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Dernières nouvelles
- Edition en Ligne de Mars 2006
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Directeur de
Publication : ALI MAHAMADE HOUMED Codirecteur
: MAHDI IBRAHIM A. GOD Email : realite_djibouti@yahoo.fr
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30/03/06 LDDH : COMMUNIQUE DE
PRESSE DU 30 MARS 2006, et Articles du Code pénal sur les
motifs de l'arrestation des syndicalistes
29/03/06 Premier compte rendu
du meeting de l’UAD à l’avenue Nasser ce mercredi 29 mars
2006
28 et 29/03/06 LDDH :
Communiqué de presse du 28 mars 2006,
accompagné d'un Post Scriptum
29/03/06 Note d'information
de l'Union Djiboutienne du Travail (UDT)
27/03/06 LDDH : Communiqué de
presse du 27 mars 2006
26/03/06 Communiqué de presse
de l'Union pour l'Alternance Démocratique (UAD)
26/03/06 Mobilisation à Brest
pour une famille djiboutienne (Télégramme de Brest)
25/03/06 Mobilisation à Brest
contre l'expulsion d'une famille djiboutienne (AFP)
24/03/06 L'ARDHD et
l'Association des parents d'élèves de Brest se mobilisent
pour Abdoulkader, demandeur d'asile djiboutien
24/03/06 Communiqué de presse
de la LDDH sur les détentions arbitraires des
syndicalistes
20/03/06 La LDDH dénonce les
conditions de détention à la prison de Gabode
20/03/06 Communiqué de presse
: Appel d'urgence de l'Union djiboutienne du travail (UDT)
17/03/06 LDDH et FIDH :
Diffusion d'information sur la création du Conseil des
droits de l'homme
16/03/06 L’Armée française
assure-t-elle la formation d’anciens tortionnaires
djiboutiens à Paris ?
16/03/06 Le Parlement
européen dénonce l'impunité des ex-dictateurs africains
15/03/06 L'Assemblée générale
de l'ONU crée un nouveau Conseil des droits de l'homme
15/03/06 Communiqué de presse
de la LDDH sur les incarcérations arbitraires des
dirigeants syndicaux
15/03/06 Communiqué de l'UDT
: quatre responsables syndicaux sous mandat de dépôt à
Gabode
14/03/06 Répression des
dirigeants syndicaux : les organisations internationales
se mobilisent
14/03/06 Arrestation de
quatre syndicalistes : Communiqué de presse de l'Union
djiboutienne du travail (UDT)
13/03/06 LDDH : Note préliminaire du
13 mars 2006 sur une décision du parquet sans avocat ni
bâtonnier
13/03/06 LDDH : Rappel du communiqué
de presse du 8 mars 2006 gelé à la demande de Me Tarek
12/03/06 Communiqué de presse
de l'UAD sur la farce électorale régionale du 10 mars 2006
12/03/06 LDDH : Diffusion
d'information sur le rapport 2005 de l'Observatoire des
défenseurs des droits de l'homme (FIDH et OMCT)
11/03/06 Communiqué de presse
de l'Union pour l'Alternance Démocratique (UAD) sur
l'arrestation de M. Adan Mohamed Abdou, Secrétaire général
de l'ARD
11/03/06 Arrestation des
dirigeants de l'Union djiboutienne du travail (UDT)
10/03/06 Le non événement des
élections dites locales à Djibouti
10/03/06 Décentralisation :
des amendements au projet de loi irresponsables et
inacceptables (archives)
10/03/06 Appel urgent du FIDH
et de l'OMCT pour détention arbitraire et poursuite
judiciaire de syndicalistes djiboutiens
09/03/06 Affaire Borrel: le
parquet fait appel de la plainte contre le Quai d'Orsay
09/03/06 Communiqué de
l'Union djiboutienne du travail (UDT)
08/03/06 Rapport du
département d'état américain sur les droits de l'homme à
Djibouti, 8 mars 2006
08/03/06 Syndicalistes
djiboutiens accusés de communication avec une puissance
étrangère
08/03/06
FIDH : Arrestations et détentions arbitraires à Djibouti
07/03/06 Note d'information
de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH)
07/03/06 Appel de l'Union
Djiboutienne du travail (UDT) à une solidarité intensive
05/03/06 Deux syndicalistes
djiboutiens de nouveau arrêtés par le régime dictatorial
05/03/06 Rapport
du CISL sur les normes du travail à Djibouti, en prévision
de l'examen par l'OMC
03/03/06 Affaire Borrel :
Information judiciaire ouverte contre Hervé Ladsous
02/03/06 Le sénat français
serait-il au secours de la dictature djiboutienne ?
01/03/06 Ethiopie: le procès
de l'opposition éthiopienne ajourné au 22 mars
01/03/06 Un travailleur de
l'Onu enlevé dans le sud de la Somalie
LDDH : COMMUNIQUE DE PRESSE DU 30 MARS 2006

Le
Président |
COMMUNIQUE DE PRESSE DU
30 MARS 2006
REMISE EN LIBERTE DES SYNDICALISTES
PAR LA CHAMBRE D'ACCUSATION
|
Le 30 mars
2006, la Chambre d’Accusation a siégé en présence de Maître
Tarek, avocat des syndicalistes, défenseurs des Droits
Economiques, Sociaux et Culturels.
Le Président
de la Chambre d’Accusation a mis en délibéré au 6 avril 2006,
l’affaire des quatre syndicalistes: M. DJIBRIL ISMAËL IGUEH,
MOHAMED AHMED MOHAMED, HASSAN CHER HARED et ADAN MOHAMED
ABDOU.
Il est bon de
rappeler que ces syndicalistes ont été arrêtés début mars
2006 sans preuves matérielles, avec un chef d’accusation qui
est tout à fait fallacieux, (voir les articles suivants qui
donnent l’impression que ces syndicalistes avaient en leur
pouvoir le Secret Top Défense), et mis en détention
arbitraire après des enquêtes truffées de vices de formes.
Le seul
outrage ne peut-être que leur droit de porter des plaintes
contre les autorités portuaires ou autres, la seule
intelligence étant d’avoir suivi des cours de formation en
Israël alors qu’aucun texte n’interdit de se rendre dans ce
pays dont les Centrales syndicales ont, depuis cinquante ans
(avant et après l’indépendance), apporté leur concours pour la
formation des travailleurs djiboutiens.
Est-ce vrai
que des membres de la SDS aurait suivi eux aussi des cours de
formation en matière de sécurité ?
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un appel pressant
aux Instances Internationales pour qu’elles condamnent avec
fermeté les Autorités Djiboutiennes.
M. NOEL ABDI
Jean-Paul
**
Articles du
Code Pénal sur les motifs des arrestations
SECTION 111
La livraison d’informations à une puissance étrangère
Article 137
Le fait de
livrer ou de rendre accessibles à une puissance étrangère, à
une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle
étranger ou à leurs agents, des renseignements, procédés,
objets ou documents dont l’exploitation, la divulgation ou la
réunion est de nature à porter atteinte aux intérêts
fondamentaux de la Nation est puni de quinze ans de réclusion
criminelle et de 7 000 000 F d’amende.
SECTION IV
Les outrages, offenses et violences envers les dépositaires de
l’autorité ou de la considération publique
Article 188
L’outrage
envers le Président de la République est puni de deux ans
d’emprisonnement et de 500 000 F d’amende, l’outrage envers
les Chefs d’Etat et les Chefs de gouvernements étrangers, les
ambassadeurs et les chargés d’affaires accrédités près du
gouvernement de la République de Djibouti est puni d’un an
d’emprisonnement et de 200 000 F d’amende.
L’outrage
envers les personnes énumérées aux alinéas 1 et 2 est
constitué, que les moyens indiqués à l’article 187 aient été
adressés dans ou hors l’exercice des fonctions. Il est désigné
sous le terme d’offense. La poursuite de l’offense visée à
l’alinéa 2 n'a lieu que sur la demande
des intéressés au Ministre des Affaires Etrangères qui la
transmet au ministre de la Justice.
Premier compte rendu du meeting de l’UAD à
l’avenue Nasser ce mercredi 29 mars 06
Dans
l’après-midi du mercredi 29 mars 2006, dernier jour de
campagne pour le deuxième tour des élections frauduleuses
« régionales et communales », six (6) meetings étaient
organisés dans Djibouti-ville (RPP, FRUD-bis, « deux
listes indépendantes », le PSD, et sans couverture de la
RTD : celui de l’UAD.
Le meeting
de l’UAD a tenu toutes ses promesses. Outre l’affluence
massive, c’est la qualité et la cohérence des messages
délivrés qui a retenu toute l’attention. Les partisans du
boycott sont venus spontanément et massivement de tous les
quartiers populaires. L’avenue Nasser était noire de
monde.
A quelques
centaines de mètres de là, le FRUD-bis tenait son
rassemblement à la place de l’indépendance à Arhiba ;
quelques centaines de personnes convoyées par bus y ont
assisté.
De son
côté, le RPP a dû réquisitionner des véhicules militaires
pour acheminer quelques milliers de personnes dont des
travailleurs raflés, en direction du Stade Hassan Gouled.
De l’avis
général, le meeting de l’UAD était de loin le plus
réussi.
Une gifle décisive vient d’être assénée au RPP et à ses
alliés.
LA REDACTION
LDDH : Communiqué
de presse du 28 mars 2006

Le
Président |
COMMUNIQUE DE PRESSE DU
28 MARS 2006
DEUX NOUVEAUX SYNDICALISTES
ONT COMPARU DEVANT
LA JUGE D'INSTRUCTION
|
Le 28 mars
2006 deux syndicalistes MM. ADAN MOHAMED ABDOU et HASSAN CHER
HARED ont comparu devant la Juge d’Instruction Fathia Mahamoud
Djama.
Les deux
syndicalistes ont été amenés de la prison de Gabode où ils
sont en Détentions arbitraires depuis le 11 mars 2006. Après
l’interrogatoire, ils ont été relâchés en liberté provisoire
avec contrôle judiciaire.
L’épée de
Damoclès plane sur leur tête.
Les deux
autres Défenseurs des Droits Economiques Sociaux et Culturels
MM. MOHAMED AHMED MOHAMED et DJIBRIL ISMAËL IGUEH vont
comparaître devant la Chambre d’Accusation jeudi 30 mars 2006
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un appel pressant
aux Instances Internationales pour qu’elles condamnent avec
fermeté les Autorités Djiboutiennes.
NOEL ABDI
Jean-Paul
***
Post
Scriptum du 29 mars 2006
Aujourd’hui
29 mars 2006, il semblerait que la Police criminelle suite à
un Appel interjeté par le Procureur de la République M. Djama
Souleiman probablement à la demande du Ministre de la Justice
M. Mohamed Barkat Abdillahi d’arrêter M. Adan Mohamed Abdou et
M. Hassan Cher Hared, avant le meeting de l’UAD autorisé par
le Ministre de l’Intérieur et de les coffrer à nouveau à la
prison de Gabode et probablement pour l’empêcher de prononcer
un discours de remerciement aux dirigeants et aux militants
des Partis de l’Opposition qui ont soutenu les Syndicalistes,
Défenseurs des Droits Economiques, Sociaux et Culturels.
Ci-dessous les photos des syndicalistes détenus
à Gabode ce 29 mars 2006:

Adan Mohamed Abdou
en liberté provoisoire sous contrôle judiciaire depuis
le 29/03/06
|

Hassan Cher Hared
en liberté provoisoire sous contrôle judiciaire depuis
le 29/03/06
|

Djibrill Ismaël Egueh
toujours emprisonné à Gabode
|

Mohamed Ahmed Mohamed
toujours emprisonné à Gabode
|
Note
d'information de l'Union Djiboutienne du Travail (UDT)
29/03/06 Nos
camarades Adan Mohamed Abdou, Secrétaire Général et Hassan
Cher, Secrétaire aux relations Internationales de l'UDT, ont
bénéficié hier mardi d'une mise ne liberté provisoire sous
contrôle judiciaire.
Quant aux deux
autres, Mohamed Djibril Ismaël et Mohamed Ahmed, tous deux
membres de l'UDT, ils seront présentés demain jeudi 30 mars,
devant la chambre d'accusation.
Nous espérons
beaucoup de la Mission Conjointe du CISL/ORAF/BIT/FIDH dont
l'arrivée est prévue pour le 1er avril prochain.
Nous vous
remercions de vos soutiens constants.
Farah Abdillahi Miguil
Secrétaire à la Communication
LDDH :
Communiqué de presse du 27 mars 2006

Le
Président |
COMMUNIQUE DE PRESSE DU
27 MARS 2006
DEUX SYNDICALISTES
ONT COMPARU DEVANT
LA JUGE D'INSTRUCTION
|
Le 27 mars
2006 deux syndicalistes MM. MOHAMED AHMED MOHAMED et DJIBRIL
ISMAËL IGUEH ont comparu devant la Juge d’Instruction Fathia
Mahamoud Djama.
Les deux
syndicalistes ont été amenés de la prison de Gabode où ils
sont en Détentions arbitraires depuis le 8 mars 2006.
C’est menottes
aux poings, comme de vulgaires malfrats qu’ils ont été traînés
devant la Juge d’Instruction.
Très abattus
physiquement, ils ont été privés de toute nourriture depuis
vingt quatre heures. Sans avoir été prévenus la veille, ils
ont été embarqués de la prison sans savoir où ils allaient.
Ce genre de
méthodes consistent à humilier et à traumatiser les épouses et
les mères des Défenseurs des Droits Economiques, Sociaux et
Culturels de ces deux dirigeants syndicaux arbitrairement
incarcérés.
Après quatre
heures d’interrogations, ils ont été ramenés à la prison de
Gabode, cette fois sans menottes.
Les deux
autres Défenseurs des Droits Economiques Sociaux et Culturels
MM. Adan Mohamed Abdou et Hassan Cher Hared seront traduits
devant la Juge d’Instruction demain le 28 mars 2006.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) dénoncent
vigoureusement ces Tortures morales à l’encontre des
syndicalistes uniquement incarcérés parce qu’ils ont osés
déposer des plaintes contre les Autorités du Port.
Non seulement,
les plaintes auprès du Parquet sont rapidement classées sine
die par le Procureur de la République, mais les plaintes
auprès des Instances Internationales sont immédiatement
réprimées par des arrestations arbitraires et des Tortures
morales.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel pressant
aux Instances Internationales pour qu’ils condamnent avec
fermeté les Autorités Djiboutiennes, et elle saisit
l’Organisation Mondiale contre la Torture (OMT).
M. NOEL ABDI Jean-Paul
Communiqué de
presse de l'Union pour l'Alternance Démocratique (UAD)
Union pour l’Alternance Démocratique (U.A.D)
(A.R.D, U.D.J, M.R.D)
Djibouti, le 26 mars 2006
COMMUNIQUE DE PRESSE
TOUS A L'AVENUE NASSER !
A la veille du
dernier acte de la comédie électorale programmée par le régime
RPP, force est de reconnaître que l’UAD avait parfaitement
raison de boycotter cette mascarade.
En effet, en
suscitant des listes «indépendantes» multiples et en incitant
ses alliés à aller aux «Régionales et Communales 2006» en
ordre dispersé, le R.P.P. cherchait à donner l’illusion d’une
démocratie en marche. Plus gravement à entretenir chez
certains des coalisés l’espoir d’administrer des régions ou
communes.
La loi du choc
en retour d’un tel pari qui se voulait calculé n’a pas encore
livré son dernier verdict. Toujours est-il que cette farce
n’aura duré que le temps d’une campagne de premier tour.
Revenu au
galop dès le soir du 10 mars, le naturel fraudeur du R.P.P. a
fait voler en éclats la coalition et les illusions du premier
des coalisés au sein de l’U.M.P. Autoproclamé vainqueur dès le
premier tour dans quatre des cinq régions et en ballottage
favorable à Ali-Sabieh et dans deux communes sur les trois qui
composent le district de Djibouti, il ne fait aucun doute que
comme à l’accoutumée, le R.P.P. «raflera» la totalité des
régions et la mairie de Djibouti.
La seule
surprise pourrait venir de l’annonce officielle d’un très fort
taux de participation le 31 mars prochain (comme lors des
présidentielles, n’est-ce pas ?). Taux qui s’expliquera a
posteriori par le report supposé des voix de l’électorat des
partis et listes éliminés au premier tour et dont le poids
électoral demeure pourtant insignifiant.
C’est pourquoi l’Union pour l’Alternance Démocratique (U.A.D.)
invite ses partisans et tous les Djiboutiens épris de Justice
et de Liberté à assister massivement au meeting d’explication
qui se tiendra le mercredi 29 mars 2006 à partir de 15h à
l’avenue Nasser devant le siège de I’U.D.J. Il nous faut
apporter d’avance un démenti pacifique et déterminant à
l’imposture officielle ! Cette mobilisation sera également
l’occasion d’exprimer notre solidarité agissante aux
syndicalistes arbitrairement détenus à la prison civile de
Gabode !!!
Le Président de
l'UAD
Ismaël Guedi Hared

Mobilisation à
Brest pour une famille djiboutienne
Le
Télégramme, dimanche 26 mars 2006
ENCART:
Expulsion. Mobilisation à Brest pour une famille djiboutienne.
26/03/06
Un comité
de soutien s'est créé, à Brest, pour s'opposer à l'expulsion
d'une famille originaire de Djibouti, menacée de persécutions
dans son pays en raison d'activités syndicales non autorisées.
Le couple, dont la demande d'asile politique a été refusée,
doit être reconduit à la frontière d'ici au 9 avril.
Plusieurs
dizaines de parents d'élèves de l'école Ferdinand-Buisson, où
sont scolarisés les cinq enfants du couple, âgés de 3 à 11
ans, ont fait signer, hier matin, une pétition destinée au
préfet du Finistère, soulignant les emprisonnements
arbitraires et tortures déjà subis. Réfugiée à Brest depuis
près de cinq ans, la famille est insérée socialement et parle
le français. Le maire de Brest, François Cuillandre (PS), a
demandé au préfet la révision du dossier d'admission en
France.
Source : Télégramme.
Mobilisation à
Brest contre l'expulsion d'une famille djiboutienne
Agence
France Presse, samedi
25 mars 2006
25/03/06 Un
comité de soutien s'est créé à Brest (Finistère) pour
s'opposer à l'expulsion d'une famille nombreuse originaire de
Djibouti, menacée de "persécutions" dans son pays en raison
d'activités syndicales non autorisées, selon le comité. Le
couple qui s'est vu opposer un refus à sa demande d'asile
politique doit être reconduit à la frontière d'ici au 9 avril.
Plusieurs
dizaines de parents d'élèves de l'école Ferdinand-Buisson, où
sont scolarisés les cinq enfants du couple âgés de 3 à 11 ans,
ont fait signer samedi matin une pétition destinée au préfet
du Finistère, soulignant les emprisonnements arbitraires et
tortures qu'auraient déjà subis le père de famille, Mohamed
Abdoulkader, instituteur, en raison de son activité syndicale.
Son épouse
Hawa aurait été également victime de mêmes mesures de
répression en tant que présidente d'une association pour le
respect des droits des femmes, non autorisée par le pouvoir,
selon le comité. La famille, réfugiée à Brest depuis près de
cinq ans, est insérée socialement et tous ses membres parlent
couramment le français.
Le maire de
Brest François Cuillandre (PS) a demandé par écrit au préfet
la révision du dossier d'admission en France de la famille.
Source : AFP
L'ARDHD et l'Association
des parents d'élèves de Brest se mobilisent pour Abdoulkader,
demandeur d'asile djiboutien
24/03/06 Texte du Fax adressé par l'ARDHD,
l'Association pour le Respect des Droits de l'Homme à
Djibouti, à Monsieur le Préfet du Finistère pour demander
d'accorder le droit d'asile à M. Abdoulkader Mohamed Guidar et
sa famille.
Monsieur le Préfet,
Je viens d’être informé de la décision de refus d’accorder le
droit d’asile, prise le 2 mars par la Commission de recours et
qui a été signifiée le 9 mars 2006 à M. Abdoukalder Mohamed
Guidar, réfugié djiboutien et habitant xxxxxxxxxxxxxx à 29000
Brest.
Je me permets d’intervenir auprès de votre haute autorité pour
solliciter une étude attentive de ce dossier, que nous
connaissons bien au sein de notre Association pour la Défense
des Droits de l’Homme à Djibouti (ARDHD site http://www.ardhd.org).
En décembre 2004, j’ai reçu ce Monsieur au siège de
l’Association, car il souffrait psychologiquement des suites
des tortures qu’il avait subies pendant une vingtaine de jours
dans son pays. J’ai pris rendez-vous pour lui avec une
Association spécialisée dans le soutien aux victimes de la
torture. Je l’ai accompagné le 14 mars 2005. Sans entrer dans
le secret médical, le médecin qui l’a accueilli a confirmé
qu’il présentait des séquelles psychologiques sérieuses,
conséquence des actes violents et des humiliations auxquels il
avait été soumis dans les locaux de la Gendarmerie de
Tadjourah (République de Djibouti) entre le 12 juin et le 2
juillet 1998.
Notre Association lance actuellement une campagne pour
dénoncer la présence en France, à l’Ecole de Guerre du
Lieutenant-Colonel de la Gendarmerie djiboutienne, Zakaria
Hassan Aden, qui était le responsable des « commandos de la
torture » à cette époque.
La connaissance extrêmement précise que nous avons de la
situation et du contexte à Djibouti, m’autorise à affirmer que
le renvoi à Djibouti de cette personne et de sa famille,
l’exposerait inévitablement à une arrestation immédiate, à de
nouvelles tortures et comme cela arrive souvent dans ces
cas-là, à une exécution extra-judiciaire.
C’est la raison pour laquelle je me permets de solliciter une
nouvelle étude de son dossier et surtout l’acceptation de sa
demande d’asile, car elle est tout à fait justifiée et que
nous avons pu vérifier les points qu’il évoque.
Vous remerciant à l’avance de l’intérêt que vous porterez
personnellement à ce dossier et à la vie d’un homme qui est en
jeu, je vous prie de croire, Monsieur le Préfet à l’assurance
de ma haute considération.
Jean-Loup Schaal
Président de l'ARDHD
L'association pour le Respect des
Droits de l'Homme à Djibouti
_____________________________________________________________________________________________
24/03/06
Mobilisation en faveur de la famille d'Abdoulkader Mohamed
Guidar, victime d'un refus de Droit d'Asile et sous la menace
d'une reconduite dans son pays où il risque de nouveau la
prison et la torture. (Communiqué de l'Association des Parents
d’élèves de Ferdinand Buisson à Brest)
SOUTIEN BRESTOIS A LA FAMILLE ABDOULKADER
Soutien de la députée Patricia ADAM, des associations
brestoises, ainsi que Noël Mamère, le maire de Brest, les élus
communistes et citoyens de Brest, les élus socialistes de
Brest.
Demain,
samedi 25 mars, les parents d’élève de l’école Buisson
manifesteront à la sortie de l’école, FR3 et TF1 et la presse
locale sont invités, en soutien à la famille ABDOULKADER.
Le
mercredi 29 mars, une grande mobilisation avec les élus, les
associations aura lieu à la MPT du quartier de Lambézellec à
Brest pour faire signer la pétition ci-dessous et pour une
conférence de presse.
=
Texte de la pétition à adresser
d'urgence au Préfet du Finistère :
Monsieur
le Préfet,
Depuis
2002, la famille Abdoulkader réside en France. Elle a dû fuir
Djibouti, leur pays d’origine, pour échapper aux persécutions
dont elle faisait l’objet (emprisonnement et torture).
Mr
Adboulkader, enseignant dans le primaire et membre d’un
syndicat enseignant (tous les syndicalistes ont été soumis à
diverses pressions, emprisonnements arbitraires et menaces sur
les familles) a été arrêté en 1998 et emprisonné pendant 20
jours durant lesquels il a été gravement torturé. Il s’est
tout d’abord réfugié en Ethiopie pendant 5 ans avant de
rejoindre en 2003 son épouse exilée à Brest depuis 2002, pour
échapper elle aussi à la répression dont elle était victime.
Présidente de l’Association Matidifu pour le respect des
droits des femmes (action non autorisée par le pouvoir public)
Mme Abdoulkader a été également incarcérée et torturée à
diverses reprises.
Ce couple a
fait une demande d’asile politique auprès de l’Etat français,
demande qui lui a été refusée par la Commission des recours
des réfugiés le 2 mars 2006. Depuis le 9 mars dernier, Mr et
Mme Abdelkader ont été informés de leur reconduite à la
frontière d’ici le 9 avril prochain. Compte tenu des
informations précitées et de la situation inchangée à
Djibouti, un retour dans leur pays d’origine leur ferait
encourir de graves risques pour leur sécurité.
Cette
famille participe activement à la vie sociale et scolaire du
quartier. Elle compte 5 enfants âgés de 3, 5 7, 8 et 11 ans,
tous scolarisés à l’école maternelle et primaire de Ferdinand
Buisson. Cette scolarité leur a permis de construire de bonnes
relations tant auprès des enfants que des parents élèves.
Toute la famille démontre une volonté de réussite et
d’insertion dans la société française. Aussi, une interruption
scolaire brutale irait à l’encontre des dispositions issues de
l’article 3-1 de la Convention internationale des droits de
l’enfant qui situple que « dans toutes les décisions qui
concernent les enfants, qu’elles soient le fait d’institutions
publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des
autorités administratives ou des organes législatifs,
l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération
primordiale ».
Pour
l’ensemble de ces raisons, nous vous demandons, Monsieur le
Préfet, pour Mr et Mme Abdoulkader dont le cas suscite une
vive émotion au sein de l’école et du quartier de Lambézellec
comme en témoignent les pétitions ci-jointes, l’annulation de
l’arrêté de reconduite à la frontière du 2 mars 2006.
Association des Parents d’élèves
de Ferdinand Buisson,
Brest
Communiqué de presse de la LDDH sur les
détentions arbitraires des syndicalistes

