Dernières nouvelles - Édition en Ligne de Février 2010

                               

                              Alliance             « La seule vraie politique est la politique du vrai » EDGAR FAURE
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pour le Développement

 Directeur de publication : Mohamed Ali Abdou.   Codirecteur : Mahdi Ibrahim A. God.   Email : realite_djibouti@yahoo.fr


S  o  m  m  a  i  r  e

07/02/2010 Rapport global 2009 de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) le 7 février 2010

02/02/2010 Lettre ouverte du président de la LDDH aux défenseurs des droits de l'homme

02/02/2010 Compte rendu de la réunion d’information de l’ARD à Paris le 30 janvier 2010

01/02/2010 Lettre ouverte de la LDDH au chef de l'Etat

 


Rapport global 2009 de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) le 7 février 2010

 

 

 

 

 

Le Président

RAPPORT GLOBAL 2009

DE LA LIGUE DJIBOUTIENNE

DES DROITS HUMAINS (LDDH)

Le 07 FEVRIER 2010

Message pour notre AFRIQUE 2010 en PAIX. Message de vœux du Président de l’UIDH

Nous voilà enfin au terme de l’année 2009, une année particulièrement marquée par des conflits armés, des répressions et de nombreuses contestations en Afrique, notamment en République Démocratique du Congo, en Somalie, au Madagascar, en Guinée Bissau, en Guinée Conakry, en Mauritanie, au Niger, au Gabon, en Gambie.

Aux victimes de ces évènements nous apportons notre compassion. Nous souhaitons un prompt rétablissement aux blessés et présentons nos condoléances les plus attristées aux familles des disparus.

Nous souhaitons que l’année 2010 qui s’annonce nous apporte la paix, la santé et la prospérité. Aux militants des Droits de l’Homme, nous souhaitons beaucoup de courage et de persévérance dans le noble combat que nous menons ensemble. Bonne et heureuse année 2010

Maître Brahima Koné 

***

Lettre de remerciement à l’aube de la nouvelle année 2010à tous les défenseurs  des droits de l’Homme. Le 31 décembre 2009.

Nos meilleurs vœux à tous nos compatriotes, à tous les défenseurs des droits de l’Homme, à tous nos amis de part le monde, sans oublier nos familles.

Tous nos remerciements aux défenseurs des droits de l’Homme, aux organisations humanitaires telles que le HCR qui font un travail inoubliable dans la corne d’Afrique en particulier.

Un remerciement spécial à Jean-Loup SCHAAL et à toute l’Equipe de l’ARDHD, qui non seulement publient régulièrement les communications de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH), mais surtout ils sont les premiers défenseurs à prendre l’initiative de dénoncer les tentatives d’un coup d’Etat constitutionnel comme au Niger que les présidents Sarkozy de France et Obama des Etats-Unis ont immédiatement condamné. Quant aux dessins de Roger Picon publiés dans l’ARDHD, elles atténuent nos stresses par le rire et nous encouragent.

Que DIEU TOUT PUISSANT protège notre peuple des risques imminents des bains de sang comme chez nos voisins et frères de la Somalie du sud qui combattent courageusement les forces étrangères de l’Amison et les gouvernements imposés de l’extérieur ou chez nos frères de l’Ogaden, qui combattent les crimes de génocide perpétrés par les forces d’occupation de l’administration coloniale éthiopienne.

NOEL ABDI Jean-Paul
…………………………………………………………………………………………………

Note Liminaire.

Ce rapport global est un bref commentaire par thème sur la situation actuelle. Les commentaires sont répartis de la manière suivante :

1.    Inexistence d’une presse libre en république de Djibouti ;

2.    Paralysie et criminalisation  de l’opposition légale djiboutienne ;

3.    Réfugiés érythréens, éthiopiens et somalis en république de Djibouti;

4.    Crimes de guerre et crimes contre l’humanité en Somalie et en Ogaden ;

5.    Défenseurs des droits de l’Homme : harcèlements et dénigrements permanents ;

I) - Inexistence d’une presse libre en république de Djibouti.

La république de Djibouti est l’un des quelques rares pays dictatoriaux comme la Corée du Nord où la presse libre est inexistante. Non seulement il n’existe plus de journaux libres, les organes de presse de l’opposition légale sont dans la pratique interdites sans aucune décision judiciaire, avec les méthodes des répressions similaires à celles de la Corée du Nord. 

