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Dernières nouvelles - Édition en Ligne de Février
2008
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Directeur
de publication : Mohamed Ali Abdou. Codirecteur :
Mahdi Ibrahim A. God. Email :
realite_djibouti@yahoo.fr
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Signez lA pétition de soutien à la
famille Alhoumekani
28/02/2008 Sécheresse :
chronique d’une famine oubliée
19/02/2008 Pour ne pas
attendre le boycott en 2011, un roitelet sourd à tout
dialogue, (1ère partie), par Cassim Ahmed Dini
18/02/2008 Djibouti : Une
démocratie à parti unique ! (FIDH)
14/02/2008 Note d'information
de la LDDH : le 8 février 2008 : scrutin inique, résultat
cynique
13/02/2008 Communiqué de
l'UAD : Boycott électoral historique
12/02/2008 Législatives 2008
: La déroute confirmée ! (Note d'information de l'ARD)
12/02/2008 M. Chirac serait
intervenu pour aider Djibouti dans l'affaire Borrel
12/02/2008 Djibouti/Affaire
Borrel: le recours à la CIJ "a été suggéré" par la France
08/02/2008
Djibouti : Chirac a conseillé à Guelleh de saisir la CIJ
08/02/2008 Législatives
à Djibouti : boycott de l'opposition
07/02/2008 Relais
inadmissibles par la BBC Somali Section
05/02/2008 L'opposition
dénonce la "répression politique" à Djibouti
05/02/2008 Djibouti :
Assignation à résidence de Jean Noël ABDI (UIDH)
05/02/2008 Trois extraits de
la Lettre de l'océan indien
05/02/2008 Quand Chirac
jugeait « discutables » les reportages de RFI (Journal
RU89)
03/02/2008 Assignation à
résidence du président de la Ligue djiboutienne des droits
humains
03/02/2008 Communiqué de
l'UAD du vendredi 1er février 2008 sur l'interdiction de
meeting
03/02/2008 Communiqué de la
LDDH : Détentions arbitraires des militants et
sympathisants de l'opposition
02/02/2008 Communiqué du MRD
: A Djibouti, la répression arbitraire frappe encore
l'opposition
02/02/2008 Communiqué de la
LDDH : Les rafles battent le plein dans la capitale
02/02/2008 Appel de l'ARDHD à
manifester et lâcher de 100 ballons pour la libération d'Hasna
01/02/2008 Communiqué de
l'ARD : assignation à résidence des dirigeants de
l'opposition et arrestation des militants
31/01/2008 LDDH :
l'opposition interdite de tenir un meeting ?
30/01/2008 Communiqué de
l'UAD sur la mascarade législative du 8 février et appel à
meetings
29/01/2008 Message de Daher
Ahmed Farah, président du Mouvement pour le renouveau
démocratique (MRD)
28/01/2008
Rapport de la LDDH sur les textes
électoraux adoptés à Djibouti (partie introductive)
22/01/2008 Communiqué de
presse de l'UAD sur la mascarade électorale prévue le 8
février 2008
LDDH : Sécheresse : chronique d’une famine oubliée.
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Le Président |
NOTE D’INFORMATION
DU 28 FÉVRIER 2008
Sécheresse :
chronique d’une famine oubliée
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Après la
mascarade électorale du début du mois, une triste réalité
a repris ses droits, celle d’une sécheresse catastrophique
dans notre pays.
A ce chapitre,
les gesticulations prétendument humanitaires et tardives d’une
ONG maison n’y changeront rien. Pas plus d’ailleurs que les
prières rituelles pour la pluie organisées ce matin au Stade «
Hassan Gouled ».
Car comme
chacun le sait, une terrible sécheresse causée par un déficit
pluviométrique sans précédent sévit depuis plusieurs mois à
travers tout le pays.
Du Nord au Sud
les populations rurales sont sinistrées et victimes dans
certaines régions d’une grave famine. Au total ce sont plus de
140 000 personnes vivant dans les districts de l’Intérieur,
qui ont ainsi perdu l’essentiel de leur moyen de subsistance.
Leur bétail étant décimé, elles survivent dans des conditions
dramatiques.
Selon nos
informations, le NORD Ouest du pays serait le plus touché.
Dans la zone s’étendant de Malaho à Dadatto, en passant par le
Moussa Ali, hommes et bêtes meurent chaque semaine.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) s’étonne de la
passivité gouvernementale, car aucun Appel à l’aide
internationale n’a été encore lancé et jusqu’à présent le
Plan ORSEC n’a même pas été déclenché.
M. NOËL ABDI
Jean-Paul
Pour ne pas attendre le boycott en 2011, un roitelet sourd
à tout dialogue (1ère partie)
par CASSIM
AHMED DINI, (15 février 2008)
Banalement
qualifiée d’impasse politique, la situation qui prévaut
actuellement à Djibouti est la résultante de la neutralisation
réciproque de deux forces d’inertie. D’un côté, le régime de
parti unique camouflé, se maintient par la fraude, le
tribalisme et le chantage au salaire, ayant juste besoin de
faire-valoir et, parce que détenteur du monopole de la
violence, réprime par la force (y compris celle d’un Droit à
son service) toute velléité démocratique. Avec ses
législatives de 2008, il a clairement démontré qu’il préférait
se discréditer par une seule liste en lice (comme un seul
candidat pour la dernière présidentielle) plutôt que de
garantir un scrutin libre et transparent.
De l’autre,
une opposition qui, par son boycott tacitement reconduit,
s’est de facto mise hors du champ de la compétition politique
et, parce qu’elle est incapable de faire advenir quelque
alternance politique que ce soit étant donné que son terrain
de lutte est celui d’une « légalité » sujette à caution, est
jugée inoffensive et peu prise au sérieux. Effectivement, en
l’absence d’un syndicalisme libre et d’une société civile
organisée, la contestation est réduite au strict minimum :
celui d’une façade démocratique dont se satisfont les
bailleurs de fonds pour décerner leur label de respectabilité,
indispensable à la coopération tous azimuts.
La question
qui se pose à l’UAD (1) est la suivante : que faire pour
éviter d’être condamnée au boycott lors de la prochaine
échéance électorale, à savoir la présidentielle de 2011 ?
Avant d’établir une stratégie de combat ou évaluer les chances
de dialogue, il faut définir l’ennemi (1ère partie) puis
saisir les fondements de sa domination (2ème partie).
