Dernières nouvelles - Édition en Ligne de Mars  2008

 Directeur de publication : Mohamed Ali Abdou.   Codirecteur : Mahdi Ibrahim A. God.   Email : realite_djibouti@yahoo.fr


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S  o  m  m  a  i  r  e

28/03/2008 Deux proches du président djiboutien condamnés par contumace

27/03/2008 Affaire Borrel: peines de prison ferme pour deux dignitaires djiboutiens

24/03/2008 Note d'information de la LDDH : Sécheresse : où est passée l’aide alimentaire ?

14/03/2008 Procès Borrel: un an de prison avec sursis requis contre deux Djiboutiens (AFP)

13/03/2008 Affaire Borrel: longue bataille de procédure au procès des dignitaires djiboutiens

09/03/2008  Droit en question, par la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH)

08/03/2008 Extraits de Billets d'Afrique et d'ailleurs N°167, Édition SURVIE, mars 2008

03/03/2008 Pour ne pas attendre le boycott en 2011, une identité djiboutienne à construire (2ème partie), par Cassim Ahmd Dini

03/03/2008 Lettre ouverte de l'ARDHD à Bernard Kouchner, ministre français des affaires étrangères

28/02/2008 Sécheresse : chronique d’une famine oubliée

20/02/2008 Olivier Stirn félicite Guelleh, alerte de la Lettre de l'Océan Indien

19/02/2008 Pour ne pas attendre le boycott en 2011, un roitelet sourd à tout dialogue, (1ère partie), par Cassim Ahmed Dini

18/02/2008 Djibouti : Une démocratie à parti unique ! (FIDH)


Deux proches du président djiboutien condamnés par contumace

Source : LE MONDE | 28.03.08 |


Le tribunal correctionnel de Versailles a condamné, jeudi 27 mars, à des peines de prison ferme par contumace deux proches du président djiboutien pour "subornation de témoin" dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat du juge français Bernard Borrel en 1995, à Djibouti. Leur avocat, Francis Szpiner, a annoncé leur décision de faire appel.

Le procureur général de la République de Djibouti, Djama Souleiman, et le chef des services secrets djiboutiens, Hassan Saïd, ont été condamnés à dix-huit mois et un an de prison. Ces peines vont au-delà des réquisitions. Le parquet avait demandé un an avec sursis. Ils font tous deux l'objet d'un mandat d'arrêt international.

En 1995, le corps du juge Borrel, magistrat coopérant auprès du ministère de la justice djiboutien, avait été retrouvé à demi calciné dans un ravin, à 80 km de la capitale. La thèse du suicide avait d'abord été privilégiée. Mais plusieurs expertises et les témoignages de deux Djiboutiens ont progressivement fait basculer l'enquête vers la thèse de l'assassinat. M. Souleiman et M. Said ont été jugés coupables de pressions exercées sur ces témoins, qui mettent en cause l'actuel président de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, comme le possible commanditaire de l'assassinat.

Devant la juge d'instruction, en 2002, un ex-membre de la garde présidentielle, Mohamed Saleh Alhoumekani, avait affirmé avoir entendu, le jour du décès de M. Borrel, cinq hommes rendre compte de la mort du "juge fouineur" à M. Guelleh, alors directeur de cabinet du président. Le procureur de Djibouti a été reconnu coupable d'avoir voulu acheter le silence de M. Alhoumekani en lui proposant plusieurs millions d'euros et un poste diplomatique.

FIABILITÉ DES DEUX TÉMOINS

Le chef des services secrets a été reconnu coupable d'avoir soudoyé l'ex-chef de la garde présidentielle, Ali Iftin, pour qu'il rédige chez un notaire, en 2000, une attestation discréditant le témoignage de M. Alhoumekani.

Les avocats d'Elisabeth Borrel, la veuve du juge, se sont félicités de cette décision. En douze ans d'instruction, c'était la première fois qu'un tribunal abordait le fond du dossier. Ce jugement est pour eux une reconnaissance de la fiabilité des deux témoins. "C'est un élément de plus dans le dossier général de l'affaire Borrel", commente l'un d'eux, Laurent de Caunes. Pour Mme Borrel, cela pourrait "protéger d'autres témoins qui seraient amenés à venir dire des choses".

M. Szpiner a regretté que le tribunal ait accordé du crédit à "la parole d'opposants djiboutiens notoires". M. Alhoumekani et M. Iftin sont exilés en Belgique. "J'espère que nous n'apprendrons pas un jour que les magistrats qui ont rendu ce jugement sont membres du Syndicat de la magistrature", partie civile dans le dossier jugé jeudi, a-t-il dit.

