Dernières nouvelles - Édition en Ligne de Juin 2007

 Directeur de publication : Mohamed Ali Abdou.   Codirecteur : Mahdi Ibrahim A. God.   Email : realite_djibouti@yahoo.fr


S  o  m  m  a  i  r  e

27/06/2007 LDDH : DIFFUSION D’INFORMATION DU 26 JUIN 2007.

27/06/2007 : COMMUNIQUÉ DE REPORTERS SANS FRONTIERES

23/06/2007 Affaire Borrel: RFI "a relayé des pressions politiques", affirme un journaliste

21/06/2007 Nicolas Sarkozy s'engage sur la thèse du meurtre du juge Borrel à Djibouti (Le Monde)

20/06/2007 Note d'information de la LDDH : Interdit d’accès au Tribunal de Djibouti, on se dirait dans une « Concorde » du patron de la Justice.

19/06/2007 Elisabeth Borrel: «Il n'y aura plus les obstructions qu'on a connues» (Libé)

19/06/2007 La thèse de l'assassinat officielle dans l'affaire Borrel

19/06/2007 19 juin 2007 : Communiqué conjoint de SURVIE et de l’ARDHD

19/06/2007 AFP /Affaire Borrel : un document suggère d'éventuelles pressions sur RFI

18/06/2007 Communiqué du MRD du 18 juin 2007

16/06/2007 AFP / Affaire Borrel : un prélèvement ADN effectué

15/06/2007 Communiqué du MRD du 15 juin 2007

15/06/2007 Affaire Borrel : la veuve du juge assassiné sera reçue par Nicolas Sarkozy

09/06/2007 Borrel, une affaire d'État

09/06/2007 Reuters : L'État français en position d'accusé dans l'affaire Borrel

06/06/2007 L'Affaire Borrel dans Le Monde : A Djibouti et à Paris, des gens savent

05/06/2007 Communiqué du MRD : Farah Abadid Hildi jeté à la prison de Gabode

05/06/2007 LDDH : Mais qui commande la police djiboutienne ?

03/06/2007 L'Affaire Borrel sur Canal + : le zapping de la semaine

02/06/2007 Communication du Secrétaire général de l'Union djiboutienne du travail (UDT)

01/06/2007 Journal Le Point : Comment est mort le juge Borrel ?


LDDH : DIFFUSION D’INFORMATION DU 26 JUIN 2007.

Bonne fête au Peuple Djiboutien qui souffre depuis trente ans d’une dictature foncièrement sournoise avec une Police politique omniprésente.

Demain en principe, c’est un jour d’allégresse, le Peuple Djiboutien va fêter sa souveraineté nationale. Trente ans d’Indépendance sous un régime d’une équipe qui a été imposée par la fraude électorale et foncièrement dictatoriale.

Par un régime, hélas encore, soutenu par des Puissances Etrangères et ce pour des raisons d’Etat, pour des raisons d’INTERËTS GEOSTRATEGIQUES POUR EUX.

Les Djiboutiens et les Djiboutiennes vont fêter le cœur gros de chagrin face à l’oppression constante et insupportable ; pour la grande majorité d’entre eux dans un climat morose, pire encore socialement déprimant ; dans un climat sans avenir, les yeux rivés vers le passé qui apparemment continue encore avec ses méfaits post-colonial.

Concernant la Liberté de la Presse, bon nombre de vieilles personnes, encore en vie, peuvent témoigner que depuis 1999 la situation avec l’actuel « jeune » Président, la situation :

- de la liberté de la Presse et du Droit d’Expression, prévue par la Constitution et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme est pire qu’en période coloniale, où il y avait un semblant de démocratie ;

- de l’avenir social est stressante pour ne pas dire révoltante.

- du gangstérisme d’Etat apparemment inexistant en période coloniale nécessite d’urgence une Commission Internationale, car le FMI et la Banque Mondiale semblent fermer les yeux pour des raisons probablement géostratégiques de l’OTAN.

Bonne fête et notre pensée profonde à toutes les victimes, résidant tant à Djibouti qu’ailleurs, de la dictature intolérable  encore maintenue en République de Djibouti.

Dictature qui sévit encore en toute Impunité dans notre pays

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) continue à dénoncer toutes les dérives des Autorités Djiboutiennes et elle lance un Appel urgent pour des élections Libres et contrôlées afin de mettre fin à toutes les dérives électorales maintenant cette dictature sournoise dans notre République muselée. 

M. NOEL ABDI Jean-Paul

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26 juin 2007 : COMMUNIQUÉ DE REPORTERS SANS FRONTIERES

AVEC LE SOUTIEN DU RESAU DES DENSEURS DES DROITS DE L’HOMME (EHAHRD-Net)

All Network members should forward this call to the Djiboutian authorities for redress. Send appeals to;

H.E President Ismail Omar Guelleh,

Thru; the Prime Minister, H.E Dileita Mohamed Dileita : Fax: +253-351132

H.E the President of the National Assembly, Idriss Arnaoud Ali, Fax: +253-355503

H.E Minister of Justice, Mohamed Barkat Abdillahi Fax: +253-355420:

Date: Tue, 26 Jun 2007 09:55:04 +0200

Reporters sans frontières : Communiqué de presse à l'occasion du 27 juin 2007

DJIBOUTI

Trente ans après l'indépendance, Reporters sans frontières dénonce la dérive autoritaire du gouvernement

A l'occasion du trentième anniversaire de l'indépendance de Djibouti, le 27 juin 2007, Reporters sans frontières dénonce la dérive autoritaire du gouvernement présidé par Ismaël Omar Guelleh, après la campagne de harcèlement ayant conduit à la réduction au silence du Renouveau djiboutien, seule publication d'opposition du pays.

"Cette année, la fête de l'indépendance est un moment d'inquiétude. Peu à peu, Djibouti se ferme au monde et à la critique. Il était déjà inquiétant de voir qu'une seule publication d'opposition offrait aux Djiboutiens une information différente, malgré des moyens limités. Aujourd'hui qu'elle a disparu sous la contrainte, le gouvernement détient le monopole de l'information nationale. La dérive des autorités djiboutiennes ne peut pas continuer dans l'impunité, alors que la France et les Etats-Unis, militairement présents dans le pays, observent sans rien dire. La fête de l'indépendance devrait être l'occasion pour les autorités djiboutiennes d'ouvrir enfin le secteur de l'audiovisuel et de la presse écrite, de garantir la liberté de la presse et de permettre à Radio France Internationale (RFI) d'émettre de nouveau", a déclaré l'organisation.