Parler de
régime à propos du RPP et de ses satellites est une facilité
de langage qui ne doit pas masquer une donnée fondamentale :
l’ennemi à “abattre” est un seul homme autour duquel une cour
s’est structurée en cercles concentriques. Ismaël Omar Guelleh
est un spécialiste du clientélisme (symptôme du tribalisme qui
est une maladie infantile des États post-coloniaux) qui
redistribue à ses courtisans les bénéfices d’une entreprise
qu’il a perfectionnée après en avoir hérité de son oncle. Cet
usurpateur n’ayant aucune qualité intrinsèque à exhiber ni
aucune action remarquable à son actif, doit impérativement
contrôler toutes les ressources cœrcitives ainsi que les
opinions en se médiatisant en permanence.
« Le langage
politique, écrivait Orwell, est destiné à donner l’apparence
de la solidité à ce qui n’est que du vent » : c’est sa propre
médiocrité et l’inconsistance de sa mouvance qu’il compense
par une telle débauche de poudre aux yeux. RTD, BBC section
somali et Jeune Afrique : ces trois médias sont les trois
roues de sa propagande effrénée. Mais, comme le montrent les
quelques exemples qui suivent, un titre de docteur honoris
causa ne constitue absolument pas un remède miracle contre ses
lacunes scolaires ou ses penchants psychologiques (un ancien
ambassadeur en poste à Djibouti parlait à son propos d’un « QI
proche de zéro »). Ce qui implique une prédisposition à la
cruauté (bannissement de la famille d’Alhoumékani, pour ne pas
parler d’autres formes de torture) et à la bassesse (comme
affirmer que M. Jean-Paul Abdi Noel (2) est payé par
l’ambassade des États-Unis d’Amérique).
Puisqu’il
s’est épanché jusqu’à la nausée ces derniers temps,
contentons-nous de nous référer à ses propos pour en relever
les inexactitudes et les non-dits. Commençons, en guise de
hors-d’œuvre, par ses rapports à la France (qui, prétend-il,
le déteste), à travers le moins important pour les
Djiboutiens, l’affaire Borrel et plus précisément le renfort
dont il a bénéficié pour l’enterrer.
1) Deux
interviews, deux versions
Au fait,
Ismaël Omar Guelleh a-t-il, oui ou non, reconnu que le
président Chirac lui ait suggéré de saisir la Cour
internationale de justice contre la France pour demander la
transmission du dossier Borrel ? On connaît le penchant
prononcé d’Ismaël Omar pour les fadaises qu’autorise le
monologue despotique. On connaît aussi l’affection de Jeune
Afrique pour les publi-reportages et les interviews de
complaisance des roitelets subtropicaux. D’ailleurs, il
convient de ne pas oublier la peu glorieuse contribution de
cet hebdomadaire, par un reportage constituant une véritable
insulte, au conflit armé de 1991. Voici donc deux réponses
contradictoires de Guelleh, au même journal Jeune Afrique, à
deux moments différents, petite illustration de sa propension
au double langage.
Juin 2007
– Jeune
Afrique : « Des pièces saisies lors des perquisitions du mois
d’avril aux ministères de la Justice et des Affaires
étrangères indiqueraient que les autorités françaises vous
auraient suggéré de déposer un recours contre la France devant
la Cour internationale de justice, afin de contraindre la juge
Sophie Clément à transmettre le dossier d’instruction à la
justice djiboutienne… »
– Ismaël Omar
Guelleh : « Comme si nous étions des enfants ou des mineurs
qui avions besoin qu’un Blanc nous tienne par la main ! Trente
ou cinquante ans après les indépendances, on continue à
considérer les Africains comme de grands enfants. Il est
vraiment malheureux que les Européens n’arrivent pas à se
défaire de leur complexe de colonisateurs. »
Février 2008
– Jeune
Afrique : « Il se dit que c’est Jacques Chirac, alors chef de
l’État, qui vous aurait suggéré de porter plainte devant la
CIJ pour avoir accès au dossier de l’affaire Borrel. Est-ce
exact ? »
– Ismaël Omar
Guelleh : « C’est exact. Au cours d’un entretien que j’ai eu
avec Jacques Chirac en 2005, je lui ai posé cette question :
“Vous me dites que vous n’avez aucun pouvoir sur votre justice
et que vous ne pouvez rien faire pour moi. Or, moi, j’ai à me
plaindre de votre justice. Je me sens trahi, je me sens sali.
Que dois-je faire ? Je ne vais tout de même pas aller agresser
madame Borrel ?” Il m’a alors répondu : “Vous n’avez qu’à
aller attaquer l’État français devant la Cour de La Haye, elle
est faite pour ça. Moi, je suis impuissant.” C’est ce que nous
avons fait. ».
Le mensonge
est flagrant. Discuter avec un tel individu doit être pénible.
Cela rappelle l’angoissante question de Chamberlain au
lendemain de son voyage à Munich un certain été 39 : « How can
we make diplomacy with liers ? ». Cependant, on aurait tort de
croire que c’est uniquement par manque de gratitude qu’il
assassine ainsi un Chirac tout juste incapable d’arrêter la
machine judiciaire. Ismaël Omar veut tout autant et peut-être
même plus plaire à Sarkozy qui ne porte pas particulièrement
son prédécesseur dans son cœur : danse du ventre d’une scorie
néocoloniale ! La vérité de la dépendance l’emporte facilement
sur le lyrisme du décolonisé bien dans sa peau
En fait, nul
n’ignore ici tout ce qu’il doit aux Renseignements français
qui l’ont choisi et adoubé en 1999 : cf. les avions de chasse
français franchissant le “mur du çon” au-dessus de sa
résidence au soir de sa première investiture. Et si
l’opposition n’a jamais cherché à instrumentaliser cette
affaire Borrel, c’est surtout parce que la France a perdu le
respect des Djiboutiens, du fait de son soutien à Ismaël Omar,
en ce domaine essentiellement hexagonal comme en ce qui
concerne la mauvaise gouvernance dont ils souffrent depuis
trop longtemps.
2) Des larmes
de crocodile
Il est
impossible que le roitelet Ismaël Omar dialogue avec les
dirigeants de l’UAD puisque, pour lui, ils n’en sont tout
simplement pas dignes.
