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Dernières nouvelles - Édition en Ligne de Juillet
2007
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Directeur
de publication : Mohamed Ali Abdou. Codirecteur :
Mahdi Ibrahim A. God. Email :
realite_djibouti@yahoo.fr
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23/07/2007 Le gouvernement
djiboutien, déçu par la France, se tourne vers les
États-unis et les pays du Golfe (Le Monde)
19/07/2007 Français et
Américains côte à côte à l'École du désert (Le Monde)
12/07/2007 Le juge Borrel
assassiné parce qu’il en savait trop sur le président
djiboutien ? (Afrik.com)
11/07/2007 Borrel aurait
enquêté sur le président djiboutien (Source LCI et TF1)
11/07/2007 Le juge Borrel
aurait été chargé d'enquêter sur des trafics d'Omar Guelleh
(AFP et Le Monde)
11/07/2007 Affaire Borrel:
perquisitions chez "l'ex-monsieur Afrique" de l'Élysée
(AFP)
09/07/2007 Affaire Borrel :
l'armée française, première informée de la mort du juge
(Le Monde)
09/07/2007 Nouvelles
révélations dans l'affaire Borrel (Le Figaro)
07/07/2007 Un trouble jeu
diplomatique (Affaire Borrel, Le Monde)
06/07/2007 Affaire Borrel :
le président djiboutien convoqué par la juge chargée de
l'enquête
03/07/2007 Plainte en
"dénonciation calomnieuse": 2 juges de l'affaire Borrel
déboutés
01/07/2007 Manifestation de
l'opposition djiboutienne à l'appel du MRD à Bruxelles
pour les 30 ans de Djibouti
Le gouvernement djiboutien, déçu par la France, se tourne
vers les États-unis et les pays du Golfe
LE MONDE
| 23.07.07 | 13h47 • Mis à jour le 23.07.07 | 13h47
DJIBOUTI ENVOYÉ SPÉCIAL
Les
relations franco-djiboutiennes ne sont pas en voie
d'apaisement : envenimées par l'"affaire Borrel", elles
s'orientent désormais vers une remise en cause, par le
président djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh, et son ministre
des affaires étrangères, Mahmoud Ali Youssouf, de la
coopération avec la France.
En recevant, le 19 juin à l'Elysée,
Elisabeth Borrel, la veuve du juge français assassiné le
19 octobre 1995 à Djibouti, le président Nicolas Sarkozy a
provoqué la colère des autorités djiboutiennes. Paris a,
certes, tenté de réparer les dégâts en envoyant une forte
délégation française lors des cérémonies du 30e
anniversaire de l'indépendance de Djibouti, le 27 juin,
mais ces efforts diplomatiques ont fait long feu. Alors
que le témoignage, dans Le Figaro, d'un ancien
agent du renseignement militaire français, Loïc Lucas, met
en cause le président Guelleh, le chef de l'Etat et le
ministre des affaires étrangères insistent de plus en plus
sur les retombées positives de la présence militaire
américaine dans leur pays (1 800 soldats sont basés au
Camp Lemonier), pour mieux relativiser celles dues à la
France.
Djibouti a d'ailleurs fait
acte de candidature pour abriter l'un des quartiers
généraux décentralisés du futur commandement américain en
Afrique, Africom. La présence américaine, nous a indiqué
M. Youssouf, a "un effet d'entraînement. Elle suscite
la confiance et attire les investissements : depuis
vingt-cinq ans, il n'y avait pas d'investissements des
pays du Golfe à Djibouti. La présence américaine a changé
cela, en renforçant considérablement le caractère
attractif de Djibouti".
Les Français évaluent à 160
millions d'euros par an les retombées économiques de la
présence de leurs 2 900 soldats, et remarquent que ceux-ci
concourent plus à l'économie locale, avec leurs familles,
que les Américains qui importent des Etats-Unis
l'essentiel de leurs besoins.
PROJET PHARAONIQUE
Ali Youssouf s'insurge
toutefois contre une vision économique de la France
"vieille de trente ans". "Le monde a changé !
Djibouti a d'autres ambitions que de demeurer un petit
pays qui vit de l'aide de la France. Laissez-moi vous dire
que le rôle économique de la France est proche de zéro !
Nous répétons sans cesse que le secteur privé français
doit venir prendre sa part dans la vie économique de
Djibouti. Or il ne le fait pas : personne ne vient,
personne n'investit !" lance-t-il
avant de conclure : "La France est en train de rater
une occasion historique. Qu'elle cesse de croire que
Djibouti n'est qu'une caserne de légionnaires !"
Le président Guelleh est aussi
vif dans sa critique de la France. "Il y a quelques
années, confie-t-il au Monde, j'avais dit au
gouvernement socialiste français que je préférerais
accueillir des investisseurs français dans le domaine
hôtelier que des militaires qui vivent en autarcie dans
leurs casernes !"
Quand on lui demande s'il est
mécontent de la relation avec la France, le président
répond sans ambages : "C'est toute l'Afrique qui est dans
cet état d'esprit ! Les pays occidentaux ont lâché
l'Afrique, l'aide publique au développement diminue de
plus en plus, la volonté de ce continent de sortir de la
misère n'est pas accompagnée."
Les autorités de Djibouti ont multiplié les mesures
incitatives pour attirer les investissements des pays du
Golfe. Dubaï a pris en charge la gestion du port et a
investi dans diverses infrastructures.
Le milliardaire saoudien Tarik Ben Laden (demi-frère d'Oussama)
a lancé un projet pharaonique (19 milliards de dollars,
soit près de 14 milliards d'euros) de construction d'un
pont de 28 km de long entre Djibouti et le Yémen, projet
auquel le président Guelleh tient beaucoup. "Le pont
pourrait exister d'ici une dizaine d'années.