Le Renouveau djiboutien, organe du parti d'opposition Mouvement pour le renouveau démocratique et le développement (MRD), ne peut plus paraître depuis le 13 mai 2007, après que son matériel de tirage a été, pour la troisième fois en quatre mois, saisi par la police. Cette situation fait de Djibouti l'un des rares pays d'Afrique, avec l'Erythrée et la Guinée équatoriale, où aucune presse privée ne paraît.

Dans la ligne de mire du régime d’Ismaël Omar Guelleh depuis plus d’une dizaine d’années, le directeur du journal, Daher Ahmed Farah, avait été arrêté à quatre reprises en 2003 et avait passé, au total, près de trois mois en prison au cours de l’année. Il se trouve aujourd'hui à  l'étranger. Son frère, Houssein Ahmed Farah, avait passé neuf jours en prison, en juin 2004, sous prétexte qu’il aurait "attenté à la vie de la première dame du pays". Alors qu’il circulait en voiture pour aller couvrir une manifestation populaire, il avait dû freiner brusquement pour éviter un convoi officiel.

Depuis la reprise du harcèlement du MRD et du personnel de son journal, en février 2007, plusieurs cadres et militants ont été arrêtés pour des périodes plus ou moins brèves. Arrêté le 3 juin, Farah Abadid Hildid, militant du MRD et collaborateur du Renouveau djiboutien, est toujours en détention après avoir été condamné, le 14 juin, à un mois de prison ferme pour "publication de fausses nouvelles". Houssein Ahmed Farah, quant à lui, a été arrêté et détenu deux fois depuis février 2007, du 7 au 10 février et du 6 au 13 mai. Les vendeurs à la criée du Renouveau ont été régulièrement interpellés et intimidés.

Se fondant sur diverses procédures judiciaires ouvertes pour "diffamation" ou "publication de fausses nouvelles", la police djiboutienne a également procédé à des perquisitions dans les locaux du parti et du journal, ainsi qu'au domicile de Daher Ahmed Farah. Le 7 février, un ordinateur servant à l'édition du Renouveau avait été saisi, compromettant la parution des numéros suivants. Le 29 mars, le matériel d'impression avait été confisqué, interrompant une nouvelle fois la parution de l'hebdomadaire. Le 13 mai, la police avait perquisitionné les locaux du MRD dans le quartier de Hayableh, saisissant le matériel de sonorisation de manifestations et le nouveau matériel d'impression du journal. L'équipe du Renouveau djiboutien a tenté, en vain, de faire paraître une dernière édition, le 17 mai.

La dernière publication non assujettie au gouvernement djiboutien n'a donc plus paru depuis cette date. Le bihebdomadaire gouvernemental La Nation, ainsi que le journal arabophone à parution irrégulière, Al Qaran, organe du parti présidentiel Rassemblement populaire pour le progrès (RPP), sont les derniers journaux à paraître à Djibouti. Les radios internationales britannique British Broadcasting Corporation (BBC) et américaine Voice of America (VOA) peuvent être captées en FM. L'émetteur de Radio France Internationale (RFI) a pour sa part été fermé le 14 janvier 2005, après la diffusion de reportages sur l'assassinat, en 1995, du juge français Bernard Borrel. La possession de paraboles satellites, même si elle est autorisée, est étroitement surveillée par les autorités.

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Affaire Borrel: RFI "a relayé des pressions politiques", affirme un journaliste

Source :  Tribune de Genève, 23 juin 2007

David Servenay, ancien journaliste de Radio France International (RFI) qui travaillait sur l'affaire Borrel, a affirmé samedi dans un communiqué à l'AFP que la direction de la station avait "relayé au printemps 2005 de multiples pressions politiques (...) de l'Élysée et de Djibouti" dans cette affaire.  

Une note diplomatique, saisie par la justice au Quai d'Orsay et que l'AFP a pu consulter, suggère que Djibouti a demandé en 2005 la mise à l'écart de ce journaliste.

"Ne pouvez-vous demander à RFI, et obtenir, qu'il ne s'occupe plus de Djibouti?", demande notamment le ministre des Affaires étrangères djiboutien, dans cette note datée du 24 janvier 2005.

M. Servenay s'est vu progressivement retirer la couverture du dossier à partir d'octobre 2005, avant de quitter définitivement l'entreprise en mai 2007, selon des représentants du personnel de RFI.

Le directeur de la communication de RFI, André Sarfati, a affirmé à l'AFP que "les autorités de RFI" n'avaient jamais subi "de pression ou d'intervention" politique, notamment du Quai d'Orsay, dans cette affaire.

Une affirmation contestée par M. Servenay dans son communiqué. "La direction de RFI a relayé au printemps 2005 de multiples pressions politiques, dont je sais qu'elles viennent de l'Élysée et de Djibouti", explique-t-il.

Selon lui, Bernard Brigouleix, ex-directeur de l'information de RFI, lui aurait notamment dit, devant témoins: "Tu sais, nous avons des soucis diplomatiques", en lui annonçant la déprogrammation d'un reportage sur l'affaire Borrel, en mars 2005. Contacté par l'AFP, M. Brigouleix n'a pu être joint.

Le retrait du reportage et d'un article sur le site interne de RFI avait été dénoncé le 19 mai 2005 par le personnel de RFI comme "un cas de censure".

Ils ont finalement été diffusés, "après l'introduction du point de vue de Djibouti", pour le premier, et "la suppression de passages qui pouvaient être diffamatoires", pour le second, a expliqué lundi à l'AFP Dominique Burg, directrice de la rédaction de RFI, en affirmant n'avoir "personnellement jamais subi la moindre pression" dans cette affaire.

"Dominique Burg oublie de préciser que les passages" incriminés (qui concernaient l'éventuelle implication des services spéciaux français, ndlr) avaient été validés par la direction de l'Information", explique aujourd'hui le journaliste en contestant leur caractère diffamatoire.

"N'étant pas à la tête de l'entreprise, il est également normal que Mme Burg n'ait pas (...) subi de pression directes des autorités françaises", explique-t-il.

Le syndicat national des journalistes SNJ a demandé mercredi dans un communiqué à la direction de RFI "de s'expliquer sur le dossier Borrel", en estimant que celle-ci semblait "de toute évidence, avoir cédé aux pressions" dans cette affaire.

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Nicolas Sarkozy s'engage sur la thèse du meurtre du juge Borrel à Djibouti

Compte rendu publié dans LE MONDE du 21.06.07

e procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, n'a pas tardé à emboîter le pas du président de la République. Mardi 20 juin en début de soirée, quelques heures à peine après qu'Elisabeth Borrel fut sortie de l'Élysée où Nicolas Sarkozy l'avait reçue en fin de matinée, M. Marin a confirmé dans un communiqué l'origine criminelle de la mort du juge Bernard Borrel dont le cadavre fut retrouvé en octobre 1995 dans un ravin à Djibouti. Selon nos informations, un peu avant dans l'après-midi, le conseiller chargé de la justice à l'Élysée avait eu un entretien téléphonique sur le sujet avec la Chancellerie.

