Lettre du secrétaire général de l'Union djiboutienne du
travail (UDT)
Chers
camarades
Nous
avions décidé de réduire le séminaire à deux jours soit
le 12 et le 13/10/09.
Le
premier jour du séminaire tout s'est bien passé et il n
y a eu aucun problème. Par contre le 13 au matin les
forces de l'ordre ont sur ordre du premier ministre
investi le lieu de notre séminaire que nous tenions au
palais du peuple et refoulés tous les participants en en
arrêtant dans la foulé deux : il s'agit du secrétaire
général du syndicat d'électricité de Djibouti le
camarade Anouar mohamed ali et abdourachid MOAHAMED
ARREH du syndicat des enseignants; tous membre du bureau
exécutif de l'UDT. Ils ne furent relâchés qu'en fin de
matinée après avoir subi un interrogatoire aux locaux de
la brigade criminelle.
Le
secrétaire général que je suis fut recherché durant la
matinée parce qu'ils n'ont pu mettre la main sur moi
lorsqu'ils ont refoulé tout le monde. Cet après midi la
police m'a interdit l'accès au siège de l'UDT disant que
c'était sur ordre du premier ministre et deux policiers
ont été affecté devant le siège pour monter la garde.
Hier
également la direction de Sheraton a été également sommé
par la primature de résilier d'office la réservation que
nous avions effectué auprès d'elle pour tenir le congrès
et également un escadron de la police a été affecté là-
bas pour la surveillance au cas où .
Devant
cette dérive autoritaire le comité exécutif s'est réuni
d'urgence le 13/10/09 dans la soirée et a décidé de
reporter la tenue du congrès en attendant de clarifier
la situation; nous allons vous adresser un courrier
officiel de l'UDT sur ce qui vient de se passer et sur
la suite que nous comptons donner à ces événements qui
nous sont tombés dessus par surprise. Car le comité
exécutif a décidé d'informer la CSI d'abord puis le BIT
pour porter plainte ensuite.
Rester à
notre écoute car nous vous informerons de l'évolution de
ces événements qui a étonné et a pris de court tout le
monde.
ADAN
MOHAMED ABDOU Secrétaire général de l'UDT
Lettre du président de la LDDH au ministre de la
justice, chargé des droits de l'Homme
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LETTRE OUVERTE DE LA LDDH
AU MINISTRE DE LA JUSTICE
CHARGE DES DROITS DE L'HOMME ET DES AFFAIRES
PENITENTIAIRES
|
A Monsieur le Ministre de la Justice, chargé des Droits
de l’Homme et des Affaires Pénitentiaires.
Djibouti,
le 12 octobre 2009
Monsieur
le Ministre,
Je vous
serais reconnaissant de bien vouloir prendre en
considération notre demande, pour que nous puissions
librement accéder à la Prison de Gabode en accordant une
Autorisation Spéciale à la Ligue Djiboutienne des Droits
Humains (LDDH).
Conformément à nos activités dans le combat pour la
prévention des conflits et en tant que Défenseurs des
Droits de l’Homme, il est de notre Devoir de suivre la
situation carcérale et ce au sein de la Prison, avec
évidemment votre Autorisation de Ministre chargé des
Affaires Pénitentiaires.
A l’issu de notre Enquête, notre Organisation s’engage
d’établir un Rapport ouvert et indépendant, tant à votre
attention, que pour des Organisations internationales
des Défenseurs des Droits de l’Homme.
Votre
Autorisation Spéciale va, inéluctablement, nous
permettre d’effectuer une Enquête de deux ou trois
jours, afin de mieux connaître auprès des détenus les
raisons et les conditions d’incarcération, en
particulier des jeunes mineurs et autres, mais aussi de
déterminer le nombre exact des détentions provisoire
parfois, hélas de plusieurs années.
Une
réponse écrite dans un proche avenir serait
encourageante, et je reste à votre entière disposition
pour vous donner plus amples informations, dès que vous
serez disposé à me recevoir.
Avec mes sentiments déférents et fraternels
NOEL
ABDI Jean-Paul
Lettre ouverte du président de la LDDH à Madame la
ministre de la promotion de la femme
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Le Président |
LETTRE OUVERTE
A
MADAME NIMAC BOULHAN
MINISTRE DE LA PROMOTION DE LA FEMME |
Djibouti,
le 7 octobre 2009
Madame
la Ministre,
Très
sincèrement, je déplore le fait que jusqu’à présent vous
n’avez pas daigné répondre à la lettre du 30 septembre
2009, que j’avais remis à votre Secrétaire.
En
effet, une Délégation de la LDDH membre focal du Réseau
de l’East and Horn Africa Human Rights Defender doit se
rendre incessamment à une Conférence sur la Protection
et la Promotion de la Femme.
