Dernières nouvelles - Edition en Ligne de Juin  2006

 Directeur de Publication : ALI MAHAMADE HOUMED Codirecteur : MAHDI IBRAHIM A. GOD Email : realite_djibouti@yahoo.fr


S  o  m  m  a  i  r  e

10/06/06 Plainte à la commission de vérifications des pouvoirs de la 95ème C.I.T

08/06/06 Note d'information de la LDDH : le pouvoir djiboutien face à l'OIT à Genève

03/06/06 Intervention de Mohamed Houmado, représentant du FRUD à Bruxelles, le 27 mai 2006

01/06/06 Journal Humanité : Le président djiboutien joue la carte de la famine

01/06/06 LDDH : Note d'information du 31 mai 2006 : journalistes de la RTD en ligne de mire ?


10/06/2006 Plainte à la commission de vérifications des pouvoirs de la 95ème C.I.T

Djibouti, le 25 mai 2006

Le seul credo du gouvernement djiboutien est des engagements et des promesses sans lendemain ainsi que des assertions sans fin.

Ça fait un peu plus de dix ans que le gouvernement djiboutien répète les même choses, prend avec une insolence moqueuse les recommandations du BIT, viole délibérément les conventions et constitution de l’OIT et présente à chaque conférence de l’OIT des individus justifiés comme syndicalistes pour faire valoir ses objectifs. Dans l’actuelle délégation la représentation des travailleurs est encore une fois détournée.

En effet les prétendus représentants de l’UGTD accompagnant la délégation gouvernementale en qualité des représentants des travailleurs djiboutiens ne sont en fait que des individus à la solde des pouvoirs publics et utilisés en tant qu’alibi syndical par le gouvernement qui espère une fois encore tromper la conférence internationale du travail.

Nous croyons que le gouvernement djiboutien est allé loin dans ses défis aux lois et règles de l’OIT ainsi que ceux de l’ONU:

- en transformant la délégation tripartite qui participait à la conférence internationale du travail de l’an 2002 en un réseau d’émigration avec l’enregistrement, moyennant 3000 euros, une jeune fille dénommée RAHMA, en qualité d’une syndicaliste sur la liste officielle de la délégation djiboutienne ;

- en continuant et en aggravant la répression des syndicalistes ayant débuté avec les licenciement à partir de septembre 1995 des dirigeants de l’intersyndicale UDT/UGTD dont ceux des enseignants et depuis 2004, 2005 et 2006 avec l’affaire de la poste de Djibouti, du port autonome international de Djibouti, de Sheraton hôtel de Djibouti (cas n° 2450, 2741, etc) ;

- en instituant un nouveau code du travail qui viole et brave les conventions de l’OIT notamment les conventions n°87 et n°98 ( doc n°01,02) ;

- en faisant délibérément immixtion dans les affaires syndicales et faisant une violation caractérisée à la liberté syndicale (doc n° 03) ;

- en harcelant et emprisonnant sous des prétextes aussi fallacieux qu’absurdes les dirigeants syndicaux de l’UDT ;

- en arrêtant et expulsant les représentants du BIT ainsi qu’en refoulant manu militari à l’aéroport de Djibouti les représentants de la CISL et de la FIDH;

- etc …;

Cependant, le ministre de l’emploi et de la solidarité nationale qui, il y a 12 mois avait fait des engagements et des promesses sans lendemain (doc n°04) à la conférence internationale du travail de l’OIT de l’année dernière compte répéter le même scénario et s’apprête également à faire une nouvelle volte face pour se justifier.

Donc, nous croyons qu’il est temps que l’OIT prenne une décision effective à l’encontre du gouvernement djiboutien, en allant jusqu’à une condamnation ferme lors de cette 95ème conférence internationale du travail et en invalidant cette énième pseudo-représentation des travailleurs. C’est à cette fin que nous portons plainte auprès de la commission de vérifications des pouvoirs.

Dans l’attente d’une suite favorable à la présente, nous vous prions d’agréer, monsieur le président de la commission, l’expression de notre haute considération.

Le Secrétaire général de l’UDT
Adan Mohamed Abdou

Union Djiboutienne du Travail
B.P : 2767
Tél : 253 82 39 79 / 35 65 32
Fax : 253 35 50 84 / 35 65 32
E-mail : udt_djibouti@yahoo.fr
Pays : République de Djibouti

Région : Est Afrique
Le Secrétaire général de l’UGTD
Kamil Diraneh Hared

Union Générale des Travailleurs Djiboutiens
B.P : 3886
Tél : 253 83 22 22
Fax : 253 42 21 93
E-mail : ugtd_djibouti@yahoo.fr
Pays : République de Djibouti

Région : Est Afrique

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Note d'information de la LDDH : le pouvoir djiboutien face à l'OIT à Genève

Le Président

NOTE D'INFORMATION

DU 8 JUIN 2006

Le pouvoir djiboutien face à l'OIT à Genève

La Conférence internationale du Travail organisée par l’Organisation Internationale du Travail (OIT)  se tient en ce moment à Genève.