Jusqu'à cet épisode, le parquet de Paris s'était cantonné dans le silence. Saisie le 15 juin d'une demande de la juge Sophie Clément, chargée d'instruire ce dossier, lui enjoignant de rendre public les éléments d'enquête qui attestent la piste criminelle, il n'avait pas été aussi prompt à suivre. La promesse faite par M. Sarkozy à Mme Borrel, selon laquelle "il allait se renseigner" pour savoir pourquoi le parquet de Paris ne soutenait pas officiellement la thèse de l'homicide, a eu davantage d'effet. "Le procureur de la République, en accord et comme suite à la demande de Mme Sophie Clément, vice-présidente chargée de l'instruction de l'affaire Borrel, précise que si la thèse du suicide a pu un temps être privilégiée, les éléments recueillis notamment depuis 2002, militent en faveur d'un acte criminel", souligne le texte. "Les expertises anthropologiques, médico-légales de la police scientifique concluent à l'existence de lésions osseuses sur le crâne et l'avant-bras gauche à l'aide d'objet contondant", poursuit le parquet tout en indiquant que l'instruction "vise notamment à identifier les auteurs et connaître leurs mobiles".

Il n'a donc fallu que quelques heures pour que Mme Borrel, qui s'est dite "réconciliée avec son pays" à sa sortie de l'Elysée, constate "un vrai changement de ton sur le fond et sur la forme" quant à la manière dont les autorités judiciaires abordent désormais ce dossier. "Nicolas Sarkozy nous a dit qu'il avait tenu personnellement à recevoir Mme Borrel qu'il considère comme une victime, alors qu'un certain nombre de ses services lui avaient demandé de ne pas le faire", a déclaré l'un des avocats de Mme Borrel qui a assisté à l'entrevue, Me Olivier Morice.

COUR INTERNATIONALE DE JUSTICE

Selon Mme Borrel, les interventions du président de la République ne devraient pas s'arrêter là. M. Sarkozy aurait également pris l'engagement de s'adresser à la Cour internationale de justice afin que Mme Borrel soit entendue comme témoin. Cette Cour est saisie depuis janvier 2006 d'une plainte de la république de Djibouti contre la France qui refuse de lui transmettre le dossier dans lequel des témoignages mettent en cause l'entourage direct du président Ismaël Omar Guelleh.

Enfin, M. Sarkozy devrait s'informer des raisons pour lesquelles certains documents classés secret défense n'ont pas été retrouvés. Selon l'Élysée, le chef de l'État va vérifier si ces documents existent et s'il y a des raisons légales à ne pas les divulguer.

Il y a une semaine Mme Borrel et ses avocats avaient dénoncé l'attitude des autorités françaises jusque là "peu soucieuses de la vérité". Contrairement à son prédécesseur Jacques Chirac, qui, selon Mme Borrel, avait toujours privilégié les considérations diplomatiques, M. Sarkozy s'engage en suivant une voie différente. Il ne fait guère de doute que cet engagement du président de la République dans un dossier sensible en cours d'instruction suscitera des réactions du gouvernement de Djibouti.

Yves Bordenave

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Note d'information de la LDDH : Interdit d’accès au Tribunal de Djibouti, on se dirait dans une « Concorde » du patron de la Justice.

Le Président

NOTE D'INFORMATION

DU 16 JUIN 2007

*

Interdit d’accès au Tribunal de Djibouti,

on se dirait dans une « Concorde » du patron de la Justice

Jeudi dernier, le 14 juin 2007 le procès de Farah Abadid Hildid s’est passé dans le plus grand secret, pourtant les audiences du Tribunal sont en publiques en général, mais dans le cas du militant très active de la LDDH et responsable politique du MRD, l’un des Partis l’Opposition Djiboutienne, le procès s’est déroulé dans le plus grand secret.

Sans avocat il a été traîné de Commissariat en Commissariat, tabassé à coup sur car un certain Lieutenant Abdillahi S. des R. G de la Police Nationale, qui, à quelques jours avant son arrestation, avait déclaré dans une cafétéria de la place Ménélik ou place de l’Indépendance, qu’il allait se farcir en mettant en prison Farah Abadid dont il était à la recherche.

Pour un gars du Renseignement il n’est vraiment pas discret et nous fait penser à un certain Waberi limogé du RG.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) dénonce vigoureusement de telles pratiques qui se sont instaurées avec l’actuel Ministre de la justice qui a transformé le Tribunal comme place forte surveillée par une flopée de gendarmes.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) condamne sans équivoque ce procès bidon, procès d’intimidation politique pris en catimini, sans défense et sans motif valable, en effet, M. FARAH ABADID HILDID a été condamné arbitrairement à un mois de prison ferme jeudi dernier.

M. NOËL ABDI Jean-Paul.

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Elisabeth Borrel: «Il n'y aura plus les obstructions qu'on a connues» (Libé)

LIBERATION.FR : mardi 19 juin 2007

Reçue mardi matin par Nicolas Sarkozy, Elisabeth Borrel, veuve du juge français retrouvé mort à Djibouti en 1995, dit avoir constaté un «vrai changement de ton» dans la manière d'aborder le dossier.

Elisabeth Borrel, qui avait demandé une audience au chef de l'État pour qu'il lui garantisse que l'enquête sur la mort de son mari serait menée à bien, a été reçue mardi matin à l'Élysée.

«Je voulais remercier (Nicolas Sarkozy) car c'est le seul qui m'ait reçue depuis douze ans, je n'ai jamais été reçue par qui que ce soit, aucun ministre, aucun garde des Sceaux auparavant, dans une affaire qui concerne pourtant l'assassinat d'un magistrat. C'est vrai qu'il m'a un peu, sur ce plan-là, réconciliée avec mon pays», a-t-elle déclaré à la presse à sa sortie de l'Elysée.

Elisabeth Borrel a expliqué avoir constaté chez le chef de l'Etat «un vrai changement de ton sur le fond et sur la forme» dans la manière d'aborder le dossier. «J'ai ressenti la parole libre d'un homme chaleureux», a-t-elle confié, ajoutant: «Il n'y aura plus les obstructions qu'on a connues. Il s'y est engagé.»

Après la mort du juge Borrel, en 1995 à Djibouti, l'enquête française a privilégié dans un premier temps la thèse du suicide avant de retenir celle d'un assassinat après de nouvelles expertises. Des témoignages mettent directement en cause le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh et son entourage.

