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Dernières nouvelles - Édition en Ligne de Novembre
2008
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Directeur
de publication : Mohamed Ali Abdou. Codirecteur :
Mahdi Ibrahim A. God. Email :
realite_djibouti@yahoo.fr
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19/11/2008 LDDH : Diffusion
d'information du 18 novembre 2008
17/11/2008 LDDH : Lettre à
tous les défenseurs des droits de l’homme
15/11/2008 Mémorandum de
l'Union pour l'Alternance démocratique (UAD) remis à
l'Union européenne
14/11/2008 Communiqué de
l'Observatoire pour la protection des Défenseurs des
Droits de l'Homme
13/11/2008 Note d'information
de la LDDH du 12 novembre 2008
01/11/2008 La solitude du
peuple djiboutien livré à la dictature
01/11/2008 Message de
condoléances du MRD à l'occasion du décès de Souleiman
Hassan Fadal, secrétaire général du MRD
01/11/2008 Travail au noir à
l’ambassade de Djibouti en Belgique ?
LDDH : Diffusion d'information du 18 novembre 2008
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DIFFUSION D’INFORMATION
DU 18 NOVEMBRE 2008
Renforcement de la solidarité
des Défenseurs des Droits Humains. |
La Ligue des Droits Humains (LDDH) a reçu M. Robert
Herman de FREEDOM HOUSE le lundi 17 novembre 2008.
Nous avons
eu, avec le Directeur des Programmes de la plus ancienne
Association de Défense des Droits de l’Homme aux
États-unis, un entretien fructueux et plein d’avenir pour
le renforcement de nos liens.
Nous
n’avons pas hésité à dresser le sombre tableau d’une
dictature foncièrement sournoise, dans notre pays dénudé
de Presse libre, où :
a) -
l’Assemblée nationale depuis 1997 reste hermétiquement
clôturée derrière un mouvement présidentiel composé à
priori de la même tendance ;
b) Un
parti politique de l’Opposition qui sur un faux document à
notre avis, a été interdit par un simple décret
présidentiel pris à la hâte et non au préalable confirmé
par une Décision de Justice ;
c) Une
vingtaine de cadres politiques et des responsables
syndicaux sont en exils fuyant la répression politico
judiciaire avec le silence complice des chancelleries de
la place ;
d) La
justice est fragilisée par un Ministre « entrepreneur »
qui ne cesse d’interférer dans les décisions de la
Justice, sa dernière tentative date du 3 novembre 2008.
Nous
n’avons pas manqué de remettre au Défenseur Robert Herman
un document actuel. FREEDOM HOUSE est une association qui
combat pour la Liberté et les Droits des citoyens.
En annexe
sont publiés deux tableaux sur l’état lamentable de la
situation des quatre pays de la Corne d’Afrique Djibouti,
Érythrée, Éthiopie et la République de la Somalie occupée
par les Forces Éthiopiennes accompagnées actuellement par
des forces Ougandaises et Burundaises, qui ne cessent de
perpétrer des Crimes de guerre et des Génocides encore
impunis.
M. NOËL
ABDI Jean-Paul.
LDDH : Lettre à tous les défenseurs des droits de l’homme
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Lettre
à tous les défenseurs des droits de l'homme
Le 16
novembre 2008 |
Un de mes
deux défenseurs, Me Michel TUBIANA du barreau de Paris,
n’a pu assurer sa mission comme il avait pu le faire
devant la Cour d’Appel.
Le Ministère
lui a indiqué que la procédure, devant la Cour Suprême, était
écrite.
Entendons par là qu’il ne serait pas entendu devant la plus
haute juridiction de mon pays.
Ayant appris que dans d’autres affaires, des avocats avaient
pu plaider devant cette instance, j’ai donc demandé
l’assurance qu’il en serait de même pour mon Avocat. Je n’ai
pu avoir ces assurances.
Mon Avocat
International a, à deux reprises, écrit une lettre à la
Première Présidente de la Cour Suprême de la République de
Djibouti.