Elise Vincent

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Affaire Borrel: peines de prison ferme pour deux dignitaires djiboutiens

AFP 27/03/08

VERSAILLES (AFP) — Deux hauts dignitaires djiboutiens, Djama Souleiman, procureur de Djibouti, et Hassad Saïd, chef des services secrets, ont été condamnés jeudi à versailles pour avoir fait pression sur deux témoins dans l'enquête sur l'assassinat du juge Borrel en 1995 à Djibouti.

Le tribunal correctionnel de Versailles a condamné M. Souleima à 18 mois et M. Said à un an de prison ferme pour "subornation de témoin".

Première juridiction française à examiner le fond de l'affaire en douze ans de procédure, le tribunal est allé beaucoup plus loin que le parquet qui avait requis un an de prison avec sursis.

Les mandats d'arrêts internationaux délivrés à l'encontre des deux hauts responsables, jugés en leur absence, ont été maintenus.

Djama Souleiman et Hassad Saïd ont été reconnus coupables d'avoir fait pression sur deux témoins clefs du dossier dans le but d'annuler ou de discréditer un témoignage mettant en cause l'actuel président de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, comme le possible commanditaire du meurtre du juge français.

Le corps en partie calciné du magistrat avait été retrouvé en contrebas d'un ravin à 80 km de Djibouti où Bernard Borrel travaillait, dans le cadre de la coopération, auprès du ministre de la justice.

La thèse d'un suicide a longtemps été privilégiée avant que des expertises n'orientent l'enquête vers un meurtre.

"C'est un jugement marqué du sceau du corporatisme", a déclaré Me Francis Szpiner, avocat des prévenus, qui a annoncé qu'il ferait appel.

"J'espère que nous n'apprendrons pas un jour que les magistrats qui ont rendu ce jugement sont membres des syndicats de la magistrature, parties civiles dans l'affaire", a-t-il ajouté, précisant que "jamais ses clients ne se présenteront devant le tribunal".

"C'est une très belle victoire", a déclaré pour sa part Me Olivier Morice, avocat d'Elisabeth Borrel, la veuve du juge Borrel, à l'initiative de cette procédure. "Il faut donc considérer aujourd'hui que le procureur général et le chef des services secrets de Djibouti sont considérés par la justice française comme des délinquants recherchés par des mandats d'arrêt".

"Mme Borrel est à la fois très satisfaite et peu surprise que des magistrats indépendants soient allés plus loin que les réquisitions. Les faits qui étaient reprochés étaient tellement graves qu'il convenait de prononcer des peines de prison ferme", a-t-il ajouté.

Djama Souleiman a été reconnu coupable d'avoir soudoyé un ex-membre de la garde présidentielle djiboutienne, Mohamed Saleh Alhoumekani, exilé en Belgique.

Fin 2001-début 2002, il est venu en personne pour que le garde se rétracte contre 3 millions d'euros et un poste diplomatique. Pour preuve, l'enregistrement d'une conversation téléphonique et un projet de lettre produit par M. Alhoumekani.

Dans un témoignage capital, selon l'instruction, pour le déroulement de l'enquête ouverte pour assassinat, l'homme a affirmé devant la justice française avoir entendu, le jour de la mort du juge, cinq hommes rendre compte à Ismaël Omar Guelleh, alors directeur de cabinet du président, de la mort du "juge fouineur".

Le chef des services secrets a pour sa part été reconnu coupable d'avoir soudoyé Ali Iftin, l'ex-chef de la garde présidentielle, pour qu'il rédige chez un notaire en janvier 2000 une attestation discréditant le témoignage de M. Alhoumekani.

Lors de l'audience du 14 mars, Mme Borrel avait confié qu'elle-même avait été l'objet de "pressions invraisemblables".

"Depuis 13 ans, cette femme se bat seule contre deux États qui ont conjugué leurs forces pour étouffer l'affaire", avait alors plaidé son avocat.

"C'est un combat pour la vérité mais c'est aussi un cri d'amour", avait-il ajouté faisant état des diverses pressions exercées sur la justice dans ce qu'il considère être un "scandale d'État".

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Note d'information de la LDDH : Sécheresse : où est passée l’aide alimentaire ?

Le Président

NOTE D’INFORMATION

DU 24 MARS 2008

Sécheresse :

où est passée l’aide alimentaire ?

 

Une terrible sécheresse frappe depuis plusieurs mois tout le pays et particulièrement le nord de notre République. Elle est intentionnellement occultée par les média officiels qui, par contre médiatisent à des fins inavouées le flux massif de réfugiés Somaliens à Djibouti.

Le H.C.R., le P.A.M….sont sollicités pour assister la détresse de nos voisins et frères Somalis ! La Ligue des Droits Humains (L.D.D.H.) approuve et encourage toutes les démarches Humanitaires !

Charité bien ordonnée commence par soi-même, il nous semble plus approprié et prioritaire de soulager la détresse des citoyens !

