Dernières nouvelles - Édition en Ligne de Mai  2007

 Directeur de publication : Mohamed Ali Abdou.   Codirecteur : Mahdi Ibrahim A. God.   Email : realite_djibouti@yahoo.fr


S  o  m  m  a  i  r  e

24/05/2007 Communiqué du MRD du 23 mai 2007

22/05/2007 Communiqué du MRD du 18 mai 2007

19/05/2007 Quelques photos du camp Warabalé au PK 12 abritant les décasés d'Arhiba II

18/05/2007 RSF : Un journaliste relaxé, une nouvelle perquisition des locaux du Renouveau

17/05/2007 Diffusion d'information de la LDDH : Élection au Conseil des droits de l'homme

15/05/2007 Note d'information de la LDDH du 15 mai 2007 : Les décasés d'Arhiba en constante déportation.

13/05/2007 Compte rendu du rassemblement devant la Commission européenne samedi 12 mai 2007

13/05/2007 Document distribué à l’occasion du rassemblement du 12 mai 2007.

13/05/2007 Les photos du rassemblement du 12 mai 2007 devant la Commission européenne

12/05/2007 Communiqué de l'ARD le 12 mai 2007 : les décasés d'Arhiba II menacés de déportation

12/05/2007 Comité de soutien à Mme Borrel : lettre ouverte aux Ministres français de la Justice et des Affaires étrangères.

12/05/2007 Le comité de soutien de la veuve du juge Borrel évoque un "témoin capital", selon Associated Press

08/05/2007 Diffusion d'information de la LDDH sur la répression syndicale à Djibouti

08/05/2007 Communiqué du secrétaire général du syndicat Synesed

07/05/2007 Note d'information de la LDDH sur les dernières détentions arbitraires pour "délits d'opinion"

07/05/2007 Note d'information de la LDDH : Arrestation nocturne de deux militants du MRD.

06/05/2007 Houssein Ahmed Farah, membre du MRD,  jeté à la prison de Gabode

04/05/2007 Survie et Ardhd : Affaire Borrel : l’Élysée se ferme à la Justice

03/05/2007 Le Monde : Affaire Borrel : deux juges interdites de perquisition à l'Élysée.

02/05/2007 Tentative de perquisition à l'Élysée dans l'affaire Borrel

01/05/2007 Communiqué de presse de la LDDH: peu de travailleurs djiboutiens au meeting de la fête du travail

01/05/2007 Congrès Mondial de la FIDH à Lisbonne.


Communiqué du MRD du 23 mai 2007

Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement
(Ancien PRD)
Cité Poudrière Avenue Nasser
Tel : 34 23 99
BP : 3570
Djibouti

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

LA RÉPRESSION ENCORE ET TOUJOURS !

Sans répit, le pouvoir dictatorial s’acharne contre nous. C’est le déchaînement. Par communiqué en date du 18 mai 2007, nous dénoncions la saisie du nouveau matériel du journal le Renouveau et des moyens de sonorisation du parti à la fédération de Hayableh de la capitale.

Depuis lors, d’autres persécutions sont intervenues. Quatre des modestes crieurs (entendez vendeurs) du journal ont été arrêtés, détenus et battus par la police.  Brutalement interpellés le 18 mai, ils n’ont été relâchés que le 22 mai. Il s’agit de Ali Amran Hassan, Moussa Farah Waiss, Mohamed Doubad Moussa et Aicha Roun. En ce même 22 mai, a été interpellé Khaireh Robleh Chireh, militant actif du MRD et membre de l’équipe de distribution du journal, suivi le 23 mai de Mahad Fouad, un autre militant du parti, et de Abdillahi Ibraihm Farah, un citoyen sans lien avec le MRD. Khaireh et Mahad ont été torturés. Et si Mahad a été relâché depuis lors, Khaireh reste détenu.

Un militant d’un autre parti d’opposition, l’Union pour la démocratie et la justice, monsieur Bogoreh, a été également arrêté et détenu, accusé d’avoir utilisé les services d’un cybercafé pour diffuser sur Internet un communiqué de presse de son chef de parti. Un cybercafé a été fermé au passage et son personnel jeté en détention pour plusieurs jours.

Au moment où nous publions ce communiqué, l’appareil répressif  de la dictature est mobilisé au maximum à notre encontre, et tous les lieux de communication tels que les cybercafés et autres cabines téléphoniques sont surveillés.

Nous condamnons avec la plus grande vigueur ces atteintes à la liberté et aux droits humains. Nous exigeons la libération immédiate et sans condition de tous nos camarades encore détenus ainsi que la restitution tout aussi immédiate de tous nos matériels saisis depuis février 2007.

Nous appelons la communauté démocratique internationale à intensifier les pressions sur ce régime dictatorial pour que cesse l’arbitraire et s’instaure la démocratie.

                                                                 Fait à Bruxelles, le 23 mai 2007
Par le président du MRD
Directeur de publication du Renouveau
Daher Ahmed Farah

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Communiqué du MRD du 18 mai 2007

Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement
(Ancien PRD)
Cité Poudrière Avenue Nasser
Tel : 82 95 23
BP : 3570
Djibouti

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Nous ne cessons de dire que le pouvoir dictatorial de monsieur Ismaël Omar Guelleh cherche à nous réduire au silence. A travers les arrestations, les détentions et autres emprisonnements arbitraires, à travers les perquisitions et autres saisies de matériel de travail, à travers les  menaces verbales et autres agressions physiques, à travers toutes les formes de harcèlement dont nous sommes victimes depuis quinze ans, le régime poursuit un objectif central, en finir avec l’unique publication de l’opposition et seul titre de presse du pays, le Renouveau Djiboutien, ainsi qu’avec le MRD, ce grand parti légalisé d’opposition auquel il appartient. C’est d’une évidence flagrante.

Nous en voulons pour dernière preuve, la perquisition avec effraction d’un local du MRD au quartier populaire Hayableh de la capitale survenue dimanche 13 mai 2007 en fin de matinée. Sur instructions d’en haut venues, la brigade policière des affaires spéciales et criminelles, celle-là même qui redouble d’acharnement contre nous depuis février 2007, s’est rendue en nombre au local, alors fermé.

