Dernières nouvelles - Edition en Ligne de Janvier 2006

 Directeur de Publication : ALI MAHAMADE HOUMED Codirecteur : MAHDI IBRAHIM A. GOD Email : realite_djibouti@yahoo.fr


S  o  m  m  a  i  r  e

31/01/06 Syndicat de la magistrature : appel à signature pour la vérité dans l'affaire Borrel (source Ardhd)

31/01/06 Un Comité de soutien à Élisabeth Borrel : Réunion constitutive, jeudi 9 février

30/01/06 Somalie : l'ONU salue la première convocation du parlement le 26 février prochain

30/01/06 Le témoignage d'Elisabeth Borrel (Ouest-France)

29/01/06 Révision constitutionnelle pour désamorcer une crise à l’Assemblée nationale

29/01/06 Abdourahman Waberi fascine et désarçonne les journalistes littéraires

28/01/06 Tadjourah : les USA complices de la comédie de la décentralisation ?

27/01/06 Le combat d'Élisabeth Borrel continue (Ouest-France)

26/01/06 LDDH : Note d'information du 26 janvier 2006

26/01/06 Affamés, des milliers de Somaliens migrent vers Mogadiscio pour mendier

25/01/06 Communiqué de la LDDH sur le piratage des correspondances postales à Djibouti

25/01/06 L'Erythrée se justifie de n'avoir pas rencontré la délégation américaine

24/01/06 Le Comité pour la protection des journalistes scandalisé par l'Ethiopie

24/01/06 Communiqué de l'Union Djiboutienne du Travail (UDT)

23/01/06 Traversée mortelle dans le golfe d'Aden

23/01/06 Le Comité des femmes djiboutiennes contre l'impunité communique à Bamako

23/01/06 Elisabeth Borrel invitée de la médiathèque de Lisieux

21/01/06 Ethiopie: au moins deux morts et 36 blessés dans des violences à Addis Abeba

20/01/06 Ethiopie : Explosions à Addis

20/01/06 Conflit Ethiopie-Erythrée : les bons offices de Washington

20/01/06 Communiqué de Djibwatch sur la saisie du Renouveau

20/01/06 Jugement de clôture de la compagnie Air Djibouti

19/01/06 LDDH : Communiqué sur les rafles des vendeurs de journaux

19/01/06 LDDH : Information sur le forum social mondial de Bamako

19/01/06 LDDH : Information sur l'Union africaine et l'affaire Habré

19/01/06 Ethiopie-Erythrée: arrivée à Addis Abeba de l'émissaire américaine

18/01/06 L’Erythrée a interdit au médiateur américain de se déplacer à la frontière contestée

18/01/06 Entretien entre l'Erythrée et les Etats-Unis à propos du conflit frontalier

17/01/06 LDDH : des ONG demandent justice dans le cas Habré au sommet africain

17/01/06 Message de solidarité de la LDDH avec les prisonniers somaliens

17/01/06 Crise humanitaire grandissante en Ethiopie, alerte l'ONU

16/01/06 Communiqué de Presse : l’ARD va porter plainte contre le gouvernement deDjibouti

16/01/06 Liste des victimes civiles connues à ce jour par l'ARD

15/01/06 Lire ardhd.org à Djibouti malgré la censure gouvernementale

14/01/06 Convention entre les gouvernements djiboutien et français parue au J.O. du 12 janvier 2006

14/01/06 Note d'information de la LDDH sur le Code du travail djiboutien

14/01/06 Vingt tués, des milliers de déplacés dans un nouveau combat en Somalie

13/01/06 Selon l'ONU, la tension diminue le long de la frontière Ethiopie-Erythrée

13/01/06 L'Afrique orientale frappée par la sécheresse et la faim (Associated Press)

13/01/06 La sécheresse dans la Corne de l'Afrique est due à la diminution des surfaces boisées, selon le PNUE

12/01/06 Les soldats américains s'efforcent d'améliorer le sort de la population à Djibouti

12/01/06 L'écrivain Abourahman Waberi invité chez France Culture

12/01/06 Communiqué de l'Association de la Communauté Afar en Angleterre

11/01/06 Point de Presse du Quai d'Orsay sur l'Affaire Borrel

11/01/06 Affaire Borrel : Djibouti saisit la Cour internationale de justice

10/01/06 Meeting à l'appel de l'UAD à Djibouti pour l'Aid-el-Adha

10/01/06 : troisième anniversaire de la fraude électorale du 10/01/03. En document d'archive : relire la tournée de l'UAD dans Djibouti au lendemain de ces élections législatives.

08/01/06 Note d'information de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH)

08/01/06 Communiqué de l'Union pour l'alternance démocratique (UAD)

19/12/05 Compte-rendu de la manifestation du 18 décembre 2005 à Paris (ARD France)


Syndicat de la magistrature : appel à signature pour la vérité dans l'affaire Borrel

Bernard Borrel, magistrat français, a été assassiné le 19 octobre 1995 à Djibouti; tout a été tenté pour maquiller ce crime en suicide; depuis 10 ans, pressions et manipulations se sont multipliées pour faire obstacle à la vérité; seuls le courage et la détermination d´Elisabeth Borrel ainsi que les soutiens reçus ont évité que ce dossier ne soit définitivement enterré.

L´appel est soumis à la signature de tous. L´appel et les signatures seront remis au Premier ministre. Pour signer, il suffit d´adresser un mail à l´adresse du SM ou d´adresser l´appel signé par courrier postal.

Syndicat de la magistrature - 12-14, rue Charles Fourier - 75013 Paris
Tel. 01 48 05 47 88 - Fax. 01 47 00 16 05 - syndicat.magistrature@wanadoo.fr

signez l´appel

L´appel est soumis à la signature de tous. L´appel et les signatures seront remis au Premier ministre.
Pour signer, il suffit d´adresser un mail à l´adresse du SM ou d´adresser l´appel signé par courrier postal.

Les premiers signataires

PS
Arnaud Montebourg, député.
Yvette Roudy, ancienne ministre, ancienne sénatrice, ancienne maire de Lisieux.
Françoise Seligmann, résistante, journaliste et ancienne sénatrice.
Béatrice Patrie, députée européenne.
Valérie Picquet, attachée parlementaire.
François Colcombet, ancien député, maire.
Louis Besson, ancien ministre, maire de Chambéry.
Bernadette Laclais, vice-présidente de la région Rhône-Alpes, première adjointe au maire de Chambéry.
Catherine Trautmann, ancienne ministre, députée européenne.

PCF
Nicole Borvo, sénatrice.
Henri Malberg, commission justice PCF.
Catherine Vieu-Charier, commission justice PCF.

Verts
Noël Mamère, député.
Yves Cochet, député.
Daniel Cohn-Bendit, député européen.

Droite/Centre
Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement.
François d'Aubert, ancien ministre, maire de Laval.
Anne D'Ornano, présidente du Conseil général du Calvados.

