Dernières nouvelles - Edition en Ligne de Mars  2006

 Directeur de Publication : ALI MAHAMADE HOUMED    Codirecteur : MAHDI IBRAHIM A. GOD    Email : realite_djibouti@yahoo.fr


S  o  m  m  a  i  r  e

30/03/06 LDDH : COMMUNIQUE DE PRESSE DU 30 MARS 2006, et Articles du Code pénal sur les motifs de l'arrestation des syndicalistes

29/03/06 Premier compte rendu du meeting de l’UAD à l’avenue Nasser ce mercredi 29 mars 2006

28 et 29/03/06 LDDH : Communiqué de presse du 28 mars 2006, accompagné d'un Post Scriptum

29/03/06 Note d'information de l'Union Djiboutienne du Travail (UDT)

27/03/06 LDDH : Communiqué de presse du 27 mars 2006

26/03/06 Communiqué de presse de l'Union pour l'Alternance Démocratique (UAD)

26/03/06 Mobilisation à Brest pour une famille djiboutienne (Télégramme de Brest)

25/03/06 Mobilisation à Brest contre l'expulsion d'une famille djiboutienne (AFP)

24/03/06 L'ARDHD et l'Association des parents d'élèves de Brest se mobilisent pour Abdoulkader, demandeur d'asile djiboutien

24/03/06 Communiqué de presse de la LDDH sur les détentions arbitraires des syndicalistes

20/03/06 La LDDH dénonce les conditions de détention à la prison de Gabode

20/03/06 Communiqué de presse : Appel d'urgence de l'Union djiboutienne du travail (UDT)

17/03/06 LDDH et FIDH : Diffusion d'information sur la création du Conseil des droits de l'homme

16/03/06  L’Armée française assure-t-elle la formation d’anciens tortionnaires djiboutiens à Paris ?

16/03/06 Le Parlement européen dénonce l'impunité des ex-dictateurs africains

15/03/06 L'Assemblée générale de l'ONU crée un nouveau Conseil des droits de l'homme

15/03/06 Communiqué de presse de la LDDH sur les incarcérations arbitraires des dirigeants syndicaux

15/03/06 Communiqué de l'UDT : quatre responsables syndicaux sous mandat de dépôt à Gabode

14/03/06 Répression des dirigeants syndicaux : les organisations internationales se mobilisent

14/03/06 Arrestation de quatre syndicalistes : Communiqué de presse de l'Union djiboutienne du travail (UDT)

13/03/06 LDDH : Note préliminaire du 13 mars 2006 sur une décision du parquet sans avocat ni bâtonnier

13/03/06 LDDH : Rappel du communiqué de presse du 8 mars 2006 gelé à la demande de Me Tarek

12/03/06 Communiqué de presse de l'UAD sur la farce électorale régionale du 10 mars 2006

12/03/06 LDDH : Diffusion d'information sur le rapport 2005 de l'Observatoire des défenseurs des droits de l'homme (FIDH et OMCT)

11/03/06 Communiqué de presse de l'Union pour l'Alternance Démocratique (UAD) sur l'arrestation de M. Adan Mohamed Abdou, Secrétaire général de l'ARD

11/03/06 Arrestation des dirigeants de l'Union djiboutienne du travail (UDT)

10/03/06 Le non événement des élections dites locales à Djibouti

10/03/06 Décentralisation : des amendements au projet de loi irresponsables et inacceptables (archives)

10/03/06 Appel urgent du FIDH et de l'OMCT pour détention arbitraire et poursuite judiciaire de syndicalistes djiboutiens

09/03/06 Affaire Borrel: le parquet fait appel de la plainte contre le Quai d'Orsay

09/03/06 Communiqué de l'Union djiboutienne du travail (UDT)

08/03/06 Rapport du département d'état américain sur les droits de l'homme à Djibouti, 8 mars 2006

08/03/06 Syndicalistes djiboutiens accusés de communication avec une puissance étrangère

08/03/06 FIDH : Arrestations et détentions arbitraires à Djibouti

07/03/06 Note d'information de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH)

07/03/06 Appel de l'Union Djiboutienne du travail (UDT) à une solidarité intensive

05/03/06 Deux syndicalistes djiboutiens de nouveau arrêtés par le régime dictatorial

05/03/06 Rapport du CISL sur les normes du travail à Djibouti, en prévision de l'examen par l'OMC

03/03/06 Affaire Borrel : Information judiciaire ouverte contre Hervé Ladsous

02/03/06 Le sénat français serait-il au secours de la dictature djiboutienne ?

01/03/06 Ethiopie: le procès de l'opposition éthiopienne ajourné au 22 mars

01/03/06 Un travailleur de l'Onu enlevé dans le sud de la Somalie


LDDH : COMMUNIQUE DE PRESSE DU 30 MARS 2006 

Le Président

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 30 MARS 2006

REMISE EN LIBERTE DES SYNDICALISTES

PAR LA CHAMBRE D'ACCUSATION

Le 30 mars 2006, la Chambre d’Accusation a siégé en présence de Maître Tarek, avocat des syndicalistes, défenseurs des Droits Economiques, Sociaux et Culturels.

Le Président de la Chambre d’Accusation a mis en délibéré au 6 avril 2006, l’affaire des quatre syndicalistes: M. DJIBRIL ISMAËL IGUEH, MOHAMED AHMED MOHAMED, HASSAN CHER HARED et ADAN MOHAMED ABDOU.

Il est bon de rappeler que ces syndicalistes ont été arrêtés début mars 2006 sans preuves matérielles, avec un chef d’accusation qui est tout à fait fallacieux, (voir les articles suivants qui donnent l’impression que ces syndicalistes avaient en leur pouvoir le Secret Top Défense), et mis en détention arbitraire après des enquêtes truffées de vices de formes.

Le seul outrage ne peut-être que leur droit de porter des plaintes contre les autorités portuaires ou autres, la seule intelligence étant d’avoir suivi des cours de formation en Israël alors qu’aucun texte n’interdit de se rendre dans ce pays dont les Centrales syndicales ont, depuis cinquante ans (avant et après l’indépendance), apporté leur concours pour la formation des travailleurs djiboutiens.

Est-ce vrai que des membres de la SDS aurait suivi eux aussi des cours de formation en matière de sécurité ?

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un appel pressant aux Instances Internationales pour qu’elles condamnent avec fermeté les Autorités Djiboutiennes.

M. NOEL ABDI Jean-Paul

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Articles du Code Pénal sur les motifs des arrestations

SECTION 111 La livraison d’informations à une puissance étrangère

Article 137

Le fait de livrer ou de rendre accessibles à une puissance étrangère, à une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs agents, des renseignements, procédés, objets ou documents dont l’exploitation, la divulgation ou la réunion est de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation est puni de quinze ans de réclusion criminelle et de 7 000 000 F d’amende.

SECTION IV Les outrages, offenses et violences envers les dépositaires de l’autorité ou de la considération publique

Article 188

L’outrage envers le Président de la République est puni de deux ans d’emprisonnement et de 500 000 F d’amende, l’outrage envers les Chefs d’Etat et les Chefs de gouvernements étrangers, les ambassadeurs et les chargés d’affaires accrédités près du gouvernement de la République de Djibouti est puni d’un an d’emprisonnement et de 200 000 F d’amende.

L’outrage envers les personnes énumérées aux alinéas 1 et 2 est constitué, que les moyens indiqués à l’article 187 aient été adressés dans ou hors l’exercice des fonctions. Il est désigné sous le terme d’offense. La poursuite de l’offense visée à l’alinéa 2 n'a lieu que sur la demande des intéressés au Ministre des Affaires Etrangères qui la transmet au ministre de la Justice.

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Premier compte rendu du meeting de l’UAD à l’avenue Nasser ce mercredi 29 mars 06

Dans l’après-midi du mercredi 29 mars 2006, dernier jour de campagne pour le deuxième tour des élections frauduleuses « régionales et communales », six (6) meetings étaient organisés dans Djibouti-ville (RPP, FRUD-bis, « deux listes indépendantes », le PSD, et sans couverture de la RTD : celui de l’UAD.

Le meeting de l’UAD a tenu toutes ses promesses. Outre l’affluence massive, c’est la qualité et la cohérence des messages délivrés qui a retenu toute l’attention. Les partisans du boycott sont venus spontanément et massivement de tous les quartiers populaires. L’avenue Nasser était noire de monde.

A quelques centaines de mètres de là, le FRUD-bis tenait son rassemblement à la place de l’indépendance à Arhiba ; quelques centaines de personnes convoyées par bus y ont assisté.

De son côté, le RPP a dû réquisitionner des véhicules militaires pour acheminer quelques milliers de personnes dont des travailleurs raflés, en direction du Stade Hassan Gouled.

De l’avis général, le meeting de l’UAD  était de loin le plus réussi. Une gifle décisive vient d’être assénée au RPP et à ses alliés.

LA REDACTION

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LDDH : Communiqué de presse du 28 mars 2006

Le Président

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 28 MARS 2006

DEUX NOUVEAUX SYNDICALISTES

ONT COMPARU DEVANT

LA JUGE D'INSTRUCTION

Le 28 mars 2006 deux syndicalistes MM. ADAN MOHAMED ABDOU et HASSAN CHER HARED ont comparu devant la Juge d’Instruction Fathia Mahamoud Djama.

Les deux syndicalistes ont été amenés de la prison de Gabode où ils sont en Détentions arbitraires depuis le 11 mars 2006. Après l’interrogatoire, ils ont été relâchés en liberté provisoire avec contrôle judiciaire.

L’épée de Damoclès plane sur leur tête.

Les deux autres Défenseurs des Droits Economiques Sociaux et Culturels MM. MOHAMED AHMED MOHAMED et DJIBRIL ISMAËL IGUEH vont comparaître devant la Chambre d’Accusation jeudi 30 mars 2006

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un appel pressant aux Instances Internationales pour qu’elles condamnent avec fermeté les Autorités Djiboutiennes.

NOEL ABDI Jean-Paul

***

Post Scriptum du 29 mars 2006

Aujourd’hui 29 mars 2006, il semblerait que la Police criminelle suite à un Appel interjeté par le Procureur de la République M. Djama Souleiman probablement à la demande du Ministre de la Justice M. Mohamed Barkat Abdillahi d’arrêter M. Adan Mohamed Abdou et M. Hassan Cher Hared, avant le meeting de l’UAD autorisé par le Ministre de l’Intérieur et de les coffrer à nouveau à la prison de Gabode et probablement pour l’empêcher de prononcer un discours de remerciement aux dirigeants et aux militants des Partis de l’Opposition qui ont soutenu les Syndicalistes, Défenseurs des Droits Economiques, Sociaux et Culturels.

Ci-dessous les photos des syndicalistes détenus à Gabode ce 29 mars 2006:


Adan Mohamed Abdou

en liberté provoisoire sous contrôle judiciaire depuis le 29/03/06

Hassan Cher Hared
en liberté provoisoire sous contrôle judiciaire depuis le 29/03/06

Djibrill Ismaël Egueh

toujours emprisonné à Gabode

Mohamed Ahmed Mohamed
toujours emprisonné à Gabode

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Note d'information de l'Union Djiboutienne du Travail (UDT)

29/03/06 Nos camarades Adan Mohamed Abdou, Secrétaire Général et Hassan Cher, Secrétaire aux relations Internationales de l'UDT, ont bénéficié hier mardi d'une mise ne liberté provisoire sous contrôle judiciaire.

Quant aux deux autres, Mohamed Djibril Ismaël et Mohamed Ahmed, tous deux membres de l'UDT, ils seront présentés demain jeudi 30 mars, devant la chambre d'accusation.

Nous espérons beaucoup de la Mission Conjointe du CISL/ORAF/BIT/FIDH dont l'arrivée est prévue pour le 1er avril prochain.

Nous vous remercions de vos soutiens constants.

Farah Abdillahi Miguil
Secrétaire à la Communication

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LDDH : Communiqué de presse du 27 mars 2006

Le Président

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 27 MARS 2006

DEUX SYNDICALISTES

ONT COMPARU DEVANT

LA JUGE D'INSTRUCTION

Le 27 mars 2006 deux syndicalistes MM. MOHAMED AHMED MOHAMED et DJIBRIL ISMAËL IGUEH ont comparu devant la Juge d’Instruction Fathia Mahamoud Djama.

Les deux syndicalistes ont été amenés de la prison de Gabode où ils sont en Détentions arbitraires depuis le 8 mars 2006.

C’est menottes aux poings, comme de vulgaires malfrats qu’ils ont été traînés devant la Juge d’Instruction.

Très abattus physiquement, ils ont été privés de toute nourriture depuis vingt quatre heures.  Sans avoir été prévenus la veille, ils ont été embarqués de la prison sans savoir où ils allaient.

Ce genre de méthodes consistent à humilier et à traumatiser les épouses et les mères des Défenseurs des Droits  Economiques, Sociaux et Culturels de ces deux dirigeants syndicaux arbitrairement incarcérés.

Après quatre heures d’interrogations, ils ont été ramenés à la  prison de Gabode, cette fois sans menottes.

Les deux autres Défenseurs des Droits Economiques Sociaux et Culturels MM. Adan Mohamed Abdou et Hassan Cher Hared seront traduits devant la Juge d’Instruction demain le 28 mars 2006.  

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) dénoncent vigoureusement ces Tortures morales à l’encontre des syndicalistes uniquement incarcérés parce qu’ils ont osés déposer des plaintes contre les Autorités du Port.

Non seulement, les plaintes auprès du Parquet sont rapidement classées sine die par le Procureur de la République, mais les plaintes auprès des Instances Internationales sont immédiatement réprimées par des arrestations arbitraires et des Tortures morales.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel pressant aux Instances Internationales pour qu’ils condamnent avec fermeté les Autorités Djiboutiennes, et elle saisit l’Organisation Mondiale contre la Torture (OMT).

M. NOEL ABDI Jean-Paul

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Communiqué de presse de l'Union pour l'Alternance Démocratique (UAD)

Union pour l’Alternance Démocratique (U.A.D)
 (A.R.D, U.D.J, M.R.D)

Djibouti, le 26 mars 2006

COMMUNIQUE DE PRESSE

TOUS A L'AVENUE NASSER !

A la veille du dernier acte de la comédie électorale programmée par le régime RPP, force est de reconnaître que l’UAD avait parfaitement raison de boycotter cette mascarade.

En effet, en suscitant des listes «indépendantes» multiples et en incitant ses alliés à aller aux «Régionales et Communales 2006» en ordre dispersé, le R.P.P. cherchait à donner l’illusion d’une démocratie en marche. Plus gravement à entretenir chez certains des coalisés l’espoir d’administrer des régions ou communes.

La loi du choc en retour d’un tel pari qui se voulait calculé n’a pas encore livré son dernier verdict. Toujours est-il que cette farce n’aura duré que le temps d’une campagne de premier tour.

Revenu au galop dès le soir du 10 mars, le naturel fraudeur du R.P.P. a fait voler en éclats la coalition et les illusions du premier des coalisés au sein de l’U.M.P. Autoproclamé vainqueur dès le premier tour dans quatre des cinq régions et en ballottage favorable à Ali-Sabieh et dans deux communes sur les trois qui composent le district de Djibouti, il ne fait aucun doute que comme à l’accoutumée, le R.P.P. «raflera» la totalité des régions et la mairie de Djibouti.

La seule surprise pourrait venir de l’annonce officielle d’un très fort taux de participation le 31 mars prochain (comme lors des présidentielles, n’est-ce pas ?). Taux qui s’expliquera a posteriori par le report supposé des voix de l’électorat des partis et listes éliminés au premier tour et dont le poids électoral demeure pourtant insignifiant.

C’est pourquoi l’Union pour l’Alternance Démocratique (U.A.D.) invite ses partisans et tous les Djiboutiens épris de Justice et de Liberté à assister massivement au meeting d’explication qui se tiendra le mercredi 29 mars 2006 à partir de 15h à l’avenue Nasser devant le siège de I’U.D.J. Il nous faut apporter d’avance un démenti pacifique et déterminant à l’imposture officielle ! Cette mobilisation sera également l’occasion d’exprimer notre solidarité agissante aux syndicalistes arbitrairement détenus à la prison civile de Gabode !!!

Le Président de l'UAD
Ismaël Guedi Hared

sign

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Mobilisation à Brest pour une famille djiboutienne

Le Télégramme, dimanche 26 mars 2006 

ENCART: Expulsion. Mobilisation à Brest pour une famille djiboutienne.

26/03/06 Un comité de soutien s'est créé, à Brest, pour s'opposer à l'expulsion d'une famille originaire de Djibouti, menacée de persécutions dans son pays en raison d'activités syndicales non autorisées. Le couple, dont la demande d'asile politique a été refusée, doit être reconduit à la frontière d'ici au 9 avril.

Plusieurs dizaines de parents d'élèves de l'école Ferdinand-Buisson, où sont scolarisés les cinq enfants du couple, âgés de 3 à 11 ans, ont fait signer, hier matin, une pétition destinée au préfet du Finistère, soulignant les emprisonnements arbitraires et tortures déjà subis. Réfugiée à Brest depuis près de cinq ans, la famille est insérée socialement et parle le français. Le maire de Brest, François Cuillandre (PS), a demandé au préfet la révision du dossier d'admission en France.

Source : Télégramme.

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Mobilisation à Brest contre l'expulsion d'une famille djiboutienne

Agence France Presse, samedi 25 mars 2006

25/03/06 Un comité de soutien s'est créé à Brest (Finistère) pour s'opposer à l'expulsion d'une famille nombreuse originaire de Djibouti, menacée de "persécutions" dans son pays en raison d'activités syndicales non autorisées, selon le comité. Le couple qui s'est vu opposer un refus à sa demande d'asile politique doit être reconduit à la frontière d'ici au 9 avril.

Plusieurs dizaines de parents d'élèves de l'école Ferdinand-Buisson, où sont scolarisés les cinq enfants du couple âgés de 3 à 11 ans, ont fait signer samedi matin une pétition destinée au préfet du Finistère, soulignant les emprisonnements arbitraires et tortures qu'auraient déjà subis le père de famille, Mohamed Abdoulkader, instituteur, en raison de son activité syndicale.

Son épouse Hawa aurait été également victime de mêmes mesures de répression en tant que présidente d'une association pour le respect des droits des femmes, non autorisée par le pouvoir, selon le comité. La famille, réfugiée à Brest depuis près de cinq ans, est insérée socialement et tous ses membres parlent couramment le français.

Le maire de Brest François Cuillandre (PS) a demandé par écrit au préfet la révision du dossier d'admission en France de la famille.

Source : AFP

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L'ARDHD et l'Association des parents d'élèves de Brest se mobilisent pour Abdoulkader, demandeur d'asile djiboutien

24/03/06 Texte du Fax adressé par l'ARDHD, l'Association pour le Respect des Droits de l'Homme à Djibouti, à Monsieur le Préfet du Finistère pour demander d'accorder le droit d'asile à M. Abdoulkader Mohamed Guidar et sa famille.

Monsieur le Préfet,

Je viens d’être informé de la décision de refus d’accorder le droit d’asile, prise le 2 mars par la Commission de recours et qui a été signifiée le 9 mars 2006 à M. Abdoukalder Mohamed Guidar, réfugié djiboutien et habitant xxxxxxxxxxxxxx à 29000 Brest.

Je me permets d’intervenir auprès de votre haute autorité pour solliciter une étude attentive de ce dossier, que nous connaissons bien au sein de notre Association pour la Défense des Droits de l’Homme à Djibouti (ARDHD site http://www.ardhd.org).

En décembre 2004, j’ai reçu ce Monsieur au siège de l’Association, car il souffrait psychologiquement des suites des tortures qu’il avait subies pendant une vingtaine de jours dans son pays. J’ai pris rendez-vous pour lui avec une Association spécialisée dans le soutien aux victimes de la torture. Je l’ai accompagné le 14 mars 2005. Sans entrer dans le secret médical, le médecin qui l’a accueilli a confirmé qu’il présentait des séquelles psychologiques sérieuses, conséquence des actes violents et des humiliations auxquels il avait été soumis dans les locaux de la Gendarmerie de Tadjourah (République de Djibouti) entre le 12 juin et le 2 juillet 1998.

Notre Association lance actuellement une campagne pour dénoncer la présence en France, à l’Ecole de Guerre du Lieutenant-Colonel de la Gendarmerie djiboutienne, Zakaria Hassan Aden, qui était le responsable des « commandos de la torture » à cette époque.

La connaissance extrêmement précise que nous avons de la situation et du contexte à Djibouti, m’autorise à affirmer que le renvoi à Djibouti de cette personne et de sa famille, l’exposerait inévitablement à une arrestation immédiate, à de nouvelles tortures et comme cela arrive souvent dans ces cas-là, à une exécution extra-judiciaire.

C’est la raison pour laquelle je me permets de solliciter une nouvelle étude de son dossier et surtout l’acceptation de sa demande d’asile, car elle est tout à fait justifiée et que nous avons pu vérifier les points qu’il évoque.

Vous remerciant à l’avance de l’intérêt que vous porterez personnellement à ce dossier et à la vie d’un homme qui est en jeu, je vous prie de croire, Monsieur le Préfet à l’assurance de ma haute considération. 
 

Jean-Loup Schaal
Président de l'ARDHD

L'association pour le Respect des Droits de l'Homme à Djibouti

_____________________________________________________________________________________________

24/03/06 Mobilisation en faveur de la famille d'Abdoulkader Mohamed Guidar, victime d'un refus de Droit d'Asile et sous la menace d'une reconduite dans son pays où il risque de nouveau la prison et la torture. (Communiqué de l'Association des Parents d’élèves de Ferdinand Buisson à Brest)

SOUTIEN BRESTOIS A LA FAMILLE ABDOULKADER

Soutien de la députée Patricia ADAM, des associations brestoises, ainsi que Noël Mamère, le maire de Brest, les élus communistes et citoyens de Brest, les élus socialistes de Brest.

Demain, samedi 25 mars, les parents d’élève de l’école Buisson manifesteront à la sortie de l’école, FR3 et TF1 et la presse locale sont invités, en soutien à la famille ABDOULKADER.

Le mercredi 29 mars, une grande mobilisation avec les élus, les associations aura lieu à la MPT du quartier de Lambézellec à Brest pour faire signer la pétition ci-dessous et pour une conférence de presse.

=

Texte de la pétition à adresser d'urgence au Préfet du Finistère :

Monsieur le Préfet,

Depuis 2002, la famille Abdoulkader réside en France. Elle a dû fuir Djibouti, leur pays d’origine, pour échapper aux persécutions dont elle faisait l’objet (emprisonnement et torture).

Mr Adboulkader, enseignant dans le primaire et membre d’un syndicat enseignant (tous les syndicalistes ont été soumis à diverses pressions, emprisonnements arbitraires et menaces sur les familles) a été arrêté en 1998 et emprisonné pendant 20 jours durant lesquels il a été gravement torturé. Il s’est tout d’abord réfugié en Ethiopie pendant 5 ans avant de rejoindre en 2003 son épouse exilée à Brest depuis 2002, pour échapper elle aussi à la répression dont elle était victime. Présidente de l’Association Matidifu pour le respect des droits des femmes (action non autorisée par le pouvoir public) Mme Abdoulkader a été également incarcérée et torturée à diverses reprises.

Ce couple a fait une demande d’asile politique auprès de l’Etat français, demande qui lui a été refusée par la Commission des recours des réfugiés le 2 mars 2006. Depuis le 9 mars dernier, Mr et Mme Abdelkader ont été informés de leur reconduite à la frontière d’ici le 9 avril prochain. Compte tenu des informations précitées et de la situation inchangée à Djibouti, un retour dans leur pays d’origine leur ferait encourir de graves risques pour leur sécurité.