C’est une heureuse occasion d’examiner la situation du syndicalisme indépendant dans notre pays.

Après les répressions antisyndicales massives de 1995, les années 2005 et 2006 ont été particulièrement noires pour les travailleurs affiliés à la Centrale syndicale indépendante de l’Union Djiboutienne du Travail (UDT).

Aux licenciements arbitraires des travailleurs portuaires en octobre 2005 est venue s’ajouter la mise hors jeu de ce syndicat indépendant et l’incarcération de ses dirigeants et leur mise sous contrôle judiciaire depuis avril 2006.

Conséquence de ces mesures iniques, les syndicats indépendants ont décrété un deuil syndical le 1er mai dernier, s’abstenant pour la première fois de commémorer la fête du travail en signe de protestation.

Depuis ces malheureux évènements le pouvoir n’a pas renoncé à démanteler le syndicalisme libre.

D’ailleurs la délégation gouvernementale actuellement présente à Genève ne semble pas porteuse d’ouverture et de dialogue, car comme chaque année, elle est accompagnée par des syndicats-maison, alors que les dirigeants des syndicats libres ont vu leurs passeports confisqués par la police (FNP).

Il ne fait aucun doute que la FIDH, la CISL et le BIT (dont les chargés de mission ont été expulsés manu militari) également présents à cette conférence hausseront le ton face aux violations répétés et flagrantes des conventions internationales sur les droits des travailleurs  toutes ratifiées par la république de Djibouti.

En attendant les résultats des travaux de Genève, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) confiante sur l’issue des travaux de Genève :

1. appelle la communauté internationale à favoriser le dialogue en particulier avec les centrales syndicales indépendantes djiboutiennes ;

2. dénonce l’acharnement judiciaire à l’encontre de l’UDT ;

3. demande la réintégration de tous les syndicalistes licenciés en 1995 ;

4. la réintégration immédiate de tous les travailleurs portuaires abusivement licenciés en octobre 2005, suite à un mouvement de grève ;

5. exige la normalisation de la situation salariale de l’ensemble des travailleurs en république de Djibouti ;

6. l’abandon du nouveau Code du Travail  rétrograde et antisocial élaboré sans concertation avec les représentants des travailleurs. 

M. NOEL ABDI Jean-Paul

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Intervention de Mohamed Houmado, représentant du FRUD à Bruxelles

A l’occasion de la célébration de la Journée de la Libération de l’Afrique organisée par l’Amicale Panafricaine au Centre International de la Culture Populaire 21 ter, rue Voltaire 75011 Paris

Paris, 27 mai 2006

Mesdames, Messieurs,

Chers camarades,

Et chers amis,

Au nom de notre organisation, je voudrais d’abord remercier l’Amicale Panafricaine qui nous a permis de participer à cette journée de la libération d’Afrique qui cette année rend un hommage particulier à KWAME NKRUMAH l’un des plus illustres panafricanistes.

Le FRUD est heureux d’apporter sa modeste contribution à cette journée en vous informant sur les derniers développements de la situation à Djibouti.

BILAN D’UNE ANNEE A DJIBOUTI

Djibouti subit une double influence :

- française, en tant qu’ancienne colonie, et par la présence de sa base militaire ;

- et de la Corne d’Afrique, par sa géographie et ses composantes humaines qui ont des prolongements dans les pays voisins.

La Corne n’a pas trouvé une stabilité. La guerre fait rage en Somalie, les interventions extérieures ne font qu’aggraver le chaos particulièrement dans la capitale. Les relations entre l’Ethiopie et l’Erythrée restent tendues, risquant même de dégénérer en un conflit ouvert. Les situations intérieures des deux pays sont explosives.

L’influence française est quelque peu concurrencée depuis l’installation d’une base américaine après le 11/09/2001 mais reste tout de même prépondérante. Ismael Omar Guelleh fait partie d’une espèce protégée par Jacques Chirac.

C’est dans ce contexte qu’à Djibouti perdure une dictature sanglante mais qui offre la singularité de jouir d’une certaine crédibilité à cause de la présence des bases militaires française et américaine. La situation de Djibouti s’est détériorée, elle se caractérise par un blocage du processus politique à peine amorcé, par une répression des mouvements sociaux en pleine renaissance et plus dangereusement le choix de la guerre opérée par le régime.