Le
Président |
COMMUNIQUE DE PRESSE DU
23 MARS 2006
SUR LES DETENTIONS
ARBITRAIRES
DE QUATRE DIRIGEANTS
SYNDICAUX ET DEFENSEURS DES DROITS ECONOMIQUES, SOCIAUX ET
CULTURELS. |
Rappelant que,
le 05 mars 2006 deux syndicalistes MM. MOHAMED AHMED MOHAMED
et IDRISS ISMAËL IGUEH ont été arrêtés sans mandat d’arrêt et
sans mandat de perquisition, puis mis en garde à vue ;
Qu’auparavant, dans les mêmes
conditions, ces deux
syndicalistes ont été arrêtés, mis en garde à vue le 20
février 2006 puis libérés quelques jours plus tard ;
Rappelant que,
durant toute la garde à vue, du 05 mars au 08 mars 2006, les
deux gardés à vue, malgré leur revendication n’ont pas eu
droit de faire appel à un avocat et d’avoir accès à leur
médecin, ceci en violation au Code de Procédure Pénale ;
Rappelant que,
les deux syndicalistes, ont été traduits au Tribunal en fin de
matinée le 8 mars 2006, et que Maître Tarek à la demande
d’autres syndicalistes n’a pu assister qu’à la fin de
l’enquête diligentée par la Juge d’Instruction ;
Que,
le même jour à 13 heures les deux syndicalistes ont été
immédiatement transférés à la prison de Gabode ;
Rappelant que,
le 10 mars 2006 une
parodie électorale entre listes de la même mouvance
présidentielle, cette parodie d’un scrutin régional s’est
déroulée en République de Djibouti avec un taux réel de
boycott d’environ de 80% démontre la nullité de ces élections
qui se veulent décentralisées et la fragilité de la
dictature sournoise de l’équipe politique au pouvoir.
Le taux officiel : environ
30%.
Rappelant que,
le 11 mars tôt le matin deux autres syndicalistes MM. ADAN
MOHAMED ABDOU et HASSAN CHER HARED ont été arrêtés sans mandat
d’arrêt, puis mis en garde à vue ;
Rappelant
que durant toute la
garde à vue du 11 mars au 13 mars 2006, les deux gardés à vue,
malgré leur revendication n’ont pas eu droit de faire appel
à un avocat et d’avoir accès à un médecin, ceci en violation
au Code de Procédure Pénale;
Que le 13 mars 2006 ils ont
été déférés au Parquet puis rapidement mis en dépôt.
Apparemment là aussi
l’enquête se serait déroulée sans défense ;
Rappelant que,
jusqu’aujourd’hui 23 mars 2006 aucune réponse du Tribunal n’a
été notifiée aux quatre syndicalistes détenus ;
Que,
par lettre du 18 mars 2006 et enregistrée le 21 mars 2006 par
l’administration de la prison centrale de Gabode, les quatre
(4) syndicalistes ont demandé au Directeur du Centre
pénitencier de transmettre à la défense et au tribunal leur
demande afin que le Tribunal, la Chambre d’Accusation se
prononce sur les irrégularités et les violations en autres des
articles ci-après en annexe, et de mettre fin à ces
détentions arbitraires .
Face à ces vices de
formes et/ou vices de procédures
A Djibouti, les Défenseurs
des Droits de l’Homme dénoncent avec fermeté le maintien en
Détention Arbitraire de 4 Syndicalistes et Défenseurs des
Droits Fondamentaux. Détentions Arbitraires entachées de
vices.
Par conséquent :
La Ligue Djiboutienne des
Droits Humains (LDDH) lance un appel pressant à la Chambre
d’Accusation afin de mettre fin aux détentions arbitraires
entachées de vices de formes et vices de procédures (lors des
enquêtes préliminaires) des quatre syndicalistes et défenseurs
des droits économiques, sociaux et culturels.
La Ligue Djiboutienne des
Droits Humains (LDDH) reste sidérée par ces vices de formes
inadmissibles, par ces détentions arbitraires et répétitives à
l’encontre des Syndicalistes et des Travailleurs(ses)
Djiboutiens(nes).
La Ligue Djiboutienne des
Droits Humains (LDDH) lance un Appel pressant à la Communauté
internationale, elle demande à la Communauté nationale de se
mobiliser et d’agir pour amener les autorités judiciaires et
politiques à mettre fin à ces basses méthodes d’intimidations,
de tortures morales multiformes et de détentions arbitraires
et abusives.
La Ligue Djiboutienne des
Droits Humains (LDDH) invite le BIT et les autres Syndicats
Libres, ainsi que l’ensemble des Défenseurs des Droits de
l’Homme de porter des plaintes auprès des instances
internationales contre les autorités djiboutiennes, pour
mettre fin à l’Arbitraire qui sévit en République de Djibouti
sur des syndicalistes et des défenseurs des Droits
Economiques, Sociaux et Culturels.
M. NOEL ABDI Jean-Paul
Les articles du Code de
Procédure Pénale Djiboutien objets de violations, de vices de
formes ou/et de vices de procédures.
Annexe sur :
Articles du Code de
Procédure Pénale Djiboutien :
objets de violations, de
vices de formes ou/et de vices de procédures.
Ces articles sont reproduits
sans commentaire avant les décisions judiciaires.
Articles
117
Le juge d’instruction peut,
selon les cas, décerner mandat de comparution, d’amener,
de dépôt ou d’arrêt
Article 118
Le mandat de comparution a pour
objet de mettre l’inculpé en demeure de se présenter devant
le juge à la date et à l’heure indiquées par ce mandat.
Article 119
Le mandat d’amener est l’ordre
donner par le juge à la force publique de conduire
immédiatement l’inculpé devant lui.
Article 122
Tout mandat précise l’identité
de l’inculpé ; il est daté et signé par le magistrat qui l’a
décerné et est revêtu de son sceau.
Les mandat d’amener, de dépôt
et d’arrêt mentionnent en outre la nature de l’inculpation et
les articles de loi applicables.
Article 123.
Le mandat de comparution est
notifié à celui qui en est l’objet par un officier ou agent
de la police judiciaire ou par un agent de la force publique,
lequel lui en délivre copie.
Article 126.
Le juge d’instruction interroge
immédiatement l’inculpé qui fait l’objet d’un mandat de
comparution.
Article 127.
Le juge d’instruction interroge
de même immédiatement l’inculpé arrêté en vertu d’un mandat
d’amener.
Toutefois, si
l’interrogatoire ne peut pas être immédiat, l’inculpé est
conduit dans la prison où il ne peut être détenu plus de
vingt quatre heures.
A l’expiration de ce délai,
il est conduit d’office, par les soins du directeur de
l’établissement pénitencier, devant le procureur de la
République qui requiert le juge d’instruction, ou à son
défaut le président du tribunal ou un juge désigné par
celui-ci, de procéder immédiatement à l’interrogatoire, à
défaut de quoi l’inculpé est mis en liberté.
Article 215 alinéas 1 et
2.
La chambre d’accusation examine
la régularité des procédures qui lui sont soumises
Si elle découvre une cause de
nullité, elle prononce la nullité de l’acte qui en est entaché
et, s’il y échet, celle de tout ou partie de la procédure
ultérieure.
La LDDH dénonce les conditions de
détention à la prison de Gabode

Le Président
|
DIFFUSION D’INFORMATION DU 19 MARS 2006
LA LDDH DENONCE LES CONDTIONS DE DETENTION A LA PRISON DE GABODE |
La LDDH
dénonce les conditions de détention à Gabode. Les conditions
carcérales en mars 67 étaient-elles les mêmes que maintenant ?
La prison
centrale de Gabode, dont les locaux délabrés et insalubres
sont connus de tous, accueille des détenus soi-disant en
détention provisoire dans des conditions inhumaines.
Certains
détenus placés dans la cellule dite « dépôt » attendent d’être
jugés depuis de longues années et semblent pratiquement
oubliés.
Combien
sont-ils au juste ? Plus d’une centaine !
Est-il vrai
que le doyen de ces détenus oubliés au « dépôt » attendrait
son jugement depuis plus de 14 ans ? Peut-on parler de dépôt
provisoire dans ce cas là ? Cela ressemble fort bien à une
séquestration abusive, indigne d’un pays disposant de lois
bien écrites en matière de procédure pénale.
La vie
quotidienne dans cette sinistre prison est particulièrement
difficile pour les détenus dont l’alimentation se résume
finalement au pain sec, riz et fayots (haricots secs bouillis)
en quantité insuffisante. Qu’on en juge à travers les trois
repas quotidiens (parfois deux) servis aux prisonniers. Comme
dirait un Ministre de la Justice : « ils ont au moins quelque
chose à se mettre sous la dent même si ça sent le pourri».
La
distribution de l’alimentation se fait par salle commune et
comme suit :
1. le petit
déjeuner est servi à 8h30 du matin. C’est en tout et pour tous
un verre de thé noir qu’on doit consommer avec la baguette de
pain rigide (est-ce le reliquat des œuvres de bienfaisance ?)
;
2. le déjeuner
est servi à 12h. C’est un petit bol de riz blanc sans
assaisonnement par détenu (on n’est pas à la guerre du
Vietnam). Ce riz a la forme d’une brique de construction. Pour
pouvoir le manger sans s’abîmer les dents et l’appareil
digestif, le détenu l’égoutte et le sèche, ainsi le riz
effrité est consommé par graine comme les cacahuètes ;
3. le dîner
est servi à 17h de l’après midi. Il est d’une baguette de pain
rarement bien cuite. Ce morceau de pain sec rigide est de 20cm
de longueur et de 3 cm de diamètre comme mensuration. On a
droit en plus à un verre de thé noir très pauvre en sucre. Et
rarement, une ou deux fois par semaine, des haricots blancs
préparés avec une mixture d’eau et d’huile, qui se cristallise
au contact des mains comme de la chaux sur le mur.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) rappelle la nécessité
par les autorités judiciaires, notamment par les Juges debout,
d’appliquer et de veiller rapidement aux dispositions des
articles 133 à 139 du Code de Procédure Pénale de la
République de Djibouti.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) demande au Ministre de
la Justice chargé des Droits de l’Homme et du Centre
Pénitencier d’accorder une attention toute particulière aux
conditions de détentions inhumaines et inadmissibles dans la
Prison de Gabode.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) est à la disposition du
Ministre de la Justice dans le cadre de la formation du
personnel pénitencier, en particulier dans le domaine des
Droits de l’Homme et de la dignité humaine.
M. NOEL ABDI
Jean-Paul
Communiqué de presse : Appel d'urgence de
l'Union djiboutienne du travail (UDT)
|
Djibouti
Le
20 mars 2006 |
Appel d’urgence pour les
syndicalistes emprisonnés à Djibouti
► La
détention arbitraire et illégale de quatre (4) responsables
syndicaux continue
Nos camarades
Djibril Ismaël Egueh et Mohamed Ahmed Mohamed,
tous deux membres de l’UDT, arrêtés après un séjour en
formation à l’institut de Histradut, en Israël
entament leur 16ème jour d’arrestation et leur
13ème jour d’incarcération à la prison centrale de
Gabode. Quant aux 2 autres camarades Adan Mohamed
Abdou, Secrétaire Général et Hassan Cher,
Secrétaire aux Relations Internationales de l’UDT, ils
sont à leur 10ème jour d’arrestation et à leur 8ème
jour d’internement à Gabode. Les motifs d’incarcération
des syndicalistes relèvent de la farce et du cynisme :
« intelligence avec une puissance étrangère » et « outrage
envers le Président de la République ».
Malgré les
multiples protestations, condamnations et préoccupations des
organisations internationales tels que la Fédération
Internationale des ligues de Droits de l’Homme (fidh),
l’Observatoire pour la Protection des Droits Humains, la
Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL),
l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT)... et des
organisations nationales comme la Ligue des Droits Humains ,
l’UDT…appelant à la libération de nos 4 camarades détenus à
Gabode, le pouvoir djiboutien s’obstine à les maintenir en
prison illégalement et arbitrairement.
Pour l’UDT,
mettre en prison avec des motifs aussi fallacieux qu’absurdes,
à tout moment, des citoyens est inacceptable. C’est ajouter la
violation habituelle des droits universels à l’arrogance de la
force.
►
Intimidations sur les familles des détenus
Une pression
et une intimidation permanentes s’exerceraient sur les
familles et les proches des détenus en les dissuadant voire en
les décourageant sous-entendu que ce serait dangereux pour eux
de rendre visite à ces syndicalistes. En effet, nos camarades
seraient présentés comme des parias.
► La
demande de mise en liberté provisoire déposée par notre avocat
a été rejetée
L’Union
Djiboutienne du Travail fidèle, à son idéal et à ses principes
de dialogue, de justice, de démocratie et de liberté :
- Condamne
avec force ces intimidations, ces arrestations illégales,
ces détentions arbitraires, ces violations répétées à
l’esprit de la démocratie dont la finalité est d’anéantir à
jamais tous ceux qui refusent la génuflexion.
- Appelle
en conséquence à la libération rapide et sans condition de
nos camarades
- Renouvelle
son appel d’urgence à l’égard des partis politiques, de la
société civile, des acteurs économiques, des défenseurs des
droits humains … de la scène nationale pour réagir face à
cette dérive autoritaire.
- Renouvelle
son appel d’urgence à la Communauté Internationale et à
toutes les Organisations Internationales pour condamner les
agissements du pouvoir djiboutien et exiger la libération de
nos camarades.
S.G à la Communication
Farah Abdillahi Miguil
LDDH et FIDH : Diffusion d'information sur la création du
Conseil des droits de l'homme

Le Président
|
DIFFUSION D’INFORMATION DU 17 MARS 2006
SUR LA CREATION D’UN CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME
AUX NATIONS UNIES |
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) se félicite elle aussi
des nouvelles dispositions avec la création d’un Conseil des
Droits de l’Homme en particulier : par rapport à la
Commission, le texte contient des garde-fous supplémentaires
qui, s'ils sont mis en oeuvre, pourraient bloquer les
possibles détournements du mandat de protection et prévenir
tout impotence à réagir aux crises en matière de droits de
l’Homme, dont était victime la Commission.
M. NOEL ABDI Jean-Paul
*
Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme
International Federation for Human Rights
tel : (331) 43 55 25 18 / fax : (331) 43 55 18 80
17, passage de la main d'or - 75011 Paris – France
E. MAIL : fidh@fidh.org / site INTERNET : http://www.fidh.org
Communiqué
Création du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies
Vers un renforcement des mécanismes de protection des droits
de l'Homme :
des engagements à mettre en œuvre
Paris, New York, Genève, le 16 mars 2006 - La
FIDH se réjouit de l'adoption par l'Assemblée Générale des
Nations unies de la résolution créant le Conseil des droits de
l’Homme et appelle les Etats membres des Nations unies à
rendre opérationnel le nouvel organe dans les plus brefs
délais.
« L’adoption de la résolution est un engagement à renforcer
les mécanismes onusiens de droits de l’Homme », a déclaré
le président de la FIDH, Sidiki Kaba, « mais, le succès de
la réforme initiée par le Secrétaire général des
Nations unies dépendra tout d’abord de la volonté politique
des Etats de démontrer leur attachement à réaliser le mandat
qu’ils ont créé et à se soumettre aux mécanismes de contrôle
qu’ils auront développé. A cet égard, le premier test se fera
à l'occasion de la première élection ».
La FIDH appelle la Communauté internationale à réaliser dès la
première élection les engagements contenus dans les
paragraphes opérationnels 8 et 9, et assurer, pour se faire,
que les Etats candidats au futur Conseil se déclarent comme
tel au maximum trente jours avant l'élection et annoncent
publiquement des engagements mesurables en faveur d'une
meilleure protection des droits de l'Homme dans leur pays et
au sein du Conseil.
De telles déclarations de principe devraient indiquer,
notamment :
–le degré de ratification, par un Etat candidat au Conseil,
des principaux instruments en matière de droits de l'Homme et
de leurs protocoles, ainsi que les étapes prises pour la
ratification des instruments restant, comme pour la levée de
toutes les réserves qui sont contraires aux objectifs et
principes fondant ces conventions,
–l'engagement de coopérer pleinement et entièrement avec
les procédures et mécanismes du Conseil, en particulier à
travers l'invitation permanente des procédures spéciales sur
la base de leurs termes de référence, des réponses
systématiques aux lettres d'allégation et enfin la mise en
oeuvre requise des recommandations des procédures spéciales,
–l'engagement de se soumettre au mécanisme d'examen par les
pairs, et d'y participer au sein du Conseil, en fondant ses
interventions sur les recommandations des procédures et
organes de droits de l'Homme,
–l'engagement de répondre, au sein du Conseil, aux
situations de violations graves des droits de l'Homme, au
moment où elles surviennent, en se fondant sur les
recommandations des organes et mécanismes de droits de l'Homme
onusiens, ainsi que celui de ne mettre aucun obstacle de
procédure à ce que ces situations soient examinées en bonne et
due forme. L'engagement en outre d'assurer une réaction
permanente aux situations de violations persistantes.
–l'engagement de promouvoir, au sein du Conseil, le
développement des normes de protection des droits de l'Homme,
lorsque cela est nécessaire, et notamment lorsque recommandé
par la Sous-commission des droits de l'Homme.
Contexte:
Dans un communiqué publié le 24 février 2006, la FIDH se
félicitait des avancées contenues dans le texte 1 : par
rapport à la Commission, le texte contient des garde-fous
supplémentaires qui, s'ils sont mis en oeuvre, pourraient
bloquer les possibles détournements du mandat de protection et
prévenir tout impotence à réagir aux crises en matière de
droits de l’Homme, dont était victime la Commission. Il
prévoit un organe plus restreint doté d'une procédure
d’élection pouvant limiter la possibilité pour les auteurs de
violations massives des droits de l’Homme d'y siéger. Les
réunions s’étaleront dans l’année, avec une procédure de
sessions extraordinaires qui pourraient réduire l'impotence de
la Commission. Le texte prévoit également l’établissement d’un
mécanisme universel de contrôle, le « peer review » (examen
par les pairs), et exige la coopération totale des Etats
siégeant au Conseil ;
L’Armée
française assure-t-elle la formation d’anciens tortionnaires
djiboutiens
à l’Ecole de Guerre à Paris ?
Article
publié le jeudi 16 mars 2006
Selon des
informations concordantes, le Lieutenant-colonel Zakaria
Hassan Aden, de la Gendarmerie djiboutienne, responsable
pendant de nombreuses années de « l’escadron de la torture à
Djibouti », serait présent à Paris pour suivre jusqu’en mai
2006, les cours de l’Ecole de Guerre.
Cette école
accueille des Officiers qui ont été sélectionnés et qui se
préparent à recevoir une promotion, qui les conduit
généralement au sein des Etats-Majors.
Compte tenu du
passé du Lieutenant-colonel Zakaria qui fut responsable
pendant de nombreuses années de « l’escadron de la torture à
Djibouti », les Associations signataires de ce Communiqué sont
indignées par sa présence sur le sol français et par le fait
qu’il puisse bénéficier d’un enseignement délivré par des
Officiers français (voir Annexe ci-dessous).
Nous
soulignons que cette affaire intervient dans un contexte
particulièrement dramatique à Djibouti où : plusieurs
syndicalistes sont harcelés, torturés et incarcérés sans
qu’aucune charge juridiquement établie n’ait été retenue
contre eux, une vingtaine de jeunes de la région Afar ont été
arrêtés et conduits dans les locaux de l’Ecole de Police de
Nagad.
Nous rappelons
également les obstacles qui sont dressés pour retarder
l’action de Mme Elisabeth Borrel et des Juges d’instruction
pour établir la vérité sur la mort de son mari, le juge
Bernard Borrel assassiné à Djibouti le 19 octobre 1995, et la
fin de l’impunité dont bénéficient les coupables de cette
disparition.
Enfin, nous
constatons qu’après la brève rencontre de Dominique de
Villepin avec Ismaël Omar Guelleh (fin février), la France
s’est engagée à doubler pratiquement, pendant les cinq
prochaines années, l’aide financière annuelle qu’elle lui
accorde, confirmant par ce geste le soutien que le Président
de la République française accorde à ce régime dictatorial.
En
conséquences, nos associations demandent aux autorités
françaises de vérifier d’urgence la présence du Colonel
Zakaria à l’école de guerre, d’y mettre fin immédiatement et
de fournir toutes explications permettant de comprendre
comment il a pu y être admis. Elles leur demandent de prendre
des mesures susceptibles d’empêcher qu’une telle situation
puisse se produire à l’avenir et d’en rendre compte
publiquement. Plus largement nos associations demandent aux
autorités françaises de mettre fin à toutes mesures pouvant
constituer un soutien au régime dictatorial d’Ismaël Omar
Guelleh.
Annexe
Zakaria Hassan
Aden a été responsable de l’Escadron de la torture
Après des
études à la faculté de Poitiers, il a intégré la Gendarmerie
djiboutienne. Avec le grade de Lieutenant, puis de Capitaine,
il s’est illustré comme responsable de la torture à la
sinistre Villa Christophe où sous les ordres du Capitaine
Yonis Hoch, il exerçait ses talents sur ses concitoyens. Nous
disposons de plusieurs témoignages écrits et édifiants de
rescapés, qui décrivent les sévices auxquels il les a soumis.
Plusieurs fois
cité dans le cadre de l’affaire Borrel
En 1995, il
est responsable de la brigade des enquêteurs qui seront
chargés des premiers constats après le décès du Juge Bernard
Borrel : on peut imaginer qu’il a appliqué les ordres transmis
par sa hiérarchie pour accréditer la thèse du suicide qui a
été balayée récemment par des experts médicaux indépendants.
Il passe
Commandant. En mai-juin 2002, c’est lui qui dirige le
« commando de la mort » qui est lancé contre l’ancien Chef de
la Garde républicaine Ali Iftin, réfugié à Addis Abeba (1).
Après plusieurs courses poursuites dans la capitale
éthiopienne, il n’hésitera pas à faire exploser une bombe dans
un hôtel, où il pensait qu’Ali Iftin était réfugié. Contraints
à rentrer à Djibouti par les services éthiopiens, il avait
fort heureusement échoué dans sa mission.
----------------
(1) Ali Iftin
avait été contraint, sous des menaces de mort à l’encontre de
ses enfants, de signer devant notaire un faux témoignage pour
protéger Guelleh contre les soupçons de commandite du meurtre
du Juge qui pèsent sur lui. Très rapidement ensuite, Ali Iftin
avait pris la fuite et il s’était réfugié à Addis Abeba où il
attendait un visa pour entrer en France et pour témoigner
librement dans le cadre de l’affaire Borrel. Visa que la
France ne lui accordera jamais en dépit de toutes les alertes
émises par plusieurs Associations. (Nouvel obstacle dans
l’instruction de l’affaire ? Volonté gouvernementale de
protéger Guelleh ?). C’est la Belgique qui le lui établira
finalement. Aussitôt arrivé sur le sol belge, il avait dénoncé
les pressions dont il avait été victime et il avait rétabli la
vérité avant de porter plainte contre Me Martine et Hassan
Saïd, le puissant chef de la SDS, pour subornation de témoin.
L’affaire est instruite à Versailles, en marge de l’affaire
Borrel qui est instruite à Paris.
Source :
Libération Afrique.org
Lire aussi le
site
de l'ardhd
Le Parlement européen dénonce l'impunité des
ex-dictateurs africains
16/03/06 Le
Parlement européen a dénoncé jeudi dans une résolution
l'impunité dont continuent de jouir d'anciens dictateurs
africains, et demandé qu'ils soient traduits en justice sans
plus tarder.
Dans ce texte, les eurodéputés relèvent que "plusieurs anciens
dictateurs africains, en particulier Charles Taylor (Sierra
Leone), Mengistu Haïlé Mariam (Ethiopie) et Hissène Habré
(Tchad) et leurs complices coulent aujourd'hui des jours
paisibles en toute impunité".
Ils appellent en conséquence l'Union Africaine "à engager des
actions concrètes contribuant, au niveau régional, à lutter
contre l'impunité", à "développer ses institutions pénales",
et à "organiser une meilleure coopération judiciaire entre ses
membres et avec les autorités d'autres continents pour réduire
l'impunité des crimes contre l'humanité" en Afrique.
Ils invitent
aussi "le Sénégal à garantir à Hissène Habré un procès
équitable en l'extradant vers la Belgique faute d'alternative
africaine", et le gouvernement du Nigeria à déférer "sans
tarder Charles Taylor devant le tribunal spécial pour le
Sierra Leone".
Hissène Habré,
accusé de violations des droits de l'Homme sous son
gouvernement au Tchad de 1982 à 1990, est sous le coup d'un
mandat d'arrêt international délivré par la justice belge. La
justice sénégalaise s'étant déclarée incompétente, le Sénégal
avait saisi l'Union africaine qui a décidé fin janvier de
"privilégier une solution africaine".
Charles Taylor
vit en exil dans le sud du Nigeria depuis qu'il a quitté le
pouvoir en 2003 et qu'il est inculpé par le tribunal spécial
de Freetown de crimes de guerre pendant le conflit en Sierra
Leone (1991-2001).
Quant au
colonel Mengistu, il bénéficie toujours de l'asile politique
au Zimbabwe, rappellent les eurodéputés dans leur résolution.
Le procès du colonel Mengistu, dit le "Négus rouge", qui a
fait disparaître des dizaines de milliers d'Ethiopiens pendant
son règne de 1974 à 1991, se déroule par contumace en
Ethiopie.
Source :
Agence France-Presse, STRASBOURG (Parlement européen), le
jeudi 16 mars 2006
L'Assemblée générale de l'ONU crée un
nouveau Conseil des droits de l'homme
15 mars
2006 – L'Assemblée générale a voté aujourd'hui, à la
majorité de 170 voix « pour », une résolution en faveur de
la création d'un nouveau Conseil des droits de l'homme,
qui remplacera la Commission jugée discréditée et
inadaptée. Quatre pays, dont les Etats-Unis, ont voté «
contre » et trois pays se sont abstenus.
« Nous
avons atteint un moment décisif, tant pour la promotion et
la protection des droits de l'homme que pour un
multilatéralisme efficace et la réaffirmation de la place
des Nations Unies », a déclaré Jan Eliasson, président de
l'Assemblée générale, à l'ouverture de la séance plénière.
Demandé
par les Etats-Unis, le vote des Etats Membres a conduit au
résultat suivant : 170 voix « pour », 4 voix « contre » -
Etats-Unis, Îles Marshall, Israël et Palau - et 3
abstentions - Belarus, Iran et Venezuela.
Le
président de l'Assemblée aurait préféré l'adoption du
texte par consensus.
Sept pays
n'ont pas pu voter, leur droit de vote étant suspendu en
raison de retards dans les paiements des contributions
dues à l'ONU - Côte d'Ivoire, Dominique, Erythrée,
Papouasie-Nouvelle-Guinée, République dominicaine,
Seychelles, Tchad. Le résultat du vote a été marqué par
des acclamations et des applaudissements des Etats
Membres.
Parmi les
principaux points du
texte (A/60/L.48), Jan Eliasson a souligné «
l'universalité, l'impartialité, l'objectivité, l'absence
de sélectivité et le dialogue » comme les principes
fondamentaux du nouveau Conseil (sur le projet (dépêche
du 23.02.06).
Le texte
remplace l'ancienne Commission des droits de l'homme par
un nouveau Conseil, organe subsidiaire de l'Assemblée
générale, de rang institutionnel supérieur dans la
hiérarchie des Nations Unies.
Le nouveau
Conseil sera composé de 47 membres, élus à la majorité
absolue par l'Assemblée générale, pour un mandat de trois
ans, non renouvelable après deux mandats consécutifs.
L'élection
des membres aura lieu le 9 mai prochain et la première
réunion du Conseil se tiendra le 19 juin.
Le Conseil
tiendra des réunions plus fréquentes que l'actuelle
Commission, tout au long de l'année, et pourra convoquer
des sessions extraordinaires.
Il
introduit le principe d'un examen périodique universel,
garantissant l'examen de tous les Etats Membres et
empêchant la politique de « deux poids deux mesures » et
la sélectivité.
L'élection
des membres du Conseil suivra une représentation
géographique équitable.
Les
membres ne pourront pas être élus immédiatement après deux
mandats consécutifs, ce qui garantira une rotation.
Ils
devront par ailleurs être élus à la majorité absolue des
Etats Membres de l'Assemblée générale. Chaque candidat
fera l'objet d'un vote individuel [et non au sein d'un
groupe], et devra recevoir au moins 96 voix, à bulletin
secret.
Les Etats
Membres de l'Assemblée devront, dans le choix de leurs
candidats, « prendre en compte leur contribution à la
promotion des droits de l'homme et leurs engagements dans
ce domaine avant l'élection ».
A cet
égard, l'Assemblée générale pourra, à la majorité des deux
tiers, suspendre un membre élu au Conseil s'il commet des
« violations graves et systématiques » des droits de
l'homme.
Enfin,
chaque membre du Conseil fera l'objet d'un examen de son
action dans le domaine des droits de l'homme au cours de
son mandat.
Cuba et le
Venezuela ont présenté des explications préalablement au
vote.
Pour leur
part, les Etats-Unis ont rappelé, lors de leur explication
postérieurement au vote, qu'ils ne pouvaient voter en
faveur d'un texte estimé insuffisant.
Les
Américains ont notamment critiqué le fait que l'accès au
Conseil ne sera pas formellement interdit aux pays auteurs
de violations des droits de l'homme, mais que les Etats
Membres devront « prendre en compte » leur action dans ce
domaine.
Le
représentant des Etats-Unis, John Bolton, a néanmoins
indiqué que son pays « coopérera avec les autres membres
et travailleront à réviser ses structures », estimant que
le véritable test serait de savoir si le nouveau Conseil
prendra effectivement des mesures pour les violations des
droits de l'homme.
Au cours
de la séance, Jan Eliasson avait souligné qu'il était
temps de clore les négociations sur cette question, qui
ont pris cinq mois de travail, et de passer aux autres
réformes envisagées lors du
sommet mondial de septembre, notamment dans le domaine
du développement économique et de la lutte contre la
pauvreté.
« Tout
échec dans ce domaine sera mesuré en vies perdues »,
a-t-il prévenu.
Source :
Centre de Nouvelles des Nations Unies
Communiqué de presse de la LDDH sur les
incarcérations arbitraires des dirigeants syndicaux