Le dernier journal de l’opposition « Le Renouveau » est de facto interdit de publication. En effet, durant dix ans, les répressions policières sur ordre d’un régime dictatorial instauré en république de Djibouti, après des élections mascarades classiques, plus précisément, après un coup d’Etat électoral avec l’appui des forces armées de la police sous les ordres du Général feu Yassin Yabeh, qui, d’ailleurs, un an plus tard fut arrêté et emprisonné puis décédé suite à un refus de non assistance à personne en danger, par son propre ami de plus de trente ans, probablement en guise de récompense pour l’avoir aidé à usurper le pouvoir en 1999.

Tout ceci, inévitablement sous le regard, voire même l’aval des puissances et des forces armées pré positionnées dans notre pays, phénomène d’autant plus choquant que ces mêmes puissances se réclament comme les fondateurs de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, de la démocratie, en particulier la France et les Etats-Unis, dont les intérêts militaires immédiats les acculent à soutenir la dictature à Djibouti avec des Fonds à une pseudo démocratie, qui tue dans le silence et sous embargo, des informations discrètement ordonnées par des démarches onusiennes.

Donc pour ces raisons, il ne faut pas qu’il y ait des journalistes emprisonnés comme en Chine ou en Erythrée, il ne faut pas tuer des journalistes comme en Somalie. Il suffit, tout simplement, de les condamner d’un mois à six mois de prison ferme à Gabode, de donner des ordres à la police, de s’accaparer des matériels d’impression de ces journaux, de rafler non seulement les vendeurs à la crié, mais aussi, de s’approprier périodiquement les journaux mis en vente, surtout dès que des articles sensibles sur les détournements et les scandales socio financiers sont publiés par voie écrite.

Comme disent certains officiers en se marrant: « pas de journaux libres, alors les Reporters Sans Frontières ne peuvent rien dire »

Avec ce « Faux constat New Look », les Nations Unies de New York pourront la tête haute déclarer « qu’en république de Djibouti officiellement  il n’y a pas de répression contre la presse. » Et pourtant, la liberté d’expression est totalement violée, avec les sites web qui sont bloqués et sans les Djiboutiens qui ne peuvent pas avoir leur accès sur moteur Google comme en Chine. C’est le cas de l’ARDHD, d’Uguta-Toosa, d’autres sites en Europe et au Canada, ainsi que celui de la LDDH. 

Pire encore : le viol du respect des ECHANGES COMMERCIAUX doublé du viol constant de l’Article 13 de la constitution de la république de Djibouti qui stipule : « Le secret de la correspondance et de tous autres moyens de communications EST INVIOLABLE. Il ne peut-être ORDONNE DE RESTRICTION à cette INVIOLABILITE qu’en application de la LOI »

C’est probablement pour ces raisons que des importants commerçants ont levé l’ancre, estimant que la divulgation des secrets en matière de la concurrence commerciale fausse d’emblée et totalement la liberté des informations et des secrets commerciaux, qui sont la priorité nécessaire à la libre concurrence.

Que faire face à un régime sans vergogne, aux réactions et aux comportements des spécialistes des crimes organisés?

II) - Paralysie et criminalisation de l’opposition légale djiboutienne

Les mascarades électorales qui sévissent depuis l’époque coloniale avec les emprisonnements arbitraires, les rafles, les expulsions, sont, hélas,  les principaux legs de l’administration coloniale française.

Force est de déplorer que le régime RPP a non seulement recours à ces tristes méthodes mais les a perfectionnées pour se maintenir au pouvoir contre la volonté populaire au changement.

Ce climat antidémocratique a conduit l’opposition légale regroupée au sein de l’UAD à boycotter toutes parodies d’élection à partir de 2005. Face au mépris gouvernemental de tenir compte de ses exigences de transparence électorale,  l’opposition nationale n’a pas eu d’autre choix que de boycotter les élections truquées imposées par un régime redevenu de facto une dictature de parti unique.

L’année 2008 reste emblématique d’une dérive autoritaire sans précédent. A l’occasion des législatives 2008 une seule liste a été mise en place par la mouvance présidentielle (UMP).
L’opposition s’est vue interdire de tenir des meetings d’explication de son appel au boycott du scrutin.

