Dernières nouvelles - Édition en Ligne de Novembre  2008

 Directeur de publication : Mohamed Ali Abdou.   Codirecteur : Mahdi Ibrahim A. God.   Email : realite_djibouti@yahoo.fr


S  o  m  m  a  i  r  e


19/11/2008 LDDH : Diffusion d'information du 18 novembre 2008

17/11/2008 LDDH : Lettre à tous les défenseurs des droits de l’homme

15/11/2008 Mémorandum de l'Union pour l'Alternance démocratique (UAD) remis à l'Union européenne

14/11/2008 Communiqué de l'Observatoire pour la protection des Défenseurs des Droits de l'Homme

13/11/2008 Note d'information de la LDDH du 12 novembre 2008

01/11/2008 La solitude du peuple djiboutien livré à la dictature

01/11/2008 Message de condoléances du MRD à l'occasion du décès de Souleiman Hassan Fadal, secrétaire général du MRD

01/11/2008 Travail au noir à l’ambassade de Djibouti en Belgique ?


LDDH : Diffusion d'information du 18 novembre 2008

DIFFUSION D’INFORMATION

DU 18 NOVEMBRE 2008

Renforcement de la solidarité

des Défenseurs des Droits Humains.


La Ligue des Droits Humains (LDDH)  a reçu M. Robert Herman de FREEDOM HOUSE le lundi 17 novembre 2008.

Nous avons eu, avec le Directeur des Programmes de la plus ancienne Association de Défense des Droits de l’Homme aux États-unis, un entretien fructueux et plein d’avenir pour le renforcement de nos liens.

Nous n’avons pas hésité à dresser le sombre tableau d’une dictature  foncièrement sournoise, dans notre pays dénudé de Presse libre, où :

a)    - l’Assemblée nationale depuis 1997 reste  hermétiquement clôturée derrière un mouvement présidentiel composé à priori de la même tendance ;

b)    Un parti politique de l’Opposition qui sur un faux document à notre avis, a été interdit par un simple décret présidentiel pris à la hâte et non au préalable confirmé par une Décision de Justice ;

c)     Une vingtaine de cadres politiques et des responsables syndicaux sont en exils fuyant la répression politico judiciaire avec le silence complice des chancelleries de la place ;

d)    La justice est fragilisée par un Ministre « entrepreneur » qui ne cesse d’interférer dans les décisions de la Justice, sa dernière tentative date du 3 novembre 2008.

Nous n’avons pas manqué de remettre au Défenseur Robert Herman un document actuel. FREEDOM HOUSE est une association qui combat pour la Liberté et les Droits des citoyens.

En annexe sont publiés deux tableaux sur l’état lamentable de la situation des quatre pays de la Corne d’Afrique Djibouti, Érythrée, Éthiopie et la République de la Somalie occupée par les Forces Éthiopiennes accompagnées actuellement par des forces Ougandaises et Burundaises, qui ne cessent de perpétrer des Crimes de guerre et des Génocides encore impunis.

M. NOËL ABDI Jean-Paul.

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LDDH : Lettre à tous les défenseurs des droits de l’homme

Lettre à tous les défenseurs des droits de l'homme

Le 16 novembre 2008

Un de mes deux défenseurs, Me Michel TUBIANA du barreau de Paris, n’a pu assurer sa mission comme il avait pu le faire devant la Cour d’Appel.

Le Ministère lui a indiqué que la procédure, devant la Cour Suprême, était écrite.
Entendons par là qu’il ne serait pas entendu devant la plus haute juridiction de mon pays.
Ayant appris que dans d’autres affaires, des avocats avaient pu plaider devant cette instance, j’ai donc demandé l’assurance qu’il en serait de même pour mon Avocat. Je n’ai pu avoir ces assurances.

Mon Avocat International a, à deux reprises, écrit une lettre à la Première Présidente de la Cour Suprême de la République de Djibouti.