Le Président
|
COMMUNIQUE DE
PRESSE DU 15 MARS 2006
SUR LES
INCARCERATIONS ARBITRAIRES
DE QUATRE DIRIGEANTS SYNDICAUX |
L'acharnement contre le syndicalisme indépendant prend de
l'ampleur à Djibouti et les Défenseurs des Droits Economiques
et Sociaux et leur famille sont soumis à des tortures morales.
Le 5 mars
2006 deux dirigeants membres de l'UTP (Union des Travailleurs
du Port) MM. MOHAMED AHMED MOHAMED et DJIBRIL ISMAËL IGUEH
respectivement Secrétaire aux Affaires Juridiques de l'Union
des Travailleurs du Port (UTP) et Secrétaire Général du
Syndicat du personnel de la MTS M. DJIBRIL ISMAËL IGUEH,
croupissent depuis le 8 mars 06 dans les sinistres geôles de
Gabode.
Deux autres
dirigeants de l'UDT (l'Union Djiboutienne du Travail) MM.
HASSAN CHER HARED ET ADAN ABDOU respectivement Secrétaire des
relations Internationales et Secrétaire Général de l'UDT
centrale syndicale indépendante arrêtés le 11 mars 2006 puis
jeté en prison le 13 mars 2006.
Ces
détentions illégales et purement arbitraires ont pour but de
terroriser les défenseurs des droits économiques et sociaux en
République de Djibouti.
Nous venons
d'apprendre que leurs conditions d'incarcérations sont
intenables.
En effet
leur lieu de détention nommé « centre de dépôt » est une pièce
conçue normalement pour recevoir 20 détenus. Au lieu de cela,
108 détenus s'entassent dans une cellule de 75 mètres carrés.
Les
conditions d'hygiène sont déplorables : les détenus ne
disposent que de 80 centimètres carrés d'espace à même le sol.
Les visites
aux détenus sont rendues difficiles par les gangs d'anciens
détenus qui exigent d'être payés pour laisser passer les
visiteurs.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) est très inquiète des
conditions d'incarcération avec entre autres les risques de
paludismes latents ;
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH), rappelle :
1. Que
les arrestations et les perquisitions se sont déroulées sans
aucun mandat du Juge d'Instruction ;
2. que la
Police judiciaire ou le Parquet ont refusé à ce qu'ils aient
droit à la défense ;
3.
qu'aucune visite d'un médecin n'a été accordée, malgré leur
demande lors de leur garde à vue et jusqu'aujourd'hui ;
4. que
jusqu'à présent le Parquet se refuse de donner la liberté
provisoire en attendant un procès qui risque de tarder, car
vide et aux colorations purement politiques ;
5. qu'il
est plus qu'urgent de saisir le Haut Commissariat des Droits
de l'Homme en introduisant un recours pour Détention
Arbitraire et abusif de quatre (4) Défenseurs des Droits
Economiques et Sociaux ;
6. Qu'un
Appel soit lancé à l'Observatoire des Prisons pour
s'enquérir des conditions inadmissibles de détention, alors
que les spécialistes des faux dollars sont bien protégés.
M. NOEL
ABDI Jean-Paul
Communiqué de
l'UDT : quatre responsables syndicaux sous mandat de dépôt
à Gabode
|
Djibouti
Le
14 mars 2006 |
|
COMMUNIQUE DE PRESSE
Quatre (4) responsables
syndicaux de l’UDT placés sous mandat de dépôt à la prison
Centrale de Gabode
Dernières nouvelles
Adan
Mohamed Abdou, Secrétaire Général et Hassan Cher, Secrétaire
aux Relations Internationales, ont été placés sous mandat
de dépôt, hier à la prison centrale de Gabode.
Cette
détention illégale et arbitraire de nos 2 camarades répond au
même motif fallacieux et incongru « intelligence avec une
puissance étrangère » pour lequel sont emprisonnés nos
camarades Djibril Ismaël Egueh, Secrétaire Général du
syndicat du personnel de la MTS et Mohamed Ahmed
Mohamed, Secrétaire aux affaires juridiques de l’UTP,
arrêtés le 05 mars 2006 et détenus illégalement à la prison de
Gabode depuis mercredi 08 mars 2006.
Conditions de détention
La triste
célèbre prison de Gabode est un lieu de surpopulation où
le criminel côtoie le simple détenu de droit commun. Placer
illégalement et arbitrairement des syndicalistes à Gabode dans
cette situation obéit à un calcul politique dont la finalité
est de décourager à jamais en réduisant à néant toute forme
de velléité d’indépendance et de revendication. C’est pour
cela que les conditions de détentions de nos camarades sont
d’une violence extrême et d’une inhumanité à décourager les
plus téméraires des hommes.
Absence
de défense
La justice
djiboutienne reste partisane, partiale et aux ordres du
pouvoir politique sans un minimum d’indépendance. En outre, la
frilosité voire la pusillanimité des avocats djiboutiens en
cette période met les citoyens dans une situation sans
précédent.
L’Union
Djiboutienne du Travail fidèle à ses principes et à son idéal
de dialogue, de consensus, de justice, de démocratie et de
liberté :
- Ulcérée
par la violation systématique et répétée par le régime
actuel des droits syndicaux et humains les plus
élémentaires, condamne avec force ces arrestations et ces
détentions illégales dont l’objectif poursuivi est
l’instauration d’une république d’indigènes.
- Exige
la libération immédiate et sans délai de nos camarades
incarcérés à Gabode
- Lance
un appel d’urgence aux partis politiques, à la société
civile, aux acteurs économiques, aux défenseurs des droits
humains…de la scène nationale pour réagir face à cette
dérive totalitaire.
- Lance
un appel d’urgence à la Communauté Internationale et à
toutes les Organisations Internationales pour condamner les
agissements du pouvoir djiboutien et exiger la libération de
nos camarades.
Secrétaire Général à la Communication
Farah Abdillahi Miguil
Répression des dirigeants syndicaux : les
organisations internationales se mobilisent
Confédération
internationale des syndicats libres (CISL)
L’Observatoire
pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (FIDH/OMCT)
COMMUNIQUE
DJIBOUTI
Les arrestations de dirigeants syndicaux se poursuivent
Bruxelles -
Genève - Paris, le 14 mars 2006 - La Confédération
internationale des syndicats libres (CISL) et
l’Observatoire pour la protection des défenseurs des
droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération
internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et
de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT),
expriment leur plus vive préoccupation sur la dégradation
continue de la situation des défenseurs des droits
syndicaux à Djibouti : répression de mouvements de grèves,
licenciements abusifs, poursuites judiciaires,
arrestations et détentions arbitraires se multiplient
depuis septembre 2005 à l’encontre des syndicalistes
indépendants.
L’arrestation
par la police, le 11 mars 2006, de M. Adan Mohamed,
secrétaire général de l’Union djiboutienne du Travail (UDT)
et de M. Hassan Cher Hared, secrétaire aux relations
internationales de l’UDT, illustre cette situation. L’un
ayant été appréhendé à son domicile, l’autre sur son lieu
de travail, ils ont tous deux été conduits dans les locaux
de la Brigade Criminelle, sans qu’aucun mandat ne leur ait
été présenté.
Selon les
informations reçues, MM. Mohamed et Cher Hared auraient
été déférés devant un juge d’instruction pour
interrogatoire, puis inculpés de « livraison
d’informations à une puissance étrangère » (articles 137 à
139 du Code pénal djiboutien), avant d’être placés sous
mandat de dépôt à la prison civile de Gabode. Ils
n’auraient eu accès ni à un avocat ni à un médecin.
La CISL et
l’Observatoire condamnent très fermement ces arrestations
qui constituent un nouvel acte de représailles à
l’encontre des activités de défense des libertés
syndicales menées par les membres de l’UDT. Ces
arrestations font suite à celles de M. Mohamed Ahmed
Mohamed, responsable aux affaires juridiques de l’Union
des Travailleurs du port (UTP) de Djibouti, et de M.
Djibril Ismael Egueh, secrétaire général du Syndicat du
personnel maritime et du service de transit (SP-MTS), deux
organisations affiliées à l’UDT, le 5 mars 2006. Tous deux
ont également été accusés de « livraison d’informations à
une puissance étrangère » après être revenus d’une
formation syndicale en Israël dispensée par la centrale
syndicale israélienne Histadrut. Ils sont toujours détenus
à la prison de Gabode.
Ces arrestations
interviennent également après le dépôt d’une plainte
adressée par l’UDT au Bureau international du travail
(BIT), au sujet des licenciements et mise en pré-retraite
abusifs dont ont été victimes 12 dirigeants et militants
syndicaux du port de Djibouti, dont M. Mohamed Ahmed
Mohamed, en septembre 2005. Cette plainte avait été
interceptée à la poste de Djibouti par les services de
sécurité. Depuis lors, les défenseurs djiboutiens des
droits économiques et sociaux, en particulier les membres
de l’UDT, ont dû faire face à des actes de harcèlement
récurrents (cf. appels urgents de l’Observatoire DJI
001/0206/OBS 016, 016.1, 016.2 et 016.3 et rapports de la
CISL).
L’Observatoire
et la CISL considèrent que ces arrestations et les charges
pesant contre MM. Adan Mohamed, Hassan Cher Hared, Mohamed
Ahmed Mohamed et Djibril Ismael Egueh sont arbitraires, en
ce qu’elles ne visent qu’à sanctionner leurs activités en
faveur des libertés syndicales à Djibouti.
L’Observatoire
et la CISL demandent par conséquent aux autorités
djiboutiennes :
- de
procéder à leur libération immédiate et inconditionnelle
en l’absence de toutes charges valables à leur encontre
;
- de
garantir l’accès des prévenus à un avocat et à un
médecin tel que garantis par le Code de procédure
pénale djiboutien en ses articles 64-4 et 65-2 ;
- de se
conformer aux dispositions des Conventions n° 87 et 98
de l’Organisation internationale du travail (OIT)
portant sur la liberté syndicale et notamment le droit
d’organisation et de négociation collective, dont le
caractère contraignant s'applique en vertu de
l’appartenance de Djibouti à l’OIT;
- de se
conformer aux dispositions du Pacte international
relatif aux droits économiques, sociaux et culturels
ratifié par Djibouti en novembre 2002, ainsi qu’aux
dispositions de la Déclaration des Nations unies sur les
défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par
l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre
1998, notamment son article 5c) qui prévoit qu’“afin de
promouvoir et protéger les droits de l’Homme et les
libertés fondamentales, chacun a le droit,
individuellement ou en association avec d’autres, aux
niveaux national et international, de communiquer avec
des organisations non gouvernementales ou
intergouvernementales”.
Pour plus
d’informations, merci de bien vouloir contacter:
- CISL : 0032
476 62 10 18
- FIDH: 00 33
1 43 55 25 18
- OMCT: 00 41
22 809 49 39
Gaël Grilhot
Attaché de presse
Press Officer
FIDH
+33-1 43 55 25 18
+33-6 10 60 05 57
Arrestation de quatre syndicalistes : Communiqué de presse de
l'Union djiboutienne du travail (UDT)
COMMUNIQUE DE PRESSE
Arrestation de quatre (4) syndicalistes à Djibouti
|
Djibouti
Le
13 mars 2006 |
|
Rappel
des faits
Les camarades
Djibril Ismaël Egueh et Mohamed Ahmed Mohamed, tous deux (2)
membres de l’UDT qui avaient fait l’objet d’une relaxe à la
suite de leur première incarcération (du 20 au 22 février
2006) ont été à nouveau arrêtés le 05 mars 2006 avant d’être
mis en examen et placés sous mandat de dépôt à la sinistre
prison de Gabode le mercredi 08 mars 2006. Au moment où nous
mettons sous presse ce communiqué nos deux (2) camarades
croupissent toujours à Gabode.
Les
derniers événements
C’est le
samedi 11 mars 2006 que le camarade Adan Mohamed Abdou,
Secrétaire Général de l’UDT a été arrêté à l’aube à son
domicile par les éléments de la Brigade Criminelle de la
Police Nationale. Cette arrestation sera suivie peu après par
celle de notre camarade Hassan Cher, Secrétaire aux Relations
Internationales, arrêté au moment où il se présentait à son
poste de travail.
Les
raisons invoquées des arrestations
La mise en
examen et l’emprisonnement de nos camarades Mohamed Djibril et
Mohamed Ahmed sont faits sur la base d’un motif aussi
fallacieux qu’incongrue comme « intelligence avec une
puissance étrangère », un chef d’accusation de circonstance
qualifiant de crime le séjour en formation de nos 2 camarades
à l’institut de Histradut, en Israël.
Quant aux
camarades Adan Mohamed Abdou et Hassan Cher comme à
l’accoutumée, les autorités policières et judiciaires n’ont,
jusqu’à là, rien laissé filtré concernant les raisons de leurs
arrestations.
Par ailleurs,
la détention et l’interrogatoire de nos 2 camarades se font
dans le plus grand secret en toute illégalité. Aucune
autorisation de visite n’a été accordée jusqu’à présent aux
membres de leurs familles, aux responsables syndicaux et à
ceux des droits humains.
L’Union
Djiboutienne du Travail fidèle à son idéal de dialogue, de
justice, de démocratie et de liberté :
1.
Condamne avec fermeté ces arrestations arbitraires et
illégales dont l’objectif est
d’instaurer un climat de peur et de suspicion au sein des
travailleurs en particulier et dans la communauté
djiboutienne en général.
2.
Demande la libération immédiate et sans condition de nos
camarades détenus.
3.
Lance un appel aux acteurs politiques, économiques et
sociaux représentatifs de la scène nationale pour réagir face
à cette dérive dangereuse avant qu’il ne soit trop tard.
4.
Lance un appel à la Communauté internationale et aux
organisations internationales pour qu’elles fassent pression
sur le pouvoir djiboutien pour demander la libération
immédiate de nos camarades.
Le Secrétaire
Général à la Communication
Farah Abdillahi Miguil
Note préliminaire du 13 mars 2006 sur une décision du parquet
sans avocat ni bâtonnier
|
Le Président |
NOTE LIMINAIRE DU 13
MARS 2006
A 13 HEURES
SUR UNE DECISION DU
PARQUET
SANS AVOCATS NI
BATONNIER |
Prière de
téléphoner en urgence à :
1. Maître
Tarek (253) 857323 (portable souvent sans réseau)
2. Maître
Abdillahi Aïdid (253) 355911 (Cabinet, impossible de le
contacter directement)
3. Maître
Martinez et Martinez Doyens et Bâtonnier (peut-être à Lyon)
Ici en
République de Djibouti les syndicalistes sont systématiquement
coffrés par le Parquet et immédiatement mis en détention
Arbitraire à Gabode. Plus de Justice avec un Ministère public
aux ordres d’un premier magistrat à la tête d’un parti
politique au pouvoir.
Les avocats
djiboutiens sont probablement frileux avec ce temps. Possible.
Se mettre en
contact direct avec le Ministre de la Justice pour connaître
le sort réservé aux syndicalistes incarcérés abusivement et
arbitrairement à Gabode.
A la diaspora
Djiboutienne il ne faut pas hésiter de porter des plaintes au
nom des victimes auprès des Justices non locales car celle de
Djibouti est actuellement non opérationnelle à moins d’être au
service d’une dictature sournoise.
Aujourd’hui 13
mars 2006 Adan Mohamed Abdou et Hassan Cher sont par une
décision abusive incarcérés à Gabode depuis 13 heures ! Le
Parquet ne reconnaît pas le droit à la Défense.
Des cours de
procédures pénales… le recyclage est un droit. A force de
constater l’inexistence d’un pouvoir judiciaire, sans un
minimum d’indépendance, alors quelle solution ?
Sans Défense
et sans médecin : la légitime défense est-elle justifiée ?
Pour mémoire au Procureur de la République
: Article 65-4 alinéas 1 et 2 du Code de
Procédure Pénale locale: tout gardé
à vue peut solliciter la désignation d’un avocat choisi ou
commis d’office par le bâtonnier. L’avocat est saisi par le
Procureur de la République qui l’informe de
la
nature de l’infraction imputée à la personne gardée à vue.
Ci-après un Communiqué de Presse du 8 mars 2006 gelé à la
demande de Maître Tarek qui paraît-il aurait demandé une
liberté provisoire pour Mohamed et Idriss
M. NOEL ABDI Jean-Paul
Rappel du communiqué de presse du 8 mars 2006
gelé à la demande de Me Tarek
COMMUNIQUE DE PRESSE DU 8 MARS 2006 SUR L’INCARCERATION
ARBITRAIRE ET EXPEDITIVE DE DEUX SYNDICALISTES PARTIS EN
FORMATION SUR INVITATION DU SYNDICAT ET TRAVAILLEURS
ISRAËLIENS ET QUI SONT REVENUS A DJIBOUTI
Quand, dans le
temps, la Justice djiboutienne sera-t-elle décentralisée et
libre ?
Alors que tous
les regards des officiels djiboutiens étaient tournés vers la
journée mondiale de la Femme, les épouses ainsi que la famille
des deux syndicalistes étaient choquées et désemparées
d’apprendre la décision incompréhensible de la Justice
Djiboutienne.
En effet,
après 48 heures de garde à vue, les syndicalistes MOHAMED
AHMED MOHAMED, secrétaire aux affaires juridiques de l’UTP et
DJIBRIL ISMAEL IGUEH, secrétaire général du syndicat du
personnel de la MTS, tous deux membres du bureau exécutif de
l’UDT, ont été conduits au Palais du Peuple pour être entendus
par la Juge d’Instruction le mercredi (jour fatidique ?) 8
mars 2006 de 11 heures à 13 heures (en grande partie sans
avocat) pour être ensuite conduits rapidement et incarcérés
dans la sinistre prison de Gabode.
Cette mesure
judiciaire est non seulement expéditive mais elle est surtout
abusive et inadmissible. On a franchement l’impression que
souvent le Parquet est sous les ordres venus d’en haut (à quel
niveau ?).
Cette mesure
Judiciaire est Abusive :
1. Dans la
mesure ou ces syndicalistes sont revenus au pays après
quelques semaines pourquoi sont-ils inquiétés, d’autant plus
que ces formations ont été régulièrement effectués dans le
même cadre, en effet, comme d’habitude et périodiquement les
travailleurs djiboutiens bénéficient d’un stage de formation
sur invitation des travailleurs israéliens.
2. En vertu de
quel texte de loi publié dans quel Journal Officiel, de quel
texte juridique officiel la Juge a-t-elle décidé ces
incarcérations en réalité pour une soit disante infraction sur
l’interdiction de suivre une formation en Israël.
3. Comment
comprendre une appellation peut-être provisoire «
d’information à une puissance étrangère » car il est difficile
d’avaler une telle couleuvre d’autant plus que formation et
information sont deux termes différents et il est difficile de
taxer des simples travailleurs du Port dont l’un avait été
licencié par abus de pouvoir du Port sous concession à Dubaï
et l’autre
un employé du
service de Transit. Si des officiers de la SDS étaient partis
sans autorisations venues d’en Haut, alors il serait facile de
comprendre ou d’imaginer qu’un secret d’Etat puisse être
informé à une puissance Etrangère.
4. Est-ce que
la Juge d’instruction n’aurait pas été désinformée par la
méthode de l’observation du silence.
Il est bon de
rappeler certains faits qui permettront une meilleure maîtrise
de ce dossier :
1. que le 21
février 2006 par Communiqué, la Ligue Djiboutienne des Droits
Humains (LDDH) avait témoigné son inquiétude face à une
possible « garde à vue arbitraire dans les locaux de la soit
disante Brigade Criminelle avec le cautionnement du Parquet
relève d’ores et déjà du politique ».
2. par
communiqué du 24 janvier 2006 la LDDH avait tiré la sonnette
d’alarme.
3. que dans le
cadre d’une formation syndicale en Israël deux syndicalistes
ont été arrêtés juste après leur retour par les Services des
Renseignements de la Police, puis relâchés avec confiscation
des passeports.
4. que la
brigade criminelle n’a jamais voulu justifier jusqu’à présent
les raisons qui ont motivé cette première garde à vue sans
mandat d’arrestation.
5. qu’il est
bon de rappeler que l’un a été arrêté chez lui et l’autre sur
son lieu de travail juste après leur retour d’Israël où ils
étaient partis pour une formation syndicale organisée par la
centrale syndicale Israélienne d’Histadrout à l’intention des
organisations syndicales francophones de l’Afrique.
6. puis encore
sans mandat d’arrêt, sans mandat de perquisition, sans avocat
ni médecin, ils ont été arrêtés comme de vulgaires criminels
et gardés en garde à vue du 5 mars au 8 mars 2006.
7. le 8 mars
2006 ils sont transférés à Gabode sur mandat de dépôt que l’on
doit plus précisément considérer comme une détention
arbitraire.
8. qu’une
demande de mise en liberté provisoire sera certainement
introduite par leur avocat.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel pressant
à l’opinion nationale et internationale pour rappeler les
Autorités djiboutiennes aux respects de l’Etat de Droit et de
l’indépendance totale de la Justice ;
La LIGUE
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel au BIT
aux Forces syndicales Israéliennes à l’Observatoire des
Défenseurs des Droits de l’Homme, à toutes les organisations
des Défenseurs des Droits de l’Homme de se mobiliser pour que
les Autorités djiboutiennes soient mis sur les bancs des
accusés auprès des instances internationales.
Elle lance un
appel vibrant à la diaspora djiboutienne pour se mobiliser et,
introduire individuellement ou collectivement des plaintes
contre les autorités djiboutiennes qui abuse du pouvoir et
bloque des instances judiciaires mettant en péril
l’indépendance et la sérénité de la Justice Djiboutienne.
M. NOEL ABDI
Jean-Paul
Communiqué de presse de l'UAD sur la farce
électorale régionale du 10 mars 2006
*
Union pour l’Alternance Démocratique (U.A.D)
(A.R.D, U.D.J, M.R.D)
Djibouti, le 12 mars 2006
COMMUNIQUE DE PRESSE
Au lendemain de la farce
électorale du 10 mars 2006, marquée comme à l’accoutumée par
des fraudes massives et violations des droits de l’homme,
l’Union pour l’Alternance Démocratique (UAD) se félicite
d’avoir mis à nu la nature antidémocratique et frauduleuse du
RPP.
Ainsi, selon les chiffres
officiels, près de 70% des électeurs inscrits ont boudé les
urnes répondant en cela à l’appel au boycott de l’UAD.
Aussi, l’UAD remercie
chaleureusement le peuple Djiboutien qui, pour la deuxième
fois consécutive depuis avril 2005, vient d’infliger un
cinglant désaveu au Président du RPP, lequel s’était exprimé
illégalement après la clôture officielle de la campagne des
premières élections régionales et communales.
Conforté par le soutien constant
et massif du peuple Djiboutien à sa posture politique, l’UAD,
première force politique nationale, appelle au renforcement de
la lutte politique pour l’avènement de la démocratie et l’Etat de
droit dans l’unité.
Il nous appartient à tous
d’imposer la transparence, la justice et la liberté dans notre
pays.
Le Président de
l'UAD
Ismael Guedi Hared