Cette famille participe activement à la vie sociale et scolaire du quartier. Elle compte 5 enfants âgés de 3, 5 7, 8 et 11 ans, tous scolarisés à l’école maternelle et primaire de Ferdinand Buisson. Cette scolarité leur a permis de construire de bonnes relations tant auprès des enfants que des parents élèves. Toute la famille démontre une volonté de réussite et d’insertion dans la société française. Aussi, une interruption scolaire brutale irait à l’encontre des dispositions issues de l’article 3-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant qui situple que « dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait d’institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale ».

Pour l’ensemble de ces raisons, nous vous demandons, Monsieur le Préfet, pour Mr et Mme Abdoulkader dont le cas suscite une vive émotion au sein de l’école et du quartier de Lambézellec comme en témoignent les pétitions ci-jointes, l’annulation de l’arrêté de reconduite à la frontière du 2 mars 2006.

Association des Parents d’élèves
de Ferdinand Buisson,
Brest

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Communiqué de presse de la LDDH sur les détentions arbitraires des syndicalistes

Le Président

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 23 MARS 2006

SUR LES DETENTIONS ARBITRAIRES

DE QUATRE DIRIGEANTS SYNDICAUX ET DEFENSEURS DES DROITS ECONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS.

Rappelant que, le 05 mars 2006 deux syndicalistes MM. MOHAMED AHMED MOHAMED et IDRISS ISMAËL IGUEH ont été arrêtés sans mandat d’arrêt et sans mandat de perquisition, puis mis en garde à vue ; 

Qu’auparavant, dans les mêmes conditions, ces deux syndicalistes ont été arrêtés, mis en garde à vue le 20 février 2006 puis libérés quelques jours plus tard ;

Rappelant que, durant toute la garde à vue, du 05 mars au 08 mars 2006, les deux gardés à vue, malgré leur revendication n’ont pas eu droit de faire appel à un avocat et d’avoir accès à leur médecin, ceci en violation au Code de Procédure Pénale ;

Rappelant que, les deux syndicalistes, ont été traduits au Tribunal en fin de matinée le 8 mars 2006, et que Maître Tarek à la demande d’autres syndicalistes n’a pu assister qu’à la fin de l’enquête diligentée par la Juge d’Instruction ;

Que, le même jour à 13 heures les deux syndicalistes ont été immédiatement transférés à la prison de Gabode ;

Rappelant que, le 10 mars 2006 une parodie électorale entre listes de la même mouvance présidentielle, cette parodie d’un scrutin régional s’est déroulée en République de Djibouti avec un taux réel de boycott d’environ de 80% démontre la nullité de ces élections qui se veulent décentralisées et la fragilité de la dictature sournoise de l’équipe politique au pouvoir.

Le  taux  officiel : environ 30%.

Rappelant que, le 11 mars tôt le matin deux autres syndicalistes MM. ADAN MOHAMED ABDOU et HASSAN CHER HARED ont été arrêtés sans mandat d’arrêt,  puis mis en garde à vue ;      

Rappelant que durant toute la garde à vue du 11 mars au 13 mars 2006, les deux gardés à vue, malgré leur revendication n’ont pas eu droit de faire appel à un avocat  et d’avoir accès à un médecin, ceci en violation au Code de Procédure Pénale;

Que le 13 mars 2006 ils ont été déférés au Parquet puis rapidement mis en dépôt. Apparemment là aussi l’enquête se serait déroulée sans défense ;

Rappelant que, jusqu’aujourd’hui 23 mars 2006 aucune réponse du Tribunal n’a été notifiée  aux quatre syndicalistes détenus ;

Que, par lettre du 18 mars 2006 et enregistrée le 21 mars 2006 par l’administration de la  prison centrale de Gabode, les quatre (4) syndicalistes  ont demandé au Directeur du Centre pénitencier  de transmettre à la défense et au tribunal  leur demande afin que le Tribunal, la Chambre d’Accusation  se prononce sur les irrégularités et les violations en autres des articles ci-après en annexe, et de  mettre fin à ces détentions arbitraires .

Face à ces vices de formes  et/ou vices de procédures

A Djibouti, les Défenseurs des Droits de l’Homme dénoncent avec fermeté le maintien en Détention Arbitraire de 4 Syndicalistes et Défenseurs des Droits Fondamentaux. Détentions Arbitraires entachées de vices.

Par conséquent :

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un appel pressant à la Chambre d’Accusation afin de mettre fin aux détentions arbitraires entachées de vices de formes et vices de procédures (lors des enquêtes préliminaires) des quatre syndicalistes et défenseurs des droits économiques, sociaux et culturels. 

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) reste sidérée par ces vices de formes inadmissibles, par ces détentions arbitraires et répétitives à l’encontre des Syndicalistes et des Travailleurs(ses) Djiboutiens(nes).

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel pressant à la Communauté internationale, elle demande à la Communauté nationale de se mobiliser et d’agir pour amener les autorités judiciaires et politiques à mettre fin à ces basses méthodes d’intimidations, de tortures morales multiformes et  de détentions arbitraires et abusives.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) invite le BIT et les autres Syndicats Libres, ainsi que l’ensemble des Défenseurs des Droits de l’Homme de porter des plaintes auprès des instances internationales contre les autorités djiboutiennes, pour mettre fin à l’Arbitraire qui sévit en République de Djibouti sur des syndicalistes et des défenseurs des Droits Economiques, Sociaux et Culturels. 

M. NOEL ABDI Jean-Paul

Les articles du Code de Procédure Pénale Djiboutien objets de violations, de vices de formes ou/et de vices de procédures.

Annexe sur :

Articles du Code de Procédure Pénale Djiboutien :

objets  de violations, de vices de formes ou/et de vices de procédures.

Ces articles sont reproduits sans commentaire avant les décisions judiciaires.

 Articles 117

Le juge d’instruction peut, selon les cas, décerner mandat de comparution, d’amener, de dépôt ou d’arrêt

Article 118

Le mandat de comparution a pour objet de mettre l’inculpé en demeure de se présenter devant le juge à la date et à l’heure indiquées par ce mandat.   

Article 119

Le mandat d’amener est l’ordre donner par le juge à la force publique de conduire immédiatement l’inculpé devant lui.

Article 122

Tout mandat précise l’identité de l’inculpé ; il est daté et signé par le magistrat qui l’a décerné et est revêtu de son sceau.

Les mandat d’amener, de dépôt et d’arrêt mentionnent en outre la nature de l’inculpation et les articles de loi applicables.

Article 123.

Le mandat de comparution est notifié à celui qui en est l’objet par un officier  ou agent de la police judiciaire ou par un agent de la force publique, lequel lui en délivre  copie.

Article 126.

Le juge d’instruction interroge immédiatement l’inculpé qui fait l’objet d’un mandat de comparution.

Article 127.

Le juge d’instruction interroge de même immédiatement l’inculpé arrêté en vertu d’un mandat d’amener.

Toutefois, si l’interrogatoire ne peut pas être immédiat, l’inculpé est conduit dans la prison où il ne peut être détenu plus de vingt quatre heures.

A l’expiration de ce délai, il est conduit d’office, par les soins du directeur de l’établissement pénitencier, devant le procureur de la République qui requiert le juge d’instruction, ou à son défaut le président du tribunal ou un juge désigné par celui-ci, de procéder immédiatement à l’interrogatoire, à défaut de quoi l’inculpé est mis en liberté.

Article 215 alinéas 1 et 2.

La chambre d’accusation examine la régularité des procédures qui lui sont soumises

Si elle découvre une cause de nullité, elle prononce la nullité de l’acte qui en est entaché et, s’il y échet, celle de tout ou partie de la procédure ultérieure.

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La LDDH dénonce les conditions de détention à la prison de Gabode


Le Président

DIFFUSION D’INFORMATION DU 19 MARS 2006

LA LDDH DENONCE LES CONDTIONS DE DETENTION A LA PRISON DE GABODE

 

 

 

 

La LDDH dénonce les conditions de détention à Gabode. Les conditions carcérales en mars 67 étaient-elles les mêmes que maintenant ?

La prison centrale de Gabode, dont les locaux délabrés et insalubres sont connus de tous, accueille des détenus soi-disant en détention provisoire dans des conditions inhumaines.

Certains détenus placés dans la cellule dite « dépôt » attendent d’être jugés depuis de longues années et semblent pratiquement oubliés.

Combien sont-ils au juste ?  Plus d’une centaine !

Est-il vrai que le doyen de ces détenus oubliés au « dépôt » attendrait son jugement depuis plus de 14 ans ? Peut-on parler de dépôt provisoire dans ce cas là ? Cela ressemble fort bien à une séquestration abusive, indigne d’un pays disposant de lois bien écrites en matière de procédure pénale.

La vie quotidienne dans cette sinistre prison est particulièrement difficile pour les détenus dont l’alimentation se résume finalement au pain sec, riz et fayots (haricots secs bouillis) en quantité insuffisante. Qu’on en juge à travers les trois repas quotidiens (parfois deux) servis aux prisonniers. Comme dirait un Ministre de la Justice : « ils ont au moins quelque chose à se mettre sous la dent même si ça sent le pourri».

La distribution de l’alimentation se fait par salle commune et comme suit :

1. le petit déjeuner est servi à 8h30 du matin. C’est en tout et pour tous un verre de thé noir qu’on doit consommer avec la baguette de pain rigide (est-ce le reliquat des œuvres de bienfaisance ?) ;

2. le déjeuner est servi à 12h. C’est un petit bol de riz blanc sans assaisonnement par détenu (on n’est pas à la guerre du Vietnam). Ce riz a la forme d’une brique de construction. Pour pouvoir le manger sans s’abîmer les dents et l’appareil digestif, le détenu l’égoutte et le sèche, ainsi le riz effrité est consommé par graine comme les cacahuètes ;

3. le dîner est servi à 17h de l’après midi. Il est d’une baguette de pain rarement bien cuite. Ce morceau de pain sec rigide est de 20cm de longueur et de 3 cm de diamètre comme mensuration. On a droit en plus à un verre de thé noir très pauvre en sucre. Et rarement, une ou deux fois par semaine, des haricots blancs préparés avec une mixture d’eau et d’huile, qui se cristallise au contact des mains comme de la chaux sur le mur.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) rappelle la nécessité par les autorités judiciaires, notamment par les Juges debout, d’appliquer et de veiller rapidement aux dispositions des articles 133 à 139 du Code de Procédure Pénale de la République de Djibouti.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) demande au Ministre de la Justice chargé des Droits de l’Homme et du Centre Pénitencier d’accorder une attention toute particulière aux conditions de détentions inhumaines et inadmissibles dans la Prison de Gabode.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) est à la disposition du Ministre de la Justice dans le cadre de la formation du personnel pénitencier, en particulier dans le domaine des Droits de l’Homme et de la dignité humaine.

M. NOEL ABDI Jean-Paul

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Communiqué de presse : Appel d'urgence de l'Union djiboutienne du travail (UDT)


Djibouti

Le 20 mars 2006

Appel d’urgence pour les syndicalistes emprisonnés à Djibouti

► La détention arbitraire et illégale de quatre (4) responsables syndicaux continue

Nos camarades Djibril Ismaël Egueh et Mohamed Ahmed Mohamed, tous deux membres de l’UDT, arrêtés après un séjour en formation à l’institut de Histradut, en Israël entament leur 16ème  jour d’arrestation et  leur 13ème  jour d’incarcération à la prison centrale de Gabode. Quant aux 2 autres camarades  Adan Mohamed Abdou, Secrétaire Général et Hassan Cher, Secrétaire aux Relations Internationales de l’UDT, ils sont à leur 10ème jour d’arrestation et à leur 8ème jour d’internement à Gabode. Les motifs d’incarcération des syndicalistes relèvent de la farce et du cynisme : « intelligence avec une puissance étrangère » et « outrage envers le Président de la République ».

Malgré les multiples protestations, condamnations et préoccupations des organisations internationales tels que la Fédération Internationale des ligues de Droits de l’Homme (fidh), l’Observatoire pour la Protection des Droits Humains, la Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL), l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT)... et des organisations nationales comme la Ligue des Droits Humains , l’UDT…appelant à la libération de nos 4 camarades détenus à Gabode, le pouvoir djiboutien s’obstine à les maintenir en prison illégalement et arbitrairement.

Pour l’UDT, mettre en prison avec des motifs aussi fallacieux qu’absurdes, à tout moment, des citoyens est inacceptable. C’est ajouter la violation habituelle des droits universels à l’arrogance de la force.

► Intimidations sur les familles des détenus

Une pression et une intimidation permanentes s’exerceraient sur les familles et les proches des détenus en les dissuadant voire en les décourageant sous-entendu que ce serait dangereux pour eux de rendre visite à ces syndicalistes. En effet, nos camarades seraient présentés comme des parias.

► La demande de mise en liberté provisoire déposée par notre avocat a été rejetée

L’Union Djiboutienne du Travail fidèle, à son idéal et à ses principes de dialogue, de justice, de démocratie et de liberté :

  1. Condamne avec force ces intimidations, ces arrestations illégales, ces détentions arbitraires, ces violations répétées à l’esprit de la démocratie dont la finalité est d’anéantir à jamais tous ceux qui refusent la génuflexion.
  2.  Appelle en conséquence à la libération rapide et sans condition de nos camarades
  3. Renouvelle son appel d’urgence à l’égard des partis politiques, de la société civile, des acteurs économiques, des défenseurs des droits humains … de la scène nationale pour réagir face à cette dérive autoritaire.
  4. Renouvelle son appel d’urgence à la Communauté Internationale et à toutes les Organisations Internationales pour condamner les agissements du pouvoir djiboutien et exiger la libération de nos camarades.

S.G à la Communication
Farah Abdillahi Miguil

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LDDH et FIDH : Diffusion d'information sur la création du Conseil des droits de l'homme


Le Président

DIFFUSION D’INFORMATION DU 17 MARS 2006

SUR LA CREATION D’UN CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME AUX NATIONS UNIES

 

 

 

 

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) se félicite elle aussi des nouvelles dispositions avec la création d’un Conseil des Droits de l’Homme en particulier : par rapport à la Commission, le texte contient des garde-fous supplémentaires qui, s'ils sont mis en oeuvre, pourraient bloquer les possibles détournements du mandat de protection et prévenir tout impotence à réagir aux crises en matière de droits de l’Homme, dont était victime la Commission.

M. NOEL ABDI Jean-Paul

*

Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme
International Federation for Human Rights
tel : (331) 43 55 25 18 / fax : (331) 43 55 18 80
17, passage de la main d'or - 75011 Paris – France
E. MAIL : fidh@fidh.org / site INTERNET : http://www.fidh.org 

Communiqué

Création du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies
Vers un renforcement des mécanismes de protection des droits de l'Homme :
des engagements à mettre en œuvre

Paris, New York, Genève, le 16 mars 2006 - La FIDH se réjouit de l'adoption par l'Assemblée Générale des Nations unies de la résolution créant le Conseil des droits de l’Homme et appelle les Etats membres des Nations unies à rendre opérationnel le nouvel organe dans les plus brefs délais.

« L’adoption de la résolution est un engagement à renforcer les mécanismes onusiens de droits de l’Homme », a déclaré le président de la FIDH, Sidiki Kaba, « mais, le succès de la réforme initiée par le Secrétaire général des Nations unies dépendra tout d’abord de la volonté politique des Etats de démontrer leur attachement à réaliser le mandat qu’ils ont créé et à se soumettre aux mécanismes de contrôle qu’ils auront développé. A cet égard, le premier test se fera à l'occasion de la première élection ».

La FIDH appelle la Communauté internationale à réaliser dès la première élection les engagements contenus dans les paragraphes opérationnels 8 et 9, et assurer, pour se faire, que les Etats candidats au futur Conseil se déclarent comme tel au maximum trente jours avant l'élection et annoncent publiquement des engagements mesurables en faveur d'une meilleure protection des droits de l'Homme dans leur pays et au sein du Conseil.

De telles déclarations de principe devraient indiquer, notamment :

–le degré de ratification, par un Etat candidat au Conseil, des principaux instruments en matière de droits de l'Homme et de leurs protocoles, ainsi que les étapes prises pour la ratification des instruments restant, comme pour la levée de toutes les réserves qui sont contraires aux objectifs et principes fondant ces conventions,

–l'engagement de coopérer pleinement et entièrement avec les procédures et mécanismes du Conseil, en particulier à travers l'invitation permanente des procédures spéciales sur la base de leurs termes de référence, des réponses systématiques aux lettres d'allégation et enfin la mise en oeuvre requise des recommandations des procédures spéciales,

–l'engagement de se soumettre au mécanisme d'examen par les pairs, et d'y participer au sein du Conseil, en fondant ses interventions sur les recommandations des procédures et organes de droits de l'Homme,

–l'engagement de répondre, au sein du Conseil, aux situations de violations graves des droits de l'Homme, au moment où elles surviennent, en se fondant sur les recommandations des organes et mécanismes de droits de l'Homme onusiens, ainsi que celui de ne mettre aucun obstacle de procédure à ce que ces situations soient examinées en bonne et due forme. L'engagement en outre d'assurer une réaction permanente aux situations de violations persistantes.

–l'engagement de promouvoir, au sein du Conseil, le développement des normes de protection des droits de l'Homme, lorsque cela est nécessaire, et notamment lorsque recommandé par la Sous-commission des droits de l'Homme.

Contexte:

Dans un communiqué publié le 24 février 2006, la FIDH se félicitait des avancées contenues dans le texte 1 : par rapport à la Commission, le texte contient des garde-fous supplémentaires qui, s'ils sont mis en oeuvre, pourraient bloquer les possibles détournements du mandat de protection et prévenir tout impotence à réagir aux crises en matière de droits de l’Homme, dont était victime la Commission. Il prévoit un organe plus restreint doté d'une procédure d’élection pouvant limiter la possibilité pour les auteurs de violations massives des droits de l’Homme d'y siéger. Les réunions s’étaleront dans l’année, avec une procédure de sessions extraordinaires qui pourraient réduire l'impotence de la Commission. Le texte prévoit également l’établissement d’un mécanisme universel de contrôle, le « peer review » (examen par les pairs), et exige la coopération totale des Etats siégeant au Conseil ;

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L’Armée française assure-t-elle la formation d’anciens tortionnaires djiboutiens
à l’Ecole de Guerre à Paris ?

libération afrique  Article publié le jeudi 16 mars 2006  

Selon des informations concordantes, le Lieutenant-colonel Zakaria Hassan Aden, de la Gendarmerie djiboutienne, responsable pendant de nombreuses années de « l’escadron de la torture à Djibouti », serait présent à Paris pour suivre jusqu’en mai 2006, les cours de l’Ecole de Guerre.

Cette école accueille des Officiers qui ont été sélectionnés et qui se préparent à recevoir une promotion, qui les conduit généralement au sein des Etats-Majors.

Compte tenu du passé du Lieutenant-colonel Zakaria qui fut responsable pendant de nombreuses années de « l’escadron de la torture à Djibouti », les Associations signataires de ce Communiqué sont indignées par sa présence sur le sol français et par le fait qu’il puisse bénéficier d’un enseignement délivré par des Officiers français (voir Annexe ci-dessous).

Nous soulignons que cette affaire intervient dans un contexte particulièrement dramatique à Djibouti où : plusieurs syndicalistes sont harcelés, torturés et incarcérés sans qu’aucune charge juridiquement établie n’ait été retenue contre eux, une vingtaine de jeunes de la région Afar ont été arrêtés et conduits dans les locaux de l’Ecole de Police de Nagad.

Nous rappelons également les obstacles qui sont dressés pour retarder l’action de Mme Elisabeth Borrel et des Juges d’instruction pour établir la vérité sur la mort de son mari, le juge Bernard Borrel assassiné à Djibouti le 19 octobre 1995, et la fin de l’impunité dont bénéficient les coupables de cette disparition.

Enfin, nous constatons qu’après la brève rencontre de Dominique de Villepin avec Ismaël Omar Guelleh (fin février), la France s’est engagée à doubler pratiquement, pendant les cinq prochaines années, l’aide financière annuelle qu’elle lui accorde, confirmant par ce geste le soutien que le Président de la République française accorde à ce régime dictatorial.

En conséquences, nos associations demandent aux autorités françaises de vérifier d’urgence la présence du Colonel Zakaria à l’école de guerre, d’y mettre fin immédiatement et de fournir toutes explications permettant de comprendre comment il a pu y être admis. Elles leur demandent de prendre des mesures susceptibles d’empêcher qu’une telle situation puisse se produire à l’avenir et d’en rendre compte publiquement. Plus largement nos associations demandent aux autorités françaises de mettre fin à toutes mesures pouvant constituer un soutien au régime dictatorial d’Ismaël Omar Guelleh.


Annexe

Zakaria Hassan Aden a été responsable de l’Escadron de la torture

Après des études à la faculté de Poitiers, il a intégré la Gendarmerie djiboutienne. Avec le grade de Lieutenant, puis de Capitaine, il s’est illustré comme responsable de la torture à la sinistre Villa Christophe où sous les ordres du Capitaine Yonis Hoch, il exerçait ses talents sur ses concitoyens. Nous disposons de plusieurs témoignages écrits et édifiants de rescapés, qui décrivent les sévices auxquels il les a soumis.

Plusieurs fois cité dans le cadre de l’affaire Borrel

En 1995, il est responsable de la brigade des enquêteurs qui seront chargés des premiers constats après le décès du Juge Bernard Borrel : on peut imaginer qu’il a appliqué les ordres transmis par sa hiérarchie pour accréditer la thèse du suicide qui a été balayée récemment par des experts médicaux indépendants.

Il passe Commandant. En mai-juin 2002, c’est lui qui dirige le « commando de la mort » qui est lancé contre l’ancien Chef de la Garde républicaine Ali Iftin, réfugié à Addis Abeba (1). Après plusieurs courses poursuites dans la capitale éthiopienne, il n’hésitera pas à faire exploser une bombe dans un hôtel, où il pensait qu’Ali Iftin était réfugié. Contraints à rentrer à Djibouti par les services éthiopiens, il avait fort heureusement échoué dans sa mission.

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(1) Ali Iftin avait été contraint, sous des menaces de mort à l’encontre de ses enfants, de signer devant notaire un faux témoignage pour protéger Guelleh contre les soupçons de commandite du meurtre du Juge qui pèsent sur lui. Très rapidement ensuite, Ali Iftin avait pris la fuite et il s’était réfugié à Addis Abeba où il attendait un visa pour entrer en France et pour témoigner librement dans le cadre de l’affaire Borrel. Visa que la France ne lui accordera jamais en dépit de toutes les alertes émises par plusieurs Associations. (Nouvel obstacle dans l’instruction de l’affaire ? Volonté gouvernementale de protéger Guelleh ?). C’est la Belgique qui le lui établira finalement. Aussitôt arrivé sur le sol belge, il avait dénoncé les pressions dont il avait été victime et il avait rétabli la vérité avant de porter plainte contre Me Martine et Hassan Saïd, le puissant chef de la SDS, pour subornation de témoin. L’affaire est instruite à Versailles, en marge de l’affaire Borrel qui est instruite à Paris.

Source : Libération Afrique.org

Lire aussi le site de l'ardhd

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Le Parlement européen dénonce l'impunité des ex-dictateurs africains

16/03/06 Le Parlement européen a dénoncé jeudi dans une résolution l'impunité dont continuent de jouir d'anciens dictateurs africains, et demandé qu'ils soient traduits en justice sans plus tarder.