J’ose espérer
que le renvoi de l’Audience d’aujourd’hui 16 novembre 2008 au
30 novembre 2008, pour des raisons « des nécessités du service
» permettra à la Première Présidente Madame K. Abeba de
répondre favorablement à mon Avocat pour lui permettre de
plaider comme la jurisprudence le permet, car il est difficile
d’effectuer un trajet de 13000 km pour juste écouter la
décision de cette haute Cour.
En effet,
devant cette situation, je m’interroge sur l’absence de
réponse écrite justifiant l’interdiction à mon Avocat Tubiana
de venir plaider devant la Cour Suprême.
L’interférence
du Politique et les raisons du Ministre de la Justice,
interdisant à mon Avocat International Maître Tubiana de venir
plaider librement à la dite Cour, me paraissent inadmissibles
et s’inscrivent dans les dernières répressions à mon encontre.
Je ne me résous pas à imaginer que la Justice puisse être
victime de pressions politiques et si la décision venait à
confirmer les erreurs de la Cour d’Appel, je ne manquerais pas
d’engager tous les recours internationaux possibles.
M. NOËL ABDI
Jean-Paul
Mémorandum de l'Union pour l'Alternance démocratique (UAD)
remis à l'Union européenne
Note de la
rédaction
Cette semaine
RÉALITÉ en ligne publie en exclusivité le Mémorandum de
l’Union pour l’Alternance Démocratique (UAD) présenté à
l’occasion de la visite à Djibouti, d’une mission
d’Information du Parlement Européen, le 30 octobre 2008.
Les
Parlementaires Européens se sont longuement entretenus avec
les dirigeants de l’UAD dans les locaux de l’Union Européenne
au Plateau du Héron. Les discussions ont été qualifiées de
franches et fructueuses par les deux parties. Le document,
ci-dessous reproduit, basé uniquement sur les faits démontre
clairement la faillite de la démocratie en République de
Djibouti. Le potentat local qui hante le Palais de l’Escale
depuis l’indépendance reste le principal artisan de ce
naufrage.
UNION POUR L'ALTERNANCE
DEMOCRATIQUE (U.A.D.)
2, rue de Pékin, Héron - DJIBOUTI
- Tél : 34 18 22 - 82 99 99
Djibouti, le 30
octobre 2008
MÉMORANDUM
A l'occasion
de la visite d'une délégation de l'Union Européenne à
Djibouti, l'opposition djiboutienne regroupée au sein de
l’Union pour l’Alternance Démocratique (UAD) présente un
mémorandum sur la situation politique en République de
Djibouti.
INTRODUCTION
Après une décennie de multipartisme limité à quatre
partis, l'instauration du multipartisme intégral suite á
l'accord de paix définitive du 12 mai 2001 n'a pas tenu ses
promesses d’avènement d'une nouvelle ère de vie démocratique
pacifiée dans notre pays.
Les premières
élections législatives pluralistes en janvier 2003 ont vu
s'affronter une coalition de quatre partis progouvernementaux
et une alliance de quatre partis de l'opposition nouvellement
créés. Sans surprise, la mouvance présidentielle a raflé la
totalité des siéges à l'Assemblée Nationale à l'issue d'un
scrutin ni libre ni transparent.
L’opposition
nationale a été spoliée d'une victoire incontestable par les
fraudes massives. Bien que créditée selon les chiffres
officiels de 45% dans la capitale et de 38% au niveau
national, le mode de scrutin majoritaire à un tour imposé par
le pouvoir l'a privé de tout siége.
Son recours
en annulation du scrutin a été rejeté malgré les preuves
irréfutables de fraudes et sa caution de 32 500 000 FD déposée
au trésor national ne lui a pas été remboursée. Cherchant á se
prémunir contre des futures élections frauduleuses, l'UAD a
adressé plusieurs courriers au ministère de l'intérieur et au
chef de l'Etat afin qu'un minimum de transparence et d'équité
soient observés lors des scrutins à venir.
Ses 9
propositions pour garantir la transparence électorale ont été
purement et simplement ignorés et le pouvoir n’a même pas
daigné répondre aux courriers. Face à ce mépris
gouvernemental, l’UAD a boycotté les élections présidentielles
d'avril 2005.
