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Dernières nouvelles - Édition en Ligne de Mai 2009
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Directeur
de publication : Mohamed Ali Abdou. Codirecteur :
Mahdi Ibrahim A. God. Email :
realite_djibouti@yahoo.fr
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26/05/2009 Contribution de l'OMCT
et de la FIDH sur la situation des droits de l'homme en
Afrique, à la 45e session de la Commission africaine des
droits de l'homme et des peuples de Banjul du 13-27 mai 2009
17/05/2009 Flagrante
démonstration publique de l’autocratie qui règne à la tête de
l’Etat djiboutien
16/05/2009 Note d'information de
la LDDH du 16 mai 09
13/05/2009 LDDH : Communiqué de
presse du 13 mai 09 sur l'élection de Djibouti au conseil des
droits de l'homme de l'ONU
9/05/2005 Quelques Observations à
l’occasion du 10ème anniversaire de la Ligue Djiboutienne des
Droits Humains (LDDH) 4 au 9 mai 2009.
01/05/2009 Parti djiboutien pour
le développement (PDD) : Bilan de dix ans de pouvoir d'Ismaël
Omar Guelleh
26/04/2009 Note d'information de
la LDDH du 26 avril 2009 suite à la conférence des défenseurs
de toute l'Afrique
Contribution de l'OMCT et de la FIDH sur la situation des
droits de l'homme en Afrique, à la 45e session de la
Commission africaine des droits de l'homme et des peuples
de Banjul du 13-27 mai 2009
L'OBSERVATOIRE POUR LA PROTECTION DES DEFENSEURS DES DROITS DE
L'HOMME
COMMISSION AFRICAINE DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES
45ème session ordinaire Banjul, Gambie - 13-27 Mai 2009
Contribution
de L’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) et de La
Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme
(FIDH)
Dans le cadre de leur programme conjoint, L’Observatoire pour
la Protection des Défenseurs des Droits de l’Homme
Sous le point
de l’ordre du jour : “Situation des droits de l’Homme en
Afrique”
L’Organisation
mondiale contre la torture (OMCT) et la Fédération
internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), dans
le cadre de leur programme conjoint, l’Observatoire pour la
protection des défenseurs des droits de l’Homme, expriment
leur vive préoccupation sur la situation des défenseurs des
droits de l’Homme qui continuent de mener leurs activités sur
le continent africain dans un contexte hostile et risqué.
En effet, le
début de l’année 2009 a une nouvelle fois été caractérisé par
des pratiques répressives visant à entraver et sanctionner
l’activité des défenseurs des droits de l’Homme. 2009 a été
tout particulièrement marqué par une répression accrue à
l’encontre des défenseurs des droits économiques, sociaux et
culturels sur l’ensemble du continent (Burundi, Cameroun,
Kenya, Gabon, République démocratique du Congo). En outre,
dans un certain nombre de pays du continent, les
revendications économiques et sociales des populations sont
restées considérées comme des activités politiques
d’opposition, entraînant une répression systématique (Tunisie,
Zimbabwe). Plusieurs Etats ont également continué de porter
atteinte à la liberté d’association, notamment en Ethiopie où
une nouvelle loi a été adopté en janvier, mais également en
Egypte. Enfin, les défenseurs des droits civils et politiques
n’ont pas non plus été épargnés par la répression, que ce soit
lorsqu’ils ont dénoncé les atteintes à la démocratie dans
leurs pays (Mauritanie, République démocratique du Congo,
Zimbabwe) ou lorsqu’ils luttent contre l’impunité et défendent
les droits de victimes (Djibouti, Guinée-Bissau, République
démocratique du Congo, Soudan, Tunisie).
I - Une
répression accrue à l’encontre des défenseurs des droits
économiques, sociaux et culturels
Le début de l’année 2009 a été singulièrement marqué par une
répression accrue à l’encontre des défenseurs des droits
économiques, sociaux et culturels sur l’ensemble du continent,
et en particulier celles et ceux qui ont dénoncé la
corruption, qui ont ainsi fait l’objet de multiples actes de
harcèlement, allant des menaces jusqu’à l’assassinat. De même,
de nombreux syndicalistes ont fait l’objet d’attaques ou
d’arrestations et de détentions arbitraires alors qu’ils
défendaient leur droit à s’organiser collectivement.
1/ Assassinats de défenseurs des droits économiques, sociaux
et culturels
Au Burundi, M.
Ernest Manirumva, vice-président de l’Observatoire de lutte
contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME),
qui travaille sur des dossiers de corruption extrêmement
sensibles mettant en cause les plus hautes autorités de
l’Etat, a été assassiné par des inconnus qui se sont
introduits à son domicile dans la nuit du 8 au 9 avril 2009.
2/ Menaces et actes de harcèlement
Au Cameroun,
Mme Maximilienne Ngo Mbe, secrétaire exécutive de
l’association Solidarité pour la promotion des droits de
l’Homme et des peuples (PRODHOP), secrétaire de la Maison des
droits de l’Homme du Cameroun (MDHC) et membre du Réseau des
défenseurs des droits de l’Homme en Afrique centrale (REDHAC),
est régulièrement victime de harcèlement et de menaces depuis
décembre 2008. Ces actes de harcèlement semblent directement
liés au communiqué de presse diffusé par PRODHOP le 11
décembre 2008, au lendemain d’une manifestation organisée
contre les détournements et la corruption au sein du ministère
de l’Agriculture et contre la crise du maïs, violemment
réprimée par les forces de police, faisant plusieurs blessés.
De même, au
Gabon, cinq leaders civils de la lutte contre la corruption -
MM. Gregory Ngbwa Mintsa, Marc Ona Essangui, Georges Mpaga,
Dieudonné Koungou et Gaston Asseko - ont été arrêtés les 30 et
31 décembre 2008 à Libreville et conduits dans les locaux de
la police judiciaire de la ville. Tous sont connus pour leur
engagement sur le thème de la bonne gouvernance et de la
transparence financière. Le 7 janvier 2009, ils ont tous été
accusés de “détention d’un document en vue de propagande” et
de “propagande orale ou écrite en vue d’incitation à la
révolte contre l’autorité de l’Etat”, puis placés sous mandat
de dépôt. Si M. Koungou a été libéré sous caution le jour
même, les autres ont ensuite été transférés à la maison
d’arrêt de Libreville. Le 12 janvier 2009, MM. Ngbwa Mintsa,
Ona Essangui, Mpaga et Asseko ont été remis en liberté
provisoire.
En République
démocratique du Congo (RDC), le 19 janvier 2009, M. Nginamau
Malaba, président du Comité syndical au ministère de
l’Economie nationale et du commerce, a été arrêté par cinq
agents de l’Agence nationale des renseignements (ANR) alors
qu’il s’apprêtait à déposer un mémorandum dénonçant le
détournement des deniers publics par le Ministre de l’Economie
nationale et du commerce, et réclamant la rétrocession des
bonus des recettes réalisées ainsi que le paiement des primes
d’encouragement des fonctionnaires du ministère. Les 16 et 19
janvier 2009 respectivement, M. Richard Kambale Ndayango et M.
Israël Kanumbaya Yambasa, deux autres syndicalistes
cosignataires du mémorandum déposé par M. Malaba, ont
également été arrêtés. Le 19 mars 2009, le Tribunal de grande
instance de Kinshasa/Gombe a ordonné en appel leur libération
sous caution. Le 23 mars 2009, MM. Nginamau Malaba, Richard
Kambale Ndayango et Israël Kanumbaya Yambasa ont été libérés
après paiement d’une caution de 150 dollars par personne.
3/ Répression des manifestations économiques et sociales
Dans plusieurs
pays du continent, les revendications économiques et sociales
des populations restent considérées comme des activités
politiques d’opposition, entraînant une répression
systématique.
Ainsi en Tunisie, le 3 février 2009, la Cour d’appel de Gafsa
a rendu son verdict concernant les 38 personnes accusées
d’avoir mené le mouvement de protestation sociale sans
précédent qui secoue la Tunisie depuis janvier 2008. En dépit
des déclarations des prévenus et des questions des avocats
insistant sur les tortures subies et sur les irrégularités du
dossier, les prévenus ont été condamnés à des peines allant de
deux ans de prison avec sursis à huit ans ferme, sans que le
Procureur ait fait de réquisitoire. Lors de l’audience du 3
février, de nombreuses irrégularités de procédure ont, comme
en première instance, été de nouveau constatées.