Le consortium est en place, les capitaux sont là, les
banques se bousculent", assure-t-il en rêvant de
transformer son pays en "petit Singapour".
Laurent Zecchini
Le Monde
Article paru dans l'édition du 19.07.07.
C'est
le dernier bivouac. Les soldats sont partis il y a dix jours
de Djibouti. Depuis, ils marchent, de nuit, dans l'une des
régions les plus chaudes et les plus inhospitalières du monde.
Le Centre d'aguerrissement et d'instruction au désert de
Djibouti (Caidd) est une école nomade, sans domicile fixe et
sans abri, unique en son genre, qui exige de chaque homme un
dépassement physique.
"Ce n'est pas un stage commando,
rectifie le colonel Eric Bucquet, chef de corps du 5e
régiment interarmes d'outre-mer (Riaom), mais nous voulons
que les gens apprennent à survivre dans le désert." Depuis
sa création en 1997, l'Ecole du désert a décerné 6 790 brevets
à des soldats de nombreuses unités françaises et étrangères.
C'est la quatrième fois qu'une section américaine participe au
stage. Sur 30 Américains, on compte 15 marines et 15 soldats
de l'armée de terre, également éreintés. Il existe en
Californie une "Ecole de la jungle". Mais de l'avis du
sergent-chef Rudy Diaz, des marines, "ce n'est pas
comparable en termes de techniques de survie." Les
Américains, tous volontaires, ne regrettent pas l'expérience.
Celle-ci se décompose en deux modules, "acclimatement"
et "aguerrissement", de cinq jours chacun, ponctués par
un "module combat" de huit jours. Les 140 soldats
marchent une vingtaine de kilomètres chaque nuit dans un
terrain rocailleux, en se guidant aux étoiles et au GPS, arme
à la main. Ils sont suivis par une caravane de 44 chameaux,
qui portent l'eau et les sacs, et quelque 90 cabris. C'est
l'essentiel de leur nourriture, avec riz, pâtes, piment et
concentré de tomates. Chaque jour, plusieurs cabris sont
sacrifiés selon "la méthode Afar", et cuits sur la
cendre. Pour des Américains, cela a un côté un peu rustique :
"Nous n'avons pas l'habitude de nous déplacer avec aussi
peu de moyens."
Le plus difficile ? "La barrière de la langue avec les
Français, la manière de préparer la nourriture et l'eau
rationnée", commente Rudy Diaz. Mais tout est relatif :
"C'est dur, mais moins qu'en Irak, parce qu'il n'y a pas le
stress de la guerre", ajoute le sergent-chef des marines.
Dix des 150 stagiaires ont dû cependant déclarer forfait :
deux à la suite d'accidents, un pour gastrite aiguë, un pour
une double piqûre de scorpion, les autres à la suite de coups
de chaleur. L'Ecole du désert offre aux troupes françaises et
américaines de Djibouti l'occasion de se côtoyer et de
s'apprécier. A la lumière de l'expérience, les 11 instructeurs
du Caidd se sont aperçus qu'Américains et Français ont des
attitudes sensiblement différentes au combat : "Les
premiers ont une manière plus brutale d'atteindre le but, les
seconds tiennent davantage compte de l'environnement
dans lequel ils évoluent, explique le capitaine Pierre
Biclet. Les Américains sont amenés à faire usage de leur
arme dès qu'ils se sentent menacés, alors que, pour nous, il
faut que la menace soit directe et avérée."
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Le juge Borrel assassiné parce qu’il en savait trop
sur le président djiboutien ? (Afrik.com)
Un ancien
responsable militaire explique que le magistrat
enquêtait sur les trafics présumés d’Ismaël Omar
Guelleh
Un
ex-responsable des renseignements français a déclaré
que le juge Bernard Borrel, avant son assassinat en
1995, enquêtait sur des trafics présumés dans lesquels
auraient trempés l’actuel président de Djibouti et des
« coopérants français ». Cela laisse à penser que le
magistrat a été éliminé pour que la vérité ne sorte
pas au grand jour. |
Source :
jeudi
12 juillet 2007, par Ben Crissa Bamogo
L'assassinat du juge Bernard Borrel
serait-il lié à des trafics impliquant la France et Djibouti ?
« Le ministre [djiboutien] de la Justice Moumin Badon Farah
avait chargé M. Borrel de constituer un dossier sur l’ensemble
des trafics auxquels [le président djiboutien] Ismaël Omar
Guelleh était mêlé », a déclaré un ancien responsable français
du renseignement militaire à la juge Sophie Clément, le 27
juin, lors d’une confrontation avec plusieurs militaires. Il a
par ailleurs souligné que « des coopérants français » étaient
impliqués dans ces commerces illégaux présumés, qui
comprendraient des trafics d’ivoire, d’armes et d’alcool
détaxé.
« Contradiction
avec les déclarations de Mme Borrel »
Selon le militaire, Moumin
Badon Farah avait assigné cette enquête au magistrat français,
assassiné le 19 octobre 1995 à Djibouti, pour causer du tort à
Ismaël Omar Guelleh (IOG). Le ministre aurait voulu gonfler
ses chances d’être élu à la magistrature suprême, qu’a
finalement remportée en 1999 IOG, neveu et chef de cabinet du
président de l’époque, Hassan Gouled Aptidon. La guerre pour
le pouvoir aurait alors poussé à sa perte Bernard Borrel. Ce
dernier serait devenu gênant pour les Djiboutiens et les
Français qui n’avaient pas intérêt à ce que leurs activités
illicites soient découvertes.