J’avais
attiré votre attention sur ce fait, tout en vous
demandant un Entretien dans votre Bureau afin de mieux
apprécier les efforts que vous entreprenez pour la
Défense et la Protection de la Femme Djiboutienne et en
faire un Rapport succinct.
Dans la
lettre que je vous avais adressée, je n’ai pas manqué de
vous rappeler qu’avant les fêtes de l’Indépendance,
j’avais remis à Madame HALOW Secrétaire Générale de la
Promotion de la Femme des documents et des posters,
ainsi qu’un questionnaire de la FIDH à l’occasion de la
« Femme Africaine ».
J’ose
espérer, même si vous estimez ne pas me recevoir pour un
simple entretien, vous ne manquerez pas de répondre au
moins par écrit directement à la FIDH au questionnaire
remis à Madame HALOW.
Avec mes
sentiments déférents.
M. NOEL
ABDI Jean-Paul
Note
d'information du 29/09/09 de la LDDH
|

Le Président |
Aucun espoir pour l’opposition pacifique
en république de Djibouti ? |
Le samedi 26
septembre 2009 le Conseil du Contentieux Administratif,
longtemps demeuré in opérationnel pour des raisons non
encore élucidées, est, depuis ces derniers temps, régulier
tant dans ses horaires d’audiences que dans ses décisions.
Néanmoins,
même avec les présences régulières de la représentante du
Gouvernement (sauf pour le décès de son papa, que Dieu garde
son âme en paix), l’entrave de ces derniers temps
proviennent du représentant de l’Etat, un certain Omar Wahib
Aref. (fils adoptif du défunt Wahib Aref, oncle de Maître
Aref).
Comme
souvent, le représentant de l’Etat n’était pas encore
présent lors de la énième audience sur « le décret
d’abolition d’un parti légal de l’opposition djiboutienne, à
savoir le MRD et son journal le Renouveau ».
Pourtant un
espoir est à attendre, car la Cour à renvoyer cette affaire
au 24 octobre 2009.
Reste à
savoir si le représentant de l’Etat sera en mesure de
prouver que le document qui aurait induit en erreur le chef
de l’Etat est juridiquement fiable. L’erreur est humaine,
mais il faut avoir le courage de le reconnaître.
Toutefois,
une mobilisation nationale en faveur des droits de
l’opposition, des droits de s’exprimer librement, des droits
de la presse libre, de tous les droits fondamentaux,
notamment ceux des respects de la Constitution nationale,
des Conventions internationales, ainsi que de l’Accord de
paix signé en 2001, est un devoir pour tous les patriotes.
NOEL ABDI
Jean-Paul
PS.
Nous venons d’apprendre que le cousin du président de l’UAD,
Gouhad Hoche Hared a été arrêté alors qu’il se rendait à
l’ambassade des Etats-Unis pour leur remettre une
communication de l’opposition pacifique.
Communiqué de l'UAD du 26 septembre 09 : Appel au peuple
djiboutien et à la communauté internationale
UNION POUR L’ALTERNANCE DEMOCRATIQUE (U.A.D)
(ARD, UDJ, MRD)
Adresse : Avenue Nasser – Djibouti
APPEL AU
PEUPLE DJIBOUTIEN ET A LA
COMMUNAUTE INTERNATIONALE
Nous, partis
politiques coalisés sous la bannière de l’Union pour
l’Alternance Démocratique (UAD), n’avons cessé de mettre en
garde contre la dégradation de la situation socio-économique
et politique de notre pays et contre ses conséquences
dévastatrices pour notre peuple. Nous n’avons cessé
d’appeler les Djiboutiennes et les Djiboutiens mais aussi la
Communauté internationale à la vigilance. Si les Djiboutiens
se sont majoritairement exprimés contre la logique du pire,
comme en ont témoigné les succès de nos appels au boycott
des mascarades électorales (présidentielle d’avril 2005,
locales de mars 2006 et législatives de février 2008), nous
ne pensons pas que la Communauté internationale ait pris la
pleine mesure de la gravité de la situation. A nos yeux, le
régime n’a point subi le degré de pression que commandaient
ses méfaits.
Dès lors,
interprétant cette attitude de la Communauté internationale
comme un soutien à ses agissements, le président Ismaël Omar
Guelleh n’a pas hésité à manifester en mars 2009 sa volonté
de modifier la Constitution en vue d’un troisième mandat,
tentant ainsi de s’ouvrir la voie à une présidence à vie.
Cette initiative irresponsable et dangereuse a choqué
l’écrasante majorité des Djiboutiennes et Djiboutiens.
Force est de
constater qu’aujourd’hui la situation dans notre pays
présente de sérieux risques d’explosion sociale mais aussi
de guerre civile. Jamais, le mécontentement n’a été aussi
profond et aussi généralisé. Jamais, notre pays n’a été
aussi proche de l’explosion. Il suffit, pour s’en rendre
compte, d’observer les formes préoccupantes que prend le
profond malaise social dans la capitale comme en province.