– Jeune
Afrique : « L’opposition djiboutienne, qui a boycotté
l’élection présidentielle de 2005, s’apprête à récidiver le 8
février à l’occasion des législatives. C’est embêtant pour
votre image de marque. »
– Ismaël Omar
Guelleh : « Oui, je le regrette. Mais à qui la faute ? Nous
avons tout fait pour qu’elle participe, offert toutes les
garanties. Français et Américains lui ont conseillé d’y aller,
quitte à examiner ensuite les éventuels contentieux. Rien n’y
a fait, En réalité, cette opposition n’a plus de leader depuis
la disparition d’Ahmed Dini et le ralliement de ses principaux
chefs à l’Union pour la majorité présidentielle. »
Contrairement
à lui, la pudeur s’impose à nous lorsqu’il s’agit de parler
d’un défunt. Rappelons la ligne directrice de cette première
partie : l’ennemi est ce roitelet avec lequel rien de sérieux
ne peut être entrepris, tant il est persuadé que mentir est la
forme suprême de la politique et qui traîne derrière lui tant
de casseroles (dont l’assassinat du juge Borrel) qu’il est
pratiquement condamné à mourir en situation d’immunité, donc
au pouvoir. Et ce qu’il dit à propos de l’opposition montre
que celle-ci n’a rien à espérer de lui :
a) Il n’a
répondu à aucune des correspondances que l’opposition lui a
adressées afin que soit garanti un minimum de transparence
électorale. Bien au contraire, l’intimidation des électeurs
(dont certains avaient poussé le 10 janvier 2003 la naïveté
jusqu’à croire possible une alternance par les urnes) est
venue renforcer la panoplie de la fraude.
b) Prétendre
qu’Américains et Français auraient « conseillé » à l’UAD de
participer est non seulement malhonnête (on a l’habitude) mais
surtout malhabile car cela reviendrait à cautionner une
ingérence dans les affaires intérieures de Djibouti !
c) Se
présentant lui-même comme un leader providentiel, il impose
cette illusion héroïque en enterrant l’opposition avec Ahmed
Dini ; et un mort ne revenant pas…
d) Certains
opposants ont effectivement viré leur cuti et rejoint lors des
législatives du 10 janvier 2003 la mouvance au pouvoir. Dire
d’eux qu’ils sont les « principaux chefs » de l’opposition est
pour le moins excessif. Question : lequel de ces reconvertis a
dit un jour, alors qu’il était ministre : « Afar et Issa ne
peuvent pas vivre en paix à Djibouti. Le pays devra appartenir
en exclusivité à un seul de ces deux groupes » ? Idéologie
raciste qui pourrait expliquer bien des errances et demande
que l’on s’intéresse à présent aux fondements de ce régime.
Après la psychopathologie d’un président omniscient et
omnipotent, pour se contenter d’une terminologie polie, il
faut comprendre comment « le fou s’est échappé de l’asile ».
[À suivre] – CAD
(1) Union
pour l'alternance démocratique, coalition de l'opposition
djiboutienne
(2) Président de la Ligue djiboutienne des droits humains
(LDDH)..
Source :
FIDH, lundi 18 février 2008
La Fédération internationale des
ligues des droits de l'Homme (fidh)
Paris, Djibouti, le 18 février
2008 - Les élections législatives qui se sont déroulées dans
un fort climat de tension le vendredi 8 février 2008 à
Djibouti, se sont soldées sans surprise par la victoire du
parti présidentiel, seul parti en lice.
La Fédération internationale
des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et son organisation
affiliée à Djibouti, la Ligue Djiboutienne des droits de
l’Humains (LDDH) déplorent les conditions dans lesquelles
s’est déroulé le processus électoral, contraires à la Charte
africaine sur les élections, la démocratie et la gouvernance
ainsi qu’aux dispositions de la Charte africaine des droits de
l’Homme et des peuples.
En l’absence de réformes du
code électoral après les élections législatives de 2003 qui
avaient vu l’attribution de la totalité des sièges du
Parlement au parti présidentiel alors que les partis
d’opposition avaient obtenus 38% des voix, ceux-ci ont décidé
de boycotter les élections législatives du 8 février 2008. Ils
ont considéré à la fois que le scrutin majoritaire de liste à
un tour assure de facto à la coalition présidentielle le gain
des 65 sièges au Parlement au mépris de la pluralité
politique, et que les conditions d’un scrutin libre,
démocratique et transparent n’étaient pas réunies.
De plus, Ahmed Youssouf Ahmed,
président de l’Alliance républicaine pour le développement
(ARD), Ismaël Guedi Hared, président de l’Union pour la
démocratie et la justice (UDJ) et Souleiman Farah Lodon,
vice-président du Mouvement pour le renouveau démocratique et
le développement (MRD), dirigeants des partis d’opposition,
ont fait l’objet de multiples pressions de la part des
autorités les jours précédents le scrutin. Ils ont notamment
été assignés à résidence le 1er février 2008 afin d’empêcher
le déroulement d’un rassemblement de l’opposition organisé
dans le cadre de la campagne électorale.
Le même jour, M. Jean-Paul
Noël Abdi, Président de la LDDH, a également été empêché de
sortir de son domicile par des membres des Forces Armées,
caractérisant l’assimilation par le pouvoir des défenseurs des
droits de l’Homme aux opposants politiques, en violations des
droits garantis par la Déclaration sur les défenseurs adoptées
en 1998 par l’Assemblée générale des Nations unies.1
Sans surprise, avec une seule
et unique liste en lice, les élections ont abouti à la
victoire totale de l’Union pour la Majorité Présidentielle (UMP),
remportant ainsi les 65 sièges du Parlement.
Aussi, la FIDH et la LDDH
demeurent particulièrement étonnés des conclusions des
observateurs de l’Union Africaine (UA) et de la Ligue des
États arabes (LEA) ayant déclaré lors d’une conférence de
presse que les élections s’étaient déroulées dans un climat
démocratique dont le scrutin avait été régulier, libre et
transparent. Nos organisations regrettent le silence de la
communauté internationale face aux conditions du processus
électoral dans ce pays.
La FIDH et la LDDH demandent
aux autorités djiboutiennes de réformer sans délai et en
concertation avec tous les acteurs politiques à Djibouti, le
code électoral afin de permettre l’organisation d’élections
véritablement libre et pluralistes dans le pays, conformément
aux dispositions des instruments régionaux et internationaux
de protection des droits de l’Homme ratifiés par Djibouti.