Monde associatif
Aida Chouk, SM, présidente.
Pierre Conil, Syndicat des avocats de France, président.
Jean Pierre Dubois (SM), LDH, président.
Odile Biyidi-Awala, SURVIE, présidente.
Evelyne Sire Marin, Copernic, vice-présidente.
Attac France

Journalistes
Guy Konopnicki, «Marianne».

Avocats
Michel Benichou, ancien bâtonnier de Grenoble.
Me Dominique Noguères.
Me Antoine Comte.
Me Christian Charrière-Bournazel.
Me Tubiana, président d'honneur de la LDH.

Anciens magistrats
Jean-Pierre Cochard, avocat général honoraire à la Cour de cassation.
Raymond Exertier, ancien directeur ENM, ex Premier président de la cour d'appel de Toulouse.
Bernard Bacou, premier président honoraire (de la cour d'appel d'Aix en Provence).
Louis Joinet, premier avocat général honoraire à la Cour de cassation.

Magistrats en poste
Jean de Maillard
Didier Gallot
Hubert Dujardin, premier procureur adjoint TGI Evry.
Sabine Mariette, ancienne présidente du Syndicat de la magistrature et membre du Conseil supérieur de la magistrature.
Jean-Pierre Boucher, ancien président du SM.
Eric Halphen, magistrat en disponibilité, romancier.

Conseiller d'Etat
Anicet le Pors.

Europe
Balthazar Garzon, magistrat (Espagne).

Intellectuels, éditeurs, chercheurs
Claude Chabrol, cinéaste.
Jacques Georgel, professeur de droit constitutionnel, ancien recteur d'Académie.
Laurent Beccaria, éditeur (les arènes).
Gilles Perrault, romancier.
Giselle Harus Reividi, psychanalyste, directrice de recherches à l'Université Paris VII.
Thierry Jonquet, romancier.
Denis de la Patellière, cinéaste.
Claude Gauteur, historien du cinéma.

Lire le texte de la pétition

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Un Comité de soutien à Élisabeth Borrel : Réunion constitutive, jeudi 9 février

Journal Ouest-France du mardi 31 janvier 2006, Edition : Pays d'auge

A l'issue de l'intervention d'Élisabeth Borrel, samedi matin, au cinéma Le Royal (Ouest France d'hier), nombre de personnes ont manifesté leur souhait de l'aider dans son combat pour la vérité. À l'initiative du collectif lexovien des droits humains et de l'association Lisieux avenir, un comité de soutien va voir le jour. Rendez-vous le 9 février.

« J'ai besoin d'être soutenue, je ne peux continuer seule. L'État ne pourra céder que devant un mouvement d'ampleur» L'appel a été lancé, samedi, matin, au cinéma Le Royal, devant plus d'une centaine de personnes. Une assistance émue par le combat de cette femme, qui cherche depuis plus de dix ans, à connaître les circonstances exactes de la disparition de son mari.

Bernard Borrel, ancien procureur de la République de Lisieux, est mort en octobre 1995, à Djibouti. Alors que tout porte à croire qu'il a été assassiné, la thèse officielle reste celle de l'accident. Mis en cause dans cette affaire, le président de la République de Djibouti, Omar Guelleh a accusé « l'État français, ancienne puissance coloniale, de vouloir déstabiliser le pays ». Le juge Borrel s'était notamment intéressé à l'attentat anti-Français, du Café de Paris, en 1990, à Djibouti.

« Quel concours apporter ? »

« A-t-on le droit de sacrifier l'honneur d'un serviteur de l'État au nom de la raison d'État ? confie Bernard Bonnet, président du Collectif lexovien des droits humains (1). Nous nous sommes dit qu'il fallait faire quelque chose. Mais concrètement, quel concours pouvons-nous apporter à Madame Borrel ? » De là, vient de naître l'idée de créer « un comité de soutien à Élisabeth Borrel », explique Philippe Perdrizet, de Lisieux avenir, l'association à l'origine de la rencontre de samedi.

« L'esprit est de créer un mouvement d'ampleur, poursuit Bernard Bonnet. Notre démarche s'inscrit en dehors de toute appartenance politique ou religieuse. C'est une action pour le respect du droit à la justice, tel qu'il est stipulé dans la déclaration universelle des droits de l'Homme. » Une première réunion aura lieu jeudi 9 avril, à 18 h 30, à l'Espace Victor-Hugo. Les organisateurs invitent toutes « les personnes, associations et mouvements » à se joindre à eux.

Guillaume BOUNIOL.

(1) Le collectif rassemble les associations suivantes : l'Acat (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture), Amnesty international, le Cercle laïque lexovien, le Comité catholique contre la faim, la Croix-Rouge française, le Mouvement de la paix, Mood action professor, le Secours catholique et Terre des hommes.

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Somalie : l'ONU salue la première convocation du parlement le 26 février prochain

Communiqué de presse des Nations Unies

30 janvier 2006 – Le représentant du Secrétaire général pour la Somalie a salué aujourd'hui l'annonce faite, par le président somalien du régime de transition, de la convocation du parlement, le 26 février prochain à Baidoa, qui tiendra sa première session dans le pays depuis sa formation, il y a 15 mois.

« C'est une nouvelle très positive », a déclaré François Lonseny Fall, Représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie, dans un communiqué publié aujourd'hui à Nairobi par le Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie (UNPOS). Cette annonce est « le résultat du travail acharné et de l'engagement des institutions somaliennes de transition », a souligné François Lonseny Fall, qui a félicité « chaleureusement » le président Abdullahi Yusuf Ahmed, le président du parlement, Sharif Hassan Sheikh Aden, et le Premier ministre Ali Mohamed Gedi.

La convocation du parlement est la première étape vers la transformation des institutions fédérales de transition en organes gouvernementaux effectifs, a-t-il précisé. La Somalie est privée d'institutions gouvernementales depuis 15 ans. « C'est un pas important non seulement pour le pays mais aussi pour la région entière », a déclaré le Représentant spécial.

François Lonseny Fall a aussi rappelé que l'ONU était prête à fournir son plein appui politique à la réunion et a appelé la communauté internationale à fournir une assistance financière et logistique à cet effet. Le 9 novembre dernier, le Conseil de sécurité s'était dit « préoccupé et déçu de ce qu'il n'y ait pas de progrès en ce qui concerne la rivalité entre les dirigeants des institutions fédérales de transition, et de ce que le parlement fédéral de transition, qui a un rôle essentiel à jouer dans la promotion du processus de paix, ne fonctionne pas » (voir notre dépêche du 9 novembre 2005).

Dans une déclaration présidentielle, le Conseil avait condamné la tentative d'assassinat du Premier ministre somalien, appelant à mettre fin aux rivalités au sein des institutions fédérales de transition, soulignant « que le recours à la force armée pour régler les divergences actuelles entre les institutions fédérales de transition est inadmissible ».

