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Dernières nouvelles - Édition en Ligne de Juin 2009
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Directeur
de publication : Mohamed Ali Abdou. Codirecteur :
Mahdi Ibrahim A. God. Email :
realite_djibouti@yahoo.fr
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27/06/2009 Message de la
Ligue djiboutienne des droits de l'homme pour amplifier et
diversifier le combat contre la dictature
26/06/2009 Soirée
djiboutienne à Bruxelles le 27 juin 2009 pour fêter
l'indépendance nationale
18/06/2009 Compte rendu
provisoire de la 98e session du rapport de la commission
de vérification des pouvoirs de la Conférence
internationale du travail, le 17 juin 2009
17/06/2009 Communiqué du MRD
: l'artiste Nima Djama jetée en prison
11/06/2009 Note d'information
de la LDDH : sur Djibouti et sur les exécutions sommaires
des journalistes somalis
Message de la Ligue djiboutienne des droits de l'homme pour
amplifier et diversifier le combat contre la dictature
32ème
ANNIVERSAIRE DE L’INDEPENDANCE DE DJIBOUTI.
LE 27 JUIN
2009
Merci et bonne
fête à vous tous, en particulier à ceux à qui combattent de
l'extérieur contre la dictature sournoise soutenue par les
forces étrangères pré positionnées à Djibouti, ceux qui
combattent pour le respect des droits de l'homme en république
de Djibouti, sans oublier toutes les victimes de la dictature
qui règne dans notre pays, depuis des décennies.
Au Peuple et
aux amis du Peuple djiboutien, il est de notre devoir
d'amplifier et de diversifier notre combat contre
l'arbitraire, les crimes organisées notamment les
détournements des deniers publics et des biens sociaux, ainsi
que le bradage du patrimoine et des ressources naturelles
maritimes.
NOEL ABDI
Jean-Paul
Soirée djiboutienne à Bruxelles le 27 juin 2009 pour fêter
l'indépendance nationale
Une soirée
prévue le 27 juin à Bruxelles commémore cette année le jour de
l’indépendance nationale de Djibouti. Nous souhaitons à tous
les compatriotes de profiter pleinement de cette rencontre et
de pouvoir montrer fièrement leur attachement à leur pays.
Compte rendu provisoire de la 98e session du rapport de la
commission de vérification des pouvoirs de la Conférence
internationale du travail
Compte
rendu
provisoire
4C du
mercredi 17 juin 2009
98e
session, Genève, 2009
Rapports sur les pouvoirs
Deuxième rapport de la Commission de vérification des pouvoirs
Composition de la
Conférence
1.
Depuis le 5 juin 2009, date à laquelle la Commission de
vérification des pouvoirs a adopté son premier rapport (Compte
rendu provisoire
no
4B), la commission n’a pas reçu de nouveaux pouvoirs. Le
nombre d’Etats Membres actuellement représentés à la
Conférence internationale du Travail s’élève donc à 167.
2.
A
ce jour, le nombre total de personnes accréditées à la
Conférence s’élève à 4 944 (contre 4 838 en 2008, 4 657 en
2007 et 4 500 en 2006), parmi lesquelles 4 096 se sont
inscrites (contre 4 212 en 2008, 4 003 en 2007 et 3 828 en
2006). La liste en annexe contient de plus amples informations
sur le nombre de délégués et de conseillers techniques
inscrits.
3.
La
commission souhaite souligner que 172 ministres,
vice-ministres et secrétaires d’Etat ont été accrédités à la
Conférence.
Suivi
4.
La
commission a été automatiquement saisie de trois cas, au titre
de l’article 26quater
du
Règlement de la Conférence, en vertu de décisions adoptées par
la Conférence à sa 97e
session (2008).
Djibouti
5.