Elisabeth Borrel avait dénoncé le 13 juin devant la presse «des pressions politiques incontestables» de l'Etat français dans cette enquête, mettant notamment en cause le rôle joué par Jacques Chirac.

Nicolas Sarkozy «a pris l'engagement de demander à ce que Mme Borrel soit entendue en tant que témoin par la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye, ce que seul un État peut demander», a précisé à l'AFP Me Olivier Morice, avocat de Mme Borrel, qui l'accompagnait à l'Élysée.

La CIJ a été saisi le 12 janvier 2006 d'une plainte de Djibouti contre la France à laquelle l'Etat africain reproche d'avoir manqué à ses devoirs d'entraide judiciaire en refusant de lui transmettre une copie du dossier français sur la mort du magistrat. La juge Sophie Clément a demandé jeudi au procureur de Paris de rendre publics les éléments du dossier prouvant la piste criminelle afin d'éviter «la propagation d'informations inexactes». Le 9 mai, les avocats d'Elisabeth Borrel avaient déjà formulé la même demande.

http://www.liberation.fr/actualite/societe/262168.FR.php

© Libération

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La thèse de l'assassinat officielle dans l'affaire Borrel

Le Monde 19.06.07

PPARIS (Reuters) - La justice retient la thèse d'un homicide et non plus celle du suicide dans l'enquête sur la mort du magistrat français Bernard Borrel, en 1995 à Djibouti, déclare officiellement mardi soir le procureur de la République de Paris dans un communiqué.

L'affaire est au centre de vives tensions diplomatiques. Ce communiqué avait été demandé quelques heures auparavant au président Nicolas Sarkozy par la veuve du magistrat, reçue à l'Élysée pour la première fois depuis la mort de son mari, pour laquelle elle met en cause les autorités de Djibouti.

Le magistrat, Jean-Claude Marin, assure dans ce communiqué - démarche sans précédent dans ce dossier - qu'il répond à une demande du juge d'instruction et ne mentionne pas l'Élysée.

"Le procureur de la République de Paris, en accord et comme suite à la demande de Madame Sophie Clément, vice-présidente chargée de l'instruction de l'affaire Borrel, précise que si la thèse du suicide a pu un temps être privilégiée, les éléments recueillis notamment depuis 2002 militent en faveur d'un acte criminel", dit le procureur.

Elisabeth Borrel souhaitait ainsi qu'il soit répondu à des reportages de presse qui ont examiné diverses hypothèses, dont le suicide, un temps envisagé dans l'enquête, ce qui aux yeux de son avocat Olivier Morice constitue une manipulation.

"Les expertises anthropologiques, médico-légales et de police scientifique concluent à l'existence de lésions osseuses sur le crâne et sur l'avant-bras gauche, faites à l'aide d'un objet contondant, et à la découverte de deux produits inflammables de nature distincte versés sur le corps. Elles précisent que 'Bernard Borrel était couché sur le sol lorsque les liquides ont été répandus sur sa personne de manière aléatoire'", explique le procureur.

Il ne se prononce cependant pas sur la piste d'un meurtre commandité par le pouvoir politique de Djibouti, défendue par la veuve du magistrat. "En l'état, l'instruction vise à compléter ces éléments par des auditions et de nouvelles expertises afin, notamment, d'identifier les auteurs et de connaître leurs mobiles", dit-il.

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19 juin 2007 : Communiqué conjoint de SURVIE et de l’ARDHD

Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) veut renvoyer à Djibouti, où leur vie serait en danger, des opposants au régime dictatorial qui y sévit.

Survie et l’ARDHD sont profondément préoccupées par la situation des anciens combattants du Frud (Front pour la restauration de l’unité et la démocratie), actuellement réfugiés en Ethiopie, et gravement menacés par la décision du HCR.

Survie et l’ARDHD alertent les organisations internationales et demandent au HCR soit de revenir sur sa position, soit de proposer une alternative à ces familles en détresse menacées de mort si elles étaient contraintes de retourner à Djibouti.

Le contexte et l’histoire :

Dans les années 1991 à 1993, un certain nombre de jeunes djiboutiens ont rejoint les rangs de la résistance qui combattait la dictature d’Hassan Gouled, voulant aussi échapper à la répression tribale sauvage qui s’était abattue sur une partie de la population et en particulier les Afar. Cela avait commencé par le massacre d’Arhiba en décembre 1991 quand les forces gouvernementales ont rassemblé les habitants de cette cité et qu’elles les ont massacrés à bout portant : plus de 50 morts et une centaine de blessés, civils et innocents, femmes, enfants et vieillards. L’arrivée d’un hélicoptère militaire français avait permis d’éviter un carnage plus terrible encore.

Dans les années 90, une partie de ces opposants a trahi le FRUD et a suivi Ougoureh Kifleh qui se ralliait au régime dictatorial de Gouled. Mais avant de rendre publique sa décision, le Groupe armé d’O. Kifleh avait tiré dans le dos des résistants, lors des accrochages, afin de les affaiblir et de permettre la victoire de l’Armée Nationale Djiboutienne (AND)

Les résistants, qui n’avaient pas trahi leurs idéaux, furent alors contraints de prendre la route de l’exil et nombreux sont ceux qui se sont établis en Ethiopie. Ce pays ne leur a jamais accordé formellement le statut de réfugiés, mais le HCR les a pris en charge, leur versant une modeste mensualité et garantissant l’accès aux soins médicaux.

La situation actuelle :

Le 2 mai 2007, le HCR a convoqué ces réfugiés à Addis Abeba pour leur signifier qu’il allait cesser toute aide et pour leur demander de retourner s’établir à Djibouti où la situation, toujours selon cette organisation, « serait calme ».

A l’unanimité, les réfugiés ont refusé le retour à Djibouti, pour deux raisons :

1°) Les assassins de leurs proches et de leurs amis vivent en liberté à Djibouti et occupent souvent des postes à responsabilité au sein de l’Armée, de la Police et des forces spéciales. La récente découverte d’un premier charnier dans le Day est la preuve des exécutions sommaires et massives de villageois innocents. Accepteront-ils de partager les mêmes terres avec les enfants de ces victimes ? La réponse est évidemment non

2°) Ces résistants ont été les témoins de la trahison du Groupe d’Ougoureh Kifleh, devenu Ministre de la Défense du dictateur Ismaël Omar Guelleh. On peut craindre que les membres de ce Groupe ne puissent pas supporter la présence de leurs anciens camarades, qui ont été témoins de leur trahison.

