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Dernières nouvelles - Édition en Ligne de Mars
2008
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Directeur
de publication : Mohamed Ali Abdou. Codirecteur :
Mahdi Ibrahim A. God. Email :
realite_djibouti@yahoo.fr
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Signez lA pétition de soutien à la
famille Alhoumekani
28/03/2008 Deux proches du
président djiboutien condamnés par contumace
27/03/2008 Affaire Borrel:
peines de prison ferme pour deux dignitaires djiboutiens
24/03/2008 Note d'information
de la LDDH : Sécheresse : où est passée l’aide alimentaire
?
14/03/2008 Procès Borrel: un
an de prison avec sursis requis contre deux Djiboutiens
(AFP)
13/03/2008 Affaire Borrel:
longue bataille de procédure au procès des dignitaires
djiboutiens
09/03/2008 Droit en
question, par la Ligue djiboutienne des droits humains
(LDDH)
08/03/2008 Extraits de
Billets d'Afrique et d'ailleurs N°167, Édition SURVIE,
mars 2008
03/03/2008 Pour ne pas
attendre le boycott en 2011, une identité djiboutienne à
construire (2ème partie), par Cassim Ahmd Dini
03/03/2008 Lettre ouverte de
l'ARDHD à Bernard Kouchner, ministre français des affaires
étrangères
28/02/2008 Sécheresse :
chronique d’une famine oubliée
20/02/2008 Olivier Stirn
félicite Guelleh, alerte de la Lettre de l'Océan Indien
19/02/2008 Pour ne pas
attendre le boycott en 2011, un roitelet sourd à tout
dialogue, (1ère partie), par Cassim Ahmed Dini
18/02/2008 Djibouti : Une
démocratie à parti unique ! (FIDH)
Deux proches du président djiboutien condamnés par
contumace
Source : LE
MONDE | 28.03.08 |
Le
tribunal correctionnel de Versailles a condamné, jeudi 27
mars, à des peines de prison ferme par contumace deux proches
du président djiboutien pour "subornation de témoin" dans le
cadre de l'enquête sur l'assassinat du juge français Bernard
Borrel en 1995, à Djibouti. Leur avocat, Francis Szpiner, a
annoncé leur décision de faire appel.
Le procureur
général de la République de Djibouti, Djama Souleiman, et le
chef des services secrets djiboutiens, Hassan Saïd, ont été
condamnés à dix-huit mois et un an de prison. Ces peines vont
au-delà des réquisitions. Le parquet avait demandé un an avec
sursis. Ils font tous deux l'objet d'un mandat d'arrêt
international.
En 1995, le
corps du juge Borrel, magistrat coopérant auprès du ministère
de la justice djiboutien, avait été retrouvé à demi calciné
dans un ravin, à 80 km de la capitale. La thèse du suicide
avait d'abord été privilégiée. Mais plusieurs expertises et
les témoignages de deux Djiboutiens ont progressivement fait
basculer l'enquête vers la thèse de l'assassinat. M. Souleiman
et M. Said ont été jugés coupables de pressions exercées sur
ces témoins, qui mettent en cause l'actuel président de
Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, comme le possible commanditaire
de l'assassinat.
Devant la juge
d'instruction, en 2002, un ex-membre de la garde
présidentielle, Mohamed Saleh Alhoumekani, avait affirmé avoir
entendu, le jour du décès de M. Borrel, cinq hommes rendre
compte de la mort du "juge fouineur" à M. Guelleh, alors
directeur de cabinet du président. Le procureur de Djibouti a
été reconnu coupable d'avoir voulu acheter le silence de M.
Alhoumekani en lui proposant plusieurs millions d'euros et un
poste diplomatique.
FIABILITÉ DES
DEUX TÉMOINS
Le chef des
services secrets a été reconnu coupable d'avoir soudoyé
l'ex-chef de la garde présidentielle, Ali Iftin, pour qu'il
rédige chez un notaire, en 2000, une attestation discréditant
le témoignage de M. Alhoumekani.
Les avocats
d'Elisabeth Borrel, la veuve du juge, se sont félicités de
cette décision. En douze ans d'instruction, c'était la
première fois qu'un tribunal abordait le fond du dossier. Ce
jugement est pour eux une reconnaissance de la fiabilité des
deux témoins. "C'est un élément de plus dans le dossier
général de l'affaire Borrel", commente l'un d'eux, Laurent de
Caunes. Pour Mme Borrel, cela pourrait "protéger d'autres
témoins qui seraient amenés à venir dire des choses".
