Dernières nouvelles - Édition en Ligne de Février  2008

 Directeur de publication : Mohamed Ali Abdou.   Codirecteur : Mahdi Ibrahim A. God.   Email : realite_djibouti@yahoo.fr


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S  o  m  m  a  i  r  e

28/02/2008 Sécheresse : chronique d’une famine oubliée

19/02/2008 Pour ne pas attendre le boycott en 2011, un roitelet sourd à tout dialogue, (1ère partie), par Cassim Ahmed Dini

18/02/2008 Djibouti : Une démocratie à parti unique ! (FIDH)

14/02/2008 Note d'information de la LDDH : le 8 février 2008 : scrutin inique, résultat cynique

13/02/2008 Communiqué de l'UAD : Boycott électoral historique

12/02/2008 Législatives 2008 : La déroute confirmée ! (Note d'information de l'ARD)

12/02/2008 M. Chirac serait intervenu pour aider Djibouti dans l'affaire Borrel

12/02/2008 Djibouti/Affaire Borrel: le recours à la CIJ "a été suggéré" par la France

08/02/2008 Djibouti : Chirac a conseillé à Guelleh de saisir la CIJ

08/02/2008  Législatives à Djibouti : boycott de l'opposition

07/02/2008 Relais inadmissibles par la BBC Somali Section

05/02/2008 L'opposition dénonce la "répression politique" à Djibouti

05/02/2008 Djibouti : Assignation à résidence de Jean Noël ABDI (UIDH)

05/02/2008 Trois extraits de la Lettre de l'océan indien

05/02/2008 Quand Chirac jugeait « discutables » les reportages de RFI (Journal RU89)

03/02/2008 Assignation à résidence du président de la Ligue djiboutienne des droits humains

03/02/2008 Communiqué de l'UAD du vendredi 1er février 2008 sur l'interdiction de meeting

03/02/2008 Communiqué de la LDDH : Détentions arbitraires des militants et sympathisants de l'opposition

02/02/2008 Communiqué du MRD : A Djibouti, la répression arbitraire frappe encore l'opposition

02/02/2008 Communiqué de la LDDH : Les rafles battent le plein dans la capitale

02/02/2008 Appel de l'ARDHD à manifester et lâcher de 100 ballons pour la libération d'Hasna

01/02/2008 Communiqué de l'ARD : assignation à résidence des dirigeants de l'opposition et arrestation des militants

31/01/2008 LDDH : l'opposition interdite de tenir un meeting ?

30/01/2008 Communiqué de l'UAD sur la mascarade législative du 8 février et appel à meetings

29/01/2008 Message de Daher Ahmed Farah, président du Mouvement pour le renouveau démocratique (MRD)

28/01/2008 Rapport de la LDDH sur les textes électoraux adoptés à Djibouti (partie introductive)

22/01/2008 Communiqué de presse de l'UAD sur la mascarade électorale prévue le 8 février 2008


LDDH : Sécheresse : chronique d’une famine oubliée.

Le Président

NOTE D’INFORMATION

DU 28 FÉVRIER 2008

Sécheresse :

chronique d’une famine oubliée

 

Après la mascarade électorale du début du mois, une triste réalité a repris ses droits, celle d’une sécheresse catastrophique dans notre pays.

A ce chapitre, les gesticulations prétendument humanitaires et tardives d’une ONG maison n’y changeront rien.  Pas plus d’ailleurs que les prières rituelles pour la pluie organisées ce matin au Stade « Hassan Gouled ».

Car comme chacun le sait, une terrible sécheresse causée par un déficit pluviométrique sans précédent sévit depuis plusieurs mois à travers tout le pays.

Du Nord au Sud les populations rurales sont sinistrées et victimes dans certaines régions d’une grave famine. Au total ce sont plus de 140 000 personnes vivant dans les districts de l’Intérieur, qui ont ainsi perdu l’essentiel de leur moyen de subsistance. Leur bétail étant décimé, elles survivent dans des conditions dramatiques.

Selon nos informations, le NORD Ouest du pays serait le plus touché. Dans la zone s’étendant de Malaho à Dadatto, en passant par le Moussa Ali, hommes et bêtes meurent chaque semaine.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) s’étonne de la passivité gouvernementale, car aucun Appel à l’aide internationale n’a été encore lancé et jusqu’à présent  le Plan ORSEC n’a même pas été déclenché.   

M. NOËL ABDI Jean-Paul

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Pour ne pas attendre le boycott en 2011, un roitelet sourd à tout dialogue (1ère partie)
 

par CASSIM AHMED DINI, (15 février 2008)

Banalement qualifiée d’impasse politique, la situation qui prévaut actuellement à Djibouti est la résultante de la neutralisation réciproque de deux forces d’inertie. D’un côté, le régime de parti unique camouflé, se maintient par la fraude, le tribalisme et le chantage au salaire, ayant juste besoin de faire-valoir et, parce que détenteur du monopole de la violence, réprime par la force (y compris celle d’un Droit à son service) toute velléité démocratique. Avec ses législatives de 2008, il a clairement démontré qu’il préférait se discréditer par une seule liste en lice (comme un seul candidat pour la dernière présidentielle) plutôt que de garantir un scrutin libre et transparent.

De l’autre, une opposition qui, par son boycott tacitement reconduit, s’est de facto mise hors du champ de la compétition politique et, parce qu’elle est incapable de faire advenir quelque alternance politique que ce soit étant donné que son terrain de lutte est celui d’une « légalité » sujette à caution, est jugée inoffensive et peu prise au sérieux. Effectivement, en l’absence d’un syndicalisme libre et d’une société civile organisée, la contestation est réduite au strict minimum : celui d’une façade démocratique dont se satisfont les bailleurs de fonds pour décerner leur label de respectabilité, indispensable à la coopération tous azimuts.

La question qui se pose à l’UAD (1) est la suivante : que faire pour éviter d’être condamnée au boycott lors de la prochaine échéance électorale, à savoir la présidentielle de 2011 ? Avant d’établir une stratégie de combat ou évaluer les chances de dialogue, il faut définir l’ennemi (1ère partie) puis saisir les fondements de sa domination (2ème partie).