Dans ce texte, les eurodéputés relèvent que "plusieurs anciens dictateurs africains, en particulier Charles Taylor (Sierra Leone), Mengistu Haïlé Mariam (Ethiopie) et Hissène Habré (Tchad) et leurs complices coulent aujourd'hui des jours paisibles en toute impunité".

Ils appellent en conséquence l'Union Africaine "à engager des actions concrètes contribuant, au niveau régional, à lutter contre l'impunité", à "développer ses institutions pénales", et à "organiser une meilleure coopération judiciaire entre ses membres et avec les autorités d'autres continents pour réduire l'impunité des crimes contre l'humanité" en Afrique.

Ils invitent aussi "le Sénégal à garantir à Hissène Habré un procès équitable en l'extradant vers la Belgique faute d'alternative africaine", et le gouvernement du Nigeria à déférer "sans tarder Charles Taylor devant le tribunal spécial pour le Sierra Leone".

Hissène Habré, accusé de violations des droits de l'Homme sous son gouvernement au Tchad de 1982 à 1990, est sous le coup d'un mandat d'arrêt international délivré par la justice belge. La justice sénégalaise s'étant déclarée incompétente, le Sénégal avait saisi l'Union africaine qui a décidé fin janvier de "privilégier une solution africaine".

Charles Taylor vit en exil dans le sud du Nigeria depuis qu'il a quitté le pouvoir en 2003 et qu'il est inculpé par le tribunal spécial de Freetown de crimes de guerre pendant le conflit en Sierra Leone (1991-2001).

Quant au colonel Mengistu, il bénéficie toujours de l'asile politique au Zimbabwe, rappellent les eurodéputés dans leur résolution. Le procès du colonel Mengistu, dit le "Négus rouge", qui a fait disparaître des dizaines de milliers d'Ethiopiens pendant son règne de 1974 à 1991, se déroule par contumace en Ethiopie.

Source : Agence France-Presse, STRASBOURG (Parlement européen), le jeudi 16 mars 2006

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L'Assemblée générale de l'ONU crée un nouveau Conseil des droits de l'homme

15 mars 2006 – L'Assemblée générale a voté aujourd'hui, à la majorité de 170 voix « pour », une résolution en faveur de la création d'un nouveau Conseil des droits de l'homme, qui remplacera la Commission jugée discréditée et inadaptée. Quatre pays, dont les Etats-Unis, ont voté « contre » et trois pays se sont abstenus.

« Nous avons atteint un moment décisif, tant pour la promotion et la protection des droits de l'homme que pour un multilatéralisme efficace et la réaffirmation de la place des Nations Unies », a déclaré Jan Eliasson, président de l'Assemblée générale, à l'ouverture de la séance plénière.

Demandé par les Etats-Unis, le vote des Etats Membres a conduit au résultat suivant : 170 voix « pour », 4 voix « contre » - Etats-Unis, Îles Marshall, Israël et Palau - et 3 abstentions - Belarus, Iran et Venezuela.

Le président de l'Assemblée aurait préféré l'adoption du texte par consensus.

Sept pays n'ont pas pu voter, leur droit de vote étant suspendu en raison de retards dans les paiements des contributions dues à l'ONU - Côte d'Ivoire, Dominique, Erythrée, Papouasie-Nouvelle-Guinée, République dominicaine, Seychelles, Tchad. Le résultat du vote a été marqué par des acclamations et des applaudissements des Etats Membres.

Parmi les principaux points du texte (A/60/L.48), Jan Eliasson a souligné « l'universalité, l'impartialité, l'objectivité, l'absence de sélectivité et le dialogue » comme les principes fondamentaux du nouveau Conseil (sur le projet (dépêche du 23.02.06).

Le texte remplace l'ancienne Commission des droits de l'homme par un nouveau Conseil, organe subsidiaire de l'Assemblée générale, de rang institutionnel supérieur dans la hiérarchie des Nations Unies.

Le nouveau Conseil sera composé de 47 membres, élus à la majorité absolue par l'Assemblée générale, pour un mandat de trois ans, non renouvelable après deux mandats consécutifs.

L'élection des membres aura lieu le 9 mai prochain et la première réunion du Conseil se tiendra le 19 juin.

Le Conseil tiendra des réunions plus fréquentes que l'actuelle Commission, tout au long de l'année, et pourra convoquer des sessions extraordinaires.

Il introduit le principe d'un examen périodique universel, garantissant l'examen de tous les Etats Membres et empêchant la politique de « deux poids deux mesures » et la sélectivité.

L'élection des membres du Conseil suivra une représentation géographique équitable.

Les membres ne pourront pas être élus immédiatement après deux mandats consécutifs, ce qui garantira une rotation.

Ils devront par ailleurs être élus à la majorité absolue des Etats Membres de l'Assemblée générale. Chaque candidat fera l'objet d'un vote individuel [et non au sein d'un groupe], et devra recevoir au moins 96 voix, à bulletin secret.

Les Etats Membres de l'Assemblée devront, dans le choix de leurs candidats, « prendre en compte leur contribution à la promotion des droits de l'homme et leurs engagements dans ce domaine avant l'élection ».

A cet égard, l'Assemblée générale pourra, à la majorité des deux tiers, suspendre un membre élu au Conseil s'il commet des « violations graves et systématiques » des droits de l'homme.

Enfin, chaque membre du Conseil fera l'objet d'un examen de son action dans le domaine des droits de l'homme au cours de son mandat.

Cuba et le Venezuela ont présenté des explications préalablement au vote.

Pour leur part, les Etats-Unis ont rappelé, lors de leur explication postérieurement au vote, qu'ils ne pouvaient voter en faveur d'un texte estimé insuffisant.

Les Américains ont notamment critiqué le fait que l'accès au Conseil ne sera pas formellement interdit aux pays auteurs de violations des droits de l'homme, mais que les Etats Membres devront « prendre en compte » leur action dans ce domaine.

Le représentant des Etats-Unis, John Bolton, a néanmoins indiqué que son pays « coopérera avec les autres membres et travailleront à réviser ses structures », estimant que le véritable test serait de savoir si le nouveau Conseil prendra effectivement des mesures pour les violations des droits de l'homme.

Au cours de la séance, Jan Eliasson avait souligné qu'il était temps de clore les négociations sur cette question, qui ont pris cinq mois de travail, et de passer aux autres réformes envisagées lors du sommet mondial de septembre, notamment dans le domaine du développement économique et de la lutte contre la pauvreté.

« Tout échec dans ce domaine sera mesuré en vies perdues », a-t-il prévenu.

Source : Centre de Nouvelles des Nations Unies

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Communiqué de presse de la LDDH sur les incarcérations arbitraires des dirigeants syndicaux


Le Président

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 15 MARS 2006

SUR LES INCARCERATIONS ARBITRAIRES
DE QUATRE DIRIGEANTS SYNDICAUX


 

 

 

 

L'acharnement contre le syndicalisme indépendant prend de l'ampleur à Djibouti et les Défenseurs des Droits Economiques et Sociaux et leur famille sont soumis à des tortures morales.

Le 5 mars 2006 deux dirigeants membres de l'UTP (Union des Travailleurs du Port) MM. MOHAMED AHMED MOHAMED et DJIBRIL ISMAËL IGUEH respectivement Secrétaire aux Affaires Juridiques de l'Union des Travailleurs du Port (UTP) et Secrétaire Général du Syndicat du personnel de la MTS M. DJIBRIL ISMAËL IGUEH, croupissent depuis le 8 mars 06 dans les sinistres geôles de Gabode.

Deux autres dirigeants de l'UDT (l'Union Djiboutienne du Travail) MM. HASSAN CHER HARED ET ADAN ABDOU respectivement Secrétaire des relations Internationales et Secrétaire Général de l'UDT centrale syndicale indépendante arrêtés le 11 mars 2006 puis jeté en prison le 13 mars 2006.

Ces détentions illégales et purement arbitraires ont pour but de terroriser les défenseurs des droits économiques et sociaux en République de Djibouti.

Nous venons d'apprendre que leurs conditions d'incarcérations sont intenables.

En effet leur lieu de détention nommé « centre de dépôt » est une pièce conçue normalement pour recevoir 20 détenus. Au lieu de cela, 108 détenus s'entassent dans une cellule de 75 mètres carrés.

Les conditions d'hygiène sont déplorables : les détenus ne disposent que de 80 centimètres carrés d'espace à même le sol.

Les visites aux détenus sont rendues difficiles par les gangs d'anciens détenus qui exigent d'être payés pour laisser passer les visiteurs.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) est très inquiète des conditions d'incarcération avec entre autres les risques de paludismes latents ;

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH), rappelle :

1. Que les arrestations et les perquisitions se sont déroulées sans aucun mandat du Juge d'Instruction ;

2. que la Police judiciaire ou le Parquet ont refusé à ce qu'ils aient droit à la défense ;

3. qu'aucune visite d'un médecin n'a été accordée, malgré leur demande lors de leur garde à vue et jusqu'aujourd'hui ;

4. que jusqu'à présent le Parquet se refuse de donner la liberté provisoire en attendant un procès qui risque de tarder, car vide et aux colorations purement politiques ;

5. qu'il est plus qu'urgent de saisir le Haut Commissariat des Droits de l'Homme en introduisant un recours pour Détention Arbitraire et abusif de quatre (4) Défenseurs des Droits Economiques et Sociaux ;

6. Qu'un Appel soit lancé à l'Observatoire des Prisons pour s'enquérir des conditions inadmissibles de détention, alors que les spécialistes des faux dollars sont bien protégés.

M. NOEL ABDI Jean-Paul

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Communiqué de l'UDT : quatre responsables syndicaux sous mandat de dépôt à Gabode


Djibouti

Le 14 mars 2006

COMMUNIQUE DE PRESSE

Quatre (4) responsables syndicaux de l’UDT  placés sous mandat de dépôt à la prison Centrale de Gabode

Dernières nouvelles 

Adan Mohamed Abdou, Secrétaire Général et Hassan Cher, Secrétaire aux Relations Internationales, ont été placés sous mandat de dépôt, hier à la prison centrale de Gabode.

Cette détention illégale et arbitraire de nos 2 camarades répond au même motif fallacieux et incongru « intelligence avec une puissance étrangère » pour lequel sont emprisonnés nos camarades Djibril Ismaël Egueh, Secrétaire Général du syndicat du personnel de la MTS et Mohamed Ahmed Mohamed, Secrétaire aux affaires juridiques de l’UTP, arrêtés le 05 mars 2006 et détenus illégalement à la prison de Gabode depuis mercredi 08 mars 2006.

Conditions de détention

La triste célèbre  prison de Gabode est un lieu de surpopulation où le criminel côtoie le simple détenu de droit commun. Placer illégalement et arbitrairement des syndicalistes à Gabode dans cette situation obéit à un calcul politique dont la finalité est de décourager à jamais en  réduisant à néant toute forme de velléité d’indépendance et de revendication. C’est pour cela que les conditions de détentions de nos camarades sont d’une violence extrême et d’une inhumanité à décourager les plus téméraires des hommes.

Absence de défense

La justice djiboutienne reste partisane, partiale et aux ordres du pouvoir politique sans un minimum d’indépendance. En outre, la frilosité voire la pusillanimité des avocats djiboutiens en cette période met les citoyens dans une situation sans précédent.

L’Union Djiboutienne du Travail fidèle à ses principes et à son idéal de dialogue, de consensus, de justice, de démocratie et de liberté :

  1. Ulcérée par la violation systématique et répétée par le régime actuel des droits syndicaux et humains les plus élémentaires, condamne avec force ces arrestations et ces détentions illégales dont l’objectif poursuivi est l’instauration d’une république d’indigènes.
  2. Exige la libération immédiate et sans délai de nos camarades incarcérés à Gabode
  3. Lance un appel d’urgence aux partis politiques, à la société civile, aux acteurs économiques, aux défenseurs des droits humains…de la scène nationale pour réagir face à cette dérive totalitaire.
  4. Lance un appel d’urgence à la Communauté Internationale et à toutes les Organisations Internationales pour condamner les agissements du pouvoir djiboutien et exiger la libération de nos camarades.

Secrétaire Général à la Communication
Farah Abdillahi Miguil

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Répression des dirigeants syndicaux : les organisations internationales se mobilisent

Confédération internationale des syndicats libres (CISL)
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (FIDH/OMCT)


COMMUNIQUE


DJIBOUTI
Les arrestations de dirigeants syndicaux se poursuivent
 
Bruxelles - Genève - Paris, le 14 mars 2006 - La Confédération internationale des syndicats libres (CISL) et l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), expriment leur plus vive préoccupation sur la dégradation continue de la situation des défenseurs des droits syndicaux à Djibouti : répression de mouvements de grèves, licenciements abusifs, poursuites judiciaires, arrestations et détentions arbitraires se multiplient depuis septembre 2005 à l’encontre des syndicalistes indépendants.

L’arrestation par la police, le 11 mars 2006, de M. Adan Mohamed, secrétaire général de l’Union djiboutienne du Travail (UDT) et de M. Hassan Cher Hared, secrétaire aux relations internationales de l’UDT, illustre cette situation. L’un ayant été appréhendé à son domicile, l’autre sur son lieu de travail, ils ont tous deux été conduits dans les locaux de la Brigade Criminelle, sans qu’aucun mandat ne leur ait été présenté.

Selon les informations reçues, MM. Mohamed et Cher Hared auraient été déférés devant un juge d’instruction pour interrogatoire, puis inculpés de « livraison d’informations à une puissance étrangère » (articles 137 à 139 du Code pénal djiboutien), avant d’être placés sous mandat de dépôt à la prison civile de Gabode. Ils n’auraient eu accès ni à un avocat ni à un médecin.

La CISL et l’Observatoire condamnent très fermement ces arrestations qui constituent un nouvel acte de représailles à l’encontre des activités de défense des libertés syndicales menées par les membres de l’UDT. Ces arrestations font suite à celles de M. Mohamed Ahmed Mohamed, responsable aux affaires juridiques de l’Union des Travailleurs du port (UTP) de Djibouti, et de M. Djibril Ismael Egueh, secrétaire général du Syndicat du personnel maritime et du service de transit (SP-MTS), deux organisations affiliées à l’UDT, le 5 mars 2006. Tous deux ont également été accusés de « livraison d’informations à une puissance étrangère » après être revenus d’une formation syndicale en Israël dispensée par la centrale syndicale israélienne Histadrut. Ils sont toujours détenus à la prison de Gabode.

Ces arrestations interviennent également après le dépôt d’une plainte adressée par l’UDT au Bureau international du travail (BIT), au sujet des licenciements et mise en pré-retraite abusifs dont ont été victimes 12 dirigeants et militants syndicaux du port de Djibouti, dont M. Mohamed Ahmed Mohamed, en septembre 2005. Cette plainte avait été  interceptée à la poste de Djibouti par les services de sécurité. Depuis lors, les défenseurs djiboutiens des droits économiques et sociaux, en particulier les membres de l’UDT, ont dû faire face à des actes de harcèlement récurrents (cf. appels urgents de l’Observatoire DJI 001/0206/OBS 016, 016.1, 016.2 et 016.3 et rapports de la CISL).

L’Observatoire et la CISL considèrent que ces arrestations et les charges pesant contre MM. Adan Mohamed, Hassan Cher Hared, Mohamed Ahmed Mohamed et Djibril Ismael Egueh sont arbitraires, en ce qu’elles ne visent qu’à sanctionner leurs activités en faveur des libertés syndicales à Djibouti.

L’Observatoire et la CISL demandent par conséquent aux autorités djiboutiennes :
  • de procéder à leur libération immédiate et inconditionnelle en l’absence de toutes charges valables à leur encontre ;
  • de garantir l’accès des prévenus à un avocat et à un médecin tel que garantis par le Code de procédure pénale  djiboutien en ses articles 64-4 et 65-2 ;
  • de se conformer aux dispositions des Conventions n° 87 et 98 de l’Organisation internationale du travail (OIT) portant sur la liberté syndicale et notamment le droit d’organisation et de négociation collective, dont le caractère contraignant s'applique  en vertu de l’appartenance de Djibouti à l’OIT;
  • de se conformer aux dispositions du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels ratifié par Djibouti en novembre 2002, ainsi qu’aux dispositions de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, notamment son article 5c) qui prévoit qu’“afin de promouvoir et protéger les droits de l’Homme et les libertés fondamentales, chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, aux niveaux national et international, de communiquer avec des organisations non gouvernementales ou intergouvernementales”.

Pour plus d’informations, merci de bien vouloir contacter:

  • CISL : 0032 476 62 10 18
  • FIDH: 00 33 1 43 55 25 18
  • OMCT: 00 41 22 809 49 39
Gaël Grilhot
Attaché de presse
Press Officer
FIDH
+33-1 43 55 25 18
+33-6 10 60 05 57

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Arrestation de quatre syndicalistes : Communiqué de presse de l'Union djiboutienne du travail (UDT)

COMMUNIQUE DE PRESSE
Arrestation de quatre (4) syndicalistes à Djibouti


Djibouti

Le 13 mars 2006

Rappel des faits

Les camarades Djibril Ismaël Egueh et Mohamed Ahmed Mohamed, tous deux (2) membres de l’UDT qui avaient fait l’objet d’une relaxe à la suite de leur première incarcération (du 20 au 22 février 2006) ont été à nouveau arrêtés le 05 mars 2006 avant d’être mis en examen et placés sous mandat de dépôt à la sinistre prison de Gabode le mercredi 08 mars 2006. Au moment où nous mettons sous presse ce communiqué nos deux (2) camarades croupissent toujours à Gabode.

Les derniers événements

C’est le samedi 11 mars 2006 que le camarade Adan Mohamed Abdou, Secrétaire Général de l’UDT a été arrêté à l’aube à son domicile par les éléments de la Brigade Criminelle de la Police Nationale. Cette arrestation sera suivie peu après par celle de notre camarade Hassan Cher, Secrétaire aux Relations Internationales, arrêté au moment où il se présentait à son poste de travail.

Les raisons invoquées des arrestations

La mise en examen et l’emprisonnement de nos camarades Mohamed Djibril et Mohamed Ahmed sont faits sur la base d’un motif aussi fallacieux qu’incongrue comme « intelligence avec une puissance étrangère », un chef d’accusation de circonstance qualifiant de crime le séjour en formation de nos 2 camarades à l’institut de Histradut, en Israël.

Quant aux camarades Adan Mohamed Abdou et Hassan Cher comme à l’accoutumée, les autorités policières et judiciaires n’ont, jusqu’à là, rien laissé filtré concernant les raisons de leurs arrestations.

Par ailleurs, la détention et l’interrogatoire de nos 2 camarades se font dans le plus grand secret en toute illégalité. Aucune autorisation de visite n’a été accordée jusqu’à présent aux membres de leurs familles, aux responsables syndicaux et à ceux des droits humains.

L’Union Djiboutienne du Travail fidèle à son idéal de dialogue, de justice, de démocratie et de liberté :

            1. Condamne avec fermeté ces arrestations arbitraires et illégales dont l’objectif est

            d’instaurer un climat de peur et de suspicion au sein des travailleurs en particulier et     dans la communauté djiboutienne en général.

            2. Demande la libération immédiate et sans condition de nos camarades détenus.

            3. Lance un appel aux acteurs politiques, économiques et sociaux représentatifs de la scène nationale pour réagir face à cette dérive dangereuse avant qu’il ne soit trop tard.

            4. Lance un appel à la Communauté internationale et aux organisations internationales pour qu’elles fassent pression sur le pouvoir djiboutien pour demander la libération immédiate de nos camarades.

Le Secrétaire Général à la Communication
Farah Abdillahi Miguil

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Note préliminaire du 13 mars 2006 sur une décision du parquet sans avocat ni bâtonnier

Le Président

NOTE LIMINAIRE DU 13 MARS 2006

A 13 HEURES

SUR UNE DECISION DU PARQUET

SANS AVOCATS NI BATONNIER

Prière de téléphoner en urgence à :

1. Maître Tarek  (253) 857323   (portable souvent sans réseau)

2. Maître Abdillahi Aïdid (253) 355911 (Cabinet, impossible de le contacter directement)

3. Maître Martinez et Martinez Doyens et Bâtonnier (peut-être à Lyon)

Ici en République de Djibouti les syndicalistes sont systématiquement coffrés par le Parquet et immédiatement mis en détention Arbitraire à Gabode. Plus de Justice avec un Ministère public aux ordres d’un premier magistrat à la tête d’un parti politique au pouvoir.

Les avocats djiboutiens sont probablement frileux avec ce temps. Possible.

Se mettre en contact direct avec le Ministre de la Justice pour connaître le sort réservé aux syndicalistes incarcérés abusivement et arbitrairement à Gabode.

A la diaspora Djiboutienne il ne faut pas hésiter de porter des plaintes au nom des victimes auprès des Justices non locales car celle de Djibouti est actuellement non opérationnelle à moins d’être au service d’une dictature sournoise.

Aujourd’hui 13 mars 2006 Adan Mohamed Abdou et Hassan Cher sont par une décision abusive incarcérés à Gabode depuis 13 heures ! Le Parquet ne reconnaît pas le droit à la Défense.

Des cours de procédures pénales… le recyclage est un droit. A force de constater l’inexistence d’un pouvoir judiciaire, sans un minimum d’indépendance, alors quelle solution ?

Sans Défense et sans médecin : la légitime défense est-elle justifiée ?

Pour mémoire au Procureur de la République : Article 65-4 alinéas 1 et 2 du Code de Procédure Pénale locale: tout gardé à vue peut solliciter la désignation d’un avocat choisi ou commis d’office par le bâtonnier. L’avocat est saisi par le Procureur de la République qui l’informe de la nature de l’infraction imputée à la personne gardée à vue.

Ci-après un Communiqué de Presse du 8 mars 2006 gelé à la demande de Maître Tarek qui paraît-il aurait demandé une liberté provisoire pour Mohamed et Idriss

M. NOEL ABDI Jean-Paul

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Rappel du communiqué de presse du 8 mars 2006 gelé à la demande de Me Tarek

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 8 MARS 2006 SUR L’INCARCERATION ARBITRAIRE ET EXPEDITIVE DE DEUX SYNDICALISTES PARTIS EN FORMATION SUR INVITATION DU SYNDICAT ET TRAVAILLEURS ISRAËLIENS ET QUI SONT REVENUS A DJIBOUTI

Quand, dans le temps, la Justice djiboutienne sera-t-elle décentralisée et libre ?

Alors que tous les regards des officiels djiboutiens étaient  tournés vers la journée mondiale de la Femme, les épouses ainsi que la famille des deux syndicalistes étaient choquées et désemparées d’apprendre la décision incompréhensible de la Justice Djiboutienne.

En effet, après 48 heures de garde à vue, les syndicalistes MOHAMED AHMED MOHAMED, secrétaire aux affaires juridiques de l’UTP et DJIBRIL ISMAEL IGUEH, secrétaire général du syndicat du personnel de la MTS, tous deux membres du bureau exécutif de l’UDT, ont été conduits au Palais du Peuple pour être entendus par la Juge d’Instruction le mercredi (jour fatidique ?) 8 mars 2006 de 11 heures à 13 heures (en grande partie sans avocat) pour être ensuite conduits rapidement et incarcérés dans la sinistre prison de Gabode.

Cette mesure judiciaire est non seulement expéditive  mais elle est surtout abusive et inadmissible. On a franchement l’impression que souvent le Parquet est sous les ordres venus d’en haut (à quel niveau ?).