M. Szpiner a
regretté que le tribunal ait accordé du crédit à "la parole
d'opposants djiboutiens notoires". M. Alhoumekani et M. Iftin
sont exilés en Belgique. "J'espère que nous n'apprendrons pas
un jour que les magistrats qui ont rendu ce jugement sont
membres du Syndicat de la magistrature", partie civile dans le
dossier jugé jeudi, a-t-il dit.
Elise Vincent
Affaire Borrel: peines de prison ferme pour deux
dignitaires djiboutiens
AFP 27/03/08
VERSAILLES
(AFP) — Deux hauts dignitaires djiboutiens, Djama Souleiman,
procureur de Djibouti, et Hassad Saïd, chef des services
secrets, ont été condamnés jeudi à versailles pour avoir fait
pression sur deux témoins dans l'enquête sur l'assassinat du
juge Borrel en 1995 à Djibouti.
Le tribunal correctionnel de Versailles a condamné M. Souleima
à 18 mois et M. Said à un an de prison ferme pour "subornation
de témoin".
Première
juridiction française à examiner le fond de l'affaire en douze
ans de procédure, le tribunal est allé beaucoup plus loin que
le parquet qui avait requis un an de prison avec sursis.
Les mandats
d'arrêts internationaux délivrés à l'encontre des deux hauts
responsables, jugés en leur absence, ont été maintenus.
Djama
Souleiman et Hassad Saïd ont été reconnus coupables d'avoir
fait pression sur deux témoins clefs du dossier dans le but
d'annuler ou de discréditer un témoignage mettant en cause
l'actuel président de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, comme le
possible commanditaire du meurtre du juge français.
Le corps en
partie calciné du magistrat avait été retrouvé en contrebas
d'un ravin à 80 km de Djibouti où Bernard Borrel travaillait,
dans le cadre de la coopération, auprès du ministre de la
justice.
La thèse d'un
suicide a longtemps été privilégiée avant que des expertises
n'orientent l'enquête vers un meurtre.
"C'est un
jugement marqué du sceau du corporatisme", a déclaré Me
Francis Szpiner, avocat des prévenus, qui a annoncé qu'il
ferait appel.
"J'espère que
nous n'apprendrons pas un jour que les magistrats qui ont
rendu ce jugement sont membres des syndicats de la
magistrature, parties civiles dans l'affaire", a-t-il ajouté,
précisant que "jamais ses clients ne se présenteront devant le
tribunal".
"C'est une
très belle victoire", a déclaré pour sa part Me Olivier Morice,
avocat d'Elisabeth Borrel, la veuve du juge Borrel, à
l'initiative de cette procédure. "Il faut donc considérer
aujourd'hui que le procureur général et le chef des services
secrets de Djibouti sont considérés par la justice française
comme des délinquants recherchés par des mandats d'arrêt".
"Mme Borrel
est à la fois très satisfaite et peu surprise que des
magistrats indépendants soient allés plus loin que les
réquisitions. Les faits qui étaient reprochés étaient
tellement graves qu'il convenait de prononcer des peines de
prison ferme", a-t-il ajouté.
Djama
Souleiman a été reconnu coupable d'avoir soudoyé un ex-membre
de la garde présidentielle djiboutienne, Mohamed Saleh
Alhoumekani, exilé en Belgique.
Fin 2001-début
2002, il est venu en personne pour que le garde se rétracte
contre 3 millions d'euros et un poste diplomatique. Pour
preuve, l'enregistrement d'une conversation téléphonique et un
projet de lettre produit par M. Alhoumekani.
Dans un
témoignage capital, selon l'instruction, pour le déroulement
de l'enquête ouverte pour assassinat, l'homme a affirmé devant
la justice française avoir entendu, le jour de la mort du
juge, cinq hommes rendre compte à Ismaël Omar Guelleh, alors
directeur de cabinet du président, de la mort du "juge
fouineur".
Le chef des
services secrets a pour sa part été reconnu coupable d'avoir
soudoyé Ali Iftin, l'ex-chef de la garde présidentielle, pour
qu'il rédige chez un notaire en janvier 2000 une attestation
discréditant le témoignage de M. Alhoumekani.
Lors de
l'audience du 14 mars, Mme Borrel avait confié qu'elle-même
avait été l'objet de "pressions invraisemblables".
"Depuis 13
ans, cette femme se bat seule contre deux États qui ont
conjugué leurs forces pour étouffer l'affaire", avait alors
plaidé son avocat.
"C'est un
combat pour la vérité mais c'est aussi un cri d'amour",
avait-il ajouté faisant état des diverses pressions exercées
sur la justice dans ce qu'il considère être un "scandale
d'État".