J’ose espérer que le renvoi de l’Audience d’aujourd’hui 16 novembre 2008 au 30 novembre 2008, pour des raisons « des nécessités du service » permettra à la Première Présidente Madame K. Abeba de répondre favorablement à mon Avocat pour lui permettre de plaider comme la jurisprudence le permet, car il est difficile d’effectuer un trajet de 13000 km pour juste écouter la décision de cette haute Cour.

En effet, devant cette situation, je m’interroge sur l’absence de réponse écrite justifiant l’interdiction à mon Avocat Tubiana de venir plaider devant la Cour Suprême.

L’interférence du Politique et les raisons du Ministre de la Justice, interdisant à mon Avocat International Maître Tubiana de venir plaider librement à la dite Cour,  me paraissent inadmissibles et s’inscrivent dans les dernières répressions à mon encontre.
Je ne me résous pas à imaginer que la Justice puisse être victime de pressions politiques et si la décision venait à confirmer les erreurs de la Cour d’Appel, je ne manquerais pas d’engager tous les recours internationaux possibles.

M. NOËL ABDI Jean-Paul

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Mémorandum de l'Union pour l'Alternance démocratique (UAD) remis à l'Union européenne

Note de la rédaction

Cette semaine RÉALITÉ en ligne publie en exclusivité le Mémorandum de l’Union pour l’Alternance Démocratique (UAD) présenté à l’occasion de la visite à Djibouti, d’une mission d’Information du Parlement Européen, le 30 octobre 2008.

Les Parlementaires Européens se sont longuement entretenus avec les dirigeants de l’UAD dans les locaux de l’Union Européenne au Plateau du Héron. Les discussions ont été qualifiées de franches et fructueuses par les deux parties. Le document, ci-dessous reproduit, basé uniquement sur les faits démontre clairement la  faillite de la démocratie en République de Djibouti. Le potentat local qui hante le Palais de l’Escale depuis l’indépendance reste le principal artisan de ce naufrage.

UNION POUR L'ALTERNANCE DEMOCRATIQUE (U.A.D.)
2, rue de Pékin, Héron - DJIBOUTI - Tél : 34 18 22 - 82 99 99 

Djibouti, le 30 octobre 2008

MÉMORANDUM

A l'occasion de la visite d'une délégation de l'Union Européenne à Djibouti, l'opposition djiboutienne regroupée au sein de l’Union pour l’Alternance Démocratique (UAD) présente un mémorandum sur la situation politique en République de Djibouti.

INTRODUCTION

Après une décennie de multipartisme limité à quatre partis, l'instauration du multipartisme intégral suite á l'accord de paix définitive du 12 mai 2001 n'a pas tenu ses promesses  d’avènement d'une nouvelle ère de vie démocratique pacifiée dans notre pays.

Les premières élections législatives pluralistes en janvier 2003 ont vu s'affronter une coalition de quatre partis progouvernementaux et une alliance de quatre partis de l'opposition nouvellement créés. Sans surprise, la mouvance présidentielle a raflé la totalité des siéges à l'Assemblée Nationale à l'issue d'un scrutin ni libre ni transparent.

L’opposition nationale a été spoliée d'une victoire incontestable par les fraudes massives. Bien que créditée selon les chiffres officiels de 45% dans la capitale et de 38% au niveau national, le mode de scrutin majoritaire à un tour imposé par le pouvoir l'a privé de tout siége.

Son recours  en annulation du scrutin a été rejeté malgré les preuves irréfutables de fraudes et sa caution de 32 500 000 FD déposée au trésor national ne lui a pas été remboursée. Cherchant á se prémunir contre des futures élections frauduleuses, l'UAD a adressé plusieurs courriers au ministère de l'intérieur et au chef de l'Etat afin qu'un minimum de transparence et d'équité soient observés lors des scrutins à venir.