LDDH : Diffusion d'information sur le rapport
2005 de l'Observatoire des défenseurs des droits de
l'homme (FIDH et OMCT)

Le Président |
|
DIFFUSION D’INFORMATION DU
12 MARS 2006
SUR LE
RAPPORT ANNUEL 2005 DE L’OBSERVATOIRE
DES DEFENSEURS DES DROITS
DE L’HOMME
L ES DÉFENSEURS DES DROITS
DE L’HOMME DANS LA LIGNE DE MIRE
DANS LA CORNE D’AFRIQUE
AFRIQUE
La
Cour africaine est décidée de procéder à l’élection des juges
et à la désignation du siège de la Cour africaine en janvier
2006. Ainsi peut-on espérer qu’en 2006 les défenseurs et
victimes pourront enfin saisir la Cour africaine des droits de
l’Homme et des peuples pour dénoncer les violations des droits
de l’Homme commises par un État Partie.
Organisation internationale de la Francophonie (OIF)
À l’occasion de la 5 e conférence des organisations
internationales non-gouvernementales de l’Organisation
internationale de la francophonie (OIF) qui s’est tenue à
Ouagadougou (Burkina Faso) les 12 et 13 septembre 2005, les
participants ont demandé aux États de la communauté
francophone de respecter pleinement les engagements qu’ils ont
souscrits au titre de la Déclaration de Bamako sur les
pratiques
de la démocratie, des droits et des libertés et de mettre en
œuvre le programme d’action annexé à cette Déclaration.
Ce
programme fixe notamment pour objectif “d’appuyer plus
fortement les initiatives et les projets de terrain développés
par les ONG dans le domaine de la promotion de la culture des
droits de l’Homme, de la démocratie, de la bonne gouvernance
et de la paix [et de] soutenir les activités de réseaux les
regroupant et des ONG au niveau national, régional et
international” (chapitre III.5). Par ailleurs, l’OIF prévoit
dans son programme d’action d’“apporter [son] soutien aux
défenseurs des droits
de l’Homme, en s’appuyant notamment sur les structures et
instruments spécialisés” (chapitre IV.3). Les participants ont
également encouragé la Délégation aux droits de l’Homme et à
la démocratie de l’OIF dans ses efforts afin de renforcer sa
coopération avec les ONG pour faire l’évaluation permanente de
la situation des droits de l’Homme, notamment des droits des
défenseurs des droits de l’Homme, dans l’espace francophone.
Par ailleurs, dans l’Acte final du Symposium international de
la francophonie dit “Bamako” organisé à Bamako (Mali) du 6 au
8 novembre 2005, la nécessité de préserver l’intégrité de la
Déclaration de Bamako, de respecter les engagements souscrits
à cet égard, de renforcer le processus dévaluation de la
situation des droits de l’Homme et de sanction en cas de
violation manifeste de ces droits, a été réaffirmée. Il a
également été proposé que l’OIF “se dote d’une politique de
protection des défenseurs des droits de l’Homme” et que la
communauté francophone garantisse des normes relatives à la
protection du droit d’association.
Société civile
Une conférence régionale sur les défenseurs des droits de
l’Homme en Afrique de l’est et de la Corne d’Afrique a eu lieu
du 30 octobre au 4 novembre 2005 à Entebbe, Ouganda, à
l’initiative du Projet canadien pour les Défenseurs de
l’Afrique de l’est et de la Corne d’Afrique.
À cette occasion, un Mémorandum of Understanding,
établissant le Réseau des défenseurs des droits de l’Homme en
Afrique de l’est et de la Corne d’Afrique, a été signé par
plus de 60 ONG. Une Déclaration des défenseurs des droits de
l’Homme de l’Afrique de l’est et de la Corne d’Afrique,
incitant les gouvernements de la sous région à reconnaître le
rôle des défenseurs et à adhérer aux mécanismes
inter-nationaux de protection à leur égard, a également été
adoptée par l’Assemblé générale de ce Réseau.
LES DÉFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME DANS LA LIGNE DE MIRE
DJ I B O UT I
Conclusions de la mission internationale d’enquête mandatée
par l’Observatoire à Djibouti du 20 au 28 août 2005.
Entre autres, le nouveau Code prévoit en son article 219 que
le syndicat doit obtenir l’autorisation des ministères de
l’Intérieur, de l’Emploi, de la Justice ainsi que de
l’inspection du travail et du procureur de la République. À la
demande des ministères intéressés, ce dernier pourra
d’ailleurs dissoudre un syndicat sur simple décision
administrative, la dissolution n’étant pas susceptible à
appel.
Défense des droits économiques, sociaux et culturels
Dénoncer les violations des droits économiques, sociaux et
culturels relève parfois du défi, en raison non seulement de
l’ampleur de la tâche mais aussi des menaces et actes de
harcèlement qu’une telle action peut susciter.
Une mission internationale d’enquête mandatée par
l’Observatoire du 20 au 28 août 2005 à Djibouti a ainsi
recensé de graves entraves aux libertés syndicales. En effet,
certains syndicats n’y sont pas reconnus et pour les autres,
les conditions pour permettre des élections libres en leur
sein ne sont pas réunies. De surcroît, un nouveau Code du
travail adopté en Conseil des ministres en novembre 2004 doit
être approuvé par le Parlement en 2006, mettant en place un
régime d’autorisation pour la création de syndicat 11 . Entre
le 24 et le 26 septembre 2005, plus de 160 personnes,
dirigeants et militants syndicaux, ont été arrêtées par les
Forces nationales de police (FNP), à la suite d’une grève
générale des travailleurs portuaires de Djibouti organisée du
14 au 17 septembre 2005. Douze dirigeants syndicaux, placés en
détention après leur arrestation, ont été licenciés ou mis en
pré retraire et ont été traduits devant le tribunal de
première instance de Djibouti le 2 octobre 2005.
Celui-ci a ordonné leur relaxe. Toutefois, le procureur de
Djibouti a fait appel de cette décision.
Licenciement abusif et actes de harcèlement à l’encontre de
M. Hassan Cher Hared
Le 25 mai 2005, M. Hassan Cher Hared, secrétaire du Syndicat
des postiers de Djibouti, secrétaire aux relations
internationales du Syndicat libre de l’Union djiboutienne du
travail (UDT), et employé de la Poste, a été licencié sans
préavis par M. Hillyeh Hassan
Guirreh, directeur général de la Poste à Djibouti, pour
“fautes professionnelles graves, absentéisme et
insubordination”, après une mise à pied de huit jours. Dans sa
lettre de notification, le directeur a qualifié le
militantisme de M. Cher Hared de “comportement
irresponsable”.
Le licenciement de M. Cher Hared a fait suite,
notamment, à ses observations concernant la gestion financière
de la Poste, déplorant des dépenses illicites. M. Hassan Cher
Hared avait également fait des déclarations en faveur des
droits économiques, sociaux et culturels le 1er mai 2005,
journée mondiale du travail.
Après avoir reçu notification de son licenciement, M. Cher
Hared a déposé trois plaintes contre le directeur général de
la Poste pour “détournement d’une partie des salaires,
harcèlement moral et abus de pouvoir”, “discrimination pour
activité syndicale” et “licenciement abusif ”. Fin 2005,
aucune suite n’a été donnée à ces plaintes.
Le 21 juin 2005, M. Cher Hared a par ailleurs porté plainte
contre la Poste de Djibouti devant le Tribunal social du
travail, aux fins de sa réintégration. Fin 2005, cette plainte
reste en cours d’instruction.
D’autre part, le 22 août 2005, M. Hassan Cher Hared a été
agressé verbalement par M. Hassan Guirreh dans l’enceinte de
la Poste. Il a été mis en garde à vue par la police, avant
d’être relâché deux heures après, grâce à l’intervention d’une
mission de l’Observatoire présente alors à Djibouti.
Le lendemain, M. Hared s’est vu interdire l’accès au bâtiment
de la Poste par les agents de surveillance qui ont déclaré
agir sur ordre verbal du directeur. Il a été emmené au
commissariat où il est de nouveau resté détenu pendant deux
heures. Dans le même temps, après avoir reçu une lettre de M.
Hillyeh Hassan Guirreh, les policiers lui ont signifié qu’il
avait été réintégré à la Poste et affecté à Balbala, dans la
banlieue de Djibouti. Toutefois, M. Hared, bien que rémunéré,
n’a pas de poste défini. De plus, sa réaffectation est
illégale tant qu’aucune décision annulant son licenciement n’a
pas été prise.
Fin 2005, des discussions sur sa réintégration officielle avec
tous ses droits sont en cours entre le Syndicat des postiers
de Djibouti et le ministère.
Détentions arbitraires et licenciement abusif de plusieurs
dirigeants de l’UTP 13
À la suite de la conduite d’une grève générale des
travailleurs portuaires de Djibouti du 14 au 17 septembre
2005, environ 156 grévis-tes et 12 dirigeants syndicaux ont
été arbitrairement détenus entre le 24 et le 26 septembre
2005.
Ainsi, dans la nuit du 24 au 25 septembre 2005, MM. Ali
Ibrahim Darar, Moustapha Abchir Egueh, Mohamed Ahmed Ali,
Koulmiyeh Houssein, Wahib Ahmed Dini, Osman Galab Bouh, Ahmed
Abdallah Houmed, Houssein Djama Bareh et Djibril Houssein
Awaleh, dirigeants de l’Union des travailleurs du port (UTP),
ont été arrêtés par la police, alors qu’ils tentaient de
pénétrer dans le port. Ils ont été placés en garde à vue au
centre de détention de Nagad, où ils ont reçu notification de
leurs licenciements pour “entrave à la liberté de travail”.
Ils ont été détenus dans les bureaux de la police criminelle
jusqu’au 28 septembre 2005, date à laquelle ils ont comparu
devant le procureur, qui a ordonné leur détention à la prison
de Gabode.
En réponse à ces arrestations, les travailleurs portuaires ont
organisé une nouvelle grève dans la nuit du 24 au 25 septembre
2005, au cours de laquelle 110 grévistes et syndicalistes ont
été arrêtés par les Forces nationales de police (FNP) et
placés en détention à l’école de police de Nagad. D’autres
grévistes ont encore été arrêtés par les FNP dans la journée
du 25 septembre 2005.
MM. Kamil Mohamed Ali, Ibrahim Moussa Sultan, également
dirigeants de l’UTP, et Ali Ahmed Aras, secrétaire général de
l’UTP, ont été arrêtés respectivement les 26 et 28 septembre
2005 à leurs domiciles et conduits dans les bureaux de la
police criminelle. MM. Mohamed Ali et Moussa Sultan ont reçu
notification de leurs licenciements et M. Ali Ahmed Aras a été
mis en préretraite.
Le 2 octobre 2005, MM. Mohamed Ali, Moussa Sultan et Ahmed
Aras ont été traduits devant le Tribunal de première instance
de la Cour correctionnelle pour “participation délictueuse à
un attroupement” et “incitation à la rébellion”. Le tribunal a
déclaré un non-lieu.
Le même jour, le même tribunal a relaxé et ordonné la
libération de MM. Ali Ibrahim Darar, Moustapha Abchir Egueh,
Mohamed Ahmed Ali, Koulmiyeh Houssein, Wahib Ahmed Dini, Osman
Galab Bouh, Ahmed Abdallah Houmed, Houssein Djama Bareh et
Djibril Houssein Awaleh, qui étaient accusés de “menace de
commettre un délit, lesdites menaces ayant été matérialisées
par des attroupements publics réitérés” et “participation à
des rassemblements sur la voie publique susceptible de
troubler l’ordre public”.
Toutefois, le 3 octobre 2005, le bureau du procureur a initié
une procédure d’appel contre ces deux décisions. L’audience
devant la Cour d’appel de Djibouti, prévue le 7 décembre 2005,
a été reportée au 14, au 21 puis au 28 décembre 2005. À cette
date, la décision a été mise en délibéré au 4 janvier 2006,
date à laquelle les douze syndicalistes ont été condamnés à
une peine de un à deux mois d’emprisonnement avec sursis.
Par ailleurs, l’ensemble des grévistes et syndicalistes qui
avaient été arrêtés par les FNP le 25 septembre 2005, au port
de Djibouti ou à leur domicile, ont été relâchés sans
qu’aucune charge ne soit retenue contre eux, les 26 et 27
septembre 2005. Toutefois, 36 d’entre eux, parmi lesquels MM.
Ali Ibrahim Darar, Moustapha Abchir Egueh, Mohamed Ahmed Ali,
Koulmiyeh Houssein, Djibril Houssein Awaleh et MM. Mohamed
Ahmed Mohamed, Samira Hassan Mohamed, Mohamed Abdilahi Dirieh
et Mohamed Abdillahi Omar, également dirigeants syndicaux,
n’ont pu réintégrer leurs postes en raison de leur
licenciement.
Arrestation et détention arbitraire de M. Jean-Paul Noël
Abdi
Le 14 décembre 2005, M. Jean-Paul Noël Abdi, président de la
Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH), a été arrêté
alors qu’il se rendait à une convocation du Commandant Wabéri
des FNP.
M. Noël a ensuite été transféré au centre de transit de Nagad
puis à l’École de police de cette même ville. Aucun mandat
d’arrêt ne lui a été communiqué. Il n’a été relâché que tard
dans la soirée à la suite de la mobilisation de plusieurs
organisations nationales et internationales.
Au cours de sa détention, les services de la Police judiciaire
ont questionné M. Noël Abdi sur ses déclarations publiques et
sur le communiqué de presse conjoint de la FIDH et de la LDDH
concernant la répression meurtrière, par les forces de
sécurité, d’une manifestation des habitants du quartier
d’Arhiba à Djibouti-ville qui tentaient de s’opposer à la
destruction de leurs habitations par les pouvoirs publics le
30 novembre 2005.
LES DÉFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME DANS LA LIGNE DE MIRE
ÉRYTHRÉE
Détention arbitraire de trois dirigeants syndicaux 15
Le 30 mars 2005, M. Tewelde Ghebremedhin, président de la
Fédération des travailleurs de l’alimentation, des entreprises
de bois-sons, de l’hôtellerie, du tourisme, de l’agriculture
et du tabac (Food, Beverages, Hotels, Toursim,
Agriculture and Tobacco Workers Federation),
affiliée à l’Union internationale des travailleurs de
l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie-restauration,
du tabac et des branches connexes (International Union of
Food, Agricultural, Hotel, Restaurant, Catering,
Tobacco and Allied Workers’ Federation – IUF), et M.
Minase Andezion, secrétaire de la Fédération des travailleurs
du textile et du cuir (Textile and Leather Workers’
Federation), ont été arrêtés par les forces de l’ordre.
Le 9 avril 2005, M. Habtom Weldemicael, président du Syndicat
des travailleurs de Coca-Cola et membre du Comité exécutif de
la Fédération des travailleurs de l’alimentation et des
entreprises de boissons, a également été arrêté pour avoir, selon les autorités,
encouragé une action au sein de l’entreprise dénonçant la
détérioration du niveau de vie des travailleurs.
Fin 2005, aucune information n’a pu être obtenue concernant
leur lieu et conditions de détention, ni l’existence
d’éventuelles charges à leur encontre. Ces trois syndicalistes
seraient toujours détenus au secret, encourant ainsi le risque
de subir des tortures ou des mauvais traitements.
M. Habtom Weldemicael, trois dirigeants syndicaux, sont
détenus au secret depuis le mois de mars 2005, pour avoir
“encouragé une action dans leurs entreprises concernant la
détérioration du niveau de vie des travailleurs”. Fin 2005,
aucune nouvelle n’a pu être obtenue concernant leur situation.
LES DÉFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME DANS LA LIGNE DE MIRE
É T H I O P I E
Poursuite des pressions à l’encontre des membres d’EHRCO 16
À la suite des élections législatives du 15 mai 2005 et de
l’annonce de la victoire du Front populaire révolutionnaire
démocratique éthio-pien (parti au pouvoir, Ethiopian
People’s Revolutionary Democratic Front – EPRDF),
les principales villes, notamment Addis Abeba, Gondar, Awassa,
Dessie et Nazareth, ont connu des affrontements
violents entre les forces de l’ordre et les jeunes
manifestants, qui contestaient la validité des résultats du
scrutin.
Détentions arbitraires et poursuites judiciaires contre MM.
Chernet, Birhanu et Halemariam
Le 8 juin 2005, la police a été autorisée à prendre de sévères
mesures contre les manifestants à Addis Abeba. À cette
occasion, 26 personnes ont été tuées et une centaine d’autres
ont été blessées.
Le 9 juin 2005, M. Taddesse Chernet, mandaté par le Conseil
éthiopien des droits de l’Homme (Ethiopian Human Rights
Council– EHRCO) pour recenser les cas de violations des
droits de l’Homme commises au cours de cette manifestation, a
été arrêté par la police à son domicile. Après que sa
situation soit restée inconnue pendant plusieurs jours, sa
famille a pu lui rendre visite au centre de détention de Zeway
le 23 juin 2005.
Par ailleurs, le 13 juin 2005, M. Tsegu Birhanu, responsable
du département de surveillance et de recherches d’EHRCO, et M.
Yared Hailemariam, son assistant, ont été arrêtés, alors
qu’ils quittaient les bureaux d’EHRCO, à Addis Abeba. Le
domicile de M. Hailemariam avait par ailleurs été
perquisitionné par la police le 9 juin 2005.
MM. Birhanu et Hailemariam, qui s’étaient rendus dans les
hôpitaux pour prendre des photos des manifestants morts ou
blessés, avaient été suivis par la police au cours de leurs
enquêtes.
Aucune information sur leur lieu de détention n’a été
communiquée jusqu’au 25 juin 2005, date à laquelle ils ont
reçu une visite du Comité international de la Croix-Rouge et
de leur famille au centre de détention de Zeway.
Le 4 juillet 2005, MM. Chernet, Birhanu et Hailemariam ont été
libérés sous caution, au terme d’une troisième audience devant
la Cour fédérale temporaire de Zeway. Ils sont officiellement
accusés de “tentative de renverser un gouvernement légitime
par la force”. Fin 2005, les charges retenues contre eux
restent pendantes.
Par ailleurs, en novembre 2005, à la suite d’une nouvelle
vague de manifestations dénonçant le résultat des élections,
au moins 34 personnes ont été tuées par les forces de l’ordre.
À cette occasion, MM. Chernet et Hailemariam ont été placés
sur une liste de 58 personnes recherchées par les autorités
pour leur rôle présumé dans ces événements. Détentions
arbitraires et poursuites judiciaires contre MM. Bekele, Degu
et Kebede.
Le 14 juin 2005, M. Tesfawe Bekele et M. Seifu Degu,
professeurs et respectivement président et vice-président de
la section d’EHRCO à Dessae, et M. Chane Kebede, professeur et
membre d’EHRCO, ont été arrêtés à l’école de Dessae, puis
conduits à la prison de la ville.
MM. Bekele et Degu avaient tous deux été observateurs durant
le scrutin électoral.
Le 23 juin 2005, MM. Bekele, Degu et Kebede ont été libérés
sous caution. Ils sont accusés de “tentative de renverser le
gouvernement légitime par la force”. Fin 2005, la procédure
judiciaire reste pendante.
Le 25 octobre 2005, M. Tesfawe Bekele a de nouveau été arrêté,
avant d’être libéré sous caution le 28 octobre 2005.
Enfin, M. Seifu Degu a été de nouveau détenu le 4 novembre
2005, en compagnie de MM. Mekonen Bezu et Reta Chanie,
professeurs et membres d’EHRCO. MM. Bezu et Chanie se sont
livrés à la police après que leurs femmes eurent été arrêtées
et détenues à leur place. Fin 2005, les deux hommes restent
détenus dans une prison située aux alentours de Dessae sans
être autorisés à recevoir de visites.
Poursuite du harcèlement à l’encontre de M. Mesfin Woldemariam
Le 1 er novembre 2005, M. Mesfin Woldemariam, ancien président
d’EHRCO, a été arrêté à son domicile dans le cadre d’une
nouvelle vague d’arrestations visant les opposants politiques,
les défenseurs des droits de l’Homme et les journalistes. Le 7
novembre 2005, il a comparu, avec d’autres accusés, devant la
Haute Cour fédérale à Addis Abeba, qui a ordonné qu’ils soient
détenus pour 14 jours supplémentaires, afin de mener une
enquête.
Le 21 novembre 2005, durant la seconde audience, leur mise en
liberté a été refusée et l’ordre de leur détention
administrative a été renouvelé pour une période de 10
jours. Le 28 novembre 2005, M. Woldemariam a entamé une
grève de la faim.
Le 1 er décembre 2005, M. Woldemariam et 129 personnes, dont
des dirigeants du Parti de la coalition pour l’unité et la
démocratie (Coalition for Unity and Democracy Party –
CUDP), des journalistes et des membres d’ONG, ont été déférés
devant la Haute cour fédérale à Addis Abeba, leur période de
détention arrivant à son terme. Le juge a ordonné au procureur
de présenter les charges retenues contre eux dans un délai 15
jours. Le 21 décembre 2005, ils ont été formellement inculpés
pour “conspiration”, “insurrection armée”, “tentative de
renversement de l’ordre constitutionnel”, “haute trahison” et
“génocide”, chefs d’inculpation passibles de 25 ans
d’emprisonnement ou de la peine de mort.
Par ailleurs, M. Woldemariam, ainsi que M. Birhanu Nega,
président de l’Association économique éthiopienne, restent
poursuivis pour avoir encouragé les étudiants “à réclamer le
respect de leurs droits par l’émeute plutôt que par des moyens
constitutionnels” (articles 32-1 et 480 du Code pénal) et pour
avoir tenté de créer “un parti clandestin en vue de changer la
Constitution par des moyens illégaux”, avec la Ligue
démocratique éthiopienne (Ethiopian Democratic League –
EDL), une organisation considérée comme illégale au moment des
faits et qui a depuis été enregistrée (articles 32-1 et 250 du
Code pénal). Arrêtés le 8 mai 2001 à la suite d’une
intervention publique en faveur des libertés académiques et du
respect des droits de l’Homme, lors d’un séminaire organisé
par l’université d’Addis-Abeba, ils avaient été libérés le 5
juin 2001 après avoir entamé une grève de la faim. Depuis
lors, l’audience de leur procès a été systématiquement
reportée.
Harcèlement à l’encontre de plusieurs membres d’EHRCO
Dans le cadre de la répression suivant les manifestations de
novembre 2005, le domicile de M. Gashu Wondimagegne, membre d’EHRCO,
a été constamment surveillé par des agents de sécurité en
tenue civile, qui ont en outre interrogé sa mère. M me
Demissie Elfinesh, professeur et membre du comité exécutif d’EHRCO,
a par ailleurs été obligée de payer d’importantes amendes pour
ne pas avoir travaillé pendant la semaine de manifestations,
alors que son école avait été fermée pendant cette période.
Mme Elfinesh a reçu une lettre anonyme l’avertissant qu’une
“action finale” serait entreprise à son encontre par les
autorités, sans que la nature de ces menaces n’ait été
précisée.
Attaque et détention arbitraire de M. Daniel Bekele 20
Le 16 octobre 2005, M. Daniel Bekele, membre du Comité
exécutif du Réseau des ONG éthiopiennes (Network of
Ethiopian NGOs) et responsable de programme à ActionAid
Ethiopia, ONG internationale luttant contre la pauvreté, a
été agressé par deux inconnus armés, à Addis Abeba, alors
qu’il était en voiture. L’un de ses agresseurs lui a demandé
“qui [il était] pour critiquer le parti au gouvernement”. Ils
l’ont ensuite violemment frappé à la tête et aux yeux à l’aide
de la crosse de leurs pistolets. Ses agresseurs se sont enfuis
lorsque plusieurs personnes sont venues lui porter secours.
M. Bekele a déposé plainte au poste de police le plus proche.
ActionAid Ethiopia a également introduit une plainte
devant la Commission de la police fédérale. Toutefois, fin
2005, aucune enquête n’a été ouverte.
Le 1 er novembre 2005, M. Bekele a été de nouveau arrêté par
les forces de sécurité, dans le cadre de la nouvelle vague
d’arrestation d’opposants politiques et de militants. Fin
2005, il reste détenu sans qu’aucune charge n’ait été retenue
contre lui.
Poursuites des pressions à l’encontre de l’EFJA 21
En décembre 2003, les activités de l’Association des
journalistes pour la liberté de la presse en Éthiopie (Ethiopian
Free Press Journalists’ Association – EFJA) avaient
été suspendues sur décision du gouvernement, au motif que l’EFJA
n’avait pas soumis de comptes audités au ministère de la
Justice. Les membres du comité exécutif de l’association,
notamment MM. Kifle Mulat, président de l’EFJA,
Taye Woldesmiate Belachew, vice-président, Sisay Agena,
tréso-rier, Tamiru Geda, chargé des relations publiques, et
Habtamu Assefa, comptable, avaient par ailleurs été interdits
de “continuer à mener toute activité au sein de l’EFJA”. Le 24
décembre 2004, la Cour fédérale de première instance avait
jugé illégale la suspension de l’EFJA et de ses cadres.
Le 3 mars 2005, la Haute cour fédérale a rejeté l’appel du
ministère de la Justice, confirmant le verdict de décembre
2004.
Toutefois, le 13 octobre 2005, MM. Mulat, Belachew, Agena et
Assefa ont été arrêtés par la police et détenus durant
plusieurs heures par les membres du département des Enquêtes
criminelles (Criminal Investigations Department
– CID), à Addis Abeba. L’interrogatoire a porté sur les
activités de l’EFJA, notamment la publication de ses
communiqués de presse, que les membres du CID ont qualifiées
d’illégales, prétendant ne pas connaître le verdict de la Cour
de décembre 2004.
Le nom de M. Mulat a par ailleurs été placé sur une liste de
personnes recherchées par les autorités pour leur rôle dans
les événements de novembre 2005.
Par ailleurs, le 21 novembre 2005, les bureaux de l’EFJA à
Addis Abeba ont été investis par des membres des forces de
sécurité. Les ordinateurs et les documents se trouvant sur
place ont alors été confisqués et fin 2005, ils n’ont toujours
pas été restitués.
Enfin, le 29 novembre 2005, M. Sisay Agena a été arrêté par la
police, après que sa soeur, M me Aboneshe Abera, eut été
détenue pendant trois jours et soumise à des mauvais
traitements pour livrer des informations sur l’endroit où il
se cachait. Le 21 décembre 2005, il aurait été inculpé dans le
procès contre 129 personnes pour leur rôle présumé dans les
émeutes de juin et de novembre 2005. M. Mulat aurait également
été inculpé in absentia dans le cadre de ce procès.
Poursuite du harcèlement à l’encontre des membres de l’ETA
23
Le 25 septembre 2005, M. Teferi Gessese, trésorier de
l’Association éthiopienne des enseignants (Ethiopian
Teachers’ Association –ETA), et secrétaire général de
l’Association des enseignants à Addis Abeba (Addis Ababa
Teachers’ Association), associée à l’ETA, a été arrêté et
emmené au département de la police de Gulele Sub-City, où il a
été obligé de remplir un formulaire d’identité et a été
photographié. Il aurait par ailleurs fait l’objet de mauvais
traitements durant sa détention.
Le même jour, au même moment, M. Kassahun Kebede, président de
l’Association des enseignants à Addis Abeba, a été interpellé
à son domicile par cinq hommes qui l’ont emmené au deuxième
poste de police d’Addis Abeba. Il a également été contraint de
remplir un formulaire et a été photographié avant d’être remis
en liberté trois heures et demie plus tard.
Le lendemain, M. Tamrat Tesfaye, membre du comité exécutif de
l’Association des enseignants à Addis Abeba, ainsi que neuf
autres membres de cette association, ont fait l’objet de
mesures similaires.
LES DÉFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME DANS LA LIGNE DE MIRE
SOMALIE
En Somalie, M. Omar Faruk Osman, secrétaire général du
Syndicat national des journalistes somaliens (NUSOJ), et M.
Mohamed Barre Haji, président du Conseil suprême, ont été
l’objet de graves menaces de mort, entre les 22 et 28 août
2005, à la veille de l’assemblée générale du syndicat. De
même, le 2 septembre 2005, quatre miliciens cagoulés et armés
de fusils-mitrailleurs ont fait irruption au domicile de l’un
des membres du comité exécutif du NUSOJ, M. Ali Moallim Isak,
alors absent.
Dans un communiqué de presse en date du 11 juillet 2005, M.
Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, s’est dit
“choqué par le meurtre de M. Abdulkadir Yahya Ali”, à
Mogadishio, en Somalie .
NB
Ce document a été envoyé par courrier électronique. Prière
nous excuser en cas d’erreur de reproduction indépendante de
notre volonté.
M. NOEL ABDI Jean-Paul
Communiqué de presse de l'Union pour
l'Alternance Démocratique (UAD) sur l'arrestation de M.
Adan Mohamed Abou, Secrétaire général de l'ARD
+++
Union pour l’Alternance Démocratique (U.A.D)
(A.R.D, U.D.J, M.R.D)
Djibouti, le 11 mars 2006
COMMUNIQUE DE PRESSE
ADAN MOHAMED
ABDOU secrétaire général de l’ARD, porte-parole de 1’UAD a été
tôt ce matin arrêté sans mandat d’arrêt à son domicile et
conduit aussitôt au bureau de la Police criminelle. Il est
jusqu’à présent sans avocat et médecin.
Cette
arrestation arbitraire survient quelques heures après une
parodie d’élections régionales marquée par un nouvel Hold-up
électoral du RPP au détriment de ses alliés politiques.
Tout en
rappelant que la détention illégale d’un haut dirigeant de
l’Opposition n’est pas de nature à apaiser les esprits en
cette période troublée ;
L’Union pour
l’Alternance Démocratique (UAD):
-
gravement préoccupée par l’escalade de la répression;
-
dénonce vigoureusement les inacceptables manoeuvres
d’intimidations à l’encontre des démocrates Djiboutiens
-
exige la libération immédiate et sans condition de M. ADAN
MOHAMED ABDOU;
-
demande à l’opinion nationale et internationale de condamner
énergiquement la nouvelle dérive dictatoriale du régime
djiboutien.
Le Président de
l'UAD
Ismael Guedi Hared