Le Conseil s'était par ailleurs déclaré « préoccupé » par la recrudescence des attaques de pirates et les pénuries alimentaires. Les Nations Unies ont lancé, le 14 décembre dernier, un appel de fonds à hauteur de 174 millions de dollars pour financer un programme d'assistance humanitaire destiné à un million de personnes en Somalie, pays dévasté par la guerre civile et l'anarchie depuis 14 ans (voir notre dépêche du 14 décembre 2005).

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Le témoignage d'Elisabeth Borrel

Journal Ouest-France du lundi 30 janvier 2006, Edition Caen

Après avoir participé samedi à une rencontre débat à Lisieux,
Elisabeth Borrel est intervenue hier au Mémorial.

Elisabeth Borrel se bat pour connaître la vérité sur la mort de son mari, le magistrat Bernard Borrel. Elle l'a redit dans un vibrant témoignage, hier après le concours des plaidoiries. Le corps de l'ancien procureur de Lisieux (de 1988 à 1994) avait été retrouvé le 19 octobre 1995, au pied d'une falaise, à Djibouti. « Ce matin-là, on m'a annoncé le suicide de mon mari. [...]

Ce que j'ai vécu depuis porte atteinte à tout ce en quoi j'ai cru », résume Elisabeth Borrel, également magistrate. Elle se souvient en particulier de la reconstitution des faits, enregistrée sur une cassette vidéo : « Une chose m'a beaucoup choquée : les rires de mes collègues. C'est ce qui subsiste quand on a tout oublié. Comme s'ils prenaient ça comme une partie de plaisir. »

« Depuis trois ans, nous savons que c'est un assassinat », reprend-elle. Mais ses demandes de déclassification de documents peinent à se frayer un chemin dans les ministères. « La façon dont les institutions judiciaires ont instruit ce dossier est dramatique, idem pour le politique. [...]

Dix ans après, c'est encore à moi d'instruire ce dossier : ce n'est pas normal. Je voudrais appeler mes collègues et le monde judiciaire à un peu de conscience. Je crois que c'est l'endroit idéal. »

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Révision constitutionnelle pour désamorcer une crise à l’Assemblée nationale

29/01/06. Toutes les institutions publiques à Djibouti sont dirigées par des instances nommées à leurs postes. Le système a l’avantage de la simplicité. L’Assemblée nationale n’a jamais échappé à cette règle, les noms des futurs députés étant simplement portés sur une liste élue d’avance, fraudes à l’appui.

Le problème posé cette semaine au président de l’Assemblée nationale est totalement inédit. Sans moyen d’aider son prochain « tribal » qu’il est censé de fait représenter, sans moyen de subvenir à ses propres besoins de parlementaire, le député djiboutien a rasé les murs depuis longtemps. Lassés de la misère, des parlementaires auraient adressé des courriers, voire pris à parti le président de l’assemblée nationale M. Idriss Arnaoud Ali pour exiger une intercession en leur faveur auprès de la présidence de la république.

Alors que le phénomène était en passe de s’amplifier une issue éphémère semble être trouvée cette semaine, et elle a rendu nécessaire une révision de la Constitution avant une refonte du fonctionnement de l’Assemblée nationale.

Réunis en séance plénière le lundi 23 janvier 2006 pour ratifier la révision constitutionnelle, puis réunis en séance ordinaire le samedi 28 janvier pour adopter la réforme de leur règlement intérieur, les députés ont aussi écouté le discours bâton et carotte de leur président.

M. Arnaoud a annoncé : « Beaucoup de députés attendaient du processus de modernisation de l’Assemblée une amélioration de leur situation matérielle et morale. En ce domaine, j’ai beaucoup entrepris et obtenus des résultats importants, y compris en termes budgétaires, mais encore partiels. Commençons par les frustrations avec la situation pécuniaire inchangée. En ce domaine, les députés sont soumis au sort commun. A Djibouti, il n’y a que des priorités alors que les ressources sont réduites ».

Il a indiqué aussi qu’il s’était « préoccupé des aides matérielles fournies aux députés pour l’exercice de leur mandat. La nouvelle organisation des services [leur] offrira une aide collective au niveau de la préparation des discussions des textes en commission et de la rédaction des rapports, des aides individuelles pour préparer interventions, amendements ou propositions de loi, et des aides politiques par le canal des groupes. »

« Avec le nouveau règlement, a-t-il affirmé, même ceux d’entre nous que rien ne prédisposait à la lecture des textes juridiques pourront le lire sans difficulté. »

Après la carotte le bâton, M. Arnaoud a mis en garde contre le manque de maîtrise des techniques du travail législatif. « Apprenons ces techniques pour mieux exercer l’initiative des lois que nous partageons avec le président de la république et pour mieux contrôler le gouvernement. » Avertissant aussi : « Ce qui ne signifie nullement chercher systématiquement à le mettre en difficulté en l’empêchant d’agir. » Autre nouvelle exigence, les députés devront siéger deux fois plus longtemps « pour mieux étudier les textes ».

Les observations présentées ici l’ont été en partie sur la base des extraits des séances rapportés cette semaine par l’Agence djiboutienne d’information (ADI) et par le journal La Nation. Nous serons plus avancés lors de la publication des comptes rendus des séances parlementaires concernées. Mais il s’agit d’ores et déjà de prendre note : le gouvernement a reculé devant ses propres soldats intronisés à l’Assemblée. Il reculera devant les Djiboutiens.

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Abdourahman Waberi fascine et désarçonne les journalistes littéraires

Invité d’Emmanuel Khérad à l’émission Librairie francophone sur France inter ce dimanche 29 janvier 2006, Abdourahman Waberi fascine et désarçonne les journalistes littéraires. Son roman « Aux Etats-Unis d’Afrique » semble comme échapper à l’entendement littéraire. L’oeuvre déchaîne un débat passionné, mais dont elle refuse de donner des clés devenues objet de quête des lecteurs professionnels. Distance culturelle ou distance tout court ? Faites-vous votre idée. Survolez les morceaux retranscrits de l’invité prodige.

Emmanuel Khérad : Vous êtes parmi nous pour parler de votre ouvrage « Aux Etats-Unis d’Afrique » publié chez Jean-Claude Lattès. Il s’agit d’un roman très étonnant, presque un document-fiction qui raconte l’inversion des rapports de domination entre le nord et le sud. Alors dans votre ouvrage, l’Afrique est une puissance fédérale riche qui s’oppose à l’Euramérique, un nom barbare pour désigner l’ensemble des pays occidentaux plongés dans la misère et la guerre civile. (…) Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?

Waberi : Je suis romancier, écrivain et fabuliste. Le monde actuel, comme pour beaucoup d’autres, ne me convient pas. Alors le romancier fait tourner le monde sur son axe. C’est une manière de parler du monde actuel en faisant un pas de côté. (…) J’ai pris un contrepoint symétrique, ce n’est pas des pics envoyés aux pays francophones, ni à l’Afrique. Si on gratte, c’est pour chercher l’être humain.