Note d'information de la LDDH : Sécheresse : où est passée
l’aide alimentaire ?
|
Le Président |
NOTE D’INFORMATION
DU 24 MARS 2008
Sécheresse :
où est
passée l’aide alimentaire ?
|
Une terrible
sécheresse frappe depuis plusieurs mois tout le pays et
particulièrement le nord de notre République. Elle est
intentionnellement occultée par les média officiels qui, par
contre médiatisent à des fins inavouées le flux massif de
réfugiés Somaliens à Djibouti.
Le H.C.R., le
P.A.M….sont sollicités pour assister la détresse de nos
voisins et frères Somalis ! La Ligue des Droits Humains (L.D.D.H.)
approuve et encourage toutes les démarches Humanitaires !
Charité bien
ordonnée commence par soi-même, il nous semble plus approprié
et prioritaire de soulager la détresse des citoyens !
C’est pourquoi
la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LD.D.H.) est outrée
par ce qu’elle considère comme une non-assistance à
populations en danger.
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) suggère donc, que la
solidarité nationale à l’égard des sinistrés de la sécheresse
doit faire l’objet d’une ligne Budgétaire Extraordinaire du
Budget National, tout le reste n’est que gesticulation et
publicité politicienne.
M. NOËL ABDI
Jean-Paul
Procès Borrel: un an de prison avec sursis requis contre
deux Djiboutiens
AFP, 14/03/08
VERSAILLES (AFP) — La justice française a requis vendredi
un an de prison avec sursis à l'encontre de deux hauts
dignitaires djiboutiens, jugés en leur absence pour
"subornation de témoin" dans l'affaire du magistrat français
Bernard Borrel, retrouvé mort en 1995 à Djibouti.
Le jugement a été mis en délibéré au 27 mars par le
tribunal de grande instance de Versailles, en banlieue
parisienne, première juridiction française à examiner le fond
de l'affaire en douze ans de procédure.
L'actuel procureur général de Djibouti, Djama Souleiman, et
Hassan Said, chef des services secrets djiboutiens, ont été
reconnus "coupables du délit de subornation" par le procureur
Jean-Michel Desset.
"Ils l'ont fait pour détourner les soupçons de la
République djiboutienne, pour les faire porter ailleurs",
a-t-il estimé dans un réquisitoire de dix minutes.
Ces hauts responsables auraient fait pression sur deux
témoins clefs, absents également vendredi, pour annuler ou
discréditer un témoignage visant l'actuel président de
Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, comme le possible commanditaire
du meurtre du juge Bernard Borrel, en 1995 à Djibouti.
Le corps en partie calciné du magistrat avait été retrouvé
en contrebas d'un ravin à 80 km de Djibouti où il travaillait,
dans le cadre de la coopération, auprès du ministre de la
justice.
La thèse d'un suicide a longtemps été privilégiée avant que
des expertises n'orientent l'enquête vers un meurtre.
Djama Souleiman est soupçonné d'avoir soudoyé un ex-membre
de la garde présidentielle djiboutienne, Mohamed Saleh
Alhoumekani, exilé en Belgique.
Fin 2001-début 2002, il serait venu en personne pour que le
garde se rétracte contre 3 millions d'euros et un poste
diplomatique. Pour preuve, l'enregistrement d'une conversation
téléphonique et un projet de lettre produit par M.
Alhoumekani.
Dans un témoignage capital, selon l'instruction, pour le
déroulement de l'information ouverte pour assassinat, l'homme
a affirmé devant la justice française avoir entendu, le jour
de la mort du juge, cinq hommes rendre compte à Ismaël Omar
Guelleh, alors directeur de cabinet du président, de la mort
du "juge fouineur".
"Si on a tenté de le suborner, c'est bien que son
témoignage est crédible", a plaidé Me Luc Cambier, conseil de
M. Alhoumekani.
Le chef des services secrets est pour sa part accusé
d'avoir soudoyé Ali Iftin, l'ex-chef de la garde
présidentielle, pour qu'il rédige chez un notaire en janvier
2000 une attestation discréditant le témoignage de M.
Alhoumekani.
Il lui aurait même suggéré d'écrire que le député
socialiste Arnaud Montebourg l'avait contacté pour soutenir
officiellement que le chef de l'État djiboutien était
l'instigateur de l'assassinat.
"Je me suis retrouvé malgré moi l'auteur d'une machination
criminelle visant à déstabiliser le gouvernement djiboutien",
a dénoncé le parlementaire, partie civile dans l'affaire.