Arrestation des dirigeants de l'Union
djiboutienne du travail (UDT)
Aujourd'hui samedi 11 mars 2006,
lendemain des élections dites locales, est le jour de la
purge des syndicalistes : M. Adan Mohamed Abdou, Secrétaire
général de l'Union Djiboutienne du Travail (UDT) a été
arrêté à 7 heures (heures locales), suivi de M. Hassan
Cher, Secrétaire aux relations internationales de l'UDT,
arrêté à 9h 30.
Après le boycott des élections
régionales, avec un abstention record sur laquelle nous
reviendrons, le régime aux abois
ne peut-il que procéder à la purge des syndicalistes ?
Information à développer dans
la journée.
Le non événement des élections dites locales
à Djibouti
Le non
événement des élections dites locales déployées ce
vendredi 10 mars 2006 à Djibouti a été l’occasion que des
compatriotes ont malgré tout et désespérément voulu saisir
pour faire valoir leurs droits à participer à la gestion
de la chose publique. Le village et le bourg semblent être
vécus plus à portée de main que la scène politique
nationale.
Aussi
avons-nous probablement assisté à une volonté criante de
Djiboutiens d’investir leur pays local quelle que soit
l’irrégularité prévisible du scrutin électoral mais sans tomber
pour autant dans les escarcelles de l’UMP, pour
preuve les nombreuses listes dites indépendantes. Bien que
parfois le souci premier de certaines têtes de listes est
tout autre, par exemple simplement se partager des sièges
de fonctionnaires « élus » à l’Assemblée régionale.
Le
gouvernement a pour lui une toute autre lecture des
événements électifs. Il a cherché à investir le terrain
électoral de la décentralisation comme une nouvelle
justification de l’arbitraire découlant de la remise en
cause unilatérale et illégale du projet de loi initial
portant décentralisation et statut des régions. Ce premier
projet avait été conçu à parité par le Frud-armé et le
gouvernement, et les conseils régionaux eux-mêmes avaient
vu le jour à partir de l’Accord-cadre de réforme du 7
février 2000. Aussi peut-on dire clairement que le
gouvernement a lui aussi cherché, bien désespérément, à faire
légitimer un processus en provoquant le plus de
mobilisation possible de l’électorat.
Mais en
réalité, comment un processus électoral mis en place en
partenariat avec l’opposition nationale et notamment avec
le Frud-armé, actuel Alliance républicaine pour le
développement (ARD), peut-il sérieusement se poursuivre en
l’absence de son partenaire co-initiateur ? Un déroulement
sain du processus électoral peut-il se réaliser en
l’absence des uns et entre les mains d’un gouvernement à
qui cette exigence elle-même avait été imposée par un
accord de paix et par une lutte armée ?
Autrement
dit, comment croire qu’un gouvernement qui viole à tours de
bras les débuts d'un hypothétique processus démocratique pourra
conduire à lui seul des élections régionales loyales et
transparentes ?
Parce que
l’opposition nationale est responsable devant l’histoire
politique et devant l’histoire tout court de Djibouti,
elle ne pouvait en aucun cas marquer de sa participation
un tel jeu de dupes, d'où son appel à boycotter la
mascarade électorale.
Différents
articles extraits du journal Réalité publiés en 2002 lors
des amendements à l'Assemblée nationale préalables à
l'adoption du texte sur mesure pour le régime sont
reproduits ci-dessous, et permettront de prendre toute la
mesure des enjeux en cours dans les élections dites de la
décentralisation. LA
REDACTION
Décentralisation : des amendements au projet de
loi irresponsables et inacceptables
Extrait de Réalité n°7 du 7 juin 2002, page 3
Les extraits significatifs reproduits ci-dessous du
Journal Réalité n°7 du 7 juin 2002 et n°8 du 15 juin 2002
présentent, pour le premier, le texte du projet de loi de
décentralisation adopté en annexe de l'accord de réforme et de
concorde civile du 12 mai 2001 face au texte amendé par
l'Assemblée nationale le 30 mai 2002, et pour le second, une
analyse des amendements apportés au texte d'origine. Les
Djiboutiens découvriront le fossé qui sépare la version
d'origine cosignée par le Frud-armé de la version finale du texte de loi
méconnaissable.
+++++++++
DES AMENDEMENTS
INACCEPTABLES
Sur un total de 43
articles amendés du texte initial instaurant la
décentralisation, présentés dans le Rapport n° 7 de la
Commission de la législature et de l’Administration générale,
nous vous présentons dans ce tableau les principaux, afin de
mieux comprendre les enjeux de cette violation de l’Accord de
Paix du 12 mai 2001. Quant au dernier, celui relatif au
contrôle de la première élection régionale, il a été purement
et simplement supprimé. Tout un programme de transparence
version parti unique ! Pour la clarté de la lecture, les
éléments modifiés sont soulignés.
TABLEAU COMPARATIF DES
DEUX TEXTES PORTANT DECENTRALISATION
ARTICLE
|
TEXTE ADOPTE DANS L’ACCORD
DE PAIX DU 12 MAI
2001
|
TEXTE AMENDE ET ADOPTE
PAR L’ASSEMBLEE
NATIONALE |
|
4 |
Les régions constituent des
collectivités décentralisées et conservent les limites
territoriales des districts actuels excepté Djibouti. Ces
limites territoriales ne peuvent être modifiées que par la
loi après accord, à la majorité absolue, des assemblées
régionales concernées.
Les District et Région d'
Arta, dans leurs limites territoriales, ne comprennent pas
Djibouti-Ville qui fera l'objet d'un statut spécial dont
les dispositions seront fixées par une loi.
|
Les régions constituent des
collectivités décentralisées dont les limites
territoriales sont fixées par un arrêté pris en conseil
des Ministres sur proposition du Ministre de l’Intérieur
et de la Décentralisation.
Les régions de l’Intérieur,
dans leurs limites territoriales ne comprennent pas
Djibouti-Ville qui fera l’objet d’un Statut Spécial dont
les dispositions seront fixées par une loi. |
|
10 |
Les membres des Assemblée
régionales sont élus au suffrage universel direct et au
scrutin de listes à deux tours, avec dépôt de listes
comportant autant de candidats que de siège à pourvoir,
sans adjonction ni suspension de nom et sans modification
de l'ordre de présentation des candidats.
L'Assemblée Régionale est
composée de neuf (9) élus au minimum.
|
Les membres des Assemblée
régionales sont élus au suffrage universel direct et au
scrutin de listes à deux tours, avec dépôt de listes
comportant autant de candidats que de siège à pourvoir,
sans panachage ni vote préférentiel.
L'Assemblée Régionale est
composée de neuf (9) élus au minimum. |
|
19 |
Une déclaration de
candidature est obligatoire pour chaque liste de
candidats, La candidature résulte du dépôt auprès de la
commission de contrôle électorale d'une liste de candidats
portant autant de noms qu'il y a de sièges à pourvoir dans
la Collectivité Régionale concernée.
Pour la première élection
d'une Assemblée Régionale, ce dépôt de liste s'effectue
provisoirement auprès du Ministère, chargé de la
Décentralisation et du Commissaire de la République.
Le simple dépôt vaudra
candidature et aucune liste ne pourra être rejetée sans
motif sérieux. Nul ne peut être candidat simultanément sur
plus d'une liste,
Tout candidat doit être
domicilié dans la Collectivité dans laquelle il se
présente et pouvoir en fournir la preuve. |
Une déclaration de
candidature est obligatoire pour chaque liste de
candidats. La candidature résulte du dépôt auprès de la
commission de contrôle électorale d'une liste de candidats
portant autant de noms qu'il y a de sièges à pouvoir dans
la Région concernée.
Pour la première élection
d'une Assemblée Régionale, ce dépôt de liste s'effectuera
provisoirement auprès du Ministère chargé de la
Décentralisation et du Représentant de l'Etat.
Le simple dépôt vaudra
candidature et aucune liste ne pourra être rejetée sans
motif sérieux. Nul ne peut être candidat simultanément sur
plus d'une liste.
|
|
27
27
(suite) |
A chaque scrutin régional,
il est institué une commission régionale électorale de
contrôle. Cette commission est chargée :
1) De contrôler la
régularité des listes électorales et,
2) De veiller à la
régularité de la composition des bureaux de vote ainsi
qu'à celle de opérations de vote, de dépouillement des
bulletins et de dénombrement des suffrages et de garantir
aux électeurs ainsi qu'aux candidats et listes en présence
le libre exercice de droit.
Cette commission est
composée :
- d'un magistrat de l'ordre
judiciaire, Président
- du Président de
l’Assemblée Régionale sortant
- d'un Représentant de
chaque parti politique ou liste en lice
- du commissaire de la
République ou son représentant
A cette fin, son président
et ses membres procèdent à tous contrôles et vérification
utiles. Ils ont accès à tout moment aux bureaux de vote et
peuvent exiger l'inscription de toutes observations au
procès-verbal, soit avant, soit après la proclamation des
résultats du scrutin. Les autorités qualifiées pour
établir les procurations de vote, et les présidents des
bureaux de vote sont tenus de fournir à la commission, sur
sa demande, tous les renseignements et de lui communiquer
tous les documents nécessaires à l'exercice de sa mission.
A l'issue du scrutin, cette
commission établie un rapport sur ses activités et sur les
conditions de déroulement de la compagne électorale et des
opérations de vote.
Ce rapport est adressé au
Ministère Délégué à la décentralisation, au Ministère de
l'Intérieur et au Conseil Constitutionnel dans les quatre
(4) jours qui suivent le scrutin. |
A chaque
scrutin régional, il est institué une commission
électorale régionale indépendante. Cette commission est
chargée :
1) De
contrôler la régularité des listes électorales et,
2) De
veiller à la régularité de la composition des bureaux de
vote ainsi qu'à celle des opérations de vote, de
dépouillement des bulletins et de dénombrement des
suffrages et de garantir aux électeurs ainsi qu'aux
candidats et listes en présence le libre exercice de
droit. |
|
62 |
Dans le cadre de la
coopération décentralisée, les collectivités régionales
peuvent solliciter et recevoir toute aide et assistance à
caractère humanitaire, économique, social et culturel
émanant d'Etats, d'organisations, de collectivités
ou d'institutions étrangères.
|
Dans le cadre de la
coopération décentralisée, les collectivités régionales
peuvent solliciter et recevoir toute aide et assistance à
caractère humanitaire, économique, social et culturel
émanant d'organisations non gouvernementales et de
collectivités. |
|
64 |
Dès son investiture, le
Président de l'Assemblée Régionale fait appel au chef de
file de la liste ayant obtenu la majorité des sièges à
l'Assemblée Régionale à l'effet de former un Exécutif
Régional.
Le Président ou chef de la
coalition majoritaire peut charger de cette mission une
personne extérieure à l'Assemblée Régionale mais
justifiant de la qualité d'électeur et de compétences dans
l'administration publique.
Le
Secrétaire Exécutif Régional ainsi désigné choisit ses
secrétaires régionaux pour les domaines d'intervention de
la région. La liste des membres de l'Exécutif Régional est
communiquée au Président de l'Assemblée Régionale.
L'Assemblée Régionale, par
la voie de son président, après vote, proclame
solennellement la formation de l'Exécutif Régional
responsable devant elle.
|
Dès son investiture, le
Président de l'Assemblée Régionale fait appel au chef de
file de la liste ayant obtenu la majorité des sièges à
l'Assemblée Régionale à l'effet de former un Exécutif
Régional.
Le Secrétaire Exécutif
Régional ainsi désigné choisit ses secrétaires régionaux
pour les domaines d'intervention de la région. La liste
des membres de l'Exécutif Régional est communiquée au
Président de l'Assemblée Régionale.
L'Assemblée
Régionale, par la voix de son président, après vote
d'investiture, proclame solennellement la formation de
l'Exécutif Régional responsable devant elle.
|
|
103 |
A la
première élection des membres des assemblées régionales,
il est créé une commission de contrôle des opérations
électorales.
Cette
commission est composée :
- d’un
représentant de chacune des deux parties signataires de
l’Accord-cadre de Réforme et de Concorde
civile susmentionnée, qui en assurent la présidence
collégiale;
- d’un représentant de
chaque parti politique en lice.
Les compétences et attributions de cette commission de contrôle sont
celles accordées par l’article 27 de la présente Loi à la
commission électorale de contrôle. |
Supprimé
|
++++++++
Extrait du Journal Réalité n°8 du 12 juin 2002
DECENTRALISATION : DES
AMENDEMENTS IRRESPONSABLES
Aussi
surprenant que cela paraisse, c’est bien un projet de loi de
décentralisation vidé de sa substance à coups d’amendements
pervers qui a été adopté par l’Assemblée Nationale le jeudi
30 mai 2002. Du coup, au-delà de la décentralisation
proprement dite, c’est tout autant la démocratie et l’unité
nationale qui risquent d’en souffrir, dans l’état actuel des
choses.
Pour le
FRUD-armé, qui n’avait pas manqué de mettre en garde son
partenaire contre une éventuelle modification unilatérale du
texte annexé à l’Accord de Paix du 12 mai 2001, le projet de
loi torpillé n’a désormais aucune valeur juridique. De là à
s’interroger sur la validité de l’Accord, il n’y a qu’un
pas.
Il va sans
dire qu’une fois signé, l’Accord lie le deux parties qui
l’ont conclu, chacune d’elle étant tenue d’honorer ses
engagements. En outre, le texte de l’Accord ne peut souffrir
aucune modification unilatérale sous peine de nullité, si ce
n’est d’un commun accord. Telles sont les obligations,
inhérentes à tout contrat, auxquelles vient de se dérober
l’une des parties signataires de l’Accord de réforme et de
concorde civile du 12 mai 2001, sous la bonne volonté de
parade et de façade.
Dans ce pays
où l’Assemblée Nationale fait office de chambre
d’enregistrement de projet de loi, il est bien évident que
tout naît et meurt par la volonté du gouvernement.
En effet, le
dernier acte concerne la modification d’un projet de loi
portant décentralisation et statut des régions à l’origine
consensuel, puisque élaboré dans la concertation par une
commission paritaire Gouvernement/FRUD-armé conformément à
la logique des négociations. La légitimité ainsi conférée
vient d’être ôtée par une décision unilatérale, donc
dilatoire qui, de ce fait, hypothèque gravement l’avenir de
tout le Peuple djiboutien.
Par
ailleurs, considérant la série d’amendements infligés au
projet de loi initial, il est permis de remarquer que le
gouvernement se rétracte nettement sur l’ensemble du terrain
de la démocratie, allant même jusqu’à projeter des mesures
préjudiciables à l’unité nationale.
Cette
volonté de « recentralisation » se concrétise à travers
l’amendement apporté à l’article 29 qui, dans la version
initiale, met en place une Commission Electorale Régionale
Indépendante (CERI), dont la composition est clairement
établie, chargée de garantir aux élections régionales
l’honnêteté et la transparence indispensables pour se
prévaloir d’une légitimité démocratique. En l’espèce, la
sincérité vise des élections disputées ou pluralistes,
mettant en lice plusieurs représentants de partis, voire
d’idéologies, distincts.
Le
gouvernement djiboutien, qui ne s’est jamais vraiment
préoccupé ni de la légitimité ni de l’égalité des résultats
électoraux, a tout simplement supprimé la CERI pour rétablir
l’opacité électorale.
Par cet
acte, il convient de souligner que le gouvernement viole non
seulement l’Accord du 12 mai 2001, mais également la
Déclaration Universelle qui, en son article 21, définit les
bases à vocation universelle du droit politique et
électoral. Puisque les élections libres semblent être
renvoyées aux calendes grecques, il est par conséquent
illusoire de s’attendre à une décentralisation effective qui
tire d’ailleurs toute sa légitimité du principe de « libre
administration » des collectivités locales.
En cherchant
à s’attribuer l’organisation et le « contrôle » des
opérations de vote, il est clair que le pouvoir central veut
mettre en place des assemblées régionales similaires aux
actuels conseils régionaux. C’est-à-dire essentiellement
composées d’hommes désignés dans l’opacité, donc par le
régime, en lieu et place de la population locale.
Cette
volonté de « recentralisation » a d’ailleurs été clairement
exprimée par le ministre en charge de la décentralisation
dans son intervention à l’Assemblée Nationale, à l’occasion
du vote du projet de loi amendé. Au cours de cette séance
parlementaire, il avait notamment déclaré : « nous avons
fait la décentralisation depuis 1999, car nous avons nommé
des conseils régionaux ». CQFD !
Un peu avant
cela, sur le chemin de la décentralisation version inédite,
le gouvernement s’était arrête à l’article 19 et supprimait
la condition de domiciliation exigée pour être électeur ou
éligible dans une région. Il justifie cet acte par la
nécessité d’ouvrir les assemblées régionales à des jeunes
compétents mais urbains, pour éviter d’avoir des assemblées
de notables traditionnels. Argument si peu convaincant que
nous sommes en droit de penser que les véritables
motivations de l’auteur sont ailleurs.
Le caractère
fallacieux de cette argumentation apparaît aussitôt que l’on
compare cet amendement à celui qui vise l’article 64 portant
sur le mode de désignation du Secrétaire Exécutif régional.
Car, sous le souci de compétence invoqué par le gouvernement
pour justifier l’annulation de la condition de domiciliation
à l’article 19 ne se vérifie plus. Pis, la compétence est
même bannie puisque l’alinéa 2 de l’article 64, qui prévoit
la possibilité de faire appel à une personne extérieure à
l’Assemblée Régionale pour former l’Exécutif Régional est
tout simplement supprimé.
Or, chacun
sait que s’il y a un poste qui requiert une personne
compétente, c’est bien celui du Secrétaire Exécutif, dotés
de surcroît de pouvoirs importants. Les véritables
motivations sont donc ailleurs et seraient plutôt d’ordre
idéologique, au même titre que l’amendement de l’article 4,
relatif à la délimitation territoriale.
C’est cette
arrière-pensée qui explique enfin la remise en cause du
caractère organique de ce projet de loi portant
décentralisation et statut des régions : pourquoi le régime
se compliquerait-il la manœuvre en impliquant le Conseil
Constitutionnel, devant lequel doit passer toute loi
organique ? Journal Réalité n°8 du 15/06/06.
Appel
urgent du FIDH et de l'OMCT pour détention arbitraire et
poursuite judiciaire de syndicalistes djiboutiens
APPEL URGENT DE L’OBSERVATOIRE,
jeudi 9 mars 2006
Détentions
arbitraires / Poursuites judiciaire - DJI 001 / 0206 / OBS
016.3
L’Observatoire
a été informé par la Ligue djiboutienne des droits Humains (LDDH)
et l’Union djiboutienne du Travail (UDT) de l’inculpation de
M. Mohamed Ahmed Mohamed, responsable aux affaires juridiques
de l’Union des Travailleurs du port (UTP) de Djibouti, et de
M. Djibril Ismael Egueh, secrétaire général du Syndicat du
personnel maritime et du service de transit (SP-MTS), deux
organisations affiliées à l’UDT, pour « livraison
d’informations à une puissance étrangère ».
APPEL URGENT - L’OBSERVATOIRE
L’Observatoire pour la protection des
défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la
Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme
(FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture
(OMCT), a reçu de nouvelles informations
et vous prie d’intervenir de toute urgence à propos de la
situation suivante à Djibouti.
Nouvelles informations :
Selon les
informations reçues, le 8 mars 2006, MM. Mohamed et Egueh ont
comparu devant le juge d’instruction. Au terme d’un long
interrogatoire, MM. Mohamed et Egueh ont été informés des
charges retenues contre eux et ont été placés sous mandat de
dépôt, à la prison de Gabode à Djibouti. Selon le Code pénal
djiboutien (articles 137 à 141), les deux syndicalistes sont
passibles de 10 à 15 ans de prison et de 5 à 7 millions de
francs djiboutiens (24 à 34 000 euros environ) d’amende.
L’Observatoire
condamne fermement la détention arbitraire et les poursuites
judiciaires à l’encontre de MM. Mohamed et Egueh, qui
constituent une entrave à la liberté syndicale au regard des
engagements internationaux de la République de Djibouti tels
que le Pacte international sur les droits civils et
politiques, les Conventions fondamentales de l’OIT et la
Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée
par l’Assemblée Générale des Nations unies le 9 décembre 1998.
De plus, ces détentions arbitraires s’inscrivent dans le cadre
plus général d’actes de harcèlement récurrents à l’encontre
des défenseurs des droits économiques et sociaux à Djibouti,
en particulier les représentants syndicaux, et ce en violation
de la Convention (n°98) sur le droit d’organisation et de
négociation collective de l’Organisation internationale du
travail, ratifiée par Djibouti en août 1978.
Rappel des faits :
Le 20 février
2006, M. Mohamed Ahmed Mohamed et M. Djibril Ismael Egueh
avaient été arrêtés par les forces de police et détenus aux
bureaux de la Brigade criminelle pendant 48h, sans qu’aucune
charge n’ait été prononcée contre eux. MM. Mohamed et Egueh
étaient revenus la veille d’un séminaire de formation
syndicale en Israël, organisé par l’Institut international de
la centrale syndicale israélienne Histadrut. La police les
avait interrogés sur leurs activités syndicales et sur les
buts et motifs de cette formation. MM. Mohamed et Egueh
avaient été libérés le 22 février, mais leur passeports leur
avaient été confisqués, et ne leur ont toujours pas été
restitués.
Le 5 mars
2006, M. Mohamed et M. Egueh ont de nouveau été arrêtés et
placés en garde à vue, en isolement, dans les locaux de la
brigade criminelle de la Force nationale de police. Le
secrétaire général et le secrétaire aux relations
internationales de l’UDT, venus s’informer des motifs de leur
détention, n’ont pas été autorisés à rencontrer les détenus,
et se sont vus préciser par les policiers que l’arrestation de
MM. Mohamed Ahmed Mohamed et Djibril Ismael Egueh avait eu
lieu sur instruction des plus hautes autorités de l’Etat et du
gouvernement.
Le même jour,
après avoir entendu une première fois MM. Mohamed et Egueh, la
police a perquisitionné leurs domiciles, alors que ces
derniers étaient toujours en détention, et confisqué
l’ensemble des documents trouvés sur place, dont ceux
concernant les activités syndicales des deux hommes. Aucun
mandat ne semble avoir été présenté à cette occasion.
Actions demandées :
L’Observatoire
vous prie de bien vouloir écrire aux autorités djiboutiennes
et de leur demander de :
i. garantir en
toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de
M. Mohamed Ahmed Mohamed et M. Djibril Ismael Egueh ;
ii. procéder à
leur libération immédiate et inconditionnelle en raison du
caractère arbitraire de leur détention ;
iii. veiller à
ce que leur droit à un procès juste et équitable soit garanti
en toute circonstances, afin que les charges retenues contre
eux soient abandonnées en raison de leur caractère
arbitraire ;
iv. mettre fin
à toute forme de harcèlement et de représailles à l’encontre
de MM. Mohamed Ahmed Mohamed et Djibril Ismael Egueh, ainsi
que contre l’ensemble des membres ou responsables de syndicats
et des défenseurs des droits de l’Homme à Djibouti, afin
qu’ils puissent mener leur activité de défense des droits de
l’Homme librement et sans entrave ;
v. se
conformer aux dispositions de la Déclaration sur les
défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée
Générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus
particulièrement son article 1 qui dispose que “chacun a le
droit, individuellement ou en association avec d’autres, de
promouvoir la protection et la réalisation des droits de
l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et
international”, son article 5 susmentionné, ainsi que son
article 12.2, qui dispose que “l’Etat prend toutes les mesures
nécessaires pour assurer que les autorités compétentes
protègent toute personne, individuellement ou en association
avec d’autres, de toute violence, menace, représailles,
discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action
arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits
visés dans la présente Déclaration” ;
vi. se
conformer plus généralement aux dispositions de la Déclaration
universelle des droits de l’Homme, ainsi qu’aux instruments
internationaux et régionaux de protection des droits de
l’Homme auxquels Djibouti est partie.
Adresses :
· Son Excellence Ismail Omar Guelleh,
Président de la République, Palais du Peuple, BP 109, Djibouti
Ville, République de Djibouti. Tel / Fax : 00 253 354060 / 47
71.
· Monsieur Mohamed Barkat Abdillahi,
Ministre de la justice, des affaires pénitentiaires et
musulmanes, chargé des droits de l’homme, BP 12, Djibouti
Ville. Tel / Fax : 00 253 35 40 21 / 54 20.
· Monsieur Houmed Mohamed Dini, Ministre
de l’emploi et de la solidarité nationale. Cité ministérielle,
BP 155-170, Djibouti Ville, République de Djibouti. Tel /
Fax : 00 253 35 72 68.
***
Paris - Genève, le 9 mars 2006
Merci de bien vouloir informer
l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le
code de cet appel. L’Observatoire, programme de la FIDH et de
l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de
l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide
aussi concrète que possible.
L’Observatoire a été lauréat 1998 du Prix
des Droits de l’Homme de la République Française.
Pour contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence :
E-mail : Appeals@fidh-omct.org Tel et fax FIDH : + 33 1 43 55
20 11 / 33 1 43 55 18 80 Tel et fax OMCT : +41 22 809 49 39 /
41 22 809 49 29
Affaire Borrel: le parquet fait appel de la
plainte contre le Quai d'Orsay
PARIS 09/03/06
(AP) -- Le parquet de Paris a fait appel de la décision
d'instruire la plainte déposée par Elisabeth Borrel, veuve
d'un magistrat mort à Djibouti en 1995, pour "pressions sur la
Justice", visant le ministère des Affaires étrangères, a-t-on
appris jeudi de sources judiciaires.
Le 2 mars
2006, la doyenne des juges d'instruction de Paris a estimé
recevable la plainte de Mme Borrel contre le Quai d'Orsay,
malgré les réquisitions contraires du parquet prises en août
2005.
Le 29 janvier
2005, le Quai d'Orsay avait regretté l'expulsion de six
coopérants français de Djibouti avant d'annoncer qu'une copie
du dossier instruit à Paris sur la mort de M. Borrel serait
transmis "prochainement" à la justice djiboutienne.
La veuve du
magistrat, décédé dans des conditions suspectes, a déposé
plainte en février 2005, considérant que cette annonce, faite
dix jours avant que la juge d'instruction française ne soit
saisie officiellement de la demande d'entraide judiciaire
émise par Djibouti, pouvait être interprétée comme des
"pressions sur la justice". La juge d'instruction, Sophie
Clément, a refusé par la suite de communiquer le dossier
d'instruction à son homologue djiboutien.
Bernard Borrel
a été retrouvé mort et brûlé le 19 octobre 1995 face à l'Ile
du Diable à Djibouti. Elisabeth Borrel soutient que son mari a
été assassiné et accuse le président Ismaël Omar Guelleh
d'être le commanditaire du crime.
Une version
fermement contestée par Djibouti, où des premières
investigations entreprises après la découverte du corps du
magistrat ont conclu à son suicide. La thèse est appuyée par
les premiers juges d'instruction français mais mise à mal par
de nouvelles expertises médico-légales qui concluent au
meurtre de M. Borrel. AP
Source :
NouvelObs.com, 09 mars 2006
Communiqué de l'Union djiboutienne du travail
(UDT)
Communiqué de presse
|
Djibouti
le
8 mars 2006 |
|
Apres 72
heures de détention au secret à la brigade criminelle nos
camarades MOHAMED AHMED MOHAMED et DJIBRIL ISMAEL EGUEH ont
été, ce matin, transférés au parquet.
Après audition
la juge d’instruction s ‘empressa de les inculper pour
« information à une puissance étrangère » et ordonna leur
détention en dépôt à la prison centrale de Gabode.
Ainsi la
formation en Israël suivie par nos deux camarades fut
interprétée comme étant « information à Israël ». Comprenne
qui pourra.
Selon des
sources dignes de foi que nous avons pu recueillir, aussi bien
leurs arrestations arbitraires ainsi que les fallacieux motifs
de leurs inculpations comme leurs détentions à la prison
centrale de Gabode auraient été ordonnées par les plus hautes
autorités de l’état et du gouvernement qui comptent ainsi en
découdre avec le syndicalisme libre et indépendant et ses
responsables sommés dorénavant de se considérer comme étant
tous en sursis.
« Quand on
veut tuer son chien on l’accuse de rage » dit un adage bien
connu et nous estimons que les motifs de l’inculpation retenus
à l’encontre de nos deux camarades ne sont non seulement pas
sérieux mais prête à rire lorsqu’on sait que des centaines des
djiboutiens tous services et tous corps confondus ont, durant
cette dernière décennie, été envoyé en formation en Israël par
les pouvoirs publics djiboutiens ! A titre d’exemple rien que
le port de Djibouti a envoyé en formation en Israël plusieurs
dizaines des travailleurs parmi lesquels des hauts
fonctionnaires dont certains font partis de la direction
jusqu'à présent.
Aussi,
indignée et hautement préoccupée par cette dérive autoritaire
qu’elle dénonce avec vigueur l’UDT :
Condamne sans
réserve cette détention arbitraire ainsi que les croisades
antisyndicales du gouvernement qui perdurent depuis bientôt
plus d’une décennie malgré les offres répétées et les
disponibilités sans cesse réaffirmées de notre mouvement
syndical libre au dialogue social ;
Exhorte le
gouvernement à faire preuve de plus de retenue et de
responsabilité en se résolvant à renouer le fil du dialogue
rompu à son initiative avec les syndicats au lieu de
privilégier la confrontation tous azimuts ;
Exige la
libération immédiate et inconditionnelle de deux responsables
syndicaux ainsi que le respect des droits humains et syndicaux
garanti par la constitution, la législation nationale du
travail, les chartes et conventions internationales ratifiées
par notre pays.
Le secrétaire général de l'UDT
ADAN MOHAMED ABDOU