Le jour du vote, ses principaux dirigeants ont été assignés à résidence. En juin 2008 le parti d’opposition MRD a été illégalement dissout par un décret présidentiel sur la base d’un document dont l’authenticité n’a jamais pu être prouvée par le régime liberticide. La plainte pour faux introduite par le MRD a été jugée recevable par le Tribunal administratif, mais le procès n’est toujours pas terminé et le délibéré est attendu pour le 20 mars 2010.

L’année 2009 restera également noire au chapitre des droits de l’opposition qui est régulièrement insultée dans les médias publics. Comme d’habitude, avant les prochaines élections présidentielles, élections d’ores et déjà verrouillées de 2011, il faut s’attendre non seulement à des insultes mais aussi à des provocations, des séquestrations dont les premières victimes seront  les opposants politiques, leurs familles et les proches.

Dans ces perspectives, et dans le cadre de la prévention des conflits, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains a lancé cette Lettre Ouverte au Chef de l’Etat :

LETTRE OUVERTE AU CHEF DE L’ETAT

REPUBLIQUE DE DJIBOUTI

Djibouti, le 1er février 2010

Excellence,

Je tiens à vous rappeler qu'à la fin de l'année 1999 jusqu’au 7 janvier 2000 (un mois avant la signature de Paix à Paris), la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) avait à maintes reprises exhorter le nouveau pouvoir à ouvrir le dialogue avec l'opposition armée afin de mettre fin au conflit civil qui n'avait que trop duré.

Cet appel a été entendu puisque votre nouveau gouvernement de l'époque a signé deux accords de paix avec le FRUD-armé de feu regretté Ahmed Dini. Cette paix que votre gouvernement, avec le soutien de l’Union Européenne, des USA et de bon nombre de pays amis de la communauté internationale, a signé avec le Frud-armé l’Accord de Paix du 12 mai 2001. Il est déplorable d’avoir constaté que votre gouvernement ait violé cet accord et qu’ensuite l'autre partie l'ait dénoncé !

Cela c'est du passé et c'est l'avenir de notre pays qui inquiète au premier point tous les défenseurs des Droits de l’Homme en particulier la Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme (LDDH) au regard de la zone de très fortes turbulences que traverse notre patrie, car le spectre de la guerre civile est là sur tout notre territoire et frappe sourdement aux portes de la capitale... 

C'est pourquoi, nous réitérons notre Appel d’urgence, une semaine avant le 7 février 2010, 10ème  Anniversaire  de la signature de Paix à Paris, pour :

•    Le strict respect du dernier Accord de Paix signé le 12 mai 2001 ;

•    une rapide et nouvelle orientation politique en vue des élections libres, équilibrées, équitables et concertées avec tous les dirigeants politiques, sans discrimination aucune ;

•     un dialogue ouvert à tous sans distinction aucune, car la situation et les priorités politiques l'exigent.

Dans le contexte actuel très sensible, il est urgent d’agir vite car vous êtes le premier magistrat, garant du respect de la constitution et la première autorité habilitée d'initier un dialogue franc et sincère avec toutes les forces de l’opposition, qu'il serait condamnable d'ignorer, afin d’éviter de les pousser dans leurs derniers retranchements, ce qui ouvrirait la voie dangereuse de la violence politique déjà latente et au chaos qui ne peuvent qu’engendrer des recours aux répressions violentes difficilement maîtrisables à long terme.

A nouveau en cette fin de mandat agité, l'Histoire et la Paix civile vous interpellent directement ! Il vous appartient de prendre à nouveau une décision politique courageuse dans le cadre de la prévention d’un nouveau conflit imminent !

Cette initiative personnelle entre dans le cadre de nos missions de prévention et de résolution des conflits et n'a d'autre objectif que d'apporter la contribution de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) à la définitive restauration de la paix civile et la concorde nationale aujourd'hui plus gravement menacées qu'hier ! Dans l'espoir qu'une oreille attentive sera cette fois encore prêtée à cet appel, je vous prie d'agréer, Excellence, l'expression de mes sentiments déférents !

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) reviendra ultérieurement sur ce point durant les mois à venir.

