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Dernières nouvelles - Édition en Ligne de Juin
2008
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Directeur
de publication : Mohamed Ali Abdou. Codirecteur :
Mahdi Ibrahim A. God. Email :
realite_djibouti@yahoo.fr
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27/06/2008 Communiqué du MRD :
l’Indépendance n’a pas tenu ses promesses,
26/06/2008 LDDH : Hommage et
compliment à Anne-Marie De Vaivre
20/06/2008 LDDH : Communiqué de
presse du 20 juin 2008
12/06/2008 Communiqué du Parti
djiboutien pour le développement (PDD)
11/06/2008 Communiqué du
Mouvement pour le renouveau démocratique et le développement
(MRD)
05/06/2008 Djibouti suspectée
dans l’assassinat du juge Borrel (France Soir)
04/06/2008 Affaire Borrel:
victoire de la France devant la CIJ, saisie par Djibouti
(AFP)
04/06/2008 La CIJ rend un arrêt
favorable à la France dans l'affaire Borrel (Le
Point)
04/06/2008 Affaire Borrel: la CIJ
soutient la France dans son différend avec Djibouti
(Associated Press)
MRD :
l’Indépendance n’a pas tenu ses promesses, à nous de
l’y tenir
27 juin 1977. C’est
déjà loin : 31 ans. Et à la fois si proche.
Je nous revoie, comme
si c’était hier, massivement rassemblés sur la place de
l’Indépendance, localement appelée Horriya. Aux abords du
quartier populaire d’Arhiba, ancienne cité de dockers, qui ne
s’est pas encore enfoncée dans les eaux usées et la misère.
27 juin 1977. Il est
minuit quand les coups de canon de la liberté retentissent,
sonnant le glas d’une longue nuit coloniale.
Je suis alors
adolescent (je viens d’être reçu à mon examen d’entrée en
secondaire) et, comme bien du monde autour de moi, déborde
d’enthousiasme. Nous sommes optimistes, très optimistes.
Trop, nous disent déjà
certains, plus nourris que nous aux mamelles de l’expérience.
Ils lisent mieux que nous le flot d’événements qui nous
submergent d’émotion.
Prompts à la réaction,
nous n’en balayons pas moins leurs réserves du revers de la
main. Prophètes de malheurs que ceux-là ! Comment oser mettre
en doute le sens de l’histoire qui s’accélère en faveur du
peuple ? Quel aplomb que de vouloir instiller du bémol à notre
joie ! Bas le caquet !
Nous sommes au jour J,
au rendez-vous tant attendu. Nous sommes le 27ème
matin du 6ème mois de la 77ème année
d’un siècle que nous avons vu naître en colonisés. Quand il a
débuté, nous pliions, depuis déjà quelques décennies, comme
bien d’autres peuples à travers la planète, sous la « mission
civilisatrice» française. A civiliser, pas moins selon
l’eurocentrisme conquérant ! La série de prétendus traités du
colonisateur avec nos ancêtres n’avait-elle pas commencé dès
1862 ?
Place au bonheur donc,
aux larmes si longtemps retenues de joie. Fêtons le fruit de
nos peines, de notre résistance, de notre sang martyr. Place à
la nouvelle aube.
Indépendance, chérie !
Te voilà enfin. Te voilà dans l’entièreté de nos cœurs et nos
esprits. Te voilà qui flotte au bout de nos hampes. Entre nos
mains, nous t’avons. Contre nos poitrines chaudes, nous te
serrons. Que nos larmes de bonheur t’ensemencent. Qu’il coule
bien du lait de tes pis généreux.
Générosité, dis-je.
C’est le mot qui me vient spontanément à l’esprit pour dire ce
que, ce jour-là, je ressens en partage avec beaucoup d’autres
de tous âges et de toutes filiations. Générosité dans toutes
les acceptions du terme. Aux plans de la fraternité, de
l’unité, de la justice comme de l’élan bâtisseur. Générosité
du cœur et de la raison. Nous nous sentons sincèrement sœurs
et frères.
«La République de
Djibouti, une et indivisible, indépendante et souveraine, est
proclamée», prononce chaleureusement le très regretté
Ahmed Dini Ahmed dont nous avons si souvent applaudi la
combativité indépendantiste tout au long de ces décisives
années 1970. Instantanément, des frissons de joie accrue nous
parcourent le corps et nos peaux s’en hérissent.
Voguent les rêves aux
milles et une couleurs. A nous les matins radieux. Foi de
pasteurs nomades prêts à bâtir leur Etat et à exister en
nation.