Cette mesure Judiciaire est Abusive :

1. Dans la mesure ou ces syndicalistes sont revenus au pays après quelques semaines pourquoi sont-ils inquiétés, d’autant plus que ces formations ont été régulièrement effectués dans le même cadre, en effet, comme d’habitude et périodiquement les travailleurs djiboutiens bénéficient d’un stage de formation sur invitation des travailleurs israéliens.

2. En vertu de quel texte de loi publié dans quel Journal Officiel, de quel texte juridique officiel la Juge a-t-elle décidé ces incarcérations en réalité pour une soit disante infraction sur l’interdiction de suivre une formation en Israël.

3. Comment comprendre une appellation peut-être provisoire « d’information à une puissance étrangère » car il est difficile d’avaler une telle couleuvre d’autant plus que formation et information sont deux termes différents et il est difficile de taxer des simples travailleurs du Port dont l’un avait été licencié par abus de pouvoir du Port sous concession à Dubaï et l’autre

un employé du service de Transit. Si des officiers de la SDS étaient partis sans autorisations venues d’en Haut, alors il serait facile de comprendre ou d’imaginer qu’un secret d’Etat puisse être informé à une puissance Etrangère.

4. Est-ce que la Juge d’instruction n’aurait pas été désinformée par la méthode de l’observation du silence.

Il est bon de rappeler certains faits qui permettront une meilleure maîtrise de ce dossier :

1. que le 21 février 2006 par Communiqué, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) avait témoigné son inquiétude face à une possible « garde à vue arbitraire dans les locaux de la soit disante Brigade Criminelle avec le cautionnement du Parquet relève d’ores et déjà du politique ».

2. par communiqué du 24 janvier 2006 la LDDH avait tiré la sonnette d’alarme.

3. que dans le cadre d’une formation syndicale en Israël deux syndicalistes ont été arrêtés juste après leur retour par les Services des Renseignements de la Police, puis relâchés avec confiscation des passeports.

4. que la brigade criminelle n’a jamais voulu justifier jusqu’à présent les raisons qui ont motivé cette première garde à vue  sans mandat d’arrestation.

5. qu’il est bon de rappeler que l’un a été arrêté chez lui et l’autre sur son lieu de travail juste après leur retour d’Israël où ils étaient partis pour une formation syndicale organisée par la centrale syndicale Israélienne d’Histadrout à l’intention des organisations syndicales francophones de l’Afrique.

6. puis encore sans mandat d’arrêt, sans mandat de perquisition, sans avocat ni médecin, ils ont été arrêtés comme de vulgaires criminels et gardés en garde à vue du 5 mars au 8 mars 2006.

7. le 8 mars 2006 ils sont transférés à Gabode sur mandat de dépôt que l’on doit plus précisément considérer comme une détention arbitraire.

8. qu’une demande de mise en liberté provisoire sera certainement introduite par leur avocat.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel pressant à l’opinion nationale et internationale pour rappeler les Autorités djiboutiennes aux respects  de l’Etat de Droit et de l’indépendance totale de la Justice ;

La LIGUE Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel au BIT aux Forces syndicales Israéliennes à l’Observatoire des Défenseurs des Droits de l’Homme, à toutes les organisations des Défenseurs des Droits de l’Homme de se mobiliser pour que les Autorités djiboutiennes soient mis sur les bancs des accusés auprès des instances internationales.

Elle lance un appel vibrant à la diaspora djiboutienne pour se mobiliser et, introduire individuellement ou collectivement des plaintes contre les autorités djiboutiennes qui abuse du pouvoir  et bloque des instances judiciaires mettant en péril l’indépendance et la sérénité de la Justice Djiboutienne.

M. NOEL ABDI Jean-Paul

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Communiqué de presse de l'UAD sur la farce électorale régionale du 10 mars 2006

*

Union pour l’Alternance Démocratique (U.A.D)
 (A.R.D, U.D.J, M.R.D)

Djibouti, le 12 mars 2006

COMMUNIQUE DE PRESSE

Au lendemain de la farce électorale du 10 mars 2006, marquée comme à l’accoutumée par des fraudes massives et violations des droits de l’homme, l’Union pour l’Alternance Démocratique (UAD) se félicite d’avoir mis à nu la nature antidémocratique et frauduleuse du RPP.

Ainsi, selon les chiffres officiels, près de 70% des électeurs inscrits ont boudé les urnes répondant en cela à l’appel au boycott de l’UAD.

Aussi, l’UAD remercie chaleureusement le peuple Djiboutien qui, pour la deuxième fois consécutive depuis avril 2005, vient d’infliger un cinglant désaveu au Président du RPP, lequel s’était exprimé illégalement après la clôture officielle de la campagne des premières élections régionales et communales.

Conforté par le soutien constant et massif du peuple Djiboutien à sa posture politique, l’UAD, première force politique nationale, appelle au renforcement de la lutte politique pour l’avènement de la démocratie et l’Etat de droit dans l’unité. 

Il nous appartient à tous d’imposer la transparence, la justice et la liberté dans notre pays.

Le Président de l'UAD
Ismael Guedi Hared

sign

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LDDH : Diffusion d'information sur le rapport 2005 de l'Observatoire des défenseurs des droits de l'homme (FIDH et OMCT)

Le Président

 

L.D.D.H.

DIFFUSION D’INFORMATION DU 12 MARS 2006

SUR LE

RAPPORT ANNUEL  2005 DE L’OBSERVATOIRE

DES DEFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME

L ES DÉFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME DANS LA LIGNE DE MIRE

DANS LA CORNE D’AFRIQUE

AFRIQUE

La Cour africaine est décidée de procéder à l’élection des juges et à la désignation du siège de la Cour africaine en janvier 2006. Ainsi peut-on espérer qu’en 2006 les défenseurs et victimes pourront enfin saisir la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples pour dénoncer les violations des droits de l’Homme commises par un État Partie.

Organisation internationale de la Francophonie (OIF)

À l’occasion de la 5 e conférence des organisations internationales non-gouvernementales de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) qui s’est tenue à Ouagadougou (Burkina Faso) les 12 et 13 septembre 2005, les participants ont demandé aux États de la communauté francophone de respecter pleinement les engagements qu’ils ont souscrits au titre de la Déclaration de Bamako sur les pratiques de la démocratie, des droits et des libertés et de mettre en œuvre le programme d’action annexé à cette Déclaration.

Ce programme fixe notamment pour objectif “d’appuyer plus fortement les initiatives et les projets de terrain développés par les ONG dans le domaine de la promotion de la culture des droits de l’Homme, de la démocratie, de la bonne gouvernance et de la paix [et de] soutenir les activités de réseaux les regroupant et des ONG au niveau national, régional et international” (chapitre III.5). Par ailleurs, l’OIF prévoit dans son programme d’action d’“apporter [son] soutien aux défenseurs des droits de l’Homme, en s’appuyant notamment sur les structures et instruments spécialisés” (chapitre IV.3). Les participants ont également encouragé la Délégation aux droits de l’Homme et à la démocratie de l’OIF dans ses efforts afin de renforcer sa coopération avec les ONG pour faire l’évaluation permanente de la situation des droits de l’Homme, notamment des droits des défenseurs des droits de l’Homme, dans l’espace francophone.

Par ailleurs, dans l’Acte final du Symposium international de la francophonie dit “Bamako” organisé à Bamako (Mali) du 6 au 8 novembre 2005, la nécessité de préserver l’intégrité de la Déclaration de Bamako, de respecter les engagements souscrits à cet égard, de renforcer le processus dévaluation de la situation des droits de l’Homme et de sanction en cas de violation manifeste de ces droits, a été réaffirmée. Il a également été proposé que l’OIF “se dote d’une politique de protection des défenseurs des droits de l’Homme” et que la communauté francophone garantisse des normes relatives à la protection du droit d’association.

Société civile

Une conférence régionale sur les défenseurs des droits de l’Homme en Afrique de l’est et de la Corne d’Afrique a eu lieu du 30 octobre au 4 novembre 2005 à Entebbe, Ouganda, à l’initiative du Projet canadien pour les Défenseurs de l’Afrique de l’est et de la Corne d’Afrique.

À cette occasion, un Mémorandum of Understanding, établissant le Réseau des défenseurs des droits de l’Homme en Afrique de l’est et de la Corne d’Afrique, a été signé par plus de 60 ONG. Une Déclaration des défenseurs des droits de l’Homme de l’Afrique de l’est et de la Corne d’Afrique, incitant les gouvernements de la sous région à reconnaître le rôle des défenseurs et à adhérer aux mécanismes inter-nationaux de protection à leur égard, a également été adoptée par l’Assemblé générale de ce Réseau.

LES DÉFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME DANS LA LIGNE DE MIRE

DJ I B O UT I

Conclusions de la mission internationale d’enquête mandatée par l’Observatoire à Djibouti du 20 au 28 août 2005.

Entre autres, le nouveau Code prévoit en son article 219 que le syndicat doit obtenir l’autorisation des ministères de l’Intérieur, de l’Emploi, de la Justice ainsi que de l’inspection du travail et du procureur de la République. À la demande des ministères intéressés, ce dernier pourra d’ailleurs dissoudre un syndicat sur simple décision administrative, la dissolution n’étant pas susceptible à appel.  

Défense des droits économiques, sociaux et culturels

Dénoncer les violations des droits économiques, sociaux et culturels relève parfois du défi, en raison non seulement de l’ampleur de la tâche mais aussi des menaces et actes de harcèlement qu’une telle action peut susciter.

Une mission internationale d’enquête mandatée par l’Observatoire du 20 au 28 août 2005 à Djibouti a ainsi recensé de graves entraves aux libertés syndicales. En effet, certains syndicats n’y sont pas reconnus et pour les autres, les conditions pour permettre des élections libres en leur sein ne sont pas réunies. De surcroît, un nouveau Code du travail adopté en Conseil des ministres en novembre 2004 doit être approuvé par le Parlement en 2006, mettant en place un régime d’autorisation pour la création de syndicat 11 . Entre le 24 et le 26 septembre 2005, plus de 160 personnes, dirigeants et militants syndicaux, ont été arrêtées par les Forces nationales de police (FNP), à la suite d’une grève générale des travailleurs portuaires de Djibouti organisée du 14 au 17 septembre 2005. Douze dirigeants syndicaux, placés en détention après leur arrestation, ont été licenciés ou mis en pré retraire et ont été traduits devant le tribunal de première instance de Djibouti le 2 octobre 2005. Celui-ci a ordonné leur relaxe. Toutefois, le procureur de Djibouti a fait appel de cette décision. 

Licenciement abusif et actes de harcèlement à l’encontre de M. Hassan Cher Hared

Le 25 mai 2005, M. Hassan Cher Hared, secrétaire du Syndicat des postiers de Djibouti, secrétaire aux relations internationales du Syndicat libre de l’Union djiboutienne du travail (UDT), et employé de la Poste, a été licencié sans préavis par M. Hillyeh Hassan Guirreh, directeur général de la Poste à Djibouti, pour “fautes professionnelles graves, absentéisme et insubordination”, après une mise à pied de huit jours. Dans sa lettre de notification, le directeur a qualifié le militantisme de M. Cher Hared de “comportement irresponsable”.

Le licenciement de M. Cher Hared a fait suite, notamment, à ses observations concernant la gestion financière de la Poste, déplorant des dépenses illicites. M. Hassan Cher Hared avait également fait des déclarations en faveur des droits économiques, sociaux et culturels le 1er mai 2005, journée mondiale du travail.

Après avoir reçu notification de son licenciement, M. Cher Hared a déposé trois plaintes contre le directeur général de la Poste pour “détournement d’une partie des salaires, harcèlement moral et abus de pouvoir”, “discrimination pour activité syndicale” et “licenciement abusif ”. Fin 2005, aucune suite n’a été donnée à ces plaintes.

Le 21 juin 2005, M. Cher Hared a par ailleurs porté plainte contre la Poste de Djibouti devant le Tribunal social du travail, aux fins de sa réintégration. Fin 2005, cette plainte reste en cours d’instruction.

D’autre part, le 22 août 2005, M. Hassan Cher Hared a été agressé verbalement par M. Hassan Guirreh dans l’enceinte de la Poste. Il a été mis en garde à vue par la police, avant d’être relâché deux heures après, grâce à l’intervention d’une mission de l’Observatoire présente alors à Djibouti.

Le lendemain, M. Hared s’est vu interdire l’accès au bâtiment de la Poste par les agents de surveillance qui ont déclaré agir sur ordre verbal du directeur. Il a été emmené au commissariat où il est de nouveau resté détenu pendant deux heures. Dans le même temps, après avoir reçu une lettre de M. Hillyeh Hassan Guirreh, les policiers lui ont signifié qu’il avait été réintégré à la Poste et affecté à Balbala, dans la banlieue de Djibouti. Toutefois, M. Hared, bien que rémunéré, n’a pas de poste défini. De plus, sa réaffectation est illégale tant qu’aucune décision annulant son licenciement n’a pas été prise.

Fin 2005, des discussions sur sa réintégration officielle avec tous ses droits sont en cours entre le Syndicat des postiers de Djibouti et le ministère. 

Détentions arbitraires et licenciement abusif de plusieurs dirigeants de l’UTP 13

À la suite de la conduite d’une grève générale des travailleurs portuaires de Djibouti du 14 au 17 septembre 2005, environ 156 grévis-tes et 12 dirigeants syndicaux ont été arbitrairement détenus entre le 24 et le 26 septembre 2005.

Ainsi, dans la nuit du 24 au 25 septembre 2005, MM. Ali Ibrahim Darar, Moustapha Abchir Egueh, Mohamed Ahmed Ali, Koulmiyeh Houssein, Wahib Ahmed Dini, Osman Galab Bouh, Ahmed Abdallah Houmed, Houssein Djama Bareh et Djibril Houssein Awaleh, dirigeants de l’Union des travailleurs du port (UTP), ont été arrêtés par la police, alors qu’ils tentaient de pénétrer dans le port. Ils ont été placés en garde à vue au centre de détention de Nagad, où ils ont reçu notification de leurs licenciements pour “entrave à la liberté de travail”.

Ils ont été détenus dans les bureaux de la police criminelle jusqu’au 28 septembre 2005, date à laquelle ils ont comparu devant le procureur, qui a ordonné leur détention à la prison de Gabode.

En réponse à ces arrestations, les travailleurs portuaires ont organisé une nouvelle grève dans la nuit du 24 au 25 septembre 2005, au cours de laquelle 110 grévistes et syndicalistes ont été arrêtés par les Forces nationales de police (FNP) et placés en détention à l’école de police de Nagad. D’autres grévistes ont encore été arrêtés par les FNP dans la journée du 25 septembre 2005.

MM. Kamil Mohamed Ali, Ibrahim Moussa Sultan, également dirigeants de l’UTP, et Ali Ahmed Aras, secrétaire général de l’UTP, ont été arrêtés respectivement les 26 et 28 septembre 2005 à leurs domiciles et conduits dans les bureaux de la police criminelle. MM. Mohamed Ali et Moussa Sultan ont reçu notification de leurs licenciements et M. Ali Ahmed Aras a été mis en préretraite.

Le 2 octobre 2005, MM. Mohamed Ali, Moussa Sultan et Ahmed Aras ont été traduits devant le Tribunal de première instance de la Cour correctionnelle pour “participation délictueuse à un attroupement” et “incitation à la rébellion”. Le tribunal a déclaré un non-lieu.

Le même jour, le même tribunal a relaxé et ordonné la libération de MM. Ali Ibrahim Darar, Moustapha Abchir Egueh, Mohamed Ahmed Ali, Koulmiyeh Houssein, Wahib Ahmed Dini, Osman Galab Bouh, Ahmed Abdallah Houmed, Houssein Djama Bareh et Djibril Houssein Awaleh, qui étaient accusés de “menace de commettre un délit, lesdites menaces ayant été matérialisées par des attroupements publics réitérés” et “participation à des rassemblements sur la voie publique susceptible de troubler l’ordre public”.

Toutefois, le 3 octobre 2005, le bureau du procureur a initié une procédure d’appel contre ces deux décisions. L’audience devant la Cour d’appel de Djibouti, prévue le 7 décembre 2005, a été reportée au 14, au 21 puis au 28 décembre 2005. À cette date, la décision a été mise en délibéré au 4 janvier 2006, date à laquelle les douze syndicalistes ont été condamnés à une peine de un à deux mois d’emprisonnement avec sursis.

Par ailleurs, l’ensemble des grévistes et syndicalistes qui avaient été arrêtés par les FNP le 25 septembre 2005, au port de Djibouti ou à leur domicile, ont été relâchés sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux, les 26 et 27 septembre 2005. Toutefois, 36 d’entre eux, parmi lesquels MM. Ali Ibrahim Darar, Moustapha Abchir Egueh, Mohamed Ahmed Ali, Koulmiyeh Houssein, Djibril Houssein Awaleh et MM. Mohamed Ahmed Mohamed, Samira Hassan Mohamed, Mohamed Abdilahi Dirieh et Mohamed Abdillahi Omar, également dirigeants syndicaux, n’ont pu réintégrer leurs postes en raison de leur licenciement. 

Arrestation et détention arbitraire de M. Jean-Paul Noël Abdi

Le 14 décembre 2005, M. Jean-Paul Noël Abdi, président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH), a été arrêté alors qu’il se rendait à une convocation du Commandant Wabéri des FNP.

M. Noël a ensuite été transféré au centre de transit de Nagad puis à l’École de police de cette même ville. Aucun mandat d’arrêt ne lui a été communiqué. Il n’a été relâché que tard dans la soirée à la suite de la mobilisation de plusieurs organisations nationales et internationales.

Au cours de sa détention, les services de la Police judiciaire ont questionné M. Noël Abdi sur ses déclarations publiques et sur le communiqué de presse conjoint de la FIDH et de la LDDH concernant la répression meurtrière, par les forces de sécurité, d’une manifestation des habitants du quartier d’Arhiba à Djibouti-ville qui tentaient de s’opposer à la destruction de leurs habitations par les pouvoirs publics le 30 novembre 2005. 

LES DÉFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME DANS LA LIGNE DE MIRE

ÉRYTHRÉE

Détention arbitraire de trois dirigeants syndicaux 15

Le 30 mars 2005, M. Tewelde Ghebremedhin, président de la Fédération des travailleurs de l’alimentation, des entreprises de bois-sons, de l’hôtellerie, du tourisme, de l’agriculture et du tabac (Food, Beverages, Hotels, Toursim, Agriculture and Tobacco Workers Federation), affiliée à l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie-restauration, du tabac et des branches connexes (International Union of Food, Agricultural, Hotel, Restaurant, Catering, Tobacco and Allied Workers’ Federation – IUF), et M. Minase Andezion, secrétaire de la Fédération des travailleurs du textile et du cuir (Textile and Leather Workers’ Federation), ont été arrêtés par les forces de l’ordre.

Le 9 avril 2005, M. Habtom Weldemicael, président du Syndicat des travailleurs de Coca-Cola et membre du Comité exécutif de la Fédération des travailleurs de l’alimentation et des entreprises de boissons, a également été arrêté pour avoir, selon les autorités, encouragé une action au sein de l’entreprise dénonçant la détérioration du niveau de vie des travailleurs.

Fin 2005, aucune information n’a pu être obtenue concernant leur lieu et conditions de détention, ni l’existence d’éventuelles charges à leur encontre. Ces trois syndicalistes seraient toujours détenus au secret, encourant ainsi le risque de subir des tortures ou des mauvais traitements.

M. Habtom Weldemicael, trois dirigeants syndicaux, sont détenus au secret depuis le mois de mars 2005, pour avoir “encouragé une action dans leurs entreprises concernant la détérioration du niveau de vie des travailleurs”. Fin 2005, aucune nouvelle n’a pu être obtenue concernant leur situation.

LES DÉFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME DANS LA LIGNE DE MIRE

É T H I O P I E

Poursuite des pressions à l’encontre des membres d’EHRCO 16

À la suite des élections législatives du 15 mai 2005 et de l’annonce de la victoire du Front populaire révolutionnaire démocratique éthio-pien (parti au pouvoir, Ethiopian People’s Revolutionary Democratic Front – EPRDF), les principales villes, notamment Addis Abeba, Gondar, Awassa, Dessie et Nazareth, ont connu des affrontements violents entre les forces de l’ordre et les jeunes manifestants, qui contestaient la validité des résultats du scrutin.

Détentions arbitraires et poursuites judiciaires contre MM. Chernet, Birhanu et Halemariam

Le 8 juin 2005, la police a été autorisée à prendre de sévères mesures contre les manifestants à Addis Abeba. À cette occasion, 26 personnes ont été tuées et une centaine d’autres ont été blessées.

Le 9 juin 2005, M. Taddesse Chernet, mandaté par le Conseil éthiopien des droits de l’Homme (Ethiopian Human Rights Council– EHRCO) pour recenser les cas de violations des droits de l’Homme commises au cours de cette manifestation, a été arrêté par la police à son domicile. Après que sa situation soit restée inconnue pendant plusieurs jours, sa famille a pu lui rendre visite au centre de détention de Zeway le 23 juin 2005.

Par ailleurs, le 13 juin 2005, M. Tsegu Birhanu, responsable du département de surveillance et de recherches d’EHRCO, et M. Yared Hailemariam, son assistant, ont été arrêtés, alors qu’ils quittaient les bureaux d’EHRCO, à Addis Abeba. Le domicile de M. Hailemariam avait par ailleurs été perquisitionné par la police le 9 juin 2005.

MM. Birhanu et Hailemariam, qui s’étaient rendus dans les hôpitaux pour prendre des photos des manifestants morts ou blessés, avaient été suivis par la police au cours de leurs enquêtes.

Aucune information sur leur lieu de détention n’a été communiquée jusqu’au 25 juin 2005, date à laquelle ils ont reçu une visite du Comité international de la Croix-Rouge et de leur famille au centre de détention de Zeway.

Le 4 juillet 2005, MM. Chernet, Birhanu et Hailemariam ont été libérés sous caution, au terme d’une troisième audience devant la Cour fédérale temporaire de Zeway. Ils sont officiellement accusés de “tentative de renverser un gouvernement légitime par la force”. Fin 2005, les charges retenues contre eux restent pendantes.

Par ailleurs, en novembre 2005, à la suite d’une nouvelle vague de manifestations dénonçant le résultat des élections, au moins 34 personnes ont été tuées par les forces de l’ordre. À cette occasion, MM. Chernet et Hailemariam ont été placés sur une liste de 58 personnes recherchées par les autorités pour leur rôle présumé dans ces événements. Détentions arbitraires et poursuites judiciaires contre MM. Bekele, Degu et Kebede.

Le 14 juin 2005, M. Tesfawe Bekele et M. Seifu Degu, professeurs et respectivement président et vice-président de la section d’EHRCO à Dessae, et M. Chane Kebede, professeur et membre d’EHRCO, ont été arrêtés à l’école de Dessae, puis conduits à la prison de la ville.

MM. Bekele et Degu avaient tous deux été observateurs durant le scrutin électoral.

Le 23 juin 2005, MM. Bekele, Degu et Kebede ont été libérés sous caution. Ils sont accusés de “tentative de renverser le gouvernement légitime par la force”. Fin 2005, la procédure judiciaire reste pendante.

Le 25 octobre 2005, M. Tesfawe Bekele a de nouveau été arrêté, avant d’être libéré sous caution le 28 octobre 2005.

Enfin, M. Seifu Degu a été de nouveau détenu le 4 novembre 2005, en compagnie de MM. Mekonen Bezu et Reta Chanie, professeurs et membres d’EHRCO. MM. Bezu et Chanie se sont livrés à la police après que leurs femmes eurent été arrêtées et détenues à leur place. Fin 2005, les deux hommes restent détenus dans une prison située aux alentours de Dessae sans être autorisés à recevoir de visites.