Rapport du département
d'état américain sur les droits de l'homme à Djibouti, 8 mars
2006
Extrait du rapport 2005 adapté de l'anglais
Djibouti est un pays avec une
présidence forte et un parlement faible. Sa population
avoisine 660.000 habitants.
Le 8 avril 2005, le Président Ismaël Omar Guelleh, candidat du
parti au pouvoir, le Rassemblement populaire pour le progrès (RPP),
a été réélu sans rencontrer d'adversaire, l'opposition ayant
appelé à boycotter le scrutin. L'attachement du gouvernement
aux droits de
l'homme est resté faible, celui-ci a continué à commettre de
graves abus. (...)
Les difficultés suivantes ont été constatées s’agissant des
violations des droits de l'homme :
. Restriction des droits des
citoyens à changer de gouvernement
. Abus infligés aux prisonniers
et aux détenus
. Conditions de détention sévères
. Impunité pratiquée
officiellement
. Arrestation et détention
arbitraires et détention provisoire prolongée
. Ingérence dans les affaires
privées
. Limitations des libertés de la
presse, de rassemblement, et d'association
. Recours à la force pour
disperser les manifestations et les mouvements de grève
. Violence et discrimination
envers les femmes
. Mutilations génitales féminines
(MGF)
. Discrimination sur la base de
l'appartenance ethnique, la nationalité, et le clan
. Répressions des syndicats et
harcèlement des dirigeants syndicaux
(...)
Source du rapport complet :
Département d'état américain, 8 mars 2006
Syndicalistes djiboutiens accusés de
communication avec une puissance étrangère
08/03/06 Les
camarades MOHAMED AHMED MOHAMED et DJIBRIL ISMAEL EGUEH ont
été traduits ce matin mercredi 8 mars 2006 devant un juge
d’instruction, et après de longs interrogatoires, a été
ordonnée leur mise en dépôt à la prison centrale de GABODE à
Djibouti.
L’accusation
qui leur est portée par le juge d’instruction devrait être: « information
communiquée à une puissance étrangère ».
Après
l’arrestation et le jugement, en septembre 2005 et en janvier
2006, des syndicalistes du Port pour fait de grève et
de la décision judiciaire prise à l’égard des deux camarades
précités l’activité syndicale devient à Djibouti un délit
punissable judiciairement. C’est lassant mais nous ne
fléchirons pas.
Nous voulons
rappeler aussi que la centrale syndicale Israélienne
Histadrut restera, pour nous UDT, un syndicat ami car nous
reconnaissons comme elle le pluralisme culturel, la
coopération entre les peuples autour des idéaux démocratiques,
de la solidarité et de la liberté syndicale comme les facteurs
essentiels du développement économique, social et culturel
entre les peuples de la planète.
Nous menons
sur le terrain toutes actions possibles et imaginables pour la
libération de nos deux camarades et nous faisons appel à la
solidarité internationale et particulièrement au soutien d’Avocats
Sans Frontières pour veiller sur le déroulement de leur
procès.
HASSAN CHER
HARED
Secrétaire aux relations internationales de l’UDT
FIDH : Arrestations et détentions arbitraires
à Djibouti
DJI 001 / 0206 / OBS 016.2, lundi 6 mars 2006
L’Observatoire a été
informé par l’Union djiboutienne du Travail (UDT) de
l’arrestation et de la détention arbitraire de M. Mohamed
Ahmed Mohamed, responsable aux affaires juridiques de
l’Union des Travailleurs du port (UTP) de Djibouti, et de
M. Djibril Ismael Egueh, secrétaire général du Syndicat du
personnel maritime et du service de transit (SP-MTS), deux
organisations affiliées à l’UDT.
L’Observatoire pour la
protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme
conjoint de la Fédération internationale des ligues des
droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale
contre la torture (OMCT), a reçu de nouvelles informations
et vous prie d’intervenir d’urgence à propos de la
situation suivante à Djibouti.
Nouvelles informations :
Selon les informations
reçues, le 5 mars 2006, MM. Mohamed et Egueh ont été
arrêtés et placés en garde à vue, en isolement, dans les
locaux de la brigade criminelle de la Force nationale de
police. Le secrétaire général et le secrétaire aux
relations internationales de l’UDT, venus s’informer des
motifs de leur détention, n’ont pas été autorisés à
rencontrer les détenus, et se sont vus préciser par les
policiers que l’arrestation de MM. Mohamed Ahmed Mohamed
et Djibril Ismael Egueh avait eu lieu sur instruction des
plus hautes autorités de l’Etat et du gouvernement.
Après avoir entendu une
première fois MM. Mohamed et Egueh, la police a
perquisitionné leurs domiciles, alors que ces derniers
étaient toujours en détention, et confisqué l’ensemble des
documents trouvés sur place, dont ceux concernant les
activités syndicales des deux hommes. Aucun mandat ne
semble avoir été présenté à cette occasion.
L’Observatoire condamne
fermement ces nouvelles arrestations, qui s’inscrivent
dans le cadre plus général d’actes de harcèlement
récurrents à l’encontre des défenseurs des droits
économiques et sociaux à Djibouti, en particulier les
représentants syndicaux, et qui s’inscrivent en violation
de la Convention (n°98) sur le droit d’organisation et de
négociation collective de l’Organisation internationale du
travail, ratifiée par Djibouti en août 1978.
Rappel des faits :
Le 20 février 2006,
M. Mohamed Ahmed Mohamed et M. Djibril Ismael Egueh
avaient déjà été arrêtés par les forces de police et
détenus aux bureaux de la Brigade criminelle pendant 48h,
sans qu’aucune charge n’ait été prononcée contre eux.
MM. Mohamed et Egueh étaient revenus la veille d’un
séminaire de formation syndicale en Israël, organisé par
l’Institut international de la centrale syndicale
israélienne Histadrut. La police les avait interrogés sur
leurs activités syndicales et sur les buts et motifs de
cette formation. MM. Mohamed et Egueh avaient été libérés
le 22 février, mais leur passeports leur avaient été
confisqués, et ne leur ont toujours pas été restitués.
Actions demandées :
L’Observatoire vous prie
de bien vouloir écrire aux autorités djiboutiennes et de
leur demander de :
i. garantir en toutes
circonstances l’intégrité physique et psychologique de
M. Mohamed Ahmed Mohamed et M. Djibril Ismael Egueh ;
ii. procéder à leur
libération immédiate et inconditionnelle en l’absence de
toute charge valable à leur encontre ;
iii mettre fin à toute
forme de harcèlement et de représailles à l’encontre de
MM. Mohamed Ahmed Mohamed et Djibril Ismael Egueh, ainsi
que contre l’ensemble des membres ou responsables de
syndicats et des défenseurs des droits de l’Homme à
Djibouti, afin qu’ils puissent mener leur activité de
défense des droits de l’Homme librement et sans entrave ;
iv. se conformer aux
dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des
droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée Générale des
Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement
son article 1 qui dispose que “chacun a le droit,
individuellement ou en association avec d’autres, de
promouvoir la protection et la réalisation des droits de
l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national
et international”, son article 5 sus-mentionné, ainsi que
son article 12.2, qui dispose que “l’Etat prend toutes les
mesures nécessaires pour assurer que les autorités
compétentes protègent toute personne, individuellement ou
en association avec d’autres, de toute violence, menace,
représailles, discrimination de facto ou de jure, pression
ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice
légitime des droits visés dans la présente Déclaration” ;
v. se conformer plus
généralement aux dispositions de la Déclaration
universelle des droits de l’Homme, ainsi qu’aux
instruments internationaux et régionaux de protection des
droits de l’Homme auxquels Djibouti est partie.
Adresses :
· Son Excellence Ismail
Omar Guelleh, Président de la République, Palais du
Peuple, BP 109, Djibouti Ville, République de Djibouti.
Tel / Fax : 00 253 354060 / 47 71.
· Monsieur Mohamed Barkat
Abdillahi, Ministre de la justice, des affaires
pénitentiaires et musulmanes, chargé des droits de
l’homme, BP 12, Djibouti Ville. Tel / Fax : 00 253 35 40
21 / 54 20.
· Monsieur Houmed Mohamed
Dini, Ministre de l’emploi et de la solidarité nationale.
Cité ministérielle, BP 155-170, Djibouti Ville, République
de Djibouti. Tel / Fax : 00 253 35 72 68.
***
Paris - Genève, le 6 mars
2006
Merci de bien vouloir
informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en
indiquant le code de cet appel. L’Observatoire, programme
de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les
défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et
à leur apporter une aide aussi concrète que possible.
L’Observatoire a été
lauréat 1998 du Prix des Droits de l’Homme de la
République Française.
Pour contacter
l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence : E-mail :
Appeals@fidh-omct.org Tel et fax FIDH : + 33 1 43 55 20 11
/ 33 1 43 55 18 80 Tel et fax OMCT : +41 22 809 49 39 / 41
22 809 49 29
Note
d'information de la Ligue djiboutienne des droits humains
(LDDH)