C’est dire si nous
sommes à mille lieues de nous douter que les choses
sont moins simples, que des plans, tirés à l’insu de la
plupart d’entre nous, vont s’enclencher…
Dès les premiers pas,
l’on nous susurre des histoires, crie aux conspirations,
désigne des ennemis… de l’Indépendance. L’on remue de vieilles
peurs pour faire refluer les lumières de la raison au profit
des ténèbres de l’irrationnel.
Quoi ? Pour nous
détricoter, le vieux «diviser pour régner» est à l’oeuvre.
L’on sait qu’il a, un moment, fait merveille entre les mains
de l’administration coloniale française.
Cela va vite, bien
plus vite que la longue marche pour la reconquête de la
chamelle Indépendance. Dans un premier temps, le mensonge peut
aller plus vite que la vérité, dit le dicton pastoral. Alors,
la joie encore fraîche en nos tripes, prend un tour de plus en
plus aigre. La déception commence à s’installer. Bien entendu,
les plus courageux d’entre nous se lèvent, dénoncent,
s’opposent…Mais la partie est déjà inégale.
Cela va vite.
Ruissellent les
larmes. Non plus de joie, mais de douleur. Suspicion,
violence, arbitraire. A quelques rares exceptions près, nous
passons les uns après les autres sous la répression. A des
degrés divers, certes.
Dur le réveil.
Péniblement, nous reprenons nos esprits. Que nous
arrive-t-il ? Les dégâts ne sont pas minces. Ne nous voilons
pas la face : l’édifice national, au nom duquel l’on a banni
toute voix discordante, est à construire. Rude tâche, qui
rebute plus d’un (e) dans nos rangs.
Et à cet égard, les
plus instruits, les plus à même de reprendre le flambeau, ne
sont pas les moins à blâmer. Pas très honorable pour celles et
ceux censés jouer les premiers rôles.
Et à présent ? Que
faire ? Pouvons-nous espoir garder ? Avec d’autres, nous
pensons humblement que, au-delà d’un rapport de forces inégal
et des apparences qu’il induit sur le terrain, en dépit de
toutes les épreuves endurées depuis que nous avons été trahis,
le peuple djiboutien que nous sommes nourrit toujours l’espoir
de lendemains plus dignes. Sans doute, au tréfonds de ces
femmes et hommes, au plus profond de la plupart d’entre nous,
le rêve fracassé refuse-t-il de mourir.
Alors possible un
nouveau départ ? Il est possible. Tout à fait possible. Pour
l’essentiel, il ne tient qu’à nous. Avec, cette fois, les
leçons du passé en prime.
Que des filles et fils
de ce pays continuent de résister, que des Djiboutiennes et
Djiboutiens de toutes filiations continuent de militer côte à
côte, que les jeunes se sentent de plus en plus concernés,
voilà qui ne me paraît pas sans signification.
Chers sœurs et frères,
mes attachants concitoyens, ni l’absence de liberté, ni la
misère sociale, ni la diplomatie de la tension avec les pays
voisins et son coût humain et matériel élevé, ne sont une
fatalité. Le désespoir n’est pas une fatalité. Ce ne sont que
les manifestations d’un mode de gouvernement qui n’en est pas
un. Ce ne sont que les conséquences prévisibles de la
gouvernance sans mérite qu’un malheureux concours de
circonstances, nous a imposée.
Remontons un peu le
temps pour revoir dans leur réalité profonde les quelques
individus qui incarnent cette mal-gouvernance. Observons que
leurs comportements d’hier éclairent leurs actes
d’aujourd’hui. Observons que ni les titres ni les habits ne
les ont changés. Et nous comprenons pourquoi, depuis
trente-et-un ans, ils nous réservent un sort si inacceptable.
La conclusion s’impose alors d’elle-même : relevons la tête,
regardons droit dans les yeux le pouvoir en place et son chef
pour leur dire calmement, dignement : Ca suffit.
Puis montrons-nous
cohérents et osons l’action sans laquelle la parole n’est que
vœu pieux. Osons l’action qui libère. Osons ce que nous avons
osé pour qu’un 27 JUIN 1977 soit possible. Sans distinction
d’âge, de sexe ou de filiation, faisons notre examen de
conscience. Redressons-nous et resserrons nos rangs. D’un
mouvement assuré, travaillons à ressusciter le rêve fracassé.