C’est pourquoi la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LD.D.H.) est outrée par ce qu’elle considère comme une non-assistance à populations en danger.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) suggère donc, que la solidarité nationale à l’égard des sinistrés de la sécheresse doit faire l’objet d’une ligne Budgétaire Extraordinaire du Budget National, tout le reste n’est que gesticulation et publicité politicienne.

M. NOËL ABDI Jean-Paul

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Procès Borrel: un an de prison avec sursis requis contre deux Djiboutiens

VERSAILLES (AFP) — La justice française a requis vendredi un an de prison avec sursis à l'encontre de deux hauts dignitaires djiboutiens, jugés en leur absence pour "subornation de témoin" dans l'affaire du magistrat français Bernard Borrel, retrouvé mort en 1995 à Djibouti.

Le jugement a été mis en délibéré au 27 mars par le tribunal de grande instance de Versailles, en banlieue parisienne, première juridiction française à examiner le fond de l'affaire en douze ans de procédure.

L'actuel procureur général de Djibouti, Djama Souleiman, et Hassan Said, chef des services secrets djiboutiens, ont été reconnus "coupables du délit de subornation" par le procureur Jean-Michel Desset.

"Ils l'ont fait pour détourner les soupçons de la République djiboutienne, pour les faire porter ailleurs", a-t-il estimé dans un réquisitoire de dix minutes.

Ces hauts responsables auraient fait pression sur deux témoins clefs, absents également vendredi, pour annuler ou discréditer un témoignage visant l'actuel président de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, comme le possible commanditaire du meurtre du juge Bernard Borrel, en 1995 à Djibouti.

Le corps en partie calciné du magistrat avait été retrouvé en contrebas d'un ravin à 80 km de Djibouti où il travaillait, dans le cadre de la coopération, auprès du ministre de la justice.

La thèse d'un suicide a longtemps été privilégiée avant que des expertises n'orientent l'enquête vers un meurtre.

Djama Souleiman est soupçonné d'avoir soudoyé un ex-membre de la garde présidentielle djiboutienne, Mohamed Saleh Alhoumekani, exilé en Belgique.

Fin 2001-début 2002, il serait venu en personne pour que le garde se rétracte contre 3 millions d'euros et un poste diplomatique. Pour preuve, l'enregistrement d'une conversation téléphonique et un projet de lettre produit par M. Alhoumekani.

Dans un témoignage capital, selon l'instruction, pour le déroulement de l'information ouverte pour assassinat, l'homme a affirmé devant la justice française avoir entendu, le jour de la mort du juge, cinq hommes rendre compte à Ismaël Omar Guelleh, alors directeur de cabinet du président, de la mort du "juge fouineur".

"Si on a tenté de le suborner, c'est bien que son témoignage est crédible", a plaidé Me Luc Cambier, conseil de M. Alhoumekani.

Le chef des services secrets est pour sa part accusé d'avoir soudoyé Ali Iftin, l'ex-chef de la garde présidentielle, pour qu'il rédige chez un notaire en janvier 2000 une attestation discréditant le témoignage de M. Alhoumekani.

Il lui aurait même suggéré d'écrire que le député socialiste Arnaud Montebourg l'avait contacté pour soutenir officiellement que le chef de l'État djiboutien était l'instigateur de l'assassinat.

"Je me suis retrouvé malgré moi l'auteur d'une machination criminelle visant à déstabiliser le gouvernement djiboutien", a dénoncé le parlementaire, partie civile dans l'affaire.

De son côté la veuve Borrel, à l'origine de cette procédure, a expliqué qu'elle aussi avait été l'objet de "pressions invraisemblables".

"Comme on ne m'avait pas donné de preuve sur la mort de mon mari, je suis allée les chercher", a-t-elle déclaré. "De très hautes autorités françaises, des magistrats ont voulu me faire passer pour folle".

"Depuis 13 ans, cette femme se bat seule contre deux États qui ont conjugué leurs forces pour étouffer l'affaire", a plaidé son avocat Me Olivier Morice.

"C'est un combat pour la vérité mais c'est aussi un cri d'amour", a-t-il ajouté, faisant état des diverses pressions exercées sur la justice dans ce qu'il considère un "scandale d'État".

"La République djiboutienne n'a été mêlée ni de près ni de loin à cette mort: elle a toujours coopéré sans réserve", a pour sa part martelé Me Francis Szpiner, avocat des prévenus, s'appliquant à démontrer "la totale absurdité" de ce témoignage.

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Affaire Borrel: longue bataille de procédure au procès des dignitaires djiboutiens

Source AFP, 13/03/08

VERSAILLES (AFP) — L'avocat du procureur et du chef des services secret de Djibouti, jugés jeudi à Versailles, près de Paris, en leur absence, pour "subornation de témoin" dans l'affaire Borrel, a mené jeudi une longue bataille de procédure pour tenter de faire annuler le procès.