Emmanuel Khérad : Vous glissez un message avec un peu de provocations quand vous écrivez les boat people squelettiques de la méditerranée septentrionale. Ces pauvres diables sont en quête du pain, du lait, de la farine, distribué par les organisations caritatives afghanes, haïtiennes, laotiennes ou sahéliennes.

Waberi : Oui je persiste. Vous ne savez pas tout ça ? Je lis sur un téléscripteur devant moi et je vois que les Etats-Unis d’Afrique sont aussi entrain d’arrêter la guerre entre Occidentaux. On vient d’envoyer des casques bleus à Ottawa, parce qu’il y a la guerre civile entre Anglophones et Francophones.

Emmanuel Khérad : Finalement, nous ne dites pas de choses tellement sérieuses même si, je ne dirais pas qu’on a envie de croire à ce que vous écrivez, puisqu’il reste quand même des peuples dans la souffrance dans votre récit, mais on pourrait imaginer que vous écriviez un ouvrage, par exemple, avec l’Afrique qui se porte bien, prospère, amis aussi les autres pays du monde aussi. Mais ce n’est pas le cas. Il y a toujours des personnes lésées.

Waberi : C’est ce que je vous disais. Si on gratte la patine, on verra que l’être humain qui est derrière est toujours le même. Je suis à la fois ironiste mais en même temps très sérieux parce que tout ce que je raconte là est mon projet de décarcasser le regard. On a l’impression que la pauvreté et la souffrance sont forcément africaines. En prenant en contrepoint, j’essaye de démontrer qu’il existe des ethnies partout.

Manon Trépanier : Moi j’ai trouvé l’idée brillante. Je trouve que l’auteur est d’une culture incroyable, mais je n’ai pas goutté tout à fait le livre parce que justement cette culture-là, hélas, je le dis en toute humilité, moi je ne l’ai pas.

Waberi : Je veux rassurer Manon. Il n’y a pas de problème. Tout le monde peut lire le livre, il n’y a pas de clés si compliquées.

Antoine Fron : Il y a des choses qu’on connaît et des choses qu’on connaît moins. Les universités, les rues, tout est rebaptisé dans votre roman. A chaque fois, vous faites référence à l’université Sédar Senghor. Vous faites référence aussi à des musiciens de jazz qu’on connaît moins.

Waberi : Oui. J’ai essayé de reprendre toute la culture du monde noir. Par exemple l’aéroport s’appelle Léopold Sédar Senghor, la musique peut s’appeler la chorale de Mogadiscio. J’ai aussi « négrifié » des icônes du monde comme Courbet, Einstein, ou d’autres. (…)

Emmanuel Khérad : Abdourahman, avec cette histoire qui renverse la situation géopolitique et qui dresse le portrait d’une Afrique dominatrice, vous décrivez un continent qui tombe dans les mêmes travers que ceux de la société occidentale réelle.

Waberi : Oui. Le contraire aurait été étonnant, parce que les êtres humains sont les mêmes, et les intérêts égoïstes qui gouvernent le monde actuel se retrouveraient pareillement de l’autre côté. Il n’y pas de raison que les Africains soient meilleurs au final que les Euraméricains.

Emmanuel Khérad : Vous aurez pu pousser l’analyse, c'est-à-dire imaginer un monde radicalement différent, au lieu de transposer une réalité d’un continent à l’autre.

Waberi : Mais il est quand même radicalement différent, puisqu’il y un cahier des charges avec une invention d’artistes et de scientifiques qui n’existent pas.

Emmanuel Khérad : Disons qu’on retrouve les mêmes choses, la surenchère des médias, la fascination pour le star système, le conformisme, la peur sécuritaire. On retrouve les mêmes composantes qui font notre société actuelle.

Waberi : Justement, c’est ce qui fait le sel de cette vie-là, sinon j’allais tomber dans les utopies de la science-fiction, qui ne m’intéressent pas personnellement. Ce qui m’intéresse est l’humain ici et maintenant. Le fait que j’ai inversé les perspectives ne donne qu’un miroir pour nous regarder mieux en ce moment. Mais si je faisais un monde qui serait radicalement différent, j’irais dans la science-fiction, et ce n’était pas mon propos.

Emmanuel Khérad : Votre reconstruction fictive de l’histoire, elle aurait pu effectivement se produire, avec une révolution globale du monde.

Waberi : Oui bien sûr. Et comme on a le nez sur l’actualité, rien ne dit qu’elle ne viendra pas. Et d’ailleurs s’il y a une prophétie à espérer ce serait que d’ici un demi siècle les Etats-Unis d’Afrique se réunissent.

Gérardine Frognet : Ce qui m’a dérangé dans le livre, c’est que j’espérais quelque chose de constructif, parce que ce qu’il raconte, on le sait. Moi aussi je critique notre société occidentale capitaliste, mais j’aurais aimé quelque chose de constructif, quelque chose qui dirait, peut-être, qu’on pourrait faire fi de ça pour améliorer les choses.

Waberi : Non. C’est un malentendu, je crois. D’abord parce que ce n’est pas la fonction d’un romancier d’apporter des solutions…

Emmanuel Khérad : Ah oui ? Mais vous êtres engagé, Abdourahman ! Vous allez loin dans l’engagement quand même !

Waberi : Non, j’ai une fable qui propose un regard de la société actuelle, me semble-t-il. Ceci dit, un écrivain qui apporterait des solutions constructives au monde, moi je me méfierais beaucoup. Mais le lecteur a le droit d’analyser comme il veut. Je suis sûr, moi, que le roman est une quête identitaire d’un personnage, et il me semble que Maya retrouve une forme d’apaisement personnel.

Emmanuel Khérad : Je ne parle pas du personnage. On parle de l’inversion géopolitique que vous faites, qui est un sujet très intéressant, passionnant que vous abordez très bien, et on reste parfois un peu sur sa faim, parce qu’on se dit, une ou deux solutions, ça nous aurait peut-être rassurés aussi. Tout simplement.

Waberi : Peut-être. Mais comme je vous ai désarçonnés, vous êtes un peu mal. Mais un romancier qui apporte des solutions … 

FIN

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Tadjourah : les USA complices de la comédie de la décentralisation ?

28/01/06. La RTD de Guelleh s’en est donné à cœur joie, en cette période de campagne pour de pseudo élections régionales : l’ambassadrice de USA, accompagnée de la directrice de l’USAID, s’est déplacée jeudi dernier à Tadjourah à l’occasion de la restauration d’une école publique financée par son pays. Les deux représentantes de la première puissance mondiale en ont profité pour procéder à la distribution d’une importante quantité de matériels de voirie : brouettes, pelles et pioches par ordre alphabétique.