De son côté la veuve Borrel, à l'origine de cette
procédure, a expliqué qu'elle aussi avait été l'objet de
"pressions invraisemblables".
"Comme on ne m'avait pas donné de preuve sur la mort de mon
mari, je suis allée les chercher", a-t-elle déclaré. "De très
hautes autorités françaises, des magistrats ont voulu me faire
passer pour folle".
"Depuis 13 ans, cette femme se bat seule contre deux États
qui ont conjugué leurs forces pour étouffer l'affaire", a
plaidé son avocat Me Olivier Morice.
"C'est un combat pour la vérité mais c'est aussi un cri
d'amour", a-t-il ajouté, faisant état des diverses pressions
exercées sur la justice dans ce qu'il considère un "scandale
d'État".
"La République djiboutienne n'a été mêlée ni de près ni de
loin à cette mort: elle a toujours coopéré sans réserve", a
pour sa part martelé Me Francis Szpiner, avocat des prévenus,
s'appliquant à démontrer "la totale absurdité" de ce
témoignage.
Affaire Borrel: longue bataille de procédure au procès des
dignitaires djiboutiens
Source
AFP, 13/03/08
VERSAILLES
(AFP) — L'avocat du procureur et du chef des services secret
de Djibouti, jugés jeudi à Versailles, près de Paris, en leur
absence, pour "subornation de témoin" dans l'affaire Borrel, a
mené jeudi une longue bataille de procédure pour tenter de
faire annuler le procès.
Après deux
heures de plaidoiries et deux heures de délibéré, le tribunal
a finalement joint au fond les questions de procédure,
soulevées par l'avocat des dignitaires djiboutiens, Me Francis
Szpiner, reportant l'examen des faits à vendredi matin.
Les deux hauts
responsables djiboutiens sont accusés d'avoir fait pression
sur deux témoins clefs pour annuler ou discréditer un
témoignage mettant en cause l'actuel président de Djibouti,
Ismaël Omar Guelleh, comme le possible commanditaire du
meurtre du juge français Bernard Borrel, en 1995 à Djibouti.
Le corps en
partie calciné du magistrat avait été retrouvé en contrebas
d'un ravin à 80 km de Djibouti où il travaillait, dans le
cadre de la coopération, auprès du ministre de la justice.
La thèse d'un
suicide a longtemps été privilégiée avant que des expertises
n'orientent l'enquête vers un homicide.
La bataille
procédurale a été engagée en début d'audience par les avocats
d'Elisabeth Borrel, à l'origine de la procédure et partie
civile dans ce dossier.
Ils ont
contesté à Me Szpiner sa capacité à représenter ses clients
absents, le procureur, Djama Souleiman, et le chef des
services secret, Hassad Saïd, arguant que les documents
fournis au tribunal par Djibouti lui donnaient pouvoir pour
les assister et non les représenter.
Sollicités
durant une suspension d'audience, les deux prévenus
djiboutiens ont dû faire parvenir par fax de nouveaux pouvoirs
à leur avocat.
Pendant ce
temps, Me Szpiner a longuement pris la parole pour plaider des
nullités de procédure. Il a notamment expliqué que,
contrairement aux obligations légales, la fin de l'instruction
n'avait pas été notifiée à ses clients à Djibouti.
Il a également
contesté la recevabilité de la plainte de Mme Borrel, à
l'origine de l'affaire, la jugeant non fondée à agir car
"l'infraction a été commise à l'étranger par des étrangers au
préjudice d'étrangers".
L'avocat a
également contesté la validité des mandats d'arrêt délivrés
contre ses clients et d'un enregistrement téléphonique dans
lequel le procureur tente de faire pression sur un témoin.
Le procureur a
rejeté ces arguments, à l'exception de la non-notification de
la fin de l'enquête judiciaire sur laquelle il ne s'est pas
prononcé, demandant au tribunal de poursuivre l'audience et de
joindre les incidents de procédure au fond.
Djama
Souleiman est accusé d'avoir tenté de faire pression pour
obtenir la rétractation d'un ex-membre de la garde
présidentielle djiboutienne, Mohamed Saleh Alhoumekani, exilé
en Belgique.
L'homme a
affirmé devant la justice française avoir entendu, le jour de
la mort du juge, cinq hommes rendre compte à Ismaël Omar
Guelleh, alors directeur de cabinet du président, de la mort
du "juge fouineur".
Le chef des
services secrets est pour sa part accusé d'avoir fait pression
sur Ali Iftin, l'ex-chef de la garde présidentielle, pour
qu'il rédige une attestation discréditant le témoignage de M.