Au Zimbabwe, le 10 février 2009, près de 600 membres de
“Renaissance des femmes du Zimbabwe” (Women of Zimbabwe Arise
- WOZA) ont manifesté de façon pacifique devant le Parlement à
Harare afin d’appeler les Zimbabwéens à continuer de demander
une justice sociale. A la suite de cette manifestation, Mmes
Nelia Hambarume, Clara Bongwe, Auxilia Tarumbwa, Gracy
Mutambachirimo, Linda Moyo, Keure Chikomo, Edina Saidi et
Kundai Mupfukudzwa, toutes membres de WOZA, ainsi que Mme
Roselyn Hanzi et M. Tawanda Zhuwarara, deux avocats membres
des Avocats du Zimbabwe pour les droits de l’Homme (Zimbabwe
Lawyers for Human Rights - ZLHR), ont été arrêtés par des
policiers. Lors de leur détention, trois des femmes ont été
frappées. Le 12 février, toutes ces personnes ont été libérées
sous caution, mais restent accusées de “participation à un
rassemblement dans l’intention de provoquer une atteinte à
l’ordre public, à la paix ou à la
piété” (Section 37 (1) (b) de la Loi portant codification et
réforme du Code pénal).
II -
Répression à l’encontre des défenseurs des droits civils et
politiques
1/ Répression des défenseurs dans le contexte de crises
politiques
En 2009, de
nombreux défenseurs ont continué d’être pris pour cibles
lorsqu’ils ont dénoncé les atteintes à la démocratie dans
leurs pays, notamment dans le contexte de crises politiques.
En Mauritanie,
le 2 avril 2009, à l’occasion de la marche organisée par la
Coordination des forces démocratiques (CFD), qui regroupe des
partis politiques de l’opposition et des organisations de la
société civile, dont des organisations de défense des droits
de l’Homme, pour dénoncer le putsch du 6 août 2008, M.
Boubacar Messaoud, président de l’association SOS-Esclaves et
membre de la Commission nationale des droits de l’Homme, a été
attaqué sur les ordres du commissaire Ould Nejib par des
éléments du commissariat du Palais de justice de Nouakchott,
venus en renfort des forces de police anti-émeute. Plusieurs
autres personnes, en majorité des opposants politiques, ont
également été battues par la police lors de cette marche.
En RDC, le 15
mars 2009, des fonctionnaires armés de la police nationale
congolaise et autres en tenue civile ont arrêté MM. Floribert
Chebeya Bahizire, directeur exécutif de la Voix des sans voix
pour les droits de l’Homme (VSV) et secrétaire exécutif
national du Réseau national des ONG des droits de l’Homme de
la République démocratique du Congo (RENADHOC), Dolly Ibefo
Mbfunga, directeur exécutif adjoint de la VSV, Donat Tshikaya,
chargé de réception au RENADHOC, et Coco Tanda, caméraman pour
Canal numérique télévision (CNTV), à la suite d’une conférence
de presse sur la crise interinstitutionnelle en RDC, qui s’est
tenue au siège du RENADHOC, dans la commune de Barumbu. Le 17
mars 2009, ils ont été libérés, sans aucune charge à leur
encontre. Lors de la détention, les quatre détenus ont fait
l’objet de mauvais traitements.
Au Zimbabwe,
Mme Jestina Mukoko, directrice exécutive du Projet pour la
paix au Zimbabwe (Zimbabwe Peace Project - ZPP) et membre du
conseil d’administration du Forum des ONG de défense des
droits de l’Homme du Zimbabwe (Zimbabwe Human Rights NGO
Forum), a de nouveau été placée en détention le 5 mai 2009,
avant d’être libérée sous caution, dans l’attente de son
procès qui devrait avoir lieu en juin. Mme Mukuko avait été
enlevée à son domicile le 3 décembre 2008. En 2008, elle avait
à plusieurs reprises dénoncé des violences politiques après
que l’Union nationale africaine du Zimbabwe - Front
patriotique (Zimbabwe African National Union - Patriotic Front
- ZANU-PF), le parti du Président Mugabe, a été battu au
premier tour des élections nationales par le Mouvement pour un
changement démocratique (Movement for Democratic Change - MDC).
Après quasiment trois semaines, pendant lesquelles aucune
information n’avait pu être obtenue quant à sa localisation,
elle avait finalement comparu le 24 décembre 2008 devant le
Tribunal de première instance de Harare, accusée, avec huit
autres personnes, de “trahison”, pour avoir prétendument
recruté des personnes pour les former au banditisme afin de
renverser le Gouvernement, des allégations passibles de la
peine de mort en cas de condamnation. Le 2 mars 2009, Mme
Mukoko avait été libérée sous caution.
2/ Actes de
harcèlement à l’encontre des défenseurs luttant contre
l’impunité
En 2009, les
défenseurs qui luttent contre l’impunité et défendent les
droits de victimes ont de nouveau fait l’objet de menaces,
d’actes de harcèlement, et parfois d’exécutions sommaires.
A Djibouti, M.
Jean-Paul Noël Abdi, président de la Ligue djiboutienne des
droits humains (LDDH), a été arrêté le 4 avril 2009 par des
éléments de la gendarmerie nationale, sans qu’aucun mandat
d’arrêt lui ait été présenté. Il lui a été signifié oralement
que cette arrestation était motivée par des “injures publiques
à l’autorité judiciaire” qu’il aurait proférées dans une note
d’information en date du 26 mars 2009, dans laquelle il avait
dénoncé les graves manquements de la justice djboutienne et en
particulier son absence d’indépendance, illustrés par la
non-motivation et la non-rédaction de certains jugements et
décisions de justice en particulier dans les procès sensibles.
Le 5 avril 2009, M. Noël-Abdi a été déféré devant le parquet
en comparution immédiate et entendu par le substitut du
procureur selon la procédure de flagrant délit, avant d’être
libéré. M. Noël-Abdi est depuis placé sous
contrôle judiciaire.
En
Guinée-Bissau, M. Luís Vaz Martins, avocat et président de la
Ligue guinéenne de défense des droits humains (Liga Guineense
dos Direitos do Homen - LGDH), a été menacé le 1er avril 2009
par un homme armé après avoir ouvertement condamné des
violations commises dernièrement par des militaires, en
particulier l’arrestation et les actes de torture subis par
l’avocat Pedro Infanda, ainsi que l’agression dont a été
victime M. Francisco José Fadul, ancien Premier Ministre,
dirigeant du Parti pour la démocratie, le développement et la
citoyenneté (Partido para a Democracia Desenvolvimento e
Cidadania - PADEC) et actuellement président d’un tribunal.
Au Kenya, MM.
Oscar Kamau King’ara et John Paul Oulua, deux membres de la
Fondation Oscar pour une assistance juridique gratuite au
Kenya (Oscar Foundation Free Legal Aid Clinic Kenya - OFFLACK),
ont été assassinés le 5 mars 2009. OFFLACK a notamment dénoncé
auprès du Parlement les violations commises à l’encontre des
pauvres dans le pays, notamment des exécutions sommaires et
des disparitions forcées.
En RDC, le 5
janvier 2009, MM. Paul Henry Mundela et François Toussaint
Kalonda Omanya, deux ressortissants belges d’origine
congolaise membres de l’association 11 Assistance interactive
pour la démocratie et l’éducation (11 AIDE), une organisation
qui dénonce les viols commis à l’est du pays, et enquêtant
plus généralement sur les violations des droits de l’Homme
commises dans les 11 provinces de la RDC, ont été arrêtés dans
la province du sud-Kivu par les services de sécurité
congolais, alors qu’ils enquêtaient sur des cas de viols afin
de traduire leurs auteurs en justice. MM. Mundela et Kalonda
Omanya ont ensuite été placés en détention au cachot dans les
locaux de l’ANR à Kinshasa, où ils auraient été soumis à des
actes de torture de la part d’agents de l’ANR. Fin avril 2009,
aucune information n’avait pu être obtenue quant aux raisons
de leur arrestation, aux éventuelles charges à leur encontre,
et à leur maintien ou non en détention.
Au Soudan,
plusieurs ONG ont fait l’objet de représailles en raison de
leurs activités auprès de la Cour pénale internationale (CPI),
et les actes de harcèlement se sont accrus après que la CPI
eut délivré un mandat d’arrêt le 4 mars 2009 à l’encontre du
Président Omar Al Bashir, accusé de crimes de guerre et de
crime contre l’humanité. Ainsi, le 1er mars 2009, le Ministre
des Affaires Sociales de l’Etat de Khartoum a publié un décret
ministériel, approuvant les recommandations faites par le
Comité d’assistance humanitaire (Humanitarian Assistance
Committee - HAC) de l’Etat de Khartoum, afin d’annuler
l’enregistrement du Centre de Khartoum pour les droits de
l’Homme et le développement environnemental (Khartoum Centre
for Human Rights and Environmental Development - KCHRED) et de
fermer le centre. Peu de temps auparavant, le 19 février 2009,
le compte bancaire du KCHRED avait été gelé par le HAC. Le 4
mars 2009, les sections de Alfashir et Nyala du Centre Amal
pour la réhabilitation des victimes de torture (Amal Centre
for the Rehabilitation of Victims of Torture) ont été fermées.