Elle en a forcé la porte et saisi tout le matériel de tirage du Renouveau Djiboutien, matériel récemment acquis suite à la confiscation en février de celui précédent, ainsi que les moyens de sonorisation (haut-parleur, amplificateur, mégaphones, etc.), les registres et archives de la fédération de Hayabley.  Le tout sans aucun mandat judiciaire, ni explication.

Il est clair que l’opération a été décidée à la suite de la relaxe par le juge de Houssein Ahmed Farah, collaborateur du journal et cadre du MRD. Il s’ensuit que le Renouveau n’a pu paraître jeudi 17 mai 2007, qu’il ne peut plus paraître et que la fédération de Hayabley se trouve réduite au silence.

Nous condamnons à nouveau les agissements liberticides du pouvoir de Ismaël Omar Guelleh. Nous condamnons avec la plus grande fermeté la perquisition illégale et avec effraction de nos locaux et la saisie de notre matériel de travail. Nous exigeons la restitution immédiate de tous nos matériels saisis depuis février 2007 

Nous appelons la communauté démocratique internationale à intensifier les pressions sur ce régime dictatorial pour que cesse l’arbitraire et s’instaure la démocratie.

Fait à Bruxelles, le 18 mai 2007
Par le président du MRD
Directeur de publication du Renouveau
Daher Ahmed Farah

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Quelques photos du camp Warabalé au PK 12 abritant les décasés d'Arhiba II

 

 

 

Un journaliste relaxé, une nouvelle perquisition des locaux du Renouveau

Source : Reporters sans frontières (RSF)18-05-2007

Reporters sans frontières se félicite de la relaxe d’Houssein Ahmed Farah, collaborateur de l’hebdomadaire d’opposition Le Renouveau et membre du parti Mouvement pour le renouveau démocratique (MRD).

Le juge a estimé que le dossier ne contenait pas de preuves suffisantes permettant d’établir qu’Houssein Ahmed Farah était l’auteur de l’article en cause intitulé "L’axe Ismaël Omar Guelleh - Dubaï au coeur d’un scandale sexuel". Il a par conséquent été relaxé le 13 mai 2007.

Cette bonne nouvelle a immédiatement été gâchée par la perquisition le même jour des locaux du Renouveau par la brigade des affaires spéciales et criminelles dans le quartier Hayableh, dans la capitale. Ces locaux abritaient le matériel d’impression du Renouveau, récemment acquis. Suite à une précédente perquisition en février 2007, l’hebdomadaire n’avait pas pu paraître pendant plusieurs mois. Le matériel alors saisi n’avait jamais été restitué. Depuis la perquisition du 13 mai le journal n’a pu être distribué.

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Diffusion d'information de la LDDH : Élection au Conseil des droits de l'homme

Le Président

DIFFUSION D’INFORMATION

DU 17 MAI 2007

« Élections au Conseil des Droits de l'Homme »

La Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme (LDDH), déplore le fait que la République de Djibouti n’a jamais fait de signe concret en appliquant les standards des mécanismes et en respectant les activités des Droits de l’Homme durant toute sa période de membre du Conseil des Droits de l’Homme, bien au contraire, l’État Partie Djiboutienne n’a cessé d’entraver les activités des Défenseurs, en particulier celles des Syndicats libres.

Sur le plan médiatique :

- Djibouti n’a rien fait, mise à part la publicité au moment de son adhésion au Conseil des Droits de l’Homme, bien au contraire, le bilan est nul car le Gouvernement djiboutien n’a rien entrepris. Il a même opté pour la politique « de la chaise vide » lors de la première Session de ce Conseil. Le silence de la presse publique est significatif à ce sujet.

- En République de Djibouti le PNUD, en tant que représentant du Conseil des Droits de l’Homme, a apparemment opté, lui aussi, pour le silence médiatique. Seule la LDDH, malgré ses faibles moyens de propagation médiatique a régulièrement repris les informations de la FIDH, et elle n’a pas hésité à diffuser sur place - à Djibouti - l’évolution du Conseil des Droits de l’Homme, qui est un Organe important des Nations Unies.

La Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme (LDDH) apprécie et soutient toutes les actions de la FIDH en faveur d’un Conseil des Droits de l’Homme dynamique et efficace, tout en souhaitant aux futurs pays membres «à mettre en œuvre effectivement leur obligation de coopérer avec le Conseil et ses mécanismes »

M. NOËL ABDI Jean-Paul

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Note d'information de la LDDH du 15 mai 2007 : Les décasés d'Arhiba en constante déportation.

Le Président

NOTE D'INFORMATION

DU 15 MAI 2007

Les décasés d'Arhiba

en constante déportation.

Tout un chacun se demande :

-  quand dans le temps les citoyens d'Arhiba auront-ils la paix ?

- quand dans le temps les citoyens d'Arhiba pourront-ils vivre en décence, sans exclusion, ni taudis rasés et  brûlés ?

- Au trentième anniversaire de l'Indépendance de la République de Djibouti, Arhiba la propre, Arhiba la « Bienvenue » s'est transformée en capitale des plus pauvres des pauvres ?

- A la veille de ces vastes festivités, á la charge des contribuables djiboutiens et ceux des pays amis se soldes malheureusement par des déportations sauvages, sans aucun plan de réinstallation, sans aucune explication officielle, mise á part un timide appel du Chef de l'État et surtout sans aucune aide tangible, á part un peu d'eau avec tous les risques d'infection, car sans contrôle préalable.

 I)- Bref rappel des faits.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) avait dés le début suivi ces déportations massives, qui ont commencé juste deux semaines avant la date de la signature de la Paix du 12 mai 2007, peut-être pour rappeler que cet Accord est bel et bien enterré, par défaut d'application de la partie Gouvernementale.

Elle n'avait pas manqué d'établir un rapport, qu'elle diffuse ci-après.

RAPPORT DE LA LDDH SUR LA SITUATION DES DEPLACES FORCES D'ARHIBA II ABANDONNES AU PK 12

Depuis le 28 avril 2007, la Police Djiboutienne procède á la destruction totale des habitations de fortune érigées dans le bidonville d'Arhiba II situé non loin du Centre ville de Djibouti.