Ses consignes
de boycott ont été largement suivies comme l'ont constaté les
observateurs internationaux et les journalistes étrangers
présents á Djibouti lors de cet étrange scrutin. En effet, le
Président sortant, ISMAEL OMAR GUELLEH s'est retrouvé seul
candidat en lice.
Au lendemain
de cette parodie d'élection, le candidat unique s'est proclamé
vainqueur avec un score fantaisiste de plus de 75 %.
Poursuivant son mépris des revendications de transparence
formulées par l'opposition nationale, le régime a organisé les
premières élections régionales en 2006 et des pseudo élections
législatives en février 2008. L'UAD a tout naturellement
boycotté ces simulacres d'élections.
A l'occasion
de la campagne des législatives de 2008, le pouvoir a interdit
par la force tout rassemblement politique de l'opposition, se
permettant même d’assigner à résidence les dirigeants de
l’UAD.
Des reculs
démocratiques majeurs
Conséquence de
ce grave recul démocratique et du retour en force du
despotisme, l'assemblée nationale issue des dernières
«élections» sur la base d'une liste unique présentée par le
pouvoir, reste monocolore. Ainsi, 30 après l'indépendance,
Djibouti demeure un des rares pays africains où l'opposition
n'est pas représentée á l'assemblée nationale.
La dérive
autoritaire du pouvoir s'est confirmée depuis 2005, par la
confiscation totale de la liberté d'expression. Les journaux
de l'opposition sont interdits, les syndicalistes indépendants
et les défenseurs des droits de l'homme sont systématiquement
harcelés, arbitrairement arrêtés et souvent contraints à
l’exil en Europe notamment et á Bruxelles singulièrement.
Pire encore, un culte de la personnalité inconnu
même au temps du parti unique, régente la vie nationale á tous
les niveaux. La société civile émergente reste largement
embrigadée ou réprimée.
Un développement en
trompe-l’œil
Sur le plan
économique, force est de déplorer que les investissements
massifs venus des pays du Golfe Arabo-Persique n'ont pas
profité aux populations. Les grands chantiers de construction
lancés ces dernières années font largement appel à une
main-d'oeuvre immigrée d'origine asiatique. Plus de 60 % des
jeunes djiboutiens sont au chômage et 42 % de la population
vit au dessous du seuil de pauvreté.
En dépit de
l'aide économique bilatérale et multilatérale en constante
augmentation, la grande majorité de la population souffre
d’une malnutrition chronique dans la capitale et dans les
districts de l'intérieur.
MARGINALISATION ET CRIMINALISATION DE L'OPPOSITION LEGALE
Depuis avril
2008, un contentieux frontalier oppose Djibouti á l'Érythrée
voisine dans l'extrême nord-est du pays. Suite aux
affrontements armés meurtriers de juin dernier un conflit
larvé persiste entre les deux pays autrefois amis.
Sur le plan
intérieur le régime, arguant d'une situation de guerre,
accentue la répression politique contre les opposants. Ainsi,
en juillet 2008, le pouvoir a arbitrairement par décret
présidentiel dissout un parti d'opposition légal et pacifique
: le mouvement pour le Renouveau Démocratique (M.R.D.) membre
de l'UAD sur la seule base d'allégations de trahison qui n'ont
convaincu personne. A ce jour, le régime continue
périodiquement de menacer l'opposition nationale souvent
qualifiée de traître, d'apatride et d'ennemie de l'intérieur.
CONCLUSION
Il apparaît
clairement que le régime djiboutien est redevenu depuis 2005
une dictature de plus en plus oppressive. En l'absence de
toute vie politique pacifiée et démocratique, il est fort à
craindre que le mécontentement général et la paupérisation ne
conduisent comme dans un passé récent á des soubresauts
déchirants.
Aussi, l'Union
pour l'Alternance Démocratique (UAD) attend de l'Union
Européenne qu'elle use de toute son influence politique et
économique pour que notre pays ne devienne pas une nouvelle
zone d'instabilité dans la corne de l'Afrique.
Union pour
l'Alternance Démocratique (U.A.D.)
Communiqué de l'Observatoire pour la protection des Défenseurs
des Droits de l'Homme
COMMUNIQUÉ DE
PRESSE
DJIBOUTI : La
Cour suprême victime de pressions politiques ?