La
Conférence, à sa 97e
session (2008), a décidé de renouveler les mesures de suivi
concernant Djibouti (Compte
rendu provisoire
no
20, 2008) et a ainsi demandé au gouvernement de soumettre à la
98e
session de la Conférence (2009), en même temps que la
présentation des pouvoirs de la délégation de Djibouti, un
rapport détaillé et étayé de documents pertinents sur la
procédure utilisée pour désigner le délégué des travailleurs
et ses conseillers techniques, indiquant notamment les
organisations qui auront été consultées à ce sujet et selon
quels critères, la date et le lieu de ces consultations, ainsi
que les noms des personnes désignées par ces organisations au
terme de ces consultations. Cette demande a été faite sur la
base d’une proposition de la Commission de vérification des
pouvoirs qui, à l’unanimité, a estimé que la procédure
relative à la composition de la délégation des travailleurs de
Djibouti à la Conférence devait faire l’objet d’un nouveau
suivi en vertu des dispositions de l’article 26bis,
paragraphe 7, du Règlement de la Conférence.
Le
Bureau a rappelé au gouvernement cette demande de la
Conférence par une lettre en date du 2 juin 2009 signée par le
directeur exécutif du Secteur des normes et des principes et
droit fondamentaux au travail.
6.
Malgré ce rappel, le gouvernement n’a pas présenté le rapport
demandé par la Conférence. Les éclaircissements demandés par
la commission ont été fournis oralement au nom du gouvernement
par M. Guedi Absieh Houssein, directeur du travail et délégué
gouvernemental à la Conférence, accompagné de Mme
Aicha Hassan Mohamed, cheffe du Service du travail et
conseillère technique du gouvernement à la Conférence. Il a
indiqué que son gouvernement n’avait pas fourni le rapport
détaillé demandé par la commission du fait qu’il estimait que
le gouvernement avait déjà fourni un rapport écrit et s’était
expliqué devant la commission l’année passée.
7.
Une fois encore, la commission déplore profondément le manque
de coopération des autorités gouvernementales, d’autant plus
que, cette année encore, la désignation de la délégation des
travailleurs à la Conférence fait l’objet d’une protestation
concernant la désignation des représentants des travailleurs
(voir paragr. 43 à 56). Le dépôt récurrent de protestations à
chaque session de la Conférence indique que la procédure de
désignation de la délégation ne se déroule pas de manière
satisfaisante pour les représentants des travailleurs. La
commission rappelle que la désignation de la délégation des
travailleurs devrait être effectuée en accord avec les
organisations de travailleurs les plus représentatives, sur la
base de critères vérifiables et objectifs préétablis, et d’une
manière qui respecte la capacité des organisations de
travailleurs d’agir en toute indépendance par rapport au
gouvernement. La commission est particulièrement préoccupée
par le fait qu’elle n’a pas eu connaissance d’éléments
susceptibles de montrer un quelconque progrès en la matière,
la communication orale du représentant du gouvernement se
bornant à indiquer que la méthode de désignation des
représentants des partenaires sociaux à la Conférence est
demeurée inchangée. En outre, la commission souhaite souligner
qu’il est du devoir du gouvernement de prendre toutes les
dispositions nécessaires pour évaluer le caractère
représentatif des différentes organisations et qu’il a
l’obligation de consulter toutes les organisations les plus
représentatives aux termes de l’article 3, paragraphe 5, de la
Constitution de l’OIT.
8.
A la lumière de ce qui précède et de ses conclusions au sujet
de la protestation concernant la désignation de la délégation
des travailleurs de Djibouti (voir paragr. 50-56), la
commission propose à la Conférence, en vertu des dispositions
de l’article 26bis, paragraphe 7, du Règlement de la
Conférence, de demander à nouveau au gouvernement de Djibouti
de soumettre, pour la prochaine session de la Conférence, en
même temps que la présentation des pouvoirs de la délégation
de Djibouti, un rapport détaillé et étayé de documents
pertinents sur la procédure utilisée pour désigner le délégué
des travailleurs et ses conseilleurs techniques, indiquant
notamment les organisations qui auront été consultées à ce
sujet et selon quels critères, la date et le lieu de ces
consultations, ainsi que les noms des personnes désignées par
ces organisations au terme de ces consultations. La commission
exhorte le gouvernement à prendre toutes les mesures
nécessaires selon les principes rappelés ci-dessus pour
désigner une délégation tripartite à la Conférence en
conformité avec les dispositions de l’article 3, paragraphe 5,
de la Constitution de l’OIT.