A ce jour, plusieurs milliers de personnes ayant perdu leurs habitations ont été déplacées á bord de camions mobilisés par la Présidence ? vers le sud de la capitale et déposées sur des terrains non viabilisés, situés au PK 12 á proximité de la cité Hodane de Balbala.

Avec la chaleur étouffante de ce mois de mai á Djibouti, les personnes fragiles, femmes enceintes, enfants en bas âge, vieillards et autres malades malnutris restent dans une détresse indicible.

Il nous semble urgent de secourir les expulsés d'Arhiba II en leur fournissant eau, vivres, médicaments, soins sanitaires, abris reconnus et durables. De nombreux décès sont á craindre dans les prochaines semaines. De toute évidence, ces déplacements forcés opérés au mépris de tout cahier de charges et de tout programme de réinstallation concerté sont prémédités.

Parmi, ces personnes déplacées manu militari on compte un grand nombre de travailleurs pauvres, notamment des Dockers surexploités et sans aucune couverture sociale. La LDDH reste inquiète de la catastrophe humanitaire qui se profile au sud de la Capitale. La LDDH s'attend á l'irréparable si cette dramatique situation perdure. Elle regrette que les Autorités ne poursuivent qu'un seul objectif : décongestionner le centre-ville de la capitale, et singulièrement le bidonville d'Arhiba, fief de l'Opposition, en vue de maquiller les résultats des prochaines élections législatives prévues pour début 2008. 

II) - Dernières exactions.

 Depuis le 1er mai 2007, jour férié et fìte du monde du travail, la répression s'est abattue encore plus sauvagement en expulsant manu militari et en brûlant les abris de plusieurs centaines d'habitants sans ressource et sans défense.

Des navettes de camions se sont par la suite chargées des personnes á déporter dans un premier stade vers l'extrémité de Balbala, exactement aux confins de la Cité de Hodane construite par un important et connu entrepreneur de la place.

Depuis le 28 avril 2007, la Police Djiboutienne procède á la destruction totale des habitations de fortune érigées dans le bidonville d'Arhiba II situé non loin du Centre ville de Djibouti.

Ces pauvres déplacés forcés, sans eau ni nourritures, se sont débrouillés sans assistance et vaille que vaille, á se construire des abris de fortune, qui furent malheureusement détruits, bulldozers á l'appui, sur «ordre» inévitablement d'un puissant entrepreneur épaulé inéluctablement par des amis politiques.

II faudrait se demander si ce terrain appartenait á la Cité Hodane, si oui pourquoi une clôture n'avait pas été dressée ? Cela aurait pu éviter de tels incidents fâcheux. Pour la deuxième fois, ces pauvres déplacés forcés furent largués cette fois-ci juste á côté dans un vague terrain du PK12 surnommé « Warabalé », point stratégique pour les contacts des contrebandiers.

Espérons que cette mafia sans nom ne va pas terroriser ces victimes de l'Arbitraire. Depuis vendredi 11 mai 2007 des fûts de circonstances ont été ravitaillés en eau par les Forces armées. II est á déplorer que samedi plusieurs personnes ont été victimes d'intoxications probablement suite soit á l'état de l'eau, soit á l'état des fûts. Une femme enceinte est immédiatement décédée après : QUE DIEU TOUT PUISSANT ET MISÉRICORDIEUX GARDE SON AME EN PAIX.

Tandis que seize autres victimes de ces intoxications ont pu rejoindre aujourd'hui leurs proches déplacés forcés comme eux. La liste de toutes ces personnes fragiles sera transmise aux Défenseurs des Droits de l'Homme.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) s'inquiète de la catastrophe humanitaire qui se profile au Sud de la Capitale et elle ne peut que lancer des alertes et des appels á toutes les Organisations humanitaires.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH), á la veille du 30e anniversaire de notre Souveraineté Nationale, lance un Appel Urgent au Chef de l'État, qui s'était prononcé officiellement au PK12, en leur faveur, d'ordonner l'attribution immédiate de parcelles de terrain domaniales á ces pauvres déplacés.

M. NOËL ABDI Jean-Paul

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Compte rendu du rassemblement devant la Commission européenne samedi 12 mai 2007

Une dizaine de militants de l’opposition djiboutienne ont répondu présents à l’appel de l’Alliance républicaine pour le développement (ARD) samedi 12 mai 2007 de 15 heures à 16 heures devant le siège de la Commission européenne à Bruxelles, pour un rassemblement symbolique destiné à remémorer l’accord de réforme signé le 12 mai 2001 à Djibouti mais toujours inappliqué à ce jour.

Un mémorandum a été adressé à la Commission sur la situation actuelle de Djibouti, dénonçant l’absence de suivi par l'organisation européenne de cet accord de réforme pourtant soutenu lors de sa signature.

Les manifestants émanaient de différents mouvements notamment l’ARD, mais aussi le Front pour la restauration de l’unité et la démocratie (FRUD) et le Forum pour la démocratie et la paix (FDP).

Postée à une dizaine de mètres de l’entrée du siège de la Commission, la mobilisation a été bonne et déterminée, des affiches variées étaient déployées et des tracts distribués aux passants.

"Accord de paix saboté", "Démocrates djiboutiens en danger", "L’Europe absente de la paix à Djibouti", "l’ARD a dénoncé l’accord du 12 mai 2001", pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants, parallèlement avec d’autres affiches présentant les inscriptions « ARD », « FDP » ou « FRUD »

Les membres présents à la démonstration étaient parmi d'autres le représentant de l’ARD en Europe M. Maki Houmedgaba, le militant actif de l’ARD en Belgique M. Ali Ahmed Hamadou, le président du FDP M. Djilani Ibrahim Ahmed, ou le militant du FRUD et du FDP M. Abdallah Kamil.

Les Djiboutiens ont rappelé l'enjeux de cette action et l'intérêt de sa réédition aussi longtemps que la promesse de suivi des accords de paix prise par les instances internationales n'aura pas été honorée. L’engagement pour la paix et la démocratie est un engagement de tous les instants. La commission européenne absente à sa parole ne sera pas épargnée, elle devra dire aux citoyens djiboutiens quel rôle aura été le sien dans la lutte pour la liberté et la démocratie en république de Djibouti.