Procès de M.
Jean Paul Noël Abdi, président de la Ligue djiboutienne des
droits humains.
Paris-Genève, le 14 novembre 2008. L’Observatoire pour la
protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme
conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits
de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la
torture (OMCT), exprime sa vive préoccupation quant aux
derniers développements relatifs au procès contre M. Jean Paul
Noël Abdi, président de la Ligue djiboutienne des droits
humains (LDDH).
Le 11 avril
2007, M. Jean Paul Noël Abdi avait été condamné par la Cour
d’appel de Djibouti à un an de prison dont 11 mois avec sursis
et 200.000 francs djiboutiens d’amende pour « divulgation de
fausses nouvelles », et « diffamation »[1]. Ses avocats, Me
Luc Aden, Me Zakaria Abdillahi et Me Michel Tubiana, avocat au
barreau de Paris et mandaté au nom de l’Observatoire pour le
représenter, avaient alors formé un pourvoi en cassation.
Cependant,
alors que l’audience devant la Cour suprême est prévue pour le
16 novembre 2008, le Ministre de l’Intérieur, auprès duquel Me
Tubiana a demandé l’autorisation de plaider, a tenu à «
signaler » à ce dernier, par une lettre en date du 3 novembre,
que la procédure devant la Cour suprême était une procédure
écrite. Malgré les demandes formulées depuis cette date, il
n’a pas été possible d’obtenir l’assurance que Me Tubiana
pourrait plaider. Me Abdillahi ne sait pas non plus s'il sera
autorisé à plaider devant la Cour suprême de Djibouti.
Ces événements
sont d’autant plus surprenants que Me Tubiana avait été
autorisé à plaider devant la Cour d’appel, qu’aucune
disposition de la procédure en vigueur à Djibouti n’empêche de
plaider devant la Cour suprême, et que d’autres avocats ont pu
le faire dans d'autres affaires.
L’Observatoire
rappelle que la Rapporteure spéciale de la Commission
africaine des droits de l’Homme et des peuples sur les
défenseurs a exhorté dans un communiqué du 16 mars 2007[2] le
Gouvernement de Djibouti à garantir à M. Jean-Paul Noël Abdi
un procès juste et équitable conformément à l’article 7 de la
Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.
L’Observatoire demande que la justice puisse s’exercer à
Djibouti sans être l’objet de pressions politiques et que les
droits de la défense soient respectés. L’Observatoire demande
par conséquent que les avocats de M. Jean Paul Noël Abdi
puissent recevoir l’assurance de pouvoir plaider à une date
ultérieure.
L’Observatoire
demande plus généralement aux autorités djiboutiennes de se
conformer aux dispositions de la Déclaration sur les
défenseurs des droits de l’Homme adoptée par l’Assemblée
générale des Nations unies le 9 décembre 1998, notamment à son
article premier qui dispose que « chacun a le droit,
individuellement ou en association avec d’autres, de
promouvoir la protection et la réalisation des droits de
l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et
international » et à son article 6.b qui dispose que « chacun
a le droit, individuellement ou en association avec d’autres
de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des
idées, informations et connaissances su tous les droits de
l’Homme et toutes les libertés fondamentales », ainsi qu’aux
dispositions des instruments internationaux et régionaux
ratifiés par Djibouti.
Pour plus
d’informations, merci de contacter :
FIDH : Gaël
Grilhot : + 33 1 43 55 25 18 ; OMCT : Delphine Reculeau : + 41
22 809 49 39
Note d'information de la LDDH du 12 novembre 2008
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NOTE D’INFORMATION DU 12 novembre 2008
A
Djibouti,
la
présence de Maître TUBIANA n’est plus «à dessein» ?
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Dans trois
jours mon procès devant la Cour Suprême de Djibouti aura
lieu au Palais du Peuple le 16 novembre 2008.
En effet,
c’est dans le cadre de la délocalisation des Juridictions
Djiboutiennes, et, dans l’attente d’un complexe immobilier
adéquate et plus serein, que la plus haute juridiction
Djiboutienne continue, hélas, de siéger au Palais du Peuple.
