Dernières nouvelles - Édition en Ligne de Mai 2009

 Directeur de publication : Mohamed Ali Abdou.   Codirecteur : Mahdi Ibrahim A. God.   Email : realite_djibouti@yahoo.fr


S  o  m  m  a  i  r  e

26/05/2009 Contribution de l'OMCT et de la FIDH sur la situation des droits de l'homme en Afrique, à la 45e session de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples de Banjul du 13-27 mai 2009

17/05/2009 Flagrante démonstration publique de l’autocratie qui règne à la tête de l’Etat djiboutien

16/05/2009 Note d'information de la LDDH du 16 mai 09

13/05/2009 LDDH : Communiqué de presse du 13 mai 09 sur l'élection de Djibouti au conseil des droits de l'homme de l'ONU

9/05/2005 Quelques Observations à l’occasion du 10ème anniversaire de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) 4 au 9 mai 2009.

01/05/2009 Parti djiboutien pour le développement (PDD) : Bilan de dix ans de pouvoir d'Ismaël Omar Guelleh

26/04/2009 Note d'information de la LDDH du 26 avril 2009 suite à la conférence des défenseurs de toute l'Afrique



Contribution de l'OMCT et de la FIDH sur la situation des droits de l'homme en Afrique, à la 45e session de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples de Banjul du 13-27 mai 2009

L'OBSERVATOIRE POUR LA PROTECTION DES DEFENSEURS DES DROITS DE L'HOMME

COMMISSION AFRICAINE DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES
45ème session ordinaire Banjul, Gambie - 13-27 Mai 2009

Contribution de L’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) et de La Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH)

Dans le cadre de leur programme conjoint, L’Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits de l’Homme

Sous le point de l’ordre du jour : “Situation des droits de l’Homme en Afrique”

L’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), dans le cadre de leur programme conjoint, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, expriment leur vive préoccupation sur la situation des défenseurs des droits de l’Homme qui continuent de mener leurs activités sur le continent africain dans un contexte hostile et risqué.

En effet, le début de l’année 2009 a une nouvelle fois été caractérisé par des pratiques répressives visant à entraver et sanctionner l’activité des défenseurs des droits de l’Homme. 2009 a été tout particulièrement marqué par une répression accrue à l’encontre des défenseurs des droits économiques, sociaux et culturels sur l’ensemble du continent (Burundi, Cameroun, Kenya, Gabon, République démocratique du Congo). En outre, dans un certain nombre de pays du continent, les revendications économiques et sociales des populations sont restées considérées comme des activités politiques d’opposition, entraînant une répression systématique (Tunisie, Zimbabwe). Plusieurs Etats ont également continué de porter atteinte à la liberté d’association, notamment en Ethiopie où une nouvelle loi a été adopté en janvier, mais également en Egypte. Enfin, les défenseurs des droits civils et politiques n’ont pas non plus été épargnés par la répression, que ce soit lorsqu’ils ont dénoncé les atteintes à la démocratie dans leurs pays (Mauritanie, République démocratique du Congo, Zimbabwe) ou lorsqu’ils luttent contre l’impunité et défendent les droits de victimes (Djibouti, Guinée-Bissau, République démocratique du Congo, Soudan, Tunisie).

I - Une répression accrue à l’encontre des défenseurs des droits économiques, sociaux et culturels

Le début de l’année 2009 a été singulièrement marqué par une répression accrue à l’encontre des défenseurs des droits économiques, sociaux et culturels sur l’ensemble du continent, et en particulier celles et ceux qui ont dénoncé la corruption, qui ont ainsi fait l’objet de multiples actes de harcèlement, allant des menaces jusqu’à l’assassinat. De même, de nombreux syndicalistes ont fait l’objet d’attaques ou d’arrestations et de détentions arbitraires alors qu’ils défendaient leur droit à s’organiser collectivement.

1/   Assassinats de défenseurs des droits économiques, sociaux et culturels

Au Burundi, M. Ernest Manirumva, vice-président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME), qui travaille sur des dossiers de corruption extrêmement sensibles mettant en cause les plus hautes autorités de l’Etat, a été assassiné par des inconnus qui se sont introduits à son domicile dans la nuit du 8 au 9 avril 2009.

2/   Menaces et actes de harcèlement

Au Cameroun, Mme Maximilienne Ngo Mbe, secrétaire exécutive de l’association Solidarité pour la promotion des droits de l’Homme et des peuples (PRODHOP), secrétaire de la Maison des droits de l’Homme du Cameroun (MDHC) et membre du Réseau des défenseurs des droits de l’Homme en Afrique centrale (REDHAC), est régulièrement victime de harcèlement et de menaces depuis décembre 2008. Ces actes de harcèlement semblent directement liés au communiqué de presse diffusé par PRODHOP le 11 décembre 2008, au lendemain d’une manifestation organisée contre les détournements et la corruption au sein du ministère de l’Agriculture et contre la crise du maïs, violemment réprimée par les forces de police, faisant plusieurs blessés.

De même, au Gabon, cinq leaders civils de la lutte contre la corruption - MM. Gregory Ngbwa Mintsa, Marc Ona Essangui, Georges Mpaga, Dieudonné Koungou et Gaston Asseko - ont été arrêtés les 30 et 31 décembre 2008 à Libreville et conduits dans les locaux de la police judiciaire de la ville. Tous sont connus pour leur engagement sur le thème de la bonne gouvernance et de la transparence financière. Le 7 janvier 2009, ils ont tous été accusés de “détention d’un document en vue de propagande” et de “propagande orale ou écrite en vue d’incitation à la révolte contre l’autorité de l’Etat”, puis placés sous mandat de dépôt. Si M. Koungou a été libéré sous caution le jour même, les autres ont ensuite été transférés à la maison d’arrêt de Libreville. Le 12 janvier 2009, MM. Ngbwa Mintsa, Ona Essangui, Mpaga et Asseko ont été remis en liberté provisoire.

En République démocratique du Congo (RDC), le 19 janvier 2009, M. Nginamau Malaba, président du Comité syndical au ministère de l’Economie nationale et du commerce, a été arrêté par cinq agents de l’Agence nationale des renseignements (ANR) alors qu’il s’apprêtait à déposer un mémorandum dénonçant le détournement des deniers publics par le Ministre de l’Economie nationale et du commerce, et réclamant la rétrocession des bonus des recettes réalisées ainsi que le paiement des primes d’encouragement des fonctionnaires du ministère. Les 16 et 19 janvier 2009 respectivement, M. Richard Kambale Ndayango et M. Israël Kanumbaya Yambasa, deux autres syndicalistes cosignataires du mémorandum déposé par M. Malaba, ont également été arrêtés. Le 19 mars 2009, le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe a ordonné en appel leur libération sous caution. Le 23 mars 2009, MM. Nginamau Malaba, Richard Kambale Ndayango et Israël Kanumbaya Yambasa ont été libérés après paiement d’une caution de 150 dollars par personne.

3/   Répression des manifestations économiques et sociales

Dans plusieurs pays du continent, les revendications économiques et sociales des populations restent considérées comme des activités politiques d’opposition, entraînant une répression systématique.

Ainsi en Tunisie, le 3 février 2009, la Cour d’appel de Gafsa a rendu son verdict concernant les 38 personnes accusées d’avoir mené le mouvement de protestation sociale sans précédent qui secoue la Tunisie depuis janvier 2008. En dépit des déclarations des prévenus et des questions des avocats insistant sur les tortures subies et sur les irrégularités du dossier, les prévenus ont été condamnés à des peines allant de deux ans de prison avec sursis à huit ans ferme, sans que le Procureur ait fait de réquisitoire. Lors de l’audience du 3 février, de nombreuses irrégularités de procédure ont, comme en première instance, été de nouveau constatées.

Au Zimbabwe, le 10 février 2009, près de 600 membres de “Renaissance des femmes du Zimbabwe” (Women of Zimbabwe Arise - WOZA) ont manifesté de façon pacifique devant le Parlement à Harare afin d’appeler les Zimbabwéens à continuer de demander une justice sociale. A la suite de cette manifestation, Mmes Nelia Hambarume, Clara Bongwe, Auxilia Tarumbwa, Gracy Mutambachirimo, Linda Moyo, Keure Chikomo, Edina Saidi et Kundai Mupfukudzwa, toutes membres de WOZA, ainsi que Mme Roselyn Hanzi et M. Tawanda Zhuwarara, deux avocats membres des Avocats du Zimbabwe pour les droits de l’Homme (Zimbabwe Lawyers for Human Rights - ZLHR), ont été arrêtés par des policiers. Lors de leur détention, trois des femmes ont été frappées. Le 12 février, toutes ces personnes ont été libérées sous caution, mais restent accusées de  “participation à un rassemblement dans l’intention de provoquer une atteinte à l’ordre public, à la paix ou à la piété” (Section 37 (1) (b) de la Loi portant codification et réforme du Code pénal).