Protestation concernant la désignation de la délégation des
travailleurs de Djibouti
43.
La
commission a été saisie d’une communication concernant la
désignation de la délégation des travailleurs de Djibouti,
présentée par MM. Adan Mohamed Abdou, secrétaire général de
l’Union Djiboutienne du travail (UDT), et Kamil Diraneh Hared,
secrétaire général de l’Union générale des travailleurs
Djiboutiens (UGTD). La protestation allègue que, depuis 1997,
les personnes désignées pour représenter les syndicats à la
Conférence n’en ont jamais eu la qualité. S’agissant de la
délégation des travailleurs présente à cette session de la
Conférence, les auteurs de la protestation indiquent que Mme
Saida Mohamed Moussa, représentante de l’UGTD, n’appartient
pas au mouvement syndical, et que M. Mohamed Youssouf Mohamed,
présenté comme président de l’UDT, n’en a jamais eu la
qualité. Par ailleurs, ils ont observé que le gouvernement n’a
jamais donné suite aux décisions des organes de contrôle de
l’OIT, aux recommandations d’une mission de contacts directs
de 2008 qui s’est rendue sur place ou à celles de la
Commission de vérification des pouvoirs. Partant, ils ont
demandé à la commission de prendre une décision effective et
définitive à l’égard du gouvernement concernant le suivi du
cas.
44.
Dans une communication écrite adressée à la commission en
réponse à sa demande, le gouvernement a indiqué ne pas être
enclin à donner suite à une protestation récurrente depuis
1995 dont le contenu est invariable, et émanant de
représentants d’une intersyndicale qui n’a jamais eu une
existence juridique réelle, qui de surcroît n’ont jamais
apporté à la commission la preuve de leur qualité de
représentants des travailleurs djiboutiens et l’utilisent à
des fins de propagande. Le gouvernement s’est borné à renvoyer
à ses réponses définies dans les correspondances adressées à
la commission lors des sessions précédentes et lui a demandé
d’interroger les représentants des travailleurs quant à la
question de leur désignation dans la délégation de Djibouti à
la Conférence.
45.
Les éclaircissements demandés par la commission ont été
fournis oralement au nom du gouvernement par M. Guedi Absieh
Houssein, directeur du travail et délégué gouvernemental à la
Conférence. Il était accompagné de Mme
Aicha Hassan Mohamed, cheffe du Service du travail et
conseillère technique du gouvernement à la Conférence.
Confirmant que la méthode de désignation des délégués des
partenaires sociaux de cette année est demeurée la même que
l’année dernière, il a rappelé que lorsque le gouvernement
reçoit l’invitation du Directeur général du BIT pour
participer à la Conférence, ce dernier saisit les
organisations représentatives d’employeurs et de travailleurs
en leur demandant de désigner leurs représentants. Le
gouvernement se contente d’intégrer les personnes nommées dans
la délégation de Djibouti. M. Absieh Houssein a estimé ne pas
être en mesure de présenter davantage d’information sur une
méthode de désignation qui, à ses yeux, présente toutes les
garanties de neutralité. Il a précisé que le fait que les
lettres sont adressées au président pour une centrale
syndicale et au secrétaire général pour l’autre centrale
syndicale relève simplement de la structure interne des
organisations concernées qui désignent elles-mêmes les
destinataires des communications du gouvernement.
46.
Le
gouvernement a estimé que la protestation dont la commission
est saisie émanait d’un individu, M. Mohamed Abdou, que la
commission a longuement entendu l’année passée. Au nom de la
non-ingérence dans les affaires internes des syndicats, M.