Toutefois,
dans le contexte géopolitique actuel, je demande à tous mes
compatriotes et à tous les Défenseurs de rester vigilant et à
l’écoute d’autant plus que mon Affaire à la Cour Suprême me
paraît très importante pour l’avenir de mon pays, pour la
Liberté d’Expression, de la Liberté à Témoigner sans être, à
chaque fois, illégalement arrêté, arbitrairement détenu avec
toujours les mêmes motifs des « Faux Flagrants délits » sur
ordre évidemment des plus hautes Autorités Djiboutiennes.
Mais au stade
actuelle, tout nous fait croire que le Ministre de la Justice
fait pression pour que mon Avocat International Maître
TUBIANA, ne puisse pas plaider.
Il appartient
à la Première Présidente de trancher.
M. NOËL ABDI Jean-Paul
La solitude du peuple djiboutien livré à la dictature
Série d'articles extraits du site uguta.org,
interdit à Djibouti
Le peuple djiboutien souffre seul, privé d’allié dans la
région et dans le monde. Il essaie tant bien que mal de lutter
seul contre la dictature d’Ismail Omar Guelleh et sa clique de
Dire-Dawa - langage de mabraze qui a sa part de vérité - qui
est soutenue par la France et l’Union européenne, les
États-unis, l’Éthiopie et les pays arabes. En un certain sens
on peut soutenir qu’il est livré à l’arbitraire d’une meute de
chiens, qui bavent vautrés dans une luxure insupportable au vu
de la misère populaire. En dépit de tous ses efforts,
l’opposition minée par des ambitions irrationnelles ne
parvient pas à susciter le sursaut salutaire qui mobiliserait
la rue ou les mécontents au nom de la démocratie pour chasser
la dictature. Le pessimisme gagne du terrain. Victimes
fantasques de l’abus du khat, les Djiboutiens manifestent leur
désarroi en mettant parfois dans le même panier la dictature
et ceux qui la combattent. Ils nous en veulent, à juste titre,
à cause de notre incapacité de leur inspirer l’idée d’un
espoir et d’un avenir meilleurs.(...)
La présence
française et américaine à Djibouti ? Un soutien à la dictature
?
La république
de Djibouti abrite, comme vous le savez, plusieurs forces
militaires d’origine occidentale. Outre la base militaire
française de 2.700 personnes, héritage de notre histoire
coloniale, une base américaine de 1.500 hommes et des
contingents des forces européennes stationnent dans notre
pays.
Cette présence étrangère est motivée par des considérations et
des intérêts géostratégiques, au sein desquels chaque
partenaire semble trouve son compte sauf …le peuple
djiboutien. Le dictateur, lui, ne s’en plaint pas. Il perçoit
en compensation des fonds importants qu’il gère au mieux de
ses intérêts et pour étendre l’espace vital issa contre les
Afar (en Éthiopie et à Djibouti). Pourtant, nous acceptons
d’immenses sacrifices. Notre fierté, notre souveraineté
nationales sont mises à mal par le voisinage avec des armées
dont l’une est la plus puissante du monde (États-unis) et la
plus vieille démocratie.
Ou est la contrepartie de cette présence ?
La
contrepartie de la présence française et américaine devrait se
traduire par quelques avancées démocratiques dans notre pays.
Or c'est le contraire qui s'y produit. Assuré d'avoir le
parapluie de deux États occidentaux, généreux sur le plan
financier, le dictateur djiboutien a réduit au silence
l'opposition légale et la société civile.
Pourquoi accepterons-nous sur notre territoire des armées
étrangères qui sont objectivement contre nous, contre notre
peuple, contre le développement de notre pays ?
Les
Américains et la démocratie
Que
savons-nous au sujet des activités militaires auxquelles se
livrent les Américains et les Français dans notre pays ? Les
premiers affirment que notre pays leur sert de tête de pont à
partir duquel ils luttent contre le terrorisme islamique. Des
commandos partis de Djibouti bombardent ou mènent des
opérations contre les combattants des Tribunaux islamiques –
des terroristes selon le vocabulaire de Washington - qui sont
actifs en Somalie. Il paraît que la guerre d’Irak a été
motivée par le désir d’imposer la démocratie dans ce pays
martyrisé par Saddam Houssein.