On savait que les USA n’avait rien compris à notre pays depuis leur arrivée en 2002. On comprend aujourd’hui qu’ils cautionnent (en toute naïveté ?) la vision clanique de la Décentralisation que le RPP prétend imposer aux Djiboutiens.
On savait déjà que, depuis leur installation au Camp Lemonier, les centaines d’emplois créées par la base militaire américaine n’ont profité qu’aux agences d’intérim crées par le régime et recrutant leur main-d’oeuvre peu qualifiée sur la seule base tribale.

Conséquence : 1 emploi sur 10 n’a échu qu’aux pauvres djiboutiens non pistonnés tribalement ou politiquement. Les Djiboutiens regrettent fortement que les Etats-Unis d’Amérique n’aient à peu près rien compris à leurs attentes en matière de droits de l’homme : la superpuissance est uniquement investie dans la géostratégie de la région et ses problèmes, et elle est par conséquent trop affairée à rechercher des forces terroristes islamistes non encore visibles à Djibouti.

Ce qui est grave, c’est que les Américains viennent de se compromettre cette fois-ci en sponsorisant à leur corps défendant une parodie de développement décentralisée, basée sur la mendicité.

Ainsi, jeudi dernier, ce pays s’est ridiculisé en distribuant dans la ville abandonnée de Tadjourah des pelles, pioches et brouettes aux malheureux habitants de cette ville.

Le scandale, ce n’est pas que cette distribution pallie un désengagement flagrant des pouvoirs publics djiboutiens en ce qui concerne les politiques de développement régional : ces pelles, pioches et brouettes si généreusement offertes doivent être comparées aux unités industrielles récemment créées dans tel autre district du Sud-Est, ou encore à l’état d’abandon dans lequel le régime a maintenu l’usine d’eau minérale de Tadjourah, avant de l’offrir à des appétits privés et partisans sur la même base opaque qui caractérise la gestion des deniers publics.

Le scandale, ce n’est pas non plus que les autorités traditionnelles de Tadjourah aient accepté de jouer le rôle de subdivision de la Voirie : elles se sont compromises dans de besognes autrement plus basses que celle-ci. A tel point qu’elles sont totalement et pour longtemps discréditées pour avoir même cautionné l’arrestation abusive en pleine nuit de militantes de l’opposition, lors de la présidentielle d’avril 2005.

Non, le scandale c’est que cette distribution de ce matériel de voirie offert par les Etats-Unis d’Amérique ait eu lieu en fonction de l’appartenance aux différents quartiers de la ville de Tadjourah. Or, nul n’ignore que lesdits quartiers n’ont aucune réalité juridique et leurs chefs ne sont pas non plus rétribués par le ministère de l’Intérieur.

C’est simple : la seule réalité de ces quartiers, c’est qu’ils représentent un certain peuplement régional et clanique, tenant à l’historique du peuplement de cette ville plusieurs fois centenaire et qui est, rappelons-le, la plus ancienne du pays. Mode de peuplement clanique que l’on retrouve également à l’oeuvre à Djibouti-ville : nul n’a le monopole du regroupement sur une base traditionnelle.

Une telle distribution de l’aide étrangère, pour la première fois depuis l’Indépendance, sur la base de l’appartenance à un quartier, donc à une zone géographique et à un clan spécifique, a conduit les habitants de Tadjourah à se poser une question : pourquoi maintenant ?

Car, sommés d’exhiber leur quartier d’origine, les « heureux » récipiendaires de cette générosité américaine étaient sommés de brandir une pancarte sur laquelle était inscrit le nom de leur quartier : Fia, Ellamo, Gablasan, Marsaki, etc. Les absents m’excuseront de ne pas les exhiber ici. A l’heure où approche l’échéance de prétendues élections régionales, cette distribution en fonction des clans et des zones montre clairement que les Etats-Unis d’Amérique ont été manipulés par un régime qui veut imposer une vision tribaliste de la Décentralisation.

Pour qui aurait la mémoire courte, un simple rappel historique s’impose. Après avoir obtenu la capitulation des Agaba en 1994, Ismael Omar aurait dit à ses cousins : « La guerre entre Afars et Issas est dorénavant terminée. Laissez-moi désormais organiser le conflit entre Afars et Afars ». Ce qui en dit long sur la perception de la guerre et de la paix et explique l’acharnement qu’il met à violer l’accord de paix du 12 mai 2001.

A voir la gesticulation des prétendus concurrents alignés par le régime pour ces élections (dont deux frères, l’un du RPP et l’autre du FRUD Agaba, et même et surtout ceux qui se disent indépendants), force est de reconnaître qu’il n’a pas totalement échoué dans ce « diviser pour régner ».

D’ailleurs, un proverbe afar ne dit-il pas que « les esclaves se battent pour du bois qu’ils rapporteront à leur maître commun » ? Pour s’étriper à ce point en quête d’un siège au sein d’un conseil régional sans attribution ni budget, il faut vraiment avoir une disposition d’esclave.

De plus, ces « élus » du peuple seront les seuls au monde à n’avoir aucune source de revenu garantissant leur indépendance et les mettant à l’abri du besoin et de la corruption. Ces marionnettes d’un théâtre d’Etat seront peu applaudies par un peuple qu’ils croient berner au bénéfice d’un régime foncièrement antidémocratique : comment peut-on parler de démocratie locale quand le droit de librement choisir ses représentants n’existe pas au niveau national et quand les représentants des travailleurs sont à ce point réprimés ?

Il est donc regrettable que les USA aient eu tout faux en donnant l’impression d’une complicité avec un régime pour lequel la décentralisation signifie surtout zizanie (fitna) et désengagement : les seules attributions qui ne seront pas déniées aux futurs conseils régionaux, ce sont celles de la réhabilitation des pistes et de la Voirie, qu’ils ne pourront pas assurer faute d’un budget clairement défini.

Les Etats-Unis d’Amérique auront donc tout faux toutes les fois qu’ils chercheront à s’impliquer dans un pseudo développement voulu par un régime clanique et divisionniste.
Mieux vaut ne pas s’impliquer que d’agir dans un contexte foncièrement injuste. Car ce n’est pas ce placebo qui prémunira ce régime contre un inévitable soulèvement populaire.

Et si les USA « s’adaptent » à cette dictature en crédibilisant Guelleh et sa clique, nous serions au regret de leur dire tout simplement : USA GO HOME !

Notre propre Liberté nous préoccupe avant celle que le monde libre prétend militairement défendre et garantir chez nous en soutenant la dictature du RPP.

                                                                                                                                Un militant ARD de Tadjourah

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Le combat d'Élisabeth Borrel continue

Ouest-France, Normandie, jeudi 26 janvier 2006
La veuve du juge en rencontre-débat à Lisieux et à Caen ce week-end


Plus de dix après la mort du juge Borrel, son épouse se bat toujours pour la vérité. Officiellement, l'ancien procureur de la République de Lisieux s'est suicidé à Djibouti, mais tout porte à croire qu'il a été assassiné. Ce week-end, Élisabeth Borrel témoignera à Lisieux et Caen. Bernard Borrel est arrivé dans l'ancienne colonie française en 1994, en tant que conseiller auprès du ministre de la Justice djiboutien. Il venait de Lisieux, où il occupait, depuis 1988, le poste de Procureur de la République. À cette époque, son épouse était juge d'application des peines à Caen. Le 19 octobre 1995, le corps de Bernard Borrel est découvert, en partie carbonisé, à 80 km de la capitale de Djibouti, au pied d'une falaise.