III) – Les Réfugiés érythréens, éthiopiens et somalis en république de Djibouti

Depuis que Djibouti est devenu membre de la Conseil des Droits de l’Homme, on a l’impression que certains des très Hauts responsables djiboutiens peuvent se permettre en toute impunité de bafouer et de violer des Accords Internationaux qu’ils ont ratifiés, notamment celle de la Convention Relative au Statut des Réfugiés.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance des alertes pressants et dénonce à chaque fois les expulsions manu militari sans avoir au préalable informé le HCR et sans qu’aucune décision judiciaire ne soit prise d’un commun accord.

Il est temps aux autorités djiboutiennes de mettre fin aux reconductions forcées des demandeurs d’asile politique qui ont fui leur pays pour sauvegarder leur vie et qui sont reconduits de force en violation des textes relatifs au Statut des Réfugiés et plus récemment vers les zones de guerre de Mogadiscio, ou bien avant vers Addis Abeba comme les pilotes remis par les autorités djiboutiennes aux autorités éthiopiennes pour être fusillés.

IV – Les crimes de guerre et crimes contre l’humanité en république de Somalie et en Ogaden.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) dénonce les crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés par les Forces onusiennes d’Amison, ainsi que les crimes de génocide à l’égard des populations civiles de Mogadiscio suite aux bombardements aveugles et prémédités avec le silence criminel de l’ONU  et de l’Union Africaine. 

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) témoigne son entière solidarité et apprécie les efforts louables des défenseurs des droits de l’Homme, des organisations internationales des droits de l’Homme, de Reporters Sans Frontières, des organisations humanitaires telles que le HCR du Kenya à Djibouti et les Médecins Internationaux et Nationaux et de tous les journalistes somalis qui opèrent aux risques de leur vie. Depuis le 1er janvier 2010 le nombre des victimes à Mogadiscio de ces bombardements aveugles des forces tueuses burundaises et ougandaises dépassent les six cents morts ou grièvement blessés sans compter le départ des populations des zones libérées par les forces patriotiques somalies.

En effet, depuis fin janvier 2010, des opérations d’extension des zones d’exterminations des populations civiles vont s’étendre de Mogadiscio à Kismayo.

Ces opérations, sous le financement de l’administration d’OBAMA, seront dans un proche avenir opérées conjointement par les forces tueuses d’Amison et celles des paramilitaires éthiopiens. Alors que le dit gouvernement somali fabriqué en république de Djibouti n’arrive même pas à sécuriser « ses quelques pâtés de maisons », il est à constater que les zones libérées par les forces patriotiques sont largement sécurisées même s’il existe d’énormes difficultés financières.

Laissons aux Somalis gérer comme bon leur semble leur pays sans des interférences extérieures et surtout sans les crimes de guerre et crimes contre l’humanité en contradiction flagrante de la Mission des forces étrangères et onusiennes qui s’affichent sous le faux prétexte de paix.

En Ogaden, territoire encore sous colonisation éthiopienne, les crimes de guerre, les crimes de génocide sont sous embargo et aucune presse internationale ne peut se déplacer librement, car cette zone est une zone militaire où toutes formes de communications sont sous contrôle.  C’est une zone de non communication. 

V) - Défenseurs des droits de l’Homme : harcèlement et dénigrements permanents.

Née dans un contexte de conflit armé et avec un vide réel de défenseurs des droits de l’Homme, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) dès sa création le 4 mai 1999 et le dépôt de ses Statuts le 9 mai de la même année s’est immédiatement attelée à suivre avec une particulière attention toutes les exactions commises contre nos populations civiles du Nord et de l’Ouest de la République de Djibouti ;

C’est ainsi, que nous n’avons pas cessé de dénoncer les emprisonnements et les détentions arbitraires, les  exécutions extrajudiciaires, les disparitions et autres formes de répression comme les blocus alimentaires et sanitaires.

Dès août 1999 jusqu’au 7 janvier 2000, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) n’avait cessé de lancer des appels pour la concertation et la signature d’Accord de Paix.
Le 7 février 2000, enfin et pour la première fois la LDDH avait été entendu, car le défunt regretté Ahmed Dini Ahmed a signé à Paris un premier Accord de Paix suivi dès le 12 mai 2001 de l’Accord de Paix signé à Djibouti avec la partie gouvernementale.