Après deux heures de plaidoiries et deux heures de délibéré, le tribunal a finalement joint au fond les questions de procédure, soulevées par l'avocat des dignitaires djiboutiens, Me Francis Szpiner, reportant l'examen des faits à vendredi matin.

Les deux hauts responsables djiboutiens sont accusés d'avoir fait pression sur deux témoins clefs pour annuler ou discréditer un témoignage mettant en cause l'actuel président de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, comme le possible commanditaire du meurtre du juge français Bernard Borrel, en 1995 à Djibouti.

Le corps en partie calciné du magistrat avait été retrouvé en contrebas d'un ravin à 80 km de Djibouti où il travaillait, dans le cadre de la coopération, auprès du ministre de la justice.

La thèse d'un suicide a longtemps été privilégiée avant que des expertises n'orientent l'enquête vers un homicide.

La bataille procédurale a été engagée en début d'audience par les avocats d'Elisabeth Borrel, à l'origine de la procédure et partie civile dans ce dossier.

Ils ont contesté à Me Szpiner sa capacité à représenter ses clients absents, le procureur, Djama Souleiman, et le chef des services secret, Hassad Saïd, arguant que les documents fournis au tribunal par Djibouti lui donnaient pouvoir pour les assister et non les représenter.

Sollicités durant une suspension d'audience, les deux prévenus djiboutiens ont dû faire parvenir par fax de nouveaux pouvoirs à leur avocat.

Pendant ce temps, Me Szpiner a longuement pris la parole pour plaider des nullités de procédure. Il a notamment expliqué que, contrairement aux obligations légales, la fin de l'instruction n'avait pas été notifiée à ses clients à Djibouti.

Il a également contesté la recevabilité de la plainte de Mme Borrel, à l'origine de l'affaire, la jugeant non fondée à agir car "l'infraction a été commise à l'étranger par des étrangers au préjudice d'étrangers".

L'avocat a également contesté la validité des mandats d'arrêt délivrés contre ses clients et d'un enregistrement téléphonique dans lequel le procureur tente de faire pression sur un témoin.

Le procureur a rejeté ces arguments, à l'exception de la non-notification de la fin de l'enquête judiciaire sur laquelle il ne s'est pas prononcé, demandant au tribunal de poursuivre l'audience et de joindre les incidents de procédure au fond.

Djama Souleiman est accusé d'avoir tenté de faire pression pour obtenir la rétractation d'un ex-membre de la garde présidentielle djiboutienne, Mohamed Saleh Alhoumekani, exilé en Belgique.

L'homme a affirmé devant la justice française avoir entendu, le jour de la mort du juge, cinq hommes rendre compte à Ismaël Omar Guelleh, alors directeur de cabinet du président, de la mort du "juge fouineur".

Le chef des services secrets est pour sa part accusé d'avoir fait pression sur Ali Iftin, l'ex-chef de la garde présidentielle, pour qu'il rédige une attestation discréditant le témoignage de M. Alhoumekani.

Les deux témoins clef de l'affaire Borrel étaient présents jeudi à Versailles aux côtés d'Elisabeth Borrel et du député PS, Arnaud Montebourg, partie civile, après avoir été faussement accusé d'avoir participé à un "montage" contre Djibouti avec Mme Borrel.

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Droit en question, par la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH)

Djibouti -  9 MARS 2008 -

Droits de l’Homme ? Les Justiciables se posent des questions.

Ironie du sort ? Tout d’abord, à la veille d’un 4 mars : - « jour  anniversaire du RPP Parti politique au pouvoir en pleine décadence après des élections législatives sans des électeurs en février dernier », - l’unique journal La Nation du 3 mars 2008 en première page fait l’amer constat de l’impuissance de « nos dirigeants » face à la famine étouffée qui sévit, dans tout le territoire, par inadvertance et corruption en déclarant « Djibouti s’en remet à Dieu » publié par ce même journal connu comme «agenda officiel du chef de  l’État »

Note liminaire.

Dans un cahier spécial, le journal gouvernemental « La Nation » de jeudi dernier, a longuement disserté sur un fond dogmatique, sans fond pratique intitulé : une justice au service du citoyen… une Chambre de compte veille au grain » et surtout sans oublier « les droits de l’homme… ».  

Il est temps de rappeler, que l’année 2008 sera celle de la célébration du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Notre république de Djibouti, qui figure, hélas, dans la liste des États les moins respectueux des droits de l’homme, reviendra-t-elle rapidement, au droit chemin ?

Après les récentes farces électorales, il est permis d’en douter ! Pour l’heure, en particulier les défenseurs des droits de l’homme, et, en général tous les justiciables, sans défense, se posent d’énormes questions insurmontables face à une justice aux aspérités « anti-Étatiques.