Maki Houmedgaba
Représentant de l’ARD en Europe
Fait à Bruxelles le 12 mai 2007

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Document distribué à l’occasion du rassemblement du 12 mai 2007

Depuis son indépendance nationale en juin 1977, Djibouti avait sombré dans le parti unique avant d’éprouver la dictature civile déguisée en multipartisme depuis septembre 2002. Les démocrates djiboutiens interdits de parole ont vécu humiliations et brimades ou ont pris les chemins de l’exil.

Faute de solution alternative, des citoyens djiboutiens décidaient même de prendre les armes à partir de 1991 avant la signature d’une série d’accords de paix et de réforme démocratiques restés les uns et les autres inappliqués par le gouvernement.

Nous commémorons aujourd’hui samedi 12 mai 2007 le dernier accord en date signé le 12 mai 2001 par le Frud-armé (le Front pour la restauration de l’unité et la démocratie), quand bien même cet accord a été dénoncé le 24 septembre 2005 par le même Frud-armé rebaptisé ARD, faute de lui trouver le moindre début d’application par la partie gouvernementale.

Un arbitraire identique vise le mouvement syndical UDT : Union djiboutienne du travail, le SYNESED : Syndicat des enseignants du second degré, la LDDH : Ligue djiboutienne des droits humains, le Renouveau : organe de presse de l’opposition légalisée MRD, le Mouvement pour le renouveau de la démocratie et le développement, ou l'ARDHD : la presse indépendante sur Internet de l'Association pour le respect des droits de l'homme à Djibouti.

Depuis le 28 avril 2007, les forces gouvernementales vident le quartier populaire Arhiba II dans Djibouti ville de ses habitants en vertu d’une opération de déplacement de milliers d’habitants hors de leur demeure pour libérer un terrain vendu à des promoteurs immobiliers.

Dans de telles conditions de survivance, la résistance pacifique à la dictature cèdera-t-elle de nouveau le pas en 2007 ou après à la logique du maquis ? C’est l’interrogation posée aujourd’hui et demain à la conscience des démocrates djiboutiens qui en appellent à la Commission européenne jadis témoin de l’accord de paix du 12 mai 2001.

Fait à Bruxelles, le samedi 12 mai 2007
Par le représentant de l’ARD en Europe
www.ard-djibouti.org

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Les photos du rassemblement du 12 mai 2007 devant la Commission européenne

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Communiqué de l'ARD le 12 mai 2007 : les décasés d'Arhiba II menacés de déportation

 

Alliance Républicaine
pour le Développement
A.R.D
 

Djibouti, le 12 mai 2007

COMMUNIQUÉ

LES DECASES D’ARHIBA II MENACES DE DÉPORTATION

L’Alliance Républicaine pour le Développement (A.R.D.) est profondément préoccupée par la détresse matérielle et morale de milliers de déplacés forcés d’Arhiba II parqués depuis plus de deux semaines dans le sud de la capitale aux environs du P.K.12 et de la cité Hodane.

Les autorités qui les ont dans un premier temps déposés et abandonnés sur un terrain non viabilisé, les menacent aujourd’hui de nouvelles expulsions.

Dans ces conditions, près de quatre mille familles ayant perdues leurs habitations de fortune à Arhiba II, privés du droit de se reloger s’attendent à des déportations musclées. Vers où ?

A la veille de la célébration du 30ème anniversaire de l’Indépendance le régime prépare t-il une nouvelle répression sanglante contre les mêmes victimes apparemment indésirables même à la périphérie de la capitale ?

Auquel cas la fameuse et fumeuse Initiative Nationale de Développement économique et Social (I.N.D.S.), aura trouvé sa première mesure d’application à l’encontre des pauvres d’Arhiba.

Face à cette situation menaçant la paix civile, et dans le souci de préserver la concorde nationale :

-         L’A.R.D. demande aux pouvoirs publics d’attribuer sans tarder des parcelles viabilisées aux déplacés forcés d’Arhiba II ;

-         Lance un appel aux organisations humanitaires nationales et internationales afin qu’elles apportent dans les meilleurs délais, aide et assistance aux milliers de familles de dockers en détresse dans le sud de la capitale.

                                                             Le Président de l’A.R.D.
Ahmed Youssouf Houmed

sign

                                                     

 

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Comité de soutien à Mme Borrel : lettre ouverte aux Ministres français de la Justice et des Affaires étrangères.

Lettre ouverte aux Ministres français de la Justice et des Affaires étrangères

à Mr le Ministre des Affaires Étrangères
et Mr le Ministre de la Justice

Le 13 mai 2007

Monsieur le Ministre,

Au nom du Comité de Soutien à Madame Elisabeth Borrel, veuve de Bernard Borrel, magistrat français assassiné à Djibouti en 1995, nous avons l’honneur d’attirer votre attention sur la situation de Monsieur Christian Georges, ressortissant français, actuellement détenu par les autorités djiboutiennes

Craignant pour sa sécurité au motif essentiel qu'il détenait des informations sur les conditions de l'assassinat de B. Borrel, Monsieur Christian Georges a, en décembre 2006, décidé de fuir Djibouti et est parvenu au Yémen.

Là, le Consul de France lui avait, semble-t-il, donné des assurances pour un retour sur notre territoire national. A la demande des autorités de Djibouti, il a finalement été extradé vers ce pays où, injustement accusé d'espionnage, il est actuellement incarcéré.

Nous avons des raisons de craindre pour sa sécurité.

Nous vous serions très reconnaissants de nous faire connaître, et, à travers nous, de faire connaître au peuple français les démarches que vous avez menées auprès du Yémen en vue du retour vers la France de ce ressortissant français et les raisons pour lesquelles ces démarches n'ont pas abouti.

Nous vous demandons également quelles mesures concrètes sont actuellement prises pour veiller à la protection physique et psychologique de Monsieur Christian Georges. Celui-ci connaissant par ailleurs d'importants problèmes de santé, nous souhaitons être informés des soins qui lui sont prodigués et nous souhaitons que vous puissiez nous donner des garanties sur ce point.

Il est de l'intérêt supérieur de la justice française que Monsieur Christian Georges puisse témoigner sur les conditions de l'assassinat du juge Borrel. Nous souhaitons savoir quelles dispositions votre ministère a prises pour assurer dans les meilleurs délais le retour sur le territoire national de ce ressortissant français.