Le Président |
DIFFUSION D'INFORMATION DU 6 MARS 2006
DJIBOUTI ET LES NORMES FONDAMENTALES DU TRAVAIL RECONNUES
A L'ECHELON INTERNATIONAL
RAPPORT EN PREVISION DE L'EXAMEN PAR LE CONSEIL GENERAL DE
L'OMC DES POLITIQUES COMMERCIALES DE DJIBOUTI
(Genève, 27 February - 1 March 2006) |
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) constate avec une
profonde déception l'entêtement inadmissible des Autorités
Djiboutiennes, qui continuent à harceler les syndicalistes, de
bafouer constamment la Constitution de la République de
Djibouti, ainsi que les normes fondamentales du Travail
reconnues à l'échelon international et ratifiées par la
République de Djibouti.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) exprime son inquiétude
face à la situation dramatique des Travailleurs Djiboutiens,
elle attend les résultats des enquêtes internationales en vue
d'un procès contre les Autorités Djiboutiennes.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) déplore le vote d'une
loi antisociale relative à un Code de Travail qui est en nette
régression avec le Code du Travail de 1952 de la période
coloniale. Ces mesures législatives en infractions aux droits
fondamentaux ont, probablement, été promulguées par le Chef de
l'Etat mais évidemment, toujours pas diffusées dans le
Journal Officiel.
Peut-être, des
nouvelles modifications avec le BIT et l'ensemble des
syndicalistes, peut-être, après les élections régionales.
Référence au
Rapport du CISL sur les normes du
travail à Djibouti, en prévision de l'examen par l'OMC, à
lire ci-dessous
Appel de l'Union Djiboutienne du travail (UDT) à
une solidarité intensive
07/03/06 La
détention des camarades MOHAMED AHMED MOHAMED et DJIBRIL
ISMAEL EGUEH est prolongée aujourd'hui (07/03/2006) pour 24
heures de plus.
La décision de
la justice et la suite de leur situation semblent déjà tracés
d'avance. Parce que les policiers l'ont recommandé, ce matin
de le premier heure, à signer un document pré-établi dans
lequel il est mentionné qu'ils ne feront pas appel à un avocat
et un médecin quoi qu'il arrive mais les camarades l'ont
rejeté. Recommandation impressionnant!
C'est une acte
qui donne déjà une vision dangereuse et grave de la situation
de deux camarades. Nous faisons appel à la solidarité
internationale et un regard particulier de l'OIT et du Comité
des Droits de l'Homme de l'UN sur l'évolution de la situation
syndicale et sociale à Djibouti.
HASSAN CHER HARED
Secrétaire aux relations internationales de l'UDT
Deux syndicalistes djiboutiens de nouveau arrêtés
par le régime dictatorial
Les camarades,
MOHAMED AHMED MOHAMED et DJIBRIL ISMAEL EGUEH qui avaient fait
l’objet d’une relaxe à la suite de leur première incarcération
(du 20 et 22 février 2006) viennent d’être de nouveau arrêtés
ce matin ( 05/03/2006) et mis en garde à vue, au secret, à la
brigade criminelle de la Force Nationale de Police.
Le secrétaire
général de l’UDT et le secrétaire aux relations
internationales de l’UDT se sont déplacés tout de suite après
à la dite brigade pour s’enquérir des nouvelles de leurs
camarades arrêtés mais se sont vus refuser par les policiers
l’accès aux prisonniers.
Ayant demandé
le pourquoi de cette nouvelle arrestation aux policiers
présents, ces derniers leur ont précisé que cette nouvelle
interpellation faisait suite selon eux aux instructions des
plus hautes autorités de l’Etat et du gouvernement.
Nous appelons
toutes les organisations internationales à renouveler leurs
soutiens à nos camarades et leur centrale l’UDT et de faire
pression sur le gouvernement et sur son chef notamment à la
Présidence de la République de Djibouti
Salutations
fraternelles et syndicales.
ADAN MOHAMED ABDOU
Secrétaire général de l’UDT
Rapport du CISL sur les normes du
travail à Djibouti, en prévision de l'examen par l'OMC
CONFEDERATION
INTERNATIONALE DES SYNDICATS LIBRES
DJIBOUTI ET LES
NORMES FONDAMENTALES DU TRAVAIL RECONNUES A L’ECHELON
INTERNATIONAL
RAPPORT EN
PREVISION DE L'EXAMEN PAR LE CONSEIL GENERAL DE L’OMC DES
POLITIQUES COMMERCIALES DE DJIBOUTI
(Genève, 27
February - 1 March 2006)
ABREGE
Djibouti a
ratifié les huit normes fondamentales du travail de l’OIT.
Toutefois, dans chaque domaine, Djibouti doit, dans la
législation comme dans la pratique adopter des mesures pour
satisfaire aux engagements auxquels elle a souscrit à
Singapour, à Genève et à Doha dans les Déclarations
ministérielles de l’OMC au cours de la période 1996-2001, et
dans la Déclaration de l’OIT relative aux principes et droits
fondamentaux au travail adoptée en juin 1998.
Si Djibouti a
ratifié les deux Conventions fondamentales de l’OIT protégeant
les droits syndicaux, le gouvernement limite considérablement
ces droits tant sur le plan législatif que dans la pratique.
Le Gouvernement ignore les propositions
réitérées de dialogue et de conciliation, et manque
constamment à ces promesses de mettre en œuvre les
recommandations de l’OIT sur la liberté syndicale. Les
dirigeants syndicaux sont harcelés sans cesse, notamment par
les licenciements abusifs de leurs dirigeants, et des
manifestations de protestation se heurtent à des violences
policières.
Djibouti a
ratifié les deux Conventions fondamentales de l’OIT sur la
discrimination. Cependant, par la
persistance des coutumes, les femmes tiennent un rang
inférieur dans la société et ne disposent pas des mêmes
chances que les hommes ni à l’école ni sur le marché du
travail. L’abolition de la loi sur le salaire minimum est
regrettable puisque celle-ci représente souvent un moyen
efficace d’assurer un salaire égal pour travail de valeur
équivalente.
Djibouti a
ratifié les deux normes fondamentales de l’OIT relatives au
travail des enfants, cependant il n’existe pas de mécanismes
assurant que la législation relative au travail des enfants
est respectée.
Djibouti a
ratifié les deux Conventions fondamentales sur le travail
forcé cependant sur plusieurs points essentiels, la
législation Djiboutienne n'est pas en conformité avec les
normes de l’OIT sur le travail forcé.
DJIBOUTI ET
LES NORMES FONDAMENTALES DU TRAVAIL,
RECONNUES À L’ÉCHELON INTERNATIONAL
Introduction
Ce rapport sur
le respect par Djibouti des normes fondamentales du travail
reconnues à l’échelon international s'inscrit dans une série
de rapports produits par la CISL conformément à la Déclaration
ministérielle adoptée lors de la première Conférence
ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)
(Singapour, 9-13 décembre 1996) et ratifiée lors de la
deuxième Conférence ministérielle de l’OMC (Genève, 18-20 mai
1998) dans laquelle les ministres déclaraient: "Nous
renouvelons notre engagement envers le respect des normes
fondamentales du travail reconnues à l’échelon international".
La quatrième Conférence ministérielle (Doha, 9-14 novembre
2001) a réitéré cet engagement. Ces normes
ont été à nouveau défendues dans la Déclaration de
l'Organisation internationale du travail (OIT) relative aux
principes et droits fondamentaux au travail, adoptée par les
174 pays membres de l’OIT lors de la Conférence internationale
du travail de juin 1998.
Il y a deux
confédérations syndicales libres et indépendantes dans le
pays: L’ Union Djiboutienne du Travail (UDT) et l’Union
Générale des Travailleurs Djiboutiens (UGTD).
A l'indépendance, Djibouti a hérité d'une
économie structurellement extravertie, centrée principalement
sur la demande de services externes.
Aujourd’hui
l'économie est lourdement tributaire du secteur des services
qui contribue pour 80 % au Produit National Brut (PNB) et 80%
des emplois. De par la localisation
stratégique du pays et son statut de zone de libre échange
dans la région du Nord-Est de l’Afrique, les services sont
principalement axés sur les activités portuaires et les
connexions routières et ferroviaires. La part de
l’administration publique dans la valeur ajoutée représente 27
% et les transports et télécommunications 18 %.
Pauvre en
ressources naturelles, le pays est doté d’un secteur primaire
et industriel peu développé, représentant respectivement 5 %
et 15 % du PNB. Avec des terres peu
fertiles et une faible pluviométrie (moins de 0,3 % des terres
sont arables), l’agriculture joue un rôle restreint. Le
secteur de la pêche, ressource au potentiel important, demeure
inexploité.
L’économie
Djiboutienne a connu au cours des deux dernières décennies une
évolution heurtée marquée par la succession de crises
politiques (guerres régionales, conflit armé dans le pays) et
de chocs économiques (sécheresse, notamment) qui se sont
traduits par une dégradation continue de la compétitivité du
pays, de sa situation financière et des ses infrastructures
économiques et sociales. Comme
conséquence, le revenu par tête n’a cessé de baisser.
Dans le même
temps les principaux indicateurs du développement humain
durable enregistraient une dégradation continue.
Toutes les données indiquent une pauvreté
massive et structurelle qui touche toutes les catégories
sociales. Avec plus de la moitié de la population active au
chômage, les données concernant le marché de l’emploi révèlent
une véritable crise du marché du travail.
En 2002 la
valeur des exportations se montait à 150 millions de Dollars
US soit environ 24% du PIB. Les principaux
produits d’exportation sont la réexportation de tous produits,
le cuir et peaux. La valeur des importations se montait en
2002 à 665 millions de dollars soit 107% du PIB de la même
année. Les principaux produits d’importation sont les denrées
alimentaires, boissons, matériel de transport, produits
chimiques et pétroliers. Les principaux partenaires
commerciaux étaient en 2002 la Somalie, l’Ethiopie, le Yémen,
la France, l’Italie, l’Arabie Saoudite, et la Grande-Bretagne.
Djibouti est
membre du COMESA, le marché commun de l’Afrique du Nord et de
l’Est. C’est également un pays bénéficiaire
de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act) qui prévoit un
accès préférentiel au marché des Etats-Unis. Dans le cadre de
l'Accord de Cotonou, Djibouti négocie actuellement un accord
de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne.
I. Liberté
syndicale et droit de négociation collective
Djibouti a
ratifié en 1978 la Convention N° 87 (1948) de l’OIT sur la
liberté syndicale et la protection du droit syndical et la
Convention N° 98 (1949) de l’OIT sur le droit d’organisation
et de négociation collective.
Bien que la
Constitution et la loi garantissent le droit des travailleurs
d’adhérer à un syndicat, le gouvernement limite
considérablement l’exercice de ce droit, tant sur le plan
législatif que dans la pratique.
La loi
interdit la discrimination syndicale et les employeurs
déclarés coupables de ce genre de pratiques ont l’obligation
légale de réintégrer les salariés abusivement licenciés.
Cependant le gouvernement ne respecte pas
cette loi, ni ne s’efforce de la faire respecter.
Depuis plus de
quinze ans, la Commission d’Experts pour l’Application des
Conventions et Recommandations de l’OIT exhorte le
gouvernement à restaurer au plus vite la liberté syndicale en
droit comme en fait. En particulier, la
Commission dans ses observations adressées au gouvernement
insiste sur l’importance de garantir aux travailleurs le droit
d'élire librement et démocratiquement leurs représentants
syndicaux dans les élections sociales dans les entreprises et
dans les congrès ordinaires des confédérations syndicales.
Un nouveau
Code du Travail a été adopté par le Conseil de Ministres en
2004 et approuvé par l’Assemblé Parlementaire le 25 décembre
2005. Il est à la fois regrettable et contraire aux
dispositions des normes de l’OIT que ce nouveau code de
travail ait été élaboré unilatéralement par les autorités
gouvernementales sans une consultation préalable des
partenaires sociaux que sont les organisations syndicales.
De plus ceci
constitue une violation flagrante des dispositions du code de
travail en vigueur au moment de l’élaboration de ce nouveau
Code. En effet le code de 1952 prévoit un
Conseil Supérieur du Travail, organe tripartite dont la
mission est d’émettre des avis et de formuler des propositions
et résolutions sur la réglementation à venir en matière
d’emploi et de conditions de travail.
La Commission
d’Experts pour l’Application des Conventions et
Recommandations a à plusieurs reprises demandé au Gouvernement
de supprimer ou d’amender l’article 5 de la loi sur les
associations tel que modifié en 1977 qui impose aux
organisations l'obligation d'obtenir une autorisation
préalable avant de se constituer en syndicats.
La Commission a en effet rappelé au
Gouvernement à plusieurs reprises qu'aux termes de l'article 2
de la Convention 87 les travailleurs ont le droit de
constituer des organisations de leur choix sans autorisation
préalable. Le gouvernement a récemment informé la Commission
que dans le nouveau projet de Code du travail l'existence
légale des syndicats ne sera subordonnée qu'à des formalités
de dépôt et de contrôle.
Cependant
l’Union Djiboutienne du Travail estime pour sa part que le
nouveau code du travail entravera davantage la liberté
syndicale puisque l’autorisation du ministère de l’intérieur,
du ministère de l’emploi, de l’inspection du travail, du
ministère de la justice et du procureur de la république
seront nécessaires à la constitution d’un syndicat.
De plus, si ces ministères demandent la
dissolution d’un syndicat donné, le Procureur de la République
pourra diligenter et demander d’y procéder par voie
judiciaire.
La Commission
a part ailleurs, signalé depuis plus d’une quinzaine d’années
que l'article 6 du Code du travail en vigueur, qui réserve
l'exercice des fonctions syndicales aux seuls ressortissants
nationaux, est de nature à restreindre le plein exercice du
droit des travailleurs d'élire librement leurs représentants
tel que prévu par l’article 3 de la Convention 87.
Bien que le Gouvernement ait fait part de
son intention d’abroger cette disposition, la Commission n’a
pas été consultée sur la mise en place d’une nouvelle
législation.
L'article 23
du décret no 23-099/PR/FP du 10 septembre 1983 qui établit les
conditions de l’exercice de la liberté syndicale et du droit
de grève, confère au Président de la République de larges
pouvoirs de réquisition des fonctionnaires « indispensables à
la vie de la nation et au bon fonctionnement des services
publics essentiels ».
Depuis de
nombreuses années, la Commission d’Experts pour l’Application
des Conventions et Recommandations de l’OIT demande au
gouvernement d'amender cette législation afin de circonscrire
le pouvoir de réquisition à l'égard des fonctionnaires qui
exercent des fonctions d'autorité au nom de l’état ou dans les
services essentiels au sens strict du terme, c'est-à-dire ceux
dont l'interruption mettrait en danger, dans l'ensemble ou
dans une partie de la population, la vie, la sécurité ou la
santé de la personne ou en cas de crise nationale aiguë.
A ce jour, le Gouvernement n’a pris aucune
mesure dans ce sens.
La négociation
collective est reconnue par la loi mais dans la pratique le
gouvernement ne la respecte pas, et ne la fait pas respecter.
La négociation collective n’existant pas,
les relations entre employeurs et les travailleurs sont de
type paternaliste et informel. Dans certains cas, le
gouvernement sélectionne lui-même les représentants des
travailleurs.
La
constitution reconnaît dans son préambule le droit de grève et
prévoit un préavis de 48 heures. Cependant
dans la pratique les grèves sont sévèrement réprimées.
Dans la pratique les droits syndicaux ne sont pas respectés.
Depuis le licenciement abusif par le
gouvernement en 1995 de dix-sept dirigeants de l’Union
Djiboutienne du Travail (UDT) et de l’Union Générale des
Travailleurs de Djibouti (UGTD) en représailles pour leur
participation à des activités syndicales légitimes contre des
mesures de réajustement structurel, les actions syndicales
sont systématiquement réprimées dans le pays.
Il est
important de rappeler sur ce fait que le Comité de la Liberté
Syndicale de l’OIT avais émis dès 1998 une recommandation
visant la réintégration des intéressés. Les
syndicalistes ne sont à ce jour toujours pas réintégrés,
malgré les multiples engagements devant les organisations
internationales et les accords notifiés dans un procès verbal
daté du 8 juillet 2002 en présence d’un représentant du BIT.
Le
gouvernement s’efforce de bloquer chaque aspect de l’activité
des syndicats indépendants. Les dirigeants
syndicaux sont harcelés sans cesse, notamment par des
licenciements abusifs de leurs dirigeants, et les
manifestations de protestations se heurtent à des violences
policières. Le gouvernement ignore les propositions réitérées
de dialogue et de conciliation, et manque constamment à ces
promesses de mettre en œuvre les recommandations de l’ OIT sur
la liberté syndicale et la réintégration des dirigeants
syndicaux licenciés depuis 1995 jusqu’à ces jours.
Le
Gouvernement continue de soutenir activement des groupes
syndicaux non représentatifs. Dans certains
cas, le gouvernement a encouragé la création de nouvelles
structures syndicales fictives dans le but de saper les
syndicats libres. Ces structures fictives sont créés par le
gouvernement pour pouvoir usurper par leurs biais les rôles et
les fonctions des dirigeants syndicaux légaux et légitimes.
Dès lors et depuis plusieurs années le gouvernement désigne
donc lui-même les représentants des travailleurs pour assister
à la Conférence Internationale du Travail de l’OIT qui a lieu
au mois de juin de chaque année.
En 2004 la
direction du port de Djibouti a fait obstacle à l’organisation
des élections des délégués du personnel par le Syndicat du
Personnel du Port (SPP), organe le plus représentatif de
l’établissement. Elle a aussi remis en
cause le système de perception des cotisations syndicales
alors que celui-ci est librement consenti par les 800
travailleurs membres du syndicat.
En septembre
2005 l’Union des Travailleurs du Port (UTP) affiliée à l’UDT
appela à la grève pour, d’une part protester contre le refus
de la direction du port de mettre en place un dialogue social
malgré les rappels à l’ordre et les recommandations des
instances nationales compétentes et d’ autre part, pour
protester contre les violations systématiques des lois et
dispositions conventionnelles du travail en vigueur.
Le port de Djibouti est souvent qualifié de
zone de non droit ou règne l’arbitraire, notamment en ce qui
concerne les questions relatives au travail ou à l’emploi.
Suite à cette grève, 12 membres de UTP ont été abusivement
licenciés pour « obstacle à la liberté de travail ».
Un second
appel à la grève fut lancé pour protester contres ces
licenciements qui a donné lieu a l’incarcération de 156
grévistes pendant plusieurs jours. Si
l’ensemble des grévistes a été relâché, 36 d’entre eux, tous
dirigeants syndicaux, ont été licenciés et n’ont pu réintégrer
leur poste de travail. 120 grévistes ont quant à eux reçu de
leur employeur la sanction de « dernier avertissement avant
licenciement ».
Le 2 octobre
2005 le tribunal correctionnel a reconnu en première instance
la légalité de la grève initiale et a disculpé de toutes
accusations les 12 membres de l’UTP. Le 3
octobre le Procureur de la République fit appel. L’avocat de
l’UTP informa alors qu’il ne pouvait continuer à défendre le
cas. Des rumeurs coururent selon lesquelles le gouvernement
aurait ordonné la condamnation des 12 syndicalistes. Le 4
janvier 2006, le tribunal d’appel revint sur le non lieu et
condamna 3 syndicalistes à 2 mois de prison avec sursis et les
8 autres à 1 mois de prison avec sursis. Les syndicalistes ont
immédiatement engagé un pourvoi en cassation.
L’UDT a
constaté en août 2005 la disparition de ses correspondances au
niveau de la poste de Djibouti et parfois des falsifications
de documents. Ce fut le cas pour la plainte
que l’UDT avait adressée au BIT concernant les licenciements
massifs des responsables et militants syndicaux du port. En
2004 l’UDT avait déjà pris connaissance de 4 fausses lettres
portant 4 signatures différentes envoyées au BIT en son nom.
Au cours de
l’année 2005, la direction de l’imprimerie nationale a
interdit les élections syndicales du syndicat de l’imprimerie
nationale, ceci avec l’aval des autorités administratives.
Le Secrétaire Général du syndicat de
l’imprimerie est depuis menacé de licenciement afin de
l’empêcher de renouveler le mandat de la direction syndicale.
Le syndicat estime que la décision de la direction est motivée
par la revendication des salariés de mettre en place un comité
et un programme d’hygiène et de sécurité au sein de
l’entreprise afin de protéger les travailleurs lors de
l’utilisation de produits chimiques toxiques.
La direction
a, à de nombreuses reprises, refuser catégoriquement cette
proposition syndicale.
En septembre 2005 une grève des syndicats
des chauffeurs de bus, minibus et camions a été sauvagement
réprimée. Des dizaines de chauffeurs ont été arrêtés,
brutalisés et incarcérés durant plusieurs jours. La police est
intervenue de façon extrêmement brutale afin de mettre fin à
la manifestation organisée à la suite de cette répression,
puisqu’elle a tiré à balles réelles et a ainsi tué un jeune
syndicaliste de 20 ans et blessé plusieurs manifestants.
Pour dissuader
l’UDT d’organiser les festivités, le 1er mai 2005, presque la
totalité des agents des services de renseignements ainsi qu’un
nombre impressionnant de membres de la police de répression
ont été mobilisés devant les bureaux de l’UDT.
De plus,
durant le mois du Ramadan 2005 les dirigeants du parti au
pouvoir n’ont cessé de s’en prendre à l’UDT et à son
secrétaire général, Adan Mohamed Aboud, l’accusant entre
autre, d’être à la source de toutes les contestations sociales
et syndicales et de plus d’être un criminel à la solde
d’Israël sous prétexte que deux cadres syndicaux de l’UDT ont
reçu une formation professionnelle par l’institut de formation
d’Histadrut, syndicat israélien affilié à la CISL.
Depuis 6 ans
Hassan Cher Hared, secrétaire aux relations internationales de
l’ UDT et le secrétaire général du Syndicat des Postiers de
Djibouti est victime d’actes répétés de harcèlement.
En mai 2005, après avoir été mis a pied
pendant huit jours, il a été licencié pour ses activités
syndicales avant même que la sanction de mise à pied n’ait
pris fin. Devant le refus de la justice de se prononcer sur
cette affaire, et sous la pression internationale, il a été
réintégré en octobre 2005 mais il s’agit d’une réintégration
partielle car il est, à ce jour, toujours privé de ses acquis
notamment ses primes de logement et de responsabilité.
Conclusion :
Le gouvernement limite considérablement les
droits syndicaux tant sur le plan législatif que dans la
pratique. Le Gouvernement ignore les propositions réitérées de
dialogue et de conciliation, et manque constamment à ces
promesses de mettre en œuvre les recommandations de l’ OIT sur
la liberté syndicale. Les dirigeants syndicaux sont harcelés
sans cesse, notamment par les licenciements abusifs de leurs
dirigeants, et les manifestations de protestations se heurtent
à des violences policières. Les dirigeants syndicaux
licenciés ne sont non seulement pas réintégrés dans leur
emploi d’origine mais également interdits de travail tant dans
le public que dans le privé.
II. Discrimination et égalité de
rémunération
En 1978,
Djibouti a ratifié la Convention N° 100 (1951) de l’OIT sur
l'égalité de rémunération et en 2005 la Convention N° 111 de
l’OIT (1958) concernant la discrimination dans l’emploi et la
profession.
La Commission
d’Experts pour l’Application des Conventions et
Recommandations de l’OIT demande depuis de nombreuses années
au Gouvernement de fournir des informations sur la manière
dont celui-ci applique le principe d'égalité de rémunération
entre hommes et femmes pour un travail de valeur égale,
notamment dans le secteur public. A ce
jour le Gouvernement n’a pas répondu.
En 1997 la loi
sur le salaire minimum a été abrogée et il fut établi que la
rémunération fixée au contrat de travail résulterait
dorénavant des accords d'entreprise, des conventions
collectives ou le cas échéant, d'un accord entre les parties
au contrat. La Commission d’expert de
l’OIT, tout en notant que le salaire minimum est un moyen
essentiel d'assurer l'application de la Convention et que les
prescriptions ou orientations fixées par la législation
constituent un cadre déterminant pour l'égalité lorsque les
salaires sont fixés par voie de conventions collectives ou
d'une autre forme d'accords, prie le gouvernement depuis
plusieurs années d'indiquer de quelle manière il assure
l'application de la convention dans le cadre de ce nouveau
processus de fixation des salaires. Le gouvernement n’a pas
répondu.
En 1999 d'un
ministère chargé de la promotion de la femme, du bien-être
familial et des affaires sociales fut créé.
Cependant à ce jour aucune information n’est disponible quant
aux initiatives prises dans ce cadre en vue d'assurer
l'égalité de rémunération entre hommes et femmes pour un
travail de valeur égale.
Selon les
statistiques publiées en janvier 2000 par le Service National
de l'Emploi, les femmes constituaient 25,16 pour cent du
nombre total des demandeurs d'emploi en 1999.
Cependant ces informations sont incomplètes
et ne permettent pas d’évaluer de manière adéquate la nature,
l'étendue et les causes des discriminations que subissent les
femmes sur le marché du travail.
Selon le PNUD,