Ses 9 propositions pour garantir la transparence électorale ont été purement et simplement ignorés et le pouvoir n’a même pas daigné répondre aux courriers. Face à ce mépris gouvernemental, l’UAD a boycotté les élections présidentielles d'avril 2005.

Ses consignes de boycott ont été largement suivies comme l'ont constaté les observateurs internationaux et les journalistes étrangers présents á Djibouti lors de cet étrange scrutin. En effet, le Président sortant, ISMAEL OMAR GUELLEH s'est retrouvé seul candidat en lice.

Au lendemain de cette parodie d'élection, le candidat unique s'est proclamé vainqueur avec un score fantaisiste de plus de 75 %. Poursuivant son mépris des revendications de transparence formulées par l'opposition nationale, le régime a organisé les premières élections régionales en 2006 et des pseudo élections législatives en février 2008. L'UAD a tout naturellement boycotté ces simulacres d'élections.

A l'occasion de la campagne des législatives de 2008, le pouvoir a interdit par la force tout rassemblement politique de l'opposition, se permettant même d’assigner à résidence les dirigeants de l’UAD.

Des reculs démocratiques majeurs

Conséquence de ce grave recul démocratique et du retour en force du despotisme, l'assemblée nationale issue des dernières «élections» sur la base d'une liste unique présentée par le pouvoir, reste monocolore. Ainsi, 30 après l'indépendance, Djibouti demeure un des rares pays africains où l'opposition n'est pas représentée á l'assemblée nationale.

La dérive autoritaire du pouvoir s'est confirmée depuis 2005, par la confiscation totale de la liberté d'expression. Les journaux de l'opposition sont interdits, les syndicalistes indépendants et les défenseurs des droits de l'homme sont systématiquement harcelés, arbitrairement arrêtés et souvent contraints à l’exil en Europe notamment et á Bruxelles singulièrement.

Pire encore, un culte de la personnalité inconnu même au temps du parti unique, régente la vie nationale á tous les niveaux. La société civile émergente reste largement embrigadée ou réprimée.

Un développement en trompe-l’œil

Sur le plan économique, force est de déplorer que les investissements massifs venus des pays du Golfe Arabo-Persique n'ont pas profité aux populations. Les grands chantiers de construction lancés ces dernières années font largement appel à une main-d'oeuvre immigrée d'origine asiatique.  Plus de 60 % des jeunes djiboutiens sont au chômage et 42 % de la population vit au dessous du seuil de pauvreté.

En dépit de l'aide économique bilatérale et multilatérale en constante augmentation, la grande majorité de la population souffre d’une malnutrition chronique dans la capitale et dans les districts de l'intérieur.

MARGINALISATION ET CRIMINALISATION DE L'OPPOSITION LEGALE

Depuis avril 2008, un contentieux frontalier oppose Djibouti á l'Érythrée voisine dans l'extrême nord-est du pays. Suite aux affrontements armés meurtriers de juin dernier un conflit larvé persiste entre les deux pays autrefois amis.

Sur le plan intérieur le régime, arguant d'une situation de guerre, accentue la répression politique contre les opposants. Ainsi, en juillet 2008, le pouvoir a arbitrairement par décret présidentiel dissout un parti d'opposition légal et pacifique : le mouvement pour le Renouveau Démocratique (M.R.D.) membre de l'UAD sur la seule base d'allégations de trahison qui n'ont convaincu personne. A ce jour, le régime continue périodiquement de menacer l'opposition nationale souvent qualifiée de traître, d'apatride et d'ennemie de l'intérieur.

CONCLUSION

Il apparaît clairement que le régime djiboutien est redevenu depuis 2005 une dictature de plus en plus oppressive. En l'absence de toute vie politique pacifiée et démocratique, il est fort à craindre que le mécontentement général et la paupérisation ne conduisent comme dans un passé récent á des soubresauts déchirants.

Aussi, l'Union pour l'Alternance Démocratique (UAD) attend de l'Union Européenne qu'elle use de toute son influence politique et économique pour que notre pays ne devienne pas une nouvelle zone d'instabilité dans la corne de l'Afrique.