Nous vous remercions par avance des informations que vous nous apporterez sur ce dossier et nous vous prions d'accepter, Monsieur le Ministre, nos salutations très respectueuses.

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Le comité de soutien de la veuve du juge Borrel évoque un "témoin capital"

Source : ASSOCIATED PRESS | 12.05.2007 | 16:10

Le comité de soutien de la veuve du juge Bernard Borrel, retrouvé mort en octobre 1995 à Djibouti, a affirmé samedi à Lisieux (Calvados) qu'un ancien militaire français, actuellement détenu par les autorités djiboutiennes, aurait des informations sur la mort suspecte du magistrat français.

Dans une lettre ouverte qui vient d'être adressée aux ministères des Affaires étrangères et de la Justice, le comité de soutien à Elisabeth Borrel, persuadé que le magistrat a été assassiné par des responsables djiboutiens, espère attirer l'attention sur la situation de Christian Georges, 65 ans, qui a été gendarme en poste à Djibouti de 1980 à 1987.

"C'est en octobre 2006 que Christian Georges est retourné en touriste à Djibouti pour y voir des amis", a expliqué André Lucas, président du comité de soutien à Elisabeth Borrel. "Là, il a été arrêté, accusé d'espionnage et incarcéré à la prison de Gabode où il se trouve toujours aujourd'hui, avec son état de santé qui se dégrade puisqu'il est atteint d'une tumeur au cerveau", ajoute-t-il.

"Tous ces ennuis sont arrivés le jour où il a fait savoir dans des courriers et des SMS envoyés à sa famille qu'il détenait des informations sur les conditions de l'assassinat du juge Borrel", a indiqué Philippe Marc, vice-président du comité, lors d'une conférence de presse.

Le comité de soutien demande donc aux autorités françaises que des mesures concrètes soient prises pour veiller à la protection physique et psychologique de Christian Georges car la juge d'instruction Sophie Clément qui enquête sur cette affaire souhaiterait "l'auditionner au plus vite".

Le corps en partie carbonisé de Bernard Borrel, 40 ans, avait été retrouvé le 19 octobre 1995 au pied d'une falaise au lieu-dit Le Goubet en face de l'Île du Diable, à 80km de Djibouti. La version officielle parle d'un suicide par immolation, une hypothèse vivement contestée par la famille et appuyée par des expertises indépendantes qui pointent des causes extérieures.

Depuis plus de 11 ans, Elisabeth Borrel et son comité de soutien se battent pour connaître la vérité, affirmant que le régime djiboutien est le commanditaire de l'assassinat du juge Borrel. Ce dernier avait été procureur de la République de Lisieux de 1988 à 1995, avant d'être détaché auprès du ministre djiboutien de la Justice au titre de la coopération.

Dans ce dossier qui empoisonne les relations entre Paris et Djibouti, qui accueille une importante base militaire française, un ancien lieutenant de la garde présidentielle, Mohamed Saleh Alhoumekani, dit avoir assisté, dans la nuit du 19 au 20 octobre 1995, dans les jardins du palais présidentiel, à une conversation sur l'élimination du "juge fouineur" entre plusieurs officiels, dont Ismaël Omar Guelleh, l'actuel chef d'État, et deux terroristes supposés être en prison. A

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Diffusion d'information de la LDDH sur la répression syndicale à Djibouti

Le Président

DIFFUSION D’INFORMATION

DU 7 MAI 2007

La répression syndicale s’exécute froidement.

Note liminaire

Un pays sans syndicat est un pays voué à l'anarchie dans le court terme.

Un pays sans Syndicat libre est un pays où la criminalité organisée ne peut prendre que des ampleurs inquiétantes et disproportionnées, avec tous « les affres de l'humiliation », et les révoltes sous-jacentes inéluctables.

Ce n'est pas les aides financières, sans contrôle ni audit bilatéral, de certains pays qui se disent amis et qui sont largement diffusées par la télévision djiboutienne souvent en présence d'une flopée de ministres, qui peuvent garantir la stabilité dans la capitale.

Bien au contraire, ce genre d'assistanat ne peut qu'accentuer l'immoralité publique avec, sans aucun doute, des ristournes inadmissibles aux conséquences désastreuses pour les pays qui tentent de trouver des solutions à l'immigration sauvage et inhumaine.

Un pays sans syndicat reconnu comme partenaire social est un pays sans contrôle, soumis à la rapacité d'une poignée de mafieux.

La morosité des Travailleurs et l'inflation galopante vont accentuer les risques de conflits internes et la révolte sociale avec tous les dérapages de xénophobies. Ceux sont là, les premiers signes néfastes de violence contre la coopération en générale et surtout contre les amis étrangers résidents.

Dans le cadre de la prévention des conflits il est primordial de souligner l'ampleur de la pauvreté et l'accentuation des écarts aux profits d'une minorité entretenue.

Il est temps, de combattre ce genre de complicité par des contrôles constants et bilatéraux et surtout par l'ouverture d'actions contre l'Impunité des crimes organisés. L'avenir de notre pays en dépend.

M. NOËL ABDI Jean-Paul

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Communiqué du secrétaire général du syndicat Synesed

COMMUNIQUÉ

Voila dix ans, en février 1997, une forte répression s'abattait sur les syndicalistes du pays et les enseignants en particulier. Cette répression multiforme (emprisonnement, intimidation physique, « clonage » des syndicats ..) s'était soldée par le licenciement de la quasi totalité des leaders syndicaux. Par ces actions radicales, le Pouvoir entendait envoyer un signal fort à tout travailleur tenté par une responsabilité syndicale quelconque.

Parallèlement toute réunion de masse d'enseignants était perçue comme un danger potentiel qu'il fallait prévenir et décourager par tous les moyens.

Devant une telle diabolisation des syndicats les Assemblées générales n'ont jamais pu se tenir. Les enseignants se sont alors résolus à défendre le minimum par des actions sauvages sans jamais désigner de représentants officiels, ni même de délégués pour des négociations éventuelles, pressenties d'avance et par expérience comme étant stériles et destinées à repérer les « têtes » à sacrifier.