1Voir l’Appel urgent de
l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de
l’Homme du 1er février 2008, http://www.fidh.org/article.php3 ?id_article=5174
Note d'information de la LDDH : le 8 février 2008 :
scrutin inique, résultat cynique.
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Le Président |
NOTE D’INFORMATION
DU 13 FÉVRIER 2008
le 8 février 2008 :
Scrutin inique,
résultat cynique
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Il fallait s’y
attendre de la part d’un régime cynique, indifférent au
ridicule : les législatives 2008 ont connu « un taux de
participation record, le plus fort enregistré depuis 15 ans
». De qui se moque-t-on ? Un tel mépris de la volonté
populaire n’est-il pas annonciateur des lendemains qui
déchantent ?
Conforté par
la complaisance de la communauté internationale, le pouvoir
foncièrement dictatorial de Djibouti usé de 30 ans de
despotisme, continue d’afficher sa farouche opposition à toute
forme d’alternance démocratique. Pourtant les dégâts
politiques, économiques et sociaux de cette gestion sont là
tristement visibles.
La Ligue
djiboutienne des droits humains (LDDH) tient pour sa part à
rétablir la vérité, sur la base de ses propres observations
dans la capitale et des investigations de ses correspondants à
travers tout le pays.
Concernant les
législatives organisées le 8 février 2008 où une liste unique
briguait les suffrages des électeurs, les défenseurs des
droits de l’homme sont formels : ces élections législatives se
sont soldées par un taux d’abstention sans précédent depuis
l’indépendance.
La Ligue
djiboutienne des droits humains (LDDH) constate cette grave
désaffection pour les élections, qui s’explique surtout par la
misère sociale et l’immobilisme politique dont les Djiboutiens
(nes) rendent largement responsables les autorités actuelles,
encore au pouvoir.
Dans le cadre
de la prévention des conflits, la Ligue djiboutienne des
droits Humains (LDDH) invite l’équipe au pouvoir à faire son
examen de conscience et trouver rapidement des solutions
politiques pour tourner la page des mascarades électorales
sans fin et ce par le dialogue.
M. NOËL ABDI
Jean-Paul
Communiqué de l'UAD :
Boycott électoral
historique

Note d'information de l'ARD
Législatives 2008 : La déroute confirmée !
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Djibouti, le 12 février 2008
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Les
Législatives 2008 ont vu une liste unique solliciter les
suffrages des électeurs. Le peuple Djiboutien a
ostensiblement et massivement boudé les urnes sur
l’ensemble du territoire national. C’est pourquoi l’A.R.D.
tient à féliciter et remercier le peuple djiboutien pour
la maturité dont il a fait preuve durant cette épreuve
antidémocratique.
Après avoir
faute de partenaire responsable, dénoncé l’Accord de paix de
2001 qui portait notamment sur :
n La décentralisation
(violée et dénaturée)
n Le droit aux pièces
d’identité nationale toujours dénié à une large frange de la
population
n Le refus obstiné du
pouvoir de réhabiliter les zones dévastées par le conflit armé
(1991/2000) et d’indemniser les victimes civiles.
L’A.R.D.,
continuité historique du FRUD-ARME, prend acte de cette
glissade de trop vers l’abîme.
L’A.R.D.
conformément aux résolutions prises lors de son congrès de
décembre 2006, rappelle qu’un grave contentieux politique
l’oppose à ce pouvoir sans foi ni loi qui signe des accords de
paix qu’il piétine de tout son poids « alors que l’encre est à
peine sèche ».
Raison pour
laquelle elle ne participera plus à des consultations
électorales non transparentes organisées par un régime qui
détourne allègrement les deniers publics et le verdict des
urnes.
Mohamed Ali Abdou
Secrétaire à la Communication
et Porte Parole de l’ARD
M. Chirac serait intervenu pour aider Djibouti dans
l'affaire Borrel
Source : LE MONDE 12.06.07 Mis à jour le
12.02.08
Jacques
Chirac a-t-il suggéré, en 2005, au président djiboutien Ismaël
Omar Guelleh de saisir la Cour internationale de justice (CIJ),
dans le cadre de l'affaire Borrel, ce magistrat français mort
en 1995 à Djibouti ? Plusieurs notes saisies lors des
perquisitions en avril aux ministères des affaires étrangères
et de la justice, dans le cadre de l'affaire Borrel montrent
que le sujet a été abordé entre les deux chefs d'État.
L'idée était de permettre à Djibouti d'avoir
accès au dossier judiciaire français, qui met en cause dans
cette affaire l'entourage du chef de l'Etat djiboutien. Dans
une note destinée à préparer cette rencontre entre M. Chirac
et M. Guelleh, le 17 mai 2005, le Quai d'Orsay propose ces
éléments de langage : "Je vous suggère que nous unissions
nos efforts pour une gestion conjointe de cette affaire."
Le 25 juin, l'ambassadeur de France à Djibouti résume dans un
télégramme diplomatique sa rencontre avec le ministre des
affaires étrangères : "Il a ajouté que les autorités
djiboutiennes réfléchissaient à notre idée de recours à la CIJ
et aussi à la possibilité d'explorer d'autres voies. Nous
serions sans doute bientôt approchés à propos de cette idée de
recours à la CIJ ayant noté que la France n'y verrait pas
d'obstacle ."
"ASSURANCES FORMELLES"
Le 28 juillet, Dominique de Villepin reçoit son homologue
djiboutien, Mohamed Dileita. Dans les notes préparatoires,
saisies lors des perquisitions, le Quai d'Orsay suggère :
"Nos présidents ont évoqué la possibilité d'une action devant
la CIJ, nous n'y sommes pas opposés."
Les notes précisent : "Il s'agit d'une procédure lourde,
complexe juridiquement et publique." Le 29 juillet, une
note de la direction d'Afrique et de l'océan Indien revient
sur la rencontre en précisant : "Cela s'est très bien
passé, mais M. de Villepin, interrogé sur la procédure CIJ,
n'a rien dit…"
La même note évoque cette procédure : "En sortant de son
entretien avec le PR \[président de la République\], IOG avait
quasiment compris que cette histoire de CIJ était une simple
formalité et qu'après un échange de courrier ils auraient le
dossier dans les quinze jours…" Le 28 juillet, une réunion
juridique a lieu au ministère des affaires étrangères avec
l'ambassadeur de Djibouti à Paris : "L'ambassadeur (…) a
indiqué qu'en effet son pays avait reçu des assurances
formelles du ministère de la justice pour l'obtention du
dossier intégral de la procédure et qu'il ne pouvait être
question de laisser ce refus d'entraide sans réaction de la
part de son gouvernement." Le Quai d'Orsay fait part des
inconvénients de cette saisine.