Union pour l'Alternance Démocratique (U.A.D.)

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Communiqué de l'Observatoire pour la protection des Défenseurs des Droits de l'Homme

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

DJIBOUTI : La Cour suprême victime de pressions politiques ?

Procès de M. Jean Paul Noël Abdi, président de la Ligue djiboutienne des droits humains.

Paris-Genève, le 14 novembre 2008. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), exprime sa vive préoccupation quant aux derniers développements relatifs au procès contre M. Jean Paul Noël Abdi, président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH).

Le 11 avril 2007, M. Jean Paul Noël Abdi avait été condamné par la Cour d’appel de Djibouti à un an de prison dont 11 mois avec sursis et 200.000 francs djiboutiens d’amende pour « divulgation de fausses nouvelles », et « diffamation »[1]. Ses avocats, Me Luc Aden, Me Zakaria Abdillahi et Me Michel Tubiana, avocat au barreau de Paris et mandaté au nom de l’Observatoire pour le représenter, avaient alors formé un pourvoi en cassation.

Cependant, alors que l’audience devant la Cour suprême est prévue pour le 16 novembre 2008, le Ministre de l’Intérieur, auprès duquel Me Tubiana a demandé l’autorisation de plaider, a tenu à « signaler » à ce dernier, par une lettre en date du 3 novembre, que la procédure devant la Cour suprême était une procédure écrite. Malgré les demandes formulées depuis cette date, il n’a pas été possible d’obtenir l’assurance que Me Tubiana pourrait plaider. Me Abdillahi ne sait pas non plus s'il sera autorisé à plaider devant la Cour suprême de Djibouti.

Ces événements sont d’autant plus surprenants que Me Tubiana avait été autorisé à plaider devant la Cour d’appel, qu’aucune disposition de la procédure en vigueur à Djibouti n’empêche de plaider devant la Cour suprême, et que d’autres avocats ont pu le faire dans d'autres affaires.

L’Observatoire rappelle que la Rapporteure spéciale de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples sur les défenseurs a exhorté dans un communiqué du 16 mars 2007[2] le Gouvernement de Djibouti à garantir à M. Jean-Paul Noël Abdi un procès juste et équitable conformément à l’article 7 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.

L’Observatoire demande que la justice puisse s’exercer à Djibouti sans être l’objet de pressions politiques et que les droits de la défense soient respectés. L’Observatoire demande par conséquent que les avocats de M. Jean Paul Noël Abdi puissent recevoir l’assurance de pouvoir plaider à une date ultérieure.

L’Observatoire demande plus généralement aux autorités djiboutiennes de se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, notamment à son article premier qui dispose que « chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international » et à son article 6.b qui dispose que « chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et connaissances su tous les droits de l’Homme et toutes les libertés fondamentales », ainsi qu’aux dispositions des instruments internationaux et régionaux ratifiés par Djibouti.

Pour plus d’informations, merci de contacter :

FIDH : Gaël Grilhot : + 33 1 43 55 25 18 ; OMCT : Delphine Reculeau : + 41 22 809 49 39

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Note d'information de la LDDH du 12 novembre 2008

NOTE D’INFORMATION DU 12 novembre 2008

A Djibouti,

la présence de Maître TUBIANA n’est plus «à dessein» ?

Dans trois jours mon procès devant la Cour Suprême de Djibouti aura lieu au Palais du Peuple le 16 novembre 2008.

En effet, c’est dans le cadre de la délocalisation des Juridictions Djiboutiennes, et, dans l’attente d’un complexe immobilier adéquate et plus serein, que la plus haute juridiction Djiboutienne continue, hélas, de siéger au Palais du Peuple.