QUESTIONNEMENT ET AVENIR.

Il est facile de mentir, il est encore plus facile de s’asseoir sur des mensonges, mais chaque mensonge a ses limites. Il suffit SIMPLEMENT de se poser des questions POUR désarmer définitivement le ballet des MENSONGES ;

Il est légitime de se demander s’il faut se taire, ou prendre des positions plus engagées pour mettre fin aux mensonges financièrement cautionnés. En attendant, quelques questions s’avèrent incontournables.

L’IMPUNITÉ

Le drame dans notre continent Afrique est celui de l’inexistence d’un tribunal opérationnel à compétence universelle, et ce, doublé d’un tempérament de prudence à l’égard des autres tribunaux à compétence universelle.

Ici à Djibouti, malgré les signatures des Accords internationaux – y compris l’Accord de Paix du 12 mai 2001-, il est impossible de dénoncer par voie judiciaire, car des lacunes d’application sont infranchissables.

Pour exemple, quand dans le temps les plaintes suivantes seront instruites ?

1. plaintes des victimes civiles de 1992 à 1999, de 1999 au 7 février 2000 ;

2. plaintes déposées ou non déposées depuis l’indépendance contre les violations, les acharnements, les emprisonnements arbitraires d’hommes politiques ou supposés politiques, les crimes organisés, les tortures physiques et morales de citoyens ciblés ou de résidents sur le territoire national ;

3. contre les crimes organisés – faux dollars, blanchiments d’argent, trafic de drogue, etc…

4. détournement des deniers publics et des biens sociaux ;

5. abus de pouvoir inadmissibles et insupportables. 

Pour les questions sur la justice, son fonctionnement et sur les droits de l’homme, une enquête d’accompagnement internationale est  nécessaire et tous les défenseurs internationaux et régionaux seront consultés.

C’est dans ce cadre et afin d’éviter de reprendre point par point TOUTES les aberrations d’un journal de propagande, que des observations véridiques s’imposent provisoirement : quel est le rôle d’un ministre de la justice ? 

Sur l’actuel ministre de la justice chargé des droits de l’homme. A Djibouti, tout un chacun se demande si les intérêts financiers de l’actuel ministre de la justice n’interviennent pas d’une manière insolente sur le bon déroulement de la justice dans notre pays ?  

Est-ce que, les juges djiboutiens sont régulièrement soumis à des pressions du ministre de la justice lors des procès, en particulier, contre certaines assurances de la place ?

Le ministre de la justice est-il physiquement présent d’une manière continue au Palais de justice ? Si oui, alors pourquoi ? Mise à part, celui d’intervenir par sa présence physique, lors des procès des défenseurs des droits de l’homme, combien de fois l’actuel ministre de la justice a, d’une manière tangible et officielle, plaidé pour une justice indépendante, pour le respect des défenseurs des droits de l’homme en particulier les syndicats libres et indépendants ?  

M. NOËL ABDI Jean-Paul

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Extraits de Billets d'Afrique et d'ailleurs N°167, Édition SURVIE, mars 2008

La France et Djibouti devant la Cour internationale de justice

Du lundi 21 janvier au mercredi 30 janvier, la Cour internationale de Justice (CIJ) à La Haye (Pays-Bas) a entendu la France et Djibouti dans le cadre de la plainte déposée par Djibouti afin obtenir la copie du dossier d’instruction de l’affaire Borrel.

 On se rappelle que c’est Jacques Chirac qui avait conseillé au gouvernement djiboutien de porter l’affaire devant la CIJ.

Le président Omar Guelleh et le procureur général de Djibouti, Djama Souleiman Ali l’ont eux-mêmes confirmé : « C’est le gouvernement français, dont certains responsables proches du président de l’époque, Jacques Chirac, qui nous ont suggéré de faire un recours devant la CIJ pour obtenir le dossier Borrel», a-t-il déclaré à l’AFP.

« Il s’agissait de trouver une sortie à l’impasse politique dans laquelle nous nous trouvions, le gouvernement français ne souhaitant pas prendre la responsabilité de nous transmettre le dossier », ajoutant que si la décision venait de la CIJ, «c’était plus facile à faire accepter».

Un aveu confirmé par les perquisitions au ministère français de la Justice. L’argumentation principale de Djibouti est fondée sur le non-respect par la France des accords de coopération judiciaire signés en 1977 et 1986 entre les deux pays.

Le représentant djiboutien a élargi la demande à la reconnaissance d’une immunité pour les deux prévenus qui seront jugés le 13 mars par la cour pénale de Versailles, le chef des services secrets, Hassan Saïd, et le procureur général, Djama Souleiman Ali. Rompant avec les orientations du gouvernement précédent, la France a demandé l’audition d’Elisabeth Borrel, qui fut refusée, et à la Cour de se déclarer incompétente et de rejeter les demandes djiboutiennes.