Un ex-conseiller de l'Elysée dément que l'idée de la saisine de
la CIJ vienne de la France et assure qu'il s'agit d'une idée
de Djibouti. "L'idée de la saisine a été arrêtée par les
juristes djiboutiens", explique l'avocat de Djibouti,
Francis Szpiner. Le 9 janvier 2006, Djibouti saisit la Cour
internationale de justice pour violation des dispositions de
la convention bilatérale d'entraide judiciaire entre la France
et Djibouti. L'accord de la France était nécessaire pour la
suite de la procédure.
Sur une note du 31 janvier 2006 des services juridiques, Pierre
Vimont, le directeur du cabinet du ministre des affaires
étrangères, écrit, à la main : "Nous devons aller de
l'avant en partant du principe que nous acceptons la
compétence de la Cour." La France a accepté en août 2006.
Par ailleurs, le procureur général de Paris et ancien directeur
de cabinet du garde des sceaux, Laurent Le Mesle – dont
plusieurs notes montrent qu'il a demandé la transmission du
dossier judiciaire à Djibouti –, a démenti "de la façon la
plus solennelle", dans un communiqué, avoir "exercé de
pression sur la justice".
Alain Salles
Djibouti/Affaire Borrel: le recours à la CIJ "a été
suggéré" par la France
Source : AFP - Mardi 12 février, 15h56
DJIBOUTI (AFP)
- Le procureur général de la République de Djibouti, Djama
Souleiman Ali, a affirmé mardi que le recours à la Cour
internationale de Justice (CIJ) par Djibouti, dans l'affaire
de la mort du juge français Bernard Borrel, avait été suggéré
par le gouvernement français.
"C'est le
gouvernement français, dont certains responsables proches du
président de l'époque, Jacques Chirac, qui nous ont suggéré de
faire un recours devant la CIJ pour obtenir le dossier
Borrel", a déclaré M. Ali dans un entretien accordé à l'AFP.
"Il s'agissait
de trouver une sortie à l'impasse politique dans laquelle nous
nous trouvions, le gouvernement français ne souhaitant pas
prendre la responsabilité de nous transmettre le dossier",
ajoutant que si la décision venait de la CIJ, "c'était plus
facile à faire accepter".
"C'est
pourquoi la France a accepté de se soumettre à cette
juridiction. Aujourd'hui on ne comprend pas l'attitude du
gouvernement dans cette procédure alors que tout ce que nous
demandons, c'est la transmission des contre-expertises
médico-légales", a-t-il expliqué.
La CIJ est la
plus haute instance judiciaire des Nations unies et siège à La
Haye. Elle tranche les différends entre États.
Le corps
calciné du juge d'instruction français avait été retrouvé en
1995 dans un ravin à Djibouti, où il travaillait dans le cadre
de la coopération judiciaire bilatérale.
L'enquête
djiboutienne a conclu au suicide, mais la France privilégie la
thèse de l'assassinat, plongeant les deux pays dans un
imbroglio politique, diplomatique et judiciaire.
Djibouti a
accusé Paris de refuser de lui communiquer des éléments de son
enquête et porté l'affaire devant la CIJ en janvier 2006, se
basant sur deux traités de coopération et d'entraide
judiciaire, signés en 1977 et 1986.
"Selon les
traités, il appartient au président de trancher, mais c'est
sûr que ce n'est pas facile vu la force des syndicats de la
magistrature français et l'influence de Mme Borrel sur eux", a
estimé M. Ali.
"La CIJ va
prendre sa décision, mais ça va mettre du temps, probablement
pas avant l'été. Si on gagne tant mieux, mais si on perd ce
sera au président Nicolas Sarkozy de gérer ça politiquement",
a-t-il averti.
AFFAIRE BORREL
Djibouti : Chirac a conseillé à Guelleh de saisir la CIJ
Source : NOUVELOBS.COM | 07.02.2008 |
Le président djiboutien affirme que son homologue
français l'aurait incité à porter plainte contre l'État
français à La Haye, pour avoir accès au dossier de
l'instruction sur la mort du juge.
Le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh
assure, dans une interview au magazine
Jeune Afrique
sorti le 3 février, avoir saisi la Cour internationale de
justice (CIJ) de La Haye, dans le cadre de l'affaire Borrel,
sur les conseils de Jacques Chirac.
Il rapporte qu'en 2005, il a posé la question au président de
la République: "J'ai à me plaindre de votre justice. Je me
sens trahi, je me sens sali. Que dois-je faire?". Jacques
Chirac lui aurait répondu: Vous n'avez qu'à aller attaquer l'Etat
français devant la Cour de La Haye, elle est faite pour ça.
Moi je suis impuissant".
Immunité
Ismaïl Omar Guelleh explique avoir porté plainte devant la CIJ
"pour qu'on rende justice" à Djibouti, c'est-à-dire qu'on
transmette à ses autorités le dossier de l'instruction sur la
mort du juge français, en 1995. Il attend aussi de la Cour
"qu'elle annule les mandats d'arrêt internationaux contre le
procureur de la République et le directeur de la Sécurité
nationale de Djibouti".
Le président djiboutien demande enfin que soit tranchée la
question de son immunité. Il juge sa convocation devant la
justice française, à deux reprises, "inadmissible".
"Grotesque"
Par ailleurs, Ismaïl Omar Guelleh rejette la thèse selon
laquelle Bernard Borrel, au moment de sa mort, enquêtait sur
divers trafics auxquels lui-même aurait été mêlé, à la demande
du ministre de la Justice djiboutien. "C'est grotesque",
répond-il. "L'ex-ministre Bahdon Farah a démenti cette fable.
Ses rapports avec Borrel étaient notoirement exécrables". Le
président précise que le juge, conseiller dépendant du chef de
mission de la Coopération française, n'avait aucun droit de
"procéder à quelque enquête que ce soit sur le territoire
djiboutien".
Réseau pédophile
Le président Guelleh expose sa propre théorie pour expliquer
la mort du juge Borrel. Il évoque un réseau pédophile
français, qui sévissait à Djibouti dans les années 1990. "Un
juge d'instruction djiboutien a adressé, en mai dernier, des
convocations pour viols sur mineurs à une dizaine d'anciens
coopérants français, dont deux ex-conseillers de la
Présidence, et à deux prêtres missionnaires rentrés en
France." Ismaïl Omar Guelleh juge cette piste "sérieuse et
crédible".