Interrogé par l’AFP sur les
déclarations de l’ancien responsable militaire, l’avocat de
Djibouti, Me Francis Szpiner, s’est montré incrédule. Il a
expliqué que Moumin Badon Farah avait « peu de chance
d’accéder au pouvoir » et que les allégations sont « en
contradiction avec les propres déclarations de Mme Borrel,
selon qui son mari entretenait des relations exécrables avec
le ministre de la Justice (...), ce dernier étant connu pour
ses sentiments anti-français ».
Perquisitions fructueuses ?
Le président djiboutien,
dont l’entourage est mis en cause dans la mort de Bernard
Borrel, a toujours nié toute responsabilité. Dans un récent
entretien accordé au quotidien français Le Monde,
Ismaël Omar Guelleh souligne que la thèse de l’assassinat
retenue dans l’affaire, et non plus celle du suicide, ne
change rien : « La République de Djibouti n’est mêlée ni de
près ni de loin à la mort de Bernard Borrel. Dès lors, rien ne
m’inquiète ».
A noter que l’enquête
semble avancer. D’après des notes saisies lors de
perquisitions en avril aux ministères des Affaires Étrangères
et de la Justice, l’ancien président français Jacques Chirac
aurait suggéré à Ismaël Omar Guelleh de saisir la Cour
internationale de justice. L’objectif aurait été de contester
le refus des autorités judiciaires de l’Hexagone de
transmettre une copie du dossier de l’affaire Borrel à
Djibouti. Une démarche qui semble paradoxale, puisque le pays
est-africain est soupçonné d’implication.
Par ailleurs, des
perquisitions dans les résidences parisienne et provençale de
Michel de Bonnecorse, l’ancien responsable de la cellule
« Afrique » de l’Élysée, se sont soldées par la saisie d’un
carnet. Michel de Bonnecorse pourrait bientôt être interrogé.
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Borrel aurait enquêté sur le président djiboutien |
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C'est un ex-membre du renseignement militaire français
qui l'a affirmé lors d'une confrontation devant la
juge en charge du dossier.
. Selon ses dires, plus de 80 personnes
peuvent confirmer ses affirmations.
- Information
diffusée sur
LCI / TF1 le 11/07/2007
à 17h41 |
Selon un
ex-membre du renseignement militaire français, le juge
Bernard Borrel,
tué en 1995 à Djibouti,
a été chargé avant sa mort par le ministre djiboutien de la
Justice d'enquêter sur "des
trafics" auxquels Ismaël Omar Guelleh, l'actuel
président djiboutien, aurait été mêlé.
L'actuel président de
Djibouti
était l'un des candidats au pouvoir, alors détenu par son
oncle, Hassan Gouled Aptidon, dont il était le chef de
cabinet."Il y avait des
menaces graves du fait de luttes de pouvoir pour la
présidence. C'était des batailles de clans". Selon
"mes sources"
et celle d'un autre officier, "le
ministre de la Justice Moumin Badon Farah avait chargé M.
Borrel
de constituer un dossier sur l'ensemble des trafics auxquels
Ismaël Omar Guelleh était mêlé. Il s'agissait d'avoir des
arguments pour écarter le président
Djiboutien
de la course au pouvoir. Je précise que lorsque je parle de
mes sources, cela représente des informations venant d'environ
80 personnes".
Ce militaire, ancien membre du deuxième bureau (l'ancêtre de
la DGSE), s'est exprimé le 27 juin dans le bureau de la juge
Sophie Clément, chargée de l'enquête sur la mort du
juge Borrel,
lors d'une confrontation entre plusieurs militaires français
en poste à Djibouti
à l'époque de la mort de
Bernard Borrel.
Source : D'après agence
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Perquisitions
chez "l'ex-monsieur Afrique" de l'Elysée |
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Les
magistrates, Fabienne Pous et Michèle Ganascia, chargées
d'enquêter sur l'affaire
Borrel,
se sont rendues lundi dans les Bouches- du-Rhône, dans la
résidence secondaire de Monsieur Bonnecorse., et mardi à
son domicile parisien. Un carnet a notamment été saisi.La
plainte d'Elisabeth Borrel, veuve du juge Bernard Borrel, vise une déclaration de M. de Bonnecorse au journal Jeune Afrique (29
avril- 5 mai 2007) dans lequel il indique : "contrairement
à ceux qui préjugent de l'assassinat de
Bernard Borrel
sur ordre des autorités djiboutiennes, je préjuge, moi,
qu'il s'est suicidé".
Les deux juges avaient déjà perquisitionné en avril au
Quai d'Orsay et à la Chancellerie, avant d'être refoulées
aux portes de l'Élysée où elles voulaient notamment
visiter le bureau de M. de Bonnecorse. |
Le juge Bernard Borrel, tué en 1995 à Djibouti, a
été chargé avant sa mort par le ministre djiboutien
de la Justice d'enquêter sur "des trafics" auxquels
Ismaël Omar Guelleh, actuel président djiboutien,
aurait été mêlé, selon le témoignage d'un ex-membre
du renseignement militaire français, recueilli par
la justice française.
Ce militaire, ancien membre du deuxième bureau
(renseignement militaire, ancêtre de la DGSE) s'est
exprimé le 27 juin dans le bureau de la juge Sophie
Clément, chargée de l'enquête sur la mort du juge
Borrel, lors d'une confrontation entre plusieurs
militaires français en poste à Djibouti à l'époque
de la mort de Bernard Borrel.
Selon son témoignage que l'AFP a pu consulter, la
mission confiée au juge Borrel visait les
agissements d'Ismaël Omar Guelleh (IOG).