Le même jour, les autorités soudanaises ont également ordonné
à dix organisations humanitaires internationales de quitter le
pays. Le 5 mars 2009, l’Organisation pour un développement
social au Soudan (Sudan Social Development Organisation - SUDO)
a été notifiée par le HAC que l’organisation serait également
fermée. La veille, les bureaux de la section de la SUDO à
Nyala avaient fait l’objet d’une perquisition par les forces
de sécurité. Enfin, le 11 avril 2009, les services nationaux
de renseignement et de sécurité (National Intelligence and
Security Services - NISS) ont arrêté chez lui, à Al Fashir, M.
Mohamed Al Mahgoub, directeur de la section du nord Darfour du
Centre Amal. M. Al Mahgoub a ensuite été détenu au secret dans
les locaux des NISS, jusqu’à sa libération le 17 avril 2009,
sans charge à son encontre.
En Tunisie,
les collaborateurs du journal en ligne Kalima ont fait l’objet
de multiples actes de harcèlement. Ainsi, le 11 décembre 2008,
divers journaux tunisiens, arabes et européens ont relayé des
accusations portées à l’encontre de Mme Sihem Bensedrine,
porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie
(CNLT) et rédactrice en chef de Kalima, “d’extorsion et de
spéculation sur les droits de l’Homme”, de percevoir des
sommes d’argent qui dépassent le demi-million d’euros de
diverses parties étrangères et de mener un “groupe
d’opportunistes qui infectent le paysage des droits de l’Homme
en Tunisie”. L’Observatoire craint que cette nouvelle campagne
de diffamation à l’encontre de Mme Bensedrine soit menée en
représailles suite à sa participation, comme témoin, au procès
mené devant la Cour d’assises du Bas Rhin contre M. Khaled Ben
Saïd, ancien Vice-consul à Strasbourg et ancien commissaire de
police à Jendouba, reconnu coupable d’avoir donné
l’instruction de commettre des crimes de torture et des actes
de barbarie et condamné le 15 décembre 2008 à huit ans de
prison par contumace.
III - Entraves
à la liberté d’association
En Ethiopie,
le Parlement a adopté le 6 janvier 2009 une nouvelle loi sur
la liberté d’association, la “Loi sur les charités et les
sociétés”, en dépit des condamnations émises par les
observateurs internationaux à l’encontre de ce texte. Bien que
la société civile ait été consultée lors de la rédaction du
texte, la grande majorité des éléments apportés par les ONG
tout au long des consultations n’a pas été prise en compte par
les autorités. Cette nouvelle loi crée un environnement très
restrictif pour les défenseurs des droits de l’Homme et porte
gravement atteinte à l’indépendance de la société civile, dans
la mesure où elle se fixe pour but d’imposer un contrôle et
une surveillance strictes de la société civile, notamment dans
le contexte des prochaines élections de 2010. Le texte élargit
notamment la définition d’ONG “étrangère” à toutes les ONG en
Ethiopie dont plus de 10 % du financement
provient de l’étranger, et interdit à de telles ONG de mener
un grand nombre d’activités ayant trait aux droits de l’Homme.
Le texte renforce également la possibilité pour le
Gouvernement de refuser l’enregistrement, de dissoudre les
associations, et de s’ingérer dans leurs activités.
Enfin, en
Egypte, l’Organisation égyptienne pour les droits de l’Homme (Egyptian
Organisation for Human Rights - EOHR) a reçu une lettre le 27
avril 2009 du ministère de la Solidarité sociale, dans
laquelle l’organisation était menacée d’être fermée et d’être
dissoute pour avoir “reçu des financements étrangers non
autorisés”, en violation de l’article 42 de la Loi sur les
associations n° 84 de 2002. Cette lettre ferait suite à
l’organisation au Caire de la conférence régionale intitulée
“l’information est un droit pour tous”, conjointement par la
EOHR et le Centre de la liberté de la presse dans le Moyen
orient et l’Afrique du nord (Centre of Media Freedom in the
Middle East and North Africa - CMF MENA), les 27-28 janvier
2009. Par ailleurs, cette menace de fermeture et de
dissolution pourrait également faire suite aux efforts de la
EOHR en faveur d’un amendement de la Loi n° 84 de 2002, afin
que celle-ci
devienne conforme aux instruments régionaux et internationaux
relatifs aux droits de l’Homme.
Recommandations :
Au regard de
la persistance de ces actes de répression à l’encontre des
défenseurs des droits de l’Homme dans les pays membres de la
Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP),
l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de
l’Homme (OMCT-FIDH) appelle les États membres à :
• Mettre fin à toute forme de répression menée à l’encontre
des défenseurs des droits de l’Homme et de leurs organisations
;
• Tout mettre
en œuvre pour garantir les libertés d’association,
d’expression, de réunion pacifique et la liberté d’action des
défenseurs des droits de l’Homme ;
• Reconnaître
le rôle primordial des défenseurs des droits de l’Homme dans
la mise en œuvre de la Déclaration universelle des droits de
l’Homme des Nations unies et des autres instruments relatifs
aux droits de l’Homme, dont la Charte africaine des droits de
l’Homme et des peuples, ainsi que dans la prévention des
conflits, l’avènement de l’État de droit et de la démocratie ;
• Se conformer
aux dispositions de la Déclaration des Nations unies sur les
défenseurs des droits de l’Homme, notamment à son article 1
qui prévoit que “chacun a le droit, individuellement ou en
association avec d’autres, de promouvoir la protection et la
réalisation des droits de l’Homme et des libertés
fondamentales aux niveaux national et international” et à son
article 12.2 qui prévoient que “l’État prend toutes les
mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes
protègent toute personne, individuellement ou en association
avec d’autres, de toute violence, menace, représailles,
discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action
arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits
visés dans la présente Déclaration”, du protocole à la Charte
africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux
droits des femmes, de la Déclaration universelle des droits de
l’Homme, ainsi
qu’aux dispositions des instruments internationaux relatifs
aux droits de l’Homme auxquels ils sont parties ;
• Participer
activement à faciliter le mandat de la Rapporteure spéciale de
la CADHP sur les défenseurs des droits de l’Homme en Afrique,
en l’invitant de façon permanente à se rendre dans leurs pays
et en mettant les moyens suffisants à sa disposition en vue du
bon accomplissement de son mandat ;
• Participer
activement à faciliter le mandat de la Rapporteure spéciale
des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’Homme,
notamment en l’invitant de façon permanente à se rendre dans
leurs pays.
L’Observatoire appelle également la Commission africaine des
droits de l’Homme et des peuples à :
• Renforcer les moyens de la Rapporteure spéciale de la CADHP
sur la situation des défenseurs afin de l’aider à poursuivre
ses actions de promotion et de protection des défenseurs des
droits de l’Homme en Afrique ;
• Poursuivre
et approfondir la collaboration avec la Rapporteure spéciale
des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’Homme,
ainsi qu’avec les autres mécanismes régionaux de protection
des défenseurs des droits de l’Homme.
Flagrante démonstration publique de l’autocratie qui règne
à la tête de l’Etat djiboutien
Le
gouvernement djiboutien habitué aux faux semblant
démocratiques avait fait mine d’organiser du 2 au 9 mai au
palais du peuple un « séminaire de réflexion sur l’action
du gouvernement ».
Pour les
observateurs de la scène locale, il n’y avait pas de doute que
les invités seraient triés sur le volet et les questions à
poser préparées à l’avance.
Un citoyen
djiboutien du nom de Barakhleh Hassan Abdillahi, élève
officier de son Etat, mais qui n’était pas inscrit sur la
liste des personnes invitées au palais du peuple, avait cru
bon de prendre néanmoins la parole.
Il est alors
aussitôt interrompu par le premier ministre Dilleyta Mohamed
Dilleyta, qui affirme ne pas retrouver son nom sur la liste
des personnes invitées.
Monsieur
Barakhleh Hassan Abdillahi ne s’est pas démonté et a voulu
malgré tout formuler sa recommandation concernant l’action du
gouvernement. C’est alors qu’il reçoit un rappel à l’ordre
cinglant du président djiboutien Ismaël Omar Guelleh en
personne : « si tu étais élève officier, tu ne serais pas
venu ici où se trouvent tes chefs. Désormais tu n’es plus
élève officier, tu es renvoyé, parce que tu es un mauvais
élément, point final ».
Rarement de
mémoire de Djiboutiens une telle démonstration publique de
l’autocratie djiboutienne ne s’était donnée à voir par une
telle violence. Un
lien sur le site Youtube reproduit l’intégralité de cette
altercation, à méditer profondément.
Quant au citoyen djiboutien
Barakhleh Hassan Abdillahi, il court un danger grave pour sa
vie, il est l’homme qui a démasqué à lui tout seul la nature
du pouvoir qui règne en république de Djibouti. Une vigilance
de tous les instants est de mise pour veiller sur lui et sur
sa famille.