Les Américains doivent avoir une définition bien étrange de la
démocratie s’ils ne voient pas la misère qui sévit à Djibouti.
Apparemment les Américains apportent une aide inestimable à la
dictature, à la "somalisation" du pays et sont aveugles à la
lente destruction de l'État djiboutien.
Les
Français aiment les dictateurs
Les Français,
qui nous sont beaucoup plus familiers, considèrent Djibouti
comme un mirador commode ; un observatoire idéal pour suivre
les réseaux de commerce et d’échanges du pétrole à partir de
son ancienne colonie. En dépit de son affaiblissement, la
France entend encore peser dans les enjeux internationaux.
Toutefois, les autorités françaises ont un mot à la bouche, la
démocratie. Même quand personne ne les interroge, elles
parlent de la démocratie, tout en soutenant les dictatures les
plus corrompues de l’Afrique.
Nos amis, les Français, tentent d’apporter sa contribution à
la résolution de la crise israélo-palestinienne en effectuant
un rapprochement remarqué avec la Syrie, ses militaires sont
présents en Afghanistan et au Liban, mais ils sont incapables
d’aider les démocrates africains.
La France se caractérise par une diplomatie verbeuse, un
discours nauséabond sur la « patrie des droits de l’homme »,
une fidélité absurde aux dictateurs africains les plus
ignobles, des promesses savamment distillées sur le changement
de la politique France-Afrique à l’avènement d’un nouveau chef
de l’État. De François Mitterrand (1981-1995) à Nicolas
Sarkozy (2007,…), le discours ne change jamais. Parmi les
corps diplomatiques, les ambassadeurs français sont les plus
complaisants à tolérer l'intolérable.
Par le biais d’une presse européenne, complaisante, combien de
fois ne nous a-t-on pas annoncé que Paris serait prêt à
concilier son discours sur la démocratie et la pratique sur le
terrain diplomatique. Combien des fois, un ministre de la
coopération vient chanter les louanges d'un dictateur toute
honte bue.
Non les Djiboutiens doivent cherche de nouveaux alliés autre
que les Occidentaux, hypocrites, cyniques et incapables de
respecter leurs propres valeurs et croyances.
Au moment où
la Chine et l'Inde sont en train de remettre en question le
rapport des forces entre les grands Etats du monde, notre pays
pourrait exploiter la présence des occidentaux chez nous au
mieux de nos intérêts ou leur donner congé ?
La France
et l'opposition djiboutienne
Les autorités
françaises boudent l’opposition djiboutienne dont la plupart
des membres, sinon la majorité est francophone. Elles nous
considèrent comme une quantité négligeable qui ne mérite même
pas d'être approchés si ce n'est sous forme des agents de
renseignements généraux.
La France
va être surprise demain....
A l'instar
d'Ismail Omar Guelleh qui pense que les Afar sont neutralisés
définitivement, parce qu'il est habitué à voir autour de lui
un Dilleyta obéissant et d'autres ministres afar qui lui
lèchent les bottes, le gouvernement français est dans la même
situation par rapport à l'opposition djiboutienne. Paris
estime ne pas avoir à faire des efforts pour mériter sa base
militaire à Djibouti. Ce serait un acquis, un héritage. mais
les choses vont changer. Je suis certain.
En dépit de toute la considération que j'ai pour un pays qui
m'a accueilli en tant qu'exilé politique, je crois que les
autorités françaises vont au devant de grandes surprises si
elles pensent que tout sera facile à Djibouti.
L'opposition djiboutienne a intérêt à chercher d'autres alliés
que la France
La Bruyère, dans « Les caractères,
extrait II », dit cette sagesse que nous les Djiboutiens
ferions mieux d’appliquer par rapport à notre allié
historique, la France.
« Il est plus souvent plus utile de quitter les grands que de
s’en plaindre ».
L’intérêt que porte la France à notre pays correspond-il à
notre drame, notre fardeau, notre croix (sic !), notre péché ?