Législatives
à
Djibouti
: boycott de l'opposition
Les Échos N° 20106 du
vendredi
8 février 2008
L'opposition djiboutienne a décidé de boycotter les
législatives prévues aujourd'hui, dénonçant un mode de scrutin
qui assure de facto à la coalition présidentielle le gain des
65 sièges de députés à l'Assemblée nationale. L'opposition
avait participé aux législatives de 2003 et obtenu un score de
45 % dans la capitale et de 38 % à l'échelle nationale. Mais
le mode de scrutin - majoritaire de liste à un tour - ne lui
avait pas permis d'obtenir d'élus. « En pratique, le parti
unique continue. Nous rejetons ce mode de scrutin et demandons
une proportionnelle, mais le gouvernement se sent en danger à
cause de la grogne sociale et donc refuse », affirme Ismaël
Guedi Hared, un des dirigeants de la coalition de
l'opposition.
Relais inadmissibles par la BBC Somali Section
|
Le Président |
NOTE D’INFORMATION
DU 7 FÉVRIER 2008
Relais inadmissibles
par la BBC Somali Section.
|
Faut-il
considérer que la BBC de Londres en langue Somalie continue
d’être les échos menaçants d’une dictature foncièrement
sournoise et à quel prix fixe ?
Choquant pour
une Radio Internationale non vénale ! Mais comment faut-il
comprendre, qu’en ce jeudi 7 février 2008, jour de silence des
propagandes électorales, que l’antenne de la radio
internationale de la BBC se permette de transmettre les
instructions d’une équipe gouvernementale seule en lice dans
une compétition électorale inique ?
C’est suite :
1. au non
respect du dernier jour du délai de propagande fixé par la Loi
organique de 1992 relative aux élections périodiques ;
2. au non
respect de la déontologie internationale des journalistes ;
3. aux
interférences - à sens unique - intolérables de la BBC de
Londres Somali Section, qui continue de se faire l’unique écho
d’une propagande unilatérale d’une autorité djiboutienne ;
4. c’est dans
ce cadre, que les défenseurs des droits de l’homme en
république de Djibouti, à titre individuel, dénoncent cette
violation intolérable de la BBC outrepassant les délais de
propagande de la campagne des élections législatives
mascarades programmées pour demain 8 février 2008, et ce, en
infraction flagrante aux dispositions des lois en vigueur en
république de Djibouti.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) attire tous les
défenseurs des droits de l’homme d’intervenir auprès de la BBC
pour que de tels comportements ne soient plus admissibles,
surtout dans les pays où la mauvaise gouvernance et les
fraudes électorales règnent encore comme notre pays.
M. NOËL ABDI
Jean-Paul
L'opposition dénonce la "répression politique" à Djibouti
Source :
Panapress et Afrique en ligne
Paris - 05/02/2008
Paris, France
- L'Union pour l'alternance démocratique (UAD), principal
regroupement de l'opposition, a accusé mardi le régime du
président djiboutien Ismaël Omar Guelleh de pratiquer une
répression politique "brutale", à la veille des élections
législatives prévues le 8 février dans le pays.
Dans un
communiqué publié à Paris, l'UAD, qui regroupe l'Union pour la
démocratie et la justice (UDJ), le Mouvement du renouveau
démocratique (MRD) et l'Alliance républicaine pour la
démocratie (ARD), affirme que plusieurs de ses dirigeants ont
été emprisonnés ou assignés à résidence pour avoir tenté de
tenir un meeting d'information vendredi dernier.
"Le président
de l'ARD, Ahmed Youssouf Houmed, le président de l'UDJ Ismaël
Guedi Hared et le vice-président du MRD Souleiman Farah Lodon
ont été assignés à résidence. Le président de la Ligue
djiboutienne des droits de l'Homme (LDDH), Jean-Paul Abdi Noël
a également été assigné à résidence", précise le communiqué.
Selon l'UAD,
les domiciles de plusieurs opposants ont été encerclés par les
forces de l'ordre qui ont par ailleurs bouclé le quartier de
Djibouti abritant les sièges de trois principaux partis
politiques opposés à l'action du président Omar Guelleh.
"Nous
assistons clairement à une nouvelle atteinte grave aux
libertés d'expression pacifique arrachées de haute lutte par
la résistance armée dont l'UAD est la continuité historique",
poursuit le communiqué.
L'UAD a,
rappelle-t-on, annoncé la semaine dernière sa décision de ne
pas participer aux élections législatives de vendredi
prochain, estimant que les conditions de sa transparence
n'étaient pas réunies.
Panapress
Djibouti : Assignation à résidence de Jean Noël Abdi
DECLARATION de l’Union Interafricaine des Droits de l'Homme
Six policiers des forces anti-émeute ont
encerclé le domicile de M. Noël ABDI afin de l’empêcher de
sortir.
L’Union Interafricaine des Droits de l’Homme
(UIDH) suit avec beaucoup d’inquiétudes les évènements en
cours à Djibouti.
En effet depuis un certain moment, un
mouvement d’exaspération générale se fait ressentir au sein de
la population, situation exacerbée par la tenue prochaine des
élections législatives dans le pays à la date du 08 février
2008. La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) a relevé
de nombreux abus perpétrés par le pouvoir sur la population
civile (rafles, arrestations et emprisonnement, interdiction
de manifester, etc.).
Ainsi, dans la matinée du 1er février 2008,
M. Jean Noël Abdi, Président de la LDDH a été empêché de
quitter son domicile. Deux individus en civil se présentant
comme issus des rangs des forces armées ont été chargés
d’exécuter cette assignation à domicile qui selon eux
concernait tous les dirigeants de l’opposition et de leurs
proches. L’après midi, les deux membres des forces de l’ordre
ont été rejoints par six policiers des forces anti-émeute qui
ont encerclé le domicile de M. Noël Abdi afin de l’empêcher de
sortir.
M. Jean Noël Abdi a régulièrement dénoncé les
graves violations des droits humains commises par les
autorités djiboutiennes, ce qui d’ailleurs, lui a prévalu de
nombreuses tracasseries policières : arrestation et
inculpation à six (6) mois de prison ferme assortis de 100.000
FDJ d’amende en mars 2007 ; arrestation le 2 décembre 2007 et
transfert au centre de rétention de Nagad, etc.