La demande de ces réfugiés est claire et réaliste :

Dans une lettre ouverte adressée au Président de l’ARDHD ces réfugiés disent refuser de retourner à Djibouti. Si leur maintien en Ethiopie n’est plus possible, ils demandent à ce que le HCR et la communauté internationale prennent en charge leur établissement dans un pays tiers qui puisse les accueillir et leur permettre de vivre dans des conditions de sécurité assurées.

Au total, une vingtaine de familles serait concernée.

SURVIE et l’ARDHD lancent un appel à la communauté internationale et au HCR pour qu’une solution alternative soit immédiatement proposée à ces malheureux réfugiés qui risquent une « mort annoncée », s’ils étaient contraints de rentrer à Djibouti.

Contacts :

SURVIE
Olivier THIMONIER
210, rue Saint-Martin – 75003 Paris
Tel : +33 (0)1-44-61-03-25
E-mail : olivier.thimonier@survie-france.org
http://www.survie-france.org

ARDHD
Jean-Loup SCHAAL
84, rue Saint-Louis en l’ile - 75004 PARIS
Tel : +33 (0)1 46 34 70 70
E-mail : jlschaal@ardhd.org
http://www.ardhd.org

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AFP /Affaire Borrel : un document suggère d'éventuelles pressions sur RFI

AFP - 19/06/07

PARIS (AFP) - Une note diplomatique, que l'AFP a pu consulter, suggère que Djibouti a demandé en 2005 la mise à l'écart d'un journaliste de RFI travaillant sur le dossier Borrel, la direction de RFI assurant de son côté n'avoir subi aucune pression.

Le journaliste s'est vu progressivement retirer la couverture du dossier à partir d'octobre 2005, avant de quitter définitivement l'entreprise en mai 2007, a-t-on appris de source syndicale à Radio France Internationale.

La veuve du juge Bernard Borrel, tué en 1995 à Djibouti, avait expliqué le 13 juin que des pressions avaient été exercées sur la justice, mais également sur la presse, en citant le cas d'un journaliste de RFI.

Djibouti avait conclu à un suicide du magistrat mais l'enquête française privilégie désormais la thèse de l'assassinat. Des témoignages mettent directement en cause le président Ismaël Omar Guelleh et son entourage.

"Pourquoi RFI laisse-t-elle systématiquement l'un de ses journalistes attaquer Djibouti et son président à l'antenne?", interroge le ministre des Affaires étrangères djiboutien, Ali Abdi Farah, cité dans une note diplomatique de l'ambassadeur de France à Djibouti, Philippe Selz, du 24 janvier 2005, saisie par la justice au Quai d'Orsay et que l'AFP a pu consulter.

"Tout cela est connu et se répète à longueur de temps. On sait, vous savez que ce journaliste de RFI, toujours le même, prend systématiquement fait et cause pour la veuve Borrel. Ne pouvez-vous demander à RFI, et obtenir, qu'il ne s'occupe plus de Djibouti?", demande le ministre.

Interrogé par l'AFP, le directeur de la communication de RFI, André Sarfati, a affirmé que "les autorités de RFI" n'avaient jamais subi "de pression ou d'intervention" politique, notamment du quai d'Orsay, dans cette affaire.

Entré en 1996 à RFI, le journaliste mis en cause, David Servenay, a travaillé à partir de 2002 sur le dossier Borrel. "Il a beaucoup écrit, s'est beaucoup impliqué dans ce dossier et l'a toujours fait dans les meilleurs conditions", a expliqué M. Sarfati.

"Je ne souhaite pas faire de commentaire sur le conflit qui m'a opposé à RFI ces dernières années. Je réserve mes déclarations à la justice si elle souhaite m'interroger sur cette affaire", a déclaré le journaliste à l'AFP.

"On avait expliqué à David qu'il n'y avait pas de place sur RFI pour un journaliste qui ne ferait que de l'investigation. Mais lui ne voulait faire que cela.

Je pense que c'est pour cette raison qu'il a souhaité quitter l'entreprise", a expliqué à l'AFP Dominique Burg, directrice de la rédaction de RFI.

"Je n'ai personnellement jamais subi la moindre pression, jamais reçu de coup de fil des Djiboutiens ou du Quai d'Orsay. Je suis affirmative", a-t-elle ajouté. Interrogé par l'AFP, le Quai d'Orsay s'est refusé à tout commentaire.

Le traitement de l'affaire Borrel par RFI, radio financée à 60% par le Quai d'Orsay et considéré dans certains pays africains comme "la voix de la France", selon l'expression de journalistes de la station, avait provoqué en janvier 2005 les foudres de Djibouti qui avait coupé l'émetteur local.

En interne, le retrait d'un reportage de David Servenay sur Mme Borrel et d'un article sur le site Internet de RFI avait été dénoncé le 19 mai 2005 par le personnel comme "un cas de censure".

Le reportage et le sujet Internet ont finalement été diffusés, "après l'introduction du point de vue de Djibouti", pour le premier, et "la suppression de passages qui pouvaient être diffamatoires", pour le second, explique Dominique Burg.

"On se souvient qu'à l'époque, la direction avait affirmé que c'était pour des raisons éditoriales que ce journaliste était relevé du dossier Borrel. Mais s'il existe un lien entre la note diplomatique et la décision, c'est proprement scandaleux", a estimé Marc Thiebault, délégué CFDT à RFI.

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Communiqué du MRD du 18 juin 2007

Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement

(Ancien PRD)

Cité Poudrière Avenue Nasser

Tel : 34 23 99

BP : 3570

Djibouti

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

FARAH ABADID HILDID CONDAMNÉ A UN MOIS DE PRISON FERME !

Jeudi 14 mai 2007, notre camarade Farah Abadid Hildid, militant des droits de l’Homme, cadre du MRD et qui aide à la distribution du journal le Renouveau Djiboutien, qui croupissait en détention préventive arbitraire depuis le 3 mai 2007 à la sinistre prison de Gabode, a été présenté en catimini à un juge et condamné à un mois d’emprisonnement ferme. Sous le systématique chef d’accusation de diffusion de fausses nouvelles !

Cette condamnation arbitraire intervient à la veille du trentième anniversaire de l’Indépendance du 27 juin 1977, censée rétablir le peuple djiboutien dans sa dignité et sa liberté. Elle s’inscrit dans une longue série répressive dirigée contre le MRD et son journal le Renouveau Djiboutien. C’est un signal clair envoyé aux démocrates djiboutiens : la dictature est désormais totale.

Nous condamnons avec la plus grande vigueur cette décision inique et les autres atteintes à la liberté et aux droits humains. Nous exigeons la libération immédiate et sans condition de Farah Abadid Hildid ainsi que la restitution tout aussi immédiate de tous nos matériels saisis depuis février 2007.