Prenons exemple sur
nos parents, sur nos aînés, qui ont su dire au colonisateur :
ça suffit. Inspirons-nous de leur dignité et de leur courage
pour réagir. En consentant l’effort de notre seconde
libération, montrons-nous dignes d’eux et de nous-mêmes.
Donnons ainsi de la
substance à notre citoyenneté. Construisons-la. La citoyenneté
doit être, non point un moyen commode d’aller à table, mais le
socle sur lequel il nous faut édifier notre nation. Ce doit
être notre bien commun, le droit inaliénable de chacune et de
chacun, notre arme face aux dérives régressives.
Mes chers sœurs et
frères, permettez-moi d’insister : n’abdiquons pas notre
humanité en laissant perdurer la grave humiliation qui nous
est faite, croyons en nous, croyons en notre pouvoir d’action,
croyons en notre capacité à changer le cours des choses, bref
marchons du même pas vers le changement.
A toutes les sirènes
démobilisatrices, à tous les défaitismes et à toutes les
lâchetés, à toutes les hypocrisies comme à toutes les
manipulations, opposons notre sens de la dignité et de la
responsabilité. Pour le salut et l’avenir, cultivons notre
sens de l’effort et de l’action.
Laissons-nous porter
par l’appel du rêve à reconstruire. Tenons l’Indépendance à
ses promesses. Vouloir c’est pouvoir !
A Bruxelles, le 26
juin 2008
Par Daher Ahmed Farah (DAF)
Président du MRD
LDDH : Hommage et compliment à Anne-Marie De Vaivre
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Le Président |
HOMMAGE
ET COMPLIMENT
A
ANNE-MARIE DE VAIVRE
LE 26
JUIN 2008 |
Anne-Marie De
Vaivre a eu l’honneur bien mérité d’une remise de décoration
au nom du Président de la République de son pays la France.
Les membres de
la Ligue Djiboutienne des Droits de Humains (LDDH) rendent
hommage à Anne-Marie De Vaivre pour son engagement rapide et
sans faille au service des Droits Humains, au service et à
l’écoute des Défenseurs Djiboutiens.
A chaque fois,
qu’en République de Djibouti un Journaliste, un syndicaliste,
ou un opposant était incarcéré, Anne-Marie De Vaivre
Vice-présidente de l’Association pour le Respect des Droits de
l’Homme à Djibouti, avec tous les membres de l’ARDHD s’étaient
à chaque fois (on the spot) mobilisés tout en alertant
l’Opinion Internationale pour la libération et contre ces
détentions arbitraires et fréquentes.
La dernière en
date, fut celle du Président de la LDDH incarcéré l’année
dernière pour avoir tout simplement témoigné de la découverte
d’un charnier au Day.
La décoration
remise à Anne-Marie De Vaivre, nous la partageons avec elle,
dans la joie et la détermination de continuer à œuvrer sans
relâche au juste et noble combat de la Défense et de la
Promotion des Droits Humains.
Tous nos
compliments à Anne-Marie pour la médaille de la Légion
d’Honneur, très haut signe d’une reconnaissance pour son
combat, sa carrière et ses engagements humains.
A la veille de
la fête de notre indépendance, nous vous souhaitons bonne fête
et à travers vous tous nos amis de l’ARDHD et de SURVIE qui
sont toujours à nos côtés.
M. NOËL ABDI
Jean-Paul
LDDH :
Communiqué de presse du 20 juin 2008
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Le Président |
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
DU 20
JUIN 2008 |
La Corne
d’Afrique connaît une situation inique et unique au monde avec
le silence du Conseil de Sécurité sur le génocide en
République de Somalie perpétré par les forces armées
d’Addis-Abeba avec l’appui aérien des Forces Américaines sur
ordre de Bush. Espérons que ce silence sera rompu après le
départ de l’Administration Bush.
Aujourd’hui,
journée mondiale des réfugiés il est important de se
recueillir auprès de tous les réfugiés somalie de part le
monde qui ont quitté malgré eux leur pays qu’ils chérissent
encore. La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH)
compatit avec les 3 millions de réfugiés somalis, qui vivent
dans des conditions atroces en dehors de Mogadiscio.
En effet, nous
considérons comme réfugiés, même s’ils ne sont pas tenus en
compte par le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), les trois
millions de personnes qui ont fui l’occupation et le génocide
par les forces armées éthiopiennes, qui ont envahi le Sud de
la Somalie avec l’aval de l’Union Africaine (UA) et ce, en
contradiction flagrante de « l’intangibilité des frontières
chère aux Africains surtout dès qu’il s’agit d’un pays
chrétien comme l’ «Abyssinie chrétienne ». Pour nous voilà des
réfugiés de guerre, laissés pour compte.