Toutefois, dans le contexte géopolitique actuel, je demande à tous mes compatriotes et à tous les Défenseurs de rester vigilant et à l’écoute d’autant plus que mon Affaire à la Cour Suprême me paraît très importante pour l’avenir de mon pays, pour la Liberté d’Expression, de la Liberté à Témoigner sans être, à chaque fois, illégalement arrêté, arbitrairement détenu avec toujours les mêmes motifs des « Faux Flagrants délits » sur ordre évidemment des plus hautes Autorités Djiboutiennes.

Mais au stade actuelle, tout nous fait croire que le Ministre de la Justice fait pression pour que mon Avocat International Maître TUBIANA, ne puisse pas plaider.

Il appartient à la Première Présidente de trancher.

M. NOËL ABDI Jean-Paul

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La solitude du peuple djiboutien livré à la dictature
Série d'articles extraits du site uguta.org, interdit à Djibouti

Le peuple djiboutien souffre seul, privé d’allié dans la région et dans le monde. Il essaie tant bien que mal de lutter seul contre la dictature d’Ismail Omar Guelleh et sa clique de Dire-Dawa - langage de mabraze qui a sa part de vérité - qui est soutenue par la France et l’Union européenne, les États-unis, l’Éthiopie et les pays arabes. En un certain sens on peut soutenir qu’il est livré à l’arbitraire d’une meute de chiens, qui bavent vautrés dans une luxure insupportable au vu de la misère populaire. En dépit de tous ses efforts, l’opposition minée par des ambitions irrationnelles ne parvient pas à susciter le sursaut salutaire qui mobiliserait la rue ou les mécontents au nom de la démocratie pour chasser la dictature. Le pessimisme gagne du terrain. Victimes fantasques de l’abus du khat, les Djiboutiens manifestent leur désarroi en mettant parfois dans le même panier la dictature et ceux qui la combattent. Ils nous en veulent, à juste titre, à cause de notre incapacité de leur inspirer l’idée d’un espoir et d’un avenir meilleurs.(...)

La présence française et américaine à Djibouti ? Un soutien à la dictature ?

La république de Djibouti abrite, comme vous le savez, plusieurs forces militaires d’origine occidentale. Outre la base militaire française de 2.700 personnes, héritage de notre histoire coloniale, une base américaine de 1.500 hommes et des contingents des forces européennes stationnent dans notre pays.
Cette présence étrangère est motivée par des considérations et des intérêts géostratégiques, au sein desquels chaque partenaire semble trouve son compte sauf …le peuple djiboutien. Le dictateur, lui, ne s’en plaint pas. Il perçoit en compensation des fonds importants qu’il gère au mieux de ses intérêts et pour étendre l’espace vital issa contre les Afar (en Éthiopie et à Djibouti). Pourtant, nous acceptons d’immenses sacrifices. Notre fierté, notre souveraineté nationales sont mises à mal par le voisinage avec des armées dont l’une est la plus puissante du monde (États-unis) et la plus vieille démocratie.

Ou est la contrepartie de cette présence ?

La contrepartie de la présence française et américaine devrait se traduire par quelques avancées démocratiques dans notre pays. Or c'est le contraire qui s'y produit. Assuré d'avoir le parapluie de deux États occidentaux, généreux sur le plan financier, le dictateur djiboutien a réduit au silence l'opposition légale et la société civile.
Pourquoi accepterons-nous sur notre territoire des armées étrangères qui sont objectivement contre nous, contre notre peuple, contre le développement de notre pays ?

Les Américains et la démocratie

Que savons-nous au sujet des activités militaires auxquelles se livrent les Américains et les Français dans notre pays ? Les premiers affirment que notre pays leur sert de tête de pont à partir duquel ils luttent contre le terrorisme islamique. Des commandos partis de Djibouti bombardent ou mènent des opérations contre les combattants des Tribunaux islamiques – des terroristes selon le vocabulaire de Washington - qui sont actifs en Somalie. Il paraît que la guerre d’Irak a été motivée par le désir d’imposer la démocratie dans ce pays martyrisé par Saddam Houssein.
Les Américains doivent avoir une définition bien étrange de la démocratie s’ils ne voient pas la misère qui sévit à Djibouti. Apparemment les Américains apportent une aide inestimable à la dictature, à la "somalisation" du pays et sont aveugles à la lente destruction de l'État djiboutien.