Cet amalgame sciemment créé par le pouvoir
entre défenseurs des droits humains et opposants politiques
est un moyen insidieux pour museler à jamais les défenseurs
des droits humains. Cette décision constitue une entrave à la
liberté d’opinion et d’expression, à la liberté de réunion et
d’association pacifique.
L’UIDH demande aux autorités djiboutiennes :
la
Garantie en toutes circonstances de l’intégrité physique et
psychologique de M. Jean-Paul Noël Abdi ;
l’arrêt
de toute forme de harcèlement, y compris judiciaire à son
encontre ;
l’arrêt
de toutes les tracasseries à l’encontre des défenseurs des
droits de l’homme à Djibouti afin qu’ils puissent exercer leur
profession et mener leur activité de défense des droits de
l’homme librement et sans entrave ;
de
se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle
des droits de l’homme et des instruments régionaux et
internationaux que le pays a ratifiés.
Ouagadougou le 04 février 2008
Le Président
Me Brahima KONE
Trois extraits de la Lettre de l'océan indien
Retour vers le parti
unique ?
LA LETTRE DE L'OCEAN INDIEN :
ALERTE - 04/02/2008
Pour la première fois depuis 1987 et l'époque du parti unique,
la liste gouvernementale est la seule à briguer les élections
législatives djiboutiennes du 8 février (Lire la suite de
l'article sur le site de LOI)
***
Aide US pour
un scrutin à liste unique
LA LETTRE DE L'OCEAN
INDIEN : N°
1231 - 01/02/2008
La presse gouvernementale
djiboutienne a fièrement annoncé la réception, le 30 janvier,
par le ministère de l'intérieur et de la décentralisation,
d'un don en matériel de bureau et en informatique provenant de
l'United States Agency for International Development (USAID).
(…)
Seul bémol : ces élections
n'auront rien de pluralistes puisqu'une seule liste sera en
compétition, celle de la coalition gouvernementale, UMP.
Floués lors des précédentes législatives où ils avaient
totalisé 38% des voix sur l'ensemble du pays sans obtenir un
seul député, les partis d'opposition ne participeront pas au
prochain scrutin. Malgré cela, l'USAID n'a rien à refuser à
Djibouti, un État qui abrite déjà une base militaire US et qui
est un des rares pays sur le continent africain bien disposé
envers l'idée d'abriter l'état-major de l'Africa Command (Africom)
américain. (…)
***
Une liste
unique aux législatives
LA LETTRE DE L'OCEAN
INDIEN : N°
1230 - 19/01/2008
Nombre de potentats africains
vont jalouser le président, Ismaïl Omar Guelleh, qui vient de
réinventer la liste unique pour les législatives du 8 février.
En effet, échaudés par le scrutin législatif de 2003 où leur
alliance électorale avait remporté 45% des suffrages à
Djibouti-ville et 38% sur l'ensemble du pays sans pouvoir
décrocher un seul député au Parlement, les partis d'opposition
ne participeront pas à ce scrutin. (…)
Ce scrutin fort peu attrayant
pourrait donc être marqué par une forte abstention, seule
posture qui reste aux contestataires, comme cela avait déjà
été le cas pour les élections communales de 2006. [ndlr :
de même l'opposition avait boycotté l'élection présidentielle
d'avril 2005, boycott suivi à plus de 70% selon la Ligue
djiboutienne des droits humains]. A l'instar de
l'Assemblée nationale sortante [ndlr : comme de toutes les
législatures depuis l'indépendance] le futur Parlement
sera tout acquis au chef de l'État, qui pourra aisément
envisager un vote des députés pour modifier la Constitution
s'il souhaite se présenter à un nouveau mandat présidentiel en
2011.
AFFAIRE BORREL | mardi, 5
février 2008 | par Guillaume Dasquié Extrait du
Journal en ligne
RU89
À RFI, le journaliste David Servenay
suivait de près l’enquête sur l’assassinat à Djibouti du
juge Bernard Borrel. Des documents révélés par
« Bakchich » démontrent que Chirac, alors à l’Elysée,
discutait avec son homologue djiboutien des reportages
diffusés par la radio tricolore. Très vite, la direction
de la chaîne demande au journaliste d’abandonner les
sujets d’investigation…
Lors d’une rencontre entre Jacques Chirac,
alors à l’Elysée, et le président de Djibouti Ismaël Omar
Guelleh, le 17 mai 2005, les deux hommes consacrent
l’essentiel de leur entretien à trouver une issue à
l’affaire Borrel, du nom du magistrat français assassiné à
Djibouti. À cette période, la juge Sophie Clément, en charge
de l’instruction, dirige déjà ses investigations contre
plusieurs responsables de l’appareil d’État djiboutien,
suspectés de relations avec les exécutants de ce crime. Le
président de tous les Français recherche une solution pour
sortir de cette mauvaise passe son allié stratégique dans la
Corne de l’Afrique.
Une note de synthèse consacrée à cette
discussion donne la mesure du sacrifice consenti pour
l’occasion. Sur le front juridique, Chirac encourage ni plus
ni moins son ami Guelleh à porter plainte contre la France
devant la Cour internationale de justice, pour faire plier
la petite juge. Sur le front médiatique, il se lamente
contre le manque d’esprit d’équipe de RFI, la radio
française très écoutée en Afrique, à l’égard du régime
corrompu et délétère du président djiboutien. À cette date,
l’émetteur de RFI sur Djibouti demeure coupé depuis près de
quatre mois, soit le 12 janvier précédent, c’est-à-dire au
lendemain d’un reportage de son journaliste David Servenay
sur l’implication dans le dossier Borrel du propre procureur
de Djibouti, pour un délit de subornation de témoin. Il
n’est pas fréquent qu’un journaliste agace le président de
la République au point que ce dernier s’en plaigne à ses
homologues. David Servenay appartient à ce club des
reporters mal vus du pouvoir.
La synthèse de la rencontre
Chirac-Guelleh du 17 mai 2005 démontre la prise en compte de
ces préoccupations radiophoniques au sommet de l’État.
Chirac n’hésite pas : « Le traitement de
l’affaire Borrel par RFI est très discutable : certains
journalistes ont pris fait et cause pour Mme Borrel, dont
ils ont épousé les vues ». Pourtant le script du
reportage incriminé par Chirac - diffusé le 11 janvier 2005
- mentionne à deux reprises que la rédaction a sollicité un
commentaire du procureur de Djibouti, qui l’a refusé.