Un peu de tout ça. La patrie des droits de l’Homme, de la
révolution (dans le sens le plus profond : le bouleversement
radical des fondements de la société) et le pays qui se targue
d’être le champion des démocrates fait rempart de son corps
pour perpétuer les dictatures en Afrique francophone.
Quoiqu’on dise, la dictature djiboutienne est nourrie par la
France. En paraphrasant Aimé Césaire, qui fustigeait la
civilisation européenne, nous dirons tout simplement, qu’ « Un
pays qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus
cruciaux est une civilisation atteinte. Un pays qui ruse avec
ses principes est un pays moribond. »
En un mot, on dirait que les dirigeants français ne désirent
ni le développement économique du continent africain ni celui
de son peuple. Ils ne veulent pas que les peuples des pays en
développement jouissent des bienfaits de la démocratie. La
France « se réfugie dans une hypocrisie d’autant plus odieuse
qu’elle a de moins en moins chance de tromper ». (Discours sur
le colonialisme, Aimé Césaire, 1955).
Ali Coubba, Uguta-Toosa, septembre 2008
Message de condoléances du MRD à l'occasion du décès de
Souleiman Hassan Fadal, secrétaire général du MRD
Mouvement pour le Renouveau démocratique
et le Développement
(Ancien PRD)
Cité Poudrière Avenue Nasser
Tel : 34 23 99
BP : 3570
Djibouti
Bruxelles, le 28 octobre 2008
Message de condoléances :
LE MRD PERD UN PILIER, LE PAYS UN PRECIEUX FILS
Né à
Djibouti en 1948, à une époque où la ville coloniale
n’était pas réputée favorable aux enfants autochtones qui
mouraient souvent en bas âge pour cause de pauvreté et
d’absence d’équipements socio-sanitaires, il [Souleiman
Hassan Fadal] a pu survivre, grandir et s’instruire. Il
l’a pu grâce à un père entreprenant qui savait emplir la
marmite et à une mère aussi douce que brave. Papa Hassan
était l’un des rares commerçants autochtones de Djibouti :
il opérait dans l’axe Djibouti-Aïcha-Diré-Dawa. Il sera
d’ailleurs assassiné à Aïcha où il était de passage en
août 1960 lors du massacre planifié par le régime de Hailé
Selassié.
Maman
Sadia Hersi était aux petits soins pour une maisonnée sans
cesse plus étoffée. Comme d’autres en ces temps-là, il a
été envoyé à l’école au Somaliland voisin, dans la
localité de Cabdulqaadir. Il y a brillamment fait ses
études primaires (elementary school) et est allé plus au
nord à Cadaadley pour le collège (intermediate school).
Puis, par goût pour l’action bâtisseuse, il a posé sa
petite valise au Technical Institute of Hargeessa pour se
spécialiser en génie civil. Déjà éveillé à la politique,
il s’est mis, parallèlement aux études, à militer dans les
rangs du FLCS (Front de libération de la Côte des
Somalis).
Son
baccalauréat en poche (GCE A Level pour General
Certificate of Education Advanced Level), il est parti en
Allemagne avec une bourse du front. Là-bas, il est entré
dans une école d’ingénieurs en génie civil et a affirmé
ses qualités de meneur auprès de ses camarades étudiants.
Les quelques années passées en Allemagne, où le FLCS l’a
désigné comme son représentant, ont été couronnées de
succès, avec la réussite aux études, une sensibilisation
des milieux progressistes à la cause l’Indépendance de
Djibouti et un premier enfant, une fille prénommée Yasmine,
que lui a donné une étudiante allemande épousée en
premières noces.
De retour
à Djibouti en 1976, son diplôme d’ingénieur en poche, il a
été recruté aux Travaux publics et au Logement. Après un
stage de six mois de langue française en France, il s’y
fera rapidement une réputation de compétence et de
bienveillance. À la séparation des Travaux publics et du
Logement, il se retrouvera à ce second département. Il y
servira comme chef de service puis directeur adjoint,
jusqu’à son départ en retraite en 2005. Toujours
disponible pour mettre ses compétences au service de ses
concitoyens : de nombreuses constructions auront bénéficié
de son savoir-faire de bâtisseur dans et en dehors de
Djibouti-ville.