Celui-ci était l'un des candidats au pouvoir,
alors détenu par son oncle, le chef de l'Etat Hassan
Gouled Aptidon, dont il était le chef de cabinet.
"Il y avait des menaces graves du fait de luttes
de pouvoir pour la présidence. C'était des batailles
de clans". Selon "mes sources" et celle d'un autre
officier dont il cite le nom, "le ministre de la
Justice Moumin Badon Farah avait chargé M. Borrel de
constituer un dossier sur l'ensemble des trafics
auxquels Ismaël Omar Guelleh était mêlé", explique
le militaire.
"Il s'agissait d'avoir des arguments pour écarter
IOG de la course au pouvoir. Je précise que lorsque
je parle de mes sources, cela représente des
informations venant d'environ 80 personnes. Cette
diversité permet de recouper les informations",
précise-t-il.
Le corps en partie carbonisé du juge Bernard
Borrel a été retrouvé le 19 octobre 1995 en
contrebas d'un ravin à 80 km de Djibouti. Le
magistrat français travaillait, au titre de la
coopération, auprès du ministre de la Justice de
Djibouti à la réforme du code pénal.
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Affaire Borrel: perquisitions chez "l'ex-monsieur Afrique"
de l'Élysée
Source AFP, mercredi 11 juillet 2007
PARIS (AFP) - Les juges chargées d'enquêter sur d'éventuelles
pressions sur la justice dans l'affaire Borrel ont
perquisitionné lundi et mardi les domiciles parisien et
provençal de Michel de Bonnecorse, ancien responsable de
la cellule africaine de l'Elysée, a-t-on appris mercredi
de source proche du dossier.
Les magistrates, Fabienne Pous et Michèle Ganascia, se sont
rendues lundi à Lamanon (Bouches-du-Rhône), où l'ancien
"monsieur Afrique" de l'Elysée durant la présidence de
Jacques Chirac possède une résidence secondaire, et mardi
à son domicile parisien, boulevevard Montparnasse (14e),
a-t-on précisé de même source. Un carnet a notamment été
saisi lors de ces perquisitions.
Les deux juges avaient déjà perquisitionné en avril au Quai
d'Orsay et à la Chancellerie, avant d'être refoulées aux
portes de l'Elysée où elles voulaient notamment visiter le
bureau de M. de Bonnecorse.
Elisabeth Borrel, veuve du juge Bernard Borrel, tué en 1995 à
Djibouti dans des circonstances non-élucidées, a porté
plainte avec constitution de partie civile le 25 juin
contre Michel de Bonnecorse pour "pression sur la
justice".
Cette plainte vise une déclaration de M. de Bonnecorse au
journal Jeune Afrique (29 avril- 5 mai 2007) dans lequel
il indique : "contrairement à ceux qui préjugent de
l'assassinat de Bernard Borrel sur ordre des autorités
djiboutiennes, je préjuge, moi, qu'il s'est suicidé".
Cette nouvelle plainte devrait être instruite par les juges
Pous et Ganascia, déjà en charge depuis octobre 2006 d'une
information judiciaire pour "pression sur la justice", à
la suite d'une première plainte de Mme Borrel visant
l'ex-porte-parole du Quai d'Orsay, Hervé Ladsous.
"Les déclarations de M. de Bonnecorse, qui n'a aucune qualité
sur le plan technique pour porter des appréciations sur
une information judiciaire en cours dans laquelle il n'est
pas partie, constituent non seulement une ingérence du
pouvoir politique sur l'autorité judiciaire, contraire au
principe constitutionnel de séparation des pouvoirs, mais
également une pression sur la justice", écrivent dans leur
plainte les avocats de Mme Borrel.
Dans un communiqué du 19 juin, le procureur de la République
de Paris a confirmé officiellement l'origine criminelle de
la mort du juge Borrel.
Affaire Borrel : l'armée française, première informée de la
mort du juge
LEMONDE.FR | 09.07.07 | 12h10
Depuis fin juin, la juge d'instruction chargée de l'affaire
Borrel semble disposer de nouvelles informations :
contrairement à ce qui était avancé jusqu'ici, l'armée
française basée à Djibouti aurait été la première informée
de la mort du juge. C'est ce que croit savoir Le Figaro.
Selon un article publié dans son édition du
lundi 9 juillet, la juge Sophie Clément a découvert une
nouvelle chronologie de l'affaire en auditionnant à nouveau
des représentants de l'armée et de la gendarmerie entre le
25 et le 27 juin.
Jusqu'ici, il était établi que les gendarmes de la
prévôté (gendarmerie) d'Arta avaient été les premiers à
avoir eu connaissance du drame le 19 octobre 1995 : lors
d'une patrouille, deux d'entre eux s'étaient arrêtés en
bordure d'une falaise, intrigués par la présence d'un
véhicule inoccupé ; c'est là qu'ils avaient découvert le
corps calciné du juge en contrebas de la route. L'heure de
la découverte consignée dans la procédure est 7 h 20.
Or les nouveaux éléments recueillis par la juge révèlent
que plusieurs responsables de l'armée française étaient au
courant dès 5 h 30. Chef d'état-major comme attaché de
défense auprès de l'ambassade de France savaient, dès ce
moment-là, qu'ils s'agissait du corps de Bernard Borrel et
pour certains, "il ne faisait aucun doute qu'il
s'agissait d'un assassinat", écrit Le Figaro.
Reste désormais à déterminer qui a informé l'armée française
? Pour cela, la juge a décidé de demander la levée du
secret-défense concernant des documents relatifs au
mouvement des troupes françaises ce jour-là.