Parler de régime à propos du RPP et de ses satellites est une facilité de langage qui ne doit pas masquer une donnée fondamentale : l’ennemi à “abattre” est un seul homme autour duquel une cour s’est structurée en cercles concentriques. Ismaël Omar Guelleh est un spécialiste du clientélisme (symptôme du tribalisme qui est une maladie infantile des États post-coloniaux) qui redistribue à ses courtisans les bénéfices d’une entreprise qu’il a perfectionnée après en avoir hérité de son oncle. Cet usurpateur n’ayant aucune qualité intrinsèque à exhiber ni aucune action remarquable à son actif, doit impérativement contrôler toutes les ressources cœrcitives ainsi que les opinions en se médiatisant en permanence.

« Le langage politique, écrivait Orwell, est destiné à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que du vent » : c’est sa propre médiocrité et l’inconsistance de sa mouvance qu’il compense par une telle débauche de poudre aux yeux. RTD, BBC section somali et Jeune Afrique : ces trois médias sont les trois roues de sa propagande effrénée. Mais, comme le montrent les quelques exemples qui suivent, un titre de docteur honoris causa ne constitue absolument pas un remède miracle contre ses lacunes scolaires ou ses penchants psychologiques (un ancien ambassadeur en poste à Djibouti parlait à son propos d’un « QI proche de zéro »). Ce qui implique une prédisposition à la cruauté (bannissement de la famille d’Alhoumékani, pour ne pas parler d’autres formes de torture) et à la bassesse (comme affirmer que M. Jean-Paul Abdi Noel (2) est payé par l’ambassade des États-Unis d’Amérique).

Puisqu’il s’est épanché jusqu’à la nausée ces derniers temps, contentons-nous de nous référer à ses propos pour en relever les inexactitudes et les non-dits. Commençons, en guise de hors-d’œuvre, par ses rapports à la France (qui, prétend-il, le déteste), à travers le moins important pour les Djiboutiens, l’affaire Borrel et plus précisément le renfort dont il a bénéficié pour l’enterrer.

1) Deux interviews, deux versions

Au fait, Ismaël Omar Guelleh a-t-il, oui ou non, reconnu que le président Chirac lui ait suggéré de saisir la Cour internationale de justice contre la France pour demander la transmission du dossier Borrel ? On connaît le penchant prononcé d’Ismaël Omar pour les fadaises qu’autorise le monologue despotique. On connaît aussi l’affection de Jeune Afrique pour les publi-reportages et les interviews de complaisance des roitelets subtropicaux. D’ailleurs, il convient de ne pas oublier la peu glorieuse contribution de cet hebdomadaire, par un reportage constituant une véritable insulte, au conflit armé de 1991. Voici donc deux réponses contradictoires de Guelleh, au même journal Jeune Afrique, à deux moments différents, petite illustration de sa propension au double langage. 

Juin 2007

– Jeune Afrique : « Des pièces saisies lors des perquisitions du mois d’avril aux ministères de la Justice et des Affaires étrangères indiqueraient que les autorités françaises vous auraient suggéré de déposer un recours contre la France devant la Cour internationale de justice, afin de contraindre la juge Sophie Clément à transmettre le dossier d’instruction à la justice djiboutienne… »

– Ismaël Omar Guelleh : « Comme si nous étions des enfants ou des mineurs qui avions besoin qu’un Blanc nous tienne par la main ! Trente ou cinquante ans après les indépendances, on continue à considérer les Africains comme de grands enfants. Il est vraiment malheureux que les Européens n’arrivent pas à se défaire de leur complexe de colonisateurs. » 

Février 2008

– Jeune Afrique : « Il se dit que c’est Jacques Chirac, alors chef de l’État, qui vous aurait suggéré de porter plainte devant la CIJ pour avoir accès au dossier de l’affaire Borrel. Est-ce exact ? »

– Ismaël Omar Guelleh : « C’est exact. Au cours d’un entretien que j’ai eu avec Jacques Chirac en 2005, je lui ai posé cette question : “Vous me dites que vous n’avez aucun pouvoir sur votre justice et que vous ne pouvez rien faire pour moi. Or, moi, j’ai à me plaindre de votre justice. Je me sens trahi, je me sens sali. Que dois-je faire ? Je ne vais tout de même pas aller agresser madame Borrel ?” Il m’a alors répondu : “Vous n’avez qu’à aller attaquer l’État français devant la Cour de La Haye, elle est faite pour ça. Moi, je suis impuissant.” C’est ce que nous avons fait. ».

Le mensonge est flagrant. Discuter avec un tel individu doit être pénible. Cela rappelle l’angoissante question de Chamberlain au lendemain de son voyage à Munich un certain été 39 : « How can we make diplomacy with liers ? ». Cependant, on aurait tort de croire que c’est uniquement par manque de gratitude qu’il assassine ainsi un Chirac tout juste incapable d’arrêter la machine judiciaire. Ismaël Omar veut tout autant et peut-être même plus plaire à Sarkozy qui ne porte pas particulièrement son prédécesseur dans son cœur : danse du ventre d’une scorie néocoloniale ! La vérité de la dépendance l’emporte facilement sur le lyrisme du décolonisé bien dans sa peau

En fait, nul n’ignore ici tout ce qu’il doit aux Renseignements français qui l’ont choisi et adoubé en 1999 : cf. les avions de chasse français franchissant le “mur du çon” au-dessus de sa résidence au soir de sa première investiture. Et si l’opposition n’a jamais cherché à instrumentaliser cette affaire Borrel, c’est surtout parce que la France a perdu le respect des Djiboutiens, du fait de son soutien à Ismaël Omar, en ce domaine essentiellement hexagonal comme en ce qui concerne la mauvaise gouvernance dont ils souffrent depuis trop longtemps.

2) Des larmes de crocodile 

Il est impossible que le roitelet Ismaël Omar dialogue avec les dirigeants de l’UAD puisque, pour lui, ils n’en sont tout simplement pas dignes.