II - Répression à l’encontre des défenseurs des droits civils et politiques

1/   Répression des défenseurs dans le contexte de crises politiques

En 2009, de nombreux défenseurs ont continué d’être pris pour cibles lorsqu’ils ont dénoncé les atteintes à la démocratie dans leurs pays, notamment dans le contexte de crises politiques.

En Mauritanie, le 2 avril 2009, à l’occasion de la marche organisée par la Coordination des forces démocratiques (CFD), qui regroupe des partis politiques de l’opposition et des organisations de la société civile, dont des organisations de défense des droits de l’Homme, pour dénoncer le putsch du 6 août 2008, M. Boubacar Messaoud, président de l’association SOS-Esclaves et membre de la Commission nationale des droits de l’Homme, a été attaqué sur les ordres du commissaire Ould Nejib par des éléments du commissariat du Palais de justice de Nouakchott, venus en renfort des forces de police anti-émeute. Plusieurs autres personnes, en majorité des opposants politiques, ont également été battues par la police lors de cette marche.

En RDC, le 15 mars 2009, des fonctionnaires armés de la police nationale congolaise et autres en tenue civile ont arrêté MM. Floribert Chebeya Bahizire, directeur exécutif de la Voix des sans voix pour les droits de l’Homme (VSV) et secrétaire exécutif national du Réseau national des ONG des droits de l’Homme de la République démocratique du Congo (RENADHOC), Dolly Ibefo Mbfunga, directeur exécutif adjoint de la VSV, Donat Tshikaya, chargé de réception au RENADHOC, et Coco Tanda, caméraman pour Canal numérique télévision (CNTV), à la suite d’une conférence de presse sur la crise interinstitutionnelle en RDC, qui s’est tenue au siège du RENADHOC, dans la commune de Barumbu. Le 17 mars 2009, ils ont été libérés, sans aucune charge à leur encontre. Lors de la détention, les quatre détenus ont fait l’objet de mauvais traitements.

Au Zimbabwe, Mme Jestina Mukoko, directrice exécutive du Projet pour la paix au Zimbabwe (Zimbabwe Peace Project - ZPP) et membre du conseil d’administration du Forum des ONG de défense des droits de l’Homme du Zimbabwe (Zimbabwe Human Rights NGO Forum), a de nouveau été placée en détention le 5 mai 2009, avant d’être libérée sous caution, dans l’attente de son procès qui devrait avoir lieu en juin. Mme Mukuko avait été enlevée à son domicile le 3 décembre 2008. En 2008, elle avait à plusieurs reprises dénoncé des violences politiques après que l’Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique (Zimbabwe African National Union - Patriotic Front - ZANU-PF), le parti du Président Mugabe, a été battu au premier tour des élections nationales par le Mouvement pour un changement démocratique (Movement for Democratic Change - MDC). Après quasiment trois semaines, pendant lesquelles aucune information n’avait pu être obtenue quant à sa localisation, elle avait finalement comparu le 24 décembre 2008 devant le Tribunal de première instance de Harare, accusée, avec huit autres personnes, de “trahison”, pour avoir prétendument recruté des personnes pour les former au banditisme afin de renverser le Gouvernement, des allégations passibles de la peine de mort en cas de condamnation. Le 2 mars 2009, Mme Mukoko avait été libérée sous caution.

2/   Actes de harcèlement à l’encontre des défenseurs luttant contre l’impunité

En 2009, les défenseurs qui luttent contre l’impunité et défendent les droits de victimes ont de nouveau fait l’objet de menaces, d’actes de harcèlement, et parfois d’exécutions sommaires.

A Djibouti, M. Jean-Paul Noël Abdi, président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH), a été arrêté le 4 avril 2009 par des éléments de la gendarmerie nationale, sans qu’aucun mandat d’arrêt lui ait été présenté. Il lui a été signifié oralement que cette arrestation était motivée par des “injures publiques à l’autorité judiciaire” qu’il aurait proférées dans une note d’information en date du 26 mars 2009, dans laquelle il avait dénoncé les graves manquements de la justice djboutienne et en particulier son absence d’indépendance, illustrés par la non-motivation et la non-rédaction de certains jugements et décisions de justice en particulier dans les procès sensibles. Le 5 avril 2009, M. Noël-Abdi a été déféré devant le parquet en comparution immédiate et entendu par le substitut du procureur selon la procédure de flagrant délit, avant d’être libéré. M. Noël-Abdi est depuis placé sous contrôle judiciaire.

En Guinée-Bissau, M. Luís Vaz Martins, avocat et président de la Ligue guinéenne de défense des droits humains (Liga Guineense dos Direitos do Homen - LGDH), a été menacé le 1er avril 2009 par un homme armé après avoir ouvertement condamné des violations commises dernièrement par des militaires, en particulier l’arrestation et les actes de torture subis par l’avocat Pedro Infanda, ainsi que l’agression dont a été victime M. Francisco José Fadul, ancien Premier Ministre, dirigeant du Parti pour la démocratie, le développement et la citoyenneté (Partido para a Democracia Desenvolvimento e Cidadania - PADEC)  et actuellement président d’un tribunal.

Au Kenya, MM. Oscar Kamau King’ara et John Paul Oulua, deux membres de la Fondation Oscar pour une assistance juridique gratuite au Kenya (Oscar Foundation Free Legal Aid Clinic Kenya - OFFLACK), ont été assassinés le 5 mars 2009. OFFLACK a notamment dénoncé auprès du Parlement les violations commises à l’encontre des pauvres dans le pays, notamment des exécutions sommaires et des disparitions forcées.

En RDC, le 5 janvier 2009, MM. Paul Henry Mundela et François Toussaint Kalonda Omanya, deux ressortissants belges d’origine congolaise membres de l’association 11 Assistance interactive pour la démocratie et l’éducation (11 AIDE), une organisation qui dénonce les viols commis à l’est du pays, et enquêtant plus généralement sur les violations des droits de l’Homme commises dans les 11 provinces de la RDC, ont été arrêtés dans la province du sud-Kivu par les services de sécurité congolais, alors qu’ils enquêtaient sur des cas de viols afin de traduire leurs auteurs en justice. MM. Mundela et Kalonda Omanya ont ensuite été placés en détention au cachot dans les locaux de l’ANR à Kinshasa, où ils auraient été soumis à des actes de torture de la part d’agents de l’ANR. Fin avril 2009, aucune information n’avait pu être obtenue quant aux raisons de leur arrestation, aux éventuelles charges à leur encontre, et à leur maintien ou non en détention.

Au Soudan, plusieurs ONG ont fait l’objet de représailles en raison de leurs activités auprès de la Cour pénale internationale (CPI), et les actes de harcèlement se sont accrus après que la CPI eut délivré un mandat d’arrêt le 4 mars 2009 à l’encontre du Président Omar Al Bashir, accusé de crimes de guerre et de crime contre l’humanité. Ainsi, le 1er mars 2009, le Ministre des Affaires Sociales de l’Etat de Khartoum a publié un décret ministériel, approuvant les recommandations faites par le Comité d’assistance humanitaire (Humanitarian Assistance Committee - HAC) de l’Etat de Khartoum, afin d’annuler l’enregistrement du Centre de Khartoum pour les droits de l’Homme et le développement environnemental (Khartoum Centre for Human Rights and Environmental Development - KCHRED) et de fermer le centre. Peu de temps auparavant, le 19 février 2009, le compte bancaire du KCHRED avait été gelé par le HAC. Le 4 mars 2009, les sections de Alfashir et Nyala du Centre Amal pour la réhabilitation des victimes de torture (Amal Centre for the Rehabilitation of Victims of Torture) ont été fermées. Le même jour, les autorités soudanaises ont également ordonné à dix organisations humanitaires internationales de quitter le pays. Le 5 mars 2009, l’Organisation pour un développement social au Soudan (Sudan Social Development Organisation - SUDO) a été notifiée par le HAC que l’organisation serait également fermée. La veille, les bureaux de la section de la SUDO à Nyala avaient fait l’objet d’une perquisition par les forces de sécurité. Enfin, le 11 avril 2009, les services nationaux de renseignement et de sécurité (National Intelligence and Security Services - NISS) ont arrêté chez lui, à Al Fashir, M. Mohamed Al Mahgoub, directeur de la section du nord Darfour du Centre Amal. M. Al Mahgoub a ensuite été détenu au secret dans les locaux des NISS, jusqu’à sa libération le 17 avril 2009, sans charge à son encontre.