Dix ans après la mort de votre mari, où en est l'enquête ?

Un nouveau juge d'instruction a été nommé en 2002. De nombreuses pistes sont ouvertes avec les nouvelles autopsies. On a trouvé un trou au crâne qui n'a pu être provoqué par une chute sur des pierres. Il y a une fracture au bras gauche, typique d'un mouvement de défense. Les experts ont identifié deux produits inflammables différents sur le corps alors qu'un seul bidon a été retrouvé. Le sens d'écoulement de l'essence allait des pieds vers la tête. Des éléments suffisants pour que le juge demande une levée du secret défense. Mais nous n'avons eu que des documents qui datent d'après 1997.

Et du côté de Djibouti ?

Après avoir classé l'affaire, le procureur - que la justice française veut entendre dans cette affaire (1) - a finalement ouvert une information judiciaire. Il veut avoir accès au dossier et savoir ce que nous savons. En France, le juge d'instruction s'y oppose. Il y a deux ou trois semaines, Djibouti a saisi la Cour internationale de La Haye pour non-respect de la coopération judiciaire. C'est plutôt positif. La France va devoir prendre position.

Pourquoi aurait-il été assassiné ?

C'est justement ce que je veux savoir ! Il devait probablement gêner le pouvoir de Djibouti. Plusieurs pistes sont examinées. Notamment celle d'un trafic d'uranium enrichi. Bernard avait aussi mis le nez dans l'attentat antifrançais du « Café de Paris », en 1990, à Djibouti (un mort et quatorze blessés).

Dans quel état d'esprit êtes-vous aujourd'hui ?

Je reviens de deux cancers, j'en ai pris plein la gueule mais je suis toujours là. Je n'ai aucun compte à régler, je veux simplement que le dossier avance. On m'a enlevé mon mari et quelques illusions sur mon métier. Mais je ne me suis pas battue pendant dix ans pour décrocher maintenant.

Avez-vous gardé des attaches dans la région ?

La Normandie est la région qui m'a le plus soutenue. Au niveau politique, Yvette Roudy a été la femme la plus présente. Anne d'Ornano fait également partie de mon association. Je suis toujours en contact avec des collègues, des amis de Lisieux. Bernard s'était plu ici. À l'époque, il aurait voulu rester.

Recueilli par Guillaume BOUNIOL.

Pratique.
Élisabeth Borrel sera en rencontre-débat, samedi 28 janvier, à 10 h 30, à la médiathèque de Lisieux.
Dimanche 29 janvier, elle témoignera au Mémorial de Caen, entre 16 h et 17 h, dans le cadre du concours de plaidoiries. Entrées libres.

(1) Une plainte pour subornation de témoins a été déposée en novembre 2002 par Élizabeth Borrel. La juge d'instruction a demandé - sans succès - à entendre le chef des services secrets et le procureur de Djibouti. D'où certaines tensions : à l'automne, Djibouti a décidé d'expulser six coopérants français détachés dans ses ministères. De son côté, la France tient à préserver ses intérêts et sa présence militaire sur ce territoire sensible. Le 17 mai, Jacques Chirac a reçu le chef d'État djiboutien, Ismaël Omar Guelleh.

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LDDH : Note d'information du 26 janvier 2006

Le Président

 

L.D.D.H.

 

NOTE D'INFORMATION DU 26 JANVIER 2006

SUR LE COLLOQUE INTERNATIONAL

ORGANISE PAR L’UNIVERSITE DE DJIBOUTI.

L’Université de Djibouti a organisé un Colloque International, intitulé : « Ports, Villes et Mondialisation, le cas de  la Corne de l’Afrique », avec la participation  des pays voisins et des Universités françaises.

La présence active des hauts responsables des Ministères du Transport, de l’Emploi a été bien remarquée, et la Chambre du Commerce a été bien présente lors de la séance solennelle d’ouverture.

I) - LE POINT DE VUE DE LA LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS (LDDH) 

La LDDH, n’ayant pas été officiellement invitée, a pourtant décidé d’être à l’écoute de nos universitaires, afin de les encourager de cette initiative très intéressante d’autant plus que les échanges d’informations étaient de haut niveau, et les résultats des enquêtes menées avec beaucoup d’honnêteté intellectuelle (en général le propre de tous les enseignants qui se respectent) ont été agréablement appréciées, notamment celles d’Ismaël Mahamoud, de Mohamed Clem et de Ali Kamil , qui ont respectivement :

-        ouvert le dialogue franc sur le devenir de l’économie informelle en République de Djibouti avec le cas précis, en outre : «…L’impact économique des systèmes informels de transfert de fonds (les hawalas) suscitent un intérêt accru à la fois chez les pouvoirs publics soucieux de les réglementer mais également aussi chez les chercheurs qui tendent d’analyser son fonctionnement pour mieux apprécier son impact au niveau macroéconomique …Toutefois, les durcissements de la réglementation risquent de fragiliser ce système et de priver une grande catégorie de la population, notamment les pauvres d’un supplément de revenu indispensable… »

d’une part,

-         encouragé une autre approche avec le «… II faut donc repenser les stratégies nationales de développement des ports et mettre en place des réformes dans l’environnement législatif, réglementaire et directorial des ports de commerce… »

d’autre part.  

Le Directeur de l’Emploi M. Ali Kamil a mis l’accent sur la priorité de la formation et le principe de :

« L’adéquation emploi- formation constitue un des déterminants de la compétitivité et de la productivité. Elle influe de manière décisive sur la croissance économique ainsi que sur les investissements qui forment le socle de toute stratégie de développement… La stratégie de développement de Djibouti s’inscrit dans une perspective à long terme et vise notamment à s’appuyer sur le développement des ressources humaines. Elle pose comme postulat que l’adéquation emploi-formation est une nécessité et que la promotion d’une politique cohérente et intégrée de lutte contre le chômage et de lutte contre la pauvreté se base sur une politique de la formation professionnelle et technique dont la finalité est la concordance entre les emplois et les compétences ».

Les interventions des différents professeurs ainsi que les questions très positives des différents intervenants en particulier les étudiants sont pleines d’espoirs et les remerciements de la Présidente du Comité d’Organisation, le Professeur Madame Souraya Hassan ne peuvent qu’encourager le Corps Enseignant de persévérer dans la voie de la mise en place d’un laboratoire de recherches scientifiques et universitaires.

Les Défenseurs des Droits Humains encouragent de telles initiatives universitaires et ne manqueront pas de diffuser les informations qu’ils pourront obtenir du Comité d’Organisation de ce Colloque.