– Jeune Afrique : « L’opposition djiboutienne, qui a boycotté l’élection présidentielle de 2005, s’apprête à récidiver le 8 février à l’occasion des législatives. C’est embêtant pour votre image de marque. »

– Ismaël Omar Guelleh : « Oui, je le regrette. Mais à qui la faute ? Nous avons tout fait pour qu’elle participe, offert toutes les garanties. Français et Américains lui ont conseillé d’y aller, quitte à examiner ensuite les éventuels contentieux. Rien n’y a fait, En réalité, cette opposition n’a plus de leader depuis la disparition d’Ahmed Dini et le ralliement de ses principaux chefs à l’Union pour la majorité présidentielle. »

Contrairement à lui, la pudeur s’impose à nous lorsqu’il s’agit de parler d’un défunt. Rappelons la ligne directrice de cette première partie : l’ennemi est ce roitelet avec lequel rien de sérieux ne peut être entrepris, tant il est persuadé que mentir est la forme suprême de la politique et qui traîne derrière lui tant de casseroles (dont l’assassinat du juge Borrel) qu’il est pratiquement condamné à mourir en situation d’immunité, donc au pouvoir. Et ce qu’il dit à propos de l’opposition montre que celle-ci n’a rien à espérer de lui :

a) Il n’a répondu à aucune des correspondances que l’opposition lui a adressées afin que soit garanti un minimum de transparence électorale. Bien au contraire, l’intimidation des électeurs (dont certains avaient poussé le 10 janvier 2003 la naïveté jusqu’à croire possible une alternance par les urnes) est venue renforcer la panoplie de la fraude.

b) Prétendre qu’Américains et Français auraient « conseillé » à l’UAD de participer est non seulement malhonnête (on a l’habitude) mais surtout malhabile car cela reviendrait à cautionner une ingérence dans les affaires intérieures de Djibouti !

c) Se présentant lui-même comme un leader providentiel, il impose cette illusion héroïque en enterrant l’opposition avec Ahmed Dini ; et un mort ne revenant pas…

d) Certains opposants ont effectivement viré leur cuti et rejoint lors des législatives du 10 janvier 2003 la mouvance au pouvoir. Dire d’eux qu’ils sont les « principaux chefs » de l’opposition est pour le moins excessif. Question : lequel de ces reconvertis a dit un jour, alors qu’il était ministre : « Afar et Issa ne peuvent pas vivre en paix à Djibouti. Le pays devra appartenir en exclusivité à un seul de ces deux groupes » ? Idéologie raciste qui pourrait expliquer bien des errances et demande que l’on s’intéresse à présent aux fondements de ce régime. Après la psychopathologie d’un président omniscient et omnipotent, pour se contenter d’une terminologie polie, il faut comprendre comment « le fou s’est échappé de l’asile ». [À suivre] – CAD

(1) Union pour l'alternance démocratique, coalition de l'opposition djiboutienne
(2) Président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH)..

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Source : FIDH, lundi 18 février 2008

La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (fidh)

Paris, Djibouti, le 18 février 2008 - Les élections législatives qui se sont déroulées dans un fort climat de tension le vendredi 8 février 2008 à Djibouti, se sont soldées sans surprise par la victoire du parti présidentiel, seul parti en lice.

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et son organisation affiliée à Djibouti, la Ligue Djiboutienne des droits de l’Humains (LDDH) déplorent les conditions dans lesquelles s’est déroulé le processus électoral, contraires à la Charte africaine sur les élections, la démocratie et la gouvernance ainsi qu’aux dispositions de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.

En l’absence de réformes du code électoral après les élections législatives de 2003 qui avaient vu l’attribution de la totalité des sièges du Parlement au parti présidentiel alors que les partis d’opposition avaient obtenus 38% des voix, ceux-ci ont décidé de boycotter les élections législatives du 8 février 2008. Ils ont considéré à la fois que le scrutin majoritaire de liste à un tour assure de facto à la coalition présidentielle le gain des 65 sièges au Parlement au mépris de la pluralité politique, et que les conditions d’un scrutin libre, démocratique et transparent n’étaient pas réunies.

De plus, Ahmed Youssouf Ahmed, président de l’Alliance républicaine pour le développement (ARD), Ismaël Guedi Hared, président de l’Union pour la démocratie et la justice (UDJ) et Souleiman Farah Lodon, vice-président du Mouvement pour le renouveau démocratique et le développement (MRD), dirigeants des partis d’opposition, ont fait l’objet de multiples pressions de la part des autorités les jours précédents le scrutin. Ils ont notamment été assignés à résidence le 1er février 2008 afin d’empêcher le déroulement d’un rassemblement de l’opposition organisé dans le cadre de la campagne électorale.

Le même jour, M. Jean-Paul Noël Abdi, Président de la LDDH, a également été empêché de sortir de son domicile par des membres des Forces Armées, caractérisant l’assimilation par le pouvoir des défenseurs des droits de l’Homme aux opposants politiques, en violations des droits garantis par la Déclaration sur les défenseurs adoptées en 1998 par l’Assemblée générale des Nations unies.1

Sans surprise, avec une seule et unique liste en lice, les élections ont abouti à la victoire totale de l’Union pour la Majorité Présidentielle (UMP), remportant ainsi les 65 sièges du Parlement.

Aussi, la FIDH et la LDDH demeurent particulièrement étonnés des conclusions des observateurs de l’Union Africaine (UA) et de la Ligue des États arabes (LEA) ayant déclaré lors d’une conférence de presse que les élections s’étaient déroulées dans un climat démocratique dont le scrutin avait été régulier, libre et transparent. Nos organisations regrettent le silence de la communauté internationale face aux conditions du processus électoral dans ce pays.

La FIDH et la LDDH demandent aux autorités djiboutiennes de réformer sans délai et en concertation avec tous les acteurs politiques à Djibouti, le code électoral afin de permettre l’organisation d’élections véritablement libre et pluralistes dans le pays, conformément aux dispositions des instruments régionaux et internationaux de protection des droits de l’Homme ratifiés par Djibouti.

1Voir l’Appel urgent de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme du 1er février 2008, http://www.fidh.org/article.php3 ?id_article=5174

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Note d'information de la LDDH : le 8 février 2008 : scrutin inique, résultat cynique.