Nous appelons la communauté démocratique internationale à intensifier les pressions sur ce régime dictatorial pour que cesse l’arbitraire et s’instaure la démocratie.

Fait à Bruxelles, le 18 juin 2007
Par le président du MRD
Directeur de publication du Renouveau
Daher Ahmed Farah

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AFP / Affaire Borrel : un prélèvement ADN effectué

AFP - 16/06/2007

Hamouda Hassan Adouani s'est prêté de plein grè au prélèvement d'ADN ordonné par un juge tunisien en application d'un accord franco-tunisien. Il est suspecté d'être impliqué dans la mort du magistrat français à Djibouti, en 1995.

Un prélèvement d'ADN a été pratiqué sur un Tunisien suspecté d'être impliqué dans la mort du juge français Bernard Borrel, à la demande de la justice française, a indiqué samedi 16 juin à l'AFP une source judiciaire.

Hamouda Hassan Adouani a été entendu le 12 juin par le doyen des juges d'instruction au Tribunal de première instance de Tunis, qui agissait sur commission rogatoire internationale lancée par la juge française Sophie Clément.

Le suspect nie toute implication

Ce Tunisien, qui était assisté par un avocat, "a nié toute implication dans ce crime", a affirmé la même source. Il s'est "présenté au rendez-vous en liberté et s'est prêté de son plein gré au prélèvement d'ADN ordonné par le juge" tunisien en application de l'accord franco-tunisien en matière pénale, a-t-on ajouté de même source.

Hamouda Hassan Adouani fait objet d'un mandat d'arrêt international lancé par la juge Sophie Clément, qui avait ordonné le prélèvement d'ADN pour le comparer à des empreintes génétiques inconnues retrouvées sur le short du juge Borrel, retrouvé mort en 1995 à Djibouti.

Bernard Borrel avait été retrouvé mort en 1995, le corps en partie carbonisé, en contrebas d'un ravin à 80 km de Djibouti.

La veuve reçue mardi à l'Élysée

L'enquête française a privilégié dans un premier temps la thèse d'un suicide avant de retenir celle d'un assassinat, après de nouvelles expertises (coup sur la tête, utilisation de deux liquides inflammables différents, empreintes génétiques...).

Sa veuve, Elizabeth Borrel, va être reçu mardi par le président Nicolas Sarkozy à qui elle avait fait appel pour faire respecter l'indépendance de la justice dans l'enquête sur les circonstances du décès suspect de son mari.

Elizabeth Borrel et ses avocats, Mes Olivier Morice et Laurent De Caunes, ont dénoncé "des pressions politiques incontestables" de l'Etat français dans cette enquête. (AFP).

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Communiqué du MRD du 15 juin 2007

Zone de Texte: Mouvement pour le Renouveau démocratique
et le Développement (MRD)
Comité du MRD en Belgique
225/2 Chaussée de Gand, 1081 Bruxelles
Royaume de Belgique
É 0472-212-210

 

                               Courriel : comitemrd@belgique.com ou rousseyl@hotmail.com

Réf/MRDC/SG/07         

   COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Dans le cadre de la constante lutte pour la démocratie et l’État de droit à Djibouti, le comité du MRD en Belgique organise une manifestation le 27 juin 2007 de 15 heures et demie à 16 heures et demie devant les locaux de la Commission Européenne, au 170 rue de la Loi à Bruxelles. Métro : Schumann.

               Au moment où le régime liberticide en place à Djibouti s’apprête à célébrer en grande pompe le trentième anniversaire de son règne dictatorial et redouble de persécutions contre les démocrates (MRD, syndicalistes, etc.) et contre la population (déplacements inhumains des habitants du quartier Arhiba II de la capitale, autres quartiers populaires privés d’eau et d’électricité, misère sociale généralisée, etc.), il nous faut encore profiter de notre présence en terre de liberté pour dénoncer à nouveau l’absence de démocratie et les violations permanentes des droits de l’Homme à Djibouti.

Faut-il rappeler que notre camarade Farah Abadid Hildid, président de la seconde fédération du MRD à Djibouti, et qui contribue au fonctionnement du journal le Renouveau et de la LDDH, croupit arbitrairement à la sinistre prison de Gabode depuis le 3 juin 2007 et que les habitants d’Arhiba II agonisent sous le soleil brûlant des environs du PK12 depuis début mai 2007 ?

               La manifestation du 27 juin 2007 est une action statique au même endroit (au 170, rue de la Loi à Bruxelles) que nos précédentes protestations de masse devant la Commission Européenne, non loin de l’immeuble Berlaymont qui abrite les bureaux de la Commission Européenne.

Un mémorandum sur la situation à Djibouti va être remis aux autorités européennes à cette occasion.

 Comme à l’accoutumée, cette action de masse sera des plus pacifiques. 

Le Comité invite à cette manifestation pour le retour de l’État confisqué et la liberté tous les démocrates djiboutiens crédibles, notamment les  membres du FRUD, du FDP et de l’ARD. Venez nombreux en ce lieu hautement symbolique, d’autres démocrates, d’Europe et d’ailleurs, sont avec nous.

Fait à Bruxelles, le 15 juin 2007
Le comité du MRD en Belgique

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Affaire Borrel : la veuve du juge assassiné sera reçue par Nicolas Sarkozy

Source : LEMONDE.FR avec AFP et Reuters  Mis à jour le 15.06.07

Elisabeth Borrel, veuve du juge Bernard Borrel mort en 1995 à Djibouti, sera reçue mardi par le président Nicolas Sarkozy, a annoncé l'Élysée, vendredi 15 juin.

Mme Borrel avait lancé, mercredi à Paris, un appel au président Sarkozy pour qu'il fasse respecter l'indépendance de la justice dans l'enquête sur les circonstances du décès de son mari, après la publication de documents suggérant des interventions politiques dans ce dossier.

Ces documents, saisis par des juges au Quai d'Orsay et à la chancellerie, suggèrent que l'Etat français a tout fait pour répondre aux exigences de Djibouti dans l'affaire, et sauvegarder ainsi ses intérêts économiques et militaires dans ce pays de la Corne de l'Afrique.
 
"DES PRESSIONS POLITIQUES INCONTESTABLES"

Dans une lettre, Elisabeth Borrel avait demandé au chef de l'Etat de la recevoir. Dans son texte qu'elle a lu devant la presse, Elisabeth Borrel réclame "l'indépendance de l'autorité judiciaire" et "l'engagement de faire respecter les principes qui seuls permettront l'aboutissement de [son] combat pour que soient connus et punis les assassins de [son] mari".