Nous savons
aussi que 100 000 somalis sont réfugiés en Erythrée, qui a dès
le début ouvert ses portes. Plusieurs milliers ont fui ces
derniers temps Mogadiscio vers le Yémen et s’ils n’ont pas été
jetés à la mer dans le golfe d’Aden, leur recensement exacte
est entre les mains du HCR.
Djibouti vient
d’ouvrir ses portes récemment avec une première vague de 1478
au 1 mars pour passer à environ 2300 (sous réserve de ceux
qui viennent de fuir vers le Yémen) ont été installés dans des
camps et une trentaine bien friqués vivent depuis plusieurs
mois dans un hôtel de luxe l’Impérial annoncé hier soir à la
télévision par un riche donateur avec une immense barbe qui a
remis 4 millions FD au Colonel Bouh pour les assister dans une
guerre que probablement, personne « ne connaît les causes »
comme l’a indiqué le Chef de l’État.
M. NOËL ABDI
Jean-Paul
Vice-président de l’UIDH chargé de la Corne d’Afrique
Communiqué du Parti djiboutien pour le développement (PDD)
PARTI DJIBOUTIEN POUR LE DÉVELOPPEMENT
Siège central : Quartier 5, Bld 18, Maison 33, BP 892 Tél.
(00.253) 822860
République de Djibouti
Le
Président
Lille, le 11 juin 2008
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
A la suite de
l’attaque de l’armée érythréenne qui occupe une partie de
notre territoire depuis quelques mois, nous présentons nos
condoléances aux familles des soldats morts pour la défense de
leur patrie et aussi aux forces armées que nous assurons de
notre soutien sans faille. Nous souhaitons, également, un
prompt rétablissement aux soldats blessés.
L’Érythrée
dont le Président n’est pas à sa première agression contre ses
voisins, doit retirer, sans conditions, son armée du
territoire de la République de Djibouti.
Nous
demandons :
-
au gouvernement de faire toutes les démarches
nécessaires, y compris l’application de l’accord de défense
avec la France, pour couvrir l’intégrité territoriale.
-
aux populations djiboutiennes d’unir leurs efforts face
à l’ennemi.
Mohamed Daoud Chehem
Président du PDD
Communiqué du Mouvement pour le renouveau démocratique et
le développement (MRD)
Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement
(Ancien PRD)
Cité Poudrière Avenue Nasser
Tel : 34 23 99
BP : 3570
Djibouti
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Depuis que la crise frontalière a éclaté entre Djibouti et
l’Érythrée à la région obockoise de Doumeira, en avril
dernier, les armées des deux pays se faisaient face. Ce face à
face a fini par tourner à l’affrontement sanglant hier, mardi
10 juin 2008. Depuis lors, les combats font rage entre les
troupes massées de part et d’autre. Morts, blessés et
destructions matérielles sont signalés.
Il s’agit là d’une situation grave, qui n’est dans l’intérêt ni de
l’un ni de l’autre des deux pays. Cela ne peut que mettre à
mal les populations comme les ressources et aggraver la
situation dans une Corne d’Afrique en proie aux convulsions.
Devant cette escalade dangereuse, nous réitérons notre appel à la
raison du 5 mai 2008. Nous invitons vivement les deux parties
à cessez-le-feu et à régler le différend par le dialogue.
Fait à Bruxelles, le 11 juin 2008
Le président du MRD
Daher Ahmed Farah
Source :
France Soir, le jeudi 5 juin 2008
La Cour internationale de justice de La Haye a confirmé,
hier, la décision de la France de ne pas transmettre aux
autorités djiboutiennes le dossier concernant l’enquête sur la
mort du juge Borrel, au motif que celui-ci contient des
informations couvertes par le secret.
Le corps du magistrat avait été retrouvé à moitié calciné
sur les côtes de Djibouti en 1995. « Elisabeth Borrel sort
incontestablement victorieuse de cette bataille. Mais le
combat judiciaire pour la vérité est encore long », confie à
France-Soir, Olivier Morice, avocat de la veuve du juge
français.
La thèse du suicide, qui reste la version officielle de
Djibouti et qui a longtemps prévalu, y compris en France, a
toujours été contestée par Elisabeth Borrel. Des expertises
indépendantes ont également confirmé l’hypothèse d’une
intervention extérieure. En clair, d’un assassinat.