Le Président

NOTE D’INFORMATION

DU 13 FÉVRIER 2008

le 8 février 2008 :

Scrutin inique,

résultat cynique

 

Il fallait s’y attendre de la part d’un régime cynique, indifférent au ridicule : les législatives 2008 ont connu « un taux de participation record, le plus fort enregistré depuis 15 ans ».  De qui se moque-t-on ? Un tel mépris de la volonté populaire n’est-il pas annonciateur des lendemains qui déchantent ?

Conforté par la complaisance de la communauté internationale, le pouvoir foncièrement dictatorial de Djibouti usé de 30 ans de despotisme, continue d’afficher sa farouche opposition à toute forme d’alternance démocratique. Pourtant les dégâts politiques, économiques et sociaux de cette gestion sont là tristement visibles.

La Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) tient pour sa part à rétablir la vérité, sur la base de ses propres observations dans la capitale et des investigations de ses correspondants à travers tout le pays.

Concernant les législatives organisées le 8 février 2008 où une liste unique briguait les suffrages des électeurs, les défenseurs des droits de l’homme sont formels : ces élections législatives se sont soldées par un taux d’abstention sans précédent depuis l’indépendance.

La Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) constate cette grave désaffection pour les élections, qui s’explique surtout par la misère sociale et l’immobilisme politique dont les Djiboutiens (nes) rendent largement responsables les autorités actuelles, encore au pouvoir.

Dans le cadre de la prévention des conflits, la Ligue djiboutienne des droits Humains (LDDH) invite l’équipe au pouvoir à faire son examen de conscience et trouver rapidement des solutions politiques pour tourner la page des mascarades électorales sans fin et ce par le dialogue. 

M. NOËL ABDI Jean-Paul

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Communiqué de l'UAD : Boycott électoral historique

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Note d'information de l'ARD

Législatives 2008 : La déroute confirmée !

Djibouti, le 12 février 2008

 

Les Législatives 2008 ont vu une liste unique solliciter les suffrages des électeurs. Le peuple Djiboutien a ostensiblement et massivement boudé les urnes sur l’ensemble du territoire national. C’est pourquoi l’A.R.D. tient à féliciter et remercier le peuple djiboutien pour la maturité dont il a fait preuve durant cette épreuve antidémocratique.

Après avoir faute de partenaire responsable, dénoncé l’Accord de paix de 2001 qui portait notamment sur :

n La décentralisation (violée et dénaturée)

n Le droit aux pièces d’identité nationale toujours dénié à une large frange de la population

n Le refus obstiné du pouvoir de réhabiliter les zones dévastées par le conflit armé (1991/2000) et d’indemniser les victimes civiles.

L’A.R.D., continuité historique du FRUD-ARME, prend acte de cette glissade de trop vers l’abîme.

L’A.R.D. conformément aux résolutions prises lors de son congrès de décembre 2006, rappelle qu’un grave contentieux politique l’oppose à ce pouvoir sans foi ni loi qui signe des accords de paix qu’il piétine de tout son poids « alors que l’encre est à peine sèche ».

Raison pour laquelle elle ne participera plus à des consultations électorales non transparentes organisées par un régime qui détourne allègrement les deniers publics et le verdict des urnes.

Mohamed Ali Abdou
Secrétaire à la Communication
et Porte Parole de l’ARD

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M. Chirac serait intervenu pour aider Djibouti dans l'affaire Borrel

Source : LE MONDE 12.06.07 Mis à jour le 12.02.08

Jacques Chirac a-t-il suggéré, en 2005, au président djiboutien Ismaël Omar Guelleh de saisir la Cour internationale de justice (CIJ), dans le cadre de l'affaire Borrel, ce magistrat français mort en 1995 à Djibouti ? Plusieurs notes saisies lors des perquisitions en avril aux ministères des affaires étrangères et de la justice, dans le cadre de l'affaire Borrel montrent que le sujet a été abordé entre les deux chefs d'État.

L'idée était de permettre à Djibouti d'avoir accès au dossier judiciaire français, qui met en cause dans cette affaire l'entourage du chef de l'Etat djiboutien. Dans une note destinée à préparer cette rencontre entre M. Chirac et M. Guelleh, le 17 mai 2005, le Quai d'Orsay propose ces éléments de langage : "Je vous suggère que nous unissions nos efforts pour une gestion conjointe de cette affaire."

Le 25 juin, l'ambassadeur de France à Djibouti résume dans un télégramme diplomatique sa rencontre avec le ministre des affaires étrangères : "Il a ajouté que les autorités djiboutiennes réfléchissaient à notre idée de recours à la CIJ et aussi à la possibilité d'explorer d'autres voies. Nous serions sans doute bientôt approchés à propos de cette idée de recours à la CIJ ayant noté que la France n'y verrait pas d'obstacle ."

"ASSURANCES FORMELLES"

Le 28 juillet, Dominique de Villepin reçoit son homologue djiboutien, Mohamed Dileita. Dans les notes préparatoires, saisies lors des perquisitions, le Quai d'Orsay suggère : "Nos présidents ont évoqué la possibilité d'une action devant la CIJ, nous n'y sommes pas opposés."

Les notes précisent : "Il s'agit d'une procédure lourde, complexe juridiquement et publique." Le 29 juillet, une note de la direction d'Afrique et de l'océan Indien revient sur la rencontre en précisant : "Cela s'est très bien passé, mais M. de Villepin, interrogé sur la procédure CIJ, n'a rien dit…"

La même note évoque cette procédure : "En sortant de son entretien avec le PR \[président de la République\], IOG avait quasiment compris que cette histoire de CIJ était une simple formalité et qu'après un échange de courrier ils auraient le dossier dans les quinze jours…" Le 28 juillet, une réunion juridique a lieu au ministère des affaires étrangères avec l'ambassadeur de Djibouti à Paris : "L'ambassadeur (…) a indiqué qu'en effet son pays avait reçu des assurances formelles du ministère de la justice pour l'obtention du dossier intégral de la procédure et qu'il ne pouvait être question de laisser ce refus d'entraide sans réaction de la part de son gouvernement." Le Quai d'Orsay fait part des inconvénients de cette saisine.