Lors de leur conférence de presse, mercredi, Mme Borrel et ses avocats, Mes Olivier Morice et Laurent de Caunes, ont fustigé "des pressions politiques incontestables" de l'Etat français dans cette enquête. "C'est Chirac qui a suggéré au président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, d'attaquer la France devant la Cour internationale de justice", a affirmé Me Morice. "L'honneur de la France est retombé bien bas", a renchéri Mme Borrel.

L'Élysée avait annoncé mercredi que Mme Borrel serait reçue au palais présidentiel, mais pas nécessairement par le chef de l'État.

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Borrel, une affaire d'État

Source : LE MONDE | 09.06.07 |

Djibouti, 19 octobre 1995, 7 h 20. Au bas d'un dénivelé rocheux, des gendarmes français découvrent le corps sans vie partiellement calciné d'un magistrat, français lui aussi, Bernard Borrel. Sa jeep est restée au sommet du ravin. Accéder à ce lieu désolé suppose de croiser deux barrages militaires - un français, un djiboutien. En principe, les registres détaillés des passages sont bien tenus. Pourtant, selon l'instruction de la juge parisienne Sophie Clément, les registres de cette journée fatidique sont introuvables.

Le même jour, 9 h 41 : un télégramme de l'ambassade de France à Djibouti informe Paris : "Selon son entourage, M. Borrel avait été profondément affecté par l'annonce du suicide d'un de ses amis intervenu en France il y a trois semaines." A cet instant, le cadavre gît encore sur les rochers, aucun médecin ne l'a examiné. Une heure après, le docteur Hubert Trillat, dépêché sur place, rédige un certificat de décès : "Mort accidentelle dont les causes demandent à être déterminées", écrit-il. Pas question, encore, de suicide.

18 h 17 : un autre télégramme de l'ambassadeur Jean-Marie Momal au ministère de la coopération explique : "Les constations effectuées ce jour (...) permettent de considérer comme très probable que M. Borrel a mis fin à ses jours." Ce message est fondé sur les observations d'André Minana, policier français de l'ambassade. La thèse du suicide par le feu s'écrit là. Elle s'imposera dix ans.

Ce 19 octobre 1995, le corps de Bernard Borrel arrive enfin à la morgue de l'hôpital des armées françaises de Djibouti, le Centre Bouffard. Douze ans plus tard, le 23 mars 2007, Alexandre Barrier, alors employé à la morgue en tant qu'appelé du contingent, se souvient qu'une capitaine française qui travaillait avec lui a attiré son attention "sur un hématome rond, quasi parfait, sur la tête de M. Borrel. Elle m'a dit : "Prends ta bouteille de Pepsi et met-là sur le rond, elle tiendra toute seule." C'était comme s'il avait reçu un coup de maillet dans le front." Ce détail, a priori très visible, n'avait pas été relevé par le policier Minana. Fait troublant, Alexandre Barrier se souvient aussi que, ce 19 octobre 1995, ses supérieurs lui avaient "demandé de signer un papier indiquant qu'(il) ne divulguera aucune information sur ce qu'(il) avait vu". Dix ans durant, la blessure au crâne restera ignorée des comptes-rendus d'autopsie.

Le 3 février 2004, la juge Sophie Clément interroge le professeur de médecine légale Patrice Mangin sur ce mystère, ainsi que sur une "lésion de défense" à l'avant-bras de la victime laquelle n'avait pas non plus été observée lors des précédentes expertises. "Si on ne va pas regarder quelque chose, on ne voit pas", glisse le médecin, qui ajoute : le traumatisme à la tête "ne pourrait pas" provenir d'une chute du corps sur les rochers. Selon lui, il résulte d'"un coup porté avec un instrument contondant". A la juge qui demande si, conformément au scénario du suicide, Bernard Borrel a pu "s'asperger d'essence debout ou à genoux et qu'il ait ensuite couru vers l'endroit où il a été retrouvé", l'expert répond : "Non (...) ce n'est pas possible." Le professeur croit utile de signaler cependant que "les constations immédiates après le décès (à Djibouti) n'ont pas été faites de manière appropriée".

Yves Bot, qui était alors procureur de la République à Paris, rappelle qu'après cette audition il n'a "jamais caché dans (son) analyse du dossier qu'(il) considérai(t) que Borrel avait été assassiné". A cet instant, ce n'est plus une simple thèse défendue par sa veuve, Elisabeth Borrel : le meurtre de son mari devient la piste privilégiée par le parquet. Position adoptée par tous les successeurs de M. Bot, y compris l'actuel procureur, Jean-Claude Marin. Interrogé par Le Monde, celui-ci admet : "La thèse du suicide a été portée pendant un certain temps et puis les choses ont évolué. Plusieurs éléments, notamment des constations médico-légales et pyrotechniques, ont fait que la thèse du suicide apparaissait fortement improbable. Aujourd'hui, notre position est plutôt de considérer que c'est un acte criminel. Pour l'instant, il nous manque encore une pièce sans doute déterminante du puzzle : pourquoi ? Ou pour qui ? Nous ignorons encore l'architecture de ce schéma criminel."

Reste donc à découvrir les mobiles et à identifier le donneur d'ordre. Sur ce point, les services de renseignement français pourraient fournir des informations cruciales. Le 17 septembre 2004, dans un courrier adressé à la ministre de la défense, Michèle Alliot-Marie, la juge d'instruction l'avertit que des soupçons pèsent sur l'entourage du président de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh. Faute d'avoir reçu la totalité des notes de la DGSE afférantes à l'affaire Borrel, la magistrate convoque Régis Ollivier, chef d'antenne du "service" à Djibouti en 1995. Mais, à la plupart des questions, l'intéressé oppose le secret-défense. "Il s'agit d'une affaire politique (dont) la réponse ne peut être que politique. D'Etat à Etat."

Le 23 juin 2004, Henri Fontana, autre fonctionnaire de la DGSE, qui enquête sur des réseaux de corruption internationaux, consent à éclairer davantage l'instruction. Il cite une source de son service qui lui "a donné des détails sur la légende construite autour de la mort de Bernard Borrel pour dissimuler l'assassinat et également pour que sa mort serve d'exemple". L'agent de renseignement estime que le juge Borrel "aurait été assassiné en raison d'informations compromettantes recueillies dans le cadre de ses activités professionnelles à Djibouti".

Un autre agent partage cette analyse : Daniel Tonnot. Au moment du drame, à Djibouti, il est le numéro deux de l'unité locale de la direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD). Selon lui : "Les commanditaires du "suicide" étaient certainement des gens haut placés au gouvernement de Djibouti (...). Ismaël Omar Guelleh était mêlé dans toutes les grandes affaires, celle de (l'attentat) du Café de Paris, trafic d'armes, d'argent (...) Certainement que M. Borrel en savait trop sur ces affaires."