Absieh Houssein a estimé ne pas être en position de répondre
aux questions concernant la structure interne de l’UDT et a
renvoyé la commission à la délégation des travailleurs
présents à la Conférence. Le gouvernement a indiqué que la
question du choix des représentants des centrales syndicales
ne se pose pas seulement pour leur désignation à la
Conférence, mais aussi au niveau national, par exemple au sein
du Conseil national du travail, de l’emploi et de la formation
professionnelle, organe tripartite récemment constitué où les
représentants des centrales syndicales sont largement
représentés (trois pour chaque centrale syndicale). Par
ailleurs, si le Code du travail de 2006 prévoit en effet la
tenue d’élections générales sur la représentativité syndicale,
le gouvernement admet que ces élections n’ont pas encore été
tenues car les efforts se sont plutôt concentrés dernièrement
sur le renouvellement des conventions collectives et la mise
en place du conseil national précité. Cependant, le
gouvernement a assuré que les élections se tiendront
prochainement et permettront de sortir de l’incertitude
actuelle quant à la représentativité des deux centrales
syndicales. En conclusion, le gouvernement a renouvelé sa
requête pour une assistance de la commission et du Bureau
concernant la meilleure façon de désigner les représentants
des travailleurs à la Conférence.
47.
M.
Mohamed Abdou a fourni oralement des éclaircissements à la
commission à sa demande. Il était accompagné de M. Hassan Cher
Hared, secrétaire aux relations internationales de l’UDT. Il a
indiqué que le gouvernement s’évertue depuis 1997 à désigner
dans la délégation de Djibouti des personnes qui ne
représentent pas les travailleurs. Le gouvernement a pris
l’habitude de ne pas respecter la Constitution de l’OIT ni ses
règlements, ni les décisions de ses organes de contrôle. Cette
année, le gouvernement a désigné M. Youssouf Mohamed une
nouvelle fois dans la délégation en tant que représentant de
l’UDT. Or M. Mohamed Abdou a rappelé qu’il avait déjà indiqué
à la commission l’année dernière dans le cadre d’une
protestation sur la qualité de cette même personne que M.
Youssouf Mohamed n’a jamais été élu président de l’UDT. Si ce
dernier était bien le président de l’organisation «clone» de
l’UDT créée en 1999 par un pseudo-congrès convoqué par le
gouvernement, en 2002 il avait été coopté en tant que
vice-président de la véritable UDT afin de mettre un terme à
la scission. En mai 2008, il a été suspendu de ses fonctions
de vice-président par le comité exécutif de l’UDT pour s’être
autoproclamé président de l’organisation à la demande du
gouvernement alors que cette fonction est vacante depuis le
départ de M. Ahmed Djama Egeh, dernier président de l’UDT. M.
Cher Hared a précisé que M. Youssouf Mohamed n’exerce, de
surcroît, aucune fonction de représentant d’un syndicat de
base à Djibouti et n’occupe aucun bureau ou local. En outre,
les autorités gouvernementales auraient instruit les services
postaux de diriger le courrier adressé à l’UDT à M. Youssouf
Mohamed mais auraient reculé face au tollé soulevé et au refus
du syndicat de la poste, affilié à l’UDT. Par ailleurs, M.
Mohamed Abdou a indiqué que Mme
Mohamed Moussa, désignée comme représentante de l’UGTD à la
présente session de la Conférence, n’a pas été désignée par
cette organisation car elle était inconnue du mouvement
syndical djiboutien. Cette dernière est présentée par M. Cher
Hared comme membre d’une organisation de quartier et du parti
politique en place. M. Mohamed Abdou a fait valoir que ces
nouvelles désignations montrent une nouvelle fois une attitude
arrogante du gouvernement non seulement vis-à-vis des
organisations syndicales Djiboutiennes véritablement
représentatives, mais également vis-à-vis de l’OIT dont il est
Membre mais dont il ignore toutes les décisions prises par ses
organes depuis une décennie.
48.
M.
Mohamed Abdou a rappelé que, suite à la recommandation faite
au gouvernement par la mission de contacts directs qui s’est
rendue à Djibouti en janvier 2008 d’inclure un représentant de
l’UDT dans la délégation de Djibouti à la Conférence, la
Confédération syndicale internationale (CSI) a saisi le
Président de la République de la nécessité d’inclure le
secrétaire général de l’UDT dans la délégation, dans la mesure
où elle est la centrale syndicale la plus représentative à
Djibouti. Seulement, selon M. Mohamed Abdou, les autorités
gouvernementales considèrent la CSI comme une organisation
subversive.