Un ex-conseiller de l'Elysée dément que l'idée de la saisine de la CIJ vienne de la France et assure qu'il s'agit d'une idée de Djibouti. "L'idée de la saisine a été arrêtée par les juristes djiboutiens", explique l'avocat de Djibouti, Francis Szpiner. Le 9 janvier 2006, Djibouti saisit la Cour internationale de justice pour violation des dispositions de la convention bilatérale d'entraide judiciaire entre la France et Djibouti. L'accord de la France était nécessaire pour la suite de la procédure.

Sur une note du 31 janvier 2006 des services juridiques, Pierre Vimont, le directeur du cabinet du ministre des affaires étrangères, écrit, à la main : "Nous devons aller de l'avant en partant du principe que nous acceptons la compétence de la Cour." La France a accepté en août 2006.

Par ailleurs, le procureur général de Paris et ancien directeur de cabinet du garde des sceaux, Laurent Le Mesle – dont plusieurs notes montrent qu'il a demandé la transmission du dossier judiciaire à Djibouti –, a démenti "de la façon la plus solennelle", dans un communiqué, avoir "exercé de pression sur la justice".

Alain Salles

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Djibouti/Affaire Borrel: le recours à la CIJ "a été suggéré" par la France

Source : AFP - Mardi 12 février, 15h56

DJIBOUTI (AFP) - Le procureur général de la République de Djibouti, Djama Souleiman Ali, a affirmé mardi que le recours à la Cour internationale de Justice (CIJ) par Djibouti, dans l'affaire de la mort du juge français Bernard Borrel, avait été suggéré par le gouvernement français.

"C'est le gouvernement français, dont certains responsables proches du président de l'époque, Jacques Chirac, qui nous ont suggéré de faire un recours devant la CIJ pour obtenir le dossier Borrel", a déclaré M. Ali dans un entretien accordé à l'AFP.

"Il s'agissait de trouver une sortie à l'impasse politique dans laquelle nous nous trouvions, le gouvernement français ne souhaitant pas prendre la responsabilité de nous transmettre le dossier", ajoutant que si la décision venait de la CIJ, "c'était plus facile à faire accepter".

"C'est pourquoi la France a accepté de se soumettre à cette juridiction. Aujourd'hui on ne comprend pas l'attitude du gouvernement dans cette procédure alors que tout ce que nous demandons, c'est la transmission des contre-expertises médico-légales", a-t-il expliqué.

La CIJ est la plus haute instance judiciaire des Nations unies et siège à La Haye. Elle tranche les différends entre États.

Le corps calciné du juge d'instruction français avait été retrouvé en 1995 dans un ravin à Djibouti, où il travaillait dans le cadre de la coopération judiciaire bilatérale.

L'enquête djiboutienne a conclu au suicide, mais la France privilégie la thèse de l'assassinat, plongeant les deux pays dans un imbroglio politique, diplomatique et judiciaire.

Djibouti a accusé Paris de refuser de lui communiquer des éléments de son enquête et porté l'affaire devant la CIJ en janvier 2006, se basant sur deux traités de coopération et d'entraide judiciaire, signés en 1977 et 1986.

"Selon les traités, il appartient au président de trancher, mais c'est sûr que ce n'est pas facile vu la force des syndicats de la magistrature français et l'influence de Mme Borrel sur eux", a estimé M. Ali.

"La CIJ va prendre sa décision, mais ça va mettre du temps, probablement pas avant l'été. Si on gagne tant mieux, mais si on perd ce sera au président Nicolas Sarkozy de gérer ça politiquement", a-t-il averti.

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AFFAIRE BORREL

Djibouti : Chirac a conseillé à Guelleh de saisir la CIJ

Source : NOUVELOBS.COM | 07.02.2008 |

Le président djiboutien affirme que son homologue français l'aurait incité à porter plainte contre l'État français à La Haye, pour avoir accès au dossier de l'instruction sur la mort du juge.

Le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh assure, dans une interview au magazine Jeune Afrique sorti le 3 février, avoir saisi la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye, dans le cadre de l'affaire Borrel, sur les conseils de Jacques Chirac.
Il rapporte qu'en 2005, il a posé la question au président de la République: "J'ai à me plaindre de votre justice. Je me sens trahi, je me sens sali. Que dois-je faire?". Jacques Chirac lui aurait répondu: Vous n'avez qu'à aller attaquer l'Etat français devant la Cour de La Haye, elle est faite pour ça. Moi je suis impuissant".

Immunité

Ismaïl Omar Guelleh explique avoir porté plainte devant la CIJ "pour qu'on rende justice" à Djibouti, c'est-à-dire qu'on transmette à ses autorités le dossier de l'instruction sur la mort du juge français, en 1995. Il attend aussi de la Cour "qu'elle annule les mandats d'arrêt internationaux contre le procureur de la République et le directeur de la Sécurité nationale de Djibouti".
Le président djiboutien demande enfin que soit tranchée la question de son immunité. Il juge sa convocation devant la justice française, à deux reprises, "inadmissible".

"Grotesque"

Par ailleurs, Ismaïl Omar Guelleh rejette la thèse selon laquelle Bernard Borrel, au moment de sa mort, enquêtait sur divers trafics auxquels lui-même aurait été mêlé, à la demande du ministre de la Justice djiboutien. "C'est grotesque", répond-il. "L'ex-ministre Bahdon Farah a démenti cette fable. Ses rapports avec Borrel étaient notoirement exécrables". Le président précise que le juge, conseiller dépendant du chef de mission de la Coopération française, n'avait aucun droit de "procéder à quelque enquête que ce soit sur le territoire djiboutien".

Réseau pédophile


Le président Guelleh expose sa propre théorie pour expliquer la mort du juge Borrel. Il évoque un réseau pédophile français, qui sévissait à Djibouti dans les années 1990. "Un juge d'instruction djiboutien a adressé, en mai dernier, des convocations pour viols sur mineurs à une dizaine d'anciens coopérants français, dont deux ex-conseillers de la Présidence, et à deux prêtres missionnaires rentrés en France." Ismaïl Omar Guelleh juge cette piste "sérieuse et crédible".