D’ores et déjà, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) attend des Décideurs politiques qu’ils fassent preuve d’une réelle volonté politique sociale en faveur du développement de l’économie basé sur les ressources humaines (point fort de l’économie djiboutienne).

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH)  reviendra ultérieurement sur la garantie de l’Emploi des Travailleurs et les risques latents de confrontations générés par l’abus d’utilisation d’une Main d’œuvre importée (style traite humaine) par des commerçants en zone portuaire.

M. NOEL ABDI Jean-Paul

Extraits des documents distribués lors de

L’Ouverture du Colloque du 16 au 18 janvier 2006 

II) - Le Programme de ce Colloque a, essentiellement, porté sur les points suivants, reproduits à partir des documents distribués par le Comité d’organisation de ce Colloque :

Session 1. Economie des Transports, Mondialisation et Développement

Christian Palloix (CRIISEA, Université d’Amiens), «Ports et Villes dans le Développement: de l’Importance des Institutions et Organisations et/ou de l’Efficience des Externalités».

Résumé

La question du développement est indissociable de celles des villes et des ports. Cet article aborde la question du développement par les villes et les ports dans une approche de l’organisation urbaine, une approche tenant ensemble la question des institutions et des organisations. Si la ville, le port sont des lieux d’externalités potentielles, mais qui ne peuvent être mobilisés qu’au sein d’institutions et organisations efficaces affichant des actifs dits spécifiques, encore faut-il que la mondialisation leur laisse une place!

Sofiane Tahi (GRECOS, Université de Perpignan), «L’Economie des Transports Maritimes à l’Aune du Développement Durable: Expériences Comparées

Souraya Hassan (Université de Djibouti, CRIISEA), «Djibouti, les Enjeux d’un Développement par les Ports».

Résumé

L’objectif de cet article est de proposer une analyse critique de la stratégie de développement de Djibouti qui repose sur le complexe portuaire. Pour ce, nous rappellerons dans une première partie que le développement est compris comme une question de mise en place de règles adéquates permettant aux agents économiques de tirer leur épingle du jeu. Autrement dit, le développement est appréhendé comme un changement institutionnel et changement organisationnel (fait des entreprises, acteurs du développement).

La deuxième partie analyse la question de l’entreprise comme élément de la question du développement, ce qui ouvre la voie, à une analyse en termes de changement organisationnel. Cette dernière partie s’attache également à souligner l’importance des actifs (humains, immatériels, matériels, financiers) dans l’objectif de développement à partir du cas de Djibouti. Notre attention porte sur le cas Port Autonome International de Djibouti (PAID), considéré comme le moteur de l’économie nationale. Un examen critique détaillé sur les activités du PAID depuis les années 1960 est mené.

Sudi Mohamed (Amoud University), «Globalization Brings Enormous Benefits».

Abstract

The term “globalization” has acquired considerable emotive force. Some view it as process that is beneficial-a key to future world economic development and also inevitable and irreversible. Others regard it with hostility, even fear, believing that it increases inequality within and between nations, threatens employment and living standards and thwarts social progress. This brief offers an overview of some aspects of globalization and aims to identify ways in which countries can tap the gains of this process, while remaining realistic about its potential and its risks. It concludes by developing some recommendations in regard to djiboutian’s economic policy.

Ahmed Aden Douraleh (Représentant du Gouvernement au DPI), «Djibouti, Plate-forme Logistique Régionale de l’Afrique de l’Est

Session 2. Secteur portuaire: Enjeux et Perspectives

Mag-Teerey Ibrahim (Pôle Universitaire de Djibouti) et Wahib Daher (Université de Djibouti), «Les Enjeux du Transport Portuaire pour I’Economie Djiboutienne».

Résumé

L’économie djiboutienne s’articule entièrement autour du secteur tertiaire, au sein duquel les activités du transport occupent une place de premier rang. La présence du port, du chemin de fer, de l’aéroport et du réseau routier ont ainsi permis le développement des activités connexes liées au transport. L’importance de ce secteur du transport découle de la position géostratégique de Djibouti. Son attrait régional est également lié à la stabilité de son régime politique. Pourtant ses attraits ne doivent pas omettre la concurrence accrue qui caractérise les activités portuaires, et qui se traduit par la montée en puissance des ports voisins dont la gestion est privatisée. Pour relever ses défis, les autorités djiboutiennes ont emboîté le pas, en confiant également la gestion du Port de Djibouti à un opérateur privé. Dans ce contexte de privatisation de la gestion des activités portuaires, cet article analyse les enjeux du transport portuaire pour l’économie djiboutienne.

Salim Mubarak Salim (Aden University), «The Economic Activity in the Port of Aden».

Benlahcen Tlemçani M. (GRECOS, Université de Perpignan), «Ports-reseaux: Stratégies d’Internationalisation et de Diversification des Activités Portuaires».

Julien Badour (Université de la Réunion), «Restructuration de l’Industrie Pétrolière Mondiale: de la Dé-intégration à la Concentration»

Mohamed Clem (Détaché au MENESUP), «Ports: Partenariat Public / Privé». Résumé

Ces Vingt derniers années la gestion du transport International n’a cessé de se transformer, passant d’une approche mode par mode à un concept de transport plus intégré afin de mieux répondre aux besoins urgents de la clientèle; il en résulte d’une pression de plus en plus importante sur les ports qui doivent s’adapter à ce système de fonctionnement plus exigeant. II faut donc repenser les stratégies nationales de développement des ports et mettre en place des réformes dans l’environnement législatif, réglementaire et directorial des ports de commerce.

La nécessité de définir de nouveaux partenariats entre les secteurs publics et privés dans le domaine de l’exploitation portuaire, le financement d’investissement et la gestion des superstructures, nous amènent à revoir le rôle que jouent les acteurs publics et privés et tout particulièrement à clarifier l’autorité du secteur public ainsi que les missions qu’il pourrait être amené à remplir. Dans ces missions, il est fort probable qu’il serve de catalyseur pour faciliter les opérations, notamment en ce qui concerne les droits statuaires publics, la sécurité dans les transports et la protection de l’environnement.

Session 3. Emploi, Pauvreté et Financement Alternatif du Développement

Ismaël Mahamoud (Université de Djibouti, ERUDITE) et Philippe Adair (ERUDITE, Université de Paris XIII), «Les Enquêtes sur le Secteur Informel à Djibouti: une Analyse Comparative 1980-2001)>.

Résumé

Le secteur informel, au sens du BIT, alimente une grande partie de l’activité portuaire comme de l’économie de Djibouti dans son ensemble. L’analyse comparative des deux enquêtes réalisées en 1980 (PECTA) et en 2001 (PATARE) met l’accent sur l’évolution des branches d’activité et trace les limites d’une approche en coupe instantanée. La taille réduite des effectifs et la segmentation de l’emploi occupé, la propriété du capital dont le financement initial est assuré sur fonds propres et l’absence de tenue d’une comptabilité sont les caractéristiques majeures des unités informelles. Les contraintes économiques et institutionnelles concernent les besoins de financement rationnés par l’offre du système bancaire, la forte concurrence et l’étroitesse des débouchés, l’excès de pression sociofiscale et de réglementation.