BLOCAGE DU PROCCESUS POLITIQUE

Les premières élections législatives pluripartites se sont déroulées en janvier 2003. Malgré le déficit des moyens et le manque d’organisation des partis d’oppositions légalisés et en dépit du boycott d’une partie des démocrates,ce fut un raz de marée en faveur des partis d’opposition rassemblés au sein de l’UAD. Les fraudes étaient massives, à la hauteur de ce vote de défiance à l’égard du pouvoir qui s’est adjugé la totalité des sièges du Parlement.

Compte tenu de l’issu du scrutin législatif, et des répressions de façon continue contre les cadres des partis d’opposition et contre toute forme de résistance, l’opposition dans toutes ses composantes ont boycotté l’élection présidentielle du 8 Avril 2005. Le président sortant Monsieur Ismael Omar Guelleh s’est proclamé vainqueur du scrutin où il était le seul candidat en lice.

Les élections régionales et municipales se sont déroulées de la même manière et dans le même esprit que les précédentes au début du mois de Mars 2006. Comme seul élément nouveau, on a assisté à la dénonciation des fraudes électorales par des groupes alliés au Parti du Président , confortant les critiques de l’opposition et mettant ainsi à nue le fonctionnement d’un pouvoir personnel à base quasi familiale .

Devant l’impasse politique, les travailleurs dont les pouvoirs d’achat ne cessent de diminuer essaient de faire valoir leurs revendications.

REPRESSION DU MOUVEMENT SOCIAL EN PLEIN ESSOR

Les syndicats ont été décapités, à la suite des grèves importantes en 1995. Les dirigeants de deux plus importants syndicats ont été licenciés (UGTD et UTD). Le régime a suscité quelques syndicats maisons sans grand succès, mais le mouvement social est sorti affaibli de cette répression.

Depuis septembre 2005 l’on assiste à une montée du mouvement social. Les travailleurs du Port ont été les premiers à observer une grève générale du 14 au 17 septembre 2005 : pour l’amélioration des conditions de travail et contre les licenciements abusifs.

La répression a été dure : 200 grévistes ont été arrêtés, 34 délégués syndicaux licenciés le 24 septembre 2005 pour obstruction à la liberté du travail. Cela n’a pas dissuadé les deux syndicats de transports (bus et minibus) de déclencher à leur tour un mouvement de grève le 22 Août 2006 contre les hausses importantes du prix de carburant.

Lycéens et collégiens ont rejoint les grévistes en participant à des manifestations à Balbala (banlieue de la capitale) qui furent réprimées dans le sang : un jeune de 18ans a été tué et une dizaine d’autres ont été blessés.

Début Mars 2006 les dirigeants syndicaux ont été arrêtés sous un prétexte grossier d’intelligence avec une puissance étrangère (Israël). Cette propension du pouvoir à se radicaliser risque de plonger le pays dans une nouvelle guerre.

LE CHOIX DE LA LOGIQUE DE GUERRE

Le 31 Mars 2005 l’Armée djiboutienne a tué deux membres du Front pour la Restauration de l’Unité et de la Démocratie violant ainsi le cessez le feu observé depuis février 2000 par toutes les parties.

Refus d’appliquer le traité de paix, pourtant partiel signé le 12 Mai 2001 avec une tendance du FRUD. Cette dernière l’a dénoncé à son tour le 24 septembre 2005. Massacre des civils dans le quartier pauvre de la capitale (Arhiba) le 30 novembre 2005 (7 morts dont une femme enceinte et une fillette) pendant que le Président dégustait avec Chirac et ses pairs à Bamako. Surtout depuis le 12 Mai, le Président djiboutien semble avoir opté définitivement pour la guerre. Une vaste offensive est lancée dans la région du Nord avec 2000 soldats (armée et la Garde Présidentielle)

Depuis un an les signes de radicalisation du régime sont nombreux. Les populations civiles sont prises comme cibles, un blocus alimentaire et sanitaire leur est imposé risquant de créer une catastrophe humanitaire.

Une centaine de personnes ont été arrêtées arbitrairement dans plusieurs villages et campements des districts d’Obock et de Tadjourah et dispersées dans plusieurs prisons et casernes. Une vingtaine d’entre elles ont été torturées .

Face à une situation dangereuse où les populations civiles sont réprimées sans discernement, coupables de n’avoir pas bien voté et accusées de soutenir la résistance, les forces démocratiques djiboutiennes ont le devoir impérieux de créer une dynamique unitaire pour faire face à un pouvoir réduit à sa plus simple expression familiale .