Note
d'information de la LDDH du 16 mai 09
|

Le Président |
NOTE D’INFORMATION DU 16 MAI 2009
Est-ce possible d’engager un véritable procès
contre les abus de pouvoir répétitifs à mon égard
dans mon Pays ?
|
« En vérité,
en vérité je ne suis pas un délinquant en fuite, mais je
mérite au moins respect. » Parole de Jean-Paul
Suite à ma
dernière arrestation suivie d’une garde à vue de 24 heures du
4 au 5 avril 2009 (par des gendarmes en uniforme) comme un
vulgaire délinquant, sans convocation ou mandat écrit, sur
simple ordre non écrit à mon intention du procureur de la
République par intérim Monsieur Ibrahim Houssein Waiss, je fus
conduit au Parquet à 9 heures du matin auprès du procureur de
la République qui, après quelques questions que je considère
comme des questions de fond, m’a ensuite transféré au juge
d’Instruction du Cabinet A.
Physiquement
et moralement fatigué, Madame Sirad Wais Boulaleh Juge
d’Instruction a juste procédé à l’Enquête préliminaire tout en
m’assignant à venir émarger tous les Jeudi avec interdiction
de quitter le Territoire.
Demain,
dimanche 17 mai 2009, je ferai l’objet d’un interrogatoire de
fond au Cabinet A.
Le motif de mon arrestation, à mon avis pompeux et imprécis,
est : « injure envers les cours et tribunaux ».
Je ne
manquerais pas de remettre au Juge d’instruction mes
observations écrites sur mes intolérables arrestations,
harcèlements, classement sine die de certaines de mes
plaintes, dénigrement au plus niveau de l’Etat,
criminalisation à mon égard en tant que Défenseurs des Droits
de l’Homme, ainsi qu’au manque de respect total de la presse
gouvernementale doublé des refus au Droit de Réponse
pénalement répréhensible.
Avec tous vos
encouragements et toutes les solidarités agissantes en
direction des Défenseurs des Droits de l’Homme souvent brimés
à Djibouti, avec aussi le soutien de tous nos compatriotes,
notre combat conjoint pour la protection, la promotion des
Droits Humains est irréversible et noble.
NOEL ABDI
Jean-Paul
LDDH : Communiqué de presse du 13 mai 09 sur l'élection de
Djibouti au conseil des droits de l'homme de l'ONU
|

Le Président |
COMMUNIQUE DE PRESSE DU 13 MAI 2009
SUR L'ELECTION DE DJIBOUTI
AU CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME
DES NATIONS UNIES
|
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) n’est pas choquée de la
décision du 12 mai 2009 des membres du Conseil des Droits de
l’Homme des Nations Unies en reconduisant une seconde fois
Djibouti.
Effectivement,
cette Décision était prévisible du fait de l’intérêt que le
Conseil de Sécurité porte pour la déstabilisation de la
Somalie en nommant des Gouvernements fantoches en particulier
à partir de Djibouti.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) avait, à maintes
reprises, déploré ces derniers temps le silence tuant de cet
Organisme onusien en particulier sur les violations des Droits
de l’Homme, les crimes contre l’humanité dans notre sous
région.
On a
l’impression que depuis la destruction des Tours de New York
l’important pour le Conseil de Sécurité des Nations Unies est
celui de favoriser et de défendre les positions
géostratégiques des pays Occidentaux.
A cette allure
il est facile de comprendre et peut-être d’apprécier les
paroles d’El Bachir lors de son interview d’hier à la BBC dans
lequel il a dit que : « les Nations Unies sont devenus des
portes paroles en dramatisant la situation au Dafour ».
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains se félicite de la prise de
position rapide de FREEDOM HOUSE , la plus ancienne
Organisation Internationale des Défenseurs des Droits de
l’Homme des Etats-Unis, qui a immédiatement regretté, sur les
ondes de la BBC en français, la nomination du Cameroum et de
Djibouti qui sont, tous les deux, loin de respecter les droits
de l’Homme.
Les
complications en cours de la situation en République de
Djibouti sont de notoriété publique, le Conseil des Droits de
l’Homme portera à l’avenir sa pleine responsabilité.
NOEL ABDI
Jean-Paul
Quelques Observations à l’occasion du 10ème anniversaire de la
Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) 4 au 9 mai 2009.
|

Le Président |
QUELQUES OBERVATIONS
A L'OCCASION DU 10E ANNIVERSAIRE
DE LA LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS
(LDDH)
DU 4 AU 9 MAI 2009
|
Rappelant que
la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) fête ses dix
ans d’existence dans un climat difficile, de haut risque et de
harcèlements pour les défenseurs des droits de l’Homme en
République de Djibouti ;
Dix ans de
combat dans la semi clandestinité ;
Dix ans de
dénonciations de toutes les violations des droits fondamentaux
;
Dix ans
d’alertes lancées, très souvent entendues par les
Organisations Internationales des Défenseurs des Droits de
l’Homme, de quelques responsables politiques administratifs
Djiboutiens et diplomates présents dans notre pays ;
Dix ans de
propositions et de recommandations, hélas, ignorées par le
Chef de l’Etat, Premier Magistrat et par nombre des Ministres
saisis par notre Organisation.
Dix ans de
solidarité et d’encouragements internationales et nationales à
notre égard et aux opprimés Djiboutiens victimes d’une
Dictature foncièrement sournoise ;
Dix ans de
lutte pour nous défenseurs des droits humains imprégnés du
profond sentiment d’avoir uniquement fait notre devoir de
Défenseur avec abnégation et courage, toujours et encore.
Rappelant que
la LDDH avait opté dès le début de rendre constamment public
toutes ses activités par diverses communications allant des
communiqués de presse, des notes d’information, de diffusion
d’information, de lettres ouvertes souvent au chef de l’Etat
ou autres autorités Djiboutiennes.
C’est dans ce
cadre, que nous soumettons des Requêtes, des Recommandations
pour contribuer avec confiance en l’avenir, en l’évolution des
droits positifs et fondamentaux en République de Djibouti, de
la Bonne Gouvernance et de l’effectivité de l’Etat de droit.
Observations de la LDDH sur la situation politique et les
risques encourus.
Après la
récente participation active de la Ligue Djiboutienne des
Droits Humains (LDDH) aux travaux sur le rapport conjoint
UE-République de Djibouti, il nous a paru opportun à
l’occasion de notre 10ème anniversaire d’émettre et de
soumettre nos requêtes à l’attention : de tous nos
compatriotes, à tous les Défenseurs des Droits de l’Homme à
tous nos amis ici et à l’étranger, à tous les décideurs
politiques et diplomatiques, etc…
Convaincus de
la nécessité urgente et quotidienne de :
1. combattre, sans passion aucune, toutes les violations
des Droits de l’Homme ;
2. dénoncer haut et fort toutes les exécutions
extrajudiciaires, toutes les disparitions, toutes les formes
de tortures physiques et morales ;
3. prévenir par dénonciation tous les risques
d’insécurités sociales qui inéluctablement engendrent les
conflits armés avec toutes les dérives de la haine tribale ;
4. témoigner contre les viols des jeunes femmes en
priorité dans les zones de tensions ;
Au plan
Politique.
Conscients
qu’il est temps de changer de mentalité et de sortir
définitivement des comportements post colonial en matière
électorale ;
Conscients que
depuis l’Indépendance les élections en République de Djibouti
n’ont jamais été concurrentielles jusqu’en 1992 ;
Faut-il
rappeler que toutes les élections législatives après le
Référendum pour l’Indépendance puis les élections
présidentielles à partir de 1982 se sont toujours déroulées
sous la bannière du Parti Unique au pouvoir et ce malgré le
vote Référendaire du 4 septembre 1992 de la Constitution
Djiboutienne.
Déplorons:
1. Que les
structures des élections n’ont jamais changé dans la pratique
jusqu’à présent encore moins d’une manière radicale ;
2. Que même
si une Constitution et une Loi Organique relative aux
élections existent depuis 1992;ces deux textes Fondamentaux
n’ont jamais été appliqués dans les domaines des libertés
d’expression, de manifestations publiques, de grèves
organisées, de Transparence dans la gestion de Fonds publics
et des Biens Sociaux. ET ENCORE DANS LA GESTION LIBRE ET
TRANSPARENTE DES PROCESSUS ELECTORAUX
3. Que même
les partis politiques d’opposition n’ont jamais été associés à
la préparation encore moins aux contrôles des élections à tous
les stades du déroulement des élections
4. . Que
les fraudes et opacités électorales persistent et maintiennent
au pouvoir un régime dictatorial de plus en plus impopulaire
avec l’aval des Forces pré positionnées à Djibouti ;
5. Que de
1958 date du Référendum mascarade organisée par
l’Administration Coloniale jusqu’aux élections législatives
entre les membres de la Mouvance présidentielle de 2008,
aucune élection libre, transparente, concertée entre les
forces politiques adverses, n’ont jamais eu lieu, exception
faite des élections populaires du Référendum du 8 mai 1977
pour l’Indépendance
Dans le cadre
des gestations actuelles pour une plausible adaptation à la
volonté d’un Chef d’Etat impopulaire qui voudrait modifier à
sa guise quelques passages de la Constitution nationale
notamment et en application à l’article 33 de la Constitution
mais surtout en violation aux dispositions de l’article 23 de
la Constitution qui stipule :
« Le président
de la République est élu pour six ans au suffrage universel
direct et au scrutin majoritaire à deux tours. Il est
rééligible qu’une seule fois ».