En outre, hasard du calendrier : le 19 mai
2005, deux jours après cette rencontre à Paris entre les
deux chefs d’État, un communiqué interne à la rédaction de
RFI dénonce un cas de censure à l’encontre d’un reportage
online de David Servenay sur l’affaire
Borrel, suspendu de diffusion sur le
site de RFI
à la demande de la direction. Après des modifications, et
avec quelques jours de retard, il sera finalement publié sur
le Net.
Un journaliste spécialisé sur la
Françafrique
Embauché durant l’été 1996 à
Radio France International, David Servenay se spécialise
depuis 2002 sur les affaires sensibles de la Françafrique,
parfois à la manière d’un « électron libre »,
selon la formule d’un ancien voisin de bureau. Après ces
tensions de l’année 2005 avec sa hiérarchie, il prend des
vacances puis un congé sans solde – le temps d’écrire un
livre sur la tragédie du Rwanda, Une guerre
noire (avec Gabriel Périès, éditions La Découverte). Il
réintègre les équipes de RFI au second semestre 2006, avec
l’espoir de poursuivre ses recherches sur les zones d’ombres
de la politique française sur le continent noir. Peine
perdue. Le 31 mai 2007, il quitte ses fonctions à la suite
d’un licenciement assorti d’une transaction et d’une clause
de confidentialité. Cette dernière interdit aux
protagonistes d’évoquer les conditions précises de ce
départ ; un comble pour des professionnels de l’info.
Moins d’un mois après ses adieux à la Maison
de la Radio, le 20 juin dernier, alors qu’il rejoint la
prometteuse équipée de Rue89, une dépêche de l’AFP révèle
l’existence d’un télégramme diplomatique français suggérant
« que Djibouti a demandé en 2005 la mise à
l’écart » du journaliste. Aussitôt, une crainte en forme
d’interrogation parcourt une partie de la radio : David
Servenay a-t-il été victime d’un licenciement politique ? La
directrice de la rédaction, Dominique Burg, tout comme la
présidence de RFI, récuse un tel scénario.
« On avait expliqué à David qu’il n’y avait pas de place sur
RFI pour un journaliste qui ne ferait que de
l’investigation. Mais lui ne voulait faire que cela (…). Je
n’ai personnellement jamais subi la moindre pression, jamais
reçu de coup de fil des Djiboutiens ou du Quai d’Orsay. Je
suis affirmative », déclarait-elle ainsi avant l’été.
Contactée ce lundi 4 février, elle maintient ses propos :
« Pour nous, il s’agit d’un départ
volontaire » sans aucun lien avec d’éventuelles demandes
du ministère des Affaires Étrangères.
Soit. Cependant, selon des confrères de
David Servenay à RFI, son licenciement prend son origine
dans une réunion tenue le 15 janvier 2007, au cours de
laquelle les directrices de la station lui demandent de ne
plus traiter les dossiers de la Françafrique, et de
travailler exclusivement sur des sujets de politique
intérieure française, en sa qualité de journaliste rattaché
au pôle France de la rédaction. Dominique Burg participait à
cette discussion, ainsi que Geneviève Goetzinger, directrice
de l’information de RFI. Ce que cette dernière confirme. Au
lendemain de cette décision, comprenant qu’il ne pourrait
plus enquêter sur ses sujets de prédilection, le journaliste
engage des négociations avec la direction des ressources
humaines de la radio ; selon une chronologie que garde en
mémoire Anne Corpet, alors présidente de la Société des
journalistes de RFI.
Les ministres aussi se
plaignent de RFI
Bakchich
a pu prendre connaissance de l’intégralité des courriers
diplomatiques et des notes politiques consacrées aux
reportages de RFI sur l’affaire Borrel, rédigées entre avril
2004 et mai 2005 par l’Élysée, le Quai d’Orsay ou les
autorités Djiboutiennes. Période clé pour comprendre la
crise entre le journaliste et la direction de sa station.
Dès le 10 août 2004 par exemple, les responsables
ministériels se préoccupent des enquêtes de Servenay. Ce
jour-là, le ministre de la Justice de Djibouti, Abdallah
Abdillahi Miguil, écrit son courroux à son homologue
parisien Dominique Perben : « La chaîne de
radio RFI répétait à satiété des déclarations fallacieuses
sur les conditions mystérieuses de la mort de M. Bernard
Borrel. RFI, chaîne publique française, faisait fi de la
déontologie journalistique, se substituant à l’autorité
judiciaire française… ». Et le 24 janvier 2005,
l’ambassadeur de France à Djibouti Philippe Selz, dans un
télégramme diplomatique, cite les propos du ministre
djiboutien des Affaires Etrangères rencontré sur place.
Lequel, pragmatique, se demande : « Pourquoi
RFI laisse-t-elle systématiquement l’un de ses journalistes
attaquer Djibouti et son président à l’antenne ? (…) On
sait, vous savez, que ce journaliste, toujours le même,
prend systématiquement fait et cause pour la veuve Borrel.
Ne pouvez-vous demander à RFI, et obtenir, qu’il ne s’occupe
plus de Djibouti ? ». Putain de question.
Assignation à résidence du président de la Ligue djiboutienne
des droits humains
Source :
Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de
l’Homme-
1er février 2008
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de
l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale
des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation
mondiale contre la torture (OMCT), vous prie d’intervenir
d’urgence à propos de la situation suivante à Djibouti.
L’Observatoire
a été informé de sources fiables de l’assignation à résidence
de M. Jean-Paul Noël Abdi, président de la Ligue djiboutienne
des droits humains (LDDH).
Selon les
informations reçues, le 1er février 2008 à 11 heures, deux
personnes se réclamant des Forces armées en civil ont empêché
M. Noël Abdi de quitter son domicile, sans aucun mandat, et
sous prétexte qu’il s’agissait d’une mesure générale prise à
l’encontre de dirigeants de l’opposition et de leurs proches.
Cette mesure viserait en réalité à nuire au bon déroulement du
rassemblement de l’opposition prévu le jour même dans le cadre
de la campagne pour les élections législatives du 8 février
2008. Bien que M. Noël Abdi leur ait répondu qu’il n’était pas
concerné étant donné qu’il n’était membre d’aucun parti de
|