Le FRUD appelle à une Conférence de toutes les forces démocratiques de DJIBOUTI pour s’unir autour d’une plate forme politique soutenue par une stratégie claire.

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Journal Humanité 01/06/06 : Le président djiboutien joue la carte de la famine

Djibouti. Ismael Omar Guelleh organise le blocus alimentaire. Arrestations par dizaines. La torture est monnaie courante dans les prisons.

Président depuis 1999 de Djibouti, où depuis trois décennies est mise en oeuvre une politique de marginalisation des populations Afar, Ismaël Omar Guelleh avait tenté, l’an passé, de se forger une image d’homme de la réconciliation nationale avec la pantalonnade du 8 avril 2005 : une présidentielle qui, n’étant précédée ni d’une révision des listes électorales, ni de la moindre garantie de transparence sur les conditions de campagne et de vote, voyait le sortant rester seul en lice pour se succéder à lui-même.

Afin de sauver la face, il faisait proclamer une participation supérieure à 84 % du corps électoral, chiffre d’autant moins à prendre au sérieux que l’opposition, lors des législatives de janvier 2003, avait officiellement obtenu 40 % des suffrages exprimés, et ce dans des conditions déjà fortement opaques.

Cela n’empêchait pas l’Élysée d’adresser ses félicitations à l’homme fort d’un pays qui accueille la principale base militaire française à l’étranger. Désormais elle est voisine, la « guerre contre le terrorisme » aidant, d’une base américaine. Djibouti, porte-avions français depuis l’indépendance est devenu porte-avions multinational... Une situation que Guelleh sait utiliser, jouant alternativement une carte ou l’autre.

Ce qui lui permet de renouer avec ses vieux démons.

Depuis le 12 mai, le chef d’État djiboutien a décrété le blocus alimentaire et sanitaire des districts de Tadjourah et d’Obock. Plus de 2 000 soldats, commandés par le colonel Abdo Abdi Dembil, ratissent la zone, prenant pour cible une population déjà sinistrée par plusieurs années de sécheresse. Objectif affiché, l’éradication de la tendance dite « radicale » du FRUD (Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie), celle ayant refusé de prendre pour argent comptant le « traité de paix » avancé par la présidence le 12 mai 2001.

Les districts du nord sont aujourd’hui coupés du reste du monde.

Des stocks de nourriture ont été saisis en plusieurs endroits, alors que la menace de famine est omniprésente. Des dizaines de personnes ont été arbitrairement incarcérées à Obock, Tadjourah ou dans les prisons de la capitale. Nombre d’entre elles sont soumises à la torture. Parmi les noms transmis par l’opposition, ceux d’Aramis Mohamed, Mohamed Ali Ahmed, Abdallah Bourhan, Bourhan Mohamed, Ali Houmad Mohamed, Ali Mohamed Alsalé, Abakari Mohamed, Hanifa Assé.

Source Humanité, 1er juin 2006

Jean Chatain

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LDDH : Note d'information du 31 mai 2006 : journalistes de la RTD en ligne de mire ?

Le Président

NOTE D'INFORMATION

DU 31 MAI 2006

Journalistes de la RTD en ligne de mire ?

Hier mardi 30 mai 2006, Madame Kaltoum Ali présentatrice du journal en langue somalie de la Télévision progouvernementale aurait été interpellée par des officiers de la police judiciaire.

Il semblerait que  certaines autorités politiques lui reprochent son récent reportage en langue somalie sur la grippe aviaire pour le compte de la BBC, dont elle est correspondante sur place. Pourquoi ?

Quoi qu’il en soit, cette affaire révèle la frilosité des pouvoirs publics cherchant à bâillonner encore plus la liberté d’expression, d’autant  plus que depuis quelques semaines deux autres journalistes de la RTD ont été écartés de l’antenne. Il est vrai que ces derniers temps rien ne va plus à Djibouti depuis la fameuse décentralisation censée déboucher sur une « ère nouvelle ». Après les syndicats indépendants, les blocus alimentaires et sanitaires au Nord, la répression se dirige-t-elle désormais vers les journalistes des médias publics ?

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains  (LDDH) sidérée par de tels comportements, s’inquiète des menaces sur la liberté et le droit à l’information objective dans notre pays :

- demande aux pouvoirs publics de cesser les harcèlements à l’égard des journalistes.

- attire l’attention de Reporters Sans Frontières sur les entraves à la liberté d’informer en République de Djibouti.

- exhorte la BBC à rendre compte de la situation des journalistes en général et des correspondants locaux des radios étrangères à Djibouti.

M. NOEL ABDI Jean-Paul

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