Nouvelles révélations dans l'affaire Borrel
AFP
ET Le
FIGARO.FR Publié le 09 juillet 2007
Deux heures avant la découverte officielle de la mort du juge
Borrel, l'armée française était déjà au courant.
C'EST un mystère de plus dans l'affaire
Borrel. Alors que la mort du juge français en 1995 à Djibouti
n'est toujours pas élucidée et que des pressions politiques
sont dénoncées par la partie civile, l'enquête rebondit. De
nouvelles révélations ont été portées à la connaissance du
juge d'instruction en charge de l'affaire, Sophie Clément, qui
a demandé lundi dernier la levée du secret défense concernant
une série de documents relevant du ministère de la Défense.
Information jamais divulguée : l'armée française basée à
Djibouti a été la première informée de la mort du juge Borrel,
et non les gendarmes de la prévôté d'Arta comme cela avait
toujours été indiqué. Jusqu'à présent, en effet, et comme cela
figure dans tous les procès-verbaux, la gendarmerie était la
première à connaître ce drame. Ce 19 octobre 1995, deux
fonctionnaires de la prévôté, en patrouille sur une zone
plutôt déserte du pays, s'étaient arrêtés en bordure d'une
falaise car intrigués par la présence d'un véhicule stationné
et inoccupé. En contrebas de la route, ils avaient trouvé le
corps calciné de Bernard Borrel. Sur les pièces de la
procédure, l'heure précise de la découverte avait été
indiquée : 7 h 20.
« Pressions politiques »
Or, on sait désormais que dès 5 h 30, l'information circulait
au sein de l'armée française. Tout d'abord, un membre de la
direction de la protection sécurité publique avait alerté les
responsables du deuxième bureau de l'état-major chargé du
renseignement militaire. Puis vers 6 heures, le chef
d'état-major des forces françaises stationnées à Djibouti, le
colonel Patrice Sartre, avait aussi été mis au courant par un
autre biais. Il avait été avisé par le colonel Godron, attaché
de défense auprès de l'ambassade de France. À ce moment-là,
tous savaient qu'il s'agissait du corps de Bernard Borrel.
Pour certains déjà, il ne faisait aucun doute qu'il s'agissait
d'un assassinat.
C'est en décidant de reprendre nombre d'auditions que la juge
d'instruction a découvert cette nouvelle chronologie de
l'affaire. Les langues se sont ainsi déliées dans son bureau
entre le 25 et le 27 juin où se sont succédé des représentants
de l'armée et de la gendarmerie. Désormais, la juge veut
savoir qui a informé l'armée française. S'agit-il des services
secrets djiboutiens, tenus à ce moment-là par Ismaël Omar
Guelleh, devenu ensuite l'actuel président du pays ? Si Borrel
avait été tué parce qu'il avait découvert des trafics au
sommet de l'État, il s'agissait ensuite de faire comprendre à
la France qu'il ne fallait pas persévérer dans cette voie...
Une information qui aurait alors tout d'un message
d'intimidation.
Autre hypothèse : l'armée aurait été informée... par l'armée.
Dans ce pays qui abrite une importante base militaire
française, il n'est pas impossible que, ce jour-là, des
opérations militaires françaises se soient déroulées non loin
du lieu où Bernard Borrel a été exécuté. Pour en avoir le
coeur net, la juge a donc décidé de demander la levée du
secret défense concernant des documents relatifs au mouvement
des troupes françaises ce 19 octobre 1995.
Enfin, autre nouveauté dans le dossier : Sophie Clément a
adressé un courrier à ses homologues parisiens, les juges
Fabienne Pous et Michèle Ganascia, qui se chargent d'un autre
volet de l'affaire Borrel, portant sur d'éventuelles pressions
politiques exercées sur la justice. Dans une lettre du
21 juin, elle leur indique qu'elle souhaite être entendue
comme témoin. Alors que la veuve du juge Borrel dénonce des
« pressions politiques incontestables » et que des
documents saisis révèlent que la France a tout fait pour
protéger ses bonnes relations avec Djibouti, elle veut leur
indiquer qu'elle n'a, pour sa part, subi aucune pression
d'aucune sorte dans cette affaire.
ANGÉLIQUE
NÉGRONI
Un trouble jeu
diplomatique
LE MONDE | Article paru dans l'édition
du 07.07.07

Dans un communiqué rendu public le 20 juin,
le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, avait confirmé
l'origine criminelle de la mort du juge Bernard Borrel, dont
le cadavre fut retrouvé en octobre 1995 dans un ravin à
Djibouti. Il précisait que "si la thèse du suicide a
pu un temps être privilégiée, les éléments recueillis,
notamment depuis 2002, militent en faveur d'un acte criminel
(...). Les expertises anthropologiques, médico-légales,
de la police scientifique concluent à l'existence de lésions
osseuses sur le crâne".
Quelques heures plus tôt, la veuve du juge Borrel avait été reçue
à l'Élysée par Nicolas Sarkozy. Selon Mme Borrel,
M. Sarkozy aurait pris l'engagement de s'adresser à la Cour
internationale de justice afin qu'elle soit entendue comme
témoin. Cette Cour est saisie depuis janvier 2006 d'une
plainte de la République de Djibouti contre la France qui
refuse de lui transmettre le dossier dans lequel des
témoignages mettent en cause l'entourage direct du président
Ismaël Omar Guelleh.
Des documents, saisis lors de perquisitions, tendent à montrer
que la France a pu jouer un trouble jeu diplomatique (Le
Monde du 11 juin). Dans un télégramme diplomatique daté du
25 juin 2005, l'ambassadeur de France à Djibouti, Philippe
Selz, relate ainsi un entretien avec le ministre djiboutien
des affaires étrangères : "Il m'a dit qu'il réfléchissait à
notre idée de recours à la CIJ." La France a-t-elle voulu
venir en aide à Djibouti, quitte à se heurter à un juge
d'instruction ?