Les Français aiment les dictateurs

Les Français, qui nous sont beaucoup plus familiers, considèrent Djibouti comme un mirador commode ; un observatoire idéal pour suivre les réseaux de commerce et d’échanges du pétrole à partir de son ancienne colonie. En dépit de son affaiblissement, la France entend encore peser dans les enjeux internationaux. Toutefois, les autorités françaises ont un mot à la bouche, la démocratie. Même quand personne ne les interroge, elles parlent de la démocratie, tout en soutenant les dictatures les plus corrompues de l’Afrique.
Nos amis, les Français, tentent d’apporter sa contribution à la résolution de la crise israélo-palestinienne en effectuant un rapprochement remarqué avec la Syrie, ses militaires sont présents en Afghanistan et au Liban, mais ils sont incapables d’aider les démocrates africains.
La France se caractérise par une diplomatie verbeuse, un discours nauséabond sur la « patrie des droits de l’homme », une fidélité absurde aux dictateurs africains les plus ignobles, des promesses savamment distillées sur le changement de la politique France-Afrique à l’avènement d’un nouveau chef de l’État. De François Mitterrand (1981-1995) à Nicolas Sarkozy (2007,…), le discours ne change jamais. Parmi les corps diplomatiques, les ambassadeurs français sont les plus complaisants à tolérer l'intolérable.
Par le biais d’une presse européenne, complaisante, combien de fois ne nous a-t-on pas annoncé que Paris serait prêt à concilier son discours sur la démocratie et la pratique sur le terrain diplomatique. Combien des fois, un ministre de la coopération vient chanter les louanges d'un dictateur toute honte bue.
Non les Djiboutiens doivent cherche de nouveaux alliés autre que les Occidentaux, hypocrites, cyniques et incapables de respecter leurs propres valeurs et croyances.

Au moment où la Chine et l'Inde sont en train de remettre en question le rapport des forces entre les grands Etats du monde, notre pays pourrait exploiter la présence des occidentaux chez nous au mieux de nos intérêts ou leur donner congé ?

La France et l'opposition djiboutienne

Les autorités françaises boudent l’opposition djiboutienne dont la plupart des membres, sinon la majorité est francophone. Elles nous considèrent comme une quantité négligeable qui ne mérite même pas d'être approchés si ce n'est sous forme des agents de renseignements généraux.

La France va être surprise demain....

A l'instar d'Ismail Omar Guelleh qui pense que les Afar sont neutralisés définitivement, parce qu'il est habitué à voir autour de lui un Dilleyta obéissant et d'autres ministres afar qui lui lèchent les bottes, le gouvernement français est dans la même situation par rapport à l'opposition djiboutienne. Paris estime ne pas avoir à faire des efforts pour mériter sa base militaire à Djibouti. Ce serait un acquis, un héritage. mais les choses vont changer. Je suis certain.
En dépit de toute la considération que j'ai pour un pays qui m'a accueilli en tant qu'exilé politique, je crois que les autorités françaises vont au devant de grandes surprises si elles pensent que tout sera facile à Djibouti.