Courageux,
il dénoncera plus d’une fois la gabegie ambiante, ce qui
affectera sa carrière professionnelle et lui vaudra même
un licenciement au cours des années 1980. Qu’à cela ne
tienne : loin de capituler, il rebondira dans le privé, de
sorte que, devant son succès, la Fonction publique finira
par le rappeler.
Mais il
savait, autant par convictions humanistes que par
expérience indépendantiste, que le changement passe par
l’engagement. Aussi a-t-il été l’un des principaux
fondateurs du PRD (Parti du Renouveau démocratique) en
1992. Il y a, entre autres activités, animé la Commission
Politique et Décentralisation. Puis, à la mort en novembre
1996 du président du parti, le regretté Mohamed Djama
Elabé, il a vaillamment résisté aux assauts et autres
brutalités d’un régime décidé à rayer le PRD du paysage
politique. Il s’est révélé comme l’une des figures
emblématiques du PRD résistant puis du MRD insubmersible
dont il a été désigné Secrétaire général dès sa création
en novembre 2002. A ce titre, il a connu l’arbitraire et
les geôles du pouvoir en place.
Cet homme
à la modestie vraie, ce polyglotte parlant français,
arabe, anglais et allemand, c’était Souleiman Hassan
Fadal. J’ai eu l’honneur et le privilège de le connaître,
de le fréquenter et de l’apprécier à sa valeur. Plus qu’un
compagnon de lutte, c’était un ami fidèle, un frère
authentique. Il le restera à jamais.
Souleiman
s’en est allé lundi 27 octobre 2008 à Djibouti. Il s’en
est allé subitement, vers 13 heures et demie, de retour
d’une matinée comme d’ordinaire active. Apparemment
emporté par une crise cardiaque... Il s’en est allé deux
jours après le décès à 88 ans de Feu Fatouma Hersi Bouh,
mère d’un autre Souleiman, Souleiman Farah Lodon, autre
pilier du MRD.
Inutile de
vous dire que j’ai reçu la nouvelle comme un choc. La mort
de Souleiman Hassan Fadal, comme toutes celles des hommes
et femmes de valeur, est arrivée trop tôt. Il n’avait que
soixante ans, de l’énergie en abondance et nourrissait
mille rêves pour son pays.
Sa
conjointe Fatouma Ahmed Absieh, épousée en secondes noces
au début de la décennie 1980 et mère de huit de ses neuf
enfants (six filles et trois garçons), sa progéniture, sa
famille élargie et ses amis perdent en lui un être rare,
cher et chéri. Son parti, le MRD, perd un pilier. Son
pays, un précieux fils.
Au nom du
Bureau national du MRD et en mon nom personnel, j’adresse
un sincère et attristé message de condoléances à sa
famille, à ses proches, aux militants et sympathisants du
MRD et du reste de l’opposition comme à l’ensemble des
Djiboutiennes et Djiboutiens.
Repose en
Paix, Souleiman. Repose au Paradis Éternel. Allah
t’accueille parmi les Siens car ton passage sur terre
n’aura pas été un fardeau.
Repose,
frère, la lutte, c’est promis, continuera. Elle continuera
jusqu’à la Victoire, avec et après nous autres qu’habite
encore le souffle de la vie.
Inna
Lilaahi wa Inna Ileyhi Raajicuun. Amaanada Allaah Leh.
Daher Ahmed
Farah,
Président du MRD
Travail au noir à l’ambassade de Djibouti en Belgique ?
Source : RTL info.be du Jeudi 16
octobre 2008
Une
Djiboutienne a cité devant le tribunal du travail
l'ambassade de Djibouti à Bruxelles où elle a été employée
pendant neuf ans, selon Le Soir. Cette secrétaire avait un
contrat à durée indéterminée mais n'a jamais été déclarée.
En 2001, elle a souhaité être régularisée, ce qu'elle n'a
pas obtenu. Elle a été licenciée en mai 2008, sans
préavis. Elle espère obtenir plusieurs dizaines de
milliers d'euros représentant la différence entre le
salaire qu'elle aurait du percevoir et celui qu'elle a
reçu pendant neuf ans.
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