Il suffit, pour s’en rendre compte, d’observer le flot de
jeunes djiboutiens qui, perdant toute confiance en ce
régime, gagnent ou regagnent le maquis du Nord et renforcent
ainsi les rangs du FRUD, mouvement armé djiboutien
d’opposition, ou émigrent à leurs risques et périls en grand
nombre, par le golfe d’Aden ou la Méditerranée. Du reste, si
la situation actuelle perdure, l’idée du recours aux armes
pour se débarrasser de ce pouvoir risque fort de l’emporter
sur les autres formes de lutte pacifique auxquelles nous
tenons tant.
Face à cette
grave évolution, et autour des valeurs fortes qui lui sont
chères, à savoir l’unité, la fraternité, la paix, l’Etat de
droit et le développement durable, la démocratie, la bonne
gouvernance, la justice sociale, l’entente cordiale avec les
pays voisins et le reste du monde, l’Union pour l’Alternance
Démocratique :
-
rejette et condamne toute idée de
troisième mandat présidentiel et de présidence à vie ;
-
appelle le peuple djiboutien à
l’unité et à une mobilisation décisive contre la dictature ;
-
appelle la Communauté internationale
à prendre la pleine mesure de la situation à Djibouti et à
user de toute son influence pour faire entendre raison au
président Ismaël Omar Guelleh.
L’UAD estime
que la solution du problème djiboutien passe par la mise en
place d’un gouvernement d’union nationale de transition,
regroupant opposition, gouvernement et société civile, et
chargé de redresser la situation économique et sociale ainsi
que de jeter les bases d’une vie collective nationale et
démocratique.
Les points
essentiels suivants doivent faire partie de la plateforme
commune de gouvernement à élaborer par l’opposition, le
gouvernement et la société civile ;
1 – Un
véritable multipartisme intégral (sans entraves politico
administratives inutiles)
2 – La mise
en œuvre de la décentralisation à l’instar de celle qui
existe dans le reste de l’Afrique et prévue par l’Accord du
12 mai 2001 avec le FRUD armé du regretté président Ahmed
Dini Ahmed ;
3 – Une
justice indépendante et opérationnelle, y compris dans sa
composante administrative (tribunal du contentieux
administratif) et avec des juges libres ;
4 – Le
réexamen du Conseil constitutionnel dans son statut comme
dans sa composition ; il est, comme le reste de l’appareil
d’Etat, totalement inféodé au régime parce qu’entièrement
nommé par lui ;
5 – La mise
en place d’une Commission électorale nationale indépendante
en charge de l’ensemble du processus électoral depuis la
confection des listes jusqu’à la proclamation des résultats
et composée à parité de représentants de l’opposition et du
régime sous la présidence d’une personnalité indépendante de
la société civile acceptée par les deux parties (c’est la
condition sine qua none de la transparence électorale) ;
6 – Le
respect des libertés fondamentales (syndicale, d’expression,
de presse, etc…) et des droits de l’homme ;
7 – L’accès
libre et équitable des partis politiques aux médias publics
(radio, télévision, journaux, etc.)
Nous
rappelons que ces points sont conformes à la Constitution
djiboutienne et à l’accord de paix FRUD armé – Gouvernement
du 12 mai 2001. Ils sont également conformes à la Charte
africaine de la démocratie, des élections et de la
gouvernance adoptée le 30 janvier 2007 à Addis-Abeba
par la huitième session ordinaire de la conférence de
l’Union africaine, charte dont Djibouti est signataire.
Cette charte réaffirme la volonté des Etats d’ « œuvrer sans
relâche pour l’approfondissement et la consolidation de la
démocratie, de l’Etat de droit, de la paix, de la sécurité
et du développement », leur résolution à « promouvoir les
valeurs universelles et les principes de la démocratie, la
bonne gouvernance, les droits de l’homme et le droit au
développement ». Ils y expriment leur souci d’ « enraciner
dans le continent une culture d’alternance politique fondée
sur la tenue régulière d’élections transparentes, libres et
justes, conduites par des organes électoraux nationaux
indépendants, compétents et impartiaux. »
Comme l’a
dit samedi 11 juillet 2009, le président des Etats-Unis
d’Amérique Barack Obama à l’occasion de sa première visite
sur le continent à Accra, au Ghana, pays où s’enracinent la
démocratie et la bonne gouvernance, nous pensons que « l’Afrique
n’a pas besoin d’hommes forts mais d’institutions fortes ».
Or, Djibouti n’a point d’institutions fortes mais croupit
sous un homme fort qui l’opprime. L’heure est plus que
jamais grave sous nos cieux et commande que l’on agisse en
conséquence.
Fait à Djibouti, le 26 septembre 2009
Pour l’ARD
Pour l’UDJ
Pour le MRD
Ahmed Youssouf Houmed
Ismaël Guedi Hared
Souleiman Farah London
Le Président
Le Président
Le Vice-Président
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