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Législatives à Djibouti : boycott de l'opposition

Les Échos N° 20106 du vendredi 8 février 2008

L'opposition djiboutienne a décidé de boycotter les législatives prévues aujourd'hui, dénonçant un mode de scrutin qui assure de facto à la coalition présidentielle le gain des 65 sièges de députés à l'Assemblée nationale. L'opposition avait participé aux législatives de 2003 et obtenu un score de 45 % dans la capitale et de 38 % à l'échelle nationale. Mais le mode de scrutin - majoritaire de liste à un tour - ne lui avait pas permis d'obtenir d'élus. « En pratique, le parti unique continue. Nous rejetons ce mode de scrutin et demandons une proportionnelle, mais le gouvernement se sent en danger à cause de la grogne sociale et donc refuse », affirme Ismaël Guedi Hared, un des dirigeants de la coalition de l'opposition.

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Relais inadmissibles par la BBC Somali Section

Le Président

NOTE D’INFORMATION

DU 7 FÉVRIER 2008

Relais inadmissibles

par la BBC Somali Section.

 

Faut-il considérer que la BBC de Londres en langue Somalie continue d’être les échos menaçants d’une dictature foncièrement sournoise et à quel prix fixe ?

Choquant pour une Radio Internationale non vénale ! Mais comment faut-il comprendre, qu’en ce jeudi 7 février 2008, jour de silence des propagandes électorales, que l’antenne de la radio internationale de la BBC se permette de transmettre les instructions d’une équipe gouvernementale seule en lice dans une compétition électorale inique ?

C’est suite :

1. au non respect du dernier jour du délai de propagande fixé par la Loi organique de 1992 relative aux élections périodiques ;

2. au non respect de la déontologie internationale des journalistes ;

3. aux interférences - à sens unique -  intolérables de la BBC de Londres Somali Section, qui continue de se faire l’unique écho d’une propagande unilatérale d’une autorité djiboutienne ;

4. c’est dans ce cadre, que les défenseurs des droits de l’homme en république de Djibouti, à titre individuel, dénoncent cette violation intolérable de la BBC outrepassant les délais de propagande de la campagne des élections législatives mascarades programmées pour demain 8 février 2008, et ce, en infraction flagrante aux dispositions des lois en vigueur en république de Djibouti. 

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) attire tous les défenseurs des droits de l’homme d’intervenir auprès de la BBC pour que de tels comportements ne soient plus admissibles, surtout dans les pays où la mauvaise gouvernance et les fraudes électorales règnent encore comme notre pays.

M. NOËL ABDI Jean-Paul

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L'opposition dénonce la "répression politique" à Djibouti

Source : Panapress et Afrique en ligne Paris - 05/02/2008

Paris, France - L'Union pour l'alternance démocratique (UAD), principal regroupement de l'opposition, a accusé mardi le régime du président djiboutien Ismaël Omar Guelleh de pratiquer une répression politique "brutale", à la veille des élections législatives prévues le 8 février dans le pays.

Dans un communiqué publié à Paris, l'UAD, qui regroupe l'Union pour la démocratie et la justice (UDJ), le Mouvement du renouveau démocratique (MRD) et l'Alliance républicaine pour la démocratie (ARD), affirme que plusieurs de ses dirigeants ont été emprisonnés ou assignés à résidence pour avoir tenté de tenir un meeting d'information vendredi dernier.

"Le président de l'ARD, Ahmed Youssouf Houmed, le président de l'UDJ Ismaël Guedi Hared et le vice-président du MRD Souleiman Farah Lodon ont été assignés à résidence. Le président de la Ligue djiboutienne des droits de l'Homme (LDDH), Jean-Paul Abdi Noël a également été assigné à résidence", précise le communiqué.

Selon l'UAD, les domiciles de plusieurs opposants ont été encerclés par les forces de l'ordre qui ont par ailleurs bouclé le quartier de Djibouti abritant les sièges de trois principaux partis politiques opposés à l'action du président Omar Guelleh.

"Nous assistons clairement à une nouvelle atteinte grave aux libertés d'expression pacifique arrachées de haute lutte par la résistance armée dont l'UAD est la continuité historique", poursuit le communiqué.

L'UAD a, rappelle-t-on, annoncé la semaine dernière sa décision de ne pas participer aux élections législatives de vendredi prochain, estimant que les conditions de sa transparence n'étaient pas réunies.

Panapress

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Djibouti : Assignation à résidence de Jean Noël Abdi

DECLARATION de l’Union Interafricaine des Droits de l'Homme

Six policiers des forces anti-émeute ont encerclé le domicile de M. Noël ABDI afin de l’empêcher de sortir.

L’Union Interafricaine des Droits de l’Homme (UIDH) suit avec beaucoup d’inquiétudes les évènements en cours à Djibouti.

En effet depuis un certain moment, un mouvement d’exaspération générale se fait ressentir au sein de la population, situation exacerbée par la tenue prochaine des élections législatives dans le pays à la date du 08 février 2008. La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) a relevé de nombreux abus perpétrés par le pouvoir sur la population civile (rafles, arrestations et emprisonnement, interdiction de manifester, etc.).

Ainsi, dans la matinée du 1er février 2008, M. Jean Noël Abdi, Président de la LDDH a été empêché de quitter son domicile. Deux individus en civil se présentant comme issus des rangs des forces armées ont été chargés d’exécuter cette assignation à domicile qui selon eux concernait tous les dirigeants de l’opposition et de leurs proches. L’après midi, les deux membres des forces de l’ordre ont été rejoints par six policiers des forces anti-émeute qui ont encerclé le domicile de M. Noël Abdi afin de l’empêcher de sortir.

M. Jean Noël Abdi a régulièrement dénoncé les graves violations des droits humains commises par les autorités djiboutiennes, ce qui d’ailleurs, lui a prévalu de nombreuses tracasseries policières : arrestation et inculpation à six (6) mois de prison ferme assortis de 100.000 FDJ d’amende en mars 2007 ; arrestation le 2 décembre 2007 et transfert au centre de rétention de Nagad, etc.