Avec le temps, il s’est malheureusement avéré que la partie gouvernementale n’avait pas du tout respecté cet accord historique et s’est même permise de modifier en comble l’une des clauses principales à savoir les accords sur la décentralisation, et les dispositions des procédures électorales libres et transparents, d’un Conseil constitutionnel et d’une CENI équitable et neutres tant dans les normes de ses prérogatives que dans sa composition équilibrée et choisis de commun accord.

Sur le plan Social, cet Accord prévoyait la fin de la politique de répression à l’égard des libertés de la presse, des activités syndicales et du respect des droits de l’Homme. 

La situation des droits et des libertés fondamentales a depuis empiré. Le règne de la force et de la terreur est le lot quotidien : dire la vérité, dénoncer les atrocités intolérables et témoigner en faveur des victimes sont à très haut risques.

Les défenseurs des droits de l’Homme, des droits socioéconomiques et des droits syndicaux sont en permanence harcelés, dénigrés. Ce qui explique que les centrales syndicales n’ont aucun champ de manœuvre, aucune grève n’est autorisée sous peine d’être immédiatement emprisonné, aucune manifestation n’est autorisée sous peine d’être immédiatement matraqué, arrêté et condamné avec les risques des balles perdues.

NOEL ABDI Jean-Paul

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Lettre ouverte du président de la LDDH aux défenseurs des droits de l'homme

 

 

 

 

 

Le Président

LETTRE OUVERTE

AUX DEFENSEURS

DES DROITS DE L'HOMME

Le 2 février 2010

Aux Défenseurs des Droits de l’Homme des Etats-Unis, de la France et du Canada sur les dénigrements du Chef de l’Etat de Djibouti à mon égard.

Chers amis,

Constatant que les propos humiliants et dégradants de M. Ismaël Omar Guelleh et consorts continuent à fuser encore à mon encontre.

Rappelant que le chef de l’Etat en 2007, après mon arrestation arbitraire dans la sinistre prison de Gabode a déclaré sur un ton insultant des propos diffamatoires et mensongers à  mon égard.

Que le journal « Jeune Afrique » qui avait publié ces dénigrements inadmissibles et intolérables grâce à mon avocat Maître Tubiana avait immédiatement accepté de publier notre droit de Réponse à défaut de preuve sur le paiement mensuel par l’Ambassade des Etats-Unis à Djibouti de la somme de 10 000 USA Dollars.

Comme ce président usurpateur du pouvoir est le Premier magistrat de la république de Djibouti, le journal du Gouvernement La Nation a, hélas, prêté sourde oreille à mon droit de réponse.

Fort de la non possibilité réelle à déposer des plaintes car le ministère public comme dans ces habitudes ne manquerait pas à les classer sans suite, mon regard se tourne vers vous. A plusieurs reprises, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) en a souvent fait les frais.  

Aujourd’hui encore sous couvert de la défense d’un chef d’Etat en exercice au Soudan  présumé commanditaire des crimes de guerre, crimes contre l’Humanité, crimes de génocide, un certain Ali Dahan Canadien d’origine djiboutienne non seulement a repris les mêmes termes insultants, tout en  proférant le même style du slogan, à savoir : que l’ambassade des Etats-Unis me paie la somme de 10 000 dollars USA mais cette fois en l’élargissant avec le paiement mensuel de 7.000 Euro par l’ambassade de France à Djibouti.

Faut-il rappeler que ce réfugié économique actuellement résident au Canada était un ex agent de la cellule présidentielle de la Documentation sous les ordres directes de l’ancien patron de la police politique et chef de cabinet du Président feu Hassan Gouled Aptidon, puis ensuite diplomate aux Etats-Unis avant de fuir vers le Canada lorsque son ministre des affaires Etrangères feu Moumin Bhadon Farah avait déclenché une procédure pénale pour malversation.

A mon avis, il est temps et urgent aux ambassades des Etats-Unis et de la France de se prononcer sur la véracité ou non du paiement mensuel dont je n’ai jamais vu la couleur. Un silence persistant et dégradant à mon égard serait insupportable.

C’est pour ces raisons, que je lance un appel pressant aux défenseurs des droits de l’Homme de ces trois pays d’enquêter sur ces perpétuels harcèlements, tortures morales et fausses propagandes à mon égard en tant que citoyen et défenseur des droits de l’Homme en république de Djibouti.