Alhoumekani.
Les deux
témoins clef de l'affaire Borrel étaient présents jeudi à
Versailles aux côtés d'Elisabeth Borrel et du député PS,
Arnaud Montebourg, partie civile, après avoir été faussement
accusé d'avoir participé à un "montage" contre Djibouti avec
Mme Borrel.
Droit en question, par la Ligue djiboutienne des droits
humains (LDDH)
Djibouti - 9
MARS 2008 -
Droits de
l’Homme ? Les Justiciables se posent des questions.
Ironie du sort
? Tout d’abord, à la veille d’un 4 mars : - « jour
anniversaire du RPP Parti politique au pouvoir en pleine
décadence après des élections législatives sans des électeurs
en février dernier », - l’unique journal La Nation du 3 mars
2008 en première page fait l’amer constat de l’impuissance de
« nos dirigeants » face à la famine étouffée qui sévit, dans
tout le territoire, par inadvertance et corruption en
déclarant « Djibouti s’en remet à Dieu » publié par ce même
journal connu comme «agenda officiel du chef de l’État »
Note
liminaire.
Dans un cahier
spécial, le journal gouvernemental « La Nation » de jeudi
dernier, a longuement disserté sur un fond dogmatique, sans
fond pratique intitulé : une justice au service du citoyen…
une Chambre de compte veille au grain » et surtout sans
oublier « les droits de l’homme… ».
Il est temps
de rappeler, que l’année 2008 sera celle de la célébration du
60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de
l’homme. Notre république de Djibouti, qui figure, hélas, dans
la liste des États les moins respectueux des droits de
l’homme, reviendra-t-elle rapidement, au droit chemin ?
Après les
récentes farces électorales, il est permis d’en douter ! Pour
l’heure, en particulier les défenseurs des droits de l’homme,
et, en général tous les justiciables, sans défense, se posent
d’énormes questions insurmontables face à une justice aux
aspérités « anti-Étatiques.
QUESTIONNEMENT
ET AVENIR.
Il est facile
de mentir, il est encore plus facile de s’asseoir sur des
mensonges, mais chaque mensonge a ses limites. Il suffit
SIMPLEMENT de se poser des questions POUR désarmer
définitivement le ballet des MENSONGES ;
Il est
légitime de se demander s’il faut se taire, ou prendre des
positions plus engagées pour mettre fin aux mensonges
financièrement cautionnés. En attendant, quelques questions
s’avèrent incontournables.
L’IMPUNITÉ
Le drame dans
notre continent Afrique est celui de l’inexistence d’un
tribunal opérationnel à compétence universelle, et ce, doublé
d’un tempérament de prudence à l’égard des autres tribunaux à
compétence universelle.
Ici à
Djibouti, malgré les signatures des Accords internationaux – y
compris l’Accord de Paix du 12 mai 2001-, il est impossible de
dénoncer par voie judiciaire, car des lacunes d’application
sont infranchissables.
Pour exemple,
quand dans le temps les plaintes suivantes seront instruites ?
1. plaintes
des victimes civiles de 1992 à 1999, de 1999 au 7 février 2000
;
2. plaintes
déposées ou non déposées depuis l’indépendance contre les
violations, les acharnements, les emprisonnements arbitraires
d’hommes politiques ou supposés politiques, les crimes
organisés, les tortures physiques et morales de citoyens
ciblés ou de résidents sur le territoire national ;
3. contre les
crimes organisés – faux dollars, blanchiments d’argent, trafic
de drogue, etc…
4.
détournement des deniers publics et des biens sociaux ;
5. abus de
pouvoir inadmissibles et insupportables.
Pour les
questions sur la justice, son fonctionnement et sur les droits
de l’homme, une enquête d’accompagnement internationale est
nécessaire et tous les défenseurs internationaux et régionaux
seront consultés.
C’est dans ce
cadre et afin d’éviter de reprendre point par point TOUTES les
aberrations d’un journal de propagande, que des observations
véridiques s’imposent provisoirement : quel est le rôle d’un
ministre de la justice ?
Sur l’actuel
ministre de la justice chargé des droits de l’homme. A
Djibouti, tout un chacun se demande si les intérêts financiers
de l’actuel ministre de la justice n’interviennent pas d’une
manière insolente sur le bon déroulement de la justice dans
notre pays ?
Est-ce que,
les juges djiboutiens sont régulièrement soumis à des
pressions du ministre de la justice lors des procès, en
particulier, contre certaines assurances de la place ?