En Tunisie, les collaborateurs du journal en ligne Kalima ont fait l’objet de multiples actes de harcèlement. Ainsi, le 11 décembre 2008, divers journaux tunisiens, arabes et européens ont relayé des accusations portées à l’encontre de Mme Sihem Bensedrine, porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT) et rédactrice en chef de Kalima, “d’extorsion et de spéculation sur les droits de l’Homme”, de percevoir des sommes d’argent qui dépassent le demi-million d’euros de diverses parties étrangères et de mener un “groupe d’opportunistes qui infectent le paysage des droits de l’Homme en Tunisie”. L’Observatoire craint que cette nouvelle campagne de diffamation à l’encontre de Mme Bensedrine soit menée en représailles suite à sa participation, comme témoin, au procès mené devant la Cour d’assises du Bas Rhin contre M. Khaled Ben Saïd, ancien Vice-consul à Strasbourg et ancien commissaire de police à Jendouba, reconnu coupable d’avoir donné l’instruction de commettre des crimes de torture et des actes de barbarie et condamné le 15 décembre 2008 à huit ans de prison par contumace.

III - Entraves à la liberté d’association

En Ethiopie, le Parlement a adopté le 6 janvier 2009 une nouvelle loi sur la liberté d’association, la “Loi sur les charités et les sociétés”, en dépit des condamnations émises par les observateurs internationaux à l’encontre de ce texte. Bien que la société civile ait été consultée lors de la rédaction du texte, la grande majorité des éléments apportés par les ONG tout au long des consultations n’a pas été prise en compte par les autorités. Cette nouvelle loi crée un environnement très restrictif pour les défenseurs des droits de l’Homme et porte gravement atteinte à l’indépendance de la société civile, dans la mesure où elle se fixe pour but d’imposer un contrôle et une surveillance strictes de la société civile, notamment dans le contexte des prochaines élections de 2010. Le texte élargit notamment la définition d’ONG “étrangère” à toutes les ONG en Ethiopie dont plus de 10 % du financement provient de l’étranger, et interdit à de telles ONG de mener un grand nombre d’activités ayant trait aux droits de l’Homme. Le texte renforce également la possibilité pour le Gouvernement de refuser l’enregistrement, de dissoudre les associations, et de s’ingérer dans leurs activités.

Enfin, en Egypte, l’Organisation égyptienne pour les droits de l’Homme (Egyptian Organisation for Human Rights - EOHR) a reçu une lettre le 27 avril 2009 du ministère de la Solidarité sociale, dans laquelle l’organisation était menacée d’être fermée et d’être dissoute pour avoir “reçu des financements étrangers non autorisés”, en violation de l’article 42 de la Loi sur les associations n° 84 de 2002. Cette lettre ferait suite à l’organisation au Caire de la conférence régionale intitulée “l’information est un droit pour tous”, conjointement par la EOHR et le Centre de la liberté de la presse dans le Moyen orient et l’Afrique du nord (Centre of Media Freedom in the Middle East and North Africa - CMF MENA), les 27-28 janvier 2009. Par ailleurs, cette menace de fermeture et de dissolution pourrait également faire suite aux efforts de la EOHR en faveur d’un amendement de la Loi n° 84 de 2002, afin que celle-ci devienne conforme aux instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme.

Recommandations :

Au regard de la persistance de ces actes de répression à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme dans les pays membres de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP), l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (OMCT-FIDH) appelle les États membres à :


• Mettre fin à toute forme de répression menée à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme et de leurs organisations ;

• Tout mettre en œuvre pour garantir les libertés d’association, d’expression, de réunion pacifique et la liberté d’action des défenseurs des droits de l’Homme ;

• Reconnaître le rôle primordial des défenseurs des droits de l’Homme dans la mise en œuvre de la Déclaration universelle des droits de l’Homme des Nations unies et des autres instruments relatifs aux droits de l’Homme, dont la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, ainsi que dans la prévention des conflits, l’avènement de l’État de droit et de la démocratie ;

• Se conformer aux dispositions de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’Homme, notamment à son article 1 qui prévoit que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international” et à son article 12.2 qui prévoient que “l’État prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration”, du protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes, de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, ainsi qu’aux dispositions des instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme auxquels ils sont parties ;

• Participer activement à faciliter le mandat de la Rapporteure spéciale de la CADHP sur les défenseurs des droits de l’Homme en Afrique, en l’invitant de façon permanente à se rendre dans leurs pays et en mettant les moyens suffisants à sa disposition en vue du bon accomplissement de son mandat ;

• Participer activement à faciliter le mandat de la Rapporteure spéciale des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’Homme, notamment en l’invitant de façon permanente à se rendre dans leurs pays.

L’Observatoire appelle également la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples à :

• Renforcer les moyens de la Rapporteure spéciale de la CADHP sur la situation des défenseurs afin de l’aider à poursuivre ses actions de promotion et de protection des défenseurs des droits de l’Homme en Afrique ;

• Poursuivre et approfondir la collaboration avec la Rapporteure spéciale des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’Homme, ainsi qu’avec les autres mécanismes régionaux de protection des défenseurs des droits de l’Homme.

Retour au sommaire 

Accueil


Flagrante démonstration publique de l’autocratie qui règne à la tête de l’Etat djiboutien

Le gouvernement djiboutien habitué aux faux semblant démocratiques avait fait mine d’organiser du 2 au 9 mai au palais du peuple un « séminaire de réflexion sur l’action du gouvernement ».

Pour les observateurs de la scène locale, il n’y avait pas de doute que les invités seraient triés sur le volet et les questions à poser préparées à l’avance.

Un citoyen djiboutien du nom de Barakhleh Hassan Abdillahi, élève officier de son Etat, mais qui n’était pas inscrit sur la liste des personnes invitées au palais du peuple, avait cru bon de prendre néanmoins la parole.

Il est alors aussitôt interrompu par le premier ministre Dilleyta Mohamed Dilleyta, qui affirme ne pas retrouver son nom sur la liste des personnes invitées.

Monsieur Barakhleh Hassan Abdillahi ne s’est pas démonté et a voulu malgré tout formuler sa recommandation concernant l’action du gouvernement. C’est alors qu’il reçoit un rappel à l’ordre cinglant du président djiboutien Ismaël Omar Guelleh en personne : « si tu étais élève officier, tu ne serais pas venu ici où se trouvent tes chefs. Désormais tu n’es plus élève officier, tu es renvoyé, parce que tu es un mauvais élément, point final ».

Rarement de mémoire de Djiboutiens une telle démonstration publique de l’autocratie djiboutienne ne s’était donnée à voir par une telle violence. Un lien sur le site Youtube reproduit l’intégralité de cette altercation, à méditer profondément.

Quant au citoyen djiboutien Barakhleh Hassan Abdillahi, il court un danger grave pour sa vie, il est l’homme qui a démasqué à lui tout seul la nature du pouvoir qui règne en république de Djibouti. Une vigilance de tous les instants est de mise pour veiller sur lui et sur sa famille.

Retour au sommaire 

Accueil


Note d'information de la LDDH du 16 mai 09

Le Président

NOTE D’INFORMATION DU 16 MAI 2009

Est-ce possible d’engager un véritable procès

contre les abus de pouvoir répétitifs à mon égard

dans mon Pays ?

« En vérité, en vérité je ne suis pas un délinquant en fuite, mais je mérite au moins respect. » Parole de Jean-Paul

Suite à ma dernière arrestation suivie d’une garde à vue de 24 heures du 4 au 5 avril 2009 (par des gendarmes en uniforme) comme un vulgaire délinquant, sans convocation ou mandat écrit, sur simple ordre non écrit à mon intention du procureur de la République par intérim Monsieur Ibrahim Houssein Waiss, je fus conduit au Parquet à 9 heures du matin auprès du procureur de la République qui, après quelques questions que je considère comme des questions de fond, m’a ensuite transféré au juge d’Instruction du Cabinet A.