M.
Mohamed Abdou a fait état, à titre d’exemple, d’une mission de
la CSI refoulée à l’aéroport de Djibouti en 2006 et plus
récemment de l’annulation par le gouvernement d’une activité
sur le travail décent à laquelle devait participer la CSI,
activité qui a finalement été organisée dans un pays voisin.
Outre le refus de donner suite de manière adéquate à la
recommandation de la mission de contacts directs sur la
représentation des travailleurs à la Conférence, le
gouvernement a ignoré l’ensemble des recommandations formulées
par la mission, notamment s’agissant de la révision de
plusieurs dispositions du Code du travail de 2006, de la
réintégration des travailleurs licenciés en 1995 après une
grève ou encore de la composition du Conseil national du
travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, où ne
siègent que les représentants de l’organisation «clone» de l’UGTD
et M. Youssouf Mohamed et ses acolytes, l’UDT reste exclue de
cet organe. En conclusion, M. Mohamed Abdou a demandé
l’invalidation des pouvoirs des représentants des travailleurs
de Djibouti comme seule réponse à même d’ébranler l’attitude
arrogante du gouvernement vis-à-vis de l’OIT et des
organisations syndicales.
49.
Des éclaircissements ont également été fournis oralement à la
commission à sa demande par Mme
Moussa Mohamed, déléguée des travailleurs à la Conférence.
Elle a indiqué exercer les fonctions de secrétaire aux
relations féminines depuis 2007 au sein de l’UGTD et être en
même temps membre d’un syndicat de banque. Elle a également
fourni à la commission des informations sur les activités
syndicales auxquelles elle a participé dans sa fonction. Le
secrétaire général de l’UGTD l’a désignée pour représenter
l’organisation à la Conférence. Elle a dit ne pas connaître
les auteurs de la protestation. Elle a indiqué que l’UGTD
compte huit syndicats affiliés mais n’a pas été en mesure de
donner des indications sur le nombre total de membres de
l’organisation.
50.
La commission observe que, de 1997 à 2008, elle a examiné des
protestations relatives à la désignation de la délégation des
travailleurs de Djibouti à huit reprises. Alors qu’elle doit à
nouveau examiner une protestation concernant la désignation de
la délégation des travailleurs cette année, la commission ne
peut que noter avec regret l’absence manifeste de progrès.
51.
La commission rappelle que, l’année dernière, elle avait déjà
été saisie d’une protestation concernant la désignation de M.
Youssouf Mohamed à la Conférence en tant que représentant de
l’UDT ainsi que sa fonction au sein de l’organisation. Elle
avait notamment eu à connaître de pièces dont l’authenticité
lui semblait fortement mise en cause. Elle en avait d’ailleurs
conclu que les éléments dont elle disposait indiquaient que le
représentant de l’UDT à la Conférence n’avait pas été choisi
en toute indépendance par rapport au gouvernement. La
commission note que, cette année encore, M. Youssouf Mohamed a
été désigné à la Conférence en tant que représentant de l’UDT
et que, de nouveau, cette qualité lui est contestée. Tenant
compte du caractère particulièrement laconique des
informations fournies par le gouvernement et de la
confirmation que ce dernier a eu recours à la même procédure
de désignation des représentants des travailleurs, la
commission considère qu’elle ne dispose d’aucun élément
nouveau susceptible de lever les interrogations qu’elle
formulait l’année dernière. La commission émet donc de nouveau
de sérieux doutes quant au caractère réellement indépendant de
la désignation du représentant de l’UDT à la présente session
de la Conférence. De manière générale, la commission observe
qu’il ressort de tous les éléments d’information à sa
disposition, notamment des recommandations des organes de
contrôle de l’OIT depuis une décennie, des rapports des
missions de contacts directs qui se sont rendues à Djibouti et
d’autres sources concordantes, que l’existence de l’UDT,
dirigée par M. Mohamed Abdou, dans le mouvement syndical de