Gérard Davet
Affaire Borrel : le président djiboutien convoqué par la
juge chargée de l'enquête
LEMONDE.FR avec AFP | 14.02.07 | • Mis
à jour le 06.07.07 | 15h20

lus de onze ans après la découverte du corps
calciné du juge français Bernard Borrel dans un ravin, le 19
octobre 1995, à 80 kilomètres de Djibouti-ville, la juge
Sophie Clément chargée de l'enquête sur la mort du juge a
demandé à entendre comme témoin, vendredi à Paris, le
président djiboutien Ismaël Omar Guelleh, qui doit participer
au sommet Afrique-France à Cannes, a indiqué mercredi une
source proche du dossier.
La juge d'instruction avait déjà délivré, le 19 octobre 2006, des
mandats d'arrêt internationaux à l'encontre de deux repris de
justice en fuite, Awalleh Guelleh et Hamouda Hassan Adouani.
"L'enquête menée établissait qu'il s'agissait d'un
assassinat", écrivait la juge Sophie Clément dans les
motifs des mandats d'arrêt. La juge souhaite comparer leur ADN
à des empreintes génétiques inconnues retrouvées sur le short
du juge.
En mai 2005, la juge avait déjà demandé à entendre le président
djiboutien, en visite à Paris où il avait rencontré le
président Jacques Chirac à l'Élysée, mais M. Guelleh avait
quitté la capitale sans se rendre à la convocation de la
magistrate. Elisabeth Borrel, veuve du juge et partie civile
avec ses enfants, "a demandé l'audition du chef de l'État
djiboutien", a confirmé à l'AFP Me Olivier
Morice, avocat de la famille Borrel selon qui "la présence
d'Ismaël Omar Guelleh sur le sol français est une insulte à la
mémoire du juge assassiné à Djibouti en 1995".
VIVES TENSIONS
L'enquête djiboutienne sur la mort du juge a conclu à un suicide
mais l'enquête française privilégie la thèse d'un assassinat
en se fondant notamment sur une série d'expertises. La
responsabilité présumée du président djiboutien et de membres
de son entourage dans la disparition du juge a été évoquée par
plusieurs témoins lors de l'instruction.
Pour Ismaël Omar Guelleh, qui a toujours contesté avoir la
moindre responsabilité dans cette affaire, "personne n'a
tué" le juge français. "Le type s'est tué lui-même,
c'est ça la vérité. Les raisons lui appartiennent", a
affirmé en novembre 2006 le président djiboutien en déplorant
qu'un "certain nombre de magistrats se prêtent à ce jeu
d'accusation et n'hésitent pas à insulter ma personne, mais
aussi le peuple djiboutien et toute l'Afrique, en disant que
tous les chefs africains sont des voleurs et des assassins".
L'affaire Borrel a suscité de vives tensions entre Djibouti et la
France qui possède une importante base militaire dans ce petit
pays de la Corne de l'Afrique, stratégiquement situé face à la
péninsule arabique.
Le gouvernement djiboutien, déçu par
la France, se tourne vers les États-unis et les pays du
Golfe
LE MONDE | 23.07.07 | 13h47 • Mis à jour le
23.07.07 | 13h47
DJIBOUTI ENVOYÉ SPÉCIAL
Les
relations franco-djiboutiennes ne sont pas en voie
d'apaisement : envenimées par l'"affaire Borrel", elles
s'orientent désormais vers une remise en cause, par le
président djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh, et son ministre des
affaires étrangères, Mahmoud Ali Youssouf, de la coopération
avec la France.
En recevant, le 19 juin à l'Elysée, Elisabeth Borrel, la veuve du
juge français assassiné le 19 octobre 1995 à Djibouti, le
président Nicolas Sarkozy a provoqué la colère des autorités
djiboutiennes. Paris a, certes, tenté de réparer les dégâts en
envoyant une forte délégation française lors des cérémonies du
30e anniversaire de l'indépendance de Djibouti, le
27 juin, mais ces efforts diplomatiques ont fait long feu.
Alors que le témoignage, dans Le Figaro, d'un ancien
agent du renseignement militaire français, Loïc Lucas, met en
cause le président Guelleh, le chef de l'Etat et le ministre
des affaires étrangères insistent de plus en plus sur les
retombées positives de la présence militaire américaine dans
leur pays (1 800 soldats sont basés au Camp Lemonier), pour
mieux relativiser celles dues à la France.
Djibouti a d'ailleurs fait acte de candidature pour abriter l'un
des quartiers généraux décentralisés du futur commandement
américain en Afrique, Africom. La présence américaine, nous a
indiqué M. Youssouf, a "un effet d'entraînement. Elle
suscite la confiance et attire les investissements : depuis
vingt-cinq ans, il n'y avait pas d'investissements des pays du
Golfe à Djibouti. La présence américaine a changé cela, en
renforçant considérablement le caractère attractif de
Djibouti".
Les Français évaluent à 160 millions d'euros par an les retombées
économiques de la présence de leurs 2900 soldats, et
remarquent que ceux-ci concourent plus à l'économie locale,
avec leurs familles, que les Américains qui importent des
États-unis l'essentiel de leurs besoins.
PROJET PHARAONIQUE
Ali Youssouf s'insurge toutefois contre une vision économique de
la France "vieille de trente ans". "Le monde a
changé ! Djibouti a d'autres ambitions que de demeurer un
petit pays qui vit de l'aide de la France. Laissez-moi vous
dire que le rôle économique de la France est proche de zéro !