Physiquement et moralement fatigué, Madame Sirad Wais Boulaleh Juge d’Instruction a juste procédé à l’Enquête préliminaire tout en m’assignant à venir émarger tous les Jeudi avec interdiction de quitter le Territoire.

Demain, dimanche 17 mai 2009, je ferai l’objet d’un interrogatoire de fond au Cabinet A.
Le motif de mon arrestation, à mon avis pompeux et imprécis, est : « injure envers les cours et tribunaux ».

Je ne manquerais pas de remettre au Juge d’instruction mes observations écrites sur mes intolérables arrestations, harcèlements, classement sine die de certaines de mes plaintes, dénigrement au plus niveau de l’Etat, criminalisation à mon égard en tant que Défenseurs des Droits de l’Homme, ainsi qu’au manque de respect total de la presse gouvernementale doublé des refus au Droit de Réponse pénalement répréhensible.

Avec tous vos encouragements et toutes les solidarités agissantes en direction des Défenseurs des Droits de l’Homme souvent brimés à Djibouti, avec aussi le soutien de tous nos compatriotes, notre combat conjoint pour la protection, la promotion des Droits Humains est irréversible et noble.

NOEL ABDI Jean-Paul

Retour au sommaire 

Accueil


LDDH : Communiqué de presse du 13 mai 09 sur l'élection de Djibouti au conseil des droits de l'homme de l'ONU

Le Président

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 13 MAI 2009

SUR L'ELECTION DE DJIBOUTI
AU CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME
DES NATIONS UNIES

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) n’est pas choquée de la décision du 12 mai 2009 des membres du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies en reconduisant une seconde fois Djibouti.

Effectivement, cette Décision était prévisible du fait de l’intérêt que le Conseil de Sécurité porte pour la déstabilisation de la Somalie en nommant des Gouvernements fantoches en particulier à partir de Djibouti.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) avait, à maintes reprises, déploré ces derniers temps le silence tuant de cet Organisme onusien en particulier sur les violations des Droits de l’Homme, les crimes contre l’humanité dans notre sous région.

On a l’impression que depuis la destruction des Tours de New York l’important pour le Conseil de Sécurité des Nations Unies est celui de favoriser et de défendre les positions géostratégiques des pays Occidentaux.

A cette allure il est facile de comprendre et peut-être d’apprécier les paroles d’El Bachir lors de son interview d’hier à la BBC dans lequel il a dit que : « les Nations Unies sont devenus des portes paroles en dramatisant la situation au Dafour ».

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains se félicite de la prise de position rapide de FREEDOM HOUSE , la plus ancienne Organisation Internationale des Défenseurs des Droits de l’Homme des Etats-Unis, qui a immédiatement regretté, sur les ondes de la BBC en français, la nomination du Cameroum et de Djibouti qui sont, tous les deux, loin de respecter les droits de l’Homme.

Les complications en cours de la situation en République de Djibouti sont de notoriété publique, le Conseil des Droits de l’Homme portera à l’avenir sa pleine responsabilité.

NOEL ABDI Jean-Paul

Retour au sommaire 

Accueil


Quelques Observations à l’occasion du 10ème anniversaire de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) 4 au 9 mai 2009.

Le Président

QUELQUES OBERVATIONS

A L'OCCASION DU 10E ANNIVERSAIRE

DE LA LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS (LDDH)

DU 4 AU 9 MAI 2009

Rappelant que  la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) fête ses dix ans d’existence dans un climat difficile, de haut risque et de harcèlements pour les défenseurs des droits de l’Homme en République de Djibouti ;

Dix ans de combat dans la semi clandestinité ;

Dix ans de dénonciations de toutes les violations des droits fondamentaux ;

Dix ans d’alertes lancées, très souvent entendues par les Organisations Internationales des Défenseurs des Droits de l’Homme, de quelques responsables politiques administratifs Djiboutiens et diplomates présents dans notre pays ;

Dix ans de propositions et de recommandations, hélas, ignorées par le Chef de l’Etat, Premier Magistrat et par nombre des Ministres saisis par notre Organisation.

Dix ans de solidarité et d’encouragements internationales et nationales à notre égard et aux opprimés Djiboutiens victimes d’une Dictature foncièrement sournoise ;

Dix ans de lutte pour nous défenseurs des droits humains imprégnés du profond sentiment d’avoir uniquement fait notre devoir de Défenseur avec abnégation et courage, toujours et encore.

Rappelant que la LDDH avait opté dès le début de rendre constamment public toutes ses activités par diverses communications allant des communiqués de presse, des notes d’information, de diffusion d’information, de lettres ouvertes souvent au chef de l’Etat ou autres autorités Djiboutiennes.

C’est dans ce cadre, que nous soumettons des Requêtes, des Recommandations pour contribuer avec confiance en l’avenir, en l’évolution des droits positifs et fondamentaux en République de Djibouti, de la Bonne Gouvernance et de l’effectivité de l’Etat de droit.

Observations de la LDDH sur la situation politique et les risques encourus.

Après la récente participation active de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) aux travaux sur le rapport conjoint UE-République de Djibouti, il nous a paru opportun à l’occasion de notre 10ème anniversaire d’émettre et de soumettre nos requêtes à l’attention : de tous nos compatriotes, à tous les Défenseurs des Droits de l’Homme à tous nos amis ici et à l’étranger, à tous les décideurs politiques et diplomatiques, etc…

Convaincus de la nécessité urgente et quotidienne de :

1.     combattre, sans passion aucune, toutes les violations des Droits de l’Homme ;

2.     dénoncer haut et fort toutes les exécutions extrajudiciaires, toutes les disparitions, toutes les formes de tortures physiques et morales ;

3.     prévenir par dénonciation tous les risques d’insécurités sociales qui inéluctablement engendrent les conflits armés avec toutes les dérives de la haine tribale ;

4.     témoigner contre les viols des jeunes femmes en priorité dans les zones de tensions ;

Au plan Politique.

Conscients qu’il est temps de changer de mentalité et de sortir définitivement des comportements post colonial en matière électorale ;

Conscients que depuis l’Indépendance les élections en République de Djibouti n’ont jamais été concurrentielles jusqu’en 1992 ;

Faut-il rappeler que toutes les élections législatives après le Référendum pour l’Indépendance puis les élections présidentielles à partir de 1982 se sont toujours déroulées sous la bannière du Parti Unique au pouvoir et ce malgré le vote Référendaire du 4 septembre 1992 de la Constitution Djiboutienne.

Déplorons:
 

1.    Que les structures des élections n’ont jamais changé dans la pratique jusqu’à présent encore moins d’une manière radicale ;

2.    Que même si une Constitution et une Loi Organique relative aux élections existent depuis 1992;ces deux textes Fondamentaux n’ont jamais été appliqués dans les domaines des libertés d’expression, de manifestations publiques, de grèves organisées, de Transparence dans la gestion de Fonds publics et des Biens Sociaux. ET ENCORE DANS LA GESTION LIBRE ET TRANSPARENTE DES PROCESSUS ELECTORAUX

3.    Que même les partis politiques d’opposition n’ont jamais été associés à la préparation encore moins aux contrôles des élections à tous les stades du déroulement des élections

4.    . Que les fraudes et opacités électorales persistent et maintiennent au pouvoir un régime dictatorial de plus en plus impopulaire avec l’aval des Forces pré positionnées à Djibouti ;

5.     Que de 1958 date du Référendum mascarade organisée par l’Administration Coloniale jusqu’aux élections législatives entre les membres de la Mouvance présidentielle de 2008, aucune élection libre, transparente, concertée entre les forces politiques adverses, n’ont jamais eu lieu, exception faite des élections populaires du Référendum du 8 mai 1977 pour l’Indépendance

Dans le cadre des gestations actuelles pour une plausible adaptation à la volonté d’un Chef d’Etat impopulaire qui voudrait modifier à sa guise quelques passages de la Constitution nationale notamment et en application à l’article 33 de la Constitution mais surtout en violation aux dispositions de l’article 23 de la Constitution qui stipule :

« Le président de la République est élu pour six ans au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours. Il est rééligible qu’une seule fois ».