L'opposition djiboutienne a intérêt à chercher d'autres alliés que la France

La Bruyère, dans « Les caractères, extrait II », dit cette sagesse que nous les Djiboutiens ferions mieux d’appliquer par rapport à notre allié historique, la France.  « Il est plus souvent plus utile de quitter les grands que de s’en plaindre ».  L’intérêt que porte la France à notre pays correspond-il à notre drame, notre fardeau, notre croix (sic !), notre péché ? Un peu de tout ça. La patrie des droits de l’Homme, de la révolution (dans le sens le plus profond : le bouleversement radical des fondements de la société) et le pays qui se targue d’être le champion des démocrates fait rempart de son corps pour perpétuer les dictatures en Afrique francophone. Quoiqu’on dise, la dictature djiboutienne est nourrie par la France. En paraphrasant Aimé Césaire, qui fustigeait la civilisation européenne, nous dirons tout simplement, qu’ « Un pays qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Un pays qui ruse avec ses principes est un pays moribond. »
En un mot, on dirait que les dirigeants français ne désirent ni le développement économique du continent africain ni celui de son peuple. Ils ne veulent pas que les peuples des pays en développement jouissent des bienfaits de la démocratie. La France « se réfugie dans une hypocrisie d’autant plus odieuse qu’elle a de moins en moins chance de tromper ». (Discours sur le colonialisme, Aimé Césaire, 1955).

Ali Coubba, Uguta-Toosa, septembre 2008

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Message de condoléances du MRD à l'occasion du décès de Souleiman Hassan Fadal, secrétaire général du MRD

Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement
(Ancien PRD)
Cité Poudrière Avenue Nasser
Tel : 34 23 99
BP : 3570
Djibouti

Bruxelles, le 28 octobre 2008

Message de condoléances :

LE MRD PERD UN PILIER, LE PAYS UN PRECIEUX FILS

Né à Djibouti en 1948, à une époque où la ville coloniale n’était pas réputée favorable aux enfants autochtones qui mouraient souvent en bas âge pour cause de pauvreté et d’absence d’équipements socio-sanitaires, il [Souleiman Hassan Fadal] a pu survivre, grandir et s’instruire. Il l’a pu grâce à un père entreprenant qui savait emplir la marmite et à une mère aussi douce que brave. Papa Hassan était l’un des rares commerçants autochtones de Djibouti : il opérait dans l’axe Djibouti-Aïcha-Diré-Dawa. Il sera d’ailleurs assassiné à Aïcha où il était de passage en août 1960 lors du massacre planifié par le régime de Hailé Selassié.

Maman Sadia Hersi était aux petits soins pour une maisonnée sans cesse plus étoffée. Comme d’autres en ces temps-là, il a été envoyé à l’école au Somaliland voisin, dans la localité de Cabdulqaadir. Il y a brillamment fait ses études primaires (elementary school) et est allé plus au nord à Cadaadley pour le collège (intermediate school).  Puis, par goût pour l’action bâtisseuse, il a posé sa petite valise au Technical Institute of Hargeessa pour se spécialiser en génie civil. Déjà éveillé à la politique, il s’est mis, parallèlement aux études, à militer dans les rangs du FLCS (Front de libération de la Côte des Somalis).

Son baccalauréat en poche (GCE A Level pour General Certificate of Education Advanced Level), il est parti en Allemagne avec une bourse du front. Là-bas, il est entré dans une école d’ingénieurs en génie civil et a affirmé ses qualités de meneur auprès de ses camarades étudiants. Les quelques années passées en Allemagne, où le FLCS l’a désigné comme son représentant, ont été couronnées de succès, avec la réussite aux études, une sensibilisation des milieux progressistes à la cause l’Indépendance de Djibouti et un premier enfant, une fille prénommée Yasmine, que lui a donné une étudiante allemande épousée en premières noces.

De retour à Djibouti en 1976, son diplôme d’ingénieur en poche, il a été recruté aux Travaux publics et au Logement. Après un stage de six mois de langue française en France, il s’y fera rapidement une réputation de compétence et de bienveillance. À la séparation des Travaux publics et du Logement, il se retrouvera à ce second département. Il y servira comme chef de service puis directeur adjoint, jusqu’à son départ en retraite en 2005. Toujours disponible pour mettre ses compétences au service de ses concitoyens : de nombreuses constructions auront bénéficié de son savoir-faire de bâtisseur dans et en dehors de Djibouti-ville.