Cet amalgame sciemment créé par le pouvoir entre défenseurs des droits humains et opposants politiques est un moyen insidieux pour museler à jamais les défenseurs des droits humains. Cette décision constitue une entrave à la liberté d’opinion et d’expression, à la liberté de réunion et d’association pacifique.

L’UIDH demande aux autorités djiboutiennes :

- la Garantie en toutes circonstances de l’intégrité physique et psychologique de M. Jean-Paul Noël Abdi ;

- l’arrêt de toute forme de harcèlement, y compris judiciaire à son encontre ;

- l’arrêt de toutes les tracasseries à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme à Djibouti afin qu’ils puissent exercer leur profession et mener leur activité de défense des droits de l’homme librement et sans entrave ;

- de se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’homme et des instruments régionaux et internationaux que le pays a ratifiés.

Ouagadougou le 04 février 2008
Le Président
Me Brahima KONE

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Trois extraits de la Lettre de l'océan indien

Retour vers le parti unique ?  LA LETTRE DE L'OCEAN INDIEN : ALERTE - 04/02/2008

Pour la première fois depuis 1987 et l'époque du parti unique, la liste gouvernementale est la seule à briguer les élections législatives djiboutiennes du 8 février (Lire la suite de l'article sur le site de LOI)

***

Aide US pour un scrutin à liste unique  LA LETTRE DE L'OCEAN INDIEN : 1231 - 01/02/2008

La presse gouvernementale djiboutienne a fièrement annoncé la réception, le 30 janvier, par le ministère de l'intérieur et de la décentralisation, d'un don en matériel de bureau et en informatique provenant de l'United States Agency for International Development  (USAID). (…)

Seul bémol : ces élections n'auront rien de pluralistes puisqu'une seule liste sera en compétition, celle de la coalition gouvernementale, UMP. Floués lors des précédentes législatives où ils avaient totalisé 38% des voix sur l'ensemble du pays sans obtenir un seul député, les partis d'opposition ne participeront pas au prochain scrutin. Malgré cela, l'USAID n'a rien à refuser à Djibouti, un État qui abrite déjà une base militaire US et qui est un des rares pays sur le continent africain bien disposé envers l'idée d'abriter l'état-major de l'Africa Command  (Africom) américain. (…)

***

Une liste unique aux législatives LA LETTRE DE L'OCEAN INDIEN : 1230 - 19/01/2008

Nombre de potentats africains vont jalouser le président, Ismaïl Omar Guelleh, qui vient de réinventer la liste unique pour les législatives du 8 février. En effet, échaudés par le scrutin législatif de 2003 où leur alliance électorale avait remporté 45% des suffrages à Djibouti-ville et 38% sur l'ensemble du pays sans pouvoir décrocher un seul député au Parlement, les partis d'opposition ne participeront pas à ce scrutin. (…)

Ce scrutin fort peu attrayant pourrait donc être marqué par une forte abstention, seule posture qui reste aux contestataires, comme cela avait déjà été le cas pour les élections communales de 2006. [ndlr : de même l'opposition avait boycotté l'élection présidentielle d'avril 2005, boycott suivi à plus de 70% selon la Ligue djiboutienne des droits humains]. A l'instar de l'Assemblée nationale sortante [ndlr : comme de toutes les législatures depuis l'indépendance] le futur Parlement sera tout acquis au chef de l'État, qui pourra aisément envisager un vote des députés pour modifier la Constitution s'il souhaite se présenter à un nouveau mandat présidentiel en 2011.

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AFFAIRE BORREL | mardi, 5 février 2008 | par Guillaume Dasquié Extrait du Journal en ligne RU89

À RFI, le journaliste David Servenay suivait de près l’enquête sur l’assassinat à Djibouti du juge Bernard Borrel. Des documents révélés par « Bakchich » démontrent que Chirac, alors à l’Elysée, discutait avec son homologue djiboutien des reportages diffusés par la radio tricolore. Très vite, la direction de la chaîne demande au journaliste d’abandonner les sujets d’investigation…

Lors d’une rencontre entre Jacques Chirac, alors à l’Elysée, et le président de Djibouti Ismaël Omar Guelleh, le 17 mai 2005, les deux hommes consacrent l’essentiel de leur entretien à trouver une issue à l’affaire Borrel, du nom du magistrat français assassiné à Djibouti. À cette période, la juge Sophie Clément, en charge de l’instruction, dirige déjà ses investigations contre plusieurs responsables de l’appareil d’État djiboutien, suspectés de relations avec les exécutants de ce crime. Le président de tous les Français recherche une solution pour sortir de cette mauvaise passe son allié stratégique dans la Corne de l’Afrique.

Une note de synthèse consacrée à cette discussion donne la mesure du sacrifice consenti pour l’occasion. Sur le front juridique, Chirac encourage ni plus ni moins son ami Guelleh à porter plainte contre la France devant la Cour internationale de justice, pour faire plier la petite juge. Sur le front médiatique, il se lamente contre le manque d’esprit d’équipe de RFI, la radio française très écoutée en Afrique, à l’égard du régime corrompu et délétère du président djiboutien. À cette date, l’émetteur de RFI sur Djibouti demeure coupé depuis près de quatre mois, soit le 12 janvier précédent, c’est-à-dire au lendemain d’un reportage de son journaliste David Servenay sur l’implication dans le dossier Borrel du propre procureur de Djibouti, pour un délit de subornation de témoin. Il n’est pas fréquent qu’un journaliste agace le président de la République au point que ce dernier s’en plaigne à ses homologues. David Servenay appartient à ce club des reporters mal vus du pouvoir.

Chirac et ses tenailles

 

La synthèse de la rencontre Chirac-Guelleh du 17 mai 2005 démontre la prise en compte de ces préoccupations radiophoniques au sommet de l’État. Chirac n’hésite pas : « Le traitement de l’affaire Borrel par RFI est très discutable : certains journalistes ont pris fait et cause pour Mme Borrel, dont ils ont épousé les vues ». Pourtant le script du reportage incriminé par Chirac - diffusé le 11 janvier 2005 - mentionne à deux reprises que la rédaction a sollicité un commentaire du procureur de Djibouti, qui l’a refusé.