A l’allure où
une mobilisation de sensibilisation se déroule, il est naturel
de s’attendre à un pseudo Référendum en septembre prochain
2009.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) conformément à son
combat pour la prévention des conflits internes dénonce d’ores
et déjà les tentatives publicitaires pour la modification de
la Constitution.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) ne manquera pas très
rapidement d’établir une Feuille de Route sur les
recommandations en vue de sortir du blocage des élections par
l’Equipe au pouvoir.
NOEL ABDI
Jean-Paul
Parti djiboutien pour le développement (PDD) : Bilan de
dix ans de pouvoir d'Ismaël Omar Guelleh
 



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PARTI DJIBOUTIEN POUR LE DEVELOPPEMENT
Siège social : Q
5, Bd 18, M 33. Boite postale :892,
Tél : 822860
République de Djibouti
Djibouti, 1er mai
2009 |
BILAN DE DIX ANS DE POUVOIR DE M.
ISMAEL OMAR GUELLEH (IOG)
Après dix
ans de pouvoir de M. Ismaël Omar Guelleh, nous découvrons
ses deux personnalités :
Sa 1ère personnalité : un
Ismaël qui, avec son laisser-faire, a conduit le pays à
l’anarchie. Par son incapacité à le diriger, il y a laissé
s’installer l’impunité totale et à tous les niveaux,
l’insécurité croissante dans la capitale. Actuellement
personne n'a l'autorité sur l’autre et chacun fait ce
qu’il veut.
Sa 2ème personnalité : un Ismaël qui, pour
cacher son incapacité à diriger le pays, se montre
autoritaire en verrouillant l’espace démocratique, en
personnalisant le pouvoir à l’extrême, en s’appropriant
l’Etat, en monopolisant les médias qui ne diffusent que
les propagandes mensongères du pouvoir. A écouter la radio
et la télévision de Djibouti, on croirait se trouver dans
un pays de l’ex-bloc soviétique.
Pour son
10ème anniversaire, IOG a organisé, par le biais de son
parti, une mobilisation des agents des services publics et
d’autres corps de l’Etat y compris leurs familles, mais
elle a été un échec dont lui-même ne s’y est pas trompé.
Son but était de lui lancer un appel
pour son éventuel 3ème mandat. Malheureusement pour
lui, les Djiboutiens se rendent compte aujourd’hui que IOG
peut faire basculer le pays dans l’anarchie complète, dans
les deux ans qui lui restent encore pour terminer son 2ème
mandat, à cause de son incapacité à le diriger.
A l’occasion de cet anniversaire, IOG a
prononcé, en langue somali, un discours dans lequel il a
vanté ce qu’il a réalisé pendant ces dix ans.
Cependant, on peut scinder en deux parties ces
réalisations : 1er : les infrastructures portuaires.
2ème : les réalisations dans les autres domaines
D’abord,
en tant que Chef de l’Etat, signataire des accords avec
les Etats étrangers, il peut parfaitement revendiquer ces
réalisations même s’il n’en est pas l’initiateur. Mais en
ce qui concerne les infrastructures portuaires, la palme
revient à un grand homme d’affaires, Monsieur Abdourahman
Boreh qui l’a introduit auprès des Etats Arabes Unis et
qui a largement contribué au développement de son pays
avant son embrouille avec IOG dont on ignore les raisons.
Ce qui est sûr, ce que cette disgrâce
aura des conséquences néfastes sur les investissements
ultérieurs des étrangers.
Quant à l’amélioration de la situation
économique de ces dernières années, ce n’est nullement dû
à sa gestion, mais plutôt grâce au développement de
l’Ethiopie. Plus l’Ethiopie sera développée, plus
notre pays va récolter des ressources financières
importantes que tout gouvernement soucieux de son peuple,
pourrait lui redistribuer équitablement.
Les
autres domaines qu’il a évoqués dans son discours en des
termes glorieux tels que la santé, l’éducation, l’unité,
l’égalité, la justice, la démocratie, l’Etat de droit, la
sécurité, la voirie, là c’est vraiment se moquer des
populations djiboutiennes qui vivent quotidiennement les
dégradations de ces services et qui en souffrent.
On peut même dire qu’il méprise le
peuple djiboutien.
La réalité
dans chacun de ces domaines est la suivante :
Egalité :
sur ce point on peut démentir IOG rien qu’avec les
chiffres des agents de l’Etat à l’appui. Depuis son
arrivée au pouvoir les Djiboutiens ne sont pas égaux
devant les lois du pays. Pour preuve, l’expulsion
des Djiboutiens dont la djiboutienneté n’est pas contestée
vers un pays étranger (YEMEN) pour le seul motif d’être la
famille d’un témoin (dans une affaire judiciaire) alors
que si elle était coupable, c’est la loi djiboutienne
qu’il fallait leur appliquer.
L’emploi
reste inaccessible pour certains si on n’appartient pas à
la bonne famille, de plus en plus cette pratique est
devenue la règle.
Unité :
c’est l’absence de l’unité qui a déclenché le premier
conflit civil. IOG, au lieu de la favoriser, il agit dans
le sens contraire. Notre souhait, c’est de voir se
réaliser cette unité mais il a même refusé d’appliquer
l’accord de paix qu’il a signé devant l’opinion
internationale. Actuellement, ce n’est pas la
préoccupation de IOG de chercher l’unité des Djiboutiens.
Au contraire, il applique parfaitement le fameux dicton
« diviser pour régner ».
Insécurité :
elle est croissante dans la capitale. Depuis quelques
mois, tous les soirs, les quartiers se jettent des
pierres, des bandes organisées attaquent des passants avec
des armes blanches ou autres bricoles meurtriers. Les
forces de maintien de l’ordre, affaiblies par IOG pour
renforcer sa garde républicaine, sont pour l’instant,
incapables d’endiguer ce phénomène.
Santé :
le seul grand hôpital du pays est devenu un mouroir. Tout
en sachant son état réel, lors de l’émission « GROS PLAN »
du 11-03-2005, IOG s’est permis de dire que la santé va
bien. Par là, il montre son vrai
visage, il n’a aucun respect pour le peuple. Aussi, il a
supprimé l’alimentation des malades depuis son arrivée au
pouvoir. C’est incroyable mais vrai. Pourtant la
Coopération Espagnole a construit, au sein de l'hôpital,
un bâtiment avec des équipements de cuisine flambant neufs
mais il reste fermé avec ces matériels qui rouillent à
l'intérieur. Aujourd'hui, ce n'est pas par manque
de moyens financiers que le pouvoir ne fournit pas des
nourritures aux malades puisque dans le cadre de la lutte
contre le sida, le ministère a reçu, en plus de dotation
du budget national, plusieurs dizaines des millions de us
dollars, avec lesquels il préfère acheter des véhicules
tout terrain servant souvent à des besoins personnels.
Même les malades atteints de sida ne
reçoivent pas des nourritures de la part du gouvernement
mais c'est le PAM qui les leur fournit.
Par
ailleurs, les médicaments offerts pourtant gratuitement
par tous les pays amis et par des organisations
internationales (OMS, UNICEF, USAID, France…) devaient
largement suffire aux besoins de la population mais
malheureusement ils disparaissent aussitôt livrés et les
pauvres malades doivent les acheter aux pharmacies de la
place. Il arrive très souvent que la
plupart de ces malades, par manque de moyens ne peuvent se
les procurer. Dans sa publication du 22 avril, l’ARDHD
a mis en ligne, sur son site, le rapport de l’inspection
générale des finances qui a contrôlé la centrale d’achat
des médicaments de l’hôpital général Peltier et du centre
de Daral-Hanane. Même les inspecteurs ne s’y sont pas
retrouvés tellement la gestion des médicaments est opaque.
De plus,
depuis la nomination de l’actuel Ministre de la santé, la
situation s’est aggravée par l’imposition de règlement
immédiat des frais de soins qui sont passés de 600
Francs Djibouti (2,4 euros) à 2500 FD (10 euros) pour être
admis uniquement au service d’urgence. Aussi, tous les
actes médicaux sont devenus payants tels que la radiologie
ou la dialyse (15000fd), etc.