A l’allure où une mobilisation de sensibilisation se déroule, il est naturel de s’attendre à un pseudo Référendum en septembre prochain 2009.

La Ligue Djiboutienne des  Droits Humains (LDDH) conformément à son combat pour la prévention des conflits internes dénonce d’ores et déjà les tentatives publicitaires pour la modification de la Constitution.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) ne manquera pas très rapidement d’établir une Feuille de Route sur les recommandations en vue de sortir du blocage des élections par l’Equipe au pouvoir. 

NOEL ABDI Jean-Paul

Retour au sommaire 

Accueil


Parti djiboutien pour le développement (PDD) : Bilan de dix ans de pouvoir d'Ismaël Omar Guelleh

PARTI DJIBOUTIEN POUR LE DEVELOPPEMENT

Siège social : Q 5, Bd 18, M 33. Boite postale :892,

Tél :  822860 République de Djibouti

Djibouti, 1er mai 2009

BILAN DE DIX ANS DE POUVOIR DE M. ISMAEL OMAR GUELLEH (IOG)

Après dix ans de pouvoir de M. Ismaël Omar Guelleh, nous découvrons ses deux personnalités :

              Sa 1ère personnalité : un Ismaël qui, avec son laisser-faire, a conduit le pays à l’anarchie. Par son incapacité à le diriger, il y a laissé s’installer l’impunité totale et à tous les niveaux, l’insécurité croissante dans la capitale. Actuellement personne n'a l'autorité sur l’autre et chacun fait ce qu’il veut.                            

             Sa 2ème  personnalité : un Ismaël qui, pour cacher son incapacité à diriger le pays,  se montre autoritaire en verrouillant l’espace démocratique, en personnalisant le pouvoir à l’extrême, en s’appropriant l’Etat, en monopolisant les médias qui ne diffusent que les propagandes mensongères du pouvoir. A écouter la radio et la télévision de Djibouti, on croirait se trouver dans un pays de l’ex-bloc soviétique.

Pour son 10ème anniversaire, IOG a organisé, par le biais de son parti, une mobilisation des agents des services publics et d’autres corps de l’Etat y compris leurs familles, mais elle a été un échec dont lui-même ne s’y est pas trompé. Son but était de lui lancer un appel pour son éventuel 3ème mandat. Malheureusement pour lui, les Djiboutiens se rendent compte aujourd’hui que IOG peut faire basculer le pays dans l’anarchie complète, dans les deux ans qui lui restent encore pour terminer son 2ème mandat, à cause de son incapacité à le diriger.

A l’occasion de cet anniversaire, IOG a prononcé, en langue somali, un discours dans lequel il a vanté ce qu’il a réalisé pendant ces dix ans. Cependant, on peut scinder en deux parties ces réalisations : 1er : les infrastructures portuaires. 2ème : les réalisations dans les autres domaines

D’abord, en tant que Chef de l’Etat, signataire des accords avec les Etats étrangers, il peut parfaitement revendiquer ces réalisations même s’il n’en est pas l’initiateur. Mais en ce qui concerne les infrastructures portuaires, la palme revient à un grand homme d’affaires, Monsieur Abdourahman Boreh qui l’a introduit auprès des Etats Arabes Unis et qui a largement contribué au développement de son pays avant son embrouille avec IOG dont on ignore les raisons. Ce qui est sûr, ce que cette disgrâce aura des conséquences néfastes sur les investissements ultérieurs des étrangers.

Quant à l’amélioration de la situation économique de ces dernières années, ce n’est nullement dû à sa gestion, mais plutôt grâce au développement de l’Ethiopie. Plus l’Ethiopie sera développée, plus notre pays va récolter des ressources financières importantes que tout gouvernement soucieux de son peuple, pourrait lui redistribuer équitablement.

 Les autres domaines qu’il a évoqués dans son discours en des termes glorieux tels que la santé, l’éducation, l’unité, l’égalité, la justice, la démocratie, l’Etat de droit, la sécurité, la voirie, là c’est vraiment se moquer des populations djiboutiennes qui vivent quotidiennement les dégradations de ces services et qui en souffrent. On peut même dire qu’il méprise le peuple djiboutien.

La réalité dans chacun de ces domaines est la suivante :

Egalité : sur ce point on peut démentir IOG rien qu’avec les chiffres des agents de l’Etat à l’appui. Depuis son arrivée au pouvoir les Djiboutiens ne sont pas égaux devant les lois du pays. Pour preuve, l’expulsion des Djiboutiens dont la djiboutienneté n’est pas contestée vers un pays étranger (YEMEN) pour le seul motif d’être la famille d’un témoin (dans une affaire judiciaire) alors que si elle était coupable, c’est la loi djiboutienne qu’il fallait leur appliquer.

L’emploi reste inaccessible pour certains si on n’appartient pas à la bonne famille, de plus en plus cette pratique est devenue la règle.

Unité : c’est l’absence de l’unité qui a déclenché le premier conflit civil. IOG, au lieu de la favoriser, il agit dans le sens contraire. Notre souhait, c’est de voir se réaliser cette unité mais il a même refusé d’appliquer l’accord de paix qu’il a signé devant l’opinion internationale.  Actuellement, ce n’est pas la préoccupation de IOG de chercher l’unité des Djiboutiens. Au contraire, il applique parfaitement le fameux dicton « diviser pour régner ».

Insécurité : elle est croissante dans la capitale. Depuis quelques mois, tous les soirs, les quartiers se jettent des pierres, des bandes organisées attaquent des passants avec des armes blanches ou autres bricoles meurtriers. Les forces de maintien de l’ordre, affaiblies par IOG pour renforcer sa garde républicaine, sont pour l’instant, incapables d’endiguer ce phénomène.

Santé : le seul grand hôpital du pays est devenu un mouroir. Tout en sachant son état réel, lors de l’émission « GROS PLAN » du 11-03-2005, IOG s’est permis de dire que la santé va bien. Par là, il montre son vrai visage, il n’a aucun respect pour le peuple. Aussi, il a supprimé l’alimentation des malades depuis son arrivée au pouvoir. C’est incroyable mais vrai. Pourtant la Coopération Espagnole a construit, au sein de l'hôpital, un bâtiment avec des équipements de cuisine flambant neufs mais il reste fermé avec ces matériels qui rouillent à l'intérieur. Aujourd'hui, ce n'est pas par manque de moyens financiers que le pouvoir ne fournit pas des nourritures aux malades puisque dans le cadre de la lutte contre le sida, le ministère a reçu, en plus de dotation du budget national, plusieurs dizaines des millions de us dollars, avec lesquels il préfère acheter des véhicules tout terrain servant souvent à des besoins personnels. Même les malades atteints de sida ne reçoivent pas des nourritures de la part du gouvernement mais c'est le PAM qui les leur fournit.

Par ailleurs, les médicaments offerts pourtant gratuitement par tous les pays amis et par des organisations internationales (OMS, UNICEF, USAID,  France…) devaient largement suffire aux besoins de la population mais malheureusement ils disparaissent aussitôt livrés et les pauvres malades doivent les acheter aux pharmacies de la place. Il arrive très souvent que la plupart de ces malades, par manque de moyens ne peuvent se les procurer. Dans sa publication du 22 avril, l’ARDHD a mis en ligne, sur son site, le rapport de l’inspection générale des finances qui a contrôlé la centrale d’achat des médicaments de l’hôpital général Peltier et du centre de Daral-Hanane. Même les inspecteurs ne s’y sont pas retrouvés tellement la gestion des médicaments est opaque.

De plus, depuis la nomination de l’actuel Ministre de la santé, la situation s’est aggravée par l’imposition de règlement immédiat des frais de soins  qui sont passés  de 600 Francs Djibouti (2,4 euros) à 2500 FD (10 euros) pour être admis uniquement au service d’urgence. Aussi, tous les actes médicaux sont devenus payants tels que la radiologie ou la dialyse (15000fd), etc.

Il est en train de l’imposer à l’Hôpital de la coopération italienne qui, jusqu’à présent, soignait gratuitement les pauvres. Aujourd’hui, la pauvreté ayant gagné du terrain, presque 90% de la population qui ne peuvent pas s’acquitter des frais de soins lesquels n’existent même pas. La santé n’existe que par le nom bien que la coopération française et les autres bailleurs de fonds aient construit ou en cours de construction de plusieurs bâtiments neufs au sein de l'hôpital  général Peltier où le manque de spécialistes est criant.