Le ministre de
la justice est-il physiquement présent d’une manière continue
au Palais de justice ? Si oui, alors pourquoi ? Mise à part,
celui d’intervenir par sa présence physique, lors des procès
des défenseurs des droits de l’homme, combien de fois l’actuel
ministre de la justice a, d’une manière tangible et
officielle, plaidé pour une justice indépendante, pour le
respect des défenseurs des droits de l’homme en particulier
les syndicats libres et indépendants ?
M. NOËL ABDI
Jean-Paul
Extraits de Billets d'Afrique et d'ailleurs N°167, Édition
SURVIE, mars 2008
La France et Djibouti devant
la Cour internationale de justice
Du lundi 21 janvier au mercredi
30 janvier, la Cour internationale de Justice (CIJ) à La
Haye (Pays-Bas) a entendu la France et Djibouti dans le
cadre de la plainte déposée par Djibouti afin obtenir la
copie du dossier d’instruction de l’affaire Borrel.
On se rappelle que c’est Jacques
Chirac qui avait conseillé au gouvernement djiboutien de
porter l’affaire devant la CIJ.
Le président Omar Guelleh et le
procureur général de Djibouti, Djama Souleiman Ali l’ont
eux-mêmes confirmé : « C’est le gouvernement français, dont
certains responsables proches du président de l’époque,
Jacques Chirac, qui nous ont suggéré de faire un recours
devant la CIJ pour obtenir le dossier Borrel», a-t-il déclaré
à l’AFP.
« Il s’agissait de trouver une
sortie à l’impasse politique dans laquelle nous nous
trouvions, le gouvernement français ne souhaitant pas prendre
la responsabilité de nous transmettre le dossier », ajoutant
que si la décision venait de la CIJ, «c’était plus facile à
faire accepter».
Un aveu confirmé par les perquisitions au ministère français
de la Justice. L’argumentation principale de Djibouti est
fondée sur le non-respect par la France des accords de
coopération judiciaire signés en 1977 et 1986 entre les deux
pays.
Le représentant djiboutien a élargi
la demande à la reconnaissance d’une immunité pour les deux
prévenus qui seront jugés le 13 mars par la cour pénale de
Versailles, le chef des services secrets, Hassan Saïd, et le
procureur général, Djama Souleiman Ali. Rompant avec les
orientations du gouvernement précédent, la France a demandé
l’audition d’Elisabeth Borrel, qui fut refusée, et à la Cour
de se déclarer incompétente et de rejeter les demandes
djiboutiennes.
Curieusement, la rupture unilatérale de ces fameux accords de
coopération judiciaire, qui avait été annoncée officiellement
par le procureur général de Djibouti en octobre 2005, n’a pas
été évoquée par la France dans sa plaidoirie.
La CIJ devrait rendre sa décision
courant 2008. «Si on gagne tant mieux, mais si on perd ce sera
au président Nicolas Sarkozy de gérer ça politiquement », a
averti Djama Souleiman Ali.
En attendant, Djibouti contre-attaque sur le plan médiatique.
Après les manifestations
antifrançaises organisées par le régime à l’automne dernier,
la mise en cause de plusieurs hauts fonctionnaires français
pour des motifs fluctuants et au final pour pédophilie, Chris
Lafaille, déjà auteur d’un article pernicieux publié par Paris
Match en juin 2007 récidive en publiant un livre «
négationniste» sur l’assassinat du juge Borrel, L’inavouable
vérité de l’affaire Borrel.
Un livre, qui s’inspire des propos
tenus par le procureur Djama et s’appuie sur l’argumentation
de la présidence djiboutienne.
Chris Lafaille aurait-il écrit sur
commande ? Il a ses entrées à
La Nation, seul journal djiboutien encore autorisé qui publie,
à chaque parution, de nouveaux extraits.
Djibouti Des législatives aux petits oignons (par Jean Loup
Schaal)
Le mode de scrutin des législatives
du 8 février a assuré de facto à la coalition présidentielle
le gain des 65 sièges de députés à l’Assemblée nationale
tandis que les Djiboutiens étaient interdits d’opposition.
Après avoir muselé l’opposition, le
parti présidentiel, l’Union pour la majorité présidentielle
(UMP) dirigée par le Premier ministre Dileita Mohamed Dileita
a présenté une liste unique de 65 candidats dans laquelle
figure presque tous les ministres du gouvernement.
Bien qu’assuré d’un succès
incontesté, grâce à un scrutin majoritaire de liste à un tour,
le régime a dressé un nouvel obstacle aux opposants potentiels
en faisant voter une loi excluant les candidats à la double
nationalité.