Cette stratégie aux conséquences désastreuses pour les élèves a aussi été déstabilisante pour le Pouvoir qui a fini par la décrier sans jamais accepter d'agir à la source du problème à savoir la réintégration des victimes du syndicalisme et le respect des libertés syndicales de base. Ceci explique ce long silence du SYNESED.

C'est d'ailleurs durant cette période que le pouvoir a adopté de manière unilatérale des mesures antisociales dont la plus cruelle est l'adoption d'un code de travail faisant reculer gravement et officiellement les libertés syndicales et les acquis sociaux des travailleurs.

Dans ce contexte, l'Internationale de l'Education (I.E), à laquelle le Synesed est affilié, initie un projet de mission de contact à Djibouti. Une délégation composée de Madame Dominique MARLET (coordinatrice des droits humains et syndicaux à l'IE) et Madame Assibi NAPOE du Bureau de Lomé devrait se rendre dans notre pays du 06 au 11 mai 2007.

Les demandes de visa sont introduites auprès de la représentation djiboutienne à Bruxelles le 04 avril 2007. L'ambassade exige pour le besoin de la procédure de visa une invitation officielle émanant du syndicat hôte.

Une lettre en ce sens est alors adressée à l'ambassade. Le 4 mai, la délégation apprend que le visa est refusé.

Et le jeudi 3 mai le Secrétaire général du Synesed, signataire de la lettre d'invitation, est appréhendé sur son lieu de travail par des agents de la (SDS), Service de la Documentation et de la Sécurité, un sorte de police politique, qui l'ont conduit à leurs bureaux.

Il y sera interrogé, une heure durant, sur le syndicalisme, sur les autres syndicalistes et sur sa vie privée et familiale.

De toute évidence, cette interpellation est liée à cette lettre d'invitation pourtant si anodine. Ceci est révélateur de la frilosité de ce pouvoir, sur l'expression du syndicalisme libre et permet de mesurer la marge de manœuvre laissée aux activités syndicales dans ce pays.

Naturellement nous nous élevons contre ces réflexes liberticides des autorités de ce pays et condamnons avec force ces intimidations tout en refusant de renoncer à nos droits à l'expression et à la liberté d'organisation des travailleurs. Par conséquent nous demandons à toutes les organisations soeurs de condamner ces abus et ces pratiques d'un autre age.

Djibouti le 5 mai 2007
Le Secrétaire général du SYNESED
Farah Abdillahi Miguil

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Note d'information de la LDDH sur les dernières détentions arbitraires pour "délits d'opinion"

NOTE D’INFORMATION

DU 6 MAI 2007

sur les dernières détentions arbitraires

pour "délits d'opinion"

Motif d’Inculpation :

Porte sur un article du jeudi 28 avril 2007 : « l’axe IOG-DUBAÎ au cœur d’un scandale sexuel » L’un des deux présumés, M. Houssein Ahmed Farah été traduit devant le Procureur à 11h45 et immédiatement jeté à Gabode en détention arbitraire sans l’assistance d’un avocat et encore, sous le couvert de flagrants délits - c’est la nouvelle mode pour les délits d’opinion -, l’autre, M. Hared Abdallah, a été relâché après trois jours de mise en garde à vue.  

L’article incriminé date de 10 jours et il est vraiment difficile de comprendre cette interprétation abusive du terme « flagrant ». On se demande pourquoi cet acharnement du nouveau Procureur de la République. C’est déjà la deuxième fois que le Procureur Maki se saisit contre le journal « Le Renouveau Djiboutien », alors que qu’aucune plainte de l‘Emirati Abdallah directeur des Douanes du Port de Djibouti géré par DJEBEL-ALI-DUBAÏ, et qu’aucune plainte du Représentant du Chef de l’Etat, ne sont connues.

Il est bon de rappeler qu’aucun texte législatif n’autorise cette concession des Douanes du Port, qui est en violation flagrante du Principe sacro-saint de la Souveraineté Nationale. Sur ce point le ministère Public, malheureusement, semble incompétent, et pourtant la Loi lui permet d’être le gardien de l’application des Lois et de la Constitution.

A cette allure, il est bon de se demander si notre Armée Nationale tout comme une branche des Douanes Djiboutiennes fera, elle aussi, l’objet d’une concession ? La vente du patrimoine sise au Boulevard de Gaulle de la Gendarmerie Nationale à un simple commerçant de la place nous inquiète à plus d’un titre. 

La répétition de telles violations est une chose inadmissible, dégradante et intolérable pour le Peuple de la République de Djibouti. Une mobilisation nationale pour le Respect de la Souveraineté Nationale est plus que nécessaire afin de stopper l’hémorragie financière en cours.  

M. NOËL ABDI Jean-Paul

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Note d'information de la LDDH : Arrestation nocturne de deux militants du MRD.

NOTE D’INFORMATION

DU 5 MAI 2007

Arrestation nocturne de deux militants du MRD

Est-ce que les commentaires du « Renouveau Djiboutien » sur un article du Journal « Le Monde concernant l’Affaire Borrel» ouvre un débat apparemment inadmissible ?

En cette période préélectorale, ici à Djibouti les flagrants délits – pour délits d’opinion- vont à gogo, et sont malheureusement des affaires fréquentes, lors des procès à coloration politiques, pour le Parquet Djiboutien !

Cette Note d’Information ne soulève, que quelques points de vices de procédures, qui sont matières courantes car non sanctionnées jusqu’à présent, par la Justice Djiboutienne, non encore totalement indépendante.

Compte tenu du secret d’instruction, il n’est pas actuellement possible de connaître le véritable mobile de l’arrestation et la question que l’on se pose après deux jours de garde à vue si l’intéressé aura droit à un avocat ?

Nous reviendrons, plus amplement sur cet acharnement incompréhensible contre le Journal.

Toutefois, à ce stade préliminaire, nous ne pouvons que donner des informations sur les vices de procédure en matière d’arrestation.

1. Arrestation à 21 heures 30 (en dehors des heures légales) par trois policiers de la Brigade Criminelle de M. Hared Abdallah distributeur, infirme paralytique, du seul Journal de l’Opposition djiboutienne, « le Renouveau». Comme d’habitude cette arrestation s’est effectuée sans mandats d’arrêts ou d’amener, sans mandats de perquisition, sans médecin et sans avocat dés le début de la procédure.