Par ailleurs, le centre de formation du personnel de santé qui, lors de sa création, offrait une formation de qualité, a vu ses moyens diminués et les stagiaires non motivés à cause de la diminution de leurs bourses mensuelles qui sont passées de 75000 FD (300 euros ou 400 us dollars) à 15000 FD (60 euros ou 80 us dollars). Même ces derniers montants ne leur sont pas versés régulièrement. C'est l'ensemble du personnel de la santé qui est découragé à cause de la détérioration de ses conditions de travail et des salaires dont les indemnités de garde ont été supprimées.

Education : Les enseignants sont découragés à la base lors de leur formation à l’Ecole Normale. C’est ainsi que les salaires des normaliens sont passés de 80000 FD (350 euros ou 420 dollars US) à 15000 FD (65 euros ou 78 dollars US) qui ne couvrent même pas leurs frais de transport. Quel résultat attendre d’un enseignant délibérément démoralisé par le pouvoir. Aussi la politique de répression contre les enseignants revendiquant leurs droits, a fait fuir à l’étranger nos cadres de grande valeur. Les dernières réformes de l’enseignement conduisent plus à son rabais qu’à sa modernisation. Elles n’amélioreront pas la formation de nos futurs cadres dans le cadre du développement de notre pays. Les dirigeants inscrivant leurs enfants dans des écoles et lycées privés.

Nous constatons aussi que l’université, créée à la hâte pour des raisons électorales, manque d’équipements nécessaires à son bon fonctionnement. Cela ne nous étonne guère car c’est dans l’habitude de ce pouvoir de créer quelque chose mais toujours sans prévoir les crédits pour son fonctionnement. Alors, sans moyens, cette université reste une bombe à retardement. Déjà, le Ministre de l’éducation a imposé des frais d’inscriptions élevés que la majorité des étudiants ne peuvent payer. Ce qui a conduit à une grève des étudiants, en Janvier et Février 2007, qui a été sévèrement réprimée par le pouvoir qui ne connaît que la force à la place du dialogue. L'attribution des bourses étant limitée, seuls les étudiants dont les parents ont les moyens peuvent aller faire leurs études à l'extérieur du pays.

Récemment, le Ministre a supprimé les indemnités de logement à tous les directeurs des établissements sans distinction entre ceux qui sont logés et ceux qui n'en sont pas, certains d'entre eux auraient présentés leur démission. Les salaires des enseignants sont ramenés au niveau de ceux qu'ils percevaient en 1982, alors que le coût de la vie est, entre temps, quadruplé.

Voirie : Entre Janvier 2003 (immatriculation 3400 B) et Février 2009 (4300 B), l’Etat a acheté presque 800 véhicules immatriculés en série B, réservés uniquement à l’administration générale et environ 100 pour l'armée, la gendarmerie, pour une valeur de 4,5 milliards FD (14 millions d’euros ou 18,2 millions de dollars US). Parmi ces 900 véhicules, il n’y a aucun véhicule utilitaire tels que bennes de ramassage des ordures, ambulances, citernes d’eau, qui font d’ailleurs un grand défaut dans les districts de l’intérieur.

Cependant, les rues de la Capitale sont bondées d’ordures par manque de camions de ramassage, des malades meurent dans les villages reculés de l’intérieur du pays par manque d’ambulances. Pourtant ce service et celui des travaux publics étaient, jusqu'au milieu des années 90, le fleuron de l'administration qui avec l'arrivée au pouvoir d'IOG, ont rendu l'âme. Pour  constater, il suffit de rendre visite à leurs dépôts respectifs. Cela nous montre que l’Etat a démissionné de ses obligations et que le peuple subit quotidiennement cette dégradation.

Heureusement, les rues de la capitale et la route nationale numéro 1 sont réhabilitées par l’Union Européenne qui attribue directement les marchés, par appel d’offre, aux sociétés européennes compétentes et au nom des Djiboutiens, nous leur sommes reconnaissants.

Electricité : Ces dernières années, la direction de l’EDD a acheté plusieurs groupes avec des emprunts contractés auprès des fonds arabes ou d’autres banques, mais les coupures de plus en plus longues continuent.

Les institutions républicaines, telles que la police, l’armée et la gendarmerie, plusieurs fois transformés par IOG pour les affaiblir afin de créer sa propre garde républicaine qui a juré sur le livre de Coran de défendre sa personne et non les institutions du pays. Le crédit alloué à ce corps pouvait bien être utilisée à réduire la pauvreté au lieu de quémander d’autres fonds auprès de la Banque Mondiale et des pays amis.

Cependant, IOG recrute de nouveau pour augmenter l’effectif de sa garde républicaine qui ne respecte personne : ni les officiers d’autres corps, ni les Ministres, ni les députés et encore moins les simples citoyens. Cette augmentation d’effectif génère ainsi des dépenses supplémentaires inutiles au détriment des contribuables.

L’administration : est actuellement inexistante, il n’y a plus d’écrit, tout est devenu verbal. Cela peut permettre aux auteurs de détournement des deniers publics de ne pas laisser des traces. De plus, les documents administratifs ne sont plus classés et les responsables font disparaître délibérément les archives. Nous nous trouvons exactement dans la même situation que la Somalie pour ce que l’on peut appeler un non Etat et une non Administration. La seule différence avec ce pays, ce qu’il y a, à Djibouti, un gouvernement « légal ».

Investi le 7 Mai 2005 pour son second mandat, IOG, dans une interview accordée à un journal spécialement paru le 8 Mai, a déclaré que l'Administration n'était pas sa priorité. C'est inquiétant pour l'avenir de notre pays. Son prédécesseur et lui-même ayant tout recopié sur l'ancien régime du feu SYAD BARREH de la Somalie, IOG a déjà réussi,  après dix ans de pouvoir sans partage, à installer l'anarchie dans le pays (insécurité totale, impunité pour tous les proches du régime, accélération des exclusions d'autres communautés nationales, les ordures qui traînent dans toutes les rues, pas de soins, pas d'administration, pas de service public, enseignement au rabais etc..).

Le service public est aussi inexistant, chacun s’appropriant le domaine dont il est le chef. Chaque Directeur ou Chef de service a mis un vigile ou un policier devant la porte de son bureau et les administrés n’y ont plus accès, donc ne peuvent plus résoudre leurs problèmes quotidiens. Ce qui compte pour eux, c’est comment monnayer leur service pour s’enrichir trop vite par le silence délibéré de IOG.

La justice est réduite au silence et reste sous l’ordre d’IOG. Cette mainmise sur la justice n’encourage pas les investisseurs étrangers à s’installer à Djibouti contrairement aux discours d’IOG faisant souvent référence au secteur privé. Aussi, il y a risque que ce manque de justice puisse conduire, un jour, les citoyens à se faire justice eux-mêmes.

Le Trésor Public est dépouillé de ses fonctions initiales. Des circuits parallèles ont été créés. Des inondations et de petits incendies suspects font apparition de temps à autre.

Les biens immobiliers de l’Etat, abandonnés, tombent en ruine par manque d’entretien. D’autres sont cédés aux proches et aux amis d’IOG. La cession douteuse de la résidence « LES MOUETTES » (16 appartements) propriété de l’Etat, à une société MKL Comesa Ltd transformée aujourd’hui en hôtel de grand luxe « Hôtel Impérial » dans lequel certains proches du Président auraient des intérêts. Aussi, les dépôts se trouvant derrière le « café de la gare » qui appartenait à l'Etat, auraient été cédés à un très proche d’IOG et un grand immeuble y est construit.

La constitution du pays est mise au placard. Toutes les lois sont bafouées. IOG les fait adopter, tout juste, pour se donner une image à l’extérieur. Par la suite, il ne respecte aucune.