A Paris comme à Djibouti, les décideurs commencent à s'inquiéter. Le 17 juin 2004, le procureur djiboutien Ali Djama Souleiman demande à la justice française qu'on lui communique la totalité des pièces d'instruction. A Versailles, le nom du procureur est familier des magistrats chargés de l'affaire Borrel. Une plainte, en cours d'examen, le vise personnellement pour "pressions" effectuées sur deux militaires djiboutiens, expatriés en Belgique, qui mettent directement en cause l'entourage immédiat du président Guelleh dans l'élimination du juge Borrel.

Obtempérer à la demande djiboutienne reviendrait donc à communiquer le dossier à des personnes mises en cause. La juge renâcle. Mais, comme le révèlent les 900 pages de documents saisis le 23 avril au ministère de la justice et aux affaires étrangères, - dont Le Monde a pu prendre connaissance -, les intérêts diplomatiques peuvent parfois primer sur l'intérêt d'un dossier judiciaire.

Le 30 juillet 2004, Laurent Le Mesle, alors directeur de cabinet du garde des sceaux, signe une note sans ambiguïté pour ses services : "Je vous remercie de veiller à ce qu'il soit apporté une réponse favorable à la demande formulée par les autorités djiboutiennes." Ex-conseiller juridique de Jacques Chirac à l'Elysée, Laurent Le Mesle est aujourd'hui procureur général près la cour d'appel de Paris. Il n'a pas souhaité répondre à nos questions.

Conseil de Djibouti, l'avocat parisien Francis Szpiner maintient que la requête de son client repose sur des bases juridiques valables. Mais la juge Clément, pointant un vice de procédure, s'oppose à la transmission de tous ses éléments d'enquête. Les responsables politiques djiboutiens insistent.

Dans un courrier du 28 septembre 2004 à Pierre Vimont, son homologue aux affaires étrangères, Laurent Le Mesle annonce qu'une nouvelle démarche va être conseillée à Djibouti : "La demande (...) sera alors satisfaite, en tenant compte du délai qu'imposera la copie des 35 tomes de la procédure judiciaire."

La juge Sophie Clément douchera une seconde fois ce bel optimisme en rendant, le 5 février 2005, un acte de "soit transmis" négatif. La requête djiboutienne, écrit-elle, "apparaît comme un détournement de procédure effectué dans l'unique but de prendre connaissance d'un dossier contenant notamment des pièces mettant en cause le procureur de la République de Djibouti". A l'époque, le cabinet du garde des sceaux se range à cette décision. Au sommet de l'Etat, on se désole.

Une note de travail de la direction Afrique-océan Indien du Quai d'Orsay, rédigée pour préparer la rencontre du 17 mai 2005 entre le président Jacques Chirac et Ismaël Omar Guelleh, considère : "Malheureusement, les services de la chancellerie ont mal évalué les conséquences d'une telle transmission (du dossier à Djibouti) : M. Perben, le ministre de la justice, pourrait être poursuivi par Mme Borrel pour forfaiture."

C'est alors que germe, à Paris - un comble ! -, l'idée d'obliger la juge française à obéir en suggérant à Djibouti d'attaquer la France devant la Cour internationale de justice (CIJ). Dans un télégramme diplomatique daté du 25 juin 2005, l'ambassadeur à Djibouti, Philippe Selz, relate un entretien avec le ministre djiboutien des affaires étrangères : "Il m'a dit qu'il "réfléchissait à notre idée de recours à la CIJ"." Djibouti a déposé plainte à La Haye le 9 janvier 2006. Le 30 mai 2007, après l'élection de Nicolas Sarkozy, Ismaël Omar Guelleh était de passage à Paris. On ignore qui il a rencontré.

Guillaume Dasquié, Journaliste indépendant

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Reuters : L'État français en position d'accusé dans l'affaire Borrel

Source : Reuters, Samedi 9 juin 2007

PARIS (Reuters) - Des documents saisis par la justice et publiés par le journal Le Monde daté de dimanche montrent que le France voulait transmettre à Djibouti le dossier sur l'enquête concernant la mort du juge Bernard Borrel en 1995.

Le corps carbonisé de ce coopérant français, conseiller technique auprès du ministère de la Justice djiboutien, avait été retrouvé près de la ville de Djibouti en octobre 1995. L'hypothèse du suicide avait d'abord été retenue, mais la piste criminelle est désormais suivie, après des expertises médico-légales.

Certaines dépositions, dont des éléments sont toutefois contestés, ouvrent l'hypothèse d'un assassinat politique sur ordre du pouvoir djiboutien.

Deux documents saisis en avril lors de perquisitions aux ministères de la Justice et des Affaires étrangères montrent que Laurent Le Mesle, alors directeur de cabinet du ministre de la Justice Pascal Clément, devenu aujourd'hui procureur général de Paris, a tenté de favoriser la transmission totale du dossier criminel à Djibouti, comme les autorités de ce pays le demandaient.

"Je vous remercie de veiller à ce qu'il soit apporté une réponse favorable à la demande formulée par les autorités djiboutiennes", écrit Laurent Le Mesle dans une note à ses services datée du 30 juillet 2004.

Plus tard, le 28 septembre 2004, Laurent Le Mesle écrit à son homologue du Quai d'Orsay Pierre Vimont pour conseiller à Djibouti d'insister. "La demande sera alors satisfaite, en tenant compte du délai qu'imposera la copie des 35 tomes de la procédure judiciaire."

LE MESLE NIE LES PRESSIONS

Dans un communiqué samedi, Laurent Le Mesle, ancien conseiller de Jacques Chirac à l'Elysée, nie les accusations de manoeuvres.

"Il tient (...) à affirmer, de la manière la plus solennelle, qu'il n'a jamais exercé de pression sur la justice. Il a, au contraire dans ce dossier, toujours agi dans le respect de la loi et des responsabilités qui étaient alors les siennes", déclare-t-il.

La juge d'instruction Sophie Clément, chargée de l'enquête à Paris sur la mort de Bernard Borrel, a finalement refusé en février 2005 dans une ordonnance la transmission de ce dossier à Djibouti.

Une note de travail de la direction Afrique du Quai d'Orsay du 17 mai 2005 laisse alors transparaître un embarras : "malheureusement, les services de la chancellerie ont mal évalué les conséquences d'une telle transmission. M. Perben, le ministre de la Justice, pourrait être poursuivi par Mme Borrel pour forfaiture".

Paris semble alors avoir suggéré à Djibouti d'insister encore en déposant une plainte devant la Cour internationale de