2. Idem pour le frère de DAF, Président du Parti de l’Opposition le MRD, M. Houssein Ahmed Farah catalogué par le Ministère Publique de Journaliste du Renouveau. 

M. NOËL ABDI Jean-Paul

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Houssein Ahmed Farah, membre du MRD,  jeté à la prison de Gabode

Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement

(Ancien PRD)

Cité Poudrière Avenue Nasser

Tel : 34 23 99

BP : 3570

Djibouti

COMMUNIQUE DE PRESSE

HOUSSEIN AHMED FARAH JETE A LA SINISTRE PRISON DE GABODE

Encore une fois, le pouvoir dictatorial en place en République de Djibouti s’attaque au Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement (MRD), l’un des deux principaux partis d’opposition, et à son journal, Le Renouveau Djiboutien, unique publication de l’opposition et seul titre libre de presse à Djibouti.

Jeudi vers 22 heures et demie, ont été arrêtés chez eux, sans ménagement, Hared Abdallah Barreh, responsable de la distribution du journal, et Houssein Ahmed Farah, collaborateur du journal et cadre du parti, par ailleurs frère du président du MRD et directeur de publication du Renouveau Djiboutien, Daher Ahmed Farah. Ce sont des agents de la brigade policière des affaires spéciales et criminelles qui sont venus les arrêter de nuit comme de vulgaires délinquants.

Placés en garde à vue dans les locaux de la brigade en question au nord de la capitale, ils ne se sont rien entendu signifier jusqu’à samedi. C’est samedi 5 mai 2007 en fin de matinée qu’un motif leur a été murmuré : un article paru au Renouveau le 26 avril 2007 et qui évoque un scandale sexuel impliquant un très controversé Emirati, Abdallah Hamiri, originaire de Dubaï, auquel le chef de l’Etat, Ismaël Omar Guelleh, a confié la collecte de la taxe intérieure de consommation (TIC) au port de Djibouti en lieu et place de la douane djiboutienne. L’article fait écho à ce qui est dénoncé par l’opinion publique comme un cas d’abus sexuel de monsieur Abdallah Hamiri sur un membre féminin de son personnel djiboutien. L’homme de confiance du chef de l’Etat est régulièrement dénoncé sur la place publique par les Djiboutiens pour tel ou tel abus. Il n’a d’ailleurs porté aucune plainte et c’est le procureur de la République Maki qui affirme s’être autosaisi en sa faveur. L’article incriminé du Renouveau Djiboutien est intitulé « L’axe Ismaël Omar Guelleh (IOG)-Dubaï au cœur d’un scandale sexuel».

Nos deux camarades ont été présentés aujourd’hui dimanche 6 mai 2007 au procureur de la République Maki qui a relâché Hared Abdallah Barreh et placé Houssein Ahmed Farah sous mandat de dépôt à la sinistre prison de Gabode dont les conditions carcérales inhumaines sont bien connues.

Rappelons que le MRD (ancien PRD) et son journal le Renouveau sont régulièrement victimes de persécutions de la part du régime anti-démocratique djiboutien depuis leur naissance en 1992. La vague répressive la plus récente remonte à février 2007. Elle a valu au MRD l’arrestation et la détention de trois de ses membres ainsi que d’un cousin du président Daher Ahmed Farah du MRD, des perquisitions au domicile familial de ce dernier et dans les locaux du parti, la saisie de deux ordinateurs et du matériel de tirage du journal. Trois des quatre personnes arrêtées ont été relâchées sans charges, la quatrième, Houssein Ahmed Farah, a été acquittée par le tribunal de première instance. Mais le matériel saisi n’a jamais été restitué. Cette situation a réduit le journal au silence durant plusieurs semaines. Et s’il a enfin pu reparaître depuis quelques semaines, au grand soulagement des Djiboutiens, et dans des conditions matérielles difficiles, ce n’est pas sans saisie de ses éditions et harcèlement de son équipe. Les deux arrestations nocturnes du jeudi 3 mai 2007 et l’emprisonnement de Houssein Ahmed Farah sont la dernière de ces attaques qui n’ont d’autre but que de réduire au silence la seule voix libre qui résiste encore.

Autre illustration de ce climat de terreur, le président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH), Jean-Paul NOEL ABDI, vient, le 15 avril 2007, de sortir de la sinistre prison de Gabode après y avoir croupi un mois durant pour avoir évoqué la découverte d’un charnier de sept corps à la forêt du Day au nord du pays et dénoncé le viol dans la même région d’une jeune fille sourde et muette, Fatouma Abdallah Ali, par un membre de la garde présidentielle et son ami enseignant.

Nous condamnons fermement l’arrestation et la détention policières de nos deux camarades ainsi que l’emprisonnement judicaire arbitraire à Gabode de l’un d’eux, Houssein Ahmed Farah. Nous exigeons sa libération immédiate et sans condition ainsi que la fin des persécutions contre le Renouveau Djiboutien et le MRD.

Fait à Bruxelles, le 6 mai 2007
Par le président du parti
Daher Ahmed Farah

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Survie et Ardhd : Affaire Borrel : l’Élysée se ferme à la Justice

Communiqué conjoint de SURVIE et de l’ARDHD, le 4 mai 2007

SURVIE et l’ARDHD sont indignées par le refus d’ouvrir les portes de la cellule « Afrique » de l’Elysée aux juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia, qui enquêtent sur une possible tentative de pression sur la Justice française, dans le cadre d’une plainte déposée par Mme Borrel contre M H. Hervé Ladsous, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères à l’époque.

En fermant la porte de l’Elysée aux deux juges qui voulaient perquisitionner la Cellule « Afrique » de la Présidence, les plus hautes autorités de l’Etat ont-elles voulu dresser un énième obstacle à l’instruction sur l’assassinat du juge Borrel (assassiné à Djibouti en 1995) ou ont-elles cherché à gagner du temps pour détruire les documents les plus compromettants ?