Curieusement, la rupture unilatérale de ces fameux accords de coopération judiciaire, qui avait été annoncée officiellement par le procureur général de Djibouti en octobre 2005, n’a pas été évoquée par la France dans sa plaidoirie.

La CIJ devrait rendre sa décision courant 2008. «Si on gagne tant mieux, mais si on perd ce sera au président Nicolas Sarkozy de gérer ça politiquement », a averti Djama Souleiman Ali.

En attendant, Djibouti contre-attaque sur le plan médiatique.

Après les manifestations antifrançaises organisées par le régime à l’automne dernier, la mise en cause de plusieurs hauts fonctionnaires français pour des motifs fluctuants et au final pour pédophilie, Chris Lafaille, déjà auteur d’un article pernicieux publié par Paris Match en juin 2007 récidive en publiant un livre « négationniste» sur l’assassinat du juge Borrel, L’inavouable vérité de l’affaire Borrel.

Un livre, qui s’inspire des propos tenus par le procureur Djama et s’appuie sur l’argumentation de la présidence djiboutienne. Chris Lafaille aurait-il écrit sur commande ? Il a ses entrées à La Nation, seul journal djiboutien encore autorisé qui publie, à chaque parution, de nouveaux extraits.

Djibouti Des législatives aux petits oignons (par Jean Loup Schaal)

Le mode de scrutin des législatives du 8 février a assuré de facto à la coalition présidentielle le gain des 65 sièges de députés à l’Assemblée nationale tandis que les Djiboutiens étaient interdits d’opposition.

Après avoir muselé l’opposition, le parti présidentiel, l’Union pour la majorité présidentielle (UMP) dirigée par le Premier ministre Dileita Mohamed Dileita a présenté une liste unique de 65 candidats dans laquelle figure presque tous les ministres du gouvernement.

Bien qu’assuré d’un succès incontesté, grâce à un scrutin majoritaire de liste à un tour, le régime a dressé un nouvel obstacle aux opposants potentiels en faisant voter une loi excluant les candidats à la double nationalité.

Mais à Djibouti, ce qui s’applique à l’opposition, n’a pas les mêmes effets pour le groupe au pouvoir : un quart des 65 candidats UMP de la liste présidentielle bénéficient de cette double nationalité.

La menace financière a également plané sur les partis d’opposition qui avait participé aux législatives de 2003 : «La dernière fois, nous avons payé avec difficulté ,5 millions de francs Djiboutiens (environ 120 000 euros) pour participer à l’élection et rien ne nous a été remboursé», regrette cet ancien directeur de cabinet de l’ancien président Hassan Gouled Aptidon qui estime à juste titre «qu’aucune règle démocratique n’est respectée».

Echaudée par un contexte de fraude massive et d’une impossible transparence du processus électoral, l’opposition regroupée au sein de l’Union pour l’alternance démocratique (UAD) a donc choisi de boycotter le prétendu scrutin législatif du 8 février dernier pour ne pas cautionner la mascarade.

En riposte cinglante et en dépit d’une victoire certaine, le régime a été pris de folie pendant les deux semaines qui ont précédé ces élections sans enjeux.

Interdiction de meetings des formations d’opposition, assignations à domiciles de leurs principaux dirigeants mais aussi des personnalités de la société civile comme le président de la Ligue Djiboutienne des droits humains (LDDH).

«En pratique, le parti unique continue. Nous rejetons ce mode de scrutin et demandons une proportionnelle, mais le gouvernement se sent en danger à cause de la grogne sociale et donc refuse», a affirmé, de son côté, Ismaël Guedi Hared, un des dirigeants de la coalition de l’opposition, l’Union pour l’alternance démocratique (UAD).

Des manifestants ont aussitôt envahi les rues de Djibouti pour protester.

Ils ont été arrêtés par dizaines et conduits dans les centres de détention de Gabode et de Nagad. Libérés sous la pression notamment de la Ligue Djiboutienne des droits humains (LDDH), ces citoyens ont grossi les rangs majoritaires des partisans du boycott.

L´opposition et les organisations de la société civile n’ont pourtant pas baissé les bras en déclarant vouloir engager un nouveau dialogue avec la communauté nationale et internationale pour que plus jamais les Djiboutiens n´aient besoin de s´abstenir de voter de peur de participer à une mascarade.

Ce qui n’a pas empêché le président de la commission communication de l’UMP, Kadar Elmi Yabeh d’affirmer en se réjouissant de la victoire : «Comme il n’y a pas d’opposants, la campagne s’est déroulée dans la sérénité. Mais on regrette profondément que l’opposition n’ai pas participé parce qu’elle empêche un débat positif pour les citoyens».