Dénoncer, dire la vérité, témoigner pour les peuples de sa région, et prendre position contre les terroristes au Sommet des Etats de notre sous région africaine, notamment, les crimes de guerre, les crimes contre l’Humanité et les crimes de génocide lancés par la Cour Pénale Internationale de la Haye contre un chef d’Etat, même s’il se trouve au sommet d’un Etat dictatorial, est-ce un crime ?

Est-ce un crime lorsqu’un défenseur dénonce les détournements des fonds publics et des biens sociaux comme dans mon pays ?

Est-ce un crime lorsqu’un défenseur des droits de la personne humaine demande aux contribuables des  pays amis comme les Etats-Unis, la France et le Canada de diligenter des audits et des commissions d’enquêtes parlementaires pour au moins vérifier si personnellement je perçois mensuellement les sommes propagées par le régime djiboutien, qui, j’en suis persuadé est non seulement impopulaire, mais en pleine décadence.

Avec mes sentiments déférents.

NOEL ABDI Jean-Paul

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Compte rendu de la réunion d’information de l’ARD à Paris le 30 janvier 2010

L’ARD a tenu une réunion d’information le samedi 30 janvier de 14 heures à 19 heures à la réception du Restaurant "Aux Oliviers" situé dans le dixième arrondissement de Paris. La conférence a été animée par quatre personnalités du mouvement :

   - le vice-président du parti Mahdi Ibrahim,
   - le délégué plénipotentiaire de l’ARD à l’étranger Cassim Ahmed,
   - le représentant en Europe Maki Houmedgaba, et
   - le représentant en France Hamad Daoud.

L’assistance nombreuse comptait une trentaine de participants et accueillait quatre invités d’honneur :

   - Madame Laurence Davidovitch, présidente de Survie-Paris,
   - Madame Karera Hassan, réfugiée djiboutienne accueillie en France le 18 décembre dernier,
   - Ahmed Kassim, président de l’Association pour la démocratie et de développement (ADD), et
   - Jean-Loup Schaal, vice-président de l’Association pour le respect des droits de l’homme à Djibouti (ARDHD), co-représentant en Europe des réfugiés et animateur du site ardhd.org.

Après introduction de la réunion par le délégué plénipotentiaire Cassim Ahmed qui a présenté les différentes personnalités de l’ARD et les thèmes qui allaient être abordés par chacun, le vice-président de l’ARD Mahdi Ibrahim a évoqué l’histoire de la lutte politique à Djibouti entre 1992 et 2003. Cet intervalle charnière a marqué de fait des moments forts de la lutte pour la démocratie à Djibouti entre la fondation d’un idéal national avec la création du Front uni de l’opposition djiboutienne (FUOD) en juin 1992 et en janvier 2003 les élections législatives que l’UAD considère avoir gagnées. Cette période a incarné le premier soulèvement djiboutien contre l’autocratie et le monopartisme et a vu la transformation en avril 1992 du Frud-armé en ARD un an après l’accord de réforme et de concorde civile signé en mai 2001 entre le Frud-armé et le gouvernement djiboutien. Le vice-président a rappelé la réalité selon laquelle la création de l’ARD a permis la création des autres partis, ce qui fait de l’ARD un parti précurseur du premier multipartisme à la djiboutienne.

Enfin, introduisant l’intervention du Délégué Plénipotentiaire, le Vice-Président Mahdi Ibrahim a insisté sur le fait que l’actuelle impasse politique est, selon l’ARD, d’ordre institutionnel et non constitutionnel. Pour proposer un véritable programme de société, il ne s’agit pas seulement de s’opposer à un troisième (4ème, 5ème, énième) mandat d’un Président mal élu. Qu’il ait été candidat solitaire en 2005 est la meilleure preuve d’un blocage institutionnel persistant qui ne peur être dépassé que par la restauration dans leurs droits les plus fondamentaux des citoyens, par l’octroi des pièces d’identité nationale à qui y a droit, et des électeurs, par la mise en place d’une CENI véritablement indépendante.