Immunité présidentielle
La décision rendue hier égratigne, aussi, les autorités
françaises. La Cour pointe en effet que c’est le directeur de
cabinet de Dominique Perben, alors ministre de la Justice,
Laurent Le Mesle (aujourd’hui procureur général à Paris) qui
n’a pas motivé le refus de communication du dossier à
Djibouti, alors que cela relevait de la seule compétence de la
juge française. Encore une fois, le pouvoir exécutif français
se trouve pointé du doigt dans ce dossier.
D’abord pour avoir trop longtemps cru (ou fait semblant de
croire) au suicide, aujourd’hui pour cet imbroglio juridique.
Sur le fond, la justice française veut toujours entendre
comme témoin le président djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh, que
la veuve Borrel désigne comme un des commanditaires de
l’assassinat présumé.
En mars dernier, le tribunal correctionnel de Versailles a
très lourdement condamné l’actuel procureur général de
Djibouti et le chef des services secrets du pays pour avoir
fait pression sur deux témoins qui accusaient leur président.
Les deux hommes ont été condamnés à dix-huit mois et un an de
prison ferme. Ils seraient immédiatement interpellés et
incarcérés s’ils apparaissaient en Europe.
Raison d’État
Le président djiboutien, quant à lui, bénéficie bien d’une
immunité durant l’exercice de son mandat et ne peut être
poursuivi. Mais rien ne l’empêche de déférer à la convocation
de la justice française, ardemment désireuse de l’entendre sur
cette sombre affaire.
Lorsqu’il était en poste à Djibouti, le juge Borrel s’était
intéressé de près à l’attentat du Café de Paris, un bar de la
capitale djiboutienne, dans lequel un Français avait trouvé la
mort. Le dossier n’a jamais été élucidé malgré l’acharnement
du magistrat qui s’est, peut-être, montré trop curieux. Ce
qui, en revanche, n’est pas un mystère, est l’importance
stratégique de Djibouti, de par sa situation géographique à la
pointe de l’Afrique. 2.900 militaires français y sont
stationnés en permanence. Il est des cas où la justice se
heurte aux « pudeurs » de la raison d’État.
Édition France Soir du jeudi 5 juin
2008 n°19815 page 7
Affaire Borrel: victoire de la France devant la CIJ,
saisie par Djibouti
Source : AFP, 04/06/08
LA HAYE (AFP)
— La France a remporté mercredi une victoire devant la Cour
internationale de justice, qui ne l'oblige pas à transmettre à
Djibouti son enquête sur la mort en 1995 du juge français
Bernard Borrel, comme le réclamait l'Etat africain.
La CIJ a
certes reproché à la France d'avoir violé son accord
d'entraide judiciaire avec son ancienne colonie, mais a
débouté Djibouti de toutes ses autres requêtes.
"La République
française, en ne motivant pas son refus adressé à la
République de Djibouti d'exécuter une commission rogatoire
(demandant la transmission du dossier d'enquête, ndlr)
présentée par celle-ci, a manqué à ses obligations
internationales", a déclaré la présidente, la juge britannique
Rosalyn Higgins.
"La
constatation de cette violation constitue une satisfaction
appropriée" pour Djibouti, a-t-elle ajouté, précisant que la
CIJ "rejetait" tous les autres éléments de sa requête.
Dans une
première réaction, l'avocat Phon van den Biesen a dit la
"grande déception" de Djibouti.
Le corps en
partie calciné de Bernard Borrel, magistrat français détaché
auprès du ministère djiboutien de la Justice dans le cadre de
la coopération, avait été retrouvé en contrebas d'un ravin à
80 km de Djibouti en 1995.
Sa veuve
Elisabeth Borrel a accusé de hauts responsables djiboutiens,
et en premier lieu le président actuel Ismaïl Omar Guelleh, de
l'avoir assassiné, alors que l'enquête de la justice
djiboutienne avait conclu au suicide.
Cette thèse a
longtemps été privilégiée en France également, puis celle du
meurtre a été retenue, plongeant les deux pays dans un
imbroglio politique, diplomatique et judiciaire.
Djibouti a
alors déposé en janvier 2006 une requête devant la CIJ
exigeant que la France lui remette "sans plus tarder" son
dossier d'enquête sur la mort du magistrat.
La CIJ a jugé
mercredi que la France aurait dû justifier les motifs de son
refus, alors que la juge d'instruction qui en avait la charge
avait invoqué le secret défense.
