront la
promulgation de la présente loi, un décret précisera un
calendrier pour l’installation et la mise en place effective
des collectivités régionales ainsi que les transferts de
compétence qui leur sont dévolus par la loi »!
• Suite à la non-application de la dernière loi organique
N012/AN/07/5êL du 07 janvier 2008 relative aux élections qui
dit en son article 2 : «Les candidats qui, en outre détiennent
des nationalités étrangères, ne peuvent être élus à
l’Assemblée Nationale » alors que l’on relève de nombreux
candidats députés qui ont la double et parfois la triple
nationalité (Somalienne, yéménite, éthiopienne, érythréenne,
européenne, américaine, canadienne, ...).
• Suite à notre dernier communiqué de presse du 14 novembre
2007 sur les neufs conditions de participation de l’U.A.D. aux
élections législatives du 08 février 2008 dont l’exigence n°1
était : «L’établissement d’un scrutin proportionnel intégral, à
un tour» dans le but d’éradiquer la maladie qui consiste à
avoir à l’Assemblée Nationale 65 députés du même parti U.M.P
depuis 30 ans d’indépendance.
• Suite à la non-application par le Conseil
Constitutionnel de l’article 13 du décret N°2008/0003/PR/MID
du 06 janvier 2008 quand il installe la C.E.N.I. le 20 janvier
2008 alors qu’il faut « trente jours au minimum avant la date
du scrutin » du 08 février 2008.
• Suite à la déportation manu militari en octobre 2007 de
sept (07) citoyens djiboutiens vers le Yémen sans aucun procès
en justice.
L’Union pour l’Alternance Démocratique (UAD) constate que
le parti RPP au pouvoir depuis l’indépendance ne peut pas
changer sa nature de parti unique: il cherche tout simplement
un faire-valoir pour duper la communauté internationale et
notamment les pays démocratiques et les bailleurs de fonds.
La démocratie des institutions est une règle du jeu qui ne
règle pas tout, mais avec laquelle tout commence quand elle
est appliquée.
L’état de non-droit à force de perdurer aboutit à un
non-Etat.
Par conséquent, l’U.A.D. demande au peuple djiboutien, pour
la 1ère fois depuis le multipartisme limité de 1992, de
sanctionner le régime en place en boycottant fermement la
mascarade électorale du 08 février 2008.
VIVE la
LIBERTÉ, la DÉMOCRATIE et la JUSTICE
|
UDJ |
ARD |
MRD |
|
Le Président |
Le Président |
Le Vice-président |
|
Ismaël Guedi Hared |
Ahmed Youssouf Houmed |
Souleiman Farah London |
* *
*
|