Nous répétons sans cesse que le secteur privé français doit
venir prendre sa part dans la vie économique de Djibouti. Or
il ne le fait pas : personne ne vient, personne n'investit !"
lance-t-il avant de
conclure : "La France est en train de rater une occasion
historique. Qu'elle cesse de croire que Djibouti n'est qu'une
caserne de légionnaires !"
Le
président Guelleh est aussi vif dans sa critique de la France.
"Il y a quelques années, confie-t-il au Monde,
j'avais dit au gouvernement socialiste français que je
préférerais accueillir des investisseurs français dans le
domaine hôtelier que des militaires qui vivent en autarcie
dans leurs casernes !"
Quand on lui
demande s'il est mécontent de la relation avec la France, le
président répond sans ambages : "C'est toute l'Afrique qui est
dans cet état d'esprit ! Les pays occidentaux ont lâché
l'Afrique, l'aide publique au développement diminue de plus en
plus, la volonté de ce continent de sortir de la misère n'est
pas accompagnée."
Les autorités de Djibouti ont multiplié les mesures
incitatives pour attirer les investissements des pays du
Golfe. Dubaï a pris en charge la gestion du port et a investi
dans diverses infrastructures.
Le milliardaire saoudien Tarik Ben Laden (demi-frère d'Oussama)
a lancé un projet pharaonique (19 milliards de dollars, soit
près de 14 milliards d'euros) de construction d'un pont de 28
km de long entre Djibouti et le Yémen, projet auquel le
président Guelleh tient beaucoup. "Le pont pourrait exister
d'ici une dizaine d'années.
Le consortium est en place, les capitaux sont là, les banques
se bousculent", assure-t-il en rêvant de transformer son pays
en "petit Singapour".
Laurent Zecchini
Plainte en "dénonciation calomnieuse": 2 juges de
l'affaire Borrel déboutés
AFP Infos
Françaises, mardi 3 juillet 2007
PARIS -
Les deux premiers juges de l'affaire Borrel, Marie-Paul
Moracchini et Roger Le Loire, ont été déboutés en appel
d'une plainte pour "dénonciation calomnieuse" qu'ils
avaient déposée en 2000 contre les avocats de la veuve du
magistrat, tué en 1995 à Djibouti.
La cour
d'appel de Douai a confirmé le 19 juin une ordonnance de
non-lieu, rendue dans ce dossier le 15 mai 2006 par un
juge d'instruction de Lille, conformément aux réquisitions
du parquet. Les deux magistrats, qui avaient instruit
cette affaire avant d'en être dessaisis en juin 2000,
reprochaient aux avocats de Mme Borrel d'avoir mis en
cause leur impartialité en leur faisant notamment grief de
privilégier la thèse du suicide dans cette affaire.
Ils se
fondaient notamment sur un courrier des avocats adressé au
garde des Sceaux, Elisabeth Guigou, dénonçant leur refus
d'entendre un témoin essentiel accréditant la thèse de
l'assassinat et l'exercice de pression sur ce même témoin.
La lettre des avocats fustigeait également la mise à
l'écart de la partie civile d'actes importants de
l'instruction et la collusion des juges avec les autorités
djiboutiennes.
Si dans
son arrêt, la cour d'appel considère qu'au final Mme
Borrel et ses avocats "ont dénoncé des faits dont certains
sont inexacts, elle indique qu'"il apparaît qu'à la date
d'envoi des courriers litigieux, les auteurs n'avaient pas
conscience de la fausseté de leurs assertions".
Estimant
que "l'élément moral de l'infraction est absent", elle
conclut à la confirmation de "l'ordonnance de non-lieu
dans toutes ses dispositions". "Compte tenu des
difficultés opposés aux démarches des avocats en quête de
vérité, les énonciations portées (...) constituent une
interprétation erronée de ces faits mais ne démontrent pas
que leurs auteurs aient agi de mauvaise foi", explique
dans son arrêt la cour d'appel de Douai.
La cour
cite notamment l'exemple d'une lettre du procureur de
Djibouti à la juge Moracchini évoquant "la poursuite d'une
entreprise de manipulation imputable à Mme Borrel et à ses
avocats" qui, selon cette juridiction, "a pu légitimement
les interpeller sur la stricte neutralité de
l'information". pr/mm/cb
Manifestation de l'opposition djiboutienne à l'appel du
MRD à Bruxelles
A l’occasion du trentième anniversaire de l’Indépendance,
LES DEMOCRATES DJIBOUTIENS ONT ENCORE DENONCE A BRUXELLES
LA DICTATURE A DJIBOUTI
27 juin
1977 - 27 juin 2007 : trente ans. Trente ans depuis que le
drapeau djiboutien a été hissé au bout du mat national.
Trente ans depuis que nous avons cessé d’être une colonie
française et que l’Indépendance nationale a été proclamée.
Trente ans depuis que la longue lutte au cours de laquelle
sont tombés nombre de filles et fils du pays, a abouti.
Ce jour
du 27 juin 1977, celles et ceux qui étaient là s’en
souviennent, a suscité une explosion de joie et
…d’espérance. Il devait inaugurer une ère nouvelle de
liberté, de fraternité et de progrès. Il devait donner le
coup d’envoi d’une belle édification nationale, traduisant
ce sentiment de ressemblance en soi qui nous habite en
actes positifs pour toutes et tous.