Djibouti est une réalité. La commission a eu confirmation que,
comme indiqué dans son rapport, la mission de contacts directs
de janvier 2008 a rencontré M. Mohamed Abdou en qualité de
secrétaire général de l’UDT et plus haut responsable de
l’organisation. La commission note aussi que la présidence de
l’UDT n’a été mentionnée, même du côté des autorités
gouvernementales, que pour évoquer M. Djama Egeh qui n’en
exerce plus la fonction (voir cas no
2450 du Comité de la liberté syndicale, 351e
rapport, annexe). Aussi, la commission considère que le choix
du gouvernement de s’adresser au président de l’UDT pour la
désignation de la délégation des travailleurs à la Conférence
depuis 2008 soulève des interrogations et que les explications
fournies par le gouvernement ne sont pas de nature à lever les
doutes quant au caractère authentique de cette consultation au
sens de la Constitution de l’OIT. La commission conclut, au vu
des informations dont elle dispose, que la désignation du
représentant de l’UDT à la Conférence devrait se faire en
consultation avec l’organisation telle que dirigée
actuellement par M. Mohamed Abdou en tant que secrétaire
général. La commission veut croire que le gouvernement
veillera à ce que la désignation du représentant de l’UDT aux
futures sessions de la Conférence s’effectue de façon
pleinement conforme à ses recommandations et à l’article 3,
paragraphe 5, de la Constitution de l’OIT.
52.
S’agissant de la représentante de l’UGTD à la Conférence, Mme
Moussa Mohamed, la commission note les explications fournies
oralement par cette dernière sur sa fonction au sein de
l’organisation. Elle s’étonne de son incapacité à donner des
indications sur le nombre de membres de l’UGTD. La commission
n’a pas été convaincue que Mme Moussa Mohamed occupe une
fonction importante dans une organisation de travailleurs
majeure qui justifierait sa désignation comme déléguée des
travailleurs de Djibouti.
53.
La commission conclut par conséquent que le gouvernement n’a
pas rempli ses obligations conformément à l’article 3 de la
Constitution puisqu’il n’a pas nommé de délégués travailleurs
représentant les travailleurs de Djibouti en accord avec les
organisations de travailleurs les plus représentatives. Elle a
de sérieux doutes sur le caractère représentatif de la
délégation des travailleurs à la Conférence cette année. La
conséquence pourrait être de proposer à la Conférence
l’invalidation des pouvoirs de la délégation des travailleurs
de Djibouti.
54.
La commission observe toutefois que la protestation soulève
des questions qui vont au-delà de celles qui concernent
exclusivement la désignation de la délégation des travailleurs
à la Conférence. Certaines font l’objet d’examen par les
différents organes de contrôle de l’OIT et ont trait au
non-respect des principes de la liberté syndicale dans le pays
et à des actes d’ingérence du gouvernement dans les activités
des syndicats. Partant, et regrettant l’absence totale de
progrès malgré les attentes soulevées par les recommandations
de la mission de contacts directs de janvier 2008 et l’espoir
qu’elle exprimait l’année dernière, la commission exhorte le
gouvernement à garantir dans les meilleurs délais la mise en
place de critères objectifs et transparents aux fins de la
désignation des représentants des travailleurs aux futures
sessions de la Conférence. A cette fin, elle s’attend à ce que
la détermination de ces critères puisse enfin se faire en
pleine consultation de toutes les parties concernées,
notamment les véritables organisations de travailleurs à
Djibouti incluant l’UDT dont le secrétaire général actuel est
M. Mohamed Abdou, et dans un cadre qui respecte pleinement la
capacité d’agir des organisations de travailleurs, en totale
indépendance par rapport au gouvernement, conformément aux
dispositions des conventions (no
87) sur la liberté syndicale et la protection du droit
syndical, 1948, et (no
98) sur le droit d’organisation et de négociation collective,
1949.
55.