Poursuite du harcèlement à l’encontre de M. Mesfin Woldemariam

Le 1 er novembre 2005, M. Mesfin Woldemariam, ancien président d’EHRCO, a été arrêté à son domicile dans le cadre d’une nouvelle vague d’arrestations visant les opposants politiques, les défenseurs des droits de l’Homme et les journalistes. Le 7 novembre 2005, il a comparu, avec d’autres accusés, devant la Haute Cour fédérale à Addis Abeba, qui a ordonné qu’ils soient détenus pour 14 jours supplémentaires, afin de mener une enquête.

Le 21 novembre 2005, durant la seconde audience, leur mise en liberté a été refusée et l’ordre de leur détention administrative a été renouvelé pour une période de 10 jours.    Le 28 novembre 2005, M. Woldemariam a entamé une grève de la faim.

Le 1 er décembre 2005, M. Woldemariam et 129 personnes, dont des dirigeants du Parti de la coalition pour l’unité et la démocratie (Coalition for Unity and Democracy Party – CUDP), des journalistes et des membres d’ONG, ont été déférés devant la Haute cour fédérale à Addis Abeba, leur période de détention arrivant à son terme. Le juge a ordonné au procureur de présenter les charges retenues contre eux dans un délai 15 jours. Le 21 décembre 2005, ils ont été formellement inculpés pour “conspiration”, “insurrection armée”, “tentative de renversement de l’ordre constitutionnel”, “haute trahison” et “génocide”, chefs d’inculpation passibles de 25 ans d’emprisonnement ou de la peine de mort.

Par ailleurs, M. Woldemariam, ainsi que M. Birhanu Nega, président de l’Association économique éthiopienne, restent poursuivis pour avoir encouragé les étudiants “à réclamer le respect de leurs droits par l’émeute plutôt que par des moyens constitutionnels” (articles 32-1 et 480 du Code pénal) et pour avoir tenté de créer “un parti clandestin en vue de changer la Constitution par des moyens illégaux”, avec la Ligue démocratique éthiopienne (Ethiopian Democratic League – EDL), une organisation considérée comme illégale au moment des faits et qui a depuis été enregistrée (articles 32-1 et 250 du Code pénal). Arrêtés le 8 mai 2001 à la suite d’une intervention publique en faveur des libertés académiques et du respect des droits de l’Homme, lors d’un séminaire organisé par l’université d’Addis-Abeba, ils avaient été libérés le 5 juin 2001 après avoir entamé une grève de la faim. Depuis lors, l’audience de leur procès a été systématiquement reportée.

Harcèlement à l’encontre de plusieurs membres d’EHRCO

Dans le cadre de la répression suivant les manifestations de novembre 2005, le domicile de M. Gashu Wondimagegne, membre d’EHRCO, a été constamment surveillé par des agents de sécurité en tenue civile, qui ont en outre interrogé sa mère. M me Demissie Elfinesh, professeur et membre du comité exécutif d’EHRCO, a par ailleurs été obligée de payer d’importantes amendes pour ne pas avoir travaillé pendant la semaine de manifestations, alors que son école avait été fermée pendant cette période. Mme Elfinesh a reçu une lettre anonyme l’avertissant qu’une “action finale” serait entreprise à son encontre par les autorités, sans que la nature de ces menaces n’ait été précisée.

Attaque et détention arbitraire de M. Daniel Bekele 20

Le 16 octobre 2005, M. Daniel Bekele, membre du Comité exécutif du Réseau des ONG éthiopiennes (Network of Ethiopian NGOs) et responsable de programme à ActionAid Ethiopia, ONG internationale luttant contre la pauvreté, a été agressé par deux inconnus armés, à Addis Abeba, alors qu’il était en voiture. L’un de ses agresseurs lui a demandé “qui [il était] pour critiquer le parti au gouvernement”. Ils l’ont ensuite violemment frappé à la tête et aux yeux à l’aide de la crosse de leurs pistolets. Ses agresseurs se sont enfuis lorsque plusieurs personnes sont venues lui porter secours.

M. Bekele a déposé plainte au poste de police le plus proche.

ActionAid Ethiopia a également introduit une plainte devant la Commission de la police fédérale. Toutefois, fin 2005, aucune enquête n’a été ouverte.

Le 1 er novembre 2005, M. Bekele a été de nouveau arrêté par les forces de sécurité, dans le cadre de la nouvelle vague d’arrestation d’opposants politiques et de militants. Fin 2005, il reste détenu sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre lui.

Poursuites des pressions à l’encontre de l’EFJA 21

En décembre 2003, les activités de l’Association des journalistes pour la liberté de la presse en Éthiopie (Ethiopian Free Press Journalists’ Association – EFJA) avaient été suspendues sur décision du gouvernement, au motif que l’EFJA n’avait pas soumis de comptes audités au ministère de la Justice. Les membres du comité exécutif de l’association, notamment MM. Kifle Mulat, président de l’EFJA, Taye Woldesmiate Belachew, vice-président, Sisay Agena, tréso-rier, Tamiru Geda, chargé des relations publiques, et Habtamu Assefa, comptable, avaient par ailleurs été interdits de “continuer à mener toute activité au sein de l’EFJA”. Le 24 décembre 2004, la Cour fédérale de première instance avait jugé illégale la suspension de l’EFJA et de ses cadres.

Le 3 mars 2005, la Haute cour fédérale a rejeté l’appel du ministère de la Justice, confirmant le verdict de décembre 2004.

Toutefois, le 13 octobre 2005, MM. Mulat, Belachew, Agena et Assefa ont été arrêtés par la police et détenus durant plusieurs heures par les membres du département des Enquêtes criminelles (Criminal Investigations Department – CID), à Addis Abeba. L’interrogatoire a porté sur les activités de l’EFJA, notamment la publication de ses communiqués de presse, que les membres du CID ont qualifiées d’illégales, prétendant ne pas connaître le verdict de la Cour de décembre 2004.

Le nom de M. Mulat a par ailleurs été placé sur une liste de personnes recherchées par les autorités pour leur rôle dans les événements de novembre 2005.

Par ailleurs, le 21 novembre 2005, les bureaux de l’EFJA à Addis Abeba ont été investis par des membres des forces de sécurité. Les ordinateurs et les documents se trouvant sur place ont alors été confisqués et fin 2005, ils n’ont toujours pas été restitués.

Enfin, le 29 novembre 2005, M. Sisay Agena a été arrêté par la police, après que sa soeur, M me Aboneshe Abera, eut été détenue pendant trois jours et soumise à des mauvais traitements pour livrer des informations sur l’endroit où il se cachait. Le 21 décembre 2005, il aurait été inculpé dans le procès contre 129 personnes pour leur rôle présumé dans les émeutes de juin et de novembre 2005. M. Mulat aurait également été inculpé in absentia dans le cadre de ce procès.

Poursuite du harcèlement à l’encontre des membres de l’ETA 23

Le 25 septembre 2005, M. Teferi Gessese, trésorier de l’Association éthiopienne des enseignants (Ethiopian Teachers’ Association –ETA), et secrétaire général de l’Association des enseignants à Addis Abeba (Addis Ababa Teachers’ Association), associée à l’ETA, a été arrêté et emmené au département de la police de Gulele Sub-City, où il a été obligé de remplir un formulaire d’identité et a été photographié. Il aurait par ailleurs fait l’objet de mauvais traitements durant sa détention.

Le même jour, au même moment, M. Kassahun Kebede, président de l’Association des enseignants à Addis Abeba, a été interpellé à son domicile par cinq hommes qui l’ont emmené au deuxième poste de police d’Addis Abeba. Il a également été contraint de remplir un formulaire et a été photographié avant d’être remis en liberté trois heures et demie plus tard.

Le lendemain, M. Tamrat Tesfaye, membre du comité exécutif de l’Association des enseignants à Addis Abeba, ainsi que neuf autres membres de cette association, ont fait l’objet de mesures similaires.

LES DÉFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME DANS LA LIGNE DE MIRE

SOMALIE

En Somalie, M. Omar Faruk Osman, secrétaire général du Syndicat national des journalistes somaliens (NUSOJ), et M. Mohamed Barre Haji, président du Conseil suprême, ont été l’objet de graves menaces de mort, entre les 22 et 28 août 2005, à la veille de l’assemblée générale du syndicat. De même, le 2 septembre 2005, quatre miliciens cagoulés et armés de fusils-mitrailleurs ont fait irruption au domicile de l’un des membres du comité exécutif du NUSOJ, M. Ali Moallim Isak, alors absent.

Dans un communiqué de presse en date du 11 juillet 2005, M. Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, s’est dit “choqué par le meurtre de M. Abdulkadir Yahya Ali”, à Mogadishio, en Somalie .

NB

Ce document a été envoyé par courrier électronique. Prière nous excuser en cas d’erreur de reproduction indépendante de notre volonté.

M. NOEL ABDI Jean-Paul

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Communiqué de presse de l'Union pour l'Alternance Démocratique (UAD) sur l'arrestation de M. Adan Mohamed Abou, Secrétaire général de l'ARD

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Union pour l’Alternance Démocratique (U.A.D)
 (A.R.D, U.D.J, M.R.D)

Djibouti, le 11 mars 2006

COMMUNIQUE DE PRESSE

ADAN MOHAMED ABDOU secrétaire général de l’ARD, porte-parole de 1’UAD a été tôt ce matin arrêté sans mandat d’arrêt à son domicile et conduit aussitôt au bureau de la Police criminelle. Il est jusqu’à présent sans avocat et médecin.

Cette arrestation arbitraire survient quelques heures après une parodie d’élections régionales marquée par un nouvel Hold-up électoral du RPP au détriment de ses alliés politiques.

Tout en rappelant que la détention illégale d’un haut dirigeant de l’Opposition n’est pas de nature à apaiser les esprits en cette période troublée ;

L’Union pour l’Alternance Démocratique (UAD):

            - gravement préoccupée par l’escalade de la répression;

            - dénonce vigoureusement les inacceptables manoeuvres d’intimidations à l’encontre des démocrates Djiboutiens

            - exige la libération immédiate et sans condition de M. ADAN MOHAMED ABDOU;

            - demande à l’opinion nationale et internationale de condamner énergiquement la nouvelle dérive dictatoriale du régime djiboutien.

Le Président de l'UAD
Ismael Guedi Hared

sign

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Arrestation des dirigeants de l'Union djiboutienne du travail (UDT)

Aujourd'hui samedi 11 mars 2006, lendemain des élections dites locales, est le jour de la purge des syndicalistes : M. Adan Mohamed Abdou, Secrétaire général de l'Union Djiboutienne du Travail (UDT) a été arrêté à 7 heures (heures locales), suivi de M. Hassan Cher, Secrétaire aux relations internationales de l'UDT, arrêté à 9h 30.

Après le boycott des élections régionales, avec un abstention record sur laquelle nous reviendrons, le régime aux abois ne peut-il que procéder à la purge des syndicalistes ?

Information à développer dans la journée.

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Le non événement des élections dites locales à Djibouti

Le non événement des élections dites locales déployées ce vendredi 10 mars 2006 à Djibouti a été l’occasion que des compatriotes ont malgré tout et désespérément voulu saisir pour faire valoir leurs droits à participer à la gestion de la chose publique. Le village et le bourg semblent être vécus plus à portée de main que la scène politique nationale.

Aussi avons-nous probablement assisté à une volonté criante de Djiboutiens d’investir leur pays local quelle que soit l’irrégularité prévisible du scrutin électoral mais sans tomber pour autant dans les escarcelles de l’UMP, pour preuve les nombreuses listes dites indépendantes. Bien que parfois le souci premier de certaines têtes de listes est tout autre, par exemple simplement se partager des sièges de fonctionnaires « élus » à l’Assemblée régionale.

Le gouvernement a pour lui une toute autre lecture des événements électifs. Il a cherché à investir le terrain électoral de la décentralisation comme une nouvelle justification de l’arbitraire découlant de la remise en cause unilatérale et illégale du projet de loi initial portant décentralisation et statut des régions. Ce premier projet avait été conçu à parité par le Frud-armé et le gouvernement, et les conseils régionaux eux-mêmes avaient vu le jour à partir de l’Accord-cadre de réforme du 7 février 2000. Aussi peut-on dire clairement que le gouvernement a  lui aussi cherché, bien désespérément, à faire légitimer un processus en provoquant le plus de mobilisation possible de l’électorat.

Mais en réalité, comment un processus électoral mis en place en partenariat avec l’opposition nationale et notamment avec le Frud-armé, actuel Alliance républicaine pour le développement (ARD), peut-il sérieusement se poursuivre en l’absence de son partenaire co-initiateur ? Un déroulement sain du processus électoral peut-il se réaliser en l’absence des uns et entre les mains d’un gouvernement à qui cette exigence elle-même avait été imposée par un accord de paix et par une lutte armée ?

Autrement dit, comment croire qu’un gouvernement qui viole à tours de bras les débuts d'un hypothétique processus démocratique pourra conduire à lui seul des élections régionales loyales et transparentes ?

Parce que l’opposition nationale est responsable devant l’histoire politique et devant l’histoire tout court de Djibouti, elle ne pouvait en aucun cas marquer de sa participation un tel jeu de dupes, d'où son appel à boycotter la mascarade électorale.

Différents articles extraits du journal Réalité publiés en 2002 lors des amendements à l'Assemblée nationale préalables à l'adoption du texte sur mesure pour le régime sont reproduits ci-dessous, et permettront de prendre toute la mesure des enjeux en cours dans les élections dites de la décentralisation. LA REDACTION

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Décentralisation : des amendements au projet de loi irresponsables et inacceptables

Extrait de Réalité n°7 du 7 juin 2002, page 3

Les extraits significatifs reproduits ci-dessous du Journal Réalité n°7 du 7 juin 2002 et n°8 du 15 juin 2002 présentent, pour le premier, le texte du projet de loi de décentralisation adopté en annexe de l'accord de réforme et de concorde civile du 12 mai 2001 face au texte amendé par l'Assemblée nationale le 30 mai 2002, et pour le second, une analyse des amendements apportés au texte d'origine. Les Djiboutiens découvriront le fossé qui sépare la version d'origine cosignée par le Frud-armé de la version finale du texte de loi méconnaissable.

+++++++++

DES AMENDEMENTS INACCEPTABLES

          Sur un total de 43 articles amendés du texte initial instaurant la décentralisation, présentés dans le Rapport n° 7 de la Commission de la législature et de l’Administration générale, nous vous présentons dans ce tableau les principaux, afin de mieux comprendre les enjeux de cette violation de l’Accord de Paix du 12 mai 2001. Quant au dernier, celui relatif au contrôle de la première élection régionale, il a été purement et simplement supprimé. Tout un programme de transparence version parti unique ! Pour la clarté de la lecture, les éléments modifiés sont soulignés.

TABLEAU COMPARATIF DES DEUX TEXTES PORTANT DECENTRALISATION 

ARTICLE

TEXTE ADOPTE DANS L’ACCORD

DE PAIX DU 12 MAI 2001

 

TEXTE AMENDE ET ADOPTE

PAR L’ASSEMBLEE NATIONALE

4

Les régions constituent des collectivités décentralisées et conservent les limites territoriales des districts actuels excepté Djibouti. Ces limites territoriales ne peuvent être modifiées que par la loi après accord, à la majorité absolue, des assemblées régionales concernées.

Les District et Région d' Arta, dans leurs limites territoriales, ne comprennent pas Djibouti-Ville qui fera l'objet d'un statut spécial dont les dispositions seront fixées par une loi.

 

Les régions constituent des collectivités décentralisées dont les limites territoriales sont fixées par un arrêté pris en conseil des Ministres sur proposition du Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation.

Les régions de l’Intérieur, dans leurs limites territoriales ne comprennent pas Djibouti-Ville qui fera l’objet d’un Statut Spécial dont les dispositions seront fixées par une loi.

10

Les membres des Assemblée régionales sont élus au suffrage universel direct et au scrutin de listes à deux tours, avec dépôt de listes comportant autant de candidats que de siège à pourvoir, sans adjonction ni suspension de nom et sans modification de l'ordre de présentation des candidats.

 L'Assemblée Régionale est composée de neuf (9) élus au minimum.

 

Les membres des Assemblée régionales sont élus au suffrage universel direct et au scrutin de listes à deux tours, avec dépôt de listes comportant autant de candidats que de siège à pourvoir, sans panachage ni vote préférentiel.

L'Assemblée Régionale est composée de neuf (9) élus au minimum.

19

Une déclaration de candidature est obligatoire pour chaque liste de candidats, La candidature résulte du dépôt auprès de la commission de contrôle électorale d'une liste de candidats portant autant de noms qu'il y a de sièges à pourvoir dans la Collectivité Régionale concernée.

Pour la première élection d'une Assemblée Régionale, ce dépôt de liste s'effectue provisoirement auprès du Ministère, chargé de la Décentralisation et du Commissaire de la République.

Le simple dépôt vaudra candidature et aucune liste ne pourra être rejetée sans motif sérieux. Nul ne peut être candidat simultanément sur plus d'une liste,

Tout candidat doit être domicilié dans la Collectivité dans laquelle il se présente et pouvoir en fournir la preuve.

Une déclaration de candidature est obligatoire pour chaque liste de candidats. La candidature résulte du dépôt auprès de la commission de contrôle électorale d'une liste de candidats portant autant de noms qu'il y a de sièges à pouvoir dans la Région concernée.

Pour la première élection d'une Assemblée Régionale, ce dépôt de liste s'effectuera provisoirement auprès du Ministère chargé de la Décentralisation et du Représentant de l'Etat.

Le simple dépôt vaudra candidature et aucune liste ne pourra être rejetée sans motif sérieux. Nul ne peut être candidat simultanément sur plus d'une liste.

 

27

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

27 (suite)

A chaque scrutin régional, il est institué une commission régionale électorale de contrôle. Cette commission est chargée :

1) De contrôler la régularité des listes électorales et,

2) De veiller à la régularité de la composition des bureaux de vote ainsi qu'à celle de opérations de vote, de dépouillement des bulletins et de dénombrement des suffrages et de garantir aux électeurs ainsi qu'aux candidats et listes en présence le libre exercice de droit.

Cette commission est composée :

- d'un magistrat de l'ordre judiciaire, Président

- du Président de l’Assemblée Régionale sortant

- d'un Représentant de chaque parti politique ou liste en lice

- du commissaire de la République ou son représentant

A cette fin, son président et ses membres procèdent à tous contrôles et vérification utiles. Ils ont accès à tout moment aux bureaux de vote et peuvent exiger l'inscription de toutes observations au procès-verbal, soit avant, soit après la proclamation des résultats du scrutin. Les autorités qualifiées pour établir les procurations de vote, et les présidents des bureaux de vote sont tenus de fournir à la commission, sur sa demande, tous les renseignements et de lui communiquer tous les documents nécessaires à l'exercice de sa mission.

A l'issue du scrutin, cette commission établie un rapport sur ses activités et sur les conditions de déroulement de la compagne électorale et des opérations de vote.

Ce rapport est adressé au Ministère Délégué à la décentralisation, au Ministère de l'Intérieur et au Conseil Constitutionnel dans les quatre (4) jours qui suivent le scrutin.

A chaque scrutin régional, il est institué une commission électorale régionale indépendante. Cette commission est chargée :

 1) De contrôler la régularité des listes électorales et,

2) De veiller à la régularité de la composition des bureaux de vote ainsi qu'à celle des opérations de vote, de dépouillement des bulletins et de dénombrement des suffrages et de garantir aux électeurs ainsi qu'aux candidats et listes en présence le libre exercice de droit.

62

Dans le cadre de la coopération décentralisée, les collectivités régionales peuvent solliciter et recevoir toute aide et assistance à caractère humanitaire, économique, social et culturel émanant d'Etats, d'organisations, de collectivités ou d'institutions étrangères.

 

Dans le cadre de la coopération décentralisée, les collectivités régionales peuvent solliciter et recevoir toute aide et assistance à caractère humanitaire, économique, social et culturel émanant d'organisations non gouvernementales et de collectivités.

64

Dès son investiture, le Président de l'Assemblée Régionale fait appel au chef de file de la liste ayant obtenu la majorité des sièges à l'Assemblée Régionale à l'effet de former un Exécutif Régional.

Le Président ou chef de la coalition majoritaire peut charger de cette mission une personne extérieure à l'Assemblée Régionale mais justifiant de la qualité d'électeur et de compétences dans l'administration publique.

Le Secrétaire Exécutif Régional ainsi désigné choisit ses secrétaires régionaux pour les domaines d'intervention de la région. La liste des membres de l'Exécutif Régional est communiquée au Président de l'Assemblée Régionale.

 L'Assemblée Régionale, par la voie de son président, après vote, proclame solennellement la formation de l'Exécutif Régional responsable devant elle.

 

Dès son investiture, le Président de l'Assemblée Régionale fait appel au chef de file de la liste ayant obtenu la majorité des sièges à l'Assemblée Régionale à l'effet de former un Exécutif Régional.

Le Secrétaire Exécutif Régional ainsi désigné choisit ses secrétaires régionaux pour les domaines d'intervention de la région. La liste des membres de l'Exécutif Régional est communiquée au Président de l'Assemblée Régionale.

L'Assemblée Régionale, par la voix de son président, après vote d'investiture, proclame solennellement la formation de l'Exécutif Régional responsable devant elle.

 

103

A la première élection des membres des assemblées régionales, il est créé une commission de contrôle des opérations électorales.

Cette commission est composée :

- d’un représentant de chacune des deux parties signataires de l’Accord-cadre de Réforme et de Concorde civile susmentionnée, qui en assurent la présidence collégiale;

- d’un représentant de chaque parti politique en lice.

Les compétences et attributions de cette commission de contrôle sont celles accordées par l’article 27 de la présente Loi à la commission électorale de contrôle.

 

 

 

 

Supprimé

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Extrait du Journal Réalité n°8 du 12 juin 2002

DECENTRALISATION : DES AMENDEMENTS IRRESPONSABLES

Aussi surprenant que cela paraisse, c’est bien un projet de loi de décentralisation vidé de sa substance à coups d’amendements pervers qui a été adopté par l’Assemblée Nationale le jeudi 30 mai 2002. Du coup, au-delà de la décentralisation proprement dite, c’est tout autant la démocratie et l’unité nationale qui risquent d’en souffrir, dans l’état actuel des choses.

Pour le FRUD-armé, qui n’avait pas manqué de mettre en garde son partenaire contre une éventuelle modification unilatérale du texte annexé à l’Accord de Paix du 12 mai 2001, le projet de loi torpillé n’a désormais aucune valeur juridique. De là à s’interroger sur la validité de l’Accord, il n’y a qu’un pas.

Il va sans dire qu’une fois signé, l’Accord lie le deux parties qui l’ont conclu, chacune d’elle étant tenue d’honorer ses engagements. En outre, le texte de l’Accord ne peut souffrir aucune modification unilatérale sous peine de nullité, si ce n’est d’un commun accord. Telles sont les obligations, inhérentes à tout contrat, auxquelles vient de se dérober l’une des parties signataires de l’Accord de réforme et de concorde civile du 12 mai 2001, sous la bonne volonté de parade et de façade.

Dans ce pays où l’Assemblée Nationale fait office de chambre d’enregistrement de projet de loi, il est bien évident que tout naît et meurt par la volonté du gouvernement.

En effet, le dernier acte concerne la modification d’un projet de loi portant décentralisation et statut des régions à l’origine consensuel, puisque élaboré dans la concertation par une commission paritaire Gouvernement/FRUD-armé conformément à la logique des négociations. La légitimité ainsi conférée vient d’être ôtée par une décision unilatérale, donc dilatoire qui, de ce fait, hypothèque gravement l’avenir de tout le Peuple djiboutien.