La démocratie et les droits de l’Homme : IOG ne les connaît pas. Pour lui, ce sont les affaires des pays occidentaux. Il fait ce que bon lui semble de son peuple. C'est plutôt pour cacher sa faiblesse à diriger le pays qu'il a choisi le laisser faire. Il compte plus sur la force mais tout le monde sait la fin d’un régime basé sur la force. Tôt ou tard, il finit toujours par la destruction du pays. Récemment, lors de la grève des employés du Port de Djibouti en Septembre 2005, il a montré qu’il n’etait prêt à faire l’ouverture démocratique. Et même courant Mars 2006, il a fait arrêter, sans motif, des dirigeants syndicaux qui se sont rendus en Israël pour une formation sur l’invitation d’un syndicat de ce pays. Et le 01Avril 2006, une délégation conjointe de la F.I.D.H et C.I.S.L a été refoulé de l’aéroport et renvoyé par le même vol, et le 04 Avril le Représentant du B.I.T., légalement entré à Djibouti, a été arrêté arbitrairement et expulsé du territoire en 24 heures. IOG ne respecte aucune convention internationale ni traité, même ratifié soit-il par la République de Djibouti dont il est chef de l’Etat.

En février 2004, IOG avait promis à la mission des parlementaires européens qu’il allait entreprendre certaines réformes permettant le mode des élections législatives et le respect de la transparence électorale. A ce jour, ces promesses n’ont pas été tenues, bien au contraire:

= empêchement de toute action légale et pacifique de l’opposition.

= confiscation des matériels du seul journal considéré comme voix de l’opposition en Février 2007

= arrestation et condamnation le 18 Mars 2007 du Président de la ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) pour avoir rendu public deux affaires réelles mais dérangeant IOG.

= dissolution arbitraire d'un parti d'opposition "Mouvement pour le Renouveau et le Développement MRD" en Juin 2008.

Il a même fermé les portes de la timide ouverture démocratique obtenue en 1992 après le conflit civil. 

Les médias : la loi sur la liberté de la presse de 1992 reste en suspens à ce jour. Bien qu’ils soient publics sur texte, ils restent uniquement au service du parti au pouvoir et de son chef. Ils ne diffusent que des propagandes mensongères du gouvernement. C’est ainsi qu’il n’y a pas de semaine où le pouvoir n’organise pas un atelier ou séminaire sur tel sujet ou domaine tout juste pour faire croire à la population que le gouvernement travaille et organise quelque  chose dans l’intérêt du pays. En réalité, toutes les propositions ou recommandations faites lors ces réunions ne sont jamais mises en application et très souvent, elles ne franchissent pas les portes des salles de réunion. Et pourtant, leur application aurait pu changer ou faire avancer quelque chose.

Par ailleurs, ce qui est douteux, c’est l’attitude des bailleurs de fonds qui continuent à financer ces genres d’ateliers ou séminaires à fonds perdus puisque les propositions retenues ne sont jamais mises en application par le gouvernement. Cela sert plutôt comme publicité pour le pouvoir avec la complicité de ces organismes.

Les partis d’opposition n’ont pas accès à ces médias qui restent le domaine privé d’IOG. Parfois, il se fait champion des insultes envers l’opposition ou toute personne critiquant le régime.

Le pouvoir législatif est réduit au rôle d’une chambre d’enregistrement. Parfois, il va même plus loin que l’exécutif pour montrer au chef, à savoir IOG, son dévouement par peur de se voir lever l’immunité parlementaire sur simple coup de téléphone et les jeter en prison. Cela est déjà arrivé à certains députés ou anciens Ministres qui ont osé contester certaines pratiques d’IOG alors Chef de Cabinet du Président GOULED. Ils se sont retrouvés derrière les barreaux pour six mois.

Certains Ministres sont à la fois membres du gouvernement et de l’assemblée nationale. La corruption est généralisée et l’impunité a atteint tous les niveaux depuis l’arrivée au pouvoir d’IOG en 1999.

Sur tous ces points ci-dessus, Monsieur Ismaël Omar Guelleh a menti au Peuple Djiboutien lors de son discours prononcé le 09 Avril 2009 à l’occasion de son 10ème anniversaire au pouvoir.

Mauvaise gestion des deniers publics

D’abord, nous remercions les investisseurs des pays arabes qui ont mis les moyens appropriés à  notre port avec des équipements modernes.      

Aussi, le développement de l’Ethiopie a été un facteur déterminant pour notre économie et a apporté des ressources financières importantes à l’Etat en plus des montants versés annuellement par la France et les Etats-Unis pour leurs bases respectives, mais malheureusement les populations n’en profitent pas à cause de la mainmise d’IOG sur les biens de l’Etat et elles ne cessent de s’enfoncer dans la misère. Il a transformé l’Etat en une propriété privée et malgré ces ressources financières disponibles,  il maintient le peuple dans la misère pour qu’on lui obéisse plus.

Le budget national est passé de 35,2 milliards FD (15304 millions d’euros ou 183,65 millions de dollars us) en 1999 à 75,3 milliards de FD (301,2 millions d’euros ou 391,56 millions de dollars US) en 2009. L’accroissement est donc de 40,1 milliards FD (160,4 millions d’euros ou 208,52 millions de dollars US), les recettes du port et de l’aéroport géré par DUBAÏ n’y sont pas incluses.

Après déduction des dépenses de personnel qui s’élèvent à 21 milliards FD (84 millions d’euros ou 109,2 millions de dollars US) selon le budget national et les dépenses d’investissement de  9 milliards FD (36 millions d’euros ou 46,8 millions de dollars US), le reste devrait être utilisé pour les services administratifs mais malheureusement ces derniers n’ont même pas le minimum pour fonctionner correctement.

Aussi, les aides en nature fournies par les pays amis ne sont pas épargnées de détournement. Au lieu de les distribuer aux plus nécessiteux, elles sont parfois vendues au Port de Djibouti. Depuis l’arrivée au pouvoir d’IOG, c’est la Présidence qui les reçoit à la place de l’organisme (O.N.A.R.S.) crée à cet effet. Ce qui est sûr, les réels bénéficiaires (les pauvres) auxquels ces aides sont destinées ne les reçoivent pas. C’est ainsi qu’IOG veut réduire la pauvreté en fermant les yeux sur la disparition des aides en nature destinées aux pauvres qui ne cessent de s’enfoncer dans la misère.  

 Bref, le constat que l’on peut faire de la gestion des deniers publics par IOG est le suivant : plus l’argent rentre, plus la pauvreté augmente sous ce régime. Aussi, il est bien clair que M. ISMAEL OMAR GUELLEH a sa propre vision de ce qu’est un Etat moderne qu’il gère aujourd’hui comme une société unipersonnelle, et l’Etat est LUI. Il a mis au grand jour son mépris pour le Peuple Djiboutien et son incompétence à gérer les affaires de l’Etat.

 Il est seulement content d’être arrivé à la Présidence de la République par tous les moyens sans savoir, cependant, la responsabilité exacte qui lui incombe en tant que CHEF de l’ETAT. Pour preuve, le 23 octobre 2007, il a expulsé vers le Yemen des citoyens Djiboutiens depuis cinq générations et lors de son entretien à la chaîne de France 24, il a justifié cette expulsion pour leur sécurité alors qu’en tant Chef de l’Etat c’est à lui qu’incombe leur protection. Aussi, il a organisé une manifestation anti-française pour une affaire de justice le concernant personnellement, confondant ainsi ses affaires personnelles avec les relations d’Etat à Etat.  Pour lui, la politique, c’est l’art de mentir et de s’enrichir au détriment du peuple dont il est censé avoir la responsabilité, de fêter à la moindre occasion avec les deniers publics sans limite. Il est même devenu expert pour faire le contraire à 100% de ses discours.

Par ailleurs, lors de son accession à la tête du pays en Avril 1999, le journaliste au mensuel Africasia, M. SAVANAY MAMADOU SALIOU avait publié dans son numéro de Mai 1999 un article dont le titre s’intitulait «  la déraison au pouvoir » et qui se terminait par la question suivante : « est-ce que l’ancien policier saura-t-il devenir chef d’Etat ? ». Aujourd’hui, nous pouvons répondre à cette question sans hésitation. Monsieur ISMAEL OMAR GUELLEH a raté sa transformation du policier à un homme d’Etat. Il pratique seulement la stratégie politico-policière qui consiste à contrôler les populations, par le quadrillage, par des milices de quartier, sous forme d’associations et d’ONG financées par le pouvoir à partir des aides internationales détournées. Sa radio (RTD) ne cesse de diffuser quotidiennement des propagandes mensongères et on croirait se trouver dans l’un des pays de bloc ex-soviétique. Il est donc resté policier avec le titre de Chef de l’Etat.