La commission exprime sa profonde préoccupation devant la
méconnaissance persistante par le gouvernement de ses
obligations au titre de la Constitution. Elle regrette
vivement le manque de coopération des autorités
gouvernementales et fait part de sa préoccupation devant le
peu d’empressement du représentant du gouvernement à fournir
les informations demandées. Cependant, la commission estime
que le problème ne se résume pas uniquement à une absence
totale de bonne volonté de la part du gouvernement pour
améliorer la situation, mais également à un manque
d’engagement vis-à-vis des principes et obligations découlant
de sa qualité de Membre de l’OIT. S’agissant de la volonté du
gouvernement d’améliorer la situation, cette décision lui
appartient seul. Néanmoins, le Bureau aura aussi un rôle à
jouer afin de clarifier la portée exacte des obligations
découlant de la Constitution. La commission exhorte le
gouvernement à recourir à l’assistance technique du Bureau
pour surmonter toutes les difficultés liées au respect de la
liberté syndicale dans le pays, y compris pour la désignation
afin de permettre à Djibouti de participer à la Conférence
dans le strict respect de la Constitution de l’OIT.
56.
Compte tenu de ce qui précède, la commission décide de ne pas
recommander l’invalidation des pouvoirs de la délégation des
travailleurs de Djibouti cette année, étant entendu qu’à
l’avenir elle fera assurément une telle proposition si elle
estime que le gouvernement n’a pas pris les mesures
nécessaires pour se conformer à ses obligations
constitutionnelles.
Communiqué du MRD : l'artiste Nima Djama jetée en prison
Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement
(Ancien PRD)
Cité Poudrière Avenue Nasser
Tel : 34 23 99
BP : 3570
Djibouti
COMMUNIQUE DE PRESSE
LE REGIME JETTE LA CHANTEUSE NIMA DJAMA EN PRISON
Après avoir
arrêté le 22 mars 2009 Mahdi Ahmed Abdillahi, 54 ans, opposant
au régime, et l’avoir détenu dans des conditions inhumaines
jusqu’à ce que mort s’ensuive, après avoir arrêté et
arbitrairement détenu des dizaines de jeunes de la capitale et
de la province, non content de détenir sans jugement Ahmed
Robleh Habad dit Mahdi Vieux, Barreh Ibrahim Barreh, Ibrahim
Kalileh Kayad, Djibah Houssein Djibah et Mohamed Ahmed
Abdillahi (frère de feu Mahdi Ahmed Abdillahi), voici que le
régime de monsieur Isamel Omar Guelleh s’en prend à l’une des
chanteuses les plus célèbres du pays et l’une de ces voix qui
se sont courageusement élevées et engagées pour
l’Indépendance, nous nommons Nima Djama Miguil.
Elle a été
arrêtée dimanche 14 juin 2009 à son domicile de Djibouti-ville
par un imposant dispositif policier et jetée à la sinistre
prison de Gabode. Motif officiel: elle se serait battue avec
une autre Djiboutienne, proche du régime. Motif réel : la
réduire au silence, à défaut de pouvoir la faire chanter à la
gloire du couple régnant.
Nous
condamnons sans réserve cet emprisonnement aussi arbitraire
que lourd de risques pour la vie de l’artiste. En effet,
diabétique, Nima Djama est d’une santé fragile. Ce qui est
incompatible avec les conditions de détention inhumaines de
Gabode. La même mise à mort que l’assassiné Mahdi Ahmed
Abdillahi est elle enclenchée ? Tout semble l’indiquer et
c’est très préoccupant.
Nous exigeons
la libération immédiate et sans condition de la chanteuse Nima
Djama Miguil et de tous les autres prisonniers arbitrairement
détenus.
De même, nous
appelons les Djiboutiennes et Djiboutiens à ne pas se tromper
d’adversaire. Notre bourreau n’est pas telle ou telle
communauté mais ce régime qui a confisqué notre Indépendance
et nous condamne à la misère, à la maladie et à la mort. Le
responsable de nos malheurs, notre fossoyeur, c’est
aujourd’hui Ismaël Omar Guelleh, ce personnage sans lequel il
n’y aurait pas d’injustices ni de rancoeurs.