Lui succédant, le Délégué Plénipotentiaire Cassim Ahmed a présenté la situation générale qui prévaut actuellement en république de Djibouti. L’accent a été mis sur le contexte particulier relatif à l’état de non droit qui y perdure depuis l’indépendance nationale en 1977. Le délégué a rappelé la tenue en février 2010 à Djibouti des Assises de l’ARD destinées à fixer le nouveau cap des actions prévues dans le cadre du renforcement des activités de l’opposition nationale. Parce que la constitution djiboutienne ne fait aucune place à la séparation effective des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, l’ARD appelle à une mobilisation populaire pour provoquer le changement de régime. Dans ce cadre, réunions d’information et meetings seront organisés à Djibouti à partir des Assises nationales du parti. Un hommage appuyé est rendu à l’action de Jean-Loup Schaal et de l’Ardhd aux côtés des Djiboutiens depuis le début du soulèvement à Djibouti dans les années 1990.

A sa suite a pris la parole le représentant de l’ARD en Europe Maki Houmedgaba qui a présenté les raisons pour lesquelles l’opposition djiboutienne et notamment l’ARD a été conduite à élire domicile aussi à l’étranger. Il a justifié les choix des pays comme la France, la Belgique et la Suisse pour installer les représentations de l’ARD en Europe. Alors que la France est le bailleur de fonds principal de la république de Djibouti avec 30 millions d’euros alloués annuellement depuis 2003, la Belgique est le siège de la Commission Européenne décisionnaire dans l’aide au développement mais aussi le siège des tribunaux belges à compétence universelle, tandis que la Suisse est la résidence de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies et du Bureau international du travail, toutes institutions qui seront assidument approchées par les différents représentants permanents installés localement. De même, l’ARD va développer les contacts avec les autorités politiques des pays concernés.

Le représentant de l’ARD en France Hamad Daoud a poursuivi l’exposé en évoquant l’organisation concrète de cellules locales que le mouvement va créer en France afin de mobiliser les Djiboutiens de la diaspora. Aussitôt que l’organisation sera opérationnelle, elle pourra servir de modèle pour d’autres pays. Le représentant en France a saisi l’occasion pour appeler à un travail de proximité avec les Djiboutiens restés dans le pays en développant un système de jumelage entre des écoles en France et à Djibouti. Organiser une entraide entre les Djiboutiens de l’exil et ceux vivant au pays permet de constituer un capital de militants concrets. Le représentant en France a tenu à demander à l’assistance de renouveler leur soutien à l’ARD afin de rendre possible les actions envisagées par le parti.

Le président de l’ADD, Ahmed Kassim, a pris la parole pour rappeler la présence de l’ADD dans la lutte pour les droits de l’homme et la démocratie à Djibouti. Il a rappelé que l’ADD a toujours organisé aux côtés des autres organisations la manifestation d’Arhiba tous les 18 décembre devant l’ambassade de Djibouti pour commémorer le massacre de 59 civils à Arhiba le 18 décembre 1991. Appelant les Djiboutiennes et les Djiboutiens à agir pour aller de l’avant, « aide-toi et le ciel t’aidera » a conclu le président de l’ADD.

Jean-Loup Schaal, le vice-président de l’ardhd, a remercié l’ARD pour l’invitation reçue et a rappelé dans quelles circonstances l’ardhd a commencé sa mobilisation aux côtés des Djiboutiens victimes de la dictature dans leur pays. L’ardhd a joué un rôle dans la défense des droits de l’homme et privilégie le partenariat avec les militants. Le site internet de l’ardhd sert de vecteur à cette cause avec 3000 à 4000 connections par jour. M. Schaal rappelle que l’ardhd a beaucoup œuvré pour la défense des demandeurs d’asile et des réfugiés djiboutiens en France. Un remerciement chaleureux a été adressé à Omar Ali Gabassé, qui a travaillé à la venue des réfugiés djiboutiens en France. M. Schaal a révélé que le site de l’ardhd souvent coupé à Djibouti, restait consulté par des voies détournées.

Laurence Davidovitch, présidente de Survie-Paris, a présenté la genèse de l’association Survie et son engagement dans la lutte contre le phénomène de la Françafrique. C’est dans ce cadre que Survie-Paris s’est impliquée dans l’affaire Borrel, du nom du magistrat français assassiné à Djibouti en 1995. C’est donc à partir de l’affaire Borrel, que la présidente de Survie-Paris s’est intéressée à Djibouti et à la Corne de l’Afrique, une région peu connue en France. Lorsque le Medef s’était rendue à Djibouti, Survie-Paris a mené une campagne d’information sur Djibouti, a rappelé Mme Davidovitch. L’association prépare actuellement un article de presse sur la visite surprise du président Sarkozy à Djibouti, qui sera publié sur le site de l’ardhd.