Par ailleurs, considérant la série d’amendements infligés au projet de loi initial, il est permis de remarquer que le gouvernement se rétracte nettement sur l’ensemble du terrain de la démocratie, allant même jusqu’à projeter des mesures préjudiciables à l’unité nationale.

Cette volonté de « recentralisation » se concrétise à travers l’amendement apporté à l’article 29 qui, dans la version initiale, met en place une Commission Electorale Régionale Indépendante (CERI), dont la composition est clairement établie, chargée de garantir aux élections régionales l’honnêteté et la transparence indispensables pour se prévaloir d’une légitimité démocratique. En l’espèce, la sincérité vise des élections disputées ou pluralistes, mettant en lice plusieurs représentants de partis, voire d’idéologies, distincts.

Le gouvernement djiboutien, qui ne s’est jamais vraiment préoccupé ni de la légitimité ni de l’égalité des résultats électoraux, a tout simplement supprimé la CERI pour rétablir l’opacité électorale.

Par cet acte, il convient de souligner que le gouvernement viole non seulement l’Accord du 12 mai 2001, mais également la Déclaration Universelle qui, en son article 21, définit les bases à vocation universelle du droit politique et électoral. Puisque les élections libres semblent être renvoyées aux calendes grecques, il est par conséquent illusoire de s’attendre à une décentralisation effective qui tire d’ailleurs toute sa légitimité du principe de « libre administration » des collectivités locales.

En cherchant à s’attribuer l’organisation et le « contrôle » des opérations de vote, il est clair que le pouvoir central veut mettre en place des assemblées régionales similaires aux actuels conseils régionaux. C’est-à-dire essentiellement composées d’hommes désignés dans l’opacité, donc par le régime, en lieu et place de la population locale.

Cette volonté de « recentralisation » a d’ailleurs été clairement exprimée par le ministre en charge de la décentralisation dans son intervention à l’Assemblée Nationale, à l’occasion du vote du projet de loi amendé. Au cours de cette séance parlementaire, il avait notamment déclaré : « nous avons fait la décentralisation depuis 1999, car nous avons nommé des conseils régionaux ». CQFD !

Un peu avant cela, sur le chemin de la décentralisation version inédite, le gouvernement s’était arrête à l’article 19 et supprimait la condition de domiciliation exigée pour être électeur ou éligible dans une région. Il justifie cet acte par la nécessité d’ouvrir les assemblées régionales à des jeunes compétents mais urbains, pour éviter d’avoir des assemblées de notables traditionnels. Argument si peu convaincant que nous sommes en droit de penser que les véritables motivations de l’auteur sont ailleurs.

Le caractère fallacieux de cette argumentation apparaît aussitôt que l’on compare cet amendement à celui qui vise l’article 64 portant sur le mode de désignation du Secrétaire Exécutif régional. Car, sous le souci de compétence invoqué par le gouvernement pour justifier l’annulation de la condition de domiciliation à l’article 19 ne se vérifie plus. Pis, la compétence est même bannie puisque l’alinéa 2 de l’article 64, qui prévoit la possibilité de faire appel à une personne extérieure à l’Assemblée Régionale pour former l’Exécutif Régional est tout simplement supprimé.

Or, chacun sait que s’il y a un poste qui requiert une personne compétente, c’est bien celui du Secrétaire Exécutif, dotés de surcroît de pouvoirs importants. Les véritables motivations sont donc ailleurs et seraient plutôt d’ordre idéologique, au même titre que l’amendement de l’article 4, relatif à la délimitation territoriale.

C’est cette arrière-pensée qui explique enfin la remise en cause du caractère organique de ce projet de loi portant décentralisation et statut des régions : pourquoi le régime se compliquerait-il la manœuvre en impliquant le Conseil Constitutionnel, devant lequel doit passer toute loi organique ? Journal Réalité n°8 du 15/06/06.

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Appel urgent du FIDH et de l'OMCT pour détention arbitraire et poursuite judiciaire de syndicalistes djiboutiens

APPEL URGENT DE L’OBSERVATOIRE, jeudi 9 mars 2006

 Détentions arbitraires / Poursuites judiciaire - DJI 001 / 0206 / OBS 016.3

L’Observatoire a été informé par la Ligue djiboutienne des droits Humains (LDDH) et l’Union djiboutienne du Travail (UDT) de l’inculpation de M. Mohamed Ahmed Mohamed, responsable aux affaires juridiques de l’Union des Travailleurs du port (UTP) de Djibouti, et de M. Djibril Ismael Egueh, secrétaire général du Syndicat du personnel maritime et du service de transit (SP-MTS), deux organisations affiliées à l’UDT, pour « livraison d’informations à une puissance étrangère ».

APPEL URGENT - L’OBSERVATOIRE

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a reçu de nouvelles informations et vous prie d’intervenir de toute urgence à propos de la situation suivante à Djibouti.

Nouvelles informations :

Selon les informations reçues, le 8 mars 2006, MM. Mohamed et Egueh ont comparu devant le juge d’instruction. Au terme d’un long interrogatoire, MM. Mohamed et Egueh ont été informés des charges retenues contre eux et ont été placés sous mandat de dépôt, à la prison de Gabode à Djibouti. Selon le Code pénal djiboutien (articles 137 à 141), les deux syndicalistes sont passibles de 10 à 15 ans de prison et de 5 à 7 millions de francs djiboutiens (24 à 34 000 euros environ) d’amende.

L’Observatoire condamne fermement la détention arbitraire et les poursuites judiciaires à l’encontre de MM. Mohamed et Egueh, qui constituent une entrave à la liberté syndicale au regard des engagements internationaux de la République de Djibouti tels que le Pacte international sur les droits civils et politiques, les Conventions fondamentales de l’OIT et la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée Générale des Nations unies le 9 décembre 1998. De plus, ces détentions arbitraires s’inscrivent dans le cadre plus général d’actes de harcèlement récurrents à l’encontre des défenseurs des droits économiques et sociaux à Djibouti, en particulier les représentants syndicaux, et ce en violation de la Convention (n°98) sur le droit d’organisation et de négociation collective de l’Organisation internationale du travail, ratifiée par Djibouti en août 1978.

Rappel des faits :

Le 20 février 2006, M. Mohamed Ahmed Mohamed et M. Djibril Ismael Egueh avaient été arrêtés par les forces de police et détenus aux bureaux de la Brigade criminelle pendant 48h, sans qu’aucune charge n’ait été prononcée contre eux. MM. Mohamed et Egueh étaient revenus la veille d’un séminaire de formation syndicale en Israël, organisé par l’Institut international de la centrale syndicale israélienne Histadrut. La police les avait interrogés sur leurs activités syndicales et sur les buts et motifs de cette formation. MM. Mohamed et Egueh avaient été libérés le 22 février, mais leur passeports leur avaient été confisqués, et ne leur ont toujours pas été restitués.

Le 5 mars 2006, M. Mohamed et M. Egueh ont de nouveau été arrêtés et placés en garde à vue, en isolement, dans les locaux de la brigade criminelle de la Force nationale de police. Le secrétaire général et le secrétaire aux relations internationales de l’UDT, venus s’informer des motifs de leur détention, n’ont pas été autorisés à rencontrer les détenus, et se sont vus préciser par les policiers que l’arrestation de MM. Mohamed Ahmed Mohamed et Djibril Ismael Egueh avait eu lieu sur instruction des plus hautes autorités de l’Etat et du gouvernement.

Le même jour, après avoir entendu une première fois MM. Mohamed et Egueh, la police a perquisitionné leurs domiciles, alors que ces derniers étaient toujours en détention, et confisqué l’ensemble des documents trouvés sur place, dont ceux concernant les activités syndicales des deux hommes. Aucun mandat ne semble avoir été présenté à cette occasion.

Actions demandées :

L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités djiboutiennes et de leur demander de :

i. garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Mohamed Ahmed Mohamed et M. Djibril Ismael Egueh ;

ii. procéder à leur libération immédiate et inconditionnelle en raison du caractère arbitraire de leur détention ;

iii. veiller à ce que leur droit à un procès juste et équitable soit garanti en toute circonstances, afin que les charges retenues contre eux soient abandonnées en raison de leur caractère arbitraire ;

iv. mettre fin à toute forme de harcèlement et de représailles à l’encontre de MM. Mohamed Ahmed Mohamed et Djibril Ismael Egueh, ainsi que contre l’ensemble des membres ou responsables de syndicats et des défenseurs des droits de l’Homme à Djibouti, afin qu’ils puissent mener leur activité de défense des droits de l’Homme librement et sans entrave ;

v. se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée Générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement son article 1 qui dispose que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international”, son article 5 susmentionné, ainsi que son article 12.2, qui dispose que “l’Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration” ;

vi. se conformer plus généralement aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, ainsi qu’aux instruments internationaux et régionaux de protection des droits de l’Homme auxquels Djibouti est partie.

Adresses :

· Son Excellence Ismail Omar Guelleh, Président de la République, Palais du Peuple, BP 109, Djibouti Ville, République de Djibouti. Tel / Fax : 00 253 354060 / 47 71.

· Monsieur Mohamed Barkat Abdillahi, Ministre de la justice, des affaires pénitentiaires et musulmanes, chargé des droits de l’homme, BP 12, Djibouti Ville. Tel / Fax : 00 253 35 40 21 / 54 20.

· Monsieur Houmed Mohamed Dini, Ministre de l’emploi et de la solidarité nationale. Cité ministérielle, BP 155-170, Djibouti Ville, République de Djibouti. Tel / Fax : 00 253 35 72 68.

***

Paris - Genève, le 9 mars 2006

Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel. L’Observatoire, programme de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible.

L’Observatoire a été lauréat 1998 du Prix des Droits de l’Homme de la République Française.

Pour contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence : E-mail : Appeals@fidh-omct.org Tel et fax FIDH : + 33 1 43 55 20 11 / 33 1 43 55 18 80 Tel et fax OMCT : +41 22 809 49 39 / 41 22 809 49 29

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Affaire Borrel: le parquet fait appel de la plainte contre le Quai d'Orsay

PARIS 09/03/06 (AP) -- Le parquet de Paris a fait appel de la décision d'instruire la plainte déposée par Elisabeth Borrel, veuve d'un magistrat mort à Djibouti en 1995, pour "pressions sur la Justice", visant le ministère des Affaires étrangères, a-t-on appris jeudi de sources judiciaires.

Le 2 mars 2006, la doyenne des juges d'instruction de Paris a estimé recevable la plainte de Mme Borrel contre le Quai d'Orsay, malgré les réquisitions contraires du parquet prises en août 2005.

Le 29 janvier 2005, le Quai d'Orsay avait regretté l'expulsion de six coopérants français de Djibouti avant d'annoncer qu'une copie du dossier instruit à Paris sur la mort de M. Borrel serait transmis "prochainement" à la justice djiboutienne.

La veuve du magistrat, décédé dans des conditions suspectes, a déposé plainte en février 2005, considérant que cette annonce, faite dix jours avant que la juge d'instruction française ne soit saisie officiellement de la demande d'entraide judiciaire émise par Djibouti, pouvait être interprétée comme des "pressions sur la justice". La juge d'instruction, Sophie Clément, a refusé par la suite de communiquer le dossier d'instruction à son homologue djiboutien.

Bernard Borrel a été retrouvé mort et brûlé le 19 octobre 1995 face à l'Ile du Diable à Djibouti. Elisabeth Borrel soutient que son mari a été assassiné et accuse le président Ismaël Omar Guelleh d'être le commanditaire du crime.

Une version fermement contestée par Djibouti, où des premières investigations entreprises après la découverte du corps du magistrat ont conclu à son suicide. La thèse est appuyée par les premiers juges d'instruction français mais mise à mal par de nouvelles expertises médico-légales qui concluent au meurtre de M. Borrel. AP

Source : NouvelObs.com, 09 mars 2006

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Communiqué de l'Union djiboutienne du travail (UDT)

Communiqué de presse


Djibouti

le 8 mars 2006

Apres 72 heures de détention au secret à la brigade criminelle nos camarades MOHAMED AHMED MOHAMED et DJIBRIL ISMAEL EGUEH ont été, ce matin, transférés au parquet.

Après audition la juge d’instruction s ‘empressa de les inculper pour « information à une puissance étrangère » et ordonna leur détention en dépôt à la prison centrale de Gabode.

Ainsi la formation en Israël suivie par nos deux camarades fut interprétée comme étant « information à Israël ». Comprenne qui pourra.

Selon des sources dignes de foi que nous avons pu recueillir, aussi bien leurs arrestations arbitraires ainsi que les fallacieux motifs de leurs inculpations comme leurs détentions à la prison centrale de Gabode auraient été ordonnées par les plus hautes autorités de l’état et du gouvernement qui comptent ainsi en découdre avec le syndicalisme libre et indépendant et ses responsables sommés dorénavant de se considérer comme étant tous en sursis.

« Quand on veut tuer son chien on l’accuse de rage » dit un adage bien connu et nous estimons que les motifs de l’inculpation retenus à l’encontre de nos deux camarades ne sont non seulement pas sérieux mais prête à rire lorsqu’on sait que des centaines des djiboutiens tous services et tous corps confondus ont, durant cette dernière décennie, été envoyé en formation en Israël par les pouvoirs publics djiboutiens ! A titre d’exemple rien que le port de Djibouti a envoyé en formation en Israël plusieurs dizaines des travailleurs parmi lesquels des hauts fonctionnaires dont certains font partis de la direction jusqu'à présent. 

Aussi, indignée et hautement préoccupée par cette dérive autoritaire qu’elle dénonce avec vigueur l’UDT :

Condamne sans réserve cette détention arbitraire ainsi que les croisades antisyndicales du gouvernement qui perdurent depuis bientôt plus d’une décennie malgré les offres répétées et les disponibilités sans cesse réaffirmées de notre mouvement syndical libre au dialogue social ;

Exhorte le gouvernement à faire preuve de plus de retenue et de responsabilité en se résolvant à renouer le fil du dialogue rompu à son initiative avec les syndicats au lieu de privilégier la confrontation tous azimuts ;

Exige la libération immédiate et inconditionnelle de deux responsables syndicaux ainsi que le respect des droits humains et syndicaux garanti par la constitution, la législation nationale du travail, les chartes et conventions internationales ratifiées par notre pays.

Le secrétaire général de l'UDT
ADAN MOHAMED ABDOU

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Rapport du département d'état américain sur les droits de l'homme à Djibouti, 8 mars 2006

Extrait du rapport 2005 adapté de l'anglais

Djibouti est un pays avec une présidence forte et un parlement faible. Sa population avoisine 660.000 habitants.
Le 8 avril 2005, le Président Ismaël Omar Guelleh, candidat du parti au pouvoir, le Rassemblement populaire pour le progrès (RPP), a été réélu sans rencontrer d'adversaire, l'opposition ayant appelé à boycotter le scrutin. L'attachement du gouvernement aux droits de l'homme est resté faible, celui-ci a continué à commettre de graves abus. (...)

Les difficultés suivantes ont été constatées s’agissant des violations des droits de l'homme :

. Restriction des droits des citoyens à changer de gouvernement
. Abus infligés aux prisonniers et aux détenus
. Conditions de détention sévères
. Impunité pratiquée officiellement
. Arrestation et détention arbitraires et détention provisoire prolongée
. Ingérence dans les affaires privées
. Limitations des libertés de la presse, de rassemblement, et d'association
. Recours à la force pour disperser les manifestations et les mouvements de grève
. Violence et discrimination envers les femmes
. Mutilations génitales féminines (MGF)
. Discrimination sur la base de l'appartenance ethnique, la nationalité, et le clan
. Répressions des syndicats et harcèlement des dirigeants syndicaux

(...)

Source du rapport complet : Département d'état américain, 8 mars 2006

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Syndicalistes djiboutiens accusés de communication avec une puissance étrangère

08/03/06 Les camarades MOHAMED AHMED MOHAMED et DJIBRIL ISMAEL EGUEH ont été traduits ce matin mercredi 8 mars 2006 devant un juge d’instruction, et après de longs interrogatoires, a été ordonnée leur mise en dépôt à la prison centrale de GABODE à Djibouti.

L’accusation qui leur est portée par le juge d’instruction devrait être: « information communiquée à une puissance étrangère ».

Après l’arrestation et le jugement, en septembre 2005 et en janvier 2006, des syndicalistes du Port pour fait de grève et de la décision judiciaire prise à l’égard des deux camarades précités l’activité syndicale devient à Djibouti un délit punissable judiciairement. C’est lassant mais nous ne fléchirons pas.

Nous voulons rappeler aussi que la centrale syndicale Israélienne Histadrut restera, pour nous UDT, un syndicat ami car nous reconnaissons comme elle le pluralisme culturel, la coopération entre les peuples autour des idéaux démocratiques, de la solidarité et de la liberté syndicale comme les facteurs essentiels du développement économique, social et culturel entre les peuples de la planète.

Nous menons sur le terrain toutes actions possibles et imaginables pour la libération de nos deux camarades et nous faisons appel à la solidarité internationale et particulièrement au soutien d’Avocats Sans Frontières pour veiller sur le déroulement de leur procès.

HASSAN CHER HARED
Secrétaire aux relations internationales de l’UDT

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FIDH : Arrestations et détentions arbitraires à Djibouti

DJI 001 / 0206 / OBS 016.2, lundi 6 mars 2006

L’Observatoire a été informé par l’Union djiboutienne du Travail (UDT) de l’arrestation et de la détention arbitraire de M. Mohamed Ahmed Mohamed, responsable aux affaires juridiques de l’Union des Travailleurs du port (UTP) de Djibouti, et de M. Djibril Ismael Egueh, secrétaire général du Syndicat du personnel maritime et du service de transit (SP-MTS), deux organisations affiliées à l’UDT.

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a reçu de nouvelles informations et vous prie d’intervenir d’urgence à propos de la situation suivante à Djibouti.

Nouvelles informations :

Selon les informations reçues, le 5 mars 2006, MM. Mohamed et Egueh ont été arrêtés et placés en garde à vue, en isolement, dans les locaux de la brigade criminelle de la Force nationale de police. Le secrétaire général et le secrétaire aux relations internationales de l’UDT, venus s’informer des motifs de leur détention, n’ont pas été autorisés à rencontrer les détenus, et se sont vus préciser par les policiers que l’arrestation de MM. Mohamed Ahmed Mohamed et Djibril Ismael Egueh avait eu lieu sur instruction des plus hautes autorités de l’Etat et du gouvernement.

Après avoir entendu une première fois MM. Mohamed et Egueh, la police a perquisitionné leurs domiciles, alors que ces derniers étaient toujours en détention, et confisqué l’ensemble des documents trouvés sur place, dont ceux concernant les activités syndicales des deux hommes. Aucun mandat ne semble avoir été présenté à cette occasion.

L’Observatoire condamne fermement ces nouvelles arrestations, qui s’inscrivent dans le cadre plus général d’actes de harcèlement récurrents à l’encontre des défenseurs des droits économiques et sociaux à Djibouti, en particulier les représentants syndicaux, et qui s’inscrivent en violation de la Convention (n°98) sur le droit d’organisation et de négociation collective de l’Organisation internationale du travail, ratifiée par Djibouti en août 1978.

Rappel des faits :

Le 20 février 2006, M. Mohamed Ahmed Mohamed et M. Djibril Ismael Egueh avaient déjà été arrêtés par les forces de police et détenus aux bureaux de la Brigade criminelle pendant 48h, sans qu’aucune charge n’ait été prononcée contre eux. MM. Mohamed et Egueh étaient revenus la veille d’un séminaire de formation syndicale en Israël, organisé par l’Institut international de la centrale syndicale israélienne Histadrut. La police les avait interrogés sur leurs activités syndicales et sur les buts et motifs de cette formation. MM. Mohamed et Egueh avaient été libérés le 22 février, mais leur passeports leur avaient été confisqués, et ne leur ont toujours pas été restitués.

Actions demandées :

L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités djiboutiennes et de leur demander de :

i. garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Mohamed Ahmed Mohamed et M. Djibril Ismael Egueh ;

ii. procéder à leur libération immédiate et inconditionnelle en l’absence de toute charge valable à leur encontre ;

iii mettre fin à toute forme de harcèlement et de représailles à l’encontre de MM. Mohamed Ahmed Mohamed et Djibril Ismael Egueh, ainsi que contre l’ensemble des membres ou responsables de syndicats et des défenseurs des droits de l’Homme à Djibouti, afin qu’ils puissent mener leur activité de défense des droits de l’Homme librement et sans entrave ;

iv. se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée Générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement son article 1 qui dispose que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international”, son article 5 sus-mentionné, ainsi que son article 12.2, qui dispose que “l’Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration” ;

v. se conformer plus généralement aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, ainsi qu’aux instruments internationaux et régionaux de protection des droits de l’Homme auxquels Djibouti est partie.

Adresses :

· Son Excellence Ismail Omar Guelleh, Président de la République, Palais du Peuple, BP 109, Djibouti Ville, République de Djibouti. Tel / Fax : 00 253 354060 / 47 71.

· Monsieur Mohamed Barkat Abdillahi, Ministre de la justice, des affaires pénitentiaires et musulmanes, chargé des droits de l’homme, BP 12, Djibouti Ville. Tel / Fax : 00 253 35 40 21 / 54 20.

· Monsieur Houmed Mohamed Dini, Ministre de l’emploi et de la solidarité nationale. Cité ministérielle, BP 155-170, Djibouti Ville, République de Djibouti. Tel / Fax : 00 253 35 72 68.

***

Paris - Genève, le 6 mars 2006

Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel. L’Observatoire, programme de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible.

L’Observatoire a été lauréat 1998 du Prix des Droits de l’Homme de la République Française.

Pour contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence : E-mail : Appeals@fidh-omct.org Tel et fax FIDH : + 33 1 43 55 20 11 / 33 1 43 55 18 80 Tel et fax OMCT : +41 22 809 49 39 / 41 22 809 49 29

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Note d'information de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH)

Le Président

DIFFUSION D'INFORMATION DU 6 MARS 2006

DJIBOUTI ET LES NORMES FONDAMENTALES DU TRAVAIL RECONNUES A L'ECHELON INTERNATIONAL

RAPPORT EN PREVISION DE L'EXAMEN PAR LE CONSEIL GENERAL DE L'OMC DES POLITIQUES COMMERCIALES DE DJIBOUTI  (Genève, 27 February - 1 March 2006)

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) constate avec une profonde déception l'entêtement inadmissible des Autorités Djiboutiennes, qui continuent à harceler les syndicalistes, de bafouer constamment la Constitution de la République de Djibouti, ainsi que les normes fondamentales du Travail reconnues à l'échelon international et ratifiées par la République de Djibouti. 

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) exprime son inquiétude face à la situation dramatique des Travailleurs Djiboutiens, elle attend les résultats des enquêtes  internationales en vue d'un procès contre les Autorités Djiboutiennes.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) déplore le vote d'une loi antisociale relative à un Code de Travail qui est en nette régression avec le Code du Travail de 1952 de la période coloniale. Ces mesures législatives en infractions aux droits fondamentaux ont, probablement, été promulguées par le Chef de l'Etat  mais évidemment, toujours pas diffusées dans le Journal Officiel.

Peut-être, des nouvelles modifications avec le BIT et l'ensemble des syndicalistes, peut-être, après les élections régionales.