"Ma cliente
Mme Borrel est très satisfaite car cet arrêt valide totalement
le travail du juge d'instruction et stigmatise la faute de
l'exécutif, du directeur de cabinet du ministre de la Justice
de l'époque, Dominique Perben", a indiqué à l'AFP l'avocat de
Mme Borrel, Olivier Morice.
Djibouti
demandait aussi à la CIJ de condamner la France pour des
citations à comparaître émises contre le président djiboutien
Ismaïl Omar Guelleh et deux autres hauts responsables
djiboutiens après une plainte contre X déposée par Mme Borrel
pour subornation de témoins durant l'enquête sur la mort de
son mari.
Mais la CIJ a
estimé que ces citations ne constituaient pas une violation de
leur immunité.
La CIJ rend un arrêt favorable à la France dans l'affaire
Borrel
Source : Le Point.fr, 04/06/08

Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau
Nicolas
Sarkozy serre la main d'Elisabeth Borrel, la veuve du juge
Bernard Borrel. Saisie en 2006 par Djibouti, la Cour de
justice internationale de La Haye a rendu mercredi un arrêt
favorable à la France dans l'affaire de l'assassinat du juge
Bernard Borrel en 1995 dans cet ancien territoire français de
la Corne de l'Afrique, où il était conseiller technique au
ministère de la Justice.
Saisie en 2006
par Djibouti, la Cour de justice internationale de La Haye a
rendu mercredi un arrêt favorable à la France dans l'affaire
de l'assassinat du juge Bernard Borrel en 1995 dans cet ancien
territoire français de la Corne de l'Afrique, où il était
conseiller technique au ministère de la Justice.
La Cour
onusienne a estimé que la France n'était pas tenue de
transmettre à Djibouti le dossier d'instruction du meurtre du
magistrat et n'avait pas violé une présumée immunité
internationale des deux responsables djiboutiens mis en cause
et condamnés en mars par contumace dans cette affaire par la
justice française.
Il s'agit
Djama Souleiman Ali, procureur général de Djibouti, condamné à
18 mois de prison ferme, et Hassan Saïd Khaïreh, chef des
services secrets de l'ex-TFAI, qui a écopé d'un an. Tous deux
font l'objet de mandats d'arrêt internationaux.
Le procureur a
été reconnu coupable d'avoir fait pression sur un témoin
djiboutien qui a mis en cause sur procès-verbal l'actuel
président de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh. Khaïreh est, lui,
convaincu d'avoir fait pression sur un autre témoin, Ali Iftin,
lié au premier.
Les autorités
de Djibouti avaient soutenu que Borrel s'était suicidé alors
que sa veuve soutenait la thèse de son assassinat sur ordre de
hauts responsables locaux. Le juge d'instruction français a
vainement cherché à entendre Guelleh, chef de cabinet de
l'ancien président Hassan Gouled à l'époque des faits.
Affaire Borrel: la CIJ soutient la France dans son
différend avec Djibouti
AP | 04.06.08
La Cour
internationale de justice (CIJ) a confirmé mercredi le refus
de la France de transmettre à Djibouti le dossier concernant
l'enquête sur la mort du juge Bernard Borrel, dont le corps à
moitié carbonisé a été retrouvé en 1995 face à l'Ile du
Diable.
La CIJ a
rejeté les allégations des autorités de Djibouti accusant la
France d'avoir violé deux accords bilatéraux de coopération,
et a estimé que Paris avait le droit de conserver le dossier
s'il contenait des informations classées secret.
Dans sa
décision, la Cour a également rejeté les allégations de
Djibouti selon lesquelles la France aurait illégalement
convoqué le président Ismaël Omar Guelleh pour témoigner dans
l'affaire de la mort du magistrat français. Elle a estimé que
cette requête ne constituait pas une violation de l'immunité
présidentielle.
Djibouti a
accusé la France de violer deux accords bilatéraux, en
refusant de communiquer des preuves sur la mort du magistrat
français, retrouvé mort le 19 octobre 1995 face à l'Ile du
Diable à Djibouti, le corps à moitié carbonisé. Le juge
Bernard Borrel était conseiller du ministre djiboutien de la
justice.
Djibouti a
également réclamé l'immunité internationale pour deux hauts
responsables recherchés par le juge français chargé de
l'enquête.
La version
officielle djiboutienne parle d'un suicide par immolation, une
hypothèse vivement contestée par la famille et démentie par
des expertises indépendantes qui pointent des causes
extérieures. La veuve du magistrat désigne le président Ismaël
Omar Guelleh comme l'un des commanditaires de cet assassinat.
AP
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