L’instruction complexe d’une Affaire d’Etat, dans un contexte diplomatique difficile entre la France et Djibouti Il s’agit manifestement d’une nouvelle manoeuvre visant à empêcher le bon fonctionnement de la Justice. On peut légitimement craindre que les autorités profitent de ce délai pour faire disparaître des preuves, des documents importants et pour effacer des mémoires d’ordinateur, ce qui est inacceptable de la part des plus hautes autorités de notre pays, censés donner le bon exemple. Alors que les citoyens n’ont aucun moyen de s’opposer à une perquisition de leurs domiciles et/ou de leurs bureaux …

Depuis la mort du juge Borrel, il y a 12 ans, les autorités françaises ont multiplié les obstacles à l’avancée de l’instruction. Seule l’obstination de la veuve du Magistrat Elisabeth Borrel a permis de faire avancer la vérité : d’une instruction pour suicide (thèse défendue à l’origine par les juges Le Loire et Moracchini1), on est passé à une instruction pour assassinat.

Ce changement d’orientation est intervenu sur la base d’une contre-expertise médicolégale, ordonnée par le juge Parlos2 et qui avait révélé des blessures provoquées par une intervention de tierce personne.

Quand le porte-parole du Quai d’Orsay, en contradiction avec le principe sacré de la séparation des pouvoirs, prend des initiatives au nom de la Justice …

En 2005, Djibouti avait demandé la copie du dossier d’instruction à la France. Sans se soucier de solliciter l’accord de la juge Sophie Clément, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères avait annoncé dans un communiqué, qu’une copie du dossier d’instruction serait transmise aux autorités djiboutiennes. Cette ignorance du principe constitutionnel de la séparation des pouvoirs, avait conduit Mme Elisabeth Borrel à déposer plainte pour tentative de pression sur la Justice ; plainte jugée recevable par la suite.

Aussitôt le Procureur général de Djibouti a annoncé publiquement la fin de l’accord franco djiboutien de coopération judiciaire.

Pour la recherche de la vérité et l’indépendance de la Justice. SURVIE et l’ARDHD rappelle qu’en octobre 2006, la liste des 180 personnalités qui avaient signé l’appel pour la vérité dans l’assassinat du juge Borrel a été transmise à Jacques Chirac. Parmi les signataires on relevait : 3 anciens premiers ministres, 30 anciens ministres, 80 députés et des personnalités des mondes économiques, associatifs et artistiques.

SURVIE et l’ARDHD demande au Président de la République de faire cesser toutes les manoeuvres qui visent à empêcher le bon déroulement de l’instruction et qui le retarde, avec tous les risques de destruction de preuves.

Survie et l’ARDHD précisent que ce refus opposé aux deux juges de perquisitionner la cellule « Afrique » de l’Elysée ne fait que confirmer le rôle opaque que joue cette instance dans la politique de la France en Afrique, en dehors de tout contrôle parlementaire et en toute impunité.

Considérant qu’un tel dispositif est inconcevable dans un régime démocratique, nos associations demandent en outre la suppression pure et simple de cette officine de la Françafrique3.

1 Les juges Le Loir et Moracchini ont été dessaisis du dossier en 2000. Le juge Parlos a assuré la suite de l’instruction jusqu’en 2002, date à laquelle, il a été muté à la Cour de Cassation. Le dossier a été confié à la juge Sophie Clément qui l’instruit toujours.

2 Les juges Le Loir et Moracchini avaient toujours refusé de faire effectuer une nouvelle expertise. La Cour d’Appel a infirmé leur ordonnance, le 14 juin 2000.

3 Voir les 8 propositions de Survie pour une réforme de la politique de la France en Afrique sur http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=534

Contacts presse :

SURVIE www.survie-france.org
Olivier Thimonier
olivier.thimonier@survie-france.org
Tél : 01 44 61 03 25 

ARDHD www.ardhd.org
Jean-Loup Schaal
jlschaal@ardhd.org
Tél : 01 46 34 70 70 

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Le Monde : Affaire Borrel : deux juges interdites de perquisition à l'Élysée

Source : Le Monde, jeudi 3 mai 2007

Deux juges ont vainement essayé de perquisitionner à l'Élysée, mercredi 2 mai, jour du dernier conseil des ministres de Jacques Chirac, dans le cadre de l'affaire Borrel.

L'Elysée a invoqué l'article 67 de la Constitution sur l'irresponsabilité pénale du chef de l'Etat pour leur refuser l'accès. L'avocat de Mme Borrel, Me Olivier Morice, qui était présent comme lors des perquisitions aux ministères des affaires étrangères et de la justice, les 9 et 10 avril, a dénoncé "une entrave inadmissible à la justice".

Les syndicats de magistrats ont vivement réagi. L'Union syndicale des magistrats, majoritaire, "condamne avec la plus grande fermeté le refus opposé aux juges", symbole de "la force de l'État utilisé contre le travail de la justice".

Le Syndicat de la magistrature (gauche) alerte sur "le risque d'une disparition de preuves à l'occasion des changements à venir des cabinets ministériels et de celui du président de la République". Le président du groupe parlementaire socialiste, Jean-Marc Ayrault, a commenté sur la chaîne Public-Sénat : "Une fois de plus, on veut entraver l'action de la justice sur une affaire où nous demandons la vérité."

Les deux magistrates Fabienne Pous et Michèle Ganascia voulaient perquisitionner à la cellule africaine de l'Elysée dans le cadre d'une enquête pour "pressions sur la justice" en lien avec l'affaire Borrel, le magistrat tué à Djibouti en 1995. Les juges ont présenté des réquisitions justifiant leurs démarches pour perquisitionner dans une enceinte militaire, conformément au statut de l'Elysée.

Peu après, le directeur de cabinet de Jacques Chirac, Michel Blangy, est venu voir les juges en invoquant l'article 67 de la Constitution pour refuser la perquisition. Ce nouvel article, adopté en février par le Parlement, prévoit que "le président de la République n'est pas responsable des actes accomplis en cette qualité. Il ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction (...) être requis de témoigner non plus que de faire l'objet d'une action, d'un acte d'information, d'instruction ou de poursuite".

"INTERPRÉTATION EXTENSIVE"

Pour les syndicats de magistrats, l'article s'applique à la personne du président, pas à ses services. Gilles Guglielmi, professeur de droit à Paris-II, s'étonne : "Il est rare qu'on se serve d'un article de la Constitution en matière pénale. L'article 67 parle du président. Les magistrats interviennent dans le cadre