Courageux, il dénoncera plus d’une fois la gabegie ambiante, ce qui affectera sa carrière professionnelle et lui vaudra même un licenciement au cours des années 1980. Qu’à cela ne tienne : loin de capituler, il rebondira dans le privé, de sorte que, devant son succès, la Fonction publique finira par le rappeler.

Mais il savait, autant par convictions humanistes que par expérience indépendantiste, que le changement passe par l’engagement. Aussi a-t-il été l’un des principaux fondateurs du PRD (Parti du Renouveau démocratique) en 1992. Il y a, entre autres activités, animé la Commission Politique et Décentralisation. Puis, à la mort en novembre 1996 du président du parti, le regretté Mohamed Djama Elabé, il a vaillamment résisté aux assauts et autres brutalités d’un régime décidé à rayer le PRD du paysage politique. Il s’est révélé comme l’une des figures emblématiques du PRD résistant puis du MRD insubmersible dont il a été désigné Secrétaire général dès sa création en novembre 2002. A ce titre, il a connu l’arbitraire et les geôles du pouvoir en place.

Cet homme à la modestie vraie, ce polyglotte parlant français, arabe, anglais et allemand, c’était Souleiman Hassan Fadal. J’ai eu l’honneur et le privilège de le connaître, de le fréquenter et de l’apprécier à sa valeur. Plus qu’un compagnon de lutte, c’était un ami fidèle, un frère authentique. Il le restera à jamais.

Souleiman s’en est allé lundi 27 octobre  2008 à Djibouti. Il s’en est allé subitement, vers 13 heures et demie, de retour d’une matinée comme d’ordinaire active. Apparemment emporté par une crise cardiaque... Il s’en est allé deux jours après le décès à 88 ans de Feu Fatouma Hersi Bouh, mère d’un autre Souleiman, Souleiman Farah Lodon, autre pilier du MRD.

Inutile de vous dire que j’ai reçu la nouvelle comme un choc. La mort de Souleiman Hassan Fadal, comme toutes celles des hommes et femmes de valeur, est arrivée trop tôt. Il n’avait que soixante ans, de l’énergie en abondance et nourrissait mille rêves pour son pays.

Sa conjointe Fatouma Ahmed Absieh, épousée en secondes noces au début de la décennie 1980 et mère de huit de ses neuf enfants (six filles et trois garçons), sa progéniture, sa famille élargie et ses amis perdent en lui un être rare, cher et chéri.  Son parti, le MRD, perd un pilier. Son pays, un précieux fils.

Au nom du Bureau national du MRD et en mon nom personnel, j’adresse un sincère et attristé message de condoléances à sa famille, à ses proches, aux militants et sympathisants du MRD et du reste de l’opposition comme à l’ensemble des Djiboutiennes et Djiboutiens.

Repose en Paix, Souleiman. Repose au Paradis Éternel. Allah t’accueille parmi les Siens car ton passage sur terre n’aura pas été un fardeau.

Repose, frère, la lutte, c’est promis, continuera. Elle continuera jusqu’à la Victoire, avec et après nous autres qu’habite encore le souffle de la vie.

Inna Lilaahi wa Inna Ileyhi Raajicuun. Amaanada Allaah Leh.

Daher Ahmed Farah,
Président du MRD

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Travail au noir à l’ambassade de Djibouti en Belgique ?
Source : RTL info.be du Jeudi 16 octobre 2008

Une Djiboutienne a cité devant le tribunal du travail l'ambassade de Djibouti à Bruxelles où elle a été employée pendant neuf ans, selon Le Soir. Cette secrétaire avait un contrat à durée indéterminée mais n'a jamais été déclarée. En 2001, elle a souhaité être régularisée, ce qu'elle n'a pas obtenu. Elle a été licenciée en mai 2008, sans préavis. Elle espère obtenir plusieurs dizaines de milliers d'euros représentant la différence entre le salaire qu'elle aurait du percevoir et celui qu'elle a reçu pendant neuf ans.

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