Il ne s’agit
pas d’excuser ou d’être indulgent avec tel ou tel agent zélé
et corrompu du pouvoir, quel qu’il soit, nous en condamnons
les agissements irresponsables et dangereux comme nous l’avons
toujours fait. Il s’agit simplement de ne pas confondre la
cause de nos souffrances avec telle ou telle de ses
conséquences.
A l’exception
d’une poignée d’individus sur lesquels s’appuie le régime
d’Ismaël Omar et qu’il place ici ou là au gré de ses intérêts,
les Djiboutiens sont des victimes du pouvoir en place. Ils
souffrent massivement, quels que soient leur lieu de résidence
et leur appartenance communautaire. Il suffit de sillonner nos
rues, d’entrer dans nos masures, pour s’en convaincre. Nous
entretuer entre victimes, parce qu’un homme et sa poignée
d’agents confisquent l’Etat et nous narguent, serait une
terrible erreur.
Ce serait
retourner notre colère contre nous-mêmes au lieu de l’opposer
au régime. Réagissons avec notre raison, non avec nos tripes.
La solution n’est pas de nous diviser et de nous
entre-déchirer mais de diriger notre énergie et notre courage
contre le régime.
A la veille du
32 éme anniversaire de notre Indépendance, repensons au
formidable élan unitaire qui nous y a portés le 27 juin 1977.
Repensons-y pour le rééditer et bâtir une société juste, libre
et fraternelle. C’est chose possible.
Yaan marin
habaabin : ne nous égarons point.
Fait à Bruxelles, le 16
juin 2009
Par le président du MRD
Daher Ahmed Farah
Note d'information de la LDDH : sur Djibouti et sur les
exécutions sommaires des journalistes somalis
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Le Président |
NOTE D’INFORMATION DU 11 Juin 2009
Sur Djibouti et sur les exécutions sommaires
des journalistes somalis
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La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) diffuse un Appel du
Président du Réseau des Défenseurs des Droits de l’Homme de
l’Afrique de l’Est et la Corne d’Afrique au Gouvernement
Djiboutien pour qu’il mette en application ses engagements
pris lors de « Universal Periodic Review Report on Djibouti »,
qui s’était déroulé en février dernier, notamment en
garantissant la liberté de la Presse, actuellement totalement
endiguée et de stopper l’étranglement des libertés syndicales.
En effet, la
situation sociopolitique est la plus lamentable avec celle en
l’Erythrée dans toute la région voir même par comparaison aux
pays de la Comessa.
Faut-il
rappeler qu’au Zimbabwe : l’Opposition est présente au
pouvoir, que l’Assemblée Nationale regorge d’Opposants au
régime, que les Syndicats libres sont très puissants, que la
Presse libre dénonce régulièrement la corruption et les
dérives gouvernementales, même l’Ethiopie (connue pour ses
crimes de génocide et crimes de guerre à l’égard des
populations de la République de Somalie) a une Assemblée
Nationale avec une très forte représentation de l’Opposition
Ethiopienne qui contrôle aussi un grand nombre d’Assemblées
Régionales.
Oui, Djibouti
est le seul pays où la Presse Non gouvernementale est
INEXISTANTE ;
Oui, Djibouti
est l’un des pays à paralyser toutes les activités syndicales
comme s’ils étaient des « Terroristes » ;
Oui Djibouti
est encore le seul pays où l’Opposition n’a droit à aucun
siège à l’Assemblée Nationale, compte tenu des rafles
électorales avec le soutien et la complicité étrangère pour
des raisons Géostratégiques.
D’ailleurs
depuis plusieurs années l’Opposition a brigué pour le boycott
des élections et visiblement le score des boycotts s’est
amplifié lors des élections présidentielles mascarades pour
atteindre un niveau supérieur à 85%, selon certains hauts
Responsables qui préfèrent garder l’anonymat. Les électeurs
venus des pays voisins n’ont pu rien changé au raz de marée
populaire.
NOEL ABDI
Jean-Paul
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