Référence au  Rapport du CISL sur les normes du travail à Djibouti, en prévision de l'examen par l'OMC, à lire ci-dessous

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Appel de l'Union Djiboutienne du travail (UDT) à une solidarité intensive

07/03/06 La détention des camarades MOHAMED AHMED MOHAMED et DJIBRIL ISMAEL EGUEH est prolongée aujourd'hui (07/03/2006)  pour 24 heures de plus.

La décision de la justice et la suite de leur situation semblent déjà tracés d'avance. Parce que les policiers l'ont recommandé, ce matin de le premier heure, à signer un document pré-établi dans lequel il est mentionné qu'ils ne feront pas appel à un avocat et un médecin quoi qu'il arrive mais les camarades l'ont rejeté. Recommandation impressionnant!

C'est une acte qui donne déjà une vision dangereuse et grave de la situation de deux camarades. Nous faisons appel à la solidarité internationale et un regard particulier de l'OIT et du Comité des Droits de l'Homme de l'UN sur l'évolution de la situation syndicale et sociale à Djibouti.

HASSAN CHER HARED
Secrétaire aux relations internationales de l'UDT

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Deux syndicalistes djiboutiens de nouveau arrêtés par le régime dictatorial

Les camarades, MOHAMED AHMED MOHAMED et DJIBRIL ISMAEL EGUEH qui avaient fait l’objet d’une relaxe à la suite de leur première incarcération (du 20 et 22 février 2006) viennent d’être de nouveau arrêtés ce matin ( 05/03/2006) et mis en garde à vue, au secret, à la brigade criminelle de la Force Nationale de Police.

Le secrétaire général de l’UDT et le secrétaire aux relations internationales de l’UDT se sont déplacés tout de suite après à la dite brigade pour s’enquérir des nouvelles de leurs camarades arrêtés mais se sont vus refuser par les policiers l’accès aux prisonniers.

Ayant demandé le pourquoi de cette nouvelle arrestation aux policiers présents, ces derniers leur ont précisé que cette nouvelle interpellation faisait suite selon eux aux instructions des plus hautes autorités de l’Etat et du gouvernement.

Nous appelons toutes les organisations internationales à renouveler leurs soutiens à nos camarades et leur centrale l’UDT et de faire pression sur le gouvernement et sur son chef notamment à la Présidence de la République de Djibouti

Salutations fraternelles et syndicales.

ADAN MOHAMED ABDOU
Secrétaire général de l’UDT

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Rapport du CISL sur les normes du travail à Djibouti, en prévision de l'examen par l'OMC

CONFEDERATION INTERNATIONALE DES SYNDICATS LIBRES

DJIBOUTI ET LES NORMES FONDAMENTALES DU TRAVAIL RECONNUES A L’ECHELON INTERNATIONAL

RAPPORT EN PREVISION DE L'EXAMEN PAR LE CONSEIL GENERAL DE L’OMC DES POLITIQUES COMMERCIALES DE DJIBOUTI

(Genève, 27 February - 1 March 2006)

ABREGE

Djibouti a ratifié les huit normes fondamentales du travail de l’OIT. Toutefois, dans chaque domaine, Djibouti doit, dans la législation comme dans la pratique adopter des mesures pour satisfaire aux engagements auxquels elle a souscrit à Singapour, à Genève et à Doha dans les Déclarations ministérielles de l’OMC au cours de la période 1996-2001, et dans la Déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail adoptée en juin 1998.

Si Djibouti a ratifié les deux Conventions fondamentales de l’OIT protégeant les droits syndicaux, le gouvernement limite considérablement ces droits tant sur le plan législatif que dans la pratique. Le Gouvernement ignore les propositions réitérées de dialogue et de conciliation, et manque constamment à ces promesses de mettre en œuvre les recommandations de l’OIT sur la liberté syndicale. Les dirigeants syndicaux sont harcelés sans cesse, notamment par les licenciements abusifs de leurs dirigeants, et des manifestations de protestation se heurtent à des violences policières.

Djibouti a ratifié les deux Conventions fondamentales de l’OIT sur la discrimination.  Cependant, par la persistance des coutumes, les femmes tiennent un rang inférieur dans la société et ne disposent pas des mêmes chances que les hommes ni à l’école ni sur le marché du travail. L’abolition de la loi sur le salaire minimum est regrettable puisque celle-ci représente souvent un moyen efficace d’assurer un salaire égal pour travail de valeur équivalente.

Djibouti a ratifié les deux normes fondamentales de l’OIT relatives au travail des enfants, cependant il n’existe pas de mécanismes assurant que la législation relative au travail des enfants est respectée.

Djibouti a ratifié les deux Conventions fondamentales sur le travail forcé cependant sur plusieurs points essentiels, la législation Djiboutienne n'est pas en conformité avec les normes de l’OIT sur le travail forcé.

DJIBOUTI ET LES NORMES FONDAMENTALES DU TRAVAIL,

RECONNUES À L’ÉCHELON INTERNATIONAL

Introduction

Ce rapport sur le respect par Djibouti des normes fondamentales du travail reconnues à l’échelon international s'inscrit dans une série de rapports produits par la CISL conformément à la Déclaration ministérielle adoptée lors de la première Conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) (Singapour, 9-13 décembre 1996) et ratifiée lors de la deuxième Conférence ministérielle de l’OMC (Genève, 18-20 mai 1998) dans laquelle les ministres déclaraient: "Nous renouvelons notre engagement envers le respect des normes fondamentales du travail reconnues à l’échelon international". La quatrième Conférence ministérielle (Doha, 9-14 novembre 2001) a réitéré cet engagement. Ces normes ont été à nouveau défendues dans la Déclaration de l'Organisation internationale du travail (OIT) relative aux principes et droits fondamentaux au travail, adoptée par les 174 pays membres de l’OIT lors de la Conférence internationale du travail de juin 1998.

Il y a deux confédérations syndicales libres et indépendantes dans le pays: L’ Union Djiboutienne du Travail (UDT) et l’Union Générale des Travailleurs Djiboutiens (UGTD).

A l'indépendance, Djibouti a hérité d'une économie structurellement extravertie, centrée principalement sur la demande de services externes.

Aujourd’hui  l'économie est lourdement tributaire du secteur des services qui contribue pour 80 % au Produit National Brut (PNB) et 80% des emplois. De par la localisation stratégique du pays et son statut de zone de libre échange dans la région du Nord-Est de l’Afrique, les services sont principalement axés sur les activités portuaires et les connexions routières et ferroviaires. La part de l’administration publique dans la valeur ajoutée représente 27 % et les transports et télécommunications 18 %.

Pauvre en ressources  naturelles, le pays est doté d’un secteur primaire et industriel peu développé, représentant respectivement 5 % et 15 % du PNB. Avec des terres peu fertiles et une faible pluviométrie (moins de 0,3 % des terres sont arables), l’agriculture joue un rôle restreint. Le secteur de la pêche, ressource au potentiel important, demeure inexploité.

L’économie Djiboutienne a connu au cours des deux dernières décennies une évolution  heurtée marquée par la succession de crises politiques (guerres régionales, conflit armé  dans le pays) et de chocs économiques (sécheresse, notamment)  qui se sont traduits par une dégradation continue de la compétitivité du pays, de sa situation financière et des ses infrastructures économiques et sociales.  Comme conséquence, le revenu par tête n’a cessé de baisser.

Dans le même temps les principaux indicateurs du développement humain durable enregistraient une dégradation continue. Toutes les données indiquent une pauvreté massive et structurelle qui touche toutes les catégories sociales. Avec plus de la moitié de la population active au chômage, les données concernant le marché de l’emploi révèlent une véritable crise du marché du travail.

En 2002 la valeur des exportations se montait à 150 millions de Dollars US soit environ 24% du PIB. Les principaux produits d’exportation sont la réexportation de tous produits, le cuir et peaux. La valeur des importations se montait en 2002 à 665 millions de dollars soit 107% du PIB de la même année. Les principaux produits d’importation sont les denrées alimentaires, boissons, matériel de transport, produits chimiques et pétroliers. Les principaux partenaires commerciaux étaient en 2002 la Somalie, l’Ethiopie, le Yémen, la France, l’Italie, l’Arabie Saoudite, et la Grande-Bretagne.

Djibouti est membre du COMESA, le marché commun de l’Afrique du Nord et de l’Est. C’est également un pays bénéficiaire de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act) qui prévoit un accès préférentiel au marché des Etats-Unis. Dans le cadre de l'Accord de Cotonou, Djibouti négocie actuellement un accord de partenariat  économique (APE) avec l’Union européenne. 

I. Liberté syndicale et droit de négociation collective

Djibouti a ratifié en 1978 la Convention N° 87 (1948) de l’OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical et la Convention N° 98 (1949) de l’OIT sur le droit d’organisation et de négociation collective.

Bien que la Constitution et la loi garantissent le droit des travailleurs d’adhérer à un syndicat, le gouvernement  limite considérablement l’exercice de ce droit, tant sur le plan législatif que dans la pratique.

La loi interdit la discrimination syndicale et les employeurs déclarés coupables de ce genre de pratiques ont l’obligation légale de réintégrer les salariés abusivement licenciés. Cependant le gouvernement ne respecte pas cette loi, ni ne s’efforce de la faire respecter.

Depuis plus de quinze ans, la Commission d’Experts pour l’Application des Conventions et Recommandations de l’OIT exhorte le gouvernement à restaurer au plus vite la liberté syndicale en droit comme en fait. En particulier, la Commission dans ses observations adressées au gouvernement insiste sur l’importance de garantir aux travailleurs le droit d'élire librement et démocratiquement leurs représentants syndicaux dans les élections sociales dans les entreprises et dans les congrès ordinaires des confédérations syndicales.

Un nouveau Code du Travail a été adopté par le Conseil de Ministres en 2004 et approuvé par l’Assemblé Parlementaire le 25 décembre 2005. Il est à la fois regrettable et contraire aux dispositions des normes de l’OIT que ce nouveau code de travail ait été élaboré unilatéralement par les autorités gouvernementales sans une consultation préalable des partenaires sociaux que sont les organisations syndicales.

De plus ceci constitue une violation flagrante des dispositions du code de travail en vigueur au moment de l’élaboration de ce nouveau Code. En effet le code de 1952 prévoit un Conseil Supérieur du Travail, organe tripartite dont la mission est d’émettre des avis et de formuler des propositions et résolutions sur la réglementation à venir en matière d’emploi et de conditions de travail.

La Commission d’Experts pour l’Application des Conventions et Recommandations a à plusieurs reprises demandé au Gouvernement de supprimer ou d’amender l’article 5 de la loi sur les associations tel que modifié en 1977 qui impose aux organisations l'obligation d'obtenir une autorisation préalable avant de se constituer en syndicats. La Commission a en effet rappelé au Gouvernement à plusieurs reprises qu'aux termes de l'article 2 de la Convention 87 les travailleurs ont le droit de constituer des organisations de leur choix sans autorisation préalable. Le gouvernement a récemment informé la Commission  que dans le nouveau projet de Code du travail l'existence légale des syndicats ne sera subordonnée qu'à des formalités de dépôt et de contrôle.

Cependant l’Union Djiboutienne du Travail estime pour sa part que le nouveau code du travail entravera davantage la liberté syndicale puisque l’autorisation du ministère de l’intérieur, du ministère de l’emploi, de l’inspection du travail, du ministère de la justice et du procureur de la république seront nécessaires à la constitution d’un syndicat. De plus, si  ces ministères demandent la dissolution d’un syndicat donné, le Procureur de la République pourra diligenter et demander d’y procéder par voie judiciaire.

La Commission a part ailleurs, signalé depuis plus d’une quinzaine d’années que l'article 6 du Code du travail en vigueur, qui réserve l'exercice des fonctions syndicales aux seuls ressortissants nationaux, est de nature à restreindre le plein exercice du droit des travailleurs d'élire librement leurs représentants tel que prévu par l’article 3 de la Convention 87.  Bien que le Gouvernement ait fait part de son intention d’abroger cette disposition, la Commission n’a pas été consultée sur la mise en place d’une nouvelle législation.

L'article 23 du décret no 23-099/PR/FP du 10 septembre 1983 qui établit les conditions de l’exercice de la liberté syndicale et du droit de grève, confère au Président de la République de larges pouvoirs de réquisition des fonctionnaires « indispensables à la vie de la nation et au bon fonctionnement des services publics essentiels ».

Depuis de nombreuses années, la Commission d’Experts pour l’Application des Conventions et Recommandations de l’OIT demande au gouvernement d'amender cette législation afin de circonscrire le pouvoir de réquisition à l'égard des fonctionnaires qui exercent des fonctions d'autorité au nom de l’état ou dans les services essentiels au sens strict du terme, c'est-à-dire ceux dont l'interruption mettrait en danger, dans l'ensemble ou dans une partie de la population, la vie, la sécurité ou la santé de la personne ou en cas de crise nationale aiguë. A ce jour, le Gouvernement n’a pris aucune mesure dans ce sens.

La négociation collective est reconnue par la loi mais dans la pratique le gouvernement ne la respecte pas, et ne la fait pas respecter. La négociation collective n’existant pas, les relations entre employeurs et les travailleurs sont de type paternaliste et informel. Dans certains cas, le gouvernement sélectionne lui-même les représentants des travailleurs. 

La constitution reconnaît dans son préambule le droit de grève et prévoit un préavis de 48 heures. Cependant dans la pratique les grèves sont sévèrement réprimées. Dans  la pratique les droits syndicaux ne sont pas respectés. Depuis le licenciement abusif par le gouvernement en 1995 de dix-sept dirigeants de l’Union Djiboutienne du Travail (UDT) et de l’Union Générale des Travailleurs de Djibouti (UGTD) en représailles pour leur participation à des activités syndicales légitimes contre des mesures de réajustement structurel, les actions syndicales sont systématiquement réprimées dans le pays.

Il est important de rappeler sur ce fait que le Comité de la Liberté Syndicale de l’OIT avais émis dès 1998 une recommandation visant la réintégration des intéressés. Les syndicalistes ne sont à ce jour toujours pas réintégrés, malgré les multiples engagements devant les organisations internationales et les accords notifiés dans un procès verbal daté du 8 juillet 2002 en présence d’un représentant du BIT.

Le gouvernement s’efforce de bloquer chaque aspect de l’activité des syndicats indépendants. Les dirigeants syndicaux sont harcelés sans cesse, notamment par des licenciements abusifs de leurs dirigeants, et les manifestations de protestations se heurtent à des violences policières. Le gouvernement ignore les propositions réitérées de dialogue et de conciliation, et manque constamment à ces promesses de mettre en œuvre les recommandations de l’ OIT sur la liberté syndicale et la réintégration des dirigeants syndicaux licenciés depuis 1995 jusqu’à ces jours.

Le Gouvernement continue de soutenir activement des groupes syndicaux non représentatifs. Dans certains cas, le gouvernement a encouragé la création de nouvelles structures syndicales fictives dans le but de saper les syndicats libres. Ces structures fictives sont créés par le gouvernement pour pouvoir usurper par leurs biais les rôles et les fonctions des dirigeants syndicaux légaux et légitimes.  Dès lors et depuis plusieurs années le gouvernement désigne donc lui-même les représentants des travailleurs pour assister à la Conférence Internationale du Travail de l’OIT qui a lieu au mois de juin de chaque année. 

En 2004 la direction du port de Djibouti a fait obstacle à l’organisation des élections des délégués du personnel par le Syndicat du Personnel du Port (SPP), organe le plus représentatif de l’établissement. Elle a aussi remis en cause le système de perception des cotisations syndicales alors que celui-ci est librement consenti par les 800 travailleurs membres du syndicat.

En septembre 2005 l’Union des Travailleurs du Port (UTP) affiliée à l’UDT appela à la grève pour, d’une part protester contre le refus de la direction du port de mettre en place un dialogue social malgré les rappels à l’ordre et les recommandations des instances nationales compétentes et d’ autre part, pour protester contre les violations systématiques des lois et dispositions conventionnelles du travail en vigueur. Le port de Djibouti est souvent qualifié de zone de non droit ou règne l’arbitraire, notamment en ce qui concerne les questions relatives au travail ou à l’emploi. Suite à cette grève, 12 membres de UTP ont été abusivement licenciés pour « obstacle à la liberté de travail ».

Un second appel à la grève fut lancé pour protester contres ces licenciements qui a donné lieu a l’incarcération de 156 grévistes pendant plusieurs jours. Si l’ensemble des grévistes a été relâché, 36 d’entre eux, tous dirigeants syndicaux, ont été licenciés et n’ont pu réintégrer leur poste de travail. 120 grévistes ont quant à eux reçu de leur employeur la sanction de « dernier avertissement avant licenciement ».

Le 2 octobre 2005 le tribunal correctionnel a reconnu en première instance la légalité de la grève initiale et a disculpé de toutes accusations les 12 membres de l’UTP. Le 3 octobre le Procureur de la République fit appel. L’avocat de l’UTP informa alors qu’il ne pouvait continuer à défendre le cas. Des rumeurs coururent selon lesquelles le gouvernement aurait ordonné la condamnation des 12 syndicalistes. Le 4 janvier 2006, le tribunal d’appel revint sur le non lieu et condamna 3 syndicalistes à 2 mois de prison avec sursis et les 8 autres à 1 mois de prison avec sursis. Les syndicalistes ont immédiatement engagé un pourvoi en cassation.

L’UDT a constaté en août 2005 la disparition de ses correspondances au niveau de la poste de Djibouti et parfois des falsifications de documents. Ce fut le cas pour la plainte que l’UDT avait adressée au BIT concernant les licenciements massifs des responsables et militants syndicaux du port. En 2004 l’UDT avait déjà pris connaissance de 4 fausses lettres portant 4 signatures différentes envoyées au BIT en son nom. 

Au cours de l’année 2005, la direction de l’imprimerie nationale a interdit les élections syndicales du syndicat de l’imprimerie nationale, ceci avec l’aval des autorités administratives. Le Secrétaire Général du syndicat de l’imprimerie est depuis menacé de licenciement afin de l’empêcher de renouveler le mandat de la direction syndicale. Le syndicat estime que la décision de la direction est motivée par la revendication des salariés de mettre en place un comité et un programme d’hygiène et de sécurité au sein de l’entreprise afin de protéger les travailleurs lors de l’utilisation de produits chimiques toxiques.

La direction a, à de nombreuses reprises, refuser catégoriquement cette proposition syndicale. 

En septembre 2005 une grève des syndicats des chauffeurs de bus, minibus et camions a été sauvagement réprimée. Des dizaines de chauffeurs ont été arrêtés, brutalisés et incarcérés durant plusieurs jours. La police est intervenue de façon extrêmement brutale afin de mettre fin à la manifestation organisée à la suite de cette répression, puisqu’elle a tiré à balles réelles et a ainsi tué un jeune syndicaliste de 20 ans et blessé plusieurs manifestants.

Pour dissuader l’UDT d’organiser les festivités, le 1er mai 2005, presque la totalité des agents des services de renseignements ainsi qu’un nombre impressionnant de membres de la police de répression ont été mobilisés devant les bureaux de l’UDT.

De plus, durant le mois du Ramadan 2005 les dirigeants du parti au pouvoir n’ont cessé de s’en prendre à l’UDT  et à son secrétaire général, Adan Mohamed Aboud, l’accusant entre autre, d’être à la source de toutes les contestations sociales et syndicales et de plus d’être un criminel à la solde d’Israël sous prétexte que deux cadres syndicaux de l’UDT ont reçu une formation professionnelle par l’institut de formation d’Histadrut, syndicat israélien affilié à la CISL.

Depuis 6 ans Hassan Cher Hared, secrétaire aux relations internationales de l’ UDT et le secrétaire général du Syndicat des Postiers de Djibouti est victime d’actes répétés de harcèlement. En mai 2005, après avoir été mis a pied pendant huit jours,  il a été licencié pour ses activités syndicales avant même que la sanction de mise à pied n’ait pris fin. Devant le refus de la justice de se prononcer sur cette affaire, et sous la pression internationale, il a été réintégré en octobre 2005 mais il s’agit d’une réintégration partielle car il est, à ce jour, toujours privé de ses acquis notamment ses primes de logement et de responsabilité.

Conclusion :

Le gouvernement limite considérablement les droits syndicaux tant sur le plan législatif que dans la pratique. Le Gouvernement ignore les propositions réitérées de dialogue et de conciliation, et manque constamment à ces promesses de mettre en œuvre les recommandations de l’ OIT sur la liberté syndicale. Les dirigeants syndicaux sont harcelés sans cesse, notamment par les licenciements abusifs de leurs dirigeants, et les manifestations de protestations se heurtent à des violences policières.  Les dirigeants syndicaux licenciés ne sont non seulement pas réintégrés dans leur emploi d’origine mais également interdits de travail tant dans le public que dans le privé.

II. Discrimination et égalité de rémunération

En 1978, Djibouti a ratifié la Convention N° 100 (1951) de l’OIT sur l'égalité de rémunération et en 2005 la Convention N° 111 de l’OIT (1958) concernant la discrimination dans l’emploi et la profession.

La Commission d’Experts pour l’Application des Conventions et Recommandations de l’OIT demande depuis de nombreuses années au Gouvernement de fournir des informations sur la manière dont celui-ci applique le principe d'égalité de rémunération entre hommes et femmes pour un travail de valeur égale, notamment  dans le secteur public. A ce jour le Gouvernement n’a pas répondu.

En 1997 la loi sur le salaire minimum a été abrogée et il fut établi que la rémunération fixée au contrat de travail résulterait dorénavant des accords d'entreprise, des conventions collectives ou le cas échéant, d'un accord entre les parties au contrat. La Commission d’expert de l’OIT, tout en notant que le salaire minimum est un moyen essentiel d'assurer l'application de la Convention et que les prescriptions ou orientations fixées par la législation constituent un cadre déterminant pour l'égalité lorsque les salaires sont fixés par voie de conventions collectives ou d'une autre forme d'accords, prie le gouvernement depuis plusieurs années d'indiquer de quelle manière il assure l'application de la convention dans le cadre de ce nouveau processus de fixation des salaires. Le gouvernement n’a pas répondu.

En 1999 d'un ministère chargé de la promotion de la femme, du bien-être familial et des affaires sociales fut créé. Cependant à ce jour aucune information n’est disponible quant aux initiatives prises dans ce cadre en vue d'assurer l'égalité de rémunération entre hommes et femmes pour un travail de valeur égale.

Selon les  statistiques publiées en janvier 2000 par le Service National de l'Emploi, les femmes constituaient 25,16 pour cent du nombre total des demandeurs d'emploi en 1999. Cependant ces informations sont incomplètes et ne permettent pas d’évaluer de manière adéquate la nature, l'étendue et les causes des discriminations que subissent les femmes sur le marché du travail.

Selon le PNUD, le taux de chômage des hommes  était estimé à 56% en 2004 tandis que celui des femmes s’élèverait à 70%. Des ONG actives dans le pays rapportent que les femmes travaillent principalement dans l’économie informelle. Le peu de femmes ayant accès à un travail dans l’économie formelle occupent les positions les plus basses dans la hiérarchie.  De par la persistance des coutumes, les femmes tiennent un rang inférieur dans la société et ne disposent pas des mêmes chances que les hommes sur le marché du travail.

L’enseignement a été déclaré obligatoire pour les garçons et les filles jusqu’à 16 ans en l’an 2000. Le taux d’analphabétisme s’élève à 62% chez les femmes âgées de 15 à 24 ans, contre 38% chez les hommes. Une situation due en grande partie au fait que les parents préfèrent envoyer les garçons en classe. Un problème qui recule dans les villes, mais reste tenace dans les régions plus reculées

Récemment une loi adoptée a  permis d’instituer un quota dans l’Assemblée Nationale et dans l’administration. Ainsi lors des élections législatives de janvier 2003, 10% des représentants de chacun des partis politiques étaient des femmes. L’Assemblée Nationale Djiboutienne compte aujourd’hui 7 femmes sur les 65 parlementaires.