En outre, hasard du calendrier : le 19 mai 2005, deux jours après cette rencontre à Paris entre les deux chefs d’État, un communiqué interne à la rédaction de RFI dénonce un cas de censure à l’encontre d’un reportage online de David Servenay sur l’affaire Borrel, suspendu de diffusion sur le site de RFI à la demande de la direction. Après des modifications, et avec quelques jours de retard, il sera finalement publié sur le Net.

Un journaliste spécialisé sur la Françafrique

Embauché durant l’été 1996 à Radio France International, David Servenay se spécialise depuis 2002 sur les affaires sensibles de la Françafrique, parfois à la manière d’un « électron libre », selon la formule d’un ancien voisin de bureau. Après ces tensions de l’année 2005 avec sa hiérarchie, il prend des vacances puis un congé sans solde – le temps d’écrire un livre sur la tragédie du Rwanda, Une guerre noire (avec Gabriel Périès, éditions La Découverte). Il réintègre les équipes de RFI au second semestre 2006, avec l’espoir de poursuivre ses recherches sur les zones d’ombres de la politique française sur le continent noir. Peine perdue. Le 31 mai 2007, il quitte ses fonctions à la suite d’un licenciement assorti d’une transaction et d’une clause de confidentialité. Cette dernière interdit aux protagonistes d’évoquer les conditions précises de ce départ ; un comble pour des professionnels de l’info.

Moins d’un mois après ses adieux à la Maison de la Radio, le 20 juin dernier, alors qu’il rejoint la prometteuse équipée de Rue89, une dépêche de l’AFP révèle l’existence d’un télégramme diplomatique français suggérant « que Djibouti a demandé en 2005 la mise à l’écart » du journaliste. Aussitôt, une crainte en forme d’interrogation parcourt une partie de la radio : David Servenay a-t-il été victime d’un licenciement politique ? La directrice de la rédaction, Dominique Burg, tout comme la présidence de RFI, récuse un tel scénario. « On avait expliqué à David qu’il n’y avait pas de place sur RFI pour un journaliste qui ne ferait que de l’investigation. Mais lui ne voulait faire que cela (…). Je n’ai personnellement jamais subi la moindre pression, jamais reçu de coup de fil des Djiboutiens ou du Quai d’Orsay. Je suis affirmative », déclarait-elle ainsi avant l’été. Contactée ce lundi 4 février, elle maintient ses propos : « Pour nous, il s’agit d’un départ volontaire » sans aucun lien avec d’éventuelles demandes du ministère des Affaires Étrangères.

Soit. Cependant, selon des confrères de David Servenay à RFI, son licenciement prend son origine dans une réunion tenue le 15 janvier 2007, au cours de laquelle les directrices de la station lui demandent de ne plus traiter les dossiers de la Françafrique, et de travailler exclusivement sur des sujets de politique intérieure française, en sa qualité de journaliste rattaché au pôle France de la rédaction. Dominique Burg participait à cette discussion, ainsi que Geneviève Goetzinger, directrice de l’information de RFI. Ce que cette dernière confirme. Au lendemain de cette décision, comprenant qu’il ne pourrait plus enquêter sur ses sujets de prédilection, le journaliste engage des négociations avec la direction des ressources humaines de la radio ; selon une chronologie que garde en mémoire Anne Corpet, alors présidente de la Société des journalistes de RFI.

Les ministres aussi se plaignent de RFI

Bakchich a pu prendre connaissance de l’intégralité des courriers diplomatiques et des notes politiques consacrées aux reportages de RFI sur l’affaire Borrel, rédigées entre avril 2004 et mai 2005 par l’Élysée, le Quai d’Orsay ou les autorités Djiboutiennes. Période clé pour comprendre la crise entre le journaliste et la direction de sa station. Dès le 10 août 2004 par exemple, les responsables ministériels se préoccupent des enquêtes de Servenay. Ce jour-là, le ministre de la Justice de Djibouti, Abdallah Abdillahi Miguil, écrit son courroux à son homologue parisien Dominique Perben : « La chaîne de radio RFI répétait à satiété des déclarations fallacieuses sur les conditions mystérieuses de la mort de M. Bernard Borrel. RFI, chaîne publique française, faisait fi de la déontologie journalistique, se substituant à l’autorité judiciaire française… ». Et le 24 janvier 2005, l’ambassadeur de France à Djibouti Philippe Selz, dans un télégramme diplomatique, cite les propos du ministre djiboutien des Affaires Etrangères rencontré sur place. Lequel, pragmatique, se demande : « Pourquoi RFI laisse-t-elle systématiquement l’un de ses journalistes attaquer Djibouti et son président à l’antenne ? (…) On sait, vous savez, que ce journaliste, toujours le même, prend systématiquement fait et cause pour la veuve Borrel. Ne pouvez-vous demander à RFI, et obtenir, qu’il ne s’occupe plus de Djibouti ? ». Putain de question.

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Assignation à résidence du président de la Ligue djiboutienne des droits humains

Source : Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme- 1er février 2008

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), vous prie d’intervenir d’urgence à propos de la situation suivante à Djibouti.

L’Observatoire a été informé de sources fiables de l’assignation à résidence de M. Jean-Paul Noël Abdi, président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH).

Selon les informations reçues, le 1er février 2008 à 11 heures, deux personnes se réclamant des Forces armées en civil ont empêché M. Noël Abdi de quitter son domicile, sans aucun mandat, et sous prétexte qu’il s’agissait d’une mesure générale prise à l’encontre de dirigeants de l’opposition et de leurs proches. Cette mesure viserait en réalité à nuire au bon déroulement du rassemblement de l’opposition prévu le jour même dans le cadre de la campagne pour les élections législatives du 8 février 2008. Bien que M. Noël Abdi leur ait répondu qu’il n’était pas concerné étant donné qu’il n’était membre d’aucun parti de