le taux de chômage des hommes était estimé à 56% en 2004
tandis que celui des femmes s’élèverait à 70%.
Des ONG actives dans le pays rapportent que
les femmes travaillent principalement dans l’économie
informelle. Le peu de femmes ayant accès à un travail dans
l’économie formelle occupent les positions les plus basses
dans la hiérarchie. De par la persistance des coutumes, les
femmes tiennent un rang inférieur dans la société et ne
disposent pas des mêmes chances que les hommes sur le marché
du travail.
L’enseignement
a été déclaré obligatoire pour les garçons et les filles
jusqu’à 16 ans en l’an 2000. Le taux
d’analphabétisme s’élève à 62% chez les femmes âgées de 15 à
24 ans, contre 38% chez les hommes. Une situation due en
grande partie au fait que les parents préfèrent envoyer les
garçons en classe. Un problème qui recule dans les villes,
mais reste tenace dans les régions plus reculées
Récemment une
loi adoptée a permis d’instituer un quota dans l’Assemblée
Nationale et dans l’administration. Ainsi
lors des élections législatives de janvier 2003, 10% des
représentants de chacun des partis politiques étaient des
femmes. L’Assemblée Nationale Djiboutienne compte
aujourd’hui 7 femmes sur les 65 parlementaires.
Par ailleurs,
le gouvernement continue de discriminer les citoyens sur la
base de leur appartenance à une ethnie dans le domaine de
l’emploi et de l’avancement professionnel.
Ainsi les Somaliens Issas, contrôlent le parti au pouvoir, les
services civils et de sécurité ainsi que les forces
militaires. La présence d’une discrimination basée sur
l’appartenance à une ethnie limite fortement le rôle des
membres de groupes minoritaires dans le gouvernement et dans
la politique en général.
Conclusion :
L’absence de données statistiques
systématiques concernant les hommes et les femmes rend
difficile la visualisation de l’étendu de la discrimination de
genre. L’abolition de la loi sur le salaire minimum est
regrettable puisque celle-ci représente souvent un moyen
efficace d’assurer une rémunération égale pour travail de
valeur équivalente. De par la persistance des coutumes, les
femmes tiennent un rang inférieur dans la société et n’ont pas
les mêmes chances que les hommes ni à l’école ni sur le marché
du travail.
III. Travail
des enfants
En 2005
Djibouti a ratifié la Convention N° 138 (1973) de l’OIT sur
l'âge minimum d'accès à l’emploi et la Convention N° 182
(1999) sur les pires formes de travail des enfants.
Le Code du
Travail en vigueur fixe à 14 ans l’âge minimum d’accès à
l’emploi. Cependant dans le nouveau Code du
Travail, l’âge minimum légal sera 16 ans. Le travail de nuit
est interdit aux enfants n’ayant pas atteint l’âge de 16 ans.
Bien
que l’éducation soit gratuite et obligatoire, les coûts
associés tels que le transport ou le matériel scolaire sont un
obstacle réel à la scolarisation de nombreux enfants.
Ainsi selon l’UNICEF, le taux de
scolarisation primaire net pour la période 2000-2204 est de
40% pour les garçons et 32% pour les filles. Le nombre
d’écoles est insuffisant et leur état est souvent déplorable.
Le gouvernement ne s’efforce pas de faire respecter les lois
et règlements relatifs à l’éducation des enfants.
En règle
générale, la loi n’est pas appliquée et il n’y a pas dans
l’appareil administratif Djiboutien d’autorité spécialisée
pour enquêter les cas d’infraction aux lois relatives au
travail des enfants. Les inspecteurs du
travail sont sensés signaler les violations dont ils sont les
témoins. Cependant aucun cas de violation de loi relative au
travail des enfants n’a été porté devant une cour de justice à
ce jour.
Il n’y y a pas
de statistiques concernant le nombre d’enfants sous l’âge de
15 ans qui travaillent. Cependant les ONG
actives dans le secteur signalent un nombre considérable
d’enfants travaillant dans le secteur informel. Le cas des
enfants réfugiés ou déplacés provenant d’Ethiopie, d’Erythrée,
et de Somalie à la recherche d’un emploi dans les villes
Djiboutienne est préoccupant. Les jeunes filles finissent
souvent par se prostituer.
De manière générale, le Gouvernement
n’investit pas assez dans le bien-être et le respect des
droits des enfants.
Conclusion :
Des données fiables concernant le nombre et
les caractéristiques des enfants travailleurs et travailleuses
de Djibouti font défaut. Il n’existe pas de mécanismes
assurant que la législation relative au travail des enfants
est respectée. De manière générale le Gouvernement
n’investit pas assez dans le bien-être et le respect des
droits des enfants.
IV. Travail
forcé
En 1978
Djibouti a ratifié la Convention N° 29 (1930) de l’OIT sur le
travail forcé et la Convention N° 105 (1957) de l’OIT sur la
l'abolition du travail forcé.
Depuis plus de quinze ans, la Commission
d’Experts pour l’Application des Conventions et
Recommandations se réfère aux articles 23 et 24 de la loi no
144/AN/80 portant Code pénitentiaire qui stipulent que le
travail des détenus est organisé par l'administration
pénitentiaire et que les détenus peuvent être employés par des
services publics ou par des entreprises privées, le travail
pour des entreprises privées ne pouvant toutefois être
effectué qu'à l'intérieur des locaux pénitentiaires.
La Commission
avait attiré l'attention du gouvernement sur le fait que la
Convention interdit explicitement que les personnes astreintes
au travail comme conséquence d'une condamnation judiciaire
soient concédées ou mises à la disposition des particuliers,
de compagnies ou de personnes morales privées.
Seul le travail exécuté dans des conditions
d'une relation de travail libre peut être considéré comme
échappant à cette interdiction, ce qui exige nécessairement le
consentement formel de l'intéressé, ainsi que, compte tenu des
circonstances de ce consentement, certaines garanties et
protections, notamment en matière de salaire, permettant de
considérer qu'il s'agit d'une véritable relation de travail
libre. A ce jour, le gouvernement n’a toujours pas communiqué
les contrats de travail ni les détails concernant les
conditions de travail des prisonniers.
La Commission
d’Experts de l’OIT a relevé des incompatibilités entre la
législation nationale et la Convention No 29 concernant la
liberté pour les serviteurs de l’état de quitter leur emploi.
Depuis de nombreuses années, la Commission
prie le gouvernement de fournir des informations plus
complètes sur la manière dont la suppression du travail forcé
est assurée à l'égard des points suivants:
i) l'article 8
du décret no 91-029/PR/DEF, relatif au statut particulier des
médecins et pharmaciens chimistes, lesquels doivent servir
l'armée pendant une période de quinze ans;
ii) l'article
109 de la loi no 72/AN/94/3eL, portant statut de la force
nationale de police, et l'article 50 de la loi no 48/AN/83/1re
portant statut général des fonctionnaires, qui prévoient que
la démission doit être régulièrement acceptée;
iii) la
pratique selon laquelle les militaires de carrière doivent
introduire une demande auprès du Conseil supérieur militaire,
s'ils veulent mettre fin à leur carrière, notamment en cas
d'études aux frais des forces armées.
Depuis l’année
1999, le gouvernement affirme que les deux premiers points
mentionnés ci –dessus feront l’objet d’un examen à la lumière
de la Convention, dans le cadre de la révision législative et
réglementaire des normes du travail que le gouvernement espère
entreprendre dès que les conditions seront réunies pour
organiser une consultation nationale tripartite.
A ce jour le gouvernement n’a pris aucune
mesure dans ce sens.
La Commission d’Experts de l’OIT prie le
gouvernement depuis plusieurs années de communiquer des
informations sur l'application pratique des dispositions de la
loi no 1/AN/92/2eL du 15 septembre 1992 relative aux partis
politiques. En vertu de son article 19, quiconque, en
violation de cette loi, fonde, dirige ou administre un parti
sous quelque forme ou quelque dénomination que ce soit,
encourt une peine d'emprisonnement et une amende.
En parallèle,
la Commission a également noté que les dispositions des
articles 23 et 24 de la loi no 144/AN/80 du 16 septembre 1980
portant Code pénitentiaire n'indiquent pas expressément si le
travail pénitentiaire est ou non obligatoire.
Par conséquent la Commission a prié le
gouvernement d'indiquer quelles mesures ont été prises pour
assurer que l'application de l'article 19 de la loi du 15
septembre 1992 n'ait pas pour conséquence l'imposition de
travail pénitentiaire obligatoire aux personnes condamnées à
une peine d'emprisonnement en vertu de leurs activités
politiques. A ce jour, le gouvernement n’a toujours pas
répondu à l’OIT sur ce point.
Conclusion :
Sur plusieurs points essentiels, la
législation Djiboutienne ne semble pas être en conformité avec
les normes de l’OIT sur le travail forcé. Malgré plusieurs
dizaines de requêtes de la Commission d’Experts pour
l’Application des Conventions et Recommandations, le
gouvernement n’a toujours pas fourni les informations
nécessaires à une analyse plus poussée de la législation et
des pratiques relatives au travail forcé.
CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS FINALES
1. Si Djibouti
a ratifié toutes les Conventions de l’OIT relatives aux
normes fondamentales du travail, de graves difficultés
associées à l'application des droits syndicaux subsistent tant
dans la législation que dans la pratique.
2. Le
gouvernement Djiboutien devrait appliquer les dispositions
énoncées dans le Code du travail de 1952 et s’efforcer de
mettre en œuvre les recommandations de l’OIT sur la liberté
syndicale, ce qui semble nécessiter la suspension du nouveau
code du travail. En particulier le gouvernement devrait
garantir aux travailleurs le droit d’élire librement et
démocratiquement leurs représentants à tous les niveaux prévus
par la loi et les Conventions internationales.
Il devrait par conséquent revoir
complètement avec ses partenaires sociaux le nouveau code du
travail. Non seulement celui-ci est en nette régression par
rapport à sa version antérieure de 1952, mais ses dispositions
essentiels ne respectent ni l’esprit ni la lettre des
conventions internationales fondamentales de l’OIT. De plus,
elles violent parfois les dispositions légales garanties par
la constitution nationale qui reconnaît la liberté syndicale
tant dans son préambule que dans ses articles 15 et suivants.
3. Le
gouvernement devrait s’attacher à rétablir le dialogue social
et le tripartisme dans le pays.
4. Le
gouvernement doit supprimer toute disposition légale
établissant l’obligation d’obtenir une autorisation préalable
à la constitution d’un syndicat.
5. Le
gouvernement doit amender la législation en vigueur afin de
circonscrire le pouvoir de réquisition à l’égard des
fonctionnaires qui exercent des fonctions d’autorité au nom de
l’état ou dans les services essentiels au sens strict du
terme.
6. Le
gouvernement doit réintégrer au plus vite les dix-sept
employés qu’il a abusivement licenciés en 1995 et 1996 ainsi
que les 34 employés du Port licenciés en 2005.
7. Le
gouvernement Djiboutien doit cesser de nommer lui-même les
représentants des travailleurs assistants aux conférences
annuelles de l’OIT, et de soutenir des mouvements syndicaux
non représentatifs. Il doit par conséquent
mettre fin aux pratiques de création de nouvelles structures
syndicales fictives et reconnaître les centrales syndicales
légitimes et légales sans condition.
8. Le
gouvernement Djiboutien doit cesser d’intervenir brutalement
lors de grèves ou manifestations.
9. Le
gouvernement doit faire respecter l’application du droit du
travail en vigueur dans le Port International de Djibouti et
cesser de harceler les syndicalistes du Port.
10. Le
gouvernement doit prendre les mesures nécessaires à
l’application des Conventions relatives à la lutte contre la
discrimination. En particulier le
gouvernement doit s’efforcer de faire respecter le principe
d’égalité de salaire pour un travail de valeur équivalente.
11. Le
gouvernement ne doit pas réserver certaines fonctions de
l’administration d’état à un seul groupe ethnique.
12. Le
gouvernement doit faire respecter la loi sur l’éducation des
enfants, aussi bien pour les filles que pour les garçons ainsi
que la loi relative au travail des enfants.
13. Le
gouvernement doit mettre en place un système de statistiques
fiables incluant la différentiation par sexe, âge et
appartenance à un groupe ethnique.
14. Le
gouvernement doit fournir à l’OIT les détails et informations
requis concernant la législation Djiboutienne relative au
travail forcé.
15.
Conformément aux engagements pris par Djibouti lors des
conférences ministérielles de l’OMC, de Singapour et de Doha,
et à ses obligations en tant que membre de l’OIT, le
gouvernement Djiboutien devrait fournir des rapports réguliers
à l’OMC et à l’OIT sur ses changements législatifs et ses
programmes de mise en œuvre relatifs à toutes les normes
fondamentales du travail.
16. L’OMC
devrait attirer l'attention des autorités Djiboutienne sur les
engagements qu'elles ont pris pour respecter les normes
fondamentales du travail lors des conférences ministérielles
de l’OMC, de Singapour, de Genève et de Doha.
L’OMC devrait demander à l’OIT
d'intensifier son travail avec le gouvernement Djiboutien dans
ces domaines et fournir un rapport au Conseil général de l’OMC
à l'occasion du prochain examen des politiques commerciales.
Références
Banque mondiale, Rapport sur le développement dans le monde,
2004
Confédération internationale des syndicats libres (CISL),
Rapport annuel des
violations des droits syndicaux, éditions 2000 à 2005
Département d'Etat des États-Unis, Rapport sur les pratiques
en matière de droits humains pour 2000-2004
Internationale de l’éducation (IE) Baromètre des droits
humains et syndicaux dans le secteur de l’éducation, 2004
Human Rights Watch, Rapport par pays, 2004- 2005
OIT, Rapports de la Commission d’experts pour l'application
des Conventions et Recommandations, éditions 2000 à 2005
Programme des Nations unies pour le développement (PNUD),
Rapport sur le
développement humain, 2004
Union Djiboutienne du Travail, plusieurs rapports 2001-2006
UNICEF, plusieurs rapport et profiles 2004, 2005
Affaire Borrel : Information judiciaire ouverte
contre Hervé Ladsous
03.03.06 La plainte de la veuve
du juge Borrel contre l'ancien porte-parole du Quai d'Orsay,
pour "pressions sur la justice", a été reçue.
Le doyen des juges d'instruction
du tribunal de grande instance de Paris a jugé recevable jeudi
2 mars la plainte déposée par Elisabeth Borrel, veuve d'un
magistrat mort à Djibouti en 1995, pour "pressions sur la
justice", plainte visant un ancien porte-parole du ministère
des Affaires étrangères, Hervé Ladsous, a-t-on appris vendredi
3 mars de source judiciaire.
Dans un communiqué du 29 janvier
2005, le Quai d'Orsay avait regretté l'expulsion de six
coopérants français de Djibouti avant d'annoncer qu'une copie
du dossier judiciaire sur la mort de Bernard Borrel serait
"prochainement" transmise à la justice djiboutienne.
La famille du magistrat a déposé
plainte en février, considérant que cette annonce, faite dix
jours avant que la juge d'instruction française ne soit
officiellement saisie de la demande d'entraide judiciaire
émise par Djibouti, pouvait être interprétée comme des
"pressions sur la justice".
La doyenne des juges d'instruction de Paris, Fabienne Pous,
lui a donné raison le 2 mars en estimant que les propos du
porte-parole du Quai d'Orsay "anticipaient la décision à
venir" de la juge d'instruction quant à l'éventuelle
transmission du dossier.
Instruction sous X
Le parquet de Paris avait
pourtant considéré que la déclaration du porte-parole ne
pouvait constituer un commentaire tendant à exercer des
pressions en vue d'influencer une décision d'un juge
d'instruction. Le parquet peut faire appel de cette décision.
La plainte d'Elisabeth Borrel
visait nommément Hervé Ladsous. Fabienne Pous a considéré
qu'il fallait instruire contre X. La juge d'instruction,
Sophie Clément, a refusé de communiquer le dossier
d'instruction à son homologue djiboutien.
Bernard Borrel a été retrouvé
mort et brûlé le 19 octobre 1995 face à l'Ile du Diable à
Djibouti. Elisabeth Borrel soutient que son mari a été
assassiné et accuse le président Ismaël Omar Guelleh d'être le
commanditaire du crime.
Une version fermement contestée
par Djibouti, où des premières investigations entreprises
après la découverte du corps du magistrat ont conclu à son
suicide. La thèse est appuyée par les premiers juges
d'instruction français mais mise à mal par de nouvelles
expertises médico-légales qui concluent au meurtre de Bernard
Borrel. (Avec AP)
Source
NOUVELOBS.COM, vendredi 3 mars 2006
Le sénat français
serait-il au secours de la dictature djiboutienne ?
Aujourd’hui
jeudi 3 février 2006 est prévu au Sénat à Paris un Colloque
sur le thème "Renforcement de la coopération économique et
culturelle entre la France et les pays de la Corne d’Afrique".
Le même Sénat
qui avait diffusé le 5 mars 2003 un rapport d’information
présenté au nom de la commission des Affaires étrangères de la
défense réalisé à la suite d’une mission effectuée du 14 au 22
février 2003 en Erythrée, Djibouti, Ethiopie et Soudan.
Les auteurs du
rapport MM. André DULAIT, André BOYER, Didier BOULAUD, M.
Louis MOINARD et Mmes Paulette BRISEPIERRE, Hélène LUC,
écrivaient alors s’agissant de Djibouti :
« Il faut
regretter que les atouts géopolitiques et économiques de
Djibouti ne bénéficient guère à la population ».
«
L’émergence de l’opposition (37 % des voix dans la ville de
Djibouti [aux élections législatives du 10 janvier 2003])
traduit sans doute le désarroi d’une population qui ne
bénéficie d’aucune retombée des masses financières que le
Gouvernement tire de l’activité portuaire et de la présence
des troupes étrangères sur son sol. »
« De
nombreuses aides budgétaires ont également été consenties au
profit du territoire, dont 1,8 million d’euros en 2001 et 6
millions d’euros en 2002. Ce soutien constant n’a pas permis,
cependant, d’enrayer l’émergence d’une crise des finances
publiques, dont la principale manifestation se traduit par un
retard constant dans le versement des traitements de la
fonction publique. La masse d’arriérés se monte aujourd’hui à
environ cinq mois de salaire. »
« Ce
constat est préoccupant car il témoigne d’un manque de
maîtrise des disponibilités financières aux mains du
gouvernement djiboutien. »
«En effet,
s'il est indéniable que Djibouti constitue une zone importante
pour notre dispositif outre-mer, notamment par sa situation
privilégiée au débouché de la mer Rouge sur le golfe d'Aden
(comme l'atteste d'ailleurs l'implantation, depuis septembre
2002, d'un millier de soldats américains sur l'ancien camp
Lemonnier, contigu à l'aéroport), (…) »
« Il est à
craindre que cette rente de situation dispense les autorités
locales d’une réflexion, pourtant nécessaire, sur les causes
du délabrement des infrastructures publiques, qui ajoutent
encore au dénuement de la population, et qui s’accroît
proportionnellement aux sommes dont elles sont destinataires.
»
« La
recherche par la France de la possibilité d’implantations
alternatives pour ses forces permettrait peut-être de dissiper
une certaine illusion sur le caractère totalement vital de
Djibouti pour notre pays. »
« Il
conviendrait, tout au contraire, d’inverser cette croyance
fallacieuse, et faire réfléchir le pouvoir en place sur
l’avenir réservé à leur pays si la France s’en détournait.
Cette prise de conscience n’est pas, pour l’heure, à l’ordre
du jour, ainsi qu'en témoigne la conclusion, annoncée au début
d'avril 2003, d'une convention entre la France et Djibouti
portant sur une réévaluation du coût de notre présence
militaire, et sur la situation financière et fiscale des FFDJ.
»
Djibouti
a-t-elle changé alors ? Les autorités de Djibouti
n’ont-t-elles pas bien plutôt dégradé le niveau de vie de
leurs concitoyens ? Le pays Djibouti n’est-il pas devenu l’un
des plus pauvres parmi les plus pauvres de la planète alors
qu’une manne supplémentaire de 20 à 30 millions de dollars
américains par an s’est rajoutée au pactole financier du
pré-positionnement militaire sur son sol ?
Les sénateurs
ne réussiront pas à attirer d’investisseurs étrangers à
Djibouti aussi longtemps que ces questions n’obtiendront pas
de réponse. Les développements du colloque seront suivis avec
attention par tous les démocrates de la Corne de l’Afrique.
Ethiopie: le procès de l'opposition
éthiopienne ajourné au 22 mars
ADDIS
ABEBA – Le procès pour complot d'une centaine
d'Ethiopiens, dont des dirigeants de l'opposition et des
journalistes, a été ajourné au 22 mars après la tenue
d'une brève audience mercredi à Addis Abeba, ont constaté
des journalistes de l'AFP.
L'ensemble
des 129 accusés - parmi lesquelles figurent les 29
dirigeants du principal parti d'opposition éthiopien et
une vingtaine de journalistes - sont convoqués le 22 mars
devant le juge de la Haute Cour.
Mercredi,
trois des accusés - deux membres de l'organisation
humanitaire britannique ActionAid et un instituteur - qui
avaient déposé une requête afin de bénéficier d'une
procédure judiciaire distincte des 126 autres inculpés,
ont vu leur demande rejetée.
"Les
accusations (contre ces trois personnes) contiennent les
dates exactes et les lieux des délits, nous ne retenons
pas leurs objections", a déclaré le juge de la Haute Cour,
Adil Ahmed.
"Si leur
comparution a lieu séparément, cela pourrait retarder le
procès, la Cour n'accepte pas la proposition que ces trois
accusés comparaissent séparément", a-t-il affirmé
mercredi.
L'avocat
de ces trois personnes, Alenu Denek, avait notamment argué
que ses clients n'étaient sous le coup que d'un seul des
sept chefs d'inculpation visant la majorité des autres
accusés.
Ce procès
avait repris le 23 février après sept semaines
d'interruption. Les 129 accusés sont jugés notamment pour
"complot en vue de renverser par la force un gouvernement
constitutionnel".
Par
ailleurs, l'un des avocats de la formation de l'opposition
du Parti de la coalition pour l'unité et la démocratie (CUDP),
Berhane Mogese, soupçonné de "préparer des actes
terroristes", a été arrêté par la police éthiopienne le 19
février, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.
"Berhane a
été arrêté dans la nuit de samedi (18) à dimanche (19
février) chez lui à 4 heures du matin", a déclaré à l'AFP
un avocat éthiopien sous couvert d'anonymat.
"Il a
comparu devant un tribunal le 21 février et a été maintenu
en détention provisoire pour 14 jours supplémentaires pour
les besoins de l'enquête. Il est accusé de participer à
des activités terroristes", a-t-il ajouté.
La police
fédérale n'était pas joignable pour confirmer cette
information. M. Berhane est l'avocat du dirigeant du CUDP,
Hailu Shawel, qui figure parmi les 129 accusés.
Les
élections législatives de mai 2005, remportées
officiellement par le pouvoir sortant, ont été entachées
de fraudes selon l'opposition.
A la suite
de ces scrutins très disputés, des violences meurtrières
ont éclaté, en juin et novembre 2005, faisant au moins 84
morts à Addis Abeba, selon des sources hospitalières, et
entraînant au moins 13.000 interpellations.
Source :
AFP, du 01 mars 2006
Un travailleur de l'Onu enlevé dans le sud de
la Somalie
U n
travailleur expatrié du Fonds des Nations unies pour
l'enfance (Unicef) a été enlevé mercredi dans la région de
Lower Juba, dans le sud de la Somalie, ont annoncé des
sources concordantes.
Robert
McCarthy a été enlevé vers 11H00 locales (08H00 GMT) dans
les environs d'Afmadow, à quelque 110 km au nord-ouest du
port de Kismayo, capitale de la région de Lower Juba, ont
annoncé des responsables somaliens.
L'Onu a
refusé de préciser la nationalité de M. McCarthy. Cet
enlèvement n'avait dans l'immédiat pas été revendiqué.
"Les
Nations unies sont en contact avec le gouvernement fédéral
de transition et les autorités locales de la région qui
agissent afin d'obtenir la libération de M. McCarthy", a
annoncé l'Onu dans un communiqué parvenu à l'AFP à
Nairobi.
"Tous les
contacts nécessaires ont été activés avec les chefs
traditionnels, les responsables de sécurité et des
politiciens locaux", a déclaré de son côté à l'AFP Ahmed
Ashi, un parlementaire de la région de Lower Juba.
"Nous
espérons la libération immédiate, sans conditions et en
sécurité du travailleur humanitaire de l'Onu (...) Les
enlèvements sont (jugés) inacceptables dans la région et
ne seront pas tolérés", a-t-il poursuivi.
Début
octobre 2005, un agent de sécurité somalien des Nations
unies avait été assassiné par des inconnus dans le port de
Kismayo, situé à environ 500 km au sud de la capitale
somalienne Mogadiscio.
En février
2004, un travailleur de l'Onu de nationalité allemande,
Rolf Helmrich, avait été enlevé dans la même région, puis
relâché après des négociations intenses entre les
ravisseurs et les miliciens de l'Alliance de la vallée de
Juba (JVA), qui contrôle le sud de la Somalie.
Pays de la
Corne de l'Afrique, la Somalie est livrée au chaos depuis
le début, en 1991, d'une guerre civile qui a fait entre
300.000 et 500.000 morts.
De nouvelles institutions politiques ont été mises en
place depuis plus d'un an, mais les membres du
gouvernement et du Parlement, qui sont pour la plupart des
chefs de guerre, sont profondément divisés.
Source
Le Monde, 01/03/06
* * *
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