Et de rajouter sous le slogan «L’UMP c’est l’avenir prometteur de notre pays» : «Si l’opposition participait, on pourrait mesurer sa vraie force politique».

Sans aucun doute ! Mais avec des élections transparentes, sans artifices et sans trucages.

Aux élections législatives, les Djiboutiens interdits d’opposition (par Maki Houmedgaba, représentant de l'ARD en Europe)

En ce début février 2008, le gouvernement d’Ismaël Omar Guelleh n’a toléré aucun débat national ni contestation à Djibouti à l’occasion des préparatifs des élections législatives du 8 février.

Ancien chef des services secrets djiboutiens et chef de cabinet sous Hassan Gouled Aptidon depuis l’indépendance en 1977, puis président lui-même à partir de 1999, Omar Guelleh tyrannise son pays : droits de l’homme inexistants, syndicats réprimés, expression bâillonnée.

Échaudée par un contexte de fraude massive et d’une impossible transparence du processus électoral, l’opposition regroupée au sein de l’Union pour l’alternance démocratique (UAD) a choisi de boycotter le prétendu scrutin législatif du 8 février 2008 pour ne pas cautionner la mascarade.

En riposte cinglante, le gouvernement a interdit tout meeting à ces formations politiques, cherchant à les enfermer loin des Djiboutiens et les bannir d’appels à toute action publique.

Joignant le geste à la parole, les principaux dirigeants de ces partis ainsi que le président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) ont été assignés à domicile et interdits de parole.

Des manifestants ont aussitôt envahi les rues de Djibouti contre ce flagrant délit à la liberté d’expression. Ils ont été arrêtés par dizaines et conduits dans les centres de détention de Gabode et de Nagad.

Libérés sous la pression notamment de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH), ces citoyens ont pu pacifiquement grossir les rangs majoritaires du boycott face à une prétendue élection sans enjeux.

L’opposition nationale et les organisations citoyennes pour la liberté d’expression engageront un nouveau dialogue avec la communauté nationale et internationale pour que plus jamais les Djiboutiens n’aient besoin de s’abstenir de voter de peur de participer à une mascarade.

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Pour ne pas attendre le boycott en 2011 (2ème partie)

Une identité djiboutienne à construire 

par CASSIM AHMED DINI, (25 février 2008)

Une fois terminés, les épisodes autoritaires laissent toujours un souvenir nauséeux : on ne comprend pas comment l’on pu se rendre complice de telles dérives. Dépréciation que Marx avait énoncée dans son 18-Brumaire : « On ne pardonne pas à une nation, pas plus qu’à une femme, le moment de faiblesse où le premier aventurier venu a pu leur faire violence ». Étant bien entendu que cet homme dangereux n’a pas été démocratiquement élu, ni en 1999 ni en 2005, il n’en demeure pas moins qu’il faut s’expliquer par quels mécanismes il se maintient au pouvoir. Il s’agit alors d’examiner les variations de son discours (et de sa pratique) de légitimation en fonction des différentes composantes de la communauté djiboutienne.

Retour aux origines : aussi risible que soit sa prétention, c’est dans les tentatives d’imposition d’une lutte anticoloniale n’appartenant qu’à ceux parlant une certaine langue qu’il convient de replacer son prétendu passé indépendantiste et la hiérarchisation de nos concitoyens.

1) Zorro arrive trop tard

Il n’en a pas toujours été ainsi, et pour cause, Ismaël Omar Guelleh tente depuis peu de s’inventer des faits d’armes anticoloniaux. Les langues les plus méchantes se contentent ici de rappeler qu’il a commencé sa carrière dans la police coloniale à la brigade des mœurs, ce qui peut sembler expéditif : la fréquentation du Djibouti by night n’interdisant pas, a priori, une prise de conscience militante, de la condition des colonisés comme des péripatéticiennes. Hélas, le policier Ismaël Omar Guelleh n’était nullement prédestiné à l’héroïsme indépendantiste. Mais lisons d’abord sa version des faits (ou des méfaits, c’est selon) :

Jeune Afrique : « Vous avez été membre de la police française de Djibouti pendant dix ans, avant d’en être évincé en 1974, trois ans avant l’indépendance. Pour quelles raisons ?  »
– Ismaël Omar Guelleh : « Pour des raisons politiques. À l’instar de beaucoup de Djiboutiens, je considérais comme nocif le gouvernement local d’Ali Aref, manipulé depuis Paris par Jacques Foccart puis René Journiac et qui s’appuyait sur des milices afars afin de faire régner la terreur. Persuadé que je complotais contre lui, Ali Aref a ordonné mon limogeage. »
Jeune Afrique : « À raison, puisque vous complotiez effectivement. »
– Ismaël Omar Guelleh : « Exact. Ali Aref représentait un danger pour l’avenir de Djibouti. »

Dans ses deux questions, le journaliste a présenté deux contrevérités par complaisance et, dans ses deux réponses, Ismaël Omar Guelleh a menti au moins quatre fois.