Jean Pierre Lachaud (Université de Bordeaux IV), «Pauvreté et Marché du Travail à Djibouti: Eléments d’Analyse».

Résumé

Au cours des quinze dernières années, les déséquilibres de l’économie de Djibouti, dus à des facteurs structurels et conjoncturels, internes et externes, ont perturbé le cheminement du développement. En restreignant la disponibilité et le rendement d’un ensemble d’actifs physiques, humains et sociaux, ces déséquilibres ont fragilisé la capacité de résistance des acteurs du développement face à la survenance d’évènements adverses. Malgré les efforts des pouvoirs publics et les mécanismes d’adaptation privés, les ajustements prévalant sur le marché du travail en termes de chômage des jeunes, d’« informalisation » du travail ainsi que la baisse des revenus réels ont contribué à la persistance des privatisations monétaires, de la pauvreté durable et de la pénurie des « capabilities ». L’étude explore les déterminants de la pauvreté et propose des mesures pour atténuer la fragilité du progrès social.

Ali Kamil (Directeur de l’emploi au MESN), «L’Adéquation Emploi-Formation: Une Nécessité pour une Meilleure Compétitivité».

Résumé

L’adéquation emploi- formation constitue un des déterminants de la compétitivité et de la productivité. Elle influe de manière décisive sur la croissance économique ainsi que sur les investissements qui forment le socle de toute stratégie de développement. La stratégie de développement de Djibouti s’inscrit dans une perspective à long terme et vise notamment à s’appuyer sur le développement des ressources humaines. Elle pose comme postulat que l’adéquation emploi-formation est une nécessité et que la promotion d’une politique cohérente et intégrée de lutte contre le chômage et de lutte contre la pauvreté se base sur une politique de la formation professionnelle et technique dont la finalité est la concordance entre les emplois et les compétences. Dans cette optique, le port, véritable poumon de l’économie nationale, est au coeur de la stratégie. En outre, l’économie de service construite autour de la chaîne de transport a de plus en plus besoin des qualifications pour s’adapter aux mutations technologiques et à la compétitivité régionale voire mondiale. Or le marché du travail et le système de la Formation Professionnelle, à Djibouti, se caractérisent par l’absence de corrélation ou de correspondance. La discordance existant entre les besoins réels du marché du travail et le système de formation professionnelle et technique a des répercutions négatives sur le marché du travail et la croissance économique.

Ismaël Mahamoud (Université de Djibouti, ERUDITE), «Hawalas : les Banques des Pauvres».

Résumé

L’impact économique des systèmes informels de transfert de fonds (les hawalas) suscitent un intérêt accru à la fois chez les pouvoirs publics soucieux de les réglementer mais également aussi chez les chercheurs qui tendent d’analyser son fonctionnement pour mieux apprécier son impact au niveau macroéconomique. Les hawalas sont essentiellement utilisés par les émigrés pour rapatrier une partie de leur revenu vers leurs pays d’origine et constituent une source de financement alternatif aux défaillances des systèmes bancaires classiques. Toutefois, les durcissements de la réglementation risquent de fragiliser ce système et de priver une grande catégorie de la population, notamment les pauvres d’un supplément de revenu indispensable.

Session 4. Ports, Villes et Histoire de Djibouti

Hassan Omar Rayaleh (Université de Djibouti), «Villes-Ports: une Relation Plurielle: le Cas de Djibouti»

Mohamed Omar Ibrahim (Primature, Université de Paris I), «Le Port Franc de Djibouti». Résumé

Cette communication vise à retracer l’historique du Port Franc de Djibouti. Cet historique révèle toute l’importance à la place qu’occupe aujourd’hui le port dans la stratégie économique du pays. Tête de pont pour les pays enclavés de l’Afrique de l’Est comme l’Ethiopie mais aussi pour les pays des grands lacs, Djibouti se positionne idéalement dans une région disposant d’un potentiel de développement énorme d’après les spécialistes en développement.

Abdourahman Ismaël (Université de Djibouti), «Entre Ouverture et Enfermement: Ville, (Aéro) Port et Mondialisation dans les Littératures de la Corne de l’Afrique et de l’Océan Indien»

Kadar ALI Diraneh (Université de Djibouti), «Visions françaises sur le Port de Djibouti».

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Affamés, des milliers de Somaliens migrent vers Mogadiscio pour mendier

Depuis deux mois, des dizaines de milliers de Somaliens touchés par une grave sécheresse ont migré vers Mogadiscio à la recherche de nourriture, mendiant le plus souvent dans les rues d'une capitale pauvre et livrée aux miliciens depuis 1991. Plus de 76.000 paysans et bergers, souffrant de la faim et de la soif dans le sud du pays, ont afflué à Mogadiscio dans l'espoir d'être aidés, selon des travailleurs humanitaires.

"Depuis plus de six mois, avoir un repas par jour était devenu habituel", affirme Cheikh Mohamed Omar, qui a quitté il y a deux mois son village près de la ville de Baidoa (sud) pour rejoindre Mogadiscio. "Mais même ces maigres rations sont en train de disparaître, et les gens se contentent peut-être d'un repas tous les deux ou trois jours. On s'attend bientôt à ce qu'il n'y ait plus du tout de nourriture" disponible, ajoute-t-il.

 "On n'a pas fui à cause de la violence", assure Hasan Ibrahim, un ancien soldat âgé de 65 ans atteint par la tuberculose, venu à Mogadiscio depuis la province de Bakol (sud), durement frappée par la sécheresse. "Là où je vivais, c'était calme, mais on ne se nourrit pas de la paix", ironise-t-il.

La Somalie, pays pauvre de la Corne de l'Afrique, est le théâtre depuis 1991 d'une guerre civile, qui a fait entre 300.000 et 500.000 morts.

Extrait AFP, édition du 26 janvier 2006

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Communiqué de la LDDH sur le piratage des correspondances postales à Djibouti


Le Président

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 24 JANVIER 2006
SUR LES VIOLATIONS INADMISSIBLES,
L’ATTEINTE AU SECRET
ET LES PIRATAGES DES CORRESPONDANCES.

LA REPRESSION SUR LES SYNDICATS CONTINUE.

La justice Djiboutienne pourra-t-elle mettre en application les articles 439 et 440 du Code Pénal de la République de Djibouti et mettre fin à une délinquance de l’Etat, sans que le Parquet décide de classer sine die, comme dans les cas des plaintes contre des Responsables de l’Etat, ou bien, faut-il s’adresser à un juridiction internationale avec l’assistance des Syndicats Internationaux des Postiers ?

Article 439
Le fait, commis de mauvaise foi, d’intercepter, de détourner