Mais à Djibouti, ce qui s’applique
à l’opposition, n’a pas les mêmes effets pour le groupe au
pouvoir : un quart des 65 candidats UMP de la liste
présidentielle bénéficient de cette double nationalité.
La menace financière a également plané sur les partis
d’opposition qui avait participé aux législatives de 2003 :
«La dernière fois, nous avons payé avec difficulté ,5 millions
de francs Djiboutiens (environ 120 000 euros) pour participer
à l’élection et rien ne nous a été remboursé», regrette cet
ancien directeur de cabinet de l’ancien président Hassan
Gouled Aptidon qui estime à juste titre «qu’aucune règle
démocratique n’est respectée».
Echaudée par un contexte de fraude massive et d’une impossible
transparence du processus électoral, l’opposition regroupée au
sein de l’Union pour l’alternance démocratique (UAD) a donc
choisi de boycotter le prétendu scrutin législatif du 8
février dernier pour ne pas cautionner la mascarade.
En riposte cinglante et en dépit
d’une victoire certaine, le régime a été pris de folie pendant
les deux semaines qui ont précédé ces élections sans enjeux.
Interdiction de meetings des
formations d’opposition, assignations à domiciles de leurs
principaux dirigeants mais aussi des personnalités de la
société civile comme le président de la Ligue Djiboutienne des
droits humains (LDDH).
«En pratique, le parti unique
continue. Nous rejetons ce mode de scrutin et demandons une
proportionnelle, mais le gouvernement se sent en danger à
cause de la grogne sociale et donc refuse», a affirmé, de son
côté, Ismaël Guedi Hared, un des dirigeants de la coalition de
l’opposition, l’Union pour l’alternance démocratique (UAD).
Des manifestants ont aussitôt
envahi les rues de Djibouti pour protester.
Ils ont été arrêtés par dizaines et
conduits dans les centres de détention de Gabode et de Nagad.
Libérés sous la pression notamment de la Ligue Djiboutienne
des droits humains (LDDH), ces citoyens ont grossi les rangs
majoritaires des partisans du boycott.
L´opposition et les organisations de
la société civile n’ont pourtant pas baissé les bras en
déclarant vouloir engager un nouveau dialogue avec la
communauté nationale et internationale pour que plus jamais
les Djiboutiens n´aient besoin de s´abstenir de voter de peur
de participer à une mascarade.
Ce qui n’a pas empêché le président
de la commission communication de l’UMP, Kadar Elmi Yabeh
d’affirmer en se réjouissant de la victoire : «Comme il n’y a
pas d’opposants, la campagne s’est déroulée dans la sérénité.
Mais on regrette profondément que l’opposition n’ai pas
participé parce qu’elle empêche un débat positif pour les
citoyens».
Et de rajouter sous le slogan «L’UMP
c’est l’avenir prometteur de notre pays» : «Si l’opposition
participait, on pourrait mesurer sa vraie force politique».
Sans aucun doute ! Mais avec des
élections transparentes, sans artifices et sans trucages.
Aux élections législatives, les
Djiboutiens interdits d’opposition (par Maki Houmedgaba,
représentant de l'ARD en Europe)
En ce début février 2008, le
gouvernement d’Ismaël Omar Guelleh n’a toléré aucun débat
national ni contestation à Djibouti à l’occasion des
préparatifs des élections législatives du 8 février.
Ancien chef des services secrets
djiboutiens et chef de cabinet sous Hassan Gouled Aptidon
depuis l’indépendance en 1977, puis président lui-même à
partir de 1999, Omar Guelleh tyrannise son pays : droits de
l’homme inexistants, syndicats réprimés, expression
bâillonnée.
Échaudée par un contexte de fraude massive et d’une impossible
transparence du processus électoral, l’opposition regroupée au
sein de l’Union pour l’alternance démocratique (UAD) a choisi
de boycotter le prétendu scrutin législatif du 8 février 2008
pour ne pas cautionner la mascarade.
En riposte cinglante, le gouvernement a interdit tout meeting
à ces formations politiques, cherchant à les enfermer loin des
Djiboutiens et les bannir d’appels à toute action publique.
Joignant le geste à la parole, les principaux dirigeants de
ces partis ainsi que le président de la Ligue djiboutienne des
droits humains (LDDH) ont été assignés à domicile et interdits
de parole.
Des manifestants ont aussitôt envahi les rues de Djibouti
contre ce flagrant délit à la liberté d’expression. Ils ont
été arrêtés par dizaines et conduits dans les centres de
détention de Gabode et de Nagad.