Il est en
train de l’imposer à l’Hôpital de la coopération italienne
qui, jusqu’à présent, soignait gratuitement les pauvres.
Aujourd’hui, la pauvreté ayant gagné du
terrain, presque 90% de la population qui ne peuvent pas
s’acquitter des frais de soins lesquels n’existent même
pas. La santé n’existe que par le nom bien que la
coopération française et les autres bailleurs de fonds
aient construit ou en cours de construction de plusieurs
bâtiments neufs au sein de l'hôpital général Peltier où
le manque de spécialistes est criant.
Par
ailleurs, le centre de formation du personnel de santé
qui, lors de sa création, offrait une formation de
qualité, a vu ses moyens diminués et les stagiaires non
motivés à cause de la diminution de leurs bourses
mensuelles qui sont passées de 75000 FD (300 euros ou 400
us dollars) à 15000 FD (60 euros ou 80 us dollars). Même
ces derniers montants ne leur sont pas versés
régulièrement. C'est l'ensemble du personnel de la santé
qui est découragé à cause de la détérioration de ses
conditions de travail et des salaires dont les indemnités
de garde ont été supprimées.
Education : Les enseignants sont découragés à la base
lors de leur formation à l’Ecole Normale.
C’est ainsi que les salaires des
normaliens sont passés de 80000 FD (350 euros ou 420
dollars US) à 15000 FD (65 euros ou 78 dollars US) qui ne
couvrent même pas leurs frais de transport. Quel
résultat attendre d’un enseignant délibérément démoralisé
par le pouvoir. Aussi la politique de répression contre
les enseignants revendiquant leurs droits, a fait fuir à
l’étranger nos cadres de grande valeur.
Les dernières réformes de l’enseignement conduisent plus à
son rabais qu’à sa modernisation. Elles n’amélioreront pas
la formation de nos futurs cadres dans le cadre du
développement de notre pays. Les dirigeants inscrivant
leurs enfants dans des écoles et lycées privés.
Nous
constatons aussi que l’université, créée à la hâte pour
des raisons électorales, manque d’équipements nécessaires
à son bon fonctionnement. Cela ne nous étonne guère car
c’est dans l’habitude de ce pouvoir de créer quelque chose
mais toujours sans prévoir les crédits pour son
fonctionnement. Alors, sans moyens,
cette université reste une bombe à retardement. Déjà, le
Ministre de l’éducation a imposé des frais d’inscriptions
élevés que la majorité des étudiants ne peuvent payer. Ce
qui a conduit à une grève des étudiants, en Janvier et
Février 2007, qui a été sévèrement réprimée par le pouvoir
qui ne connaît que la force à la place du dialogue.
L'attribution des bourses étant limitée, seuls les
étudiants dont les parents ont les moyens peuvent aller
faire leurs études à l'extérieur du pays.
Récemment,
le Ministre a supprimé les indemnités de logement à tous
les directeurs des établissements sans distinction entre
ceux qui sont logés et ceux qui n'en sont pas, certains
d'entre eux auraient présentés leur démission.
Les salaires des enseignants sont
ramenés au niveau de ceux qu'ils percevaient en 1982,
alors que le coût de la vie est, entre temps, quadruplé.
Voirie : Entre Janvier 2003 (immatriculation 3400 B)
et Février 2009 (4300 B), l’Etat a acheté presque 800
véhicules immatriculés en série B, réservés uniquement à
l’administration générale et environ 100 pour l'armée, la
gendarmerie, pour une valeur de 4,5 milliards FD (14
millions d’euros ou 18,2 millions de dollars US). Parmi
ces 900 véhicules, il n’y a aucun véhicule utilitaire tels
que bennes de ramassage des ordures, ambulances, citernes
d’eau, qui font d’ailleurs un grand défaut dans les
districts de l’intérieur.
Cependant,
les rues de la Capitale sont bondées d’ordures par manque
de camions de ramassage, des malades meurent dans les
villages reculés de l’intérieur du pays par manque
d’ambulances. Pourtant ce service et
celui des travaux publics étaient, jusqu'au milieu des
années 90, le fleuron de l'administration qui avec
l'arrivée au pouvoir d'IOG, ont rendu l'âme. Pour
constater, il suffit de rendre visite à leurs dépôts
respectifs. Cela nous montre que l’Etat
a démissionné de ses obligations et que le peuple subit
quotidiennement cette dégradation.
Heureusement, les rues de la capitale et la route
nationale numéro 1 sont réhabilitées par l’Union
Européenne qui attribue directement les marchés, par appel
d’offre, aux sociétés européennes compétentes et au nom
des Djiboutiens, nous leur sommes reconnaissants.
Electricité : Ces dernières années, la direction de l’EDD
a acheté plusieurs groupes avec des emprunts contractés
auprès des fonds arabes ou d’autres banques, mais les
coupures de plus en plus longues continuent.
Les
institutions républicaines, telles que la police,
l’armée et la gendarmerie, plusieurs fois transformés par
IOG pour les affaiblir afin de créer sa propre garde
républicaine qui a juré sur le livre de Coran de défendre
sa personne et non les institutions du pays.
Le crédit alloué à ce corps pouvait
bien être utilisée à réduire la pauvreté au lieu de
quémander d’autres fonds auprès de la Banque Mondiale et
des pays amis.
Cependant,
IOG recrute de nouveau pour augmenter l’effectif de sa
garde républicaine qui ne respecte personne : ni les
officiers d’autres corps, ni les Ministres, ni les députés
et encore moins les simples citoyens.
Cette augmentation d’effectif génère ainsi des dépenses
supplémentaires inutiles au détriment des contribuables.
L’administration :
est actuellement inexistante, il n’y a plus d’écrit, tout
est devenu verbal. Cela peut permettre aux auteurs de
détournement des deniers publics de ne pas laisser des
traces. De plus, les documents administratifs ne sont plus
classés et les responsables font disparaître délibérément
les archives. Nous nous trouvons exactement dans la même
situation que la Somalie pour ce que l’on peut appeler un
non Etat et une non Administration. La seule différence
avec ce pays, ce qu’il y a, à Djibouti, un gouvernement
« légal ».
Investi le
7 Mai 2005 pour son second mandat, IOG, dans une interview
accordée à un journal spécialement paru le 8 Mai, a
déclaré que l'Administration n'était pas sa priorité.
C'est inquiétant pour l'avenir de notre
pays. Son prédécesseur et lui-même ayant tout
recopié sur l'ancien régime du feu SYAD BARREH de la
Somalie, IOG a déjà réussi, après dix ans de pouvoir sans
partage, à installer l'anarchie dans le pays (insécurité
totale, impunité pour tous les proches du régime,
accélération des exclusions d'autres communautés
nationales, les ordures qui traînent dans toutes les rues,
pas de soins, pas d'administration, pas de service public,
enseignement au rabais etc..).
Le service public est aussi inexistant,
chacun s’appropriant le domaine dont il est le chef.
Chaque Directeur ou Chef de service a mis un vigile
ou un policier devant la porte de son bureau et les
administrés n’y ont plus accès, donc ne peuvent plus
résoudre leurs problèmes quotidiens. Ce
qui compte pour eux, c’est comment monnayer leur service
pour s’enrichir trop vite par le silence délibéré de IOG.
La justice est réduite au silence et
reste sous l’ordre d’IOG. Cette mainmise sur la justice
n’encourage pas les investisseurs étrangers à s’installer
à Djibouti contrairement aux discours d’IOG faisant
souvent référence au secteur privé. Aussi, il y a risque
que ce manque de justice puisse conduire, un jour, les
citoyens à se faire justice eux-mêmes.
Le Trésor Public est dépouillé de ses
fonctions initiales. Des circuits parallèles ont
été créés. Des inondations et de petits
incendies suspects font apparition de temps à autre.
Les biens immobiliers de l’Etat,
abandonnés, tombent en ruine par manque d’entretien.
D’autres sont cédés aux proches et aux amis d’IOG. La
cession douteuse de la résidence « LES MOUETTES » (16
appartements) propriété de l’Etat, à une société MKL
Comesa Ltd transformée aujourd’hui en hôtel de grand luxe
« Hôtel Impérial » dans lequel certains proches du
Président auraient des intérêts. Aussi, les dépôts se
trouvant derrière le « café de la gare » qui appartenait à
l'Etat, auraient été cédés à un très proche d’IOG et un
grand immeuble y est construit.
La constitution du pays est mise au
placard. Toutes les lois sont bafouées. IOG les fait
adopter, tout juste, pour se donner une image à
l’extérieur. Par la suite, il ne respecte aucune.