ELECTIONS SOUS CE REGIME DEPUIS LA TIMIDE OUVERTURE DEMOCRATIQUE

Pour comprendre la réserve de l'opposition vis-à-vis de ce pouvoir, nous rappelons les différentes échéances électorales qui ont lieu à Djibouti  depuis la timide ouverture démocratique de 1992.

Elections législatives du 18-12-1992 : les partis d’opposition y ont participé mais, à partir de 17 heures, la police et gendarmes  auxquels l’ordre a été donné par le pouvoir, ont expulsé les délégués de l’opposition des bureaux de votes. Par la suit les urnes ont été bourrés avec des bulletins de la liste du parti au pouvoir qui s’est attribué les 65 sièges que compte le Parlement.

Election présidentielle de Mai 1993 : les partis d’opposition y ont participé mais le même scénario qu’en 1992 s’est reproduit. HASSAN GOULED a été proclamé élu. Par ailleurs, la fraude lors de cette élection a été reconnue par le Ministre de l’intérieur de l’époque passé à l’opposition à partir de 1996.

Elections législatives du 18-12-1997 : même scénario qu’en 1992.

Election présidentielle du 09-04-1999 : les partis d’opposition ont présenté un candidat unique mais nous avons assisté au même scénario que les années  précédentes. Cette fois, c’est l’ami de longue date d’IOG, général de la police, feu YACIN YABE qui avait regretté l’expulsion des délégués de l’opposition pour faire élire son ami à la Présidence de la République.

Elections législatives du 10-01-2003 : la coalition des quatre partis d’opposition créés en Octobre et Novembre 2002 a participé et obtenu 45% des suffrages selon le gouvernement mais en réalité nous avons obtenu plus de 50% malgré la rétention des cartes électorales, le refus de délivrance des cartes aux jeunes qui se sont inscrits au premier trimestre de 2002, soupçonnés de sympathie pour l’opposition, et la distribution massive des ordonnances aux partisans du pouvoir. Aussi l’armée est intervenue  dans les districts de l’intérieur pour expulser les délégués de l’opposition. Par la suite, le pouvoir qui détient l’appareil de l’Etat et contrôle le média par lequel il diffuse les résultats des bureaux de vote, parfois en inversant en sa faveur les chiffres obtenus par la liste adverse, a annoncé la victoire du parti d’IOG qui s’est attribué les 65 sièges. Tout en sachant que la justice est sous son ordre, nous avons fait un recours auprès du Conseil Constitutionnel mais il a donné raison au parti au pouvoir comme on s’y attendait.

Election présidentielle du 08-04-2005 : l’opposition s’est abstenue par manque de transparence qu’elle avait demandé depuis Avril 2003. Les électeurs ont respecté son mot d’ordre  et ils ne se sont pas déplacés.

Elections régionales et communales du 10-03-2006 : depuis Juin 2005, nous avions adressé des correspondances au Président de la République et au Ministre de l’intérieur pour reporter ces élections et procéder d’abord au recensement de la population et par la suite faire des réformes nécessaires pour la transparence électorale. Passant outre nos propositions, le gouvernement a maintenu cette échéance. Dans ce cas, l’opposition a choisi de les boycotter pour ne pas encore cautionner un régime anti-démocratique. Après le refus des partis d’opposition d’y participer, IOG a lancé une compétition entre les cinq partis composant son alliance (union pour la majorité présidentielle « UMP »). Comme d’habitude, il n’a pas hésité à frauder ses propres partisans qui s’en sont plaints et ont déposé le recours auprès du Conseil Constitutionnel.

     Au premier tour, le taux d’abstention a dépassé les 70%, confirmé à la télévision par le Président d’un parti de la mouvance présidentielle qui a participé à ce scrutin. Et même, le Président d’un autre Parti de l’alliance UMP a reconnue que tant que la COMMISSION ELECTORALE NATIONALE INDEPENDANTE ne sera pas instituée, il n’est pas possible de faire avancer la démocratie à Djibouti.

     Au second tour, l’abstention a même dépassé les 80%.

Enfin, les partis faisant partie de l’union pour la majorité présidentielle se sont partagés les sièges en passant outre les résultats annoncés officiellement. Donc, en fin de compte ils ont agi comme s’il n’y avait pas eu d’élections.    

 De ce scrutin nous tirons deux enseignements :

    1-Que l’opposition a eu raison de les boycotter.

    2-Qu’IOG n’est pas du tout prêt à accepter l’ouverture démocratique.

Jusqu’aux élections du 10 Janvier 2003, l’opposition a voulu faire avancer la démocratie dans notre pays en participant presque à toutes les élections, même si la transparence n’était pas assurée. Ne voyant aucune amélioration de la part du pouvoir, au contraire constatant le retour au système du parti unique, elle a refusé de jouer le rôle des figurants jusqu’à présent pour légitimer un pouvoir anti-démocratique. Ainsi, le refus de remboursement de la caution de 32,2 millions FD (141300 euros ou 169560 dollars US), déposée lors des élections législatives du 10 Janvier 2003, n’a pas encouragé d’éventuels candidats à se présenter lors de l’échéance de Février 2008. C’est ce que cherchait IOG pour avoir encore une assemblée monocolore qui lui permettrait d’amender la Constitution pour briguer un troisième mandat.

Conclusion:

Dans une région déjà troublée, notre pays connaît une stabilité fragilisée par les exclusions massives, l’incapacité de IOG et l’insécurité croissante de ces derniers mois dans la capitale et au Nord. Pour sauver cette stabilité fragile, il faut une alternance pacifique.

Avant de songer au 3ème mandat, IOG doit savoir que même dans les deux ans qui lui restent, le pays risque de basculer dans l’anarchie complète à cause de son incapacité et son injustice.

Nous demandons donc au Président de la République de respecter, dans l’intérêt du pays, la constitution, la charte de l’union africaine relative à la démocratie, aux élections et à la gouvernance qui interdit toute modification de la constitution, et puis ses engagements pris lors de son interview à l’hebdomadaire « Jeune Afrique » en Février 2008.

MOHAMED DAOUD CHEHEM
Président du P.D.D.

Retour au sommaire 

Accueil


Note d'information de la LDDH du 26 avril 2009 suite à la conférence des défenseurs de toute l'Afrique

Le Président

NOTE D’INFORMATION

DU 26 AVRIL 2009

Kampala :

conférence des défenseurs de toute l’Afrique

Du 20 au 23 avril 2009, plus de cent (100) défenseurs des droits de l’Homme de toute l’Afrique, et trente trois (33) organisations Internationales de défense des droits humains du monde entier (Amnesty International, FIDH, Front Line, Human Rights First, le Haut Commissariat des Droits de l’homme de l’ONU, la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples etc.) se sont retrouvés dans la capitale Ougandaise pour une Conférence Historique.

La première Conférence de ce genre avait été organisée en 1998 à Johannesburg (Afrique du Sud) par Amnesty International.

Celle de la semaine dernière à Kampala est l’œuvre du Réseau des Défenseurs des Droits de l’Homme de l’Afrique de l’Est et Corne d’Afrique (EHARDN). Créé en novembre 2005 à Kampala, ce Réseau dont la LDDH est membre fondateur et point focal, reste le plus dynamique du Continent Africain.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) a pris une part active aux travaux de cette Conférence en mettant, notamment l’accent sur la nature liberticide du Pouvoir Djiboutien qui continue de museler la Société Civile Indépendante.

Pour leur part les Défenseurs des Droits de l’Homme du monde entier présents à cette Conférence ont dénoncé la répression à l’encontre des défenseurs Djiboutiens (militants des droits de l’Homme, Syndicalistes et journalistes Indépendants). Car comme chacun le sait, les droits fondamentaux reconnus par la Constitution nationale sont perpétuellement bafoués, tandis que, les auteurs de crimes et autres forfaits continuent de bénéficier d’une totale impunité au mépris de tous les Instruments internationaux ratifiés par la République de Djibouti.

C’est pourquoi les Résolutions et Plan d’Action adoptés à Kampala sonnent comme un sérieux avertissement aux régimes prédateurs des libertés et des biens publics.
A l’heure où l’ex candidat unique de 2005 cherche désespérément à se maintenir au pouvoir pour perpétuer le bradage tout en étouffant les Libertés, les défenseurs Djiboutiens lui rappellent simplement qu’il « est du mauvais côté de l’Histoire ».

NOEL ABDI Jean-Paul

Retour au sommaire 

Accueil



*  *  *