Sur
ces vingt-trois mille kilomètres carrés, de l’effort de
ces quelques centaines de milliers d’habitants, unis sous
les belles couleurs haut levées et assoiffés de progrès,
se devait de naître un modèle démocratique, social et
économique harmonieux. La République de Djibouti, une et
indivisible, proclamée par la bouche du regretté Ahmed
Dini Ahmed, se devait de rayonner au-delà de ses
frontières, sur la région et vers le vaste monde. C’était
possible, avec les atouts qui sont les nôtres. C’était
possible avec l’enthousiasme qui nous faisait vibrer.
C’était possible.
Le
mauvais sort en a décidé autrement. Celles et ceux qui ont
pris les rênes du nouvel État en ont décidé autrement. Le
régime du président Hassan Gouled Aptidon et de son
héritier Ismaël Omar Guelleh en a décidé autrement. Au
lieu d’une vision, ce sont le ventre et la violence qui se
sont installés au pouvoir.
Le
bilan de ce mauvais sort est désastreux. Ni liberté, ni
bien-être social, ni développement économique. Jugez-en :
plus de 70% d’analphabétisme pour les 15 ans et plus, 80%
de chômage, 80% de pauvreté, santé et éducation en crise,
jeunesse livrée à elle-même, non-promotion de la femme,
culture foulée aux pieds, promotion des antivaleurs
(telles que la cleptomanie et le non-effort), économie
nationale accaparée, ressources publiques en coupe réglée,
pénurie d’eau et d’électricité qui fait souffrir les
populations et fuir les investisseurs, opposition et
société civile bâillonnées, absence de liberté
d’expression et de tout autre contre-pouvoir, etc. etc.
C’est
pour dénoncer cette triste situation et la dictature qui
en est responsable que les démocrates djiboutiens de
Belgique et des régions voisines de France se sont, encore
une fois, mobilisés. Ils ont manifesté mercredi 27 juin
2007 de quinze heures et demie à seize heures et demie à
Bruxelles devant les locaux de la Commission Européenne,
Rue de la Loi.
Les
membres du MRD sont venus en grand nombre à l’appel du
comité du MRD en Belgique et du président du parti,
Monsieur Daher Ahmed Farah. D’autres démocrates du FRUD et
de l’ARD se sont joints à eux.
Les
manifestants brandissaient des banderoles et pancartes où
l’on pouvait lire : «Djibouti, trente ans de
dictature !», «27 juin 1977 - 27 juin 2007 : trente ans de
dictature !», «Le peuple djiboutien vous appelle au
secours !», «Les déplacés d’Arhiba II souffrent !».
Etc.
Etait
également brandie la première page du journal interdit le
Renouveau Djiboutien avec au milieu ces mots éloquents :
« Interdit, il ne parait plus depuis mai 2007 »
et «Le camarade Farah Abadid Hildid croupit en prison
depuis le 3 juin 2007».
Conformément au programme, les orateurs se sont succédés
au micro pour dénoncer la dictature et ses funestes
pratiques. Ils ont insisté sur ses derniers agissements en
date, à savoir la fermeture arbitraire du Renouveau,
organe du MRD et unique publication libre de l’opposition
et du pays, la détention de plusieurs camarades du MRD
dont Farah Abadid Hildid qui croupit à la sinistre prison
de Gabode depuis le 3 juin 2007 ainsi que l’incarcération
du président de la LDDH, Jean-Paul Noël Abdi, libéré le 15
avril 2007. Ce que dénonce aussi Reporters sans frontières
qui écrit dans un communiqué daté du 26 juin 2007 : «Le
Renouveau djiboutien, organe du parti d'opposition
Mouvement pour le renouveau démocratique et le
développement (MRD), ne peut plus paraître depuis le 13
mai 2007, après que son matériel de tirage a été, pour la
troisième fois en quatre mois, saisi par la police. Cette
situation fait de Djibouti l'un des rares pays d'Afrique,
avec l'Érythrée et la Guinée équatoriale, où aucune presse
privée ne paraît.
»
Mohamed
Houssein Absieh, secrétaire général du comité du MRD en
Belgique, Abdoulfatah Omar Osman, président dudit comité,
le dynamique Ali Salem Omar, ancien président du comité et
actuel directeur de cabinet du chef du parti, le
représentant du FRUD en Belgique, Mohamed Abdallah Houmado,
ainsi que le président du MRD, Daher Ahmed Farah (DAF),
ont tour à tour pris la parole pour fustiger la dictature
et ses méfaits, y compris sa violence contre celles et
ceux venus servir le pays à l’instar du juge français
Bernard Borel assassiné en octobre 1995 à Djibouti et dont
la très courageuse veuve Elisabeth Borel empêche le
dictateur Ismaël Omar Guelleh de dormir. Ils ont exhorté
les démocrates djiboutiens à persévérer dans le juste
combat pour la démocratie et l’État de droit à Djibouti.
Signalons également l’intervention du camarade Abdillahi
Farah Waberi, responsable de la sensibilisation au comité
du MRD, qui a fait revivre, de sa puissante voix,
plusieurs chants indépendantistes aux démocrates. Ce qui
n’a pas été sans émotion pour les plus âgés des
manifestants, qui avaient lutté pour l’Indépendance.
Comme
prévu, le message écrit destiné au président de la
Commission Européenne, Monsieur José Manuel Barroso, et
aux parlementaires européens, a été remis à qui de droit
par le président du MRD, Daher Ahmed Farah.
C’est à
seize heures et demie que les démocrates djiboutiens se
sont séparés. Plus que jamais convaincus que le rêve brisé
du 27 juin 1977 peut être ressuscité et fait réalité. Cela
ne dépend que de nous, de nous toutes et tous.
C’était
possible, hier, ce l’est encore aujourd’hui.
Vouloir
c’est pouvoir.
La
lutte continue.
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