Par ailleurs, le gouvernement continue de discriminer les citoyens sur la base de leur appartenance à une ethnie dans le domaine de l’emploi et de l’avancement professionnel. Ainsi les Somaliens Issas, contrôlent le parti au pouvoir, les services civils et de sécurité ainsi que les forces militaires. La présence d’une discrimination basée sur l’appartenance à une ethnie limite fortement le rôle des membres de groupes minoritaires dans le gouvernement et dans la politique en général. 

Conclusion :

L’absence de données statistiques systématiques concernant les hommes et les femmes rend difficile la visualisation de l’étendu de la discrimination de genre.  L’abolition de la loi sur le salaire minimum est regrettable puisque celle-ci représente souvent un moyen efficace d’assurer une rémunération égale pour travail de valeur équivalente. De par la persistance des coutumes, les femmes tiennent un rang inférieur dans la société et n’ont pas les mêmes chances que les hommes ni à l’école ni sur le marché du travail.

III. Travail des enfants

En 2005 Djibouti a ratifié la Convention N° 138 (1973) de l’OIT sur l'âge minimum d'accès à l’emploi et la Convention N° 182 (1999) sur les pires formes de travail des enfants.

Le Code du Travail en vigueur fixe à 14 ans l’âge minimum d’accès à l’emploi. Cependant dans le nouveau Code du Travail, l’âge minimum légal sera 16 ans. Le travail de nuit est interdit aux enfants n’ayant pas atteint l’âge de 16 ans.

Bien que l’éducation soit gratuite et obligatoire,  les coûts associés tels que le transport ou le matériel scolaire sont un obstacle réel à la scolarisation de nombreux enfants. Ainsi selon l’UNICEF, le taux de scolarisation primaire net pour la période 2000-2204 est de 40% pour les garçons et 32% pour les filles. Le nombre d’écoles est insuffisant et leur état est souvent déplorable. Le gouvernement ne s’efforce pas de faire respecter les lois et règlements relatifs à l’éducation des enfants.

En règle générale, la loi n’est pas appliquée et il n’y a pas dans l’appareil administratif Djiboutien d’autorité spécialisée pour enquêter les cas d’infraction aux lois relatives au travail des enfants. Les inspecteurs du travail sont sensés signaler les violations dont ils sont les témoins. Cependant aucun cas de violation de loi relative au travail des enfants n’a été porté devant une cour de justice à ce jour.

Il n’y y a pas de statistiques concernant le nombre d’enfants sous l’âge de 15 ans qui travaillent. Cependant les ONG actives dans le secteur signalent un nombre considérable d’enfants travaillant dans le secteur informel. Le cas des enfants réfugiés ou déplacés provenant d’Ethiopie, d’Erythrée, et de Somalie à la recherche d’un emploi dans les villes Djiboutienne est préoccupant. Les jeunes filles finissent souvent par se prostituer. 

De manière générale, le Gouvernement n’investit pas assez dans le bien-être et le respect des droits des enfants.

Conclusion :

Des données fiables concernant le nombre et les caractéristiques des enfants travailleurs et travailleuses de Djibouti font défaut. Il n’existe pas de mécanismes assurant que la législation relative au travail des enfants est respectée. De manière générale le Gouvernement n’investit pas assez dans le bien-être et le respect des droits des enfants.

IV. Travail forcé

En 1978 Djibouti a ratifié la Convention N° 29 (1930) de l’OIT sur le travail forcé et la Convention N° 105 (1957) de l’OIT sur la l'abolition du travail forcé.

Depuis plus de quinze ans, la Commission d’Experts pour l’Application des Conventions et Recommandations se réfère aux articles 23 et 24 de la loi no 144/AN/80 portant Code pénitentiaire qui stipulent que le travail des détenus est organisé par l'administration pénitentiaire et que les détenus peuvent être employés par des services publics ou par des entreprises privées, le travail pour des entreprises privées ne pouvant toutefois être effectué qu'à l'intérieur des locaux pénitentiaires.

La Commission avait attiré l'attention du gouvernement sur le fait que la Convention interdit explicitement que les personnes astreintes au travail comme conséquence d'une condamnation judiciaire soient concédées ou mises à la disposition des particuliers, de compagnies ou de personnes morales privées. Seul le travail exécuté dans des conditions d'une relation de travail libre peut être considéré comme échappant à cette interdiction, ce qui exige nécessairement le consentement formel de l'intéressé, ainsi que, compte tenu des circonstances de ce consentement, certaines garanties et protections, notamment en matière de salaire, permettant de considérer qu'il s'agit d'une véritable relation de travail libre. A ce jour, le gouvernement n’a toujours pas communiqué les contrats de travail ni les détails concernant les conditions de travail des prisonniers.

La Commission d’Experts de l’OIT a relevé des incompatibilités entre la législation nationale et la Convention No 29 concernant la liberté pour les serviteurs de l’état de quitter leur emploi. Depuis de nombreuses années, la Commission prie le gouvernement de fournir des informations plus complètes sur la manière dont la suppression du travail forcé est assurée à l'égard des points suivants:

i) l'article 8 du décret no 91-029/PR/DEF, relatif au statut particulier des médecins et pharmaciens chimistes, lesquels doivent servir l'armée pendant une période de quinze ans;

ii) l'article 109 de la loi no 72/AN/94/3eL, portant statut de la force nationale de police, et l'article 50 de la loi no 48/AN/83/1re portant statut général des fonctionnaires, qui prévoient que la démission doit être régulièrement acceptée;

iii) la pratique selon laquelle les militaires de carrière doivent introduire une demande auprès du Conseil supérieur militaire, s'ils veulent mettre fin à leur carrière, notamment en cas d'études aux frais des forces armées.

Depuis l’année 1999, le gouvernement affirme que les deux premiers points mentionnés ci –dessus feront l’objet d’un examen à la lumière de la Convention, dans le cadre de la révision législative et réglementaire des normes du travail que le gouvernement espère entreprendre dès que les conditions seront réunies pour organiser une consultation nationale tripartite. A ce jour le gouvernement n’a pris aucune mesure dans ce sens.

La Commission d’Experts de l’OIT prie le gouvernement depuis plusieurs années de communiquer des informations sur l'application pratique des dispositions de la loi no 1/AN/92/2eL du 15 septembre 1992 relative aux partis politiques. En vertu de son article 19, quiconque, en violation de cette loi, fonde, dirige ou administre un parti sous quelque forme ou quelque dénomination que ce soit, encourt une peine d'emprisonnement et une amende.

En parallèle, la Commission a également noté que les dispositions des articles 23 et 24 de la loi no 144/AN/80 du 16 septembre 1980 portant Code pénitentiaire n'indiquent pas expressément si le travail pénitentiaire est ou non obligatoire. Par conséquent la Commission a prié le gouvernement d'indiquer quelles mesures ont été prises pour assurer que l'application de l'article 19 de la loi du 15 septembre 1992 n'ait pas pour conséquence l'imposition de travail pénitentiaire obligatoire aux personnes condamnées à une peine d'emprisonnement en vertu de leurs activités politiques. A ce jour, le gouvernement n’a toujours pas répondu à l’OIT sur ce point.

Conclusion :

Sur plusieurs points essentiels, la législation Djiboutienne ne semble pas être en conformité avec les normes de l’OIT sur le travail forcé. Malgré plusieurs dizaines de requêtes de la Commission d’Experts pour l’Application des Conventions et Recommandations, le gouvernement n’a toujours pas fourni les informations nécessaires à une analyse plus poussée de la législation et des pratiques relatives au travail forcé.

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS FINALES

1. Si Djibouti a ratifié toutes les Conventions de l’OIT relatives aux normes  fondamentales du travail, de graves difficultés associées à l'application des droits syndicaux subsistent tant dans la législation que dans la pratique.

2. Le gouvernement Djiboutien devrait appliquer les dispositions énoncées dans le Code du travail de 1952 et s’efforcer de mettre en œuvre les recommandations de l’OIT sur la liberté syndicale, ce qui semble nécessiter la  suspension du nouveau code du travail. En particulier le gouvernement devrait garantir aux travailleurs le droit d’élire librement et démocratiquement leurs représentants à tous les niveaux prévus par la loi et les Conventions internationales. Il devrait par conséquent revoir complètement avec ses partenaires sociaux le nouveau code du travail.  Non seulement celui-ci est en nette régression par rapport à sa version antérieure de 1952, mais ses dispositions essentiels ne respectent ni l’esprit ni la lettre des conventions internationales fondamentales de l’OIT.  De plus, elles violent parfois les dispositions légales garanties par la constitution nationale qui reconnaît la liberté syndicale tant dans son préambule que dans ses articles 15 et suivants.

3. Le gouvernement devrait s’attacher à rétablir le dialogue social et le tripartisme dans le pays.

4. Le gouvernement doit supprimer toute disposition légale établissant l’obligation d’obtenir une autorisation préalable à la constitution d’un syndicat.

5. Le gouvernement doit amender la législation en vigueur afin de circonscrire le pouvoir de réquisition à l’égard des fonctionnaires qui exercent des fonctions d’autorité au nom de l’état ou dans les services essentiels au sens strict du terme.

6. Le gouvernement doit réintégrer au plus vite les dix-sept employés qu’il a abusivement licenciés en 1995 et 1996 ainsi que les 34 employés du Port licenciés en 2005. 

7. Le gouvernement Djiboutien doit cesser de nommer lui-même les représentants des travailleurs assistants aux conférences annuelles de l’OIT, et de soutenir des mouvements syndicaux non représentatifs. Il doit par conséquent mettre fin aux pratiques de création de nouvelles structures syndicales fictives et reconnaître les centrales syndicales légitimes et légales sans condition.

8. Le gouvernement Djiboutien doit cesser d’intervenir brutalement lors de grèves ou manifestations.

9. Le gouvernement doit faire respecter l’application du droit du travail en vigueur dans le Port International de Djibouti et cesser de harceler les syndicalistes du Port.

10. Le gouvernement doit prendre les mesures nécessaires à l’application des Conventions relatives à la lutte contre la discrimination. En particulier le gouvernement doit s’efforcer de faire respecter le principe d’égalité de salaire pour un travail de valeur équivalente.

11. Le gouvernement ne doit pas réserver certaines fonctions de l’administration d’état à un seul groupe ethnique.

12. Le gouvernement doit faire respecter la loi sur l’éducation des enfants, aussi bien pour les filles que pour les garçons ainsi que la loi relative au travail des enfants.

13. Le gouvernement doit mettre en place un système de statistiques fiables incluant la différentiation par sexe, âge et appartenance à un groupe ethnique.

14. Le gouvernement doit fournir à l’OIT les détails et informations requis concernant la législation Djiboutienne relative au travail forcé.

15. Conformément aux engagements pris par Djibouti lors des conférences ministérielles de l’OMC, de Singapour et de Doha, et à ses obligations en tant que membre de l’OIT, le gouvernement Djiboutien devrait fournir des rapports réguliers à l’OMC et à l’OIT sur ses changements législatifs et ses programmes de mise en œuvre relatifs à toutes les normes fondamentales du travail.

16. L’OMC devrait attirer l'attention des autorités Djiboutienne sur les engagements qu'elles ont pris pour respecter les normes fondamentales du travail lors des conférences ministérielles de l’OMC, de Singapour, de Genève et de Doha. L’OMC devrait demander à l’OIT d'intensifier son travail avec le gouvernement Djiboutien dans ces domaines et fournir un rapport au Conseil général de l’OMC à l'occasion du prochain examen des politiques commerciales.

Références
Banque mondiale, Rapport sur le développement dans le monde, 2004
Confédération internationale des syndicats libres (CISL), Rapport annuel des
violations des droits syndicaux, éditions 2000 à 2005
Département d'Etat des États-Unis, Rapport sur les pratiques en matière de droits humains pour 2000-2004
Internationale de l’éducation (IE) Baromètre des droits humains et syndicaux dans le secteur de l’éducation, 2004
Human Rights Watch, Rapport par pays, 2004- 2005
OIT, Rapports de la Commission d’experts pour l'application des Conventions et Recommandations, éditions 2000 à 2005
Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Rapport sur le
développement humain, 2004
Union Djiboutienne du Travail, plusieurs rapports 2001-2006
UNICEF, plusieurs rapport et profiles 2004, 2005

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Affaire Borrel : Information judiciaire ouverte contre Hervé Ladsous

03.03.06 La plainte de la veuve du juge Borrel contre l'ancien porte-parole du Quai d'Orsay, pour "pressions sur la justice", a été reçue.

 

Le doyen des juges d'instruction du tribunal de grande instance de Paris a jugé recevable jeudi 2 mars la plainte déposée par Elisabeth Borrel, veuve d'un magistrat mort à Djibouti en 1995, pour "pressions sur la justice", plainte visant un ancien porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hervé Ladsous, a-t-on appris vendredi 3 mars de source judiciaire.

Dans un communiqué du 29 janvier 2005, le Quai d'Orsay avait regretté l'expulsion de six coopérants français de Djibouti avant d'annoncer qu'une copie du dossier judiciaire sur la mort de Bernard Borrel serait "prochainement" transmise à la justice djiboutienne.

La famille du magistrat a déposé plainte en février, considérant que cette annonce, faite dix jours avant que la juge d'instruction française ne soit officiellement saisie de la demande d'entraide judiciaire émise par Djibouti, pouvait être interprétée comme des "pressions sur la justice".
La doyenne des juges d'instruction de Paris, Fabienne Pous, lui a donné raison le 2 mars en estimant que les propos du porte-parole du Quai d'Orsay "anticipaient la décision à venir" de la juge d'instruction quant à l'éventuelle transmission du dossier.

Instruction sous X

Le parquet de Paris avait pourtant considéré que la déclaration du porte-parole ne pouvait constituer un commentaire tendant à exercer des pressions en vue d'influencer une décision d'un juge d'instruction. Le parquet peut faire appel de cette décision.

La plainte d'Elisabeth Borrel visait nommément Hervé Ladsous. Fabienne Pous a considéré qu'il fallait instruire contre X. La juge d'instruction, Sophie Clément, a refusé de communiquer le dossier d'instruction à son homologue djiboutien.

Bernard Borrel a été retrouvé mort et brûlé le 19 octobre 1995 face à l'Ile du Diable à Djibouti. Elisabeth Borrel soutient que son mari a été assassiné et accuse le président Ismaël Omar Guelleh d'être le commanditaire du crime.

Une version fermement contestée par Djibouti, où des premières investigations entreprises après la découverte du corps du magistrat ont conclu à son suicide. La thèse est appuyée par les premiers juges d'instruction français mais mise à mal par de nouvelles expertises médico-légales qui concluent au meurtre de Bernard Borrel. (Avec AP)

Source NOUVELOBS.COM, vendredi 3 mars 2006

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Le sénat français serait-il au secours de la dictature djiboutienne ?

Aujourd’hui jeudi 3 février 2006 est prévu au Sénat à Paris un Colloque sur le thème "Renforcement de la coopération économique et culturelle entre la France et les pays de la Corne d’Afrique".

Le même Sénat qui avait diffusé le 5 mars 2003 un rapport d’information  présenté au nom de la commission des Affaires étrangères de la défense réalisé à la suite d’une mission effectuée du 14 au 22 février 2003 en Erythrée, Djibouti, Ethiopie et Soudan.

Les auteurs du rapport MM. André DULAIT, André BOYER, Didier BOULAUD, M. Louis MOINARD et Mmes Paulette BRISEPIERRE, Hélène LUC, écrivaient alors s’agissant de Djibouti :

« Il faut regretter que les atouts géopolitiques et économiques de Djibouti ne bénéficient guère à la population ».

« L’émergence de l’opposition (37 % des voix dans la ville de Djibouti [aux élections législatives du 10 janvier 2003]) traduit sans doute le désarroi d’une population qui ne bénéficie d’aucune retombée des masses financières que le Gouvernement tire de l’activité portuaire et de la présence des troupes étrangères sur son sol. »

« De nombreuses aides budgétaires ont également été consenties au profit du territoire, dont 1,8 million d’euros en 2001 et 6 millions d’euros en 2002. Ce soutien constant n’a pas permis, cependant, d’enrayer l’émergence d’une crise des finances publiques, dont la principale manifestation se traduit par un retard constant dans le versement des traitements de la fonction publique. La masse d’arriérés se monte aujourd’hui à environ cinq mois de salaire. »

« Ce constat est préoccupant car il témoigne d’un manque de maîtrise des disponibilités financières aux mains du gouvernement djiboutien. »

«En effet, s'il est indéniable que Djibouti constitue une zone importante pour notre dispositif outre-mer, notamment par sa situation privilégiée au débouché de la mer Rouge sur le golfe d'Aden (comme l'atteste d'ailleurs l'implantation, depuis septembre 2002, d'un millier de soldats américains sur l'ancien camp Lemonnier, contigu à l'aéroport), (…) »

« Il est à craindre que cette rente de situation dispense les autorités locales d’une réflexion, pourtant nécessaire, sur les causes du délabrement des infrastructures publiques, qui ajoutent encore au dénuement de la population, et qui s’accroît proportionnellement aux sommes dont elles sont destinataires. »

« La recherche par la France de la possibilité d’implantations alternatives pour ses forces permettrait peut-être de dissiper une certaine illusion sur le caractère totalement vital de Djibouti pour notre pays. »

« Il conviendrait, tout au contraire, d’inverser cette croyance fallacieuse, et faire réfléchir le pouvoir en place sur l’avenir réservé à leur pays si la France s’en détournait. Cette prise de conscience n’est pas, pour l’heure, à l’ordre du jour, ainsi qu'en témoigne la conclusion, annoncée au début d'avril 2003, d'une convention entre la France et Djibouti portant sur une réévaluation du coût de notre présence militaire, et sur la situation financière et fiscale des FFDJ. »

Djibouti a-t-elle changé alors ? Les autorités de Djibouti n’ont-t-elles pas bien plutôt dégradé le niveau de vie de leurs concitoyens ? Le pays Djibouti n’est-il pas devenu l’un des plus pauvres parmi les plus pauvres de la planète alors qu’une manne supplémentaire de 20 à 30 millions de dollars américains par an s’est rajoutée au pactole financier du pré-positionnement militaire sur son sol ?

Les sénateurs ne réussiront pas à attirer d’investisseurs étrangers à Djibouti aussi longtemps que ces questions n’obtiendront pas de réponse. Les développements du colloque seront suivis avec attention par tous les démocrates de la Corne de l’Afrique.

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Ethiopie: le procès de l'opposition éthiopienne ajourné au 22 mars

ADDIS ABEBA – Le procès pour complot d'une centaine d'Ethiopiens, dont des dirigeants de l'opposition et des journalistes, a été ajourné au 22 mars après la tenue d'une brève audience mercredi à Addis Abeba, ont constaté des journalistes de l'AFP.

L'ensemble des 129 accusés - parmi lesquelles figurent les 29 dirigeants du principal parti d'opposition éthiopien et une vingtaine de journalistes - sont convoqués le 22 mars devant le juge de la Haute Cour.

Mercredi, trois des accusés - deux membres de l'organisation humanitaire britannique ActionAid et un instituteur - qui avaient déposé une requête afin de bénéficier d'une procédure judiciaire distincte des 126 autres inculpés, ont vu leur demande rejetée.

"Les accusations (contre ces trois personnes) contiennent les dates exactes et les lieux des délits, nous ne retenons pas leurs objections", a déclaré le juge de la Haute Cour, Adil Ahmed.

"Si leur comparution a lieu séparément, cela pourrait retarder le procès, la Cour n'accepte pas la proposition que ces trois accusés comparaissent séparément", a-t-il affirmé mercredi.

L'avocat de ces trois personnes, Alenu Denek, avait notamment argué que ses clients n'étaient sous le coup que d'un seul des sept chefs d'inculpation visant la majorité des autres accusés.

Ce procès avait repris le 23 février après sept semaines d'interruption. Les 129 accusés sont jugés notamment pour "complot en vue de renverser par la force un gouvernement constitutionnel".

Par ailleurs, l'un des avocats de la formation de l'opposition du Parti de la coalition pour l'unité et la démocratie (CUDP), Berhane Mogese, soupçonné de "préparer des actes terroristes", a été arrêté par la police éthiopienne le 19 février, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

"Berhane a été arrêté dans la nuit de samedi (18) à dimanche (19 février) chez lui à 4 heures du matin", a déclaré à l'AFP un avocat éthiopien sous couvert d'anonymat.

"Il a comparu devant un tribunal le 21 février et a été maintenu en détention provisoire pour 14 jours supplémentaires pour les besoins de l'enquête. Il est accusé de participer à des activités terroristes", a-t-il ajouté.

La police fédérale n'était pas joignable pour confirmer cette information. M. Berhane est l'avocat du dirigeant du CUDP, Hailu Shawel, qui figure parmi les 129 accusés.

Les élections législatives de mai 2005, remportées officiellement par le pouvoir sortant, ont été entachées de fraudes selon l'opposition.

A la suite de ces scrutins très disputés, des violences meurtrières ont éclaté, en juin et novembre 2005, faisant au moins 84 morts à Addis Abeba, selon des sources hospitalières, et entraînant au moins 13.000 interpellations.

Source : AFP, du 01 mars 2006

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Un travailleur de l'Onu enlevé dans le sud de la Somalie

UUn travailleur expatrié du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a été enlevé mercredi dans la région de Lower Juba, dans le sud de la Somalie, ont annoncé des sources concordantes.

Robert McCarthy a été enlevé vers 11H00 locales (08H00 GMT) dans les environs d'Afmadow, à quelque 110 km au nord-ouest du port de Kismayo, capitale de la région de Lower Juba, ont annoncé des responsables somaliens.

 L'Onu a refusé de préciser la nationalité de M. McCarthy. Cet enlèvement n'avait dans l'immédiat pas été revendiqué.

"Les Nations unies sont en contact avec le gouvernement fédéral de transition et les autorités locales de la région qui agissent afin d'obtenir la libération de M. McCarthy", a annoncé l'Onu dans un communiqué parvenu à l'AFP à Nairobi.

"Tous les contacts nécessaires ont été activés avec les chefs traditionnels, les responsables de sécurité et des politiciens locaux", a déclaré de son côté à l'AFP Ahmed Ashi, un parlementaire de la région de Lower Juba.

"Nous espérons la libération immédiate, sans conditions et en sécurité du travailleur humanitaire de l'Onu (...) Les enlèvements sont (jugés) inacceptables dans la région et ne seront pas tolérés", a-t-il poursuivi.

Début octobre 2005, un agent de sécurité somalien des Nations unies avait été assassiné par des inconnus dans le port de Kismayo, situé à environ 500 km au sud de la capitale somalienne Mogadiscio.

En février 2004, un travailleur de l'Onu de nationalité allemande, Rolf Helmrich, avait été enlevé dans la même région, puis relâché après des négociations intenses entre les ravisseurs et les miliciens de l'Alliance de la vallée de Juba (JVA), qui contrôle le sud de la Somalie.

Pays de la Corne de l'Afrique, la Somalie est livrée au chaos depuis le début, en 1991, d'une guerre civile qui a fait entre 300.000 et 500.000 morts.

De nouvelles institutions politiques ont été mises en place depuis plus d'un an, mais les membres du gouvernement et du Parlement, qui sont pour la plupart des chefs de guerre, sont profondément divisés.

Source Le Monde, 01/03/06

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