Libérés sous la pression notamment
de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH), ces
citoyens ont pu pacifiquement grossir les rangs majoritaires
du boycott face à une prétendue élection sans enjeux.
L’opposition nationale et les organisations citoyennes pour la
liberté d’expression engageront un nouveau dialogue avec la
communauté nationale et internationale pour que plus jamais
les Djiboutiens n’aient besoin de s’abstenir de voter de peur
de participer à une mascarade.
Pour ne pas attendre le boycott en 2011 (2ème partie)
Une identité djiboutienne à
construire
par CASSIM
AHMED DINI, (25 février 2008)
Une fois
terminés, les épisodes autoritaires laissent toujours un
souvenir nauséeux : on ne comprend pas comment l’on pu se
rendre complice de telles dérives. Dépréciation que Marx
avait énoncée dans son 18-Brumaire : « On ne
pardonne pas à une nation, pas plus qu’à une femme, le
moment de faiblesse où le premier aventurier venu a pu
leur faire violence ». Étant bien entendu que cet homme
dangereux n’a pas été démocratiquement élu, ni en 1999 ni
en 2005, il n’en demeure pas moins qu’il faut s’expliquer
par quels mécanismes il se maintient au pouvoir. Il s’agit
alors d’examiner les variations de son discours (et de sa
pratique) de légitimation en fonction des différentes
composantes de la communauté djiboutienne.
Retour aux origines
: aussi risible que soit sa prétention, c’est dans les
tentatives d’imposition d’une lutte anticoloniale
n’appartenant qu’à ceux parlant une certaine langue qu’il
convient de replacer son prétendu passé indépendantiste et la
hiérarchisation de nos concitoyens.
1) Zorro
arrive trop tard
Il n’en a pas
toujours été ainsi, et pour cause, Ismaël Omar Guelleh tente
depuis peu de s’inventer des faits d’armes anticoloniaux. Les
langues les plus méchantes se contentent ici de rappeler qu’il
a commencé sa carrière dans la police coloniale à la brigade
des mœurs, ce qui peut sembler expéditif : la fréquentation du
Djibouti by night n’interdisant pas, a priori, une prise de
conscience militante, de la condition des colonisés comme des
péripatéticiennes. Hélas, le policier Ismaël Omar Guelleh
n’était nullement prédestiné à l’héroïsme indépendantiste.
Mais lisons d’abord sa version des faits (ou des méfaits,
c’est selon) :
– Jeune Afrique
: « Vous avez été membre de la police française de Djibouti
pendant dix ans, avant d’en être évincé en 1974, trois ans
avant l’indépendance. Pour quelles raisons ? »
– Ismaël Omar Guelleh : « Pour des raisons politiques. À
l’instar de beaucoup de Djiboutiens, je considérais comme
nocif le gouvernement local d’Ali Aref, manipulé depuis Paris
par Jacques Foccart puis René Journiac et qui s’appuyait sur
des milices afars afin de faire régner la terreur. Persuadé
que je complotais contre lui, Ali Aref a ordonné mon
limogeage. »
– Jeune Afrique : « À raison, puisque vous complotiez
effectivement. »
– Ismaël Omar Guelleh : « Exact. Ali Aref représentait un
danger pour l’avenir de Djibouti. »
Dans ses deux
questions, le journaliste a présenté deux contrevérités par
complaisance et, dans ses deux réponses, Ismaël Omar Guelleh a
menti au moins quatre fois.
Pour le journaliste
:
1) Ismaël Omar ne s’est exilé à Mogadiscio qu’en septembre
1976, alors que la vocation de Djibouti a l’indépendance avait
été reconnue par le président Giscard d’Estaing dès janvier
1976 : le flic de choc est donc arrivé après la bataille ;
2) De ce fait, il
n’a jamais eu à « comploter » contre qui que ce soit.
D’ailleurs, le journal Réalité avait rapporté une
anecdote croustillante : Ismaël Omar Guelleh se présentant à
un meeting indépendantiste avec caméra et micro pour rendre
compte à son patron de l’époque, un certain Ali Aref !
En vérité, c’est à peine dix mois avant le 27 juin 1977 qu’un
dénommé Ismaël Omar Guelleh a quitté Djibouti pour se
prétendre farouche combattant anticolonialiste de l’ombre :
une telle quête de virginité politique, imposée par des
impératifs sub-claniques relève pratiquement d’une chirurgie
réparatrice pour grand blessé de guerre qu’il n’a jamais été.
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