A la fin des interventions programmées, l’assistance a engagé une série de questions réponses. Le délégué plénipotentiaire de l’ARD a rappelé à cette occasion que la mobilisation de la diaspora aujourd’hui faisait écho à la décision de l’ARD de se mobiliser à Djibouti en 2010.

Le vice-président de l’ARD Mahdi Ibrahim a conclu la séance en rappelant que la réunion ne devait pas en rester là et qu’il appartenait à chacune et à chacun d’être l’ambassadeur de cette lutte, même si la responsabilité des acteurs politiques est la plus grande dans le rôle à jouer.

A 19 heures la réunion touchait à sa fin, alors que les derniers mots portaient sur l’échange des coordonnées afin de consolider les liens et de rééditer la rencontre dans un délai de quatre à six semaines. 

Maki Houmedgaba

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Lettre ouverte de la LDDH au chef de l'Etat

 

 

 

 

 

Le Président

LETTRE OUVERTE

AU CHEF DE L'ETAT

REPUBLIQUE DE DJIBOUTI

Djibouti, le 1er février 2010

Excellence,

Je tiens à vous rappeler qu'à la fin de l'année 1999 jusqu’au 7 janvier 2000 (un mois avant la signature de Paix à Paris), la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) avait à maintes reprises exhorter le nouveau pouvoir à ouvrir le dialogue avec l'opposition armée afin de mettre fin au conflit civil qui n'avait que trop duré.

Cet appel a été entendu puisque votre nouveau gouvernement de l'époque a signé deux Accords de Paix avec le FRUD-armé de feu regretté Ahmed Dini.

Cette paix que votre Gouvernement, avec le soutien de l’Union Européenne, des USA et de bon nombre de pays amis de la Communauté internationale, a signé avec le Frud-armé l’Accord de Paix du 12 mai 2001.

Il est déplorable d’avoir constaté que votre gouvernement ait violé cet Accord et qu’ensuite l'autre partie l'ait dénoncé !

Cela c'est du passé et c'est l'avenir de notre pays qui inquiète au point tous les Défenseurs des Droits de l’Homme en particulier la Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme (LDDH) au regard de la zone de très fortes turbulences que traverse notre Patrie, car le spectre de la guerre civile est là sur tout notre Territoire et frappe sourdement aux portes de la capitale... 

C'est pourquoi, nous réitérons notre appel d’urgence, une semaine avant le 7 février 2010, 10ème  anniversaire  de la signature de Paix à Paris, pour :

•    Le strict respect du dernier accord de paix signé le 12 mai 2001 ;

•    une rapide nouvelle orientation politique en vue des élections libres, équilibrées, équitables et concertées avec tous les dirigeants politiques, sans discrimination aucune ;

•     un dialogue ouvert à tous sans distinction aucune, car la situation et les priorités politiques l'exigent.

Dans le contexte actuel très sensible, il est urgent d’agir vite car vous êtes le premier Magistrat, garant du respect de la Constitution et la première autorité habilitée d'initier un dialogue franc et sincère avec toutes les Forces de l’Opposition, qu'il serait condamnable d'ignorer, afin d’éviter à les pousser dans leurs derniers retranchements ce qui ouvrirait la voie dangereuse de la violence politique déjà latente et au chaos qui ne peuvent qu’engendrer des recours aux répressions violentes difficilement maîtrisables à long terme.

A nouveau en cette fin de mandat agité, l'histoire et la paix civile vous interpellent directement !

Il vous appartient de prendre à nouveau une Décision politique courageuse dans le cadre de la prévention d’un nouveau conflit imminent !

Cette initiative personnelle entre dans le cadre de nos missions de prévention et de résolution des conflits et n'a d'autre objectif que d'apporter la contribution de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) à la définitive restauration de la Paix civile et la concorde nationale aujourd'hui plus gravement menacées qu'hier !

Dans l'espoir qu'une oreille attentive sera cette fois encore prêtée à cet appel, je vous prie d'agréer, Excellence, l'expression de mes sentiments déférents !

NOEL ABDI Jean-Paul

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