Pour le journaliste :
1) Ismaël Omar ne s’est exilé à Mogadiscio qu’en septembre 1976, alors que la vocation de Djibouti a l’indépendance avait été reconnue par le président Giscard d’Estaing dès janvier 1976 : le flic de choc est donc arrivé après la bataille ;

2) De ce fait, il n’a jamais eu à « comploter » contre qui que ce soit. D’ailleurs, le journal Réalité avait rapporté une anecdote croustillante : Ismaël Omar Guelleh se présentant à un meeting indépendantiste avec caméra et micro pour rendre compte à son patron de l’époque, un certain Ali Aref !
En vérité, c’est à peine dix mois avant le 27 juin 1977 qu’un dénommé Ismaël Omar Guelleh a quitté Djibouti pour se prétendre farouche combattant anticolonialiste de l’ombre : une telle quête de virginité politique, imposée par des impératifs sub-claniques relève pratiquement d’une chirurgie réparatrice pour grand blessé de guerre qu’il n’a jamais été.

Autant de raisons pour lesquelles IOG a été obligé de mentir quatre fois dans les deux réponses :
1) Ce n’est pas pour des raisons anticoloniales qu’il a quitté la police coloniale : le temps lui semblait venu de préparer l’après indépendance en profitant de ses cousins et tantes bien placés au sein de la LPAI (1). Conversion facilitée par la concurrence qui s’annonçait pour la conquête de l’État postcolonial.

2) Dire que le représentant local du pouvoir colonial était manipulé est un contresens absolu : Aref n’avait pas à être manipulé puisqu’il était l’omnipotent représentant local de la puissance coloniale et celle-ci avait déjà contrefait l’Histoire en prétendant que des chefs locaux Afar, Gadaboursi ou Issa (par ordre alphabétique) lui avaient donné leurs territoires respectifs.

3) Ali Aref chef de milices afars faisant régner la terreur ? Il fallait vraiment que le journaliste soit aussi complaisant qu’ignorant pour laisser passer cela ! Pitoyable parce que les Afar de Djibouti n’ont jamais eu de milice: ce que l’on peut nommer ainsi (à image des Gulwadé de Siad Barré) est une création de la LPAI, rapidement constituée comme vecteur d’une tectonique des peuples à l’œuvre (jusqu’à aujourd’hui) sur l’ensemble de la corne de l’Afrique. Tous ceux qui se souviennent des différentes confrontations intercommunautaires avant l’indépendance savent qu’il n’a jamais existé une quelconque « milice afar » et inutile d’enfoncer ici des portes ouvertes en parlant de l’IGLF (2) ou de l’USF (3), cette dernière étant directement liée à l’attentat du café de Paris en septembre 1990.

4) Aref un danger pour l’avenir de Djibouti, alors qu’il est aujourd’hui membre du bureau politique du RPP et que dès 1978, le régime clanique l’avait contacté pour remplacer un Ahmed Dini démissionnaire, ce qu’il refusa, contrairement à d’autres ? Plus gravement, lui imputer une telle capacité de nuisance, c’est uniquement pour dire, dans une logique de revanche communautaire (leitmotiv de l’ancien petit flic des Mœurs) que les Afar sont « une minorité outrageusement favorisée par le colonialisme ». Venant d’un immigré de la première génération, chouchouté par la puissance coloniale, c’est osé !

Bref, toute cette interview sonne comme un rappel des troupes et renvoie aux fondements de cette dictature.

2) La spirale de la ségrégation

L’idée directrice du message est la suivante : toutes les communautés n’ayant pas lutté avec la même intensité et eu égard au droit du sol (excluant de facto tous ceux originaires du Yémen), il est normal que la répartition du pouvoir politique et des richesses nationales reflète une hiérarchie.

1) Aux Afar, il est expliqué que leur solidarité n’existe plus et qu’ils ne sont désormais un conglomérat de tribus depuis que leur sentiment identitaire (afariyyo) s’est fracassé avec la trahison de Agaba. Par leur ralliement, notables politiques et anciens idéologues du MPL sont chargés de répandre cette thématique de la soumission et du défaitisme : les Afar sont indignes d’être défendus, que l’on se batte pour eux ; donc chacun pour soi au service de son clan.

2) Aux Somali non Issa, il est expliqué que leur part du gâteau provient d’une expropriation perpétrée contre l’indigène Afar, érigé en ennemi commun. La catégorie coloniale de Somali allogène existe donc encore, exacerbée par l’animosité du pouvoir djiboutien à l’encontre du Somaliland.

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