La démocratie et les droits de l’Homme :
IOG ne les connaît pas. Pour lui, ce sont les affaires des
pays occidentaux. Il fait ce que bon lui semble de
son peuple. C'est plutôt pour cacher sa
faiblesse à diriger le pays qu'il a choisi le laisser
faire. Il compte plus sur la force mais tout le
monde sait la fin d’un régime basé sur la force.
Tôt ou tard, il finit toujours par la
destruction du pays. Récemment, lors de la grève des
employés du Port de Djibouti en Septembre 2005, il a
montré qu’il n’etait prêt à faire l’ouverture
démocratique. Et même courant Mars 2006, il a fait
arrêter, sans motif, des dirigeants syndicaux qui se sont
rendus en Israël pour une formation sur l’invitation d’un
syndicat de ce pays. Et le 01Avril 2006, une
délégation conjointe de la F.I.D.H et C.I.S.L a été
refoulé de l’aéroport et renvoyé par le même vol, et le 04
Avril le Représentant du B.I.T., légalement entré à
Djibouti, a été arrêté arbitrairement et expulsé du
territoire en 24 heures. IOG ne
respecte aucune convention internationale ni traité, même
ratifié soit-il par la République de Djibouti dont il est
chef de l’Etat.
En février
2004, IOG avait promis à la mission des parlementaires
européens qu’il allait entreprendre certaines réformes
permettant le mode des élections législatives et le
respect de la transparence électorale.
A ce jour, ces promesses n’ont pas été tenues, bien au
contraire:
=
empêchement de toute action légale et pacifique de
l’opposition.
=
confiscation des matériels du seul journal considéré comme
voix de l’opposition en Février 2007
=
arrestation et condamnation le 18 Mars 2007 du Président
de la ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) pour
avoir rendu public deux affaires réelles mais dérangeant
IOG.
=
dissolution arbitraire d'un parti d'opposition "Mouvement
pour le Renouveau et le Développement MRD" en Juin 2008.
Il a même
fermé les portes de la timide ouverture démocratique
obtenue en 1992 après le conflit civil.
Les
médias : la loi sur la liberté de la presse de 1992
reste en suspens à ce jour. Bien qu’ils soient publics sur
texte, ils restent uniquement au service du parti au
pouvoir et de son chef. Ils ne
diffusent que des propagandes mensongères du gouvernement.
C’est ainsi qu’il n’y a pas de semaine où le pouvoir
n’organise pas un atelier ou séminaire sur tel sujet ou
domaine tout juste pour faire croire à la population que
le gouvernement travaille et organise quelque chose dans
l’intérêt du pays. En réalité, toutes les propositions ou
recommandations faites lors ces réunions ne sont jamais
mises en application et très souvent, elles ne
franchissent pas les portes des salles de réunion. Et
pourtant, leur application aurait pu changer ou faire
avancer quelque chose.
Par ailleurs, ce qui est douteux, c’est
l’attitude des bailleurs de fonds qui continuent à
financer ces genres d’ateliers ou séminaires à fonds
perdus puisque les propositions retenues ne sont jamais
mises en application par le gouvernement. Cela sert plutôt
comme publicité pour le pouvoir avec la complicité de ces
organismes.
Les partis
d’opposition n’ont pas accès à ces médias qui restent le
domaine privé d’IOG. Parfois, il se
fait champion des insultes envers l’opposition ou toute
personne critiquant le régime.
Le pouvoir législatif est réduit au
rôle d’une chambre d’enregistrement. Parfois, il va même
plus loin que l’exécutif pour montrer au chef, à savoir
IOG, son dévouement par peur de se voir lever l’immunité
parlementaire sur simple coup de téléphone et les jeter en
prison. Cela est déjà arrivé à certains députés ou
anciens Ministres qui ont osé contester certaines
pratiques d’IOG alors Chef de Cabinet du Président GOULED.
Ils se sont retrouvés derrière les
barreaux pour six mois.
Certains
Ministres sont à la fois membres du gouvernement et de
l’assemblée nationale. La corruption est généralisée et
l’impunité a atteint tous les niveaux depuis l’arrivée au
pouvoir d’IOG en 1999.
Sur tous ces points ci-dessus, Monsieur
Ismaël Omar Guelleh a menti au Peuple Djiboutien lors de
son discours prononcé le 09 Avril 2009 à l’occasion de son
10ème anniversaire au pouvoir.
Mauvaise gestion des deniers publics
D’abord,
nous remercions les investisseurs des pays arabes qui ont
mis les moyens appropriés à notre port avec des
équipements modernes.
Aussi, le
développement de l’Ethiopie a été un facteur déterminant
pour notre économie et a apporté des ressources
financières importantes à l’Etat en plus des montants
versés annuellement par la France et les Etats-Unis pour
leurs bases respectives, mais malheureusement les
populations n’en profitent pas à cause de la mainmise d’IOG
sur les biens de l’Etat et elles ne cessent de s’enfoncer
dans la misère. Il a transformé l’Etat en une propriété
privée et malgré ces ressources financières disponibles,
il maintient le peuple dans la misère pour qu’on lui
obéisse plus.
Le budget national est passé de 35,2
milliards FD (15304 millions d’euros ou 183,65 millions de
dollars us) en 1999 à 75,3 milliards de FD (301,2 millions
d’euros ou 391,56 millions de dollars US) en 2009.
L’accroissement est donc de 40,1 milliards FD (160,4
millions d’euros ou 208,52 millions de dollars US), les
recettes du port et de l’aéroport géré par DUBAÏ n’y sont
pas incluses.
Après
déduction des dépenses de personnel qui s’élèvent à 21
milliards FD (84 millions d’euros ou 109,2 millions de
dollars US) selon le budget national et les dépenses
d’investissement de 9 milliards FD (36 millions d’euros
ou 46,8 millions de dollars US), le reste devrait être
utilisé pour les services administratifs mais
malheureusement ces derniers n’ont même pas le minimum
pour fonctionner correctement.
Aussi, les aides en nature fournies par
les pays amis ne sont pas épargnées de détournement. Au
lieu de les distribuer aux plus nécessiteux, elles sont
parfois vendues au Port de Djibouti. Depuis l’arrivée au
pouvoir d’IOG, c’est la Présidence qui les reçoit à la
place de l’organisme (O.N.A.R.S.) crée à cet effet. Ce qui
est sûr, les réels bénéficiaires (les pauvres) auxquels
ces aides sont destinées ne les reçoivent pas. C’est ainsi
qu’IOG veut réduire la pauvreté en fermant les yeux sur la
disparition des aides en nature destinées aux pauvres qui
ne cessent de s’enfoncer dans la misère.
Bref, le constat que l’on peut faire
de la gestion des deniers publics par IOG est le suivant :
plus l’argent rentre, plus la pauvreté augmente sous ce
régime. Aussi, il est bien clair que M. ISMAEL OMAR
GUELLEH a sa propre vision de ce qu’est un Etat moderne
qu’il gère aujourd’hui comme une société unipersonnelle,
et l’Etat est LUI. Il a mis au grand
jour son mépris pour le Peuple Djiboutien et son
incompétence à gérer les affaires de l’Etat.
Il est seulement content d’être arrivé
à la Présidence de la République par tous les moyens sans
savoir, cependant, la responsabilité exacte qui lui
incombe en tant que CHEF de l’ETAT. Pour preuve, le 23
octobre 2007, il a expulsé vers le Yemen des citoyens
Djiboutiens depuis cinq générations et lors de son
entretien à la chaîne de France 24, il a justifié cette
expulsion pour leur sécurité alors qu’en tant Chef de
l’Etat c’est à lui qu’incombe leur protection.
Aussi, il a organisé une manifestation anti-française pour
une affaire de justice le concernant personnellement,
confondant ainsi ses affaires personnelles avec les
relations d’Etat à Etat. Pour lui, la
politique, c’est l’art de mentir et de s’enrichir au
détriment du peuple dont il est censé avoir la
responsabilité, de fêter à la moindre occasion avec les
deniers publics sans limite. Il est même devenu expert
pour faire le contraire à 100% de ses discours.
Par
ailleurs, lors de son accession à la tête du pays en Avril
1999, le journaliste au mensuel Africasia, M. SAVANAY
MAMADOU SALIOU avait publié dans son numéro de Mai 1999 un
article dont le titre s’intitulait « la déraison au
pouvoir » et qui se terminait par la question suivante :
« est-ce que l’ancien policier saura-t-il devenir chef
d’Etat ? ». Aujourd’hui, nous pouvons
répondre à cette question sans hésitation. Monsieur ISMAEL
OMAR GUELLEH a raté sa transformation du policier à un
homme d’Etat. Il pratique seulement la stratégie
politico-policière qui consiste à contrôler les
populations, par le quadrillage, par des milices de
quartier, sous forme d’associations et d’ONG financées par
le pouvoir à partir des aides internationales détournées.
Sa radio (RTD) ne cesse de diffuser quotidiennement
des propagandes mensongères et on croirait se trouver dans
l’un des pays de bloc ex-soviétique. Il est donc resté
policier avec le titre de Chef de l’Etat.
ELECTIONS
SOUS CE REGIME DEPUIS LA TIMIDE OUVERTURE DEMOCRATIQUE
Pour
comprendre la réserve de l'opposition vis-à-vis de ce
pouvoir, nous rappelons les différentes échéances
électorales qui ont lieu à Djibouti depuis la timide
ouverture démocratique de 1992.
Elections législatives du 18-12-1992 :
les partis d’opposition y ont participé mais, à partir de
17 heures, la police et gendarmes auxquels l’ordre a été
donné par le pouvoir, ont expulsé les délégués de
l’opposition des bureaux de votes. Par la suit les
urnes ont été bourrés avec des bulletins de la liste du
parti au pouvoir qui s’est attribué les 65 sièges que
compte le Parlement.
Election
présidentielle de Mai 1993 : les partis d’opposition y ont
participé mais le même scénario qu’en 1992 s’est
reproduit. HASSAN GOULED a été proclamé
élu. Par ailleurs, la fraude lors de cette élection a été
reconnue par le Ministre de l’intérieur de l’époque passé
à l’opposition à partir de 1996.
Elections législatives du 18-12-1997 :
même scénario qu’en 1992.
Election présidentielle du 09-04-1999 :
les partis d’opposition ont présenté un candidat unique
mais nous avons assisté au même scénario que les années
précédentes. Cette fois, c’est l’ami de longue date d’IOG,
général de la police, feu YACIN YABE qui avait regretté
l’expulsion des délégués de l’opposition pour faire élire
son ami à la Présidence de la République.
Elections
législatives du 10-01-2003 : la coalition des quatre
partis d’opposition créés en Octobre et Novembre 2002 a
participé et obtenu 45% des suffrages selon le
gouvernement mais en réalité nous avons obtenu plus de 50%
malgré la rétention des cartes électorales, le refus de
délivrance des cartes aux jeunes qui se sont inscrits au
premier trimestre de 2002, soupçonnés de sympathie pour
l’opposition, et la distribution massive des ordonnances
aux partisans du pouvoir. Aussi l’armée
est intervenue dans les districts de l’intérieur pour
expulser les délégués de l’opposition. Par la suite, le
pouvoir qui détient l’appareil de l’Etat et contrôle le
média par lequel il diffuse les résultats des bureaux de
vote, parfois en inversant en sa faveur les chiffres
obtenus par la liste adverse, a annoncé la victoire du
parti d’IOG qui s’est attribué les 65 sièges. Tout en
sachant que la justice est sous son ordre, nous avons fait
un recours auprès du Conseil Constitutionnel mais il a
donné raison au parti au pouvoir comme on s’y attendait.
Election présidentielle du 08-04-2005 :
l’opposition s’est abstenue par manque de transparence
qu’elle avait demandé depuis Avril 2003. Les électeurs ont
respecté son mot d’ordre et ils ne se sont pas déplacés.
Elections régionales et communales du
10-03-2006 : depuis Juin 2005, nous avions adressé des
correspondances au Président de la République et au
Ministre de l’intérieur pour reporter ces élections et
procéder d’abord au recensement de la population et par la
suite faire des réformes nécessaires pour la transparence
électorale. Passant outre nos propositions, le
gouvernement a maintenu cette échéance. Dans ce cas,
l’opposition a choisi de les boycotter pour ne pas encore
cautionner un régime anti-démocratique. Après le refus des
partis d’opposition d’y participer, IOG a lancé une
compétition entre les cinq partis composant son alliance
(union pour la majorité présidentielle « UMP »). Comme
d’habitude, il n’a pas hésité à frauder ses propres
partisans qui s’en sont plaints et ont déposé le recours
auprès du Conseil Constitutionnel.
Au premier tour, le taux
d’abstention a dépassé les 70%, confirmé à la télévision
par le Président d’un parti de la mouvance présidentielle
qui a participé à ce scrutin. Et même, le Président d’un
autre Parti de l’alliance UMP a reconnue que tant que la
COMMISSION ELECTORALE NATIONALE INDEPENDANTE ne sera pas
instituée, il n’est pas possible de faire avancer la
démocratie à Djibouti.
Au second tour, l’abstention a
même dépassé les 80%.
Enfin, les
partis faisant partie de l’union pour la majorité
présidentielle se sont partagés les sièges en passant
outre les résultats annoncés officiellement. Donc, en fin
de compte ils ont agi comme s’il n’y avait pas eu
d’élections.
De
ce scrutin nous tirons deux enseignements :
1-Que l’opposition a eu raison de
les boycotter.
2-Qu’IOG n’est pas du tout prêt à
accepter l’ouverture démocratique.
Jusqu’aux élections du 10 Janvier 2003,
l’opposition a voulu faire avancer la démocratie dans
notre pays en participant presque à toutes les élections,
même si la transparence n’était pas assurée. Ne voyant
aucune amélioration de la part du pouvoir, au contraire
constatant le retour au système du parti unique, elle a
refusé de jouer le rôle des figurants jusqu’à présent pour
légitimer un pouvoir anti-démocratique. Ainsi, le
refus de remboursement de la caution de 32,2 millions FD
(141300 euros ou 169560 dollars US), déposée lors des
élections législatives du 10 Janvier 2003, n’a pas
encouragé d’éventuels candidats à se présenter lors de
l’échéance de Février 2008. C’est ce
que cherchait IOG pour avoir encore une assemblée
monocolore qui lui permettrait d’amender la Constitution
pour briguer un troisième mandat.
Conclusion:
Dans une région déjà troublée, notre
pays connaît une stabilité fragilisée par les exclusions
massives, l’incapacité de IOG et l’insécurité croissante
de ces derniers mois dans la capitale et au Nord. Pour
sauver cette stabilité fragile, il faut une alternance
pacifique.
Avant de
songer au 3ème mandat, IOG doit savoir que même dans les
deux ans qui lui restent, le pays risque de basculer dans
l’anarchie complète à cause de son incapacité et son
injustice.
Nous demandons donc au Président de la
République de respecter, dans l’intérêt du pays, la
constitution, la charte de l’union africaine relative à la
démocratie, aux élections et à la gouvernance qui interdit
toute modification de la constitution, et puis ses
engagements pris lors de son interview à l’hebdomadaire
« Jeune Afrique » en Février 2008.
MOHAMED DAOUD CHEHEM
Président du P.D.D.
Note d'information de la LDDH du 26 avril 2009 suite à
la conférence des défenseurs de toute l'Afrique
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Le Président |
NOTE D’INFORMATION
DU 26 AVRIL 2009
Kampala :
conférence des défenseurs de toute l’Afrique |
Du 20 au 23
avril 2009, plus de cent (100) défenseurs des droits de
l’Homme de toute l’Afrique, et trente trois (33) organisations
Internationales de défense des droits humains du monde entier
(Amnesty International, FIDH, Front Line, Human Rights First,
le Haut Commissariat des Droits de l’homme de l’ONU, la
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples
etc.) se sont retrouvés dans la capitale Ougandaise pour une
Conférence Historique.
La première
Conférence de ce genre avait été organisée en 1998 à
Johannesburg (Afrique du Sud) par Amnesty International.
Celle de la
semaine dernière à Kampala est l’œuvre du Réseau des
Défenseurs des Droits de l’Homme de l’Afrique de l’Est et
Corne d’Afrique (EHARDN). Créé en novembre 2005 à Kampala, ce
Réseau dont la LDDH est membre fondateur et point focal, reste
le plus dynamique du Continent Africain.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) a pris une part active
aux travaux de cette Conférence en mettant, notamment l’accent
sur la nature liberticide du Pouvoir Djiboutien qui continue
de museler la Société Civile Indépendante.
Pour leur part
les Défenseurs des Droits de l’Homme du monde entier présents
à cette Conférence ont dénoncé la répression à l’encontre des
défenseurs Djiboutiens (militants des droits de l’Homme,
Syndicalistes et journalistes Indépendants). Car comme chacun
le sait, les droits fondamentaux reconnus par la Constitution
nationale sont perpétuellement bafoués, tandis que, les
auteurs de crimes et autres forfaits continuent de bénéficier
d’une totale impunité au mépris de tous les Instruments
internationaux ratifiés par la République de Djibouti.
C’est pourquoi
les Résolutions et Plan d’Action adoptés à Kampala sonnent
comme un sérieux avertissement aux régimes prédateurs des
libertés et des biens publics.
A l’heure où l’ex candidat unique de 2005 cherche
désespérément à se maintenir au pouvoir pour perpétuer le
bradage tout en étouffant les Libertés, les défenseurs
Djiboutiens lui rappellent simplement qu’il « est du mauvais
côté de l’Histoire ».
NOEL ABDI
Jean-Paul
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